Publié le 14 Novembre 2018

Je vous parlais des rééditions vinyles hier... et bien Pias a communiqué sur les réseaux sociaux: la date de sortie est confirmé. A vos crémiers!

1)  A l'occasion du concert de CASTRES:  une interview très PQR... dans laquelle Murat indique qu'il travaillerait bien avec CHRIS... (à suivre en 2)

https://www.ladepeche.fr/article/2018/11/14/2905930-jean-louis-murat-artisan-de-la-grande-chanson-francaise.html

 

Je connais la région, Castres, peu, mais j'aime particulièrement Albi.

Est-ce que votre concert sera articulé autour de votre dernier album et quelle est la teneur de ce dernier ?

Oui, il sera essentiellement axé sur mon dernier album qui s'inscrit dans la continuité du précédent avec beaucoup de structures ; une façon ultramoderne et à la fois, ce soir-là, il sera présenté à l'ancienne avec mes musiciens.

Fidèle à votre équipe ?

Oui, j'y tiens, les musiciens, tout comme les techniciens, m'accompagnent de longue date.

Dans la série des étiquettes qui collent à la peau, est-ce que l'une d'entre elles vous irrite particulièrement ?

En fait, je m'en fiche un peu, mais c'est récurrent tout de même : «L'Auvergnat bougon», «La grande gueule auvergnate», voilà, pour eux, un Auvergnat, c'est bougon ! La connotation est négative. L'image est réductrice. Le régionalisme est vu comme un mini-nationalisme.

Vivez-vous toujours en Auvergne ?

Oui, entouré de ma famille, mes cousins, mes amis d'enfance. J'ai été élevé dans une ferme et je vis dans une ferme !

Si vous ne deviez retenir qu'un nom parmi vos collaborations artistiques ?

Je pense à Mylène Farmer, une collaboration très positive, liée aussi à la qualité humaine du duo qu'elle forme avec Laurent Boutonnat. La première collaboration a toujours une saveur particulière. Je pense aussi à Nicolas Sirkis d'Indochine. Je garde mes amis très longtemps. J'aimerais aussi collaborer avec la chanteuse Chris.

Quelle chanson vous procure toujours une même émotion intacte, une de votre répertoire et une autre ?

Chaque soir, je chante «Il neige» avec les mêmes sensations. Sinon, Joe Dassin m'a toujours interpellé à travers une certaine rigueur américaine. «Et si tu n'existais pas» me touche, tout comme «Marie-Jeanne».

Êtes-vous plutôt animé par le doute ou la certitude ?

Il faut douter… pour se remettre au travail ! Il faut supporter les hauts et les bas, sorte de yoyo.

Qu'est-ce que le talent ? Vous insurgez-vous toujours contre ces chanteurs façonnés par le marketing ?

(Il réfléchit et embraye sur ceux qui n'en ont pas). Avec pour seul moteur le pognon, il y a beaucoup de gens qui n'ont aucun talent ! À l'heure actuelle, il y a beaucoup de technologie. On amène des nigauds… qui occupent le terrain et qui passent du nirvana à l'enfer. De mon côté, je me situe entre les deux, comme un artisan !

Une navette gratuite sera mise à la disposition des Nord Tarnais au départ d'Albi.

Renseignement et réservation au 05 63 62 15 61 dans la limite des places disponibles.

Prévente : 23 € / Tarif réduit : 20 € / Abonnés : 18 €. Soir du concert : 25 € / Tarif réduit : 23 €.

www.bolegason.org

rééditions suite, interview express  et l'appel du pied à Chris et une chronique

Avec la vidéo donc de "perce-neige"....  Hasard?  Chris n'a à ma connaissance pas parlé de Jean-Louis de manière très précise... sauf à dire que "c'était la musique qu'écoutait ses parents". Ils se sont croisés au moins une fois à l'olympia, pour un concert pour LE MONDE.

 

3) LA CHRONIQUE

Dans Jazzaroundmag, mag belge. Né en 1995, Jazzaround a longtemps été le seul magazine francophone belge consacré aux musiques actuelles, sans frontières de styles et de genres. Le jazz est comme une éponge, il reçoit et donne sans cesse. Musique nomade, basée sur l’improvisation et la pollinisation croisée des cultures musicales, le jazz est la seule musique vivante pratiquée à l’échelle de notre planète. D’un cahier de huit pages, en deux couleurs, Jazzaround a évolué en qualité et en quantité, jusqu’à être distribué dans toute la Belgique, le Nord de la France et Paris ! En lien avec www.citizenjazz.com, Jazzaround oeuvre en ce moment pour développer un média à l’échelle de l’Europe, et ainsi mieux faire circuler l’information sur le jazz et les musiques improvisées. L’initiative de ce blog précède le lancement d’un nouveau site et d’informations hebdomadaires dans la presse quotidienne de Wallonie et de Bruxelles…

 à lire : http://jazzaroundmag.com/?p=19485

C’est un peu grâce à lui (mais pas que, on y reviendra) que la chanson française a regagné un peu de crédibilité. On remonte ici à l’époque d’un « Cheyenne Autumn » ou d’un « Manteau de pluie » jeté à la fin des années quatre-vingts sur les épaules d’un jeune gaillard aux yeux bleus, sorti d’une campagne auvergnate. La France fond (on est encore en période glacière à cette époque) et Jean-Louis devient une icône au franc-parler reconnu. Les temps ont changé. Qui n’avance pas recule. La crise du disque, d’autres stratégies de ventes, etc. Je me souviens avoir lu Murat qui se lâchait dans une interview accordée aux Inrocks : « Mon métier, c’est écrire des chansons, les enregistrer puis les présenter au public. Je fais ça à longueur de journées. Mon label (Virgin à l’époque, NDLA) veut m’en empêcher pour des raisons stratégiques. Je ne pourrais, selon eux, sortir plus d’un disque par an. Voire tous les deux ans : c’est frustrant ! ». Tout est là. Murat a beau faire de son mieux, la télé-réalité nous bouffe les espaces-temps culturels, les fans sacrifient leur argent aux abonnements du smartphone et téléchargent dessus, gratuitement, les chansons qu’ils souhaitent entendre. Fin d’une époque. A présent, Murat ne vend plus et n’est plus une icône (vu son âge peut-être, soixante-six ans, tout de même). Mais il exerce (toujours aussi bien) son métier de saltimbanque en multipliant les petites salles et les centres culturels de deux-cents places. Il a voulu tout arrêter. Mais il continue, vaille que vaille à écrire des chansons. Ses chansons personnelles, celles qui lui ressemblent. Comme pour Amélie Nothomb, à la rentrée de septembre, un nouvel opus de Murat nous arrive. Le « best of » de son travail effectué les mois précédents. Et si on ne se jette plus dessus comme à la belle époque, nous admettons qu’année après année, la qualité est plutôt restée constante. Chez Murat, on ne bâcle pas ! Aujourd’hui (oufti, ça c’est de l’intro) « Il Francese » débarque dans les bacs, le vingt-troisième album de l’Auvergnat. On s’attend, comme d’habitude, à entendre de belles mélodies qui soutiennent de beaux textes avec des gros morceaux de guitares et de batterie dedans. Tout juste pour la première partie de la description, mais cette fois, plus encore qu’auparavant, Murat a pris le risque de nous surprendre. Ou de se faire plaisir. Allez savoir. L’homme n’est pas connu pour faire des concessions à qui que ce soit. On frise un peu le désappointement lorsque l’on constate que les guitares sont plutôt discrètes, remplacées par des machines et des synthés. Les boites à rythmes et les bidouillages sur certaines voix remplacent l’épure « Murat » que l’on connaît. On repousse donc sur la touche « play » du mange-disques et, cette fois,  à notre étonnement, on passe tranquillement le cap. Les nouvelles chansons climatiques de Murat nous plaisent. On réécoute en boucle Achtung, Sweet Lorraine ou Marguerite De Valois. C’est du tout bon, on se délecte. Et si le message profond, le concept (ces histoires d’Empereur et de Napolitains) nous échappent un peu, on admettra aisément que « Il Francese » est à classer, sinon dans les meilleurs, au moins dans la première moitié de tableau de sa discographie. Pas mal pour un gars qui voulait tout arrêter !

Jean-Louis Murat sera en concert le 12 décembre au Reflektor de Liège et le 13 décembre au Botanique (Bruxelles).

 

LE LIEN EN PLUS

Deux chroniques sur l'album d'Eryk E:

http://www.zicazic.com/zicazine/index.php…

https://www.froggydelight.com/article-21251-Eryk.e.html

 

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Rédigé par Pierrot

Publié le 13 Novembre 2018

-  REEDITION VINYLES (suite):  J'avais l'information de première main que la sortie des prochaines rééditions devait être repoussée... c'est pour cela que je n'en avais pas parlé... Mais après amazon, c'est maintenant la FNAC qui a été mise à jour et qui annonce une sortie... le 16/11... Est-ce possible que cela soit vraiment repoussé? Je ne sais pas... mais mieux vaut être prudent pour la précommande si votre budget est serré. En tout cas, on sait maintenant ce que les disques contiendront.

  LE MANTEAU DE PLUIE avec un disque de bonus, ainsi que le MOUJIK... et ses bonus, dont le fameux lp "l'au-delà".   Pas d'inédits véritables, mais des morceaux rares ne figurant pas sur des albums, mais sur des faces B ou projets diverses... mais des titres cultes, comme "Noël à la maison", et "entre Tuilière et Sanadoire", qui figuraient aussi sur  FACE NORD, le CD le plus difficile à trouver (offert aux nouveaux abonnés des inrocks).

 

Rééditions vinyle et les ventes

Merci Olivier pour les photos.

Rééditions vinyle et les ventes

Côté Le manteau de pluie: on pourra noter la présence du Mendiant à Rio, la reprise qui ne figurait que sur la première édition avant d'être retirée à la demande de Francks. "Qu'est-ce que tu voulais" est une reprise de Dylan.

Côté Moujik: Les disques ne me paraissent pas remplis comme "un oeuf", mais les titres "bonus" sont bien suffisant: là aussi, le lp l'au-delà était difficile à trouver à un prix correct.

https://musique.fnac.com/a12971055/Jean-Louis-Murat-Le-manteau-de-pluie-Vinyle-album

https://musique.fnac.com/a13043630/Jean-Louis-Murat-Le-Moujik-et-sa-femme-

2) LES VENTES DE  "EL FRANCESE"  (semaine du 2/11 au 9/11)

 

Jean-Louis est sorti du classement fusionné (physique-streaming- download), mais il figure encore dans le classement (physique et download)  avec 302 ventes et 19 download. Il est 140e (91 l'année dernière). Dominique A suit à une semaine de décalage la même route... alors que Miossec est juste derrière Murat (l'album est sorti le même jour qu'el francese).

 

LA VIDEO EN PLUS EN RAPPORT AVEC CI- DESSUS COMME QUOI JE FAIS UN TRAVAIL EDITORIAL PARFOIS ET QUE CA SE VOIT PAS TOUS LES JOURS MAIS QUAND MEME

Une curiosité:  Un monsieur fait des vidéos pour montrer des disques... Plusieurs concernent  Murat:

Il a une belle collection concernant FORT ALAMO:

Il me manque le cd je crois.

... mais pour "cours dire aux hommes faible", j'ai l'autre disque...

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese, #ar

Publié le 12 Novembre 2018

Et oui, pas comme un lundi, car le ciel est bleu, les oiseaux chantent, on a du travail et notre Leader a rencontré le peuple et l'a regonflé à bloc.  Je parle du président, pas de Jean-Louis... quoi que... Il est en tournée, il nous parle de mémoire, de transmission... et  on l'acclame. Voyez plutôt à DIJON :

https://www.bienpublic.com/loisirs/2018/11/10/dijon-jean-louis-murat-etait-sur-la-scene-du-theatre-des-feuillants       On découvrira sur le lien deux photos de la soirée!

Une basse et une batterie pour l'accompagner, un power trio rock parfait pour apprécier le concert de Jean Louis Murat qui venait à Dijon présenter son nouvel album Il Francese sorti à la fin du mois de septembre. Le chanteur ouvre son concert avec, Achtung dans une version différente de celle de l'album. Il enchaîne avec Ciné Vox morceau « Muratien » par excellence, sa voix si pure et  particulière captive le public, le jeu de guitare est toujours reconnaissable entre tous. Il joue essentiellement son nouvel album mais les morceaux sont ralentis comme étirés sur la corde de l'émotion. Les versions de Hold-up, et Rendre l'âme sont magnifiques, entre langueur et ardeur. Il réserve pour son public quelques anciens morceaux, le très beau Il neige est à pleurer. Avec peu de mots échangé avec le public il parvient à tenir une sorte de fascination avec sa poésie et sa musique. On a la sensation d'un moment assez intime ou il nous offrirait ses réflexions poétiques. A 66 ans le dandy auvergnat continue de nous étonner et il offre en rappel une excellente reprise de Jour du Jaguar, chanson de 2003. Il a livré un concert rock, et touchant emprunt d'une mélancolie heureuse il ne reste plus qu'à passer l'hiver au chaud en écoutant le très beau  Il Francese et tous les autres. 

          Lydie Champrenault (CLP)

                                                                                 By Roxanne Gauthier

Voici un petit mot que l'on vient de m'envoyer (merci) :  "un petit aperçu de la set list capturée sur la console à St Avertin. Nombreux titres joués, concert complet, musique, voix et sons excellents. Pas de dédicaces. Chansons différentes que de celles du concert de Nantes. Bonne soirée. Laurence et Philippe"

 

1)   Le podcast de l'interview FRANCE INFO (8/11 le monde d'Elodie)  est dispo, même si le site n'est pas encore à jour à la page de l'émission, puisqu'elle affiche un alter ego de Jean-Louis au niveau de la drôlerie et de la magie (Eric Antoine).  5 minutes

http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/19063-08.11.2018-ITEMA_21886061-0.mp3?track=false

Quelques mots sur ses parents, encore sur Christophe... pour finir par "retourner dans le ventre d'une femme"... un tour d'une vie en 5 minutes....

2)  J'avais ça sous le coude depuis un moment, mais j'ai bugué:  je ne trouvais pas l'interview sur le site...  En fait, il faut cliquer sur les différentes photos qui sont en fait "les choix culture" de Jean-Louis.

http://www.vivelaculture.com/jean-louis-murat/  

Quelques goûts déjà cités (surtout Lamar et Ocean, Nietzsche, Murray, Houellebecq, la mode- et oui-, et Toy story, mais c'est quand même intéressant) et d'autres choix plus rares, notamment NAIPAUL qui dit lui avoir inspiré plusieurs chansons. Merci d'aller lire ça sur leur site, avec les références et des vidéos.

 

« Je pourrais tenir des heures à passer d’un artiste à un autre. Je suis là en programmation automatique pour parler de moi et de mon disque, c’est comme si j’étais un lapin pris dans les phares d’une voiture. Je suis sûr que dans cinq minutes je vais me dire : ah pourquoi je n’ai pas parlé de ça… » Nous avons rencontré Jean-Louis Murat, intarissable sur les artistes qui le passionnent, en septembre à la sortie de son nouvel album. Il est actuellement en tournée. Il Francese

Jean-Louis Murat
"En musique, je suis passé par une phase « j’arrête, c’est une activité à la con », et je suis reparti un peu de zéro. C’est bien de s’imposer à soi-même de repartir du zéro en soi. Après RN 89, où je ne voulais pas l’ombre d’une mélodie, pas une seule chanson, j’ai fait un disque avec que de la chanson pure composée au piano, je reste dans ces préoccupations : quels témoignages peux-tu apporter sur ce que tu vis dans cette période inédite ? Jamais des humains n’ont connu autant de choses que nous. On va « fêter » les dix ans de l’iPhone, en même temps, on constate un recul de la démocratie un peu partout dans le monde. Est-ce qu’il y a un rapport ?"

 

Houellebecq

Collectif

 

"La lecture de l’été, pour moi, ça a été Les Cahiers de l’Herne consacrés à Michel Houellebecq. Ce que j’aime chez Houellebecq, c’est son œil, il a trouvé une façon de voir les choses. Je ne suis pas sûr que ce soit un très grand romancier, ce n’est pas un très grand penseur, ce n’est pas un très grand moraliste, c’est le parfait contemporain. Etant très fan de Philippe Murray, il me fait relire du Murray, partir dans tous les sens, et du coup, essayer de me lancer un peu dans Schopenhauer dont je ne suis pas un fan absolu - je trouve que Nietzsche est un plus grand écrivain que Schopenhauer. Ces Cahiers de L’Herne sont passionnants, d’une grande réussite. Je les ai recommandés à une dizaine de copains. Passionnant."

En présence de Schopenhauer

Michel Houellebecq
"J’ai une théorie qui est que Houellebecq est le prolongement de Murray, c’est tout le talent de Houellebecq d’ailleurs. Je pense qu’il est parfaitement contemporain. C’est saisissant mais je pense qu’en une décennie, ses livres, par exemple Soumission, vont vieillir… C’est comme dans le disque, il y a des disques qui sont hyper efficaces au moment où ils sortent, et puis dix ans après ça ne marche plus. Même L’Extension du domaine de la lutte, en en reprenant des bouts, déjà ça date. Je pense que Houellebecq a deux points faibles : ce qu’il écrit vieillira rapidement, et on sent trop qu’il veut le Nobel. Ça n’empêche pas que je l’aime beaucoup. Il m’obsède assez en fait. Je suis comme lui, dans le contemporain direct, au jour le jour. Dans le train en venant je me demandais : sur quoi travaille t-il ? Ca serait un excellent sujet sachant que c’est un parfait observateur de l’époque, un ultra journaliste…"

 

Essais : L'Empire du Bien, Apres l'Histoire I-II, Exorcismes spirituels I-IV

Philippe Murray
"On aurait tort d’oublier Philippe Murray. Il faut lire tout Philippe Murray. Même le Céline, même ce qu’il a écrit sur la Troisième République ; comment il explique l’opposition de Victor Hugo et Napoléon III, qui se battent sur les mêmes meufs. Il est très, très, très fort, Philippe Murray. C’est une perte immense, infinie. Un de mes grands regrets, c’est de ne pas avoir mis en musique des poèmes de Philippe Murray. La poésie un peu bébête de Houellebecq, elle vient aussi de Philippe Murray. Il y aurait un gros travail à faire sur ce qu’il y a de Philippe Murray chez Houellebecq. J’ai la chance d’avoir une lettre de Philippe Murray, qui avait été sidéré que je parle de lui dans une émission sur France Inter."

Le Gai savoir

Friedrich Nietzsche
"Je l’ai en je ne sais combien d’éditions mais, Auvergnat oblige, je privilégie la traduction d’Alexandre Vialatte (indisponible, le visuel est celui de l'édition de poche Ndlr)."

Guérilleros

V.S. Naipaul
"J’ai une bibliothèque qui repose beaucoup sur V.S. Naipaul. Son livre sur les gens du Sud des Etats-Unis est absolument sensationnel. Son livre sur l’Afrique, ou son livre sur la Jamaïque, aussi. J’ai écrit beaucoup de chansons tirées de son livre sur la Jamaïque. Son discours à Stockholm sur Proust, et son essai sur la littérature, alors là, c’est formidable. J’en ai lu des bouts à mes enfants. Je ne comprends pas l’image négative que peut avoir Naipaul. Il y a quelque chose qui me dérange. Je trouve qu’à sa mort il n’a pas été célébré comme il aurait du l’être. Il a quelque chose qui fait penser à Houellebecq. Un observateur, un hyper journaliste. Dans deux siècles les historiens diront : voilà, si je veux savoir ce qui se passait dans la Jamaïque des années soixante-dix, c’est tout à fait valable."

 

La Langue géniale : 9 bonnes raisons d'aimer le grec

Andrea Marcolongo
"Andrea Marcolongo est une jeune femme universitaire remarquable. C’est elle qui écrivait les discours de Matteo Renzi. Hier au soir, je discutais des philologues et de philologie, et un spécialiste me disait qu’il n’y a plus de formation de philologue maintenant. En lisant Nietzsche, je me disais que j’aimerais bien prendre le même itinéraire, mais on ne peut plus faire ces études. Ce livre d’Andrea Marcolongo est absolument magnifique."

You Better Run – The Essential

Junior Kimbrough
"Pour France Culture, on m’a demandé de choisir dix chansons, j’ai mis Junior Kimbrough qui est indiscutable. Il a eu une vie incroyable, il était garagiste, il réparait des tracteurs et tous les samedis soirs, il tapait le blues au fond de son garage transformé en club. Quand Junior Kimbrough, est mort, les Black Keys lui ont rendu hommage en sortant un six titres de reprises de ses morceaux. En discutant, on a aussi évoqué Crossroads, le film de Walter Hill sur la 30e chanson de Robert Johnson."

 

To Pimp A Butterfly

Kendrick Lamar
"En musique, je me suis entiché de Kendrick Lamar, au point que j’ai commencé un petit ouvrage sur lequel je galère, qui s’appelle Kendrick et moi. J’en suis à ça, plutôt à chercher un phare, en approche d’Alexandrie ! Existe t-il ? Et donc Kendrick Lamar me paraît être un assez bon phare, pour les Américains, c’est un peu un nouveau Dylan, ça m’intéresse de voir ce qu’il développe, quelle est sa mentalité, sa façon de voir les choses, et comment il arrive à se dépatouiller de préoccupations assez hautes et comment il arrive à gérer la vie intérieure avec une activité strictement matérialiste. Comment quelqu’un qui travaille une musique strictement matérialiste dans un univers, le rap, lui même strictement matérialiste, comment il va s’en sortir. C’est aussi des questions que je me pose : comment on peut faire passer l’intériorité de la bestiole en petite œuvre ou en petites chansons de trois minutes."

 

Blond

Frank Ocean
"En fait, mon grand engouement, c’est plutôt Frank Ocean. J’aime bien être complètement dépassé comme dans l’adolescence quand j’écoutais Leonard Cohen ou Neil Young et que, d’un seul coup, un monde me tombait dessus et que le temps de l’écoute d’un disque, je n’avais pas le temps de faire le tour de ce monde. Souvent on trouve des gens qui ont un tout petit monde dont on a vite fait le tour, c’est un F2, mais là, Frank Ocean, c’est grand. Je parlais de Jimmy Scott et je me rends compte que j’aime beaucoup les personnalités ou les voix androgynes. C’est comme si je ne voyais de la lumière que dans les interstices de l’indéfinition sexuelle, dans la sexualité indéterminée. J’ai toujours aimé ces voix-là, Anthony and the Johnson, Tiny Tim, Eddie Kendricks (The Temptations), - la maman de Kendrick Lamar qui était une grande fan d’Eddie Kendricks a appelé son fils Kendrick en hommage à Eddie Kendricks."
Exposition -

Gucci Garden

 
"Une chose me tient très à cœur, j’adore la couture et la haute couture. Ma mère est couturière, elle m’a appris à dessiner des pantalons et je sais coudre. Parfois je dis aux filles « vous voulez que je surfile ? ». Si je suis allé à Florence, c’était aussi pour aller au musée Gucci qui est fascinant, fascinant. Il y a notamment la robe de Björk dessinée par Alessandro Michele qu'elle portait dans le clip The Gate, sorti en 2017. Cette robe est sensationnelle. C’est pour ça que j’aime beaucoup l’Italie, pour l’amour des vêtements. Et surtout, en bon fils de couturière, pour la qualité du travail des petites mains. Mon père était menuisier et mes grands-parents, paysans, donc je vois bien ce que c’est la qualité des petites mains. Je peux rester un quart d’heure devant un col de robe, je pense à ma mère, je regarde comment c’est fait."

Toy Story

John Lasseter
"Plus j’avance en âge, plus je n’aime que les dessins animés. C’est étonnant. Même moi, ça me surprend ! Pour moi, John Lasseter est un dieu ! J’ai tout, je suis un fanatique absolu, j’ai même ses premiers courts-métrages. Je trouve que tout ce qu’il touche est d’une intelligence absolue. Je pourrais faire des cours de philosophie sur Toy Story ou uniquement sur les dessins animés."

 

LE LIEN EN PLUS

Allez, juste en clin d'oeil:   il est question d'aligot dans le New-York times... sans tabasco...

https://www.nytimes.com/2018/11/09/dining/sweet-potato-aligot.html

(merci Véro)

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il, #le goût de qui vous savez

Publié le 10 Novembre 2018

En ce samedi 10/11/2018, voyons voyons ce que je vais vous mettre... un peu de ci, un peu de ça... j'ai quelques mets qui vont virer si je ne vous les fourgue pas, je garde le morceau de Rolling Stones paysan et le Rock and Folk truffé pour les fêtes - si ça vous fait saliver, c'est en kiosque-.  J'avais l'idée d'une revisit de l'interview sauce Inter, mais je n'ai pas été livré: il faut attendre la livraison (en podcast): la photo donnait bien en Murat bleu camouflé sur le canapé de la même couleur. 

Bon, allez, je vous fais la formule complète, vous avez faim il me semble.

1) Amuse bouche

LE TWEET EN PLUS

Toujours pas de  "live report" sur la tournée de Jean-Louis... Cela nous permet d'aller aux concerts en gardant un peu de surprise peut-être... un "je me souviens" à la guitare, un Murat "peu causant"... peu d'infos nous parviennent. Bon, c'est bien comme ça, je ne vais pas me sentir obligé non plus de faire mes comptes-rendus...

Allez, j'ai trouvé un petit tweet:

Laurent Geneix (linguiste et journaliste):

Le blues imperturbable de Jean-Louis Murat, aussi vénéneux que chaleureux. Le fantôme de Lou Reed planait sur Saint-Avertin ce soir. – impressionné

 

2) ENTREE

Baptiste Vignol, qu'on n'arrête plus (livres sur Barbara... et enfin son Delon) nous cause du disque de Nolwenn Leroy saluant la chanteuse ( Il se niche quelque chose d’authentique dans sa voix, d’indiscutable, d'apaisant, sans quoi Alain Souchon, Laurent Voulzy, Christophe Miossec ou Jean-Louis Murat ne lui auraient pas écrit de chansons.).  Il salue notamment le choix de reprise de "Hollywood" de Mc Neil, chanson que j'avais justement découverte  dans le livre de Vignol "le top 100 des chansons que l'on devrait tous connaître par cœur".

Comme nous, il regrette l'absence d'une reprise de Murat:  " Ne manquerait donc, s'il fallait pinailler, qu'un air de Murat, le plus sexy de nos folk singers ; Le monde caressant par exemple, sur lequel, à la brune, Nolwenn se serait promenée...".

https://delafenetredenhaut.blogspot.com/2018/11/femme-de-gout.html

3) PLAT PRINCIPAL  "Interview suisse en deux façons"

On retrouve un Jean-Louis toujours et encore charmant, en pleine forme!

- par Yann Zitouni sur RADIO PARADISO, qui date un peu: 11 octobre.  Je n'ai pas trouvé le podcast. Alors, je vous le mets en chargement.

LIEN

A partir de la 22e minute:

Murat indique bien qu'il y aura bien un 3e étage de la fusée et qu'il allait s'y mettre rapidement... Pour finalement dire qu'il aimerait bien faire "une immense danse de canard qui me blinde jusqu'à la fin de la vie"... Plus sérieusement, "j'ai une idée assez précise, mais je me la garde pour moi".

(longue séquence sur Rendre l'âme, et Christophe Pie, aussi sur Sweet Lorraine, Marguerite de Valois (Margot, c'est elle) ("j'étais très amoureux d'Adjani").  

Pour nos amis Suisse: il est dit que Murat est vraiment désolé de ne pas avoir de concerts dans votre pays...

- ET dans "Derrière les notes", 21/10/2018:  C'est un artiste empreint d'une belle poésie que l'on accueille cette semaine: Jean-Louis Murat! Très attaché à sa terre natale, il habite dans une ferme entouré de sa famille. Un être qui revendique une certaine liberté et qui se refuse à adhérer aux codes parisiens. Véritable artisan de la musique, il se plonge volontiers dans l'univers du cinéma, notamment le cinéma italien.  Jean-Louis Murat est un artiste authentique qui parle sans détour. Ce sera également l'occasion de découvrir son nouvel album "Il francese".

Au programme, beaucoup -beaucoup de musiques de JL, les séquences d'interview sont plus des petites  pastilles, mais ce n'est pas inintéressant. L'interview précédente était axée sur le disque, là, il est plus question de l'"environnement personnel".  Quelques notes:  l'Italie (et son côté "en sursis"), et sa relation aux Etats-Unis (le génocide des first nation, plus marquant pour lui que l'esclavage). Murat apprécie qu'on le compare à un amérindien pour le rapport à la terre, le côté contemplatif, le contraire de "time is money".  La journaliste lui dit qu'il rajeunit, et Murat indique que c'est la curiosité, l'hygiène, être amoureux et la rigolade... et essayer de se refaire une virginité. La journaliste lui parle de sa région qu'il lui donne un côté aérien... mais aussi terrien... Enfin soit. Jean-Louis indique qu'il apprécie autant travailler la terre que faire de la musique (50/50) mais qu'il ne veut pas passer pour l'auvergnat de service. "je suis bourré de contradictions": "je suis  énormément  de quelque part mais je désire énormément être de n'importe où, je suis macronien".

Murat se souvient que dans le train en venant, il s'amusait à se mettre successivement à la place de deux personnes à côté de lui: un serveur qui draguait une femme.  A la question de ce que cela a suscité, Jean-Louis indique : de l'excitation sexuelle...

Jean-Louis se souvient qu'il est tombé sur une psy en interview quelques jours avant et qu'elle lui aurait dit qu'il devrait faire une cure, qu'il était complétement timbré... "ça m'a perturbé".  [On n'a pas encore eu vent d'une interview de ce genre]. Il assure que c'est vrai : "elle était sérieuse", par exemple en lui disant "si vous dites que vous êtes entouré que de dingues, c'est ce que c'est vous qui l'êtes".  De là, il parle de la question qui l'interroge beaucoup : l'identité, notamment le flou de l'identité sexuelle, et qui est un thème du disque, et qui est un terre fertile pour la poésie.

Passage sur Silvana Mangano, encore une séquence sur son insaisissabilité, petite séquence sur sa vache et quelques autres propos pour terminer, face aux tourments du monde, par  l'affirmation de vouloir être un "nomade".

N

3) TROU NORMAND

Quelques mots sur le disque sur Musikplease:

musikplease.com/francais-albums-101188/

Si la vie est un éternel recommencement, ce n’est pas le cas de la discographie de Jean-Louis Murat. Moins d’un an après le téméraire « Travaux sur la N89 », voici « Il Francese ». L’heure du renouveau a (encore) sonné. Murat bidouille, expérimente des arrangements improbables. Pour en façonner des chansons empreintes de mélodies modernes et évidentes. #ChapeauBasLAuvergnat

 

4) FARANDOLE DE DESSERTS CINEMA

Du léger, du peu sucré pour finir le repas...

-  Encore et toujours Laetitia Masson qui utilise la musique de Jean-Louis :

 

 

 

- L'autre camarade Claire Denis sort un nouveau film (qui fait référence à un des cinéastes préférés de Jean-Louis, Tarkovski). Arte nous propose une longue vidéo autour de l'utilisation qu'elle fait de la musique... et bien sûr il y a du Jean-Louis. "scène culte" des films de Claire Denis... Ia séquence disparaissant parfois (en ce moment?) de youtube, c'est donc à ne pas rater.

LE LIEN EN PLUS DIGESTIF

Baudelaire toujours d'actu... Murat et l'ami Bertrand Louis

https://next.liberation.fr/musique/2018/11/09/baudelaire-du-temps_1691123

Jean-Louis Murat: «Charles & Léo» (2007) 

Toujours aussi iconoclaste, l’Auvergnat exhume d’une cassette remise par Mathieu Ferré, le fils, douze des vingt-deux poèmes sur lesquels le chanteur anarchiste s’accompagnait au piano. Si Léo Ferré avait enregistré Baudelaire à deux reprises (1957 et 1967), le temps lui a fait défaut pour s’atteler à un troisième volume. Murat s’en charge donc, en respectant à la lettre la structure mélodique de son aîné. Son timbre langoureux se marie notamment à merveille avec la nonchalance musicale de l’Horloge ou la convocation du souvenir (Je n’ai pas oublié). Morgane Imbeaud, l’ex-voix féminine de Cocoon, ne passe pas par hasard sur le vaporeux l’Heautontimoroumènos. Comme souvent avec Murat, un disque qui questionne de prime abord mais établit par la suite sa lente possession.

 

Bertrand Louis: «Baudelaire» (2018)

Il y prend goût aux radicales immersions poétiques, Bertrand Louis. Ne pas mettre ça sur un manque d’inspiration, parce que sa propre plume n’a jamais manqué auparavant de panache. Donc après Philippe Muray (Sans moi, en 2013, déjà une réussite), le voilà qui branche l’électricité pour le prince des nuées. Ici, le lyrisme de la harpe se confronte aux brûlures post-punk, motifs récurrents des dix chansons. Cette exploration formelle apporte une relecture insoupçonnée et captivante des textes. Un son terrien et orageux à la fois, rugueux ou caressant, tendu et happant. Bertrand Louis ose une mélodie aussi venimeuse qu’enveloppante pour embrasser la fugitive beauté d’A une passante, télescope l’anxiété et le sensuel sur Chansons d’après-midi. La voix, qui semble être revenue de tout, creuse les mots, élargit encore plus l’espace. Il paraît que Verlaine sera son prochain angle d’attaque. Si c’est de cette hauteur-là, on accepte volontiers de patienter encore pour des chansons originales.

 

ET bien, c'était un peu long comme repas de famille... Je crois qu'on a assez mangé pour deux jours. A bientôt pour une nouvelle édition.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

Publié le 7 Novembre 2018

QUAND, en cet automne rougi, Murat s'effeuillent vendredi au théâtre, en mise à nu blues de ses textes, puis des Ducs à LEROY accueillante nous passerons, pour conclure sur toutes les bonne feuilles de notre Roi de Napoli...  C'est  l'arborescence de notre édition du mercredi 7 novembre, mais il y a aussi des branches folles et des rejets.

1) VENDREDI donc, à DIJON, Jean-Louis au théâtre des FEUILLANTS. Et une petite interview tombe de l'arbre médiatique ce matin: sur le site INFOS DIJON, par Norbert Blanchet, journaliste également à Chérie FM.

http://www.infos-dijon.com/news/ecouter-lire-voir/ecouter-lire-voir/dijon-jean-louis-murat-ce-vendredi-au-theatre-des-feuillants.html

Un nouvel album «Il Francese». Une tournée avec une halte à Dijon. Le public ? « Je ne me sens pas obligé de fournir mon public en came Murat. De toute façon le public a des goûts de chiottes. Et j'en fais qu'à ma tête»  
Interview sans détour de l'auteur compositeur interprète, Jean Louis Murat.

 
Le nouvel album «Il Francese» de Jean Louis Murat est sorti le 28 septembre dernier. La première chanson extraite de l'album est «Hold Up» en duo avec Morgane Imbeaud. «Cinévox», un autre titre était en playlist l'été dernier sur France Inter. Jean Louis Murat dédie ce disque à Christophe Pie, celui qui fut un compagnon d'armes. «Il était là tous les jours au début de l’enregistrement, à valider les titres comme souvent avec moi. Il nous a lâchés au tiers de cet album, qui est empreint de lui».

 

Dans ce nouvel album, les inconditionnels de Jean Louis Murat vont retrouver votre empreinte ?

Jean Louis Murat : «Alors je ne m'en préoccupe pas du tout. Vous savez mes fans sont si peu nombreux que je ne pense pas au rendu. Je résonne plutôt en terme de plaisirs et d'envies personnels. C'est un des mes avantages mais aussi un des mes inconvénients. De toute façon je ne me sens pas obligé de fournir mon public en came Murat. J'en fait qu'à ma tête»
Vous avez quel public finalement ?  «Le public n'existe pratiquement plus. Ce sont des consommateurs qui ont des goûts de chiottes. Alors si ! Il y a le public nostalgique, mais celui-ci n'est pas intéressant. Moi je préfère celui qui aime vraiment la musique»
Vous vous inscrivez dans l'époque actuelle ?

«J'essaie de faire une discographie pour la postérité. Je n'ai pas envie de m'inscrire dans l'époque et faire comme ces minables qui font des cartons. C'est très petit merdeux ce que je dis, mais je vois les choses comme ça. On n'est plus dans les années 60, 70 ou 80. Aujourd'hui le monde du disque est dévoreur de talents et de personnalités. C'est pour ça que je continue mon train-train en traitant l'époque légèrement»
Le concert à Dijon  «Ce sera un concert très tenu, style rigoureux aux tonalités Rythme and Blues Blanc. Avec Bass Batterie Guitare, et je chanterai. Et surtout, c'est un concert pour ceux qui aiment vraiment la musique»
La Bourgogne, la Côte d'Or vous connaissez ? «Oui j'aime beaucoup votre région, mais je préfère l'Auvergne. Mon Auvergne. J'habite une ferme, et là, d'ou je vous téléphone, je vois des vaches, la campagne. C'est chez moi, c'est mon Auvergne»

   Norbert Banchet

Jean Louis Murat – Vendredi 9 Novembre – 20h - Théâtre des Feuillants – Dijon

Tarif: 30€ - Placement libre
Infos et Réservations : Points de vente habituels


2) Dans OUEST FRANCE DU 4/11, Nolwenn Leroy qui enchaîne les disques comme Jean-Louis parle d'IL FRANCESE.  Dommage qu'elle n'ait pas pris le risque de chanter du Bergheaud dans son disque "folk" avec du Annegard, Higelin, Ferré... et Duteil... Je me disais d'ailleurs l'autre jour, ça devait être la semaine dernière, vers 23h45-minuit, que Jean-Louis pourrait lui aussi commettre un petit plaisir coupable et paresseux de faire un album de reprises. Enfin, c'est juste pour dire qu'il a tout de même excellé dans cette exercice (Bourvil, Dassin, Ferré, I AM etc...), mais ça ne rapporte pas de droits d'auteurs...

 

3) Pause réseaux sociaux : je vois bien que vous avez du mal à lire un article entier sans que ça vous démange:

LES TWEETS EN PLUS en passant

     21 oct.   Quelle claque ce nouvel album de Jean-Louis Murat! Meilleur disque français depuis Christophe.

Retrouvez son avis plus complet dans un des articles du blog précédent (ça balance à Paris)

  En réponse à

Nous sommes bien d’accord. Immense disque.

23 janv.   très suivi

4) En partie grâce à l'archiviste en chef, Murattextes s'est mis à jour. On est content de voir que certains bienfaiteurs de la cause poursuivent encore et encore leur petit travail. Merci Alain.  Retrouvez donc la quasi intégralité des textes des chansons signées Bergheaud et celles qu'il a chantées, dont les fameux "inédits" diverses.

http://murattextes.chez.com/sommaire1.htm

Il ne va manquer à ce jour que les chansons de CLARA qui ont été livrées live notamment, mais j'ai ouï dire que c'était en cours!

Pour l'occasion, un texte de JL pour le copain Alain:

LE LIEN EN PLUS

Et oui, difficile de parler de DOLORES sur facebook, un blogueur en a fait l'expérience: On avait déjà peut-être partagé l'article, mais il y a eu une petite mise à jour... et ça nous permet de rappeler que la réédition vinyle est toujours en vente

https://globrocker.com/jean-louis-murat-dolores-1996/?utm_source=ReviveOldPost&utm_medium=social&utm_campaign=ReviveOldPost

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

Publié le 4 Novembre 2018

C'est dimanche (il parait), on se lève frais et dispo (certains),  on prend le temps d'aller au marché (ou au supermarché à 11h55 la gueule enfarinée)... et on s'achète le journal pour prendre des nouvelles fraîches de Poil, Monteton, Corps-Nuds et Trécon ou Marans ou de s'interroger sur l'avenir de Arnac-La-Poste, et Vinsobres, avec ce fameux nouveau rond-point, sa difficulté pour renouveler le Comité des fêtes, l'excursion sur Montcuq du Club Des Joyeux drilles, et la sortie scolaire en préparation au futuroscope et la vente de sabodets de la caserne.

Ainsi, donc, une tournée de Murat, c'est aussi le Tour de la France (comme dirait un présentateur de vélo sur france 2...

1) Et passons donc ce tour par TOURS en INDRE ET LOIRE

ET un article de la Nouvelle République

pour le concert de St-Avertin le 8/11

Merci Pat pour le scan.

 

par Olivier PIROT

Dans son dernier album, Jean-Louis Murat navigue entre la France, l’Italie et les États-Unis. Avec cet art de la synthèse qui lui est bien particulier.
Qu’est qui peut réunir dans une même unité de temps et de lieu Otis Redding, un maréchal de Napoléon, le Far West, Marguerite de Valois, Naples et Silvana Mangano ? Seul Jean-Louis Murat le sait. Sa voix unique dans le paysage musical français revient en majesté sur « Il Francese
« La musique mondiale est dominée par la musique américaine, reconnaît cet admirateur affiché de Franck Ocean. Et la musique urbaine. Il faut faire la synthèse de tout ça. Moi c’est ce qui m’intéresse, en tant que petit Français, c’est sauver ce que je peux sauver ! » Cette culture omniprésente, qui infuse depuis des décennies dans la culture, « on peut s’y référer, en être le reflet mais il faut faire attention de ne pas devenir le petit singe qui en fait une musique de l’écho… pour moi, à la fin, il faut que ce soit du Murat. »
Le deuxième étage de la fusée De fait, cet album est comme une sorte de boîte à trésors composée de myriades d’influences. Dont la musique et le cinéma italien. A chaque nouvelle écoute de ces mélodies entêtantes, c’est comme si on trouvait une nouvelle petite pépite dissimulée entre les arrangements, les ajouts et les clins d’œil. « J’aime bien planquer des trucs à l’intérieur de mes disques, assume Jean-Louis Murat tombé amoureux de la ville de Naples. C’est quelque chose qui me revient. » Sans que jamais la mélodie des chansons ne se perde, l’artiste aime malaxer ses compositions. « Difficile à dire si le disque final ressemble à mon idée de départ quand je suis entré en studio, explique-t-il. Justement car je n’ai pas d’idée précise quand je rentre en studio. J’ai une vague idée de la méthode que je veux employer mais je me laisse toujours surprendre. Aujourd’hui c’est devenu tellement facile de tordre les chansons dans tous les sens que le hasard nous mène parfois à de belles choses. Au final, quand la chanson est prête, ça se sent… et puis j’ai un budget limité qui me commande de m’arrêter à un moment. »
Toujours est-il que Jean-Louis Murat affiche un réel enthousiasme à défendre « Il Francese ». Cet album est en effet le deuxième d’une fusée à trois étages censée être marquée par le désir de l’Auvergnat de repartir de zéro. Dans cette œuvre, il y a du groove et toute l’histoire de Jean-Louis Murat à travers des fragments de sa vie et de son existence. Entre la France, l’Italie et les États-Unis. Et une chanson magnifique – « Rendre l’âme » – dédiée à son ami Christophe Pie, son batteur.
Jean-Louis Murat, « Il Francese », disponible. En concert le jeudi 8 novembre au Nouvel Atrium de Saint-Avertin (Indre-et-Loire).

2)  Remontons à Caen, Jean-Louis y est passé la semaine dernière, article dans LIBERTE, Le bonhomme libre(lien)

Avec Il Francese, Jean-Louis Murat explore de nouvelles pistes, au Big Band Café, près de Caen
Toujours en phase avec son époque, Jean-Louis Murat revient avec un nouveau disque, Il Francese. Il le présentera au BBC, à Hérouville (Calvados), ce samedi 27 octobre 2018.
Publié le 22 Oct 18 à 7:02
Dans les bacs depuis le 28 septembre, Il Francese est déjà considéré comme un des grands albums français de la rentrée. Jean-Louis Murat le présentera sur la scène du Big Band Café, à Hérouville Saint-Clair, près de Caen (Calvados), ce samedi 17 octobre 2018. À ne pas manquer.
Un chanteur (très) productif

Après avoir conquis le public et la critique avec des titres comme J’ai fréquenté la beauté, Si je devais manquer de toi ou encore Au Mont Sans-Souci, Jean-Louis Murat s’est imposé comme une des valeurs sûres de la chanson française. La singularité de sa voix et la subtilité de ses textes lui ont permis d’atteindre régulièrement le top 20 français. Un artiste qui n’est pas du genre à se reposer sur ses lauriers, puisqu’il propose quasiment un nouvel album chaque année.

Le dernier en date Il Francese est dans les bacs depuis le 28 septembre, quinze mois seulement après Travaux sur la N89, l’une de ses plus belles réussites. Et si vous vous attendiez à une énième digression de ses précédentes productions, vous allez être déçus ! Avec ce nouvel opus, l’Auvergnat parvient encore à nous surprendre, ce qui n’est pas une mince affaire quand on est aussi productif. Il renoue ici avec des sons plus organiques, et dessine un étrange portrait, le sien, explorant des racines tant imaginaires que réelles.
De Kendrick Lamar à Joachim Murat

Pour ce faire, Murat chante aussi bien les Indiens que les cow-boys, Marguerite de Valois que Silvana Mangano, ou même… le Joachim Murat de Napoléon, avec lequel il n’a rien à voir. Il évoque aussi Kendrick Lamar, un génie du hip-hop américain considéré comme l’un des artistes les plus novateurs des musiques urbaines.
La chanteur se réinvente dans Il Francese, sans se départir de sa science de la mélodie et de ce fameux groove qui émane de sa voix toujours langoureuse malgré ses 66 ans. Il a su mettre à profit ses expérimentations récentes pour pimenter ses arrangements à la manière d’un Bon Iver ou d’un Frank Ocean, son dernier coup de foudre. Finalement, cela compose un recueil de très bonnes chansons totalement dans l’air du temps, sans aucune concession à celui-ci, et sans non plus donner l’impression d’écouter un vieux chanteur qui veut faire jeune.

3)  Du côté de la Provence, signalons un top ten des meilleurs chansons de Mylène Farmer: Regrets est en 2e place ("sa plus belle chanson d'amour"). 20 minutes a lui aussi fait son classement avec 50 chansons, Regrets est 30 : Seal, Sting, Khaled, Ben Harper, Line Renaud, LP… Les artistes qui ont chanté en duo avec Mylène Farmer ont des profils éclectiques. De tous ceux-là, Jean-Louis Murat est sans nul doute le plus cohérent avec la chanteuse. L’artiste du Puy-de-Dôme cultive lui aussi une certaine mélancolie et fait preuve de malice dans l’écriture de plusieurs de ses morceaux. Leurs deux voix se mêlent harmonieusement. Sans regret.

On m'a aussi signalé une chronique dans Corse-Matin, avec un scan illisible. J'aurais dû  retrouver l'article via SFR PRESSE mais je n'ai rien vu dans ce journal. 

4) Enfin, dans les journaux du groupe Figaro, le dimanche, on vient se procurer aussi son TV MAG... qui fait l'honneur de causer de Murat! Voilà un petit peu de neuf dans cette promo avec un article dans la presse plus grand public...  

 

Un dimanche en province: nouvelle république, tv mag...

LE VINYLE EN PLUS

Un petit article de blog montrant le vinyle de DOLORES tout frais... Pour vous dire que comme prévu, les autres rééditions vont arriver... mais pas aussi vite que ce qui était prévu et indiqué sur amazon.  Le Manteau de pluie en premier... et annoncé en double...  avec les faces b et autres titres rares.

https://fromtheavenue.blogspot.com/2018/09/dolores-jean-louis-murat-edition-vinyle.html

 

PS: Merci de me faire passer vos impressions de concert, set-listes, etc...

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Rédigé par Pierrot

Publié le 2 Novembre 2018

J'ai cru comprendre que GILDAS  était mort, on ne va pas faire une nétro (mélange de nécro et de rétro), vous trouverez les passages de Murat à NPA sur les tubes, même si certains méritent le coup d'oeil régulier. On va laisser plutôt la place à Tony Joe, mort le 24 octobre.

Il n'était pas très très connu par les français, mais les muratiens ne pouvaient l'ignorer tant on a croisé souvent son nom dans les interviews ou chroniques consacrées à Murat.

En 2013, dans les inrocks, il proposait sa bande-son, dont la chanson: ROOSEVELT & IRA LEE.  Il écrivait: Un autre de mes modèles. Produit par Jerry Wexler, le découvreur d’Aretha.

- Dans "l'Alsace" en 2013: "Même si je fais toujours la même chose : j’ai appris à jouer de la guitare en écoutant JJ Cale, Tony Joe White et Neil Young, et j’en suis toujours là. Je trouve que dans le blues, il y a déjà tout : l’Amérique, le folklore irlandais, la vieille chanson française, le chant africain… Être branché là-dessus, c’est être branché sur toutes les musiques. Le blues a cela de bien qu’il est inépuisable, hors du temps, increvable.

Jean-Louis a indiqué l'avoir vu au Festival de Wight en 1970 lors d'une de ses virées en stop. « Je me souviens de Tony Joe WHITE avec Donald DUCK DUNN  le bassiste d’Otis REDDING. Ils étaient en trio. C’était vraiment super !"

Il citait également Tony dans la fameuse interview du Point en 2013 comme un de ses héros personnels :

Les sportifs, comme Usain Bolt ; peu d'artistes, ou alors des morts. J'aime Proust, par exemple. En musique, j'en ai très peu. J'aime bien les gagnants, mais aussi les losers. Je trouve qu'il y a une abnégation incroyable chez Van Morrison, chez Tony Joe White, chez JJ Cale. Ils ne sont jamais arrivés en haut mais ils s'en foutent, ils rament !

Dans "Point de vue" en 2016:  "je reviens toujours aux albums de Tony-Joe White, Dylan, JJ Cale ou du Creedance"

Enfin, on aura beaucoup entendu Jean-Louis raconter son anecdote  sur sa rencontre avortée avec lui, notamment dans une interview sur RFI (en 2014) ou dans l'émission Radio Vinyle. "j'étais trop impressionné", "tout était calé": l'ingénieur du son du CODC avait arrangé le coup, et il devait profiter d'un concert pour aller le voir, et devant la porte, il a renoncé. "C'est dire l'admiration sans borne que j'ai pour lui" dit-il sur RFI.  Dommage puisqu'il racontait encore il y a peu que sa rencontre avec Jimmy Scott a été un grand moment de sa vie (mais on peut aussi citer ses rencontres avec Cropper ou Bob Wyatt, même s'il n'a jamais osé des collaborations non plus, Wyatt lui aurait proposé. On peut aussi parler du projet avec le Crazy Horse).

Dans Radio Vinyle, Murat indique fièrement qu'il possède le premier 45 T dédicacé de Tony-Joe. On sait qu'il est collectionneur... mais il a aussi indiqué que dès la mort de l'artiste, il arrêtait les achats.

Forcement, on doit parler de Joe DASSIN, que Murat a dit aimer:  "je pense, pour ses chansons, son album avec Tony Joe White" (Rocksound 1993).

Il s'agit du premier tube de TJ en 69.  La version originale à écouter (Murat l'avait choisi sur sa playliste sur Radio Vinyle en 2015)    Il existe aussi une version en duo avec... Johnny mais on retiendra peut-être la version d'Elvis, le fat.

Une de ses chansons la plus célèbre chez nous "the guitar don't lie" ("le marché aux puces") a été écrite par Dassin, et a été adaptée à la demande de ce dernier par JT, qui l'a ensuite reprise lui-même (merci PE).  La chanson verra une 3e adaptation pour Johnny ("la guitare fait mal" en collaboration avec THWhite lui aussi, et la première version du disque ne créditera que le chanteur américain a la composition (une autre chanson "une journée" verra le jour, alors qu'il était question que TJ écrive tout l'album, c'était en 91).

Tony Joe White a également écrit pour Ray Charles (rainy night in Georgia), Dusty Springfield, Wilson Pickett, Waylon Jennings, George Jones, Tina Turner... mais aussi Roy Orbisson (i'm a southern man) ou Isaak Hayes

 

On ne va pas recenser toutes les références journalistiques au chanteur américain, mais en voici au moins une, pour se rappeler une nouvelle fois de Jean Théfaine à propos de Litith: "Squatté par une armée des ombres où cohabitent John Lee Hooker, Tony Joe White, Neil Young, mais aussi Rimbaud, Casanova et Nabokov, les courtois troubadours, les princes du libertinage, Murat crache ici le meilleur de ses poisons". On retrouvera du TJ White aussi dans Taormina, Grand lièvre, Toboggan et Le Cours Ordinaire des choses of course (même si le texte promo indiquait: Rien à voir avec Jean-Louis Murat endossant la défroque de Johnny Cash ou de Tony Joe White)...  On pourra également y penser dans le visuel  de la tournée actuelle:  Un homme à la guitare assis...  avec sa fender... (Murat a indiqué avoir voulu ce "code" blues).

 

Pour les guitaristes, une interview sur guitarplayer.com (en anglais)

VOICI UN LIVE FILME EN SUISSE pour finir:

 

LES VENTES EN PLUS (OU EN MOINS...)

3e et 4e semaine d'exploitation:

12/10 au 18-10 :  classement 143 (94e en 2e semaine):  558 dont 513 physiques, 20 download et 24 streaming)

Mais petite secousse sur la  semaine dernière:

19/10 au 26/10:  140e,    618 ventes dont 559 physiques (24 download, 34 streaming)

Il semble que la tendance ne se renversera pas pour autant. Sur un classement midweek que j'ai reçu (merci toi!), sur les  3 jours suivants (27 au 29/10), il francese ne s'est vendu qu'à 220 albums physiques. Très peu de passages en radios, et aucun effet "prescripteurs"? Que les gens de Ça balance à Paris, ou Télérama soient ravies ne suscitent que très peu d'achats.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

Publié le 1 Novembre 2018

Et bien, on n'a pas eu beaucoup de télé pour l'instant, mais voilà une séquence certes courte et sans Jean-Louis him-self et son double italien, mais qui fera plaisir aux fans... Moi, ça m'agace un peu... En effet, les chroniqueurs de l'émission de Nolleau sont dithyrambiques sur Il FRANCESE... dont Arnaud Viviant, dont on pourrait suivre les avis circonstanciés (sans copinage) sur près de 30 ans peut-être, et qui affirme là qu'IL FRANCESE pourrait être une pierre finale magnifique à une carrière. Ce qui est un peu agaçant, c'est les coups de gomme sur la majeure partie de sa discographie... dont Lilith pour moi bien-sûr; Florian Gazan, le passe-partout de la télé, se permet ainsi de parler alors qu'il dit avoir décroché après les premiers albums. Quant à Nolleau, il  paraîtrait qu'il puisse en tomber de sa chaise tant il est surpris que Murat puisse proposer un tel album... 

J'ai bricolé un peu pour vous permettre d'entendre la séquence:

N'INSISTEZ PAS. PAS DE LIEN EN PLUS CE JOUR

Ah, je suis trop faible....

L'ARCHIVE EN PLUS

La plume de Viviant:

LES INROCKUPTIBLES - n° 331
27 mars 2002

Comment, en huit albums, Jean-Louis Murat est-il devenu un Olivier de Kersauzon de la chanson française? Réponses avec Le Moujik et sa femme, un disque terrien et sexuel, plus souvent dada que Dadi.

Par Arnaud Viviant

JEAN LOUIS MURAT, 47 MN ET 54 SEC

PAROLES ET MOUJIK

 

Avec le temps, on a fini par préférer ses interviews à ses albums, ses albums à ses concerts et ses concerts à ses albums live. Comme si Murat était devenu une espèce d’olivier de Kersauzon de la chanson fran­çaise, plus connu pour être très marrant que sur un trimaran. Et on ne croit plus, non plus, tout ce qu’il débite. Par exemple, qu’il souhaiterait sortir deux albums par an, qu’il possède plein de chansons dans ses placards. Si c’est vrai, pour­quoi alors le huitième album n en comporte-t-il que onze, et dure-t-il seulement 47 minutes et 54 secondes ? On a pris sa mesure.

Est-il possible qu’il ait aussi, de son côté, négligemment pris la sienne ? Avec une bande de potes, il participe ainsi à un groupe, Les Rancheros, dont le concept est cinq minutes pour écrire, cinq minutes pour répéter, cinq minutes pour enregistrer. Le résultat est téléchargeable sur Internet et critiquable en cinq minutes: Les Rancheros sont à la musique ce que Speedy est au pot d’échappement. Mettons maintenant que Le Moujik et sa femme, ce soit Les Rancheros en plus posé. Fini, en tout cas, l’orfèvrerie sophistiquée de Mustango: Murat s’est trouvé une section rythmique de cogneurs poids moyens (les A.S. Dragon, mi-Houellebecq, mi-PJ Harvey), ce qui le place subitement à cheval entre Miossec, Dominique A et Aubert. Sans importance: musicalement parlant, Murat a toujours été un progressiste de petite envergure.

 Toutefois, cette modeste abdication, cette perte d’ambition à la limite de l’aquoibonisme, nous plairait presque. En somme, Murat fait du pub-rock : c’est la nouvelle polka du moujik auvergnat, le nouvel étiage de son talent. Comprimées dans ce corset de fer, certaines chansons (L’Amour qui passe, L’Au-Delà) prennent alors des formes sque­lettiques idéales, à siffloter dans la rue. Il y a chez Murat une décontraction soudaine, une manière bravache de séducteur d’auto-tamponneuses, y compris dans les lyrics parfois complètement dada (“Moi je prépare le Tour/Vous m’ennuyez” ou encore : “C’est t'y, pas énorme ?/Si tu veux bien vivre dans une poubelle, ils te refont une bite en or”) qui peut quand mêne laisser pantois ou perplexe l’admirateur ancien de Rouge est mon sommeil.

Fraîchement marié avec une nervalienne, Laure, c’est donc comme si Jean-Louis Murat, après avoir fait le zouzou éduqué, le poète courtois avec sa suave Isabelle (Hupperi), était revenu effectivement moujik sans façon, paysan aux grâces grasses, plus proche dans l’art poétique de l’épais dragueur bidochon taillant La Route avec Pascale Clark que d’un brave et chantourné Monsieur Deshoulières. Après les femmes savantes, les chiennes savantes donc.

Les paroles? Explicit lyrics, évoquant femelles, orgasmes doux, ‘fiole le cul au frais” et quar­tier de lune... Ainsi, le meilleur morceau de l’album, Ceux de Mycénes, est un peu la version classée X de Cours dire aux hommes faibles. Soit, sur un rythme shuffle à la Them, les guerres troyennes revues par un pornographe : “Je forcerai ta maîtresse/Lui traverserai l’os/Oh, je mets le monde au défi/Je ne rendrai pas la femelle/Allez le dire ô ceux de Mycénes.”Assez classe, ça.

 Le Moujik et sa femme (Labels/Virgin).

 

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Rédigé par Pierrot

Publié le 1 Novembre 2018

Désorganisé, bordélique, ranchero... et bien, sur cette campagne promo, c'est encore plus que cela, ce blog...  Alors, ce matin, un peu de périmé : interview RFI du 22/10, et du neuf, le journal de Saône et Loire du 30/10 (édition abonné) et une chronique de blog paru ce jour.

Je suis allé acheter Rock and folk et Rolling stones hier (avec des interviews de JLM), un petit geste pour la presse, que je vous encourage à effectuer aussi (j'ai aussi acheté le spécial "600 albums Rock and Folk" (avec Mustango) et un spécial "white album" de Jazz mag... Un bon budget... mais ça ne se périme pas.

1) On commence par le site de Radio France International. intéressant même si rien de très original. Jean-Louis Murat cite à nouveau Histoire d’un ruisseau d’Élisée Reclus à propos des rivières, évoque Christophe Pie, et bien-sûr l'Italie.

http://musique.rfi.fr/chanson-francophone/20181022-jean-louis-murat-il-francese

22/10/2018 par Nicolas Dambre

Le troubadour auvergnat annonce un peu plus clairement son attirance pour l’Italie dans son album Il Francese. Jean-Louis Murat met un peu de groove dans ses chansons toujours inspirées par la nature, l’amour… ou par Naples.
RFI Musique : Toujours cette régularité, presque un album chaque année…
Jean-Louis Murat : Je travaille assez au rythme des saisons. Mais j’ai aussi un rythme de papa : je ne compose pas pendant les vacances scolaires. En fait, je ne commence jamais à travailler sur un album, c’est une activité permanente, car j’écris constamment des chansons, comme on écrit un journal. Idéalement, une par jour.
Comme souvent, des sons du quotidien parsèment l’album…
Sur Achtung, j’ai placé le son d’enfants qui jouent au foot dans les rues de Naples. Il y a aussi la voix de Silvana Mangano, un extrait de L’Or de Naples de Vittorio De Sica. L’album s’achève par Murat aux portes de Naples (dans Je me souviens, référence au maréchal Joachim Murat, ndlr). Comme un film, ce disque a été "tourné" en Italie, même si je n’y ai pas écrit de chansons.
Pourquoi l’Italie ?
J’ai toujours aimé l’Italie, il y a quelque chose d’italien en moi. Je me sens mieux en Italie qu’en France. J’aimerais bien m’y installer, mais pas ma famille. J’y ressens une paix intérieure avec moi-même plus importante qu’en France. Nous vivons dans un pays hystérique. Je ne regarde que très rarement la télé et les chaînes d’info en continu, cela rend fou. En Italie, les gens se parlent et se sourient, alors que ce n’est pas le cas à Paris ou en Auvergne, où je vis. La France n’a pas besoin d’un chef d’État, mais d’un psy !
Avec qui avez-vous travaillé ?
Denis Clavaizolle et Christophe Pie. Ce dernier est parti à mi-chemin de l’enregistrement (il est décédé en janvier dernier, ndlr). C’est un disque en souvenir de mon ami Christophe. Il a toujours été mon directeur artistique officieux. Avec Denis, nous jouons tous deux un peu de tous les instruments. Ce disque s’est construit en référence au précédent (Travaux sur la N89), qui ne comportait pas de chansons. Cela m’a demandé deux fois moins de travail que l’album d’avant, expérimental, qui a été un fiasco. C’est la plus mauvaise vente de ma carrière, avec 5 000 exemplaires. Il n’a pu désarçonner que les mauvais cavaliers. Je pensais avoir un public aventureux, mais nous sommes bel et bien en France. La maladie de ce pays c’est l’immobilité de tout, même des esprits et du goût. Il est temps de le quitter.
La nature est toujours aussi présente dans vos textes : des animaux, des forêts, des rivières…
J’ai toujours pratiqué cela. Un fan très attentif m’a assuré que le mot rivière est celui que j’utilise le plus dans mes textes. Rivières et ruisseaux sont mon spectacle de la nature préféré. J’ai été élevé non loin d’un ruisseau, et d’une rivière, la Dordogne, qui m’a inspiré de nombreuses chansons : Ma femme, Joconde, Mon unique au monde, Dordogne. Un ami universitaire m’a envoyé une édition originale de Histoire d’un ruisseau d’Élisée Reclus, un auteur au sujet duquel nous conversons régulièrement. Toute mon imagination commence par la rivière. C’est un spectacle apaisant et sans cesse renouvelé. Et j’ai ce rêve récurrent d’une rivière dont je calcule les forces des courants entre les pierres. Mais je n’irai pas faire une psychanalyse pour cela ! (rires)
Sweet Lorraine, Achtung baby, Hold up, Kids… ce sont des mots anglais que vous aimez ?
La victoire des Anglo-saxons est tellement totale que nous sommes obligés d’utiliser certains mots anglais. Même moi qui n’aime pas cela, au quotidien, il y a des mots pour lesquels je ne trouve pas d’équivalent français, comme "kids" ou "feeling". C’est cela d’être colonisé : lorsque des choses très intimes ne peuvent être définies que dans les mots d’une autre langue que la sienne. C’est aussi ça la mondialisation. L’anglais est une langue invincible et ultra efficace.
Que feriez-vous si vous ne faisiez pas de musique ?
Lorsque, par exemple l’hiver, je me dis régulièrement : "Je n’arrive pas à grand-chose, j’arrête", alors j’écris, je peins ou je bricole. L’hiver dernier, je me disais que je devrais ouvrir mon auto-entreprise de bricolage. Je trouve que la pratique de la poésie ou de la musique sont très proches de la pratique du bricolage. Cela m’a toujours étonné que lorsque Rimbaud est parti en Afrique, les seuls ouvrages qu’il a demandé à se faire envoyer par sa mère ou par sa sœur étaient des ouvrages de bricolage, pas des livres de poésie. Je suis un bricoleur.

Jean-Louis Murat Il Francese (Scarlett/Pias) 2018
Site officiel de Jean-Louis Murat
Page Facebook de Jean-Louis Murat

2) Un peu de PQR: Journal de Saône et Loire pour son concert à DIJON le 9/11. Le rédacteur pioche dans la presse pour quelques citations. On retiendra la phrase:

Avec ce nouvel opus, Jean-Louis Murat emmène le visiteur ou plutôt l’auditeur dans une sorte de voyage initiatique le conduisant d’un maréchal d’empire, Joachim Murat, à un prince du rap, Kendrick Lamar. Drôle de grand écart qui sied pourtant si bien à Murat l’Auvergnat.  

Bientôt Dijon, et RFI pour l'international?
côte-d’or - Musique Jean-Louis Murat en renaissance  Jean-Louis Murat est de retour. Son 22e  album s’intitule Il Francese et promet un beau voyage initiatique. Rendez-vous au théâtre des Feuillants à Dijon le 9 novembre.
Après Morituri sorti en 2016, l’homme était désabusé, presque meurtri. Il déclarait ainsi, au sujet de cette période, au journal Le Monde , en septembre, « J’en avais ras le bol… Ne plus vendre de disques, jouer devant 100 personnes… Si encore j’avais bâclé le truc, mais quand en plus tu as l’impression de faire de ton mieux, notamment avec Morituri (2016)… Je me suis dit que j’allais arrêter. »Proche du précipice, il ne s’est pas jeté dedans mais au contraire, reconstruit. 18 mois de gestation pour sortir en 2017 Travaux sur la RN89 et l’occasion de retravailler avec Denis Clavaizolle. Et cette année, il présente son dernier né Il Francese. Avec ce nouvel opus, Jean-Louis Murat emmène le visiteur ou plutôt l’auditeur dans une sorte de voyage initiatique le conduisant d’un maréchal d’empire, Joachim Murat, à un prince du rap, Kendrick Lamar. Drôle de grand écart qui sied pourtant si bien à Murat l’Auvergnat.    « Toutes les chansons ont été composées au piano »En fouillant un peu dans les dédales d’internet, on apprend que “Il Francese” n’était autre que le surnom donné à Joachim Murat, époux de Caroline Bonaparte et roi de Naples en 1808.À la reconstruction évoquée précédemment, Jean-Louis Murat préfère la   renaissance comme il le confiait au journal La Montagne à la fin du mois de septembre : « Ce phénomène de renaissance, c’est, pour moi, être en Italie, à Naples en l’occurrence. C’est un trip romantique de s’expatrier… J’ai écrit ce disque comme si j’étais à l’étranger. Ça m’a permis d’avoir un regard neuf. Je voudrais bien avoir un regard étranger sur ce que je fais… Toutes les chansons ont été composées au piano. […] lequel propose une richesse supérieure à la guitare. »

Pratique Vendredi 9 novembre à 20 heures au théâtre des Feuillants à Dijon. Tarifs : de 7,30 à 29,20 €. Tél. 06.95.85.52.05.

3)  Paru ce matin, sur le blog chantsongs, une chronique par François Cardinali, journaliste passé par Première et Télé7jours, et qui a trouvé le disque un peu monotone malgré quelques bons moments. A lire en cliquant sur le lien:

https://chantssongs.wordpress.com/2018/11/01/murat-inclassable/

A lire également: sa chronique de Chloé MONS (avec le duo avec Jean-Louis Murat)

"Il publie des albums avec une régularité d’horloge. Avec Il Francese (*), Jean-Louis Murat sort son dix-huitième album. De belle facture, mais pas toujours captivant.

C’est le vieux complice Denis Clavaizolle qui a arrangé Il Francese, réalisé par Jean-Louis Murat himself et qui, loin du petit monde de l’industrie musicale, continue de ne chanter qu’à sa tête. Dans la lignée de Travaux sur la N89, Murat continue son voyage vers l’épure, mêlant les sons naturels à l’électronique, trafiquant le son de sa voix.  Pour l’ermite du Puy-de-Dôme, l’heure n’est pas à rejoindre la meute mais à jouer les loups solitaires. Au risque de perdre parfois quelques aficionados, tant ce disque semble parfois monotone, malgré quelques rythmiques plus déliées comme dans Gazoline et ses intermèdes de fanfare. Il est vrai, Murat ne joue pas sur des textes qui se livrent à première écoute. Sur le plan sonore, Murat prend des risques de surprendre avec aussi l’utilisation du vocoder, expérimenté sur des titres comme Hold Up où il chante en duo avec Morgane Imbeaud, ex-Cocoon, dont la voix se marie parfaitement avec celle de Murat.

Pour autant, il y a quelques beaux moments dans cet opus comme l’hommage à Christophe Pie, l’ami et le batteur qui est mort pendant la création de l’album. Dans Rendre l’âme, il chante notamment : « Rendre l’âme/ Je m’en viens rendre l’âme/ C’est bien l’assassin supposé. » Et si la musique ne rend pas toujours grâce au texte, Silvana, sur fond de cinéma italien, offre quelques belles images : « L’être envahi de nuit/ Te fait une prison/ La morale les frissons/ T’as perdu tous tes dons/ Là-bas. »

Mais, lorsque Murat revient à la chanson plus sobre et directe, sa voix nous touche et cela donne Je me souviens et cette  évocation d’un « Murat aux portes de Naples » qui clôt de belle manière ces voyages musicaux parfois énigmatiques. Il posera son sac et ses amplis à Paris au Café de la danse les 10 et 11 décembre. Pour les amateurs des expérimentations poétiques et un univers qui renvoie  souvent (toujours ?)  à celui du cinéma."

LE LIEN EN PLUS EST FERME POUR JOUR FERIE

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Rédigé par Pierrot

Publié le 31 Octobre 2018

Bon, désolé : j'ai encore pris du retard! J'étais en vacances... mais en repérage pour le futur album allemand de Jean-Louis: je peux lui conseiller les meilleurs KUCHEN, et les meilleurs bières! A part ça, l'interférence overblog vient de changer... Naturellement, c'était mieux avant surtout pour moi qui prend tellement soin de la présentation de mes articles... Enfin soit...

1) Encore quelques jours pour écouter le podcast et télécharger le concert de Murat sur France Inter du 24 octobre. J'espère que vous n'avez pas eu besoin de moi pour le trouver.  https://www.franceinter.fr/emissions/les-concerts-d-inter/les-concerts-d-inter-24-octobre-2018-0     

© Radio France / Jocelyn Perrotin

Un concert grand luxe puisque Morgane Imbeaud et Denis sont de la partie, et leur participation rend moins rêche certains morceaux. Surtout, on a droit à "je me souviens" ce qui ne sera peut-être pas le cas dans les concerts (même si la version n'apporte pas grand chose à celle du studio), et un inédit "autant en faire quelque chose", que j'aime beaucoup, et même le texte plutôt bavard ce qui n'est pas l'habitude en ce moment. Quand je vois en rare oldies de la soirée "over and over" dans la set-liste (avec Tarn et Garonne), je me dis "ah, mais pourquoi"... mais elle se fond bien dans la proposition "stax" de Murat. Je ne commente pas plus, pas le temps, mais on prend plaisir à découvrir les  versions live d'il francese, très différentes.

2) Deuxième interview pour une radio locale "près de chez lui" : Radio Vassiviere, en Limousin... au delà du Chavanon, qu'il voit par "temps clair". On apprend qu'il a d'ailleurs de la Famille  dans le pays. Une interview par téléphone mais qui est quand même bien agréable et... longue: 30 minutes, avec un Jean-Louis  qui la joue amical et de fort bonne humeur.

http://radiovassiviere.com/2018/10/jaimerais-bien-rester-insaisissable/

Murat dit que le public semble bien accepter sa proposition artistique sur la tournée même si c'est très différent du disque. Il indique par contre qu'il le trouve de plus en plus difficile...et d'ajouter que la prétention du quidam  à se sentir artiste l'agace au plus haut point.  Il évoque également l'activité artistique "en groupe" qui ne serait pas tellement français ("mais peut-être je me trompe"). L'intervieweur lui parle des kolokos, mais pas d'annonce... A une question assez curieuse sur son absence à la soirée des enfoirés, Murat indique que ce n'est pas de son fait: Souchon lui aurait raconté qu'il aurait voulu chanter une chanson signée Bergheaud et que Goldman aurait refusé avec vigueur, bien qu'il ne l'ait jamais rencontré. Ceci suscite alors une question sur sa réputation de grande gueule, ou sa mauvaise réputation dans le métier: "je ne fais pas ce métier pour taire ce que je pense"... et de renouveler son jugement sur Renaud: "je le connais depuis 40 ans, je sais de quoi je parle". A la question qu'est-ce que vous aimeriez laisser dans la mémoire des gens? Il parle d'abord de ses enfants dont ils souhaitent qu'ils conservent l'image d'un bon père, et pour le reste de l'univers, c'est là qu'il prononce la phrase: "j'aimerais bien rester insaisissable".

Garde le cap de l'insaisissabilité, Jean-Louis, ça me va, c'est même exactement ça... même si mon clavier et mes petits doigts tentent depuis 9 ans de vous "attraper". Avec ce genre d'interview, il semble parfois qu'on puisse le faire... l'instant d'après, c'est envolé.

3) Interview dans LE TELEGRAMME à l'occasion du concert au Vauban. (NB: Au fait, j'attends vos live-report!!).

https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/jean-louis-murat-le-vauban-un-lieu-a-part-21-10-2018-12112848.php

Jean-Louis Murat. « Le Vauban ? Un lieu à part »

Après le plateau qui réunira Miossec, les Red Goes Black et Dan ar Braz ce jeudi, Jean-Louis Murat sera à son tour sur la scène du Vauban, ce vendredi, dans le cadre du sixième anniversaire des 50 ans du célèbre cabaret brestois. Un lieu qu’il connaît bien.


Vous vous apprêtez à revenir au Vauban, un lieu où vous avez vos habitudes…

Je n’y ai vraiment que des super souvenirs. Je me souviens très bien de tous les moments que j’ai eu la chance d’y passer. Je ne sais pas si les Brestois s’en rendent compte, mais des endroits aussi mémorables que celui-là, en France, il n’y en a pas tant que ça… C’est un lieu à part, très original, fait pour la musique. Je suis très content d’y revenir.

Quand il y a un France-Italie, je suis pour l’Italie. C’est n’importe quoi, mais c’est plus fort que moi…
À l’occasion de la sortie de votre précédent disque, « Travaux sur la RN 169 », vous aviez expliqué vouloir « repartir de rien »…

C’était histoire de faire joujou, de dire que j’avais voulu oublier la chanson, son genre, sa forme. Je voulais m’amuser, repartir au début, à une époque où  je faisais de la musique sans souci de rien, comme celui de chercher à écrire des 45 tours pour France Inter… Ce disque est celui dont je resterai le plus fier à vie. Et c’est celui qui, bien sûr, s’est soldé par le plus grand fiasco commercial (rires).
On retrouve dans « Il Francese », votre 18e album, la même instrumentalisation synthétique, pour un résultat au final assez « groovy »…

J’ai été biberonné à la soul et au rythm and blues. Mais je n’ai pas non plus une idée très précise de ce que je fais, j’ai toujours un peu de mal à en parler. Après, si ça va aux gens, ça me va. J’aime bien la musique qui donne envie de bouger en tout cas. Et le groove est ce qui me vient le plus naturellement. Et je crois que c’est bon pour la santé. Il vaut mieux faire ça que de la musique contemporaine, ça donne moins mal à l’estomac (sourire).

LA CRITIQUE EN PLUS

Marc de mescritiques.be  nous réalise toujours des belles chroniques (il rappelle que 14 albums font l'objet d'un article sur le site).

A lire sur : http://mescritiques.be/spip.php?article2214

Extrait:  ... Mais on savait aussi qu’il ne faudrait pas attendre longtemps pour qu’on retrouve le fil d’une discographie touffue qu’on a pris un malin plaisir à disséquer (quatorze albums quand même sur ce site). La liberté étant le maitre-mot de Jean-Louis de toute façon.

Le son se place donc dans le prolongement de son prédécesseur mais sans les audaces qui le plombaient. Le traitement des voix est ainsi plus clair. On n’assiste pas au retour d’une forme plus organique. Pas pour le moment du moins. Il a cependant suffi d’un infime changement de ton pour qu’on raccroche, pour qu’on retrouve tout le suc des morceaux, pour que le spleen pluvieux revienne au galop. Les références externes étant de peu de valeur dans son cas, on ne peut parler que du reste de sa discographie. Il y a déjà eu un chef-d’œuvre dans ce genre qui était Dolorès et c’est dans cette catégorie qu’on classera Il Francese, en moins brillant sans doute mais seul l’avenir nous dira si on l’écoutera autant que son prédécesseur.

Des paroles d’emblée plus en prise avec la vraie vie, d’une façon toujours un peu distanciée. Ce n’est pas la première fois évidemment, entre Les Gonzesses et Les Pédés et Vendre les Prés. Achtung baby est peut-être une allusion à U2 mais rien n’est moins sûr. Evidemment, son écriture touffue renferme quelques auto-références. Le Cinevox avait déjà été cité dans son magnifique Au Mont Sans-Souci. C’est aussi un des plaisirs de cette relation à long terme.

L’accent anglais est toujours délicieusement à côté (Sweet Lorraine, Kids) et prête plutôt à sourire. Toujours là aussi sont ses surgissements (Hold-up, hold-up/Expert en rutabaga) livrés avec son incomparable aplomb. Gazoline n’est donc pas un candidat à l’analyse poussée mais il reste sans doute l’auteur pour lequel on a abandonné avec le plus de facilité.

On note avec plaisir le retour de Morgane Imbeaud (Cocoon) sur un morceau qui se veut sans doute un lointain rejeton du Bonnie and Clyde de Gainsbourg. Le son est plus rond, plus franc et c’est assez logiquement qu’il a été choisi comme single éclaireur. Il n’y a guère que Benjamin Biolay pour pouvoir rivaliser sur ce terrain-là en France. Je Me Souviens revient à certains de ses fondamentaux. Une très belle voix en avant, des atours synthétiques et simples comme ceux qui sont devenus classiques sur Dolorès (Aimer, ce genre). De quoi en faire un de ses meilleurs morceaux, tout simplement. Épinglons aussi les délicieuses décharges d’accords mineurs sur La Treizième Porte ou Silvana

Les transitions peuvent aussi être douces chez Jean-Louis Murat. Plus que jamais mené par ses envies, il arrive toujours à donner une coloration propre à chacun de ses nombreux albums. Celui-ci se place dans la filiation sonore de son précédent tout en en évitant les tics expérimentaux. On salue donc le retour d’un talent bien singulier de la chanson française avec un album solide qui souligne 2018 comme un très bon cru pour lui.

LE DISQUE EN PLUS

Je vous en avais parlé cet été, tout étonné. Quelques jours passés, j'avais de nouveau regardé mais n'avait pas retrouvé l'objet de réédités. 

En fait, c'est donc bel et bien sorti: pour les collectionneurs et retardataires, BABEL ET MORITURI en deux disques pour 10 euros

https://musique.fnac.com/a12487683/Jean-Louis-Murat-Babel-Morituri-CD-album?omnsearchpos=6&fbclid=IwAR1H57mpYibuwJN_tnEaDjzj-kScNCjRCMT92aZF3jDCSpnb9x-tX-VoPrE

 

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Rédigé par Pierrot