Folks, "french songs" et "1,2, 3"

Publié le 27 Décembre 2012

 
 
 
 
Les fêtes de Noël débutaient bien :  Julie de Microcultures, label artisanal et participatif,  m’offrait un CD de Folks, chanteur susnommé.  Cadeau un peu empoisonné : me voilà obligé à un  devoir sur table « chronique d’album »… Double peine même :  quand je mettais un point final à l’article en insérant une vidéo, vlam bam patra-clic, tout le reste qui s’efface…  et en bidouillant, schratch-plouf… écrasé aussi le bout d’article sauvegardé par over-blog !   Un bel article bien chiadé pour une fois, avec de l’humour , du brio… et pflou, puis rien.   Vert !  Et vous savez qui a fait le coup ?  NAGUI !!   C’était une vidéo de  Taratata que je souhaitais insérer…  Bon, ok, je ne devrais pas écrire directement sur la plateforme (qui n’offre pas qui plus est  de correcteur d’orthographe, vous l’avez remarqué), mais voilà, ici, c’est spontané…   Un peu dur de recommencer à zéro… mais soit : on m’a fait un cadeau, je dis merci… même si je doute de mon pouvoir de prescription… puisque « bonne espérance » de Voyage de Noz devrait être disque d’or si j’en avais un.  
 
Alors, « Folks », ça  me disait vaguement quelque chose,  une chronique lue  quelque part sans doute, mais à peine…  Après un peu de recherche, j’ai constaté qu’il avait eu une bonne presse, notamment dans les Inrocks, et la diffusion d’un clip… et même donc une invitation à TARATATA…  Et voilà quand  même  le label obligé d’offrir un CD à bibi… Le monde va mal, le monde va mal… et pas uniquement parce que nous sommes tous morts depuis le 21 décembre.
http://static.microcultures.fr/folks/folks-cover-small.jpg
Bel objet : CD cartonné, avec deux disques :  French songs, en français, et 1,2,3, (ou one, two, three) car en anglais. J’apprécie moyennement  le visuel : une photo de psychokiller rural enchâssé  dans un graphisme lui aussi inquiétant,    avec  un sobre « FOLKS » en lettres capitales…  Ca donne pas une envie folle d’écouter… surtout que l’appellation « Folks » est quand même un peu suicidaire à l’heure des recherches « internet » (et puis, il existe déjà les Modern Folks de Grenoble…).  Bon, certes, certes, pour une fois, le nom est quand même bien choisi… C’est pas du hard rock, ni de la jungle. Folks nous propose des ambiances folk donc… et le premier titre nous y plonge sans attendre…  Guitare sèche…    Mais comme dans la plupart des titres, une belle orchestration intervient ensuite.  Parfois légère,  parfois plus appuyée…  Les orchestrations sont signées de Nicolas Broscovic qualifié de « producteur visionnaire » par Benzine Mag pour son travail avec Watine, et  il semble effectivement qu’il a du talent, François Gauer, de son vrai nom : les cordes prédominent mais pas seulement  (chœur, piano, violoncelle inquiétant...).   Dommage toutefois que les titres soient un peu conçus de la même manière avec  une entame systématiquement  en acoustique, puis intervention de l’orchestration (programmation…).  Le titre qui a fait l’objet du clip  avec son banjo est  le plus pop et n’est donc pas tout-à-fait représentatif de l’album. Il m’évoque Florent Marchet et son yukulélé  (Folks le cite d’ailleurs du bout des lèvres en interview : chez Mandor).   
Alors, oui, on pourrait espérer un peu plus de variétés, des titres plus enlevés (cela peut paraitre monotone aux premiers abords)… mais c’est aussi un des atouts de ce disque. Une belle unité, des titres  un peu down tempo,  avec une ambiance idéale  pour les soirées d’hiver,  à écouter avec les volets fermés pour se laisser bercer,   spleenifier, mélancolifier.  Je pense que certains pourraient ne pas adhérer facilement à la voix : elle est fragile et ose se hisser à certaines hauteurs…  mais c’est pourtant  ce que j’apprécie souvent chez les chanteurs… une fragilité qui crée de la sincérité, et donc de l’émotion.  Je n’avais pas retenu grand-chose des textes aux premières écoutes, on n’est pas dans l’écriture à slogan de Benjamin Biolay, ni dans la poésie muratienne, mais c’est plutôt des évocations joliment troussées (dommage qu’il  n’ait pas de livret).
 
Mise à part 4 par 3 dont le texte est trop explicite, j’adhère à tous les titres en français… mais il n’y en a que 6… ce qui est un peu court pour un gars qui n’écoute pratiquement plus du franzosich spreche ou quelque chose comme ça.
Le CD en anglais propose 10 titres. Le changement de langue sonne un peu étrange… mais ayant le niveau W 12 (référentiel européen, niveau vache  aragonaise poliomyélitique) je ne me prononcerai pas sur l’accent.  Les chansons sont peut-être un peu plus épurées…  et le charme opère… Des bien belles ballades, magnifiées par les orchestrations justes comme il faut.  
N’ayant pas beaucoup de disque de ce genre, je pense que je réécouterais le disque avec plaisir à l’avenir. Il m’a fallu un peu persévérer, mais après quelques écoutes plus attentives, j’ai vraiment succombé aux charmes de l’ensemble…   
Voici le clip :
* L'album en écoute: 
 * Et A TARATATA, belle version solo (bon,rien à faire pour faire afficher la vidéo):
Et encore un autre live solo:
 
* PLUS D'INFOS:
1,2,3 est le premier album et french songs est un EP qui est venu ensuite... Je l'encourage à continuer en français.

Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

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Matthieu 31/12/2012 11:44


  Mais oui, il est passé par ici et il repassera par là, le Matthieu du bois joli...


  Merci à toi, Lew, pour ce chaleureux salut, je t'en envoie un tout aussi chaleureux. Et ne nous fais pas le coup de la petite crise de confiance de fin d'année : tu sais bien que ta cote
de popularité parmi les commentateurs de ce blog est au plus haut...


  Bon ski, Pierrot.

lew 28/12/2012 16:54


Murat qui est d'ailleurs immensément reconnu au Japon (on le sait depuis l'un de tes billets qui révélait la reprise récente d'un chanteur japonais à la muratophilie
galopante).


à côté l'histoire de Sixto Rodriguez (qui connut le même destin muratien mais cette fois en Afrique du sud) est de la petite bière comparée à l'Odyssée des chansons
muratiennes qui cheminent souterrainement (sous forme de cassettes ou de CDs clandestins, échangés de la main à la main) dans tous les foyers de l'ex empire du soleil levant.


(ça rappelle aussi l'histoire d'un obscur prof de maths français qui est une totale star de la chanson en Mongolie.)

lew 28/12/2012 16:38


oui le ukulélé est très de sortie, voire de rigueur, chez les jeunes coureurs des steppes automobiles qui pilotent les deux mains sur le Bolan et sa guitare
tremblottante mais les lâchent volontiers dans les virages des toboggans de la chanson française. le parcours est parfois dangereux. toujours bien tenir le guidon, il faut.


moi ton Folksie me plonge direk dans l'univers de Boogaerts même si on sent que le gars vise autant Bon Iver que Grizzly Bear.


mais bon, chouette chronique. (le Marchet de Noël a été flateusement épinglé dans un article du Point, il y a deux semaines.)


sinon, c'est vrai cette rumeur que Murat entamerait un "never ending Tour" en mars 2013 et qu'il ferait un arrêt au Japon, pui un disque live "At Budokan, sur un
toboggan" ?


bien à toi Pierrot, et bonnes fêtes de fin d'année à toi et aux tiens (ainsi qu'à tes ami(e)s commentatrices et commentateurs qui sont aussi un peu, je l'espère, les
miennes et les miens, d'amis.)


un chaleureux salut deux mille treizien à Mathieu s'il passe par ici...(fait avec les deux mains.)

Pierrot 29/12/2012 09:19



Salut Lew...


L'article pour mes voeux est programmé pour la soirée du 31... pendant que je prends quelques jours de repos au ski non mérité



Muse 28/12/2012 13:02


Merci pour la découverte, Pierrot. C'est sympathique, plus pop que folk mais pas renversant, en tout cas de mon point de vue. Voix trop juvénile...je lui préfère celle de Nilda Fernandez si l'on
parle de voix haute. Plus mature, moins sucrée aussi...et puis cette accroche fière et vibrante qu'a la voix de Nilda, ça fait pour moi toute la différence (sans même parler de la musique qu'il
fait).