Publié le 25 Novembre 2019

Pour ne retenir que l’arrière goût (dû à la durée?) : l’autre soir à Villefontaine, dans ce Nord-Isère encore en alerte sécheresse, Murat avait pioché, pioché, sans vile visée (mais peut-être une Bill Withers visée*), mais n’avait pas trouvé la source ou du moins rarement : morte fontaine saturée, et des grands torrents qui font flaques et eau plate. Le chanteur des Puys était muni pourtant de 12 cordes pour aller au puit… Superfétat-b-oire pour élever son sceau au niveau qui doit être le sien? On était reparti la soif non épanchée, et pour certains en toussant d’une fausse route.

                                                                  *on était plus dans le Rythm and blues que la « soul »

Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise ? Tant pis, je remettais ça, peu inquiet de boire la tasse et de vivre avenue de Lénine une petite Bérézina. (c’était pas si catastrophique que ça l'autre soir non plus faut dire, et même plus à mon goût que la tournée précédente peut-être).

A Fontaine, au lieu dit la Source, en choisissant la ligne claire, tout est devenu plus limpide, les petits ruisseaux font les grandes rivières. Sans qu’il emplisse notre tasse d’amplifications, nous avons sans à coup à l’acoustique, bu du petit lait lé de lé lé. Dans l'eau oxygénée, nous avons pu frayé.   Et pour autant, le goût, la saveur et la vivacité était dans ce saint-graal. Pas de renoncement à l’énergie ! Et pour la réussite de la soirée, tous les ingrédients étaient là, notamment un public sans doute déjà conquis.. et pour autant chaleureux ! Un ou deux animateurs qui crient de manière supportable, des claps pendant quelques chansons (pas facile de le faire sur du Murat, c’est le problème)… et même le chanteur qui finit par nous proposer de soutenir nos choristes sur les « ouh ouh ouh » de Hold up (cf mon dernier compte-rendu).  

Finalement, non, ce n’était pas aqueux ce qu’on nous a délivré, de la force d’une bonne goutte, avec la part des anges qui était encore dans l’air.

A part ça, il n’a bien sur pas chanté Dordogne, l’eau de la rivière, Le pont Mirabeau, Morte fontaine… mais ça, on s’en doutait.

Allez, fini les jeux d’m’eau, c’est le moment de reprendre mon compte-rendu classique au fil de l’eau.

 

Du coup, je vous passe les détails « en amont », la traversée de l’isère et les travaux grenoblois ! J’étais en retard et la première partie avait débuté quand j’arrivais… et je n’ai pas voulu en « profiter », d’autant plus que ça envoyait semble-t-il :  autant avoir les oreilles nettes pour JL.

Une fois n’est pas coutume, c’est Isa qui gardait ma place. Excentrée, par rapport au chanteur (à une quinzaine de mètres) et aussi par rapport aux baffes,  j’ai eu un peu peur aux premières notes d’être laissé sur le côté… mais ça n’a pas duré longtemps. A Villefontaine, j’avais indiqué que j’ai trouvé désagréable d’avoir le visage de Murat souvent dans l’ombre, ce jeudi, pas de soucis : le profil était en pleine lumière. Les 3 colonnes supportant des projecteurs en fond de scène ont disparu au profit de petites barres (déjà vues sur une tournée précédente)… Ceci explique peut-être cela mais je pense que c’est surtout plus facile à transporter pour une équipe réduite se contentant d’une camionnette.

 

« Merci »… et c’est parti… Bonne intro d’un peu plus d’une minute trente, et j’entends une guitare pour une fois presque « acoustique », avec la voix qui prend sa place. Kids, « i’ve got a message for you »… Sur la fin, on a tout de même une belle partie de guitare, nerveuse et funky. 4 minutes 30 pour une entrée réussie.

« merccii »

 

Batterie, tam tam un rien amérindien, rythme ! Ah, tiens, c’est vrai qu’il est question de Géronimo dans GAZOLINE… le Rollin, rollin… et toujours ce rythme (bien plus tendu que la version « innamorato »… et qui accélère… « ooouuuh » ! Une belle énergie, mais toujours avec un son de guitare sobre (autant que puisse l’être la 12 cordes), qui laisse la section rythmique faire son job, tempo, tonalité, tructure, pas besoin de plus, et l’interprète qui va avec… On retrouve des intonations du jeune Bergheaud/Murat (78/82), mais sans excès, il maîtrise. 5 minutes.

 

« merci... merci ».

 

Voilà « les voyageurs perdus ». Il a pris l’harmonica… ouh… ça s’est bon. Chant au bout d’une minute quinze sur un rythme doux, avec la voix toujours bien en avant. Je réclamais de « la chanson » oui, laissons la chance à la chanson, et là, elle est bien là… Petit break toujours avec l’harmonica… « couplet » et ça repart pour finir sur un dernier petit pont pour laisser filer l’eau claire… Simple et efficace, comme une chanson de « Tristan » ou  de « Vénus »… D’ailleurs, un moment donné, j’ai l’impression de le voir, tenant son micro, comme au coeur de « Mlle Personne ».

 

On repart sur un tempo de batterie plus soutenu, mais doux, la guitare l’affiche ainsi aussi. « lot et garonne ». Pas de longues intros rock ce soir! J’aime pourtant assez ça mais on s’en passe très bien. « hi han, oui han» (je garderai cet air dans la tête durant deux jours). Le public tente quelques claps sur l’envolée finale… après qu’un spectateur ait exprimé sa joie. C’est court : 4 minutes… mais on est à l’essentiel, et on a des beaux ornements tout de même.

 

« merci beaucoup ».

 

Et voilà « over and over ». Tout cela est chanté de manière assez semblable à Villefontaine, mais la guitare est bien différente, et le son de Villefontaine ne correspondait pas forcement au mieux à cette ballade sucrée. La pureté n’est pas forcement ce qu’il y a de mieux dans beaucoup de domaine, mais ce soir, je l’apprécie. Sans traficotage. Ça se traduit aussi en terme de durée : c’est court, mais précis.

 

 

Chac chac chac… Je lance les clacs sur l’intro de « Autant en faire quelque chose » débutée par la section rythmique de rêve, une trentaine de secondes avant que la guitare toujours « acoustique » de Jean-Louis livre une belle partie. Au bout d’une grosse minute, le chant débute. « autant en faire quelque chose, autant en faire quelque chose, plutôt que rien plutôt que rien plutôt que rien» sur le deuxième refrain… « ouuhhh », super bon ! La voix est bien avant. Le public y va aussi de ses claps et de quelques « ouhh »… Fantastique. Même pas 5 minutes non plus cette chanson, mais voilà, on n’en demande pas plus, c’est parfait.

« Merci beaucoup »

 

Là, ça débute juste à la guitare « sèche »… puis quand le rythme arrive, Murat y ajoute quelques notes de sifflet… C’est « achtung ». Beaucoup de place à la ligne de basse. Une bonne partie de la chanson est plutôt calme, et Murat se livre à diverses variations de chant soutenu par quelques chœurs, puis il y a encore une grande envolée, avec un vrai plaisir à entendre ce son de guitare-là, même quand Jean-Louis accélère au maximum le mouvement des mains comme dans ce final. Une réussite qui a été poussée sur 6 minutes cette fois.

 

 

« merci ».

Petite pause… un « ça va ? » monte du public… mais Jean-Louis est tourné vers ses musiciens.

Stéphane commence puis s’interrompt. « il faut qu’ils se mettent d’accord » « Quand vous voulez les gars... »

Quelques secondes encore… Murat rajoute quelques mots que je n’entends pas, et quand les deux musiciens se lancent enfin, il y va d’un « ahhh ! »…

 

Murat a profité de la pause pour appuyer sur les pédales de sa guitare. Et c’est bien venu, ça apporte un petit changement. On retrouve donc une guitare plus électrique dans une longue intro jazzy (2 minutes), « ciné vox ». C’est assez proche de la version de la semaine dernière, et on n’a pas s’en plaindre.

 

 

« Merci beaucoup. Bon, à vous les gars! Et si vous voulez les aider, vous pouvez, allez-y... »… Ca sera donc « Hold up »… et les « ouh ouh ouh » des deux acolytes. Les claps débutent… je n’entends pas si d’autres à part moi, reprennent les chœurs… mais ça s’agite bien.

 

« Merci, merci beaucoup»

 

Et on enchaîne rapidement sur « Tel est pris »… La version est moins endiablée qu’à Valence, mais tout de même jouée un peu plus rapide que la version studio. La guitare est restée sur le mode « ronflante »… Les breaks musicaux sont une réussite, dont un avec harmonica, et le final où Murat le remplace par sa voix et un léger scat voyellisé.

 

"Ca commence à faire beaucoup, il serait temps de vous présenter mes camarades, Stéphane à la batterie… Fred à la basse"

Après quelques notes de guitare, la remarque "classique" :

« Y en a un de Genève, l’autre de Thonon alors… On est entouré d’helvètes… Ah, bein, tiens une chanson d’helvètes ».

 

Ça sera donc « il neige ». Pour l’intro, la guitare est toujours bien amplifiée, mais pas avec la saturation de Valence et Villefontaine, puis elle se fait plus claire. Là, pour le coup, sur cette chanson atmosphérique, la guitare saturait participait à l’ambiancer de manière inquiétante. Ici, la voix est en avant, et l’interprète est à l’honneur… Et il s’en sort bien. Le public applaudit chaleureusement.

 

Et on est parti sur le voodoo… La guitare est revenue à un son acoustique. Pas de camouflage sur le texte qui en est plein. Comme à Villefontaine, le morceau ralentit, ralentit… puis repart sur des accélérations. Là, le morceau s’installe bien sur 7 minutes, et le final est très réussi.

 

C’est les salut… « Stéphane !!! » que JL refait applaudir.

 

Le public crie… même s’il ne s’est pas mis debout…. J’essaye de lancer le mouvement… On n’attend pas trop longtemps… et les voilà de retour.

 

Et vlan… ouh, sur les chapeaux de roue, avec une guitare qui a pris la vitamine funky et de la saturation, « french lynx », avec des claps du public (très désorganisés…). Petite intro nerveuse, avec un joli solo. « est-ce que tu connais le lynx, est-ce que tu connais ? »… Je ne sais pas si d’autres personnes reprennent le refrain… mais moi oui, Murat semble nous y inciter. Le public est conquis. Rien à voir avec le public d’abonnés de la semaine dernière.

 

Et voilà un son lourd de guitare qui reprend la mélodie de « Je me souviens ». Il est rejoint par les camarades… sur une longue intro, et pour le coup, j’ai l’impression d’entendre « like a hurricane »… ou presque. Je me plaignais la semaine dernière que Murat semblait viser cela sans atteindre l’objectif… là, c’est totalement rempli. Après une première partie d’intro très guitare, une petite rupture où j’en profite pour lancer des applaudissements, et Murat a pris son harmonica… et repart sur une 2e partie d’intro… 3 minutes et le chant se lance, toujours sur le même rythme… et l’harmonica reste présent tout du long. J’en ai vraiment des frissons, et une vraie émotion… avant d’être un peu sorti de la chanson par deux « cons »… qui discutent debout de l’autre côté de la travée. Isa et moi les regardons méchamment. Après 8 minutes,

« merci bonsoir, merci bonsoir, Stéphane à la batterie, Fred,  merci d’être venu (en chantant)... »

Et JL repart sur la chanson sous les applaudissements pour une petit temps additionnel d'une minute.

«  on vous embrasse, bonsoir, bonne nuit, mercciiiiiiii » sur les notes finales.

 

1h26… Le public applaudit fort… mais la lumière revient. Je découvrirai cette durée après, car, perso, je n’ai pas conscience du temps qui s’est déroulé...et j’ai eu ma dose, même si bien-sûr, j’aurais bien pris une version du jaguar ou un inédit dans les oreilles.

 

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J'essaye toujours d'être mesuré dans mes propos, et surtout de ne pas porter un jugement définitif: je donne juste des impressions, des souvenirs, parfois cristallisés, et je ne suis pas sûr toujours d'être d'accord avec moi, d'autant que je n'ai aucune qualification musicale. Je ne sais pas toujours pourquoi j'apprécie plus ou parfois moins un concert, et je pense que c'est aussi lié à des contextes personnels, cerveau disponible, fatigue  (et pour ce soir, c'était pas gagné du tout de ce côté là), aussi à l'ambiance de la salle (quelles bonnes ondes à Fontaine!).  J'écoute aussi à droite ou à gauche ce qui s'exprime pour le rapporter. Et à Grenoble, les avis étaient pour une fois assez unanimes. Encore quelques personnes pour se plaindre du son et de la voix pas assez en avant de Jean-Louis, mais  je ne trouve pas cela justifié du tout ce soir.  La prestation était rock, la guitare 12 cordes prend une place importante, mais on percevait très bien la voix et les mots... C'est toujours le fidèle Fifi qui  est présent à la console et applique les consignes du chef.  Ce que l'on entend, c'est ce que veut Murat, son choix.  A Villefontaine, il l'avait joué Rythm and blues, allant dans des registres délicats pour lui. A Fontaine, il a joué "à domicile", dans la zone qu'il maîtrise... autant que faire ce peut. Car il faut quand même souligner qu'il s'est mis aussi un peu danger sur cette tournée avec cette guitare 12 cordes, pas si tout terrain que sa telecaster...  Et ce soir, j'ai eu l'impression qu'il en a vraiment utilisé toutes les possibilités, sans pour autant que ça passe devant l'interprète.  En tout cas, un de mes meilleurs concerts de Murat depuis un petit moment...

 

LE LIEN EN PLUS

Stéphane DUCHENE et son petit article rituel quand Murat est grenoblois (avant le concert):

http://www.petit-bulletin.fr/grenoble/musique-soirees-article-66092-Jean-Louis+Murat+++Stakhanov+a+la+Bourboule.html

 


 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

Publié le 18 Novembre 2019

Bon, c'est dimanche, c'est temps  de se mettre à son compte-rendu, surtout qu'un autre est en approche jeudi...  Je cherche vaguement comment je pourrais être original, mais ça ne sera pas pour cette fois-ci. Pour retrouver de l'originalité, je vous propose donc relire celui d'ANNEMASSE en 2013 (mince, ça fait déjà un bail), ou le reportage du regretté  Fred Plainelle pour St-Jean de Vedas. C'était également en 2013. Après tout, on s'approche des 10 ans du blog... faut capitaliser sur les "vieilleries"...

Alors, alors, replongeons-nous dans mercredi.

Concentration. Bien assis. Tête libérée, Silence. Fermage des yeux. Mercredi. Mercredi. Je me suis levé.... enfin, je crois. Toujours le même geste. D'abord, La chaussette gauche. Toujours. Une gorgée de volvic, avec la tartine de st-nectaire trempée dans le café... et ça nous a amené jusqu'au soir. L'hiver qu'on dit précoce, mais qui n'est juste pas en retard pour une fois. Je ne suis pas trop à l'avance,  une petite queue dans le foyer pour prendre les meilleures places, et pas de têtes connues, à part Isabelle P., fan "récente" et active sur les réseaux... et quelques têtes connues de ma vraie vie. "oui, oui, j'aime bien Murat, enfin, comme ça, en passant" (je suis blogueur incognito Pierrot d'innamorato).

Il reste quelques places au premier rang, aux 6e,7e, mais je choisis de m'expatrier un peu en hauteur pour une fois, en espérant que ça me permette d'élever le niveau de ce blog, il reste tout de même une dizaine de rangées derrière qui ne seront pas tout-à-fait remplies, mais presque. Le concert avait l'objet d'une offre commerciale groupée avec le concert de Nouvelle Vague aux Abattoirs à Bourgoin. Ce dernier ayant été joué devant 50 personnes, je craignais un peu le manque d'affluence... mais ce n'est pas le cas, même si les camarades lyonnais ne se sont pas déplacés (enfin, je n'en remarque pas... sauf la famille de Jean-Louis dont ses deux petites filles. On a donc je pense une bonne partie d'habitués et d'abonnés... dont 4 ou 5 qui vont s'éclipser en cours de concert.

Le théâtre dans cette "ville nouvelle", comme on les appelait dans le temps, est un équipement moderne...  modeste dans ses abords (foyer), mais on se gare sans difficulté vu qu'il est situé dans une zone d'activité, concession Dacia et supermarché netto. Environnement  idéal:  dans ce décors-ci, forcement, y'a comme  une petite envie naturelle d'écouter du Murat.

 

20h35 ça commence direct, pas de première partie mon quiqui.

"bonsoir", Murat est déjà en teeshirt, même si ce n'est pas la grande chaleur. Pas de surprise, le trio est là, et la 12 cordes aussi.

Et ça part fort et rythmé. Comme à Valence, difficile de reconnaître le morceau qui sera joué... mais ça sera  bien "kids", au son d'une guitare au son très saturé. Il n'y aura pas d'histoire de "pédales" et de matos ce soir, tout ça est réglé... du coup, on perd une occasion de l'entendre parler.

Murat semble en forme, et prendre le concert pas le bon bout: le final s'étire un peu, il s'amuse avec la voix sur un solo de  guitare.

On part sur les bases habituelles: c'est "gazoline", avec harmonica qui apporte un peu de douceur devant le tempo  implacable et la saturation de la guitare. Quand le chant commence, tout est plus doux... mais au refrain, accélération... beaucoup de place à un pont musical... avant que Murat pousse la voix... Ça monte, ça monte. Murat fait le "loup". "ça c'est rollin, ça c'est rollin", Murat s'amuse à chanter le groove... Encore un long pont musical avec harmonica cette fois pour conclure. Le même esprit qu'à Valence, mais des différences, avec Murat qui laisse plus de place à la guitare et qui utilise l'harmonica. Le public est calme durant les morceaux, mais applaudit chaleureusement.

Respect de set liste: les voyageurs perdus.  Murat a posé l'harmonica, mais nous sifflera quelques notes sur une chanson livrée sur un rythme ultra-rapide. Murat pousse la voix vers l’aiguë jusqu'à la limite de la justesse. C'est rock, bien enlevé... mais l'impression d'un manque de chaleur et d'émotions survient.  Il y a un peu de lightshow ce soir, avec notamment deux rampes verticales en fond de scène, mais Jean-Louis est éclairé par dessus et derrière, le visage souvent sous des ombres, et avec les yeux fermés, c'est peut-être un peu désagréable pour le spectateur qui souhaite se "connecter" avec l'interprète.

On repart sur une longue intro qui nous amène en une minute quarante aux premiers mots de "Tarn et Garonne".  Le son de guitare est puissant et rempli l'espace. Je pense que malgré ça, on peut bien percevoir la voix et le texte, mieux qu'à valence... même si une non initiée m'exprimera ce reproche après le concert. Faut dire que le théâtre promettait une voix "suave et mélancolique" au service d'un "art des mots"...  Ce soir, ça sera donc surtout "son sens mélodique"... et une énergie rock... Dans le texte de présentation, il était aussi indiqué  des titres "plus libres que jamais"... et c'est surtout ça qui est en œuvre, de  "la liberté".

"over and over": toujours une très longue intro... assez douce... avec un Murat qui part en impro guitaristique assez loin... si bien qu'il y a un moment de silence avant qu'il ne se mette à chanter et qu'on reparte sur une version plus sage. C'est propre, et Murat chante assez bien, forçant l'accent sur "over and over". Le morceau est bien étiré (plus du double de la version Edit mais un peu moins qu'à Valence.

Toujours pas de surprise de setliste: autant en faire quelque chose. Une minute d'intro... Bon, y a pas de souci, ça passe bien. Sur les chapeaux de roue. Hymne rock... et nous on est assis...

Jean-Louis présente les musiciens, ses camarades. "ah, ça marche toujours bien pour Stéphane", "toi, Fred, ça sera moins...".

IL se rapproche de ce dernier, regarde sur la setliste qui est près du bassiste...et dit : "ah, tiens, on peut faire ça"...  Ça sera "hold up"! Et Murat vient de sauter "tel est pris" et "cinévox". 

Ça commence avec les choeurs, et jean-Louis dit "c'est joli quand même"... Je chantonne un peu... Il suffirait d' un peu d'encouragement  pour que tout le monde reprenne les "ou ou ou", et que ça "emballe" tout le monde... mais on ne mange pas de ce pain là ici. Version courte.  Murat fait le job, plutôt bien. Il commence souvent les chansons en prenant sa guitare à l'horizontale (comme une guitare slide).

 

Ah, on est revenu à "cinévox"... et à la seule chanson qui laisse un peu de place au silence. La guitare s'efface un peu avant de revenir tournoyé sur le passé. On trouve enfin un peu d'émotion.

Murat relance un "merci, hein", "je vais le dire à chaque fois".... puis après quelques notes, "c'est ma chanson préférée, ça". C'est "il neige". Quelques notes... et direct, le chant. Précédé de "cinévox", c'est un beau ticket vers l'émotion... Je ne détecte pas pourquoi  mais j'ai l'impression qu'il lance  un "merde" entre  "La nature alentour s'est enterrée" et "Il neige il n'y a place que pour le silence".  Est-ce vrai? Je suis loin d'en être certain. Le morceau se poursuit, sur des sonorités rock... mais l’encéphalogramme est un peu plat.

Ça enchaîne d'ailleurs très rapidement sur une grosse intro... Je pense un peu à Neil Young, et Murat se lâche bien sur la 12 cordes.... et surprise, c'est "je me souviens"... comme elle a été jouée à Sérignan. Ça passe bien, on retrouve la mélodie mais avec un tout autre tempo. La guitare se déchaîne... Murat représente ses musiciens et leur laisse un peu de place pour un solo chacun,et le morceau reprend. Le public reste très timide... c'est dommage.... "Au revoir, merci d'être venu"...et Murat continue ses "je me souviens" sur les applaudissements... Voilà la chanson pour laquelle il fallait que je sois là ce soir. 9 minutes.

... mais on n'est pas encore l'heure de concert que Jean-Louis a déjà dit au revoir! Après quelques salutations. Il semble toujours en forme et pas agacé... Le public le réclame assez fort... même s'il reste assis.

Murat revient dans un nouveau tee-shirt...et lance "extraordinaire voodoo".... en prenant son temps. Murat oublie également un peu la guitare sur un ou deux couplets, et on entend une "chanson française", puis la guitare s'impose, et l'énergie... mais ça retombe... Murat redit "bonsoir, merci"... et repart mais  " sans l'emballement et la "folie" qui a pu faire de  cette chanson une grande chanson de concert muratien à côté du jaguar, taormina... 1h07... et on se retrouve à applaudir... mais il ne reviendra pas!

ouch, c'est court! Certains crient "jean-louis!!!".... mais à la lumière allumée, les cris et les applaudissements s'arrêtent... 

 

Alors que dire...   On pourrait dire "set ramassé et rock, nerveux" et en 1heure, on est rassasié de cette énergie... mais confortablement assis, c'est quand même compliqué... on n'a pas ressenti la fièvre, et  encore moins une impérieuse nécessité d'être là, même si Jean-Louis dit qu'il aime vraiment être sur scène.  Un concert debout aurait donné  peut-être une autre impression.  Si on peut penser à Neil Young à l'écoute de ces versions électriques laissant une large place à la guitare et à la saturation,  avec ce dernier, on ressent (même sans comprendre les textes) qu' il y a un "message" dans ce déferlement... et les intros ou les breaks nous emportent loin... Souvent, Murat lui aussi y arrive, mais ce soir-là, c'est trop  comme pas assez comme dirait Nicole Bouchard du Québec. On peut peut-être mettre en cause cette guitare 12 cordes... qui apparaît plus lassante que la guitare électrique.  Après, je suis peut-être un peu négatif aussi du fait de cette durée... Et on peut se raccrocher à ce "je me souviens" customisé.... mais  je suis  resté sur ma faim. J'aime pourtant bien quand il est vraiment dans ce tempo rock, et il est bien le seul dans le paysage à nous proposer ces textes à la fois "aux sons qui font sens" et marqués de classicisme sur  ce rythme groove et soul, et sans  concession devant les inspirations d'un public de curieux. Mais  on aimerait certains soirs qu'il s'y résigne, en prenant un piano pour jouer ses mots bleus du "mont sans souci",  ou fasse une partie acoustique et chansons, comme tous ses autres collègues... mais non, Murat se livre comme l'entend son humeur, et  délivre sa  "proposition artistique" du moment, en refusant de s'adapter et de se soumettre à un cadre ou un contexte et au code commun du récital et du concert.
Signe de ce non-formatage: il semble qu'il n'a même pas eu conscience de jouer de manière aussi brève... C'est du moins que ce nous a rapporté une personne, comme s'il avait  chanté ce qu'il pouvait chanter pour ce soir-là.   Autre proposition: ... il n'a pas voulu que sa petite fille se couche trop tard et voulait en profiter après le concert. C'est avec elle, joyeux et détendu, qu'il a fini par traverser le foyer et accepter un petit "selfie" avec une fan... 

 Bon, voilà, en vrac... Je crois que j'ai déjà écrit pas mal de conneries pour ce soir, et il faut que j'en garde pour jeudi... Concert à la SOURCE (FONTAINE)... et je crois que j'essaye de retourner devant cette fois. Loin des yeux, loin des oreilles/ loin du coeur? Prendre de la distance, ça ne me réussit pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

Publié le 11 Novembre 2019

hello girls and boys,  je vous fais cadeau de ma non-introduction du jour. On y va de suite!

 

1) Un petit mot sur Sérignan samedi par la camarade Isabelle:

"le concert était bien. Efficace, le trio... Très efficace,les deux lascars connaissent le taulier, ils parent à toutes les éventualités ! 13 titres joués, dont Extraordinaire Voodoo enchaîné après Il Neige... Très joli doublé, de mon avis et de celui de Romain et Yseult. Le début a été un peu laborieux... il a shunté Les Voyageurs Perdus après s'être emmêlé les pinceaux dans les paroles... Un peu dommage. Un Je me Souviens très gros son, électrique, emporté.Hold Up annoncé comme "et maintenant, une chanson très triste".On a eu Le Jaguar, en revanche aucun des inédits joués à Vincennes. On verra à Gre ? Sinon, il a commencé à tchacher un peu mais la salle était sage, ça n'osait pas trop réagir donc j'ai eu le sentiment qu'il se disait qu'il n'y arrivait pas, bon... tant pis. Après, blagounette quand il a jeté sa bouteille d'eau par terre, rires dans la salle, il regarde la bouteille qui roule... "Pour une fois qu'il se passe quelque chose dans un de mes concerts..!". Largement rappelé mais il n'est pas revenu pour le deuxième".

J'ai eu un autre retour rapide par quelqu'un qui ne se dit pas "fan" (du moins pour établir une setliste) et  qui me parlait d'un très bon concert, excepté sur le son de la voix pas assez en avant (on en a déjà parlé pour la date à Valence). Côté Rock oblige?  Sur facebook, les retours sont également très positifs. Pas de surprise pour la set-liste... jaguar à la place des inédits.

 

2) PIAS continue ses rééditions... et c'est au tour de MOCKBA en décembre.. et après la petite déception mustango 2019 (en terme de bonus), j'ai eu une vraie joie: j'ai cru que  chacun (en vinyle) pourrait découvrir les chansons  qui auraient dû constituer l'album "Mockba". En effet, à l'époque, 3 chansons du projet parallèle "1829"  sont intégrés au disque, ce qui selon moi nuit à l'unité du disque (et en parallèle à l'intérêt du disque "1829" qui perd 3 bonnes chansons. Il est lui aussi réédité également en décembre).


Murat s'en était expliqué: J’ai fait une erreur. J’avais un mini-album de Faces B destiné au net, intitulé « Les Faubourgs de Moscou« , et j’ai eu la faiblesse de le faire écouter à mon label, qui a insisté pour inclure quelques unes de ces chansons à Mockba. Parallèlement il y avait cet album à part entière pour Pierre Jean DE BERANGER. Du coup je me suis retrouvé avec deux disques qui ne devaient pas sortir dans le commerce, ce qui m’embêtait vraiment. Alors j’ai choisi de mettre deux, trois inédits, ainsi que trois titres de BERANGER. Au final, l’étrangeté de Mockba a ainsi été diluée. Peut-être le sortirai-je un jour comme il aurait du être" (Magic, sept 2006)

L'explication n'est pas tout à fait limpide comme me l'avait indiqué Matthieu à qui bien sûr rien n'échappait:

 

  "Pierrot,                    
     Je ne comprends pas ses explications. Quel est le second disque qui était censé ne pas sortir dans le commerce ? Faut-il comprendre que l'album sur Béranger n'était pas destiné, à l'origine, à la publication ?
     Je me demande quels inédits des "Faubourgs" JLM a inclus sur Mockba. Au feeling, je dirais "Oh my love" dont la sensualité pourrait se rapprocher de celle d'"Avenue de l'opéra" et peut-être "Colin-maillard" pour son interprétation hautement gainsbourienne et son côté "art mineur pour les mineures". Ce n'est qu'une hypothèse. En attendant, il est vrai que Mockba est au final un album hétéroclite, surtout si l'on prend en compte le double phantom track constitué d'une part de la berceuse rock et d'autre part de l'extrait de 1451.
     Prends soin de toi et passe un bon week-end".

Cette joie a été un peu gâchée : sur les 5 titres de ce qui est connu comme "les faubourgs de Mockba",  3 titres seulement sont au programme du vinyle...  Sur celui-ci,  y figurent l'extrait de 1451 et le titre caché du cd "en amour avec toi"...  leur absence ne m'aurait pas choqué.

 Voici l'avis de Matthieu sur les titres :


>      "Buddy" m'a rappelé son quasi-homonyme "Billy". En tous cas, JLM prononce les deux noms de la même manière.
>      La rythmique de "Notre instinct de mort"[Phèdre et les monts d'or" m'a fait penser à "Gel et rosée".
>      Quant à "Avenue de l'opéra", c'est effectivement une sorte de "Se mettre aux anges", mâtinée de "Monde intérieur", version moins de 18 ans. Torride à souhait. Si je place ce titre parmi les très grandes chansons de JLM, tu trouves que j'exagère ?"

Les deux titres qui ne figurent pas sur le disque:

>      "Même étoile" me semble être une sorte d'équivalent muratien du "Tout le monde" de Zazie. (la comparaison est un peu tirée par les cheveux, je te le concède). 
>      "Murat déchu" est une excellente chanson, je l'aime beaucoup.

Oui, les titres ne sont pas "surprenants" dans leur construction, et on pense aux titres de Lilith effectivement ("notre instinct de mort"), et ils n'ont pas la préciosité de production des titres comme "la fille du capitaine", mais Phèdre... et Buddy sont des titres que j'apprécie (j'aime bien quand ça balance).  "Même étoile" est plus lancinant et blues (guitare métallique).  "Murat déchu" rejoindra les grandes chansons autour de "Murat" (j'aurais dû vous en parler au moment de "je m'en souviens"). Quant à "avenue de l'opéra", je ne vais te contredire, Matthieu : c'est effectivement une grande chanson : près de 8 minutes, effectivement proche de "se mettre aux anges", avec une longue intro magnifique.. mais avec une référence à "Petite" peut-être, et une chanson à ranger aussi du côté des chansons "parisiennes" (on n'est pas très loin des Abbesses). Des belles pépites donc!!

Les textes sont sur Muratextes of course.

Voici ce que nous disait S. PRIN  de MOCKBA:

http://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-n-4-stephane-prin-partie-2-65208962.html

On en arrive ensuite à Moscou, et 1829... je pense enregistré en même temps. Je trouve que Moscou  manque d'unité, malgré des belles chansons ( notamment la fille du capitaine)... j'ai toujours pensé que Murat baclait le projet pour en finir avec Labels. Etait-ce une fin de cycle (fin avec Labels, fin du sparing partner avec Fred...)? Que pouvez-vous nous dire de cette session? 

S. PRIN : Effectivement les 2 disques ont été enregistrés en même temps. Très peu de temps après avoir fini  « Bird » je crois, on avait aussi enregistré le DVD pendant la même période, donc je pense qu'un double album de plus à enregistrer à ce moment était un peu indigeste pour tout le monde. Ces albums étaient donc moins agréables à enregistrer, Jean-Louis  plus stressé,  moins préparé aussi. Mais la promo de Bird ayant été assez  bonne, il voulait surement en profiter et ne pas faire redescendre  l'attention du public. Je pense que ça a été un mauvais choix. La vitesse et les contraintes pratiques et techniques pour ces disques étaient encore plus grandes que pour les autres albums, donc un  confort moindre, et des chansons moins travaillées aussi je trouve.  Tout ça a laissé des traces dans les têtes de chacun et la fatigue  de l'enchantement des albums commençait à se faire  sentir. 

C'est un disque que moi, j'apprécie beaucoup, notamment pour son titre introductif, et Murat y chante superbement, et les cordes de Hincheliff et last but not least pour en revenir au vinyle :   avoir la pochette en grand format, c'est top! C'est en effet une de mes préférés.  Que ce soit "colin maillard", l'homme en otage, "le foulard rouge" ou encore  Michel Strogoff traversant la Russie... ça me va. Cette photo signée Murat est un bel exemple des polaroids qui fut durant un moment l'un de ses petits travaux quotidiens.

 

https://www.fnac.com/a13936263/Jean-Louis-Murat-Mockba-Vinyle-album

http://www.mediapias.fr/artistes/jean-louis-murat

3) A part ça, on entend Jean-Louis Murat sur les ondes d'inter... de la publicité pour sa tournée. "Foule romaine" et "autant en faire quelque chose" en fond...  Il reste donc de la place, notamment à Paris.

 

4)  J'étais à mes quelques heures perdues à la recherche d'infos  à la suite de la réécoute d'une vieille interview de Murat par Ardisson : en 89, sur "lunettes noires pour nuit blanche" : https://www.ina.fr/video/I07340761 

(à 49 sec)

C'est assez curieuse qu'une chose qui était disponible depuis 30 ans nous ait échappé... mais c'était le cas: Ardisson évoque l'aide que lui aurait apporté lors de sa première venue à Paris (avant Clara) des "gens de RMC, Bassi (?), Farran (?), toute la bande", ce qui suscite un "ouais" du jeune Jean-Louis... et Ardisson enchaîne.

Ardisson étant généralement bien informé, c'est intéressant... mais en fait, après avoir identifié plusieurs noms possibles, donc un Claude Ferran et le journaliste post 81 Michel Bassi qui ont effectivement travaillé sur RMC, je me suis rendu compte qu'Ardisson avait sans doute commis un lapsus entre RMC et RTL...  J'ai alors trouvé le nom de DOMINIQUE FARRAN, présentateur rock de la radio, et tenté de le contacter via facebook... Quelques jours plus tard, et c'était cette semaine, on apprenait sa mort... 

Ce "fils de" (créateur de RTL) et père de (dernier manager de Johnny)  avait été envoyé par papa s'occuper de Radio Avoriaz et il aurait pu rencontrer Jean-Louis là-bas puisqu'il y était moniteur de ski.  Si tout cela est vrai, et la chronologie exacte, on peut s'interroger sur l'histoire officielle  (quelques temps plus tard l'envoi de la cassette par un ami à  JB HEBEY). En effet, celui-ci était déjà membre de cette bande de RTL...  Dominique commençant à l'antenne de RTL dans l'émission d'Hebey.  On perd une opportunité de savoir si Clara a bel et bien joué à RTL, Hebey n'ayant pas apporté de réponses claires... Toutes mes condoléances à ses proches.

Un hommage de Georges Lang le dernier en activité de cette bande de "WRTL"...

https://www.rtl.fr/emission/les-nocturnes/les-nocturnes-du-10-novembre-2019-7799434404 

Il y est dit qu'il était fan de Michaël Francks.

L'article de Bar-David également:

https://gonzomusic.fr/au-revoir-dodo-farran.html?fbclid=IwAR009D43_VvFYhgeopdblyxVejLcv4lfcVPmiv9Nx9IM81uKTA7ySBHbfX8

PS: Dominique Farran était aussi le créateur de "la valise RTL" (inspiré d'un format us).

PS2 : Quant au 2e nom cité par Ardisson, est-ce Michel Bassi? ... Je ne pense pas qu'on puisse l'intégrer à "une bande"... même si un lien avec l'oncle "Bergheaud" journaliste au figaro pourrait peut-être être établi... Il a par contre ensuite travaillé sur RMC ce qui pourrait expliquer le lapsus d'Ardisson... Je jette en pâture et à la volée toutes mes suppositions, au cas où...

LE LIEN EN PLUS

Sur arte+7,  "les ronces" de Murat utilisé dans le téléfilm "aurore" de L. MASSON

https://www.nouvelobs.com/series/20191107.OBS20835/aurore-le-conte-noir-de-laetitia-masson.html

https://www.arte.tv/fr/videos/069048-001-A/aurore-1-3/

 

LE LIEN EN SURPLUS

Baptiste Vignol continue de nous parler de ses coups de coeur sur son blog, celui-ci est un peu particulier...et courageux:

http://delafenetredenhaut.blogspot.com/2019/11/lettre-ouverte-dun-lache-ordinaire_7.html

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

Publié le 9 Novembre 2019

 
M. MURAT reprend sa tournée ce soir à Sérignan. Il a donc passé quelques minutes au téléphone avec un journaliste de MIDI LIBRE... Une interview pète-sec  pour son public... notamment celui du toboggan où fut enregistré Innamorato... Ceci dit, il est assez lucide... mais je ferai une remarque ensuite. Murat humilié, Murat outragé, mais Murat libéré
 
https://www.midilibre.fr/2019/11/07/jean-louis-murat-toujours-a-faire-lartiste,8527636.php
 
Le chanteur pop Jean-Louis Murat se produit en power-trio samedi 9 novembre à La Cigalière à Sérignan.

C’est un nouveau cycle créatif que vous avez démarré avec “Travaux sur la N89” en 2017, poursuivi depuis avec “Il Francese” ?

 
 
Tout à fait. En tout cas dans la façon de faire des disques. Je ne veux plus les faire de la même façon. L’âge venant, on s’autorise à se dire : "Eh merde, je fais ce que je veux !" (rires) Le business du disque n’existe quasiment plus, c’est devenu un peu n’importe quoi, alors fuck, je vous emmerde, je fais mon p’tit truc à ma façon
 
On pourrait le dire d’une façon un peu plus espiègle : puisqu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent, je fais ce que je veux ?
 
C’est pas mal, ça, tiens ! Bon, quand même, avec mon mauvais esprit, j’ai envie de dire que, puisqu’ils ont mauvais goût, je vais les laisser sur place ! Je ne vais plus tenir compte de leur goût puisqu’ils n’en ont pas. Mais ça rejoint ce que vous dites… Le fait que je n’arrive pas à savoir quel est le goût de ce peuple, sinon un goût de chiotte à tous les niveaux au fond, alors merde…
 
N’empêche, “N89” sonnait comme un nouveau départ un peu complexe mais ludique !
 
Non, même pas compliqué. J’essaie toujours de faire des choses très simples. Ce disque, c’est celui sur lequel j’ai le plus travaillé. Tout y a été pensé jusqu’à la moindre note. Vu le boulot, vu le temps passé dessus, je me sens un peu humilié quand on me dit que c’est du n’importe quoi.
 
 

“N89” est un effort de concentration qui permet à “Il Francese” d’advenir ensuite ?

 

Ça, c’est vrai ! De façon assez prétentieuse, j’avais espéré remettre en question la forme de ce que je faisais en tant qu’individu et, à travers ça, interroger le collectif, ce qui nous arrive, ce merdier dans lequel nous sommes, et qui a empiré. Voilà, Nationale 89 était ma réponse de chanteur au bordel ambiant… mais ça a été un fiasco complet (rires) !

 

D’où “Il Francese” ?

C’est-à-dire qu’après ce bide, il fallait bien que j’écrive quelques petites chansons, des pseudos 45-tours, pour que je trouve un label qui veuille bien me signer et sortir ma production. J’en suis là… Régulièrement, il faut refaire ses preuves, montrer qu’on peut faire des chansons qui peuvent plaire aux radios.
 

“Il Francese” ne poursuit pas moins votre réflexion sur le fond et la forme. Par une autre voie…

 

Il est fastoche, celui-là. Il y a des chansons comme il faut dedans, avec des refrains, des gimmicks, tout ce que les gens aiment, non ? En ces temps de l’inculture… Il me semble que je sais aussi écrire de la chanson populaire de 3’30’’ alors de temps en temps, je le fais. Quoi qu’il en soit, j’aime les ruptures de ton, ne pas laisser les choses s’installer, changer avant d’ennuyer.

 

On a lu qu’il devait s’agir d’une trilogie mais “Innamorato” (3/4 live, 1/4 studio) sorti au printemps n’en est pas le 3e volet ?

 

Non, pas du tout, c’est autre chose. D’ailleurs, sur la tournée qu’on fait en ce moment (Fred Jimenez à la basse et Stéphane Raynaud à la batterie), je pense que je vais aussi enregistrer un concert car je nous trouve plus qu’excellents. Du reste, celui dans Innamorato, à Décines en 2018, était un genre de fiasco : devant 100 personnes qui s’en foutent et repartent en disant bof. On l’a capté à l’ancienne, un micro dans la salle, sans traficotage, un peu en réaction : il y en a marre, on se défonce le cul pour faire de la musique vivante, intéressante, chaque soir différente, et vous êtes là, affalés comme des otaries, dans votre non-goût ? J’en ai un peu ras le bol de me retrouver devant toujours le même petit nombre de gens qui réclament les tubes ! On est au XXIe siècle, OK, les artistes galèrent mais il faudrait aussi que le public se secoue ! C’est comme ceux qui passent leur temps à geindre sur la presse : si vous ne l’achetez plus, si vous ne la lisez plus, si vous ne la défendez pas, il vaut quoi, votre jugement ?

 

“Innamorato” est un super disque, live et pop, très 70’s dans l’esprit…

 

C’est ma manière de défendre ma façon de faire des concerts : jamais deux fois le même. C’est vraiment sur la scène que je suis au mieux… Mais bon, je suis toujours à faire l’artiste devant la même peuplade décimée, entre 100, 200 personnes, c’est pénible…. Je me demande ce qui me pousse à y retourner, à part le plaisir d’être avec des musiciens… C’est difficile de faire l’artiste en France, on n’est vraiment pas un pays pour la musique pop, mais un peuple avarié pour la variété… Mais je ne sais même pas ce que c’est, la variété, moi ! Pour être franc avec vous, plus j’avance, moins je comprends. Je suis dans le cirage complet. C’est peu satisfaisant, et un peu douloureux…

Jean-Paul Dubois, le prix Goncourt, a cette phrase : "Je ne vaux pas grand-chose et je ne crois en rien, et pourtant tous les matins je me lève."

Oui. Rien n’est important, j’écris des chansons, c’est tout. Face à toute cette absurdité… Si on me disait demain que je ne pouvais plus écrire des chansons et faire des disques, je crois que je disparaîtrais purement et simplement, comme dans un film de science-fiction. Je n’ai jamais eu autant cette sensation de l’inutilité, de l’absurdité des choses, et partant, de la nécessité absolue, et carrément vitale pour moi, de continuer à faire mon truc.

On finit donc par une bonne note: faire son truc... mais je le trouve donc un peu dure avec son public, d'autant qu'il joue la tournée actuelle dans des théâtres, face à un public assis... et il ne vient jamais le chercher, on le sait. C'est un refus de faire du "théâtre", de la démagogie, on le sait aussi, mais...peut-être doit-il nous parler un peu plus suite?

Ensuite, ceux qui le lâchent, ou font "bof bof", ce n'est pas forcement son public de fans, ou des curieux, c'est aussi des vrais amateurs de musiques, ou des musiciens. Ces derniers temps, c'est d'eux dont j'ai des retours parfois négatifs j'ai l'impression. Sur le dernier concert à Valence, encore... Je ne suis pas d'accord avec eux à chaque fois mais je les entends. Quant aux "curieux" et aux "abonnés" des théâtres, ou ceux qui ne connaîtraient" que les tubes, sur les deux premières dates, on a eu des retours positifs.  Le fait est que, il le rappelle, C’est ma manière de défendre ma façon de faire des concerts : jamais deux fois le même.  Et cela nécessite sans doute une bonne dose de courage, d'implication...  A part ça, on connait le refrain sur les "100 à 200 spectateurs"... C'est toujours 500 au moins. J'étais devant NOUVELLE VAGUE, avec 50 personnes à Bourgoin la dernière fois, pareil avec Barbara Carlotti il y a quelques années...  

2)   J'étais au concert organisé par des musiciens lyonnais fédérés notamment par MATHIS dont je vous ai parlé quelques fois (connu par une reprise de JIM), pour rendre hommage à HUBERT MOUNIER. C'était à l'occasion de la sortie d'un disque tribute "PLACE HUBERT MOUNIER"

Le concert gratuit a affiché complet dans la grande salle, et ce fut vraiment un excellent moment, notamment pour constater la place qu'occupe désormais Hubert dans le coeur de nombreux lyonnais, et autres (j'ai croisé un haut savoyard). KENT, CARMEN MARIA VEGA, présents sur disque, étaient absents, comme JOE BEL, à la voix magnifique, mais les autres artistes ont assurés, dont les VOYAGE DE NOZ, qui ont apporté une touche de rock, AUREN (qui a fait son dernier disque avec Calexico)...

J'écoute depuis le disque et j'ai toutes ces chansons dans la tête depuis en permanence, dans la nuit et au réveil.  Je redécouvre les grandes chansons de L'affaire Luis TRIO et certaines d'HUBERT MOUNIER.   JE VOUS LE CONSEILLE DONC!

On peut l'acheter ici:

https://stardust-acp.com/?page_id=757&fbclid=IwAR0JE5B2BU3hSFPY5jrxYwYYgRbochu_VplEZWE6vGACmboPyp_osGpb_Fc

Et il arrive très vite sur les plateformes.

 

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Rédigé par Pierrot

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