La Chronique dans "la MONTAGNE" (avec interview)

Publié le 25 Septembre 2011

 

par le camarade Julien DODON, toujours prêt pour l'article sur Murat!  Pas le temps de commenter ici, on en discutera dans les "commentaires"...

 

  http://www.lamontagne.fr/editions_locales/clermont_ferrand/le_nouveau_jean_louis_murat_demain_dans_les_bacs@CARGNjFdJSsAFhwNAxU-.html

 

TEMPS FORT : Clermont-Ferrand

CLERMONT-FERRAND
Musique 
dimanche 25 septembre 2011 - 05:22

Le nouveau Jean-Louis Murat demain dans les bacs

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Rien n'est important, j'écris des chansons comme on purgerait des vipères. Jean-Louis Murat est une espèce en voi(x) de disparition, comme le grand lièvre, animal devenu rarissime dans les campagnes, et pas seulement celles d'Auvergne. Une espèce en voie de disparition, ça se protège.

Dieu, Jupiter, et le travail ? Ecrire, créer, « c'est du travail. Quand tu fais de la musique depuis trente ans, tu fais bien les choses. C'est pas que tu es inspiré par Dieu, ou que tu sors de la cuisse de Jupiter, et que tu appuies sur un bouton, la création, c'est du travail, et une façon de bien maîtriser son instinct ».

De Grand Lièvre à Satisfaction... Une chanson est bonne quand « je la répète avec les mecs. C'est à ce moment que je décide où non de la garder. Pour Grand Lièvre, j'avais 44 chansons en studio. C'est assez mystérieux, cette idée d'une chanson terminée et bonne. Tu es très mal placé pour juger de ça. Quand les Stones font Satisfaction, Keith Richards dit c'est quoi ? C'est une face B... » !

Eno, Fred, Stéphane, Slim et les autres. Bosser avec d'autres ? « Je l'ai fait plein de fois, un fiasco. Et puis, c'est super-prétentieux mais je crois que je n'ai besoin de personne. Je n'ai jamais laissé la réalisation de mes disques à qui que ce soit. Enfin si ! J'ai fait quinze jours à Londres dans les années 90. On dépense une fortune et tout finit à la poubelle. J'ai failli bosser avec Brian Eno, une fois. Il a tout écouté, il m'a écrit pour me dire, en gros, débrouille-toi tout seul. Ça m'a vachement mis en confiance. J'ai eu ça très tôt dans ma carrière. Ça n'empêche pas de bosser avec Stéphane, Fred, Émerick, Slim, Christophe, etc. Je ne bosse pas tout seul ».

Sur la même ligne. Le processus d'écriture de la chanson, « je ne vois pas qui d'autre que moi peut le maîtriser. En fait, j'aime assez envisager ce métier de manière solitaire. [...] Une chanson, c'est, quand même, des bouts de musique et des bouts de textes et ça dure 3,30 minutes. Une chanson, c'est une chanson, qu'elle soit de moi ou de C. Jérôme. C'est le même boulot. Si tu le fais avec le même soin. Y'a pas de strates, y'a pas un truc qui est mieux parce qu'il est signé d'un tel ou moins bien parce qu'il est de je ne sais qui. Tu fais un job, c'est tout.

La position du champion. Personne n'a écrit ou n'écrit comme Murat... « J'espère bien (rires) ! [...] J'aime être en position de champion. Il n'y a pas de domaine privilégié. Tu peux être champion en clôture, comme mon pote, Émile. Moi, je ne fais aucune différence. Si t'es bon, t'es bon. Moi, j'espère être consciencieux.

Regarde l'amer. « Je suis très content de vendre beaucoup d'albums, déçu d'en vendre peu, mais je ne peux pas en faire une maladie. Je ne peux pas me remplir d'amertume parce qu'un disque ne se vend pas autant qu'on l'imagine ».

Le défaut de la qualité. « J'aime écrire de la poésie pure. Mon gros défaut, c'est d'avoir une écriture trop littéraire. C'est peut-être ce qui me pénalise le plus. C'est pas une bonne idée de mettre cela en avant. J'écris trop littéraire. Il m'est difficile de faire autrement. C'est plus difficile d'écrire simple que d'écrire compliqué, on le sait tous. Ma nature est ainsi. Je ne vois pas comment simplifier un texte, la vie c'est tellement compliqué, enfin sophistiqué plus exactement. Je suis fabriqué d'une façon ancienne ».

Un piano, une seconde et Jim Harrison. Plus qu'une véritable histoire, Murat sait raconter, tirer sur un instant pendant des minutes. « Comme un moment qui a de la pédale, au sens pianistique du terme. Dans ces deux secondes-là ont pu s'engouffrer des sensations, des choses. En ce sens-là, je suis un peu prisonnier d'un certain style, d'une certaine grammaire à la française, je crois. Je suis très vieux jeu dans ce sens. Avec Jim Harrison, le goût du camembert, il fait trois pages... »

La méthode Chabrol ? Le prochain album est déjà écrit, ou presque. « En fait j'applique la méthode Chabrol, je ne suis pas stressé par la sortie d'un album parce que je suis déjà sur le suivant ». Intox.

Julien Dodon

 

Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

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