Publié le 19 Octobre 2010

Avec ses bêtes ruminant des feuilles sur l'air du "Parcours de la peine", l'élégiaque "Manteau de pluie" de Murat est l'indiscutable CD de l'automne. Un an durant, de fermes en studios et d'effondrements en exaltations, "Libération" a tenu le journal de sa gestation envoûtante.  


 

   

 

 

Accouchement difficile, séparation, médocs... Un article au long cours de LIBE qui raconte l'élaboration du manteau de PLUIE....

 

 

 

 

 

 07 octobre 1991 LIBERATION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PIERRE-FENDRE
AU PAYS
DE MURAT

Clermont-Ferrand, Pessade, Aix-en_Provence, Roche-Charles, envoyé spécial

Chroniqueur de la Coupe du monde de football terré dans une chambre napolitaine vers les immeubles vagues du stade San Paolo, martyrisé par les humeurs de la mama qui l'héberge, Jean-Louis Murat, en lévitation gidienne, écrit : "Puanteur de la famille, puanteur de la ville. Je ne supporte plus les gens charmants dans leur état cadavérique, je m'approche au plus près, je renifle et je juge l'état de décomposition de la bête : irrémédiable. Je veux partir"

C'est sans espoir, il part, avant la fin du premier tour. Sur la taie d'oreiller du lit où il a songé faire de son "Mondiale" un jeu érotique ("O être un homme! Etre en rut!"), Marie, sa compagne, découvre un matin des taches de sang : "J'ai rêvé d'un cheval mort,sous la peau de sa carcasse gelée vivaient, dans une nuée grouillante, des rats. J'ai cru entendre tournoyer la faux noire. L'épreuve de l'amour m'incite à la mort..." Explication : d'angoisse, il s'est mordu la bouche. Bagages bouclés sans attendre, le couple file vers Rome, pour finalement rebrousser chemin à grande vitesse ("200 km/h"). Objectif Clermont.
La route est longue, crispante. Sans un mot jusqu'au pied du Cervin. Où vient la rupture. "
Ça a chauffé!", dit-il. Excédée par la débandade italienne, elle quitte l'appartement de l'impasse clermontoise pour Sugères; lui rejoint Pessade, où Virgin a loué une maison isolée à son poulain pour y ruminer le successeur de Cheyenne Autumn. En fait, dès le lundi 25 juin 1990, dans sa deuxième et dernière chronique napolitaine, il avait la tête aux monts d'Auvergne: "Au pied du Cervin 2020m. J'avais besoin de l'air qui, ici comme à Pessade, rouille le lilas blanc." Au coeur du fax, un premier vers du disque qui n'est encore rien, moite comme une conception: "Et ton humidité chérie de femme..."


Photo : Axel D Tilche

 

 


L'été à Pessade
FIN JUIN. Là-haut, vers Saulzet-le-Froid, une géographie de rêve. La maison, aux portes des prés, est à la base d'un triangle imaginaire qui unit le Puy-de-l'Enfer, le lac de Servières, et le col de la Croix-Morand. Au creux d'un bosquet, sous les fenêtres, scintille un maigre torrent. Murat vit seul, la plupart du temps, dans son jardin d'Auvergne. Il bat la campagne, prend les bruits, se compose un herbier sonore à l'aide de la dernière tocade, le DAT. Levé à l'aube, il enregistre le silence des pâturages, puis l'écoute, défoncé, roulé dans l'herbe à la nuit "sous un ciel peuplé d'étoiles". Les instruments sont disposés dans une pièce au rez-de-chaussée.

Il écrit le matin, comme les maniaco-dépressifs. Les chansons viennent sans peine.
Dispersion, d'abord : la première
Je n'ai plus que toi, est à l'origine une commande de Luc Besson pour la bande-son d'Atlantis (à laquelle doivent alors participer Sting et Peter Gabriel). Une idée d'avant l'été. Il en a fait une version de 9mn, essentiellement instrumentale, brute et animale : guitares, étable, champ, bourdonnement. Pas vraiment sous-marin, plutôt marécageux : "Vois comme je vis mal / Je n'ai plus que toi, animal" appelle-t-il : "Je regardais désespérément l'extrait que Besson m'avait envoyé.Une vidéo où il n'y avait que des poissons. Je pensais au pauvre plongeur.

C'est la seule phrase qui me soit venue. Puis l'idée de lui faire une musique truffée d'éléments. Des bruits de surface pour des images de fond."
Col de la Croix-Morand - col de la croix du mourant - est aussi écrit pour Besson. Les volcans d'Auvergne enneigés renversés dans les abîmes de la grande bleue... "Il avait déjà tout scénarisé en fonction de la chanson. Tout était filmé à 50 centimètres sous le niveau de l'eau... Et, sur le pont musical, une fosse, un à-pic de 100 mètres..."
A l'automne, Besson, perturbé, congédie tout son monde ; les deux chansons en apnée qui ouvrent l'album survivront au plongeon.


FIN JUILLET. Concentration "Je n'ai plus la moindre envie / Le manque me suffit." Le texte du Mendiant à Rio, griffonné dans un express Paris-Clermont, date d'avant la montée à Pessade. Voilà la source : dans le désordre des écritures qui s'amoncellent, ce pan de lumière tient lieu de guide "Je veux être plus clair sur ce que j'ai à dire. Aller plus loin que Cheyenne Autumn. Décliner le même sentiment tout au long de l'album, le manque, le rien. Ou bien tu utilises une solution radicale, ou tu fais ta vie avec rien - le manque me suffit" donc : la phrase est portée, aux premiers jours, au bas d'une page sur le cahier Clairefontaine à carreaux qui va suivre le chanteur appliqué pendant tout l'enregistrement. A Pessade, il y colle une photo découpée dans

le journal. Elle doit servir de "la" pour la pochette : des cadavres au Liberia, couchés face dans la boue. "Je vais faire la même de moi, allongé (sur le dos) nu sous une pluie diluvienne." Sur une page vierge, Jean-Louis calligraphie aussi ces quelques mots : Le Manteau de pluie du singe, titre d'un recueil du poète japonais Basho qui va devenir celui de l'album."Le titre sert de ciment. Le Manteau de pluie du singe, c'est un chagrin élémentaire. Le travail maintenant est de ne plus s'écarter de ce sentiment."
Dix épures inspirées -- folk synthétique, disons -- se détachent du bouillonnement originel, tenus à ce fil fragile.
Je n'ai plus que toi ; Col de la Croix-Morand ("Je sens monter en moi / Un sentiment

profond / D'abandon") ; le Spectacle pour Américains ("D'où vient ce goût du vertige ?") ; Cours dire aux hommes ("Que finiront lâches comme moi, ceux qui croiront à l'amour") le Lien défait ("On se croit d'amour / On se croit épris d'éternité / Mais revient toujours"...) ; Ephémère ("Je parcours les rues / Du monde disparu / Où j'étais volontaire / Naguère") ; Mendiant à Rio ("Comme si j'avais eu une autre vie / Mieux que celle-ci") ; Le parcours de la peine ("Je le prends tous les jours / Avec les musaraignes, avec les vautours") ; Gorge profonde ("Dans ce dégoût qui me ronge"). Et une chanson à contre-emploi, Sentiment nouveau, intruse légère, coupablement admise, à peine défendue : tache en forme de


"seule touche d'optimisme". Les feuillets dactylographiés sont rangés serrés. A quelques ratures près, Murat ne s'en écartera plus jusqu'à la gravure, un an plus tard.

AOUT. Des amis passent à Pessade, avec l'été. Courent, ivres, entre les arbres, en imitant Roger Milla ; se perdent dans la nuit sur les plateaux. Ou bien ils s'essaient au jeu du moment : le "slalom passadouere", inventé et réglé par Jean-Louis Murat : balle au pied entre sept seaux distants d'un mètre cinquante, et retour. "J'ai encore tous les temps sur un carnet ! " Le mètre et les seaux sont précieusement remisés pour l'été suivant.
Marie monte aussi. Répéter les chansons qu'elle va enregistrer pour les disques du

Crépuscule. L'ambiance est tendue. Elle devient détestable à Clermont, pour l'enregistrement que le compagnon-chanteur dirige par naturel. "Le pire moment, dit-il. J'ai été abject, infect. Je ne voulais rien entendre. Il était convenu qu'on se sépare définitivement (après onze ans) au terme de l'enregistrement." Chaque jour, crises et pleurs.

L'automne entre Clermont,
Aix et Paris
SEPTEMBRE. Les chansons sont fignolées. D'autres en chantier. "J'apprécie le moment où je les écris. C'est un remède. Je le fais comme on prend des cachets." De cachets en migraines chroniques, constitutives, la moisson est plus fournie que nécessaire. Aux premières écoutes

clermontoises, une chanson -- le Poète allemand, fait l'unanimité : elle finira au rebut.
A Paris, cependant, commencent des sessions avec Mylène Farmer pour l'enregistrement d'un duo. L'idée dérange. Dans les couloirs de la maison de disques, place des Vosges, on raille : "
Farmer veut s'acheter une image et Murat vendre des disques." Lui, dit-il, n'a pas hésité. C'est d'ailleurs lui qui a fait le premier pas, en lui envoyant au printemps 1990 sa chanson la Vie des bleuets : "On me disait qu'elle adorait mes chansons, qu'elle avait envie que je lui en écrive, mais qu'elle n'oserait jamais me le demander ... On s'est écrit pas mal, on se téléphonait, elle m'a fait parvenir Regrets avant l'été.


Une réponse à ma chanson. Ça m'a touché. Sur la cassette, elle chantait mes couplets en essayant d'imiter ma voix ... Elle est désespérée mais indestructible. Elle est d'un désespoir indestructible. On se comprend tout à fait ..."
OCTOBRE. Cheyenne Autumn était sorti ... au printemps ; il faut que ce disque-là vienne avec les neiges. Murat se mure à Clermont avec son complice Denis Clavaizolle, fidèle tranquille, pour mettre au point les maquettes.
NOVEMBRE. Le 11, armistice. Fabrice Nataf, responsable Virgin, descendu (comme on dit) en Auvergne écouter les bandes, donne son accord pour l'enregistrement. Impression mitigée d'ensemble : "Ça sera dur à vendre. Plus difficile que Cheyenne Autumn"

(lequel frise alors les cent mille exemplaires). Viennent les discussions sur le choix d'un producteur. La maison de disques tient à Thomas Dolby, qui a produit le dernier Prefab Sprout, écouté en boucle durant l'été par Murat ("Pour nous, auteurs de chansons, Paddy McAloon, c'est l'horloger ...") ; Virgin propose aussi Brian Eno (option atmosphérique). Indisponible, celui-ci répondra par voie de courrier. Murat n'est en tous cas pas si chaud pour Dolby. "Peur de faire chic. De sonner comme un Brian Ferry à la française."
Il pencherait, lui, pour Tim Friese-Greene, qui givre élégamment les disques de Talk Talk ... Et après tout, il ne penche pour personne -- que lui-même.

La discussion s'anime, Virgin tient dur comme fer au producteur, par crainte de se retrouver avec un remake du disque précédent, autoproduit à la clermontoise. Réponse : "Arrêtez vos conneries ! Si je l'ai fait comme ça, c'est que vous m'avez donné un budget de misère !" Oui, non. Oui, non ... Etats d'âme : "De toute façon, les mecs ne me supporteraient pas deux jours. En studio, le premier qui veut me dire ce que j'ai à faire, il est mal barré."

Il se lance, seul maître à bord, le 20 novembre, dans un petit studio moderne, au détour d'une route qui mène d'Aix-en-Provence à la prison de Luynes. Il y va seul, mais à reculons.
Dans les jours qui précèdent le départ, il se cherche des excuses pour ne pas prendre


la route, invente une histoire de location d'estafette impossible, épuise son monde en palabres. Bref, il finit par s'installer, avec Denis Clavaizolle et Christophe Dupouy, compères de Cheyenne Autumn, dans la villa aux murs saumon, masquée de la grand route par un pan de campagne sans grâce.

Le voici qui se pose. Toujours à la même place à l'heure invariable du repas. Organisé, maniaque jusque dans le désordre de la cabine de chant : un trépied pour les textes proprement dactylographiés, des cassettes DAT empilées sur le bureau, les guitares cajolées (pas encore la Rickenbacker autographiée Roger McGuinn qu'il va acheter quelques semaines plus tard),

les crayons ("2H") ... Et le cahier, débordant à présent de textes et d'images (un pendu, Bernard Blier, un ticket du concert de 1989 de Neil Young à l'Elysée-Montmartre ...)

Les premiers réveils sont difficiles. Le chanteur-auteur-compositeur-arrangeur, fripé par le doute, descend en trombes les marches qui mènent à sa chambre, s'énerve pour des riens, il tambourine, crie, menace ("
T'es viré !") à la porte de l'ingénieur du son qui ne s'est pas levé d'assez bonne heure. Vengeance pour une nuit où, entre deux mauvais sommeils, il a rêvé d'un chat dont la tête enfle, se distord et accouche d'une chauve-souris ("C'est un rêve initiatique", dit le chat) ...

A six heures, Jean-Louis Murat avait déjà les tempes coincées dans la migraine, les yeux au plafond, retournant la même question : "Mais qu'est-ce que je fous là ?" Doute encore à la table du petit déjeuner : "Je ne trouve pas la motivation. Après Cheyenne Autumn, est-ce que j'avais envie de faire un autre album ? Après toutes ces années d'échec, après l'humiliation des maisons de disques qui m'ont viré, Cheyenne, c'était la revanche du chanteur raté. Mais à présent ? ..."
Silence. "
Cinq minutes d'extase par jour", soupire-t-il. Le reste du temps ?
Le reste du temps, il traîne comme une âme perdue -- bouffi, barbe maigre, jean, baskets et sweat informes --


symptôme Robert Smith -- dans les nombreuses pièces où la télé, partout, diffuse ses images en sourdine. Il pianote, reprend des notes, cause ou s'écharpe au téléphone avec "M." -- qui est revenue, au fait, à la fin de l'été. Et puis, il râle. Contre ses compagnons qui font mine de ne pas entendre. Contre les fromages et les vins de Provence. Heureusement, en fin de semaine, Marie descend de Clermont avec du boudes (côtes d'Auvergne) pour le bougon et du Saint-Nectaire.

L'hiver, de Clermont à Budapest

DECEMBRE. Jours à Clermont. Affres. L'album, repoussé au printemps, va être retardé encore à cause de la guerre du Golfe. L'épreuve s'annonce

interminable.
JANVIER. Dans La Montagne, qu'il lit chaque matin avec l'Equipe, Murat a relevé la phrase d'une voyante : "1991, j'y vois rien de beau !"
Le 7 janvier, il est de retour au studio de La Blaque, dans le maquis aixois. L'équipage est le même. L'humeur aussi : "
En studio, je suis comme un étranger, dit-il. J'ai la désagréable impression de ne pas être là. J'aime l'écriture des chansons, pas la mise en forme. Je pique des crises. Par moments, j'essaye de tout faire capoter." Maux de tête, maux de ventre, sinusite récurrente, colères de faible, Murat, en ces jours qu'éclaire un soleil pâle, se replie assez désagréablement sur son magnétophone et ses alchimies de bruitiste : "Voilà ce qui m'éclate encore : la

recherche de sons."
La cassette témoignant des éclates de Pessade est toujours en évidence. "Pour le Col de la Croix-Morand, on s'est levé à cinq heures -- pour enregistrer l'aube au sommet. Partout où on va, on prend une heure de silence. Sur chaque chanson, je voudrais garder une piste pour ça. Un souffle." Le projet sera ravalé peu à peu par les exigences du mixage ("Au final, regrette-t-il, ça donne plutôt le sentiment d'un défaut de la bande").
La Croix-Morand commence à vivre, prend l'éclat des glaces, et garde le vide charbonnement de la montagne au-dessus de lac de Chambon (et les cloches à vaches, le chien de Pessade ...) Les chansons, qu'on écoute sur le magnétophone dans une anti-chambre froide du studio,


 

Photo : Axel D Tilche

s'étoffent. Orgue par-ci, guitare par-là. L'ombre de Cheyenne Autumn s'estompe. Cours dire aux hommes tranche dynamiquement -- plus rock ? -- sur un canevas de synthés encore sec. Et un sommet déjà : le Lien défait, où Murat se fait les doigts sur des guitares en souffrance.
La progression toutefois reste pénible. L'équipage passe par Bruxelles pour enregistrer Neil Conti, le batteur décontracté de Prefab Sprout. "
Ces Angliches!, dit Murat. On a été obligé de recaler toutes ses frappes." Pour les guitares, après avoir pensé à Robert Fripp ("On lui a envoyé une cassette. Pas de réponse"), il s'est rabattu sur Chris Spedding. Mais celui-ci exige près de 100.000 francs et un aller-retour New York-Paris en Concorde.


Allons-allons. Finalement, le chanteur fera toutes les guitares ("Pas plus mal !").

FEVRIER.
Sur la route qui les ramène en Provence, les Clermontois ont écouté les "Remasters" de Led Zeppelin. Murat a aussi remisé dans un coin une vieille maquette de Soft Machine (Circa 1967) qu'on lui a envoyée, connaissant son penchant pour Robert Wyatt. "
J'ai arrêté de l'écouter, dit-il. Ça me trouble. A l'époque, ils se permettaient des choses incroyables. Nous, on n'ose pas. L'autre jour, le directeur de Virgin est venu écouter les premiers mixes, il n'a pas été surpris par ce qu'il a entendu. Je fais ce qu'il attendait de moi : une certaine qualité française, un certain bon goût.

Comme Cheyenne Autumn : un album bourgeois ... On manque de mecs en France pour nous pousser à prendre des risques ..." Morale ? "Maintenant, il faut avoir le goût d'avoir du mauvais goût. Commencer à salir. Ce disque, c'est comme un appartement, je signe un bail, je le meuble nickel. Et après, j'espère que vais pouvoir commencer à le ruiner."
Toujours pas question de producteur. Sans doute pour plus tard. Pour le mix final. Friese-Greene, qui traverse l'Afrique à pied, a envoyé une lettre ("
Si vous avez fait Cheyenne Autumn tout seul, vous pouvez vous démerder tout seul !").
Murat se remet au travail. Les médicaments ont retrouvé leur place près des instruments.

On dirait une chanson de Dutronc : Locabiotal, Veganine (quatre par jour). Balsolene avant de chanter ... Plus "un nouveau truc plus fort en codéine". Il reprend le fil de ses humeurs, porte même la main, un matin, sur son complice de toujours. Denis Clavaizolle (modèle de patience, pourtant). Christophe Dupouy reste, lui, collé à la table de mixage. La fatigue et la barbe lui enflamment le visage. De sa console, il ne voit pas la cabine du chanteur "De toute façon, dit-il, quand on peut le voir chanter, il fait tout pour se cacher."

Parfois, Murat se retire dans sa chambre. Sur la table de nuit, une "anthologie de la poésie d'amour du XIIe et XIIIe siècles" et des recueils


de "haïkus", poèmes japonais en quatre vers, sensés avoir donné son ton à l'album : "Le haïku, c'est un repère, dit-il, ça oblige à faire concis..." Il a souligné un passage -- "Par son compagnon volage mordue / La chatte a le regard vague" -- Et laisse le livre ouvert sur l'introduction : "On parle toujours de bien ébaucher le sujet, de l'examiner et de le sentir jusqu'à ce qu'on puisse pénétrer sa véritable nature." Sur le lit, dans le même ordre d'idées, un album de photos paysagistes de Shinzo Maeda. Plan large sur une plaine d'arbres maigres qui s'estompe sous une neige pâle, ou close up sur une feuille qui porte la rouille de saison. Il est décidé (pour quelques temps) que chaque photo induira le son

d'une chanson. Le chanteur tourne et retourne les pages, fait et défait sa sélection (trompe l'ennui ?) : "Par exemple, pour Gorge profonde, ça sera ce torrent (une source d'écume laiteuse). L'Anglais qui fait le mix, je lui pose la photo sur la console, et je lui dis "Voilà ce que je veux." Point. S'il ne comprend pas : ciao ! S'il est là pour faire sa petite cuisine, pas la peine."
Les chansons se colorent. Par touches. Sur
Cours Dire, un riff d'orgue Hammond et une introduction parlée. Il veut la faire dire par Mireille Périer. Mais le texte s'effacera ensuite pour reparaître, cryptique, en fin d'album (le Manteau de pluie du singe).
Tandis que les bandes tournent, temps mort donc

anxiété, il enregistre sa version d'Avalanche de Leonard Cohen ("Ça tourne. Comme Springsteen !") et aussi, tiens, une chanson du dernier album de Léo Ferré. En duo avec Marie.
A la mi-février, les relations avec la maison de disques se tendent. Des heures au téléphone pour dissiper des malentendus et régler des problèmes de partage financier concernant le duo avec Mylène Farmer. Murat doit par ailleurs partir du 23 au 28 tourner le clip en Hongrie. Par ces après-midi tourmentés, le business s'agite et le périple est à deux doigts de capoter.

MARS
. Le tournage a eu lieu. Les ennuis reprennent au retour. Virgin n'a pas du tout


apprécié les derniers mixages. Le ton monte. Au téléphone, Murat traite ses interlocuteurs de "salauds". Choc. "Ils me disent que mes chansons ne sont pas terribles, que je chante comme une cloche et qu'il faut que je revienne à des choses plus proches de Cheyenne Autumn." L'affaire est grave. "Je croyais travailler en confiance. Déjà que je doutais moi-même... Si en plus on me retire d'un coup toute confiance, alors que je suis seul en charge du truc et que je vais vers un budget de 800.000 francs ou un million... Ils me disent "T'es paumé, t'es dans le faux." C'est pas vrai, putain ! Je sais où je vais !" Il tient tête. "J'ai gardé en mémoire mes expériences malheureuses chez CBS ou

Pathé, où cinquante connards me donnaient des conseils. Où tout le monde se sentait artiste à ma place." Du coup, lors des réunions à Paris,où il est venu enregistrer harmonica et pedal steel, Murat remet ça sur le tapis en permanence. "L'artiste, c'est moi. Si je veux me planter, je me plante."

"Je ne crois pas aux décisions consensuelles. Les maisons de disques n'ont pas la perspective que nous seuls pouvons avoir. Ils ne voient pas où peuvent nous mener nos erreurs. J'ai le sentiment de savoir slalomer."
A la vérité, le mercredi soir d'hiver où il a écouté à Aix ces fameux mixes, Murat ne savait plus : plus négatif et catégorique encore que Virgin.

C'était après le repas, dans une ambiance pesante, la frustration montait au fil des chansons. Verdict, vers une heure du matin : "Je n'en aime qu'une demie. La seconde partie du Lien défait." A deux heures, il montait se coucher, annonçant qu'il fallait tout jeter. N'en dormant pas.
Au matin, migraine. Et un ressentiment contre Christophe, l'ingénieur du son,
"resté dans Cheyenne Autumn". Décidément... "A l'époque, on voulait un disque en noir et blanc : dès qu'on entrevoyait un son qui pouvait mettre du mouvement (une abeille, selon leur lexique intime), on le tuait. Mais là, dans les arrangements, il faut de la couleur. C'est plat. Glacial. Ma voix est trop en avant, il


faut une niche. Le Col de la Croix-Morand, c'est vraiment gelé. Personne ne va vouloir y aller! C'est difficile! Ce que je veux exprimer est tellement ténu, tellement étroit, qu'un problème de mix peut tout foutre en l'air..." Tête entre les mains. Veganine sur la table.

Le printemps, de Clermont à Londres et Tokyo
Fin MARS. Pour se redonner du coeur, le chanteur hypochondriaque enregistre à Clermont une lumineuse version à usage intime du Mendiant à Rio. Sur disque, la bossa, reprise à Michael Franks (qui veut l'interdire aujourd'hui) est arrangée dans l'esprit d'Antonio Carlos Jobim, auteur avec Vinicius de Moraes du fameux Girl from Ipanema.

C'est une escapade purement sentimentale dans un studio condamné, à trois kilomètres de la ville, près de l'autoroute et de l'aéroport, comme la baie de Rio vue du Gloria... Des souffles entrent par la porte ouverte, tendent une toile envoûtante, pour voix et guitare seules.
AVRIL. Après hésitation et négociations du côté de Ian Broudie, François Kevorkian, Stephen Hague, c'est finalement Julian Mendelsohn, producteur, entre autres, des Pet Shop Boys, qui apporte sa touche (discrète) à l'album. L'Australien n'en rajoutant pas, les deux hommes s'entendent et passent une dizaine de jours à peaufiner l'ensemble dans les studios ZTT. Au passage, le producteur, plutôt sollicité ces temps-ci du côté "dance", se

laisse aller à une opinion sur le travail du frenchy : "En Angleterre, c'est le genre de musique que tout le monde voudrait entendre mais que personne n'achète."

Entre deux séances, Murat repasse par Aix, avec Clavaizolle et Dupouy. Quelques changements : le mur de guitare qui s'élevait à la fin d'Animal a été rasé ("branlette!"), l'Infidèle (ex "spectacle pour Américain") a été totalement réaménagée "groovy" -- avec cuivres, frappe profonde et même un choeur de vierges à trois voix en envoi, lorgnant sur le Knockin' on Heaven's Door de Dylan.

MAI. Départ le 6 pour Tokyo.


Un voyage offert par la maison d'édition avec laquelle il doit reconduire son contrat. Là-bas, Murat essaie d'approcher Shohei Imamura (un de ses maîtres cinématographiques, avec l'inévitable Tarkovski ), pour essayer de le convaincre de signer un clip et un CD vidéo. Il n'atteindra qu'un proche assistant, en rencontrant au passage nombre de graphistes, photographes, vidéastes; dont un certain Kaji, avec lequel il décide de mettre le projet en route.

A Kaji, il propose la réalisation de la pochette ("De vraies couleurs : rouge, sang, blanc sperme") pense au CDV, voire à un coffret à tirage limité avec pochette en fibre naturelle (du bambou …). On le mène partout. Jusqu'à ce restaurant

dans la forêt où l'on ne mange que des fleurs et des produits de la nature environnante. Il revient exalté, en pleine phase compulsive : "Les Japonais m'ont donné l'envie de lancer de multiples projets. Ils m'ont beaucoup appris. Ce sont de véritables professionnels. Des exécutants hors pair. Des vrais larbins qui savent se mettre au service d'une idée. C'est ce qu'il faudrait dans les maisons de disques par ici, plutôt que des artistes rentrés."
Retour vers le 15 sur Paris, où le premier CD échantillon est gravé. Respiration. "Je me sens délivré", lâche-t-il à la table d'un café des Abbesses. Et de se projeter déjà dans l'avenir : "Un autre album tout de suite. Enregistré comme ça. "Live" en studio. Sans la moindre production."

Seulement, à Clermont, l'angoisse à nouveau à l'écoute du disque achevé : deux jours au lit sans bouger. Il pleure.

JUIN. La K7 commence à circuler dans un cercle d'intimes. L'un d'entre eux, conseil familier, tourne, retourne l'objet, hésite à entrevoir l'œuvre parfaite. Pour une délicate question d'ennui, un désagréable flottement narcotique entre la pop frivole de Sentiment nouveau et l'agacerie brésilo-Chamfort du Mendiant à Rio. Un lundi soir, un fax-conseil tombe finalement chez Murat. Suggère (mendiant) un agencement différent des titres, la disparition du Mendiant à Rio orchestré au profit de sa version clermontoise épurée. Soulagement du chanteur : "Il


a mis en forme ce que je pensais confusément, dit-il. Moi aussi, à l'écoute du montage final, je ressentais un malaise, un ennui dont je n'arrivais pas à déceler l'origine."
D'où branle-bas : il faut une semaine pour que Virgin accepte de modifier le disque en l'allégeant d'un tube potentiel supposé. Jean-Louis Murat, surexcité, menace cette fois de monter à la capitale "avec un fusil à pompe". Virgin ne concède l'aménagement qu'à quelques secondes du week-end. Sur l'air du : "Si tu en vends 50.000 de moins, tu ne viendras pas pleurer."

L'été à Clermont
JUILLET. Trois mois à attendre avant la sortie du disque. Tromper l'anxiété en travaillant


Photo : Eric Mulet


sur d'autres projets. Une chanson pour Johnny au texte biblique incantatoire ("J'ai fait la guerre à l'agneau…"). Problème ("Ils voulaient que je vienne en studio, ils ne voulaient pas juger sur une simple maquette! C'est pourtant leur seul espace de liberté"). Une chanson pour Pat Metheny. Autres problèmes. Passer le temps aussi en écoutant des disques (This Mortal Coil, Dinosaur Jr), en cherchant une ferme, en comparant le Journal de Kafka à celui de Gide, en lisant l'Histoire naturelle de Buffon.
Un soir, il en cite un passage dont il veut faire son dossier de presse : "Cette imagination est l'ennemie de notre âme, c'est la source de l'illusion, la mère des passions qui nous

maîtrisent, nous emportent malgré les efforts de la raison et nous rendent le malheureux théâtre d'un combat continuel, où nous sommes presque toujours vaincus…"

Canicule dans la cuvette clermontoise, le New York français. Incertitude encore …"Un moment, j'ai cru que je n'y arriverais pas. Et j'ai encore un peu ce sentiment d'échec. Je n'ai vraiment de tendresse que pour Ephémère, qui était le canard boiteux pendant l'enregistrement. Tout disque est un échec. Il faut être un idiot ou avoir un ego démesuré pour voir ça autrement."
La bande circule et les messages sur le répondeur font état d'un enthousiasme général.

Lui persiste à ne retenir que quelques bribes -- les messages subliminaux chuchotés sur le Lien défait, les bruits : "L'intro, le passage du beau temps à la pluie avec le bruit de souffle. Comme une ellipse cinématographique."

AOUT. Nouvelle crise -- on allait s'ennuyer : Virgin rejette le projet de pochette japonais. Après le coup du fusil à pompe, Murat fait le gros dos : "Il faut que je fasse des compromis", finissant par donner son aval à un projet qui ne le séduit pas : "Un truc genre Ferry." Non sans avoir exigé, côté couleurs, qu'on lui trouve le rouge exact de la Ferrari d'Alain Prost.

Enfin, c'est le chemin de croix. Le périple, l'attente, mène à une


chapelle du XIIème siècle, perchée sur un piton au fin fond de l'Auvergne. Murat, qui ne tient pas en place, s'est mis en tête d'y enregistrer trois chansons, écrites sur le pouce pendant l'été, et d'en tirer un film, le tout à ses frais, entre introspection et ethnologie : la Désespérance du monde paysan, titre d'un jour, deviendra au final Murat en plein air).

On accède à Roche-Charles, dans la vallée profonde, par un chemin escarpé, où les hautes herbes s'ouvrent soudain sur les pierres tombales. La table de mixage, remorquée jusque-là avec l'aide des paysans de la vallée, est posée en équilibre entre les caveaux. Sur la pierre, on lit : "A mon petit gendre, sa

mort inattendue a déchiré nos cœurs, ni le temps, ni l'oubli ne tariront nos pleurs."("On dirait du Murat", dit-il.) Séances tendues mais magiques, dans la pénombre, ou la nuit de la chapelle : "Les chansons m'émeuvent encore au moment où je les enregistre. C'est rare!" Des quatre chansons, dont un curieux remix bourré de la Croix-Morand, trois deviendront un CD LibéMuration.

Au retour la promotion commence. Des photos, les interviews. Les voyages à Paris. Ça va durer une bonne année. La contrepartie idéale, c'est le rêve, longtemps caressé, de s'acheter une ferme. Il se réalise. Douharesse. Il y reste quelques moutons, la porcherie n'attend

plus que son cochon et, de l'autre côté de la route, les rudes Salers veillent. Par moment, le ménestrel songe encore à redevenir berger.
Ensuite, il oublie. Parle d'aller vivre un an à Londres pour enregistrer le prochain album. Lequel sera acoustique. Et puis, non : "Je l'ai bien en tête, ça sera Sinatra."

Laurent RIGOULET

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 18 Octobre 2010

 

 

Avant d'aller écouter Jean-Louis Jeudi, enfin, Jean-Louis jeudi... Murat, quoi, jeudi soir...  je fais une mega pause... pour le retrouver les oreilles fraiches.  Je n'ai ainsi que très rapidement parcouru les vidéos d'Odyssud.

D'abord, une grosse dose de Florent Marchet...  mais je pense qu'il y a de fortes chances d'overdose (j'ai chanté toute la journée, en étant en manque de l'écouter...)... J'ai trouvé ce soir un bonne antidote : un clip excellent... sur une de mes chansons préférées de l'album d'ARNAUD FLEURENT-DIDIER...  Et je continuerai par les PORCO ROSSO, dont les 3 premiers titres de  l'album qui vient de sortir, m'ont assez convaincu...  Yann, un des membres des PORCO, est l'auteur de la discographie commentée parue l'an dernier dans Xroads (une des seuls couv ou même la seule, de la promo du CODC).

 

Arnaud Florent-Didier ne craint pas d'être encore traité de mégalo-fanfaro-prétentieux... vu le décors qu'il se paye : rien que le parlement de l'ONU (pas sûr qu'il ait demandé l'autorisation)!!...

 

Très beau, très beau film :

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 17 Octobre 2010

 

                    Bon, j' vais pas faire original cette semaine puisque je vais parler de Florent Marchet... Vous connaissez mon goût pour sa musique, et vous connaissez son goût pour la musique de Murat... mais là n'est pas la question... d'autant plus qu'on ne fera guère appel à Murat lors de la chronique de "courchevel" :    du côté de la presse, c'est Alain Souchon et Dominique A qui servent de chiens de berger  aux moutons apeurés par cette pochette étrange qui met en avant deux espèces en voie de disparition : l'ours blanc et le chanteur rural à moustache... ouf...  Florent Marchet évoque lui  beaucoup les influences électro-pop de De Roubaix à Phoenix (qui a servi de modèle au mixage réalisé avec Stéphane Prin).  La particularité de ce nouvel album se trouve bien là :  des orchestrations sautillantes et pop, avec des connotations synthétiques... mais sans qu'on y perde le Florent que l'on a aimé  : avec sa guitare, son piano et les cordes...  Il y a même des interventions du grand musicien africain Mamadou Prince Koné qui pour un peu (sans casque) passeraient presque inaperçues.   Et puisque j'en suis à faire du "nom droppinge", comment ne pas parler des musiciens qui ont popmentés les orchestrations  d'épices "Syd Matterrienne"... Rémi et Jean-Yves du groupe du même nom (je les ai vu jeudi, c'est excellent!)*...  et bien sûr d'Erik Arnaud à la prise de sons et à la voix sincère...  Florent Marchet voulait travailler seul, dans son studio à lui, Nodiva, sans qu'on lui dise quoi faire... et finalement, j'ai l'impression qu'il n'y a jamais eu autant de monde autour de lui...  mise à part une maison de disque... Il  a fait Courchevel sans cette pression-là...  même si, au bout du compte, elles étaient finalement plusieurs à vouloir défendre le disque  (tout cela est raconté par Longueur d'ondes, le mag qu'on n'achète pas, sauf quand on est une maison de disque?...)  

 

  

 

 

    C'est parti pour une écoute:

 

                                   Ca débute par "Courchevel"... et ses choeurs magnifiques...  qu'il est difficile de ne pas garder en tête...  J'ai quelques doutes sur quelques vers adulescents ("l'hôtel du néant', on dirait du Raphaël)... mais on est bien chez Marchet  : outre l'évocation de l'enfance ou de l'adolescence,  on parle de  "classes sociales" :  ceux d'en bas,  ceux de peu, parlent de  ceux qui sont CSP+ ou qui veulent travailler plus (cf "le cadre"  de Frère animal ou sur le même album : la famille Kinder )...  Et derrière, un drâme... Encore une fois l'évocation d'un suicide...   Au casque, on entend nettement les tambours de Koné, mais je suis sceptique sur l'effet...

 

                                     Ensuite, c'est l'idole... Un titre souvent chanté en live auparavant, souvent en solo, et je regrettais qu'elle fasse partie de l'album (apparemment, il ne faisait pas non plus l'unanimité  en cours d'élaboration de l'album)... et pourtant, l'orchestration en fait un titre qui m'accroche... notamment sur le refrain( son idole, son idole, son idole, avec un peu de cuivre du plus bel effet...).  Je le percevais comme  un titre un peu plus léger, mais il est bien question de crime...  Peut-être une chanson destinée à éloigner les groupies, comme la moustache ?

 

                                      La légèreté, on l'a  retrouve sur le single Benjamin... Espèce de Tanguy qui refuse de grandir...  Là, encore, ce n'était pas mon titre préféré, mais le rythme impose une course accélérée contre le temps,  joli contrepoint au refus d'avancer de Benjamin. Le synthé est excellent.

               

 

 

 

                               L'eau de rose... le titre que nous avait recommandé Erik Arnaud : " refrain et mélodie imparables...un poil dérangeante dans le texte, mais contrebalancée par une musique plus positive. Un merveille d'équilibre".  Un titre où Florent Marchet interprète une femme de 30 ans. Ce qui me parait intéressant, c'est qu'elle  garde un peu de mystère : le texte ouvre plusieurs pistes. J'ai entendu que c'était une femme au prise avec le silence de son mari... Je ne sais pas, mais en tout cas,  la chanson  commence  par une phrase clef  qui aurait pû être le titre de l'album si Florent ne prenait pas toujours un lieu géographique :   "le bonheur me tracasse".  Interviewé par Libé, Florent Marchet disait avoir "des angoisses de la perte"... Ceci explique cela.. mais ce qui est curieux, par rapport à Murat qui va écrire "la prière" (pour ses enfants)... Florent, lui, écrit "Narbonne plage" et la perte d'un enfant...  On peut ainsi comprendre la critique (par ailleurs assez élogieuse)  de V. LEHOUX de Télérama : "Un exutoire d'angoisses, donc, qui peut, à force, s'avérer oppressant".  Sur "l'eau de rose",  pas de grand drame... à moins que ce soit celui le plus grand?   Celui du quotidien, désamour, et doutes du couple, "portes closes" et  "vie en dent de scie".  Oui, Erik, c'est une belle chanson...

 

                 

                 Mais que dire de "Roissy" ?

                  Encore le temps qui file.... avec ce glockenspiel qui marque les secondes... Ce couple  ne rattrapera pas le temps perdu... On peut penser au duo BB/Cherhal sur "Brandt  rhapsodie" : la chanson évoque aussi la communication des couples au 21e siècle mais ici, le fil est rompu : la chanson est inspirée des coups de téléphone émis par les passagers des avions abattus le 11/09. Sujet béni pour un mélodrame réussie, pour peu qu'on est tous les ingrédients: le texte est une lente progression vers l’inéluctable,  la fragilité de Jeanne Birkin fait bien sûr merveille,  et les orchestrations de corde, et le cor qui sonne une veillée funèbre...  Très émouvant.

 

                 "La famille Kinder",  c'est la chanson où l'on entend le plus la calebasse de Prince Koné mais aussi celle la plus "électro" (j'ai aussi pensé fugacement à Tommy des who -à 1'38).  Pas ma préférée à vrai dire....mais plaisante du fait de la richesse de l'orchestration (Florent Marchet est crédité de 12 instruments sur cette chanson, plus de « claps »!).  Est-ce qu'elle me plait moins car 'il n'y a pas de mort dans cette chanson?   Là, avant que le drame se noue, le personnage acte  son objection de conscience : il ne veut pas de carrière, pas de pavillon avec gazon...  Sans doute,   une réponse au "se lever tôt pour gagner plus" (directement cité dans la dernière chanson)... 

 

                 "Pourquoi êtes-vous si triste?" :  on en revient à une chanson plus classique pour Marchet…  Parce qu'il interprète un enfant de 12 ans au prise avec les secrets et les non-dits... La musique est fortement anxiogène (orgue et claviers), ainsi que le questionnement de l'enfant...   Là, encore, j'aime que tout ne soit pas révélé. V. Lehoux écrit : "L'écriture est même assez maligne pour insuffler parfois le doute sur l'exacte gravité du propos (la chanson Pourquoi êtes-vous si triste, par exemple, nous parle-t-elle d'un deuil ou juste d'un malaise familial ?".   Florent Marchet chante superbement, et le texte est  magnifique de simplicité.

 

 

 

                    Comme "l'idole",  je craignais "la charrette".... mais l'orchestration là encore change tout... clappement de mains, guitares estivales (presque un son à la steel drum), guiro (tenu par Seb Martel)  et chœurs,  illustrent bien la façon dont Florent aborde le  thème du licenciement. C'est  joyeux, mais sans que ce soit un hymne à l'assedic.. Bonne humeur de façade pour ne pas la perdre complètement  ( "je ne suis plus rien")?

 

                   Après la charrette, on file en vacance...  "Narbonne Plage".... avec lequel je me suis familiarisé ces derniers jours par vidéos (et qui  fonctionne très bien en version épurée).. J'y voyais une chanson à la Jonasz... les vacances au bord de la mer   tout ça (la fin de la chanson m'évoque  aussi la chanson "la plage" de Lalanne).   Florent Marchet dit que ses chansons sont une carte postale... et c'est vrai que le décors est excellemment bien planté, jusqu'à ce que l'orage...  et "les parents qui oublient les enfants"...   Que dire?...  Je pense que certains ne supporteront pas et n'auront pas envie de réécouter ce titre... mais c'est beau, non? 

 

 

                               Chaque album de Marchet a un instrumental. J’adorais « le belvédère »  introductif de Rio Baril inspiré par Morricone… hélas, déjà  trop court… comme ce « hors-piste ».  1 minute 50.   Il me parait moins cinéphilique que « le belvédère » et plus 70’s. Il m’évoque  le générique du «  film du dimanche soir »  de V. Kosma, du fait des cuivres qui tempèrent nettement  l’angoisse délivré par la course du piano. J'ai écouté quelques musiques de De Roubaix sur youtube... la référence semble évidente.

 

 

                               « Qui je suis ? » est une chanson idéale pour clore l’album, avec sa lente introduction, la simplicité de l’orchestration et son texte introspectif reprenant certaines thématiques de l’album.  La guitare sèche est très belle et que dire de l’interprétation…  bravo, bravo. 

                                 Ce dernier questionnement sonne un peu comme un clin d’œil à ceux qui voudraient avoir levé tous les secrets de Florent avec cet album « intrigant »… Et pourtant, il me semble qu’il se dévoile beaucoup (même s’il tente d’inventer un personnage sur scène), reprenant le fil de « Gargilesse », son premier album, mais cette fois,  en quittant  le Berry et ses interrogations « provinciales ».

            

                                   On aurait peut-être aimé un peu plus long… 11 titres certes, mais certains de moins de 3 minutes.  Florent excelle bien sûr dans ce format –carte postale « ciselée »-  mais on aimerait le voir se confronter à un peu d’héroïsme : un « seul alone » à la JP Nataf, un « nu dans la crevasse »  ou un titre à la Manset tirant vers les 7 minutes.  Par contre,  il a oublié le « talk over »… et  même s’il maitrise l’exercice, on est content qu’il chante comme il le fait sur tous les titres. Un album que j’aime beaucoup et que je ne me lasse pas d’écouter pour le moment où l’on retrouve le Florent Marchet que l’on connait en matière d’inspiration et de composition, mais avec une encore plus grande richesse d’orchestration que sur Rio Baril. On espère qu'il pourra toucher le grand public, même si les textes  et les ambiances  en rebuteront certains... et pourtant!  Ne doit-on pas louer un chanteur qui met  un peu de côté le thème des relations amoureuses pour explorer des horizons moins rebattues ?

 

 

             Je serai à Lyon le 2/12 au kao pour le voir, mais je pense que j’irai sur d’autres dates en Rhône-Alpes, puisque le « Courchevel Tour »  s’annonce riche… On pouvait regretter que Rémi de Syd Matters n’ait pas pu finalement se joindre à cette tournée, mais Sébastien Collinet, un de ses amis, auteur de musiques de film,  a l’air excellent.

            

             M...T , MURAT, MANSET, MARCHET.... je vais avoir du mal à donner le tiercé dans le bon ordre désormais...

 ______________________________________________________________________________________

 

- Encore un live (mais ne vous y fiez pas trop non plus... sauf pour voir l'humour du Monsieur!) :

             http://www.telerama.fr/musique/florent-marchet-live-1-3,61413.php

             dans le parking de TELERAMA...

            

             http://www.telerama.fr/musique/florent-marchet-live-2-3,61414.php

             http://www.telerama.fr/musique/florent-marchet-live-3-3,61415.php

 

-Les sites officiels:             

 

www.myspace.com/florentmarchetmusic

 

 www.florentmarchet.com/

 (Florent Marchet nous adresse une photo carte postale à chaque concert)

 

 - L'histoire au long cours de Courchevel est sur LONGUEUR D'ONDES:

http://www.longueurdondes.com/2010/09/20/10-fois-florent-marchet-n%C2%B03/

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 17 Octobre 2010

 

Sur le site de l'INA, on avait trouvé ces vidéos il y a déjà un moment... mais elles viennent d'être mises en ligne sur dailymotion, mais apparemment, impossible de les partager ici.

 

 

http://www.dailymotion.com/video/xf8lq5_interview-jean-louis-murat_news

 

Ardisson lui fait évoquer la veganine (du paracetamol amélioré, mais avec codéine et caféine... mais le paracétamol a haute dose est mauvais aussi pour le foi)

 

 

l'anti-portrait chinois:

http://www.dailymotion.com/video/xf8lq8_anti-portrait-chinois-jean-louis-mu_news

 

la chanson "le col de la croix morand"

http://www.dailymotion.com/video/xf8orw_jean-louis-murat-col-de-la-croix-mo_news

 

Te garder près de moi :

http://www.dailymotion.com/video/xf8o6f_jean-louis-murat-te-garder-pres-de_news

 

et la suite de l'interview:

 

http://www.dailymotion.com/video/xf8npc_cinema-jean-louis-murat-deuxieme-pa_news

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 16 Octobre 2010

  Avant la chronique... quelques vidéos live de FLORENT MARCHET autour des titres de son nouvel album sorti lundi : COURCHEVEL

 

Le vague idole n’adule pas l’indolent.

Il vaque by the way, personnage jean-Teulé man farmer,  près des gens

A envoyer des cartes postales.

Une, station to station

Ile de Ré, Courchevel, Narbonne,  Roissy, 3 minutes 30 d’arrêt.

Depuis le temps qu’il regarde, ondulante la mer d’automne, en pensant aux faits divers

Et les tempêtes qui débouleront demain, et les avions qui n’atterriront pas.

Y’a des familles heureuses, jusqu’à ce qu’elles ne le soient plus.

Le bonheur, ça le tracasse.

Tout est dit.
la chronique :

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 16 Octobre 2010

 

Pas d'infos... mais y' avait quelques amis du LIEN DEFAIT et de la DOLO présents et j'espère qu'on aura droit à un compte-rendu.

 

Voici celui de Philippe qui vient de nous le laisser en commentaire:

Murat à Villiers sur Marne : comment y croire ! Il fallait. Je précise que, bienque possédant la plupart dees disques de Jean-Louis, je ne l'ai vu en scène qu'une fois à l'Olympia à l'époque de Murastango.

Ce fut un concert magnifique centré principalement sur Le Cours Ordinaire des Choses. Ouverture sur Ginette Ramade, La Mésange Bleue et Taïga. Jean-Louis Murat n'a pas été très disert sauf pour se plaindre d'oublier les paroles ce qu'on avait remarqué aux quelques savonnages. Deux chansons inédites, Pauline et Yes Sir. Un rappel sompteux avec Comme un Incendie, en version lente (supérieure à mon goût à celle de l'album, et Les Voyageurs Perdus. Je  ne vais pas détailler toutes les chansons (quelques Dolores et Tristan) mais je voudrais souligner le travail de groupe impressionnant et la haute volée musicale de l'ensemble. Et comme m'a glissé ma soeur ( aficionada également): "C'est pas de la chansonette".

 

MERCI à lui.

 

 

Quelques photos sont dispos:  

 

 

 

 

 

 

Ce n'est qu'une petite sélection : il y en a beaucoup là http://concerts.blogs.liberation.fr/emeutevisuelle/jean-louis-murat-festival-de-marne-15102010.html

 

Photographe: Michel Monteils © Tous droits réservés http://instantsconcerts.canalblog.com 

 

 

 

Jean-Louis reste en région parisienne ce soir à MEAUX. 

 

Petite info people :

Lundi, c'est l'anniversaire de Marie Audigier... Bonne anniversaire à elle.

Le dimanche suivant, c'est le grand fils de JLM qui aura 39 ans.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

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Publié le 15 Octobre 2010

 

 

Belle soirée hier à Feyzin.. oui, la rafinerie qui pue sur l'A7.. mais qui permet à la Mairie d'avoir une grande salle moderne pour "les musiques actuelles"... C'est la première fois que je m'y rendais... et je le regrette car elle est nickel et en plus, pratique d'accès pour moi.

 

 

Une affluence assez satisfaisante je pense, nettement plus jeune que pour Murat, bien qu'avec un taux de pilosité assez important : c'est une soirée folk ce soir!

 

Quand les Delano Orchestra rentrent sur scène, il est 21 heures, mais une partie de l'assistance reste au bar... tant pis pour eux.  Le groupe a joué me semble-t-il les titres de leur nouvel album, comme ils l'avaient fait en première partie de Murat. 

 

Sensiblement les mêmes impressions pour moi que ce soir-là d'ailleurs, même si le set a peut-être gagné un peu en rythme et énergie. Vraiment pas mal de chouettes moments avec des envolées lyriques  dans  lesquelles le violoncelle et  la trompette  font merveille et donne vraiment sa particularité au groupe.

 

L'album est sorti lundi... et les ateliers collage et couture à la KUTU folk permettent de "sortir" un CD pour pas cher... et il faut donc en profiter! La session d'enregistrement a peut-être aussi permis de limiter les coûts puisque, apparemment, l'album n'a fait l'objet que d'une seule prise... C'est du live qui nous est livré... un peu à la façon du "parfum d'acacia"...

 

On parle des THE DELANO ORCHESTRA  sur le site de LIBERATION: un critique évoque ce nouvel album "qui le fascine":

http://next.liberation.fr/musique/06012529-la-playlist-micah-p-hinson-delano-orchestra

 

et aussi dans Magic! :

   Seawater est le titre phare du troisième album des Auvergnats The Delano Orchestra, Now That You Are Free My Beloved Love, à paraître la semaine prochaine. Et quel titre phare, tant ces membres de l'écurie Kütu Folk n'avaient pas habitué leur monde à une telle fulgurance mélodique, préférant le plus souvent la "cotonitude" d'un post-folk alangui. Une limpidité du geste pas si éloignée de celle de Baden Baden, et qu'Alexandre Rochon capture bien dans cette vidéo d'eau, de lumière et de reflets.

 

http://www.magicrpm.com/pop.php?q=artistes/the-delano-orchestra/videos/the-delano-orchestra-frozen-lake

Clip à visionner.

 

Pour la petite histoire, je me suis fait dédicacer mon album par Christophe Pie et Alexandre le chanteur.  J'ai évoqué un nouvel album pour Christophe au vu des différents inédits sur myspace... mais ce n'est pas à l'ordre du jour, même s'il m'a évoqué d'autre projet. Il tournera avec Zak Laughed également.  

  http://www.kutufolk.com/

 

Il était 22h30 quand Syd Matters a débuté le set, et ça faisait tard... et pourtant, une heure et quart après, j'ai regretté que cela se termine aussi vite...malgré la route pour rentrer...   J'entendais en sortant quelqu'un dire : "je préfère les concerts avec de l'énergie"... Cela n'en manquait pas pourtant, même si ce n'est pas de la musique pour pogoter.. voir danser... C'est surtout très beau, notamment du fait des choeurs : les 4 musiciens accompagnent quasi-systématiquement leur leader, et j'ai naturellement pensé aux beach boys... même si c'est bien sûr les Beatles auxquelles on pense le plus souvent. J'ai aussi beaucoup aimé la variété des percussions (2 musiciens qui s'échangent les rôles de guitariste,  claviers et  de flutiste  (traversière),  se mettent aussi régulièrement derrière deux tambours s'ajoutant à la batterie).  Christophe Pie me disait qu'on parlait d'eux comme le meilleur groupe français... et pourtant, ils n'ont pas le succès qu'ils méritent*...  le faute à un manque de charisme?  Je regrette pour ma part naturellement qu'ils chantent en anglais....

 

 

* on me dit que ça marche pourtant très bien, que les résultats de vente sont bons et qu'ils font l'Olympia! ...   Mince, on ne me dit jamais rien à moi!! ... et pourtant, on parle nettement moins d'eux que de Cocoon par exemple.. quoi que ! Le soufflé Cocoon?       (je viens de lire  dans Longueur d'ondes que c'est ce succès de Syd M. qui a rendu impossible à Rémi et Jean-Yves de tourner avec Florent Marchet en 2010-2011 comme cela était prévu : ils ne pouvaient plus concilier les deux agendas... qui ont gonflés parallèlement).

 

 

 

  
(bon... un peu fatigué ce soir... du mal à l'écrire cet article...)

 

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 12 Octobre 2010

 

Euh... comment emballer le truc?  l'enrober?  l'étoffer??   Non, elle se suffit à elle-même...  et vous savez bien que je n'aime pas vous faire languir, vous voir  sauter sur vos chaises comme des cabris en criant : "murat, murat, murat"... alors, soit, je vais vous le dire tout net, d'autant plus que je n'en ai pas plus à dire que ces quelques mots , qui m'ont été livrés ainsi :

 

J'vais l'écrire en tout petit pour que les robots de google ne le trouvent pas...

 

 

 

 "Il y aura un album en 2011"

 

 

Dans l'avant  dernière interview, Jean-Louis Murat disait avoir travaillé tout l'été... et qu'il était prêt à enregistrer, tout en disant que "cela dépendait de la maison de disque". Ensuite, il s'est dit prêt à refaire du ciné ce qui était plutôt mauvais signe côté musique...    Mais soit, "il y aura un album en 2011"...  Il y a encore des réserves d'énergie en Muratie. Jean-Louis Murat le démontre sur scène actuellement en faisant feu de tout bois...  et nous,   nous avons des maisons à chauffer, des pompes à chaleur à alimenter au milieu de la poitrine...  Et il faut le montrer! et le faire savoir!!  Pour cela,   il reste encore des salles à remplir... et une B.O. à acheter légalement dès le 18 octobre... !

 

 

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 11 Octobre 2010



 

Yes sir... ouh ouh ouh  pouh... (ah, il s'amuse!)

  
 Avec les quelques paroles  de la soirée...Chanter est ma façon
  

 

 Se mettre aux anges... avec son intro toujours impeccable

  
 
  
Comme un incendie... Faudra tout remettre dans le bon ordre! 
  

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

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Publié le 10 Octobre 2010

 

 Taiga

 
  
Pauline à cheval (l'inédit qui ne le sera plus le 18/10!)

 

 

16h...


Jean-Louis Murat ODYSSUD 8 oct. 2010 (5/12)
envoyé par five-r. - Regardez d'autres vidéos de musique.

 

 

Falling in love..

 

 
 Mousse noire... avec harmonica en une longue intro... je n'en avais pas souvenir lors de concerts précédents?

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Rédigé par Pierrot

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