Le rendez-vous des amis: Le compte-rendu de Lionel (Nantes), et l'article de Sy! (La Cantine)

Publié le 10 Octobre 2018

Hop, hop, avant de dormir, mes devoirs conjugaux...

 - Voici le compte-rendu de Lionel du premier concert de la tournée. Un grand merci à lui!  On attend les volontaires pour les autres concerts de la semaine! S'il m'en manque, attention, je m'estimerai en droit de pas tenir mes obligations conjugales avec vous!

 

                                                         via l'instagram de JLM.

Jean-Louis Murat / Nantes

 

Je n'avais plus vu Murat sur scène depuis la tournée « Babel » alors l'arrivée d'un nouvel album stimulant, accompagné d'une tournée démarrant à Nantes, c'était déjà en soi un réjouissement. L'écrin de la salle Paul Fort lui ayant déjà servi par le passé, il arrivait en terrain connu.

Peu d'affichage dans les semaines précédent le concert ; c'est en l'accueil médiatique qu'il fallait placer sa confiance dans la réussite du rendez-vous. Dans le Ouest France du jour, un article qui annonce le concert, un nouveau disque bien accueilli... et qu'il « reste quelques places pour ce soir » !

J'avoue m'être rendu vers la salle avec la crainte d'une audience disparate. Fort heureusement, une fois sur place, je constate que le public remplit parfaitement le lieu.

Nos trois mousquetaires font face, avec un Murat svelte et gracieux au milieu, dans une simple formule basse-batterie-guitare. Le set s'ouvre sur « Acthung ! » et, attention (les oreilles) : le son global est sourd, relativement brouillon et un grésillement parasite la guitare de Jean-Louis Murat. Petit à petit, les réglages s'affinent, tout devient de plus en plus distinct au fil des chansons, mais la guitare va conserver son handicap toute la soirée...

Juste après, comme sur « Il francese », c'est « Ciné Vox » qui prend place, avec force d'effets sur la voix, qui interviendront de temps à autres de la setlist, de façon inspirée et pertinente. Pour le moment, ces nouvelles chansons me semblent bénéficier de leur adaptation au live. Pas le temps d'y réfléchir davantage, c'est une version magistrale de « Mousse noire » qui nous cueille et la voix de Murat me semble particulièrement à son avantage, tant dans la puissance que le chuchotement, et cela ne va que se confirmer et s'amplifier par la suite.

Arrive « Hold Up », qui ne m'avait pas tout à fait séduit sur disque : elle est plus plaisante en version live sans modifier, sur le fond, l'impression d'un titre un peu gadget face à des merveilles comme « Je me souviens ». C'est sans doute « le » titre que j'attends, ce soir, mais l'absence de clavier sur scène laisse penser que mon vœu ne sera pas exaucé.

Tant pis, on ne boude pas son plaisir sur « Tel est pris » ni sur « L'amour qui passe », ensuite. Murat  nous explique, débonnaire, qu'il va jouer des titres du nouvel album, des choses plus anciennes... et que pour le reste on verra ! Il annonce d'ailleurs un nouveau titre, qui se révèle être « Kids » et que j'oublie bien vite quand il entonne « Amour, ami, amant », dans une version intense et inspirée. Les applaudissements sont de plus en plus nourris : Murat 2018 remporte les suffrages !

Suivront « Gazoline », « Les voyageurs perdus » auxquels s’enchaîne un titre présenté comme une nouveauté, résolument martiale et rock, où le gimmick de paroles semble être « Ben... Ben ».

Le public applaudit spontanément en reconnaissant « La maladie d'amour », autre belle exhumation du répertoire passé. Puis, c'est le tour de « Tarn et Garonne », « Il faut s'en aller » avant de quitter la scène sur « Rendre l'âme ». Applaudissements nourris, le public est conquis... pas décidé à en rester là.

Murat et ses hommes reviennent sur un titre qui mélangera « Il neige » à « Les jours du Jaguar », ce qui fonctionne parfaitement. S'en suit une version très sensuelle de « Over & over » mais je reste toutefois aiguillé par le clavier qui a été installé discrètement pendant la sortie de scène. Là, aucune raison de nous priver de « Je me souviens » !

Sauf que, Murat seul en scène, se trouve encore plus seul en constatant qu'aucun son ne sort des touches malgré des essais désespérés. Un technicien intervient, bien tard, alors que Murat décrète « Bon, je vais la faire à la guitare ! ». L'orgue semble fonctionner enfin et il repose la guitare pour entamer « Je me souviens ». Souci de tonalité ? Les choses ne semblent pas se passer comme il se doit et Murat interrompt le titre pour mieux le reprendre à la guitare. Cette chanson semble tolérer tout support car la version est tout aussi magnifique. Un nouveau classique muratien est né.

Signe qui ne trompe pas : la salle se lève comme un seul homme pour ovationner Murat, qui nous salue en retour sur cette belle conclusion.

Pourtant, il reviendra, avec ses acolytes quelques temps plus tard, pour deux titres que je n'ai pas identifié, l'un répétant « on fait quelque chose plutôt que rien » puis un beau titre qui m'a semblé s'intituler « Cœur d'hiver », tout en ruptures et montagnes russes.

Le Maréchal nous aura mis à genoux en deux heures denses et sensibles de son art.

 

 

- et l'article de Sy! pour Froggy:

Il est à lire en intégralité et dans son bon décors sur le lien suivant:

https://www.froggydelight.com/article-21087-Jean_Louis_Murat.html

Extrait:

En fait, voilà bien une des vraies bonnes questions que pose ce disque, est-ce que Jean-Louis Murat fait encore de la chanson française ?

Alors que Dominique A sort un album principalement guitare-voix, ce qui est on ne peut plus Chanson Française, ici on retrouve des codes qui ne font pas Chanson Française, boucle, electro, vocoder, à peine une guitare en riffs et un piano. Oui c’est chanté en français, oui le disque s’appelle Il Francese (Le Français), c’est bien écrit avec un style plutôt soutenu, ampoulé pour les béotiens qui n’aiment pas ça, avec en plus des références à Marguerite de Valois, à Napoléon et à Kendrick Lamar (ça ça passe en fait) mais ça ne ressemble pas, plus vraiment à de la chanson française™ ® ©. Oui mais vous savez ce que c’est, il faut des étiquettes, alors que depuis que j’écris pour ce site, je me tue à vous dire que les étiquettes c’est fait pour indiquer des prix de vente, pas pour qualifier de la musique et encore moins des artistes mais personne n’écoute. Concernant les étiquettes, en poser je préfèrerai ne pas.

Alors que le précèdent disque très expérimental était censé s’écouter d’une traite comme un long morceau, ici on retrouve le format chanson, heu pardon piste enfin je veux dire track, oui je suis moderne moi aussi, donc pour vous pitcher le disque je dirai que les tracks ont un sound design totalement trendy, fait par un maker certes senior mais totalement culte et encore dans le game avec ces sons.

Concrètement, on retrouve les expérimentations trip pop de Travaux sur la N89 mais en les adaptant, sans les pousser plus loin mais au contraire en les utilisant mieux, c’est-à-dire aller vers plus de simplicité et moins vers un millefeuille de sons. Il a gardé les idées de boucles, les gimmicks percutants, les phrases entêtantes, en laissant un peu tombé les effets de ruptures, en tout cas il en abuse moins. On en retrouve à la fin de "Gazoline" par exemple où, surgissant de nulle part, une fanfare "cirquesque", ou sur "Silvana", chanson en deux parties. On retrouve également une habitude de Murat, celle de mettre ici ou là, des sons de films, des extraits de dialogues, pris on ne sait où mais aussi des sons plus organiques, des oiseaux, la nature, ce qui conforte l’impression d’un album non seulement ouvert sur l’extérieur mais aussi sur le monde.

Qu’est-ce que tu viens nous chanter là ? Ce n’est pas moi qui pose la question mais lui-même, et ça se pose effectivement comme question également sur ce disque quasiment pas de référence à l’Auvergne. On ne passe pas par la Godivelle, on est plus à L.A. ou à Naples, à peine un "Ciné Vox" (très grande chanson du disque) en écho "Au Mont Sans-souci", plus de chevaux, plus de Bourboule, mais toujours de l’Amérique fantasmée, des maréchaux Napoléoniens, comment autant d’anciennes vies, d’autres vies et évidemment des idées de mort et un peu d’amour.

Et toutes ces histoires, ces chansons sonnent d’emblée, comme évidentes, et en plus elles supportent parfaitement une écoute compulsive et multiple, jamais lassant et ennuyeux. Murat abandonne un peu son "univers" qui nécessitait de "rentrer dedans", le premier extrait par exemple "Hold up" est percutant et accrocheur, au texte plus profond qu’il n’y paraît sur les relations amoureuses et leur limite, ou alors peut-être est-ce la peur maladive des hommes de l’engagement, de même que "Je Me Souviens" toute en simplicité musicale qui clôt magistralement l’album. Evidemment, comme souvent la poésie muratienne peut sembler obscure alors qu’elle n’a jamais été aussi simple et belle.

Finalement, cela compose un recueil de très bonnes chansons totalement dans l’air du temps sans aucune concession à celui-ci mais avec une vraie sincérité, cela ne sonne jamais comme le vieux chanteur qui veut faire jeune, "découvrez Jean-Louis Murat qui reprend Kanye West", on sent qu’il a parfaitement compris et assimilé les codes sans rien sacrifier ni son style ni son écriture, ils en sortent au contraire grandis et enrichis, il restitue parfaitement le son de l’époque avec des chansons qui resteront des classiques longtemps. Et peu importe si c’est de la chanson française ou pas.

Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

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Patrice 14/10/2018 10:11

Concert à Montpellier, du 11/10 au Rockstore, Internationales de la guitare.
Petite salle , 400? personnes ,durée 1H30;
Par rapport à la set-list de Nantes, 13 chansons,pas de BEN ni de Il faut s'en aller, 2 en rappel ,pas de JE ME SOUVIENS ni d'inédits.
PLAISIR et DECEPTION !!
PLAISIR parce que retrouver JLM après 3 ans,tournée BABEL/MORITURI,cela fait du bien.
Parce que Ami Amour Amant était excellente,mieux que sur MURAGOSTANG, IL NEIGE,sublime,
malaxée avec LES JOURS DU JAGUAR,la seule où le public ,reconnaissant l'intro , a applaudi pendant,
c'est dire l'attente...
KIDS,GAZOLINE de bonne facture.Sur cette dernière,rare échange de JLM avec le public:"le patraque
c'est DYLAN et KENDRICK...il faut que j'explique si je veux vendre des disques."ou après une intro,seul
à la guitare:"je gratte la guitare...je suis aux Internationales de la guitare..."
Quelques "On t'aime",habituels fusent.
TARN ET GARONNE,MALADIE D'AMOUR,OVER AND OVER bien menées.
DECEPTION:
Sur beaucoup de chansons,sa voix,grave (trop !) était dominée par les guitares et cette façon de forcer
sa voix,nous ne l'avions plus entendue depuis avant la tournée TOBOGGAN de 2013;Quel dommage !
Déjà sur les 2 premières chansons,des échos intempestifs,MURAT,agacé sur CINEVOX ,regardant vers les techniciens.
6 chansons d"IL FRANCESE sur 15,ce n'est pas beaucoup pour lancer le disque,surtout jouées comme cela en puissance,sauf HOLD UPen langueur...
Les anciennes,MOUSSE NOIRE,TEL EST PRIS,L'AMOUR QUI PASSE manquant d'inspirationet d'envie et VOYAGEURS PERDUS sans relief.
RENDRE L'AME presque inaudible,la batterie trop mordante.
Et surtout,suite au rappel convenu,les claviers étant amenés,après IL NEIGE et OVER,tout le public attendait JE ME SOUVIENS,JLM salue de la main,s'en va .10mn d'applaudissements de re-rappel;
RIEN! Fini. CELA NE SE FAIT PAS !
Vraiment pas sûr qu'un spectateur néophyte de MURAT ait aimé ce concert.
Il repasse,dans notre région,près d'AVIGNON,le 24/11,pour la première fois en 15 concerts suivis de
JLM,ma femme et moi n'avons pas envie de cette deuxième chance !
Espérons, pour tous les autres concerts à venir, un MURAT plus concerné, aux choix techniques et musicaux plus judicieux pour défendre IL FRANCESE qui le mérite.
Plaisanterie lâchée par JLM,dans la présentation d'une chanson "...débrouillez-vous!"
Pas tout le temps.

ArmElle 11/10/2018 18:28

Un accueil chaleureux de ce nouvel album, une tournée qui démarre au quart de tour, très prometteuse, voila de quoi réjouir tout le monde! Merci à Lionel et Sy.