Interview dans L'ECHO (Belgique)

Publié le 10 Décembre 2018

Vous en rêviez: l'article sans commentaires intempestifs et égocentriques et vannes foireuses! Le voilà! C'est mon cadeau pour mes 9 ans!

Voici donc l'interview du jour dans l'ECHO, où Jean-Louis parle d'EUROPE... et réagit fortement à la comparaison avec Baschung et Manset...

https://www.lecho.be/culture/musique/jean-louis-murat-je-n-ai-rien-a-voir-avec-ces-types/10077434.html

Jean-Louis Murat: "Je n'ai rien à voir avec ces types!"

 

Jamais là où on l'attend, l’Auvergnat livre "Il Francese". Un album pas vraiment "chansons ritales pour une escale" qu'il défend à Liège et à Bruxelles, la semaine prochaine.

Avec au moins 22 albums au compteur et quelques poncifs qu’il entend faire passer pour de l’expérimentation, Jean-Louis Murat parvient tout de même à nous surprendre avec cet album bigarré qui tire un étrange portrait – le sien – et où il est question d’Indiens et de cow-boys, de Marguerite de Valois et de Silvana Mangano, et même du... Murat de Napoléon. "Rien à voir", nous lance-t-il, bravache!

Le titre "Achtung" qui ouvre l'album, est-ce une référence au "Achtung Baby" de U2?

Pas du tout! C'est un groupe, notamment Bono, le gérant de fonds de pension, que je ne supporte pas. Qui ferme les usines et qui, en même temps, chante la convivialité sur ses disques.

Il y a plusieurs autres langues que le français sur le CD: l'anglais, l'allemand et l'italien bien sûr...

Alors que nous assistons au détricotage de l'Europe, il est temps de jouer à l'Européen.

Étonnant pour un Auvergnat...

"Nous les autochtones devrions avoir une licence qui nous permette de tuer au moins trois touristes par an sans être inquiétés."

Jean-Louis Murat
Auteur, compositeur, interprète

J'ai commencé en musique au moment où l'on était convaincu que l'Europe allait se faire: il y a eu un engouement, et aujourd'hui l'idée s'étiole. Je me sens plus italien, espagnol, européen du sud et j'ai tendance, plusieurs fois par an, à me rendre dans des pays européens comme l'Espagne ou l'Italie: c'est ma façon de réaliser les États-Unis d'Europe.

Vous vous sentez plus cow-boy ou indien. Cow-boy, on s'en doute de par votre amour connu pour les vaches... mais indien?

Ah, j'ai été cow-boy, comme tous les cons, jusqu'à un certain âge. Désormais je suis indien à fond. Cow-boy jusqu'au Général Custer: après lui et le génocide qu'il a perpétré, on ne peut que devenir indien. Le dernier cow-boy c'est Trump et sa mentalité à la Custer: bornés tous les deux de la même façon.

Indien aussi parce que proche de la nature, ce que vous êtes?

Oui. Et puis proche des paysans que l'on les voit disparaître, comme on a vu disparaître les civilisations d'Amérindiens. Une disparition qui s'accélère exagérément à notre époque. Désormais, il s'agit de bien choisir son camp… et donc son champ.

L'Auvergne est-elle une réserve d'Indiens?

De moins en moins. Je suis d'ailleurs pour l'interdiction des touristes. Nous les autochtones devrions avoir une licence qui nous permette de tuer au moins trois touristes par an sans être inquiétés (il rit). C'est vous dire où j'en suis par rapport au tourisme.

 

Jean-Louis Murat - Achtung

 

Avec un arc et des flèches?

Oui et puis rentrer à la maison avec le scalp... (Rires). Ça leur apprendrait aux Parisiens à nous faire chier continuellement...

Et à voler vos bisons?

…et à fouler nos fleurs!

Mais Géronimo avait un nom un peu italien?

Tout compte fait, oui. Mais en groupe pendant longtemps je me suis appelé Le fils de Geronimo. D'abord, je fus Le neveu de Vercingétorix...

 

©rv

 

Votre côté cow-boy et italien à la fois, à voir le titre de votre album "Il Francese", ferait-il de vous un personnage de western spaghetti?

Quel est le con de critique de cinéma qui a trouvé ce terme idiot! C'est d'un racisme terrible, comme d'appeler les immigrés italiens les macaronis à l'époque. Non, les films italiens ont beaucoup enseigné le mauvais goût aux Américains. Même Sergio Leone, lorsque l'on regarde ses films aujourd'hui, n'a pas très bien vieilli. "Il était une fois l'Amérique", par exemple, dont on a fait des gorges chaudes à l'époque, c'est insupportable. Je préfère de loin les comédies italiennes.

Vous dites souvent "je est un autre". En littérature, cela correspondrait à Pessoa ou pour rester dans l'italianité, à Pavese ou Bassani?

Ou Curzio Malaparte. Le "je est un autre" est l'une des meilleures contributions avec le french cancan et le french kiss de la culture française à la culture mondiale. Le "je est un autre", je le vis très intensément. Je suis certainement un peu pénible à vivre, mais le je est multiple. Moi-même, je ne sais lequel de mes je s'exprime en ce moment.

L'écoute de vos disques peut évoquer Bashung pour les paroles et Gérard Manset pour la voix…

Quoi!? Bashung n'a jamais écrit une ligne de texte, ou soit il l'écrit avec un dictionnaire de rimes en n'utilisant que des rimes très riches. Non, je n'ai rien à voir avec ces types!

En concert le 12/12 au Reflektor (Liège)
et le 13/12 au Botanique (Bruxelles).

 

Rédigé par Pierrot

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