Portrait d'arte, chroniques, Christophe, Dylan et covers

Publié le 19 Avril 2020

1) On commence le tour du jour par une vidéo de 2 minutes diffusée sur twitter par "28 minutes" et qui n'avait pas été incluse à l'émission télé. C'est plutôt très bien fait, et à travers des anciennes interviews arrivent à dresser un portrait aussi juste que possible de l'artiste:

 

2) Un bout de chronique:

https://lapopdalexandreetetienne.blogspot.com/

Jean-Louis Murat - Baby Love
France
Chanson Française, Electrofunk, Pop
  Un peu étrange de voir Murat essayer de donner un fils spirituel au Midnight Love (1982) de Marvin Gaye, disque synthétique, dansant, moite et sexuel, nocturne et urbain. Mais, une fois la surprise initiale passée, on apprécie ce Baby Love à se juste valeur, c'est à dire un bon album de pop francophone, bien foutue et assez courageux de s'aventurer dans ces eaux musicales en gardant la langue de Molière et la voix de Murat comme liants. 

3)  Christophe

Comme toujours, tentons de voir ce que l'on peut dire sur Murat et Christophe.  Ce n'est pas évident cette fois car si on trouve des christophe dans le parcours de Jean-Louis (Pie, Dupouy, Adam), des Bevilacqua ?   J'avais déjà  cherché les connexions en 2010 lors qu'un organisateur les avait réuni lors d'un concert commun à Cannes (en fait Murat étant engagé pour une première partie d'une heure). 

Pas tout-à-fait la même génération malgré juste 5 ans d'écart  (vu le retard de Murat à l'allumage surtout, Christophe a été un chanteur pour minettes dans les années 60, et Murat de 86 à 91) et pas de relation directe ou d'amitiés avérés, mais dans la short-liste des plus grands de la "française pop", ils se côtoyaient de près, Christophe ayant acquis un statut iconique, que Murat n'a pas réellement :  “Dans la quadrature du rock français, Dutronc aux abonnés absents, Bashung, Manset, Murat et Christophe portent la casaque de nos mousquetaires” (François Armanet dans le livret de l’intégrale de 114 Chansons (2008) cité par Vergeade dans les inrocks).  

La personne qui aurait pu les relier était BAYON, son soutien à Christophe ( «une sorte d’œuvre au noir rock français effaçant la concurrence» ou d’«Horus rock… port cintré, nerfs, chevelure warholienne, assises en suspension, poses sanglées»)  est aussi remarquable que celui accordé à Murat, notamment en lui accordant une Couv alors qu'il était au creux de la vague.  Dans le fameux article "COULEURS MURAT"(88), voilà qu'il les rangeait dans la même catégorie:

D'où journée-puzzle avec le nouveau membre dissocié du club des maniaco-dépressifs obsessionnels (Manset, Christophe, Bashung, Dutronc, Gainsbourg), au fond du Puy (-de-Dôme, 63).

L'amour du blues (hooker notamment), l'italie (Christophe: Depuis que j’ai dix-neuf ans, mon rêve, c’est de réussir en Italie. Alors,  il y a une chanson qui s’appelle « Estate Senza Te » (1967) qui fait un malheur là-bas), le cinéma, auraient pu les rapprocher.  Est-ce que Bayon a tenté de les faire se rencontrer?  J'ai regardé si je trouvais un moyen de le joindre, mais il semble qu'il faudrait faire un courrier à son éditeur (on ne le trouve pas sur les réseaux).

C'est Bayon qui est aussi à l'origine d'une autre connexion: Marie MOOR.  Murat a travaillé avec elle autour du projet "svoboda", avant qu'elle n'écrive pour Christophe (comme Elisa Point qui travaille avec l'ami Alain Klingler).

Après une petite recherche, forcement pour des artistes ayant une si longue carrière, on va retrouver d'autres noms de personnes qui ont travaillé avec les deux : Mondino of course,  Olivier Huret (éditeur), Christophe Minck (bassiste pour quelques concerts pour JL), un autre bassiste : Paganotti, présent pour le LP Murat)... mais rien de probant... J'attends donc vos autres idées!

Le fait est qu'il sera peut-être plus facile de dresser la liste de ce qui les oppose : Christophe, parisien et  proche du milieu parisien -les témoignages nombreux depuis 3 jours le montrent, noctambule célèbre alors que JL a encore dit récemment qu'il se couchait comme un paysan, le parcours toxico (cocaine contre codéine?)... et bien-sûr deux ou trois tubes incontournables pour Christophe. "les mots bleus" sont classés dans 22e dans "le top 100 des chansons que l'on devrait tous connaitre par coeur" de Baptiste Vignol (choix de 276 artistes), "les paradis perdus" figure aussi dans le classement. On n'y trouve pas de  Murat  mais 14 chansons de ce dernier ont été citées et 11 de Christophe.

 

 

Mon article de 2010 sur le même sujet:

http://www.surjeanlouismurat.com/article-murat-et-christophe-sur-scene-57269855.html

Le retour du concert commun:

http://www.surjeanlouismurat.com/article-murat-a-cannes-57750839.html


Voici le choix de chansons de Christophe lui-même:

Portrait d'arte, chroniques, Christophe, Dylan et covers

Alors puisqu'il a choisi Alcaline: Je ne vous remets pas mon clip (version "studio")  mais une version live superbe:

4)  Rien de plus remarquable sur le buzz du moment à dire:  la fiche wikipédia a été mise à jour par certains avec cette actualité récente.  L'info a traversé l'atlantique et on trouve des liens sur des "petits" sites anglais (Canada, EU).  Voici un propos intéressant:

DARRAS on the loose

Je ne sais pas où Jean-Louis Murat est confiné, mais de sa cachette il doit s’amuser comme un fou de sa nouvelle provocation @Mepasdutouttoo. C’est facile, mais ça l’est justement parce que ce n’est pas sérieux. Il appuie sur des boutons, et les gens démarrent au quart de tour. Je serais curieux de savoir ce qu’un juge penserait de tout ça s’il était saisi… (allez voir, faîtes une recherche sur Murat et Angèle, et revenez me voir).

 

C’est ça la communication aujourd’hui. La forme, surtout pas le fond.

A force de ne plus s’en approcher, plus personne ne le touchera jamais d’ailleurs. Je parle du fond, hein ! C’est le bon côté. 

 

5)   Dans la série AIMONS LES VIVANT:

Le texte est de circonstance et peut-être que Bob dit l'âme plus que jamais  de JLM

https://gonzomusic.fr/bob-dylan-sort-une-deuxieme-chanson-en-trois-semaines.html

Extrait:

Je suis comme Anne Frank, comme Indiana Jones

Et ces mauvais garçons britanniques, les Rolling Stones

Je vais jusqu’au bord, je vais jusqu’au bout

Je vais là où toutes les choses perdues sont réparées

Je chante les chansons de l’expérience comme William Blake

Je n’ai pas d’excuses à présenter

Tout coule en même temps

J’habite sur le boulevard du crime

Je conduis des voitures rapides, et je mange des fast-food

J’abrite des multitudes

 

Je suis un homme de contradictions, je suis un homme d’humeurs multiples

J’abrite des multitudes

 

Vieux loup avide, je vais te montrer mon cœur

Mais pas tout, seulement la partie haineuse

Je vais te vendre à la rivière, je vais mettre ta tête à prix

Que puis-je te dire de plus ? Je dors avec la vie et la mort dans le même lit

Dégage, madame, lève-toi de mon genou

Ne me parle pas

Je garderai le chemin ouvert, le chemin dans mon esprit

Je veillerai à ce qu’il n’y ait pas d’amour laissé derrière moi

Je jouerai les sonates de Beethoven, et les préludes de Chopin

J’abrite des multitudes

 

6) on se quitte en musique:

 

Mr ROBERT de LYON, programmateur des nuits de Fourvière et ancien des inrocks (qui travailla notamment sur le supplément "murat en amérique", nous livre une très belle version bossa:

et un joli "tige d'or"!

Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love

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Thierry 20/04/2020 19:25

Encore une fois je suis d'accord avec Emmanuel mais aussi avec Patrice (Morituri est un très bel album, le dernier à prendre dans sa globalité pour moi).
Ses dernières productions ne sont plus du même niveau pour moi, je les écoute une vingtaine de fois et après je les oublie, je n'ai même pas acheté "Baby Love" je l'ai écouté une dizaine de fois sur DEEZER, mais hormis 3 ou 4 morceaux que j'aime bien sans plus, je ne retrouve pas le Murat que j'appréciais avec de beaux textes.
Avec le confinement je me suis souvenu et j'ai retrouvé un article d'Arnaud Viviant dans les Inrocks en 1993 qui disait que Murat mettait toujours un morceau "à chier" dans ses albums (il parlait de "Comme au cinéma" dans Vénus) mais maintenant c'est plutôt l'inverse même si je n'emploierai pas cette expression que je trouve trop dure.
Dolores c'était quand même autre chose que Baby Love comme disque de rupture!
Baby love, travaux... etc me font un peu penser à Love on the beat de Gainsbourg, un chanteur d'un certain age qui essaie d'être branché pour plaire aux jeunes.

Pierrot 20/04/2020 20:57

Ah oui, love on ! the beat, et y ré under arrest, j avais bien-aimé !! ... Il y a 5/10 ans je pensais plus à un Nougayork pour Muratpour renouer avec le succès(mais je n y crois plus) ... Mais il n est pas descendu encore assez bas pour taper au fond. Il flotte encore entre deux eaux notamment parce que la critique le salue à chaque production, et je pense quand même à juste titre. J aime travaux sur la n, notamment.

Emmanuel 19/04/2020 20:26

La tige d'or. ça c'était une belle chanson !
Sympa la reprise.

Emmanuel 20/04/2020 16:30

C'est vrai que "Rendre l'âme" et "Par toi même hideux" sont de belles chansons. J'aime bien aussi "Autant en faire quelque chose". ça fait quand même 3 titres dans les 2 albums qui précèdent "Baby Love".
Si on défile encore en arrière je n'en retiens aucune de "Travaux sur la N89", mais 3 sur Morituri : "Le chant du coucou", "La chanson du cavalier" et "Le cafard".
Pour "Babel" : J'aime quasiment tout, avec un chef-d'oeuvre : "Frelons d'Asie".
Par contre "Tobggan" et "Grand lièvre" : bof...
"Le cours ordinaire des choses" : Quasiment tout est bon.
Idem pour "Tristan" avec deux chefs-d'oeuvre "Mousse noire" et "Les voyageurs perdus".
"Taormina" : Tout est bon. 2 chefs-d'oeuvre aussi : "L'heure du berger" et "Accueille moi paysage"
Je ne remonte pas plus loin. Il y aurait tant de perles à citer, mais aussi d'autres chansons que je n'aime pas. Donc le fait que je trouve "Baby Love" très décevant n'entraîne pas de ma part un jugement définitif, ni même l'idée qu'il y aurait une baisse de qualité depuis telle ou telle date.
En fait c'est plutôt que je trouve le parcours inégal.

Pierrot 20/04/2020 16:21

oui, on peut inclure Morituri... mais le fait est qu'on ressent moins à l'écoute comme une "sorte de nécessité impérieuse des mots" (un besoin vitale de s'exprimer?)... Est-ce uniquement dû à un travail différent, plus tourné vers la musique et le rythme des mots? ou est-ce une source qui se tarit? Depuis longtemps, je disais avec Matthieu, il faut peut-être attendre qu'il ait une rupture sentimentale pour un rebond artistique... Ca a été un peu le cas il faut le reconnaitre.

Patrice 20/04/2020 13:21

Salut!
N'oubliez pas, tout MORITURI (2016) ou des chansons telles "Rendre l'âme,Je me souviens,Par toi même hideux,Cinévox...
JLM, je crois, s'est exprimé récemment,sur l'inutilité,qu'il ressentait, désormais,
d'utiliser une langue "poétique"pour se faire entendre (écouter?) du "public"de notre actuelle société.

Thierry 20/04/2020 11:32

Tout à fait d'accord, d'ailleurs on pourrait ouvrir le débat sur la "qualité" des textes récents par rapport à la période 1990-2015.