lecture N°2

Publié le 30 Août 2010

 

Bon, vous êtes resté dans un silence poli lors de ma première tentative au mois d'août, mais je remets le couvert. "Ca peut pas faire de mal".... sauf aux oreilles, voire aux yeux... et c'est sans prétention...

 

J'avais quelques photos à utiliser, ce qui m'a guidé dans mon choix... qui s'est avéré difficile...  DORDOGNE... Mais ça a confirmé mon idée que la lecture des textes pouvait être une bonne idée... notamment pour se rendre compte que ce texte ressemble à une gageure...  Essayez de prononcer Dordogne! et aussi comme un milan noir
quand monte le soir,
et fuirait ... pour entamer un vers...  Pas facile....

  

C'est en tout cas un texte  très personnel avec ses multiples références au milieu: Sancy, Chamablanc, Vendeix. Le site:    http://www.sanadoire.com/auvergne/site7.html nous révèle une clef:

   La vallée du Vendeix est l'endroit où Murat a passé son enfance, d'où sa présence dans ses chansons et notamment dans "Murat en plein air". 

  

  

 

 

 

 

 

DORDOGNE

 

ma femme Joconde
mon unique au monde
Dordogne

fureur muette
au cœur de mon être
Dordogne

je rêve en secret

au pied du rocher
à Vendeix  

 

à mon unique au monde

ma femme Joconde

Dordogne

 

là-haut sur les montagnes
tu retiens mon âme
Dordogne

comme un milan noir
quand monte le soir
Dordogne

mon cœur étonné
revit ses étés
à Vendeix  

 

fuirait dans le temps
comme ton courant
Dordogne

pluie sur Chamablanc
début du printemps
Dordogne

tu baignes mon sang

depuis deux mille ans

Dordogne

donne à la vallée

verse ta rosée
oh ! Vendeix  

 

que l'eau comme l'or
enchâsse ton corps
Dordogne

source de ma vie
neige sur le Sancy
Dordogne

du fond de l'enfer
vie crachée sur terre
Dordogne

un chagrin secret
retient mon passé
à Vendeix  

 

mais j'ai sur mon âme
ton prénom de femme
Dordogne

PS/ Les photos du pont sur la  Dordogne ont été prises la veille du concert de Clermont en 2010 au Mont-Dore. Les autres images sont captés avec ma caméra à partir de la VHS "Murat en plein air"... La petite musique de fin est issu de la BO de "coupable".

Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

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lew 06/09/2010 22:46



Hello Armelle et Pierrot...


émotion intacte pour moi (déjà presque vingt ans pour le Murat En Plein Air...), quand j'entends ce titre, Terre de France, ou Le Berger de Chamablanc...toujours le même saisissement sacré ou
profane (ou les deux) grâce à cette voix et à ces mélodies...bref.


Ce que j'avais tout de suite aimé dans ce CD, c'était cette impression de proximité avec le chanteur, cette simplicité de la production (du vrai plein air!), ces sons en intro (les moutons, les
vaches, la brume électrique de l'orgue Hammond de Clavaizolle nappant tout subtilement), la voix de Jean-Louis très 'habitée' mais qui n'en fait pas des caisses, un énorme charme tranquille mais
que l'on devine fragile (ce qui en décuple la jouissance auditive), l'église...on se sent vraiment relié à la musique comme si on avait l'oreille posée sur le sol pour en capter tous les
tressaillements. Aucun provincialisme détecté non plus dans ce Murat en plein Air. Ce qui ajoute un grand prix à l'attachement que l'on a pour lui.


Ton 'essai' tient la route Pierrot, c'est une superbe idée de proposer cette lecture du texte de Dordogne (dans la chanson, il me semble que "Vendeix" est prononcé "Vin-dé")...dans ta vidéo on a
l'impression que l'oeuvre "Murat en plein air" (VHS et CD) ne serait plus accessible au 'commun des mortels' (un peu comme l'est la grotte de Lascaux, sise en Dordogne elle-aussi) mais que tu
aurais pris soin de la sauver comme un témoignage pour les générations futures...;-), comme si tu voulais en recueillir la source féconde pour faire pousser du Murat sur une autre planète,
d'autres mondes, le jour venu.


J'adorais la jolie pitchounette auvergnate de la photo de couve du disque, en habits traditionnels d'Occitanie du nord...en revanche je n'avais pas su, à l'époque, mettre un nom sur l'auteur du
texte mystérieux imprimé à l'intérieur. En ce temps-là, y avait pas internet, j'vais dû chercher tout seul.


Pierrot, je me permets de mettre ici un court passage du même auteur, tiré du "Voyage au Mont d'Or" (c'est le p'tit poème d'Armelle qui m'y fait penser) :


[...]Une nappe d'eau blanche comme l'argent, arrive jusqu'à terrre, mais ne s'y déroule pas ; elle ne trouve point un lit, mais un passage que les cadavres de ces géants naturels lui
disputent pied à pied. L'onde écume et s'échappe de chute en chute ; les arbres et les rochers, tantôt debout, tantôt chouchés, tantôt s'embrrassant de leurs racines et de leurs masses, résistent
d'un plan à l'autre. Le sol retentit au loin du bruit de la lutte, jusqu'à ce que les arbres rongés, brisés par le frottement continuel, et les rochers minés, rompus, dissous, forment eux-mêmes
un lit de sable au torrent qui, sous d'autres formes et pour d'autres emplois, les charie sous son nom de Dordogne jusqu'à l'Océan.


Je pensais d'abord que si Murat avait choisi d'intégrer la description du comte Charles-Marie d'Irrumberry de Salaberry, c'était pour se délecter du récit de la
rencontre que fit ce parisien avec le jeune 'sauvageon' farceur auvergnat...(lol), mais ayant pu lire le livre entièrement, j'ai cru deviner que ce n'était pas si simple (les rapports de
Murat avec la littérature française sont profonds, donc complexes).


Dans "Mon Voyage au Mont d'Or", Salaberry (dont la plume est souvent très alerte et plutôt acide et subtile, le plein air de rien, si j'ose dire) cite beaucoup de poètes en contrepoint
de ses 'Lettres', on trouve ainsi des citations de Shakespeare, Gray, Dellile, Pope, mais aussi (oh, surprise) de Madame Des Houlières, et de Saint-Preux...


d'Irrumberry de Salaberry était un député qui avait pas mal souffert de la Révolution (son père fut guillotiné) et qui oeuvra à fond dans les rangs des partisans hardcore de la Restauration, ce
qui lui vaudra une réputation très marquée...notons tout de même ce que Madame de Stael disait de lui :


"C'est un Vendéen avec un caractère de moyen-âge, tout français, tout généreux, tout vif, tout triste, tout gai...".


On aimerait presque lui ressembler par certains côtés au moins (hmm, d'ailleurs Jean-Louis..., non je plaisante ;-)).


Toute mes excuses pour ce laius (en plus vous connaissiez déjà l'histoire, j'en suis sûr)...


Pierrot, bonne soirée...





 


 



Pierrot 06/09/2010 23:25



Et bien, ça, c'est du commentaire! J'espère que les visiteurs prendront le temps de la découvrir! Et ce que tu dis sur mon essai est très gentil... un grand merci...( J'vais essayer de faire lire
mon père comédien amateur pour les prochaines fois...).


et je ne connaissais pas l'histoire... d'ailleurs, je n'ai pas le disque il me semble... Amusant qu'il ait lu un livre évoquant Deshoulières bien avant de retomber sur un de ses livres... Je me
rappelle avoir lu "le rouge et le noir" y' a quelques années et avoir eu la surprise d'y découvrir le nom de Béranger... mais il était plus connu...


A bientôt (si tu veux partager d'autres choses, n'hésite pas à me contacter... et on fait un article!)


 



armelle 30/08/2010 23:53



Dordogne,


ce matin même je t'ai traversée,


retour de vacances,


passant par l' Auvergne sans m'arrêter!


(chauffeur trop pressé de rentrer...)


et moi je rêvais


d'aller au Servière...


Dordogne,


je t'ai traversée


en rentrant chez moi...


 


 



Pierrot 31/08/2010 00:18



 merci Armelle! Bon retour chez toi...