Interview dans la MARSEILLAISE

Publié le 22 Mars 2013

 

Et oui, c'est le début de la tournée ce soir... et... et... c'est la crise..

http://www.lamarseillaise.fr/musiques/je-crains-une-enorme-crise-des-tournees-29888-2.html

« Je crains une énorme crise des tournées »

 

22-03-2013
 

 

Jean-Louis Murat, « ni artiste torturé ni nostalgique » mais toujours sans concessions. photo franck loriou
Jean-Louis Murat, « ni artiste torturé ni nostalgique » mais toujours sans concessions. photo franck loriou
Le chanteur au franc parler Jean-Louis Murat revient sur le devant de la scène avec un nouvel album, « Toboggan », qu’il présentera pour la première fois au public, ce vendredi soir à l’Espace Julien.
 

 

Double actualité pour Jean-Louis Murat. « Ange déchu » (?) de la chanson française, au talent pourtant intact, l’artiste sortira ainsi lundi une nouvelle galette, Toboggan, que ses fans marseillais pourront découvrir dès ce soir à l’Espace Julien, lors du festival Avec le temps. Le chanteur ayant choisi Marseille pour lancer sa tournée.


Il paraît que Jean-Louis Murat ne fait jamais de concession...
Pourquoi en faire ? Pour être dans l’air du temps ? Je fais seulement ce que j’ai à faire ! Par exemple, je ne permet pas aux maisons de disques d’écouter mes titres. Alors ça peut heurter. D’ailleurs Universal m’a viré et j’ai changé de label. Il faut croire que les grosses boites ne sont pas habituées à l’originalité… Heureusement, des petites structures comme Pias assurent la relève et font confiance aux créateurs.


Votre nouvel album se nomme « Toboggan ». L’idée de quelque chose qui glisse ?
Effectivement. Je pense que l’on est tous en train de glisser vers l’inconnu. Impossible de savoir ce qui se trouve en bas… Il ne faut pas se faire avoir. La solution passe, à mon sens, par un rapport personnel. Il faut s’affirmer et ne pas agir comme des moutons.


Quel regard portez-vous sur les années 80 et le début des années 90, lorsque vos chansons ont marqué les esprits ?
C’était la belle vie. L’argent était là et permettait de faire des disques. Il y avait aussi un équilibre dans le business. Tout le monde y trouvait son compte. Si j’arrivais avec mes petites chansons de l’époque aujourd’hui, je pense que je finirai à Pôle emploi…


« Toboggan » ne contient que dix titres, un concept auquel vous êtes particulièrement attaché. Pourquoi ?
Je pense que la durée qui était celle des vinyles, 35-40 minutes, se prête bien à un album, après on en a un peu marre d’entendre toujours le même chanteur. D’ailleurs, les vinyles sont de nouveau à la mode et ce n’est pas un hasard. Le rapport à l’objet est différent et le changement de support a modifié la musique dans le mauvais sens. Le CD l’a digitalisé et Internet a permis le triomphe de cette forme digitale.


Cela a en effet changé l’approche de nombre de consommateurs...
Tenez, lorsque je compose, je fais toujours un premier jet, très rapide, mais craignant toujours le piège, je reviens ensuite sur chaque titre. A la fin, j’ai toujours une quarantaine de morceaux dans lesquels je pioche ceux que je préfère. Il m’arrivait souvent de donner à des fans certains inédits mais ils faisaient des disques avec et les revendaient. Alors j’ai arrêté. Avec Internet, c’est pire : beaucoup sont devenus des goinfres, de véritables prédateurs à l’affût du moindre truc qui traîne. Ils écoutent puis passent à autre chose sans réfléchir.


Comment définissez-vous
la couleur de « Toboggan » ?

Je n’aime pas trop parler de mes chansons. J’ai des scrupules vis à vis de ça… J’espère en tout cas que c’est un disque personnel. Après, je laisse les gens écouter et interpréter chaque titre. Mais à mon avis, c’est un album sérieux. Je ne suis pas trop dans le divertissement (rires).


Vous définissez-vous comme un artiste torturé ? Romantique ?
Torturé ? Non ça voudrait dire que je suis victime d’un tortionnaire et je ne me laisserai pas faire. Romantique, certainement mais c’est dû à la langue française qui l’est par nature.


Vous débutez une nouvelle tournée. A quoi peut-on s’attendre en live ?
Ce disque, je l’ai fait chez moi, en Auvergne seulement en compagnie d’un ingé-son. De la même façon, en live je ne serai accompagné que d’un batteur. Par contre, pour la première fois j’utiliserai des images que j’ai moi-même captées. Elles seront diffusées sur trois écrans qui nous entourent et un pédalier me permettra de choisir à ma guise l’ambiance visuelle que je veux donner à chaque titre. Il ne faudra pas chercher à donner un sens à cette démarche mais à se laisser porter…


Et au niveau musical ?
Je pense qu’il y aura forcément la totalité de Toboggan, et la majorité de mon album précédent, Le Grand Lièvre. Il n’y aura pas d’anciennes chansons, vous savez la nostalgie, c’est pas trop mon truc.


Peu de dates par contre…
Ce n’est pas de mon ressort, 35 dates étaient prévues, puis 25 et maintenant 15… Je crains que ne se pointe une énorme crise des tournées… Beaucoup de salles voient leurs subventions sucrées et il est de plus en plus dur de se produire en concert.


PROPOS RECUEILLIS
PAR CEDRIC COPPOLA

 

 

 

L'album sera en écoute intégrale sur DEEZER dès ce week-end pour les abonnés...

Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

Commenter cet article

lew 22/03/2013 23:48


"mental", "voudrait" (erratum, pardon.)

lew 22/03/2013 23:45


beaucoup d'admiration pour le musicien Murat, son mentl de feu, sa noblesse d'âme (qui plane tel un gypaète dans le bleu du ciel, refusant de se poser au sol pour
rogner de vils os en plastique q'une industrie moribonde voudrzit lui jeter). 


il pourrait se reposer sur ses lauriers mais il va encore au rendez-vous des gens qui écoute et aime sa musique.


c'est un choix de sa part mais aussi une forme du plus haut des respects.


en ces temps où tout est rigolade et cynisme cancanier, il n'est pas neutre de le rappeler.


thanx to you dear Jean-Louis et tous nos voeux pour votre album et nouvelle tournée.

Armelle R.G. 22/03/2013 19:36


une petite marseillaise en plus peut-être ce soir?


allez, bonne glissade à tous ceux qui auront la chance d'être les premiers...