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Publié le 2 Novembre 2018

J'ai cru comprendre que GILDAS  était mort, on ne va pas faire une nétro (mélange de nécro et de rétro), vous trouverez les passages de Murat à NPA sur les tubes, même si certains méritent le coup d'oeil régulier. On va laisser plutôt la place à Tony Joe, mort le 24 octobre.

Il n'était pas très très connu par les français, mais les muratiens ne pouvaient l'ignorer tant on a croisé souvent son nom dans les interviews ou chroniques consacrées à Murat.

En 2013, dans les inrocks, il proposait sa bande-son, dont la chanson: ROOSEVELT & IRA LEE.  Il écrivait: Un autre de mes modèles. Produit par Jerry Wexler, le découvreur d’Aretha.

- Dans "l'Alsace" en 2013: "Même si je fais toujours la même chose : j’ai appris à jouer de la guitare en écoutant JJ Cale, Tony Joe White et Neil Young, et j’en suis toujours là. Je trouve que dans le blues, il y a déjà tout : l’Amérique, le folklore irlandais, la vieille chanson française, le chant africain… Être branché là-dessus, c’est être branché sur toutes les musiques. Le blues a cela de bien qu’il est inépuisable, hors du temps, increvable.

Jean-Louis a indiqué l'avoir vu au Festival de Wight en 1970 lors d'une de ses virées en stop. « Je me souviens de Tony Joe WHITE avec Donald DUCK DUNN  le bassiste d’Otis REDDING. Ils étaient en trio. C’était vraiment super !"

Il citait également Tony dans la fameuse interview du Point en 2013 comme un de ses héros personnels :

Les sportifs, comme Usain Bolt ; peu d'artistes, ou alors des morts. J'aime Proust, par exemple. En musique, j'en ai très peu. J'aime bien les gagnants, mais aussi les losers. Je trouve qu'il y a une abnégation incroyable chez Van Morrison, chez Tony Joe White, chez JJ Cale. Ils ne sont jamais arrivés en haut mais ils s'en foutent, ils rament !

Dans "Point de vue" en 2016:  "je reviens toujours aux albums de Tony-Joe White, Dylan, JJ Cale ou du Creedance"

Enfin, on aura beaucoup entendu Jean-Louis raconter son anecdote  sur sa rencontre avortée avec lui, notamment dans une interview sur RFI (en 2014) ou dans l'émission Radio Vinyle. "j'étais trop impressionné", "tout était calé": l'ingénieur du son du CODC avait arrangé le coup, et il devait profiter d'un concert pour aller le voir, et devant la porte, il a renoncé. "C'est dire l'admiration sans borne que j'ai pour lui" dit-il sur RFI.  Dommage puisqu'il racontait encore il y a peu que sa rencontre avec Jimmy Scott a été un grand moment de sa vie (mais on peut aussi citer ses rencontres avec Cropper ou Bob Wyatt, même s'il n'a jamais osé des collaborations non plus, Wyatt lui aurait proposé. On peut aussi parler du projet avec le Crazy Horse).

Dans Radio Vinyle, Murat indique fièrement qu'il possède le premier 45 T dédicacé de Tony-Joe. On sait qu'il est collectionneur... mais il a aussi indiqué que dès la mort de l'artiste, il arrêtait les achats.

Forcement, on doit parler de Joe DASSIN, que Murat a dit aimer:  "je pense, pour ses chansons, son album avec Tony Joe White" (Rocksound 1993).

Il s'agit du premier tube de TJ en 69.  La version originale à écouter (Murat l'avait choisi sur sa playliste sur Radio Vinyle en 2015)    Il existe aussi une version en duo avec... Johnny mais on retiendra peut-être la version d'Elvis, le fat.

Une de ses chansons la plus célèbre chez nous "the guitar don't lie" ("le marché aux puces") a été écrite par Dassin, et a été adaptée à la demande de ce dernier par JT, qui l'a ensuite reprise lui-même (merci PE).  La chanson verra une 3e adaptation pour Johnny ("la guitare fait mal" en collaboration avec THWhite lui aussi, et la première version du disque ne créditera que le chanteur américain a la composition (une autre chanson "une journée" verra le jour, alors qu'il était question que TJ écrive tout l'album, c'était en 91).

Tony Joe White a également écrit pour Ray Charles (rainy night in Georgia), Dusty Springfield, Wilson Pickett, Waylon Jennings, George Jones, Tina Turner... mais aussi Roy Orbisson (i'm a southern man) ou Isaak Hayes

 

On ne va pas recenser toutes les références journalistiques au chanteur américain, mais en voici au moins une, pour se rappeler une nouvelle fois de Jean Théfaine à propos de Litith: "Squatté par une armée des ombres où cohabitent John Lee Hooker, Tony Joe White, Neil Young, mais aussi Rimbaud, Casanova et Nabokov, les courtois troubadours, les princes du libertinage, Murat crache ici le meilleur de ses poisons". On retrouvera du TJ White aussi dans Taormina, Grand lièvre, Toboggan et Le Cours Ordinaire des choses of course (même si le texte promo indiquait: Rien à voir avec Jean-Louis Murat endossant la défroque de Johnny Cash ou de Tony Joe White)...  On pourra également y penser dans le visuel  de la tournée actuelle:  Un homme à la guitare assis...  avec sa fender... (Murat a indiqué avoir voulu ce "code" blues).

 

Pour les guitaristes, une interview sur guitarplayer.com (en anglais)

VOICI UN LIVE FILME EN SUISSE pour finir:

 

LES VENTES EN PLUS (OU EN MOINS...)

3e et 4e semaine d'exploitation:

12/10 au 18-10 :  classement 143 (94e en 2e semaine):  558 dont 513 physiques, 20 download et 24 streaming)

Mais petite secousse sur la  semaine dernière:

19/10 au 26/10:  140e,    618 ventes dont 559 physiques (24 download, 34 streaming)

Il semble que la tendance ne se renversera pas pour autant. Sur un classement midweek que j'ai reçu (merci toi!), sur les  3 jours suivants (27 au 29/10), il francese ne s'est vendu qu'à 220 albums physiques. Très peu de passages en radios, et aucun effet "prescripteurs"? Que les gens de Ça balance à Paris, ou Télérama soient ravies ne suscitent que très peu d'achats.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

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Publié le 1 Novembre 2018

Et bien, on n'a pas eu beaucoup de télé pour l'instant, mais voilà une séquence certes courte et sans Jean-Louis him-self et son double italien, mais qui fera plaisir aux fans... Moi, ça m'agace un peu... En effet, les chroniqueurs de l'émission de Nolleau sont dithyrambiques sur Il FRANCESE... dont Arnaud Viviant, dont on pourrait suivre les avis circonstanciés (sans copinage) sur près de 30 ans peut-être, et qui affirme là qu'IL FRANCESE pourrait être une pierre finale magnifique à une carrière. Ce qui est un peu agaçant, c'est les coups de gomme sur la majeure partie de sa discographie... dont Lilith pour moi bien-sûr; Florian Gazan, le passe-partout de la télé, se permet ainsi de parler alors qu'il dit avoir décroché après les premiers albums. Quant à Nolleau, il  paraîtrait qu'il puisse en tomber de sa chaise tant il est surpris que Murat puisse proposer un tel album... 

J'ai bricolé un peu pour vous permettre d'entendre la séquence:

N'INSISTEZ PAS. PAS DE LIEN EN PLUS CE JOUR

Ah, je suis trop faible....

L'ARCHIVE EN PLUS

La plume de Viviant:

LES INROCKUPTIBLES - n° 331
27 mars 2002

Comment, en huit albums, Jean-Louis Murat est-il devenu un Olivier de Kersauzon de la chanson française? Réponses avec Le Moujik et sa femme, un disque terrien et sexuel, plus souvent dada que Dadi.

Par Arnaud Viviant

JEAN LOUIS MURAT, 47 MN ET 54 SEC

PAROLES ET MOUJIK

 

Avec le temps, on a fini par préférer ses interviews à ses albums, ses albums à ses concerts et ses concerts à ses albums live. Comme si Murat était devenu une espèce d’olivier de Kersauzon de la chanson fran­çaise, plus connu pour être très marrant que sur un trimaran. Et on ne croit plus, non plus, tout ce qu’il débite. Par exemple, qu’il souhaiterait sortir deux albums par an, qu’il possède plein de chansons dans ses placards. Si c’est vrai, pour­quoi alors le huitième album n en comporte-t-il que onze, et dure-t-il seulement 47 minutes et 54 secondes ? On a pris sa mesure.

Est-il possible qu’il ait aussi, de son côté, négligemment pris la sienne ? Avec une bande de potes, il participe ainsi à un groupe, Les Rancheros, dont le concept est cinq minutes pour écrire, cinq minutes pour répéter, cinq minutes pour enregistrer. Le résultat est téléchargeable sur Internet et critiquable en cinq minutes: Les Rancheros sont à la musique ce que Speedy est au pot d’échappement. Mettons maintenant que Le Moujik et sa femme, ce soit Les Rancheros en plus posé. Fini, en tout cas, l’orfèvrerie sophistiquée de Mustango: Murat s’est trouvé une section rythmique de cogneurs poids moyens (les A.S. Dragon, mi-Houellebecq, mi-PJ Harvey), ce qui le place subitement à cheval entre Miossec, Dominique A et Aubert. Sans importance: musicalement parlant, Murat a toujours été un progressiste de petite envergure.

 Toutefois, cette modeste abdication, cette perte d’ambition à la limite de l’aquoibonisme, nous plairait presque. En somme, Murat fait du pub-rock : c’est la nouvelle polka du moujik auvergnat, le nouvel étiage de son talent. Comprimées dans ce corset de fer, certaines chansons (L’Amour qui passe, L’Au-Delà) prennent alors des formes sque­lettiques idéales, à siffloter dans la rue. Il y a chez Murat une décontraction soudaine, une manière bravache de séducteur d’auto-tamponneuses, y compris dans les lyrics parfois complètement dada (“Moi je prépare le Tour/Vous m’ennuyez” ou encore : “C’est t'y, pas énorme ?/Si tu veux bien vivre dans une poubelle, ils te refont une bite en or”) qui peut quand mêne laisser pantois ou perplexe l’admirateur ancien de Rouge est mon sommeil.

Fraîchement marié avec une nervalienne, Laure, c’est donc comme si Jean-Louis Murat, après avoir fait le zouzou éduqué, le poète courtois avec sa suave Isabelle (Hupperi), était revenu effectivement moujik sans façon, paysan aux grâces grasses, plus proche dans l’art poétique de l’épais dragueur bidochon taillant La Route avec Pascale Clark que d’un brave et chantourné Monsieur Deshoulières. Après les femmes savantes, les chiennes savantes donc.

Les paroles? Explicit lyrics, évoquant femelles, orgasmes doux, ‘fiole le cul au frais” et quar­tier de lune... Ainsi, le meilleur morceau de l’album, Ceux de Mycénes, est un peu la version classée X de Cours dire aux hommes faibles. Soit, sur un rythme shuffle à la Them, les guerres troyennes revues par un pornographe : “Je forcerai ta maîtresse/Lui traverserai l’os/Oh, je mets le monde au défi/Je ne rendrai pas la femelle/Allez le dire ô ceux de Mycénes.”Assez classe, ça.

 Le Moujik et sa femme (Labels/Virgin).

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 1 Novembre 2018

Désorganisé, bordélique, ranchero... et bien, sur cette campagne promo, c'est encore plus que cela, ce blog...  Alors, ce matin, un peu de périmé : interview RFI du 22/10, et du neuf, le journal de Saône et Loire du 30/10 (édition abonné) et une chronique de blog paru ce jour.

Je suis allé acheter Rock and folk et Rolling stones hier (avec des interviews de JLM), un petit geste pour la presse, que je vous encourage à effectuer aussi (j'ai aussi acheté le spécial "600 albums Rock and Folk" (avec Mustango) et un spécial "white album" de Jazz mag... Un bon budget... mais ça ne se périme pas.

1) On commence par le site de Radio France International. intéressant même si rien de très original. Jean-Louis Murat cite à nouveau Histoire d’un ruisseau d’Élisée Reclus à propos des rivières, évoque Christophe Pie, et bien-sûr l'Italie.

http://musique.rfi.fr/chanson-francophone/20181022-jean-louis-murat-il-francese

22/10/2018 par Nicolas Dambre

Le troubadour auvergnat annonce un peu plus clairement son attirance pour l’Italie dans son album Il Francese. Jean-Louis Murat met un peu de groove dans ses chansons toujours inspirées par la nature, l’amour… ou par Naples.
RFI Musique : Toujours cette régularité, presque un album chaque année…
Jean-Louis Murat : Je travaille assez au rythme des saisons. Mais j’ai aussi un rythme de papa : je ne compose pas pendant les vacances scolaires. En fait, je ne commence jamais à travailler sur un album, c’est une activité permanente, car j’écris constamment des chansons, comme on écrit un journal. Idéalement, une par jour.
Comme souvent, des sons du quotidien parsèment l’album…
Sur Achtung, j’ai placé le son d’enfants qui jouent au foot dans les rues de Naples. Il y a aussi la voix de Silvana Mangano, un extrait de L’Or de Naples de Vittorio De Sica. L’album s’achève par Murat aux portes de Naples (dans Je me souviens, référence au maréchal Joachim Murat, ndlr). Comme un film, ce disque a été "tourné" en Italie, même si je n’y ai pas écrit de chansons.
Pourquoi l’Italie ?
J’ai toujours aimé l’Italie, il y a quelque chose d’italien en moi. Je me sens mieux en Italie qu’en France. J’aimerais bien m’y installer, mais pas ma famille. J’y ressens une paix intérieure avec moi-même plus importante qu’en France. Nous vivons dans un pays hystérique. Je ne regarde que très rarement la télé et les chaînes d’info en continu, cela rend fou. En Italie, les gens se parlent et se sourient, alors que ce n’est pas le cas à Paris ou en Auvergne, où je vis. La France n’a pas besoin d’un chef d’État, mais d’un psy !
Avec qui avez-vous travaillé ?
Denis Clavaizolle et Christophe Pie. Ce dernier est parti à mi-chemin de l’enregistrement (il est décédé en janvier dernier, ndlr). C’est un disque en souvenir de mon ami Christophe. Il a toujours été mon directeur artistique officieux. Avec Denis, nous jouons tous deux un peu de tous les instruments. Ce disque s’est construit en référence au précédent (Travaux sur la N89), qui ne comportait pas de chansons. Cela m’a demandé deux fois moins de travail que l’album d’avant, expérimental, qui a été un fiasco. C’est la plus mauvaise vente de ma carrière, avec 5 000 exemplaires. Il n’a pu désarçonner que les mauvais cavaliers. Je pensais avoir un public aventureux, mais nous sommes bel et bien en France. La maladie de ce pays c’est l’immobilité de tout, même des esprits et du goût. Il est temps de le quitter.
La nature est toujours aussi présente dans vos textes : des animaux, des forêts, des rivières…
J’ai toujours pratiqué cela. Un fan très attentif m’a assuré que le mot rivière est celui que j’utilise le plus dans mes textes. Rivières et ruisseaux sont mon spectacle de la nature préféré. J’ai été élevé non loin d’un ruisseau, et d’une rivière, la Dordogne, qui m’a inspiré de nombreuses chansons : Ma femme, Joconde, Mon unique au monde, Dordogne. Un ami universitaire m’a envoyé une édition originale de Histoire d’un ruisseau d’Élisée Reclus, un auteur au sujet duquel nous conversons régulièrement. Toute mon imagination commence par la rivière. C’est un spectacle apaisant et sans cesse renouvelé. Et j’ai ce rêve récurrent d’une rivière dont je calcule les forces des courants entre les pierres. Mais je n’irai pas faire une psychanalyse pour cela ! (rires)
Sweet Lorraine, Achtung baby, Hold up, Kids… ce sont des mots anglais que vous aimez ?
La victoire des Anglo-saxons est tellement totale que nous sommes obligés d’utiliser certains mots anglais. Même moi qui n’aime pas cela, au quotidien, il y a des mots pour lesquels je ne trouve pas d’équivalent français, comme "kids" ou "feeling". C’est cela d’être colonisé : lorsque des choses très intimes ne peuvent être définies que dans les mots d’une autre langue que la sienne. C’est aussi ça la mondialisation. L’anglais est une langue invincible et ultra efficace.
Que feriez-vous si vous ne faisiez pas de musique ?
Lorsque, par exemple l’hiver, je me dis régulièrement : "Je n’arrive pas à grand-chose, j’arrête", alors j’écris, je peins ou je bricole. L’hiver dernier, je me disais que je devrais ouvrir mon auto-entreprise de bricolage. Je trouve que la pratique de la poésie ou de la musique sont très proches de la pratique du bricolage. Cela m’a toujours étonné que lorsque Rimbaud est parti en Afrique, les seuls ouvrages qu’il a demandé à se faire envoyer par sa mère ou par sa sœur étaient des ouvrages de bricolage, pas des livres de poésie. Je suis un bricoleur.

Jean-Louis Murat Il Francese (Scarlett/Pias) 2018
Site officiel de Jean-Louis Murat
Page Facebook de Jean-Louis Murat

2) Un peu de PQR: Journal de Saône et Loire pour son concert à DIJON le 9/11. Le rédacteur pioche dans la presse pour quelques citations. On retiendra la phrase:

Avec ce nouvel opus, Jean-Louis Murat emmène le visiteur ou plutôt l’auditeur dans une sorte de voyage initiatique le conduisant d’un maréchal d’empire, Joachim Murat, à un prince du rap, Kendrick Lamar. Drôle de grand écart qui sied pourtant si bien à Murat l’Auvergnat.  

Bientôt Dijon, et RFI pour l'international?
côte-d’or - Musique Jean-Louis Murat en renaissance  Jean-Louis Murat est de retour. Son 22e  album s’intitule Il Francese et promet un beau voyage initiatique. Rendez-vous au théâtre des Feuillants à Dijon le 9 novembre.
Après Morituri sorti en 2016, l’homme était désabusé, presque meurtri. Il déclarait ainsi, au sujet de cette période, au journal Le Monde , en septembre, « J’en avais ras le bol… Ne plus vendre de disques, jouer devant 100 personnes… Si encore j’avais bâclé le truc, mais quand en plus tu as l’impression de faire de ton mieux, notamment avec Morituri (2016)… Je me suis dit que j’allais arrêter. »Proche du précipice, il ne s’est pas jeté dedans mais au contraire, reconstruit. 18 mois de gestation pour sortir en 2017 Travaux sur la RN89 et l’occasion de retravailler avec Denis Clavaizolle. Et cette année, il présente son dernier né Il Francese. Avec ce nouvel opus, Jean-Louis Murat emmène le visiteur ou plutôt l’auditeur dans une sorte de voyage initiatique le conduisant d’un maréchal d’empire, Joachim Murat, à un prince du rap, Kendrick Lamar. Drôle de grand écart qui sied pourtant si bien à Murat l’Auvergnat.    « Toutes les chansons ont été composées au piano »En fouillant un peu dans les dédales d’internet, on apprend que “Il Francese” n’était autre que le surnom donné à Joachim Murat, époux de Caroline Bonaparte et roi de Naples en 1808.À la reconstruction évoquée précédemment, Jean-Louis Murat préfère la   renaissance comme il le confiait au journal La Montagne à la fin du mois de septembre : « Ce phénomène de renaissance, c’est, pour moi, être en Italie, à Naples en l’occurrence. C’est un trip romantique de s’expatrier… J’ai écrit ce disque comme si j’étais à l’étranger. Ça m’a permis d’avoir un regard neuf. Je voudrais bien avoir un regard étranger sur ce que je fais… Toutes les chansons ont été composées au piano. […] lequel propose une richesse supérieure à la guitare. »

Pratique Vendredi 9 novembre à 20 heures au théâtre des Feuillants à Dijon. Tarifs : de 7,30 à 29,20 €. Tél. 06.95.85.52.05.

3)  Paru ce matin, sur le blog chantsongs, une chronique par François Cardinali, journaliste passé par Première et Télé7jours, et qui a trouvé le disque un peu monotone malgré quelques bons moments. A lire en cliquant sur le lien:

https://chantssongs.wordpress.com/2018/11/01/murat-inclassable/

A lire également: sa chronique de Chloé MONS (avec le duo avec Jean-Louis Murat)

"Il publie des albums avec une régularité d’horloge. Avec Il Francese (*), Jean-Louis Murat sort son dix-huitième album. De belle facture, mais pas toujours captivant.

C’est le vieux complice Denis Clavaizolle qui a arrangé Il Francese, réalisé par Jean-Louis Murat himself et qui, loin du petit monde de l’industrie musicale, continue de ne chanter qu’à sa tête. Dans la lignée de Travaux sur la N89, Murat continue son voyage vers l’épure, mêlant les sons naturels à l’électronique, trafiquant le son de sa voix.  Pour l’ermite du Puy-de-Dôme, l’heure n’est pas à rejoindre la meute mais à jouer les loups solitaires. Au risque de perdre parfois quelques aficionados, tant ce disque semble parfois monotone, malgré quelques rythmiques plus déliées comme dans Gazoline et ses intermèdes de fanfare. Il est vrai, Murat ne joue pas sur des textes qui se livrent à première écoute. Sur le plan sonore, Murat prend des risques de surprendre avec aussi l’utilisation du vocoder, expérimenté sur des titres comme Hold Up où il chante en duo avec Morgane Imbeaud, ex-Cocoon, dont la voix se marie parfaitement avec celle de Murat.

Pour autant, il y a quelques beaux moments dans cet opus comme l’hommage à Christophe Pie, l’ami et le batteur qui est mort pendant la création de l’album. Dans Rendre l’âme, il chante notamment : « Rendre l’âme/ Je m’en viens rendre l’âme/ C’est bien l’assassin supposé. » Et si la musique ne rend pas toujours grâce au texte, Silvana, sur fond de cinéma italien, offre quelques belles images : « L’être envahi de nuit/ Te fait une prison/ La morale les frissons/ T’as perdu tous tes dons/ Là-bas. »

Mais, lorsque Murat revient à la chanson plus sobre et directe, sa voix nous touche et cela donne Je me souviens et cette  évocation d’un « Murat aux portes de Naples » qui clôt de belle manière ces voyages musicaux parfois énigmatiques. Il posera son sac et ses amplis à Paris au Café de la danse les 10 et 11 décembre. Pour les amateurs des expérimentations poétiques et un univers qui renvoie  souvent (toujours ?)  à celui du cinéma."

LE LIEN EN PLUS EST FERME POUR JOUR FERIE

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 31 Octobre 2018

Bon, désolé : j'ai encore pris du retard! J'étais en vacances... mais en repérage pour le futur album allemand de Jean-Louis: je peux lui conseiller les meilleurs KUCHEN, et les meilleurs bières! A part ça, l'interférence overblog vient de changer... Naturellement, c'était mieux avant surtout pour moi qui prend tellement soin de la présentation de mes articles... Enfin soit...

1) Encore quelques jours pour écouter le podcast et télécharger le concert de Murat sur France Inter du 24 octobre. J'espère que vous n'avez pas eu besoin de moi pour le trouver.  https://www.franceinter.fr/emissions/les-concerts-d-inter/les-concerts-d-inter-24-octobre-2018-0     

© Radio France / Jocelyn Perrotin

Un concert grand luxe puisque Morgane Imbeaud et Denis sont de la partie, et leur participation rend moins rêche certains morceaux. Surtout, on a droit à "je me souviens" ce qui ne sera peut-être pas le cas dans les concerts (même si la version n'apporte pas grand chose à celle du studio), et un inédit "autant en faire quelque chose", que j'aime beaucoup, et même le texte plutôt bavard ce qui n'est pas l'habitude en ce moment. Quand je vois en rare oldies de la soirée "over and over" dans la set-liste (avec Tarn et Garonne), je me dis "ah, mais pourquoi"... mais elle se fond bien dans la proposition "stax" de Murat. Je ne commente pas plus, pas le temps, mais on prend plaisir à découvrir les  versions live d'il francese, très différentes.

2) Deuxième interview pour une radio locale "près de chez lui" : Radio Vassiviere, en Limousin... au delà du Chavanon, qu'il voit par "temps clair". On apprend qu'il a d'ailleurs de la Famille  dans le pays. Une interview par téléphone mais qui est quand même bien agréable et... longue: 30 minutes, avec un Jean-Louis  qui la joue amical et de fort bonne humeur.

http://radiovassiviere.com/2018/10/jaimerais-bien-rester-insaisissable/

Murat dit que le public semble bien accepter sa proposition artistique sur la tournée même si c'est très différent du disque. Il indique par contre qu'il le trouve de plus en plus difficile...et d'ajouter que la prétention du quidam  à se sentir artiste l'agace au plus haut point.  Il évoque également l'activité artistique "en groupe" qui ne serait pas tellement français ("mais peut-être je me trompe"). L'intervieweur lui parle des kolokos, mais pas d'annonce... A une question assez curieuse sur son absence à la soirée des enfoirés, Murat indique que ce n'est pas de son fait: Souchon lui aurait raconté qu'il aurait voulu chanter une chanson signée Bergheaud et que Goldman aurait refusé avec vigueur, bien qu'il ne l'ait jamais rencontré. Ceci suscite alors une question sur sa réputation de grande gueule, ou sa mauvaise réputation dans le métier: "je ne fais pas ce métier pour taire ce que je pense"... et de renouveler son jugement sur Renaud: "je le connais depuis 40 ans, je sais de quoi je parle". A la question qu'est-ce que vous aimeriez laisser dans la mémoire des gens? Il parle d'abord de ses enfants dont ils souhaitent qu'ils conservent l'image d'un bon père, et pour le reste de l'univers, c'est là qu'il prononce la phrase: "j'aimerais bien rester insaisissable".

Garde le cap de l'insaisissabilité, Jean-Louis, ça me va, c'est même exactement ça... même si mon clavier et mes petits doigts tentent depuis 9 ans de vous "attraper". Avec ce genre d'interview, il semble parfois qu'on puisse le faire... l'instant d'après, c'est envolé.

3) Interview dans LE TELEGRAMME à l'occasion du concert au Vauban. (NB: Au fait, j'attends vos live-report!!).

https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/jean-louis-murat-le-vauban-un-lieu-a-part-21-10-2018-12112848.php

Jean-Louis Murat. « Le Vauban ? Un lieu à part »

Après le plateau qui réunira Miossec, les Red Goes Black et Dan ar Braz ce jeudi, Jean-Louis Murat sera à son tour sur la scène du Vauban, ce vendredi, dans le cadre du sixième anniversaire des 50 ans du célèbre cabaret brestois. Un lieu qu’il connaît bien.


Vous vous apprêtez à revenir au Vauban, un lieu où vous avez vos habitudes…

Je n’y ai vraiment que des super souvenirs. Je me souviens très bien de tous les moments que j’ai eu la chance d’y passer. Je ne sais pas si les Brestois s’en rendent compte, mais des endroits aussi mémorables que celui-là, en France, il n’y en a pas tant que ça… C’est un lieu à part, très original, fait pour la musique. Je suis très content d’y revenir.

Quand il y a un France-Italie, je suis pour l’Italie. C’est n’importe quoi, mais c’est plus fort que moi…
À l’occasion de la sortie de votre précédent disque, « Travaux sur la RN 169 », vous aviez expliqué vouloir « repartir de rien »…

C’était histoire de faire joujou, de dire que j’avais voulu oublier la chanson, son genre, sa forme. Je voulais m’amuser, repartir au début, à une époque où  je faisais de la musique sans souci de rien, comme celui de chercher à écrire des 45 tours pour France Inter… Ce disque est celui dont je resterai le plus fier à vie. Et c’est celui qui, bien sûr, s’est soldé par le plus grand fiasco commercial (rires).
On retrouve dans « Il Francese », votre 18e album, la même instrumentalisation synthétique, pour un résultat au final assez « groovy »…

J’ai été biberonné à la soul et au rythm and blues. Mais je n’ai pas non plus une idée très précise de ce que je fais, j’ai toujours un peu de mal à en parler. Après, si ça va aux gens, ça me va. J’aime bien la musique qui donne envie de bouger en tout cas. Et le groove est ce qui me vient le plus naturellement. Et je crois que c’est bon pour la santé. Il vaut mieux faire ça que de la musique contemporaine, ça donne moins mal à l’estomac (sourire).

LA CRITIQUE EN PLUS

Marc de mescritiques.be  nous réalise toujours des belles chroniques (il rappelle que 14 albums font l'objet d'un article sur le site).

A lire sur : http://mescritiques.be/spip.php?article2214

Extrait:  ... Mais on savait aussi qu’il ne faudrait pas attendre longtemps pour qu’on retrouve le fil d’une discographie touffue qu’on a pris un malin plaisir à disséquer (quatorze albums quand même sur ce site). La liberté étant le maitre-mot de Jean-Louis de toute façon.

Le son se place donc dans le prolongement de son prédécesseur mais sans les audaces qui le plombaient. Le traitement des voix est ainsi plus clair. On n’assiste pas au retour d’une forme plus organique. Pas pour le moment du moins. Il a cependant suffi d’un infime changement de ton pour qu’on raccroche, pour qu’on retrouve tout le suc des morceaux, pour que le spleen pluvieux revienne au galop. Les références externes étant de peu de valeur dans son cas, on ne peut parler que du reste de sa discographie. Il y a déjà eu un chef-d’œuvre dans ce genre qui était Dolorès et c’est dans cette catégorie qu’on classera Il Francese, en moins brillant sans doute mais seul l’avenir nous dira si on l’écoutera autant que son prédécesseur.

Des paroles d’emblée plus en prise avec la vraie vie, d’une façon toujours un peu distanciée. Ce n’est pas la première fois évidemment, entre Les Gonzesses et Les Pédés et Vendre les Prés. Achtung baby est peut-être une allusion à U2 mais rien n’est moins sûr. Evidemment, son écriture touffue renferme quelques auto-références. Le Cinevox avait déjà été cité dans son magnifique Au Mont Sans-Souci. C’est aussi un des plaisirs de cette relation à long terme.

L’accent anglais est toujours délicieusement à côté (Sweet Lorraine, Kids) et prête plutôt à sourire. Toujours là aussi sont ses surgissements (Hold-up, hold-up/Expert en rutabaga) livrés avec son incomparable aplomb. Gazoline n’est donc pas un candidat à l’analyse poussée mais il reste sans doute l’auteur pour lequel on a abandonné avec le plus de facilité.

On note avec plaisir le retour de Morgane Imbeaud (Cocoon) sur un morceau qui se veut sans doute un lointain rejeton du Bonnie and Clyde de Gainsbourg. Le son est plus rond, plus franc et c’est assez logiquement qu’il a été choisi comme single éclaireur. Il n’y a guère que Benjamin Biolay pour pouvoir rivaliser sur ce terrain-là en France. Je Me Souviens revient à certains de ses fondamentaux. Une très belle voix en avant, des atours synthétiques et simples comme ceux qui sont devenus classiques sur Dolorès (Aimer, ce genre). De quoi en faire un de ses meilleurs morceaux, tout simplement. Épinglons aussi les délicieuses décharges d’accords mineurs sur La Treizième Porte ou Silvana

Les transitions peuvent aussi être douces chez Jean-Louis Murat. Plus que jamais mené par ses envies, il arrive toujours à donner une coloration propre à chacun de ses nombreux albums. Celui-ci se place dans la filiation sonore de son précédent tout en en évitant les tics expérimentaux. On salue donc le retour d’un talent bien singulier de la chanson française avec un album solide qui souligne 2018 comme un très bon cru pour lui.

LE DISQUE EN PLUS

Je vous en avais parlé cet été, tout étonné. Quelques jours passés, j'avais de nouveau regardé mais n'avait pas retrouvé l'objet de réédités. 

En fait, c'est donc bel et bien sorti: pour les collectionneurs et retardataires, BABEL ET MORITURI en deux disques pour 10 euros

https://musique.fnac.com/a12487683/Jean-Louis-Murat-Babel-Morituri-CD-album?omnsearchpos=6&fbclid=IwAR1H57mpYibuwJN_tnEaDjzj-kScNCjRCMT92aZF3jDCSpnb9x-tX-VoPrE

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 21 Octobre 2018

INTER-view sur INTER AVEC INTERférences et tout de go sur Logo

- On a raté le direct désolé! Jean-Louis Murat était avec Matthieu CONQUET hier dans "interférences" (20/10/2018). On l'avait déjà croisé dans la bonne émission "radio vinyle". C'est toujours des bonnes émissions quand Jean-Louis  parle de musique...

https://www.franceinter.fr/emissions/interferences/interferences-20-octobre-2018

Intéressant passage sur le traitement de la voix (autotune) où Murat rappelle que ce n'est pas nouveau pour lui, et il arrive à philosopher sur ce thème. Murat nous parle très joliment de Howlin’Wolf et de son rapport à sa mère, ce qui le conduit à parler de la sienne. "Je me sens aussi un loup hurlant". Il nous parle de Cat Power ensuite, potentiellement une grande... mais avec quelques réticences: "je ne l'ai jamais vue dans son état naturel". Ensuite, il a choisit Anne Sylvestre et "son mur pour pleurer"... et semble se rendre compte pour la première fois que l'intro est sur 3 accords de Starway to heaven! C'est "une des meilleurs chansons sur les femmes que je connaisse"...et de tacler les "nouvelles chanteuses"... citant même Camille, peut-être un peu rancunier qu'elles aient toutes (4 dit-il ensuite) refusé une chanson (être mère"  sur la maternité, qu'il a donc décidé de chanter lui-même. "parce qu'il n'y a pas de chanson de faire un enfant, le porter, l'élever", et de dire que "peu de femelles se sont émancipées du côté strictement  viril qu'il y a dans le rock and roll", "très peu de chanson sur les ragnagna" (... Cherhal!). 

Murat raconte ensuite qu'il n'a pas osé aller voir Anne quand il en avait l'occasion comme TJ White.  Discours (déjà) entendu sur les chansons à succès, la chanson à succès ("si je devais manquer de toi"). Et sentiment nouveau? Il indique ensuite que toutes ses chansons, c'est ma vie privée, "extrêmement codée", quand j'en entends une, je revois tout. "ma discographie, c'est un journal chanté". "tout peut faire chanson".

Partie ensuite sur les guitares (ils sont dans un magasin gibson): "on collectionne beaucoup de guitares, jusqu'à ce qu'on rends compte que l'important, c'est le guitariste". "Je reviens toujours à la télécaster"...."peut-être à cause de Steve Cropper" qu'il a, lui, rencontré et avec lequel il a joué. La télécaster? "on peut tout lui faire faire, très équilibrée".

- F.OCEAN... "artiste de coeur" (ah, mais faut savoir : "ah, mais franchement, lui, il m'a donné envie de faire des disques"), "tout est bon, tout, tout, tout", "c'est ma deuxième peau"... "y a tout". "J'aime beaucoup les chanteurs de l'indéfinition sexuelle ["les sévèrement burnés, je m'en fous", et lui, il l'amène à un point absolument magique". "et quand j'ai entendu qu'il aimait les Bee Gees, je me dis ouah, mais on n'a que des points communs...Et il a repris Sade".

- passage sur les accents américains... "instinctivement, oui, je repère"... et les américains ont gagné.

- "Il y a quand même du "johnny guitar watson" dans ma guitare".

- Et après avoir raconté souvent et notamment dans la même émission qu'il avait du mal à rencontrer ceux qu'il aime, il parle comme un des meilleurs moments de sa vie d'avoir pu rencontrer Jimmy Scott.

"La première heure, on la passe en compagnie de l'étonnant Jean-Louis Murat. A quoi pense-t-il, cet homme qui, en quarante ans de carrière et plus de vingt albums, a toujours aimé surprendre et se réinventer ? Il a choisi d'appeler son dernier opus, Il francese, car, dit-il, c'est le nom que les napolitains avait donné au vrai Murat, Roi de Naples et beau-frère de Napoléon 1er. 

Au début de l'entretien, il sort sa guitare, chante quelques notes et fait vibrer les cordes. Voilà, on est bien et tout peut commencer ..."

Écoutez la discothèque idéale de Jean-Louis Murat pour Interférences.

 
 

- Et un petit phoner pour une radio auvergnate (11 minutes) : logo FM avec l'émission HIT STORY à propos de HOLD UP essentiellement.  Une chanson "rigolote sur le côté anti-sexy de certaines filles", bâtie sur la phrase "hold up... sherif". Et à propos de "je me souviens", "une chanson française pur jus" beaucoup apprécié "et c'est pour ça que je ne la fais pas sur scène" "je me méfie beaucoup de l'avis du public". Vlan! On n'a trop dit qu'on aimait cette chanson!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

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Publié le 20 Octobre 2018

 

1) Ce matin, un lapin... non, euh... on parle suffisamment de chasse en ce moment. Reprenons: ce matin, nous en apprenons plus sur la CARTE BLANCHE cinéma à Jean-Louis Murat dans le cadre de son invitation au Toboggan à Décines-Charpieu, le 23/11... J'avoue que j'avais oublié cette initiative... mais on en avait parlé en juin.

Donc, Murat a été invité à causer cinéma et à choisir un film. Ca sera à 18 heures, avec "l'or de Naples" de De Sica. "En présence de Jean-Louis Murat".

À travers ces scènes de la vie quotidienne de Naples au début des années 50, de Sica expose son amour pour cette ville si particulière, à la fois triste et gaie, avec ses marchands de rue, ses cérémonies pittoresques et la proximité des gens de toutes les classes sociales. « L’or de Naples » s’impose comme l’un des films les plus personnels et les plus réussis de De Sica.

Billetterie en ligne   http://letoboggan.com/cinem/carte_blanche_agrave_jean_louis_murat-1700/

Murat a également programmé du Pasolini (séance le dimanche) :

Accatone. Le premier film de Pasolini est une plongée dans les faubourgs de Rome avec le proxénète Accatone. À la fois fasciné et rebuté par le mal et la violence, Pasolini a traité cet itinéraire tragique d’un souteneur comme une quête éperdue de pureté. Une pureté inaccessible. Violent, lyrique, flamboyant même, Accatone est un petit chef d’œuvre désarmé sur un homme en quête d’absolu.

Je serai là pour la séance du vendredi... J'ai programmé un concert trip: Toboggan/coopé/Toboggan, avec Carlotti le mercredi et Murat les jours suivant.

 

 

- Et bien profitons-en pour mettre en ligne ma petite interview du programmateur du Toboggan, le célèbre Victor Bosch. L'ancien batteur de PULSAR a réussi un coup comme on en réussit rarement deux fois en étant le premier à investir dans NOTRE-DAME DE PARIS, alors qu'il s'occupait déjà du transbordeur. Il a revendu ses droits... mais n'a pas inspiré à vivre une retraite au soleil... préférant encore et encore  se consacrer à la musique. Malade mentale? Non... mais sans doute un sacré passionné de son métier.  Il m'a accordé 5 minutes de son temps au Festival LES BELLES JOURNEES ( à Bourgoin-Jallieu) en septembre dernier dont il a pris la responsabilité cette année. Une interview impromptue, au milieu du set d'ARMANET...   La veille, il m'avait dit avoir quelques souvenirs à partager... mais ce n'est pas vraiment le cas.

 

- D'abord un petit mot sur le festival, c'est un gros succès?

VB- Oui, très beau, très gros.

- C'était illusoire précédemment de vouloir faire un festival sur du rock indé?

VB- non, d'abord, parce que c'est un festival qui n'est pas cher, c'est le seul festival que je connaisse avec des prix aussi bas, et je savais que les gens viendraient.

- je parlais plus des précédentes éditions. Vous êtes passés sur des choses plus..

VB- oui, parce que je pense que ce qu'il y avait avant, c'était vraiment très bien, je connais bien et j'aime bien, c'était du très qualitatif, mais le festival ne s'y prête ici pour un public qui doit être plus élargi, familial, plus populaire, qui connait moins les codes de la musique, comme un spécialiste quoi.

-Murat, vous le connaissez depuis quand? Peut-être l'avez-vous croisé dans les années 70?

VB- non, Murat, je le connais depuis le début parce que c'est normal, comme tout artiste de qualité, qui a toujours été très respecté, je savais qu'il ferait carrière et qu'il avait un grand talent. Ensuite, je l'ai croisé en tant que professionnel quand je m'occupais du transbordeur, je l'ai programmé et maintenant au toboggan. Dès que j'ai l'occasion, je le fais.

- 93 donc la première rencontre...

VB- bon, vous êtes plus affûté que moi.

- oui, la première tournée. Des souvenirs particuliers?

VB- Non, par contre, pas de souvenirs particuliers avec lui, c'est un garçon introverti, qui ne parle pas tellement,comme vous le savez, qui est introverti mais un garçon qui est extrêmement gentil, et je n'ai pas vraiment d'anecdotes qui sortent un peu de la normale. J'ai toujours eu des rapports très professionnels. Bon, c'est un garçon qui est comme il est, c'est-à-dire  il est entier, on pourrait dire que c'est un chanteur entier dans sa forme de pensée, il ne triche pas. Comme on dit maintenant, il n'est pas fake.

- ok, donc 93, une date importante tout de même puisque Murat enregistre un live au transbo

VB- bien-sûr, bien-sûr  [pas certain qu'il s'en rappelle vraiment]

- Il tournait également un film...

VB- C'est vrai, c'est vrai [idem]

- Et ensuite, la tournée Mustango en 99, également au transbo....

VB- Il avait un tourneur qui était également auvergnat, qui était Pierre-Yves Denizot, arachnée concert, et le pauvre, il est mort... C'est un garçon qui a toujours défendu Jean-Louis avec force.

- oui, quelqu'un qui était très important sur Clermont effectivement.

- J'ai eu des échos assez contradictoires sur la tournée mustango, notamment sur le concert de Lyon, y avait des gens qui partaient... pas de souvenirs?

VB- Non, ça a toujours été un peu spécifique... oh, un instant  [il va parler à quelqu'un]

- En 2013, le Radiant, une nouvelle salle qui a fait son trou finalement?

VB- Oui, ça correspondait à une demande et à une attente du public, et des artistes aussi, du moment que vous êtes en adéquation avec ça,  ça devrait marcher. C'est du moment où tout est poussé artificiellement que c'est parfois plus difficile.

- et donc maintenant, il y a une articulation avec le Toboggan, plutôt chanson française?

VB- On essaye de faire des choses qui soient adaptées au lieu, entre guillemets un peu plus ciblées, mais ça marche très très forts et c'est pour ça qu'on fait Jean-Louis d'ailleurs.

- Par rapport à la programmation, je voulais savoir comment ça se passait: vous avez écouté le cd avant la sortie?

VB- Non, j'avais écouté un titre que je trouvais très intéressant et comme c'est un artiste que j'ai envie de suivre, de pousser, je lui fais confiance.

- Donc, pas d'écoute...

VB- Non, quoi qu'il fasse, j'ai envie de l'aider. Je me dis si c'est son choix, je le suis, parce que je l'aime bien et parce que je trouve qu'il a du talent ce garçon.

- Donc, pas de question sur la formation qu'il va avoir ou autres?

VB- Pour l'instant, j'en sais rien encore.

- Mais généralement, ça se sait et ça se demande?

VB- oui, oui, mais franchement, mais pas que pour lui mais pour tous les artistes, je trouve à part quand il y a des choses un peu disparates, les artistes que j'aime, que je programme, je leur fais confiance. Ils viennent faire avec la formation qu'ils veulent, ceux qui sont les plus fragilisés, à découvert, qui risquent leur peau en montant sur scène, c'est eux. S'ils font quelque chose de pas bien, c'est ni vis-à-vis de vous, et de moi, c'est vis-à-vis du public, et je leur fais confiance.

- Allez, une petite question : je suis très fan du Voyage de Noz...

VB- Ahhhh!!

-  alors je parle d'eux à chaque occasion ou presque. Un petit mot?

VB- alors, oui, moi aussi, je les suis depuis longtemps, c'est des gars que j'aime beaucoup, et je continue de les programmer. On a fait un concert au Radiant, et beaucoup au Transbordeur.

- un des rares groupes lyonnais à avoir rempli le transbo...

VB- oui, oui, c'est des gens vraiment biens, que j'aime beaucoup et j'espère qu'ils continueront encore à pousser. Voilà.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese, #cinéma

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Publié le 19 Octobre 2018

Oui, ça vaut bien un petit article... je pense...  cette reprise.. faite un peu  à l'arrache : on constate que Jean-Louis s'est accompagné d'un téléphone ! On comprend mieux le mixage un peu aléatoire!

POur rappel, on savait que c'était une des chansons de coeur de Murat, c'était notamment indiqué dans Télérama en 2017,  voire sa préférée (indiqué en 2013 dans les Inrocks)

Le site france inter consacre quelques lignes à la reprise:

https://www.franceinter.fr/chanson-francaise/video-jean-louis-murat-chante-anne-sylvestre

"Cette chanson d'Anne Sylvestre date de 1974, elle y dénonçait avec une voix douce - mais détermination - son amertume devant une société qui déraille, la solitude, la bien-pensance catholique, l'hypocrisie... 

Dans une interview accordé à Sud-Ouest, Jean-Louis Murat y citait la chanson comme l'une des chansons clés : pour lui, c'est du "blues français, pur et dur". Une description qui colle bien aussi à la musique de Murat… 

Anne Sylvestre, grande dame de la chanson

Malgré ses Fabulettes qui ont marqué des générations d'enfant, Anne Sylvestre est surtout une auteure visionnaire, prolifique, profondément humaine. Pour qui connaît le répertoire français, le nom de la dame égale ceux de Georges Brassens (qui l'admirait), Barbara, Boby Lapointe (avec lequel elle a chanté en duo)… On ne le dit pas assez. 

À une époque où les chanteuses sont plus souvent interprètes, elle décide de composer ses propres textes. À 20 ans, elle écrit ses chansons qu’elle chante à sa petite sœur Marie dans la salle de bain. Son premier disque, sorti en 1959, est remarqué en particulier pour le titre Mon mari est parti.

Pour fêter ses soixante et quelques années de carrière, Anne Sylvestre a choisi de remonter sur scène, et qui sait ? Peut-être pour retrouver Jean-Louis Murat à ses côtés ces jours prochains !"

LE LIEN EN PLUS TOURNEE LALALA

Connivence avec Joachim, connivence avec Margot, et maintenant avec Vauban! Ah, non, le lieu le VAUBAN!

https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/festival-du-vauban-six-fois-quinqua-17-10-2018-12109835.php

Pendant ce temps-là, à St-Avertin, avant Murat, c'était Gandalf qui jouait, il montrait ses Tours à Tours. LALALA

http://www.info-tours.fr/articles/st-avertin/2018/10/17/9753/les-lectures-musicales-de-michael-lonsdale-a-st-avertin/

Enfin, on sait qu'on retrouvera Matt Low en première partie d'une majorité des concerts de cette tournée, LALALA

27/10 : BIG BAND CAFE , Hérouville St Clair (avec Jean-Louis Murat )
22/11 : La Coopérative de Mai , Clermont-Ferrand (avec JLM)
                                                 23/11 : Cabaret Le Poulailler , St Pierre Roche
10/12 : Café De la Danse, Paris (avec JLM)
11/12 : Café De la Danse, Paris (avec JLM)
12/12 : Reflektor, Liège (avec JLM)
13/12 : Botanique, Bruxelles (avec JLM)

"Je suis super content! Je jouerai quelques nouvelles chansons, qui seront sur mon premier album, qui sortira courant 2019 !"

Je ne dirai qu'un mot : lalala

 

LA MUSIQUE EN PLUS

Rappel : Un projet avec Morgane Imbeaud

https://www.froggydelight.com/article-21046-Morgane_Imbeaud_Elias_Dris.html

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

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Publié le 19 Octobre 2018

Agenda:  Chronique le 27/10 dans Ça balance à Paris sur Paris Première/Concert sur Inter le 24/10 à 20h avec Cat Power.

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Allez, on rattrape un peu le retard (je ne suis pas sûr d'y arriver, je vous l'avoue), alors on force l'allure, voilà un gros paquet!

 

2)  Emission spéciale "note à note"  sur la radio AGORA Côte d'Azur consacrée à IL FRANCESE, "un disque à ranger dans les classiques de Murat" dit le présentateur, "un poète soldat" en guerre contre beaucoup de choses, et "lui-même"... Un combat perdu d'avance qui l'amène à se chercher d'autres vies... Pas mal vu! Bravo Serge Fillaud qui sait utiliser les citations avec intelligence. A écouter !

http://agoracotedazur.fr/note-a-note-emission-du-mardi-16-octobre-2018/http://agoracotedazur.fr/note-a-note-emission-du-mardi-16-octobre-2018/

2) Interview sur WeCulte.

A lire sur leur site svp : https://www.weculte.com/featured/jean-louis-murat-je-suis-passe-du-camp-des-cow-boys-a-celui-des-indiens/

Il parle notamment de son projet pour cette tournée: une intimité très blues...

"Jean-Louis Murat : «Je suis passé du camp des cow-boys à celui des indiens»
 
jean louis murat revient avec l'album il francese

Le chanteur auvergnat Jean-Louis Murat sort Il Francese. Un album inventif très groovy teinté d’audaces sonores où il continue de déconstruire le format chanson dans des ambiances de soul, électro ou hip-hop. Tout en convoquant la grande histoire : celle de l’Italie de Naples et de l’Amérique des grands espaces.

Jean-Louis Murat: “J’ai souvent eu ce projet-là de m’expatrier pour enregistrer des disques, sans avoir jamais pu trop le faire”

jean louis murat portraitD’où vient l’idée de titrer en italien votre album «Il francese » ?

Jean-Louis Murat : Cela correspond à l’identité un peu italienne que je développe dans tout le disque. Je passe pas mal de temps en Italie. J’ai une imagination qui ne connait pas les frontières. Je reste dans la même chose, d’être de quelque part. J’ai fait plusieurs disques, comme Babel, qui sont  ancrés dans un rayon de 30 kilomètres autour de chez moi (en Auvergne). J’ai souvent eu ce projet-là de m’expatrier pour enregistrer des disques, sans avoir jamais pu trop le faire, car c’est souvent compliqué. Là, je suis resté dans un entre-deux…

Vous chantez Naples que vous aimez beaucoup. Pourriez-vous y vivre?

Jean-Louis Murat : Je me sens bien là-bas. J’étais à Florence  il y a peu de temps, mais non, c’est  Naples définitivement. Depuis 30 ans, j’y vais régulièrement. Il y a toute une littérature autour de Naples, Stendhal, Malaparte, qui m’a toujours intéressé. En plus, le Murat historique (Joachim Murat 1767-1815) est roi de Naples et y meurt. L’auberge était ouverte ! (rires). Je n’avais plus qu’à y entrer.

Déconstruire les formes musicales comme vous le faites, c’est une manière de retrouver du sang neuf?

Jean-Lous Murat : Oui, parce que c’est un tel piège. La chanson populaire, ce n’est même plus un travail d’architecte. Tout est tracé d’avance. On travaille sur des plans préexistants. On nous les brise menu continuellement  avec Brassens, Barbara ou machin. On ne sait plus où se mettre. On voit que l’opinion est rétrograde et qu’il faut absolument des formes, une opinion qui préconiserait la musique de l’écho et qu’il faudrait toujours entrer dans ces pas là. Et faire une espèce de chanson rassurante, qui raconte une histoire et que ce ne soit pas stressant. Cet effet de somnifère que doit avoir la chanson populaire ne m’a jamais plu.

Un besoin permanent de faire un pas de côté ?

Jean-Louis Murat : Une façon simple de trouver l’excitation. Il faut bouger et prendre des angles un peu inattendus, se surprendre soi-même. Et apprendre à penser contre soi. Il faut remettre à plat toutes ses pensées et ses méthodes chaque fois. Sinon, c’est l’endormissement assuré. Et encore, je trouve que je suis mou dans mes déterminations, je suis bien consensuel comme artiste. Mais le marché est tellement petit, que si en plus je n’étais pas consensuel – je l’ai vu amèrement sur mon disque Travaux  sur la  N 89 – ce serait Pôle emploi direct. Donc, je concilie les deux. C’est pour ça que ce n’est pas vraiment artistique ce que je fais. C’est une sorte de petit commerce à visée pseudo artistique. Ça reste de la chanson.

La chanson Silvana, c’est un hommage à votre cinéphilie, dont vous dites qu’elle comprend plus de Vittorio de Sica que de Custer ou de Geronimo ?

Jean-Louis Murat : J’ai toujours été amoureux du cinéma italien. C’est la carrière de Silvana Mangano , ses premiers films de Vittorio de Sica jusqu’à Pasolini, Visconti. Il y a quelque chose de tragique dans son visage. Elle a un côté dernière femme, la dernière reine d’un monde qui lui a été donné par le cinéma, avec des rôles où le populaire peut être aristocratique. Quelle carrière admirable, quelle tenue tout du long !

Cependant l’Amérique n’est jamais loin. Je pense à une chanson comme Marguerite de Valois où il est question de cow-boys et de peaux-rouges…

Jean-Louis Murat : Tout cela est bien sûr suggéré. Je ne me suis jamais senti autant indien, peau-rouge, que depuis quelques années. Comme si j’étais passé du camp des cow-boys à celui des indiens. Pour les enfants de ma génération, on a eu dans le biberon une culture de cow-boys, de Zorro, à Josh Randal, avec le héros sublimé. Je suis carrément passé de l’autre côté insensiblement, mais définitivement. Peut-être que j’ai vu d’un seul coup, se juxtaposer parfaitement l’image de Custer et de Trump. Je vois la même volonté de tout écrabouiller. Donc, on tue tous les bisons et on tue tous les indiens et on sera tranquille.  Il y a une espèce de volonté comme ça:on est bien chez nous. C’est devenu tellement catégorique les rapports que je comprends enfin ce que c’est qu’être totalement colonisés et qu’être réduits quasiment à rien.

Vous avez sorti une trentaine d’albums, accompagnés de la parution ces jours-ci de plusieurs vinyles. Vous êtes absolument prolifique !

Jean-Louis Murat : Trente albums en trente ans, ça me va. C’est la cadence que j’ai tenue tout le temps. Contrairement à ce que pensent certains artistes, ce n’est pas très compliqué de faire une chanson. C’est un métier de branleur.  Cela  ne demande pas des qualités extraordinaires. Après, il y a l’inspiration et voir si l’accumulation des chansons donne  un sens.

La musique, ça représente quoi ?

Jean-Louis Murat : Je crois que je peux remercier la musique de m’avoir donné une vie assez agréable. J’ai toujours en tête la phrase de Mitchum : « je tourne un film quand j’ai besoin de refaire la toiture ». J’ai toujours trouvé ça remarquable de justesse. La musique, c’est une façon de gagner sa croûte qui est sympa, une manière de vivre : pas d’horaire, pas de patron, pas d’ordre à donner ni à recevoir et être libre 24 heures sur 24.

Que prévoyez-vous pour votre retour sur scène ?

Jean-Louis Murat. Ce sera basse, batterie, guitare. J’ai l’intention d’être  très blues en étant assez assis. J’aimerais bien retrouver l’ambiance feutrée qu’il y avait quand j’ai vu pour la première fois John Lee Hooker sur scène. Je voudrais quelque chose de simple mais de très intense. Cela va me demander beaucoup en présence, en chant et en jeu de guitare. On verra bien ce qui se passe.

Entretien réalisé par Victor Hache

Album Il Francese / Label Pias. Tournée à partir du 9 octobre, dont concerts au Café de la Danse 75011 Paris les 10 et 11 décembre 2018

-Le Label Pias vient de sortir plusieurs disques vinyles de Jean-Louis Murat : Dolorès & Lilith, Le manteau de pluie, Le moujik et sa femme, Venus, Mustango

3) Du côté de  MIDI LIBRE

le 11/11: Un commentaire énervant..

# Jean-Louis Murat au Rockstore à Montpellier

Un peu perdu de vue mais aussi d’ouïe, ces dernières années, le bougon auvergnat Jean Louis Murat nous semble; avec son dernier album, Il francese, quitter un peu son autarcie et faire un pas positif en direction du public. Si elle s’avère encore cryptique, son inspiration laisse passer de beaux rais de lumière mélodique par ses failles poétiques. On vous dit un peu plus là : jeudi 11 octobre, 20 h 30. Rockstore, Montpellier. 24/26 €. 04 67 06 80 00.

Du 10/10: Chronique très positive
Jean-Louis Murat revient sur le devant de la scène ce jeudi au Rockstore à Montpellier
Pour sa dernière semaine, la 23e édition des Internationales de la guitare multiplie les rendez-vous sensationnels. Le retour de Jean-Louis Murat, au Rockstore, ce jeudi 11 octobre, n'est pas le moindre car le chanteur auvergnat est en forme !

Le grand air est devenu si rare qu'on en oublierait presque le délice. La faute à la pollution. A toutes les formes de pollution, y compris les plus insidieuses. Et cela vaut aussi pour la chanson française : son le plus grand péril n'est tant ce que l'on considère subjectivement comme la mauvaise rengaine (il suffit de changer de fréquence ou d'éteindre) que le refrain objectivement correct, vous savez, ce pas désagréable du tout dis donc, dont l'efficacité mélodique shootée aux adjuvants rythmiques finit par nous émollier l'esprit critique. D'où le choc parfois quand on se retrouve le grand air. Jean-Louis Murat, par exemple !

4) et on termine par PARIS MATCH 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #il francese

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Publié le 18 Octobre 2018

 

- Tout a commencé ce matin dans la matinale, avec Rebecca Manzoni. Et on peut dire que c'est une pluie de louanges, même si c'est peut-être plus sur son parcours et ses recherches que sur l'album en lui-même.

 

"Dans l’un des morceaux de son disque précédent, Travaux sur la N89, Jean-Louis Murat déclarait :  Moi je ne travaillerai jamais.

Et pourtant, la discographie de Jean-Louis Murat compte plus de 20 albums qui prouvent que celui-ci ne s’est jamais défilé pour explorer. Quand la chanson française s’est mise à sentir les pieds, Murat fut souvent là pour aérer. Il est allé sur les terres du trip-hop, du blues, du folk, du jazz, de l’électro. À 66 ans, son nouvel album Il Francese atteste qu'il est resté un môme intrépide. Qui d’autre que lui pour associer boîtes à rythmes, collages sonores et Marguerite de Valois ? Chez Murat, la reine Margot a un "Peau-rouge" pour amant. Il y a deux ans, Jean-Louis Murat était sur le point de renoncer. Ses disques ne se vendaient plus, alors il a pris une décision radicale : virer tout ce qu’il y avait sur son établi, le format de la chanson pop, ses couplets, ses refrains. Terminé. Une fois qu'il a fait place nette, il revient avec des mélodies chaloupées et, toujours, l’intention d’en découdre.

On associe logiquement Murat à sa région, l’Auvergne. Mais, à partir de cette base, il a su inventer une galaxie où il mélange les langues, les époques et les pays. Dès 1989, quand il publiait son premier album, Cheyenne Autumn, le titre faisait référence au film ultime de John Ford. Son nouveau disque s’intitule Il Francese. On y entend l’actrice Silvana Mangano, on y croise  des cow-boys et il y cite le plus grand rappeur des années 2010 qui s’appelle Kendrick Lamar. Si l'on se risque ainsi à le résumer, le Murat de l'année 2018, est un Auvergnat funky qui fantasme l’Italie avec du hip-hop dans l’oreille.

Depuis l’été, et jusqu’à la fin de l’année, quelques-unes des plus belles pièces de la discographie de Jean-Louis Murat sont rééditées en vinyle : les albums Dolorès, Le Manteau de pluie ou Mustango. Murat est un musicien qui a 40 ans de parcours derrière lui et qui a le panache de se remettre dans la position de l’autodidacte.

la suite à écouter... https://www.franceinter.fr/emissions/pop-co/pop-co-18-octobre-2018

 

Un étranger français étrange sur  FRANCE INTER, et une chanson inédite!

- Et à 9 heures, c'était au tour de Boomerang, qui nous a fait sentir des bing et des bang.

https://www.franceinter.fr/emissions/boomerang/boomerang-18-octobre-2018

Augustin sait très bien chercher notre Murat sans pour autant le pousser à l'esclandre. Je conteste un peu son commentaire de départ sur Murat qui ne serait pas rock. J'aime bien moi dire le contraire, même si ça se discute effectivement.

Bon début sur son côté sniper: Murat fait porter le chapeau aux auvergnats qui aiment clore les discussions rapidement. "on a d'autres choses à faire".

De la musique, la discussion se détourne un moment vers la "politique": Murat rappelle qu'il a écrit une chanson "je suis européen" (proposée à Julien Clerc)... mais que cette idée se défait, et que "le breixit est une façon dont les anglais ont de nous dire fuck, y compris musicalement, et c'est très humiliant comme tous les gars comme moi qui ont une imagination en langue anglaise".

Murat renouvelle son propos (il me semble que c'était récemment) sur ce qui le fait vibrer dans la musique: "quand le corps ne peut pas résister" et "qu'on se met à danser", la soul... (bon, on n'ironisera pas sur ses concerts actuels assis, le pied qui tape le sol, c'est aussi vibrer...)

Sur Kendrick, "il a une vie intérieure, c'est rare" ("même si sur scène, c'n'est pas terrible, c'est le problème du rap". "C'est un personnage de roman". Là, je me dis qu'il aime Lamar pour les mêmes raisons qu'on l'apprécie lui. D'ailleurs, il ajoute qu'il se sent très proche de lui et qu'il n'a pas ressenti la même chose depuis Dylan. Sur celui-ci, même s'il dit qu'il a un peu lâché l'affaire, il salue la longévité. " J'ai détesté que Roth s'arrête...J'aime les gens qui vont jusqu'au bout" comme les vieux bluesmen. 

- "Mylène, c'est de l'amour".

- le secret du renouvellement? "penser que tout ce qu'on a fait était de la daube", "avoir la force de caractère d'aller au fond". "C'est douloureux". Avoir la force de caractère de faire une dépression?

- "Être français"?  Là, encore, Murat parle de l'échec de l'europe, et d'un repli ou d'un retour vers "être français", cette impossibilité de se construire une nouvelle identité lui faire craindre "un ressassement", notamment en matière de "chansons françaises".

J'ai retrouvé ces citations pas forcement contradictoires avec ces propos:

En 2003: "L’Europe c’est une tragédie. Bon, je sais, j’ai écrit des chansons pro européennes, j’avais proposé à Julien Clerc un texte pro européen : Je suis un européen. Maintenant je me dis : « heureusement, il ne l’a jamais enregistré » ! Aujourd’hui, je suis anti européen à fond. Tout le monde se fout de la politique et je ne sais même pas ce que je pense… C’est vraiment pas un truc intéressant, hélas… Hélas, parce que c’est fondamental mais la politique de la France ça ne change rien à l’état du monde".
En 2006, au moment de Taormina : 

"Taormina, c'est la Sicile, l'Etna. Ça ressemble à chez nous, à la chaîne des Puys. Alors je suis sicilien, de Corleone, du Sud", puisque l'Auvergne est bien ancrée dans l'ancien pays d'Oc.  Brun, bouillonnant, jamais sanguin, montagnard inconditionnel, l'habitant du Puy-de-Dôme, entre "roche Sanadoire et roche Tuilière", a le goût du Sud - coup de patte en passant : "On flashe sur le modèle suédois, le modèle danois, alors qu'on s'y emmerde comme dans un film de Bergman." Murat s'emballe toujours en parlant, il fait loupe : prend un point précis et le grossit (exemple : " Imagine, de John Lennon, c'est une musique pour le Crédit agricole").  "Je me sens de moins en moins français, j'ai regardé la finale de la Coupe du monde de foot avec le maillot italien sur le dos. Je retrouve mon identité en étant étranger. Et depuis qu'on a créé les Etats-Unis d'Europe, je suis européen. Je détricote l'identité, et je prends l'option de l'étrangeté."

Cette dernière citation ressemble assez à ce qu'il dit ce matin. C'est un peu de storytelling me dit-on, pour quelqu'un qui disait avant tout de creuser son sillon dans un certain classicisme français?  Une vaine tentative d'associer la pop et la poésie? Bon, après tout, on est quand même tous des européens, putain, putain... même Shakespeare. Euh, est-ce que mes propos veulent dire quelque chose? Allez, continuons  la lecture...  [yeahhhhh, #teamChambé  #hand, on reste invaincu].
 
- "je me suis senti étranger" pour avoir senti la bouse (là, encore, il l'a dit sur radio nova).
 
-  Son attachement à Naples?  La possibilité d'être détruit... "être sur le qui-vive"
- "J'aimerais beaucoup retourner aux Etats-Unis, le sud..."
- "je ne veux pas devenir un chanteur AOP". "Je ne veux pas être autochtone"
- "Quand on est nostalgie d'une époque qu'on n'a pas connue, mieux vaut changer de pays".
 
- Augustin se lance dans une jolie description du physique de Murat.
- Quelques propos déjà entendus sur la grand-mère, la honte de sa mère sur son métier, la rencontre avec Nicholson  ("je regrette"), le fait de ne pas écrire de roman ("je ne me sens pas prêt)
- Oups, j'ai perdu le fil : discours sur la poésie...
- Anne Sylvestre, le plus grand auteur de chanson en français, Béranger... Je ne comprends pas trop le propos suivant, même si je crois que Murat confirme une partie de mon propos du début d'article: il se situe ailleurs, en étant dans le rock, qui refuse cette idée de "chanson républicaine".
 
- Et voilà la surprise annoncée: une reprise d'Anne SYLVESTRE, "un mur pour pleurer"..."une chanson qui date" mais  très actuel. Effectivement, une bien belle surprise (dommage qu'il chante sur une PBO un peu rachitique... J'imagine que du coup, il existe une version peut-être un peu plus aboutie quelque part, du côté de la malle, et c'est sans doute magnifique).
 
 
Et bien, c'était une émission intéressante sur le Murat du moment, étonnamment très séculier, pour un album très hors du temps, mais on comprend que tant l'époque que le cheminent personnel le conduit à "fouiller" profondément les temps.
 
 
 
 
 
 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 17 Octobre 2018

Note pour demain: Rebecca Manzoni « Pop & Co » le 18 octobre A écouter sur France Inter  à07h22

______________________________

 

J'ai fait une petite pause en pleine promo "ÉMOTICÔNE ANIMÉE Cheveux qui se dressent sur la tête", ÉMOTICÔNE grosse fatigue.

Maintenant, il faut s'y remettre... ÉMOTICÔNE Bon élève. ÉMOTICÔNE Pouce levé. Mais quand même, c'est aussi de votre faute...  Pas un petit compte-rendu de concert qui m'est parvenu! ÉMOTICÔNE bouderie. ÉMOTICÔNE fâché. EMOTICONE je vous avais prévenu, je vais arrêter les devoirs conjugaux.  Du coup, j'ai laissé filer l'affaire, et pris du bon temps ailleurs (je me suis protégé ne vous inquiétez pas). 

 

                                                                                    merci Rachel P.

1) CONCERTS 

Bon, du coup, cette année, vous n'aurez pas de points concert par concert. Je ne veux pas me consacrer à ça, c'est fort dommage. Puisque je trouvais important qu'on puisse continuer à mettre à jour le travail du LIEN DEFAIT, avec les set-listes et des comptes-rendus.

Je vous mets néanmoins deux comptes-rendus de Montpellier:  le premier par L. CACHARD, déçu par la durée du set. Ne pas entendre  "je me souviens"  est effectivement très difficile à avaler. Murat n'apprécie pas vraiment les obligations professionnelles, mais ne pas respecter celle-ci, c'est... difficilement compréhensible, même si on connaît bien sûr sa difficulté à chanter certains titres (le cafard pas exemple sur la dernière tournée).

http://laurentcachard.hautetfort.com/archive/2018/10/12/murat-au-conditionnel-passe.html

[...]Le trio Jimenez-Murat-Reynaud a toujours été la meilleure des formations, les musiciens se connaissant par cœur, humainement, le duo scrutant, en permanence, les mains du Bougnat, ses regards, ses choix soudains dans le song-book, pour américaniser. Car Murat a l’habitude, comme Dylan, de lancer des morceaux par des accords qui ne décident qu’au dernier moment la chanson qui va suivre, et il faut être là. Jimenez dans son groove particulier, rond et chaleureux, Reynaud tout en subtilité, on était entre nous, même s’il a fallu supporter le choc d’une formation assise, à son aise, sortant de repas – sauce au poivre trop épicé – pour entrer sur la scène du Rockstore à 20h30 pétantes. Pour deux heures de show, comme à Nantes, la veille, la première de la tournée du Il Francese. La salle mythique, un son parfait, un light-show idoine, oui, ça aurait pu être un concert inoubliable, surtout quand, dès les premiers morceaux (superbe « Achtung, baby ! » en ouverture), on comprend que Murat va s’adonner à un exercice qu’il goûte peu, ramener d’anciens morceaux à la surface, les réarranger à la sauce des nouveaux : « Mousse noire » est de la partie et, choc émotionnel ravivé, les premières notes de « l’amour qui passe » résonnent dans la salle. Murat est en voix, joue de labiales prolongées, siffle, maîtrise delays et voix de tête, à distance parfaite du micro. A l’habitude, pas de démonstration, la culture de l’air bougon, faussement surpris par la reconnaissance et les applaudissements chaleureux. Mais il sait qu’il l’emporte, le Boss (français), que sa formation, resserrée, sonne comme un très bon Neil Young. Les musiciens se chargent des chœurs pop et on ne regrette ni Morgane Imbeaud, ni Jennifer Charles pour remonter plus loin encore, à qui il dédie, un peu forcé par un de ces inénarrables fans qui veulent engager la conversation le sublime « Ami, amour, Amant », là aussi ressurgi du néant. Ça aurait pu être un concert parfait parce que les morceaux choisis du dernier album sont très bons, que « Hold-Up », ralenti et désélectronisé, est parfait, qu’il y a du Grand lièvre, du Tarn & Garonne, qu’assis, ils vont pouvoir tenir plus longtemps, et tant pis si le public est vieillissant… Ça a même été parfait jusqu’à la pause, au bout d’une heure, le temps d’un rappel hors d’âge, si, revenant, le Murat n’avait pas commencé à soigner sa sortie, en l’annonçant une fois, deux fois puis, à peine un couplet du « Jour du Jaguar » embriqué dans « Il neige », sans tenir compte du synthé que le technicien venait de lui installer, en quittant définitivement le plateau. Sans scandale, au bout d’1h30 de concert, sinon celui du prix pratiqué et des morceaux de choix du finale – « Je me souviens » – non joués. Huit, au total, si l’on se fie à la play-list, demandée en fin de concert. Huit morceaux, une demi-heure, celle de Nantes. Lire (le début et la suite) sur http://laurentcachard.hautetfort.com/archive/2018/10/12/murat-au-conditionnel-passe.html

 

Le deuxième "sans fausses notes" par https://lartvues.com/concert-de-jean-louis-murat-rockstore-a-montpellier/

Salle plutôt intimiste, accompagnement limité à une basse et une batterie, une heure et demie sans la moindre pause : tout était réuni pour que le concert de Jean-Louis Murat au Rockstore se déroule dans la sobriété et l’empathie que suscite la proximité. Le public ne fut pas déçu même si on sentit le chanteur concentré sur son tour de chant, ses partitions, son jeu de guitare reconnaissable entre tous. En fait, on savait qu’il s’agissait pour lui de faire la promotion de son dernier disque, Il Francese, encensé par la critique mais, à l’instar des précédents quelque peu boudé par le public. Murat privilégia donc les morceaux qui passent aisément la barrière du studio pour s’essayer aux nécessités de la prestation publique (on pense à Achtung, Hold-up ou le magnifique Rendre l’âme). Mais il nous gratifia aussi de quelques fleurons de son répertoire, parfois empruntés à ses premiers CD, du temps de sa gloire (L’amour qui passe) ou du moins à ses anciens qui n’ont rien perdu de leur capacité de séduction et passent facilement la rampe du temps (Mousse noire, Les voyageurs perdus. Il neige – en rappel…). L’ensemble donne ainsi une impression de cohérence et de continuité. J.L Murat communique peu avec son public. Il n’a pas besoin de cela. La pureté de sa voix si particulière, si aisément reconnaissable et surtout sans la moindre défaillance suffit à maintenir la fascination. Les textes sont souvent inattendus, originaux, en décalage avec ce qui se produit en général et qui est censé être ingurgité sans effort de compréhension. Les textes de J.L Murat résistent à l’interprétation immédiate. Les mélodies sont en général superbes et soignées, l’artiste se permettant certaines modulations vocales que l’on sent authentiques et non préfabriquées. Le chanteur vit ce qu’il chante et montre ainsi qu’il demeure au plus près de ce monde qu’il a créé, quelque peu distinct du nôtre, si condamnable à certains égards. En jeans et bottes de cow-boy à l’âme fière CAD auvergnate, sa chemise sans cravates ni veste superflu, Murat donne l’impression d’avoir quitté inopinément quelque ferme afin de s’inviter dans le nôtre, mais pas de s’y mêler. On pense à un dandy rural qui condescendrait à nous entretenir du fruit de ses méditations poétiques mais refuserait nos règle, nos attendes dérisoires. Il demeure assis tout au long du concert, comme un qui serait venu chez chacun de nous, faire partager un moment d’intimité rare. C’est ce qui fait que ce chanteur, plus que tout autre, et justement parce qu’il ne rencontre pas la reconnaissance générale méritée, nous semble si attachant et ses réalisations si précieuses. BTN

EDIT- OUPS... Je n'avais pas vu que Patrice m'avait envoyé son live-report! Mince! EMOTICONE HONTE....  Le voici.  Merci PATRICE!!

Concert à Montpellier, du 11/10 au Rockstore, Internationales de la guitare.
Petite salle , 400? personnes ,durée 1H30;
Par rapport à la set-list de Nantes, 13 chansons,pas de BEN ni de Il faut s'en aller, 2 en rappel ,pas de JE ME SOUVIENS ni d'inédits.
PLAISIR et DECEPTION !!
PLAISIR parce que retrouver JLM après 3 ans,tournée BABEL/MORITURI,cela fait du bien.
Parce que Ami Amour Amant était excellente,mieux que sur MURAGOSTANG, IL NEIGE,sublime,
malaxée avec LES JOURS DU JAGUAR,la seule où le public ,reconnaissant l'intro , a applaudi pendant,
c'est dire l'attente...
KIDS,GAZOLINE de bonne facture.Sur cette dernière,rare échange de JLM avec le public:"le patraque
c'est DYLAN et KENDRICK...il faut que j'explique si je veux vendre des disques."ou après une intro,seul
à la guitare:"je gratte la guitare...je suis aux Internationales de la guitare..."
Quelques "On t'aime",habituels fusent.
TARN ET GARONNE,MALADIE D'AMOUR,OVER AND OVER bien menées.
DECEPTION:
Sur beaucoup de chansons,sa voix,grave (trop !) était dominée par les guitares et cette façon de forcer
sa voix,nous ne l'avions plus entendue depuis avant la tournée TOBOGGAN de 2013;Quel dommage !
Déjà sur les 2 premières chansons,des échos intempestifs,MURAT,agacé sur CINEVOX ,regardant vers les techniciens.
6 chansons d"IL FRANCESE sur 15,ce n'est pas beaucoup pour lancer le disque,surtout jouées comme cela en puissance,sauf HOLD UPen langueur...
Les anciennes,MOUSSE NOIRE,TEL EST PRIS,L'AMOUR QUI PASSE manquant d'inspirationet d'envie et VOYAGEURS PERDUS sans relief.
RENDRE L'AME presque inaudible,la batterie trop mordante.
Et surtout,suite au rappel convenu,les claviers étant amenés,après IL NEIGE et OVER,tout le public attendait JE ME SOUVIENS,JLM salue de la main,s'en va .10mn d'applaudissements de re-rappel;
RIEN! Fini. CELA NE SE FAIT PAS !
Vraiment pas sûr qu'un spectateur néophyte de MURAT ait aimé ce concert.
Il repasse,dans notre région,près d'AVIGNON,le 24/11,pour la première fois en 15 concerts suivis de
JLM,ma femme et moi n'avons pas envie de cette deuxième chance !
Espérons, pour tous les autres concerts à venir, un MURAT plus concerné, aux choix techniques et musicaux plus judicieux pour défendre IL FRANCESE qui le mérite.
Plaisanterie lâchée par JLM,dans la présentation d'une chanson "...débrouillez-vous!"
Pas tout le temps.

2) VENTES "il francese"

On est le premier avril? Mon fournisseur me fait une blague? Je vous disais que Mylène Farmer avait fait un beau carton en première semaine... mais elle descend à la 2e place.. pour un truc dont je n'ai jamais entendu parler: 3 cafés gourmands... avec 29 000 disques!  A noter néanmoins, l'excellent score d'Angèle (3e) avec 22 000, et l'entrée pas fameuse de l'abbé Dominique (à lire sur le blog de Vignol, par ailleurs très élogieux sur Angèle justement). Sur le classement incluant ventes et streaming, Dom réalise 3266 (400 de plus que Murat en première semaine).

Sur ce même classement, Murat passe déjà au 94e rang (36 en 1er semaine), et ne vent que 970 disques (878 physiques, 49 download, et 43 streaming. Il est 50e sur le classement "physique et download". Murat ne parvient donc pas à séduire, notamment les programmateurs radio...

3) Chronique chez Benzinemag:

A lire, merci,  dans son milieu naturel sur le site https://www.benzinemag.net/2018/10/13/avec-il-francese-murat-reprend-hauteur/  

"Imaginons que le « j’en sais rien » de l’introduction du dernier album de notre cher Jean-Louis (Murat) soit l’écho français (franco-italien ?) au récent « I Don’t Know » de notre encore plus cher Paulo (McCa) : nous vivons en des temps incertains, et quel que soit notre âge, la tête nous tourne. A cela s’ajoute forcément le doute chez JL Bergheaud, car après des débuts difficiles et une confirmation tardive d’un succès commercial qui resta quand même mitigé, et malgré un talent reconnu et une dizaine d’albums excellents explorant différents formats « rock » et « chanson », le plateau (de popularité) atteint semble désormais interminable. Alors, qu’est-ce qui a foiré ? Et surtout, que faire, maintenant ?

"Le précédent album, Travaux sur la N89, montrait une volonté inédite chez le soi-disant « ermite » épris de nature et de solitude d’ouverture à des sons contemporains, électro-jazz, et un attrait nouveau pour une forme plus libre. L’abandon quasi total de la mélodie, typique de cet artisanat pop dont Murat reste l’un des plus beaux exemples français, condamnait néanmoins cette tentative à l’échec, l’auditeur se fatigant rapidement de ce qui paraissait avant tout un exercice de style. Il Francese, pour ne pas constituer encore la grande réussite qui pourrait répondre à toutes les questions et relancer la carrière de Murat, propose une passionnante évolution par rapport à Travaux sur la N89… D’abord, parce qu’il contient au moins deux chansons très accrocheuses, Achtung, en ouverture, et surtout l’irrésistible Hold Up, qui bénéficie aussi du chant toujours gracieux de Morgane Imbeaud, et qui déploie une efficacité mélodique et rythmique remarquable. Deux chansons qui nous rassurent quant à la vitalité de l’inspiration de Murat et constituent deux solides piliers autour desquels déployer les volutes électroniques, artificielles et paradoxales des autres morceaux, plus déstructurés, voire expérimentaux parfois.

En retrouvant un format de chansons plus traditionnel sans abandonner les nouvelles sonorités développées dans l’album précédent, en confrontant ses mêmes thèmes éternels – la Nature, l’Histoire, l’Amour – à une musique « actualisée » – électronique surtout, chaotique parfois, stimulante toujours -, Murat semble près de résoudre la quadrature de son propre cercle. L’album souffre malheureusement d’un « ventre mou » avec quatre ou cinq titres plus flous, avant de se reprendre avec un final grandiose : Je me Souviens, moment à très haut degré d’émotion, nous permet de retrouver, in extremis, le GRAND compositeur que nous aimons, l’un des plus beaux artistes français depuis plusieurs décennies. Cette chanson magnifique, peut-être un hommage à un compagnon de route récemment disparu, peut d’ailleurs être accusée de contredire tout ce qui précède, de déséquilibrer encore plus la trajectoire clairement incertaine de Il Francese, mais peu importe finalement : il s’agit là de l’un de ces fameux « albums de transition », imparfaits mais tellement féconds, qui sont en général tout à l’honneur de leurs concepteurs.

Murat ne sait pas bien ce qu’il fait là, ne comprend pas clairement ce qui a foiré, quand et où… Mais le fait qu’il ne se résolve pas pour autant à faire du surplace est cette fois splendide. Le doute est fécond, toujours.

Très très bonne note pour 3 chansons! Il est vrai mes préférées aussi.

 

4) Chronique chez Sunburnsout par Benjamin Berton, qui fait juste une petite erreur en parlant de Kanie west au lieu de K. LAMAR.  A lire sur leur joli site : cliquez, cliquez: https://www.sunburnsout.com/jean-louis-murat-il-francese-pias/#comment-5346

note:6.8
 
 

Jean-Louis Murat - Il FranceseLa discographie de Jean-Louis Murat s’organise comme un vaste cabinet de curiosités où s’accumulent des albums de chanson poétique, des disques de pop, quelques chefs d’œuvre et des bizarreries expérimentales qu’on ne conseillerait pas à nos meilleurs amis. L’Auvergnat, de 66 ans, a su garder une créativité de jeune homme. Arrivé à la notoriété sur le tard, Murat n’a jamais cessé d’occuper la marge, s’imposant par la grâce et la magie d’une poésie que d’aucuns ont toujours trouvée urticaire et à la limite du supportable mais qui renvoie sûrement à des schémas de composition venus des siècles précédents. Après un Travaux sur la N89, sorti à l’automne 2017, qui nous avait laissé de marbre et fait devenir chèvre, Il Francese sonne, d’une manière audacieuse, le retour aux valeurs sûres.

Faut-il considérer avec Murat que tout est affaire de chansons ? C’est lui qui l’a dit pendant des années, son horizon ne dépasse qu’assez rarement la composition suivante. Et il y a bien quelques chansons sur Il Francese, projet suscité (nous raconte-t-on) par la soudaine admiration éprouvée par Murat pour Kanye West. Kanye West, oui, ce qui explique sûrement et peut-être bien l’irruption amusante de sonorités électroniques dans un album qui sent aussi bon le terroir que les précédents. L’entrée en matière, Achtung, est à elle seule une chanson qui vaut le déplacement. Le chant est alerte, la rythmique plutôt emballante et le texte démarre par  « Un jour où ils nous rouvriront la boucherie. C’est la bête elle-même qui me l’a dit. » que seul Murat est capable de chanter sérieusement sans que cela nous paraisse bizarre. Véritable boucherie ou bête immonde ? Il y a une telle facilité dans l’écriture, une telle élégance qui se dégage du morceau qu’on n’en croit pas nos oreilles. Entre les paroles un brin hermétiques, le faux rythme et maintenant les arrangements électro d’arrière-plan, on se demande souvent ce qu’on est venu faire là, sans pouvoir s’en échapper, ni nous sortir de la tête qu’il y a là quelque chose de précieux et d’intéressant. Murat alterne les belles réussites comme le magnifique Cinevox (et son autotune royal), l’excellent La Treizième Porte, peut-être la plus belle chanson du disque, et des choses plus difficilement écoutables à l’image du complaisant Sweet Lorraine, agaçant et affecté, ou d’un Marguerite de Valois qui ne mène nulle part.

Le disque évoque d’anciennes obsessions du chanteur : Marguerite de Valois, donnée ici dans une version western qui nous renvoie elle-même à la poésie de Dolorès (1996), le roi de Naples Murat, homonyme du Quercy bonapartien dont on croise la métaphore et quelques autres. Les titres sont alignés sans idée de manœuvre véritable et manquent d’homogénéité. Le « d’où vient Murat ? » qui pourrait être avancé comme le thème fédérateur du tout ne tient pas. Les comptes se règlent vers à vers et presque au mot à mot. Le single Holp Up, chanté en duo avec Morgane Imbeaud, en est une belle illustration. Infiniment plus pop que le reste de l’album, il semble enregistré « un ton au-dessus » comme cela se pratiquait dans les années 60, comme si il s’agissait de faire ressortir le titre fort parmi les titres. Kids est un morceau ample où l’on croise le fantôme des Kids (United), le renard qui file comme dans cent autres morceaux de l’Auvergnat et quelque chose qui ressemble à l’amour. Entre le refrain mantra « Please i got a message for you » et l’inspiration rurale, auquel Murat ajoute une production « à l’américaine », le spectacle est aussi grandiose que déconcertant. On ne peut pas dire que Murat réussisse à réconcilier modernité et archaïsme mais plutôt qu’il les fait cohabiter dans un même espace en en soulignant les coutures pour mieux les faire sauter. La tentative qu’il poursuit depuis une demi-douzaine d’albums est bien de montrer en quoi le son évolue, en quoi il n’est rien d’autre qu’une convention non conventionnelle que l’on doit traiter sans respect excessif, quitte à faire n’importe quoi avec. Sans doute est-il difficile de soutenir un projet esthétique autour de ça, ce qui peut expliquer nos hésitations à en rendre compte désormais.

La modernité est un leurre, c’est un attrape gogo. Tout est ancien et ancré dans la tradition. Toute tentative de faire du neuf est anéantie par son rattachement à la terre et la force antique de la poésie. La démonstration est si radicale que Murat n’hésite pas à nous précipiter dans l’horreur avec un morceau affreux comme Gazoline, mêlant une scansion d’antan à des sonorités faussement modernes. Il est assez paradoxal que, malgré les expérimentations et les dynamitages qui nous font parfois penser à un Pere Ubu rural (Silvana cuivré), les morceaux qu’on retient ici sont ceux qui s’approchent le plus près d’une chanson française fantasmée et à laquelle le souvenir de Murat sera attaché pour l’éternité.

On finit à l’écoute du beau Rendre l’âme et du chef d’œuvre qu’est Je me souviens, son titre le plus fort depuis plus de dix ans, par réaliser que tout le cirque orchestré par Murat, toutes ses outrances et toutes ses excentricités musicales n’ont jamais fait que nous ramener à ses chansons les plus simples et les moins arrangées. L’Auvergnat a beau faire le spectacle et tenter l’impossible. On l’a condamné depuis vingt ans à chanter des poèmes à la guitare ou sur un manteau de pluie. Il Francese est comme un exercice de gymnastique intempestif dont la seule utilité véritable est de nous ramener aux cinq ou six titres ici où rien ne bouge et tout s’émerveille

LE LIEN EN PLUS

On retrouve la discussion de brasserie parisienne (on apprend qui a mal aux dents, qui a une Peugeot...) entre Valérie Lehoux, Sophie Delassein, et le journaliste de l'express Gilles Médioni, désormais sur Radio Neo:

C'est en fin d'émission.

http://www.radioneo.org/fr/podcasts/view/1157/ricochets-branche-les-sonos

A noter la bonne blague d'Olivier Bas: "je ne sais plus qui disait : quand je ne peux pas dormir, je compte les albums de Jean-Louis Murat". Il cite ensuite "Deshoulières" comme un album inoubliable. A part ça, on connaissait déjà les avis de Valérie et Sophie, même si entendre la première défendre Murat est agréable (elle était très lassée dit-elle précédemment). Elle va même jusqu'à dire que le disque est "politique" (à propos de Hold up). Quant à Sophie, c'est incompréhensible: elle dit ne pas avoir entendu les paroles. Elle réagit ensuite sur la surproduction de Murat s'offusquant sur le fait d'écrire une chanson par jour... "au bout d'un moment,c'est le marronnier".

Quant à Gilles, dont on n'a pas vu d'article, il se range plutôt du côté de Valérie, même s'il indique avoir eu du mal à entrer dans le disque.  Il est très fier de son expression, jolie : "Murat écrit sur du papier brouillard". Il insiste ensuite sur le côté "référence" de Murat, le grand auteur de chansons, avec une science des mots.

Il y a quelques bribes de discussion intéressante ensuite sur ses autoportraits (égocentrisme ou travail sur ses états d'âme, la mise en scène d'un personnage public?).

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Rédigé par Pierrot

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