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Publié le 4 Octobre 2018

1)  L'ami Olivier NUC nous proposait hier les 3M dans le FIGARO. Ca m'a rappelé le bon vieux temps de myspace, où je surnommais Pierrot3M...T., mais pas comme Murat, Manset et Miossec... mais Jean-Louis, Gérard... et Florent Marchet, petit padawan toujours en formation en ce jours. Olivier Nuc lui nous parle de 3 "M" comme des maitres de leur art/isanat.

Retrouvez son inter-ViOUS ET MURAT: http://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-n-6-olivier-nuc-98557463.html

                              Olivier Nuc (et Antonin Lasseur) lors de la soirée livre unplugged              (live à réécouter)

"Les 3 M de la chanson française

MUSIQUE Gérard Manset, Jean-Louis Murat et Christophe Miossec publient des albums très réussis. Et livrent les clés de leur longévité.

 

Dans la hiérarchie de la grande chanson française, Barbara, Brassens et Brel trônent au firmament. Ils sont parfois dénommés les « 3 B » de la chanson française. Leur influence - immense -, la pérennité de leur répertoire et l’empreinte que leur œuvre a laissée au cœur de la culture française sont indéniables. Depuis leur disparition, de nombreux artistes français exercent une influence importante. Le hasard du calendrier veut que Manset, Murat et Miossec publient tous les trois de nouveaux albums en cette rentrée. Ces « 3 M » incarnent une approche singulière de la chanson. S’ils ont chacun leur particularité individuelle, ils représentent une écriture exigeante et soignée, et une manière de faire sonner la musique qui doit davantage aux musiciens anglo-saxons qu’aux monstres sacrés du patrimoine hexagonal.

Singularité majuscule 

Révélé en plein Mai 68 avec le titre Animal on est mal, Manset est une figure très importante de cette scène. L’homme si discret - il ne s’est jamais produit sur scène et accepte très rarement d’être pris en photo - bâtit depuis un demi-siècle une œuvre conséquente. Fraîchement paru, l’album À bord du Blossom affirme en beauté sa singularité majuscule. À l’heure où les enregistrements sont régis par une économie de plus en plus drastique, Manset propose un album foisonnant en forme de superproduction. « Les artistes auteurs dotés d’une grande ambition d’écriture et de production sont devenus rares », explique-t-il. « Il n’y a plus que du rap, et moi j’arrive avec mon orchestre à cordes, des choristes et une ribambelle de guitaristes », s’amuse-t-il. Ce perfectionniste maniaque conserve depuis ses débuts la maîtrise totale de sa production jusqu’au moindre détail. Ces dernières années, la ­cadence de ses réalisations s’est accélérée. « J’ai gardé beaucoup de morceaux très longtemps. Avec l’âge, je vois les choses plus posément. » Roman autobiographique, recueil de photos, intégrale : Manset a été très productif depuis 2012. « J’ai conservé un côté enfantin, admiratif de quelque chose. Quand je suis au travail, je ne vois pas le temps passer, je suis chez moi, je fais ce que je veux, quand je veux. »

Héritier du précédent, Murat est une autre belle anomalie dans notre paysage musical. Très populaire à la fin des années 1980, il construit une discographie impeccable à une échelle désormais considérablement plus réduite. Après le radical Travaux sur la N89, l’Auvergnat sort aujourd’hui Il Francese, un disque plus accessible. « Il fallait absolument que je passe par la case départ afin de repartir de plus belle. Après Morituri, je ne savais pas où j’allais. Si je n’avais pas chassé les mélodies et tout ce qui ressemblait à une habitude, j’aurais arrêté définitivement », explique-t-il. Conçu avec Denis Clavaizolle, complice depuis plus de trente ans, Il Francese est un excellent cru d’un artiste très prolifique. « Je suis parti du principe que j’allais composer au piano plutôt qu’à la guitare. Enfant, je voulais prendre des cours avec la dame qui tenait l’harmonium à l’église, mais mon père, qui me destinait à devenir plombier zingueur, n’a jamais voulu », se souvient-il. Cet autodidacte ultrasensible dédie ce nouveau ­recueil à Christophe Pie, complice de longue date disparu pendant l’enregistrement de l’album. « Il a passé toute son agonie avec nous, en studio », confie-t-il.

Résistance au numérique 

Travailleur acharné, il s’apprête à repartir en tournée, dans des conditions assez rudimentaires, avec deux musiciens et deux techniciens seulement. La désaffection des programmateurs de festivals et l’émergence de productions plus rentables ont rendu la chanson plus fragile que jamais. « Il n’y a pas de truc intermédiaire entre nous et Maître Gims », dit-il.

Plus jeune des trois, Miossec fait peu ou prou le même constat. Vingt-trois ans après Boire, premier album fracassant qui avait révélé son écriture sèche et sa voix sans afféterie, le Brestois sort un de ses meilleurs albums, Les Rescapés. « À chaque disque, j’ai le sentiment de repartir à zéro, c’est agréable », avoue-t-il. Bourré de mélodies simples et directes, bénéficiant d’une réalisation intemporelle, l’album est celui sur lequel son auteur s’est le plus impliqué. Dans l’intervalle, il aura souvent délégué les décisions artistiques faute d’assurance : « Je ne fais pas assez confiance à mes goûts, alors je laissais des gens plus professionnels prendre le pas. Avec le risque de banaliser le propos. » Depuis trois albums, Miossec s’est réapproprié son outil de travail, en enregistrant chez lui et en prenant en charge les parties de guitare : « L’idée, c’est de définir une aire de jeu délimitée et de construire dessus ensuite. » À la manière du dogme de Lars von Trier, le chanteur s’est volontairement limité à un nombre d’instruments restreint cette fois. « Toutes les parties sont jouées, aucune source ne provient d’un ordinateur », dit-il fièrement. À sa manière douce, Miossec incarne lui aussi une forme de résistance au diktat du tout-numérique qui prévaut sur bon nombre de disques aujourd’hui. « C’est plutôt pas mal si les vieux se réveillent », dit-il en souriant, conscient du risque insidieux d’autocensure. « Tant qu’on peut me laisser travailler comme je veux, ça va. D’autant que je ne ­représente pas un enjeu pour la grande maison de disques à laquelle j’appartiens. Et je suis content d’être toujours là. »"

Après l'article concernant les travaux, Olivier fait une nouvelle fois le service minimum... "excellent cru" mais peu d'éléments sur le disque en lui-même.

 

2)  Et bien, je n'ai appris qu'hier Murat avait été invité vendredi du jt de 13 heures sur inter!

https://www.franceinter.fr/emissions/le-journal-de-13h/le-journal-de-13h-28-septembre-2018

(la séquence est disponible sur le bas de la page). 4 minutes, et "un Murat très en forme". By M. CULLERON.

 

Dans le Figaro et sur france inter

2)  Et bien, je n'ai appris qu'hier Murat avait été invité vendredi du jt de 13 heures sur inter!

https://www.franceinter.fr/emissions/le-journal-de-13h/le-journal-de-13h-28-septembre-2018

(la séquence est disponible sur le bas de la page). 4 minutes, et "un Murat très en forme". By M. CULLERON.

Dans le Figaro et sur france inter

 

LE LIEN EN PLUS

Comme dirait Sy!, on ne va pas rater le meilleur moment de la journée pour un lien en plus:  A LA CANTINE, vite!!

 

A plus!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

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Publié le 3 Octobre 2018

1) Bon, une petite interview pour commencer. Rien de nouveau. C'est du rapide, comme pas mal d'autres... à croire que la journée promo a été chargée et qu'il y a eu peu de temps pour chacune des interviews.
- A lire sur leur site:http://toutelaculture.com/musique/chansons/jean-louis-murat-il-faut-experimenter-de-nouvelles-voies-et-renouveler-le-format-contraignant-de-la-chanson/
 
Jean-Louis Murat : «  Il faut expérimenter de nouvelles voies et renouveler le format contraignant de la chanson »
29 septembre 2018 Par
Jean Emmanuel P.
 

Toute La Culture a interrogé Jean-Louis Murat à l’occasion de la sortie de son nouvel album « Il Francese » , qui renoue avec les mélodies envoûtantes. Rencontre avec un artiste singulier, entre poésie et exploration de nouveaux territoires.

 

La tonalité de votre nouvel album « Il Francese », sorti le 28 septembre dernier, est très différente du précédent, « Travaux sur la N89 ». Comment le situez-vous ?

L’album « Il Francese »  est une réponse au précédent, qui était beaucoup plus expérimental. Je suis revenu à une conception plus raisonnable, avec des chansons composées principalement au piano, de format plus court avec des mélodies. Les chansons comme «  Je me souviens »  et «  Rendre l’âme »  sont simples et relaxantes, de forme plus traditionnelle.

Quel est votre rapport à la chanson française ?

Je ne suis pas sûr que la forme de la chanson actuelle, un peu désuète, puisse encore porter quelque chose d’efficace dans notre vie ultramoderne du 21ème siècle. La forme d’expression chanson doit bouger, se renouveler. Ma façon à moi d’exploser les formes très contraignantes de la chanson, c’est de ne pas avoir de limitation dans l’espace et dans le temps pour que se développe l’imagination. J’aime traverser le mille feuille de l’histoire culturelle. Je me sers beaucoup de l’histoire et de la géographie et je prends appui sur des personnages un peu intemporels, comme dans cet album.

Vous êtes un artiste prolixe, qui réalise un album par an. Est-ce que cela répond à une nécessité créative ?

Oui sûrement. Je ne vois pas comment faire autrement. Un album par an, c’est un minimum. Si je pouvais, j’en ferai deux, tout en étant en tournée. Les Beatles en faisaient un tous les 9 mois. Avant, le vrai rythme c’était cela, deux albums par an. Maintenant c’est le business qui veut ça, il faudrait faire un break, mais pourquoi faudrait-ils attendre tous les trois ans pour faire 11 chansons ?

Dans l’écriture, vous avez un secret de fabrication ?

J’écris et je compose en même temps. Je n’ai pas d’idée préconçue pour une chanson. Quand j’écris « je me souviens d’une terre brulée alentour », je ne sais pas d’où cela vient. Cela me surprend moi-même. Il n’y a pas d’explication particulière, si ce n’est l’envie et le désir de faire quelque chose. J’écris dès que je n’en peux plus. Je prends la guitare, j’écris, et je relis le lendemain. Quand la chanson est terminée, je me dis après : «  Non, tu as fait ça, c’est cela que tu voulais dire » .

Que représente la scène pour vous ?

La scène quand ça marche ce sont les meilleurs moments de la vie. Sur certains concerts, si je me sens bien en voix, c’est un oubli de soi. Ces moments sur scène sont comme quand j’écris, je ne sais plus où je suis. Je vais recommencer bientôt une nouvelle tournée. Ne pas faire de scène me manque.

couverture de Il Francese, le nouvel album de Jean-Louis Murat sorti chez PIAS. L’artiste sera en concert au Café de la Danse les 10 et 11 décembre.

 
2) et un article dans le courrier de l'Ouest du 28/09
avec quelques mots sur Christophe Pie:
interview sur TOUTELACULTURE.COM et un peu de PQR, et encore des souvenirs...

LES SOUVENIRS EN PLUS

Et, oui, "je me souviens" fait écho à "je ne me souviens plus", superbe chanson également, comme beaucoup de celles de Christophe Pie. (question rituelle:  Personne pour les reprendre ou faire rééditer Sky lumina?)

Rappel:

Même si les rapports avec Christophe ont été parfois difficiles (ils fréquentaient les fans, mais en vérité les détestaient), c'est grâce à lui qu'a commencé la série des Inter-ViOUS ET MURAT.

http://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-numero-1-christophe-pie-41170983.html

Les articles suite à son décès:

http://www.surjeanlouismurat.com/2018/01/christophe-pie-2018.html

http://www.surjeanlouismurat.com/2018/01/christophe-pie-retour-en-musique.html

http://www.surjeanlouismurat.com/christophe-pie-murat-troisieme-retour-sur-carriere

 

 

interview sur TOUTELACULTURE.COM et un peu de PQR, et encore des souvenirs...

RAPPEL 2:

On se rappelle que TAORMINA était aussi dédié à un autre compagnon de route du temps de Clara: Jean-François Alos,  décédé à 50 ans.

Matthieu a tenté en mars 2015 à l'occasion de l'anniversaire de sa mort de susciter un hommage et de recueillir des témoignages, mais ça n'a pas été possible. Alors, on en profite de saluer sa mémoire, ainsi que sa soeur.

Elle m'a autorisé à publier cette photo qu'elle m'avait transmise il y a quelques années: JL sur la moto de son frère.

 

interview sur TOUTELACULTURE.COM et un peu de PQR, et encore des souvenirs...

Elle m'a racontée (je crois qu'elle a ensuite laissé également un commentaire chez Didier) que la guitare en plexiglass de Murat utilisé en 81/82 appartenait à Jean-François. Murat a fait selon elle des pieds et des mains pour qu'il la lui vende.

(crédit Guy Forgeois)

Voici encore quelques photos:

interview sur TOUTELACULTURE.COM et un peu de PQR, et encore des souvenirs...interview sur TOUTELACULTURE.COM et un peu de PQR, et encore des souvenirs...
avec Joel Rivet.

avec Joel Rivet.

 

Cette dernière photo a été piquée à Alain Bonnefont, autre membre de Clara, lui bien vivant! Alors, je n'oublie pas d'annoncer ses concerts prochains: le 12 octobre, au célèbre POULAILLER (à PIQUAT, près de la N89), et le 25/10 au Caveau de Anges, dans la blanche - ...euh- Clermont-F. Aimons-les gens vivant!

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J'étais en train de rédiger ce "lien en plus".. quand je suis tombé sur cette photo récente de l'instagram de Jean-Louis Murat (les fans aiment bien prendre ce genre de photos, et avec "Murat", les occasions sont nombreuses... alors si Murat s'y met... mais là n'est pas question)... Et bien, on y est...

La soirée diapo de 2013:

- Voilà, je ne sais jamais où la rédaction d'un article va me mener (grâce au lien en plus)... Cette fois, il nous a embarqué loin...  et tant pis si je n'avais pas le temps de ce voyage...

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

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Publié le 2 Octobre 2018

Et bien, on continue toujours dans un joyeux désordre de dérouler cette campagne promo aux aux contours napoléoniens, qui peut atteindre des sommets...  et lecteurs,  songez que du haut de ceux-ci, 37 ans de carrière vous contemplent".  Murat pourrait dire "Je gagne les batailles avec les rêves de mes soldats"... alors on compte sur vous pour l'aider (et moi aussi) en partageant  les articles.

Et en parlant de points de vue en hauteur... me voilà obligé de me tourner vers LA MONTAGNE... qui prend encore plus de recul en parlant non pas d'EMPIRE, mais DE RENAISSANCE. DE DE VINCI? ou  de celui de VENDEIX?

 

LE 30/09, une pleine page, et un Julien DODON dont on avait rarement entendu autant d'enthousiasme: 

https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand/loisirs/scene-musique/2018/09/30/il-francese-le-nouvel-album-de-jean-louis-murat-les-gens-veulent-du-different-du-nouveau-le-monde-va-tellement-vite_12999235.html

LA RENAISSANCE, PERIODE BENIE.
Pas un Murat de plus. Certainement pas. Un album qui prend au corps et au cœur. Il Francese, disponible depuis vendredi est une forme de synthèse d’une œuvre toujours en construction. Magnifique.

Plus on l’écoutera, plus il deviendra évident qu’Il Francese, le nouveau Jean-Louis Murat, est des plus réussis. Un album qui poursuit les explorations sonores et réinvite, après Travaux sur la RN89 l’opus précédent, le sens imparable de JLM pour la mélodie et la poésie. On peut affirmer, aussi, qu’il y a dans ces onze titres nouveaux, de ceux qui resteront tant ils tendent la corde de l’émotion.

Une manière de voyage qui séduira les inconditionnels, les « originels » autant que ceux (et celles) qui n’ont jamais cédé aux charmes muratiens.

Travaux sur la RN 89, votre album précédent, était une phase de déconstruction. Presque une expérience sonore. Pour quelle raison avez-vous eu besoin de passer par là ?

Il y a une espèce d’épuisement des formes. Dans l’art graphique, à la Renaissance par exemple, tous les dix ou vingt ans il y avait une révolution. Maintenant on ne fait que revisiter. En musique, écoute Bo Diddley, autre exemple (1928-2008), y a déjà tout ce qui se fait maintenant…

Déconstruire à la manière d’un peintre… Comme certains vous évoluez par époque. Vous êtes dans…

La plus belle je pense. À chaque fois que je fais un disque je me dis que je bascule dans la plus belle des périodes : la Renaissance. C’est quand même la plus réussie. Après, le mot est vachement intéressant. Renaissance… Dans un parcours de vie, tu es obligé de te remettre en question à un moment donné, et il vaut mieux être armé culturellement. Le changement passe, dans la musique, par la destructuration des choses, comme j’ai essayé de le faire avec l’album précédent, Travaux sur la RN 89 […] Les gens veulent du différent, du nouveau, le monde va tellement vite…

 

 

[…]

En tout cas ça m’a ramené à une idée beaucoup plus simple. C’est-à-dire ce que je fais n’est pas de l’art. La partie commerciale et le pourcentage de compromis est très fort. J’ai souvent fait l’erreur d’envisager cela comme une activité artistique, elle est au maximum pseudo-artistique. J’aime écrire, peindre, dessiner, je vois que dans la chanson, on ne mérite pas vraiment le label d’artiste, c’est du bricolage…

Le fameux débat art majeur/art mineur…

Oui. Oui..  je pense (silence).

Il Francese, votre nouvel album, c’est un bout de reconstruction ou est-ce autre chose ?

Ce phénomène de renaissance, c’est, pour moi, être en Italie, à Naples en l’occurrence. C’est un trip romantique de s’expatrier… J’ai écrit ce disque comme si j’étais à l’étranger. Ca m’a permis d’avoir un regard neuf. Je voudrais bien avoir un regard étranger sur ce que je fais…

C’est pour cette raison que tu empruntes de nombreuses identités ?

Je ne fais que ça en fait. Je voyage entre différentes identités, différentes époques. Ça me rend très équilibré. Je ne sais pas qui je suis… mais je suis de multiples personnages historiques, c’est pour ça que je saute du coq à l’âne, que je dis une chose et son contraire, etc...

Pour ça aussi que vous jouez l’alternance dans l’écriture…

Oui. Si je sens qu’une phrase pue le XVIIIe siècle, je balance quelque chose de contemporain et parfois vulgaire pour équilibrer.

 

 

Il Francese donne la sensation d’être en quelque sorte une synthèse de ce que tu as fait depuis plus de trente ans. Le retour de certaines mélodies notamment fait penser à cela.

C’est sûrement que l’époque impose ça. Il y a effectivement plus de mélodie(s) sur Il Francese. Parce que toutes les chansons ont été composées au piano. […] lequel propose une richesse supérieure à la guitare.

Par ailleurs, alors que tellement de choses sont en devenir, que tellement de choses disparaissent, tu as envie de revenir à quelques certitudes… Je pense que ça va trop vite. […]

En faisant tes chansons, on retrouve des interrogations de l’époque, des tentatives de réponses même si cela reste très modeste. Ça participe à la résolution de l’énigme que nous posent ces temps ultra-modernes. Ayant du mal à comprendre, j’ai plutôt tendance à penser très naturellement à Vercingétorix, à Marguerite de Valois, à Stendhal, aux campagnes napoléoniennes, à Proust. 

Julien Dodon
julien.dodon@centrefrance.com

 
 
  •  

 - Claire Chazal, fidèle au rendez-vous... Entrée libre, 28/09/2018

 

Avec la séquence pour l'instant la plus polémique (gentillette) de la promo avec Hold up (une réaction au "politiquement correct"- Manset y est allé aussi de sa chanson semble-t-il), et deux/trois phrases sur Johnny Halliday...

 - "Et foutez-moi tout ce monde là dehors!"  a dit l'autre, même s'il a neigé sur le Sancy.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

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Publié le 1 Octobre 2018

Un peu de "redites" par rapport à l'interview de radio nova, mais c'est plutôt bon signe: Murat n'est pas en pilotage automatique dans les interviews!

 

Jean-Louis Murat :

« Je louvoie, je ruse »

    PARIS

    DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

    De passage brièvement à Paris (car « Je n’y reste jamais plus de deux jours, je me sens dépossédé de moi-même si j’y reste plus longtemps », nous dit-il d’emblée), Jean-Louis Murat est venu parler de son nouvel album, Il Francese. Un disque aventureux qu’il aime défendre, contrairement au précédent pour lequel il n’avait fait aucune promotion. Murat est aussi de retour sur scène. Plutôt en forme, l’Auvergnat...

     

    On peut considérer « Il Francese » comme la suite de « Travaux sur la N89 », non ?

    Ce sera un triptyque, oui. Pour N89, je pensais dans ma bêtise provinciale que beaucoup de gens attendaient ça. Alors que ça les a énervés. Avec 5.000 exemplaires vendus, j’ai divisé mes ventes par dix.

    Parce qu’il était radical, pour ne pas dire expérimental...

    Oui, mais si tu veux continuer à faire le métier que tu aimes, t’es obligé de faire des pas de côté, de louvoyer. Je suis comme un loup dans ce monde. Je louvoie sans cesse pour ne pas être repéré. Quand je regarde ma discographie, je regrette de ne pas avoir pris assez de risques.

    Ce qui ne vous empêche pas de persévérer avec un disque une nouvelle fois très audacieux réalisé avec Denis Clavaizolle...

    C’est du 50-50 avec Denis. Ça fait plus de trente ans qu’on bosse ensemble. J’aurais du mal à définir notre collaboration. Je ne lui donne aucune directive. On ne se parle jamais. On avance sans explications comme deux cantonniers creusant une tranchée.

    Et sur scène ?

    Ce sera on ne peut plus simple : guitare, basse, batterie, en trio. A la John Lee Hooker. Une stricte rigueur qu’avaient certains bluesmen...

     

    Quitte à mêler ici Memphis avec Naples...

    J’ai toujours aimé mélanger et naviguer dans toutes les strates de la culture française et de ce que je connais. Entre John Lee Hooker, Naples, Marguerite de Valois, Vercingétorix... J’abolis un peu les époques.

    « Ciné Vox », est-ce le cinéma de votre enfance ?

    Tout à fait. Ce cinéma existe encore à La Bourboule, je voulais y enregistrer, mais il est trop déglingué. C’est une chanson sur mes premiers émois, en douce, avec l’argent de la messe, quand j’allais voir des films, au fond de la salle. J’y pleurais, j’y étais pétrifié de peur, je me suis souvenu de tout ça dans la chanson. C’est là que j’ai vu Silvana Mangano la première fois. J’y ai vu Autant en emporte le vent, Tant qu’il y aura des hommes, des westerns, tout ça. Toujours tout seul. J’en parlais à personne. Je me glissais dans une autre vie.

    La musique est arrivée après ?

    Non, très tôt aussi. Ma grand-mère, qui m’a en partie élevé, aurait voulu être chanteuse. Elle avait une voix admirable et inventait des chansons toute la journée en gardant les vaches. Je m’en suis rendu compte plus tard. Et sentimental, je me disais qu’un jour je devrais venger « marraine » en devenant chanteur. J’ai toujours écrit des chansons. Ça m’a toujours plu car c’était de la poésie chantée pour moi. Et après, j’ai découvert le rock et j’ai voulu être américain. Ado, je disais ça aux filles : « Je m’en vais. » On m’a après proposé de partir mais je me suis dégonflé. La vie fait que tu as d’autres priorités. Très tôt, j’ai eu des responsabilités familiales...

    Après toutes ces années, n’avez-vous jamais été fatigué de faire ce métier ?

    Non. Ce qui prime chez moi, c’est le rapport à l’écriture. J’écris tous les jours. Et j’ai toujours eu la prudence de jamais trop réfléchir au processus. Pas folle, la guêpe ! Je ne veux pas tuer ce nerf. C’est mystérieux, plus fort que moi. C’est une pulsion, une envie. Après, t’en fais ton job et tu ne peux plus t’en passer. C’est une drogue. Sans itinéraire préétabli. J’y vais au feeling... Je me laisse porter, j’aime chanter, j’aime être sur scène, j’aime surtout jouer de la guitare.

    Tout en restant incomparable, depuis plus de trente ans. Voyez-vous des gens vous suivre ?

    Non, je n’ai pas la patience d’observer ce qui se passe. En voiture, ça amuse beaucoup les enfants, ça, je n’aime pas être précédé et je n’aime pas qu’on me suive. Du coup, je roule de nuit. Je louvoie, je ruse, je change de direction... C’était déjà comme ça à l’école. Ma mère dit : « Il y a des caractères comme ça. »

    Et donc, vous aimez Marguerite de Valois, la reine Margot, à qui vous consacrez une chanson...

    En Auvergne, on n’a jamais eu de reine mais Marguerite de Valois est restée tellement longtemps, une fois répudiée, qu’elle est encore très populaire chez nous. Moi, j’ai été élevé dans le culte de la reine Margot. Elle traversait l’Auvergne à dos de chameau, la classe ! Le délire, c’est de se dire que je descends peut-être de la reine Margot et de Geronimo.

    Dans vos disques, vous avez toujours mêlé la chanson française au rock américain...

    C’est une sorte de deuxième vie ou de double identité. On est très anglo-saxons finalement. On participe à fond à un phénomène de colonisation absolue. J’aimais les cow-boys, maintenant je préfère les Indiens. Je suis un pur produit de cette colonisation. J’ai passé mon temps à enregistrer des chansons pour trouver un entre-deux. Entre le meilleur de ce que j’ai en français et le meilleur du blues, du rock... Je n’ai jamais aimé la chanson française pure, ni même le mot chanson. Brel, Brassens, Piaf... Ça ne m’a jamais inspiré. Je peux le dire aujourd’hui sans faire le mariole : tu me mets une minute de Piaf, je sors. Je ne peux pas...

    Comme dans « Gazoline » où John Lee Hooker croise Kendrick Lamar...

    J’ai rencontré John Lee Hooker à Clermont-Ferrand, je devais avoir 14 ans. J’ai porté sa guitare, je l’ai aidé à ranger le matos, je suis allé au resto avec lui. Ça m’a beaucoup marqué. Je le voyais comme mon grand-père, comme un vieil Indien. S’il y a JL Murat sur la pochette, c’est à cause de lui. C’est un souvenir fondateur. J’avais un prof d’anglais élevé dans le sud des Etats-Unis qui connaissait tout ce monde-là et qui m’emmenait avec lui aux concerts. Je les ai tous vus : T-Bone Walker, Memphis Slim... A la maison, les enfants ont 11 et 14 ans, ils sont très musique mais me disent : « T’écoutes encore ta musique du Moyen Age ? » Aujourd’hui, je ne sais pas, trop de choses sortent, je n’écoute plus. A part Frank Ocean et Kendrick Lamar, oui. Frank Ocean, je ne passe pas une journée sans l’écouter, il est intemporel et Kendrick Lamar, c’est Dylan pour moi... Je l’aime comme Marvin Gaye ou Robert Wyatt...

    THIERRY COLJON

    Jean-Louis Murat sera le 12 décembre au Reflektor et le 13 au Botanique.

    La chronique:

    « Il Francese »

    Il y a moins d’un an, Jean-Louis Murat créait la surprise avec un Travaux sur la N89 très électro. Il Francese, son 18e album depuis 1984, en est le prolongement. Toujours aussi électro, les beats se mariant parfaitement à la gratte électrique, toujours aussi expérimental, toujours avec la complicité vocale de Morgane Imbeaud (en duo sur « Hold-up », le premier single qui est un bel effort pour passer en radio... pour une fois !), Il Francese nous emporte au cœur des passions du chanteur qui se révèle ici plus que jamais. Avec des textes ciselés et des arrangements audacieux. L’artisan Peau-Rouge connaît son métier et on le suit tout ouïe !

    Et un autre encart:

    Le Français, en italien. Il Francese. C’est ainsi que Murat l’Auvergnat intitule son nouvel album. Voici pourquoi : « Cela fait plus de trente ans que je vais en Italie. Je suis un familier de Naples. C’est toujours des discussions avec la famille car j’aimerais bien m’y installer. Les enfants ne veulent pas bouger mais je n’ai pas dit mon dernier mot. J’aimerais les habituer à la vie napolitaine. Ce qui me plaît là-bas, c’est la vie dans les quartiers populaires, la mentalité, la rigolade, la franchise... »

    Jean-Louis n’a à sa connaissance aucune origine italienne : « Non, je crois qu’on est tous désespérément auvergnats. Je n’ai qu’un grand-père maternel qui était de l’assistance publique et ressemblait furieusement à un manouche. Il était noir comme le charbon. Je n’ai jamais su d’où il venait et lui non plus d’ailleurs. Il a apporté beaucoup d’irrationnel dans la famille. Il a absolument voulu s’intégrer en ayant la peau claire. D’ailleurs, il n’a pas voulu reconnaître ma mère à sa naissance car il trouvait qu’elle avait la peau trop foncée à son goût. Je ne sais pas de quel traumatisme il avait souffert. » L’Italie, c’est aussi l’émoi adolescent en voyant Silvana Mangano au Ciné Vox de son village. Ce qui a donné les chansons « Ciné Vox » et « Silvana » : « Elle était splendide dans tous ses films. Avec Pasolini, Visconti, De Sica... Elle était toujours admirable. C’était une Romaine mais dans L’or de Naples, elle était sensationnelle. On a beaucoup parlé de l’âge d’or du cinéma italien mais on devrait dire européen. Les historiens, s’ils veulent une définition de l’Europe, devraient se pencher sur ces comédies sociales des années 50, notamment italiennes. »

     

    LE MORT EN PLUS

     

    Évidemment, ce soir, me voilà obligé, "breaking news" contraint, de vous parler du drame que la France entière, voire le monde entier, est en train de vivre... Je veux parler du  décès de Marianne Mako, pionnière du journaliste sportif au féminin. L'émoi est tel que le site de l'équipe est inaccessible ce soir. Je vous renvoie ainsi vers RMC

    ET j'apprends via Facebook... qu'elle était une grande fan de Jean-Louis.Condoléances à sa famille.

    LE GRAND CHARLES EN MOINS

    C'était une des victimes des saillies de Murat (en concert). La faute à une rencontre malheureuse:

    Serge N°7 http://www.surjeanlouismurat.com/article-interview-de-serge-90178293.html

     

     

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    Rédigé par Pierrot

    Publié dans #il francese

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    Publié le 1 Octobre 2018

     

    "A LA DERIVE"

    http://www.nova.fr/radionova/podcast-a-la-derive

    A écouter absolument:

    https://podcast.nova.fr/sites/default/files/podcast-episode/2018-09/ALD_20180930.mp3

    On sort, on robinsonne partout, on bat le pavé avec un artiste. Là où il choisit d’aller, nous irons. Aurélie Sfez déambule en bonne compagnie, dans les rues et le labyrinthe intime de ses invités. Une balade radiophonique, toujours en marche, avec un artiste qui guide les pas des auditeurs de Nova sur les lieux qu’il chérit et les territoires qui l’inspirent.

    Aujourd'hui, on part à la dérive en Auvergne, entre La Bourboule et les volcans, l’église, le petit théâtre et l’ancien cinéma. Aujourd’hui, Aurélie Sfez rencontre Jean-Louis Murat

     

    Très très belle ballade dans LA BOURBOULE, avec les thermes, la maison Rozier, passage à l'église, au bord de la Dordogne, à l'école, à la mairie, au théâtre, le parc fenestre... et passage à la maison...et "Chez Emile" (en voiture!). Des beaux et bons moments de confidence, d'intimité et de sincérité dont j'avais besoin (même si on pourra toujours dénicher quelques contradictions), et une bien belle bande-son.

    Quelques notes pris au vol:

    - La nature: "on vidait le Vendeix avec mon ami Le Gaulois",  "maintenant que je suis un grand garçon, et je me rends compte de ça, cette ombre, cette température,  cette couleur, tout, c'est comme si j'étais à l'intérieur de moi. Je pourrais mourir ici, par exemple, je serais entouré ce qui est essentiel". Puis à la fin de l'émission, "le coup de foudre" pour l'endroit où il a choisi d'habiter, et l'évocation de son nomadisme (à travers les siècles"). Le cliché du chanteur auvergnat, de terroir? "c'est des conneries tout ça,ce n'est pas parce que je chante ce qui est autour de moi, non,non, c'est l'enfer d'être de quelque part, vraiment dans mon fort intérieur, je ne me sens pas du tout d'ici".
     

     

    - Le refus d'avoir une arme, ça serait trop dangereux "du fait de mon système nerveux détraqué" (et de raconter une fois où il aurait pu trucider quelqu'un qui n'a vu son salut qu'au fait de s'être mis à genoux).

    - Dans l'église, le rapport au sacré et à l'église... sans mention à Loï Bergheaud.

    - L'amour de sa bibliothèque

    - Les sorties au cinéma, le cinéma Vox

    - "mon père, fallait être sexuel, chez moi, ça sentait le foutre tout le temps"...et puis, "une légende familiale, papa n'a jamais pu voir "sur la route de Madison" jusqu'à a fin: il chialait de suite".

    -  Le passage devant l'école, "j'ai compris très tôt qu'il fallait être bon à l'école"

    -  Rencontre avec le prof de tennis du fiston, les deux enfants qui ne se sont jamais mis à la musique... "ça m'arrange".

    -  Le pari raté de boire 51 "51"... arrêté à 25...

    - Murat qui a couru encore 1h30 le matin même.

    - Ah, ah, Il indique qu'il demande des petits salles pour ses tournées (souvent, il s'en plaint, non?). "je ne m'appartiens plus sur scène".

    - S'il fallait tout refaire, "je choisis d'être prof". Je préférerais."J'ai fait ça pour ma grand-mère, ma mère". Et de raconter les critiques de sa mère.

    - la journée type: lever 6h30, déposer les enfants à l'école, courir, lire les journaux, et se mettre au travail. "Être productif". 6 ou 7 projets au même moment sur ses cahiers.

    - Passage sur l'armée:  "j'ai horreur de la promiscuité",  - et le groupe? "oui, mais j'étais le chef!".

    - Le premier rapport sexuel dans le parc, sous un séquoia qui n'a hélas pas survécu... avec une monitrice-infirmière... "le mont-sans-souci". Le souvenir des retours d'école dans les feuilles mortes.

    - Le traumatisme d'avoir été traité de "bouseux" à l'école,

    - Evocation des copains de PLEXIGLASS, vrais punks ("moi, j'écoutais les BeeGees").... "ils sont tous morts" (C. Pie en a fait partie). "La drogue, j'étais entouré".. "mais j'ai toujours été diététique et sport" (la diététique du paracetamol?)

    -  Séquence clash sur Nicolas Hulot... et sur les autres ministres de l'écologie.Et confirmation qu'il ne va pas voter.

    - Chez Emile "c'est encore plus chez moi", tout semble est resté dans son jus, même s'il a amené beaucoup de matos.

    - Et voilà même deux extraits d inédit... "Plutôt faire quelque chose plutôt que rien"

     

    "voilà ma vie"... dit-il en fin.

     

    LE LIEN EN PLUS

     

    Mon reportage photo de l'été 2016:

    http://www.surjeanlouismurat.com/2017/03/cliches-n-ete-2016-au-sancy.html

     

    L'ARCHIVE EN PLUS

    Le rock à La Bourboule en 78 par M.

    http://www.surjeanlouismurat.com/clara-concert-murat-festival-bourboule-1978

     

     

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    Rédigé par Pierrot

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