SAINT-CHAMOND

Publié le 13 Novembre 2010

 

Pour aller en concert, souvent, je prends la voie de l'ouest... Un vendredi soir, sous la pluie... ça promet d'être difficile. Et pourtant, bonnes auspices : le ciel se dégage, la température monte... et route nettoyée. Et finalement, descendre sur le Rhône, dans un soleil couché, mirer  les lumières des villes sur les contreforts du massif central, sous un ciel orangé alors que la radio émet un bon Shania Twain, je dis : petit pied, mais pied quand même.

 

1h10… et dans la place ! Pierrot est dans la PLLLAACCE ! Quel chaleur… 15 °, et une chambre dans une chambre d’hôte nickel (le clos de la Reclusière)… La patronne me dit qu’elle accueille habituellement les artistes qui passent  à la salle Aristide Briand, mais que ce soir, ils souhaitaient une chambre par personne… ce qu’elle ne pouvait offrir.  Tant mieux pour moi.. et tant mieux pour eux : en découvrant la chambre charmante, je constate que  l’escalier pour monter dans la mezzanine est bien raide… Ce n’est pas des marches que doit fréquenter un rocker en rentrant de concert.

 

J’ai décidé de me mettre dans l’ambiance et je prends l’apéro… et file vers la salle à 10 minutes à pied. Saint-Chamond n’est pas vilain… si, si, je vous assure !  De jolis bâtiments en pierre… Je repense à mes arrières grands parents qui étaient métayers pour le bon père Pinay…la rente, ce n’était pas pour eux.

La salle se trouve dans un parc. 19h30, il y a déjà un peu de monde. La salle peut aller jusqu’à 900 places, mais elle est aménagée pour 600. Des gradins… et une très large fosse qui aurait permis un concert debout… mais des sièges pliables sont installés.  Je me dis alors que c’est Jean-Louis qui  a demandé  cette configuration… et je suis déçu… même si je m’installe à côté d’Isabelle la Grenobloise… au premier rang pile en face du micro.   J’apprendrais ensuite que le contrat ne précisait pas du tout d’obligation en matière de configuration assise ou debout. C’est la Mairie qui a décidé.

 

20h35… la salle est pleine, belle affluence… et ça commence déjà ! « Bonjour »….  Et c’est parti… Apparemment,  la pause dans les concerts a permis à certains d’aller se faire couper les cheveux (ça fait du bien à Stéphane…).  Sourires… ils ont l’air détendu…. Ginette Ramade. Sans surprise… mais je rentre bien dedans… Version courte. … et ça enchaine très vite avec la Mésange.  Denis est attentif  pour suivre Jean-Louis… mais Jean-Louis n’est pas décidé à partir dans l’impro. Là, encore, une version resserrée. Ca démarre doucement… Taïga….   A la fin, j’ai entendu quelqu’un dire « avoir eu peur après les 3 premiers titres ». C’est vrai que j’ai connu début de concert plus putassier : pour accrocher le public, et le chauffer… mais Jean-Louis ne choisit pas cette facilité…   En tout cas, c’est propre… Trop propre ?  Concert nettoyé des intros brumeuses qui retombent comme elles peuvent, des souffles d’harmonica, des onomatopées trop faciles…  Tout ce que j’apprécie tant habituellement…. Et pourtant, j’approuve… même si on demanderait bien à Monsieur Bahlsen d’en mettre un peu plus du larsen,  On a droit au vrai premier solo dans TAIGA… mais c’est court ! Jean-Louis ferme les yeux… mais les ouvre bien vite…

Sourires encore…. Et c’est Pauline à cheval….  Et le concert débute vraiment…  Puis, 16 heures, la salle se chauffe un peu.   Je suis moins gêné par les nappes de clavier, sont-elles moins présentes ??  Je remarque réellement les claviers sur Falling in Love où ils remplacent les violons de belle manière.

… pas le temps de souffler entre deux titres… ni d’interpeler Jean-Louis pour le faire parler un peu…  C’est fou comme ça défile… Un peu incompréhensible.

Mousse noire, chanter est ma façon d’errer.

Je suis dans l’ambiance, et j’adhère…

  Puis voilà TAORMINA…. Vrai changement avec St-GENIS LAVAL : il chante le mot « taormina »….Ce n’est pas      une version jaguaresque, on est je pense loin des 8 minutes… mais beau solo tout de même…

 Yes sir… oui, la set liste est sans surprise…

Puis, le train bleu… magnifique… presque endiablé.

 

Puis « encre »… et ces invincibles vérités…  là, encore, on est loin de la version de TOURNAI… même si je vois s’envoler de beaux postillons…. La voix est bien là… Superbe titre… et je danse sur la chaise…

 

 

Se mettre aux anges…..Solo final à tomber… Jean-Louis parle enfin mais pour sortir sa phrase rituelle sur cette tournée : « vous êtes très gentil ici »

C’est le premier rappel… Jean-Louis prend l’harmonica…. Un enfant d’une dizaine d’années a jeté un rouleau de papier sur la scène (un dessin)… et je le vois navré que Jean-Louis ne l’ait pas vu…Touchant…  Je me lève pour le dire à Jean-Louis  qui va ramasser le papier et le poser sur son pupitre.

 

 « 1, 2, 3, 4 » lance-t-il pour débuter les voyageurs perdus !…

Puis, ah !! enfin du neuf pour moi : « M maudit »… Je ne l’avais pas encore entendu live… et le titre est transfiguré. Débuté susurré, avec un peu d’harmonica,  il s’envole de belle manière.

 

Là, j’ai un doute… mais il me semble que c’est l’examen de Minuit ensuite… toujours aussi beau… le vrai grand moment de cette tournée je pense. A pleurer.

….. Fin…. Mais non… Deuxième rappel sans que le public n’ait  trop à insister !

 

Jean-Louis revient… et parle un peu : « on est voisin…. Ici, c’est les marches de l’auvergne… Marseille, c’est le marche- pied  de l’auvergne ». …Il présente ses musiciens pour la deuxième fois (plutôt sympa)… Puis, par un saut d’esprit qui m’a échappé, dit « si je me lance sur MMA, on n’en a pas fini »…  Va savoir pourquoi il fait une fixette sur MMA… mais il l’évoque souvent en concert…

Il se lance finalement dans « comme un incendie »…

Il doit être dans les 22h10…

 

Je vois encore l’enfant, inquiet que Jean-Louis ait laissé le dessin sur le pupitre… Son père essaye d’en parler au technicien sur la scène… et je tente de rassurer l’enfant : « ne t’inquiète pas : il l’aura ! Je lui parlerai après et je m’assurerai qu’il l’ait… et je suis sûr que cela lui fera plaisir ».   Son père aussi : « t’inquiète pas : le Monsieur, il connait Jean-Louis Murat … et il va lui dire »… euh, oui, je connais Jean-Louis Murat… de nom… Ca rassure moyennement l’enfant, mais c’est temps pour lui d’aller se coucher…

 

 

  Alors que dire de ce set ?

 

 Comme je l’ai déjà dit plus haut, on n’a pas senti Jean-Louis réellement se lâcher, s’oublier, fermer les yeux, partir dans des impros de guitare, d’harmonica ou vocales… mais c’était carré, ça roulait… Stéphane est d’enfer… Fred fait papillonner ses doigts sur la basse… mais il n’a pas eu l’occasion ce soir de s’enflammer : pas de saut à son actif ! Je ne sais pas si ça peut être un critère d’appréciation : 3 sauts de Fred = excellent concert rock, deux sauts = bon concert,  0 saut= ??…. mais non… moi, je l’ai beaucoup aimé ce concert…. Isabelle a préféré celui de saint-genis… Moi, j’étais sans doute moins fatigué, plus excité, légèrement échauffé, sans contraintes de retour… et donc disponible pour écouter et j’ai réellement apprécié… 

J’ai vu sur FB que quelqu’un l’avait trouvé méprisant… mais c’est assez incompréhensible : il a été poli, dit bonjour, plusieurs mercis, a présenté ses musiciens, a blagué un peu… et a fait deux rappels… mais c’est vrai que c’est façon de mener tambour battant le concert est très surprenant, et qu’on n’a pas senti  de vrais moments de « transe »…

 

La bière NINKASI au bar est excellente… et les gens sont nombreux à en profiter ensuite…comme de la chaleur de la nuit dans le parc.  On boira même un petit verre de l’amitié pour finir un fût une petite heure après le concert. C’est là qu’on a discuté avec une personne de la Mairie.   J’évoque avec elle mon lieu d’hébergement et j’en déduis alors que Jean-Louis passera la nuit au Campanile voisin (il avait évoqué une fois d’ailleurs qu’il faisait la tournée des campanile)… que nenni ! c’est dans un trois étoiles que les chambres ont  été réservées ! Je me dis alors qu’il doit déjà y être… parce qu’on ne l’a pas vu dans le hall… Il y a une sortie par derrière… Je suis très déçu de ne pas avoir accompli ma mission pour l’enfant… et son dessin… Je suis aussi très déçu pour l’enfant en moi et l’habitude que j’ai pris de me faire dédicacer un truc à l’issu du concert…

Je me retrouve tout seul… Par acquis de conscience, je file derrière, dans une allée interdite au public, mais au portail grand ouvert… La salle est toute vidée… et un poids lourd est à quai pour le matériel… Madonna, c’est 90 semi-remorques, Jean-Louis… c’est un 19 tonnes… Je suis déjà surpris !  Enfin soit, pas d’autres traces… et  je me dis que j’vais vider les lieux… Je me retrouve finalement devant un autre portail… et 5 minutes plus tard, je vois Jean-Louis et l’équipe embarquer en voiture…  Le portail automatique se refermant alors qu’ils ne sont pas sortis… je fais don de mon corps et je m’interpose devant la cellule photo-électrique pour que le portail puisse laisser évacuer l’artiste…   Puis me pose sur le côté… mais sans chercher à faire signe à la voiture… Elle me dépasse… mais Jean-Louis fait signe au chauffeur (Stéphane ?)  de s’arrêter.   « très bon concert, un peu sur les chapeaux de roue…j’ai beaucoup aimé… J’avais une mission pour l’enfant qui vous a donné un dessin, il voulait savoir si vous l’aviez eu… » « oui, oui, c’était très gentil.. . ou c’était très beau »…. Il me dédicace ma pochette de « cartier-bresson »  (gagné dans un concours télérama… première pièce de ma collection) et le Cd promo « masphotétisés » que j’ai pris pour le faire dédicacer par Fred… Fred étant à l’arrière… il la signe aussi… merci »

CAM_0013.JPG 

Et voilà… Je crois que je vous ai tout dit. Non… peut-être pas que, malgré le fait que je ne me sois jamais présenté à Jocelyne… elle a repéré qui j’étais en lisant mon compte-rendu du concert de Clermont… Bonjour à elle !  Je lui ai demandé des infos sur le concert de Falaise dont on a eu aucun échos… A part le côté « un peu improbable » de la ville, rien de particulier à signaler. Ce concert restera donc un mystère (pour l’instant).  

 

 

LE LIEN EN PLUS :

Un petit texte de Johel qui était présente...

 

concert du 12/11/2010 à St Chamond

par Johel samedi 13 novembre 2010, à 20:37

 

 

Ginette Ramade a été la première à emprunter le sentier de la forêt. Dans cet antre végétal, une mésange bleue a chanté tandis que Pauline, à cheval, essayait de concurrencer le train bleu entre Lyon et Genève. Deux heures trente entre St Chamond et Clermont-Ferrand en train, une journée à cheval (il a dit le MÔsieur…) donc ce n’était pas gagné pour Pauline…

 Un ciel boréal, une odeur de Taïga en cette soirée et dans la forêt de plus en plus sombre la mousse noire supplantait la mousse verte. Pauline ne retrouvait pas la trace de Ginette, et pourtant son accuité visuelle était intacte.  Ferait elle partie bientôt de ces « voyageurs perdus » ? Elle n'y pensait pas.

Elle en était à ces rêveries : « Falling in love again » susurrait-elle en pensant à Lui. Pauline parlait elle anglais ?? Yes Sir… Ainsi en galopant et en anglicisant ces propos, elle s’éloignait de son point de départ qu’elle avait quitté vers 16 heures et se rapprochait de Ginette. Et cela, elle l’ignorait.

Ginette amie hum m maudit (e) qui lui en avait voir de toutes les couleurs, qui lui avait brûlé l’âme comme un incendie et qui lui faisait un peu peur. Se mettre aux anges avec elle impossible (D comme Démon). Dans quelques heures, aux douze coups, l’examen de minuit révèlera à Pauline qui  fut Ginette un ange ou un démon. Et ensuite seulement Pauline pourra aller mesurer sa peine à la tasse à Taormina. Na…

 

 

PS j’ai certainement oublié certains morceaux mais ceux qui sont dans cette histoire ont été interprétés (ordre non respecté) hier à Saint Chamond. J'ai un doute pour "se mettre au anges"...

 

 

 

 

Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

Commenter cet article

Florence 10/12/2014 08:52

Très Bon compte rendu. Cette histoire est touchante. J'aurais aimé être sur cette tournée. Ça avait l'air fantastique.

pierrot 10/12/2014 10:19

J'ai retrouvé un email de la maman de l'enfant qui me remerciait, chaleureusement, un enfant de 7 ans, et non 10, a-t-il voulu corriger, et j'en ai parlé sur FB, cher Matthieu, d'où la visite de FLo. L'histoire est touchante, je l'ai "dorée" (par omission de mes doutes) pour ne point briser le rêve de cet enfant... mais ma foi, l'éducation se fait aussi en apprenant qu'il ne faut pas trop adorer ces idoles... D'ailleurs, Murat le dit, il ne faut pas les rencontrer!

Matthieu 10/12/2014 09:17

Alors Flo, on s'offre une petite escapade nostalgique quatre ans en arrière pour combler le manque ? Un petit coup de blues post-tournée "Babel" ? Bah, prends ton mal en patience : le chanteur reconstitue sa force de travail et ne va pas tarder à revenir (et pendant ce temps, nos Delano enregistrent...).
Bises à toi (mais attention, ce sont des bises 2010, il risque d'y avoir un peu de poussière sur ma barbe...).

April 14/11/2010 21:09



Je voulais écrire "CR" et non concert....


Plouf plouf...... Je recommence :


Merci Pierrot pour ce compte rendu !


 



Pierrot 15/11/2010 23:58



J'avais compris!  Quand je ferai un concert, je t'appelle promis!!  ... et tu le regretteras!



April 14/11/2010 21:07



Merci Pierrot pour ce concert



Armelle 14/11/2010 19:49



bravo et merci Pierrot pour le C.R. et l'aventure d'après concert! 


j'aime bien aussi le reportage en chansons de Johel



rhiannon-luna 14/11/2010 11:44



Merci Pierrot ,ton CR est parfait ,j'avais l'impression d'y etre...;)



Pierrot 15/11/2010 23:59



merci Pierrot



Didier Le Bras 14/11/2010 11:14



Merci Pierrot pour ce compte rendu complet.


Didier143.



Pierrot 15/11/2010 23:59



merci



Pierrot 14/11/2010 10:46



Petit c-r de Johel : merci à elle de m'avoir permis de le placer ici:







concert du 12/11/2010 à St Chamond





par Johel






 


 


Ginette Ramade a été la première à emprunter le sentier de la forêt. Dans cet antre végétal, une mésange bleue a chanté tandis que Pauline, à cheval, essayait de concurrencer le train bleu
entre Lyon et Genève. Deux heures trente entre St Chamond et Clermont-Ferrand en train, une journée à cheval (il a dit le MÔsieur…) donc ce n’était pas gagné pour Pauline…


 Un ciel boréal, une odeur de Taïga en cette soirée et dans la forêt de plus en plus sombre la mousse noire supplantait la mousse verte. Pauline ne retrouvait pas la trace de Ginette,
et pourtant son accuité visuelle était intacte.  Ferait elle partie bientôt de ces « voyageurs perdus » ? Elle n'y pensait pas.


Elle en était à ces rêveries : « Falling in love again » susurrait-elle en pensant à Lui. Pauline parlait elle anglais ?? Yes Sir… Ainsi en galopant et en anglicisant
ces propos, elle s’éloignait de son point de départ qu’elle avait quitté vers 16 heures et se rapprochait de Ginette. Et cela, elle l’ignorait.


Ginette amie hum m maudit (e) qui lui en avait voir de toutes les couleurs, qui lui avait brûlé l’âme comme un incendie et qui lui faisait un peu peur. Se mettre aux anges avec elle
impossible (D comme Démon). Dans quelques heures, aux douze coups, l’examen de minuit révèlera à Pauline qui  fut Ginette un ange ou un démon. Et ensuite seulement Pauline pourra aller
mesurer sa peine à la tasse à Taormina. Na…


 


 


PS j’ai certainement oublié certains morceaux mais ceux qui sont dans cette histoire ont été interprétés (ordre non respecté) hier à Saint Chamond. J'ai un doute pour "se mettre au
anges"...


 


 






emmanuel 14/11/2010 08:10



Salut Pierrot,


C'était quoi le dessin , (si tu as pu le voir) ?


merci pour le CR


 


 



Pierrot 14/11/2010 10:44



non, je ne l'ai pas vu... le papier A3 était enroulé et fermé par une ficelle.