Dominique Dalcan, "hirundo"

Publié le 16 Janvier 2014

 

 

 

J'ai l'impression que Dalcan est là depuis des lustres... et pourtant, je n'ai pas l'impression qu'il change. Age assez indéterminé. J'étais avant aujourd'hui passé à côté... comme le grand public il me semble, alors que les initiés ou certains de ses collègues l'estiment au plus haut point (89 de mes amis FB l'aiment déjà... je suis encore en retard d'une décennie).  D'ailleurs, il est signé chez Pias... C'est dire. La qualité France signé Belgique.

 

Au bout de quelques instants de  l'écoute du premier titre de l'album "Hirundo", "C'est quoi la question", on se dit que c'est gagné... ou qu'on n'est perdu: on est conquis...  Petite intro avec une rythmique originale, électro-acoustique, avec une guitare vibrante, puis un emballement, des ruptures, et un chouette texte prenant...Une interprétation qui m'évoque les qualités d'Arnaud Fleurent-Didier*, avec une voix moins agaçante (sentiment renforcé par les choeurs). Magnifique orchestration... le tout en 3'24...  Chapeau. allez, au bout de 4 écoutes, je passe à la suivante...

                                                        * Tiens, je viens de découvrir qu'ils sont justement amis (sur fb).


 

Transhumance... fait peut-être moins dans l'originale (petit côté Marc Lavoine, la guitare répétitive)... mais là, encore, on est conquis rapidement par l'art pop. Toujours un soupçon de rythmique électro (ressemblant à celui du titre 1) par moment, des choeurs, puis des cuivres... Le refrain 'killer pop "j'irais nager dans la rivière, j'irai voir au fond"... texte sombre  sur un air entrainant, juste ce que l'on aime... Et une voix parfaite, presque juvénile... Et les cuivres? Ah, j'en ai parlé... mais j'ai encore dans l'oreille la trompette des  DELANO ORCHESTRA accompagnant Murat l'autre matin à Clermont... et c'est le même effet hélicopter des sens... Un tube, un.

 

3e Titre: ah, du piano un peu étrange pour débuter... C'est un slow, toujours avec un beau travail de choeur (avec sa voix à lui) et d'orchestration (plutôt cordes)... C'est "c'est sans importance"... Slow, mais pas de monotonie : titre encore au format radio, petit pont au milieu,  et tout cela se conclut par un tout petite instant musical créant encore un peu de surprise... "L'animal ronge les angles et j'y prends goût aussi"... Pfffou, c'est du bel ouvrage...

 

Les quelques secondes d'ouverture à la guitare "A quoi pensent les oiseaux?", avec Mina Tindle accompagnant Dalcan sur le refrain,  me font penser à l'intro de  "viva la vida" de Coldplay... mais la chanson s'oriente sur autres choses... et on retrouve ce que l'on a aimé dans les titres précédents.  J'accroche moins, mais le final est très réussi, avec une courte période d'emballement de guitares acoustiques et des cordes.

 

Changement avec "Des hommes et des lions" avec une longue intro électro, et nappe synthétique... On frôle le Jean-Michel Jarre, ou l'OMD. C'est pourtant très riche en terme d'orchestration... pleins de variétés et de variations (dans les synthès, des sortes de son de harpes)...  J'aime beaucoup.  Le choix de partir sur des machines  joue l'opposition avec le thème de la chanson sur la nature:  "nous sommes des sauvages".  


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"Signe d'ouverture" repart sur de la pop plus classique (beau violoncelle). La voix est parfaite... mais le morceau se développe vers une minute dans une direction inattendue... avant de retomber sur ses pieds... Puis de proposer un pont là encore surprenant... Et toujours en 3 minutes et quelques... On se dit qu'on aimerait bien que ce talent nous propose un titre plus "héroique" de 6/8 minutes... afin de laisser un peu plus de place à chaque idée... ou de laisser l'ambiance se créer ("comme un légo" comme qui dirait).

 

"Sometimes"... encore un tube... Incompréhensible si cela n'est pas diffusé largement sur les ondes, comme du Gaétan Roussel, ou du Calogero... Chouette rythmique, avec un peu plus d'électricité que les autres titres, un piano excellent, un peu d'électro, une gimmick en english, des cordes... et un texte entrainant... "pour vivre ardemment"... Et que l'on peut apprécier encore plus en connaissant ce qu'a traversé Dominique... mais le texte se conclut tristement: "sans amour cependant". 

 

Petite respiration ensuite "avec la clope au bec" : piano solo...  quelques choeurs arrivent doucement, et le son du cuivre ensuite, puis la batterie... Parfait.

 

De la cigarette, il reste ensuite les "braises". Pas question de... descendre... pour autant. "Braise" débute sur de l'électro, et c'est plutôt "play it loud".  "pas facile d'avoir 40 ans". 

 

"Paratonnerre"... est justement acoustique (harmonica)... du moins au départ.  Dalcan prend une voix plus grave et sussurante... à la limite du talk over.Cela m'évoque fortement quelqu'un... mais cela ne me vient pas. Peut-être du Biolay (de négatif)...   C'est le morceau le plus long : 4'39... et justement, celle qui propose de s'immerger dans une atmosphère... en n'allant pas sur la plus grande facilité... même s'il y a encore une grande recherche dans l'orchestration.

 

 

Quelques notes de guitare slide pour débuter le dernier titre "Ton nom liberté" créent la surprise mais Dalcan ne nous joue pas le "cow boy à l'âme fresh"... on reste dans la pop... C'est pourtant un titre qui évoque sa vie à New-York me semble-t-il... (plus que Paul Eluard)...  Très émouvant. "où passer ma vie à présent? A l'arrière va le printemps".

 

 

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Et bien,voilà, après avoir bénéficié d'un lien pour écouter "HIRUNDO",  je vais en être réduit à acheter le disque... voire les précédents également! 

On verra après digestion, et écoute sur plusieurs jours, si j'y trouve toujours autant de plaisirs... En effet,  je sais que la voix de Dominique Dalcan  peut peut-être me lasser:  la voix est belle, mais peut-être  trop...   Elle offre quand même quelques fêlures qui me permettront de l'adopter définitivement...   et j'ai aussi besoin de "variétés"...  une variété qui n'a pas que pour thème "l'amour et les femmes"... Un très très bel album en tout cas, riche mais sensible... et  pudique.  A découvrir!! 

 

Et bien Florent Marchet, on t'attend maintenant... Va falloir faire fort...  

 

 

Je voulais parler des qualités de single de "Sometimes"... et bien, c'est justement le "single"! Voici le clip:

 

 

Et voici celui de Paratonnerre...

 

 

 

 

 

Dominique Dalcan, "hirundo"

Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

Commenter cet article

Muse 03/04/2014 01:31


La boule à zéro a une fonction de singularisation, d'affirmation,  mais aussi de violence et de protestation. C'est donc médiatiquement un atout pour se faire remarquer et ça marche
toujours, que cela focalise les gens en commentaire positif comme en négatif. Certains artistes l'ont bien compris (Sinead O' Connor, François Hadji Lazaro, Garry Christian, Obispo), Dominique
Dalcan également. C'est aussi dans son cas spécifique, une façon de faire de ses faiblesses une force, un signe de reconnaissance.


Le but est aussi de jouer sur le malaise, Matthieu, pour provoquer, susciter les réactions et aussi l'attention.


Actuellement, un autre chanteur joue cette carte-là avec succès: c'est le chanteur et musicien Cascadeur.

Muse 03/04/2014 00:46


J'avais beaucoup aimé son travail de BO sur le très subversif et magnifique film "Ma vie en rose" de Berliner. L'univers que Dalcan évoque est intéressant,la construction musicale également. Sa
voix est belle mais parfois trop lisse à mon goût, sauf curieusement quand il fait des duos.

Matthieu 02/04/2014 20:34


     Son récent passage chez Valli m'avait donné envie d'approfondir le sujet, ton article, Pierrot, m'y incite davantage encore. Sur "Paratonnerre", j'ajouterais aux noms
déjà cités ceux de Daniel Darc (légèrement) et de Murat, période Dolorès (très légèrement). Alors pour Caroline, la nouvelle, Dolorès, comment dire... heu... par où commencer ?
Bon, eh bien, disons que Murat était avec une femme et qu'ensuite, heu... enfin... bon, le mieux, c'est que vous écoutiez cet album toute seule, mais de préférence un jour où vous ne serez pas
trop cafardeuse...


     J'ajoute que je suis comme Armelle : ces gens qui n'ont pas un poil sur le caillou, ça me fait peur... Brrrr, ça me répugne même... Et prendre la maladie comme excuse,
non vraiment, ça ne marche pas : conserver quelques cheveux ici ou là sur le crâne ne demande pas un gros effort tout de même...

caroline 21/01/2014 20:06


Je suis ravie d'avoir découvert ce blog peu de temps après qu'une amie m'aie fait écouter "le chat noir comme un cadeau! Je découvre Jean louis Murat à côté de qui j'étais passée il y a plusieurs
années...donc là je suis heureuse! 


Au sujet de Dominique Dalcan, je le découvre et vais aller plus loin, il me fait penser à Arthur H (album Trouble fête) dans Paratonnerre...


keep going!

Pierrot 22/01/2014 10:06



ah, une nouvelle lectrice... et une nouvelle admiratrice de JLM!  Cela fait plaisir! Merci de ton commentaire! Et n'hésite pas à nous faire partager encore tes impressions



pierrot 19/01/2014 09:55


On m'a rapporté qu'à ses débuts, invité chez LENOIR, Celui-ci l'aurait comparé à Murat...

FloReal 17/01/2014 19:24


je suis un peu gênée de donner mon avis car en effet c'est interessant mais justement je n'aime pas sa voix ... !!

rhiannon 16/01/2014 23:50


Pas encore écouté et pas encore lu l'article sur "Magic" au contraire d'Armelle...très attirée par sa tronche...genre humanoide...;)...j'avais déjà écouté quelques titres ...et j'avais en ligne
de mire "Hirundo" à l'écoute...

Armelle G.R. 16/01/2014 23:34


eh bien vois-tu Pierrot, je n'avais pas encore cliquer sur le bouton de lancement d'un clip de ce jeune homme (que Martial propose régulièrement de découvrir sur sa page FB ces derniers temps) à
cause de sa tête de "Fantomas" qui m'intimidais presque; me faisait-elle peur?... quelle erreur! merci de m'avoir poussée à être plus curieuse et à ne pas me fier juste à l'apparence
première! 
Tu te demandes à qui te fait penser la voix grave et sussurante de DD sur "Paratonnerre", moi j'ai eu l'impression d'entendre celle de Capdevielle, plus particulièrement à l'époque "Vertigo",
tout de go!... et c'est beau!

Pierrot 17/01/2014 09:11



J'y fais une très vague allusion, mais je n'ai pas voulu faire dans le "people" (la promo ne joue absolument pas là-dessus... d'où le côté pudique)... mais Dalcan est atteint par une maladie
génétique... qui touche la morphologie... et le coeur également (et il s'est fait opérer dans les dernières années).  On écoute pas forcement l'album d'une même façon en sachant cela (je
l'ai appris en cours d'écoute hier).