Interview Nord-Eclair

Publié le 30 Mars 2010



Quelques trucs sympas:
- à la fin, Jean-louis Murat met les choses au point sur son manque de communication avec le public sur scène.
- un nouveau graal dans les malles :  Au mois de janvier, j'ai écrit continuellement pendant un mois. C'est un poème de 2 500 vers illustrés par des dessins. J'aime beaucoup ça, mais cela ne me viendrait jamais à l'idée de le publier.


http://www.nordeclair.fr/Loisirs/Musique/sorties_disques_-_rencontres/2010/03/30/jean-louis-murat-vagabondage-poetique.shtml

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"TOURCOING

Jean-Louis Murat, vagabondage poétique

Il a enregistré à Nashville son dernier opus, l'excellent « Le cours ordinaire des choses ». Des odes intemporelles tour à tour lumineuses, orageuses, inquiètes, lascives. L'ermite auvergnat sera en concert ce vendredi au Grand Mix.

PROPOS RECUEILLIS PAR PATRICE DEMAILLY
Ce crochet par Nashville était-il l'envie du moment ?


>> Cela faisait longtemps que j'y pensais. Là, ça tombait bien, j'avais des chansons prêtes. Tout était réuni même le cours du dollar (rires). Si je pouvais enregistrer un disque sur deux à Nashville, ça m'irait parfaitement.

Vous n'êtes pourtant pas fan à la base de country...
>> Moi, c'est plus Memphis, le rythm and blues ou la soul.
Je n'ai pas de disque de country à la maison, ce n'est pas mon truc. Par contre, j'ai toujours su que les musiciens de la country étaient les meilleurs. Dylan disait aussi toujours ça.

Que leur avez-vous dit en arrivant ?
>> Ils m'ont demandé de quoi parlaient les textes. Je leur ai dit que ce n'était pas leur problème, qu'ils devaient juste écouter la musicalité de la voix. On a vu chacun ce qu'on était capable de faire et on s'est calé.
Il faut être bon, timide, mais pas inhibé.

Timide, Jean-Louis Murat ?
>>Dans beaucoup de situations, oui. Rentrer dans un magasin est un exercice impossible pour moi.

À l'écoute du disque, votre patte reste néanmoins significative...
>> C'est ce que j'espérais bien. Je ne suis pas allé là-bas pour ramener un truc Nashville. Au départ, j'avais un peu les jetons. Il n'y a qu'à la fin avec la pédale steel et les cordes que je me suis dit qu'il fallait mettre une petite touche Nashville.

On vous colle souvent l'étiquette de poète maudit. La chanson « M. Maudit » est-elle une manière de répondre ?
>> Certainement. Je me dis souvent que c'est une malédiction d'être comme je suis. Cela m'arrive au moins une fois par jour.

Vous ne vous aimez pas ?
>> Je ne peux pas me supporter. Franchement, j'ai vraiment du mal avec moi-même.
Cela me pèse beaucoup. À la maison, ma femme a l'habitude, elle m'entend dire : « Murat, j'en ai marre ! ». J'aimerais parfois avoir une autre identité.

Pourquoi ne pas enregistrer sous un pseudo ?
>> J'ai déjà essayé, mais on me reconnaît facilement (rires).


« Chanter, c'est ma façon d'être au monde/Chanter, c'est ma façon d'aimer... ». Ailleurs, est-ce l'enfer ?
>> La façon dont je m'identifie à mes yeux, c'est quand je chante. Sans ça, je n'ai pas l'impression d'exister. Je me fais gravement chier. Si au bout de trois ou quatre jours, je n'ai pas écrit un nouveau morceau, je sens que je vais devenir fou. L'ordre impératif vient de l'intérieur. C'est finalement une affaire de santé mentale.

N'avez-vous jamais eu envie de publier des recueils de poésie ?
>> En France, les tirages sont entre 300 et 500.
Tu paies de ta poche pour les sortir. Au mois de janvier, j'ai écrit continuellement pendant un mois. C'est un poème de 2 500 vers illustrés par des dessins. J'aime beaucoup ça, mais cela ne me viendrait jamais à l'idée de le publier.

Peut-on dire que votre écriture s'appuie davantage sur la musicalité des mots ?
>> Complètement. Trenet, Gainsbourg ou Brassens, c'est essentiellement l'amour de la musicalité de la langue. On n'échappe pas à ça. Donc d'un seul coup, on retombe sur une connotation littéraire de la chanson française qui est très forte. Ce serait idiot de vouloir échapper à ça.

Vous avez dit un jour : « Je suis l'éboueur de la chanson française ». Qu'entendez-vous par là ?
>> Que la messe est dite. Je pense qu'il va y avoir une sorte de dissolution de la réalité française dans une réalité européenne. Je pense qu'on est en fin de course. J'ai vraiment l'impression de cuisiner avec des restes. Je trouve que la culture française n'est plus très vibrante. Je connais plein de gens qui parlent toute la journée en français et dès qu'ils se mettent à chanter ils le font en anglais. C'est un peu comme une sexualité de substitution.

Sur scène, vous êtes un peu dans votre bulle...
>> Cela me cause des problèmes parce que les gens ont l'impression que je ne suis pas sympa. Je bascule dans une sorte d'état de transe ou second. Je suis comme déconnecté si bien qu'après le concert je ne me souviens plus de rien. Je ne suis pas très communicatif, mais ce n'est en aucun cas du mépris. Je ne peux pas finir une chanson et dire : « Bonsoir Tourcoing, vous allez bien ? ». Cela sonnerait faux parce que je n'ai pas du tout la tête à ça. Mais je me défonce tellement sur scène qu'il me faut un bout de temps pour m'en remettre.w



LE LIEN EN PLUS:

Un article sur le festival de Carcassonne où se produira le barde auvergnat tout enmurraillé.
http://www.ladepeche.fr/article/2010/03/30/807189-En-bastide-un-volet-gratuit-de-valeur.html

Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

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Florence 31/03/2010 10:15



Oui c'est bien ce que je disais, la transe, l'état second. 


Parfois elle se communique au spectateur, parfois non. Cela passe ou pas par la musique, et selon l'état du spectateur.