Interview RESPECT MAG (podcast)

Publié le 28 Février 2010

Je n'avais pas vu que l'interview écrite n'était qu'une retranscription partielle d'un entretien plus complet disponible en audio.
C'est téléchargeable ici:

http://blorenzi.podomatic.com/entry/2010-02-27T03_07_34-08_00

L'occasion d'entendre un Murat assez vif et loin d'être désespéré, contrairement à ce que les propos sur le RMI (Jean-Louis: c'est le RSA maintenant!!  et "RSA socle" même, comme un socle de charrue, ou RSA activité pour les travailleurs pauvres...comme vous)  pouvaient laisser craindre.

Rien de très nouveau toutefois.

Rédigé par Pierrot

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Ton Pire Ennemi 02/03/2010 15:10


Ca me paraît difficile de prendre M comme point de comparaison avec Murat: il ne fait pas de la soupe, OK... mais ses 4 albums sont loin d'avoir marqué l'histoire de la chanson. C'est un super
performer sur scène, mais artistiquement et discographiquement parlant, c'est encore un poids plume (en terme de qualité).

Il illustre bien, il me semble, la domination que commencent à prendre les "purs artistes de scène" (M, Camille) sur les gens qui s'épanouissent davantage en studio (Biolay, Murat, Christophe).
Cette tendance du spectacle vivant qui l'emporte sur le travail discographique, pour ma part, je trouve ça dangereux. Car M a beau être adorable et être un super showman, ses disques ne sont pas de
ceux qui "changent la vie" des auditeurs ou qui renouvellent le paysage musical.


fane 01/03/2010 22:21


tout d'abord merci chèr Pierrot pour ton blog ,je crois que ce qui différencie jlm d'un autre chanteur de variété c'est qu'il est dans une démarche artistique il a fait des choix qui lui permette
sans doute d'être ce qu'il est aujourd'hui et de faire ce qu'il fait et merci à lui de n'être pas rentré dans ce pauvre système des grands de ce monde !!!il a raison de parler de la crise du disque
je crois que l'on est dans une période charnière et qu'elle risque de durer je ne me fais pas de soucis pour lui j'èspère qu'il continuera son art et je dois bien dire que je risque de trouver le
temps long jusqu'au prochain album ... Mais il en est ainsi... n'est ce pas ?


Muse 01/03/2010 20:25


Je sais que la critique sur M n'était pas méchante. Mais ça me sidère que JLM se pose la question du pourquoi de la gentillesse et de la générosité de M. Avec un papa et une grande-mère aussi
exceptionnels...franchement...comment aurait-il pu en être autrement?

La fenêtre d'employabilité était bien plus grande dans les années 70 qu'aujourd'hui, Pierrot. L'époque était plus florissante économiquement même après le premier choc pétrolier. Y compris avec des
responsabilités familiales et pas spécialement un niveau scolaire élevé, il était tout à fait possible de s'en sortir économiquement sans trop de souci. Ce qui n'est plus du tout le cas
aujourd'hui.
(je le vois avec une partie de mes élèves ados, apprentis de l'industrie et jeunes papas).

Et pour avoir des amis de l'âge de JLM qui sont depuis une dizaine d'années dans la précarité au plan professionnel, confrontés à la gêne financière alors qu'ils ont eu l'essentiel de leur carrière
dans une relative opulence et sécurité de l'emploi, c'est vraiment une situation qui les perturbe énormément. Parce qu'elle les met face à une existence que même lorsqu'ils étaient jeunes et peu
qualifiés dans un emploi, ils n'avaient jamais connue aussi rude.

Peut-être les errances successives muratiennes viennent -elles aussi d'une certaine forme d'isolement, certes choisi, mais qui aussi l'a peut-être mis plus en difficulté professionnellement au fil
des années (hors ses difficultés d'ordre privé). Des collaborations musicales sont évidemment plus contraignantes, moins excitantes mais permettent de plus facilement rebondir économiquement.



Pierrot 01/03/2010 20:45



bon, sur M, pas la peine d'épiloguer: m'enfin, m. , moi, c'était juste une vanne... genre: «Je n'aime pas dire du mal des gens, mais il est gentil» 'les bronzés... oui, la
citation des bronzés, ça le fait moins que "l'autre", la Chedid...
Sur l'emploi, c'est un peu mon métier aussi, donc... hein, bon...


Mais Murat, ce n'est pas un travailleur, c'est un artiste... dommage qu'il y ait des contingences.. même si la contrainte fait partie des arts.



Muse 01/03/2010 18:41


Après écoute attentive, effectivement, interview un peu moins plaintive parce qu'il reconnait quand même (à croire qu'il lui aura fallu du temps) qu'il n'est pas le plus malheureux des malheureux
même si économiquement c'est pas facile.
J'ai bien aimé le fil rouge des chansons avec petite analyse préalable.

Contente que JLM ait pu échanger avec d'autres et sa compagne pour essayer de voir comment gagner sa vie autrement. Rien ne vaut le dialogue pour avancer.
Peut-être cette difficulté passagère lui permettra de découvrir et comprendre d'autres choses sur lui-même mais aussi sur la société, choses auxquelles il n'aurait pas eu accès en des circonstances
plus favorables.

Même s'il doit momentanément faire des choses différentes et moins personnelles pour retrouver une autonomie financière, cela nourrira son travail et sa réflexion artistique. Et cela contribuera
aussi à sa valeur intérieure et à ce qu'il transmettra à ses enfants au plan éducatif.
C'est sans doute plus difficile de s'adapter à l'âge qu'il a aujourd'hui que sur la génération qui est la mienne qui a démarré une activité pro il y a environ 15 ans avec déjà la précarité et qui
n'a quasiment connu que ça. Lui a vécu les 30 glorieuses et même ses petites galères de démarrage ont été relativement douces parce que le contexte économique des années 70 était proche du
plein-emploi. Ce qu'il avait sans doute trouvé dur lorsqu'il était jeune, paraitrait à des jeunes d'aujourd'hui plutôt léger car la galère actuelle de chômage et de précarité est d'une toute autre
dureté.

Donc je comprends bien que le contexte l'effraie. Mais si nous, petits anonymes et plus jeunes, sans gardes-fous, sans appuis, on arrive à surnager même petitement (tout en faisant des choses qui
nous intéressent), alors il en sera de même pour lui. Et il sera fier d'avoir affronté et dépassé ces épreuves.

Pour M,  s'il veut comprendre d'où lui vient sa gentillesse, faut qu'il lise sa grand-mère, Andrée Chédid. Grande grande dame de la littérature et d'une immense humanité: " Avancer, reprendre joie, défier l'obstacle, peut-être le vaincre, puis aller de nouveau: tels sont nos possibles ", écrit
elle...
Elle dit aussi: « L’Art, c’est tout ce qui est en dehors de notre étroite peau. L’homme a toujours besoin d’échapper à son étroite
peau. L’étroite peau, c’est l’autobiographie. Nous sommes plus que ça. »
Si y a des bouquins qui peuvent remonter le moral de JLM, ce sont bien les siens.
J'ai l'impression que Louis Chédid, fils d'Andrée et papa de M a récupéré cette humanité maternelle et l'a transmise à ses enfants dont Matthieu alias M.
Oui, M gagne bien sa vie actuellement même en temps de crise et sans faire de la soupe. Tant mieux!
Mais ça vient aussi de collaboration musicale avec d'autres artistes dont Brigitte Fontaine, Vanessa Paradis...cette curiosité des autres artistes, cette envie de partage musical l'a peut-être
porté aussi dans sa démarche...d'où son succès.



Pierrot 01/03/2010 19:02


merci pour ce beau commentaire avec de la polésie dedans... Son commentaire sur M n'avait rien de méchant...  Tu parles de Vanessa Paradis, c'est l'occasion de dire que j'ai apprécié le
travail d'Albin de la Simone(qui a joué avec Murat)  pour les orchestrations du concert de Mme Depp sur Canal+.
La comparaison entre générations, je ne sais pas trop ce que ça vaut... Jean-Louis Murat avait la responsabilité d'une famille, il avait 20 ans dans la première crise pétrolière...

En parcourant beaucoup d'articles ces jours-ci, on voit quand même que la vie de Murat est aussi une succession de périodes pour lesquelles  je ne sais pas si on doit parler de
dépression, mais grises, de déprimes, d'errements: traversée du désert (82-85), rupture (avant Dolores), crise existencielle (moujik)... et il a toujours rebondi...


Muse 01/03/2010 17:20


Psitt...Pierrot...c'est pas le socle de charrue...c'est le soc de la charrue.
Le soc c'est une pièce d'acier d'une charrue qui tranche la terre, muni à la fois le plus souvent d'une pointe et d'un versoir.
Un socle est une base sur laquelle repose un objet.
La base d'une charrue c'est la pièce de bois nommée age sur laquelle s'articulent toutes les autres pièces dont le soc.

Je vais écouter l'interview. En espérant qu'effectivement il sera moins dans la plainte...


Pierrot 01/03/2010 17:24


... 
j'ai mis le chariot avant les beaux...enfin, je poste trop vite...