La presse régionale des derniers jours, et une reprise par Thomas Louise

Publié le 25 Novembre 2018

Bon, avant de tenter de vous exprimer mes impressions de concert de Décines et de Clermont, voici un petit article qui était censé être vite réalisé... mais je constate que j'avais beaucoup de "matériel": Jean-Louis reste toujours aussi dispo pour assurer la promo en cette année 2018.   Je vous fais un autre article (plus exclusif) tout à l'heure si Dieu veut. Alors restez branché!

 

1) Retour sur Castres par La DEPECHE

https://www.ladepeche.fr/article/2018/11/21/2910702-jean-louis-murat-le-talent-en-toute-simplicite.html

Jean-Louis Murat a fédéré 200 personnes au Bolegason vendredi soir pour un concert essentiellement orienté vers son dernier album «Il Francese».
L'artiste a pris possession de la scène sans chichi, distillant douceur et émotion à travers la signature de quelques compositions parfaitement huilées. Un univers feutré ! Discret sur les ondes ou le petit écran, Jean-Louis Murat est paradoxalement reconnu comme un grand auteur-compositeur de la chanson française, connecté à ses racines, la nature, à l'amour… l'essentiel pour ces aficionados, à l'image d'Agnès : «Une fidèle de la première heure», attendant en vain que le chanteur entame sa chanson préférée : «Parfum d'acacia au jardin». Ou encore Pierre : «touché au plus profond par l'artiste et par l'homme, capable de francs coups de gueule comme de moments d'intense sensibilité ou de profondeur».
En première partie, l'artiste Matéo Langlois a séduit le public pour la polyvalence de l'expression de son talent.

Ah, la pauvre fan qui attendait "le parfum d'acacias"....

 

 2) Dans le PROGRES:  22/11

La presse régionale des derniers jours, et une reprise par Thomas Louise


-Pourquoi le disque s’appelle-t-il Il Francese  ? Il n’y a pas de chanson de ce nom sur l’album…
« Il n’y a pas de raison. J’ai du mal à l’expliquer. Sinon que le Murat de Napoléon était roi de Naples et qu’il était appelé “Il Francese…” »
-C’est drôle parce que finalement, être français et chanteur, c’est un peu votre problème…
« Oui, c’est quelque chose que j’ai essayé de fuir. Je suis Français, je suis chanteur, mais les références que ça induit, c’est horrible. Je n’ai aucun respect pour les vaches sacrées de la chanson française, j’ai du mal à m’inscrire dans cette lignée. Comme disent les jeunes, c’est pas mon truc. En général, si j’entends chanter en français, mon corps fait un rejet. En fait, je suis complètement colonisé ! »
-Ou snob ?
« Non, pas du tout. La musique du XXe  siècle, celle que j’aime, est faite pour une langue, et c’est la langue américaine. On peut écouter un opéra en allemand ou en polonais, mais il manque quelque chose. Si ce n’est pas en italien, ça sonne un peu faux, comme une adaptation… »
-Avant de faire un disque, vous concevez une direction musicale, un projet ?
« Pas du tout. C’est, en général quelque mois après, en lisant les chroniques, que je découvre ce que j’ai fait, comment on peut le définir. Personnellement, je n’analyse pas, je fais. On sait bien que le jugement sur soi-même, c’est une foutaise. Surtout dans mon cas. »
-Vous avez des gens autour de vous, pour jouer ce rôle ?
« Le disque est dédié à mon ami Christophe Pie, qui est décédé avant l’enregistrement. Lui, il pouvait tout me dire. Notamment quand c’était nul. Il me manque beaucoup, parce qu’il osait, et il avait souvent raison. Il le disait avec bienveillance. Quand il disait “c’est nul”, ça voulait dire : “tu vaux mieux que ça” ».

3) Dans Lyon Capitale (NDLR: Paris, Succursale!!), on se fend d'une belle chronique : 

à lire ici : https://www.lyoncapitale.fr/culture/concert-murat-litalien-au-toboggan/

 

 Concert : Murat l’Italien au Toboggan

Il y a un moment que l’on n’avait vu Jean-Louis Murat se produire dans les parages – lui que, dit-on, les concerts ennuient. Mais il s’est décidé à venir défendre sur scène “Il Francese”, avec ce mélange d’humour, de morgue atrabilaire et de mauvaise foi qu’on lui connaît. Ce vendredi au Toboggan.

Insaisissable Jean-Louis Murat, qui clame un jour qu’il abandonne le format guitare-basse-batterie (Toboggan, 2013), y revient (Morituri, 2016) après un détour par des harmonies plus amples (Babel, avec le Delano Orchestra, 2014), puis qu’il va tout arrêter, lui le pisse-copie des monts d’Auvergne qui récolte une fois l’an ou quasi depuis 2002. Tout arrêter parce que après toutes ces années il comprend qu’il ne sera jamais compris tout à fait (gros vendeur, ça, il y a longtemps qu’il a fait une croix dessus). Avant de revenir avec un drôle d’objet électronico-expérimental en forme de suicide commercial (Travaux sur la N89, 2017), de tentative d’épuisement de la forme pour conjurer l’épuisement tout court. L’échec de Morituri, album post-attentat, étant passé par là, Murat décidait alors, comme il le chantait sur Grand lièvre, de “vendre les prés” et avec de solder son âme.

Quand Murat revient, quand même, malgré tout, en dépit des bravades, à la chanson, c’est pour démontrer qu’elle n’existe plus, que ce qui le passionne en ce moment c’est Frank Ocean et Kanye West. Et quand il continue d’explorer les grands thèmes qui font son œuvre – l’histoire, l’amour, la nature – qu’on pourrait penser remâchés, c’est pour mieux partir en quête de racines fantasmées : les indiens, les cow-boys, Marguerite de Valois, Silvana Mangano et bien sûr Joachim Murat, maréchal d’Empire et beau-frère de Napoléon devenu roi de Naples, avec lequel il n’entretient aucun lien de parenté mais auquel il voue une fascination réelle, jusqu’au dédoublement, à la schizophrénie. Je est un autre. Murat il Francese, c’est à la fois Joachim et Jean-Louis.

Bricolage sonore

Murat le Napolitain et le hip-hop américain, Geronimo et la reine Margot, le Ciné-Vox et la maison Stax, Kendrick Lamar et le terroir, voilà tout Jean-Louis résumé : artisan infatigable qui préférerait “ne pas”, Auvergnat sans façon et voyageur aux mille façons qui se pétrit depuis toujours le caractère de ses propres contradictions et change d’humeur comme on change de saison. Se réinvente une fois de plus après avoir tout rasé à coups de Travaux sur la N89. Et reconstruit sur les décombres. Car, de Travaux…, il reste sur Il Francese l’esprit d’aventure et certaines sonorités, si loin si proches de l’artisanat boisé-rock du Neil Young de Murat-le-Quaire. La différence, c’est que cette fois Murat est arrivé en studio avec des chansons, des mélodies, et ensuite seulement leur a fait subir les beaux outrages de son bricolage sonore, entre pop synthétique, indus et hip-hop, trafic de voix (Murat ose l’auto-tune), mise en boîte à rythmes et contrebande d’effets, en compagnie de son receleur de toujours Denis Clavaizolle.

Coup d’État permanent

Paradoxalement, le tour de force de Murat est de faire de cette renaissance une synthèse, dans ses obsessions historiques et littéraires comme esthétiques de ces trente dernières années, notamment lorsqu’il enfile Le Manteau de pluie (1991) du souvenir mélancolique de Cheyenne autumn (1989) ou de Dolorès (1996), fantômes d’une discographie qui connut déjà en son temps les écarts synthétiques justement et qui comptent parmi ses plus grands succès, tout en remplissant les vides du minimalisme organique de Toboggan. Comme souvent, Murat replie le passé sur l’idée toujours changeante qu’il se fait du présent. Et, s’il tente de nous égarer au détour des expérimentations, des excentricités musicales, dans une stratégie de l’éternel contre-pied et du coup d’État permanent, c’est toujours, consciemment ou pas, pour mieux nous embarquer, avec des titres comme Rendre l’âme, le bien nommé Hold-up ou le splendide Je me souviens, vers l’essentiel, qu’il fait semblant de ne plus vouloir assumer : ses chansons. “Qu’est-ce que tu viens nous chanter là ?” demande un Murat qui n’a jamais trouvé meilleur contradicteur que lui-même et tente peut-être de nous la faire à l’envers avec son braquage à l’italienne. Pour Murat/Bergheaud, roi d’Auvergne qui se rêve de Naples ou d’Amérique, si “je est un autre”, jeu l’est tout autant.

3) Dans NICE MATIN (merci Christophe C.)

J'espère que vous pourrez lire (sur mon ordinateur, c'est lisible). Un petit clash sur Manset... qui "rabâche", et ne lui parlez pas de Pérec pour "je m'en souviens"...

La presse régionale des derniers jours, et une reprise par Thomas Louise
La presse régionale des derniers jours, et une reprise par Thomas Louise

4) Un petit TOPITO en 4, pour la provence à l'occasion du concert d'hier soir. J'ai dû m'abonner pour vous le procurer (juste pour dire que je vais quand même quelques efforts pour vous sustenter).

https://www.laprovence.com/article/edition-vaucluse/5255040/quatre-bonnes-raisons-de-voir-murat-a-chateaurenard.html

Concert : quatre bonnes raisons de voir Murat à Châteaurenard
Demain, à la Salle de l'Étoile, il présente des chansons hip hop et funky
Par Fabien Bonnieux
Murat vient de sortir un nouvel album qui fantasme l'Italie, avec des sonorités surprenantes pour le chanteur.L'Auvergne, ses volcans, son accordéon d'ancien président, et plus que tout son chanteur taciturne de 66 ans, capable de créer des bijoux rugueux et éternels. Jean-Louis Murat, c'est tout simplement notre Léonard Cohen des montagnes, l'humour en plus. L'auteur de Si je devais manquer de toi ou encore Au Mont Sans-Souci est demain à Châteaurenard. À la Salle de l'Étoile, il vient défendre les chansons de son nouvel album, Il Francese. Une métamorphose de plus pour notre intrépide Auvergnat, qui fantasme ici l'Italie avec du hip-hop et des sons funky. Si si. Voici quatre bonnes raisons d'aller musarder chez Murat.
1) La nature au coeur de son oeuvre
Thématiquement parlant, la nature tient un rôle central dans son oeuvre (comme dans Les ronces). Dans une chanson, l'auteur du Col de la Croix-Morand comparait il y a quelques années la perte du père à la chute d'une branche malade. Laquelle redonne à l'arbre toute sa vigueur.  [
NDLR: je ne retrouve pas comme ça  de quelle chanson il parle, et pas le temps de chercher dans murattextes,  et vous? vous avez trouvé? ]
2) Une grande gueule à une époque formatée
Par les temps qui courent, dans les médias, les artistes apportent parfois un jugement démago sur des sujets de société qu'ils maîtrisent mal. Murat, lui, reste une grande gueule étanche. "Je trouve que les artistes desservent beaucoup ce qu'ils font en parlant dans tous les sens. Je refuse que l'on fasse appel à moi pour avoir un avis sur toutes sortes de choses qui ne concernent pas la musique". Quand on le questionne sur son refus de participer à des galas caritatifs, il fonce dans le tas : "Je trouve ce système dégoûtant. La vraie générosité, elle est silencieuse. Tu fais, mais tu fermes ta gueule. Ça ne doit pas devenir un élément de promotion". Murat aux Enfoirés (les Restos du coeur) c'est pas pour demain !
3) L'une de ses chansons a pour titre "Vaison-la-romaine"
En 2002, Murat l'insoumis dévoile sa chanson Vaison-la-romaine (qui figure sur l'album Le moujik et sa femme). Il y chante ces mots : "Je veux bien te chanter/le yellow submarine/alors plutôt façon Jennifer/Je peux aussi te faire Philippe Lavil/mais ça, ça va te coûter plus cher/Tiens vlà Vaison-la-Romaine..."
4) Il parvient à se réinventer encore
À 66 ans, son nouvel album Il Francese prouve qu'il est resté un sacré garnement. Qui d'autre que lui pour associer boîtes à rythmes, collages sonores et curseurs urbains hors sentiers battus. La parole est à l'équipe de son label Pias : "On y retrouve du "Dolorès", du "Mustango", un peu de "Babel" (trois de ses albums majeurs ndlr) aussi." Récemment, l'intéressé déclarait, fidèle à lui-même : "J'ai souvent fait l'erreur d'envisager cela (la chanson ndlr) comme une activité artistique, elle est au maximum pseudo-artistique. J'aime écrire, peindre, dessiner, dans la chanson, on ne mérite pas le label d'artiste, c'est du bricolage..
.

LA COVER EN PLUS

La cover de Thomas Louise, un artiste signé chez Warner, et managé par Virginie Borgeaud Bigot... (femme d'Yves Bigot faut-il le rappeler). Apparemment, il avait déjà sorti  un premier EP dès 2012, son dernier date de septembre, "l'eau de rose".

LES DEUX CHRONIQUES EN PLUS

1) Une jolie petite chronique... qui commence par le même propos exprimé il y a bien longtemps par Arnaud Cathrine: l'obligation de  cacher son intérêt pour Murat en 89 quand on voulait ne pas voir remettre en cause sa virilité.

http://www.unbruitblanc.com/culture/musique/il-francese-de-jean-louis-murat/?utm_campaign=shareaholic&utm_medium=twitter&utm_source=socialnetwork

L'intro : "En 1989, j’avais 19 ans et j’écoutais en cachette l’album Cheyenne Autumn de JeanLouis Murat. En cachette car il était peu judicieux pour un jeune mâle des classes qu’on appelle aujourd’hui populaires (à croire que le mot « pauvre » charrie une maladie verbalement transmissible) de revendiquer une passion pour ce chanteur aux yeux de biche qui susurrait sa nostalgie des Amours Débutants. Il y aurait largement eu de quoi susciter des interrogations sur ma virilité et quand on a 19 ans, la virilité, c’est une chose sérieuse. Sans compter que mes petits camarades écoutaient tous du « rock » et que, même si j’avais déjà des doutes, je n’osais pas encore affirmer qu’entre ce qu’on qualifie de « rock » et la danse des canards, la frontière est parfois ténue.  la suite

Près de trente ans plus tard, Murat est toujours là et il sort un des meilleurs disques de sa carrière, Il Francese.

2) Sur Forces parallèles.  http://fp.nightfall.fr/index_12174_jean-louis-murat-il-francese.html

L'INFO EN PLUS

Over and over qui est d'actualité puisqu'elle est chantée sur cette tournée, a fait l'objet d'un clip naturaliste naturiste filmé par Christophe Acker. On parle de lui en ce moment puisqu'il signe le dernier clip du jeune premier au paradis Johnny.

http://www.rfm.fr/news/Johnny-Hallyday-decouvrez-son-nouveau-clip-Pardonne-moi-14653

Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Line 07/01/2019 17:42

La reprise de Thomas Louise du Garçon qui maudit les filles, est sublime! Et je suis difficile.

René 30/11/2018 14:48

(...) qui ont le feeling (...) Sorry !

René 30/11/2018 14:48

Bonjour,

Je comprends la position de Jean-Louis Murat. Avec le regretté Bashung, un Gérard Manset et quelques trop rares autres créateurs majeurs de chansons rock et pop en France, il est imprégné d'influences anglo-saxonnes et réussit à produire des albums en français qui expriment ces bonnes influences. Droit dans ses bottes, il ne craint pas de dire ce qu'il pense de certains monstres sacrés qui le feeling d'une enclume. Chouette site. Bien cordialement.

Pierrot 30/11/2018 17:41

merci du commentaire, à bientôt j'espère.