de l'inédit de MURAT...

Publié le 10 Mai 2011

 

Bon, ce soir, je ne fucke pas my wife... Parlons de TAXI DRIVER!

 

                 - hein? de quoi??

 

Oui,  de Taxi Driver... enfin, c'est Jean-Louis Murat qui l'évoque! Dans un texte inédit, pas celui d'une chanson....

 

 

 

 

               C'est apparemment une commande... de  Pierre Gaffié  (croisé sur le plateau de NULLE PART AILLEURS peut-être) destiné à un livre... et dont il n'a rien fait jusqu'à là...   Pierre Gaffié a eu la bonne idée de nous le livrer sur son blog!

 

Une interprétation du film "Taxi Driver" par Jean-Louis Murat.

Il y a quelques années, j'avais demandé au musicien Jean-Louis Murat d'écrire un texte sur le film "Taxi Driver" (Martin Scorsese, 1976) et ce, pour un projet de livre qui n'a pas encore vu le jour. En accord avec Jean-Louis, voici ce texte étonnant.

  

EXTRAIT (lisez la suite sur le site):

"Je n’aime définitivement pas les villes, les américains, les taxis et les armes. je n’aime pas l a mythologie moderne, et je n’aime pas non plus cette démangeaison catho, qui, comme une danse de Saint-Gui, agite régulièrement Scorsese. Le cinéma est mort ou n’est pas encore né, c’est selon, Taxi Driver, si lourd de stéréotypes, est encore un film muet.

Voyons voir...

 Cher Travis, tu es migraineux, fils de la migraine olfactive, “tout pue la merde”, fils de la migraine visuelle, “tous ces néons vous écorchent la rétine”, fils de l’impossible éjaculation, “les femmes des villes sont toutes des rouées, des putes !”.

Alors Schrader te balance entre les pattes un ange blond, de blanc immaculé vêtu, et comme si un Marine rentrant du Vietnam ne connaissait rien aux femmes et à leur putasserie, tu en pinces... et ce sera tout.   LA SUITE: http://www.different.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=452&Itemid=33

 

 

              Je ne me rappelle pas avoir vu ce film, je n'en ai qu'une vague idée... alors j'ai du mal à exprimer quoi que  ce soit sur le ressenti muratien...  L'expression "démangeaison catho"  est amusante pour un homme qui se tourne si facilement vers le sacré... même si certes, on peut facilement discerner la différence entre catho et sacré...   A vos plumes, amis cynophiles... euh... cinéphiles... pour vos analyses!

 

 

 

Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

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lew 16/05/2011 15:46



en 2002, un certain Brunerie, jeune militant facho, avait tenté de tirer sur un président de la République qui passait les troupes en revue. le nom m'avait frappé parce qu'il entrait en
résonnance directe avec son penchant politique mais aussi, plus troublant, parce qu'il m'évoquait un peu le vrai nom de Gérard de Nerval. le nom de Travis Bickle est tout aussi étrange...



lew 16/05/2011 15:26



il faut lire l'entretien en entier sur le site, Murat a ce don rare de la synthèse et de la formule qui, loin de seulement choquer, nous fiche au beau milieu du réel, pas toujours glorieux pour
nous les mecs. c'est d'autant plus fort que Murat est sans doute un héritier de la poétique surréaliste urbaine de nuit (interdit de vous moquez de moi), celle qui parle couramment la langue du
merveilleux féminin.


en lisant ce texte, j'ai pensé à deux autres films qui ont peut-être également marqué la mémoire de JLM : Midnight Cowboys (Macadam cowboys en français) et The Electric Horseman (le cavalier
électrique, je crois). dans le premier, c'est l'histoire de la descente aux enfers de deux paumés à Manhattan, dans le second Robert Redford joue le rôle d'un ex-champion de rodéo réduit à faire
de la pub pour une marque de céréales dans les rues de Las Vegas.


dans les deux cas, les scénaristes et réalisateurs cherchent à entrevoir une possible rédemption, une rédemption de leur masculinité, si j'ose dire. thème qui interésse Murat.


dans Taxi Driver, l'actrice qui joue Betsy, s'appelle Cybill Shepherd...Shepherd, c'est le 'berger' en anglais, comme peut-être l'est aussi le 'Bergheauld' en Auvergne (je ne sais pas si c'est
vrai, mais beaucoup l'on dit à son sujet)...en écrivant son rôle, Shrader n'y pensait sans doute pas, mais nous, ça peut nous parler. Murat prend souvent le point de vue de la Femme d'ailleurs
dans quelques chansons...


Have said something stupid ? you tell me...



Pierrot 16/05/2011 18:52



Merci Lew, très intéressant...


Qu'ai je lu dans les inrocks cette semaine?  "il faut rechercher l'intentionnalité de l'oeuvre et non de l'auteur"... En clair, l'esprit peut vagabonder très librement devant une oeuvre...



rhiannon 13/05/2011 16:43



Taxi driver est avant tout l'histoire du rebut des rues de New York, l'histoire d'un homme, Travis Bickle, qui conduit des taxis, hante les cinémas pornos et avale des pilules. Il essaie de se
lier avec une jeune fille blonde de bonne famille, mais il se fait repousser par elle lorsqu'il l'emmène voir un film obscène; il s'entraîne au tir avec une rigueur monastique et un plaisir
fétichiste; il renonce à commettre un attentat contre un homme politique et canalise sa violence pour secourir une trés jeune prostituée droguée en tuant son souteneur et ses amis. Il s'ensuit un
terrible bain de sang ; l'épilogue nous montre Bickle, émergeant apparemment comme une figure héroïque, capable de repousser à son tour la jeune fille blonde et de se fondre dans les rues de la
ville. Il incarne la menace anonyme de la paranoïa urbaine.....le texte de Jean Louis Murat exprime bien le dégout ,la fuite en avant de ce vétéran du vietnam qui essaie de se racheter en
essayant de sauver cette prostituée incarnée par Jodie Foster...un acte qui parait héroique mais plonge le héros(enfin si l'on peut dire) car pour moi il semble rattraper par ses vieux
démons....dans une guerre urbaine qui se finit en bain de sang...vision très apocalyptique presque biblique d'une rédemption par la violence....



Pierrot 14/05/2011 10:08



Ayé, je l'ai vu sur canal mercredi!   merci pour cet excellent résumé...


Je ne m'attendais pas tout à fait à ça... très curieux épilogue... Il semble en effet tout à fait sauvé...  et des démons, on n'en sait pas trop ce qu'il en reste....