Bibliographie: 30 ans de cheyenne Autumn (suite) et Michel Legrand

Publié le 28 Mars 2019

Des choses remises à plus tard, pour l'occasion, pour la période de désert, pour quand j'aurai un peu d'énergie, j'en ai un certain nombre... mais telle Médor et ses os, je les oublie pour la plupart. C'est ballot,  ronger, c'est quand même un de mes plaisirs.

Enfin, bon, là, je me suis rappelé d'un truc... (et j'en profite pour rajouter quelques éléments)

1) Voici donc une petite chronique de Didier Varrod sur Cheyenne Automne:

 

 

C'est issu de :

Edition du Rocher/régie productions, 1992 (un des nombreux cadeaux que m'a faits Matthieu !)

Les chroniques sont datées (dans le sens premier du terme), la plupart des portraits aussi, mais pas les pages de Murat.  Le portrait date de l'émission POLLEN du 18 mai 1989. Matthieu qui l'a écouté me parlait d'une belle intervention de Didier Varrod, "qui ne laisse pas Murat insensible". Les deux chansons qu'il y avait chantées:

Le jeune secrétaire générale de  Fréquence  Gay en 1982 (passage télé lors de la dépénalisation de l'homosexualité, en 1982):  Matthieu avait trouvé l'archive (depuis, l'INA  a diffusé l'interview -en juillet 2018-, elle est donc disponible sur le net). [Retrouvez quelques propos de Matthieu en fin d'article]

 

Encore quelques mots sur "Cheyenne Autumn":

- Anne-Marie Paquotte :  "Il a publié le meilleur album chanson de l’année … l’écriture fine, la musique mesurée, l’ellipse maîtrisée, l’image lumineuse de paysages entrevus en rêve, par lui parcourus "

 
- En 1996, Les inrocks pour leur 10 ans l'ont classé 25e dans leur classement des disques essentiels de la décennie (au milieu des anglo-saxons!)
 
Il figure également en 1997 dans les 100 meilleurs albums français;  https://www.lesinrocks.com/2017/08/25/musique/les-100-meilleurs-albums-francais-de-tous-les-temps-11977524/
 
Mais Cheyenne Autumn, c'est Dominique A qui en a peut-être le plus parlé...  Celui qui est devenu la référence pour tant de chanteurs a eu comme référence, comme "déclencheur", ce disque:
 
  Je devais d'avoir trouvé ma voie, et ma voix, à Cheyenne Autumn; cet album m'avait parlé comme peu d'autres en français auparavant, et il m'avait glissé :" arrête de hurler"
 
"Vers la fin des années 80, les alternos tiraient tout vers le bas. Je me suis construit contre cet esprit simili-populo, cette foire du slip démago, sans propos musical. Du coup, CHEYENNE AUTUMN, de Murat a été capital. Il ramenait vers une certaine poésie, des arrangements désuets... JE me suis lancé et d'autres sont apparus en même temps, Katerine, Miossec, Vanot, Boogaerts....  Godard a dit : "je ne peux pas faire de bons films si d'autres n'en font pas." Moi, c'est pareil avec les disques...

PS: Murat disait que ce n'était pas tout-à-fait conscient d'avoir repris le titre d'un film de John Ford, même si il l'aime et qu'il a utilisé des images (clip ci dessous). 

Sur Arte, on peut encore regarder un documentaire sur "L'Amérique de John Ford",  Intéressant.

https://www.arte.tv/fr/videos/080979-000-A/john-ford-l-homme-qui-inventa-l-amerique/

22/04/89 chez Ardisson (playback) et en live en 1994:

2) Michel Legrand

Bon, je n'avais pas encore rendu mon petit hommage, moi qui aime tant les Demoiselles. Pas de propos de Murat à son sujet, mais comme souvent, je suis allé voir dans le livre de Dejacques (mon article sur lui)  ce qu'il pouvait nous en dire...  Claude Dejacques qui a signé Murat chez Pathé  a travaillé avec le duo Nougaro/Legrand, puis sur des projets avec le maestro... souvent au studio DAVOUT... où Murat a enregistré bien-sûr également.

 

 

 

 

 

 

COrine Marchand

QUELQUES MOTS EN PLUS DE MATTHIEU

 

Voici les mots de Matthieu puisque ça me plait de le citer:

"Il intervenait sur le plateau du journal de la nuit, en tant que Directeur des programmes (je crois) de Fréquence gaie, le soir où l'article faisant de l'homosexualité un délit fut aboli. Mais je t'ai envoyé l'image pour tes archives personnelles. Manifestement, dans les bios qui circulent sur lui, il n'évoque pas ce passé militant. C'est assez étrange, car il ne se cache pas d'être homo, il y fait souvent allusion, mais jamais rien sur ces années où il était plus engagé. Après, il peut y avoir plein de raisons personnelles que je ne connais pas. Bref, tu gardes la photo pour toi. On pourra s'en servir si un jour on lui consacre un portrait complet, mais a priori, on ne l'a pas prévu..."

De toute façon, un jour ou l'autre, toutes les archives audiovisuelles seront en ligne pour tout le monde, alors... Ce sont les enfants de tes enfants et ceux de tes bâtards (conçus avec les jeunes femmes que tu es censé conseiller) qui profiteront de tout ça... en supposant que la muratophilie soit héréditaire (et qu'ils ne soient pas devenus sourds à force d'écouter ACDC à fond à l'école) !
 
 
 -    Quant à Varrod et son rapport à la chanson dans ce qu'elle a de commercial, c'est encore un autre sujet, relativement vaste. Il a signé les biographies de Goldman, de Balavoine, pas celle de Benin ou Leprest, on ne peut pas dire qu'il se cache. Et Serge n'avait certes rien à voir avec Chorus. Mais Chorus, à la fin, consacrait ses "une" à Goldman et Cabrel. Alors... Les guerres fratricides à l'intérieur du monde des amateurs de chanson sont anciennes, je l'ai bien vérifié en me plongeant dans la revue de Lucien Nicolas. Kemper a raison sur un point au moins : à Radio France, Meyer (Inter) et Azera (Culture) sont les derniers à défendre une certaine forme de chanson qui ne passe presque plus sur les radios commerciales.
 
     Le caractère de Varrod, ce serait encore un autre sujet. Est-il un pur opportuniste ? Je n'étais pas favorable à sa nomination comme directeur de la musique, je l'avais dit à Alexandre à l'époque. Subit-il des pressions ? Souvenons-nous des propos de Laurence Bloch dans Le Monde l'an dernier. Mais aussi du fait qu'il y a eu sur Inter une disparition progressive des spécialistes qui a commencé avant Varrod (Foulquier/Dhordain pour la chanson, Lenoir pour le rock, Delli-Fiori pour le jazz, Lodeon pour le classique, Pierre pour l'électro). Sans oublier Lavige et Le Vaillant, plus généralistes. Par ailleurs, cela fait belle lurette que la chanson qu'aime Ton Pire Ennemi n'a plus tellement droit de cité sur les grandes ondes. Une hypothèse serait que Varrod poussait au maximum sa curiosité lorsqu'il bossait avec Foulquier, précisément parce que le vieux était là. Et qu'une fois seul, il n'a plus été capable de résister aux pressions et aux tentations diverses. Même quand il faisait Électron Libre, il était sur un créneau pointu, mais je ne suis pas sûr qu'il ait été particulièrement pointu à l'intérieur de ce créneau pointu (contrairement à Laurence Pierre qui défrichait vraiment le genre).
 
     Tout cela me rend bien triste, mais ce n'est pas nouveau.   Je t'envoie un apéritif léger et sucré, tu me réponds par un digestif amer. Salaud, va !   [au moment de l'arrêt de Dordhain)
 
Tu aurais été content d'apprendre qu'Assayas est arrivé sur Inter. Ton interview de lui à réentendre.

 

 

Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques

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