Publié le 30 Avril 2014

 

 

Ah, bein, voilà, j'étais bien parti pour vous reparler de Manset comme convenu... nous élever, finir pêcheur tout ça, et voilà que la petite actu me tombe dessus, sous la forme d'un ballon rond...Ah, oui, vraiment, Gérard, tout fout le camp. "Quelle époque à vomir!"

 

 

Il vient en effet de sortir un livre le "Petit manuel musical du football" de Pierre-Etienne Minonzio. Outre le fait que manuel et football, c'est un peu étrange,  c'est un grande erreur philoso-ethno-historico machin chose qu'a dénoncée Franck Vergeade de MAGIC via Twitter à propos de ce dictionnaire. En effet, Murat ne fait pas l'objet d'une entrée spécifique dans le livre. 

Oui!

C'est  un scandale! Alors que ce p'ti Pete Doherty (sous prétexte qu'il sniffe les lignes?)... cet inconnu Sting...  ou qu'il est même question des mites.. des nits ou je ne sais quoi, un groupe de rock de ce pays de fromages! Enfin, on croit rêver...  est-ce qu'il y'a des rockeurs savoyards ou auvergnats? ... euh... C'est l'indignation qui me fait perdre les pédales.

 

Sur twitter, Franck Vergeade cite ainsi la chanson de Murat "achille à Mexico" (parue dans la compile "amour foot" avec Libération en 98), et également le fait que Jean-Louis chroniqua le mondial italien pour Libé.  On peut également ajouter la chanson "La Loi du sport" avec le vers " Elle m'a r'pris de l'aspirine Puis un ouvrage pour cinéphile Quelqu'longueurs en toile de jute    Mon effigie d'Didier Deschamps".    Vous retrouverez également une fameuse interview de Murat dans SO FOOT  et le poème qu'il a écrit pour Thierry HENRY  ci dessous:  http://www.surjeanlouismurat.com/article-la-loi-du-sport-lavillenie-so-foot-thierry-henry-122583106.html   Sans parler des Rancheros...    On pourra également se référer à cette interview-vidéo: http://www.linternaute.com/video/201723/jean-louis-murat-le-football/  ("on peut vivre sa passion sans passer par la case connard").

 

 

"Achille à mexico" par Henry Spencer, premier clippeur sauvage des chansons de Murat (Platini a joué la coupe de monde 86 blessé au tendon).

 

 

Pierre-Etienne Minonzio se sent, naturellement!, coupable et fautif, et il essaye de se justifier (twitter): il faut faire des choix, et la chanson "Achille à Mexico" est citée dans l'entrée PLATINI. Certes... Certes... mais le mal est fait.  Heureusement que Murat n'en a plus rien à faire du foot!!! na!    


... Voilà que je m'étais désénervé... (faut dire aussi que je suis supporter du Bayern, ça ne m'a pas aidé....) et voilà que je tombe en plus sur la couv des INROCKS de cette semaine...

 

détourn originale doré platini

Que Doré soit en panne d'inspiration et refasse une chanson sur un sujet déjà traité par Murat, soit (ndlr: sur Platini), mais que les inrocks en fassent la promotion... alors non!!  Et je vous évite ma louche supplémentaire à propos de la polémique actuelle liée aux propos de Platini!!  

J'ai fait bosser le service infographie en heures supplémentaires la veille du 1er mai...et voilà:

 

  Detournement Inrocks-1

     "Didier Deschamps a appelé son fils Dylan alors qu'il a l'intégrale de Michel Sardou. Ce qui fait de lui un individu imparable"

 

 

 

 

LE LIEN EN PLUS (fini de rigoler):

 

Le MANUEL MUSICAL DU FOOTBALL est proposé par l'éditeur "le mot et le reste" (tiens l'éditeur dont je parlais tout récemment... et qui a commandé une fiction sur Jean-Louis Murat :  à lire ici ).

Le livre a l'air très intéressant, vu ce que j'en ai appris dans :

Interview de l'auteur dans l'émission LABEL POP sur France culture.

Site du livre chez l'éditeur

A acheter:  ici par exemple

 

 

MERCI MATTHIEU pour le travail sur la photo!

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 28 Avril 2014

promo-un-oiseau.JPG                                                                    "CD promo"

 

 

"Un oiseau s'est posé" s'est fait poster par la Fn*c avec juste ce qu'il faut d'avance pour que je puisse l'avoir ce samedi matin.La sortie officielle était ce lundi.

Cela a beau être un album de vieilleries j'étais impatient... et... et...  je ne vais pas faire le grincheux, moi! Et tant pis pour les autres. 

 

Retrouvez le GM au prise avec quelques grands titres... et avoir l'aimable surprise qu'il garde presque tout de ce que  l'on a aimé en eux... et jouer aux jeux des 7 différences : un ajout de clarinette, de flute... 

 

Bon, tous les marqueurs sont là: des guitares nerveuses, le saxo par endroit, les intros... Alors, oui, certains titres sont peu retouchés ("comme un guerrier") mais cela sonne peut-être plus brut, le son ne semble pas très pur... et je me demande si Manset, finalement, ne s'est pas amusé à produire du "live", ce live que l'on n'a jamais eu. Ainsi, la voix n'est pas parfaite, sur "le Pont" (Cd 2), on entend des bruits de bouche, des reprises de respirations... Et sur l'héroique "guerrier", on sent Manset batailler avec ce morceau de bravoure.  Sur Matrice, dans une longue introduction, on perçoit un micro qui s'ouvre, une lourde respiration...  et dans l'orchestration, bien que l'on retrouve sa richesse, cela semble plus directe, brut (la batterie sur la fin... des ruptures...). Et bon sang, j'adore ce  titre... Me revoilà comme il y a 23 ans quand je redécouvrais Manset (après avoir imprimé dans mon enfance sa voix sur "il voyage en solitaire"). Il a remplacé un peu de piano, par de la flûte (cela m'évoque "territoire de l'inini"), et cela le fait, le fait, le bien est fait, et le piano revient en force ensuite, avec toujours des guitares parfaites....   Bon, je réécoute et réécoute et on se revoit tout-à-l'heure...

 

Ouah, que c'est bon.  Jamais compris que ce ne soit pas un tube.  A l'époque, j'ai saoulé mes amis... sans succès.


Mise à part les duos peut-être, on n'est pas dans l'album concept : Manset va dans ce qu'il fait de mieux,  des orchestrations assez classiques, qui il me semble, peuvent rendre l'accès à ses chansons plus faciles. C'est sans doute ce que la maison de disque lui demandait... On attend désormais un vrai nouvel album. 

 

 

un-oiseau.jpg




Allez, on  réécoute tout:

 

-Entrez dans le rêve: bien relevé au départ...  Introduction parfaite à cet album rock. Un petit sax qui navigue,  guitare percutante. Manset est parfait, dans un ton grave, aux intonations fugassement rock. 

 

- Les duos sont peut-être les morceaux les plus réarrangés, les plus délicats à aborder, notamment "cover me with flowers of mauve", adaptation franco-anglaise d'ELEGIE FUNEBRE, datant de "la mort d'orion".  Peut-être le morceau le moins accessible avec "la ballade des échinordermes" à la base, avec son synthé lancinant. Que l'on retrouve la voix rauque Mark Lanegan, pionner du grunge, chanteur des Queens of the Stone age, ici, surprendra les plus jeunes, mais son intérêt pour Manset était connu (pour l'anecdote, un label américain avait réédité "Manset 68" en CD de manière plus ou moins illégale, voire carrement illégale,  il y a quelques années). Au bout du compte, c'est peut-être le duo qui fonctionne le mieux, même si l'émotion est du côté de la version originale.

 

-Comme un guerrier...  Au jeu des différences, pas facile. Un silence là peut-être, puis une petite guitare complémentaire... mais soit, cela fait quand même plaisir d'entendre ce piano formidable. Comme je l'ai dit, on perçoit Manset se bagarrer avec le texte, mais, que Manset dont on ne loue pas la modestie laisse apparaître des imperfections, je trouve cela au final assez émouvant.

 

- Matrice ensuite dont j'ai déjà parlé. Parfait. 

 

- No man's land motel, c'est "je voyage en solitaire".  Version assez originale avec une guitare (nylon ou slide?) vibrante. Un duo où l'on retrouve une voix rauque, celle de Paul Breslin, bluesman américain de Paris.

 

- On retrouve ensuite "Lumières" assez fidèle, avec toujours cette impression de brut (percussion étrange dans l'oreille droite).  Manset nous rejoue ce morceau d'anthologie en l'ornementant de tout son art (tout y passe: percu un peu ethno, cordes.... et   jolis choeurs sur la fin). 9 minutes 44. Voix parfaite.  

 

- "Un oiseau s'est posé" est le seul inédit. Du pur Manset... sans surprise réelle donc... même si on peut constater que Manset n'a rien perdu de sa plume.  Le morceau est orchestré comme on l'aime, nappes synthétiques, ponctuations de guitares séches et électriques, de piano.. avec peut-être quelques notes de clavier (ou fait à la guitare?)  presque électro un peu surprenant.  L'interprétation est réussie. 

 

- "Celui qui marche devant" (du fameux album blanc de 1972 jamais réédité)  est plus surprenant... toujours une percussion basique, presque métallurgique dans l'oreille gauche,  l'intervention grave à peine chantée d'Axel Bauer à droite. Le mélange des deux voix est étrange... d'ailleurs, on n'a pas l'impression d'un véritable duo. Les guitares sont parfaites.

 

- "Manteau jaune" (référence au "manteau rouge" de l'atelier du crabe)  est un texte écrit pour Raphaël (Géricho rime avec sorbet abricot).  De la musique de Raphaël, il ne reste pas grand chose.   J'ai l'impression que Manset recycle une musique, mais je ne trouve pas laquelle.   Orchestration rock très convaincante. 

Ah, oui, je ne suis pas fou: M. (un autre) me souffle en commentaire qu'il s'agit de la musique d'"Obok" (2006). Bon sang, mais c'est bien sûr.

 

- "Toutes choses", l'originale,  n'est pas ma chanson préférée... L'orchestration est très très proche et l''ajout de Raphaël ne devrait pas favoriser un retour en grace... mais ma foi, c'est quand même une grande chanson, et le petit saxo qui vient ajouter un peu de matière sur la fin me convient et me convainc. 

 

 - Et là, coup de maitre :  2 voiles blanches .  Très chouette (c'est le terme): flûte, cornemuse... Un peu trop facile?  On part sur quelque chose d'assez original pour Manset:  Il essaye de nous faire un tube... et pourquoi pas? J'adore.

 

- On termine ce CD1 par un morceau plus récent "Genre humain", qui commence comme l'initial mais se révèle là encore habillé  plus chaudement :  cordes, guitares nerveuses. 

 

 

On s'écoute le CD 2 demain!!

 

Yo, Gé M est dans la place!!

manset_red.jpg

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 27 Avril 2014

 

Grâce à mon  exercice physique matinal  (l'exploration des abysses de l'internet, en l'occurence d'un tweet),  voici l'article du jour.

Pour tout vous dire des tours et détours et des fils et des aiguilles,   les étirements musculaires  (les recherches google qui ont suivi!) m’ont amené, c’est curieux,  sur  le profil de l'ancien bassiste des The Delano Orchestra.  J'ai fait ensuite un écrasement facial sur un de mes posts de 2009  sur le forum à propos d’un concert...   Quel  stretching,  ces sauts dans le temps  et l'espace! C'est même du  shiatsu quand ce fil que l'on tire nous amène vers des horizons revigorants (nouer de nouveaux contacts...). 

Et pour en finir avec… disons… le hasard, nous voilà encore offert  une occasion d’inciter tout le monde à se présenter à la porte du Sancy le 28 juin, dans ce teasing acharné du week-end Koloko dans lequel nous sommes lancés. Après les propositions de plongeons dans les lacs,  ci-dessous une nouvelle invitation: s'élever, se connecter avec les ondes volcaniques, s’émoustiller des paysages de rondeurs et des hautes herbes et ... laissez son corps s'exprimer,  le désir s'exalter... voire tomber amoureux sur le trottoir de la rue serge gainsbourg ou  au gré d'une rencontre sur le marché d'Orcival... aaah.... Oui, voilà la promesse qui vous est faite.   

Mais venons-en au fait. ouf. Je ne savais pas comment en finir de cette introduction. J'vais me recoucher, crevant ces exercices.

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Je dois vous parler d'un livre.

"Jamais par une telle nuit", de Magali Brénon.

 

http://lemotetlereste.com/couverture/couv_2947.jpg

 

Le livre est sorti chez l'éditeur LE MOT ET LE RESTE, éditeur très musical, celui de Dominique A, de Patrick Eudeline et de beaucoup de livres sur la musique [ Clément Chevrier, ex-Delano, y travaille.. mais là, c'est le hasard je pense ].


Magali Brénon  était interviewée le 26/04 sur France Culture dans "VOIX DE FEMMES".  


Elle explique dans l'émission que vous pourrez écouter ci-dessous que l'origine du livre est  une commande de son éditeur. Proposition façon "La discrète?  Il  lui a suggéré une fiction appuyée sur Jean-Louis Murat  (ah!  enfin, un éditeur interessé pour  sortir un livre sur Jean-Louis Murat*?).

 

Magali Brenon a commencé ce travail en se replongeant dans les chansons de Murat qu'elle écoutait depuis 20 ans. Elle a noté des mots, des expressions. Puis, elle s'est rendue  en Auvergne, s'est imprégnée des paysages. Elle raconte qu'elle les a trouvé très "sensuels" et "érotiques",  avec des "choses en sous-terrain qui grondaient", comme un corps.  Elle a laissé son inspiration la diriger, non pas finalement vers une fiction sur Jean-Louis Murat, mais sur un récit poétique, "une variation sur le désir et le corps", "une peinture du désir féminin".  Les muratiens pourront sans doute prendre plaisir  à la lecture à rechercher les "mots empruntés" à Jean-Louis Bergheaud qui ponctuent l'ouvrage. 

 

Des chansons de Murat sont diffusées en arrière plan de cette interview (dont Tige d'or").

L'interview est assez courte, une dizaine de minutes.

 

 




La page du livre sur le site de l'éditeur
où vous pourrez les articles qui lui ont déjà été consacré. 

 

 Site pour acheter le livre  ou

 

 

On aura sans doute l'occasion de reparler plus en détail de ce livre... 

 

 

* Depuis l'interview de Baptiste Vignol, on s'interroge régulièrement ici sur la raison pour laquelle aucun livre sur Murat n'est encore sortie. Baptiste était volontaire (il sort actuellement un nouveau livre sur RENAUD -50 livres environ sur ce chanteur!).   Le décès de Jean Théfaine (avec les éditions de Fred Hidalgo) a mis fin à un projet qui était sans doute plus avancé...


 

Pour rappel : on retrouvait déjà Murat dans les livres d' Olivier Adam.  On en parlait notamment

 

 

 

  LE LIEN EN PLUS :

 

Plus ça va, plus je me contente de repiocher dans ce blog pour faire des articles... En 4 ans, faut dire, on a écrit des choses, et pas seulement intelligentes. Vous le savez? Je sais.

 

En l'occurence, pour reparler du concert pour Clermauvergne qui se déroulera le 28 juin,  je voulais vous inviter à relire le très bon texte du camarade Mathieu sur les KOLOKO (du nom du village africain qui bénéficiait de l'aide humanitaire au départ).

A LIRE ICI

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

Publié le 23 Avril 2014

 

Pour poursuivre dans nos divagations suite à la parution de "le cahier bleu, instantanés de baignade en Auvergne", qui nous a permis de parler de l'amour de Christophe Pie pour le lac de Servières (amour déjà immortalisé dans Chroniques d'en Haut sur France 3)... euh... ah, oui, faut que je termine ma phrase... voici donc quelques cartes postales (actuellement à vendre sur le site delcampe.net) de ce fameux lac. Cela permet de nous préparer mentalement à notre petit séjour en Auvergne... pour le 12e Koloko...

 

Noir et blanc:

carte postale servières

 

carte postale servières1

 

carte postale servières4

carte postale servières 2Les bords ont bien changé.

 

carte postale servieres9

carte postale servieres 8

carte postale servières7

carte postale servières5

Passons à la couleur:

carte postale servieres10

 

carte postale servières 3

 

carte postale servieres 6

Les maisons sont il me semble désormais mangés par la forêt.

 

carte postale servières 9

 

 

Et au Servières, "il y a foule" ... enfin, il y avait foule... Avant l'A75 et la mer à 3 heures de michelin... La preuve:

 

 

carte postale servières foule

carte postale servières affluence

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 19 Avril 2014

 

A night full of stars in Beaumont,

un article from "News of the jlm world" (la revue qui sort un numéro par an : celui de l'année dernière)

 

jennifer 

 
Que Beaumont rime avec étoiles n'est pas courant, et la soirée d'hier était donc exceptionnelle dans cette ville de banlieue... clermontoise, au sud-est de Chamalières (qui elle s'y connait au niveau stars...). Point de tapis rouge pourtant à l'entrée du Tremplin, la salle de musique actuelle gérée de main de maître par Frederic Roz (de maître puisqu'il cite Murat dans "Une histoire du rock à Clermont-Ferrand",  le présentant comme "le seul folkeux auvergnat" et surtout car il a la bonne idée d'inviter les Elysian Fields sur les terres auvergnates...).  Elysian Fields, c'est pour moitié la réjouissante Jennifer Charles... qui il y a 10 ans se trouvait au côté du superbe Jean-Louis Murat dans le magnificent  "A bird on a poire", comme une BELLE cerise sur le BEAU gâteau sucré des musiques du mignon Fred JIMENEZ. Et en cette MAGNIFIQUE  soirée de printemps, c'était bien le rouge le plus pur de l'amour qui était au rendez-vous.... y compris sur la robe qui a fait suer de la barbe Mr M. 

 

C'est en effet la fine fleur de l'élite clermontoise qui était présente  dans la fosse (sic) de la SMAC (smack aurait mieux convenu pour ce soir-là) suspendue aux susurrements de la paradisiaque américaine (qui vient non pas de Californie mais de New York) : Pierre Andrieu du site "concertandco"....Christophe Pie,  Alain Bonnefont, Stéphane Mikaelian, les musiciens de luxe de M. Murat (Guillaume, Julien, Matthieu... Des DELANO), Morgane Imbeaud...
 
 Au milieu d'un concert habité, dans cette ambiance intime et attentive demandée et suscitée par Jennifer, a retenti tout à coup un "Nous, on t'aime Jennifer". Tous les garçons de la salle  furent brutalement piqués de jalousie  par cette interpellation, ce cri du coeur qu'eux n'ont pas osé "expulser"...  La voix qui émit cette saillie, ils furent nombreux à la reconnaitre... Et nous sommes en mesure de vous la révéler:  C'était celle de Jean-Louis Murat....  Et Jen de répondre dans un murmure : "je t'aime"... Le duo dont certains rêvaient s'était tenu là. Mirabeau, Mirabelle, l'amour toujours...  et la présence de Laure B., rendait la scène (la scène! mais pas celle où se tenait Jennifer)  encore plus sympathique. "on t'aime"... car ce cri du coeur était bien celui du couple Bergheaud (les publications du FB de Murat sur les Elysian Fields révélaient déjà cela).

Il faut bien sûr noter que cette sortie de Murat était exceptionnelle car  l'enregistrement de son prochain disque battait son plein. Cette récréation artistique new-yorkienne deux jours avant la fin de séances studio mustanguerisa-elle les deux derniers jours de création ? Il faudra attendre octobre pour le savoir... même si la tournée avec les DELANO cet été donnera sans doute les éléments principaux de cette fusion "murat/delano" aussi cruciale pour la France que la fusion  "sfr/numéricable"... ok... encore plus cruciale. 

 

 

Revenons en au concert de Beaumont:  Longtemps, longtemps, le public a applaudi en fin de concert... et  3 rappels vinrent réjouir l'assistance.

 

 En fin de soirée, c'est le M. Loyal d'Orcival qui annoncera l'apparition du groupe dans le hall du Tremplin ("Les artistes !"), Jennifer Charles, aimable, simple et disponible, se prêtant volontiers au jeu des dédicaces et allant jusqu'à dessiner un joli coeur pour le coeur d’artichaut de notre correspondant local  (A l'heure actuelle, il se repose dans une clinique... pour se remettre : la bise de Morgane Imbeaud en sus a suscité un trop plein d'émotion... Vous savez désormais pourquoi il ne s'est pas chargé de la rédaction de cet article. Pour notre rédaction, la transparence est une devise).

 

Toujours à la pointe de la technologie journalistique, voici une infographie préparée par nos spécialistes afin de résumer la soirée:

Tous-amoureux-d-elle--jpg"tous amoureux d'elle"

 

 

 

LE LIEN EN PLUS: 


Dans l'interview d'Elysian Fields sur le site concertandco de Pierre Andrieu, une question autour de MURAT:  

  J'ai un excellent souvenir du concert de Jennifer avec Jean-Louis Murat au Café de la Danse à Paris, juste après la sortie de l'album Bird On A Poire... Y-a-t-il une autre collaboration dans l'air?
Jennifer Charles : On adore Jean-Louis ! J'aime vraiment beaucoup son dernier disque, Toboggan. En ce qui concerne une éventuelle collaboration, on ne sait jamais ce que le futur nous réserve...
 

 

Le compte-rendu complet du concert par Pierre Andrieu:

ici

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

Publié le 13 Avril 2014

 Notre M.  continue sa chronique de "LE CAHIER BLEU, instant(ané)s de baignade"... en évoquant la petite participation de Christophe Pie à celui-ci.  Je rappelle que M.   nous avait déjà fait part il y a quelques temps de son désir d'ériger une statut à Christophe Pie sur la place de jaude...  Le fait que le batteur est encore en train d'enregistrer avec Murat en ce moment-même dans un studio réputé de Clermont va peut-être inciter  M.  à lancer une souscription pour lancer son projet.... à moins que l'after Koloko qu'il organise ne lui laisse que peu de temps (private joke)

 

 

Servieres beau temps

 

 

Christophe Pie   

au miroir de Servières, 

 

(Rebond sur un chapitre

du Cahier bleu)

 

 

  

 

 

Qui est vraiment Christophe Pie ? À cette question, que trop peu de gens se posent, cet article n'apportera aucune réponse définitive. La formuler ainsi et ici frise déjà le ridicule.

 

Et pourtant...

     Oui, pourtant, qui est vraiment Christophe Pie, cet ami de (plus de) trente ans de Jean-Louis Murat ?

     Le guitariste effacé qu'on aperçoit à gauche de Camille sur quelques plans du film de Don Kent, Parfum d'acacia au jardin ? [1]

     Le batteur solide et énergique qui veille sur ses jeunes amis du Delano Orchestra ?

     Une figure importante du rock clermontois, récemment évoquée dans le livre de Patrick Foulhoux [2], qui a joué dans une ribambelle de groupes, participé à plusieurs dizaines de disques et dont la légende affirme qu'il aurait accompagné Chuck Berry ?

     Un ACI -auteur compositeur interprète- à peu près inconnu, qui écrit de temps en temps des chansons comme il pratique la poterie, avec passion et sans prétention, ces deux caractéristiques expliquant sans doute que certaines soient empreintes d'une sobre beauté, propre à vous tirer les larmes ? [3]. Son magnifique album "sky lumina" (avec un texte de Murat) est, hélas, désormais introuvable.

     Un petit gars que l'on croise parfois dans les concerts, avec son blouson de cuir épais, sa repartie bien acérée, sa modestie tenace et qui, à bonne école muratienne, brille dans l'art de la rouspétance ?

     Ou bien ce quinqua qui regarde grandir des canetons au bord du lac Servières ?

     Quoi ??? Christophe Pie s'intéresse aux canards ?

     Il paraît. C'est en tous cas ce que l'on découvre à la lecture du premier volume du Cahier bleu (chroniqué dans l'article précédent). Émilie Fernandez et Alexandre Rochon, les auteurs du livre, ont en effet eu la bonne idée de demander au batteur du Delano Orchestra de poser un instant ses baguettes pour se laisser aller à une évocation toute personnelle du lac situé sur la commune d'Orcival. Une occasion fortuite, mais précieuse, de mieux faire connaissance avec cet ancien Ranchero.

 Pie Percus

*****

 

     Une fin de concert, au printemps 2013, sur le parvis de la Coopérative de Mai. Conversations enfumées, débriefing de la soirée, compliments aux artistes, retrouvailles entre vieux copains, souvenirs... Christophe Pie fait partie des quelques personnes présentes. On se met à parler d'un festival qui doit se tenir sur les bords du lac Servières et pour lequel des prospectus ont été distribués à l'entrée de la salle. L'idée ne semble pas le séduire. Le signe d'une touristophobie de base ? Pas seulement. Avec un soupçon de malice, on lui présente les bons côtés d'une telle manifestation : permettre à de jeunes artistes de s'exprimer, contribuer au développement du territoire, etc. Il s'emporte : il ne veut pas qu'un festival se tienne là où il a appris à nager ! Inutile d'insister...

     Il nous faudra regarder l'émission  Chroniques d'en haut, diffusée sur France 3 début janvier [4], pour mieux saisir le sens de la réaction de Pie. Dans ce reportage, il confie en effet son attachement profond au lac Servières, parle des visites régulières (quasi-quotidiennes, à la belle saison) qu'il lui rend, décrit le calme trompeur, alors qu'en réalité, « ça grouille de vie, de partout, on est observé ». À l'écoute de ce Pie se dépeignant comme « très ancré à l'Auvergne », à ses paysages comme à ceux qui y vivent, et plus encore à ce lieu, attentif au chant des oiseaux, nageur à l'occasion, on comprend mieux ses réticences à voir débarquer sur le site l'imposante machinerie d'un festival d'été. Une version lacustre du NIMBY ? Non, ce serait décidément trop simple.

     C'est donc le petit texte écrit par Pie l'été dernier pour ces Instant(ané)s de baignades en Auvergne qui nous permettra d'approcher de plus près son lien avec le Servières. Son récit, en apparence, est semblable aux autres chapitres de ce recueil de baignades : il y est question d'eau, de la nature, de souvenirs... Pourtant, le ton est différent : un peu de gravité en plus, un poids supplémentaire dans les mots et les images employés. Pie décrit le lac, depuis le matin tranquille jusqu'à « ses nuits d'été fantastiques », il dit la modestie du hameau voisin et l'immensité des pins, connaît le nom des arbres, mais ignore celui des fleurs. Qu'importe, cela n'empêche pas le musicien de les chérir, ni le lecteur de ressentir dans chacune de ses évocations la trace du temps passé en cet endroit à observer, écouter, sentir... S'imprégner. On l'a déjà écrit, le temps est un élément crucial dans Le Cahier bleu et une bonne partie de ce temps qui passe est passé à s'aimer. Pie, lui, est amoureux d'un lac.

 

 


     Cela pourrait faire sourire, mais ce n'est pas le but. Il se révèle épris, d'une passion jalouse, quoique partagée avec une poignée d'amis choisis : ce lac, il l'apprécie donc « loin des regards », « quand il est désert », se plaçant lui-même « à l'ombre des genêts, loin des touristes mal élevés ». On pressent que cet amour-là exige une initiation, un apprentissage, que l'endroit se mérite. Et dans la quasi-tendresse qu'il met dans ses mots, on devine que Pie sait se montrer à la hauteur de cette relation, en fier amant de Servières : « Comme je l'aime, loin des regards dans son écrin ». Le musicien apparaît amoureux, mais pas uniquement. Dans le dernier paragraphe, simple et émouvant, son attachement devient celui d'un père qui voudrait vivre assez longtemps pour voir grandir ses enfants. Son lac, il aimerait « le voir gagner sur les terres et constater combien il change avec les années ». On songe, sans savoir pourquoi, à cette belle chanson de Bertrand Belin, « Ta peau » : « je voudrais vivre plus longtemps / pour être encore avec toi ». Pie aime donc ce lac à la manière d'un père, mais aussi, et peut-être surtout, comme un fils, puisque c'est dans ces eaux, écrit-il, que son père lui apprit enfant à nager. Et au terme de ce qui s'avère être au fond une belle histoire de transmission, évoquée en quelques lignes pudiques, on se surprend, parvenu à la dernière phrase – « J'y ai baigné mon corps plus que partout ailleurs. » – à avoir soi-même, lecteur pourtant bien au sec, le visage baigné de larmes – comme cela a déjà pu se produire naguère, hier encore peut-être, à l'écoute de certaines des chansons de Pie, « Main dans la main » par exemple, chanson pour cœurs gercés, avec ses lacs gelés et ses regrets glacés...

 Servieres au froid

*****

 

     La question posée en ouverture de ce billet était évidemment provocatrice et il n'a jamais été question de percer un prétendu « mystère » Christophe Pie. Simplement, profitant de l'heureuse initiative prise par le tandem Fernandez/Rochon, de tenter une esquisse de ce personnage important dans la galaxie muratienne [5]. Au miroir de Servières, donc, puisqu'il semble évident que si « L'eau anonyme sait tous mes secrets », comme l'écrivait Bachelard (cité dans l'avant-propos du livre), les eaux du lac Servières en savent sans doute un peu plus que d'autres sur les secrets de Christophe Pie. Puissent-elles les garder précieusement...

 

 

Le texte de Christophe Pie, extrait des "Cahier bleu"

 Texte Pie Pour commander le livre : suivre ce lien

  

   M.

 

 

1. Récemment évoqué ici-même :  http://www.surjeanlouismurat.com/article-actu-en-fevrier-2004-bon-anniversaire-au-dvd-parfum-122749973.html 

2. Une histoire du rock à Clermont-Ferrand. 50 ans de bruits défendus à Bib City – Patrick FOULHOUX – Un, deux... quatre – 2013. Chroniqué sur le blog ici : http://www.surjeanlouismurat.com/article-une-histoire-du-rock-a-clermont-le-livre-et-le-concert-121327492.html 

3. On peut écouter les chansons de Christophe Pie notamment ici : https://myspace.com/christophepie et là : https://soundcloud.com/christophe-pie (à cette dernière adresse, on pourra entendre quelques vieilleries réjouissantes et ouïr la voix trop rare d'un certain J.C. – non, il ne s'agit pas du barbu...).

4. Visible ici :http://www.surjeanlouismurat.com/article-chroniques-d-en-haut-122018059.html 

5. Rappelons que Pie fut le premier à se prêter à l'exercice de l'Inter-vious et Murat. Il y a déjà longtemps : http://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-numero-1-christophe-pie-41170983.html

 

 

 

LE LIEN EN PLUS :

 

Quelques photos persos du servières datant du koloko 2011accompagnées de la musique de Christophe

 

 

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vieille carte postale:

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Rédigé par Pierrot

Publié le 5 Avril 2014

La page Fb de Jean-Louis Murat faisait cette semaine la publicité pour le livre "le Cahier Bleu, instan(ané)s de baignades en Auvergne", puisque ses auteurs sont à l'honneur cette semaine sur le site "auvergne nouveau monde". J'attendais justement une occasion moi aussi de le faire...  via ou plutôt grâce à notre François Busnel clermontois (et pas seulement au niveau des cheveux) qui nous a rédigé une petite (et bien entendu complète - on peut lui faire confiance) fiche de lecture (il est modeste de l'avoir appelée ainsi)... avec l'ambition de vous donner envie de vous procurer ce livre... C'est beau l'ambition.  Alors n'hésitez pas de lui faire part,  en commentaires, de  votre achat, ou de toutes autres précisions ou demandes... même malhonnêtes d'ailleurs. 

 

 

                                                                        ≈ ≈ ≈ ≈ ≈

 

 


La couverture 

 

Montcineyre 2

 

 

 

 

 

 

    Mon âme par toi baignée

Fiche de lecture

 

« deux amoureux fous

enveloppant leur bonheur d'eau

et chantant nus sous la pluie »

    

       Quinze jours à peine après avoir brillamment épaulé Jean-Louis Murat lors de son concert pour France Inter, Alexandre Rochon, leader du Delano Orchestra (que l'on retrouvera cet été aux côtés de JLM dans une tournée d'été, notamment  aux Francofolies), se lançait dans un tout autre projet. Cette fois, la langue française se substituait à l'anglais, la musique cédait la place à la photographie et à ses cinq partenaires habituels succédait une jeune femme, Émilie Fernandez, sa compagne. Au programme : le lancement d'une collection de livres dédiés à la baignade.

     Mon amour veut-il faire un tour dans l'eau ?

 Les auteurs

Une balade en Eauvergne

 

     Le Cahier bleu, tel est le nom de cette collection auto-éditée d'ouvrages qui entendent mêler photographie et littérature pour traiter d'une unique thématique : la baignade. Unique, mais diverse, la baignade étant ici envisagée comme un moyen de dépaysement, d'exploration, de rêverie, de recueillement, dans une démarche à la fois intellectuelle et charnelle, parfois quasi-mystique, où la découverte du monde est inséparable de celle de ses propres sensations. Un projet né et mûri au cours des nombreux voyages effectués à travers l'Europe par ses concepteurs et alimenté par leur goût commun pour le contact avec l'eau.

     Comme l'indique son sous-titre, Instant(ané)s de baignades en Auvergne, le premier volume de cette nouvelle collection a pour cadre la région natale des auteurs, l'Auvergne (avec un net avantage donné au Puy-de-Dôme). Source d'inspiration par sa diversité jamais épuisée et l'universalité de sa géographie, celle-ci, à les lire, « est devenue, au fil du projet, nécessaire ». Avant de les accompagner dans des aventures qui les mèneront en des eaux plus lointaines – un volume sur l'île d'Elbe est déjà annoncé –, laissons-nous porter par la curiosité et, en ce début de printemps, cédons au plaisir simple de suivre ces deux guides dans leur périple aquatique.

 Veyrines 2

Un journal de bord poétique

 

     Passés une élégante couverture bleu nuit illuminée de caractères dorés, puis quelques propos liminaires, dont une préface amicale de Jean-Philippe Toussaint, on découvre l'association promise entre photographies et textes, répartis en une succession de courts chapitres, chacun étant consacré à un lieu et à un moment précis (les chapitres sont datés, mais ne suivent pas l'ordre chronologique). Des lieux qui ne dépayseront pas complètement les lecteurs connaisseurs de l'œuvre muratienne, puisque l'on passe, chemin faisant, par Compains, La Godivelle, Orcival, le lac Servières ou encore Giat, autant de noms qui apparaissent dans les chansons de JLM [1]. Mieux, l'un des chapitres les plus longs du livre se déroule à la source de Choussy et l'on n'est alors nullement surpris de trouver en guise d'épigraphe un extrait d'« Au Mont Sans-souci » [2]. On suit ainsi les deux auteurs au rythme de leurs baignades, voguant d'un lac à une piscine, d'un étang à une cascade, par tous les temps et quelle que soit la saison. Et si l'eau est chaude à Choussy, elle l'est nettement moins aux Veyrines, où nos téméraires nageurs ne s'attarderont pas...

     À l'exception de deux sites qui ne sont évoqués qu'en photos, les autres le sont systématiquement par l'union de l'image et de l'écrit. Les photographies, très belles, donnent à voir des paysages variés, comme le sont les représentations de l'eau : ici, apaisée et accueillante, là, sauvage et inquiétante ; tantôt dégageant une poésie élémentaire, tantôt frôlant l'abstraction. Ces espaces sont souvent traversés par des corps, généralement ceux des deux auteurs en tenue de baignade – autrement dit, vêtus de peu [3]. On comprend qu'il s'agit moins pour eux d'adopter une démarche journalistique consistant à décrire de manière exhaustive un endroit que de capter des humeurs, celle du lieu, celle du climat et celle des protagonistes entrant en interaction les unes avec les autres.

     Les textes proposent eux aussi plusieurs registres : descriptions naturalistes, notations pittoresques, micro-récits d'aventure, essais poétiques, souvenirs d'enfance... Tout ce qui est raconté n'est pas vrai, les auteurs revendiquent un droit à la fiction : comme ils l'indiquent en ouverture, « Aucune baignade imaginaire n'est interdite »  ce qui n'est pas le cas dans la réalité, nos deux curieux l'apprennent à leurs dépens... Ils se risquent même à l'humour et s'en sortent très honorablement, le sprint sournois dans la piscine de Coubertin et la vraie-fausse partie de pêche sur le lac Pavin figurant parmi les passages les plus réussis du livre. L'ensemble forme ainsi une sorte de journal de bord poétique et éclaté, où les méditations personnelles sont agrémentées et nourries de références culturelles éclectiques – on croise, entre autres, Gaston Bachelard et Philippe Sollers, Cock Robin et Arman Mélies, Franck Perry et Walt Disney...

 Pavin 2

Boire la tasse ?

 

     À la lecture de ce début de compte rendu, certains se demanderont peut-être si cette compilation de souvenirs par deux amoureux faisant trempette présente le moindre intérêt. Ne pas vouloir écrire un livre de voyages classique est un noble projet, mais s'il se réduit à la collecte d'anecdotes personnelles telles que chacun peut en vivre, à l'heure où le premier venu a la possibilité de s'épancher publiquement sur un blog, où est la nécessité ? Et il est vrai qu'au fil des pages, on peut ressentir une certaine lassitude à suivre les aventures pépères de ces deux baigneurs visiblement épanouis. Les gens heureux, c'est connu, n'ont pas d'histoires. Et comme le chantait William Sheller à propos de ceux qui s'aiment, « quand ils vous parlent d'eux, / y'a quelque chose qui vous éloigne un peu ». La baignade virerait-elle à la noyade ? C'est un risque. On pourrait en effet finir par penser que ces deux jeunes gens sont bien gentils de nous faire profiter de leurs photos de vacances et de leur bonheur liquide, mais qu'ils auraient pu s'en tenir à une séance de diapositives entre amis. Et dans un accès d'aigreur hydropathe, on pourrait même prendre en grippe ces deux grands enfants qui jouent à se faire peur (« excités par le risque de nous faire prendre », brrrrrrr...), juger que le contenu des textes n'est pas tout à fait à la hauteur de l'ambition affichée, ou bien encore, ironiser sur les tendances exhibo-narcissiques de nos guides en petite tenue... Bref, on pourrait refermer Le Cahier bleu en se disant que c'est sans conteste un bel objet, mais un objet qui sonne creux.

     On pourrait – mais on ne le fera pas.

     Outre qu'il ne serait pas très charitable de faire montre d'une telle sévérité envers ces deux jeunes auteurs-entrepreneurs dont c'est ici la première expérience littéraire professionnelle, on encourrait surtout le risque de rater l'essentiel du livre. Car si l'on peut effectivement trouver telle remémoration un brin superficielle ou estimer que telle autre méditation pèche par excès de mièvrerie, s'arrêter à ces seuls défauts dont les auteurs ont probablement eux-même conscience – le récit d'un instant poétique ne suffit pas à produire un texte poétique... – relèverait d'une certaine cécité. Reprenons la lecture en changeant légèrement de perspective et en se demandant si Le Cahier bleu. Volume 1 ne serait pas autant un livre sur des baigneurs que sur des baignades.

 

Faire couple

 

     Cette approche n'est pas gratuite, elle nous est suggérée par l'avant-dernier chapitre qui met en scène deux couples. Le plus connu est celui formé par Claire et Roger Quilliot [4]. Si leur tentative de suicide commune est évidemment mentionnée, Fernandez et Rochon ont l'intelligence de ne pas réduire ces deux êtres à la force symbolique de ce geste définitif, mais de les évoquer aussi de leur vivant, à travers les propos tenus par le maire de Clermont-Ferrand lorsqu'il apprend sa nomination au poste de ministre du logement, en 1981. À l'un de ses proches, Patrick Marnot, il confie alors : « Pour le moment, je veux goûter avec Claire, et avec elle seulement, l'honneur qui m'est fait. Tu comprends, c'est avec elle, avec son consentement, avec son aide, ou rien. » Et l'on sent dans ces paroles prononcées en pleine effervescence post-électorale toute la force du lien indéfectible qui unit le futur ministre à celle qu'il aime. L'autre duo présent dans ces pages est constitué par les résidents d'un château des environs de l'étang de Tyx – celui où Claire Quilliot se donna la mort en 2005. Le châtelain, quelque peu fantasque, s'y livrerait chaque année à un rituel consistant en une immersion dans ses eaux glaciales, en plein mois de janvier... Son retour chez lui, après ce challenge qui plonge à chaque fois son épouse dans un mélange de consternation et d'angoisse, lui fournit pourtant l'occasion de vérifier la solidité de leur union: « Choqué et encore tremblant, son corps reçoit avec une sensibilité toute particulière ces marques de complicité dont il est désormais certain du caractère fidèle, absolu, incroyable, éternel. » Ces deux allusions à des couples dont les membres semblent unis par un lien presque sacré incitent alors à se souvenir que le livre que l'on tient en mains est aussi l'œuvre d'un couple.

 

Emilie

     Un couple de trentenaires se décrivant comme « follement amoureux », animés d'une foi ardente en la vie (« Rien ne peut nous empêcher de vivre »), malgré des périls de toutes sortes (« Derrière moi, le couchant, d'une beauté aspirante. / M'y noierais-je un jour, si tu n'étais pas là ? »), périls dont ils tentent de conjurer l'augure en se lançant des défis (« Tu prends ma main. Ça aussi nous l'avons fait. »). Un couple de trentenaires, on y revient, car ce n'est pas un détail, le vieillissement constituant l'un des thèmes souterrains du livre. Ainsi, dans le chapitre sur Choussy, les auteurs décrivent leur rencontre nocturne avec un groupe de fêtards qui leur renvoient l'image de leur jeunesse pas encore enfuie, mais déjà entamée : « Nous les quittions désormais, pleinement conscients de la dizaine d'années qui nous séparait et qui distinguait remarquablement deux façons d'appréhender le lieu. » Plus loin, ils confient la rédaction du texte sur le lac Servières à un ami nettement plus âgé qu'eux et l'on sent dans ces lignes un ton différent, plus grave, moins innocent [5]. Là encore, le poids des années se fait sentir. On est alors amené à considérer d'un autre œil les passages du livre portant sur l'enfance, qui sont moins l'œuvre d'adulescents nostalgiques que de jeunes adultes confrontés, comme tout le monde, au passage inexorable du temps. La réaction est la même devant ces photos de (beaux) corps dénudés qui prennent soudain un autre sens, un rien mélancolique.

 

Entre Vénus et Saturne

 

     On l'a signalé, Le Cahier bleu est traversé par diverses références, notamment littéraires. Citons-en deux autres, inspirées par cette lecture et qui nous semblent constituer deux bornes possibles entre lesquelles se situerait l'ouvrage.

     À force de cheminer derrière les deux protagonistes d'un lac à un autre et de relever ces allusions discrètes au temps qui passe, on en vient à penser à un autre lac, ô combien célèbre, même s'il ne se situe pas en Auvergne, celui de Lamartine. Que raconte « Le Lac », qui est à la poésie romantique ce qu'on appellerait dans la pop-music un tube ? Trois fois rien. Un homme revient s'asseoir au bord d'un lac, celui-là même qu'il fréquentait peu de temps auparavant avec sa bien-aimée : « Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ». Mais leur bonheur semble à présent bien loin à ce triste visiteur qui porte le deuil de celle qu'il aimait et qui, désemparé, ne parvient pas à admettre que les instants de grâce puissent ainsi s'échapper « de la même vitesse / Que les jours de malheur ». Impuissant face à ce Temps sans pitié ni discernement, l'amoureux désormais solitaire en est réduit à implorer le lac et la nature environnante de conserver le souvenir de la nuit d'amour qu'il vécut sur ses eaux :

 

« Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,

Que les parfums légers de ton air embaumé,

Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,

          Tout dise : Ils ont aimé ! »

 

     À l'opposé de ce pôle romantique des amours défuntes pourrait se situer un autre pôle, celui de l'amour partagé jusque dans la mort. C'est évidemment le chapitre mettant en scène le couple Quilliot qui nous y fait penser et ravive dans notre mémoire le souvenir d'un autre couple, lui aussi désireux de quitter ce monde uni – et qui y parvint. En septembre 2007, le philosophe André Gorz et son épouse Dorine mettaient fin à leurs jours ensemble. Un an avant, celui qui est aujourd'hui connu comme l'un des précurseurs en France de l'écologie politique écrivait une splendide déclaration d'amour à la femme de sa vie, dans un court récit qui débutait de la sorte : « Tu vas avoir quatre-vingt-deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. » Des mots qu'il reprenait à la fin de son texte, en les complétant : « Récemment je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau en moi un vide dévorant que ne comble que ton corps serré contre le mien. » Puis, dans les dernières lignes, le philosophe énonçait explicitement son désir, partagé avec son épouse, qu'aucun d'entre eux ne survive à l'autre [6]. Un vœu qui serait exaucé.

     Lamartine d'un côté, Gorz de l'autre. À une extrémité, l'amour vaincu par la mort et dont le temps érode irrémédiablement le souvenir. À l'autre bout, l'amour comme un défi lancé au temps, à l'usure, à la répétition et, au final, à la mort elle-même. Convoquer ces deux noms ne vise pas à ensevelir le livre qui nous occupe sous des références inopportunes. Il s'agirait plutôt d'en révéler l'un des aspects les moins immédiatement visibles, mais des plus touchants. Car le projet du Cahier bleu consiste bien à fixer (sans figer) des instants vécus pour tenter de les retenir, geste éminemment poétique qui positionne le livre au centre de ce triangle archi-classique formé par l'amour-le temps-la mort – un triangle qui serait ici rectangle et dont l'eau formerait l'hypoténuse... Et au-delà de composer un joli recueil de baignades, ce qui n'est déjà pas si mal, le livre ébauche aussi en creux le portrait d'un couple au fil de l'eau, au fil du temps. Portrait qui se double enfin d'un plaidoyer, Ronchon terminant le livre par une prise de position appuyée en faveur du couple, revendiquant non sans panache (naïveté, diraient ceux qui sont déjà revenus de tout...) la puissance créatrice de celui-ci.

 Monestier 2

Tous à poil, tous à l'eau ?

 

     Au lecteur amateur de beaux paysages, à celui qui voudrait vivre ou revivre par procuration le délice de baignades estivales en Auvergne (on connaît des amateurs parmi les lecteurs du blog...) ou à tel autre qui voudrait préparer un prochain voyage dans la région, on conseillera volontiers la lecture de ce premier tome du Cahier bleu, en guise d'apéritif au goût de revenez-y. Quant aux curieux de tous poils qui voudraient prendre le temps de réfléchir au couple, à l'amour et à la fuite du temps, autrement qu'en lisant un énième article psycho-fumeux dans un magazine quelconque, ils trouveront probablement de quoi se faire plaisir en ouvrant le premier livre du tandem Fernandez/Rochon, qui mérite au minimum que l'on salue son audace.

     Car lancer une collection de livres à l'esthétique soignée quand les supports papiers sont menacés de toutes parts, croire au couple dans un monde qui titube entre individualisme et passions volatiles, avoir confiance en l'avenir [7] quand il paraît si sombre, voilà qui demande au moins autant de courage qu'il en faut pour pénétrer dans la fraîche cascade des Veyrines. On aura compris qu'avec Le Cahier bleu, il est donc question, dans tous les sens du terme, de se mouiller.

 

 

M.

 

 

  NOTES:

1. On renvoie les non-spécialistes à l'excellent atlas mis au point par Le Lien défait :  http://www.leliendefait.com/index.php?idPage=zoneGeographiqueDtl&idZoneGeographique=1 

 

2. Pour relire ce qu'Alexandre Rochon disait de sa relation avec cette chanson, on se reportera à l'article de Magic déjà signalé en ces pages : http://www.surjeanlouismurat.com/article-on-aime-encore-jean-louis-murat-a-clermont-114524138.html     Et pour entendre sa reprise de ce titre, il faudra... patienter, Rochon ne s'étant risqué pour l'instant à cet exercice qu'en petit comité, à l'abri de tout enregistrement...

 

3. Après consultation du service juridique du blog et par crainte de subir la colère outrée de certains « responsables » politiques, nous avons renoncé à publier cette photo sur laquelle Alexandre Rochon ne porte, en guise de maillot de bain, qu'un modeste pétale de fleur...

 

4. Celles et ceux qui ont écouté l'émission de France Inter précédant la retransmission du concert de Murat et du Delano Orchestra le 7 décembre dernier se souviendront sans doute que Jean Lebrun avait lui aussi fait référence au couple Quilliot lors d'une intervention faussement désinvolte, conclue par un hommage appuyé à Claire. L'émission est réécoutable ici : http://www.franceinter.fr/emission-france-inter-fait-son-show-a-clermont-ferrand-france-inter-fait-son-show-a-clermont-ferrand

 

5. Nous reviendrons dans les prochains jours sur ce court texte rédigé par un auteur inattendu, mais bien connu des Muratiens...

 

6. Lettre à D.. Histoire d'un amour – André GORZ – Galilée – 2006. Le livre existe aussi en édition de poche, chez Folio.

 

7. Depuis la publication du livre, les deux auteurs sont devenus les parents d'une petite fille qui a eu droit, comme il se doit, à une chanson de bienvenue, audible ici : https://soundcloud.com/thedelanoorchestra/paloma

     Petite fille à qui nous souhaitons bien sûr de belles séances de barbotage avec Papa et Maman...

 

 

Le Cahier bleu. Instant(ané)s de baignades en Auvergne. Volume 1 – Émilie FERNANDEZ et Alexandre ROCHON – A+E – 2013. Pour commander le livre (au prix de 20 euros) ou ses produits dérivés, obtenir des informations complémentaires et découvrir d'autres vignettes texte/photographie associées à d'autres baignades, ailleurs qu'en Auvergne, on pourra se rendre sur ce site : http://www.lecahierbleucollection.com/

     Et l'on peut suivre l'actualité de cette nouvelle collection sur Facebook : https://fr-fr.facebook.com/LeCahierBleuCollection

NB: Les photos de l'article (copyright cahier bleu) ont été scannées à partir du livre, et ne reflètent donc pas la qualité de leur édition originale. .

   La couverture

Pour mémoire, Alexandre Rochon dirige toujours le label Kütu Folk chez qui l'on pourra éventuellement commander des disques pour composer une B.O. du livre ou pour rythmer un voyage en voiture vers de futures baignades :
http://kutufolk.com/

 DELANO l-affiche

  Relisez l'article du même M. sur la discographie des THE DELANO ORCHESTRA: ici. 

 

À VENIR : UN GROS PLAN SUR LE TEXTE PORTANT SUR LE LAC SERVIÈRES ET SUR SON AUTEUR...

 

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RAPPEL:

MURAT ET THE DELANO ORCHESTRA en tournée cet été

19 juin 2014 / Forum - Mont Noble (CH)
21 juin 2014 / Les Invites de Villeurbanne - Villeurbanne (69)
   
14 juillet 2014 / Francofolies - La Rochelle (17)
17 juillet 2014 / Festival Voix de la Méditerranée - Lodève (34)

7 août 2014 / Festi’Vaux - Vaux sur Mer (17)
9 août 2014 / Festival au Champs - Chanteix (19)

22 août 2014 / For Noise Festival - Pully-Lausanne (CH)
         

   attention:  28 juin 2014 / Concert Koloko, pour l’association Clermauvergne Humanitaire - Coopérative de mai - Clermont Ferrand (63)    SANS THE DELANO ORCHESTRA.

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LE LIEN EN PLUS:

J'en profite pour vous donner le titre de l'album à partir de reprises de lui-même de Gérard MANSET  qui sort le 28/04: UN OISEAU S'EST POSE. Un double CD. le titre "animal on est mal" en duo avec DEUS a déjà été diffusé sur France inter, et est en écoute sur le site fnac, site où, outre l'album, il sera possible de se procurer une édition vinyle, de cette chanson. 

http://static.fnac-static.com/multimedia/Images/FR/NR/67/5e/59/5856871/1507-1.jpg
La deuxième partie de l'interview de "l'oreille absolue" est en ligne depuis quelques jours. Un entretien datant de quelques années mais livrées enfin brut et complet.

 


 

 

 

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Rédigé par Pierrot

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