INTERVIEW : le prochain album est prêt!

Publié le 29 Septembre 2010

VOus me direz : oui, bien sûr, on le savait, ou on l'imaginait bien! Mais Jean-LOuis Murat se dit prêt à l'enregistrer! Et ça, c'est nouveau, même si le ton général, lui, reste ancrée dans le pessimisme...  avec un titre "accrocheur" et polémique...

 

 

 

http://www.lamontagne.fr/editions_locales/moulins/jean_louis_murat_deteste_clermont_ferrand@CARGNjFdJSsGERMFBRQ-.html

 

MOULINS
Arts, culture et spectacles 
mercredi 29 septembre 2010 - 11:00

Jean-Louis Murat déteste Clermont-Ferrand

 

Entre le téléchargement gratuit et les concerts mal payés, Jean-Louis Murat voit l'avenir de la musique en noir. Cela ne l'empêche pas de préparer un nouveau disque. Entretien.

 

 

 

 

La scène, c'est un moment d'angoisse ou de plaisir ?

Non, il n'y a pas d'angoisse. C'est du plaisir de jouer avec des gens avec lesquels je m'entends bien... Denis Clavaizolle aux claviers, Fred Jimenez à la basse et Stéphane Reynaud à la batterie... et que je suis content de retrouver. On est tous un peu amis.

Vous avez enregistré « Le cours ordinaire des choses », à Nashville. Pourquoi être parti si loin ?

Pour trouver de super-bons musiciens et de super-bons studios. J'y allais surtout pour ça. Les musiciens américains ont le bon esprit pour faire cette musique. Ils font ça tous les jours. C'est très agréable de bosser avec eux.

Des musiciens de studio français, il n'y en a quasiment plus... La France n'est pas vraiment une vraie référence là-dedans. Là-bas, c'est assez pro et chez nous c'est assez amateur.

L'amour, la mort sont des thèmes récurrents des textes de vos chansons. Selon vous, c'est ce à quoi la vie se résume ?

Apparemment, il n'y a rien d'autre. Plus on avance dans la vie, plus on se rend compte qu'il n'y a que ça qui compte, notre façon d'envisager l'un et l'autre. Il n'y a rien de plus important que ça.

Même si vous l'abordez de manière assez sombre voire déprimante?

Ha non... Mais on est tous pris là-dedans. On connaît tous des gens qui meurent, on voit la difficulté qu'ont les amis à affronter ça. On connaît des gens qui s'aiment, qui se quittent. Je crois que c'est central, l'axe même d'une vie humaine. C'est d'aimer et de savoir mourir.

Je ne vais pas faire des choses sur la politique ou sur le changement climatique ! On peut toujours se faire plaisir en disant que le monde est affreux, qu'il faut absolument le changer, mais les leçons de l'histoire ont été tellement cuisantes... Les destins sont individuels et il faut donner le bon exemple aux quelques personnes autour de soi. Je ne suis pas un utopiste de la politique. Je suis plutôt un pragmatique "proche environnement". J'essaie de bien vivre et de donner l'exemple autour de moi.

Quel regard portez-vous sur la nouvelle scène rock à Clermont ?

Il y a toujours eu plein de groupes sauf que personne n'en parlait. Je crois que la mairie de Clermont et la Coopé sont très efficaces en communication.

Mark Daumail (Cocoon) a confié avoir souffert de l'étiquette de groupe clermontois et qu'il ne s'est jamais senti à l'aise à Clermont. Est-ce que vous n'en aviez pas assez à une époque d'être étiqueté "chanteur auvergnat" ?

Cocoon a bien été content de profiter de la vague clermontoise et personne ne les empêche de déménager à Lons-le-Saunier ou à Charleville-Mézières. Moi je ne suis pas Clermontois. Pour nous à La Bourboule, Clermont, c'est Versailles. On déteste. C'est un peu l'émergence de la musique des bobos clermontois.

Est-ce que vous pensez déjà au prochain album ?

Oui, j'ai bossé tout l'été. J'espère entrer en studio bientôt. Je suis prêt à enregistrer et à sortir un nouveau disque. Ça ne dépend pas de moi mais de la maison de disque. C'est devenu très compliqué. On a un milieu où on ne contrôle pas grand-chose. Les deux tiers des gens des maisons de disque ont été virés, les studios ferment, on ne trouve plus de musiciens. C'est un métier totalement sinistré.

Les tournées compenseraient la diminution des ventes de disques?

C'est de la blague. Ce n'est pas du tout vrai. Je connais plein de musiciens qui laissent tomber leur instrument, ils cherchent du boulot. Autour de moi, les deux tiers font autre chose. Ils prennent des petits boulots. Tout le monde veut tourner. Certains le font dans des conditions ahurissantes. Je connais de bons musiciens, payés 20 euros le concert. C'est le problème de l'offre et de la demande. Tous les musiciens sont prêts à accepter de jouer pour 20 euros. La scène n'est pas rentable sauf les gros qui remplissent des stades.

 La mise en ligne de la musique sur Internet et le téléchargement permettent à des groupes de se faire connaître?

Ça a été une mauvaise manie de laisser penser aux gens que ça pouvait être gratuit. C'est nous, les musiciens, qui en prenons plein la pipe. J'ai des copains, ils ne vendent pas une chanson par mois sur Internet. Les gens viennent, écoutent et ils se cassent. Le téléchargement, c'est de la blague. Pour mes trois derniers albums, j'ai touché 47 euros de téléchargement.

En tant qu'amateur de sport, qu'est-ce qui vous a le plus marqué : la mort de Fignon, la victoire de l'ASM ou la médiocre prestation de l'équipe de France de football à la Coupe du monde ?

Le décès de Fignon, ça m'a beaucoup touché ; que l'ASM soit enfin championne de France, c'est bien. Quand au football, je ne sais même plus ce que ça veut dire. Aucun intérêt.

J'ai des enfants à élever. Je ne veux pas leur donner leur mauvais exemple en m'intéressant à un sport qui véhicule des valeurs négatives. Je donne le bon exemple en ne m'intéressant plus du tout à ça. Le cirque infâme de l'équipe de France à la Coupe du monde est risible. Ça m'a complètement dégoûté du foot. Mais y a plein d'autres sports.

Le vélo par exemple?

Je garde toujours une affection pour le Tour de France. Quand j'étais ado, la vraie vie aurait été de porter le maillot jaune. Si je pouvais recommencer ma vie, je serais coureur cycliste. C'est un sport où il y a des qualités humaines, de courage, de détermination, d'opportunisme, de modestie, de travail de l'ombre que j'aime beaucoup. 

Jean-Louis Murat jouera à Yzeurespace, à Yzeure, vendredi 1er octobre, à 20 h 30. Tarifs : 26 euros ; 20 euros en réduit et 13 euros pour les moins de 16 ans et les abonnés. Réservations au               04.70.48.53.87        ou billetterie sur place.

De retour dans les bacs il y a un an avec un nouvel album, « Le cours ordinaire des choses », Jean-Louis Murat est à nouveau sur scène. Il jouera vendredi soir, à Yzeure.

 

 

 

Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

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Muse 02/10/2010 15:29



Clermont vue de la Bourboule, c'est sûr que c'est la grande ville un peu froide...mais bon, la Bourboule sait aussi faire sa grande duchesse proutprout avec ses villas Belle Epoque. Par contre je
rejoins son pragmatisme...j'ai le même dans la transmission à mes élèves. Pour les musicos à 20 euros de l'heure, c'est une réalité, de même que les petits jobs à côté pour arriver à croûter et
ça concerne aussi les artistes plasticiens, danseurs, comédiens, etc...et pour des hommes du même âge que lui sur l'Auvergne, c'est difficile de trouver un boulot de complément qui ne soit pas de
grande pénibilité.



rhiannon-luna 29/09/2010 22:49



Elle est bonne cette interview ,il n'a pas tort sur beaucoup de ces propos ,contente d'apprendre qu'il continue malgré la négativité ambiante du métier ,je trouve çà hyper courageux ....j'espère
que nous serons plus nombreux à l'apprécier...c'est tout ce que je souhaite por lui...la majorité des gens ne se rendent pas compte de son énorme talent....écrivez,composez,faites de la scène et
après on verra...



Julie 29/09/2010 13:58



Blablabla comme d'habitude. On va attendre patiemment l'album.



Pierrot 29/09/2010 18:31



Oui, bla.. mais bla  bla plat et barbatruc.... Il a pas retrouvé le péchot...



armelle 29/09/2010 13:50



ah!  Jean-Louis et le vélo : une grande histoire d'amour!