Va, lance et balance (2e concert Tournée d'automne, 17/10/2019)

Publié le 28 Octobre 2019

Il y avait encore un petit relent d'été ce jeudi-ci dans les rues de Valence. Dans l’artère principale, au bord des fontaines lumineuses, un concert en plein air se donnait grâce à une mini-mini espèce de kiosque à musique (un local technique, avec un auvent), sans doute une initiative plutôt sympa de la ville. Celle-ci possède également son kiosque historique qui inspira  Peynet. Et son théâtre à l'ancienne, italien, aux riches décors où évoluera Murat. Un cadre idyllique donc pour "innamorato"...  loin de l'image A7tienne (et non pas ascètienne, nom d'une PIC, autre symbole de la ville).    - Ce message publicitaire est offert par Sujeanlouismurat.com pour aider les zones en développement de la région Aura- .

Bon le fait est qu'il s'est mis à pleuvoir vers 19h30... mais nous avons profité du foyer du théâtre, sans bar... pour discuter avec le fidèle Alain qui s'est décidé au dernier moment, et avec Jocelyne,  qui installe son échoppe, et ses disques dédicacés tout fraîchement : je lui suggère de faire varier les prix de ses disques dédicacés en fonction de la qualité de la signature. "celui-ci, il a fait un effort: on distingue M.U.R.A.T parfaitement.... mais... en fait, c'est trop bien écrit: ça passerait un faux!!".

On divise entre anciens de nos concerts respectifs:

- ah, j'ai vu Belin -il est raide de Belin-, il était avec le producteur... euh, comment déjà.... euh... merde...

- Moi, j'ai vu... euh... bon sang...euh... le gars qui fait les films d'honoré là... et puis, euh... merde... menfin... celui de la fille du coupeur de juin...

- Hubert... ah, oui, tiens, y a Brigitte Fontaine qui va passer ici...

- Je l'avais vu une fois, concert lecture, avec le guitariste là... euh...  ah, mince... celui de Bashung...

- Je sais plus... En tout cas, j'aimerais que Murat refera le même concert que... c'était quoi déjà.... ça grouvait grave...  c'était où? Caluire?

... enfin bon... On va finir par se sentir vieux... Alzheimer frappe à la porte... Ce qui permet quand même d'apprécier chaque concert de Murat comme un nouveau.... C'est chouette.


Ayant réservé en juillet ma place, j'avais sélectionné une place au premier rang... ce qui m'a permis d'avoir la meilleure vue sur le pupitre avec les textes de chansons, et ne pas voir la tête de Stéphane de tout le concert caché qu'il était par une cymbale. Je l'ai donc trouvé très brillant.

Pas de première partie : tant mieux, j'ai quand même 1h30 de route pour rentrer... quand je me rappelle de l'endroit où j'habite....

20h45, pas de retard et Jean-Louis arrive en tee-shirt blanc imprimé, jeun's, avec un petit "bonsoir". Et il n'y a pas de tabouret!  Et prend une guitare 12 cordes... Après quelques notes de réglages, c'est parti pour... un morceau indéterminé dans l'intro... La guitare 12 cordes donne peut-être un son moins rock que la télécaster, mais l'électrification est bien réelle, et Murat joue toujours autant des effets. Donc, le son est loin d'être "unplugged".  C'est "kids"...  bien rythmé, avec son gimmick "i 've got a message for you"... 5 bonnes minutes de démarrage.

Ça enchaîne rapidement, avec une intro plus lente, et qui prend son temps... On reconnaît les notes de gazoline.  Le chant débute au bout de près de 2 minutes... un peu sur le même tempo... jusqu'au premier refrain, où ça monte doucement...  ça roule, ça roule sur le "rollin"... La voix pousse encore un peu plus sur le 2e refrain, et ça finit par s'emballer (doucement), juste après un petit break. "ça, c'est rollin, ça c'est rollin, ça c'est rollin, ça s'est rollin" (6 minutes)...  On est assez fidèle à ce qu'on trouve dans le dernier "live".

Murat doit manipuler sa pédale... c'est le running gag de ses premières dates: "c'est notre 2e concert et c'est du nouveau matos: ça vient de Chine, faut peut-être apprendre le chinois". Une fois le problème réglé, il se saisit de son harmonica. On ne sait pas si c'est le morceau qui commence ou s'il fait des essais... mais il poursuit... et je trouve ça très joli, cette mélodie qui immerge au détour d'un rien... C'est "les voyageurs perdus".  J'apprécie l'harmonica, et l'émotion créée, même si c'est livré avec un tempo assez rythmé. Ce n'est pas un titre qui me donne "l'effet surprise", il l'avait joué sur la première partie de tournée, mais Tristan date quand même de 11 ans...  Il faut donc se contenter de ça dans l'exploitation du "back catalogue"...

Petite pause avec un "merci", "c'est vraiment très gentil", et peut-être une petite séance pour s'essuyer ou régler "sa nouvelle guitare"... et pour présenter "Stéphane, Stéphane Reynaud".  Il dit ensuite qu'on est dans le "07", ce qui suscite quelques réactions des drômois (26)... "ah, il y en a qui suivent"... C'est pour introduire le 82, Tarn et Garonne. Là, encore, pas de surprise, la chanson est au programme depuis deux disques.  Bon, le titre est entraînant; pas de problème. Jean-Louis s'amuse avec quelques onomatopées dans un long break, mais fait quelques efforts de diction et pour s'approcher un peu de micro sur le reste de la chanson (ce n'est pas le cas sur toutes les chansons, et les critiques du soir concernaient surtout le son de la voix).

Et voilà "over and over"...   un titre single (2013) qui n'était pas le morceau le plus enthousiasmant aux yeux des fans mais que Jean-Louis semble apprécier puisque là encore, il est souvent au programme... et ça commence à faire pas mal de tournées...  Je crois que je suis quand même rentré dans le morceau, même s'il est joué "tranquillement", la faute à Murat qui là encore soigne l'interprétation, et à un très long pont musical où Murat nous livre un petit solo, puis de nouveau à un final bien enlevé. Il y a de quoi en mettre sur 7 minutes de morceau! Et le public apprécie chaudement.

Jean-Louis bricole encore un peu sur sa guitare qui vibre...  et au bout d'une longue pause, il lance "autant en faire quelque chose". Et là, ça balance à Valence, la guitare sonne comme une guitare électrique, bien saturée.  La version est rythmée... disons à 70%... et il y a même un petit ralentissement sur une séquence, avant un emballement finale...  à 95% via la batterie et la voix.  On ne met pas 100% puisqu'on ne verra pas Fred sauter!   Jean-Louis Murat, debout, c'est quand même autre chose. Il bouge un peu, s'éloigne un peu du micro pour jouer et entreprend son corps.  Enfin soit, je prends toujours autant de plaisir avec ce titre.

Jean-louis représente une nouvelle fois Stéphane, puis encore une phrase que je ne capte pas.

Son de guitare vibrante... rejoint ensuite par la batterie mollement, et un peu de basse... Quelques sifflements légers... et c'est "Ciné vox".  Généralement, je ne prends pas mon ticket,  j'attends que ça passe à la télé. La guitare est quand même intéressante, dans les longs breaks entre refrain et couplet. Jean-Louis termine en sifflotant.

Et voilà, la petite surprise de la soirée: "tel est pris". Là encore un single un peu oubliable de TRISTAN, mais peut-être qu'en ressortant la 12 cordes, le passage une nouvelle fois par cet album était l'évidence (après "les voyageurs perdus").  Le fait est que la version est plutôt très rock. Au début, Murat entame la mélodie reconnaissable, puis on repart un peu sur autre chose avec la batterie pour une longue intro, le premier couplet est très sage, après le premier refrain, break d'harmonica. On finit par se faire happer par le riff de guitare. C'est le 3e break qui s'envole complètement pour le final , avec un jeu ultrarapide de JL sur sa guitare, l'harmonica et une batterie d'enfer... avec un atterrissage tout en douceur.  Bon moment!

Là encore, Jean-louis dit quelque chose à propos de sa  pédale qu'il doit actionner plusieurs fois....

Et il lance "hold up". Les collègues assurent le chœur, sur une chanson jouée "à la calme". Murat pousse un peu sur la voix au fil des refrains, et la batterie suit... Sur le final, on a droit à un break assez long, où Jean-Louis Murat improvise aussi à la voix, assez loin du micro, et c'est plutôt réussi.

Nous voilà presque arrivé à 1 heure de concert...  Débute une longue intro très calme... c'est "extraordinaire voodoo"(là encore un classique des tournées depuis Toboggan)...  Ça se poursuit sur ce rythme, même sur un longue partie instrumentale...  On croit que ça va se lancer avant le dernier couplet... mais non... La voix, pas toujours parfaite, et loin du micro durant le concert, est cette fois très acceptable... Et voilà enfin le morceau qui s'emballe, et la voix qui pousse... mais c'est rapide... Et Murat enchaîne très rapidement avec la présentation des musiciens dans les applaudissements et le morceau qui se termine... mais non... la chanson repart... un "au revoir" précède un "extraordinaire voodoo" pour conclure.

"Il va neiger ce soir"  nous dit-il il me semble... et le public réagit...  Là, encore du classique depuis 2013. Une version propre, et bien blanche... pas dépourvue d'énergie pour autant. Là encore, on se laisse attraper avec plaisir.

Ça enchaîne rapidement avec une intro très rythmée,  et une guitare qui part à l'aventure... yes!... et d'un coup, c'est "french lynx" qui démarre...  La séquence respiratoire de Morgane Imbeaud sur l'album "est ce que tu connais ton french..."  est remplacée par un refrain funky...  et la guitare s'emballe...  Là encore, on a droit à une longue partie instrumentale... Murat dit "merci d'être venu, faut bien qu'on s'arrête"...  avant de repartir sous les applaudissements sur "est-ce que tu connais le lynx?"....

Une heure vingt et déjà le 2e rappel... ça s'annonce court par rapport au premier concert (qui je crois est toujours plus long - Murat y teste plusieurs morceaux).

Murat annonce un morceau inédit. Elle est "d'avant hier"... Il dit encore une chose ou deux, mais je n'entends pas. Ça sera "prince ahuri", qui débute très doucement, avec de l'harmonica.  Difficile d'entendre tout le texte, même si j'essaye de me concentrer:  "prince confetti, sous son parapluie, se protège de quoi...". Je comprends ce que disait PIerre K. en disant que c'était du Murat à l'ancienne, qui ne cherche pas le groove, mais l'introspection. "le coucou s'est tu, la nuit est venue, j'ai vu la morte, la morte est revenue, la déconvenue est assez connu, le matin venu la chose reste crue"...  Pour que l'émotion nous prenne tout à fait, il manque un tout petit peu de compréhension du texte... mais ça me parait une réussite.

et this is the end... 1h30 syndicale... et la lumière revient dans le théâtre italien.

 

Alors, j'ai bien apprécié la soirée. Voir Jean-Louis debout se dodeliner un peu, voire s'agiter un peu, ça fait plutôt plaisir. La télécaster manque peut-être un peu pour enfievrer complètement les morceaux, percuter un peu plus mais ça n'empêche pas qu'il y ait eu une belle énergie sur la grande majorité des morceaux. A part ça, c'est un concert bio car il n'y a aucune dépense d'énergie inutile : aucun jeu de lumières.

 

La soirée se termine par une dégustation des vins de la Cave de Tain, accompagné de quelques biscuits apéritifs... qui retient l'assistance dans le hall, mais je file rapidement... en attendant le prochain concert qui viendra rapidement pour moi.

 

 

PS:  Je vous partage un petit message de Geoffroy via la zone "contact" afin de le remercier... et pour indiquer que c'est la deuxième personne qui est devenu "fan" récemment avec laquelle je suis rentré en contact cette semaine! Comme quoi...  Le  commentaire d'Anne (sous l'article précédent) parle d'un même phénomène...

"Bravo encore pour vos précieuses infos. vivement février du coup . Et vivement le théâtre de la Madeleine . Celui de Vincennes était parfait, et effectivement en grande forme. Là,  je viens de découvrir accueille moi paysage , magnifique à pleurer. Murat est immense, incompris et tant mieux pour nous. Chaque album est une merveille , je comprend que vous soyez fan . Moi seulement depuis un an, et je regrette d être passé à côté. Pourtant je suis auvergnat!".  

Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

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Commenter cet article

Sergio 29/10/2019 08:33

Résumé fidèle du concert par un inconditionnel de Murat.
Et parfois faut l'être pour l'apprécier. Car scéniquement fait pas toujours l'effort d'être scénique comme s'il n'avait pas plus envie que ça du live, des tournées (organisées certes). Incompris, il le cultive. Faut le prendre comme il a envie d'être à l'instant T.
Moi, j'ai bien aimé, avec les imperfections. Mais pourait mieux faire. Dommage quand même car mériterait que ça soit mieux huilé, même à la 2e date.

Anne 28/10/2019 19:07

Merci pour ce superbe compte rendu.

Patman 28/10/2019 14:05

Bravo Pierrot tu avais dit 11h30 pour ton CR tu étais pile à l'heure.....
CR toujours aussi précis et pointu, j'adore....Je me demande même comment tu fais pour profiter autant du concert avec un chrono et un crayon.... Chapeau bas !!!
Par contre pourquoi dis-tu que "Tel est pris" est une surprise, il l'avait déjà joué en 2018 notamment à Nantes.

Pierrot 28/10/2019 15:59

ça m'a fait l'effet d'une surprise... mais j'avoue que j'ai été très paresseux : je ne me suis pas replongé dans les set-listes, ni à replonger dans les concerts avec guitare 12 cordes. Il me semble qu'il avait commencé avec la tournée précédente, et qu'il s'était replié sur l'électrique ensuite...