Publié le 13 Juillet 2014

 

 

Je ne suis pas là, non, je ne suis pas là mais en ce week-end pluvieux,  je voulais vous tenir  compagnie... et vous proposer d'occuper sainement une heure de votre temps au lieu d'aller trainer on ne sait où, sous la pluie, ou aller consommer de la drogue, ou pire de la tisane ou du earl grey... Oui, restez chez vous! Faites pas comme moi (au moins j'aurais peut-être moins de bouchons)...  Et ne vous inquietez pas: je serai bien de retour pour guetter les retours sur le concert du 14 Juillet à LA ROCHELLE.

 

Alors, voilà, je suis tombé sur une émission sur une RADIO LILLOISE entièrement consacrée à DOLORES. Ces petits tchis sont bien sympathiques, semble-t-il bien préparés... même si quelques informations mériteraient discussion... ou d'être sourcées.

 

 

Jean-Louis Murat - Dolores (1996). Emission du 23 juin 2014 avec Ivan et Rémi by Autoreverse/Rcv on Mixcloud

 

Je laisse les commentateurs chercher la petite bête

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

Publié le 12 Juillet 2014

 

Je ne l'avais pas vu hier:

 

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lien officiel vers l'image

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

Publié le 11 Juillet 2014

Et bien, et bien, ça s'agite, ça s'agite! Voilà le texte pour assurer la promotio

Et le titre "chacun vendrait des grives" est téléchargeable dans une compil gratuire:  http://www.piaslelabel.com/

 

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http://mediapias.info/artistes/jean-louis-murat-the-delano-orchestra

 

Le pays où je suis né est comme ça. A le croire trop bonhomme, on en meurt vite, petite silhouette givrée dans l’aubépine. A le voir aussi rugueux, on l’aime, on s’aimante, de peur d’aller crever ailleurs. Ici ou là-bas ? Ce pays est Babel, partout et depuis toujours, forgé par le feu, usé par les eaux du déluge, foulé par les hommes et leurs grands cœurs d’hommes, saints ou salauds.
Allez, qui d’autre que lui ? Depuis l’enfance, dans les mots que l’on ne disait pas et que l’on craignait comme l’ombre mortelle des noyers, Jean-Louis Murat construisait ce grand œuvre, seul ou en bande, sous les toits de lauze ou dans la poussière de l’Amérique que l’on vénère. Derrière des guitares sèches comme l’acacia ou tordues d’électricité, il a parcouru des contrées où personne ne s’aventure, un pied devant l’autre, chaque année ou presque. Ne jamais s’arrêter de marcher, façonner, bâtir, et pour longtemps, pour sûr. Et juste là, à l’aube de ce nouvel album, les racines ont percé à jour. Ce sera le chaînon manquant, le lien refait qui unit le monde et l’Auvergne, l’infiniment proche et l’universel.
A deux pas, à la tête de Kütu Folk Records, maison volcanique et contemplative ouverte sur l’ailleurs, The Delano Orchestra vit en parfait équilibre entre folk gracile et pop tendue comme un arc. Leurs chemins se sont croisés sur les ondes de France Inter, un petit matin de décembre, un concert mémorable presque inventé de toutes pièces, lui devant et eux derrière, comme un seul homme. Projet éphémère pourtant destiné à voyager loin, il a peut-être semé les germes de ce double-album (triple vinyle s’il vous plait), riche et sophistiqué, joyeux et chagrin, enregistré cul sec au studio Palissy, Beaumont, banlieue de Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme.
Alors, Babel. Il y aura donc un Là-bas et un Ici. Choisir ? Dieu non. Portés au cœur et au ventre, aussi haut dans l’éther qu’au ras des bruyères, ces deux disques insufflent la vie à chaque seconde, la tendre vie que l’on passe dans un champ de linaigrettes caressées par les brises d’alpage, la vie naturaliste des siècles d’avant, et la mort froide, la mort que l’on mérite ou qui frappe dur, courtes chansons remarquablement gaulées, comme cette salope de Thau qui aura fini par baiser le sol glacé de Servières…
Sachant les vertus des belles guitares, des rythmiques enjouées et des arrangements savants, Murat l’Arabe, Murat le paysan, le grand Murat reste cool et espiègle en toutes choses, caressant de sa voix unique ce Harvest arverne éblouissant. Au loin, derrière la Banne d’Ordanche, l’orage approche. Les cordes grommellent, roulent dans la gorge du Chavanon, où l’on règle ses comptes entre chiens et loups. Tout ici sent le foin sec, le lys martagon, la sueur du laboureur, penché sur d’extraordinaires chansons, solidement charpentées et bâties souplement, comme ces grands corps secs que rien n’érode. Ces ballades rebondies, ces contes de la terre et de l’esprit, ces accents soul comme là-bas, sont bien le fruit d’un fabuleux travailleur, auteur infatigable peut-être au sommet de son art. Et si Là-bas conserve de bout en bout cette noblesse hors du temps, cette hauteur digne d’une rare beauté (Pauvre cœur je manquais d’amour / J’ai fréquenté la beauté / Chaque jour abreuvé / A l’illusion des toujours), cette grandeur sèche et cotonneuse parfois légère comme une trille d’alouette, Ici se voile parfois d’un violoncelle mélancolique, disque aux doigts crochetés dans la terre noire, dans la boue des cheires jusqu’au ventre, le visage brûlé par l’écir, ou cuit par le soleil des fenaisons.
Est-ce là la douce gravité d’une déclaration d’amour, pour un pays rude et des gens simples ? Est-ce le cœur des hommes qui chante ici, des Bédouins du Jebel Rum au berger de Chamablanc ? Babel est une œuvre de cartographe fou d’amour, de géographe retourné par les souvenirs, l’Histoire, les paroles et les senteurs d’un pays nourricier, où la poésie cède souvent la place au franc-parler des campagnes, une étonnante et sublime confrontation que personne d’autre n’aurait pu réussir.
Babel est tout cela, et bien plus encore. Il est le voyage invisible de l’âme aux confins du monde, ici et là-bas, définitivement.
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The Delano Orchestra
Chef de file du label clermontois Kütu Folk Records, The Delano Orchestra est un groupe singulier, porté par des guitares puissantes, un violoncelle et une trompette. Sur une écriture d’inspiration folk, très personnelle, leur musique invite au voyage dans un décor de monts et de lacs, servie par de fortes personnalités et des gens bien, tout simplement.
Compagnon de longue date de JL Murat, réalisateur, arrangeur, batteur et musicien rêvé, Christophe Pie imprime à l’album la plus gracieuse des voltes, en laissant la technique s’effacer derrière la musique. Verso d’une rythmique impeccable, Matthieu Lopez (également pilier de Garciaphone), collabore régulièrement avec la crème des artistes d’ici. N’ayant jamais pu décider entre 4 ou 6 cordes, il assoit le Delano Orchestra sur du solide, un tapis roulant sur lequel Guillaume Bongiraud et Julien Quinet virevoltent comme bon leur semble. Prodigieux violoncelliste, le premier collabore également avec bon nombre d’artistes (dont un projet de toute beauté avec Morgane Imbeaud). Le second a emporté sa puissante et impassible trompette à travers le monde, aux côtés des Danois de The Asteroids Galaxy Tour, entre autres. Enfin, leader gracile et fantômatique, Alexandre Rochon se partage entre chant et écriture. Auteur et maître du Delano, il partage avec Emilie Fernandez, sous la signature A+E, l’amour du beau papier et du graphisme délicat, à la tête des éditions Le Cahier Bleu, remarquable collection d’instant(ané)s de baignades auvergnates.
Morgane Imbeaud
Pianiste, chanteuse, interprète, auteur et compositeur au sein du groupe Cocoon depuis 2005, Morgane Imbeaud n’en est pas à sa première collaboration avec JL Murat. Après avoir travaillé avec Julien Doré, Julien Estival et bien d’autres, elle est aujourd’hui chanteuse, pianiste et compositeur au sein du groupe Peaks, et porte la dernière touche à un projet particulièrement personnel, Léo.

Oren Bloedow

Artiste d’une rare élégance, chanteur, guitariste et compositeur d’Elysian Fields, aux cotés de Jennifer Charles (déjà entendue en compagnie de JL Murat), le new-yorkais cultive également une discographie personnelle singulière, et collabore régulièrement avec de nombreux artistes.

Pascal Mondaz
Ingénieur du son et réalisateur, attentif et instinctif, formé à la rude école de la scène, musicien en solo intégral avec Galaktyk Kowboy, Pascal ‘Power’ Mondaz a sans doute tout compris des subtilités du studio. Diplômé de la SAE de Londres, il a travaillé avec Cocoon, The Delano Orchestra, Zak Laughed, The Elderberries, autour de Bashung et avec la plupart des beaux projets clermontois.
Julien Mignot

Jeune photographe élevé au pied des volcans (autrefois résident à la Coopérative de Mai, scène de musiques actuelles de Clermont-Ferrand, et aujourd’hui à la salle Pleyel), Julien Mignot et son fidèle Leica signent de magnifiques images, troubles ou vivement saturées, une vision très personnelle des êtres et des choses, capturée quand l’âme se dévoile derrière un regard saisi à la volée. Les rock stars, la mode, les voyages, les musiques du monde entier nourrissent une sensibilité sans pareille, que l’on peut découvrir régulièrement dans Le Monde ou Libération.

Tracklisting

CD1
1. Chacun vendait des grives
2. Chant soviet
3. J’ai fréquenté la beauté
4. Blues du cygne
5. Dans la direction du Crest
6. La chèvre alpestre
7. Qu’est-ce qu’au fond du coeur
8. Les ronces
9. Mujade ribe
10. Vallée des merveilles

CD2
1. Le jour se lève sur Chamablanc
2. Neige et pluie au Sancy
3. Col de Diane
4. Noyade au Chambon
5. Tout m’attire
6. Frelons d’Asie
7. Long John
8. Chagrin violette
9. Camping à la ferme
10. Passions tristes
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Paroles et musiques : JLM Bergheaud
Réalisé par Jean-Louis Murat

Batterie, percussions, maracas : Christophe Pie
Basse, guitare électrique : Mathieu Lopez
Synthés, banjo, guitare électrique : Alexandre Rochon
Rhodes, guitare acoustique, guitare électrique, basse, chant : JL Murat
Violoncelle, piano : Guillaume Bongiraud
Trompette : Julien Quinet

Avec la participation de :

Morgane Imbeaud (chœurs sur Qu’est-ce qu’au fond du cœur, Frelons d’Asie, Long John, Col de Diane, Noyade au Chambon)
Oren Bloedow (guitare électrique sur Chant Soviet).

Enregistré par Pascal Mondaz au studio Palissy (63)
Mixé par Aymeric Létoquart au studio Contrepoint (45)
Masterisé par Jean-Pierre Chalbos à La Source Mastering
Photos : Julien Mignot et Alexandre Rochon
Artwork : A+E, Le Cahier Bleu Collection

www.jlmurat.com
facebook.com/PIASLeLABEL

 

 

On s'attendait à la présence d'une personne supplémentaire, dont les notes n'ont peut-être pas été retenues (on en parlait avec J. Pietri récemment), mais la présence  de la moitié masculine d'Elysian Fields est une surprise... et aussi la participation d'Alexandre aux photos...

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

Publié le 10 Juillet 2014

 

 

Je ne suis pas en mesure de l'écouter, mais je le partage!

 

On en reparle ce soir!

 

https://soundcloud.com/pias-le-label/jean-louis-murat-chacun-vendrait-des-grives/s-uMf2W

 

C'est le titre qui ouvre l'album.

Beau travail d'orchestration... avec le banjo en particulier, et la trompette  (notamment en finale)... qui me semble jouer une autre participation que l'autre soir à Clermont...  Bon choix d'ouverture...

 

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Et on apprend une première surprise du disque: la participation de l'auvergnat Christophe ADAM sur les choeurs, au côté d'Alain Bonnefond (c'est moins surprenant).  On parlait de Christophe Adam là:  http://www.surjeanlouismurat.com/article-une-histoire-du-rock-a-clermont-le-livre-et-le-concert-121327492.html

Il ne s'agit pas du patissier!!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

Publié le 7 Juillet 2014

Voilà enfin la 3e partie de l'interview de Jérôme PIETRI  centrée sur son dernier album.  Murat reste présent... avec une anecdote... et  via le blues... dont Jérôme, comme Murat, parle si bien.  
Dans la  première partie "Jérôme Pietri, 64 ans, édudiant", il  était question de  son parcours, notamment dans SOS, groupe culte auvergnat (à lire ici). La deuxième nous plongeait dans son travail et ses relations avec Jean-Louis Murat, si bien que je lui ai accordé le label "inter-ViOUS ET MURAT" ("comme un loup sur la voie lactée", à lire là). 

Un grand merci à lui et à Matthieu, l'intervieweur.
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JP3 Coope

 


Priez pour nous, pauvres pêcheurs

 

     C'est sur le son d'une batterie pesante et grave que s'ouvre Gone Fishin', avant qu'une voix hargneuse n'entame un hymne individualiste, claironnant son mépris de l'argent-roi. Une quarantaine de minutes plus tard, le disque s'achève dans le dépouillement d'un morceau joué à la guitare National, peinture d'un monde au devenir incertain, moins « global » que « létal ». De pêche, il ne sera donc question sur cet album que dans le titre et la pochette. Pour le reste, son contenu consisterait plutôt en une énumération amère des raisons de s'en aller. Pêcher, justement. John D. VOELKER, Testament d'un pêcheur à la mouche: « Je pêche parce que, dans un monde où les hommes semblent pour la plupart passer leur vie à faire des choses qu’ils détestent, la pêche est pour moi à la fois une inépuisable source de joie et un petit acte de rébellion ; parce que les truites ne mentent ni ne trichent et qu’elles ne se laissent pas acheter ni corrompre ni impressionner par une quelconque démonstration de pouvoir : on ne les gagne qu’à force de qutude, dhumilité et de patience infinie ». La corruption, le mensonge surtout, ceux des politiciens comme ceux des médias, font en effet partie des thèmes de l'album. Ils accompagnent, dans la liste des maux qui donnent au chanteur l'envie de sortir sa canne – ou son fusil, selon l'humeur –, le triomphe de la finance, la marche folle de la mondialisation, l'épuisement professionnel ou les ravages de la pollution. Cette dernière thématique – écologiste – trouve à s'exprimer sur « Like A Chained Dog », belle réussite dans un registre mélancoolique qui reste minoritaire sur un album par ailleurs pêchu et composé d'une bonne moitié de titres entraînants, aux refrains accrocheurs, aux riffs joueurs, produisant un blues-rock bousculé par l'usage des fameuses « home made guitars » que Pietri manie en maître. De cette série de tubes potentiels, on retiendra notamment « The Trader », chanson âpre et mordante, autoportrait d'un roi de la finance au cynisme parfaitement assumé. D'une simple rime – « Cos' it's all for business / Yes I confess » –, le tandem Bourdier/Pietri nous rappelle qu'historiquement, la confession a toujours été liée à l'économie – que l'on songe à la notion de « rachat » des péchés ou à la pratique des indulgences –, mais nous renvoie simultanément à l'actualité la plus brûlante, celle d'un Cahuzac piteux venant révéler sur une chaîne d'information continue sa « part d'ombre », étrange métaphore pour un compte en Suisse... Ce serait donc précisément pour échapper à ce genre d'ombre que Pietri s'en irait, bleus à l'âme et cœur turquoise, taquiner d'autres ombres, à écailles celles-ci. Avant de le laisser go fishin' sur la Dordogne, l'Allier ou, beaucoup plus au nord, sur la Suir (en photo au dos du livret), écoutons-le une dernière fois évoquer pour   www.surjeanlouismurat.com son travail sur ce nouveau disque...

 
JP3 Pochette

 

Si Pietri est avant tout connu et reconnu comme instrumentiste, cela ne signifie pas que Gone Fishin' soit un album de guitariste.

 

Je me suis attaché aux chansons d'abord et c'est la première fois que je m'implique dans l'écriture des textes. Moi, c'était la voix et une guitare. J'écoutais – avec un truc vraiment hyper dépouillé – et il fallait que ça le fasse. Après, le reste, comme je commence à avoir un peu de métier, en toute modestie, j'imaginais « les fleurs au balcon » que je pourrais mettre. Mais il fallait d'abord avoir les fondations. J'ai pas chiadé des solos de guitare, à mon grand désespoir, la plupart des solos qu'il y a sur l'album sont improvisés. J'ai tout fait en 4 jours à Utrecht, donc les chiens ont pas pissé sur les cordes de guitare.

 

Dans la promotion du disque, le musicien met en avant ses instruments faits maison, des guitares bidons. Mais au-delà du côté pittoresque, ce choix semble correspondre à une vraie recherche esthétique.

 

J'ai utilisé beaucoup de  guitares bidons, des trucs dépouillés sur lesquels j'ai flashé y a 4-5 ans. Donc, comme je me retrouvais avec des instruments sommaires sur lesquels il y avait que deux notes et trois sons, au lieu d'utiliser les gros clichés du blues, j'ai cherché des doigtés et c'est difficile, parce que que de notes ! Alors j'ai passé vachement de temps, mais l'intérêt, c'est qu'à la sortie, ce que j'ai trouvé, ça sonnait différemment et qu'il y avait une couleur, c'est ce qui m'intéressait. J'ai toujours l'incorrigible prétention de vouloir faire de la musique, ça j'y peux rien, je changerai jamais.

 JP3 Guitare bidon


L'album peut se ranger dans la catégorie blues-rock. Une étiquette à la fois large et floue, qui recouvre ici une démarche cohérente.

 

J'adore le blues des années 30, ça me met les poils ce style-là. Avec les bidons, j'ai essayé de garder ce blues des années 30-40, mais avec plus le « versant africain », où y a qu'un seul accord, même pas les trois, avec des gens que j'ai découverts comme Junior Kimbrough, R. L. Burnside, John Lee Hooker (le plus connu), qui jouent même pas les trois accords, ils restent sur le un, parce qu'ils sont plus près de l'Afrique. Et ça dégage une espèce de magie, je trouve pas les mots, une espèce de transe hypnotique, je trouve qu'il y a un groove et un climat terribles. Et alors après, ça c'est mon vécu, j'ai incorporé à ce truc-là des riffs rock n' roll, qui viennent du blues d'ailleurs – y a plein de riffs dans le blues –, et des mélodies, parce que j'aime les mélodies et qu'il me semble que pour qu'il y ait une bonne chanson, il faut qu'il y ait une bonne mélodie. Et dans ce style parfois, certains trucs, c'est un peu monocorde et si y a pas une mélodie ou un truc qui se passe, ça peut engendrer une certaine lassitude à force. Alors que moi, j'adore qu'il se passe des choses. Le blues, pour moi, ça doit être basé sur les nuances, si y a pas de nuances, c'est pas du blues. Ça doit pouvoir être très fort, plein la gueule, ça doit te coller contre le mur et pas fort du tout. Et puis aussi, très rapide, très lent. Beaucoup de notes, peu de notes...

 

   

Pietri n'a cependant pas toujours été sensible à ce blues primitif qui, lorsqu'il l'a découvert dans sa jeunesse, dans la foulée des groupes de rock qui s'y référaient, lui semblait sonner faux...

   


Bizarrement, j'aimais pas les vieux bluesmen noirs à l'époque. Je ne sais pas pourquoi, quand c'est faux, je ne supporte pas, même de très peu, quand c'est faux et pas en place, ça me procure une douleur quasiment physique qui me donne envie de me barrer, comme la craie au tableau. J'ai réécouté, mais des années après, peut-être 20 ans plus tard, où j'étais arrivé, grâce à Murat certainement un peu, à passer le cap du guitariste. Et donc, j'ai réécouté en essayant de faire abstraction des petites imperfections guitaristiques et évidemment, j'ai été séduit par tout le reste qui était le plus important. Aujourd'hui, comme j'ai essayé de travailler tous les styles de blues – je dis bien « essayé » – celui qui me touche le plus émotionnellement, c'est celui des années 30, années 30-40, parce que c'était l'époque la plus dure qu'ils aient vécue – je parle des plus anciens témoignages discographiques qu'on puisse avoir, avant ça devait être encore pire. Leur vie ne tenait qu'à un fil, ils avaient des vies abominables. On voit bien que la vie la plus tragique du plus emblématique de nos pop-stars du rock n' roll, c'est un roman à l'eau de rose à côté, c'est de la rigolade.

 
JP3 Influences

Interpréter ce style, pratiqué à l'origine par des musiciens qui étaient tous d'excellents chanteurs, exige une implication vocale qui n'a rien d'évident pour quelqu'un qui s'est mis à chanter sur le tard. Mais il faut reconnaître que Pietri a progressé dans ce domaine : son chant, plus nuancé que sur son premier album, se fait ici tantôt hargneux, tantôt plaintif et presque fragile.

 

Je suis pas un grand chanteur, j'ai beaucoup progressé en 2 ans. J'ai beaucoup travaillé le chant, parce que j'ai chanté mes chansons tous les jours, en m'enregistrant, donc y a pas photo, ça fonctionne. Je l'ai fait pour la guitare et je vois pas pourquoi il aurait pu en être autrement pour la voix, sauf que c'est un boulot que j'avais jamais fait. Au baloche, des fois on me demandait de chanter des trucs, ça me faisait chier parce que j'étais très complexé par ma voix. Ça va beaucoup mieux maintenant, j'y prends du plaisir grâce au travail. Je m'éclate maintenant à chanter.

 

Qui dit chant dit textes. Cette partie est a priori celle qui, en tant qu'auditeur, touche le moins Pietri.

 

Bien que j'aie été en lettres, j'ai jamais été attiré par la littérature. Par la musique, oui. C'est la musique qui me fait bander. Je suis sensible à l'écriture quand je lis des choses bien écrites, je suis sensible au fond, à la forme certaines fois, mais vachement moins qu'à la musique. Je ne sais pas pourquoi, c'est la sensibilité de chaque être humain, on est tous différents. Donc moi, c'est vrai que c'est la musique qui me fait vibrer en premier, bien que je considère nullement que ce que tu racontes soit superflu.

 

Et en effet, les textes de Gone fishin', co-écrits avec Laurent Bourdier (organisateur du Buis Blues Festival, dont la prochaine édition aura lieu fin août en Limousin), ne sont ni bâclés, ni négligeables, loin s'en faut.

 

Bien que je chante en anglais, j'ai pas eu envie de chanter des gros clichetons à la con, comme c'est souvent le cas dans le blues. C'est la première fois que je signe des textes grâce à mon Lolo Bourdier du Buis Blues. On a co-écrit, j'ai trouvé la moitié des titres, « King-Kong on Cocaïne », « Little man », tout ça, et pas mal de refrains, parce que c'est vachement important pour avoir un truc cohérent de trouver en même temps les mots, la mélodie et l'harmonie, c'est ça qui fait les chansons les plus fortes.

 
JP3 Auteur-realisateur

À l'exception d'un titre sentimental, pas le meilleur du disque, ces textes sont, comme on l'a vu, très engagés et virulents. Entre chansons d'amour et chansons de révolte, Pietri a donc choisi son camp.

 

Les chansons d'amour, je déteste ça, parce que c'est d'une banalité affligeante. En plus, je trouve qu'il faut être complètement impudique. Moi, je peux pas, je peux pas parler de mes histoires d'amour, ça va pas non, y a que moi que ça regarde.

 

Et dans ce domaine aussi, on retrouve chez le musicien la volonté de pourfendre certaines idées reçues.

 

Le clicheton du blues le plus connu et rigolo, c'est « I woke up this morning, my baby was gone », alors je vais pas chanter ça. Les Français qui chantent ça en français, c'est à mourir de rire, c'est ridicule et pathétique. Y a une image, en France, du blues, qui est très réductrice et très péjorative, c'est un vieux Noir qui chante des truc tristes, chiants à mourir et ringards. C'est pas vrai ! Il faut pas oublier que B. B. King, qui sait à peu près de quoi il parle, s'est insurgé entre autres contre cette définition inexacte et puis stupide du blues et il a dit : « Il ne faut pas oublier que le blues, c'est aussi un cri de révolte et de colère contre l'injustice et l'oppression ». Donc moi, c'est cette définition que j'aime, les chansons d'amour, je m'en tape ! 

 

Révolte et colère, donc, contre un monde et une époque qui donnent au musicien... le blues.

 

Je suis vraiment horrifié par ce qu'est devenu le monde aujourd'hui, à tous les niveaux. Ça a dépassé mes cauchemars les plus fous, vraiment, sincèrement. Je me suis calmé avec l'âge, mais j'ai un côté où je suis révolté par des tas de choses que je vois. Quand je vois les grandes puissances financières de ce monde qui détruisent cette putain de planète en pleine connaissance de cause...

 

Au point de trouver des points communs entre l'époque des bluesmen du Delta et la nôtre...

 

À l'époque, la vie était très dure pour eux, ils étaient traités vraiment comme de la merde et la vie humaine n'avait pas d'importance. Bah je trouve qu'aujourd'hui, paradoxalement, en même temps que l'évolution de la technologie, y a eu une régression de l'humanité et un triomphe de la barbarie. Comme avait dit Philippe Val quand il était encore rédac' chef de Charlie, avant qu'il merde, il avait dit qu'on assistait impuissants à la marche triomphale de la barbarie économique.

 

La pêche apparaît alors comme une réaction de rejet de ce monde. D'où le titre de l'album.

 

Le « Gone Fishin' », c'est un peu « Fuck you ». À part  le rapport que j'ai avec la pêche, la mouche et le blues, qui sont plus qu'une façon de jouer et qu'une façon de pêcher, qui sont aussi des philosophies et des façons de concevoir la vie, avec pas mal de points communs, bah c'est un peu : « Je supporte plus ce monde, vous me faites chier, gone fishin' ». C'est ça l'histoire, sauf que c'est dit de façon plus gentille. C'est aussi une psychothérapie, ça m'évite de devenir fou. Quand j'y vais pas, je suis mal, ça me manque.

J'ai une chanson qui s'appelle « Fishing Day », mais j'ai pas eu le temps de l'enregistrer, j'étais pas content, mais ça va viendre, elle sera sur le prochain.

 

Le titre serait donc une sorte de bras d'honneur adressé à la société. Mais pas seulement. Il semblerait bien que pêche et musique entretiennent une réelle proximité.

 

Ce sont deux domaines qui t'apprennent l'humilité, la patience et le travail, parce que ce sont deux domaines dans lesquels tu dois posséder un minimum de technique pour t'exprimer et qui t'enseignent l'humilité, parce qu'un jour – mais ce ne sont pas malheureusement ces jours les plus fréquents –, un jour tu vas connaître une belle réussite et tu vas te dire : « Super, t'as bien réussi aujourd'hui, mon pote » et le lendemain, tu vas te ramasser la gueule, tu vas te dire : « Putain, mon pote, t'as encore du boulot ».

 
JP3 Jerome pecheur

La pêche, c'est aussi l'enfance, puisque Pietri l'a découverte pendant des vacances chez son grand-père, meunier au Trador (sur la commune de Laqueuille). Vers dix ans, comme la guitare.

 

Je fais pas clairement la différence entre les cannes et les guitares. J'ai toujours des bagnoles de merde, parce que je m'en fous, mais j'ai des belles cannes et des belles guitares. 

 

Mais sur ce sujet également, la colère l'emporte sur la nostalgie, au souvenir du ruisseau où, gamin, il pêchait des truites.

 

Quand j'y retourne, toute la nature a été détruite par ce putain de remembrement. Là, maintenant, ça ressemble à rien, la végétation qu'il y avait avant a disparu, faut aller beaucoup plus haut pour la retrouver. Et le ruisseau, c'est plus qu'une rigole polluée. Donc j'peux plus y aller, parce que j'ai envie de me bourrer la gueule jusqu'à ce que mort s'ensuive. Comme disait un mec, il aura suffi de trois générations d'ignorants avides pour détruire nos belles rivières intactes d'avant-guerre. Catastrophique...

 

Les préoccupations écologiques de certains textes ne sont donc pas de la part du chanteur une tentative d'appliquer le greenwashing au blues. Plutôt la conséquence d'un émerveillement initial. Accentué par la pêche, activité qui l'a obligé à ouvrir plus grand ses yeux.

 

Il a fallu que je découvre la faune et la flore des rivières, les invertébrés aquatiques et donc, j'ai halluciné quand j'ai découvert ça. D'ailleurs, Jean-Louis [Murat] se foutait de ma gueule, parce que quand on est partis en tournée, je découvrais ça et donc je regardais, chaque fois qu'on passait au-dessus d'un pont, il me disait : « Tu regardes si ça gobe ?» et je disais : « Eh oui ». Et quand j'ai découvert la vie qu'il pouvait y avoir dans 10 cm3 d'eau (non-polluée évidement, c'est rien de le dire), j'ai halluciné, ça m'a fait le même effet que si j'étais allé sur la planète Mars !

 

Et le chanteur de poursuivre sur une description détaillée de la vie de l'éphémère, depuis sa naissance jusqu'à sa mort...

De Laqueuille à Baltimore, la distance semble loin et l'on pourrait dès lors trouver surprenante la présence sur le disque d'une reprise de « Way Down In The Hole », morceau-générique de la série The Wire , dont il existe déjà plusieurs versions. Mais à y réfléchir à deux fois, le monde corrompu, fou et détraqué décrit sur Gone fishin' n'est pas si éloigné du Baltimore représenté par David Simon.

 

J'avais une dernière compo qu'on a jouée à la Coopé, qui s'appelle « Big Brother Boogie ». Je l'avais terminée, elle était faite, mais je voyais pas comment faire tourner ça tout seul. J'ai préféré la garder pour la faire avec les musiciens. Et je voulais qu'il y ait dix chansons, donc j'ai cherché ce cover, j'ai adoré cette putain de chanson. Je voulais faire un truc que je pouvais faire tourner tout seul. J'adore la chanson et la série, les deux. Finalement, j'ai fait une version entre celle de Steve Earle et celle de Tom Waits, en gros.

 

« Fishing day », « Big Brother Boogie », Pietri aurait donc des chansons en réserve.

 

J'ai de nouvelles chansons en train, j'en ai pas mal, j'en ai 5 ou 6 et cette fois-ci, je les ferai avec les potes musiciens, parce que j'ai envie et que ça commence à me manquer quand même. Et je retournerai enregistrer chez Erik Spanjers, parce que ça s'est tellement bien passé que là, je voudrais bien voir ce que ça donnerait en jouant en vrai, en live, avec des musiciens. Là, ça va chier des bulles. Et puis, on est très potes maintenant.

 

Et par quel moyen croyez-vous qu'un Hollandais et un Auvergnat, tous deux passionnés de blues, aient pu devenir amis ?

 

Je lui avais amené un Saint-Nectaire, il a adoré, il m'a dit « Ouaaaahhh... je vais t'amener du vieux Dutch !». Donc, les journées d'enregistrement, on s'amenait un casse-dalle au stud' (à part un soir où on a été dans un super resto, à la fin, pour fêter le truc), on casse-dallait, c'était boulot, boulot à fond. Y avait un petit coin cuisine dans son stud' et donc c'était fromage à fond. C'était Saint-nec' et vieux Dutch qu'il m'avait amené pour me faire goûter, on se faisait découvrir mutuellement nos produits laitiers, hollandais et auvergnats.

 

Saint-Nectaire... Gouda... What else ?

 

 

M.

 

 

     Gone Fishin' peut être acheté sur les sites de vente en ligne habituels. Le premier album de Jérôme Pietri, Little blues story, dont quelques extraits figurent sur soundcloud , est encore disponible via son site personnel, où l'on trouvera aussi toutes les dates de sa tournée : jéromepietri.eu

On peut également suivre l'actualité de l'artiste sur sa page Facebook : jéromepietri blues

 


     Les trois parties de ce dossier consacré à Jérôme Pietri ont été réalisées à partir d'un long entretien qu'il nous a accordé le 2 mai 2014. Le contenu de cette conversation, monté et organisé par nos soins afin de le présenter sous sa forme définitive, a été enregistré sur un dictaphone posé en évidence sur la table, au vu et au su des personnes présentes. Ce qui est bien la moindre des choses, entre gens civilisés...

 

JP3 Dictaphone 3

 

Merci Matthieu.. et on se quitte par ton montage vidéo sur Jérome:

 

En rappelant les dates de concert de Jérôme Pietri:

12 JUILLET 2014 / CHARBONNIERE LES VIEILLES (63)

19 JUILLET 2014 / MONTLUCON (03)

31 JUILLET 2014 / Juke-Joint / LE VERNET (63)

07 AOUT 2014 / Juke-Joint / LE VERNET (63)

14 AOUT 2014 / Juke-Joint / LE VERNET (63)

20 AOUT 2014 / SAINT GENEST D’OLT (12)

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

Publié le 7 Juillet 2014

 

19 titres énoncés...

 

"Murat bâtit son «Babel»

6 juillet 2014 à 19:16

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

Publié le 5 Juillet 2014

 

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                                                                        ©Philippe Mallaret(sous réserve)

 

Bon, j'ai écris "à suivre" dans mon compte-rendu du Koloko...  Histoire d'avoir un petit sentiment d'obligation de reprendre... mais là, j'avoue: pas le besoin de me forcer !  Ca me fait plaisir de ruminer, humer, ressentir cette soirée...  Alors, alors, alors,  où sont mes notes?... Euh... Et tant pis si mon rapport souffre de s'appuyer sur des souvenirs brillant d'un éclat un peu trop brillant, par effet de cristalisation...  

 

On va se concentrer sur le contenu musical cette fois. Pour le reste, c'est là...

 

 

 

 

1ere chanson: 'un peu humoristique" a-t-il dit... "la chêvre alpestre".

Murat débute seul... avec sa guitare électro-acoutisque à résonnateur.  Une petite comptine... avec des répétitions "tu ne vas pas nous faire la tête tout le lundi... le mardi"... même si je n'ai pas tout-à-fait compris cette histoire de "chêvre".  

Il s'arrête : "c'est une chanson de filles, ça".

Après un nouveau complet, il est rejoint par une très chouette trompette qui reprend l'air du refrain. On a un long pont musical pour finir...Ca n'a pas conquis tout le monde oui, mais comme je l'ai dis précédemment c'est un registre de chanson assez courant pour Murat, style Cowboy à l'âme fresh, mont sans-souci, chat noir...

 

2e chanson (les ronces): Encore une découverte... Ce n'est pas endiablé, mais un bon rythme s'installe, tant par les instruments que les paroles,  avec une sentence répétée: "nous n'irons plus au bois...les lauriers sont coupés".  Et puisqu'il n'a peur de rien,  Murat ose  encore chanter  l'expression "ma mie".  La mélodie est vraiment belle.  Sur ce titre,  c'est plutôt le violoncelle qui est à l'honneur...  .. Le titre est assez long mais loin des 10 minutes... Le public applaudit chaudement.  

 

And Murat introduce the lady... "bonjour Morgane".

là, Murat il me semble commence son sketch comme l'année dernière avec ses textes qu'il cherche dans sa liasse de feuilles scotchés ensemble (il ne faut pas que quelqu'un puisse les récupérer... comme ceux de Grand Lièvre il y a quelques années).     Puis, après avoir joué quelques notes,  s'arrête: "je ne me souviens plus si je commence"... et interroge Morgane... Il redémarre rapidement. Là, le nouveau titre "long john" est plus que classique, ça commence tout doucement... très acoustique... avant que Morgane n'entame des "ouhouhou"... et que le groupe les rejoigne. Là, encore, le violoncelle est décisif. " Dans le refrain :  "vivre vivre vivre".   Belle ballade.

 

Le 4e titre débute plus blues... par une longue intro par Murat... puis rejoint par le groupe... "une fille et un garçon allait au bal au Chambons". .. Fait divers, ça s'appelle "noyade".   Super rythme.... et choeur réussi de Morgane.  Murat fait du name dropping auvergnat et évoque plusieurs fois le chateau de Croizat. Et bien:  encore un titre prometteur... ça ne s'arrête pas!

 

Le 5e titre commence très fort:  introduction  style  "chien féroce tenu en laisse", on sait que ça va partir, que la laisse va lâcher... Trompette, violoncelle, la deuxième guitare, et encore des coeurs de Morgane Imbeaud... Ouh: mais c'est "qu'est-ce qu'au fond du coeur"... L'intro n'avait pas été à ce niveau la semaine dernière... Magnifique. La suite, j'y suis déjà habitué.. mais je suis scotché par la qualité du son...  Le refrain est vraiment percutant, et Murat ne fait pas durer le morceau trop longtemps comme la semaine dernière, ce qui est aussi bien.  Applaudissements nourris.

 

C'est là que quelqu'un annonce la victoire du Brésil... et Murat : "et merde..."

 

6e titre "chacun vendrait..." : le morceau monte en puissance doucement, juste Murat au départ, et on a droit à quelques toutes petites notes de piano... de rien du tout magnifiques. "la ville à la campagne"... Et ça monte encore...  Alexandre commence à s'agiter sur sa guitare... alors que Murat donne toute sa puissance vocale.  Le piano joue plus fort, plus de notes (c'est le violoncelliste MR. BONGIRAUD qui s'y colle).  Ah, c'est bien, avec ce piano. C'est si bien!  J'ai les poils!  Je ferme les yeux.  Ca dépote.... c'est fort, fort (en volume aussi), mais là, encore, quel son...  J'ai vraiment l'impression pour une fois d'entendre quelque chose de vraiment neuf chez Murat... Le public qui avait déjà tappé dans ses mains au cours du morceau, explose!     D'enfer...  Matthieu dit qu'il n'a pas fait un truc aussi "différent" ou "expérimental" depuis Mustango... Il s'emporte... mais il a le droit, il vient d'écouter "chacun vendrait...".   Et oui, il était là au 12e koloko.  On espère que ce titre sera au rendez-vous des rendez-vous estivaux cet été. Il le faut!

 

Titre des DELANO ORCHESTRA, le beau "Paloma". Pas facile de passer après cet avalanche... mais avec cette belle progression, dont les Delano sont  experts, notamment sur ce titre, ou Outro, qui sautera de la setliste,  c'est très réussi.  Beau succès pour eux.  Murat joue de la guitare, mais se montre discret.

 

Les Delano quittent la scène et remise du chèque par le biais de François Audigier, de la coopé, qui rappelle que tout le monde est bénévole ce soir. Le montant  est en baisse cette année... mais les pompiers partiront en Novembre pour la Mauritanie.  On est contents qu'ils puissent de nouveau orienter leur action sur l'Afrique.

 

Murat revient... "comment donner un concert sans Stéphane?"... Applaudissements chaleureux pour accueillir le gilet le plus célèbre au Sud du léman.

 

Et c'est parti sur "Loï en 14""...  Version douce, très loin des versions de "tranchées" qu'ils ont parfois livrées lors des tournées précédentes.

 

  "même la pochette est faite à Clermont-Ferrand par des clermontois, les commentaires sont faits par des clermontois". ...  et Murat de finir sur les journalistes et l'ethnocentrisme.

 

  Et Murat appelle Pascal... qui tarde à venir... Il arrive du diable vauvert... et monte sur scène de la salle.  Et illico se livre à une joute très réussie avec la guitare de Murat, avec son harmonica. Ses deux enfants juste à côté de nous sont ravies (dont la jeune chanteuse de Bako's family).  Ca doit faire la 3e année de suite qu'on a cette chanson au koloko, mais Murat et Pascal sont vraiment heureux... et improvisent de manière très réussie. On a notamment un très jolie pont musical tout calme, alors que le morceau était partie sur les chapeaux de roue... Mais ça repart encore plus fort... Cela se termine par un joli tête contre tête en guise d'accolade.  Murat arbore un immense sourire, et le public applaudit longuement.

 

Le fort alamo, ensuite, je persiste, était très bien. Effectivement, c'est très ralenti, très doux... La version avec Subway à Nulle part ailleurs est à 10 000 lieux... "je m'en fous, je m'en fous"....  La voix de Murat est aussi douce qu'à la fin des années 80, ouhouhou... et  le public se met à applaudir doucement, et j'ai l'impression qu'on va tous se mettre à chanter ou que Murat va nous le demander, mais non.

 

Petite interruption de quelques minutes pour le retour des Delano Orchestra...  Murat annonce "le col de Diane"... et fait la liste des sites auvergnats dont parle le nouvel album... et la liste est très longue.

"Faut pas y compter, faut pas y compter" doucement, ça sera le leitmotiv du titre...  Choeur de Morgane et violoncelle... C'est presque un slow... mais la batterie et les voix s'élèvent.

 

Encore de l'inédit "les frelons (d'asie)"... Un titre encore plus doux...  avec un pont musical de toute beauté qui s'élève  entre les couplets , avec le violoncelle et la trompette quand Murat termine de chanter... "dans la forêt".   Des jolies variations, qui permettent d'enlever une composition un peu banale pour Murat et des débuts des couplets  très "épurés" (basse, batterie). On aimerait que ces parties musicales s'envolent encore plus....  et c'est le cas sur la fin... Très très beau... Et on espère que le disque aura gravé ça.

 

Un "jean-louis, on t'aime"  arrive de derrière....  et ça repart direct...

 

Et c'est encore du neuf, du maxi-top neuf... puisqu'on ne dirait pas du Murat.  Une rythmique d'enfer...  un peu à la "yes sir"... presque funk.  Intro de plusieurs minutes. Sur ce truc un peu "binaire", la trompette et le violoncelle divaguent, et se chargent des ornements... C'est "le blues du cygne".  Mister Bongiraud joue aux doigts et nous fait presque du Nile Rodgers... La trompette est d'enfer...  Et c'est la séance de présentation des musiciens, avec un petit break pour chacun, sous des applaudissements déchainés.  Ca repart ensuite sur une longue partie musicale...  Le public est conquis. 

 

Et on n'a pas à applaudir très très longtemps avant le rappel. 

 

Quelques petits mots pour exoliquer "Mujabe rib"... "cela veut dire le mauvais temps arrive". Je l'ai découvert la semaine précédente, et cela devrait donc être joué tout l'été, et c'est un bon choix.  La mise en place est un peu longue, et les musiciens jouent quelques notes, quelques grincements via la batterie, pour lancer la longue introduction... On a du coup un morceau avec de belles variations... Ca s'élève.. mais là, encore, les débuts des couplets marquent une rupture de ton, vers le calme, avant que l'accompagnement ne redémarre...et que la guitare de Murat résonnante le stoppe une nouvelle fois... mais le final s'emballe tout-à-fait, Murat crie... Ca envoit... mais là, encore, après un riff, brutal atterrissage... et très réussi   La trompette a un rôle décisive dans le morceau, mais on percoit bien le violoncelle ensuite, et les deux guitares tournent à plein... 

 

Murat annonce le dernier titre "pour me faire plaisir"...  Pie passe à la basse, et Mikaelian se plie sur le siège du batteur. "le morceau qui m'a donné envie d'écrire des chansons".   "on the beach" 10 minutes... (la version de 2003 avait duré quelques minutes de plus). Bon moment.

 

Dommage qu'il nous aura manqué OUTRO (l'instrumental des THE DELANO)... et "NEIGE ET PLUIE au sancy" joué en Suisse (inédit album)... mais qui n'était pas dans la set-liste ce soir.  En suisse, on avait découvert Alexandre Rochon au banjo sur ce titre, une ballade puissante, mais sans surprise...  le titre ne m'apparait pas aussi bon que ceux qu'on a entendu à Clermont....

 

 

Cela nous fait donc 11 titres de "BABEL" dévoilés... sur 20. Les prochains concerts verront-ils Murat en dévoiler d'autres?   Pas sûr... d'autant que ce n'est que pour KOLOKO qu'il a joué autant de ses nouvelles chansons... à moins que le concert de LA ROCHELLE ne soit le prétexte de faire entendre les nouveaux titres à la presse, très présente sur le festival.... mais ce n'est qu'une supposition. En tout état de cause, entendre des titres anciens accompagnés par THE DELANO Orchestra vaut bien le voyage aussi.

 

  14 juillet 2014 / Francofolies - La Rochelle (17)
17 juillet 2014 / Festival Voix de la Méditerranée - Lodève (34)

7 août 2014 / Festi’Vaux - Vaux sur Mer (17)
9 août 2014 / Festival au Champs - Chanteix (19)

22 août 2014 / For Noise Festival - Pully-Lausanne (CH) 

 Et au manque officiel, il manque : 6 septembre à URIAGE (isère) http://www.uriage-les-bains.com/2.aspx?sr=52

 

Comme à chaque fois, espérons un succès qui obligerait à poursuivre (ou rendrait possible) l'aventure sur scène avec THE DELANO ORCHESTRA.  

 

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LE LIEN EN PLUS:

Cette semaine, on a appris le dédès d'Annick Honoré dont voici une petite bio:

http://www.hellocoton.fr/to/ThsW#http://www.konbini.com/fr/entertainment-2/annik-honore-muse-post-punk-gerante-de-label/

http://www.slate.fr/story/89385/mort-annik-honore-ian-curtis-joy-division

je me suis demandé si  en tant que fondatrice des disques du crépuscule, elle avait joué un rôle dans la signature de Marie AUDIGIER sur ce label ("ces étés", en 1993), mais Annick a quitté le label en 1984. On peut par contre indiquer que Murat et Marie ont beaucoupé aimé les PALE FOUNTAINS, vedette de ce label: "d'un seul coup je sentais quelque chose de neuf, que je pourrais aller dans cette direction. Je voyais les anglais comme des voyageurs modernes...".  

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

Publié le 2 Juillet 2014

 

Et bien, ça s'accélère sévère! 

 

Hier, Guillaume Depagne émettait un post sur fb, vite effacé disant (à peu près): "Murat président!  Quel talent!" Il me semble que le directeur de Pias parlait de génie  et de sublime!

 

 

Et ce jour,  voilà que la page facebook de Jean-Louis MURAT nous dévoile la pochette!

 

Il s'agira de "BABEL"!  Quel titre... alors qu'on évoquait "l'etnocentrisme" de l'inspiration de Murat sur cet album!  Un beau pied de nez! ET sans doute une manière de signifier que même  si ce qu'on raconte a beau être vu de  la fenêtre de son (chez-)soi, cela peut aussi conter de l'universel... De même, la photo qu'on devine la représentation d'une terre volcanique pourrait être aussi bien, noir et blanc aidant, une photo prise  sur la lune (excepté cette jolie "route de terre" serpentant)... 

 

BABEL,  SORTIE LE 13 OCTOBRE, et rappel: c'est une tour à deux étages: un double. 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...