Publié le 13 Février 2010


Je ne veux pas trop bloguer sur ce blog (je ne suis pas là... enfin pas trop...  pour parler de moi) mais ce soir, j'en ai un peu envie... J'ai été  plongé sur l' "interViOUS et MURAT" ces derniers jours... et j'ai besoin d'une transition en douceur.  

J'avoue que je méconnaissais Jeanne Cherhal.  J'ai parfois des coups de coeur pour des voix féminines, mais sans lendemain:  Carla, qui a choisi le côté obscur de la force, Adrienne Pauly, Autour de Lucie, Moriarty, prennent la poussière dans ma discothèque. Même mon best off de Samson reste planqué, mais... bon sang, il faudrait que j'écoute plus souvent celui-là.  
Alors, pour mener cette interview, j'ai effectué  un stage de rattrapage intensif sur le net : deux heures de google, deux heures de vidéos, récréation de mp 3 de 10 minutes, puis séance de deezer et cela jusqu'à minuit:     Durant ces quelques jours, j'ai fait un peu chair avec  Cherhal Jeanne et jeuner sur le "vivre"...  J'ai découvert une chanteuse jolie interprète, une artiste en évolution, qui s'affirme et se dévoile. qui ne se cache pas... même sous le lipstick plus présent de la femme quasi-fatale... sur laquelle j'ai craquée... "en toute amitié" bien sûr. 

Alors, sur l'aspect musical, j'attends d'écouter "charade". Le "one-woman-do" est un peu casse-gueule, le travail numérique peut-être un peu froid, comme ci-dessous... mais "mon corps est une cage" est prometteur. Enfin, soit, on en reparlera.  



Jeanne Cherhal aime Garage Band
envoyé par svmmac_fr. -


Tenez d'ailleurs, voici la version originale de "mon corps est une cage"... C'est  grand...

   


Alors pour la petite histoire, j'ai tenté le coup: je lui ai demandé qu'elle nous offre une petite reprise de Jean-Louis Murat...  "nous mettre aux anges" ou "le mont sans-souci" lui auraient bien convenu.. mais c'est pour l'instant, parti remise!  

J'avais deux éléments que je n'ai pas pu aborder : 
-  Jeanne et Jean-L.  feront des chassés-croisés cette année :  au Bataclan, la Luciole...  parfois à quelques jours d'intervalles... Pour l'instant, toujours pas de dates annoncées du côté des festivals  pour Jean-Louis.... mais ils auront aussi des occasions de se croiser j'espère cette été.  
J'ai vu que le 7/04, elle n'était pas en concert... Je lui ai proposé de taper l'inscruste à la coopé... Il ne manque que l'invitation... Loizeau et Cherhal aux choeurs, ça vaudrait bien une Cherie...

- Jeanne avait fait parler d'elle il y a quelques temps avec elle aussi un inédit livré sur le net, le fameux "si tu reviens, j'annule tout"...  Ah oui, au fait, du coup, la copine Carla, elle doit moyennement l'apprécier... Mince!   Bon, ce n'est pas parce que Murat a souvent critiqué Delerm que Jeanne Cherhal ne l'aime plus!!  

 
Et pour finir une information qu'une voix amicale a glissé dans mon oreille (Ca sera l'occasion d'écouter le "cri du papillon" que Jeanne Cherhal adore) :  
Le réalisateur  de ce clip Edouard DELUC  vient de remporter le grand prix (compétition française) au Festival International du film court de Clermont!  J'étais un peu vigilant sur ce festival car Gérard Manset faisait parti du jury! Apparemment, il ne s'est guère montré... et en tout cas pas du côté de Douharesse je pense!
Ci-dessous, les éléments sur son court:

http://www.clermont-filmfest.com/index.php?lang=1&m=213&c=4&o=&id_pers=100013411&o=88

http://www.clermont-filmfest.com/index.php?m=213&c=3&id_film=100077187&o=88


Le clip tourné à quelques pas de chez Jean-Louis, avec le lac de Servières il me semble:



le cri du papillon
envoyé par mustango34. -

Un extrait long du court:




LE LIEN EN PLUS:

- Encore l'auvergne! au temps de Lilith! Merci Five-R (pour le job et ta pub)! Et pendant que j'en suis à remercier : j'en profite pour remercier Le LIEN DEFAIT. Je suis très honoré du soutien  (http://www.leliendefait.com/index.php  )
Merci pour la pub et tout le travail effectué!


- et encore quelques bricoles livrées ce soir:

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 12 Février 2010

Inter-ViOUS et MURAT-, numéro 3:

JEANNE CHERHAL


                    Je suis très honoré d’accueillir sur ce modeste blog une des plus jolies plumes féminines de la pop française, Jeanne Cherhal.  Elle sort un nouvel album en mars intitulé « charade ». Et ça lui va très bien !  Car, sans « perm à Nantes » (ah, jacquot !),  sous la frimousse à la Audrey, elle sait manier la fantaisie et la variété d’un Stanley Donen ! Elle est aussi la co-auteur d’une des plus belles chansons de 2009 : « Brandt Rhapsodie » (avec B.Biolay).    Je remercie Baptiste Vignol de m’avoir parlé de son goût pour Murat…  qui n’était pas parvenu à mes oreilles je dois dire… Et pourtant, il y avait des indices… Notamment son bout de chemin musical avec JP Nataf et Holden.

                    Elle met en ligne quotidiennement sur son site des charades en "teasing" de la sortie de l'album (8 mars) et elle vient justement d’en consacrer une à Jean-Louis ("mon tout est un chanteur que je vais régulièrement espionner pendant qu’il bèche son jardin auvergnat en bleu de travail »).  Voilà qui méritait un peu d’éclaircissement !

 

    PORTRAIT MOUTON













photo: Tania et Vincent
"portrait mouton" 
(cela m'évoque les gros pulls de JLM!)
           

    




  Bonjour, Jeanne Cherhal!!
Merci d'avoir accepté le principe de "l'interViOUS et MURAT"...


 
 

 Dans votre charade consacrée à JL Murat, vous avouez l'espionner en plein bêchage dans son jardin. Vous savez qu'il n'aime pas trop les touristes et les fans envahissants? (même si je pense qu'il récolte  un peu ce qu'il a semé... et pas seulement après avoir bêcher... mais  en chantant  et filmant ses horizons et ses montagnes de si belle manière!)

 

J. CHERHAL :   Je ne le sais que trop. Mais je ne peux pas m'en empêcher! Ecrivant la majeure partie de mes chansons dans un grenier que l'on me prête dans le Puy-de-Dôme, j'en profite pour aller fureter du côté de ses terres... Non en fait, j'y monte pour me balader autour du lac de Guéry que j'adore. Surtout quand il est complètement gelé l'hiver. J'ai un jour appris que Jean-Louis Murat habitait dans le coin, alors j'y suis allée jeter un œil. Et il était là! J'ai cru qu'il me menaçait avec une hache, mais en fait il coupait du bois. Ça a suffi pour nourrir mes rêveries et cauchemars pendant quelques semaines. Plus sérieusement, je suis moi-même tellement pudique et craintive à l'idée qu'on me voie dans ma vie privée, que je n'ai pas réitéré l'expérience, à cause de la profonde admiration que je lui voue. Lorsque je l'ai aperçu, c'était donc plus ou moins le fruit du hasard...  J'aurais adoré qu'il ait son déguisement de lapin, mais non. 



- Ah, vous connaissez même le lapin!   Je suis impressionné!    C'est  donc ses chansons et ses levers de soleil qui vous ont guidé jusqu'à lui?   Vous n'aviez jamais eu d'autres occasions de le croiser ?

 
J. CHERHAL :   
Je l'ai croisé une fois au Café de la Danse sur la tournée de "Bird on a poire" avec notamment Jennifer Charles. Je connaissais très bien le musicien qui était au clavier et, chose que je n'aime pas trop faire, j'étais allée en loge après le concert. Là on nous avait présentés furtivement, mais c'est tout!

Ce qui me mène jusqu'à lui, ce sont évidemment ses chansons, son charisme, et j'ose le dire, sa sensualité

 

 

-  Est-ce son expérience avec Manset  mais Murat dit maintenant qu'il vaut mieux de ne pas rencontrer ses idoles (pendant l'enregistrement du dernier album, il avait l'opportunité de rencontrer Tony J. White, mais il est resté à sa porte sans oser sonner). Qu'en pensez-vous?

 

J. CHERHAL : Je pense qu'effectivement il peut être difficile de rencontrer "en vrai" quelqu'un que l'on met sur un piédestal. Un jour après un concert de Sonic Youth (mes idoles d'adolescence) à la Villette, on m'a amenée à la porte de leur loge. Il y avait quelques personnes qui entraient, mais moi je n'ai pas pu! Et finalement je ne le regrette pas. Concernant le backstage de Jean-Louis Murat au café de la Danse, je n'étais vraiment pas à l'aise...

 

 

- Est-ce que composer en Auvergne a eu de l'importance dans votre inspiration? Est-ce qu'il y avait une ombre sur votre plume?

 

J. CHERHAL :    L'Auvergne m'influence probablement, parce que c'est une région comparable à nulle autre, mais là où je puise mon inspiration c'est dans  mon grenier surtout. C'est un endroit béni à l'abri de tout, qu'un voisin pâtissier à la retraite couve du regard lorsque j'y travaille. Il fait en sorte que je ne manque jamais de tomates. Mes journées là-bas sont un peu kantiennes, je me force à sortir au moins une fois par jour pour faire un tour dans les champs environnants en écoutant très fort au casque ce sur quoi je suis en train de travailler. L'immense solitude de mes séjours auvergnats me sied. Quand il m'arrive de m'y retirer en été, je vais nager dans un lac assez proche mais pas trop longtemps, pour mieux retourner m'enfermer après.

 

http://farm4.static.flickr.com/3432/3389547692_c878bbf2f8.jpg

 

-  Vous évoquez Kant :  vous avez la philosophie en point commun avec JLMurat qui s'est plongé  dans la bibliothèque de sa femme licencié de philo.   Mais il serait plutôt   Nietzschéen... notamment dans sa conception du  rapport homme/femme... Même si, comme toujours, il joue des contradictions.  Ami de personnalités féministes, il a déclaré  qu'il était "prêt prendre une kalachnikov pour défendre la cause de l'égalité des sexes"... mais  aussi :   "La libération des femmes va tellement loin que notre libido a besoin de femmes libérées, mais les femmes libérées n’ont pas besoin d’hommes comme nous. J’ai lu qu’il y a 4 millions de sex-toys en France. C’est très troublant. J’ai beaucoup de mal à imaginer que les filles aient des pulsions sexuelles. La femme libérée pour moi est une horreur, bizarrement. Je préfère penser à la femme en Dolorès, en Lilith, en Iseult, plutôt qu’en cette traînée de Madonna. Peut-être resterai-je toujours dans la légende de la femme. En un sens, je suis un homme préhistorique" (N°61, 3 couleurs).  Il évoque beaucoup  "la virilité" également.

Vous qui avez joué "le monologue du vagin",  qu'en pensez-vous? 

 

J. CHERHAL :    C'est drôle mais je le comprends complètement. Je pense qu'au fond c'est un grand romantique au sens noble. Et de toute façon, féministe ne veut pas forcément dire nymphomane auto-proclamée! Lorsqu'il parle de femme libérée, dans ce contexte, je crois qu'il pense à la maîtresse femme qui dévore les hommes pour calmer son appétit. Si une telle femme existe vraiment... En tant que femmes, bien sûr nous dominons, c'est indéniable! -eh eh !!- mais notre pouvoir réside dans notre capacité à faire croire que nous sommes dominées!!!  Il prend l'exemple de Madonna, son personnage fait certainement peur aux hommes, inconsciemment. Que peut apporter un homme à une femme qui a l'air déjà si satisfaite et insatiable? Moi elle me fascine, mais je conçois qu'elle puisse ne pas représenter la femme idéale pour la plupart des mecs. A l'inverse de Laëtitia Casta par exemple. Elle, elle est idéale. Mais quand il dit qu'il est un  "homme préhistorique", je ne suis pas d'accord. Au contraire je trouve que c'est tout à fait moderne d'attendre d'une femme qu'elle ne soit pas la Margaret Thatcher de la libido. Vous voyez ce que je veux dire? On peut avoir une vie sexuelle extrêmement intense sans le crier sur les toits ni faire sa WonderWoman, brutalement. Un peu d'élégance, quoi. Les effusions soudaines n'en sont que meilleures.

 

 

-  En élargissant un peu la question précédente, est-ce que vous vous intéressez aussi à ses interviews, son discours? Est-ce que dans le métier,-on en a parlé lors de sa non-nomination aux victoires- , il n'y a pas un certain désamour envers lui du fait de ses déclarations, notamment par ses coups de griffes contre ses homologues ? (seul JP Nataf et B. Biolay, deux de vos amis,  ont eu l'honneur récemment d'un mot amical)?

 

J. CHERHAL :    Je m'y intéresse relativement. Ses interventions en presse sont toujours assez jubilatoires et truffées de trouvailles marrantes et provocantes, mais je ne suis pas murativore au point de le guetter à chaque apparition médiatique. Ce que j'aime chez lui en interview, c'est sa finesse, sa nonchalance, sa capacité à rebondir, à séduire et agacer en même temps, et sa culture qui apparaît sans crier gare sur n'importe quel sujet. Je ne sais pas trop s'il faut imputer son statut de "paria du métier" à ses coups de griffes. J'imagine que oui? En même temps Benjamin Biolay est pareil et il est encensé! Enfin aujourd'hui en tout cas... En général, vous voyez, je ne déteste pas les grandes gueules mais taper systématiquement sur les chanteurs d'à-côté, j'ai tendance à trouver ça un peu vain. On a quand même autre chose à faire avec la musique! En parlant de grande gueule, récemment j'ai entendu Brigitte Fontaine souhaiter son anniversaire au Président en disant "Monsieur le Président je vous gratte le cul très fort avec une fourchette", je l'ai vénérée!  Et j'ai tellement ri!

 

 

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- J'avais réfléchi à  une question autour de Brigitte Fontaine!  J'avais vu que vous l'aimiez... C'est vrai que Murat et elle, sont deux sacrés personnalités,  la folie et le surréalisme en moins chez Murat.  Vous évoquiez aussi votre travail d'écriture en recluse. C'est un mode de fonctionnement différent de Murat pour qui l'idéal est "une chanson par jour".  Vous fonctionnez  uniquement sur ces périodes intensives d'écriture ?

 

J. CHERHAL :    Il a toute mon admiration notamment pour ça. Une chanson par jour, quelle discipline... Moi je suis trop feignasse et trop dispersée pour y arriver. Il n'y a en effet que dans les périodes où je deviens une recluse en pétrification que je crée quelque chose. Enfin je crois. Disons, que dans ces périodes là, j'amène à maturation des choses qui grandissent chaque jour certainement. J'accouche en Auvergne. Deux fois l'an. Deux fois l'An j'accouche hum, hum... Ça fait Murat, un peu, je trouve. 

 

 

- Est-ce que l'idée de jouer de tous les instruments dans "charade" a un rapport avec l'expérience "tristan" chez Murat?  Cela arrive aussi, comme cet album pour lui,  après une période où vous avez été, peut-être, forcée au silence (changement de maison de disque, projet avec B. Biolay avorté)?

 

J. CHERHAL :    Je ne sais pas. Je ne pense pas que ça ait de rapport avec "Tristan". Le fait de m'être retrouvée face à moi-même en studio, sans musicien, s'est imposé à moi sans que j'y réfléchisse vraiment. Je n'ai pas l'impression d'avoir été forcée au silence, j'ai pris plus de temps que d'habitude, peut-être, pour mettre au monde ce quatrième album. C'est vrai qu'à mon âge (j'ai 31 ans), quatre ans entre deux disques c'est long! Mais je m'en fous en fait. L'important est de l'avoir fait quand j'étais prête. Concernant le projet avec Benjamin Biolay, pour moi il ne s'agit pas d'un avortement, puisque des chansons survivent de notre travail ensemble. Le côtoyer en studio m'a bousculée, je me suis frottée à des méthodes de travail que je n'avais jamais pratiquées (arriver en studio avec rien par exemple, et écrire en présence d'un ingénieur du son! C'était le tabou total avant pour moi!) et le fait que nous ne fassions pas un album de duos, comme nous avions pu l'évoquer en entamant notre collaboration, m'a au contraire donné une plus-value d'énergie pour mettre les bouchées doubles sur mon disque! Pour moi notre rencontre est au final très positive.

 

 

- Et comment! Rien que pour "Brandt Rhapsodie", cela valait la peine! 

   "La Superbe" a permis à Biolay de  convaincre quelques allergiques à sa musique et personnalité.   Est-ce que vous avez senti vous aussi  un certain impact de cette chanson sur le public, la presse ? Est-ce que l'on vous en parle?  

 

J. CHERHAL :    Oui c'est sûr qu'elle parle aux gens. Beaucoup m'en ont parlé. Je crois que pas mal de journalistes y ont été sensibles aussi. Nous l'avons chantée tous les deux sur scène il y a quelques jours, je sentais le public assez électrique! C'est une chanson à la fois très triviale parce qu'elle est énormément ancrée dans le réel et on a utilisé un niveau de langage presque parlé, et en même temps, j'ai l'impression que cette banalité la rend assez universelle... C'est un peu prétentieux de dire ça!... Mais j'assume. En tout cas lorsque nous l'avons écrite avec Benjamin c'était absolument sans prétention, nous nous sommes isolés chacun une heure dans un coin du studio où nous travaillions. Ensuite, sans nous concerter, nous sommes allés au micro poser nos bouts de texte sur des espaces de huit mesures en alternance. La version de l'album est celle de cette nuit-là, on a dit le texte une seule fois et on n'a rien retouché! C'était un moment assez magique...

 

 

-  B.Biolay  parlait justement d'un "virage radicale et intelligent" de votre part avec votre précédent album.  Comment parleriez vous de ce virage qui se poursuit avec "Charade"?

 

 J. CHERHAL :    C'est très aimable à lui!  Sur "Charade", je crois que mon "virage" se situe à deux niveaux. D'abord je me suis fait davantage confiance en tant qu'instrumentiste et productrice puisque je n'ai pas invité de musicien à m'accompagner, et ensuite je me rends compte que je n'ai sur aucun texte utilisé de second degré, ou de personnage à incarner pour mieux me planquer! Hormis la chanson "Pays d'amour", qui relate une garde à vue dont j'ai entendue, effondrée, le récit à la radio dans une émission de Daniel Mermet, le "Je" dans les chansons, c'est toujours moi!

 

 

 

- Est-ce qu’il y a une chanson particulière de votre discographie  qui vous fait penser à Murat ou dont il est l’inspirateur ?

 

J. CHERHAL :    Je crois que je lui dois le morceau "L'Eau" même si a priori il n'a rien à voir esthétiquement avec lui. Je ne sais pas trop pourquoi, pour moi cette chanson s'inscrit dans son paysage... Le texte, de l'eau partout...

 

 

- J'ai trouvé trace de pas mal de reprises de votre part (Barbara, Velvet, Bjork ...)  mais pas de chansons de JLM  ? En avez-vous déjà chanté?

 

J. CHERHAL :    Pour moi seule. Mais je n'ai jamais réussi pour l'instant à le reprendre sur scène, ce n'est pas chose aisée quand même...

 

 

-  Quels sont vos albums préférés de Jean-Louis Murat ? et pourquoi?

 

J.CHERHAL:   Lilith sans hésiter! Parce qu'il est hors d'âge et en même temps hyper actuel. Médiéval et contemporain tout à la fois. Parce qu'il y figure des choristes de luxe, et que le tout sonne terrible!!! Je l'adore.

  http://www.concertandco.com/cd2/jlmlilith.JPG

 

- et vos chansons préférées?

 

J.CHERHAL:   "La maladie d'amour" est une chanson parfaite pour moi, qui me plonge dans une douceur et une délectable tristesse chaque fois que je l'écoute. "Le cri du papillon", également sur Lilith, a le don de me faire danser la danse de Saint-Gui. Je suis très touchée par le "Mont Sans-Souci", et sur l'album que Jean-Louis Murat a consacré à Baudelaire et Ferré, je suis raide dingue de "A une mendiante rousse", qui me fait un effet incroyable! Je connais le poème par coeur depuis mon adolescence, et la première fois que je l'ai entendu chanté par lui, ça a été un vrai choc. C'est magistral de sensualité et de vérité! C'est beau tout simplement.

 

 

-  Vous avez déjà parlé d'un concert, mais l'avez vous vu à d'autres occasions? 

 

J.CHERHAL:  Eh non. 

 

 

- Vous m'avez eu avec Albin de La Simone, c'est un point de rapprochement entre Murat et vous qui m'avait échappé! mais j'en ai trouvé un juste à l'instant en parlant de concert : vous allez jouer avec les Littles Rabbits, qui ont enregistré à Tucson...  Une inspiration pour vous d'avoir un son à la Muragostang ?

 

 

J.CHERHAL:   Peut-être... Mais c'est surtout parce que j'avais envie de leur son à eux précisément!

 

 

- Enfin, je sens que je vais peut-être vous faire de la peine... Ce n'est pas parce que c'est la dernière question!!... Mais JLM a dit qu'il y aurait peut-être Emilie Loizeau, avec qui vous avez collaboré à plusieurs occasions, pour faire des choeurs lors de son concert à Clermont... Vous n'auriez pas envie de taper l'inscruste?

 

J.CHERHAL:   Si je n'y suis pas invitée, jamais! Je suis trop bien élevée malheureusement...

 



Interview réalisée par mails entre  le 4/02 et le 12/02/2010 (entre une rare soirée de libre, une petite prestation au Casino de Paris, un voyage en train et une prestation live dans un salon de coiffure chez Hiboo... entre autres!  Cette interview ne contient ni OGM, ni  question sur la crise du disque.
Merci Jeanne!
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Le site officiel de Jeanne:
http://www.jeannecherhal.net/

Son myspace:
http://www.myspace.com/jeannecherhal

Un nouveau clip, pour la nouvelle Jeanne Cherhal  (c'est très réussi... et très émouvant):


MON CORPS EST UNE CAGE
envoyé par jeanne-cherhal. -

L'album est en précommande :  ou

On peut également l'écouter
là  ....   mais à partir du 1er mars (SORTIE EN DIGITAL). 
Charade sera disponible le 8 MARS dans les bacs.


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LE  LIEN EN PLUS:
Quelques liens qui m'ont aidé, sans peine, à tomber sous le charme:

- Séquence émotion (Jeanne C. pense-t-elle à son père qui est ou était plombier?) :

http://www.youtube.com/watch?v=WZ-1fGSjVJY&feature=related

Belle émission suisse (j'ai un faible pour les montagnes suisses)... Vous pouvez la retrouver  en intégralité sur youtube.

- On comprendra aussi son intérêt pour Murat dans cette vidéo:
http://www.dailymotion.com/video/xav9l6_l-artiste-jeanne-cherhal-pour-la-sa_music

- Chez Mandor (le journaliste qui nous avait parlé en premier du CODC)...
http://www.mandor.fr/archive/2006/10/23/jeanne-cherhal-de-ci-de-l-eau.html
et aussi avec Pierre Derensy, autre murat-compatible:
http://www.franchuta.info/interview-19-jeanne-cherhal-par-pierre-derensy.html



- Critiques de "l'eau" :  http://mescritiques.be/spip.php?article410 ;  
http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/article/leau/  ;
http://lame-son.hautetfort.com/tag/chanson

- Jeanne et les musiciens que l'on connait bien :

D'abord avec Camille !!!   Elles remettront ça à Bourges... Une soirée pyjama de folie avec Emilie Loizeau et Olivia Ruiz en plus...



et avec JP Nataf, Stremler, et Armelle Pioline (Holden):


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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 11 Février 2010


C'est sur le même fond de poster que la précédente vidéo, mais sur un fond plus austère.... Ca devait être la dernière de la journée! Faut dire qu'on ne l'interviewve pas sur la musique mais sur l'époque... 
 Je la visionne en premier sur dailymotion et vous la fait partager illico presto ma non troppo et hop coco! ... Je suis un peu fatigué.... Oui, je vous l'avoue, car JE SUIS FRANC!!  et je vous le dis en FRANCAIS! ... Euh, regardez  et vous comprendrez peut-être!

C'est sur TéléToulouse... 12 minutes!

Jean-Louis Murat nu comme un ver


envoyé par teletoulouse-wizdeo. -


A bas la perfidie!! et les anglais hypocrites!  Assez de la position du missionnaire!  et mangeons des fraises  Tagada!
... mais fini de rigoler : Jean-Louis affirme encore qu'il arrête de faire des disques, que personne ne vient le voir en concert, et que personne n'achète son disque!!

Mesdames, Messieurs les Bretons,  merci de vous rendre à la FNAC DE RENNES la semaine prochaine pour le secouer fortement!!  La France a besoin de lui!!

Cordialement.... et au dodo!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

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Publié le 11 Février 2010

Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques

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Publié le 6 Février 2010

Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques

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Publié le 6 Février 2010

A ton goulot d’amphore

 

Dans la chambre obscure

Où tu mallaites

La chair s’ouvre avale l’air

Plus de lait

16h00 c’est la tétée

 

Donne-nous le lait

 

Dieu m’a prié de boire

D’avaler le joyau

Au bénitier de miel

Tout sépare le bon grain

le serpolet

Tout me mène à son gré

De lait et de vin

Est-ce boire la mort

Boire cette eau limpide

 

Au dedans de moi Ta liqueur

Quel est cet œuf

Citron volage

Le pissenlit coquelicot

Nous allons manquer de pain

 

L'irrésistible moisson

 

Je t'aurais mangée sais-tu
Si grande fille !!

 

Gruau de sarrasin

Si le ciel vient à gronder
Récoltes en quantité

Peu de fruits on mangera

Qui fait abondance de grains

 

Mais jolies framboises

Timides myrtillers

 

Au cabaret, le vin de table
Sous la tonnelle des regrets
Nous rappelle à grandes rasades

La perspective de bonbons

 

Tout me transperce le lard

 

De la même stricte peine qu'on attendrit dans les boucheries

A grands coups de serpillière, à coup de torchon

La méthode charcutière a du bon

Allez, allez, envoie la chanson

 

C'est l'amour qui passe
qui vient nous désaltérer

c'est l'amour qui passe
qui vient nous dévorer

 

Ma première framboise
j'allais savourer

Toujours une fiole

Tu croques un peu de neige

 

Dans ma tisane

 

Aspergé de citron

Aspic des neiges

Du jus de pêche sur les jambes

Voudriez-vous me jeter
Le fructose le glucose

 

J'asperge au Tabasco
Ma platée d'aligot


Belgrade et deux kirs

Allez patron et deux demis

-         D'eau tout étourdis –

 

Mieux que le fruit mieux que son zeste

Mieux que le goût de la noisette

si les frimas épargnent les blés

Notre troupeau devait donner du lait au goût
De réglisse et d'airelles

Des noms d'arbres fruitiers

Limonade ou thé glacé

De l'eau des vitamines

 

 

On crache le champagne

 

Je jette une orange

Mon âme a soupé de ces peines

J'ai dans mon sang
le vin de messe
J'ignorais rien

jus de pomme
grappe jaune

 

Viande rouge

 

laisse-moi manger des yeux

un goût de miel

dans ton bol j'ai mis du miel

 


Cassis






(merci au site Murattextes)

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

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Publié le 5 Février 2010

bonjour,

oui, je viens vous faire un petit coucou...  Non, je vous laisse pas tomber!! Je vous assure que je bosse d'arrache-pied! Le résultat bientôt!

Je voulais quand même vous informer... parce que moi, du sud-est, ça m'inquiétait... Je veux parler de la deuxième partie de la tournée!  Des dates avaient été données par Caramba et sur le site officiel, et puis, zuh... ou ouh!... ou... scritch: disparues!    Vraiment, ça m'inquiétait : genre, il en marre, il arrête... J'ai donc appelé plusieurs salles :  Certaines dates ne sont pas officielles car le programme 2010 n'est pas encore réellement établi, mais je suis rassuré! Il devrait bien y avoir une tournée automnale!  J'ai eu confirmation pour Nantes (la bouche d'air), Tournai.... et d'autres salles m'ont bien confirmé que c'était dans les tuyaux. 

Enfin, concernant Françoise Hardy, l'info sur un titre signé Jean-Louis Murat que j'avais trouvé sur un forum, est confirmé, notamment ici:   http://www.evous.fr/musique/Francoise-Hardy-Pluie-sans,9108.html
Hélas, le single est signé Calogero...


-   Un petit lien de Belgique: annonce de concert:
 http://www.spectable.be/jean-louis-murat/108750/180946
Jean-Louis Murat (F)
Dimanche 09 Mai 2010
20h00
Botanique
Belgique - Bruxelles-capitale - Saint-josse-ten-noode (1210)
Rue Royale

Les Nuits Botanique
Toujours en marge des courants musicaux actuels, l'Auvergnat reste fidèle à lui-même et expérimente sans cesse de nouveaux styles (acoustique, jungle, électronique, classique, pop,…). Auteur, compositeur et interprète, Jean-Louis Murat mêle tout en simplicité musique et poésie à travers des textes tourmentés, des compositions sobres entrecoupées par des chœurs envoûtants et quelques bruitages significatifs de la vie quotidienne. Il vient de sortir un nouvel album «Le Cours Ordinaire Des Choses» enregistré à Nashville.

Tarifs

(16), 19, 22€



- et pour finir, une nouvelle interview chez Ardisson sur le site de l'INA!  Un camarade nous avait signalé ce site il y a quelques temps... Que ceux qui avaient râté ça, fouillent un peu... (il y a notamment la séquence avec la belle Hardy rosissante!)
http://www.ina.fr/media/entretiens/video/I08253679/interview-jugement-dernier-de-jean-louis-murat.fr.html

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 2 Février 2010

Une belle interview type "carte blanche"...


Propos recueillis par Christian Authier
http://www.lopinion.com/public/lopinion/html/fr/semaine/public.php?article=1
Consulter  l'article sur leur site!              



Vendredi 29 Janvier 2010 n°2913
MUSIQUE
Jean-Louis Murat en liberté
Son dernier album a beau s’intituler Le cours ordinaire des choses, il n’y a rien d’ordinaire chez cet artiste singulier et totalement indomptable. Rencontre avec l’un de nos derniers esprits libres.
Avant sa prochaine tournée qui débute en mars, Jean-Louis Murat était de passage à la Fnac de Toulouse le 21 janvier pour une rencontre afin d’évoquer ses goûts musicaux, littéraires et cinématographiques. Cette manière de rompre avec le ronron promotionnel ne surprendra pas ceux qui l’ont suivi depuis ses débuts. Refusant le formatage industriel, l’auvergnat s’est attaché à construire une œuvre atypique où le meilleur héritage anglo-saxon (pour résumer : l’axe Bob Dylan / Leonard Cohen / Neil Young) croise un classicisme très français à l’image de l’album où il chante des poèmes de Baudelaire sur des musiques de Léo Ferré, ou encore des disques consacrés à la poétesse du XVIIème Antoinette Deshoulières et au plus grand chansonnier du XIXème Pierre-Jean de Béranger. Par la variété de ses inspirations et de ses productions, l’auteur, compositeur et interprète incarne une liberté devenue anachronique qui ne craint pas d’offenser les imbéciles. En célébrant la beauté, le Ciel, les oiseaux, les paradis perdus, les demoiselles, les anges déchus, Jean-Louis Murat bat le rappel des sentiments d’autrefois. «Mon cœur imite les anciens / Chanter est ma façon d’errer», nous dit-il dans Le cours ordinaire des choses.  Ce chanteur errant et enraciné nous enjoint à ne pas jeter aux orties nos amours, nos rêveries et nos espérances. Sa présence comme ses disques sont de puissants réconforts.

Vous avez enregistré les chansons du Cours ordinaire des choses, à Nashville avec des musiciens américains. En quoi est-ce différent que de travailler avec des musiciens français ?
Les musiciens américains parlent moins que les français. Ils réfléchissent moins et jouent plus. Cela ne chipote pas, quoi… Ils sont super professionnels. La grosse différence est qu’ils mettent leur ego dans leur poche pendant le temps de la séance. Cela permet d’aller plus vite. J’avais déjà travaillé à New York. Là-bas, ils sont un peu plus chiants, plus intellos. Ils te cassent les couilles avec Derrida et Jean-Paul Sartre. A Nashville, non.
Certains titres ou refrains de vos chansons sont parfois en anglais, mais envisageriez-vous de chanter en anglais ?
Je l’ai souvent fait, confidentiellement ou dans des concerts, mais dans l’ensemble non. Enfin, je dis non, mais la semaine dernière j’ai enregistré un titre avec Françoise Hardy où je chantais en anglais.

Vous avez fait des albums entièrement consacrés à des auteurs du XVIIème comme Antoinette Deshoulières ou du XIXème comme Baudelaire et Pierre-Jean de Béranger. Aimeriez-vous refaire ce genre de disques ?
Oui, mais c’est le business qui ne suit pas. J’ai pu faire des projets comme ceux-là avant la crise, mais maintenant c’est impossible. Sinon, j’aimerais beaucoup, notamment reprendre des gens pas très connus. Moi qui n’ai pas fait d’études, cela me permet d’en faire par procuration. Pour l’album Ferré / Baudelaire, j’ai passé un an à lire Baudelaire. J’étais incollable… Aujourd’hui, je proposerais de faire un disque sur des textes inédits de Lautréamont avec de super musiciens, je ne trouverais pas une seule maison de disques…

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire cette mini tournée dans quelques Fnac consistant à évoquer vos goûts musicaux, cinématographiques et littéraires ? C’est un moyen de contourner la promo traditionnelle ?
Je n’avais jamais voulu faire les rencontres Fnac, puis j’en ai fait une à Lyon et cela m’a bien plu. C’est une journée de vacances : je fais de la voiture, comme là pour venir à Toulouse. Dans une station-service, j’ai trouvé une réédition cultissime des Pretty Things. Plus un live d’America ! Cela me permet de sortir un peu. Sinon, je suis en studio ou en tournée. Après, voir les gens est sympa, mais ils me demandent en général la même chose que les journalistes.

Vous avez souvent évoqué dans la presse vos goûts littéraires, notamment pour Bernanos, Bloy ou Muray. Qu’est-ce qui vous attire chez ces imprécateurs, ces pamphlétaires ?
Oui, j’aime beaucoup Bloy, Bernanos, Huysmans, Philippe Muray… J’aime leur liberté de pensée, leur rapport au vocabulaire, la musique de la langue. Dans le Journal de Bloy, il y a de véritables trouvailles langagières. Philippe Muray est l’un des meilleurs stylistes français du vingtième siècle. De même pour Bernanos. J’aime les gens qui ne sont ni de gauche ni de droite, mais plutôt d’une sorte d’anarchisme classique. Cela produit les esprits que je préfère. Ils ne sont enfermés dans rien, se remettent toujours en question et sont toujours contre. Bernanos a eu raison sur tout. C’est le seul intellectuel qui se barre de France au moment des accords de Munich, le seul qui se dit : «Je ne peux pas rester dans ce pays à la con». Ils ont des visions hautes. On retrouve cela chez les Camelots du Roi qui incarnent un mélange que j’aime beaucoup : des sortes d’anarchistes de droite qui sont à la fois chrétiens et à gauche des communistes. Ils voient la foi comme un super communisme. C’est une façon de penser qui me plaît et qui a quasiment disparu. J’essaie de la retrouver chez des moralistes, chez des écrivains, mais ils se font laminer : Houellebecq, Dantec, Nabe… Je ne suis pas toujours d’accord avec eux, mais j’aime bien ces gars-là et leur état d’esprit combatif.

Aviez-vous découvert Philippe Muray à travers ses chroniques publiées dans La Montagne non loin de chez vous ?
Je connaissais déjà ses livres. Avant qu’il ne décède, il m’a envoyé une lettre car j’avais parlé de lui plusieurs à reprises en interview. Une fois, j’avais réussi à le caser dans Télérama. Le journaliste ne savait absolument pas qui était Philippe Muray et je lui avais dit qu’il s’agissait d’un auteur incomparable, de notre meilleur moraliste fin de siècle. Ensuite, quand Philippe Muray a fait son disque, j’ai pu faire passer un titre sur France Inter. Là, c’était le bouquet !

L’un de vos premiers albums portait le titre d’un film de John Ford : Cheyenne Autumn. Quels sont les cinéastes qui ont compté pour vous ?
Il y avait aussi la voix de Tarkovski sur ce disque. J’aime les films de Ford, de Tarkovski, les vieux, le cinéma classique, Hawks, Pabst… Tarkovski me semble assez indépassable. Après cela, je ne peux pas aller voir Avatar. A part Kurosawa, je n’ai pas vraiment accroché avec le cinéma asiatique. Je trouve qu’il n’y a rien de mieux qu’un quart d’heure de n’importe quel Laurel et Hardy. J’aime aussi beaucoup l’esprit de Billy Wilder qui représente bien la sensibilité des juifs d’Europe de l’Est qui se sont retrouvés à Hollywood après avoir fuit le nazisme. J’avais lu une phrase de Wilder sur Antonioni à propos duquel il disait qu’il ne faisait pas des films sur l’incommunicabilité, mais qu’il ne savait tout simplement pas écrire de dialogues… J’adore cela ! En plus, c’est la pure vérité. J’aurais aimé connaître Billy Wilder.

On vous avait vu comme acteur dans La vengeance d’une femme de Doillon en 1990. C’est une aventure à laquelle vous n’avez pas donné suite… 
J’en ai gardé un souvenir très désagréable. A cause de Doillon d’ailleurs. On devait refaire un film ensemble, mais j’ai laissé tombé. Parfois, je regrette. Comme pour Michael Haneke. J’ai beaucoup travaillé avec lui puis j’ai abandonné au tout dernier moment car le scénario ne me plaisait pas. Une autre fois, je devais faire des essais avec Lars von Trier. La veille, j’ai dit : «Non, je ne viens pas.» Cela m’attire et me fait un peu peur à la fois car j’aime trop le cinéma classique. Celui qui se fait aujourd’hui ne m’intéresse pas vraiment.
 
Parmi les chanteurs que vous aimez, les grands maîtres comme Neil Young, Leonard Cohen ou Bob Dylan restent-ils des références ou appartiennent-ils au passé ?
Il y a cette idée à la con selon laquelle il y aurait chaque semaine quelque chose de génial ou les nouveaux Beatles. On sait bien que c’est de la blague et que le meilleur de la musique populaire a été fait. Cela ne m’empêche pas de suivre ce qui se passe, mais si quelqu’un de génial émerge, il y a toujours un pote pour vous le signaler. C’est la même chose en littérature. Stendhal, Proust, Montaigne ou Nietzsche font très bien l’affaire. On n’est pas obligé de suivre l’actualité. D’instinct, je vais vers Proust ou Bernanos de la même façon que je vais vers Dylan ou les Stones. Pour moi, c’est la même chose. Dans mon inculture d’autodidacte, j’aime tout mélanger. Je fais ma petite cuisine et elle m’alimente.

Voici quelques jours a été publiée la liste des chanteurs ayant obtenu les plus gros revenus en 2009. En tête, il y a Johnny Hallyday suivi de Mylène Farmer et Calogero. Que vous inspire ce palmarès ?
Je crois que cela a toujours été la même chose. Quand vous lisez le Journal de Flaubert, vous voyez que la plupart des auteurs les plus fameux de cette époque ont disparu. Chaque époque se trompe. Il peut y avoir des exemples où quelque chose d’exceptionnel rencontre le public, mais dans l’ensemble les tocards ont toujours tenu le haut du pavé. Dans son dernier roman, Philip Roth évoque le classement des cent meilleurs écrivains américains fait par l’intelligentsia. Il n’y a ni Faulkner ni Hemingway… Il est donc normal que ceux qui ramassent le plus de pognon en France avec la musique soient des tocards

Dans vos interviews, on a le sentiment que vous aimez choquer le «bobo». Dans un récent portrait paru dans Libération, vous qualifiez le dernier roman de Marie NDiaye de «pissat de femelle», vous traitiez les Verts de «vieux cons» avec un «QI de ver de terre», vous disiez aimer la corrida ou encore éviter soigneusement les bureaux de vote… 
Oui, c’est vrai, je pense cela… Mais quand on le dit, on est mort. On reçoit des milliers de messages d’insultes. C’est ce qui m’est arrivé avec les associations anti-corrida. C’est délirant. Ce n’est pas le goût de la provocation qui me guide. Ce n’est pas parce qu’on a donné le Goncourt à Marie NDiaye que je n’ai pas le droit d’avoir mon opinion. J’ai lu assez d’écrivains pour juger cela insipide. A la limite, il vaut mieux ne rien dire. C’est ce qui est terrible dans l’époque. Elle veut t’intimider. Il faudrait que je sois timide vis-à-vis de ce que je suis, que je ne dise pas que Marie NDiaye est nulle et que j’adore la corrida. Moi, j’emmerde l’époque. Or, plus elle va vers cette chape de plomb et plus j’ai envie de lire Bloy, Huysmans, de vivre… On n’en peut plus d’être obligé de se taire, de ne plus dire que l’on aime le cul des filles, l’alcool ou la corrida. Tout devient répréhensible. Comment fabriquer dans ces conditions des individus représentant un quelconque intérêt, des êtres qui soient d’une matière romanesque ? C’est pour cela aussi que j’aime bien Houellebecq, mais on va le faire taire. La matière romanesque des gens s’évapore. Alors, la vie en société devient insupportable. Pourquoi on aime revoir les films de Georges Lautner ou Touchez pas au grisbi ? Parce qu’on ne trouve plus d’individus comme cela. On a beau aller dans des troquets, les mecs ont le charisme d’un animateur de TF1. Les gens n’ont plus de matière romanesque. La diversité de comportement, de pensée, d’expression a disparu. Il n’y a plus rien. Cela me donne l’impression de rouler avec le frein à main. En fait, il faudrait que je ferme ma gueule ou que je change de métier.


Propos recueillis par Christian Authier
Le cours ordinaire des choses,
Scarlett / V2.
Article paru dans l'édition du Vendredi 29 Janvier 2010

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu-promo- 2010-aout 2011

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Publié le 2 Février 2010

Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques

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Publié le 31 Janvier 2010




Jean-Louis Murat - Black session 1998 (3/3)
envoyé par five-r. -


Apparemment, quelqu'un a pensé que vendre les cd des blacks sessions seraient rentables... bien qu'on les trouve assez facilement  :

http://www.freewebs.com/blacksessions/ 
Mais pour  36 dollars!! C'est un peu cher!
Pour des simples bootlegs, c'est un peu cher, ils en parlaient là en 2007:
http://www.blacksessions.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=53

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Rédigé par Pierrot

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