ALAIN BONNEFONT- BABY BISON

Publié le 10 Avril 2011

 

      J'avoue que je n'ai pas fait l'achat de Baby bison, le dernier album d'ALAIN BONNEFONT, dont je vous ai pourtant fait la pub.  Acte manqué? ....   Heureusement, Hervé m'a sonné le rappel... et proposé que je diffuse ses articles... Je le fais avec joie, d'autant plus que c'est drôlement bien écrit... Ca vous changera un peu!

 

On trouve les articles d'Hervé dans le DOIGT DANS L'OEIL....

http://hervepizon.over-blog.com/ext/http://www.ledoigtdansloeil.com/

et sur son blog:

http://hervepizon.over-blog.com/article-alain-bonnefont-on-vit-le-coeur-serre-46138592.html

 

 

http://www.zikpot.fr/Images/Artistes/Photos/20727.jpg

 

 

 

 

 LA CHRONIQUE:

 

Chronique album Baby Bison Alain Bonnefont

Alain Bonnefont et son arsenal de merveilles

Accompli comme l’est le chef d’œuvre d’un artisan, sorti confidentiellement sans promo, intime dans sa texture musicale et poétique, ce quatrième album est, en un mot, essentiel. Avec Baby Bison, en huit titres, qui ne sont pas des découvertes pour qui a entendu ces inédits d’alors sur son Myspace, (sauf un), Alain Bonnefont prolonge le fil d’un ouvrage remis cent fois sur le métier depuis Amaretto en 1993.

A la première écoute, je songe c’est étonnant comme des chansons familières agencées en un support unique mènent vers une terra incognita. 

En revanche, l’univers d’Alain Bonnefont est bien présent, peut-être sous une forme plus épurée et ciselée. L’éternel songwriter enragé, mousquetaire lettré et sentimental, construit, entretient, déballe à corps ouvert et les larmes à la main tout l’attirail de l’amour, « tout me vise au cœur ». Et le cortège de munitions qui l’accompagne, cessant. Ca va de l’arme blanche au rouge sang, de  la caresse au couteau de l’instant  au pistolet  des illusions perdues (Colt et Remington Again).  De la poudre de Perlimpinpin à celle d’escampette, il n’y a qu’un pas. Puis un autre morceau phare, tour de force inouï où sont convoqués –la vérité vraie- simultanément  la poésie W.H. Hauden et le cycliste Felice Gimondi (Felice) !

En amour, évidemment tout rapproche et tout oppose, le temps relatif : «  un jour promu, un jour déchu, un jour ou deux mêmes ». Desiderare pourrait être un single et contient tout l ‘entrechoc des amours, désamours, armés puis désarmés, laisse, délaissé(e), chanson charbon et diamant, du pourquoi au comment tourmenté.

Plus loin encore,  le lys et l’or, les nuages maintenant, « la Cajoline, le fer ». Alors  dans la solitude de l’assiégé, en forteresse de soi, encerclé, au jour le jour, on attend sa chance, ou on provoque la destinée en duel, on désire, on se meut, on rêve de grands espaces libres et sauvages pour « décalaminer l’horizon », de voyages au bout des ses pieds, de la nuit  et plus loin, vers la lettre M, indélébile (Montana, Maidenhead, Malecon, Manhattan). A la lumière du fanal ou d’une moisson d’étoiles, on vante les exploits, les explorations transatlantiques, on s’abandonne à la clairière du Bois Amoureux , on prie à l’imparfait sur la banquette en Moleskine ?

Il faut entendre en ces réduits,  les herbes folles envahir le jardin de l’âme, là où la floraison est nostalgie de l’intime et de la mémoire collective, embellie du quotidien, apaisement, fantaisie parfois même, bercée ou percée, la rêverie y est érigée en monument.

 

Alain Bonnefont Baby Bison, décembre 2010 (autoproduit)

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ARTICLE :

 

 

Alain Bonnefont, on vit le cœur serré

 

Comment parler d’Alain Bonnefont sans parler de Murat ? Dans l’ombre de Murat ? Depuis la première expérience en groupe à la fin des années 80, la cofondation de Clara, à la première tournée puis le Muragostang tour préfiguration électro en 2000 aux claviers et samplers, entre autres.

Ombre, il apportera, lui, la lumière en co-signant  Les Hérons et Le Fier Amant De La Terre, deux chefs-d‘œuvre muratiens. Murat la lui rendra en interprétant sur le disque Mademoiselle Personne et en concert, décuplé Le Charme, notamment.

Alain Bonnefont, l’un des cinq Rancheros descendant à cheval de la montagne, Rancheros chantres et pourfendeurs de la chanson ultra-ringarde, à la pelle : 5 minutes pour répéter, 5 minutes pour enregistrer, 5 minutes pour mixer.

Mimétisme ? Dis A Quoi Tu Rêves titre de Bergheaud alias Murat / A quoi pensez-vous endormie répond en titre Bonnefont.

Compagnon musical de Murat, ami de Bergheaud. D’amitié justement, il cite Dantec sur son Myspace* : « Je ne connais qu'une seule version de l'amitié: un cercle de feu qui vous cerne et vous protège des bêtes sauvages, et plus tard, des vauriens, puis des ennemis de toutes sortes qui guettent le paladin lorsque la nuit est tombée.(...) »

De feu, ça sent le soufre, polémique sur le présupposé souffle réactionnaire des sus-cités. Ou l’air de la provoc’. Des trois d’ailleurs, dirait-on en chœur auteurs nord-américains de langue française ?

 

Bonnefont est Bonnefont, pas de double identité. Discret, peu disert. Je me souviens de lui s’effaçant en première partie d’un concert de Murat à Clermont-Ferrand en 2008, pourtant devant un public conquis.

Trois albums dont deux autoproduits**, nombre d’inédits sur son Myspace et un style reconnaissable entre mille, autant que son talent peu reconnu de songwriter et de mélodiste. Bonnefont chante et ce n’est pas chose aisée, ses chansons entêtent, obsèdent, des condensés de vie.

Elles s‘installent dans l’auberge espagnole -ascendance maternelle- de tous les états d’âme : pêle-mêle les buissons épineux accrochés aux nuages, les liserons et les scories des sentiments, la mitraille amoureuse, les coeurs d’artichauts, les jambes des majorettes et les ambiances cosy au coin des lèvres, les voitures, bateaux de pirates et manèges tournent les têtes, les regrets, les remords, les morsures, les traces des songes laissent des cicatrices sur le sol, les hirondelles ne font pas le printemps, l’obsession de la jouvence, roulez jeunesse, juve, les dominos, la pièce manquante, la mignonne et la rose, la calamité et son colt, les ronces qui écorchent les genoux, le show étriqué du quotidien et son lot de consolations, les mirages et bricolages de l’amour, la mémoire, l’échec, la vanité.

« Derrière la tête, pas de projet, aucun désir particulier. » L’âge d’or est devant. Mais que font la police, les maisons de disques et autres radios ? Le cœur serré : un nouvel album, Alain ?

 

hervé pizon

 

*   www.myspace.com/alainbonnefont

** Amaretto (Les disques du crépuscule, 1993), Mirabelle au réveillon (autoproduit, 2004), Cosy Corner (autoproduit, 2008).

 



CONTACTEZ ALAIN VIA FB ou MYSPACE POUR ACHETER L'ALBUM.

 

 

 

Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

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