y'a pas que ça qui compte, mais des comptes-rendus...

Publié le 9 Avril 2013



 

Yo!

Hier, c'était CENON, près de Bordeaux. Rien à signaler for the moment à part des "merci" ,"excellent" et des "bravos" sur la page officielle de Jean-LOuis Murat sur FB (pour encore un concert "resserré")... alors, on va repartir encore plus en arrière: sur Meylan, Macon et Toulouse..

 

 

- MEYLAN:

La fille du bois de Poussebou, où l'on croise des loups, est descendu des hautes montagnes pour se rendez à la MAISON DE LA MUSIQUE. Voici son texte:

 

Voyage au pays de Murat: Tournée "ToboGGan"

J’ignorais si j’allais de ma plume, écrire un compte rendu,il fallait que je sois inspirée, c’était un duo ce soir et ce genre de défi me plaisait assez, les prouesses m’avaient toujours « emballées », très admirative de la tournée « Tristan »,je ne serais pas déçue, j’avais déjà cette certitude. Percussions et guitares étaient annoncées.

Aujourd’hui ; je suis encore « hier » « hier » est-ce aujourd’hui? J’aimerais bien qu’ « hier » soit encore « demain ».

«  Quitter la neige et retrouver la pluie » Je passais de l’hiver dans mon nids d’aigle au printemps dans la vallée; un air , une comptine me trottait déjà dans la tete.

- « que l’espoir laisse au printemps…chantait la grive…passait le givre…que l’espoir laisse au printemps passait la neige en tourbillonnant… »

Ces saisons familières accompagneront intemporellement cette tournée.

Arrivée 19h30, un peu tôt pour un concert de Murat, peu de monde comme à l’accoutumée…pas de surprise; j’observe , j’épie, finalement je n’ai aucun regret car je l’aperçois, j’aime tout compte fait arriver tôt , un manteau négligemment posé sur les épaules comme une cape, le maréchal Murat fait son tour d’inspection et surveille ses troupes , « une clef de sol  »  (logo du batiment ) au dessus de la tete , il se promène dans le hall de la « Maison de la musique » en donnant l’impression qu’il est prêt à livrer son deuxième combat. , puis se dirige à pas lents vers la double porte vitrée, nous observe impassible, sort un portable et nous mitraille de son objectif; la salle…l’extérieur…qui est la cible ?Je ne saurais le dire. Il nous fait un pied de nez, genre « Tel est pris qui croyait prendre »….

20 h; enfin, les portes s’ouvrent, encore l’attente et c’est l’extinction des feux.

L’apparition . Car c’est une apparition; déstabilisée, je le suis; au premier abord, par la tenue vestimentaire,un costume cravate noir qui me laisse pantoise et agréablement surprise; j’avais l’habitude de le voir dépenaillé, le dépenaillement déjà lui seyait bien mais là…cette élégance , ce raffinement….le sieur Bergheaud dépenaillé faisait place à un Murat surprenant; svelte ,tout en séduction, un vrai dandy…j’étais aux anges…mais non, je n’irais pas me « mettre aux anges » pour autant. .Ensuite ,parce que je trouvais la scène petite, juste un écran, quelques projos, plusieurs guitares et la batterie de Mr Stéphane Reynaud, en costume également….je souris …en les regardant; je pense machinalement aux « Blues Brothers »…enfin , le décor était posé, ambiance feutré,lumières discrètes et projections abstraites..

«  Over and Over  » signe l’ouverture, version plus lente que l’originale. Ensuite « Belle » se glisse avec délicatesse dans le répertoire, une ballade aux effluves médiévales; le voyage dans le temps peut commencer, un premier vortex s’ouvre sur une route enneigée par une nuit hivernale et crépusculaire, nous partons, nous prenons enfin la route…

« Belle, que fais-tu par un temps pareil, le froid de l’hiver est cruel….aux portes de la nuit, je t’appelle …Belle…. » appelle ,appelle toujours ta « Belle »…n’arrete pas…applaudissements, silence….

Mais qu’entends-je? …un bruit d’eau comme le doux murmure d’une rivière et ce tempo joué par une tribu indienne. Le décor a changé, « l’eau de la rivière  » se transforme en torrent bouillonnant…« boum…boum..répète t-il incessant…boum….boum….»…c’est le bruit que fait mon cœur…en cet instant.

Soudainement, je suis projetée dans les années 20...le voyage devient difficile… « Linberg bussiness » est vite rattrapé par « Le champion espagnol  »qui gravit les sommets comme si la mort était à ses trousses; c’est normal il était poursuivi par Hannibal Lecter, je comprends mieux…« J’ai tué parce que je m’ennuyais  »s’annonce déroutant…j’adore ce titre, je ne le dirais jamais assez; Murat dans la peau d’un psychopathe; déstabilisant pour certains; freudien pour d’autres; mais tout lui est permis ce soir, on lui pardonne.

Mais qu’est-ce sortant de derrière les fagots « Le chat noir » ?Je me retrouve enfant…tout va trop vite…juste le temps de jeter un coup d’œil derrière mon épaule, je file au grenier me cacher parmi les livres poussiéreux , l’odeur de moisi et tout ce bric à brac pour échapper au croquemitaine tout en évitant de regarder les miroirs , trop peur de croiser un esprit malin et bien trop curieux…cette comptine trotte… trotte dans ma tete  ,un conte cruel pour enfant « …Le chat noir pris dans le vent …passe son ame passe son ame…le chat noir pris dans le vent passe son ame en cabriolant.. » On s’attends à voir un sabbat de « sorcières faméliques » dansant autour d’un feu de la St Jean et un immense psyché ou passe « le chat noir » en ombre chinoise…brr…je suis terrifiée…l’interprétation est solitaire, accompagné de la guitare…et ces voix d’enfants diaboliques d‘un passé révolu…avec un peu d’imagination…on croirait presque les entendre…lui sifflote avec entrain et feule avec un plaisir non dissimulé…Malgré le silence qui suit l’interprétation…je l’entends encore…cette comptine me poursuit…vite pas le temps de souffler , je saute à pieds joints dans un puit sans fond…le voyage continue , …une autre porte s’ouvre au passage et j’atterris sur le pont « Mirabeau »; pont intemporel pour rejoindre nos chers disparus. Ce pont Mirabeau, qu’il nous interprète avec déférence  « Passer le pont Mirabeau…quel cours d’anatomie…guillaumin …guillaumette…est-ce qu’au moins il fait beau…passer le pont Mirabeau ? »

Un autre tunnel, il faut suivre le fil pour ne pas se perdre; c’est le passage de l’au-delà à la grande guerre…c’est troublant et grisant à la fois… « Sans pitié pour le cheval » C’est-ce que nous sommes…des silhouettes de poissons morts s‘agitent dans le vent…triste réalité…la guerre la plus meurtrière… pensée pour ces chevaux morts au combat afin d’ assouvir nos conquêtes guerrières.

« Il neige  »à présent sur le champs de bataille, les cadavres gisants se recouvrent du manteau épais et glacial de la mort…le paysage agonisant se dissout et laisse place à la blancheur immaculée; tout est silence; les branches givrés des hêtres implorent un ciel plombé…un ciel de neige…le monde retrouve sa pureté originelle, tout s’efface, se  métamorphose il neige au pays de l‘oubli, il neige sur la scène, je sens les flocons glacés me caresser le cou ou est-ce cette voix si singulière qui se perd en écho et me fait penser à un songe oublié ? Il neige au pays d’Auvergne; le seigneur Bergheaud est de retour de croisade et dans son château, sur la tour de guet contemple avec gravité ses terres… « Il neige…. sur les monts…sur la large plaine…comme tous les animaux te craignent…il neige depuis des jours… » guette t-il le loup ou. la bergère ?

C’est son secret…chut…

Enfin « Tout dépend du sniper » il a droit de vie ou de mort lui…l’ombre chinoise du Sir Murat se profile sur un fond sanguin et meurtrier…bourreau ou victime…de toute façon , il a toujours aimé les combats….

Je glisse inexorablement sur le grand « TobboGan »vers quelle destination cette fois? Les siècles défilent XII ème XIII ème siècle....

 

«Amour n’est pas querelle » chante le troubadour aux yeux transparents, tete levée au ciel , accompagné de son luth, cette magie qui s’échappe des doigts légers qui effleurent et caressent l’instrument comme une femme… « …ne cherche pas querelle… » …impossible…on ne peut que l’aimer. Bergheaud parle à Murat ou inversement; je retrouve mon chevalier…triste, abandonné, autodestructeur…non…pas torturé…grave, juste l’air grave; amour, perte,quête impossible,testament, éternité; son sang s’écoule de la plaie béante à la place du cœur et se répand en rigole sur le sentier vulgaire où pleurent les amoureux…majestueux…il l’est dans cette superbe et dramatique tragédie. « Que j’eusse aimer l’automne…l’automne ou bien l’hiver… » saisons de renoncement , d’aridité, de solitude. « Quelque part…où que j’aille…partout la chose amère… » triste constat…démission de l’homme ou de l’animal…tellement d’instinct primaire.

 

 

 

« Que je meure à l’instant …si la chose a un terme….qu’ai-je fait pour mourir…pour mourir en ce lieu…? »

« Il me faudrait le cœur ….le cœur d’un magicien… »il le possède déjà…qu’attend-il ?

«  Jamais un cœur ne change…il faut monter plus haut… » répond l’autre…toujours plus haut monte la voix pour s’évanouir de l’autre coté du miroir.

« Sur cette étrange terre parmi les animaux… » encore un no man’s land; tellement de choses à dire… « Aimer, c’est etre aimer…amour n'est pas querelle…renforce moi le cœur de couleurs immortelles.. » L’immortalité comme l’amour a un prix…ce prix est -il raisonnable de le payer….l’amour serait immortel …le croyez vous ? Alors le vrai, l’éternel , juste cet amour là, cet amour touché par la grâce. C’est l’écho d’un cœur qui renonce…faut-il demeurer immortel pour survivre à l’amour…? ma première larme…elle coule irrémédiablement, se transforme en ruisseau puis en torrent et enfin gonfle la vague…va…court rejoindre la sienne…c’est la mort de Lancelot…celle de « Ginette Ramade »interviendra un peu plus tard dans une version très allégée, perte de mémoire ou concentration pour laisser libre cours à son jeu de guitare…nous n’en saurons pas plus .Un petit voyage au pays des indiens….Le « Michigan »; « …Qu ‘allais-tu faire à Michigan ? …. » Ah non! Aucune idée , surtout aucune raison d’aller à Michigan; je me sentais bien ici…Le voyage autour de cette musique américaine qui lui tient tant à cœur…trop peu pour moi…les opus défilent sur l’écran…Robert Wyatt, Bob Dylan, Pat Everett et ce fameux « automne 88 » un mystère …que s’est-il passé cet automne 88 ? Je vois d’autres images, des visions apocalyptiques et surréalistes; il parle de flammes, d’homme blanc qu’il ne voit plus, de racine…et c’est le « Voodoo extraordinaire »nous nous mouvons dans sa bulle les yeux fermés, dans une transe hypnotique…un autre part, un autre lieu intemporel….Faut-il d’ailleurs écrire « Voodoo » v-o-o-d-o-o ou « Vaudou » v-a-u-d-o-u ? je pencherais vers la deuxième. Talismans et grigris jonchent le sol….je serre dans ma main avec force ma « perle d’eau » pierre bénéfique….et chuchote « mon grigri…porte moi chance…il ne faut pas que tout s’’arrete maintenant… » ce questionnement existentiel, cette triste confession avec cette voix intérieure…est-il déjà sur le sentier de la mort… l’attend t-elle cette belle femme habillée de noir…? mais qui peut etre l’autre, un lien avec le divin ou juste la « chose » ? et ses images qui défilent comme le temps qui passe…conversation chimérique, les mots sonnent cinglants et incisifs comme un verdict définitif , comme le glas d’un monde condamné à s’éteindre. Je regarde cet ange passait de l’exaltation des sentiments à l’apreté la plus profonde du désespoir.

 

C’est la fin, le voyage se termine, les portes du temps se ferment une à une; j’aimerais tant rester de l’autre coté mais il est trop tard, passé minuit, le royaume de « Brigadoon » disparaît, mais je sais comment rejoindre mon doux prince au pays oublié;il me semble avoir enfin trouver les clefs de son monde…Je pense à ce film de Marcel Carné « Juliette ou la clef des songes » oui ,j’ai enfin trouvé ma « clef des songes »,je me suis promise de retourner certains soirs dans ce pays de l’oubli dont le réveil m’extrait…J’entends encore le sifflement lointain du chevalier,le murmure des dernières notes sur « Amour n’est pas querelle »qui s’égrènent pour enfin disparaître dans la brume; cette brume qui happe, qui aspire toute vie et tous les reves .Le cor d’un Roland de Roncevaux avant sa mise à mort.

Ma plume s’est mise à glisser sur le papier sans que je puisse la retenir,elle court toujours après le temps. Où est -elle à présent ? Elle aussi a franchi la porte…Je me souviendrai de ce discours amoureux ,au dessus des nuages, entre le chevalier dépenaillé Bergheaud et l’élégant et raffiné Sir Murat.

« Faut-il etre immortel pour que l’amour survive… »

PS :

Pour répondre à Muse, non, je ne tuerais pas ce soir.

Beau sentiment, belle soirée empreinte de poésie, je resterai quelques jours dans mon cocon pour ne pas quitter cet état d’esprit, j’ai encore voyagé dans le temps, j’ai visité des mondes occultés; j’ai trouvé des livres poussiéreux, des secrets dévoilés, des trésors cachés, j’ai retrouvé mes peurs d’enfant, des contes de fée cruels et un pays de légende où se côtoient dragons et licornes…Le réveil risque d’etre un peu brutal, il attendra; avec Mr Jean Louis Murat, le moine soldat, on ne sait plus d’où l’on vient et ce que l’on est….

 

Fin

Rhiannon

 

MERci!

 

- Quelques jours plus tard, MACON, la cave à musique (mon article)...  

Voici quelques photos et quelques mots sur la soirée.

http://www.macon-infos.com/article.php?sid=31550

 

http://www.macon-infos.com/modules/upload/upload/MURATCAVE.jpg                                                                                           (Photos Michel Pelletier)

    http://www.macon-infos.com/modules/upload/upload/MURATCAVE5.jpg

                                                                                           La deuxième guitare capricieuse qui n'est semble-t-il plus utilisée.

 

 

 

-   Et on passe à TOULOUSE, connexion.

Texte sur le blog d'un nouveau "camarade" trouvé sur FB, et il a été emballé par la soirée.

http://icitaillac.blogspot.fr/2013/04/concert-jean-louis-murat-toulouse.html

 

A noter qu'Holden n'était finalement pas présent...

 

 

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DES PETITS CAMARADES souhaitent louer un gite à Orcival pour le week-end de Koloko. Si vous voulez vous joindre à eux... me contactez  par la zone commentaires ou contact.  

Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

Commenter cet article

rhiannon 12/04/2013 11:26


Merci Didier...tu possèdes une belle sensibilité également...

DIDIER LE BRAS 12/04/2013 09:36


Merci Rhia,


tout en lisant ... haletant ... je me demandais : mais qui a pu écrire ça ... ??? Ce texte si beau ??? si vrai ??? Arrivé à la dernière ligne ... déjà ??? Cétait trop beau ! Qui vois-je ??? Mon
amie Rhiannon ... à la sensibilité si belle ! Merci , merci.


Didier.

rhiannon 11/04/2013 11:28


Merci à Pierre et à King Arthur...très touchée...j'avais beaucoup de chose à dire encore...très inspirée ce soir là...je le suis encore d'ailleurs ;)

KingArthur 10/04/2013 21:23


Beau témoignage inspiré Rhiannon ! belle plume, belle sensibilité, je suis sous le charme. merci !