Publié le 24 Novembre 2010

Pas grand chose à vous raconter aux aurores pour l'instant mais je crée l'article afin que ceux qui veuillent laisser des commentaires puissent trouver un endroit pour le faire... si ce n'est que Jean-Louis a été bon. Marie-Christine, Antonin ont trouvé le concert excellent...  Et l'info du jour est qu'il a chanté Jim (merci Marie-Christine)... je pense pour la première fois de la tournée.

 

C'est la fin d'une tournée, de la période "cours ordinaire des choses"... et c'est vrai que ça pourrait donner un peu le blues, avec la concordance de "la grande offensive du froid"... Heureusement, on a un peu d'espoir : celui de le voir revenir très vite en 2011...

 

En attendant, on va essayer de fêter un peu les 1 an du blog dans quelques jours.

 

 

EDIT :

Bon, j'ai bien fait de créer cet article vide : vous avez été nombreux à le commenter... Donc lisez bien les commentaires!

Notamment de Dolores qui a réalisé un compte-rendu sur son blog : http://the-shaking-sound.over-blog.com/categorie-11523851.html

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

Publié le 23 Novembre 2010

 

 Inter-ViOUS et MURAT-,  Numéro 8 :

 

LE VOYAGE DE NOZ

KARL-ALEX STEFFEN

PORCO ROSSO                                               DEUXIEME PARTIE

 

 

  

petrier.JPG ãstéphane Pétrier. Et ses tee-shirts réputés!!

 

 

- Yann (PORCO ROSSO), tu étais sans doute le plus fan des trois donc, même si tu sembles décrocher un peu…  Quand l’as-tu découvert ? et quel type de fan es-tu  (collectionneur)?

 

YANN  GIRAUD :  Pour ce qui est de mon rapport à Murat, ça a commencé avec Mustango que j'ai dû découvrir sur le tard, peu avant la sortie du Moudjik, en fait. J'aimais beaucoup la rencontre avec des artistes nord-américains, le son très organique. Après, je me suis mis à tout acheter, mais en restant dans la discographie officielle et les albums. Je ne collectionne pas les EPs et les 45 tours, même si j'en ai quelques uns - il y a quand même des chansons comme "New Yorker" qui ne sont pas sur les disques et qui sont à se pâmer. Après, il m'est arrivé de prendre la voiture et d'aller le voir jusqu'à trois fois sur la même tournée. Ça, c'était à l'époque de Mockba. Or, justement, ces prestations étaient assez inégales à l'époque et c'est à ce moment là que j'ai commencé à me lasser.

          

            Sur album, récemment, il peut alterner le meilleur (Tristan) comme le pire (l'horrible Charles et Léo que je considère comme un ratage complet) et l'anecdotique (Taormina et Le Cours Ordinaire des Choses que je n'écoute presque jamais). Sur scène, par contre, jusqu'à ce qu'on me prouve qu'il y a un mieux, je n'y retournerai plus. La dernière fois, c'était au Bataclan il y a un an. Le set était bâclé, le son très kitsch, la rythmique était complètement à côté du début à la fin et Murat geignait plus qu'il ne chantait. Or le public avait l'air de trouver ça génial. J'ai appris que dans les backstages, son staff est venu lui dire que c'était son meilleur concert parisien. Je trouve cela pathétique car je l'ai vu sur la tournée de Parfum d'Acacia au Jardin, que je considère comme l'un de ses meilleurs albums - même si c'est un DVD - et à l'époque, c'était à tomber à la renverse tellement c'était bien avec une version du Jaguar intense de plus d'une dizaine de minutes. Comme je sais que JLM est quelqu'un de lucide et de très intelligent, je me doute qu'il doit savoir qu'il ne donne pas le meilleur de lui-même et l'aveuglement des fans ne doit pas changer grand chose à cela. Sinon, je retourne toujours vers les mêmes disques : Le Moudjik, Lilith et dans les plus anciens, Cheyenne Autumn m'apparait toujours comme un album très solide, avec des chansons formidables comme "Le Venin" ou "L'Ange Déchu".

 

          Je pense que j'achèterai toujours ses disques. Même si je ne les attend plus avec la même appréhension, je sais qu'il y aura toujours un ou deux morceaux sortant du lot. Sur le dernier, par exemple, pour moi c'était "Chanter est ma façon d'errer".

 

 

Yann

 

 

 

 

- Et toi François (KARL-ALEX STEFFEN)... Tu sembles le moins fan... As-tu écouté la discographie complète, l'as-tu vu en concert

 

 

FRANCOIS- KAS :  J’ai commencé à m’intéresser aux disques de Murat à l’époque de Dolorès ; le disque avait fait pas mal parler de lui à l’époque et je l’avais finalement emprunté en médiathèque. Sans être bouleversé, j’avais apprécié la démarche un peu expérimentale de Murat sur cet album en rupture avec l’image caricaturale que j’en avais jusque là, à savoir un chanteur de variété mélancolique avec un timbre magnifique. Les touches électro me plaisaient bien à un moment où j’écoutais pas mal de groupes dans la lignée de Portishead ou Tricky.

 

              Du coup, quand Mustango est sorti, je l’attendais, d’autant que les membres de Calexico avaient participé à la réalisation du disque. Et là, comme je l’ai dit, ça a été une claque monumentale. Un des meilleurs albums de pop française de tous les temps sans hésitation.

 

             La période qui s’ouvre avec Mustango est à mon avis la meilleure de Murat, avec une série de disques qui alternent entre le très bon (Lilith, Parfum d’acacia au jardin) et le sublime (A bird on a poire, Le Moujik..) à part Mme Deshoulières qui fut pour moi une grosse déception. Pendant ces quelques années,  j’attendais chaque disque de Murat avec impatience, espérant chaque fois une prise de risque qui me surprenne et me déstabilise ; à cet égard, la découverte d’A bird on a poire, composé et arrangé par Fred Jimenez fut assez jubilatoire dans la mesure où je ne pensais pas Murat capable d’autant d ‘humour, de légèreté et d’efficacité dans le style pop 60’s.

 

            Durant cette période, sur scène, nous avons un temps repris Foule romaine en rappel de nos concerts. C’est aussi l’époque durant laquelle j’ai récupéré les premiers albums qui sont loin d’être dénués d’intérêt ; j’ai d’ailleurs une affection toute particulière pour Venus avec son côté un peu rêche et dépouillé. Malgré, mon intérêt pour Murat, je n’ai assisté qu’à un seul de ses concerts, en 2005 au Printemps de Bourges sur la tournée Moscou en  trio avec Fred Jimenez à la basse  si ma mémoire est bonne ; une prestation rugueuse, courte mais intense. Parmi les regrets, ne pas avoir pu assister aux tournées Dolorès et Mustango dont les relectures (sur disques) rendent honneur aux versions originales.

 

             Depuis, la passion s’est effectivement émoussée. Moscou, Taormina et Le cours ordinaire des choses ont leurs bons moments mais sont sans surprise. Charles et Léo m’a laissé une fâcheuse impression à la première écoute et je n’y suis jamais revenu . Je ne connais pas Tristan mais je vais m’empresser de l’écouter sur les conseils de Yann.

 

Photo 253 retãFrancois-karl-Alex Steffen dans le jardin...

 

 

 

YANN  GIRAUD :  Marrant, j'y étais au concert du Printemps de Bourges (d'ailleurs, c'était à Saint-Amand-Montrond). C'est le dernier bon concert que j'ai vu de lui, en fait. Un set court et tendu.

 

 

 

- Stéphane (LE VOYAGE DE NOZ) avait peur de se faire gronder parce qu'il adore "a bird on a poire"!! Il aura apprécié la réponse de François!     Stéphane, moi, ce qui m'étonne, mais tu l'as évoqué dans une de tes réponses, c'est que tu détestes le blues... comment peux-tu encore supporter le Jean-Louis actuel? 

 

STEPHANE PETRIER :  Comme je te l'ai dit, j'ai tendance à tout pardonner à JLM. Cela dit, les albums très blues comme "Taormina" ou "Le cours ordinaire", sont rarement dans ma platine... mais même ceux-là recèlent toujours une perle ou deux ("Gengis"...)

C'est bizarre parce que moi qui suit très besogneux, j'accepte aussi (et peut-être même que j'envie) chez Murat son côté dilettante, l'impression que certains morceaux ou certains textes sont un peu bâclés, son côté "je fais 2 morceaux par jour et je les sors tous sur disque"... Il y a aussi un autre truc qui devrait m'horripiler chez Murat, c'est son répertoire bucolique "La mésange bleue",  "L'heure du berger",... qui pourraient ressembler à de mauvais poèmes d'enfants de 12 ans qui auraient trop lu Lamartine... même ça je lui pardonne et je finis par trouver du charme à la chose.

 

           Mais si j'adore en effet "A bird on a poire", c'est justement parce qu'il n'y a pour moi que les bons côtés de Murat dans cet album. Musicalement bien sûr, je me sens plus proche de la brit-pop (même traitée façon easy listening) de Fred Jimenez que du gros blues façon "Comme un incendie", mais je trouve aussi qu'au niveau des mots, Murat est encore plus fort dans cet album.

         J'ai l'impression que le fait que Jimenez compose les musiques lui a mis un peu plus la pression sur les textes, l'a forcé a être justement moins "dilettante" et peut-être aussi à moins se regarder le nombril. Les textes sont plus urbains, ont plus d'humour, sans que l'album soit plus "léger" pour autant : "Petite luge", "Gagner l'aéroport" sont pour moi parmi les plus beaux morceaux de Murat.

 

          Par contre, globalement, on a beau dire qu'on l'aime le Jean-Louis, je trouve qu'il en prend quand même plein la gueule depuis le début de cette interview, non ?

 

YANN  GIRAUD :  C'est normal. On dit bien : qui aime bien châtie bien. De plus, je me rappelle que dans une interview pour Chorus, JLM avait dit quelque chose comme quoi il se faisait une très haute opinion de son public, qu'il était exigeant envers lui et qu'il espérait qu'il l'était également en retour. Dont acte !

 

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- Vous avez donc tous déjà évoqué vos albums préférés, vos meilleurs souvenirs de concert (peut-être pas Stéphane)... mais il me reste deux questions rituelles : c'est de me citer vos trois titres préférés,  et  bien sûr pourquoi ceux-là... La deuxième, Yann y a répondu : existe-t-il un titre de votre répertoire qui vous évoque, ou vous a été inspiré, par Murat?

 

STEPHANE PETRIER :  Puisque j'ai déjà parlé de "Petite luge" et de "Gagner l'aéroport",  je citerais 2 vieux titres de Dolores, "Fort Alamo" et "Perce-neige" et un titre qui était sur un maxi à l'époque du Moujik, ma  préférée entre toutes : "Royal Cadet".

         Royal Cadet, j'ai eu la chance de pouvoir l'entendre en concert au Palais du Facteur Cheval l'année dernière (Pierre était là bien-sûr...)... Je crois que ce morceau pourrait durer une heure, je ne m'en lasserais jamais... Et pourtant, il est construit comme un bon vieil alexandrin, en 2 hémistiches de 6 syllabes, chose qui en général m'ennuie profondément... mais là, ça marche... J'ai l'impression que chaque mot posé est touché par la grâce, que la voix de Murat est en apesanteur, avec une proximité exceptionnelle... Je ne cherche même pas exactement à savoir de quoi il me parle dans cette chanson, je prends tout...

           

          Concernant la deuxième question,  il y a dans notre dernier album une chanson qui s'appelle "Le cap" qui doit certainement quelque chose à Murat. Dans la façon de poser les mots, de jouer avec les silences à  certains moments, dans la simplicité et la répétitivité de la ligne mélodique...

 

- mais j'ai ouï dire que tu citais le prénom LILITH dans une chanson? 

 

STEPHANE PETRIER :  Comment tu sais déjà ça toi ? [ce titre est inédit]

Non, rien à voir avec JLM... ma Lilith à moi est plutôt un clin d'œil au "Lillywhite Lilith" de Peter Gabriel et Genesis sur "The lamb lies down on Broadway"  mais aussi à la Lilith mythologique, à la fois déesse et démone...  genre de personnage à double facette dont j'aime bien hanter mes histoires.

 

- la chanson de Murat évoque bien ce même personnage également.

 

NOZ-8mention.jpg                                                                                "Bonne espérance", le nouveau voyage proposé par Le Voyage de NOZ

 

 

 

FRANCOIS- KAS :  Pour mes trois titres préférés de Murat, sans trop réfléchir je dirais Jim, Foule romaine et Bang Bang ; sans doute pas les meilleurs titres dans l'absolu, mais parmi les plus évidents, des titres qui me procurent un plaisir immédiat et systématique à l'écoute.  J'y trouve certains aspects de la musique de Murat que j'adore comme une certaine évidence mélodique (sans pour autant que la chanson soit rengaine), des paroles mystérieuses qui permettent à l’auditeur de créer sa propre histoire et puis une légèreté qui n’est pas toujours présente chez Murat.

 

          Malgré tout, j'aime également certaines compositions plus sombres et dramatiques comme Petite luge, Gagner l'aéroport, Mustang, Perce Neige ou Au Mont Sans souci ; j'y trouve ici un côté plus mélancolique, plus habité et peut-être plus poétique.

            En tous cas, deux des facettes que je préfère chez lui !

 

YANN  GIRAUD :  Pour ma part, je citerai "Bang Bang", "New Yorker" (la version du live Muragostang) et "Se Mettre aux Anges". Pourquoi ? Et bien parce que c'est beau, langoureux, ambitieux, magnifiquement écrit, superbement interprété. Ce ne sont pas seulement mes trois chansons préférées de Murat, mais trois de mes chansons préférés tous styles musicaux confondus.

 

- J’espère que cette INTER-ViOUS vous a permis de dire tout ce que vous souhaitiez sur Jean-Louis Murat… Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à rajouter quelques propos, mais parlons quand même un peu de votre actualité.  Vous sortez ou avez sortis récemment un album.  Quelle est la suite du programme  (des concerts?)  et comment en faites-vous la promotion?  

 

STEPHANE PETRIER :  Concernant notre promo, comme toujours pour nous, c'est facile en Rhône-Alpes parce qu'on a une certaine notoriété, mais beaucoup plus compliqué au niveau national. 

          

           L'album « bonne espérance » sort le 25 novembre. Dans un premier temps le gros de la promo sera surtout sur la région avec quelques dates et quelques show case, et un KAO à Lyon pour finir au printemps.

          Nous avons également quelques plans de diffusion sur des radios nationales ainsi que plusieurs projets de dates sur Paris au premier trimestre 2011. Sur ce coup-là on est un peu mieux structuré que d'habitude, avec une vraie attachée de presse, mais ça reste encore très empirique... on se débrouille avec des bouts de ficelle, des contacts, quelques personnes qui aiment notre musique et qui ont les leviers pour faire bouger les choses...

Et puis bien sûr il y a internet, mais faut pas se leurrer : le nerfs de la guerre, ça reste les radios... tant que tu n'est pas diffusé largement, c'est plus dur d'avoir des dates, plus dur d'être dans les bacs...

 

YANN  GIRAUD :  Que dire de plus sur Jean-Louis Murat à part que j'attends d'écouter le prochain (début 2011, c'est bien ça ?).


           Pour l'actualité, en ce qui nous concerne, c'est la sortie de note premier album, La Vie Sans Moi. Il est dispo depuis le 11 octobre en format digital et depuis début novembre en vinyle. Nous ne savons pas encore s'il sortira en CD. Nous démarchons encore des distributeurs pour cela. Le disque est donc disponible sur les plates-formes de téléchargement classiques (iTunes, VirginMega, FnacMusic, etc.) mais aussi en 33 tours à nos concerts et pour les parisiens à l'excellente Boutique Fargo (Rue de la Folie Méricourt , dans le 11ème arrondissement). Par ailleurs, on peut le trouver dans les bacs itinérants des Boutiques Sonores, une agence de promotion et de distribution de disque qui vend nos disques à divers concerts et festivals dans toute la France et les met en écoute et en vente dans certains commerces et bars (essentiellement à Paris). Il est également dispo par correspondance à cette adresse : http://bandcamp.porcorosso.com.
           Last but not least, nous sommes en concert à l'Espace B (19ème arrondissement) le 8 décembre et nous jouerons certainement début 2011 aux Trois Baudets (à Pigalle). On aimerait bien sortir un peu de Paris, notamment jouer en banlieue où il y a des salles municipales géniales mais où manheureusement il y a très peu de concerts pop ou rock et bien sûr, nous espérons un peu nous déplacer en province aussi (évidemment, on adorerait faire la Coopérative de Mai à Clermont, par exemple !).


FRANCOIS- KAS :   Je vois que nos actus se ressemblent beaucoup où comment toucher un large public quand on a peu de moyens et pas une grosse équipe derrière soi pour bosser sur la com ou l'image du groupe !

 

          Pour notre part, on prépare la sortie de notre deuxième album "Les traces" . Pour le moment, nos journées sont marquées par de nombreuses prises de contact et de discussions pour trouver les bons partenaires, période éreintante et parfois frustrante mais nécessaire. On se donne le temps car on veut vraiment que ce disque rencontre son public et on croit toujours dans un beau format CD distribué en magasin (désolé !). 

 

         Par ailleurs, on commence déjà à faire ici ou là  quelques émissions ou sessions radio puisque nous avons décidé de proposer en avant première une édition-collector (livre-CD 28 pages disponible exclusivement via le site web du groupe) ; il s'agit d'un un récit musical raconté en 12 morceaux illustrés par les encres de Mathias Mareschal et les photographies de Clémence Cottard. Le travail graphique sera prolongé sur scène (premières dates début 2011)

 

          Enfin, un EP digital sortira en janvier 2011 avec des titres inédits issus des sessions d'enregistrement de l'album.  

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Interview réalisée par mails du 3 au 21/11/2010. Merci à Yann, Stéphane et  François.

Attention, cette interview ne contient pas de question sur la crise du marché du disque, mais quand même.

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LE LIEN EN PLUS :

Allez, un peu de vidéos :

 LE VOYAGE DE NOZ :

Un live plus ancien en écoute :

http://www.musicme.com/#/Le-Voyage-De-Noz/albums/Petit-Live-Entre-Amis-3700368498613-02.html

 Notamment l'instrumental : "un 30 avril sur les quais, et on trouvera également l'essai de texte en anglais de S. Pétrier: "opéra" (c'est bien lui qui chante!!),   mais je vous conseille aussi "près du vide" et l'hymne "chaque nuit"...

 

une vidéo de l'ami Tequila... fournisseur officieux de vidéos sur le groupe!
                                                                                   
                                                                                                                                                                          
PORCO ROSSO :

- 10000 lieues à la ronde
Grosse Caisse T.V. Show au Be There
 
 la vie sans moi....
 
KARL-ALEX STEFFEN :
 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

Publié le 20 Novembre 2010

  Inter-ViOUS et MURAT-,  Numéro 8 :

 

LE VOYAGE DE NOZ

KARL-ALEX STEFFEN

PORCO ROSSO

 

 

yann                                                                                                                 ãYann Giraud-surjeanlouismurat

                                                                                        

        Une « inter-ViOUS et Murat » aujourd’hui !  Puissance 3,  car j’ai l’honneur de vous convier à une rencontre avec  3 auteurs-musiciens-interprètes : Yann Giraud de PORCO ROSSO,  combo parisien,  François de KARL-ALEX STEFFEN (KAS) d’Orléans,  et Stéphane Pétrier, du VOYAGE DE NOZ made in Lyon. 

         Pourquoi les réunir ?  Outre leur intérêt pour Murat, mais qui ne s’entend pas forcement, ils ont pour points communs leur démarche « indé » et une certaine ambition musicale et textuelle en français,  en autres choses : Karl-Alex Steffen et Le Voyage de Noz sortent tous les deux un « album-concept »… nous plongeant dans le passé...  Je dois avouer, mais certains doivent finir par le savoir, que je connaissais nettement plus le VOYAGE DE NOZ, que j'ai dû voir en concert une quarantaine de  fois... depuis bientôt 20 ans!   C'est cette histoire qui a fondé mon intuition qu'ils avaient tous les trois des choses à se dire et à partager... Je me permets de dire que je ne  pense pas m'être trompé! 

  

 

- Alors pour commencer, il faudrait faire les présentations, car  il me semble  que vous  ne vous connaissez pas,  est-ce que vous pourriez vous présenter en quelques lignes (vous, votre groupe, et éventuellement 3 références musicales)?   

 

FRANCOIS- KAS :  Bonjour à tous,

            Pour vous dire tout d'abord que je suis très heureux de participer à cette inter-VIOUS.  Ensuite, j'ai commencé à écouter un peu Porco Rosso et le Voyage de Noz ; dans les deux cas, je découvre et le peu que j'ai entendu m'a donné envie d'y revenir.

          Karl-Alex Steffen est mon principal projet musical. Je suis à l’origine de celui-ci depuis 2002. J’écris les textes ainsi que la majorité des compositions et des arrangements. Au départ, c’était d’ailleurs un projet solo, puis, progressivement, c’est devenu un projet collectif notamment pour nos premières sorties discographiques et scéniques.

         Avec le dernier album « Les Traces », nous sommes allés beaucoup plus loin avec les quatre musiciens qui m’accompagnent (Lila Tamazit, Bertrand Hurault, Pierre Schmitt, Sébastien Janjou) dans la mesure où, pour certains titres, le processus de création a été fondé sur une réappropriation complète par le groupe des univers que j’avais pu proposer en démo. 

Bref, un projet constamment en mouvement, entre individualités et collectif, qui reste marqué par l’univers d’un auteur mais qui s’enrichit chaque jour de la confrontation avec des musiciens venant d’horizons différents.

           Pour les influences, si le jeu est d’en garder trois, je dirais Sonic Youth, Diabologum et Bashung….mais il n’est pas sûr que ma réponse soit la même si l’on me réinterroge à ce propos demain ! 

 

 - Je serais intéressé par des précisions :  Vous êtes originaire de quelle région?  et si comme dirait Murat, vous êtes un "j'ai un job à côté"?...   Je voulais aussi préciser que vous connaissez bien je crois, Erik Arnaud, mon précédent Interviewé...

 

 FRANCOIS- KAS : Pour le moment, nous sommes tous orléanais. Trois d'entre nous "vivent de la musique" et les deux autres ont effectivement un job à côté, dans l'enseignement.

             Pour ce qui est d'Erik Arnaud, c'est un très "vieil ami" puisque nous avons commencé la musique ensemble il y a une vingtaine d'années maintenant ; il nous a aussi apporté son savoir faire en termes d'enregistrement sur nos deux premiers EP "Le Coup du Siècle" (2003) et "Billet Express" (2005) et a effectué le mixage d'une grande majorité des titres sur notre premier album "Le Grand Ecart" paru en 2007. Pour "Les Traces", s'il n'a pas participé directement au projet, il a suivi le projet d'assez prêt et a fait partie des deux ou trois personnes qui ont écouté les titres dans leur différentes versions et dont le ressenti a pu compter au moment de trancher entre plusieurs options. 

 

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ãKarl Alex steffen-surjeanlouismurat

 

 

 YANN  GIRAUD : Un grand plaisir aussi pour ma part de faire cette interview à quatre et de découvrir deux univers exigeants et une écriture en français courageuse. Je suis ouvert à toutes les possibilités, mais souvent je trouve que les groupes français chantant en anglais prennent le risque du manque d'originalité et de la comparaison avec leurs influences. En écoutant K.A.S et le Voyage de Noz, je me rends compte que ce qui est intéressant, c'est justement la collision entre la chanson française et les influences anglo-saxonnes. Il en sort toujours quelque chose d'intéressant et de personnel.

           Pour répondre à la question, Porco Rosso est un groupe de la région parisienne a été créé en 2002 autour de mes compositions. On l'a toujours envisagé comme un groupe, mais le line-up a beaucoup changé depuis les débuts. Seul le bassiste, Stéphane Perez, joue avec moi depuis le début. Le guitariste Xavier Guéant nous a rejoint il y a un an et n'a pas participé à l'album qui vient de sortir (La Vie Sans Moi, 2010). Il fait partie d'autres projets parisiens dont De La Jolie Musique et the Einstein Tremolos Quant à notre batteur, il vient juste de nous rejoindre après le départ du précédent. Il s'appelle Sébastien Pasquet et joue dans une foultitude de projets dont le sien, Tristen, qui vient d'être signé chez Volvox Music. Sébastien est le seul à pratiquer la musique à plein temps. Stéphane, Xavier et moi avons des métiers qui sont assez prenants. Je suis pour ma part enseignant-chercheur, ce qui occupe la majeure partie de mon temps, et il m'arrive de faire aussi des chroniques musicales et des interviews pour un magazine qui s'appelle XRoads. Pour ma part, ça ne me pose aucun problème d'être un "j'ai un job à côté". Contrairement à Murat, je crois en l'amateurisme éclairé. Des pros, il y en a plein qui jouent sur les disques de Michel Sardou ou Calogero. Je ne crois pas que ce soit un gage de qualité. Nos métiers ne sont pas des pis-aller mais nous pratiquons la musique aussi sérieusement que possible quand nous en avons le temps. Depuis 2002, nous avons sorti trois Eps et donc le premier album en octobre 2010, sorti sur French Toast, un label associatif parisien en LP et en téléchargement sur les plate-formes habituelles.
             Si je devais citer trois influences sur la musique que nous faisons, je mentionnerais Sparklehorse, Talk Talk et pour citer un autre français que Murat, je dirais Dominique A dont l'influence est, je pense, plus audible sur le résultat final que celle de JLM.

 

 

STEPHANE PETRIER :   Bonjour à tous. Je suis moi aussi très heureux de participer à cette aventure.   Etant en pleine période de bouclage d'un nouvel album je n'ai pu qu'aller survoler le travail de François et de Yann mais j'en ai assez entendu pour comprendre pourquoi Pierre nous a lâché tous les trois dans l'arène. Il y a incontestablement des liens entre nous tous, une impression de faire partie d'une famille... même si je suis bien incapable de dire laquelle.

            Je m'appelle Stéphane Pétrier et je suis le chanteur et - allez je vais l'assumer... - le leader du Voyage de Noz, mon groupe de toujours. L'histoire a commencé en 1985, à Lyon, alors que nous étions tous au lycée... et depuis elle n'a jamais cessé. Nous avons connu dès le début un joli petit succès régional (3000 exemplaires de notre premier CD vendus assez vite en Rhône-Alpes, remplissage de salles assez importantes comme le Transbordeur [où a été enregistré MURAT LIVE]) mais nous n'avons jamais - pour de nombreuses raisons qu'il serait sans doute long d'expliquer maintenant -  franchi le pallier du professionnalisme. Avec du recul, je ne garde pas ou peu de frustration par rapport à ça. Comme le faisait remarquer Yann, je crois moi aussi que l'important est de bien faire les choses, que l'on soit amateur ou professionnel. Quand je compare notre aventure avec celle d'artistes proches qui ont "signé", je me dis que nous avons eu de la chance. La chance de durer, la chance d'évoluer en totale liberté, même si la modestie de nos ventes nous a empêché de vivre de notre passion (aujourd'hui seul notre bassiste est intermittent... en travaillant avec plusieurs groupe évidemment). Nous avons également la chance d'avoir un public assez étonnant qui ne nous a jamais lâché et qui nous permet de vendre 2 ou 3 000 albums à chacune de nos sorties... de quoi continuer à faire les choses correctement, à notre petit rythme d'artisan.  

              Concernant l'horrible question des influences, je vais tricher en citant trois influence anglo-saxonnes : Arcade Fire, Divine Comedy et les Beatles et trois artistes français dont les textes me touchent : Bertrand Cantat, JP Nataf et... allez Raphael (!!!) qui a, je trouve, une vraie liberté et une vraie qualité d'écriture. L'Auvergnat on en parlera après...

 

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 - Et bien , ça a commencé sur les chapeaux de roue...  même pas eu le temps de préparer la suite, moi!  Au niveau des références, vous ne m'avez pas facilité les choses d'ailleurs : je comptais un peu que François et Yann évoquent  Wilco ( un groupe que vous citiez tous les deux comme référence ailleurs )... et Stéphane, de la matière un peu plus "progressive" (Queen,  Wyatt)...  Toutefois,  merci d'avoir souligner  un certain discernement  dans  mon  choix de vous inviter tous les 3... même si ça me fout  encore plus la pression, et la pétoche...

            Alors, évidemment, le point commun  évident entre vous trois,  c'est bien sûr d'écrire des chansons  en français...   Là dessus, Murat n'a jamais varié (même s'il a dit avoir des titres écrits en anglais dans les malles du grenier)... mais sans toujours se revendiquer "rock".  Est-ce que vous, vous tenez à cette étiquette? Et utiliser le français ne vous a.. ou ne vous pose-t-il pas des problèmes d'identité?

 

STEPHANE PETRIER : Bon alors déjà d'emblée j'esquive la question sur l'appellation "rock". Je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire et je m'en fout. Qu'on nous catalogue chanson française, pop rock, cold-wave ou trash-reggae, peu me chaut comme dirait l'autre. Je n'ai aucun problème avec la "variété française", j'ai toujours préféré Jacques Brel ou Alain Souchon à des trucs soit-disant rock mais qui m'emmerdent profondément (je pourrais te citer des noms si tu es sage).

 

           Concernant le chant en français, là aussi je ne me suis jamais posé la question. La première fois que j'ai voulu faire une chanson, ça s'est imposé comme une évidence. Je crois que c'est Jean-Louis Aubert qui disait "Je chante en français parce que la nuit, je rêve en français" ; c'est exactement ça. Pour moi, écrire un texte, c'est une façon de me foutre à poil, d'essayer d'être le plus honnête possible. Et j'ai toujours considéré que les artistes français qui chantaient en anglais le faisaient soit par fainéantise, soit par manque de couilles. Pour être juste, je crois qu'il existe une troisième catégorie, plus respectable, ceux pour qui la voix n'est qu'un instrument parmi d'autres, un instrument qui n'est là que pour "sonner" et qui donc se foutent totalement de ce qu'ils peuvent raconter. Dans tous les cas, je trouve ça dommage.

         Dommage bien sûr parce que j'ai l'impression que ces artistes là sont quelque part moins "honnêtes", mais dommage aussi parce que je pense qu'ils passent à côté de quelque chose. Techniquement, c'est beaucoup plus dur de "faire sonner" en français (notamment sur les parties rythmées et violentes) mais en revanche, quand on y arrive, quel bonheur !

          On a la chance d'avoir une langue beaucoup plus riche, beaucoup plus variée au niveau des sonorités que l'anglais et quand ça fonctionne c'est terrible.

           Les rares fois où j'ai utilisé l'anglais, c'était très clairement par défaut, par renonciation, parce que je n'arrivais pas à mettre un texte correct  en français. A l'époque de notre second CD "Le Signe" où nos managers avaient des rêves de grandeur, nous avions commencé à enregistrer une version anglaise de l'album (pour "l'international" comme ils disaient....). Mis à part le fait que j'avais un accent lamentable, ça ne ressemblait à rien... ça manquait d'âme, nous  perdions notre identité, ce serait au contraire me mettre un masque et me trahir.  Idem avec Noir Désir par exemple : Bertrand Cantat réussit parfois à me bouleverser quand il chante en français. En anglais, il ne me touche plus, redevient banal et ressemble à des dizaines de groupes anglo-saxons.   Je fais peut-être un peu trop long non ?

 

- non, non, c'est bien... tant que tu ne racontes pas de blagues, ça va.  Yann?

 

YANN  GIRAUD : Je crois que je partage à peu près tout ce qui a été dit. C'est sûr, je pourrais toujours te citer quelques groupes intéressants chantant en anglais (Pokett ou The Delano Orchestra et quelques potes à moi qui me semblent faire cela avec beaucoup de conviction) mais globalement, je suis d'accord pour dire que le chant en anglais marque souvent un manque de personnalité ou d'affirmation. Or, qu'est-ce qu'être artiste s'il ne s'agit que de se mettre en retrait. L'autre jour, je discutais avec un ami qui est aussi responsable d'un label parisien et il me disait que l'impression qu'il retire de la plupart de ces artistes est qu'ils ne font de la musique que pour exposer leurs goûts. Le mec aime les Strokes alors il fait un truc à la manière des Strokes ... du coup, on se retrouve avec des groupes qui font de la musique qui existe déjà, et souvent en mieux.

           Quand je vois ça, je me dis que je devrais supprimer pas mal de noms qu'on trouve dans la rubrique "influences" sur les sites du genre MySpace, Noomiz, etc. C'est aussi pour cela que je n'ai pas cité Wilco. Ok, c'est l'un de mes trois groupes préférés, mais est-ce que ce que l'on fait est réellement inspiré par eux ? J'en doute car c'est un groupe avec une dynamique de malades. Il y a des gens dans ce groupe qui évoluent parallèlement dans le milieu du free-jazz ou du post-rock un peu barré. Alors, certes, ce serait excitant de pouvoir faire cette musique là avec des paroles en français, mais de plus en plus, je me rends compte que pour que ça fonctionne, c'est la chanson qui doit passer en premier. Si tu as une bonne chanson, tu peux la jouer en acoustique, sur un rythme reggae, ce sera toujours aussi bien. D'ailleurs, dans Porco Rosso, on aime bien réarranger les morceaux sur scène, surtout quand on n'arrive pas à les rejouer !

          Bon, tout cela pour dire que comme pour Stéphane, le choix du français m'est apparu comme une évidence. Je ne pense pas que ça pose un problème quelconque par ailleurs. Peut-être que ça ferme quelques portes dans des salles parisiennes, mais à part cela, les labels et les radios continuent de plébisciter les groupes qui chantent en français. Les salles aussi, il me semble ...et puis, je crois que même des gens qui ne vont pas forcément être fans de ce que l'on fait vont au moins apprécier la démarche.

            Pour ce qui est du rock, je suis aussi comme Stéphane. Le maître mot pour moi, c'est la mélodie. C'est pour cela que la musique tend vers la pop aussi. Après, j'aime la distorsion, l'électricité, la batterie. Alors, oui, c'est rock dans ce sens là, mais sinon, je ne vois pas quelle est la fierté de faire du rock, en quoi il y a un intérêt de s'arroger ce label là. Je déteste tout le discours qui consiste à se demander si quelque chose est rock ou ne l'est pas. Pendant que je tape ces quelques lignes, j'écoute Silver Mt. Zion, c'est du rock, ça ? Honnêtement, je m'en fous un peu.

 

STEPHANE PETRIER : Ca va pas du tout ça les gars ! On est d'accord sur tout !!!  Quand est-ce qu'on se met sur la gueule ?

 

- Ah, non!! ça fera trop rock and roll!! 

 

FRANCOIS- KAS : Comme Yann et Stéphane, nous ne revendiquons pas d'étiquettes particulières. Les questions de certains journalistes portant sur le style du groupe visent plus à construire une représentation de notre musique pour leurs lecteurs :  c’est utile, concis mais aussi très restrictif. « Rock » permet sans doute de souligner le rôle de l’électricité ainsi que l’omniprésence des guitares et des saturations, au risque de gommer tous les autres ingrédients constitutifs de notre univers.
             Pour l’écriture en français, c’est venu assez vite mais les premières chansons composées le furent dans la langue de Shakespeare. Depuis, les titres que je compose sont quasiment tous en français mais je me donne le droit de placer quelques phrases en anglais de temps à autre pour amener des couleurs et des sonorités différentes, pour un passage assez puissant ou crié, puis une partie avec beaucoup de chœurs... Et puis, en France, nous avons tout de même de nombreux chanteurs ou groupes qui ont un rapport très intime à la langue et à la culture anglaise et  qu’on peut à mon avis considérer comme de grands auteurs.

STEPHANE PETRIER : Qu'entends-tu par "chanteurs ou groupes qui ont un rapport très intime à la langue et à la culture anglaise" ? S'il s'agit de gens comme Gainsbourg par exemple, je suis d'accord. Il utilise beaucoup de formules et joue avec les anglicismes mais, je  dirais, à la rigueur pas plus que toi et moi dans la vie de tous les  jours. Il continue à "me parler" en français. En revanche, je ne vois  
pas pour ma part de "grands auteurs" français qui écriraient  totalement en anglais. A qui penses-tu ?

 

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FRANCOIS- KAS :  Lorsque j'ai utilisé l'expression "grands auteurs" français écrivant en anglais,  je ne pensais pas à Gainsbourg mais à des artistes plus confidentiels comme Piers Faccini, Santa Cruz, Laetitia Shériff, Jullian Angel, David Fakenahm (etc.) qui ont soit une approche très poétique de lalangue anglaise soit un remarquable savoir faire pour construire leurs chansons comme de petites nouvelles. Je trouve intéressant de voir comment ces groupes évitent les pièges évoqués par Yann et Séphane et parviennent à se réapproprier des pans entiers de la culture populaire américaine. Ce ne
sont pas les plus connus, ils ne visent sans doute pas un succès planétaire mais leur démarche artistique est à la fois intègre, sincère et passionnante, bien loin d'autres groupes se contentant de cloner les artistes anglo-saxons écoutés à la maison. Et puis, parmi mes groupes favoris, il y a aussi les Married Monk, avec des textes qui là aussi sont parfois très bons même s'ils parlent un peu trop  systématiquement de boisson !

 

- Finalement sur ces deux questions du rock et du français, vous êtes sensiblement sur la même position que Murat. Alors Murat, justement...  Est-il à ranger dans vos influences ? (en matière de : musique, texte, méthode... )     

 

 

YANN  GIRAUD Je ne crois pas que Jean-Louis Murat soit une influence directement identifiable dans notre musique. En revanche, en ce qui concerne la démarche, JLM a eu une influence déterminante. Quand nous avons commencé à faire de la pop sous le nom de Porco Rosso, au début des années 2000, l'idée principale était de se démarquer du rock alternatif qui à l'époque polluait les radios. Bien sûr, nous avons toujours eu beaucoup de respect pour Noir Désir, un groupe totalement déculpabilisant pour le rock français, mais il y a avait tous ces clones à la radio et puis aussi, toute cette soupe punk-ska plus ou moins alter-mondialiste qui, je pense, a bien pourri la scène française. À cause d'eux, tu ne pouvais pas faire du rock en France sans qu'on attende de toi une prise de position politique. Je pourrais citer deux ou trois noms, mais j'imagine qu'on voit de quel genre de formations je veux parler. Et en plus, en contre-attaque, on a eu l'extrême inverse, la nouvelle chanson française qui elle, ne parle que de la queue au supermarché, de la vie banale de tous les jours, les trucs dérisoires. Ai-je besoin qu'on me parle de ma vie de merde ? Je ne crois pas. Donc, la qualité en France se situe quelque part entre ces deux écueils, et là, on trouve un type comme Murat : des textes beaux et poétiques, de la mélodie, un peu d'ambition. Et puis j'aimais le discours qu'il avait en interview, le refus de la facilité et de la médiocrité, l'idée aussi que même si on n'a pas à se référer aux anciens (Brel, Brassens, Ferré), ça reste quand même dans nos gènes, que toute chanson française se fait en référence à la variété, qu'il ne faut pas forcément chercher à lui tourner le dos.        

               Après pour les textes, Murat n'est pas mon influence principale. Je pense plutôt à des gens comme Morrissey, Ray Davies ou Bob Dylan (Blood on the Tracks surtout), mais en français. Les textes de Murat sont plus métaphoriques, attachés à une certaine idée de la poésie française classique (Louise Labé, l'amour courtois, tout ça). Je cherche à raconter des histoires ou à m'inscrire dans une époque, un contexte, même si ce n'est pas forcément à prendre au premier degré, je me sens plus proche de Dominique A en ce sens. Comme ce dernier, la façon dont Murat place sa voix, en revanche, est importante pour moi. Ce n'est pas évident à faire sonner, le français. Peu y arrivent avec fluidité, sans que ça accroche, sans qu'il y ait trop de maniérisme. J'aime ça chez lui aussi.

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FRANCOIS- KAS :  Pour ma part, je n’ai jamais considéré Murat comme une influence majeure. Mes influences sont longtemps restées presque exclusivement anglo-saxonnes et la découverte de Murat fut finalement assez tardive. Par ailleurs, en dépit de mon intérêt pour son œuvre, peu de disques de Murat m’ont touché de manière suffisamment profonde pour influencer mon approche de la musique et de la création.

         Il y a cependant une exception : Mustango. En effet, cet album, comme Remué de Dominique A, Fantaisie militaire de Bashung ou #3 de Diabologum, représente pour moi un des horizons indépassables de la chanson française des années 90-2000. Des textes d’une beauté désarmante, des influences anglo-saxonnes parfaitement assumées et intégrées, des voix et une production chaleureuses et sensuelles, plus que d’une influence, il s’agit là d’une référence ultime à l’aune de laquelle on peut jauger ses propres compositions et enregistrements.

         En outre, ce qui me paraît rapprocher ces quatre albums, c’est, dans leur démarche, la volonté de leurs auteurs de donner une forme nouvelle à la chanson d’ici en étant aussi ambitieux  sur les textes que sur les musiques, en assumant pleinement toute la diversité de leurs influences respectives et en se détachant du côté parfois un peu larmoyant voire nombriliste que peut prendre la chanson française « à texte ».

Pour finir, je suis assez d’accord avec les propos tenus par Yann sur l’habilité qu’à Murat de faire sonner sa voix et sur les qualités poétiques et métaphoriques de ses textes.

 

          Mais,  Yann (la question peut s’adresser à Stéphane également), en dehors des références citées pour tes textes (Morrissey, Ray Davies ou Bob Dylan), es-tu également influencé par certains écrivains ?   "Mourir" aurait pu avoir sa place sur un album de JLM , non ?

 

STEPHANE PETRIER Pour ma part, mon rapport avec Murat est assez ambigu.

            Je l'ai d'abord longtemps détesté... ou plus exactement il m'agaçait... Je n'aimais pas sa façon de faire des textes, notamment sa façon très "XIXème siècle" d'évoquer ses sentiments.

Certaines phrases, par exemple, je crois que c'est dans "Col de la Croix-Morand" comme "j'éprouve un sentiment profond", je trouvais ça insupportable : pour moi un auteur n'a pas le droit de dire ça, il doit le faire comprendre, le suggérer... En revanche, j'étais déjà jaloux de sa voix, de sa classe naturelle et je me disais que si j'étais une fille je serais sûrement tombée amoureuse de ce sale type.

Les choses ont basculé, je ne sais trop pourquoi, avec "Le moujik et sa femme"  qui reste pour moi un de ses meilleurs albums. Là, j'ai commencé à tout lui pardonner et je me suis enfin "laissé aller", j'ai accepté de rentrer dans son univers sans intellectualiser la chose. Aujourd'hui, c'est toujours pareil : j'accepte de Murat des choses (tant au niveau des textes que de la musique) que je trouverais ridicule venant d'un autre. Je crois surtout que j'aime sa liberté, la façon dont il assume le mélange des genres, et bien sûr son talent pour faire sonner la langue française, c'est peut-être en ce sens qu'il est pour moi une influence.

           Pour répondre à la question des personnes qui m'ont réellement influencé au niveau de l'écriture, je citerais moi aussi Morissey, pour sa capacité à oser se mettre à nu, mais aussi beaucoup de choses dans la variété française des années 70 notamment (Souchon, Aznavour, même Delpech ou les tout premiers albums de Balavoine) où on avait un vrai talent pour raconter une vraie histoire en
quelques minutes, planter un décor... J'adore ça. Je trouve qu'un garçon comme Renan Luce aujourd'hui réussit par moment à retrouver cette grâce. L'écriture beaucoup plus intellectuelle de Bashung me fascine également mais me touche peut-être moins (sauf l'exception sublime qu'est "Fantaisie militaire" album touché par la grâce où j'ai enfin l'impression que le bonhomme tombe le
masque et me parle de ses souffrances sans que le vernis de la virtuosité le protège).
          J'ai du mal à savoir si les écrivains que j'aime (Bret Easton Ellis, John Fante, Vargas Llosa) m'influencent. Il y a plutôt parfois un flash, un film, un livre, une BD qui va un jour m'inspirer une chanson, mais je ne crois pas que cela ait une emprise directe sur mon style.



 

YANN  GIRAUD Pour ma part aussi, c'est toujours difficile de savoir si je suis influencé par d'autres formes d'art que la musique. J'aime beaucoup d'écrivains (Houellebecq, Jim Harrison, Dan Fante, Russel Banks ...), mais est-ce que ça m'influence sur la forme ? J'en doute. Je dirais que ce sont les sujets qui m'influencent, les ambiances aussi, mais pas l'écriture elle-même. Idem pour un certain cinéma qui me touche et peut me suggérer des images. Je pourrais aussi citer certains champs philosophiques. Au début, je voulais citer une phrase de Deleuze et Guattari dans notre disque, puis les membres de mon groupe m'en ont dissuadé. Ils ont bien fait, je crois ... Dans "Mourir", en effet, il y
a une référence explicite à Murat quand j'emploie le terme "cariatide",
[utilisé dans « aimer »]  mais pour le reste, je ne sais pas.

            C'est marrant, les albums que cite François. On revient toujours à la même poignée d'artistes, c'est un peu déprimant, non ? Sur ce que dit Stéphane aussi sur les années 70, je suis assez d'accord, mais chez moi, ça concerne plus la musique que les textes. Quand j'entends des trucs comme les premiers Véronique Samson, je me dis qu'il y a un super son au niveau de la rythmique, ça groove à mort, et il me semble qu'on a perdu la clé. Récemment, j'ai cru entendre un peu de ça chez M. Même si ça ne me touche pas à titre personnel, je lui reconnais d'avoir un peu réhabilité ce son là et je trouve bien aussi que ça s'adresse à un public assez large.

           Je constate que depuis quelques temps, du point de vue des textes, je suis de moins en moins en phase avec le style de Murat et de plus en plus avec celui d'Étienne Daho. J'ai longtemps ignoré ce dernier et me rend compte qu'en fait, c'est beaucoup plus difficile de se mettre à nu avec des textes simples que de se cacher derrière des postures. Sur le dernier album d'Étienne, il évoque des choses crues et bouleversantes sur sa rupture amoureuse et sa relation avec son père. C'est quand même vraiment courageux d'écrire (et plus encore de chanter) : "tu veux savoir pourquoi aujourd’hui je ne t’aime plus, pourquoi depuis un moment, je ne te désire plus et tu pleures en secret toutes les larmes
de ton corps, comme si j’étais mort". C'est peut-être moins élégant, moins littéraire, mais arriver à cette épure, c'est du gros travail et je crois qu'on ne s'en rend pas assez compte.

 

-  J’ai toujours gardé en mémoire la leçon de Gilles Vigneault sur la beauté des phrases construites avec des mots simples à une ou deux syllabes…  et ta citation Yann m’a fait penser à cela. Mais soit, moi, ce que j’aime dans l’écriture de Murat, c’est qu’il n’y a aucune expression toute faite (ce que je reprochais à Biolay…),  même si on peut aussi parler de « facilité »  quand on va dans l’abstraction et l’abscond.            (concernant Deleuze : je crois qu’Abdel Malik t’a grillé ! J’l’ai entendu parler d’une chanson évoquant les 3 D : Deleuze, Derrida et Debray…). 

 

 

 

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La pochette osée de l'album "L'homme le plus heureux du monde" du Voyage de NOZ... Ca va bien avec Murat, non?

 

 

LE LIEN EN PLUS :  

 

Voila de quoi faire connaissance avec ces "jeunes groupes":  

 

http://www.karl-alex-steffen.com/

http://www.myspace.com/karlalexsteffen

Photo-108-comp.jpgle bel objet en édition limitée que voilà...

 

http://www.porco-rosso.com

 http://www.noomiz.com/porcorosso
 http://www.grosse-caisse.com/musique/porcorosso

Pour eux, aussi, choix du bel objet : EP disponible en  vinyl uniquement...  

 

th_CoverPorcorosso.jpg 

 

 

http://www.levoyagedenoz.com/

http://www.deezer.com/fr/music/le-voyage-de-noz

http://www.bonne-esperance-the-story.fr/   (teasing du nouvel album à sortir le 27/11)

v_bonne-esperance.jpg

 

 

 

A SUIVRE!!!!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

Publié le 19 Novembre 2010

 

 

Allez, une autre série de photos de Denys!

 

  P1020360 une des "images" de cette tournée...  chiche? simple? de bureau?

 

P1020367  Coupé de près, le Chablaisien... Où l'on voit qu'il a changé de batterie depuis le début de la tournée...  Une batterie moins rock?  Je ne sais pas?

 

 

P1020369  Oui, il fait un peu gros là dessus....

 

P1020370 Une perm à Nantes... mais pas rasé de près lui.

 

P1020373 Belle photo DENYS!!

 

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P1020377

 

 

Et encore mercy DENYS!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

Publié le 19 Novembre 2010

 

A Nantes, il y a eu Demy pour toujours... et l'autre soir, il y avait Denys... qui n'a pas fait les choses à moitié...

 

Voici ses belles photos  et une vidéo. Un grand merci à lui de m'avoir contacté et transmis tout ça!

 

Désolé, Denys m'a indiqué qu'il n'avait pas la solution technique :  c'était soit une bonne qualité d'image, soit la vidéo droite!
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  encore des photos ce soir!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

Publié le 17 Novembre 2010

 

Concert classique hier soir à NANTES...   Comptes-rendus dispo sur le forum et la Dolo... 

 

VOICI un petit article qui nous compte une belle  anecdote!

 

 

 http://www.presseocean.fr/actu/filinfo_detail_-Vu-a-Nantes-Jean-Louis-Murat-sans-faille-%5BVIDEO%5D_-1589800--BKN_actu.Htm

 

Vu à Nantes : Jean-Louis Murat sans faille

"Bon, c’était pas le concert du siècle de Murat, ce mardi soir à Nantes. Dans une salle (Paul-Fort) pleine à craquer, soit 500 spectateurs, le chanteur aux cheveux longs et à la dégaine « cool-campagne » a pioché dans son impressionnant répertoire. De « Chanter est ma façon d’errer » à « Pauline à cheval », il a assuré le set sans faille. Sans faille et sans émotion palpable, c’est peut-être ça qui pêchait au fil d’une brochette de morceaux distillés comme on enfile des perles, un soir de spleen. Il manquait ce petit truc indicible qui fait la différence. La voix est toujours là, le son aussi, cet univers à lui qu’il a su bâtir au cours d’une vie d’artiste. Au rayon causette (brève), il a indiqué qu’il y avait de la neige en Auvergne et  que sa fille avait une gastro. Au chapitre «  Murat l’impulsif », selon la direction de la Bouche d’Air, le chanteur a piqué un coup de sang en apercevant un homme battre une femme sur le trottoir en arrivant à Nantes. Du coup, il est descendu de sa voiture pour calmer l’histoire. Du Murat pur jus.

 

On allait oublier de citer la reprise magistrale de « L’examen de minuit » de Léo Ferré (tiré de l’album Charles et Léo), dont nous tirons cet extrait : « Nous avons blasphémé Jésus/ Des Dieux le plus incontestable/ Comme un parasite à la table/ De quelque monstrueux Crésus/ Nous avons, pour plaire à la brute/ Digne vassale des démons/ Insulté ce que nous aimons/Et flatté ce qui nous rebute ». Une perle arrivée un petit peu tard, c’était la dernière chanson mais c’était bon quand même.

 

Stéphane Pajot"

On trouve un photo sur leur site... et une vidéo:

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

Publié le 14 Novembre 2010

 

Je vous en avais déjà parlé...  mais quand c'est LENOIR qui le dit, là,  c'est quand même du chaud bouillant!!

 

A vrai dire, "il a entendu dire"  dit-il, mais il est normalement bien informé! Mais surprise!  Il parle lui d'un album en début d'année!  Ca me fait à la fois plaisir d'avoir aussi vite des nouvelles de Jean-Louis... mais je me dis que s'il s'agit bien d'un album pour le début d'année... ca révèle que Jean-Louis va s'en tenir à ses habitudes d'enregistrement... Enfin, on va voir... et je repense à ce qu'a écrit Christophe Dupouy sur la DOLO : "il sait où il va"...  Alors, wait and see....

 

 

Emission de jeudi:

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/cestlenoir/playlists.php

 

Un titre diffusé l'inédit "n'attend rien" présent dans FACE NORD 1993 et le CD "contresens" de 91

 

 

 

UN  GRAND MERCI à SYLVAIN pour l'info!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

Publié le 14 Novembre 2010

 

 

Gyslain m'a averti du dépôt sur son blog d'un article sur le concert de NYON. Merci à lui.

 

 

http://blog.fnac.ch/?p=4360

Avec une photo.

 

EXTRAITS : lisez l'intégralité sur son blog

 

 "ceux qui crucifieront Murat en bougon de service, on leur jettera une phrase, empruntée pour l’occase à un fils de charpentier sur la croix deux mille ans plus tôt: « Pardonne leur père, ils ne savent pas ce qu’ils font ». Bien loin des show à l’américaine (ou à l’irlandaise, tout dépend si l’on préfère un stade remplit de Linkin Park-addict ou de fans de U2 qui n’a plus grand chose d’irlandais malheureusement), l’univers scènique feutré de Murat repose sur la sincérité et l’émotion. Et contrairement aux mégastars plus en phase avec leur dos qu’avec leur carrière (niveau « discale », j’entends), l’auvergnat est en accord parfait avec sa musique. Hier soir, l’Usine à Gaz (Nyon) en fut le théâtre".

 

"

 

 

AUTRES AVIS:

 

- Petitlouisch  a déjà laissé un petit commentaire ici ... pour nous dire qu'il avait adoré le concert... Est-ce lui qui nous avait dit que Jean-Louis "baclait ses concerts à l'étranger"... ?  J'imagine qu'il est bien content de s'être trompé!!

- Véno sur FB : "Concert très généreux, on dirait même qu'il a été ému par notre accueil!! Mais pas très bavard avec le public..."

Devant une assistance piaffant d’impatience, comblée d’avance dans une salle plus haute que profonde, l’artiste, accompagné de ses « fidèles » musiciens (toujours très pro et attentifs aux éclairs du génie), commence en douceur, avec des ballades qui lui ressemblent, sensuelles et hypnotisantes. Le quart d’heure noisy approche. Avec un mélange de quelques chansons de son répertoire actuel (couvrant les 3-4 derniers albums), Murat s’amuse et nous embarque, nous trimballe… En perpétuelle innovation, il va même interpréter « Pauline à cheval », dernière collaboration musicale de Jean-Louis avec le 7ème art (pour le film « Pauline et François »), dans une version entrecoupée de solo saturés et vivifiants. « Mousse noire », chef d’oeuvre de l’album « Tristan » (2008), prend toute son ampleur sur scène et renvoi aux plus belles heures de Neil Young période Crazy Horse, idole facilement devinable du terrible auvergnat. Murat continue d’alterner calme et tempête avec un tranchant « 16h qu’est-ce que tu fais », l’immersif et expressif « Chanter est ma façon d’aimer », le voyageur « Taormina », l’émouvant « Se mettre aux anges », et l’inédit « Yes sir », pop vintage qui se découvre uniquement sur scène. Une raison de plus d’assister au concert d’un artiste qui n’a rien à envier aux poètes historiques dont il s’inspire".

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

Publié le 13 Novembre 2010

 

Pour aller en concert, souvent, je prends la voie de l'ouest... Un vendredi soir, sous la pluie... ça promet d'être difficile. Et pourtant, bonnes auspices : le ciel se dégage, la température monte... et route nettoyée. Et finalement, descendre sur le Rhône, dans un soleil couché, mirer  les lumières des villes sur les contreforts du massif central, sous un ciel orangé alors que la radio émet un bon Shania Twain, je dis : petit pied, mais pied quand même.

 

1h10… et dans la place ! Pierrot est dans la PLLLAACCE ! Quel chaleur… 15 °, et une chambre dans une chambre d’hôte nickel (le clos de la Reclusière)… La patronne me dit qu’elle accueille habituellement les artistes qui passent  à la salle Aristide Briand, mais que ce soir, ils souhaitaient une chambre par personne… ce qu’elle ne pouvait offrir.  Tant mieux pour moi.. et tant mieux pour eux : en découvrant la chambre charmante, je constate que  l’escalier pour monter dans la mezzanine est bien raide… Ce n’est pas des marches que doit fréquenter un rocker en rentrant de concert.

 

J’ai décidé de me mettre dans l’ambiance et je prends l’apéro… et file vers la salle à 10 minutes à pied. Saint-Chamond n’est pas vilain… si, si, je vous assure !  De jolis bâtiments en pierre… Je repense à mes arrières grands parents qui étaient métayers pour le bon père Pinay…la rente, ce n’était pas pour eux.

La salle se trouve dans un parc. 19h30, il y a déjà un peu de monde. La salle peut aller jusqu’à 900 places, mais elle est aménagée pour 600. Des gradins… et une très large fosse qui aurait permis un concert debout… mais des sièges pliables sont installés.  Je me dis alors que c’est Jean-Louis qui  a demandé  cette configuration… et je suis déçu… même si je m’installe à côté d’Isabelle la Grenobloise… au premier rang pile en face du micro.   J’apprendrais ensuite que le contrat ne précisait pas du tout d’obligation en matière de configuration assise ou debout. C’est la Mairie qui a décidé.

 

20h35… la salle est pleine, belle affluence… et ça commence déjà ! « Bonjour »….  Et c’est parti… Apparemment,  la pause dans les concerts a permis à certains d’aller se faire couper les cheveux (ça fait du bien à Stéphane…).  Sourires… ils ont l’air détendu…. Ginette Ramade. Sans surprise… mais je rentre bien dedans… Version courte. … et ça enchaine très vite avec la Mésange.  Denis est attentif  pour suivre Jean-Louis… mais Jean-Louis n’est pas décidé à partir dans l’impro. Là, encore, une version resserrée. Ca démarre doucement… Taïga….   A la fin, j’ai entendu quelqu’un dire « avoir eu peur après les 3 premiers titres ». C’est vrai que j’ai connu début de concert plus putassier : pour accrocher le public, et le chauffer… mais Jean-Louis ne choisit pas cette facilité…   En tout cas, c’est propre… Trop propre ?  Concert nettoyé des intros brumeuses qui retombent comme elles peuvent, des souffles d’harmonica, des onomatopées trop faciles…  Tout ce que j’apprécie tant habituellement…. Et pourtant, j’approuve… même si on demanderait bien à Monsieur Bahlsen d’en mettre un peu plus du larsen,  On a droit au vrai premier solo dans TAIGA… mais c’est court ! Jean-Louis ferme les yeux… mais les ouvre bien vite…

Sourires encore…. Et c’est Pauline à cheval….  Et le concert débute vraiment…  Puis, 16 heures, la salle se chauffe un peu.   Je suis moins gêné par les nappes de clavier, sont-elles moins présentes ??  Je remarque réellement les claviers sur Falling in Love où ils remplacent les violons de belle manière.

… pas le temps de souffler entre deux titres… ni d’interpeler Jean-Louis pour le faire parler un peu…  C’est fou comme ça défile… Un peu incompréhensible.

Mousse noire, chanter est ma façon d’errer.

Je suis dans l’ambiance, et j’adhère…

  Puis voilà TAORMINA…. Vrai changement avec St-GENIS LAVAL : il chante le mot « taormina »….Ce n’est pas      une version jaguaresque, on est je pense loin des 8 minutes… mais beau solo tout de même…

 Yes sir… oui, la set liste est sans surprise…

Puis, le train bleu… magnifique… presque endiablé.

 

Puis « encre »… et ces invincibles vérités…  là, encore, on est loin de la version de TOURNAI… même si je vois s’envoler de beaux postillons…. La voix est bien là… Superbe titre… et je danse sur la chaise…

 

 

Se mettre aux anges…..Solo final à tomber… Jean-Louis parle enfin mais pour sortir sa phrase rituelle sur cette tournée : « vous êtes très gentil ici »

C’est le premier rappel… Jean-Louis prend l’harmonica…. Un enfant d’une dizaine d’années a jeté un rouleau de papier sur la scène (un dessin)… et je le vois navré que Jean-Louis ne l’ait pas vu…Touchant…  Je me lève pour le dire à Jean-Louis  qui va ramasser le papier et le poser sur son pupitre.

 

 « 1, 2, 3, 4 » lance-t-il pour débuter les voyageurs perdus !…

Puis, ah !! enfin du neuf pour moi : « M maudit »… Je ne l’avais pas encore entendu live… et le titre est transfiguré. Débuté susurré, avec un peu d’harmonica,  il s’envole de belle manière.

 

Là, j’ai un doute… mais il me semble que c’est l’examen de Minuit ensuite… toujours aussi beau… le vrai grand moment de cette tournée je pense. A pleurer.

….. Fin…. Mais non… Deuxième rappel sans que le public n’ait  trop à insister !

 

Jean-Louis revient… et parle un peu : « on est voisin…. Ici, c’est les marches de l’auvergne… Marseille, c’est le marche- pied  de l’auvergne ». …Il présente ses musiciens pour la deuxième fois (plutôt sympa)… Puis, par un saut d’esprit qui m’a échappé, dit « si je me lance sur MMA, on n’en a pas fini »…  Va savoir pourquoi il fait une fixette sur MMA… mais il l’évoque souvent en concert…

Il se lance finalement dans « comme un incendie »…

Il doit être dans les 22h10…

 

Je vois encore l’enfant, inquiet que Jean-Louis ait laissé le dessin sur le pupitre… Son père essaye d’en parler au technicien sur la scène… et je tente de rassurer l’enfant : « ne t’inquiète pas : il l’aura ! Je lui parlerai après et je m’assurerai qu’il l’ait… et je suis sûr que cela lui fera plaisir ».   Son père aussi : « t’inquiète pas : le Monsieur, il connait Jean-Louis Murat … et il va lui dire »… euh, oui, je connais Jean-Louis Murat… de nom… Ca rassure moyennement l’enfant, mais c’est temps pour lui d’aller se coucher…

 

 

  Alors que dire de ce set ?

 

 Comme je l’ai déjà dit plus haut, on n’a pas senti Jean-Louis réellement se lâcher, s’oublier, fermer les yeux, partir dans des impros de guitare, d’harmonica ou vocales… mais c’était carré, ça roulait… Stéphane est d’enfer… Fred fait papillonner ses doigts sur la basse… mais il n’a pas eu l’occasion ce soir de s’enflammer : pas de saut à son actif ! Je ne sais pas si ça peut être un critère d’appréciation : 3 sauts de Fred = excellent concert rock, deux sauts = bon concert,  0 saut= ??…. mais non… moi, je l’ai beaucoup aimé ce concert…. Isabelle a préféré celui de saint-genis… Moi, j’étais sans doute moins fatigué, plus excité, légèrement échauffé, sans contraintes de retour… et donc disponible pour écouter et j’ai réellement apprécié… 

J’ai vu sur FB que quelqu’un l’avait trouvé méprisant… mais c’est assez incompréhensible : il a été poli, dit bonjour, plusieurs mercis, a présenté ses musiciens, a blagué un peu… et a fait deux rappels… mais c’est vrai que c’est façon de mener tambour battant le concert est très surprenant, et qu’on n’a pas senti  de vrais moments de « transe »…

 

La bière NINKASI au bar est excellente… et les gens sont nombreux à en profiter ensuite…comme de la chaleur de la nuit dans le parc.  On boira même un petit verre de l’amitié pour finir un fût une petite heure après le concert. C’est là qu’on a discuté avec une personne de la Mairie.   J’évoque avec elle mon lieu d’hébergement et j’en déduis alors que Jean-Louis passera la nuit au Campanile voisin (il avait évoqué une fois d’ailleurs qu’il faisait la tournée des campanile)… que nenni ! c’est dans un trois étoiles que les chambres ont  été réservées ! Je me dis alors qu’il doit déjà y être… parce qu’on ne l’a pas vu dans le hall… Il y a une sortie par derrière… Je suis très déçu de ne pas avoir accompli ma mission pour l’enfant… et son dessin… Je suis aussi très déçu pour l’enfant en moi et l’habitude que j’ai pris de me faire dédicacer un truc à l’issu du concert…

Je me retrouve tout seul… Par acquis de conscience, je file derrière, dans une allée interdite au public, mais au portail grand ouvert… La salle est toute vidée… et un poids lourd est à quai pour le matériel… Madonna, c’est 90 semi-remorques, Jean-Louis… c’est un 19 tonnes… Je suis déjà surpris !  Enfin soit, pas d’autres traces… et  je me dis que j’vais vider les lieux… Je me retrouve finalement devant un autre portail… et 5 minutes plus tard, je vois Jean-Louis et l’équipe embarquer en voiture…  Le portail automatique se refermant alors qu’ils ne sont pas sortis… je fais don de mon corps et je m’interpose devant la cellule photo-électrique pour que le portail puisse laisser évacuer l’artiste…   Puis me pose sur le côté… mais sans chercher à faire signe à la voiture… Elle me dépasse… mais Jean-Louis fait signe au chauffeur (Stéphane ?)  de s’arrêter.   « très bon concert, un peu sur les chapeaux de roue…j’ai beaucoup aimé… J’avais une mission pour l’enfant qui vous a donné un dessin, il voulait savoir si vous l’aviez eu… » « oui, oui, c’était très gentil.. . ou c’était très beau »…. Il me dédicace ma pochette de « cartier-bresson »  (gagné dans un concours télérama… première pièce de ma collection) et le Cd promo « masphotétisés » que j’ai pris pour le faire dédicacer par Fred… Fred étant à l’arrière… il la signe aussi… merci »

CAM_0013.JPG 

Et voilà… Je crois que je vous ai tout dit. Non… peut-être pas que, malgré le fait que je ne me sois jamais présenté à Jocelyne… elle a repéré qui j’étais en lisant mon compte-rendu du concert de Clermont… Bonjour à elle !  Je lui ai demandé des infos sur le concert de Falaise dont on a eu aucun échos… A part le côté « un peu improbable » de la ville, rien de particulier à signaler. Ce concert restera donc un mystère (pour l’instant).  

 

 

LE LIEN EN PLUS :

Un petit texte de Johel qui était présente...

 

concert du 12/11/2010 à St Chamond

par Johel samedi 13 novembre 2010, à 20:37

 

 

Ginette Ramade a été la première à emprunter le sentier de la forêt. Dans cet antre végétal, une mésange bleue a chanté tandis que Pauline, à cheval, essayait de concurrencer le train bleu entre Lyon et Genève. Deux heures trente entre St Chamond et Clermont-Ferrand en train, une journée à cheval (il a dit le MÔsieur…) donc ce n’était pas gagné pour Pauline…

 Un ciel boréal, une odeur de Taïga en cette soirée et dans la forêt de plus en plus sombre la mousse noire supplantait la mousse verte. Pauline ne retrouvait pas la trace de Ginette, et pourtant son accuité visuelle était intacte.  Ferait elle partie bientôt de ces « voyageurs perdus » ? Elle n'y pensait pas.

Elle en était à ces rêveries : « Falling in love again » susurrait-elle en pensant à Lui. Pauline parlait elle anglais ?? Yes Sir… Ainsi en galopant et en anglicisant ces propos, elle s’éloignait de son point de départ qu’elle avait quitté vers 16 heures et se rapprochait de Ginette. Et cela, elle l’ignorait.

Ginette amie hum m maudit (e) qui lui en avait voir de toutes les couleurs, qui lui avait brûlé l’âme comme un incendie et qui lui faisait un peu peur. Se mettre aux anges avec elle impossible (D comme Démon). Dans quelques heures, aux douze coups, l’examen de minuit révèlera à Pauline qui  fut Ginette un ange ou un démon. Et ensuite seulement Pauline pourra aller mesurer sa peine à la tasse à Taormina. Na…

 

 

PS j’ai certainement oublié certains morceaux mais ceux qui sont dans cette histoire ont été interprétés (ordre non respecté) hier à Saint Chamond. J'ai un doute pour "se mettre au anges"...

 

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

Publié le 13 Novembre 2010

C'était très bien. Merci. (non, je ne peux pas en dire plus) (enfin, pas maintenant... ) (du consistant demain... si tout va bien)

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011