Publié le 15 Avril 2016

Plus personne ne bouge, vous êtes cerné: MORITURI. Jour J... pas de fausse note! (attention, si vous voulez tous lire de l'actualité de Murat, n'oubliez de consulter l'ensemble des articles...).

 

1) On m'avait fait passer cette chronique depuis plusieurs jours... La voilà sortie! Dans le numéro de Mai de Rock and Folk... ET c'est très positif.

 

 

 

Les infos de midi: Rock and folk, culturebox  et France Info

2)  Article dans CULTURE BOX:  avec une photo inédite

http://culturebox.francetvinfo.fr/musique/chanson-francaise/jean-louis-murat-sort-morituri-un-album-dans-l-air-du-temps-des-attentats-238023

Les albums de Murat se suivent à une bonne cadence, se ressemblent par moment, mais savent aussi se distinguer. “Morituri” fait parti des très bons crus, avec une écriture et des mélodies très inspirées, dans l’ombre d’une année marquée par les attentats.

Ce 16e disque de Murat s’ouvre par un riff répétitif de guitare aux airs de déjà vu. Et puis on note très vite au fil des morceaux, le retour du piano qui s’était fait un peu rare depuis l'éblouissant  “Mustango” et son “Mont Sans-Soucis”. Bon signe. On pense aussi par moment à l’album “Le Moujik et sa femme”, sans trop savoir pourquoi. Jusqu’à ce qu’un coup d'oeil curieux sur la fiche Wikipédia du disque nous rappelle qu’il a été enregistré dans le contexte des attentats du 11 septembre 2001.

Car ce nouvel opus , “Morituri” (ceux qui vont mourir”), est imprégné des événements de l’année 2015. C'était l'idée de départ. Mais à la différence d’un Renaud et de ses "J'ai embrassé un flic” et “Hyper Casher" , Murat n’évoque jamais directement la dramatique actualité de cette année si particulière . Tout est suggéré entre les lignes, de manière symbolique ou poétique. On y ressent ce que l’on veut.

“ Chialer dans la cuisine” Des mots et des images frappent toutefois l’esprit, par surprise. “Tous Mourrus" nous emmène dans un village où un paysan, le boucher et le garde chasse sont décimés sur un rythme de ballade chaloupée. “Interroge la jument” évoque plus directement “une nouvelle usine “pour Satan et des terrasses . La chanson a pourtant a été écrite, comme les autres, plusieurs semaines avant les attentats de novembre. Sur la terrasse, sous les cimes / où tout bien pesé on t’assassine / Sur la terrasse, sous les cimes / n’y-a-t-il plus de ciel pour nous foudroyer ces novices Extrait des paroles de "Interroge la jument" L'enregistrement en revanche s’est déroulé dans l'urgence, et dans l'état d'urgence, en 5 jours, juste après les tueries dans une ambiance forcément stressée et tendue. C’est à ce moment là que le chanteur explique avoir compris la portée symbolique de certaines de ses paroles, comme s’il avait saisi instinctivement le mal étrange de l’air du temps. La ville à la campagne Lui qui suggère si bien les paysages et les odeurs de la terre et de la campagne, Murat est dans cet album plus urbain, dans tous les sens du terme, plus ouvert à la ville et aux hommes, sur un territoire qui s’étend bien au delà de son Auvergne natale, celui de tout un pays. Ce disque inspire des images différentes à chaque écoute, jusqu’à cette évocation finale et magnifique du “Cafard” de cette année morbide qui s'effacera, espérons le, comme le brouillard quitte la montagne sous la pression du soleil . Et puis souhaitons aussi vivement que cet album ne sera pas le dernier comme Jean-Louis Murat le laisse entendre dans une interview accordée à la Montagne. Nous méritons définitivement mieux que ça pour 2016… "Morituri" de Jean-Louis Murat - CD album (PIAS)   Par Olivier Flandin

Les infos de midi: Rock and folk, culturebox  et France Info

3)  ET sur FRANCE INFO, la chronique à lire et écouter.

 

"Morituri", c’est le nom du nouvel album de Jean-Louis Murat, qui sort ce vendredi. Un disque tout en délicatesse et en nuances, inspiré par des événements dramatiques, les attentats de 2015 et l'ambiance d'inquiétude qu'ils ont installée dans le pays sans qu’il en soit jamais directement fait mention. Quand on est un artiste, avoir écrit en 2015 n’est pas forcément chose aisée : de janvier à novembre, l’esprit était certainement ailleurs. Jean-Louis Murat, lui, en a fait un journal de bord : Morituri, "ceux qui vont mourir" en latin, plus que le 16e album studio du chanteur auvergnat. C'est en effet un document, en même temps que le fruit du hasard. Les textes sont faits de métaphores, d’allégories écrites sur la route, avant le 13 novembre et les attentats à Paris. Le sens pris par le disque est presque, dès lors, magique. "Je dirais presque que le directeur artistique de cet album, c'était l'air du temps" Il y a donc comme une sorte de dépression poétique. Jean-Louis Murat s’est fait plus blues, plus jazzy, sa voix lancinante venant emballer le tout à merveille. Mais il y a aussi du corps, et même un tube dans ce disque : French Lynx . Le fond de l’air du temps est triste oui, et Murat interroge aussi la société, la politique. Forcément, son constat n’est pas des plus emballants : "Il y a un problème d'impuissance, au sens sexuel du terme", affirme-t-il. Le personnage Jean-Louis Murat est atypique et attachant, et sa musique lui ressemble… Entre faux coup de gueule et vraie sensibilité artistique, douleur et carpe diem, Morituri est un bel album, parfaitement dans l’air du temps. Morituri, Jean-Louis Murat (Pias Le Label). Album disponible. Yann Bertrand

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

Publié le 15 Avril 2016

deux chroniques et Interview radio Sud Radio

... C'est ma grosse semaine de travail de l'année... Allez, allez, du courage... Et votez Hollande!

Et au fait, MORITURI est disponible aujourd'hui!!!

1) Encore et toujours les mêmes muratiens qui chroniquent...

http://www.longueurdondes.com/2016/04/14/jean-louis-murat-2/

Revue à télécharger gratuitement: http://www.longueurdondes.com/wp-content/uploads/2016/03/LO77.zip

"A peine remis du foisonnant Babel, voilà que débarque son successeur, plus modeste de par son contenu mais tout aussi emballant par la teneur de son propos et la finesse de ses compositions. L’Auvergnat y creuse inlassablement le même sillon et toujours ses mots évoquent nos maux avec justesse et lucidité. Le titre latin Morituri, dont la traduction est « ceux qui vont mourir », rend hommage à une France meurtrie par les attentats sanglants. Plus précisément, quelques allusions y font référence, en filigrane, notamment dans la chanson éponyme chantée en duo avec Morgane Imbeaud. L’album ne peut se résumer à cette seule évocation. L’univers paysan et son bestiaire cher à l’artiste est à nouveau évoqué, poétique et métaphorique. Les références géographiques, dont il est friand, abondent. Les musiciens sont ceux qui ont assuré la seconde partie de la tournée Babel, à savoir Gaël Rakotondrade aux claviers et piano, Chris Thomas à la basse et contrebasse et le fidèle Stéphane Reynaud à la batterie.

A écouter en priorité : « Le cafard », « Morituri » et « Le chant du coucou ».

ALAIN BIRMAN"

2) Chez Indierockmag, qui souligne que Morituri n'est pas un album qui se laisse charmer en une écoute.

http://www.indierockmag.com/article27398.html

Extrait:

Si ce prédécesseur s’orientait vers une pop jazzy mettant en scène cordes et cuivres, Morituri ("ceux qui vont mourir" en latin) voit le Français revenir vers une épure plus habituelle. Et comme souvent avec lui, la première écoute laisse à l’auditeur un certain goût d’inachevé. L’artiste ne tourne pas en rond mais, après autant de disques, il est forcément difficile de dessiner des trajectoires non redondantes.

Cependant, et c’est encore une constante avec lui, l’attrait de la réécoute n’est nullement impacté si bien que l’on revient rapidement vers ce disque et que, très rapidement, le charme opère. Jean-Louis Bergheaud est taquin et il a placé un "faux ami" en ouverture de l’opus. French Lynx, duo entraînant et malgré tout plus subtil qu’il n’y paraît sur lequel Morgane Imbeaud assure les chœurs et single déjà désigné, fait partie de ces morceaux envoûtants et dynamiques dont l’auteur de Mustango a depuis longtemps le secret.

Morituri est en réalité plus sombre, et si Jean-Louis Murat ne s’affranchit pas tout à fait de la veine jazzy expérimentée sur Babel, il est ici question d’une pop-jazz minimaliste et downtempo, qui lui permet d’accoucher de grands moments comme la reprise déroutante du refrain de Tarn Et Garonne, le sommet Tous Mourus ou la La Chanson Du Cavalier. L’artiste nous décrit de nouveau le quotidien d’anonymes ("Marguerite" ou "Francky", sans occulter "La Pharmacienne d’Yvetot") mais c’est pour mieux aborder le prisme du monde à un niveau macro-structurel.

En effet, si ce nouveau disque est moins allègre, c’est qu’il porte le sceau des événements de 2015. En ce sens, il ne renoue pas avec l’épure de Grand Lièvre ou celle de Toboggan, pour reprendre les œuvres récentes de l’artiste. Non, Jean-Louis Murat ajoute un nouveau chapitre singulier dans sa discographie.

Cependant, s’il fallait chercher une certaine similitude dans le ton, ce serait davantage vers Taormina, de dix ans l’aîné de ce nouveau chapitre, que l’on se tournerait. Le monde a toutefois évolué en une décennie, et Murat ne peut plus se contenter d’évoquer la chaleur des roches d’une ville sicilienne, aussi formidables en furent les extraits retirés (Au Dedans De Moi).

Non, ce monde occidental qui découvre à peine que la violence peut s’inviter sur son territoire ne peut qu’influencer, par contagion, le regard désabusé et cinglant du français, capable de partager son pessimisme sur la société lors d’un Nuit Sur L’Himalaya empli de ce spleen si caractéristique ("Tout est d’impuissance et de fausseté") qui apparaît également de manière plus directe sur Interroge La Jument" ("Sur la terrasse/Sur les cimes/Où tout bien pesé/On t’assassine"). la suite à lire

3) Une interview sur SUD RADIO est podcastable, émission LOFT MUSIC diffusée lundi 11 avril, c'était passé inaperçu! Les fans vont retrouver des couleurs après la douche froide dans LA MONTAGNE d'hier. Un Murat d'excellente humeur (Pour une interview avec Murat, la règle d'or pour l'avoir dans sa poche, c'est de choisir de la bonne musique).

http://www.sudradio.fr/Podcasts/Loft-Music/Jean-Louis-Murat-1

- quelques commentaires à l'écoute:

Présenté par Yvan Cujious, dans une ambiance intime et sympathique... et où l'on retrouve un Murat "travailleur", "sportif", "pas maso", loin du discours pessimiste d'hier dans la Montagne.

"la musique est une occupation assez facile, qui permet de vivre sans contraintes".

"la seule obligation, c'est la promo".

Yvan Cujious annonce la chanson "french Liiinnks" de "Mouritouri".

"je refuse [l'art de la communication] que l'on inculque aux chanteurs" (dans la promo).

Ecoute de quelques influences : Americana, Creedence, Young... réponse: "tout vient du blues" "comme le dit l'autre crétin"... "Fogerty, le seul artiste qui arrive à bander en chantant".

"Motion picture" de Neil Young... et Murat de raconter l'histoire de la chanson...

Petite interruption pour une interview de Sage (ex-Revolver).

4e pause de pub... Ah, vivement les interviews sur France Inter.

Ecoute de "la pharmacienne d'Yvetot"... qui parle tout simplement de la France.

Murat explique qu'il voulait sortir de quelques tics avec cet album, tout en disant qu'il en a gardé... "son style".

Il explique que son intention de "changement", de renouvellement, est une histoire de politesse pour les auditeurs... une façon de durer, comme en amour... puis parle de son imagination prolifique, dont il a eu conscience très tôt à l'école. "j'étais illimité dans l'imagination". "insaisissable et infinie"... mais "le tout et son contraire" aussi!

Après la bandaison de Fogerty, c'est Eros qui est évoqué pour Rolling Stones, "une philosophie".

On termine par:

"tous mourus"...

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

Publié le 14 Avril 2016

Pas de tournée... et plus de disque? Voici ce que nous dit Jean-Louis... Même si dans magic, il parlait d'un disque européen (enregistré dans différents pays). C'est un coutumier du fait... mais qu'il n'y ait pas de tournée, c'est une vraie surprise...  Il dit aussi que Morituri est son meilleur disque...

 

 

A lire sur la montagne.fr:

http://www.lamontagne.fr/auvergne/actualite/2016/04/14/interview-morituri-le-nouvel-album-de-jean-louis-murat-demain-dans-les-bacs_11870472.html

 

"Entre la musique des mots et le sens souvent caché de ces derniers, comme d’habiles combattants qui refuseraient d’abdiquer, « Morituri » est un bel album. Du Jean-Louis Murat. Jour blanc sur les pistes. Le ciel est si bas qu’il touche presque l’herbe renaissante. Derniers lacets de route avant d’arriver chez Murat. Par là-haut, côté Guéry. Depuis quelques minutes, Morituri, son nouvel album habille (habite ?) l’espace. Il y a quelque chose d’assez magique – qui relève peut-être du conditionnement, il faut l’avouer – à l’écouter ici?; comme s’il était un élément du paysage. Morituri suit les remarquables Toboggan et Babel. Il est beau, au sens de l’adjectif et du philosophique – qui réalise un idéal par rapport à son genre. « Ce que tu fais est imprégné de l’endroit où tu vis, bien sûr, mais je détesterais par-dessus tout devenir un chanteur AOC […] Pour Babel, l’idée était de faire un album sur un canton. Là, j’ai pris la température du pays. J’ai changé d’échelle ». Le pays, et son climat…

-Un très bon album, une fois encore.

Merci. Pour tout dire, je pense qu’il s’agit de mon meilleur disque, pourtant enregistré dans les pires conditions.

- C’est-à-dire ?

En novembre dernier, quelques jours après « Saint-Denis »… L’ambiance était impossible. Tout le monde était tellement stressé. Tout le monde était archi-flippé. Et nous n’avions que cinq jours.

-Du coup cet état nourrit l’album.

Certainement. J’ai transmué une ambiance qui ne portait pas à faire de la musique. […] J’ai chanté différemment aussi. Il paraît que c’est le changement notable sur ce disque : le chant. J’ai chanté zen, face au stress ambiant.

- Aucune référence aux événements.

Non, ce sont des chansons écrites en juin-juillet-août?; des chansons de l’été où il ne se passait rien de particulier. C’est plutôt en les chantant que j’ai vu qu’il y avait ce que l’on pourrait appeler des références… Mais c’est tout. En même temps, l’ambiance est tellement spéciale dans le pays que ce n’est pas anormal d’avoir un climat grave dans un texte… En tout cas, je n’ai pas changé une ligne.

« J’ai transmué une ambiance qui ne portait pas à faire de la musique »

-Morituri, quand même (Morituri signifie Ceux qui vont mourir)…

En fait, nous étions en Italie avec les enfants, et Morituri c’etait plutôt Vercingétorix qui a été obligé de saluer César. Je disais aux enfants : nous sommes les arvernes, les morituri… Après, le sens ou l’idée de départ t’échappe complètement quand tu proposes quelque chose. J’écris des chansons pour avoir le plaisir de les enregistrer et surtout de monter sur scène. Après…

 

- D’où cette régularité et densité dans ta production…

Mais jouer de « vieux » morceaux n’a pour moi aucun intérêt?! Je suis un producteur bio, je ne cuisine qu’avec des produits frais. Chanter les vieux trucs je n’aime pas. Tu as l’impression de ne pas avancer. Depuis trois ans, par exemple, j’ai changé à fond?! Je change vite. Ça me régénère.

- Donc, comme d’habitude le prochain, voire les deux prochains sont déjà « en boîte » ?

Là…, je ne sais pas trop en fait… Je vais voir comment ça se passe sur celui-là.

- Babel, et avant lui, Toboggan, ont mieux marché que les précédents, non ?

Non, je suis toujours sur les mêmes chiffres. Ce n’est pas si mal, déjà, de tenir le truc aujourd’hui. En gros, on a tous plongé de 60 % en quelques années sur la vente de disques. J’étais autour de 100. 000.

- Quand vous dites je vais voir avec celui-là… Vous pensez qu’il va résonner différemment ?

Je ne sais pas. J’en ai un peu ras-le-bol du train-train en fait. Ce n’est pas sûr que j’enchaîne les disques comme jusqu’à aujourd’hui. Peut-être qu’il y a, pour moi, désormais des choses plus intéressantes que de faires des disques.

- Vous êtes en train de dire que Morituri est, peut-être, votre dernier album ?

Ben ouais… Je ne vais pas faire ça 107 ans. J’ai toujours pensé que faire de la musique éait un mode de vie indépassable. Monter sur scène, écrire des chansons, etc... Et là, le business est tellement bourré de cons que je ne suis plus certain que ce soit intéressant. Donc, je vais faire autre chose….

- Quoi ?

Je ne vais pas te le dire tout de suite. Faire de la musique, comme on le fait en France aujourd’hui, n’est plus aussi épanouissant. Le pays est devenu… Comment dire… ? Il n’y a plus vraiment à chanter. L’humeur n’est plus à ça aujourd’hui.

- L’ambiance est trop lourde ?

C’est un très très vieux pays. Il n’y a plus de jarret. Un pays bourré d’arthrose. Il y a une raison qui pour moi n’a jamais tenue : le pognon, c’est pas trop mon truc. Donc il faut que l’envie soit forte.

« Peut-être que désormais, il y a pour moi des choses plus intéressantes que de faire des disques»

- Et ce n’est plus le cas.

Plus que ça, c’est que l’écho que tu reçois est de moins en moins intéressant. Tout ça manque un peu de curiosité, de vigueur, de réactivité.

- C’est pas plutôt de l’aigreur ça ? Tu rigoles ?! C’est de l’aigreur si d’un seul coup tu es monomaniaque et que tu arrêtes ton activité… Moi je travaille autant sinon plus. Mais ca fait 5/6 mois que je n’ai pas écrit une chanson et ça ne me manque pas.

- Bon alors c’est un coup marketing ! Mais si je fais un coup marketing, c’est avec Paris Match (rire) !!! Non… mais, tu vois, il n’y aura pas de tournée sur cet album – les musiciens du disque ne sont pas disponibles –, c’est peut-être aussi le signe qu’il faut arrêter tout ça…

 

Julien Dodon

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

Publié le 14 Avril 2016

C'était sur France 5... avec la très fidèle.... et vraiment.... vraiment vraiment phénoménale... Claire Chazal.  On n'apprend déjà plus grand chose après Magic et Slate... mais il y a une bonne blague: un chanteur engagé!

(les images d'archive utilisées ne me disent rien, pas le temps de chercher).

replay:  http://m.france5.fr/emissions/entree-libre  

(Ma vidéo de la séquence a été bloquée....  y'a que moi qui peut la regarder, nananna...)

LE LIEN EN PLUS :

 

un petit nouvieau : VIOT

http://www.sunburnsout.com/viot-le-garcon-qu-il-vous-faut/

"Tu joues beaucoup sur le réel comme fiction, sur cette idée que ce qui se passe est peut-être la vérité mais aussi souvent un film, une construction, un mirage. Tu es grand rêveur ou tu crois qu’il est toujours préférable de se réfugier dans les histoires qu’on se raconte ?

Il y a toujours une dimension cinématographique dans ma narration car elle permet un peu de pudeur et donc un peu de mystère. J’apprécie ça quand j’écoute certains albums. Je comprends rarement, par exemple, les chansons de Jean-Louis Murat, mais je suis persuadé qu’elles sont sincères, ce qui permet de les interpréter de mille manières".

 

 

Zoom en plus:

Pour vous décider à viendre au Koloko, un reportage sur la basilique d'Orcival.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne/puy-de-dome/la-basilique-d-orcival-un-joyau-roman-auvergnat-plein-de-secrets-974392.html

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

Publié le 13 Avril 2016

1) Du côté de la Belgique, paru dans le supplément MAD du journal "le soir", une petite chronique au milieu d'autres, signée Thierry Coljon.

Je viens d'acheter le journal numérique pensant que c'était plus conséquent que ce qui était en ligne... et bien, non. (merci Philippe)

http://mad.lesoir.be/musiques/pop-rock/cd/124128-murat-morituri/

Deux petites chroniques du Matin: le soir et Télérama

2) et la traditionnelle chronique de Valérie Lehoux et son traditionnel propos sur "l'écriture".  Un petit 3fff.

"Même atone, l'ensemble garde son élégance inquiète. Et un titre, La Chanson du cavalier, nous saisit : le ­piano y prend le pas sur les guitares pour dessiner une ode mystérieuse à l'amour. Aussi douce qu'un rêve, aussi inquiétante qu'un cauchemar".

(cliquez sur l'image pour l'agrandir).

Deux petites chroniques du Matin: le soir et Télérama

LE LIEN EN PLUS DROIT DE SUITE

 

Alors qu'une chanson de Morituri parlant de crimes en terrasse a été écrite avant que l'attentat ne se produise,  voici une autre preuve de la perspicacité de Jean-Louis... sur un autre champ certes... mais le problème est bien réel.

Sur le plateau de Nulle part ailleurs, en 2000,  il parlait du problème des rats taupiers.... 16 ans après, la question n'est pas résolue.

Article dans la MONTAGNE cette semaine (12/04):

http://20:32 http://www.lamontagne.fr/auvergne/2016/04/12/l-invasion-des-rats-taupiers-en-auvergne-ou-en-est-on_11868156.html

 

et oui... "les racines", on les prend facilement en Auvergne.

et oui... "les racines", on les prend facilement en Auvergne.

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

Publié le 12 Avril 2016

 

Voici donc, de Morituri,  de AA. VV, quelques chroniques (verba volant, scripta manent) prises ab hoc et ab hac et photocographiées à l'arrache car ab amicis honesta petamus. On y verra que Murat est Ab origine fidelis... en espérant que tout cela absit omen pour 2016. Mais voilà Murat, fidèle, absit reverientia vero.  Enfin : la sienne. Cela en fera-il un succès?  Ad honores, c'est bien jojo, mais on a vu hier que pour Murat, absque argento omnia vana. Enfin soit, velocius quam asparagi coquantur,  un petit article.. on va s'arrêter là (uti, on abutu, et sufficit cuique diei malitia sua  et tutti quanti, ravioli). 

Par ordre antéchronologique... (ah, merdum: du grec!!)

   [Morituri n'est pas très gaie, mais nous, on va le rester].

 

 

1)  Sur Froggy Delight, c'est du Murat, c'est donc du Sy! Et ce Parfois revêche a aimé:

http://www.froggydelight.com/article-17375-Jean_Louis_Murat.html

Petit extrait:

...Car malgré ce qu’il veut nous faire croire, Murat est un chanteur de son temps, et donc fatalement il n’a pas d’autre choix, consciemment ou non de nous parler de l’époque. C’est ce qu’il fait dans tous ces disques, par exemple "Tous Mourus", qui est comme une longue litanie de morts, fait écho à "Vendre les prés", à "Le jour se lève sur Chamablanc" ou à "Au Pays de Giscard", sur le thème de la désertification des campagnes et des suicides qui vont avec. Car plus qu’un chanteur à thèse ou un chanteur à texte, Murat est à chanteur à thème et une fois de plus, il le prouve dans ce Morituri. L’amour, la mort, l’histoire etc. tout y est.

Avant d’aller plus avant dans cette chronique, puisqu’il convient de donner un avis général sur le disque et comme on aime bien comparer les disques à du vin nous diront que ce disque est un bon cru, charpenté, séveux, long en bouche, se dévoilant en couches successives, digne des meilleurs Chanturgue ou Madargue.

C’est grâce à la présence de Gaël Rakotondrabe aux claviers et Chris Thomas à la basse, tous deux évoluant habituellement dans un milieu plus jazz que pop, ils donnent à l’album une couleur très différente des productions habituelles de l’auvergnat, ici les claviers sont forcément aériens et la base indubitablement rondes.

Mais hormis les clichés, il y a du vrai pourtant, la basse et les claviers (orgue ou piano) sont très en-avant, la guitare est très souvent en retrait, laissant parfois l’impression d’une absence de mélodie que seule la voix de Jean-Louis prend en charge accompagnée du précieux Stéphane Reynaud à la batterie. Paradoxalement, ce disque enregistré à Paris et où il est question de l’état de la France, de pharmacienne à Yvetot ou du Tarn-et-Garonne, est presque le disque le plus américain de Murat, en paresseux je pourrais dire qu’il ressemble à du Joe Dassin, donc à du Tony Joe White ou à du Bobbie Gentry et dans ma bouche c’est un vrai compliment. "Le chant du Coucou", "Nuit sur l’Himalaya" ou "Tous Mourus" sont les parfaits exemples de ce que l’on pourrait appeler du country blues à la française, ça aussi c’est un vrai compliment. LA suite: http://www.froggydelight.com/article-17375-Jean_Louis_Murat.html

 

2) Dans Francofans, avril-mai 2016 (Louise attaque en couv), le traditionnel petit mot de l'inconditionnel Matthieu Gatellier.

3 premières chroniques de MORITURI

L'album ne fait pas partie de la sélection "les 8 indispensables" de la rédaction.

 

 

3)  Dans MAGIC! (vous aurez l'interview complète qui figure dans le magazine quand la revue ne sera plus en vente).

 

 

3 premières chroniques de MORITURI

 

RAPPEL:   RTL, Jean-Louis Murat dans "la première heure", de minuit à une heure, dans la nuit de dimanche à lundi.

 

LE LIEN EN PLUS

Une nouvelle chanson de Christophe Pie.   Il sera en concert avec une partie des Rancheros (sans leur Ché), au restaurant Le Chalet (Font de l'arbre, près du circuit de Charade)  le 30/04 (trio: Alain Bonnefont -d'ailleurs évoqué encore dans l'interview de Magic-, Stéphane Mikaelian, et Christophe).

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

Publié le 11 Avril 2016

Rencontre FNAC et premier article

Ce n'est pas le moment de céder à la paresse... Je laisse s'accumuler les premières news depuis samedi... et je ne sais plus pas où commencer... Allez, pour ce soir, ça sera les gros morceaux... Et vous aurez les 3 premières chroniques demain... Est-ce la maturité qui me gagne en ne cherchant plus à être le premier à partager la dernière actu? On verra ça dans les jours qui viennent.

1) L'ACTU DU JOUR

Jean-Louis sera à la FNAC Montparnasse à PARIS. Vendredi 22 avril 2016 à 18h.

Comme il le dit dans Magic, "si Morituri ne fait pas l'affaire, je risque de tomber dans une grande frustration. Le deal, c'est de durer en donnant de la matière. Mais sans feedback... Je ne suis pas un surhomme non plus". Il faut donc se résoudre au service before-vente.

http://www.fnac.com/Paris-Montparnasse/Jean-Louis-Murat/cp30214/w-4?SpaceID=45

2) C'est chez SLATE qu'on a découvert sur internet le premier article de fond (samedi)... assez conforme à ce qui est écrit du côté de MAGIC! Ceux qui veulent garder un peu de mystère sur l'album avant de l'écouter ne doivent pas le lire, ceux qui l'ont écouté découvriront le sens ou une clef de beaucoup de chansons... L'article revient sur la genèse de l'album, en revenant sur l'année 2015.

Je constate que le lien de SLATE associe MORITURI et attentats: http://www.slate.fr/story/115917/murat-morituri-attentats .

Le titre est presque plus sobre: "Avé Murat, ceux qui ont vu mourir 2015 te saluent".

Merci de lire tout ça sur slate.fr

Reproduction ci-dessous:

Du 7 janvier au 13 novembre, le chanteur revisite la façon dont l'année écoulée a pesé sur l'enregistrement de son «Morituri». Entretien.

Non, Jean-Louis Murat n’a pas écrit sur le 13 novembre 2015. Pourtant, la chanson «Interroge la jument», qui parle d'un massacre en terrasse, est née bien avant les attentats de Paris. Non, Jean-Louis Murat ne lit pas non plus l’avenir dans une boule de cristal. Pas de prescience, mais une conscience aigüe de l’actualité et de l’histoire.

Après avoir chanté l’an dernier sa région dans Babel, le chanteur français a, pour la première fois, voulu raconter l’année en cours. Le disque s’appelle Morituri, ce mot latin signifiant «ceux qui vont mourir». Tout au long de l’année, Murat a pris des notes, écouté la radio, lu la presse et mis l’actualité en résonance avec l’Histoire qu’il chérit. A l’inverse des chanteurs centrés sur leur nombril ou de ceux «engagés», il a trouvé une voie médiane et s'est mis «hors-jeu».

Ses textes, ultra-référencés, sont à la fois instinctifs et travaillés. Il faut une écoute attentive pour en capturer les nuances. Mais comme dans toute poésie, chacun peut aussi y trouver ce qu’il y cherche. Jean-Louis Murat nous donne quelques clefs sur son année 2015, en refusant tout propos «politique» et toute idéologie («Cette manie française», tacle-t-il). Morituri a voulu jouer sur la sensation et les impressions qu’ont pu nous laisser cette drôle d’année. Attention, ça colle.

 

janvier 2015 Le choc et le déni

«Quand j’ai compris ce qui se passait, j’ai commencé à prendre des notes, presque heure par heure pour bien me souvenir de tout ça. J’ai reçu des premiers coups de fils me disant qu’il se passait quelque chose de grave à Charlie et ma première réaction a été de me dire "Je m’en fiche, je ne veux pas savoir." C’est étrange, non? Comme si j’avais tiré un trait sur ce que représentait Charlie depuis longtemps. La mort de la policière, le supermarché casher m’ont fait prendre conscience de la dangerosité de tout ça.

La manifestation a été un autre moment fort. D’emblée je me suis mis toute ma famille (et ma belle-famille) à dos. Je leur ai dit "Je ne veux pas faire le défilé Jean Moulin". J’étais bien conscient que ça ne changerait rien du tout, étant donné ce qu’est la mentalité française.»

 

février 2015-avril 2015 La prise de conscience

«Je suis reparti en tournée et c’est là que j’ai compris que ça avait touché les gens en profondeur. Le sujet revenait tout le temps dans les discussions que je pouvais avoir avec le public à la fin des concerts… Je me suis rendu compte à la fois de l’effet sentimental de cet attentat et en même temps, j’étais sûr que ça ne déboucherait sur aucune question sérieuse. La loi sur le renseignement est la tentative du gouvernement de montrer qu’il peut apporter une réponse et dans le même temps, on sait que le suivi des frères Kouachi a été désastreux. On est tellement dans l’émotion… Depuis le temps que je fais ce métier, je sais bien que manier de l’émotion, c’est comme manier de la nitroglycérine.»

 

avril 2015 La crise des réfugiés fait rage:

La crise des réfugiés agite l'Europe. Murat en tire «French Lynx», le premier extrait de Morituri:

«Tu rumines au sextant / Tu te crois indigène / Mais tout est éboulis»

 

mai 2015 L'acceptation

«Je finis ma tournée et je me rends compte que nous sommes en train de vivre une année exceptionnelle. Babel était un double album et j’y faisais un peu le chanteur AOC car j’y chantais l’Auvergne et un canton. Je détermine le concept du prochain album: témoigner de l’année 2015 et entrer en studio pour enregistrer les nouvelles chansons une semaine après le dernier concert de la tournée.»

Murat est obsédé par l’Histoire et la littérature: «Chez Flaubert, tu ne sens pas le poids de l’histoire. Dans son œuvre, il ne parle pas de Sedan, par exemple. Chez Proust, on ne parle quasiment jamais de 14-18, à part pour évoquer un pilote allemand qui passe au-dessus de la tête. J’ai voulu prendre le contre-pied de ça et évoquer cette année.»

Et comme l’atteste le très gracieux «Frankie», Jean-Louis Murat offre aussi une belle déclaration d’amour à la France. «Que n’aurais-je pas fait pour Frankie , c’est que n’aurais-je pas fait pour le pays qui m’a fait, pour la langue française… Etant un pur produit de la langue française, qu’est-ce que je ferai pas pour protéger ma langue?»

 

été 2015 L'écriture

«C’est là que j’ai écrit tout l’album. J’ai voulu témoigner de l’ambiance du pays. C’est là que j’ai écrit "Interroge la jument" et son passage sur les terrasses:

"Sur la terrasse, sous les cimes, à l’heure où le festin se termine. Sur la terrasse, sous les cimes, Satan est heureux, il a régalé ses convives..."

"Sur la terrasse, sous les cimes, où tout bien pesé on t’assassine. Sur la terrasse, sous les cimes, n’y-a-t-il plus de ciel pour y foudroyer ces novices"

J’ai voulu saisir l’ambiance de l’année. Le titre provisoire était 2015… Je vois ces traversées de violences, ce sont comme des visions mais c’est tout sauf de la prescience. C’est vraiment ce qu’il y a dans l’air du temps.»

 

Septembre 2015 Finalisation des titres et de la pochette

«J’ai fini toutes les chansons et je sais que mon album va s’appeler Morituri. La pochette est faite également. C’est une photo de moi, mourant, entouré de fleurs. Je repars en tournée pour encore quelques dates.

Je n’ai RIEN changé à part la pochette, évidemment.»

 

Octobre 2015 vacances romaines

Au départ, avant les attentats de novembre, Morituri faisait référence à Vercingétorix et Jules César. Pendant les vacances de la Toussaint, Murat est parti en vacances à Rome visiter et s’imprégner des lieux supposés de torture du Gaulois, pour voir où Vercingétorix était passé et pour comprendre comment une culture dominante pouvait traiter les dominés.

Le chanteur, dont l’une des obsessions est d’être «un harki de la culture américaine», se demande ce que signifie être un être un chanteur français sous influence américaine. Ce thème traverse également l’album.

 

Novembre 2015 l'enregistrement

«Le 13 novembre, je suis en concert à Guéret.

Le 14, je veux annuler mon concert mais on me fait comprendre qu’il faut que je joue, que l’on n'annule pas un concert comme ça, que ça coûte de l’argent, etc., donc je chante encore une ou deux fois alors que je n’en ai aucune envie…

Les gens attendaient que je dise quelque chose mais je n’ai rien dit. Je n’aime pas les réactions épidermiques.

Trois jours après Saint-Denis, je rentre en studio à Paris, au studio Davout. Aucun de mes musiciens n’est parisien et tous veulent annuler en pensant que ça ne va pas le faire.

J’avais ces textes qui voulaient témoigner de l’ambiance générale mais on ne les avait jamais répétés sur scène. Les évènements éclairaient mes chansons sous un jour totalement nouveau. Je découvre en fait ce que j’avais écrit.

C’est l’ingénieur du son qui me fait remarquer le texte sur les terrasses… Je n’ai toujours pas bien compris comment ces mots sont arrivés là dès septembre. Mais c’est la responsabilité de l’artiste de sentir ce qu’il y a dans son époque… Je ne sais pas pourquoi j’ai vu les choses comme ça… Que Satan allait ouvrir une nouvelle usine… c’était dans l’air. Je ne peux pas en dire plus car je ne veux pas avoir la connerie de donner des explications à ce qui a été fait de manière purement instinctive.

Quand on suit l’actualité, tu vois que ça ne s’arrête jamais et que ce genre d’attentat, c’est partout, tout le temps. Et quand tu écris des textes aussi ouverts que les miens, on peut avoir de nombreuses explications.»

 

mars 2016 le cafard

« Ce qui s’est passé me file le cafard. Cela fait quinze ans que quand je descends à Paris, je vais dans un hôtel qui donne sur la rue Nicolas-Appert et sur l’impasse qui sert de dégagement au Bataclan. Cette année, je ne veux pas y aller. C’est vraiment bête… J’en veux presque à la capitale de ce pays où il a pu se passer des trucs comme ça… C’est une sensation diffuse. C’est ce que je raconte un peu dans la chanson "Le Cafard":

"J’ai eu le cafard / C’est quoi le cafard / Difficile à dire
C’est comme un buvard / Qui te boit la joie / Te prépare au pire
C’est un animal / Qui fait un carnage / Chez les colibri
s"

Je finis l’album sur cette sensation un peu confuse, même pour moi, de tous ces jeunes gens qui, en 1940, partent sur l’île de Sein pour se barrer. Ou pour se mettre à distance… Je tenais beaucoup à finir le disque là-dessus.»

Auteur:

Eric Nahon (Journaliste culture / musique pour slate.fr Directeur adjoint de l'Institut Pratique du Journalisme de Paris-Dauphine à @IPJDauphine)

 

PS: Gaël Rakotondrabe, le talentueux pianiste de Morituri, vient de perdre son papa. Sincères condoléances à lui, et à ses proches.

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

Publié le 9 Avril 2016

Et bien, ça faisait une paye que je n'avais pas pris ma plume... Rien de bien intéressant ne m'y a poussé... et puis, laisser en une les passionnant articles de M. sur la revue Chanson et Jean-Louis Murat journaliste était intéressant. Je n'ai pas bien compris d'ailleurs le peu de "like" sur le 2e volet... Et puis, c'est la période des "premières morilles j'aillais ramasser", je me lance activement dans cette activité. Et puis, une inter-vious et murat- m'a obligé à lire DEUX LIVRES! Si! Le temps que je comprenne qu'il fallait s'arrêter de lire la ligne au collage... ça prend du temps. Sans parler qu'il y a koh lantah, the voice, la nlle star, top chef, island truc, et je ne sais même plus quoi en ce moment à la téloche....

Comme d'habitude... concluons ces avant-propos par l'interjection: enfin soit...

Donc MORITURI, c'est pour bientôt!

La page officielle de Jean-Louis Murat a relancé un post cette semaine sur facebook (en la payant - sur les autres disques, ce n'avait pas été le cas je crois... mais le nouveau fb oblige à le faire si on veut avoir de la visibilité). C'est un nouvel extrait qui a été diffusé: "interroge la jument". 5900 vues en 21 heures. Ce n'est visible que sur ce réseau. Sur twitter, Véronique Mortaigne et Yves Bigot font des RT.

Pour acheter l'album:

http://piasfrance.lnk.to/JeanLouisMuratMorituri

Christophe Conte avait ironisé il y a quelques semaines sur ce titre: "Sur le nouvel album de Jean-Louis Murat, il y a une chanson intitulée Interroge la jument. J'en parlerai à mon cheval". Ce n'est pas son meilleur tweet il faut le reconnaitre.

- Première article/première chronique: MAGIC de ce mois sorti la semaine dernière. Je vais me le procurer cet après-midi en me rendant en ville.

Il suffira de deux cygnes... J-6

- On retrouvera Jean-Louis Murat sur RTL dans "la dernière heure", quelques semaines après MANSET... le lundi 18 avril.

Il suffira de deux cygnes... J-6

LE LIEN EN PLUS:

 

POP NEWS a été conquis par ERYK e.

 

http://www.popnews.com/popnews/eryk-e-seize

 

 

LE LIEN EN PLUS 2

Sortir après le RENAUD et CHRISTOPHE... ce n'est pas facile... Il se trouve que la promo de Renaud permet néanmoins de faire ressortir le nom de Jean-Louis Murat (pas seulement à cause de quelques vannes!)... En effet, celui qui a été aux manettes de l'album s'appelle Michaël OYAHON... et il l'a accompagné sur la tournée qui a donné "MURAT LIVE".

http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/719/reader/reader.html?t=1443796550005#!preferred/1/package/719/pub/720/page/20

 

 

Allez, je retourne aux champignons...

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

Publié le 29 Mars 2016

Après un premier volet à lire ici, qui a eu l'honneur d'être salué par Fred Hidaldo et Marc Legras notamment, voici la suite plus centrée sur Jean-Louis Murat (pour faire un anachronisme!) avec des informations inédites, fruit d'un travail de recherche de longue haleine de M. (au delà des ressources médiatiques disponibles). Un immense merci à lui.

Murat, de la critique à la chanson
Avant d'écrire des chansons, Jean-Louis Murat a écrit dans Chanson. Archives.


Bergheaud journaliste(s)

Sur la "carrière" journalistique de Jean-Louis Bergheaud, en ces années où il n'avait pas encore choisi le nom de Murat, nous disposons de peu d'éléments. Michel Drucker, qui considère qu'une anecdote n'est pas rentabilisée avant d'avoir été racontée vingt-cinq fois (Michel, si tu nous lis…), aime rappeler, à l'occasion des visites que lui rend JLM lors de ses tournées promotionnelles, que ce dernier fut autrefois journaliste à La Montagne, où il aurait écrit sur le sport, les faits divers et même… sur Michel Drucker. À ce jour, la chose n'est pas attestée, mais qu'un Bourboulien plutôt cultivé et sachant manier la langue française ait honoré de quelques piges son quotidien régional n'a rien d'invraisemblable. Par ailleurs, Murat a lui-même confié qu'il lui était arrivé d'écrire "des papiers dans des revues de cinéma amateur", au temps où il s'adonnait à une cinéphilie studieuse et tous terrains (de Tarkovski à Zidi). Pour le reste, c'est surtout en tant que reporter de ses états d'âme et envoyé spécial dans son monde intérieur qu'il s'est fait connaître.
Si l'on tient à dénicher un vrai journaliste dans la famille Bergheaud, il faudra donc plutôt regarder du côté d'un oncle, Edmond, Riomois d'origine et philosophe de formation. Celui-ci exerça en effet ce noble métier, d'abord à La Montagne (pendant sept ans), puis comme grand reporter au service étranger de France Soir, où il couvrit l'actualité de nombreux pays. Pressenti pour le Prix Albert-Londres, il se fit en particulier remarquer par son travail autour des années décisives du basculement de l'Algérie vers l'Indépendance (cf. son livre Le premier quart d'heure ou L'Algérie des Algériens, de 1962 à aujourd'hui, sorti en 1964 avec une préface de Joseph Kessel, ainsi que le triptyque documentaire L'Algérie dix ans après, diffusé en 1972 et dont il est le coauteur). Ce féru d'histoire participa aussi à des ouvrages grand public sur ce thème et semble avoir achevé sa carrière au Figaro, en signant des articles conformes à la ligne idéologique du journal.
Jean-Louis, lui, n'a pas poussé si loin son engagement dans la presse. À ce titre, sa participation – si éphémère fût-elle – à la revue Chanson peut nous apporter un éclairage intéressant sur cette partie de sa vie.

"Tu sais que je t'aime bien"

Comme nous l'avons vu dans le premier volet de ce dossier, vingt-huit numéros de Chanson sont sortis entre juin 1973 et février 1978. Le nom de Jean-Louis Bergheaud fait son apparition parmi ceux des membres de l'équipe rédactionnelle de la revue à partir du numéro 16 (daté de janvier 76) et y reste jusqu'au numéro 20 (juin-juillet 76), soit le temps de cinq numéros. On a toutefois suffisamment souligné le caractère virtuel de ce comité de rédaction – qui ne se réunissait pas et dont certains membres n'ont même jamais rencontré le directeur – pour n'accorder à ces indications qu'une valeur symbolique. Elles permettent du moins de supposer que le jeune homme fut en contact avec Lucien Nicolas au tournant des années 75-76.
Plus concrètement, Chanson a publié au cours de son existence deux articles portant la signature de Jean-Louis Bergheaud. Puisque les circonstances nous ont d'abord fait découvrir la seconde (dans l'ordre chronologique) de ces deux contributions, revenons quelques instants dessus.

On trouve donc dans le numéro 18 d'avril 76, à la page 17, un papier écrit par JLB sur Véronique Sanson. Le journaliste amateur y évoque, d'une part, les deux derniers albums en date de la chanteuse – Le Maudit (74) et Vancouver (sorti à la fin du mois de février) – qu'il dépeint comme "une suite sur la séparation, l'itinéraire de la rupture" et, d'autre part, la série de concerts qu'elle vient de donner à l'Olympia, entre fin février et début mars, dont il retient une forme de simplicité efficace : "Son récital est organisé comme un long dialogue impossible avec l'autre, fait d'une poésie simple et précise, tricotée avec la musique. L'émotion vient de la simplicité." Dans le numéro suivant de Chanson, une toute nouvelle abonnée enverra à la revue une longue liste de suggestions, parmi lesquelles l'idée de réaliser un entretien avec Bernard Ilous (choriste de Sanson lors des concerts à l'Olympia et chanteur à part entière), ainsi qu'"une interview intelligente" de la chanteuse, où on lui parlerait d'autre chose que de ses "petits copains". Mme Neveu estimera en passant que "l'article paru sur elle ce mois-ci est bien fait", au point qu'il lui a donné envie, écrit-elle, de se procurer ses tout premiers enregistrements avec les Roche Martin. Lucien Nicolas lui répondra, non sans une pointe de malice, qu'ils "sont malheureusement introuvables aujourd'hui… sauf chez moi, à côté de ma collection d'estampes japonaises !"
Au moment où Bergheaud rédige cet article, Sanson est l'épouse de Stephen Stills et vit à ses côtés dans le Colorado. Cette situation l'amène à fréquenter une partie de la scène rock américaine de l'époque, notamment Neil Young, avec qui Stills enregistre l'album Long May You Run en cette année 76.
On connaît la place primordiale qu'occupe celui qu'elle décrit comme "un merveilleux ami" dans la culture musicale du futur Murat, lequel affirmera bien plus tard qu'"On the beach" (sorti en 74) est "peut-être le titre qui [lui] a donné envie d'écrire des chansons". Les deux jeunes Français ont donc en commun un rapport intime avec la musique populaire américaine de ces années 70. Pour autant, leurs démarches esthétiques suivront des chemins sensiblement différents et Murat n'aura guère l'occasion durant sa carrière de s'exprimer sur sa consœur.
Le milieu des années 2000 verra néanmoins se réactiver, discrètement et sous diverses formes, le lien qui s'était noué en ce début d'année 76 entre Bergheaud (alors simple auditeur-spectateur) et Sanson (déjà une artiste reconnue). Ainsi, dans sa chanson "Démariés" (publiée en 2006), JLM reprendra quasiment à l'identique la ligne mélodique du thème principal de "Bahia", instaurant par là même (intentionnellement ?) un troublant dialogue entre une chanson des matins pleins de promesses et un morceau crépusculaire. Un an plus tard, il saluera l'interprète au célèbre vibrato par le biais d'une de ces punchlines qui ont fait une partie de sa réputation, destinée en la circonstance aux "chanteuses à prénom" : "Il y a plus de vie dans un refrain de Véronique Sanson que dans toute la production annuelle de ces pauvres filles aux petites histoires à la con et à la voix de Sœur Sourire". Enfin, c'est dans ces mêmes années qu'il écrira deux textes pour Christopher Stills, le fils de Véronique et Stephen, qui avait à peine deux ans au moment de la parution de l'article de Chanson. Comme si, à quatre décennies de distance, le lien n'était décidément pas défait.

Bergheaud écrit sur Sanson...

... Sanson chante "Christopher" (en 1976, à l'Olympia)...

... et Christopher chante Bergheaud. La boucle est bouclée.

"On ira tous au paradis" (même Jean-Louis !)

Quelque temps avant d'écrire cet article sur Sanson, Jean-Louis Bergheaud avait cosigné en compagnie d'Hervé Bréal un premier texte pour la revue de Lucien Nicolas. Dans ce papier intitulé "Chanson française ?" et publié en page 17 du numéro 16, les deux auteurs partaient de l'exemple de Michel Polnareff pour dénoncer certaines faiblesses de la chanson nationale, comparée à son homologue américaine. L'intention était ouvertement polémique, le ton incisif et certains jugements sévères, mais le tandem avait au moins le mérite de mettre les pieds dans le plat.


Avant de nous arrêter plus longuement sur certains aspects de cette tribune, évoquons en quelques mots son coauteur, dont le parcours est digne d'intérêt. Au début des années 70, Hervé Bréal écrit plusieurs recueils de poésie (À toi, Le pétale cramoisi, 999…) et devient éditeur dans une maison dédiée à ce genre, L'Athanor, fondée par l’opiniâtre Jean-Luc Maxence. Amateur de musique, il s’intéresse de plus près – sur les conseils de son copain Bergheaud – au groupe de rock progressif Ange et se lie d'amitié avec son fondateur, Christian Décamps, au point de publier chez L'Athanor son premier recueil de poèmes Rien qu'une poignée d'images et de se muer en manager du groupe. Dans la décennie suivante, il mène une activité de journaliste musical, notamment pour Le Magazine de la Discothèque et des disc-jockeys et Antenne FM Magazine, où ses opinions parfois tranchées lui valent quelques inimitiés. Puis, au début des années 90, il occupe le poste de rédacteur en chef du jeu Questions pour un Champion, sans pour autant se prendre trop au sérieux ("Je n'ai pas l'impression que Questions pour un champion véhicule une quelconque culture. Nos questions reflètent juste les petites connaissances de M. Tout-le-monde.", confie-t-il alors à Télérama), ni rompre avec la musique, puisque paraît en 2001 son Georges Brassens de A à Z, chez Albin Michel. Quelques années plus tard, il choisit de prendre sa retraite, ce qui lui laisse du temps pour lire, écouter de la musique (le jazz l'emportant au fil des ans sur le rock) et regarder des films, tout en restant disponible pour jouer les consultants spéciaux (et avisés) au service de son ami Patrick Amine, lorsque celui-ci réactualise sa biographie de Jean-Jacques Goldman.
C'est aux alentours de 1975 que Bréal rencontre Bergheaud, lors d'un séjour à La Bourboule. Il deviennent "très potes", principalement pour "une question de feeling". Lorsque l'Auvergnat monte à Paris, les deux jeunes gens se fréquentent souvent, notamment pendant l'édition 76 du Tour de France, que ces deux passionnés de cyclisme suivent avec assiduité (victoire finale cette année-là du Belge Lucien Van Impe). Une fois Bergheaud retourné dans sa région natale, ils continuent à se téléphoner, puis se perdent peu à peu de vue au début des années 80. Bréal se rappelle le côté grande gueule de son cadet (né quelques semaines après lui), sa capacité à critiquer avec férocité et son intelligence au-dessus de la moyenne des autres chanteurs, donc propre à séduire les journalistes (il le voit comme "l'artiste type pour Libération"). Quoique lui-même paraisse avoir un caractère bien trempé, il juge avec le recul qu'"on était un peu cons". Il ne garde en revanche aucun souvenir de l'article pour Chanson et ce ne sont que d'incertaines réminiscences qui émergent de sa mémoire quand on lui cite le titre de la revue. On peut donc raisonnablement penser que Bergheaud est le principal auteur de ce texte.

Hervé Bréal (à gauche) aux côtés de Christian et Francis Décamps.

Examinons à présent de plus près l'article en question, ne serait-ce que pour le contextualiser.
Le cachet de "50 millions" (d'anciens francs) cité en ouverture est un chiffre paru dans Rock and Folk en décembre 75. Il correspondrait à la somme reçue par Polnareff pour son concert donné à Bruxelles le 26 octobre 75, diffusé début janvier sur RTL. Ce concert en territoire belge (et non en France, à cause des ennuis de l'artiste avec le Fisc) est l'un des derniers de l'amiral avant son come-back de la fin des années 2000. Quant à l'album dont il est question ici, il s'agit de Fame à la mode, publié en septembre 75. Ce disque enregistré aux États-Unis, entièrement chanté en anglais et diffusé dans de nombreux pays (de l'Angleterre au Japon en passant par l'Afrique du Sud) jouit d'une image contrastée.
Sur le plan commercial, il n'a pas obtenu le succès espéré (malgré celui du single "Jesus For Tonite", classé 48ème par le Billboard), tandis qu'au niveau artistique, certains (à l’instar de nos deux auteurs, qui le jugent "très décevant") le considèrent comme une pièce mineure dans la discographie du chanteur. A contrario, de nombreux autres auditeurs lui accordent une place de choix : Jean-Marc Parisis le trouve "prodigieux", Christian Eudeline y voit "une grande réussite" et Alexis Bernier le décrivait très récemment dans Libération comme un "éclatant manifeste de pop baroque et loufoque". Enfin, pour ce qui est de l'appréciation globale portée sur le créateur Polnareff ("artiste de variété ordinaire […] dont la musique est finalement aussi dérisoire que le personnage"), on peut la trouver expéditive et réductrice au vu de ce que celui-ci avait déjà apporté à cette époque à la Française pop – pour reprendre l'expression de Christophe Conte, qui décrit pour sa part le musicien comme un "compositeur impérissable et interprète magnifique trop souvent réduit à la caricature d’une batavia à lunettes montrant son cul à tous les passants, ennemi déclaré des percepteurs et des rombières pompidoliennes." Retenons, pour le clin d’œil, que l'auteur de "Y'a qu'un ch'veu" (sur la tête à qui l'on sait) est sans doute l'un des tout premiers d'une longue liste de chanteurs égratignés publiquement par Bergheaud/Murat.

Jean-Louis Bergheaud et la chanson française

Mais cet article, comme son titre l'indique, se veut avant tout une réflexion sur l'état de la chanson française. Et à ce sujet, on peut remarquer qu'il rejoint d'autres analyses déjà formulées dans Chanson. C'est le cas notamment de la comparaison esquissée ici entre la France et les États-Unis, laquelle recoupe en partie ce qu'écrivait en novembre 73 Nino Ferrer dans le numéro 3 de la revue. Par exemple, sur l'influence de la taille du marché : "Pourquoi il y a cette incompréhension et cette inertie, en France ? Parce que c'est un petit marché, sans doute. Je ne crois pas qu'un disque coûte beaucoup plus à faire aux USA qu'en France, et même s'il coûte le double, il se vend ensuite cent fois plus. […] en France, l'investissement coûte cher. Dans de telles conditions, on essaie de jouer plus serré, de prendre un minimum de risques, de laisser le moins de place possible à la fantaisie." Ou encore sur un certain manque de professionnalisme des Français (ce que Bréal et Bergheaud appellent "La néfaste et lugubre habitude de l'artisanat"), thème que reprendra d'ailleurs Murat après son séjour à Nashville, en 2009. Ferrer toujours : "Dans un pays hautement civilisé et industrialisé comme les USA, il est indispensable d'être un professionnel vraiment qualifié pour survivre. Dans un pays comme la France, on peut très bien se débrouiller sans l'être. On rencontre encore beaucoup de musiciens français qui arrivent en retard aux séances, qui jouent comme des cochons, qui refusent ce qu'on leur demande de faire, et qui se prennent pour des solistes." En outre, le regard d'ensemble porté sur le paysage de la chanson francophone par les deux auteurs fait écho à la prise de conscience par Lucien Nicolas des récents changements survenus dans cet espace, qu'ils soient de nature musicale (l'influence de la pop anglo-américaine) ou socioculturelle (l'évolution des sensibilités dans le sillage de 68). Et, bien qu'il soit caricatural, le verdict prononcé par Bergheaud et Bréal ne fait au fond que radicaliser certaines réflexions de Nicolas, en cernant une partie des problèmes qui se posent à la chanson française d'alors : "entre les rengaines rive gauche ultra-vieillottes, misérablement arrangées, à peine chantées, et nos plagiaires tout juste honnêtes de la musique anglo-saxonne, la plus belle place est quand même prise par la guimauve."

Notons, pour terminer, que les deux artistes cités ici comme étant des "exceptions parmi d'autres" resteront toujours des références pour Bergheaud. Concernant Gérard Manset, on sait que JLM lui fut souvent comparé et qu'il manifesta plus d'une fois de l'admiration pour son travail, que ce soit en reprenant l'un de ses titres ("Entrez dans le rêve") ou en louant son rôle de pionnier : "C'est notre père à tous. Comme disent les politiques, Manset est incontournable. […] c'était le premier à être, si on considère que la variété est rationnelle dans le traitement de la chanson, le premier à être irrationnel." Quant à Léo Ferré, Murat dira de lui qu'il "a toujours été un compagnon, un ami de la famille, un grand frère..." et interpétera au cours de sa carrière pas moins de seize de ses chansons, sur scène ou sur disque (cf. Charles et Léo). Il est ainsi intéressant de constater que si Murat est célèbre pour sa capacité à dire tout et son contraire (quand ce n'est pas tout et n'importe quoi), lui qui reconnaît volontiers aimer avancer "en allant de paradoxe en paradoxe, de contradiction en contradiction", il peut aussi cultiver, au-delà des provocations de toutes sortes, des inclinations sur la longue durée. Sanson, Manset et Ferré en sont de jolies illustrations, à travers ces deux articles rédigés par un Bergheaud âgé de vingt-quatre ans.

"Richard" de Ferré, interprétée ici par Murat et Clavaizolle pour Jean-Louis Foulquier...

Pour la petite histoire, notons enfin que "Chanson française ?" fut salué dans le courrier du numéro 18 de la revue par un lecteur pas tout à fait inconnu, puisqu'il s'agissait du célèbre éditeur Gérard Davoust. Ce quadragénaire, alors à la tête des éditions Chappell, avait déjà accompagné avec plus ou moins de proximité les parcours d'artistes aussi différents que Serge Gainsbourg et Serge Lama, Alan Stivell et Manu Dibango, Catherine Ribeiro et Pierre Henry, Yves Simon et Magma… Dans sa brève intervention, il écrit au sujet de la tribune signée Bergheaud et Bréal : "Souvent en désaccord avec l'analyse de journalistes professionnels ou non concernant la chanson et les artistes français, mais ne jugeant pas utile en général de le manifester, je tiens tout particulièrement à vous complimenter pour la pertinence et la justesse de vos observations contenues dans les 2e et 3e colonnes de votre article « Chanson française » du numéro 16. Continuez !"

Chanson, comme une façon d'errer…

En dépit de cet encouragement venu d'un haut dignitaire de la profession, malgré le souhait énoncé en fin d'article ("C'est là-dessus que nous voudrions apporter nos petites idées, dans les prochains numéros de Chanson") et à l'exception du papier sur Sanson, on ne trouvera plus de textes signés Bergheaud dans Chanson. L'Auvergnat aura donc été un collaborateur ponctuel du journal. Pourquoi n'a-t-il pas prolongé cette expérience ? Dans quelles circonstances celle-ci avait-elle débuté ? À ces deux questions cruciales, nous n'avons pas de réponse sûre. Il faut se souvenir que les rédacteurs de la revue n'étaient pas rémunérés et que Bergheaud, dans ces années de galère parisiennes, avait besoin d'argent (il était déjà père). On peut aussi remarquer qu'avril 76, en plus d'être le mois de parution du numéro 18 de Chanson, est celui de la sortie à Paris du film de John Cassavetes, Une femme sous influence. Lequel, à en croire Murat, aurait provoqué "un déclic" en lui et déterminé sa décision de ne plus travailler et de ne jamais avoir de patron. Il serait d'ailleurs redescendu en Auvergne pour tenter d'y vivre de la musique, peu de temps après avoir vu le film avec Gena Rowlands.
À l'autre bout de la chaîne chronologique, il n'est pas exclu que le mystère de la rencontre entre Bergheaud et Nicolas trouve une partie de sa résolution à travers la personne de Jean-François Morange. Poète, comédien, musicien et chanteur, ce Bourboulien d'origine s'était déjà fait un nom au début des années 70, dans sa région et au-delà. Or, on peut se demander si ce n'est pas lui qui servit de connexion entre Jean-Louis Bergheaud et Lucien Nicolas, via Hervé Bréal. En effet, ce dernier dédia à Morange la "Suite pour orchestre de rock et quatuor à cordes" intitulée Roll qu'il publia en 1975 et édita chez L'Athanor son livre Les Bruits de la tête. On sait aussi que Nicolas et Morange se connaissaient, comme l'atteste entre autres l'archive de l'INA diffusée dans notre article précédent. Bréal aurait-il rencontré Bergheaud au cours d'une visite à Morange, chez lui, à La Bourboule, et est-ce ce dernier qui les aurait mis en relation avec un Nicolas en quête de jeunes rédacteurs ? L'hypothèse est séduisante (un peu trop, sans doute), mais les faiblesses de mémoire des uns et le silence des autres nous ont empêché de la valider. Inclinons-nous devant cette zone d'ombre, que l'avenir éclairera – ou pas.

 

Appendice Jean-Louis Murat dans la chanson française

On a déjà indiqué que l'héritière directe de Chanson fut la revue Paroles et Musique, créée par Mauricette et Fred Hidalgo en 1980 (cf. à ce sujet les détails fournis par ce dernier en commentaire du texte de notre article précédent). Pourtant, ce n'est pas elle qui mettra la première à l'honneur l'ancien rédacteur de Chanson nommé Bergheaud, métamorphosé en chanteur sous le nom de Murat. Il faudra en effet attendre 1988 pour voir son nom mentionné dans les colonnes de P&M, au moment du 45 tours "Si je devais manquer de toi". C'est d'abord Thierry Delcourt qui se demande dans le numéro 5 (nouvelle série) de mars 1988 si Jean-Louis Murat ne serait pas la réincarnation de Bernard de Ventadour : "À trop parler du vert insondable de ses yeux, on risquerait de donner de lui l'image d'un chanteur-météore pour Top 50. Pourtant, Jean-Louis Murat n'en est pas à son coup d'essai. Avec 'Si je devais manquer de toi', son nouveau 45 tours chez Virgin, il devrait enfin révéler totalement son talent d'auteur-compositeur délicatement nonchalant. Chanson subtile en forme de message personnel et voix charmeuse pimentée d'une pointe d'accent d'Auvergne, amour de loin et bords de Loire au point du jour : troubadour des années 80, Jean-Louis Murat serait-il la réincarnation de Bernard de Ventadour ? L'idée ne devrait pas lui déplaire…" Puis, à la fin du même numéro, c'est François Bensignor qui écrit quelques mots encourageants sur le single de Murat (juste après avoir évoqué celui de la chanteuse Yaël) et compare cette fois l'interprète à un autre genre de troubadour… Étienne Daho : "On ne peut pas tout avoir, et la voix de Jean-Louis Murat n'a rien de celle de Yaël, ni la justesse, ni le timbre. Pourtant, 'Si je devais manquer de toi' (Virgin 90370) possède une fraîcheur, une naïveté, une tendresse qui manquent à bien des professionnels de la chanson. Avec ce nouveau disque, Jean-Louis Murat s'affirme en interprète de charme, une sorte d'Étienne Daho à l'usage de ceux qui n'ont que faire de paraître branchés." Un an après, la revue réservera un accueil favorable à l'album Cheyenne autumn par l'intermédiaire de Thierry Séchan. Et beaucoup plus tard, P&M ayant cédé la place à Chorus, le trimestriel de référence consacrera un épais dossier à JLM, grâce au travail de Jean Théfaine (ci-dessus, avec son sujet). Murat se liera d'ailleurs d'amitié avec le Breton, au point de lui accorder sa confiance pour un projet d'ouvrage biographique conçu à deux, dont la date de parution, à en croire l'éditeur, était quasiment calée. La mort de Théfaine modifiera hélas le cours de l'histoire.

Mais bien avant ce compagnonnage régulier et fraternel entre Murat et "Les Cahiers de la Chanson", une autre revue spécialisée avait repéré le chanteur et soutenu avec insistance ses débuts. Créée par un certain Jean-Louis Foulquier, Chanson 83 (qui se nommera ensuite Chanson 84, puis plus simplement Chanson magazine) publie en janvier 1983 un premier numéro, avec en couverture l'un des artistes chéris de son fondateur, Jacques Higelin. Le bimensuel aura une vie très courte, conclue par un dépôt de bilan à l'été 85, après dix-huit numéros seulement – son directeur réorientant alors son énergie et son argent en direction des Francofolies de La Rochelle. Mais cette brève existence lui suffit pour remarquer et saluer les premiers enregistrements de Murat. Ainsi, dans le numéro 2 (mars-avril 83), Jean-Paul Lambert chronique le premier mini-album du chanteur, qu'il rapproche de Manset, Bashung, Higelin, Couture et Capdevielle, tout en notant "une pointe tout à fait personnelle", qu'il souhaiterait même plus prononcée : "On aimerait peut-être qu'il éclate, qu'il soit encore plus Murat." Puis, en fin d'année, Thierry Hexylaine prend le temps de revenir plus en longueur sur le disque et déclare sa flamme à son auteur : "Jean-Louis Murat a appris à évoluer vers les éclaircies et il le chante. Ça fait du bien pour lui, en y pensant, quand on aime ce mec comme je l'aime… […] Cette musique, cet artiste sont importants. Débloquez vos oreilles !" (Retrouvez l'intégralité de ces deux articles ici). Le même journaliste ne manque pas de saluer la sortie de l'album suivant, Passions privées, et plutôt deux fois qu'une. D'abord, dans le cadre d'un vaste abécédaire sur les chanteurs du moment, où il se montre original en plaçant Murat au sein d'une constellation musicale différente de celle où on le range habituellement. Puis, dans sa chronique du disque (jugé "Rudement épatant"), il le rapproche cette fois de dignes représentants de la chanson-rock (Bashung, Couture, Thiéfaine), chez qui il croit discerner un trait commun, que ne renierait certainement pas aujourd'hui l'auteur de Taormina : "quelle que soit l'esthétique choisie, la proximité du blues est évidente (bien plus que celle du rock!)."

Il est d'usage parmi les amateurs de Murat de citer le nom d'Anne-Marie Paquotte comme celui de la journaliste clairvoyante ayant remarqué l'artiste avant (presque) tous les autres. Sans vouloir minimiser le moins du monde ici l'importance du soutien initial que la chroniqueuse de Télérama apporta à JLM au moment de Passions Privées, ni mésestimer sa fidélité ultérieure au chanteur (qui lui dédia un morceau après sa disparition, en 2009), il conviendra désormais de rappeler qu'en ces années 81-82-83 où Murat tentait de faire connaître ses premières compositions, un obscur pigiste fut suffisamment séduit par l'artiste pour se donner la peine d'écrire à trois reprises à son sujet, en annonçant à qui voudrait l'entendre que l'œuvre naissante était loin d'être négligeable. Il semblerait que derrière le nom de plume de Thierry Hexylaine se soit caché le dénommé Thierry Mindar, passionné de musiques plutôt à la marge de la chanson française et proche d'un certain underground des années 70-80. Dans les quelques papiers de lui dont nous disposons, il réussit généralement à associer érudition, précision et enthousiasme, tout en affichant un attachement tenace et touchant pour une poignées d'artistes dont les noms émaillent régulièrement ses textes (cf. son article sur Emmanuel Booz). Qu'il soit dit, au terme de cette petite rétrospective, qu'en souvenir des quelques fleurs qu'il déposa sur le seuil de la carrière d'un Murat alors largement ignoré, nous adressons à "ce mec", où qu'il soit aujourd'hui, toute notre affection.

**********

1976-2016, on prend les mêmes et on continue... Véronique Sanson vient d'achever la tournée retraçant ses belles Années américaines. Sont maintenant attendus pour cette année-ci un enregistrement live, ainsi que, inch'Allah, un véritable nouvel album studio annoncé depuis déjà quelque temps. Pour patienter, vous pouvez aller réviser vos classiques sur son site officiel (remarquable d'exhaustivité et semble-t-il tenu par des gens bien sympathiques)... Michel Polnareff vient de publier son autobiographie intitulée Spèrme, dont il nous précise qu'elle "s'avale d'un seul trait". Il est par ailleurs longuement interviewé (par Philippe Manœuvre) dans le numéro d'avril de Rock & Folk. Son nouvel album est également prévu pour 2016 (plus d'infos sur le Polnaweb)... Moins extraverti, mais plus rapide, Gérard Manset a lancé vendredi dernier son Opération Aphrodite. Il en a déjà été et il en sera encore question sur ce site… Léo Ferré ne semble pas avoir d'actualité brûlante ces jours-ci, mais on annonce un site officiel tout nouveau, tout beau, pour très bientôt… Ange, loin d'être déchu, continue encore à tourner : retrouvez les dates de concerts du groupe et celles des récitals du duo Christian/Tristan Décamps sur leur site officiel... Enfin, si vous voulez tout connaître de l'actualité de Jean-Louis Murat (qui, selon certaines rumeurs persistantes, sortirait son nouvel album très prochainement...), vous pouvez vous rendre ici, , voire là-bas ou tout simplement rester chez nous.
Merci à toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de cet article. Plusieurs d'entre elles sont citées à la fin de la première partie de ce dossier, les autres sauront se reconnaître toutes seules...

Voir les commentaires

Rédigé par M

Publié dans #divers- liens-autres

Publié le 25 Mars 2016

A découvrir... mais pas entièrement... Juste une minute. C'est "nuit sur l'Himalaya".

Allez, l'album sort le 15/04... (Moi, je le découvre doucement depuis quelques jours via un camarade journaliste...).

 

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri