Ca s'est passé entre (deshoul)hier, jadis et aujourd'hui: l'actu muratienne de la semaine

Publié le 13 Octobre 2019

De l'antique, du eighties et du show-chaud- très bientôt... c'est le fil de l'actualité muratienne... semaine après semaine.

1) Au fil des rééditions:

https://musique-journal.fr/2019/10/11/lasmr-doutretombe-par-huppert-et-murat/   

La fin de l'article:

Mais contre toute attente, écouté un soir d’automne, seul, l’album m’avait totalement séduit, en premier lieu parce que je m’étais rendu compte que j’adorais la voix de Jean-Louis. Je sais bien que plein de gens avant moi l’ont adorée et je n’ai pas grand-chose à dire de plus sur le sujet mais voilà, cette présence à la fois solide et fuyante au micro, cette capacité à osciller entre le chanté et le parlé, la nature si insituable de l’émotion au cœur de ses syllabes, ça m’avait fasciné, je me remettais en boucle « Soyez inexorables », « Ode à Climène » ou « Entre deux draps » : ça me donnait l’impression d’être en contact avec un esprit d’outre-tombe, d’outre-temps, de faire du spiritisme par l’intermédiaire de quelques mp3. Le son délicat de certains titres génère avec leurs auditeurs une proximité qui peut troubler, comme une sorte d’ASMR qui s’étendrait au-delà du sensoriel pour faire sentir de très près des fantômes, ou des souvenirs, les siens ou ceux d’autres gens. C’est probablement cette touche lointainement field recording qui devait avoir plu au technicien slave de Campus, avec cet alliage de pudeur et de précision, une gravité jamais pesante, ce sentiment funèbre mais vivace que l’on doit éprouver en saisissant et en réécoutant des sons éphémères avec un micro dans la nature. Ou peut-être que pas du tout, c’est juste qu’il aimait le thème, ou la présence d’Huppert (qui se débrouille très bien même si elle débute dans la chanson, notamment sur « De rose ne reste que l’épine »). Je n’en sais rien en fait, je ne l’ai jamais recroisé.

C’est un disque court, avec des interludes lus, qui se partage donc entre des morceaux baroques ou disons « néo-baroques », et des choses plus proches de que faisait Murat à cette époque, c’est-à-dire, pour résumer, un genre de chanson rock teintée de blues et de folk dont je ne suis pas fan en général mais qui dans ce contexte me convient plutôt pas mal. Ça se termine par une outro en forme de mise à distance puisqu’on y entend les deux artistes discuter en « faux off », et faire des petites blagues sur le langage du XVIIe siècle. Mais cet épilogue ironisant ne saurait faire oublier la profondeur tragique qui fait de Madame Deshoulières une œuvre aussi singulière, un moment à ne surtout pas laisser s’échapper. Et puis c’est sans doute la meilleure période de l’année pour l’écouter.

PS : à propos d’automne, Cheyenne Autumn, l’album qui a fait exploser Murat en 1989 et que j’ai découvert avec extase plusieurs années après Deshoulières a été réédité en juin (tout comme Deshoulières d’ailleurs) avec six inédits, chez PIAS France.

De gauche à droite : Luc Robène (guitare), Denis Barthe (batterie), Vincent Bosler (chant, guitare), Olivier Mathios (basse)
De gauche à droite : Luc Robène (guitare), Denis Barthe (batterie), Vincent Bosler (chant, guitare), Olivier Mathios (basse) (The Hyènes)
 

 

Un EP qui annonce une tournée et un nouvel album

L'ambiance crépusculaire atteint son apogée avec la reprise de Suicidez-vous le peuple est mort, une chanson de Jean-Louis Murat de 1981, et qui pourrait bien prendre une résonnance toute particulière avec l’actualité des Gilets jaunes. La cold wave originelle de Murat est ici revisitée en un rock brut et abrasif. C’est d’ailleurs ce son qui est aussi la marque de fabrique de The Hyènes, et ce n’est pas un hasard s’ils choisissent de reprendre également Neat Neat Neat de The Damned, référence du mouvement punk britannique.

Et aussi:

https://lesoreillescurieuses.com/2019/10/11/the-hyenes-ca-sarrete-jamais/

3) Cliché:

Tanguy Pastureau dans l'exercice suicidaire du billet d'humour quotidien (Daniel Morin en est mort d'ailleurs, et comme un coq sans tête continue d'exercer), use de certains clichés... et voilà encore (on l'a déjà cité ici) celui sur  Murat

https://www.franceinter.fr/emissions/tanguy-pastureau-maltraite-l-info/tanguy-pastureau-maltraite-l-info-10-octobre-2019

 

Pour vous dire, j’ai envie de quitter la France, pour redémarrer à zéro dans un pays où je ne serai pas connu, donc ok, je peux aussi bien rester en France. Avant, moi qui suis névrosé, dans ma tête il y a moins de couleurs qu’à la télé polonaise, je me retrouvais dans la variété française, les clips de Jean-Louis Murat dans la neige qui se faisait un manteau avec la peau de son chien mort de faim, Daniel Darc, le groupe Marc Seberg, ça c’était la France, cette nation déprimée où les gens foutent du Xanax dans leur Picon.

Ah, pourtant, pourtant, Murat, c'est aussi le symbole de la modernité, du 21e siècle, là où il passe, la modernité s'installe. La preuve:  à BINCHE en Belgique (concert 28/11),  la Dernière Heure a un scoop:

La mise en place du guichet électronique est prévue pour juin 2020 à Binche et sera accompagnée d'une rénovation en profondeur du site Internet de la Ville. Mais avant cela, c'est le théâtre communal qui devrait passer le cap. D'ici la fin de l'année en effet, l'institution sera dotée d'une billetterie en ligne. Le théâtre bat des records d'affluence à Binche. Un succès qui ne devrait pas démériter cette année alors que la saison voit défiler des pointures de taille telles que Jean-Louis Murat, Chimène Badi ou Francis Huster. La possibilité de réserver ses places ou de commander son abonnement en ligne devrait contribuer davantage encore au succès du théâtre.

Non, vraiment, on n'arrête pas le progrès. Peut-être même qu'un jour on pourra commander des pizzas avec son smartphone.

ET puis, et puis Cher Pastureau, les clips de Murat, c'est  le soleil, l'amour... et pas que les cimetières!  La preuve avec l'italie au programme du clip "nettoyé" de la semaine:

4...? oui, j'en suis à 4) Et alors que l'on fait ressurgir "suicidez-vous le peuple est mort" pour chanter l'époque "Gilles et John", voici quelque chose d'encore plus évident pour aujourd'hui... hélas... alors même que "Murat" est le prénom porté par des nombreux turcs. Honte à l'occident... même si on savait que ça finirait comme ça...

 

Ps: TOURNEE J-1!  Moi, je débute par VALENCE Jeudi!

 

 

Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

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Anne 15/10/2019 20:09

Intéressante chronique de Etienne Menu, c'est bien écrit. Merci.