Publié le 20 Mars 2012

 

 

Alors que la dernière polémique en date a été relancée par les Inrocks cette semaine, par un billet dur de C. Conte, Baptiste Vignol, a tenu à lui répondre :

http://delafenetredenhaut.blogspot.fr/2012/03/du-in-du-off.html

 

 

 

BV

                                                          Baptiste Vignol, éditeur, auteur et en inter-ViOUS ET MURAT : http://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-numero-2-baptiste-vignol-43908114.html

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012

Publié le 19 Mars 2012

ET voilà, ça sera pour le

Jeudi 17 mai...

mais en APRES-MIDI!   Et là, je m'étonne....surtout que Cali sera tête d'affiche un autre soir....

11h à Saint-Hilaire-en-Lignières : promenade chantée avec Tom Poisson

15h aux Bains-Douches : Jean-Louis Murat

17h30 à la Halle : les Fouteurs de joie

21h au Manège : Zaza Fournier, Da Silva

C'est dans le cadre d'un festival L'AIR DU TEMPS à la jolie programmation... et dans la salle des BAINS DOUCHES récemment rénovée (dont le directeur est le papa de Florent Marchet, et la présidente... mme Marchet).

L'info vient du Berry Républicain :

http://www.leberry.fr/cher/actualite/pays/pays-de-vierzon/2012/03/19/moriarty-cali-ou-encore-jean-louis-murat-en-mai-a-l-air-du-temps-1122288.html

 

Tarifs : de 0 à 23 euros selon les spectacles. Forfait festival adhérent avec la carte Bains-Douches : 100 €. Plus d'informations sur www.bainsdouches-lignieres.fr

  

  

  

  

RAPPEL DES AUTRES DATES :

27 mars 2012 / Le Cargo / Caen (14) /
28 mars 2012 / La Boule Noire / Paris (75) /

29 mars 2012 / La Boule Noire / Paris (75) /
30 mars 2012 / La Citrouille / Saint Brieuc (22) /

31 mars 2012 / La Boule Noire / Paris (75) /

6 avril 2012 / Festival Mythos / Rennes (35)

 


8 juin 2012 / Francofolies de Montréal / Montréal (CAN) /

 

 

16 juin 2012 / La Coopé (concert pour Clermauvergne Humanitaire) / Clermont-Ferrand (63) /

30 juin 2012 / Festival Verdur Rock / Namur (BE)

  http://www.jlmurat.com/spip.php?article5

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012

Publié le 18 Mars 2012

 

 

J'ai été moins assidu au niveau vidéos, je crois l'avoir déjà écrit. Cause : trop de chats à fouetter, et le partage à tout-va sur FB qui rend ça moins indispensable, et aussi le fait que j'avais décidé de ne pas diffuser des vidéos pirates de live... tant la volonté de Murat de ne pas accepter de photos et vidéos de concert est clairement affiché. On nous avait d'ailleurs annoncé à l'entrée des abattoirs une fouille sévère... qui n'a pas eu lieu. Mais je n'ai aperçu pour une fois aucun appareil ou téléphone fonctionner...

 

Alors, what... Oui, c'est dimanche matin, il pleut... et il y a quand même du lourd à montrer...

 

D'abord, une petite curiosité...

 

 

 Une vidéo vue 60 000 fois.. c'est pas mal pour du Murat... Mais hélas, youtube n'a pas reconnu qu'il y avait du droit d'auteur là-dessus (sinon, il y aurait eu une pub sur la vidéo)... C'est donc fait de manière non officielle...

 

 

 

Les Jeunes Musulmans de France est une association affiliée à l'UOIF.  Le but de l'action  est de demander aux candidats aux élections  "de prendre position, de la manière la plus ferme, contre tout discours, toute idée ou tout slogan qui viserait à monter les Français les uns contre les autres, en faisant notamment de l’islam et des musulmans les boucs émissaires des maux que connaît notre société".  C'est effectivement d'actualité...  Je pense que si on lui avait demandé, Murat aurait pu donner son accord... 

 

Pour ceux qui n'auraient pas reconnu le morceau, il s'agit de la BO de "PAULINE ET FRANCOIS" : "les chevreuils". EN vente en numérique (première sortie d'un disque exclusivement en numérique pour Jean-Louis).

http://www.music-story.com/jean-louis-murat/titre/les-chevreuils/telecharger

 

 

 

-  Michel ZACHA dans la dernière inter-ViOUS et MURAT (2 articles plus bas, descendez le curseur m'ssieux, dames),  de l'enregistrement de "elle voulait revoir la normandie", gravé alors qu'il s'agissait juste d'une répét....  Deux jours plus tard, découverte d'une vidéo (déjà partagé sur Le LIEN DEFAIT forcement) de Gérard Blanchard... reprenant du MURAT.  Hasard amusant ou... J'ai posé la question...   Michel Z. a en tout cas été très touché..lien défait.... Une version très émouvante, avec un artiste, qui comme beaucoup d'autres, d'après ce que j'en lis sur wiki, connait des difficultés... 

 

 

 

 

 http://www.deezer.com/fr/music/gerard-blanchard        pour découvrir ses versions étonnantes de "la nuit je mens"... et d'"aragon et Castille" (talk over reggae country)

 

 

 

- Autre sortie de placard (par l'ami Lionel)... qui permet d'illustrer mes regrets exprimés hier sur les concerts 2012... j'veux dire: un peu de piano, un peu de guitare sèche, ça ferait plaisir...  Version livrée dans un show case en 2000 (ça ne me disait rien, je ne devais pas avoir).

 

- Autre titre (encore merci, Ombremor)... et là, c'est une vraie surprise pour moi...
 Ce titre ne me dit rien du tout. Inédit live de l'époque... Ah, oui, généralement, on l'intitule : "rivière" et pas "la rivière".   8'5 de voyage... ah, non, moins : Belle séquence parlée de Jean-Louis  qui fait rire la salle...
Et allez, pour être complet : la version de Julien CLERC de l'ange déchu... ah, oui, mince, j'ai oublié ce point commun entre Zacha et Murat...
ET en passant, mais ne le dites pas:
http://www.youtube.com/watch?v=3hu5IyjFcU0   alcaline 2012 (version encore plus sage qu'à Bourgoin)...  Ah, y'avait de l'ambiance au Luxembourg... superbe qualité de vidéo et de son....

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques

Publié le 17 Mars 2012

 

grand lièvre 2Tournée de printemps... tournée d’été... tournée  à l’air crépusculaire... Nouvelle tournée... 

Un peu tout ça, il n’y a plus de saisons de toute façon, plus rien ne court ordinairement (mince, je parle comme Jean-Louis), même une tournée de Murat...

En tout cas,   est-ce d’avoir coupé la radio qui parlait de FNACA et d’Algérie (plein le dos d’ l’aurés... ),    est-ce d’avoir été ralenti par  un Moujik rentrant son bois sur mes routes de campagne pour me rendre à Bourgoin? ou d’avoir suivi vers le sud-ouest  VENUS admirablement accompagné par Jupiter, conjonction rare (sauf sur un album de Jean-Louis Murat)... j’étais encore plongé dans mes pensées... mais impatient de glisser quelques « instantanés » dans mon grand « album » de souvenirs de sets.

Je m'explique:

Tournée de printemps puisque c’est comme ça, mais deuxième partie de tournée.

Tournée d’été vu la journée passée, mustango’s dans les champs s’ébrouant, petit lapin, à défaut de grand lièvre, s'effrayant dans mes loupiotes, birds on the Bourbre (pas de Manteau de pluie à prendre donc)..  mais impression vite dissipée, vu le souffle violent et froid, direct from Mockba, qui faisait remuer la queue devant les abattoirs...

Tournée crépusculaire, puisque l’interview venant de Suisse n’était pas folichonne : peu de dates finalement prévues... et cela est atTristant... tant  Murat semblait avoir envie de donner sur cette tournée... et surement pas du temps au temps.

Nouvelle tournée : les deuxièmes séries de dates sont toujours assez différentes chez Murat (Mustango tour, Tristan...) et là, qui plus est, on a un changement d'équipe: avec le nouveau bassiste Chistophe Minck... qui aguiche ma curiosité.

Ouverture des portes à 20h30 enfin... C'est ma tournée... puisque depuis le dernier concert de Murat dans ces lieux, le bar délivre de la bière de ces ignobles futs dont elle est prisonnière...

Une salle agréable, avec ses deux paliers + une tribune (prise d'assaut). Jauge à 500/550 places... Manque une (ou deux) centaine pour remplir.

Première partie : Terry Lee Hale, américain à la mine de Ray Cokes. Guitare électroacoustique et légère monocordisme... ne pouvant pas me rattacher au texte.  J'apprécie néanmoins un bel instrumental tout en douceur. Il est rejoint sur quelques titres par un excellent harmoniciste.

 

Arrive Murat... Petit débardeur à rayures sur le corps, levi's neuf. Cheveux courts bien coiffés (au fil du concert et des passages de la main, la coupe prend du relief, ce qui m'évoque celle de Nathalie F.  ;.)). On a parfois des curieuses idées). 

 

Pif paf poum... abrupts et le texte débute: La lettre de la pampa... Pas de surprise, on a gardé le même sens de circulation en entrée de village. 3 minutes... j'aime bien mais c'est l'échauffement.

Intro qui me semble un peu originale au niveau clavier sur "les rouges souliers" et je deviens adepte de Georges Tron (pas question non plus de crier au loup, Boutin!) ... Le morceau est vraiment enlevé, un peu pris au débotté néanmoins -mais de quoi j'me semelle pour dire ça!- Murat commence à s'amuser un peu au niveau interprétation.

Du côté bassiste, ce qu'on peut dire qu'il ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe...  Et c'est sacrement reboostant tant au niveau musique et qu'énergie sur la scène. On m'a dit que c'est Fred qui aurait parlé de Christophe Minck à Murat. Bon, bien sûr, pour parler en détail, et tailler,  face au fashion Jean-Louis, j'entends dans mon oreille Christina (de M6) dire à  Christophe et Slim : "mé, écoute, mes chéries, cé n'é  juste paas possibe ton look..."... je rigole : ne changez rien.   3.20

 

Restons sérieux... C'est du sérieux un concert!    

Oui, c'est "le coureur espagnol", avec le sample très fort au début...  et une accélération à la pédale au départ... le début du chant marque une entrée dans le rouge... Ca pioche... Le chant révèle la difficulté du dénivelé...  Une partie quasi-a cappela... un petit sifflement... 3e souffle... c'est le vol vers l'arrivée... Inarrêtable... Murat se lâche bien... et la section rythmique aussi... tandis que Slim marque le chrono...  jusqu'au magnifique sprint (véritablement). 4. Perso, j'adore.

 

Et oh, Surpraïse... "une nouvelle chanson" est annoncée.

Clavier assez présent... Ca pourrait faire penser à un morceau plan plan... mais non, une composition qui me parait assez originale, avec une ou deux petites ruptures entre l'intro, les couplets, les refrains (là, musicalement, je sèche pour vous expliquer plus précisément).  Morceau calme. On a du mal à comprendre le texte que Jean-Louis connait déjà par cœur néanmoins.  Elle s'appelle "je ne cesse de penser à toi". Murat livre  une belle interprétation. Pour une première écoute, assez prometteur. 4'3

 

On reprend le fil de grand lièvre... mais dans le désordre : avec une intro pêchue sur "Haut-arverne"... Des chœurs mais moins forts qu'à l'automne, c'est Jean-Louis qui assure devant : "ohhh... destins d'avant... destins de choses..ohooohhh"... Magnifique. Mix très réussi entre les parties plus douces et les parties énergiques. 5

Là, encore, la set-liste a été modifiée depuis l'automne: on part sur "sans pitié pour le cheval". La longue intro de presque deux minutes est très chouette... Y'a de l'énergie, je pense que Christophe Minck y est peut-être pour quelque chose... Le clavier est très présent de mon côté (on n'a pas eu les mêmes impressions d'écoute en fonction de l'endroit où on était).  Premier véritable partie "pont" dans une chanson. Là, encore, du choeur, mais j'ai l'impression moins fort qu'auparavant.  4'3

La salle apprécie, même si c'est assez calme. Murat se fait interpeler un peu... mais il reste stoique. il est néanmoins souriant, les yeux ouverts... L'ambiance sur scène est bonne, avec Stéphane souriant, malgré une batterie qui a semble-t-il quelques soucis techniques.

Alexandrie....  Début calme avec beaucoup de réverb dans la voix.  Assez différent il me semble de l'automne.  Bonne idée d'avoir placé ce titre un peu plus loin dans le set. Très joli solo de guitare. J'apprécie aussi le jeu de Slim bien renouvelé par rapport à l'album. Le morceau se termine par un joli  son qui m'évoque une "mouette" s'élançant sur la mer. 7'2

 

Puis, c'est "vendre les prés". Quelques applaudissements mais ça ne démarre pas.  Rien à signaler... au départ... L'interprétation un rien nonchalante et désabusée (mais le titre le veut aussi)  s'intensifie ensuite : "il faut vendre la terre".... "il faut vendre la terre" " vendre la terre". 4

On enchaine sur quelque chose qui me surprend... et je reconnais "je me donne"... Inédit live (mustango tour)... Très joli intro... avec clavier, guitare... nettement plus rythmée que la version dont je me rappelais. Beaucoup plus rock... "je me donne"... Murat en fait la démonstration. 

Pas sûr que celui qui a écrit ça     reconnaisse les qualités qu'il voyait à ce titre... (lent, érotique...), d'autant plus qu'on pourra regretter comme à l'automne, que Murat ne se lance pas dans un morceau en solo... Il la livrait ainsi en 2000...  J'apprécie néanmoins... surtout que le titre a tout de même une partie plus en douceur... avant de se renflammer, toute guitare électrique sortie.  Magnifique sortie de "malle"!   8'3 : On s'en est pas rendu compte!

 

"Une dernière...j'vais présenter les musiciens... Christophe le petit nouveau à la basse"...

"Je peux faire une nouvelle chanson si vous voulez".. le titre?  "y'en a pas encore... allez-y (se tournant vers les musiciens), je m'en rappelle jamais."        C'est "Belle"... Hommage à Notre-Dame De Paris?   à Sébastien ou à Medhi?        Murat aime parfois se frotter aux poncifs.  Là, encore difficile de comprendre le texte".   C'était annoncé comme la BO d'un film de Macon évoquant l'engagement politique... a priori pas de rapport avec le thème.  Morceau calme... avec le clavier en avant. Je suis un peu circonspect sur le coup.

 

Du coup, pour "qu'est-ce que ça veut dire", on s'est un  peu refroidi... Jean-Louis aussi.... Début en solo, doucement... et les 3 copains le rejoignent... Ca manque un peu d'intensité au départ, mais elle monte un peu au fur et à mesure... il me semble que Jean-Louis varie moins ses intonations sur la phrase titre.  Petite surprise néanmoins sur le final : difficile de décrire... Quasiment, une petite séquence électro ambiant..  et j'imagine que le morceau va redémarrer... mais non. Joli final expressionniste, et encore joli coup de chapeau à Christophe qui arrive à me faire remarquer le jeu de basse.

J'adore vraiment ce titre, mais elle vaut pas à mon avis celle donnée à la Source. Ce jour-là, elle s'enchainait avec "sans pitié pour le cheval".... Du coup, ce soir, c'est "qu'est-ce que ça veut dire" qui sert d'entrée... à... "16 heures"... endiablé... Longue intro. Christophe Minck s'éclate, Stéphane écrase sa batterie...  7'5

"merci beaucoup"

Rappel      (sur la set-liste figurait en option : hombre... Dommage qu'on ne l'ait pas eu. Il l'avait pourtant chanté au Luxembourg)

encore quelques petites interpellations...."qu'est-ce que ça veut dire?" répond Jean-Louis... Je n'entends pas tout.

C'est ALCALINE.  A quelques jours près, il y a 3 ans mourait Bashung... Jean-Louis n'est pas aidé du fait d'absence de light show (plus de jolis miroirs, par économie ou quoi?)...  A l'automne, on était plongé dans l'ambiance apocalyptique  que j'avais appréciée.   La version me parait moins déstructurée, même s'il joue toujours sur la saturation de la guitare. ...   même si le solo de guitare est plutôt plaisant. Moins hardcore donc. 8

Enchainé quasiment : Les jours du jaguar... avec un clavier très présent.  Pas une version sortant de l'ordinaire... à peine 7!  On le retrouvait avec plaisir sur cette tournée... mais...

 

Puis, "Si je devais manquer de toi"...  Je me disperse un peu... et me dis que je devrais me concentrer sur Jean-Louis et sa voix : cela me permet d'accrocher... La voix est belle, l'interprétation aussi. Le morceau part ensuite sur des horizons plus inattendues: partie instrumentale assez réussie... jean-Louis Murat nous refait le coup du final distordu et reverbéré...comme sur "qu'est-ce que ça veut dire"... et Stéphane refait partir le groupe pour un tout dernier petit tour... " BONSOIR!"

 

 

Un Jean-Louis Murat en pleine forme semble-t-il. Quelques petites surprises et un groupe qui tourne déjà très bien. Les bas morceaux de GRAND LIEVRE ont été livrés d'une manière que j'ai plutôt plus apprécié (la réforme de la set liste a pû jouer)... 3 inédits... Reste le regret d'un peu plus de variations, avec un morceau sans clavier, ou en acoustique, un solo... Par rapport à l'automne,  pas de sollicitation du public pour chanter (faut dire qu'il a retiré les voyageurs perdus et foule romaine de la set-liste...).

 Comme l'habitude est prise, Jean-louis Murat a fait une longue séance de dédicaces... qui n'a fait aucun malheureux. Bravo aux camarades qui avaient parcouru 600 km pour voir Jean-Louis… et lui remettre un cadeau…

 

MERCI JEAN-LOUIS, BRAVO

Content d’avoir eu de tes nouvelles, Mathieu.  

 

 

LE LIEN EN PLUS :

 

Il a été plus rapide que moi à dégainer, comme d'habitude. C'est un professionnel. Et il m'a tué, comme d'habitude: A LIRE

http://laurentcachard.hautetfort.com/archive/2012/03/17/etat-de-muratologie-avance.html

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012

Publié le 15 Mars 2012

Inter-ViOUS ET MURAT-, Numéro 12 :

 

Michel ZACHA   2e partie.

  

  
  

Dans la première partie que vous lirez ici, Michel Zacha, musicien, producteur, arrangeur, preneur de son, mixeur, nous racontait sa collaboration avec Jean-Louis Murat sur le LP "Murat" de 1982, et quelques infos inédites...  Voici la suite, qui m'a tout autant passionné : le punk français, ses amis Desproges et Kent,  une tournée en Chine, une autre autour du monde et une visite en Auvergne... entre autres...  

  1976 Machinacoeur

  "Au studio 1 d'EMI en 1980  (dans lequel j'ai mixé "Murat").   Le clavier au premier plan est la fameuse "machinacoeur"  que   j'avais  conçu en 1977 (à l'époque il n'y avait pas d'échantillonneur) pour mon album "INUTILE"   et dans l'ombre on distingue Danièle Chadelaud et Annie Vassiliu qui étaient là pour faire quelques choeurs".     

 Michel Zacha

 

  

 

- Alors, concernant MURAT, as-tu continué à suivre sa carrière?    assidument ?(puisque beaucoup de monde n' a pas réussi à le suivre) ...  Peux -tu me donner 3 titres préférés?  (c'est les questions rituelles de l'inter-ViOUS ET MURAT! ).

ZAC:  Je n'ai pas suivi la carrière de Murat car je n'en ai pas eu le temps. Les chanteurs et les groupes français je les écoute en général quand je suis derrière la console. Je n'écoute plus jamais ce que je produis une fois que c'est fini et je laisse les chansons me parvenir à travers le filtre des média et du temps, en zappant parfois sur une chaîne de télé ou sur une radio (rarement). C'est ce qui n'existe pas encore et qu'il faut découvrir qui m'intéresse, l'inconnu. Pendant toutes ces années j'étais en studio ou en tournée dans le monde. Un explorateur rentre rarement dans un musée ;-) 

Je n'écoute que très peu de musique, en tout cas celle que je ne sais pas faire, et jamais en bruit de fond.

 

Donc tu peux dire que je n’écoute pas Murat, mais j'écoute pas les Beatles non plus ! Quand je quitte mon ordi pour aller prendre l'air c'est pas pour me brancher un iPod dans les oreilles. Silence, lecture, cinéma, relations humaines, grandes marches, ça prend beaucoup de temps  mais je sais, à travers les bribes de Murat que je capte de temps en temps à travers l'espace et le temps, qu'il n'a pas dévié de sa route. Estime et respect... mais pas trop quand même.  Faut pas déconner non plus, c'est jamais qu'un être humain ! ;-)

 

 

 

Je me demandais si tu connaissais Marie Audigier avec qui vous partagez l'amour de la musique africaine ?

 

 

ZAC : Je l'ai croisé une ou deux fois mais je garde un jolie souvenir d'elle quand je suis allé voir Jean-Louis pour la première fois en Auvergne avant notre aventure. Je me souviens d'une maison en bordure d'une forêt froide et sombre sous la neige, du regard de Jean-Louis que je rencontrais pour la première fois, intense comme celui d'un husky et, à l'intérieur de la maison chaude, il y avait une personne fine et délicate mais un peu sauvage qui m'a servi du thé. Quand je suis ressorti dans la neige après avoir entendu les maquettes de Jean-Louis il y avait des ombres qui bougeaient dans la forêts et j'ai cru entendre Murat/husky chanter “ On chasse on sépare des montagnes en deux, on porte des colliers du plomb sur les mains, et pour la fin on mord dans des hanches de daims" et quand je me suis retourné, j'ai aperçu Marie derrière une fenêtre de la maison des "sévices amoureux".

 

 

 
- Sur ton parcours ce qui m'étonne, c'est comment tu es passé du "barde de Katmandou sur Seine et David Crosby de la vieille Europe" (comme je l'ai trouvé sur le net)  au  Big Zak punk... du fan des Beatles  à Get baque,    et    "célèbre musicologue et accoucheur des cas déspérés" sur la pochette d'Higelin 82... c'est-à-dire qu'en 6 ans, tu acquières l'image d'un sorcier du studio... 

J'ai trouvé des propos du patron de seveteen records  , spécialiste du punk, sur un forum à ton sujet :  "Big Zak aka Michel Zacha, was one of the rare breed who    recorded music in the late sixties / early seventies, both performing and producing, until he became one of the top punk band producers, in the late seventies. He knows how to record / remaster punk, prog, classical, as well as traditional songs / performer. Very versatile.
He is, as far as the "above 60" people I know, the only one who had 25+ years experience in both mixing, recording and mastering on analog, and who can master digital as well better than I do").

 

 

ZAC:  Les journalistes écrivent n'importe quoi et adorent faire des mots : Barde de Katmandou tu parles ! Tout ça parce que je jouais dans HAIR, que je m'accompagnais à la guitare acoustique et que j'adorais harmoniser les voix. Mais j'étais tout sauf un baba cool. J'ai certes appris à chanter avec les Beatles (je n'ai jamais été fan de personne) mais c'est le Lennon des champs de fraises qui me branchait et quand John a fait exploser les Beatles (il était temps !), c'est lui que j'ai continué à écouter et pas la guimauve que devenait le génial Mac Cartney. "How can you sleep " lui chantait John ...

 

 

1969 Hair Julien et Zac

                                                        Zacha et Julien Clerc à l'époque de HAIR (Juin 1969 à Paris)

  En 1976,  j'avais fini ma trilogie chez EMI (le dernier volume s'intitule comme par hasard "INUTILE" !) alors qu'un Disco laminoir et éléphantesque envahissait les radios et je me rendais compte en me tapant la corvée de la promo que je n'étais vraiment pas fait pour faire reluire les pompes de présentateurs débiles en chantant en play back entre deux pubs.

Avant, j'avais été skieur, gardien de but, basketteur, apnéiste et presque prof de lettres classiques et je n'avais jamais eu l'intention de devenir un vieux chanteur et d'ailleurs je n'étais pas un chanteur, ce que Constantin avait bien compris : je n'étais heureux que dans un studio, assis derrière une console comme dans la cabine d'un vaisseau spatial parti explorer des univers musicaux inconnus et croiser quelques extra-terrestres aux grandes oreilles. Fabriquer de la musique c'est quand-même autre chose que d'aller faire le cabot chez Michel Drucker (déjà là y’a 30 ans !).

La matière sonore c'était ça qui m'intéressait, qu'elle soit de moi ou d'un autre n'avait aucune importance, pourvu qu'elle soit originale et inventive. Alors que j’adorais les Beatles, quand j'ai entendu Get Baque de Starshoot ça m'a vraiment mis la banane. J'ai foncé là-dedans avec le même plaisir que j'avais eu à m'échapper de la Fac de lettres en 68, en comprenant que je ne serai jamais prof ! 

Et puis dans Starshoot y'avait Kent, et nous avions bien compris la même chose, Constantin et moi : Dans le fou furieux aux cheveux rouge qui bondissait sur scène sur une rythmique maladroite et des riffs de guitares simplistes se cachait un véritable auteur.

    

19780729 Lyon Th--tre Romain

 

 

vidéo et photo de 1978 au premier festival de Fourvière (Lyon)...

 

(Soirée culte:  Marie et les garçons se font chahutés... et Bijou, Kent, Kolinka viennent les rejoindre sur scène:  vidéo-là . Quelques jours avant, c'était  l'enregistrement de "le Rock d'ici à l'Olympia", admirablement produit par ZACHA.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ZAC:   Tous ces groupes avaient l'énergie, la virginité des nouveaux talents, la soif de vivre et la naïveté de croire qu'il allaient décrocher la lune. Ils étaient d'une inconscience totale, avec leur agressivité de façade et leur air d'avoir tout compris alors qu'ils ne savaient rien ... la jeunesse quoi. Comment résister au plaisir de partager avec eux cette expérience inoubliable du premier vol, du premier disque, et de leur offrir les meilleures chances ?

Rock'n Folk m'avait surnommé le gynécologue du rock et je trouvais ça plutôt flatteur...

 

Pour ta petite histoire on a tourné l'année dernière en Chine avec Kent et Bastello et j'ai enregistré un live "Made in China" avec un simple MacBook Pro. Je te garantis qu'on a toujours la même pêche et le même enthousiasme qu'il y a... trente ans ! Faut dire que les universités pleines d'étudiantes chinoises déchainées, ça le faisait vraiment ... même si j'ai souvent ramé avec la sono.

Comme le disait Bastello à la fin du premier concert (triomphal) : " C'est pas tous les soirs qu'on est les Beatles ! " 

 

Tu vois, t'avais pas bien compris ; j'ai jamais quitté les Beatles, les vrais, ceux du Star Club à Hambourg ;-)

 

 

- Oui, j'avais bien vu cette tournée en Chine, et voulait t'en parler,    histoire de fin un clin d'oeil à un "inoxydable", leader du groupe DEUCE, qui interrogeait Kent sur l'absence de live de Starshooter     :         

                       

 Kent: "- Je regrette qu'il n'y ait aucun live de Starshooter. Et il n'existe aucun enregistrement de concert correct, digne de ce nom, du moins à ma connaissance, hormis ce fameux soir à l'Olympia. Tout le concert a été enregistré et il ne tient qu'à EMI de ressortir les bandes et les faire mixer. Je suis certain que Michel Zacha serait partant pour ça. Et moi aussi ! 'Hygiène', qui figure sur la compil' 'Skydog Commando', a été enregistré à Paris par Marc Zermati dans un petit studio 8 pistes. Bien évidemment, nous n'avions pas le droit de le faire à cause du contrat avec Pathé, d'ou le pseudo les Scooters"

                                                                                http://www.steviedixon.com/Rockalyon/Starshooter.html

 

          

ZAC:  On ne retrouve pas les bandes !! Mais je vais en reparler à Kent. On connaît un responsable à EMI.

 

 

 

- J'ai bien sûr envie de revenir à CLAUDE DEJACQUES  dont le parcours m'a tant intéressé.... Que peux-tu nous dire de lui, lui qui dresse de toi un portrait plus qu'élogieux dans son livre ?


ZAC: C'est mieux d'en parler, ce serait trop long de l'écrire : c'était un véritable baroudeur au coeur d'or. Un frère.

Même chose pour Constantin : c'est ce déchirement perpétuel entre son amour des textes, de la musique et des artistes et son travail quotidien au sein des multinationales ultra libérales qui ont fini par le tuer.

 

  Michel+Zacha+Zacha_Michel_Inutile_F1.jpg

 

- J'aimerais bien savoir  si tu peux citer quelques productions dont tu es le plus fier, ou qui ont compté sur toi, mise à part Kent avec lequel je pense tu as vraiment une relation particulière?

   

ZAC:   Je vais t’étonner mais l’une des prods dont je suis le plus fier c’est l’intégrale de Pierre Desproges!  C’est l’exemple même de ce que peut être le métier du son :

Pour "La Scène", pas de problème (j’avais enregistré les deux spectacles sur mon Tascam 8 pistes) ; pour "les Chroniques de la haine ordinaires" idem ; mais pour les Réquisitoires :

Imagines-tu la somme de travail qu’il a fallu pour aller récupérer à l’INA les enregistrements sur bandes magnétiques de trois années de tournées dans toute la France du Tribunal des Flagrants Délires : 600  enregistrements qu’il a fallu numériser sur bandes DAT puis transférer dans mon ordinateur ( un Mac du moyen-âge :1992 ! ). Ensuite , avec Hélène Desproges, nous avons TOUT écouté, choisi les meilleures prises et là le véritable travail a commencé : tous les Réquisitoires de Pierre étaient écrits et nous avons décidé de respecter son texte à la virgule près. Cerise sur le gâteau, pendant le déroulement des réquisitoires Luis Rego et surtout Claude Villers faisaient des commentaires et des réflexions qui faisaient rire le public. Si on les avait gardés, non seulement ce n’était plus le texte de Pierre mais en plus notre cher « Massif Central » réclamait des droits exorbitants.

 

pierre-desproges-pierre-desproges-l-inte

 

 

Nous avons donc décidé de NE CONSERVER QUE LE TEXTE DE PIERRE !

Ce qui veut dire qu’il a fallu couper toutes les interventions de Villers/Rego, tous les rires, les hésitations, les digressions, pour reconstituer le texte de Pierre, à la virgule près sans que personne n’entende les montages, comme si Pierre avait parlé naturellement sans être interrompu. Accessoirement il fallait que la prise faite à l’hôtel de Ville de Lyon devant 200 personnes, soit "raccord" au niveau du son avec celle enregistrée en plein air sur le port de Dieppe !

Un immense travail pour que, finalement, le public ne se doute de rien !

C’est-ça une bonne réalisation. Et je devais bien ça à mon ami.

 

Un autre grand souvenir, c’est mon travail avec Geoffrey ORYÉMA (et Jean-Pierre Alarcen) tout simplement parce qu’il était dans l’écurie de Peter Gabriel et qu’après le tube "Yé,Yé,Yé", nous sommes partis en tournée avec WOMAD dans le monde entier… et sonoriser un concert devant 20 000 personnes  un jour à RIO, deux jours plus tard à ADÉLAÏDE… puis  le lundi à WINIPEG, le Jeudi à CACERES  etc … après LOU REED et avant PETER GABRIEL, c’est quand-même quelque chose !

 

Avec Geoffrey je me suis retrouvé aussi sur la tour-son de WOODSTOCK et dans la loge des Beatles avant de monter sur la scène du STAR-CLUB à Hambourg…

 

Geoffrey avec Alarcen à One shot not
   

 Il y a aussi  "TABLEAU N° 2" de Jean-Pierre ALARCEN, un poème symphonique pour Piano et Orchestre … produit à la maison dans les années 80s avec un Tascam 8 pistes  synchronisé avec un ATARI, un séquenceur midi Hybrid Arts - 2 AKAI S1000 et un D550 Roland. Rock’n Roll !!

 

J’en ai plein d’autres comme ça : Le Rock d’ICI à l’Olympia, Starshoot ou Xavier Lacouture, Asphalt-Jungle   ou les Mamy cubaines de la CASA de la TROVA rien ne m’a arrêté, rien que du plaisir !

 

 

-Il n'a jamais été question de rééditer tes disques en CD?

 

  ZAC:  Je remasterise petit à petit mes trois albums … quand j’ai le temps !

Là tu peux écouter le Vol d’Icare remasterisé  ( c’est dans la Part 2 : 2h00 du mat ) avec les commentaires sur l’ambiance de l’enregistrement :

  http://frenchup.blogspot.com/search/label/triangle

 

 

-  Tu peux nous parler de ton actu?  MAMIENCO ?

     

ZAC:    Pour Mamienco, tu vas sur leur site. Y’a tout. Je les sonorise le 23 mars au SEL de  Sèvres.           http://www.mamienco.com/

 

Et le 25 au Théâtre La Bruyère je sonorise Dassin d’Odessa qu’ils accompagnent.

 http://www.dassin-dodessa.com/

 

Je travaille en ce moment avec Erol Josué  http://geomuse.fr/?p=120      

 

Je viens de mixer et masteriser le dernier spectacle de Michèle Guigon au Théâtre Vidy Lausanne "Pieds nus traverser mon cœur"

 http://michele-guigon.com/

 

Kent vient de sortir en CD son MADE IN CHINA

http://kent-artiste.com/03musique/kent2011_alb18_0accueil.php

 

 

 

 

- Un énorme MERCI, Michel, pour ta disponibilité,  ta confiance, les  3 superbes photos tirés de tes archives...

Longue route à toi!

 

 

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INTERVIEW REALISEE PAR MAILS DU 22/01/2012 au 10/03/2012

 

Bien que je ne suis pas favorable à cette façon de faire, en raison de la spontanéité des échanges, de différents allers-retours sur les sujets,   l'interview a été  bricolée, "mixée" en collaboration avec Michel. 

 

©surjeanlouismurat.com    15/03/2012

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LES LIENS EN PLUS :   

  

- rappel : Mon premier article  évoquant Michel :  http://www.surjeanlouismurat.com/article-zacha-et-desjacques-producteurs-de-murat-en-82-84-part-1-97335518.html

 

- pour les fans de Manset : On trouve Zacha et Manset sur le même disque : compil Pop made in France (EMI c17812400/1), mais également sur un disque canadien  de Pierre Dufresne dont Manset a fait les arrangements et dirigé l'orchestre : Zacha est crédité d'un texte sur une musique d'André Popp. Ce grand compositeur était son éditeur, et c'est grâce à lui, et à Dejacques et Julien Clerc, qu'il a pû décrocher ce fameux contrat de 3 disques chez Pathé.

 

- En attendant une réédition de la trilogie de Zacha, 2 titres ont été réédités sur une compil "LOVE ENCHANTE" en 87 avec deux titres.

 

- Zacha a évoqué le groupe MAMIENCO :  

http://www.arcadi.fr/beneficiaires/bdd/structure.3805/fiche.1066/

 "Ça c’est Michel, le garant de la matière artistique, tour à tour coach, consultant, psy express, très présent, parfois râleur, souvent gouailleur, mais toujours de bon conseil. Et puis, faut qu’on reste sympa avec lui… c’est lui qui a les bandes et qui va mixer l’album !"

http://fr.ulule.com/mamienco-nouvel-album/news/ouf-morceaux-boite-655/

   

- Zacha évoqué rapidement sa récente collaboration avec l'haitien prêtre vaudou EROL JOSUE, celle avec ORYEMA, il faut ajouter au rayon "word" : Mama Sissoko  http://www.mali-music.com/Cat/CatM/MamaSissoko.htm  :

  "Michel Zacha (ouïe d’or, doigté d’horloger et patience de vieux sage" écrit Rémy Kolpa Kopoul de Radio Nova 

 

- Au rayon Punk, et petites histoires dans l'histoire du Rock, je ne résiste pas à évoquer les Guilty RAZORS:

http://www.seventeenrecords.com/seven001.html

"Les Guilty Razors n'étaient pas recommandables, et de nombreux faits divers leurs sont attribués : braquage du directeur artistique de Pathé Marconi à l'entrée d'un concert, vols de mobylettes diverses, mise à sac des salons de soirées cocktails du show biz français... " Ils sont virés de chez Polydor et leur disque passé au pilon!  Zacha a retravaillé sur leur disque à sa réédition.

Quant aux Asphalt Jungle... seul reste en vie du groupe Patrick Eudeline... 

 

- Une partie de la disco de Zacha:

http://www.discogs.com/search?q=Michel+Zacha&type=all&page=4

 

- Allez, on se quitte (mais on reparlera rapidement du LP MURAT -82-) avec un peu de ZACHA:

-

 

 

 

 

 

 A+ Merci de votre attention. ET VIVE MURAT 2012!  

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

Publié le 15 Mars 2012

Inter-ViOUS ET MURAT-, Numéro 11 :

 

Michel ZACHA

  Murat-Zac.JPG                                                                                                                              ©Michel Zacha

                                                                                                         

 

"Ce message vous est envoyé par un visiteur grâce au formulaire de contact accessible en bas de page de votre blog:    

  Bonjour, je suis Michel Zacha!   Je suis à ta disposition ;-)"

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             - Oh, mince!  Zacha - prononcez Zaka - !  Il me contacte!  J'avais bien vu sur le net qu'il était encore dans le circuit, que du côté des studios d'ALIGRE FM, on l'avait croisé... mais je n'osais plus espérer quelque contact avec le producteur du  LP MURAT (1982) et de tant d'autres disques, notamment avec Kent, Higelin... Mais je ne vais pas vous le représenter : je l'ai fait en détail dans l'article Zacha et Dejacques: producteurs de Murat en 82/84. 

             La découverte de sa musique, de son parcours (débuté en 1969 dans Hair aux côtés de Julien Clerc)  et l'éloge dressée par Claude Dejacques avait aiguisé ma curiosité... C'était l'assurance d'une "Inter-ViOUS ET MURAT"  passionnante... et l'occasion de lancer les festivités pour les 30 ans du premier LP de Jean-Louis Murat.  

             Après avoir vérifié la bonne identité du propriétaire du mail,  je fonce:

 

 

- Bonjour,
Votre mail était tombé dans la boite de spams... et je  viens juste de le voir...
Merci de cette prise de contact!     J'avais essayé de vous trouver lors de ma première publication de l'article vous concernant.
Etes-vous d'accord pour répondre à quelques questions?  Par mails ? (je préfère)...

 

 

ZAC: Pose-moi tes questions, amitié, Zac

 

 

 

- Vu qu'en fouillant un peu sur le net, je n'ai pas trouvé de bio suffisamment complète, j'aimerais bien que l'on en profite  pour la faire... et on évoquera l'épisode Murat... en espérant que vous l'avez bien gardé en mémoire!

 

 

ZAC:  Je ne sais pas si j'ai envie de partir sur une bio.

 

Ce que je peux te dire pour le moment c'est que je vois, posé à côté de mon Mac, le mini album 6 titres intitulé "MURAT" sorti en 1982 chez EMI :

Face A : MURAT (3'35) - SEVICES AMOUREUX (5'05) - CASSIS MOUILLÉ (3'11)

Face B : LES HANCHES DE DAIM (3'40) - LES MILITAIRES (3'10) - LE CUIVRE (4'22)

 

C'est Claude Dejacques, qui était mon directeur artistique entre 1970 et 1976 quand j'enregistrais ma trilogie "les Promesses d'Atlantides", qui m'avait fait écouter le joyeux premier 45 tours de Jean-louis Murat "Suicidez-vous, le Peuple est Mort !" -comme tu le vois, il ne nous a pas déçu depuis- en m'expliquant qu'il s'était déjà fait mettre le grappin dessus par Jean Bernard Hebey et son label SUMO qui pensait tenir un nouveau Manset, et s'était évidemment adressé à EMI...  Je sais que la première chose dont nous avons parlé avec Dejacques c'était justement d'essayer d'éviter toute référence à Manset... évidemment ! 

 

A l'époque, j'étais devenu, avec la complicité de mon ami Philippe Constantin -mon éditeur chez Pathé-EMI -  le spécialiste des accouchements difficiles d'artistes et de groupes de rock jugés pas commerciaux par les sourds du showbisenes  qui n'avaient, comme d'habitude, rien vu venir et signaient tout çà "au cas où"( je peux te faire la liste).

J'ai donc réalisé ce 1er album de MURAT...

 

Je l'ai enregistré dans un studio à la campagne et mixé aux studios d’EMI, rue de Sèvres à Boulogne. 

 

Je dois avouer que c'était difficile, je n'avais pas pu, au dernier moment, réunir l'équipe de musiciens idéale  (je voulais faire ça avec Jean Pierre Alarcen et Georges Rodi mais ils  étaient en tournée, l'un avec Béranger et l'autre avec Jonasz,  et je dois dire que c'est l'un des grands regrets de ma vie de producteur d'avoir raté cette rencontre entre Jean-Louis et ces deux oiseaux) et j'ai foiré quelques titres (j'ose pas réécouter "Murat" ! mais je remixerais bien "Les Hanches de Daim" et "Le Cuivre"). 

Jean-Louis était exactement comme il est aujourdhui, en plus jeune et donc complètement à vif, intraitable et inspiré.

 


P.S.: Quand à "L'Étrangère" je n'en ai aucun souvenir ! je viens d'écouter un extrait sur internet. ça me dit vaguement quelque-chose mais j'ai plutôt l'impression que c'est une maquette et pas une "prod".

On se tutoie?


 

pochette lp

 

 


- Tant pis pour la bio  (il semble que tu aimes la discrétion... Trop? Mais soit...).   Concernant Murat,  un flot de questions:  je n'avais pas tilté sur ce label "sumo"... un label mais qui ne faisait ni production, ni distribution?  donc à peu près, rien?
 

 

 

ZAC: C'était justement le label qu'avait créé J.B. Hebey pour coincer Murat (contrat de cinq ans, édition et tout le bazar... sans aucune structure conséquente). En effet, il avait été l'un des premiers à avoir entre les mains le 45 tours "Suicidez-vous le peuple est mort ".  Murat à l'époque ne connaissait rien au showbizz et mettra plusieurs années à s'en débarrasser.

 

 


- Constantin n'a pas joué de rôle à ce moment là ? Où bien était-il le supérieur de Dejacques?

 

ZAC: Dejacques qui était un free-lance arrivant en fin d'une longue carrière, et  déjà malade, avait accepté la sécurité d'un poste de directeur  de la production française  salarié chez EMI. Constantin, lui, gérait les éditions. Ils faisaient partie de ces quelques rares personnes infiltrées dans les structures rigides du "métier" de la variété qui avaient de l'oreille, un véritable amour pour les créateurs et défendant véritablement les artistes sur le long terme. 

Des alliés et des amis:  En 1976 Le Directeur Artistique était Michel Poulain (Michel Bonnet Directeur général) qui, intelligemment, nous laissaient faire. EMI avait du blé à l'époque, car l'argent gagné avec les Beatles... ou Tino Rossi restait dans le secteur du disque et servait à produire de nouveaux talents et pas à engraisser des trust mondiaux. C'est justement grâce à ce système qu'on pu exister chez Pathé de gens aussi différents que Manset et Yves Duteil.

 

 

 

 

- Concernant le lp Murat, ton nom ne figure pas sur le site officiel... Est-ce que c'est le signe d'une collaboration vraiment difficile?

 

  ZAC: Non. La collaboration était rude. C'était difficile parce que je découvrais comment Murat fonctionnait réellement (il était exactement comme aujourd'hui en plus jeune, en plus écorché et en plus intransigeant -si tu vois le topo-, intraitable et inspiré). Et si c'était délicat de travailler avec une personnalité aussi forte, j'étais bien obligé de me rendre compte qu'il avait raison !  Il fait partie de cette poignée d'artistes rares avec qui j'ai travaillé et que je respecte encore aujourd'hui. 

 La vie est un éternel apprentissage et un disque à moitié raté, c'est pas la fin du monde...  surtout quand on à affaire à un artiste aussi prolixe.

 

Si, à cause de nos parcours individuels, on ne se croise pas souvent, y'a pas de malaise. Nous sommes finalement restés assez fidèles à nos idéaux d'il y a 30 ans et je partage toujours avec lui des colères identiques sur l'apologie faite de la médiocrité et du panurgisme par tous les pantins du prime time, même si nous n'avons pas l'occasion d'en parler ;-).

 

Concernant ce mini LP, sur le site,  effectivement, les crédits sont faux, mais Murat n'a rien à voir la-dedans et je le vois mal perdre du temps à visiter son site pour vérifier ce genre de détail!

 

Je te confirme bien que c'est bien moi qui l'ai réalisé. Qu'il a été enregistré au Studio de Flexanville par Vincent Chambraud.    

Pour les crédits,  il y'avait Bernard Paganotti à la basse et Georges Rodi qui a pu venir plus tard,  et ça, c'était du gâteau ! 

Je ne suis pas sûr du batteur mais ce devait être Jean Paul Prat celui d'Elisabeth Wiener dont je venais de produire l'album "Sauver sa Peau" dans ce même studio.

 

Je l'ai mixé au studio 2 Pathé Marconi avec Claude Wagner.  Dominique Blanc-Francard n'est pas intervenu sur cet album référencé: 2C 030-72642 Z 1982

 

 

 

    - Bon, tout ça m'a  obligé de repartir dans des recherches... J'étais un peu perdu, notamment parce que j'avais oublié que Dejacques ne raconte dans son livre que l'épisode  du disque de 84... pas "suicidez-vous le peuple", ni ce LP MURAT ... qui sont donc tous issus de sessions différentes d'après ce que tu nous apprends!

Donc, pour résumer puisqu'on est en train de lever un grand lièvre...  Il y a le 45 T   "suicidez-vous..", puis il y a la session que tu diriges (et là, on ne laisse pas le choix à Murat des musiciens...

 

 

ZAC:   ...Il n’a pas été obligé d’accepter, j’étais allé le rencontrer en auvergne et il m’avait laissé choisir le studio et les musiciens.  

 

 

 - Ah... ok...   Puis c'est l'enregistrement de "passions privées", où Murat reprend ses musiciens (Pie, Bonnefont...et encore RODI)...Et  c'est ces mêmes musiciens qui sont indiqués sur les deux disques sur le site officiel et musikafarance  (site d'où provient peut-être l'erreur)...

J'aurais bien aimé quand même que tu me dises qui était le guitariste : je le garderai pour moi! 


      

ZAC:  J'étais libre de choisir les musiciens mais j'ai du remplacer Alarcen à la dernière seconde. Ensuite on était en studio et je me suis rendu compte que ça ne collait pas avec Norbert Galo (tu l'aurais trouvé sur le site de Wiener crédité sur le disque que je venais de produire au même endroit). Norbert est un excellent guitariste, mais si il collait pour Wiener, ça n'a pas collé avec Jean-louis, en particulier dans "Murat" ou c'est du sous-Christopher Cross qui ne ride pas du tout comme le vent !

Je te l'ai dit :c'est un de mes grands regrets de producteur: Les Hanches de Daim, le Cuivre ou Sévices Amoureux en direct live avec Alarcen, Rodi au Fender Rhodes et à l'Arp Odyssée, Paga et François Auger... Mea Culpa.

 

 

 

 

- J'ai eu confirmation de la part de Jean-Paul Prat (via FB): il se rappelle effectivement d'une session, pas du disque. Je ne sais pas si c'est du fait d'avoir croisé Murat, mais  Il a trouvé la foi....

 

 

ZAC:  Ah, rigolo!   A l'époque, il était plutôt bon vivant et  j'ai été vraiment surpris en apprenant, en 86, qu'il avait joué à Lyon, devant le pape, et qu'il a viré mystique!  Les batteurs, c'est vraiment une drôle de race et les voies du seigneur sont impénétrables!  



 

- Pour faire un point le plus précis sur cette session,   tu dis qu'il ne connaissait rien au milieu, mais même s'il débutait,  savait-il déjà parfaitement ce qu'il voulait musicalement?  Et c'était quoi : être réellement neuf par exemple?   (je t'ai mis deux chroniques du disque en pièces jointes: sont cités  "Manset, Higelin, Simple Minds, Brian Eno, Capdevielle, Bashung")? Etait-il curieux aussi de la technique?

 

 

ZAC:  Je n’ai pas le souvenir qu’il savait exactement ce qu’il voulait (comme moi d’ailleurs). Dans ce genre de projet on avance au feeling, mais il savait parfaitement ce qu’il ne voulait pas et en particulier les influences trop perceptibles, les citations et le manque d’imagination créatrice.   Ce n’était pas une volonté de sa part ou une simple attitude : Il était  réellement original et désespéré quand ça ne volait pas assez haut, et encore plus exigeant avec lui-même ; d’où son insatisfaction permanente, qui se manifeste encore aujourd’hui dans cette débâcle artistique qui nous entoure.

Pour la technique, c’était à moi de me démerder …

 

 

 

 


- Pour en revenir sur la référence à Manset, dont tu dis que vous avez cherché à l'éviter, il faut croire que c'est un peu raté, car elle a été faite immédiatement par la presse...

 

 

ZAC:  (Nous, on le savait depuis le début, connaissant le panurgisme des médias de variété...)

 

 

-  Emi avait d'ailleurs demandé à Manset de  produire Murat en 81/82...

 

 

ZAC:  (ce qui prouve la connerie des gens du marketing qui commençaient à s'immiscer dans l'artistique).

 

 

 - ...D'où une fameuse rencontre sur les champs entre les deux...  Murat en a tiré la conclusion qu'il n'aimait pas le bonhomme, et Manset, que Murat  n'avait besoin de personne...

 

ZAC:  Sur MANSET, "Murat en a tiré la conclusion qu'il n'aimait pas le bonhomme" et bien, moi non plus...  Ni Constantin, ni personne, sa vie privée n'étant vraiment pas à la hauteur de son talent.

 

 - Ca m'a amusé de découvrir que vous figuriez sur une même compile : "pop in france"... que j'ai dû du coup acheter...   Est-ce que,  - mise à part la personnalité du Monsieur - ,  Manset est pour vous quelqu'un qui a joué un rôle important pour la pop française?  

 

ZAC:  Pas vraiment ! D’alibi, oui !

 

pop-in-france.jpg

                                                                                                                       PopFrance Tome 2 

 

 

 - Sur le LP MURAT, pas de Dominique Blanc Francart donc... Tu le connais?

 

 ZAC :  Il était déjà à l'époque un des meilleurs ingénieurs du son, un des rares qui possédait la technique ET la feuille !   C'était de plus un excellent "mixeur" et un véritable producteur. Moi j'étais un musicien qui faisait de la prise de son et lui un ingénieur du son qui faisait de la musique. On a souvent travaillé ensemble d'ailleurs et il nous pliait de rire en nous racontant son passé de galérien ( il était bassiste dans des groupes de rameurs des sixties, dont "les pingouins").  Il était déjà sur la route quand moi je finissais ma licence de lettres classiques à la fac de lettres de Nice !  On a le même âge (66 ans), mais on est resté très rock an roll.

Et toi, t'es vieux de combien?

 

 

- Je ne sais pas si je donne cette info sur le net: 35 +3...!... Mais je peux te dire que je n'ai pas grand chose de rock and roll j'avoue...  A 18 ans,  je devenais fan de Manset au lieu d'écouter du grunge...   et reste un peu centré sur Murat, Manset, Marchet...  Depuis 20 ans, le groupe lyonnais VOYAGE DE NOZ  qu'a produit YVES ROTHACHER, ex-starshooter et Factory (que tu connais donc!),  m'accompagne (je dois citer ce groupe ici le plus régulièrement possible: obligation contractuelle!).  D'ailleurs,   as-tu un rapport particulier avec Lyon pour avoir travaillé avec autant de lyonnais : Starshooter, Factory, Taha, Marie et les garçons?

 

ZAC:  Lyon, c'est grâce à Constantin : il m'a emmené écouter Starshooter et tout s'est enchaîné...

marie et les garçons

                                Disque culte de Marie et les garçons (avec RE-BOP):  John Cale, Michel Esteban et Zacha

 

 

- Je suis vraiment content de t'avoir en interview, après celle de Stéphane Prin et peut-être bientôt celle de Dupouy (l'invitation avait été faite et acceptée...).  On avait discuté avec Stéphane Prin de savoir si l'ingé-son devait avoir un son particulier, ou être neutre. Qu'en penses-tu?   et y a-t-il un son ZACHA?

 

ZAC :  Je ne me suis jamais posé ce genre de question ! Chaque groupe, chaque artiste est particulier.

Je n’ai aucun ego en tant que réalisateur et je n’ai aucune frustration en tant que musicien. Je sais parfaitement comment obtenir techniquement le son que je veux mais je sais aussi ce que c’est d’être devant un micro et de chanter comme si ta vie en dépendait. Le gros son de caisse claire, j’en ai rien à foutre…  sauf quand c’est nécessaire ! J’ai bien sûr une manière de mettre en image la musique. Une chanson, c’est comme un tableau, j’aime bien une certaine symétrie, une mise en perspective, un point de fuite. Mais c’est le chanteur ou le groupe qui dessinent, qui proposent des couleurs. Moi je suis la pour encadrer, éclairer et transmettre. On n’encadre pas un Warhol comme un Fragonnard. Le son, c’est d’abord les musiciens. Je peux faire du très joli mais j’aime bien aussi quand c’est vraiment brutal. Je ne laisse rien passer question justesse et mise en place, j’ai une oreille de chauve-souris mais je suis indulgent si l’artiste est généreux et je ne suis là que pour le mettre en valeur tout en ayant le plus grand respect pour le public qui va l’écouter. La phrase que je déteste le plus c’est «  on verra au mixage".  Un autre test, c’est d’écouter le play-back sans la voix du chanteur : si tu ne t’emmerdes pas, c’est que la chanson est ratée. Je peux passer trois heures pour "faire" un  son de piano mais j’ai aussi capté en 5 minutes, pendant une répétition, une chanson à la volée qui a été gravée telle quelle sur un CD ( “Elle voulait revoir sa Normandie“ de Gérard Blanchard ) … Disons que je fais de la mise-en-son.

 

 

 Hommage d'Higelin (pochette d'"HIGELIN 1982")  à Zacha  (et Dejacques) :"le musicien Michel ZACHA célèbre musicologue et accoucheur des cas désespérés" :

higlein 82

 

 

 

 

 

LA SUITE :  

  http://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-n-12-michel-zacha-part-2-101352425.html

 

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

Publié le 14 Mars 2012

 

Et bien, voilà donc qui promet d'être au moins original: pas de Rolling Stones au programme, ni de vieux bluesmen, ni encore moins de rock US graisseux des années 70 : Murat à la programmation d'une émission de musique classique  "PASSION CLASSIQUE" sur RADIO CLASSIQUE. Classieux?

 

Blog de M. Bellamy, le présentateur:

Jean-Louis Murat, elle est à lui cette chanson…

Le 14 mars 2012 à 11:42 par Olivier Bellamy

 03-13-2012-jean-louis-murat.JPG

http://blog.radioclassique.fr/olivierbellamy/2012/03/14/jean-louis-murat-elle-est-a-lui-cette-chanson/#more-1576

  "Laboureur de sons et jardinier des mots, Jean-Louis Murat est l’une des valeurs sures de la chanson française. Amoureux de la langue française, le troubadour auvergnat est aussi un chantre de la mélodie. La mélodie simple, pure et souple qui ressemble à un paradis perdu. La mélodie qui épouse le phrasé spécifique et délicat de la prosodie française.  La mélodie solaire, plus langue d’oc que langue d’oïl, celle qui s’alanguit généreusement, qui n’est pas pincée, pas pointue, qui sonne clair et qui va droit au coeur. Celle de Bizet, qui a su méditerranéiser la musique (Nietzsche), d’un Gounod qui partait à Saint-Raphaël pour trouver l’inspiration, d’un Fauré ou d’un Ravel.
Voici son programme :
Didon et Enée, Purcell
Acte III : la plainte de Didon
- Les Berceaux, op. 23 N°1, Gabriel Fauré
- Les pêcheurs de perles (par Rolando Villazon)
Act I, scène VII (”Je crois encore caché, sous les palmiers…”)
- Eugène Onéguine, P.I. Tchaïchovsky
Act I, scène III, “le choeur des servantes”
- 3 “madeleines” musicales
- La marche des éclopés
- John Lee Hooker
“The motor city is burning”
- Colette Renard
“Les nuits d’une demoiselle”"

 

 

(je vous livre une nouvelle fois un picorage avec certaines citations "à la louche, saisies en direct!")

 

Réécoute ici: (en s'inscrivant sur le site. apparemment pas de podcast).

http://www.radioclassique.fr/votre-radio-classique/reecoutez-les-emissions.html

 

 

 

 

 

Gabriel Fauré, premier morceau.  Une inspiration?   "Quelque chose de très très français, ça me fait penser à Proust".  "Une époque "matrice" de la chanson française au niveau de la langue".

"dans une grande chanson française il y a toujours du Baudelaire, du Debussy.." 

 

 

A la grande question "vous vous sentez plus poète que musicien", il indique que c'est les mots le plus important... mais au moment du cours ordinaire des choses, il avait indiqué qu'il se sentait plus musicien. En fait, ce n'est pas une contradiction, car pour lui, la musique, c'est également les mots.

 

Pause Pub:  ah, très bien le viager! Je vais y penser... médicaments pour les articulations douloureuses... Mince, ça change du Mouv'!

 

- L'Auvergne... "les métiers artistiques, c'était vu comme un métier de fainéants"...  "j'ai naturellement l'image du laboureur".

 

Première "madeleine musicale":  Du tambour (de la garde républicaine)... ses débuts dans la musique, Murat, son goût pour la musique militaire (jugée "romantique")....

 

- Merde, ça coupe!

 

Deuxième madeleine : ah, il a trouvé le moyen de nous mettre un vieux bluesman!  Johnny LEE HOOKER.

"mes racines", un grand souvenir (à 14 ans, une rencontre) : je m'étais dis que je ferais ça un jour... (et l'anecdote du rêve fondateur, alors?).

 

Le saxophone? Changement de classe social en passant du tambour à l'instrument à vent...

 

Troisième madeleine: "je me fais sucer la friandise, je me fais frotter la péninsule, je me fais ramoner l'abricot..."  : Et comment il va expliquer ça aux mômes?   C'est du Colette RENARD... Une inspiration dans la manière de chanter des choses un peu olé, un peu olé... si j'ose m'exprimer ainsi.

 

- et reu-Merde, ça reu-coupe!

 

Deuxième choix: du Purcell.  C'est beau... "le pouvoir surnaturel de la mélodie", "comme si on était plus que vivant, et plus que mort".

 


Passage très  intéressant : Murat peut-être un peu étrangement raconte qu'il a la volonté de laisser ouverte ses chansons, pour que chacun puisse y accéder. Elles sont pourtant marqués par l'intimité... et il indiquait récemment ne plus pouvoir chanter une grande partie de son répertoire car c'était des plongeons dans des eaux trop lointaines ou douloureuses. 

 

 

3e choix : le choeur des jeunes filles. Du russe...

"l'âme slave"...

 

Pierre Béranger qu'il a trouvé dans la correspondance de Pouchkine...(dans "le rouge et le noir", il en fait mention, JL!)

 

 

Après la pub, le thème de la NATURE...

 

"les néo-ruraux détestent les bouses de vaches, les mouches...".

"Pour moi, la sexualité, la nature, c'est les animaux"

 

"Maintenant, on botoxe le réel". 

"ce qui est sensationnel dans la musique, c'est le bruit de fond".

 

4e choix: Bizet.

"je fais écouter ça aux enfants".

 

"C'est de plus en plus difficile d'écrire des mélodies"... on vit "une crise de la mélodie"...  Je n'ai pas tout compris... La quête difficile de la musique fédératrice...

 

 

 TRES BON MOMENT, calme et apaisé.

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012

Publié le 12 Mars 2012

 

 

 

 

Une tournée redébute... et pourtant, ce n'est pas la joie... Interview déprimée... faute, c'est confirmé, à la difficulté de booking...

 

A LIRE ICI :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/1e75c00c-6c7d-11e1-893c-8acb804e819f|0

 

 

 

Musique mardi13 mars 2012

Jean-Louis Murat, patrimoine en péril

Jean-Louis Murat: «Je crois que je ne comprends plus l’époque, les gens. Tout me semble illisible.»

 
Jean-Louis Murat: «Je crois que je ne comprends plus l’époque, les gens. Tout me semble illisible.»


"La petite entreprise du chanteur, en escale jeudi au Festival Voix de Fête à Genève, est en crise. Ventes de disques et concerts se raréfient pour ce roc de la chanson-rock depuis 30 ans. Entretien désabusé

La petite entreprise Murat est en crise. Un patrimoine en péril. A peine 20 000 albums vendus à chacun de ses enregistrements, qu’il publie à son rythme biennal effréné, bien forcé d’exister coûte que coûte sur un marché pourtant saturé. Il date son dernier «record» à Taormina (2006), 50 000 exemplaires. Certes, la crise de l’industrie phonographique est passée par là, divisant les ventes de chaque publication par deux au moins, tout comme les changements de labels déstabilisants. Certes, il y a abondances de biens et une concurrence féroce au sein de la scène francophile chantée. Reste que ses passages radio sont quasi limités aux chaînes publiques, France Inter en tête, et ne suffisent point à remonter le moral depuis longtemps en berne de Murat.

Difficile en tout cas d’expliquer que le barde aguerri, dans le sillage de son impérial dernier album paru en septembre, Grand Lièvre, n’ait engrangé que 12 dates de concerts! Alors que n’importe quel disciple appliqué du couplet-refrain dénué d’idées sonores se produit davantage. Dans ce noir tableau, la Suisse ferait presque figure d’exil musical, plutôt que fiscal pour une fois, en lui réservant deux escales, dont celle agendée au Festival Voix de Fête de Genève le 15 mars.

Malgré ses précis de poésie hautement stylisés et musicalement subtilement accidentés, Murat ne fait plus recette. La faute, dit-on dans le biotope des professionnels de la chanson, à une réputation écornée d’homme «bourru, taiseux et désagréable». Il n’en faut ainsi pas davantage pour voir les portes des scènes se verrouiller. D’autant plus que le genre chanson n’a jamais été lucratif en soi, malgré quelques pics ponctuels, et trop souvent taxé de ringard même quand certains de ses tenants rivalisent musicalement avec la pop-rock anglo-américaine. Tel un Murat élevé à John Lee Hooker, Neil Young, Bob Dylan, Leonard Cohen ou Swell plutôt qu’à Brel, Brassens et Ferré.

 

Dans le cas d’un Murat aujour­d’hui réduit à asséner un «Je voudrais me perdre de vue» au cœur de Grand Lièvre pour se faire entendre, le destin semble avoir été excessivement cruel. Les lauriers récol­tés auprès du fameux magazine musical anglais Mojo ou d’un pan de la presse francophone pour Grand Lièvre suffisent juste à mettre du baume au cœur au «zombie» qu’il se sent être à 60 ans. «Je crois que je ne comprends plus l’époque, les gens. Tout me semble illisible. La démocratie a privilégié la médiocrité, en politique comme en musique. Cela devient même difficile d’écrire des chansons, de peindre, de créer tout simplement dans un tel contexte de morosité mondialisée.»

La vision de Murat a peu changé. Il y a sept ans, ce Républicain qui n’a jamais voté mais a fait chanter Carla Bruni, confiait alors son désenchantement tout en craignant déjà de disparaître du paysage musical. Fin de contrat avec son label Virgin, aides aux tournées supprimées, indésirable aux Victoires de la musique, censuré par certains médias, il se disait même condamné à garder dans ses tiroirs ses chansons plus outrancières, grivoises et sexuelles pour éviter de devenir un «paria». Il est vrai qu’il publiait alors trois albums revêches, dont un poème de 1000 vers et un hommage à Pierre Jean de Béranger (1780-1857), chansonnier et poète libertaire phare du XIXe dont les rimes corrosives lui valaient des admirateurs de renom tels Victor Hugo, Lamartine, Flaubert, Stendhal ou Chateaubriand.

A sa manière divinement désinvolte et romantique, Murat est aussi un franc-tireur touché en plein cœur. Et quelques altercations cathodiques parisiennes notoires, de Laurent Ruquier à Eric Zemmour via un chroniqueur du Grand Journal de Canal +, auront favorisé le point de non-retour actuel de l’Auvergnat sans façons. Du coup, l’érudit et autodidacte préfère consacrer sa vie à sa famille, à la poésie, à retaper sa ferme, au bêchage ou aux balades en forêt. Le reste tient de la méthodologie de travail aux vertus aussi nourrissantes que dépolluantes et meublantes: lecture de poésie, d’auteurs classiques et contemporains trash («Chuck Palahniuk et Bret Easton Ellis ces jours pour me distraire»). Bref, le patrimoine Murat se réfugie dans les belles choses et l’essentiel. La chanson semble appartenir au souvenir, à l’image du monde mural en voie d’extinction qu’il aime à versifier. Triste."

Murat en concert à Voix de Fête, Genève, je 15 mars à 20h.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012

Publié le 12 Mars 2012

On m'a proposé de tester un nouveau site CHATONSTUDIO permettant (en lien ou non avec FB) de faire des petites séquences dialoguées.. Facile d'accès.... et de quoi s'amuser un petit moment...  Bien sûr, c'était bien sûr une occasion de parler des multiples Murat... Et aussi de faire découvrir à ceux qui n'en entendent parler qu'aujourd'hui qu'il sait aussi jouer et interpréter de la bonne musique qui fait du bien...

 

 

 

 

 

 

Article sponsorisé.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

Publié le 7 Mars 2012

 

Nouveau passage radio annoncée :

ça sera sur... RADIO CLASSIQUE!  Et vous savez quoi, il devrait être question de musique! si! Etonnant, non?  

 

MARDI 13 mars!

 

 

http://www.radioclassique.fr/index.php?id=14&id_emission=231

 

Emission présentée par Olivier Bellamy
Du lundi au vendredi, 18h à 19h (rediffusion de minuit à 1h). Rediffusion des meilleurs moments le samedi de 18h à 19h

De Michel Legrand à Elie Semoun, en passant par Fabrice Luchini, Caroline de Monaco, Jane Birkin, Brigitte Bardot ou encore Jean d’Ormesson, les invités d’Olivier Bellamy ont tous un point commun : la passion de la musique.

Ils partagent avec vous les mélodies qui ont marqué leur existence et dévoilent, à l’écoute des airs entendus, une part intime et souvent méconnue de leur personnalité. Olivier Bellamy, au gré de la musique, tient une conversation délicate et sensible avec les stars qu’il reçoit.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo-sept 2011-août 2012