Publié le 31 Mai 2022

Bon, en attendant de pouvoir choper une place pour Bruce à Paris (je suis bloqué à 67% dans la file d'attente), je vais commencer un petit article...

D'abord, je tiens quand même à revenir sur l'article précédent, sur lequel on a bien bossé avec Florence, enfin surtout elle, et elle nous a rapporté quand même une interview inédite du Boss du 63... de deux questions certes... SCOOP EXCLUSIF: "sur un trottoir, Murat nous dit qu'il vit avec un homme depuis 30 ans!"

Pour les retardataires, c'est à relire ici.  Le prix Nobel VS NAIPAUL compte moins de lecteurs que Marc Levy en France, mais cet article est aussi une belle chronique sur Morituri.

 

1) ILS AIMENT MURAT

a- Pour rappel, AURA aime Murat, le vinyle est arrivé... Pas chez moi, mais je devrais récupérer le mien vendredi. TIRAGE 100 exemplaires!! Un objet de collection à se procurer : paypal  paypal   22 titres! Attention: il en reste 40 seulement!   Le CD 16 titres est bien sûr lui aussi disponible. On attend la chronique dans Francofans prochainement et un grand dossier dans HEXAGONE en juin!  

 

 

b- Voici un extrait d'une interview de Helmut Tellier de la maison tellier, que l'on savait déjà amateur de Jean-Louis Murat. Il joue aussi dans ANIMAL TRISTE avec le batteur Matthieu Pigné, dont on a régulièrement parlé ici. 

https://jesuismusique.com/2022/04/09/jsm-40-la-maison-tellier-atlas/

Où situerais-tu La Maison Tellier dans la cartographie de la chanson française ?

Je crois que justement « A7LAS », de par son nom, de par son visuel et de par ce que ça raconte essaie d’inventer une géographie et un folklore qui sont les nôtres. On ne s’inscrit pas dans quelque chose de déjà existant parce que c’est très compliqué finalement. Dans la musique que l’on fait, il n’y a pas vraiment de famille mais on y retrouve des représentants comme Moriarty, Emily Loizeau, Baptiste W. Hamon, Murat…

Ce sont des références pour toi ?

Oui. Concernant Murat, on a travaillé avec Pascal Mondaz à la réalisation et à la prise de son de « A7LAS » qui avait bossé avec lui sur l’album « Babel » (ndlr. Sorti en 2014) avec le Delano Orchestra. Il voulait marier des musiques très ancrées en Amérique avec un langage très ancré en France et plutôt fin de 19e. Et ça, ça me touche beaucoup. Chez Murat, il n’y a pas forcément de constance, et c’est normal depuis le temps qu’il fait des albums, mais par contre, il y a des éclairs de pur génie : il y a des trouvailles qui me mettent par terre, quelque chose de très, très brillant qui me touche en plein cœur. Je trouve qu’il n’y a pas tellement d’équivalent dans la chanson française quand il produit cet éclair de génie.

J'ajoute aussi ceci cette interrogation sur la langue française:

J’essaie toujours de me figurer des artistes qui chantent en français ou des groupes qui seraient dans quelque chose de joyeux dans leurs paroles, sans parler de musique… avec un truc de qualité qui nous plaît. Et j’en viens à me dire que c’est la langue française aussi qui ne s’accommode pas vraiment du « youpi tralala». C’est une langue qui amène à la gravité, et c’est pareil dans la poésie. Regarde Baudelaire, Rimbaud, René Char par exemple… Est-ce que les Français ont tous le blues depuis toujours ? Ou est-ce que c’est notre langue qui veut ça ?…

 

 

c- Bertrand Betsch avait déjà repris "Tout est dit" pour un disque de reprises. Il récidive dans un CD réservé aux contributeurs de son nouveau disque (200 ex). Et il fait le choix d'un titre plus rare, puisqu'on peut le classer dans les "inédits disque": "PRIERE POUR M". Denis est crédité en tant que co-compositeur.  Le titre a été diffusé sur une compil "un printemps 90", et chanté à Paris en 94.  La reprise est assez jolie, plutôt guitare, mais ponctué d'un joli pont de piano, avant qu'une orchestration plus forte synthétique ne s'impose.

Jukebox Babe Vol. 1  sortira tout de même en numérique le 23 septembre 2022. Avec aussi du Manset  (revivre) et Bashung.

 Album: "j'ai horreur de l'amour" son album : https://microcultures.bandcamp.com/album/jai-horreur-de-lamour

En attendant de pouvoir vous diffuser la reprise, voici l'original plus atmosphérique, dans le style de l'époque "Murat en plein air".

 

2)  Chronique de TAORMINA... sortie en vinyle, il n'y a pas si longtemps.

A lire ici : https://mauvaiselangue.com/2022/05/27/arvernicana/

extrait:

"Ce qu’on en pense :

Le rock français, personne ne sait ce que c’est. A part peut être les fans de Johnny Hallyday, mais personnellement on n’à toujours pas compris.

D’abord, Jean-Philippe Smet était Belge. Bon d’accord il a été naturalisé Français, mais ça l’a tellement concerné qu’il a tout fait pour ne pas payer d’impôts en France, ce qui, en soi, est un motif d’excommunication. Et si on considère que le Rock’n’Roll c’est Little Richard, les Stones ou The Jon Spencer Blues Explosion, on ne voit pas le rapport. En fait on se demande si Johnny Hallyday n’était pas plus proche de la catastrophe naturelle que du chanteur de variétés.

La chanson française par contre, on sait ce que c’est. Et le seul « groupe de rock » français qui ait jamais pu prétendre à l’appellation (Noir Désir) à fini sa carrière en se rapprochant plus du registre de Léo Ferré que de celui des New York Dolls.

Il est par contre certain que les artistes français voulant exercer dans le champ de la musique pop ne peuvent pas s’extraire de 70 ans musique populaire anglo-saxonne.

Il y a alors deux attitudes :

  • Soit se considérer comme étant de la filiation d’artistes comme Brel, Brassens ou Barbara et creuser le sillon en considérant que ces choses là ne sont pas périmées. Bon courage, mais pourquoi pas.

  • Soit considérer qu’on fait de la musique pop à l’aune de sa condition de « non-anglo-saxon », mais en ayant une parfaite connaissance du sujet.

C’est la deuxième voie qu’a suivi Jean-Louis Murat, voulant écrire des chansons « de là où il parle », comme on dit sur les plateaux télé, tout en sachant tout de Tony Joe White, Wilson Pickett, Mark Hollis ou Robert Wyatt. A notre connaissance, c’est le seul à l’avoir fait, avec peut être Alain Bashung.

L’avantage avec cette attitude, c’est qu’on se débarrasse des grimaces « pop music/rock’n’roll » pour faire valoir la spécificité de la chanson française : sa langue. (ok, on va faire comme si Dylan n’existait pas). Et dans ce domaine, Jean-Louis Murat sait de quoi il parle.

Sur ce disque, édité pour la première fois en vinyle, il y a tout ce que l’on aime chez lui: les textes riches, le vouvoiement amoureux, le grain de la voix, la production soignée et l’évocation subliminale de la musique anglo-saxonne qui l’a nourri.

Ajouté à cela des compositions, un son et un groupe qui donne l’impression d’une correspondance avec la production de Neil Young. Le même format, la même attitude mais modelée par un terreau différent. Ce n’est pas rien.

 

Voici à propos de TAORMINA la reprise de DA CAPO en instrumental de GENGIS (disponible en numérique et sur le vinyle AURA AIME MURAT), un titre improvisé nous rappelait JLM en coulisse quand le disque lui a été remis.

 

3) Pendant ce temps-là sur twitter:

Une citation de Murat avait déjà fait le tour du monde,  sur Zidane. J'en découvre trois autres traduites en anglais:

ils aiment Murat, chronique Taormina, et sur twitter...

Enfin, on savait que poster DOLORES entrainait des problèmes sur facebook du fait de seins qu'on ne peut pas voir, mais  il paraîtrait qu'on peut être bloqué sur twitter si on poste "suicidez-vous le peuple est mort"... Depuis 1981, les choses n'ont donc pas changées... et nous qui pensions que ça avait empiré...

LE LIEN EN PLUS

Saluons l'ami Vincent Raymond qui quand il n'interviewe pas Murat en Forum FNAC ou au Toboggan, écrit sur le cinéma, mais ça laisse des traces :

Juste avant qu’elle ne s’achève, évoquons cette rétrospective Terrence Malick accueillie par l’Institut Lumière qui donne l’occasion, comme dirait Jean-Louis Murat, de « fréquenter la beauté ». Car si l’insondable cinéaste peut parfois laisser son public pantois avec ses fables panthéistes mêlant dans un savant macramé narratif récits, époques, voix, destins et personnages, il ne déçoit jamais l’œil : il fait partie de ses rares auteurs à avoir un style (ou des “tics“ se reconnaissant au premier regard).

https://www.petit-bulletin.fr/lyon/article-71669-Terrence+Malick++finir+(un+cycle)+en+beaute+a+l+Institut+Lumiere.html

 

PS: J'ai réussi, j'ai une place pour Sprinsteen dans un an... Ancrage New-Jersey, vs Ancrage auvergnat....

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2021 BUCK JOHN, #2021 Aura aime Murat

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Publié le 25 Mai 2022

- Allo, Madame D. ? Oui, c’est Paulo ! Je suis sur le cul… enfin… la culture… Ça marche plutôt bien en terme d’affluence… même si je me demande si les photos du gars avec ses yeux bleus pénétrants, ça n’y joue pas pour beaucoup.  On va faire la nique à Babelio si ça continue. Bon, là, je te file encore une mission finger in ze noz, du tout cuit, je te dis. Écoute moi ça :

J’ai une bibliothèque qui repose beaucoup sur V.S. Naipaul. Son livre sur les gens du Sud des Etats-Unis est absolument sensationnel. Son livre sur l’Afrique, ou son livre sur la Jamaïque, aussi. J’ai écrit beaucoup de chansons tirées de son livre sur la Jamaïque (les choix culturels de Jean-Louis Murat, Vive la culture, novembre 2018).    

“Beaucoup de chansons”! On va enfin percer le mystère de certains titres ! De quoi ? Tu n’es pas sûre d’aimer Naipaul ? Tu crois que je t'appelle pour des articles que je peux faire moi-même et m'embêter avec des auxiliaires ? Moi aussi le livre m'est tombé des mains. Mais je te fais une fleur, je te laisse tout le temps pour commencer à apprécier. Pas de pression, remise du texte le 10 mai à 8h.

 

 

Dire son époque : J.L. Murat et V.S. Naipaul

Tout amateur de Murat soucieux de lui conserver toute son admiration a appris à se détacher de ses interviews : provocations multiples – certes parfois drôles et bienvenues - , affirmations contradictoires, talent éprouvé à se saborder et provoquer la consternation des plus fidèles…

Mais est-il invité à s’exprimer sur son travail, ses goûts, ses admirations ? On le retrouve inspiré, généreux, partageur : nourrissant. Parlant musique, cinéma ou littérature, il sait susciter le désir de la découverte. Rendre curieux, jolie réussite pour celui qui aurait voulu être prof… 

Marcher dans ses traces, c’est s’engager sur des terrains amples et variés, même si l’on circonscrit l’exploration aux sources d’inspiration proclamées, des films de Pixar  à l’Histoire d’un ruisseau d’Elisée Reclus, ou encore à Vidiadhar Surajprasad Naipaul. C’est aussi risquer de s’égarer : l’animal est facétieux, et semble s’amuser à brouiller les pistes. Faisons donc le pari de le croire sur parole lorsqu’il affirme dans cette interview qu’il a écrit plusieurs chansons inspirées par le roman Guérilleros, et osons quelques hypothèses…

Guérilleros

Passons rapidement sur le fait qu’à l’image de celui que le New-Yorker a appelé “l’effroyable Monsieur Naipaul” sont attachées déclarations retentissantes et anecdotes déplaisantes, qui tendent parfois à prendre le pas sur l’examen de son œuvre et de son parcours, de sa naissance dans la communauté indienne de l’île de Trinidad en 1932 à son œuvre riche d’une trentaine d’ouvrages et au prix Nobel de littérature en 2001. Son regard sans illusion sur les sociétés post-coloniales qu’il s’est attaché à décrire et à comprendre dans ses ouvrages – romans, nouvelles, reportages, récits de voyage, dans un style qui estompe la frontière entre fiction et documentaire - a pu également susciter discussions et controverses. 

Venons-en plutôt au roman cité par Murat : Guérilleros, donc, publié en 1975. Il a pour cadre la capitale d’une île qui ressemble à la Jamaïque, dont la géographie dit l’histoire et le destin, aux lendemains de l’indépendance. Au centre la vieille ville coloniale aujourd’hui décatie, où l’hôtel de luxe a perdu de sa superbe ; le port et la carrière de bauxite exploitée par les Américains, et plus loin, au mouillage, leurs navires de guerre ; au pied de la colline, les quartiers populaires, pittoresques uniquement sur les gravures pour touristes : les communautés et les familles depuis longtemps dispersées, les jeunes gens errent sans repère et sans règles dans les rues tortueuses et sales d’où sourd une menace constante. Plus haut, le Ridge, quartier aisé où vivent les anciens colons et les travailleurs étrangers, inquiets de la fragilité de leur position et quittant les uns après les autres un lieu devenu instable et inquiétant. Et enfin à la périphérie, après l’ancienne zone industrielle à l’abandon, vers la forêt, un vaste espace défriché proclamé “communauté du peuple pour la terre et la révolution”.

… Jusqu’ici, on s’imagine plus dans une chanson de Bernard Lavilliers ou de Gérard Manset…  Mais poursuivons…

Le roman s’organise autour de trois personnages principaux. James Ahmed d’abord, révolutionnaire métis issu de l’île. Considéré comme une figure de la défense de la cause noire, il est devenu célèbre en Angleterre, puis est revenu sur son île natale après avoir été accusé de viol. A la tête de la commune agricole, il règne sur un territoire en déshérence, des jeunes hommes inquiétants et désespérés. Il reçoit régulièrement la visite de Peter Roche, venu d’Angleterre, chargé par une entreprise locale de superviser le projet – et surveiller de près son initiateur. Roche vit sur le Ridge avec Jane, sa maîtresse, qui sitôt arrivée de Londres a compris qu’elle avait commis une erreur en suivant un homme qu’elle avait cessé d’admirer. Entre elle et James Ahmed va se nouer un jeu trouble et tragique.

Le roman raconte les désillusions qui ont suivi l’indépendance, un monde post-colonial mais qui reste sous tutelle. Les Américains contrôlent la principale ressource économique, la carrière de bauxite. L’empreinte de Londres est toujours bien présente. Même le projet révolutionnaire de commune agricole est soutenu et contrôlé par une entreprise dont la fortune a été bâtie sur l’esclavage. 

C’est un monde confus, sans direction ni idéal qui est peint. Les personnages, faute de savoir qui ils sont, ou parce qu’ils le savent trop, se mentent, à eux-mêmes, aux autres, ou jouent un rôle auquel ils se laissent prendre. Roche, opposant au régime de l’Apartheid, a été torturé en Afrique du Sud, mais loin de l’intellectuel militant ou de l’homme d’action, il se laisse porter par les événements, et ne peut que constater la vanité de ses actes. Jane, sa maîtresse, est un personnage sans mémoire, sans cohérence, qui adopte les façons de parler de ses amants successifs ; son assurance se nourrit de la sécurité que lui procure le fait d’être anglaise, mais aussi de son incapacité à se connaître. James Ahmed oscille entre l’identification à son image de leader révolutionnaire craint de tous, la conscience d’être instrumentalisé, et le désespoir d’être resté cet enfant né dans une arrière-boutique chinoise qui voit que tout lui échappe. Même un personnage qui en impose dans un premier temps par sa stature et ses convictions, Meredith, homme politique noir natif de l’île, est souvent décrit comme un comédien, insaisissable, manipulateur, volontiers cynique, et soupçonné par les autres d’avoir peu de maîtrise sur les événements.

 

Composer avec l’air du temps

Et alors, Murat dans tout cela ? Il y a loin de cette île des Caraïbes à sa géographie familière, et plus loin encore des Etats nouvellement indépendants à la France contemporaine. Pourtant sa démarche, son regard viennent parfois rencontrer ceux de l’écrivain qu’il admire. Il loue en Naipaul ce qu’il appelle son talent de journaliste, témoin de son temps (d’ailleurs Guérilleros est à l’origine un fait divers survenu à Trinidad en 1972, dont Naipaul a dans un premier temps rendu compte sous la forme d’une longue enquête), et lui se fait aussi chroniqueur du monde paysan, en passe de disparaître. Élargissant la perspective, il s’est fugitivement essayé à la chanson militante, quand il allait à Vitrolles chanter contre le Front National (« Les gonzesses et les pédés »), ou soutenait les Gilets jaunes en 2020. Mais dans son évocation de la France contemporaine, elles sont finalement rares les chansons si précisément situées, et si univoques. Lorsqu’il publie Morituri, un album imprégné des attentats de l’année 2015, il adopte un point de vue très englobant, procédant par formules générales : il parle volontiers de “tout” ou de “chacun” ou s’adresse à un “tu” sans référent.  Pas de récit ou de description, un climat plutôt, comme pour laisser ouvertes toutes les interprétations possibles : à chacun d’y superposer des lieux, des noms, des événements. Les titres mêmes de l’album et des chansons, « French Lynx », « La Nuit sur l’Himalaya », jouent sur le décalage spatial et temporel, récusant tout effet immédiat de miroir. Et, alors même que Naipaul, pour qui le roman est un instrument d’élucidation du réel, refuse toute abstraction, c’est précisément par ce gommage référentiel que, semble-t-il, Murat peut le rejoindre lorsqu’il cherche à saisir l’atmosphère du monde qui l’entoure.  C'est ainsi que le “Tout est d’impuissance et de fausseté” de « La Nuit sur L’Himalaya », ou le “Tout est vain et cruel” de « French Lynx » pourraient faire aussi de parfaites épigraphes à Guérilleros.

“Le monde est ce qu’il est”

Force est en effet de constater que lorsque dans ses derniers albums Murat capte l’air de notre époque, il retrouve l’état des lieux dressé ailleurs et naguère par Naipaul. Le sentiment d’être piégé envahit tous les personnages de Guérilleros ? “Chacun dans ce monde est un prisonnier” déclare de façon définitive « La Nuit sur L’Himalaya ». Pire, “Tous sont encore esclaves”, renchérit « French Lynx ». Quand Naipaul met en évidence une inconsistance généralisée, « French Lynx » s’adresse à un contemporain anonyme : “Vite tu penses une chose, tu penses son contraire, tu passes ton temps à faire encore plus à défaire”. Règnent alors les images creuses, les illusions sur soi, la perte de tout repère. “Tu rumines au sextant, tu te crois indigène” note Murat dans « French Lynx », comme en écho aux hommes acteurs, aux hommes jouets de Naipaul. « Comme un incendie » parlait déjà du “royaume où tout fabrique du faux”… et de “ce purin d’idéaux” qui produit “des sots”.  

A quoi se raccrocher dans ce délitement généralisé ? Murat, examinant le rapport au pouvoir dans Morituri, fait le constat amer de la perte de toute grandeur et du règne du cynisme : “Nous tenons nos chefs en mépris complet, malgré des caresses fermes et répétées”, “Quelques gloires de France servent de risée”. L’autorité ne peut plus imposer de direction ni prétendre sauver qui que ce soit. Dans « Achtung » surgissent des questions angoissées : “Chef, qui m’a fait le choix de cette vie ?”, “Mon capitaine qu’avons-nous foiré ?”. Dans Guérilleros les figures du pouvoir sont elles aussi remises en question. Le roman peint ainsi le désarroi du personnage de Bryant, jeune homme des bas quartiers membre de la communauté agricole, à la fois pathétique et effrayant, avec son visage hérissé de tresses qui lui donnent une tête de Méduse. Il s’est attaché à deux figures tutélaires du projet : l’une a disparu, le laissant abandonné, l’autre, James Ahmed, ne saura que lui offrir une victime sacrificielle. Quant au représentant officiel de l’autorité, Meredith, redevenu ministre à la faveur d’une émeute, il n’est vu que par les yeux soupçonneux des autres personnages, qui doutent de sa sincérité et pensent qu’il est utilisé, pour mieux être jeté en pâture à la foule par la suite. 

Alors, quelle issue envisager ? Se tourner vers le peuple ? Une impasse dans « La Nuit sur l’Himalaya » : “Je rentre du peuple, je n’ai rien trouvé”. Le premier titre de Jean-Louis Murat en 1981 s’intitulait d’ailleurs « Suicidez-vous le peuple est mort ». Dans Guérilleros, la population est déchirée entre rêve de libération et goût de l’ordre, et l’épigraphe du roman, attribuée au personnage principal, James Ahmed, fait le deuil de toute fraternité, de tout idéal révolutionnaires : “Quand tout le monde veut se battre, il n’y a plus de raison de se battre. Chacun veut mener tout seul sa petite guerre. Il n’y a plus que des guérilleros.” La religion ? Murat semble la congédier, par la voix du personnage de « Achtung » : “Prendre la croix, non mais quoi…” ou l’affirmation catégorique de « La nuit sur l’Himalaya » : “L’esprit religieux vient d’un monde faux”. Dans Guérilleros, elle apparaît notamment sous la forme de la pratique bornée et la morale austère d’Adéla, la domestique de Roche. 

Reste une violence généralisée. Le roman de Naipaul met en scène toutes formes de violence, violence d’Etat, violences policières, émeutes et crimes de sang. Roche dit qu’aucun pays n’est à l’abri de ces couvées de violence, malgré la tranquillité apparente des habitants : même l’Angleterre ne lui semble pas sûre. Cette violence se manifeste chez Murat dans l’image - prémonitoire - des terrasses où l’on assassine (« Interroge la jument »), dans le triomphe de Satan, ou encore la métaphore de « Achtung » : “Un jour ils nous rouvriront la boucherie, c’est la bête elle-même qui me l’a dit”.

Poussière et sables mouvants

Si Murat rejoint Naipaul dans ce point de vue que l’on choisira de qualifier de lucide ou désespéré, le constat prend toutefois forme dans des images très différentes. Signe du délitement généralisé, la poussière recouvre tout dans Guérilleros : la sécheresse s’est installée depuis plusieurs mois, tout s’étiole, la forêt recule, partout des feux s’allument, le paysage est nappé de nuages de terre desséchée - et bientôt des fumées des bâtiments brûlés par l’émeute. Chez Murat où prédomine l’élément liquide, on patauge, on s’enlise : le chef de « Achtung » “pleure dans les marais”, “dans la boue épatante de ce pays” ; « Comme un incendie » évoque “ce purin d’idéaux”. Et si l’eau court, c’est celle qui nous emporte irrésistiblement, dans les remous et le chaos de ces vers de « French Lynx » :  “Tu sens que tout de toi glisse sans fin vers la rivière… au temps que tout emporte rien ne tient le contre-courant”. L'élément solide n’est pas plus stable lorsque tout glisse et s’effondre : “tout est éboulis”...

“Que n’aurais-je pas fait pour Frankie ? ”

Enfin, chacun interroge l’usage et le pouvoir de l’écriture, de la musique. Guérilleros regorge de slogans, pour mieux mettre en évidence à la fois leur pouvoir et leur vanité. Les discours de James Ahmed sont qualifiés de “discours bavard” et de “devoir d’écolier”. Il écrit également des bribes de romans infantiles où il dit son fantasme d’être un héros et un chef charismatique, fascinant et effrayant, irrésistiblement attirant. Murat a de son côté beaucoup parlé avec désenchantement de la chanson, et en particulier du rock : cette musique contestataire qu’il a tant aimée est devenue l’instrument des puissants, et ce sont chez les Clash que l’homme d’affaires Matthieu Pigasse vient chaque matin puiser son énergie... Morituri dit bien cette défiance vis-à-vis de la chanson, et même de la poésie : “Tais-toi, tais-toi !” enjoint-il au coucou, cette “sale bête”. S’interrogeant sur “la lyre et le tambourin”, la poésie et la musique populaire, il parle de “farder le langage”…S’il rend toujours hommage aux poètes aimés, Bernard de Ventadour dans « French Lynx » et Rimbaud avec sa « Chanson de la plus haute tour » dans « La Chanson du cavalier », il dresse pour le présent un constat décidément amer : “tu vois la langue douce briser ce qui est beau… Il ne nous reste plus que la peau sur les os”.

 

 “Un homme ne peut jouir que d’un petit nombre d’années d’optimisme” déclare Peter Roche à la fin de Guérilleros. Les derniers albums et les déclarations publiques de Murat semblent corroborer ce point de vue. Pourtant il serait réducteur de le résumer à ce retrait désabusé : succession d’albums et de tournées, goût de l’expérimentation, curiosité pour des artistes contemporains, sa vitalité artistique demeure intacte. “Comment faire une chanson ?”, s’interroge-t-il dans « Comme un Incendie ». Il lui reste visiblement, après toutes ces années, le désir de continuer à chercher. 

 

Guérilleros est publié dans la collection « Bouquins » chez Robert Laffont, avec deux romans de V.S.  Naipaul, et une préface de Jean-François Fogel.  L’enquête sur le fait divers qui a donné naissance au roman, Michael X et les meurtres du Black Power à Trinidad est publiée dans le recueil Le Retour d’Eva Peron, chez 10/18.  Toujours chez 10/18, Comment je suis devenu écrivain, qui réunit trois textes très éclairants - dont le discours de réception du prix Nobel - sur le parcours de Naipaul et sa conception de la littérature.   Merci enfin au très précieux site https://alainfecourt.wixsite.com/muratextes !

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Merci Florence ! J’ai passé un agréable moment au creux de ton Naipaul… un joli essai qui montre l’ouverture au monde de Jean-Louis Murat (qu’on cantonne parfois aux références littéraires françaises et classiques), et tisse des jolis rapprochements entre les deux oeuvres.

 

 

Postface

Rosny, 16 avril 2022.

Une femme regarde l’enchanteur sortir de la médiathèque [à relire ici]. Dépitée. Elle était prête. Tendue vers la séance de questions. Il n'y en a pas eu. Elle a pourtant une mission, ça fait trois semaines que Paulo la lui rappelle tous les jours : tu y vas, tu lui parles ! C’est lui ta source !  N’écoutant que son sens du devoir - elle est envoyée spéciale, tout de même ! - elle trottine derrière lui sur la dalle de béton… il s’arrête. Elle se lance enfin :

- euh, pardon... bonjou... bonsoir…

Le regard. Droit dans le sien. Bleu, perçant, vaguement ironique. Elle n’y était pas préparée.

- Alors, euh… vous avez parlé de V.S. Naipaul… vous avez dit qu’il vous avait inspiré des chansons… Et donc… je me demandais… lesquelles… ?

- Naipaul ? En fait je me suis plus inspiré de son livre sur L’Iran, Crépuscule sur l’Islam… Et c’était dans mon premier groupe… Ce sont des chansons qui ne sont pas sous mon nom…

Stupéfaction. L’œil bleu s’amuse.

Elle avale sa salive, rassemble ses esprits et tout son courage.

- Mais, euh, tout de même… je pensais à Morituri… Est-ce qu’il n’y pas, comment dire, des points communs, enfin des convergences?

A-t-il pitié d’elle ? Il concède :

- C’est possible, je vis avec Naipaul...

                          …………………

Xanadu, 18 avril 2022

Madame D. a enfin fait son rapport.

Paulo regarde par la fenêtre (oui, ca fait partie du job). L'homme au sang froid transpire. Il a envoyé sa SDI (stagiaire à durée indéterminée) au front la fleur au fusil. Un instant, il a cru l'avoir perdue. Bien qu'elle ne soit pas barbue, il se rend compte que ça lui donne un peu d'entrain d'avoir un nouveau partenaire en chair et en os (l'ancien tente toujours de se rendre utile mais vaporeux, il fait ce qu'il peut…).  Du remord ? "Ah, ah, ah, non, mais vous rigolez ! L'info must go on. Que Jean-Louis Murat se joue de nous, volontairement ou non, ça s'apprend sur le terrain, à l'épreuve des yeux revolvers. Ce n'est jamais du tout cuit avec Jean-Louis… Ça lui fera une leçon à la petite, je l'avais pourtant prévenue que le sujet serait compliqué ! Ah, dire qu' il nous renvoie sur Clara alors que le livre est sorti en 1981, en Angleterre comme en France... Et qu’il nous oriente sur des livres sur l'islam, qui semble plus sa préoccupation du moment...".  Enfin soit, il apparaît de toute façon bien difficile de vraiment discerner si telle ou telle chanson a jailli d'une lecture ou d'une autre (Toboggan et Toy story ? Qui aurait trouvé la référence ?). Et si ça se trouve, les chansons inspirées de Guérilleros dorment dans la malle du grenier... N'importe, les textes sont là, amples, riches, pour des enquêteurs patients, des amateurs d'énigme... et après tout, il n'y a que l'intentionnalité de l'œuvre à prendre en compte si on considère que Bergheaud est un grand auteur de chansons. Aux arpenteurs de chemin de traverse de s'y exercer et de tenter des propositions. Ce texte est une première contribution et qui sait peut-être certains apporteront d'autres idées.  Paulo déteste engager des frais, mais il a dépensé 5 euros pour le fameux essai sur l'Iran... Le jeu de pistes est lancé.

 

 

Vidiadhar Surajprasad Naipaul, Crépusucule sur l’Islam. Voyage au pays des croyants [1981], trad. par Lorris Murail et Nathalie Zimmermann, Paris, Grasset, 2011.

Le second essai de l’auteur sur l’Iran est Jusqu’au bout de la foi. Excursions islamiques chez les peuples convertis [1998], trad. par Philippe Delamare, Paris, 10/18, 2003.

Pour aller plus loin:

Télérama

Nouvel Obs

5 livres à lire (Le Figaro)

 

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Rédigé par florence D./Pierrot

Publié dans #le goût de qui vous savez, #Morituri

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Publié le 22 Mai 2022

bonjour,

C'est toujours comme ça: quand j'ai laissé filer une actu et que c'est en passe de devenir une archive, j'ai toutes les peines du monde à me motiver pour me poser pour faire la publication... Mais là, pas d'excuse, c'est un peu mort en terme d'actualité...

1) On commence par un article que tout le monde a dû lire: l'interview par Vergeade pour les INROCKS... mais que je n'avais pas publié à l'époque. Je voulais checker cette phrase : "Jusqu’en 1995-1996, je faisais encore des émissions de radio ou de télé pour l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, j’avais encore une demi-page dans El País". Denis Clavaizolle a indiqué qu'ils avaient eu de la presse anglosaxonne... mais il semble que les DOLOS n'aient gardé aucune trace de tout cela. Côté "el pais", j'avais regardé il y a quelques années... et je n'avais rien trouvé à part une mention ici. Depuis la création du blog, je n'ai relevé que l'article de MOJO pour Grand Lièvre.

 

Jean-Louis Murat : “J’aime autant Rimbaud que Robert Johnson”

par Franck Vergeade

Publié le 22 octobre 2021 à 12h24
À l’occasion d’un vingt-et-unième album parfaitement muratien, “La Vraie Vie de Buck John”, conversation avec l’Auvergnat infatigable et franc du collier.

Comment est né cet album autour du personnage de bande dessinée Buck John ? 

Jean-Louis Murat : Au départ, j’étais parti sur l’année du blaireau, ce qui correspondait à la période du confinement pendant laquelle je vivais comme dans un trou. C’est en repassant devant les étagères de ma bibliothèque que je suis retombé sur des vieux numéros de Buck John, la première BD que j’ai lue enfant. J’ai donc intitulé le disque La Vraie Vie de Buck John. Buck John, c’est tellement moi. J’aime me transporter à travers les époques et j’ai appris le romanesque en grandissant à La Bourboule, sans radio ni téléviseur. Avec mon argent de poche, je m’achetais les fascicules de Buck John. Grâce à lui, j’ai découvert Sam Peckinpah, Bob Dylan, Walt Whitman, me construisant une culture américaine hybride. Enfant, j’avais envie d’aller à Nashville, pas sur la planète Mars comme l’autre abruti d’Elon Musk. C’était mon rêve de conquête. En tombant sur John Ford et John Wayne, je chanterai des années plus tard Fort Alamo. J’ai toujours été un petit garçon plein d’imagination et nourri par des éléments de la culture dominante, en l’occurrence anglo-saxonne. C’est pour cela que j’ai toujours détesté Johnny Hallyday, j’ai immédiatement vu l’ersatz. Pourtant, j’ai encore son tout premier 45 tours avec Laisse les filles. Je me suis donc toujours retrouvé le cul entre deux chaises. Il faut parfaitement maîtriser la langue anglaise ou l’expression de la culture américaine pour en faire un deuxième élément. Encore ce matin, je réécoutais Dylan, c’est comme s’il chantait en français pour moi.

Tu n’es finalement jamais entré en phase avec ton époque ?

Je ne peux malheureusement que le constater. Peut-être ai-je été un immense zéro. Nous sommes à un stade où chacun peut se dire ça tant nous n’aurons servi à rien. Je suis un peu satellisé d’on ne sait où.

Choisir un héros de son enfance est aussi un moyen de se retourner sur soi-même.

Si j’avais connu Homère plutôt que Buck John à 6 ou 7 ans, j’aurais peut-être agi différemment. Mon Ulysse, c’était Buck John. J’ai ainsi développé des voyages immobiles, même si je suis bien content d’avoir enregistré quelques disques aux États-Unis et d’avoir rencontré des musiciens américains, qui me considèrent vraiment et avec lesquels je suis encore en contact. Je n’ai jamais eu la moindre reconnaissance en France. Oren Bloedow, le guitariste d’Elysian Fields, me dit souvent que si j’avais été américain, j’aurais aujourd’hui une villa sur Beverly Hills. Pas de bol, je suis français ! Voilà toute mon ambiguïté : j’aime autant Rimbaud que Robert Johnson. J’arrive à un âge de vie [il fêtera ses 70 ans le 28 janvier prochain, ndlr] où je me dis que je me suis peut-être complètement trompé. Sur les affiches de mon groupe Clara, on précisait “continental rock” – ce qui sous-entendait que l’on essayait de développer sur le continent européen une musique aussi forte que celle des États-Unis. Fiasco total, jamais reconnu, la dèche dans la nuit.

Tu as pourtant connu la reconnaissance publique au tournant des années 1990, avec Cheyenne Autumn puis Le Manteau de pluie.

Si j’ai vendu un peu de disques à ce moment-là, c’est grâce à Mylène Farmer. Je ne suis pas idiot. Sans Bayon ni Mylène Farmer, je ne vends pas un seul album. Sans eux, j’aurais d’ailleurs fait autre chose. Je suis resté dans un entre-deux, en foirant à peu près tout : le continental rock et l’idée européenne. Dans ma vie, j’aurais été pour moitié profondément européen, et pour moitié profondément anti-européen. Jusqu’en 1995-1996, je faisais encore des émissions de radio ou de télé pour l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, j’avais encore une demi-page dans El País. D’un seul coup, tout s’est arrêté, à partir du moment où les Anglo-Saxons ont mis la main sur le business. Je suis désormais cantonné en Division 4, sans même pouvoir changer de crampons. On s’est bien amusés, on y a cru, mais on s’est tous plantés.

Au-delà du fil rouge Buck John, d’autres sujets t’ont-ils inspiré pour ce disque ?

Inévitablement Samuel Paty, comme dans les paroles de Marilyn & Marianne : “Avant Marianne/Sans penser y laisser la peau.” Moi qui rêvais de devenir professeur de français, sa décapitation m’a traumatisé. Cette émotion profonde traverse tout le disque.

Ton nouvel album paraît chez Cinq7, ta nouvelle maison de disques après un septennat passé chez PIAS.

Dans ce milieu, j’ai rapidement compris que ça ne servirait à rien d’être sentimental. Le business est un monstre froid. Parfois, tu rencontres des gens chauds, mais ils sont les représentants d’un monde froid. Faut donc rester à distance. Je me suis toujours pris le chou avec mes différents labels. J’ai connu des périodes où il y avait beaucoup de pognon, puis moins, puis plus du tout. Pour ce nouveau disque, il n’y a même pas de clip et c’est à peine s’il est mixé. Ce qui fait que l’ambition en prend un sacré coup. La musique n’est pas que du fond, c’est aussi de la forme. Or, la forme nécessite des moyens. Pour la tournée, je ne sais pas combien je suis payé. Ce qui m’importe avant tout, c’est de remonter sur scène. C’est le cœur du job.


Tu as toujours un ou deux albums d’avance ?

Je fais même mieux : j’enregistre des disques posthumes. Rien que sur La Vraie Vie de Buck John, j’ai enregistré vingt-quatre titres – il y a donc un autre album de douze chansons déjà prêt, qui paraîtra après ma mort. Car ce ne sont que des chansons polémiques d’actualité, comme sur l’incendie de Notre-Dame. J’ai déjà vu, à travers la méchanceté d’Internet, combien cela m’avait coûté de documenter en six chansons le mouvement des gilets jaunes. J’ai donc prévenu les enfants : quand papa ne sera plus là, ils auront plein de disques inédits à sortir. Je suis retenu par l’époque. Je reste donc dans le domaine strict de la variété et je ne suis plus un chanteur engagé – ce qui a pourtant fait le sens du rock qu’on affectionne tant. L’énergie de Joe Strummer nous a tous transcendés. Si Strummer n’est pas engagé, il n’est pas chanteur. J’aurai désormais une carrière en deux temps : de mon vivant et post-mortem. Je vais ainsi enregistrer vingt albums inédits pour vivre vingt ans de plus que ce que j’ai vécu !

 

 

2) On passe à quelque chose qui n'est pas disponible sur internet. L'interview de la REVUE PERSONA, hiver 2022, Numéro 18. Encore commandable ici.

Murat et ses petits cailloux secrets disséminés dans les chansons: ici, la voix de l'être aimé dans Buck John? Plus lointain, la voix de Freud dans Toboggan

Remerciement à France Inter... mais tacle à Meurisse "qui passe son temps à ridiculiser des gens qui viennent du monde auquel j'appartiens". Certes, le système Meurisse est désormais agaçant... mais sa cible principale est quand même "la start up nation"... et les racistes parisiens...  Enfin, on l'interroge sur Zemmour... et il ne tient pas à se démarquer. "IL y a 15 ans je n'étais pas d'accord avec lui" dit-il... puis de parler de la liberté d'expression est menacée. Est-ce vraiment vraie?  Cnews propose un micro à des gens qu'on n'entendait pas facilement il y a 20 ans... 

Promo Buck John : Inrocks et Persona

 

Promo Buck John : Inrocks et Persona
Promo Buck John : Inrocks et Persona
Promo Buck John : Inrocks et Persona

On se retrouve dans la semaine pour causer littérature!

A très vite!

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2021 BUCK JOHN

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Publié le 13 Mai 2022

... Et bien voilà... une semaine que la tournée est finie, et on s'emmerde déjà... Pas de petits échos sur le prochain projet de JLM, pas une petite collaboration sur laquelle feuilletonner... même pas une petite polémique de derrières les ragots pour se lamenter... Ah, l'été va être long...

 

MAIS NON, MAIS NON... on va traverser le désert dehors (canicule)... mais pas sur le blog... enfin, j'espère...  Et pour commencer si vous vous ennuyez...  pourquoi pas tourner et retourner les faces d'un vinyle?

CAR IL EST LA! IL EST ARRIVE!  LE DOUBLE VINYLE AURA  AIME MURAT!

Double Vinyl Collector : 22 titres !
Les 16 de la version CD + les 6 de la version bonus !

Pour le commander:

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Pour ceux qui l'ont précommandé, les envois sont en cours.

Le CD 16 titres est bien sûr lui aussi disponible sur les sites en achat et en streaming.

 

Je n'ai pas encore pris beaucoup le temps de remercier FRANCK COURTES pour sa photo. Elle lui tenait à coeur puisqu'il la conservait sur son téléphone. C'est ce qu'il nous avait dit lors d'une inter-ViOUS ET MURAT.  Et quoi de mieux que ce Murat derrière une vitre, avec une main qui tente de l'attraper, pour illustrer ces 22 covers?  J'ai enfin acheté son dernier livre (gallimard) "les liens sacrés du mariage"... et je vous en parle dès que possible. En 2018, je voulais de "la dernière photo" qui évoquait Murat.

 

 

Pour rappel: Jean-Louis Murat m'a à plusieurs reprises affirmé son soutien au projet et au résultat!

ET je vous annonce un dossier spécial sur le projet dans l'excellente revue HEXAGONE! Il faudra attendre un peu...

Hélas, pour l'instant, on ne peut toujours pas vous parler d'un concert...

 

Récapitulatif promo médias (et aussi dans la catégorie d'article "aura aime Murat" (ci-contre) :


2022-02-05 Stevie Dixon Blogspot

https://steviedixon.blogspot.com/2022/01/guignols-rock-2483-brevesnews-in.html?m=1&fbclid=IwAR2YdSP7jRmHwW_oQFr5tv2WqNptAtl9loDkzdERWdp8Y_J_8adUW6POAlI#murat

2022-02-07 GONZO MUSIC

https://gonzomusic.fr/aura-aime-murat.html?fbclid=IwAR1oX8Sb1KpqpoQZNeuOAEs9WTNODPCyvQwy-wHRciNz3VastgSU3YFi_sk



2022-02-11 RCF RADIO
https://rcf.fr/actualite/linvite-du-1819-regional-rcf-en-aura?fbclid=IwAR3D2CjR72CEfAAw_tA1CpSrpZcH-XOUvMPLchUVEjXLZBCEy59A03Dxocc



2022-02-12 SOUL KITCHEN


https://www.soul-kitchen.fr/158698-video-adele-coyo-tout-est-dit-jean-louis-murat

2022-02-12 DECLIC RADIO - CHANSOMANIA

http://www.sebdihl.fr/chansomania-350/?fbclid=IwAR1Q9RTRHSWijPqHPK8HUh3aJUlcEnLVdLDJ58_43eGE18Ra3AakpWk1IU4



2022-02-13 SUN BURNS OUT

https://www.sunburnsout.com/aura-aime-murat-compilation-stardust-acp/?fbclid=IwAR0nSSMNK9Kjlc7azJT4U9kv8bQKgrR4lc42eCU0n57z2mP7ukzTlKvcmxs



2022-02-14 7 JOURS A CLERMONT
https://www.7joursaclermont.fr/declaration-damour-a-jean-louis-murat/




2022-02-14 MAGIC
https://www.facebook.com/auraaimemurat/photos/a.103868975069465/292645092858518/


2022-02-16 BENZINE MAG
 - PLAYLIST SPOTIFY



2022-02-21 FROGGY DELIGHT
https://www.froggydelight.com/article-25397-Jean_Louis_Murat.html?fbclid=IwAR1G8afZO8QNm5R-IJGeloV_U8TXu9pfpuPFWEATGIQguiF-l40qXMG0S7Q



2022-02-23 BASTRINGUE
https://bastringue.fr/aura-aime-murat?fbclid=IwAR2evoNbUvhhfcLu0fzYkVClkYpW2Kykm8Eu7TJHF14ta3J1nPdWH9NebeY



2022-02-27 CLAIR ET OBSCUR

http://clairetobscur.fr/aura-aime-murat-aura-aime-murat/?fbclid=IwAR3yLUDr-lI3Dj8HBpP0-VWZ95Kl4_z8s8VknjO9Yu1u9KrMbFx9kWbmj9M



2022-03-10 TELERAMA
https://www.facebook.com/auraaimemurat/photos/a.253789086744119/306394158150278/



2022-03-30 LE PETIT BULLETIN
https://www.facebook.com/auraaimemurat/photos/a.253789086744119/317995046990189/



2022-04-08 LYON CAPITALE
https://www.lyoncapitale.fr/culture/musique-in-love-with-murat?fbclid=IwAR3CjG9TJL_SL42YcYxQ8ty4H56cnPbxHCEqZ9oYQkhQy-tsVp4s0McvZUU
 

Cette semaine, c'est Fred Bobin, le chanteur qui traverse la France toute l'année, de janvier à décembre,  avec sa guitare, qui fait ce petit post:

EN DUO AVEC MARJOLAINE PIÉMONT
"Au mont sans-souci" (Jean-Louis Murat)
C'était il y a un an, en mai 2021.
Première date après de longs mois sans concerts, chez nos amis Christian et Laurence du Festival Chant'Appart Association Chants-Sons en Vendée.
Marjolaine Piémont - que je connaissais déjà un peu - a eu la délicate attention de venir me voir en concert (elle se produisait aussi pour le festival ce week-end là). En fin de soirée, on a mangé ensemble, parlé de choses et d'autres, évoqué nos influences musicales... Très vite le nom de Murat est venu dans la conversation et on a réalisé, elle et moi, que l'un des albums qui nous avait le plus marqués était son album "Mustango" !
Quelques semaines auparavant, on m'avait proposé de participer à un album tribute à Murat (hommage de la scène Auvergne-Rhône-Alpes rendu au chanteur auvergnat) et j'avais choisi la chanson "Au mont sans-souci", extraite justement de "Mustango".
La coïncidence était trop belle... J'ai immédiatement eu envie de partager cette chanson en duo avec Marjolaine et de l'inviter à venir poser sa très belle voix sur cette ballade de Jean-Louis Murat.
Un beau moment de partage que l'on a concrétisé quelques mois après, à Paris, grâce à la complicité de Marc Arrigoni de Paon Record, autour d'un micro Neumann et de quelques fous rires !
❤ Merci à Marjolaine Piémont, Stan Mathis, Marc Arrigoni, Laurence et Christian... et bien sûr à Jean-Louis Murat !
 

 

 

 

 

LE LIEN EN PLUS JE NE CONNAISSAIS PAS

Retour sur St-Brieuc d'un curieux... menfin les fans! Soignez vos tenues, et les couleurs! On va se faire remarquer! Moi, je suis chauve, je ne peux rien y faire!

 

https://regardscritiquesho22.wordpress.com/2022/05/07/jean-louis-murat/

Je ne connaissais pas Jean-louis Murat, bien sûr de nom comme tout le monde, mais c’est tout… L’occasion est donc trop belle de découvrir l’artiste lors de son concert donné à « La Passerelle« . Première surprise, le public est inhabituel. Peu ou pas du tout de jeunes, de nombreuses têtes chenues, des crânes chauves et d’improbables chevelures décolorées. Certaines tenues tiennent même des années 60, baba-cools tendance rétro… Apparemment Jean-Louis Murat a ses aficionados, ses groupies attitrés…

   Un concert d’une heure et demie, Jean-louis Murat au chant et à la guitare, son complice de longue date Denis Clavaizolle au clavier, Yann Clavaizolle à la batterie et Fred Jimenez, si j’ai bien compris, à la basse…

   Les premiers morceaux, aux très longues introductions mélodiques, nous situent le musicien. Nous sommes entre blues, rock et électro. Nous avons en fait sur scène quatre musiciens particulièrement brillants et tout cela est bien agréable à écouter, mais aussi à regarder, tant les éclairages sont magnifiques. La voix de Jean-Louis Murat est très particulière et rappelle parfois Alain Bashung, Hubert-Félix Thiéfaine ou Arno, chanteurs de la même génération. Excellent concert donc avec, naturellement, des chansons plus percutantes que d’autres…

   Gros problème tout de même. On subodore que les textes de Jean-louis Murat doivent être intéressants; problème, je n’ai compris aucune des paroles, parfois seulement saisi au vol un mot et je trouve cela bien dommage. Il n’est pas possible que cela soit voulu de faire de la voix un instrument de musique inaudible. Il va probablement falloir écouter les CD pour se rendre compte.

    Belle soirée donc avec d’excellents musiciens et un Jean-Louis Murat brillant créateur, un peu cabotin et qui joue manifestement un rôle, un personnage qui se prend tout à fait au sérieux, qui se la pète un peu pour tout dire, sans que cela enlève quoi que ce soit à ses qualités musicales.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2021 Aura aime Murat

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Publié le 9 Mai 2022

Avant un dernier compte rendu avant la  pause... mais que vois-je?   Jean-Louis Murat jouera dans un festival en VENDEE cet été. Le cadre boisé semble charmant. 

28/07/22 Notre-Dame-de-Monts Festival Ultrasong

https://fr-fr.facebook.com/ultrasongNotreDame/

Ca sera semble-t-il la seule date avant la reprise en septembre.  On remarquera le retour de JLM au Festival internationale de la Guitare et Nancy Jazz pulsation. 

 

22/09/22

Montpellier

Théâtre Jean-Claude Carrière / Festival Les Internationales de la Guitare

FR

30/09/22

Yssingeaux

Festival Le Chant des Sucs

FR

06/10/22

Nancy

Nancy Jazz Pulsation

FR

07/10/22

Auxerre

Le Silex

FR

14/10/22

Oignies

Le Métaphone

FR

18/10/22

Lillebonne

Théâtre Juliobona

FR

27/10/22

Dijon

La Vapeur

FR

25/11/22

Mouscron

Centre Culturel Mouscron

BE

02/12/22

Saint-Egrève

La Vence Scène

FR

03/12/22

Montluçon

Le 109

FR

 

Voici donc le petit mot du TELEGRAMME sur le concert de Saint-Brieuc:  

https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/saint-brieuc/jean-louis-murat-a-la-passerelle-simplement-rock-08-05-2022-13018243.php

Jean-Louis Murat à La Passerelle : simplement rock

Publié le 08 mai 2022 à 18h42

 

 

Jean-Louis Murat a installé les titres de son dernier album devant un public charmé.

L’Auvergnat était en concert à La Passerelle, à Saint-Brieuc, vendredi soir.

Jean-Louis Murat occupait la scène de La Passerelle vendredi soir, face à un public de convaincus, venu apprécier en live les titres du dernier opus de l’artiste auvergnat, « La vraie vie de Buck John ». Le gaillard, jeune septuagénaire juché sur son tabouret, n’a rien perdu question voix, toujours aussi suave, et à fait glaner un esprit rock tout au long de sa prestation. Murat alterne les ambiances introspectives et les moments plus rock, et instille un fragile instant d’intimité en piano-voix pour « chialer dans la cuisine » avec « La pharmacienne d’Yvetot », très beau moment suspendu. Après le classique rappel attendu, le chanteur gratifie le public de deux autres titres. L’éternel amoureux achève avec cette incantation « Finis pas le film ! » et on aimerait en effet que le film continue !

(deux photos à voir sur le site)

 

A priori, tous les concerts de la semaine se sont déroulés sans fait notoire, même si j'ai eu peu d'éléments. A Cholet, par contre, il semble que Jean-Louis se soit exprimé un peu plus, s'amusant sur les "oh oh oh oui" de Battlefield (sollicitant les dames de lui proposer ce cri...). 

 

A part ça, Jean-Louis ne sera plus crédible quand il parlera de ses tournées dans les hotels ibis... 

Sur ce, fin de tournée de printemps, bon, bein, on se revoit en septembre alors! Bonnes vacances à tous!

... mais non, je rigole, pas de panique! On reste sur le qui-vive, sur la brèche...  24/24, 7/7...  un sacerdoce je vous dis... 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2021 BUCK JOHN

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Publié le 4 Mai 2022

Bonjour,

1)   CONCERTS:

Voici un retour d'Allonnes qui nous arrive de la part de Benjamin Berton de Sunbursnout.

https://www.sunburnsout.com/jean-louis-murat-live-allonnes-2022/?fbclid=IwAR2anrMoWj4dGOpmoY5DU1hFF0Kq-M2ow2p9bLOx8QVN8hURzsAV3Pa5leQ

court extrait :

Mais c’est ailleurs et un peu plus loin qu’on trouve notre compte d’émotions. Assez tôt dans le set, Murat s’offre un instant charmant avec le sublime Princess of Cool (sur Baby Love). On prend beaucoup de plaisir aussi avec une version énergique et augmentée d’un Frankie (album Morituri) que le groupe emmène dans un univers menaçant hanté par le brigandage et la solidarité criminelle. Le groupe abandonne un instant le chanteur pour une version acoustique magnifiquement chantée (clavier/voix) de la Pharmacienne d’Yvetot que Murat sera amené à recommencer après un démarrage raté. On a la vague sensation que les meilleures chansons ont été écrites par le passé. Pas la peine d’être grand clerc pour s’apercevoir que le Chemin des Poneys (2006) figure parmi les plus belles créations qui sont interprétées ce soir.

L’album Taormina (très en phase avec le climat musical du soir) se rappellera d’ailleurs à notre bon souvenir au moment du rappel avec une version musclée et hypnotique de son morceau titre. La soirée s’achève après 1H30 de jeu.

Ce soir, c'est Cholet dans une ambiance cabaret (les spectateurs sont assis autour de tables)... Demain, ANCENIS et vendredi, ça sera St-Brieuc et le télégramme nous propose un article inédit:

 

Article du TELEGRAMME (réservé aux abonnés)

Saint-Brieuc : trois bonnes raisons d’aller (re)voir Jean-Louis Murat vendredi à La Passerelle Réservé aux abonnés

Murat viendra chanter à La Passerelle les titres de cet album enregistré pendant le confinement en formule réduite : lui à la guitare, son complice de longue date Denis Clavaizolle au clavier et Yann Clavaizolle à la batterie, formation qu’on retrouvera sur scène. (Jules Faure)

Jean-Louis Murat le prolifique est à La Passerelle, vendredi, en comité réduit, pour son dernier album, celui du confinement.

 

  • 1 Un artiste prolifique

 

L’artiste a habitué son public à découvrir pas loin d’un album par an ! Voici le dernier, au titre énigmatique « La vraie vie de Buck John ». La référence au personnage de BD qui l’a accompagné dans son enfance en Auvergne, il l’explique dans les pages des Inrockuptibles : « Buck John, c’est tellement moi. J’aime me transporter à travers les époques et j’ai appris le romanesque en grandissant à La Bourboule, sans radio ni téléviseur. Avec mon argent de poche, je m’achetais les fascicules de Buck John ».

 

  • 2 40 ans de carrière tout de même !

 

C’est du haut de ses 70 ans et de ses 40 ans de carrière que Murat viendra chanter à La Passerelle les titres de cet album enregistré pendant le confinement en formule réduite : lui à la guitare, son complice de longue date Denis Clavaizolle au clavier et Yann Clavaizolle à la batterie, formation qu’on retrouvera sur scène. Des titres courts, rythmés et efficaces, où l’on découvre aussi son effroi après la décapitation de Samuel Paty, l’amour, thématique qui lui est si chère, sur des musiques inventives.

 

  • 3 C’est sur scène qu’il faut l’écouter

 

Si Jean-Louis Murat a un caractère bien trempé, peu consensuel, et s’il émet parfois des propos publics qui ont pu heurter, voire volontairement provocateurs, c’est bien sur scène qu’il faut l’écouter ; l’animal est fait pour ça ! Compositeur fécond, musicien éclectique et inspiré, l’artiste à la voix au timbre si caractéristique est de ceux qui comptent sur la scène française pour sa liberté créatrice, son exigence et ses textes poétiques gorgés de nature.

Pratique

Vendredi 6 mai, à 20 h, au grand théâtre de La Passerelle, à Saint-Brieuc. Tarifs : de 6 à 18 €. Contact : 02 96 68 18 40.

 

2)  Une curiosité maintenant... On a consacré une émission à Jean-Louis dans une radio turque. Pas une petite radio numérique puisque la page fb a 30 000 abonnés. L'émission s'appelle:  "fransiz-opucugu"  ("baiser français"). Dès que j'ai vu ça, je me suis procuré une méthode assimil pour le turc, et j'ai fait vite fait une traduction. Vous m'excuserez sa qualité médiocre, mais apparemment, l'auteur a assez bien travaillé et produit un travail personnel, même s'il y a quelques incongruités.  Petite pensée pour NUR.

 

Nous dédions l'émission de cette semaine à Jean-Louis Murat, qui a passé la majeure partie de sa vie loin de tous les bruits de l'industrie musicale, mais aussi dans sa ville natale, les montagnes du Massif Central. Au cours de l'émission, nous avons écouté les chansons que nous avons choisies parmi les albums de cet artiste extraordinaire de différentes époques.

Jean-Louis Murat, de son vrai nom Jean-Louis Bergheaud, est né à Chamalières en 1952 et débute sa carrière musicale avec le groupe de rock Clara qu'il fonde avec ses amis à la fin des années 70. Son premier 45 tours, Suicidez-vous, le peuple est mort, qu'il sort en 1980, attirera l'attention des critiques musicaux, notamment par son nom insolite, et le jeune homme sera bientôt comparé à un autre nom marginal du marché, Gérard Manset. Inspiré à la fois de la ville où il habitait et de Joachim Murat, l'un des généraux de Napoléon Ier, pour son nom de scène, l'artiste enchaîne ce single, ignoré du public malgré les critiques positives qu'il reçoit, suivi de "Murat", composé de six chansons, en 1982, et "Passions" en 1984. Il devra se séparer du studio avec lequel il travaillait après que les ventes aient atteint des milliers de chiffres lors de la sortie de leur album "privées". Après cette déception, Murat, qui a passé trois ans reclus dans sa maison d'Auvergne, lui sourit à nouveau avec l'album "Cheyenne Autumn" en 1989.

Ce travail de l'artiste, qui attire l'attention avec des pièces telles que Si je devais manquer de toi et L'ange déchu, a atteint un chiffre d'affaires important de cent mille. "Cheyenne Autumn", qui lance la carrière de Murat, est suivi de l'album "Le Manteau de pluie" en 1991. On peut considérer cet album comme la première œuvre de l'artiste, qui s'apprête à fêter ses quarante ans à cette époque, dans laquelle il réussit à faire entendre sa voix au grand public car les singles de l'album tels que Le lien défait et Col de la Croix -Morand a fait beaucoup de bruit, et le titre Sentiment nouveau figurait dans le Top 50 français. avait excellé. Outre ces morceaux, une autre chanson marquante de l'album était Le Mendiant à Rio, une nouvelle interprétation d'Antonio's Song par le jazzman américain Michael Franks. Cet album de Murat serait décrit par beaucoup comme le chef-d'œuvre de l'artiste à  l'avenir. Murat, qui réussit à figurer pour la première fois sur la liste française avec Sentiment nouveau, obtint un plus grand succès en 1991, cette fois avec un duo. La chanson Regrets, qu'elle chante avec Mylène Farmer, se hisse à la troisième place du classement français et à la deuxième du classement belge. Cette union musicale entre les deux artistes est née d'une correspondance qui a duré environ un an. Mylène Farmer, qui a fait sensation avec son "Ainsi soit-je" sorti en 1988, a été émerveillée par l'album de Murat, sorti l'année suivante, et très impressionnée par le talent d'écriture de paroles de son collègue. En conséquence, le duo s'est réuni et a enregistré la chanson avec des paroles de Mylène Farmer et une musique de Laurent Boutonnat. Boutonnat a également réalisé le clip vidéo du morceau. Ce clip de six minutes a été tourné dans un cimetière abandonné en Hongrie avec un budget d'environ 35 000 euros.

Jean-Louis Murat, qui s'est fait connaître grâce à son duo avec Mylène Farmer, a sorti "Vénus" en 1993, qui a été enregistré en une semaine environ, après quoi il a fait une véritable tournée pour la première fois de sa carrière. "Murat Live", composé d'enregistrements de concerts qu'il réalise dans le cadre de cette tournée, sort en avril 1995, et un an plus tard, l'artiste propose à la vente "Dolorès", qui attire également l'attention avec sa photo de couverture. Bien qu'il ait été considéré comme un album de transition à lui seul, cet ouvrage, qui a conquis le cœur de nombreux auditeurs avec ses chansons soulignant les sentiments de romance et de mélancolie, a été suivi d'une courte tournée au cours de laquelle Murat n'a pris la scène que dans quelques salles en raison de à son malaise à l'idée de donner un concert. Malgré les difficultés à entrer en contact avec son public lorsqu'il est confronté, l'artiste, qui partage très franchement, notamment des recettes propres à l'Auvergne, sur le site qu'il a ouvert en 1998, sort son septième album studio "Mustango" en août 1999. Dans cet album, où il a travaillé avec des musiciens américains, il a inclus des chansons comme Belgrade et Les Gonzesses et les pédés qui traitent des problèmes liés à la violence et à l'intolérance. Dans la chanson Jim - L'hériter des Flynn incluse dans cet album, l'artiste parlait de l'écrivain et poète américain Jim Harrison, connu pour ses œuvres telles que Revenge et Legends of the Fall, qui ont également été adaptées au grand écran.

Débutant rapidement les années 2000, Murat sort un album en 2001, dans lequel il adapte en musique les œuvres de la poétesse Antoinette Deshoulières, qui vécut entre 1638 et 1694, en utilisant la voix de la comédienne Isabelle Huppert. En 2002, il sort « Le Moujik et sa femme », qui présente des œuvres plus populaires telles que L'amour qui passe et Libellule. Murat, qui a écrit la plupart des chansons de cet album lorsque le monde était sous l'influence des attentats du 11 septembre, s'est également inspiré des œuvres de Nietzsche pour certaines des chansons de l'album. En plus de cela, l'album, A.S. Les groupes Dragon et Les Rancheros ont également contribué. Dans une interview avec lui, Murat a déclaré: "Si cela ne tenait qu'à moi, je sortirais un nouvel album tous les six mois", et tout au long des années 2000, il a largement réalisé ces mots. Après avoir sorti "Lilith" en 2003, composé de vingt-trois nouvelles chansons, dont Le cri du papillon, en 2004 A.S. Accompagné du bassiste de Dragon Fred Jimenez et de la chanteuse d'Elysian Fields Jennifer Charles, il sort "A Bird On A Poire", un hommage aux chansons pop des sixties. En mai de la même année, il présente à la vente « 1829 », où il interprète les œuvres du musicien Pierre-Jean de Béranger, qui a vécu au XIXe siècle. Dans "Mockba" ou "Moskou" de 2005, elle a présenté des duos avec des chanteuses populaires de l'époque telles que Carla Bruni et Camille.

En 2007, Murat sort "Charles et Léo", dans lequel il chante quelques-uns des poèmes de Baudelaire que Léo Ferré a adapté en musique, et en 2011 il sort "Grand lièvre", dans lequel il reprend ses thèmes de prédilection tels que l'amour de la nature, l'amour et la solitude. Bien que certains critiques se soient moqués de cet album, le journal Le Soir l'a nommé "Personne de l'année" à cause de l'album. "Babel", sorti par l'artiste en 2014, a reçu la note de passage de la critique et du public. Le morceau le plus marquant de cet album, dans lequel Murat a collaboré avec le groupe rock folk The Delano Orchestra de Clermont-Ferrand, est J'ai frequenté la beauté. Sorti "Morituri", qui s'est fait remarquer avec le single "French Lynx" en 2016, Murat a réussi à gagner l'appréciation de certains critiques, même s'il a déçu ses fans avec "Travaux sur la N89" aux musiques expérimentales l'année suivante. En septembre 2018, cette fois, l'artiste a visité les marchés de la musique avec son œuvre "Il Francese". Il Francese était le surnom du maréchal Joachim Murat, qui l'a inspiré pour son nom de scène. Lorsqu'il fut proclamé roi de Naples en 1808, les Napolitains lui donnèrent ce nom. Après quelques travaux expérimentaux, l'album de Murat, qui navigue à nouveau dans des eaux familières, reçoit des critiques globalement positives. Franck Vergeade du magazine Les Inrocks l'évalue comme « l'une des œuvres les plus inspirantes d'un artiste infatigable ». Bien que méconnu (ou incompris) du grand public, Jean-Louis Murat est l'un des noms les plus distinctifs de la musique française avec sa franchise, son énergie sans fin et ses différentes sources d'inspiration. L'artiste, qui a récemment créé la polémique avec des déclarations ciblant des collègues aux larges fans comme Johnny Hallyday, Angèle, Alain Souchon ou Jean-Jacques Goldman, s'est également attiré les critiques pour ses propos élogieux à l'égard de l'homme politique d'extrême droite Eric Zemmour, bien qu'il ait déclaré qu'il n'avait jamais été intéressé par la politique. . Dans son ouvrage intitulé "Baby Love" paru en 2020, Murat a adapté en français la chanson Arcobaleno d'Adriano Celentano de 1999 sous le nom de L'arc-en-ciel, et son dernier album "La vraie vie de Buck John" sortira en octobre 2021 .. il a fallu.

 

 

LE LIEN EN PLUS PARCE QUE CA NE VAUT QUE CA

Une petite chronique belge

https://www.musiczine.net/fr/chroniques/item/86105-la-vraie-vie-de-buck-john-jean-louis-murat

Quelques mois à peine après la sortie de son dernier album studio, « Baby Love », Jean-Louis Murat est de retour. Et il nous propose son 21ème elpee, « La vraie vie de Buck John ».

Si le titre évoque un célèbre cowboy héros de bandes dessinées publié dans un fascicule éponyme et tiré des films de l’acteur américain de western, Buck Jones, ne vous attendez cependant pas à tomber dans les poncifs d’un univers folk/blues.

Sur le fond, la figure stylistique empruntée par Bergheaud (à l’état civil) reste dans la même veine que ses ouvrages précédents.

A ceci près que, bricolé durant le confinement, Murat s’est fixé comme contrainte de n’utiliser que deux ou trois instruments (vous n’y entendrez pas de basse), l’unique intervention extérieure se limitant à celle de son complice Eric Toury, à la batterie, à la prise de son et au mixage.

L’Auvergnat réunit tous les éléments pour proposer un produit intéressant : un grain de voix séducteur, un groove funky (« Battlefield »), des gimmicks sautillants (« Où Geronimo rêvait ») et des mélodies inspirées par la thématique de l’amour. L’utilisation sporadique de synthétiseurs et sons typés ‘années 80/90’ (« Marylin et Marianne »), permettent aussi de souligner subtilement cet habillage en lui communiquant un caractère plus contemporain.

Pourtant, dans sa globalité, si le disque répond aux exigences de l’artiste et est traversé par des courants de bonne humeur (?!?!?), il fait figure pâle. Si, objectivement, il n’est pas déplaisant, il n’est probablement pas celui dont on parlera le plus. Pour plusieurs raisons.

Outre le minimalisme de la durée (une trentaine de minutes seulement), le disque souffre d’un manque de corps et fait preuve d’une certaine légèreté, même si l’une ou l’autre chanson s’en tire plutôt bien.

Et puis l’ensemble s’avère un peu trop linéaire. Tout en laissant un goût d’inachevé. Murat se complairait-il dans la facilité ?

Alors oui, en matière de goûts musicaux, il faut parfois se faire une raison. Lorsqu'on aime, tant mieux, mais lorsqu'on n'aime pas… difficile d’être objectif.

La dernière phrase n'est-elle pas un peu ridicule?

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2021 BUCK JOHN

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Publié le 2 Mai 2022

bonjour, ola, alo,

Voici les quelques news que j'avais sous le coude depuis ces derniers jours!

 

1) Avant le concert d'ALLONES,  dans OUEST FRANCE (édition Pays de loire) du 29/04,  un petit phoner. 

Murat répond sur le fait qu'il ne sorte pas de livres... 

Interview dans OUEST-FRANCE, retours sur Bourgoin, Bruxelles et Lièges et bricoles

 

2) Retours sur BOURGOIN:

 

a- Avec Soul Kitchen, plutôt en images, celle de Fabrice Buffart

https://www.soul-kitchen.fr/162215-photos-jean-louis-murat-slogan-les-abattoirs-bourgoin-15-04-2022

b- Voici l'article du  DAUPHINE LIBERE   pour vous prouver que mon compte-rendu était juste:

Aux Abattoirs, Jean-Louis Murat a comblé son public
Par M.M. - 16 avr. 2022

Les Abattoirs ont proposé, ce vendredi soir 15 avril, une soirée chansons françaises devant plus de 200 spectateurs. Confiée au groupe lyonnais Slogan, la première partie a démarré avec des textes ciselés et de la musique pop, electro. Clémence, Nicolas et Anthony à la basse s’amusent avec leurs références cinématographiques, musicales, littéraires. Et l’ensemble s’impose comme un hymne enchanté et en chansons à l’amour, à la vie.

 

Artistes en transe et public séduit

Puis ce fut le tour de Jean-Louis Murat, de retour sur cette scène berjallienne qu’il affectionne tant. Et ça s’est vu ! Venu avec son dernier album La vraie vie de Buck John et des titres cueillis dans des plus anciens Morituri, Taormina, Baby Love , l’auteur compositeur interprète auvergnat, très en voix, a gâté son public. Et quand il pose un temps sa basse, pour chanter seul, l’émotion est bien là avec La pharmacienne d’Yvetot et la magnifique reprise de L’Arc en ciel. Les morceaux instrumentaux étaient au top, s’allongeant pour le plus grand bonheur des auditeurs.

Ce fut un sacré moment que l’artiste et son public ont pleinement partagé et apprécié. Une prestation épurée et habitée où rock, groove, folk, envolées vocales, parfois psychédéliques, ont fait le reste, pour parler de mort, d’amour, beaucoup, qu’il soit perdu ou renaissant. Pour parler aussi de voyages, et ce vendredi soir, le public s’est bien laissé embarquer par Jean-Louis Murat, Denis et Yann Clavaizolle, Fred Jimenez, musiciens hors pair qui se sont fait plaisir jusqu’aux multiples rappels.

 
 
 
3) Les retours des concerts belges par le camarade Martial de Destination JL Murat sur FB:
 
CR des concerts à Liège( 08/04 ) et Bruxelles (09/04).
Demain nous prenons la route pour voir Jean-Louis à Paris (Trianon), et je n'ai pas encore eu le temps de faire le CR de ces 2 concerts en Belgique.
Faut dire qu'entre le travail et notre petite fille de 6 mois qui vit désormais à la maison, nos journées sont bien remplies. Je profite donc de ce lundi de Pâques pour m'y coller et vous raconter notre week-end ou nous avons suivi Jean-Louis en tournée.
Après la déception à l'annonce de l'annulation du concert de Lille, ajouté au manque que l'on a tous ressentie avec la tournée annulée à cause du covid, nous avons vite pris la décision avec mon épouse d'ajouter la date de Liège à celle de Bruxelles pour voir notre chanteur préféré 2 soirs de suites, car nous savons très bien que les concerts de Murat sont toujours différents d'un soir sur l'autre .
Ce vendredi 8 avril, je récupère donc mon épouse à 16h à son travail, et nous voilà donc partis pour Liège ( 2h30 de route) . Pendant le trajet, nous en profitons pour réécouter les derniers albums de Jean-Louis qui occupent la majeure partie de la Setlist du soir.
Après être passé à l'hôtel, nous arrivons à la salle du Reflektor ou nous saluons Jocelyne qui tient le stand de merchandising. Elle est bien loin de se douter à ce moment là que je serais amené à reparler d'elle dans mon compte rendu à cause du chanteur Auvergnat.
Quand on entre dans la salle ou nous rejoignons notre amie Josie au premier rang, la première partie est déjà commencée et elle ne fût pas désagréable. C'est Bérode, un duo Belge à 2 guitares qui jouera encore quelques titres dont une belle reprise de " Au revoir mon amour " de Dominique A.
Après le changement de matériels et les quelques réglages nécessaires après la première partie, le noir se fait dans la salle, le régisseur agite la lampe torche et Jean-Louis fait son entrée dans une tenue assez décontractée, basket, pantalon en toile avec des fermetures éclairs dans le bas , tee-shirt et chemise à carreaux rouges, noirs et blancs.
Il est accompagné aux claviers par Denis Clavaizolle qui fait son retour sur scène avec Murat , 12 ans après la tournée "Le cours ordinaire des choses". Yann Clavaizolle, que j'ai déjà vu sur scène avec H-Burns ,s'installe à la batterie et le fidèle bassiste Fred Jimenez a rejoint la tournée après quelques dates. Tous les 3 accompagneront Jean-Louis aux choeurs sur plusieurs titres, et ce sera du plus bel effet.
Après un " Bonsoir ", le set débute par" Jean Bizarre " un des titres que je préfère sur le dernier album " La vraie vie de Buck John ".Et la configuration de la salle, une fosse debout en longueur permet aux 250 personnes présentes de bouger sur ce titre et ce refrain très entrainant :
" Toi-même en retard
Jean Bizarre
À Zanzibar ouh,ouh
Perdu aux chemins des pleurs...ouh,ouh,ouh..
Puis le navire du Reflektor retrouve la houle avec une très belle version de" La Princesse of the cool "( album Baby Love), lors de laquelle Murat joue avec la pédale d'effet de sa Telecaster. Si bien que lorsque le morceau se termine, on ne croit pas du tout que:" C'en est bien fini de l'éternel retour du blues" .
3 ème titre de la Setlist et 3 ème album déjà, puisque l'on reconnaît l'intro de Ciné Vox de l'album " Il Francese " que l'on avait déjà entendu sur la dernière tournée avant le Covid. Jean-Louis et ses 3 musiciens nous livrent ici une version différente mais toute aussi poignante de cette superbe chanson au texte sublime:
"Alors si grand malheur était
De ne pas se sentir aimé
Je me glissais comme en un rêve
Me glissais dans
Dans une autre vie...."
Retour au dernier album " Buck John" avec le très énergique " Ma babe " , ça bouge de nouveau dans le public, ça tape dans les mains et ça chante même " Z'auriez pas vu ma babe " avec les 3 musiciens qui font les choeurs.
Le titre suivant débute avec le seul clavier de Denis et Jean-Louis qui chante: " Mais où est-il, mais où est-il mais..... Ce soir je pense à l'envolée.... et au bout d'une d'une minute trente, changement de tempo et le rythme s'accélère avec les entrées conjointes de la Telecaster, de la basse et de la batterie pour ce très bel inédit de la tournée " Hello You " qui se termine par " Hello you, hello toi, plus de ça entre nous.. et les choeurs ha,ha,ha,ha,ha.... sublime.
Puis Jean-Louis quitte son tabouret sur lequel il joue dans une position mi-assise,mi-debout pour s'avancer vers la droite de la scène ou il a repéré au premier rang un enfant sans boule quies, puis il recule en fond de scène pour parler au régisseur alors que le groupe joue doucement. Le régisseur réapparaît et va offrir des bouchons antibruit à cet enfant pour le protéger car pour " Maryline et Marianne " , Jean-Louis invite le public à taper des mains et à accompagner les choeurs , et les spectateurs s'exécutent généreusement et ça bouge encore plus fort dans les premiers rangs sur ce titre qui groove vraiment très bien en live.
Le set continue par " Montboudif " et ce sera ma seule réserve de la soirée . Sûrement parce que déjà sur l'album Baby Love, c'etait un des titres que j'appréciais le moins, et la version live ne me fera pas changer d'avis. Du même album, j'aurais préféré entendre " Ça c'est fait" , " Le reason why", " Troie " ou " Tony Joe".
Mais la suite va me combler car on aura le droit à l'enchaînement de 2 titres sublimes de l'album " Morituri " , le Murat d'avant le virage electro pop de travaux sur N89.
Fred et Yann quittent la scène, Jean-Louis pas très bavard jusque-là évoquera la guerre en Ukraine par : "Vous avez de la chance d'être Belge!
Bientôt on n'aura plus de gaz , plus d'électricité, ce sera le moment de tester un nouveau mode de vie"
Aux premières notes de clavier de Denis , je reconnais " La Pharmacienne d'Yvetot " , une superbe version piano- voix qui donne vraiment envie de chialer, mais pas dans la cuisine, (comme dans la chanson) ,mais bel et bien là, devant la scène..... et la voix de Jean-Louis, belle et claire comme de l'eau de roche qui clame:
"Encore une affaire à Dantzig
Aux Dardanelles, à Mayerling
Attends le prochain Sarajevo
Pour chialer dans la cuisine.... "
On y est, pas à Sarajevo, mais en Ukraine, au Dombass, à Marioupol, j'en ai des frissons...... Applaudissements nourris.... Mais pas le temps de souffler et on enchaîne sur " Frankie " , 9 minutes 30 à couper le souffle.... ça démarre par des cris, ouh, brrr, youhou,ahhh, puis 《 Que n’aurais-je pas fait pour Frankie 》, c’est que n’aurais-je pas fait pour mon pays , pour la langue Française. Les 4 musiciens sont au diapason et le temps est suspendu tout au long du titre que Jean-Louis étire au maximum en répétant un couplet, en répétant le refrain, on voudrait que ça ne s'arrête jamais, grandiose !
On passe à un peu plus de légèreté avec " Chacun sa façon " , une version plus punchy que sur l'album qui permet aux premiers rangs de se dégourdir les pieds après les 2 titres de " Morituri " .
Jean-Louis reste seul en scène et dans une digression nous lâche :" Là, je suis plutôt sur l'origine du monde.... Avec Jocelyne à qui vous allez acheter un album, on se tape tous les musées ou il y a un Courbet avec une source de la loue. Avec Jocelyne, on parle beaucoup de sexe, elle vous dira...." rires dans la salle. Puis accompagné par sa guitare, Jean-Louis enchaîne :" Bon j'y vais, je me déshabille et je plonge....."
Aux sources de la Loue, je n'sais quoi j’attendais
Sans doute le début du monde...."
Guitare-voix donc pour une superbe version down tempo de " Si je m'attendais" qui me filera la chair de poule et qui me rappellera " Amour n'est pas querelle " sur la tournée Toboggan.
Flashback maintenant, puisqu'on remonte à l'album Taormina pour une version très enlevé du " Chemin des poneys" , 8 minutes très " rock" ou la Telecaster de Jean-Louis va rugir, les ouh ! aussi , ça devient " Psychédélique " , on est loin de la version de l'album mais c'est beau et puissant. On voudrait encore prolonger plus longtemps ce moment hors du temps, mais c'est la fin du set et Jean-Louis et ses musiciens quittent la scène sous un tonnerre d'applaudissements.... ça tape dans les mains, on entend des houhouhu, et Jean-Louis revient pour le rappel avec le seul Denis aux claviers . Aux premières notes on reconnait " L'arc en ciel " la reprise d'Adriano Celentano . De nouveau cette version piano-voix down tempo touche sa cible et me frappe en plein coeur, quelle merveille :
"Je suis devenu un coucher de soleil
Je parle comme les feuilles d'avril......"
Ces paroles raisonnent dans la salle, le temps et de nouveau suspendu..... dans les loges à Bruxelles, Murat nous dira : " Vous avez vu ce soir j'ai pas joué l'arc en ciel ( il a joué Taormina en rappel ) , parce que trop de titres piano-voix, ça ferait un peu trop chanteur des années 30 ". Oh que non Jean-Louis, bien au contraire, je vous le dis ici dans mon CR, votre voix est tellement claire et belle, elle n'a pas bougée, elle nous bouleverse dans ces moments d’émotions intenses.
Le set se termine par quelques mots en Italiens dans la chanson sous un tonnerre d'applaudissements de nouveau. Le public tapera dans les mains, des pieds , scandera Jean-Louis! Jean-Louis ! Jean-Louis ! Mais il n'y aura pas de 2 ème rappel...... Qu'importe, on aura eu le droit à un concert intense, dense, d'1h40 avec un set bien équilibré entre les titres enlevés et rythmés, et ceux plus lent, plus dans l'émotion.
À Bruxelles nous avons retrouvé Lina et Dolores qui auront beaucoup apprécié le concert au Botanique, plus rock que la veille à Liège, avec un Taormina psychédélique en rappel à la place de l'arc en ciel. Avec des intros plus longues et plus de guitare aussi qu'à Liège. Seul hic au Botanique, un agent de sécurité qui ne voulait pas fermer la porte alors que les serres du Botanique sont en travaux et ouvertes aux courants d'air. Cela a perturbé Murat qui s'est arrêté de jouer. Le régisseur, mon épouse , puis moi à mon tour avons dû fermer cette porte pour que tout rentre dans l'ordre.
En fin de concert, quand Jean-Louis dira que c'est bientôt finit, un spectateur lancera: " Tant que la porte est fermée, tu vas jouer maintenant. " rires dans la salle....
Dans les loges en discutant avec Fred, le bassiste. Je lui ai dit à quel point c'était impressionnant de voir à quel point lui et les 2 autres musiciens étaient aux aguets, en train de surveiller Jean-Louis comme le lait sur le feu ! Pour savoir quand il va prolonger, raccourcir un titre, ou changer de tempo.
C'est pourquoi je vous disais que les concerts de Jean-Louis sont toujours différents et on en a encore eu la preuve sur ces 2 dates en Belgique.
Le groupe est maintenant bien réglé, les claviers de Denis apportent un vrai plus .
Fred à la basse est fidèle à lui même et Jean-Louis semble avoir dompté Yann et sa crinière à la batterie.
Quant à Jean-Louis, il est en pleine forme, il a retrouvé sa Telecaster qu'il avait abandonné sur la dernière tournée et son chant est parfait, surtout sur les titres piano-voix et guitare-voix ou il met toute l'application qu'il faut pour rendre ces instants magiques.
Hâte d'être mardi soir à Paris pour revoir sur scène le meilleur auteur, compositeur,interprète de la chanson française
" T' ES LE MEILLEUR JEAN-LOUIS ! "
Martial Decoster.

LE LIEN DICALE EN PLUS

encore une occasion pour Bertrand Dicale de nous faire écouter du Murat... Le jour où il est impossible de parler des élections sur les ondes... 

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/ces-chansons-qui-font-l-actu/comment-ne-pas-en-parler-aujourd-hui-seulement_5070673.html

Jean-Louis Murat, On ne peut rien en dire, 2006

 

LE LIEN EN PLUS EN SUS DU COTE DES COLLECTIONNEURS

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2021 BUCK JOHN

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Publié le 25 Avril 2022

Sur ce blog, il y a une catégorie d'articles, que l'on peut retrouver dans la colonne à droite,  qui s'appelle "le goût de qui vous savez"... Elle était nécessaire car il est habituel que Jean-Louis Murat  partage ses coups de cœur quand on l'y invite, et pas seulement. Même s'il fait parfois le fanfaron en laissant penser qu'il démolit tout, il est plus juste peut-être de croire qu'il lit TOUT, écoute TOUT, sans oublier de plonger son oeil et ses mains sur la peinture ou son esprit dans la philosophie. En la matière, c'est aussi un OGRE. Après une discussion sur le cinéma au Toboggan de Décines, juste avant d'enregistrer le live "innamorato", en 2018, et auparavant des rencontres FNAC, des multiples articles dans lesquels on demande à Jean-Louis Murat ses coups de cœur dans les divers arts,  et des promos dans lesquelles il glisse les auteurs ou chanteurs qui l'ont accompagné durant la période de création,  voici donc un reportage de Florence D. sur une nouvelle occasion qui nous était offerte d'entendre Jean-Louis Murat nous parler de culture. C'était à l'invitation de la médiathèque ARAGON à Rosny, sise au côté  du théâtre où il allait jouer deux heures plus tard. 

« Porter ce qu’on aime et l’offrir aux autres » : 

la médiathèque imaginaire de Jean-Louis Murat (Rosny-sous-Bois, 16 avril 2022)

 

Même pour une familière de la petite couronne parisienne, l’arrivée à Rosny-sous-Bois peut paraître un peu décourageante. Pourtant, passés les ronds-points de la zone commerciale, le pont sur l’autoroute, et une entrée sous une barre d’immeubles, on se retrouve dans une cour intérieure, îlot vivant et serein : vaste dalle où des espaces fleuris mettent une touche printanière, notes échappées d’une fenêtre, baigneuses sortant de la piscine, et porte vitrée de la médiathèque, juste au-dessus du théâtre - on y entendait dans l’après-midi les répétitions pour le concert de ce soir. 

Nous, c’est La Vraie Vie de Buck John qui nous accueille, diffusée par les haut-parleurs, alors que les bibliothécaires nous incitent à commencer à déambuler en attendant l’invité du jour - lequel sitôt arrivé, accompagné de Jocelyne,  se trouve embarrassé de s’entendre. La musique est coupée, on lui offre un café qu’il laissera refroidir, et la séance commence. Le charme opère immédiatement, sur un public acquis d’avance : même Arno Cayotte, le bibliothécaire qui anime la rencontre, se présente d’emblée comme un fan, que Murat accompagne depuis 1991. 

 

On commence dans la section jeunesse, colorée et lumineuse, avec sa grande baie vitrée qui ouvre sur un coin d’herbe. Questions sur le rapport aux bibliothèques et aux livres, sur les liens entre littérature et chanson. Murat raconte : enfant issu d’un milieu populaire, il n’avait pas de livre à la maison, et a beaucoup fréquenté la bibliothèque de La Bourboule. Depuis longtemps il vit dans les livres : jeune homme, il s’est constitué une première bibliothèque, disparue, dilapidée par un héroïnomane, aujourd’hui les livres envahissent sa maison, colonisent une pièce après l’autre. Il rappelle aussi que son ex-femme a ouvert une librairie (le formidable tiers-lieu Les Vinzelles à Volvic). 

Sur le rapport entre ses lectures et les chansons, il se fait modeste. Il dit passer l’essentiel de son temps à lire ou à écrire, mais si l’univers des chansons peut avoir un « relent poétique », « globalement c’est de la blague » lance-t-il. Il présente plutôt ses lectures et la constitution de sa bibliothèque comme une façon de poursuivre ses études. Et éludera soigneusement la question sur un éventuel projet d’écriture romanesque.

« Ma bibliothèque, conclut-il : ce sera sans doute ce que j’ai fait de mieux » ; et, clin d’œil à l’espace où se déroule cette conversation : « j’ai une mission, comme Dora. » 

Ce sera la seule référence à l’espace dans lequel nous nous trouvons – avec le Mortelle Adèle qu’il a feuilleté à son arrivée. Immédiatement se dessine ce qui sera la joie et la limite de cette rencontre. Murat qui sait si bien parler de ce qu’il aime, rendre curieux d’une œuvre, d’un auteur, s’en tiendra à des généralités sur son rapport à l’écrit : son intimité avec les livres, l’importance de la transmission…  Introduction extrêmement plaisante, souvent drôle, parfois touchante, mais qui fait rêver d’une deuxième partie où il aurait sorti des ouvrages des étagères pour partager ses goûts et ses enthousiasmes, ou même, pourquoi pas, nous aurait lu des passages à voix haute puisqu’il raconte que c’est un de ses exercices favoris.

Arno Cayotte nous invite à passer dans « l’espace adultes » (frissons dans l’assemblée), et on aborde plus précisément ses auteurs et ouvrages de prédilection. « A mon âge, on lit et relit les classiques », dit Murat, qui a toujours sur son bureau L’Iliade, L’Odyssée ou les Pensées de Pascal. Il nomme Montaigne, Tchékhov, et bien sûr, Proust et la Recherche, lue en sept ans puis partiellement relue. Tout en parlant, il parcourt les rayons, s’arrête sur des titres séduisants, s’émeut des voisinages auxquels contraint le classement : Cervantès et Borges, très bien ! En revanche Will Self et Shakespeare, pas question : jamais ces deux-là ne feront de petits, et il ne manquerait plus que Will Self se croie au niveau de son illustre voisin !  Illico il les sépare. Le principe de classement chez lui ? Avant tout, éviter les compagnonnages contre-nature : « Il faudrait inventer un classement par lequel les livres pourraient se reproduire », s’amuse-t-il. Lui leur parle, à ses livres, les bichonne, répare ceux qu’il achète en mauvais état, et surtout s’excuse s’il leur a imposé un voisin mal assorti.

Nous rions, ravis, mais il est aussi très touchant de voir ainsi formulé ce qui habite beaucoup de lecteurs : la présence familière des livres, cette relation d’intimité avec eux et leurs auteurs, et un amour qui nécessairement se partage : porter ce qu’on aime et l’offrir aux autres, dit Murat. Alors tout le monde n’ose pas, comme lui, se lancer dans la lecture de quelques pages quand l’apéro bat son plein, mais il nous dit bien là la joie à transmettre et le délice qu’est la lecture à voix haute, même quand on a beaucoup grandi et que l’on n’a plus droit, depuis longtemps, à l’histoire du soir. 

Sur l’histoire du soir, justement, il développe longuement la façon de transmettre à ses enfants le goût de la lecture, et l’exigence. Il dit avoir lu tout ce qui passait entre leurs mains, pour éviter des romans jeunesse mauvais ou médiocres, achetés ou offerts trop vite. Il n’hésite pas non plus devant le difficile ou très difficile, racontant qu’il a lu un peu chaque soir à ses enfants encore petits Une enfance de Jésus de J.M. Coetzee, prix Nobel de littérature en 2003. Il revient aux classiques, racontant sa méthode pour leur faire découvrir les Fables de La Fontaine, dans un joli cheminement pédagogique, depuis le récit pour enfant de cinq ans jusqu’à la lecture avec la prononciation du 17ème siècle…

 

Bon, c’est Jean-Louis Murat, alors inévitablement il lance aussi quelques vacheries. Au rayon presse, sur le peu d’estime qu’il a pour les journalistes, bien qu’il les lise très régulièrement, et surtout « ceux du bord opposé » (il serait donc lui-même d’un certain bord ?), l’essentiel restant de "penser contre soi-même" comme il l'a déjà dit à plusieurs reprises. Sur la BD aussi ; sans partager le mépris qu’il manifeste, on goûtera son sens de la formule lorsqu’il la qualifie de « culture pour les nigauds », « marche pour les claudicants » (« Oui, c’est vrai, je suis réac », reconnaît-il.)

 

On le préfère dans ses admirations. Pour Berthe Morisot croisée au détour d’une allée : il raconte qu’elle a toujours les yeux sur lui dans son studio d’enregistrement, où il a affiché un de ses portraits. Il en parle avec affection, de cette grande peintre, un peu oie blanche dit-il aussi, entre les frères Manet... Même tendresse pour Madame Deshoulières, rencontrée au marché aux puces, et devenue son « Antoinette », qu’il a contribué à refaire découvrir. Exclamation devant un ouvrage de Mona Ozouf, aveu de son admiration qui l’a empêché de l’aborder lors d’une séance de dédicace, comme avec Tony Joe White, ou Anne Sylvestre - émotion redoublée du fait qu’il lui trouve la voix de Suzanne Flon dans Un singe en hiver.

Elles passent vite ces 45 minutes en compagnie de cet homme si curieux. Interrogé sur ses voyages, il dit qu’il cherche avant tout à aller là où ont eu lieu des événements qui l’intéressent, où ont vécu des écrivains et artistes. Il clame une fois encore son amour pour la Grèce (« Ah ! Mourir à Delphes ! »), et rêve d’aller à Sils Maria, dans le Sud-Est de la Suisse, lieu de villégiature, entre autres, de Nietzsche, Thomas Mann ou Marcel Proust. Les tournées, malgré un rythme qu’on imagine fatigant, sont aussi l’occasion de découvertes : il s’enthousiasme pour le musée de Bourgoin-Jallieu, visité avec Jocelyne à l’occasion du concert de la veille, sourit aux souvenirs de déambulations nocturnes dans les musées, précieux privilèges qu’a pu lui apporter sa propre notoriété ou celle d’Isabelle Huppert… Gourmandise et générosité, donc, et si je ronchonne un peu après coup, ce n’est pas que Pierrot a une mauvaise influence (encore que…), mais que ce moment invite à en vouloir plus, soulève des questions notamment sur son rapport à la création contemporaine, suscite le désir de le voir pleinement dans ce rôle de passeur…  Ou de s’interroger sur les livres qu’il a cités ailleurs comme sources d’inspiration. Mais cela, ce sera pour le prochain épisode.

                                                                         f.

                                                                                                 
 

 

 

Merci! Merci beaucoup Florence ! Tu gagnes tes galons de "reporter à  veste multipoches'! 

J'ai particulièrement apprécié les éléments sur le  rapport physique de Jean-Louis Bergheaud à ses livres. En autodidacte, il se constitue littéralement un corp-us.

Même s'il n'est bien sûr pas rare que l'ultra-sensibilité d'un A.C.I.  l'amène à se faire séduire par toutes les muses qui passent, entre autres choses,  à la lecture de cet article,  voici deux réflexions :

Murat dans un ciné club  va transpirer le 7e art; dans une bibliothèque, ne sembler respirer que pour la littérature, et invité chez Lenoir ou Zégut, c’est toute sa vitalité qui s’incarne dans la musique, et il s’affirmera avant tout musicien...  Entier.  Ce n'est pas un jeu ou une posture, juste la passion et la sensibilité.

- Dans cette passion, on discerne également sa modestie concernant son artisanat (même s'il pense qu'il n'y a pas de concours, et que c'est le MOF du PMF*), par rapport aux autres arts "majeurs". Même si 1451, même si Bob Dylan, on attend toujours qu'il ose franchir le pas d'avoir de "la suite dans les idées" (pour reprendre une de ses expressions pour expliquer qu'il ne commettait pas de livres).

 

“Ce qui distingue l'autodidacte de celui qui a fait des études, ce n'est pas l'ampleur des connaissances, mais des degrés différents de vitalité et de confiance en soi.”        Milan Kundera / L’insoutenable légèreté de l’être

 

*Meilleur Ouvrier de France du Paysage musical français

 

Merci pour les photos,  Christophe- page jeanlouismuratfanclub

« Porter ce qu’on aime et l’offrir aux autres » :  la médiathèque imaginaire de Jean-Louis Murat (Rosny-sous-Bois, 16 avril 2022)« Porter ce qu’on aime et l’offrir aux autres » :  la médiathèque imaginaire de Jean-Louis Murat (Rosny-sous-Bois, 16 avril 2022)
« Porter ce qu’on aime et l’offrir aux autres » :  la médiathèque imaginaire de Jean-Louis Murat (Rosny-sous-Bois, 16 avril 2022)

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Rédigé par Florence D.

Publié dans #2021 BUCK JOHN, #le goût de qui vous savez

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Publié le 23 Avril 2022

ONE DAY,  ONE NIGHT IN PARIS,  Trianon - concert Jean-Louis Murat, 19/04/2022

Merci à Murat de me permettre de me faire des beaux mid-week...  Après une escapade au Sancy, je me suis offert Paris sur un plateau du Trianon...  Et toujours pas de burk jaune pour Buck John : Il se déguste sans fin, et avec appétit.

Après le concert de Bourgoin, at home, dans un cocon où j'ai vécu en solitaire le moment, et vraiment gobé mon pied,  j'étais curieux de sentir la chaleur et ferveur parisienne, pour la première fois. 

 

C'est à Paris, que je fuis chaque nuit                   Étranger à l'oubli, dans ma mémoire infidèle

La vraie passion de ma vie      Dors à Paris        De Clichy à Odéon            J'ai tant et tant jeté de ponts

Pour enjamber nos vies          Comme à Paris

 

Tout a commencé un peu trop tôt:  levé à 5 heures, pour pouvoir faire une visio de travail à 9h (j'ai un vrai travail, parfois) auquel j'assiste dans le hall de la gare de Lyon. Pas de chance : la vi-sio ne m'apprend rien, Je voulais juste un peu parler, choisir un train... Heureusement, vers 10 heures, la ville est à moi.  Je me rends compte devant la cinémathèque  qu'on est mardi... les fameux Mardi parisiens... J'avais prévu d'y faire des recherches. Je poursuis donc ma rando sur les lieux avec une autre idée en tête, en renonçant aussi à entrer à la BNF devant la queue aux portiques. Après  toutes ces marches, montée,  descente, je me dis qu'ils ont réservé la culture aux sportifs. 

Je prends quelques photos.  Je ne me prends pas pour Cartier-Bresson.

Quai Saint-Bernard à Paris
Derrière la gare Saint-Laz
are

 

Et je me retrouve après quelques kilomètres au Père Lachaise. Ce n'était pas un jour d'été comme on en fait beaucoup, mais c'était agréable.  Je fais le parcours touristique, mais je tombe (si je puis dire) sur Bourdieu, Bécaud -je l'aime de plus en plus, "c'est en septembre" me fout les poils, "l'absent"...-, Tiens Mano Solo, dont le Paris de "la Marmaille nue" est un peu celle qu'il défile sous mes yeux, durant un moment, je connaissais l'album presque par coeur... et Desproges, bien tristounet dans un rectangle aux herbes folles. "Je trouve insupportable, déplacé, que nous puissions mourir"  a-t-il dit, Bergheaud:  "C’est dégueulasse qu’on nous ait mis là pour qu’on disparaisse et qu’il ne reste rien". Rien? Non,  j'ai ressenti une grande joie quand ma fille m'a demandé la semaine dernière: "tu connais Desproges?"  Elle était en train de le lire avec plaisir! Malgré le souvenir absolument horrible de Murat alors chanteur à keffieh, de sa rencontre avec lui -d'où sa rancœur contre les humoristes de France Inter?-, ils avaient sans doute beaucoup de points communs: Peguy, Vialatte, la critique de la démocratie, sans oublier Zacha... et la capacité à sortir  la réplique assassine?).

 

Pitié pour les défunts       Est-il besoin de le dire

Horizons lointains       Courses à Paris

Tous disent               Bonjour grand cambriolé

 

Ensuite, un peu à la hussarde, je déboule sur  le Maréchal Murat histoire de voir si la stèle a bougé: il a peut-être décidé d'aller se souvenir au Trianon ce soir? aller se battre contre son double, cet usurpateur ou prendre possession de sa réincarnation?   Apparemment, non, de toute façon, il doit être bien coincé, avec  toute la smala sur x générations qu'on lui a collé par dessus. [NDLR : En fait, il s'agit d'un cénotaphe. Le roi de Naples a été jeté dans une fosse commune après son exécution. Malgré des recherches, ses restes n'ont pas été retrouvé.]

Une salutation à Marie Trintignant dont le décès a tellement touché Jean-Louis... et je termine par Marcel... qui n'est pas crédité sur "Lilith", mais ça aurait pu ("J'ai toujours Proust et Montaigne à portée de main. J'ai fait tout Lilith en lisant la Recherche" ( PS: On lit aussi dans cette interview de Libé. "Pour Cheyenne Autumn, c'était une pensée constante. C'est vraiment le disque que j'ai fait pour un pote, presque un truc de pédé, pour emballer". B?  Ce dernier descend le disque à sa sortie...).

 

On quitte presque difficilement ce monde des morts si vivant de Nature pour s'enfoncer dans les édifices, les boulevards  grouillants.  La ville me semble pourtant bien changée depuis mes dernières visites, en 2013 et 2015, avec ces pistes cyclables. Je passe sur Ménilmontant, et je me rappelle  de la belle soirée à la Bellevilloise (livre unplugged Murat), grâce à l'ami Pierre Krause.

 

Pour autant, je n'aime pas flâner sur les grands boulevards... avec mon gros sac à dos, et je me décide à me faire 4 stations métro-transporter... pour aller le poser. Oups, c'est un peu glauque cette chambre avec vue sur mur, et je ressors aussi sec pour un nouveau tour dans les rues dans lesquels Jean-Louis prenait ses quartiers.

 

Ps:  Bon, je vous fais le compte-rendu "murato-centrée"... mais je profite aussi de la randonnée urbaine.  

J'habitais rue Bondy
vous rue des Pyrénées

Je suis sur les rotules, et je vais quand même m'allonger une petite heure.

On se retrouve vers 18 heures avec quelques camarades des différents groupes facebook, united nation of Muratie pour les grandes occasions, Régis de Touraine, Martial et Marie-Laure de Dunkerque, Sylvie d'Alsace qui va vivre son premier concert, Eric Quénard de Reims, inter-Viouvé en 2013, La Barbara de Suisse et Amparo de Normandie, et Vivien d'Angleterre!    Et je fais connaissance de ma Madame D. , Florence.   L'auteure des articles sur l'histoire d'un ruisseau de  Reclus , et sur les animaux que vous avez tous appréciés  est, je l'espère, en passe désormais d'être une partenaire (ir)régulière du blog, comme Matthieu en son temps. On la retrouvera rapidement, et comme d'habitude, et comme M.,  elle élèvera un peu le niveau moyen d'ici (Bergheaud le mérite).  

 

je vis loin de Paris
et vous où je ne sais

 

Baptiste W. Hamon, qui assure la première partie, à partir de 19h30 est managé par Alain Artaud, 2e inter-Viouvé et Murat- de la journée, que je rencontre.  Le 3e,  je le vois de loin en fin de soirée:  Dominique Severac, fidèle  Parisien,  comme  Armelle Pioline (4e) qui a fini la soirée en loge, comme l'ancien "jaguar" du forum muratien, Antonin Lasseur (5e).   Je vois Lætitia Masson que je n'ose pas aborder... mais je passe quelques instants avec Benjamin Locoge de Paris-Match qui s'étonne du peu de médias... Olivier Nuc et d'autres sont  à Bourges, ou chez les Sparks.  Laurent du Lien Défait qui me demande combien j'ai fait de concerts sur la tournée m'indique qu'il avait fait 27 concerts de la tournée Mustango. Oui, je sais, je suis un petit joueur.  Chose amusante: le lendemain, pour "AURA aime Murat",  je réponds pour Hexagone à des questions sur les dolos et le Lien défait... Je ne suis pas le mieux placé... mais le fait est qu'ils sont encore une poignée à se retrouver avec plaisir 30 ans, 35 ans après les premières fois.  Il manque quelques vieux camarades comme Sy! ou Nicolas N... et quelques autres. 

  L'âme du monde       tant aperçue à Paris        me dit "mais que faites-vous là"

Voilà pour la partie people,   et il ne me reste plus qu'à aller sagement rejoindre mon strapontin en ligne M... en courant car je rate l'intro de Jean Bizarre après une petite pause au coin.  Je ne ferai pas un strip on my strap (on supporte bien son coton).

 

C'est le 5e concert que je vois, je ne pense pas avoir de surprise. Et pour ce tour de chauffe habituel, il n'y en a pas.

 

Elle doit bosser au 12e,       il doit bien être sergent,

Dieu comme semble laisse,         de le voir si prudent.

Le volume sonore reste très modéré même s'il faut remplir de notes ce grand théâtre (à l'inventaire des monuments historiques). C'est sûr que c'est autre chose qu'un cube de béton comme à Cluses... et quand la salle applaudit à la fin du morceau, ouch, ça fait plaisir. La contenance en configuration debout est de 1000 personnes, et là on est assis (certains se demandent pourquoi), et ce n'est pas plein sur les côtés. Donc, 600/700/800 personnes? Je ne sais pas. Je n'ai pas eu le temps de compter.  Tiens, il n'y a pas la rangée de projos sur pied, en fond de scène... qui ne servait pas à grand chose certes. Il me semble qu'on restera dans le ROUGE, mais ça n'appelle pas le sommeil.  Il parait que "Ça n’existe pas vraiment le parisien, il n’y a que des provinciaux à Paris, quand je passe à Paris j’ai l’impression de jouer que devant des auvergnats, que je reste l’enfant du pays qu’ils viennent soutenir", mais je ne vois pas de chapeau en feutre et de biaude.  Je ne vois pas non plus E. Z., l'ingrat.

Magnifique intro  planante. avec une cool guitare de Jean-Louis, on prend deux minutes pour que la Princess of the cool s'installe. Le deuxième vers est un peu avalé. On a droit à quelques cris tempo-rés pour lancer le refrain. Quelques "oohh", "aaahhh" ponctuent le long pont final, mais c'est la guitare qui l'emporte... avant que les voix des musiciens arrivent doucement et s'élèvent avec les "là là là là" avant que Jean-Louis  ne pousse un "encore encore"... mais on en arrive à la fin.  7 minutes. Version courte par rapport à Clermont. 

C'est l'heure du premier "merci".

Cinévox.  Murat est parfois à la limite dans l’aiguë dans cette chanson, surtout quand il pousse un peu la voix par moment en bissant quelques vers. Mais il reste assez sage. Il ne part pas longuement voire pas du tout sur du "qui ne peut feindre, qui ne peut feindre" comme à Caluire. C'est presque "se séparer" qui est mis en avant ce soir.   6 minutes. Elle avait fait 4 à Cluses il me semble, et 7 à Caluire (je précise pour les curieux qui n'ont pas encore compris que Murat interprète différemment chaque soir).

 Le public applaudit au bout de quelques instants, quelques sifflets, l'intro de "ma babe" assurée par le band, ça dure un moment avant que la guitare arrive, plutôt rock. Les claps s'arrêtent... Tiens, je ne suis pas un grand connaisseur mais j'ai les Talking heads qui me vient à l'esprit. Il y a un côté rock et punk dans cette mélodie simple, et le chant détaché et saccadé. Les choeurs et le refrain nous emmènent plus sur du funk ensuite.  Murat s'amuse et part en petite impro vocale que je ne vais pas tenter de retranscrire. Ça monte, ça monte... Un petit "ddrrrrriiii" comme je l'avais déjà entendu,  et je me dis que le concert est lancé, et c'est à partir de là que je rentre vraiment dedans.  Le public repart dans les applaudissements, mais les musiciens ralentissent, ralentissent... alors que Murat y va de ses marmonnements musicaux,  et ça dure encore  ainsi... On a  un léger crescendo, "ah ah ah AH AHAH",  avant que Murat ne parte dans une grosse partie de guitare qui fait redémarrer les applaudissements. La fin me parait pouvoir être meilleur car on était tout près de l'incendie, mais nouveau ralentissement un peu brutale même si le dernier "n'auriez pas vu ma babe" sous la basse de Fred est plutôt joli. 2e petit regret : Murat ne nous invite pas à chanter, comme à Clermont, et ça sera le cas sur tout le concert. Je n'ai pas entendu de chants de la part du public ce soir.  Mais soit, la version était super chouette quand même et je ne suis pas seul à avoir aimé. Presque deux minutes de plus qu'à Clermont si je ne me trompe pas.

"mercccii".

Pendant qu'une note ou deux de guitare retentissent sous les applaudissements qui ne finissent pas, du fond de la salle, retentit un "Souris un peu!!!" suivi je crois d'"un merde" je crois. Mouais... Murat était peut-être concentré au début, mais il ne fait pas pour autant la gueule. Murat entame alors dans le bruit "hello you". Et ça méritait un peu de calme... d'autant que ça toussoute un peu, ça remue dans les rangs.  Étant dans un couloir, je suis légèrement perturbé par des gens qui rentrent ou sortent...  n'hésitant pas à faire lever plusieurs personnes pour rejoindre ses places. Je suis un peu surpris. Du coup, sur ce début d'HELLO YOU assez joli, ça manque un peu d'intimité.

Bon ceci dit, Il me semble que JL arrive à imposer une belle écoute... notamment dans le moment de silence (pas très long) vers la deuxième partie où on entend un petit sifflement, puis le souffle du chanteur. Et tiens, gros changement: ce soir, l'intro ne s'est fait pas seulement avec le piano de Denis mais plutôt à la guitare. Peut-être un peu moins joli.  A la Clermont, on avait profité longuement de la petite mélodie en noir et blanc. Là encore, sur la 2e partie, la voix de Murat est juste à la limite. Sous les chœurs emballants qu'il continue de lancer "ouais, les choeurs", Murat s'amuse. 5.5.  Là encore dommage de ne pas faire chanter le public comme à Cluses.

"Ah ah ah ah" font les chœurs, sous les applaudissements du public, le son est monté. Là encore, c'est la guitare presque métal et un peu étonnante, qui fait taire un peu les applaudissements, elle nous emmène assez loin, mais la section rythmique s'impose et nous fait revenir sur nos pas pour que s'entame Maryline et Marianne. C'est très rock, et c'est curieusement, quand  ça a ralenti, que Murat scande doucement "avant Ravaillac, avant Kim wilde etc " qu'on se fait avaler complètement par le tempo... et d'ailleurs, ça applaudit... (à la demande de Jean-Louis je crois certes)... et ça applaudit fort... jusqu'à la reprise avec un gros solo de guitare... Avant que Jean-Louis ne soit pas loin de crier franchement... mais ça ne s'arrête pas : encore un joli pont exclusivement musical avec une guitare d'enfer, toujours sous les applaudissements avant un dernier petit tour de refrain... et non, ça continue... nouveau passage de guitare. "Marilyn! Marianne! Maryline! Marianne"... et ça se termine par un dernier switch, juste avec quelques coups de guitare, puis la voix nue:  "nu au secret de l'eau, sans penser, sans penser, sans penser, y laisser la peau-o-o-o-o" suivie après quelques instants d'une onomatopée un peu incongrue (j'entends un "gray", dont on aurait pu se passer).    A la sortie, je  qualifierai  cette version comme un des grands moments de ma soirée. 7 minutes (version longue ce soir)

Et on continue sur de l'enlevé avec Montboudif. Le public tape dans ses mains. Murat la joue un peu plus blues cette fois sur sa 6 cordes sur la grosse minute d'intro. On n'a pas droit à des variations sans fin sur Montboudif. Je pense que la version de ce soir est très rock, avec une grosse guitare et Murat qui pousse fort sur la voix, avant un passage plus calme pour terminer sur une guitare vibrante . Un peu plus de  6 minutes.

"merciii".  

C'est notamment avant "La pharmacienne d'Yvetot" qu'à côté de moi, ça discute, ça rentre, ça bouge... mais Denis joue longtemps au piano (Jean-louis lui a fait un signe de moulinet) pendant que Jean-Louis fait son traditionnel "dégourdissement" après un coup de cristaline.  Quand il entame, quelques applaudissements fusent mais laissent vite place à l'émotion. Murat bien sûr les yeux fermés, tient le micro, puis lève les mains, comme je le vois faire depuis un mois, et les agite doucement, parfois en offrande, parfois en repli sur soi, les laisse retomber sur son jean, ou les frappant, assez doucement ce soir, entre elles, avant "chialer dans la cuisine". Une grande respiration avant de reprendre un couplet.  La tête se balance doucement sur le piano de Denis. Cette fois c'est avec une main sur la poitrine qui interprète le "chialer"... Bon, rien à dire: c'est toujours à tomber. On n'est pas dans la comédie, c'est un peu maladroit et malhabile,désarmant, mais Murat est au service de son chant et de sa chanson.

Encore un petit "merci"... et on fait une petite pause "attendez, bon, je vous présente mes camarades quand même...le petit nouveau à la batterie : yann... Fred à la basse... et DENIIIS, au pianoooo"... et c'est FRANKIE. Jean-Louis tourne le bouton de sa guitare, elle va être lourde... un peu comme dans "il neige".  Murat y va de suite avec des mots, alors qu' à Caluire, c'était un démarrage purement instrumental de 3 minutes.  "encore".   Les chœurs sont légers... mais vous avez compris le principe, ça permet à Murat de s'amuser à faire le soul man avec ses cordes vocales... avant de reprendre les couplets.   9 min 30 bien maîtrisées, et assez sages, mais concentrées, et émotionnantes, et quand même foisonnantes (on ne s'ennuie pas).  Et que ça sonne!

On passe l'heure du jeu sous les applaudissements.... qui se prolongent sur "CHACUN SA FAÇON". J'entends quelques applaudissements mais c'est par bribes. Le morceau est joué sur un rythme d'enfer. C'est peut-être la version la plus courte que j'ai entendue sur la tournée, mais pas de frustration. C'est parfait. En entendant la chanson en direct à Bourgoin, je me disais que c'était quand même un sacré bijou sur l'association texte et tempo rapide (même  s'il y a quelques rimes faciles) : 

Jamais pensé en son bonheur
Croiser un jour la route du malheur
Jamais pensé la nuit en son courroux
Faire ses adieux au loving you
Jamais pensé autant crier
Pour bien sentir la bête que tu es
Alors jamais pensé en ta matière
Qu'un cœur solitaire vit en enfer
Chacun sa façon d'y croire ou non
De passer la montagne avec les mouflons
Chacun sa façon à travers les flammes
Chacun sa façon d'être mort dans l'âme
 
Normalement, à ce moment, comme c'est indiqué dans la set-liste de la tournée, Murat devrait chanter en solo "Si je m'attendais"... Alors, Yann et Fred commencent à se diriger vers la buvette... mais comme à Bourgoin, il les rappelle. Non, il n'a pas envie de "si je m'attendais".
Le temps que tout le monde se réinstalle, il fait une petite impro de quelques secondes... et se lance dans "le chemin des poneys"...
 
Mince, je me dis que c'est un peu tôt pour celle-ci... mais soit, le démarrage est plutôt réussi, et ça ressemble à Bourgoin (pas de longue intro instrumentale).  "je voulais vous dire pour ce qui s'est passééé...", Murat fait toujours sonner  sa guitare de manière étrange, ce soir, c'est comme un tambour militaire pendant quelques instants, avant de repartir dans un déluge (sans que le son soit trop fort). Peut-être la plus belle version des 4 entendues (assez courte).  Et dans les applaudissements, nouvelle présentation des musiciens... avant une petite reprise rapide.
C'est le rappel, le public se met debout! Succès. Ça dure peut-être un peu plus longtemps que d'habitude avant que Murat ne réapparaisse... mais ça enchaîne vite sur "l'arc en ciel", 2e piano voix de la soirée.  La reprise de Celentano épurée est très belle. L'entendre dans cette grande salle redevenue silencieuse est particulièrement émouvant, et la registre de la voix est parfaite.
 
"merci"
 
Et on passe à "TAORMINA"... changement d'ambiance... même si l'intro n'est pas des plus plombantes... pour démarrer... mais le caractère "inexorable" s'affirme "la mort est dégueulasse".  Elle dure un peu (ça n'a pas été trop le cas ce soir)... mais pas plus de 3 minutes pour autant.  C'est très réussi. Comme souvent, ça alterne moment de répits et chaos-cahot rock, mais ce soir, je trouve le côté "atmosphérique" réussie,  c'est plutôt rock progressif assez propre que  psychédélisme. "bonsoir, merci d'être venu"... et le morceau se poursuit alors que Murat poursuit les remerciements pour l'équipe.. surtout avec le synthé de Denis... et le morceau se finit sur une note comique (incongrue) avec Murat récitant avec une voix de plus en plus enfantine:  "dis quelque chose, je suis comment... s'il te plait.. dffgg.. chagrin... dors avec moi..." et  "merci" qui faire rire le public.
 
Rapides salutations (les sempiternels saluts avec le bras pour dire au revoir), vibrants applaudissements... mais quand rapidement se distingue la lumière de  la lampe de poche du régisseur faisant signe à la table, tout le monde se dirige vers la sortie.
 
 
J'ai passé une nouvelle fois un très bon moment... mais j'ai une petite frustration de ne pas avoir entendu batttefield chanté par tous ces spectateurs... et je ne me suis pas ennuyé, et j'ai trouvé ça court! Je suis presque étonné qu'on se retrouve  sur les 90 minutes syndicales. Après, malgré la chaleur des applaudissements, je n'ai pas trouvé le public parisien phénoménal, malgré la standing ovation. Excusez-moi... Il est vrai que  Jean-Louis n'est pas trop venu les chercher sur le chant, comme il a pu le faire sur d'autres dates... et ne s'est toujours pas décidé à parler un peu. C'est vrai qu'ainsi, il livre un set bien resserré, électrique, mais avec quelques ponctuations d'émotions et de respirations.  Définitivement une belle tournée... malgré un répertoire qu'on pouvait penser décevant eu égard à la relative indifférence que les derniers albums suscitent (par rapport à ce qu'on a connu) et les pépites enfouies dans l'oeuvre.   
 

Votre jeune coeur redoute

Un mal qu'on appelle amour.

Vous croyez qu'on ne le gagne

Qu'au milieu des jeux, des rires :

Il se prend à la campagne,

Comme il se prend à Paris.

 

Le foyer reste ouvert le temps de boire un verre. Tout le monde a l'air ravi,  mais on est poussé vers la sortie une trentaine de minutes après le concert.

Sur le trottoir, restent les camarades du before, et quelques autres (Christophe de la page fb "murat fan club", David G...),  et tout le monde semble décidé à attendre l'équipe.  Vers 23h30,  Jean-Louis apparaît, après Marie Audigier, encore présente. Sa fille lui fait un gros câlin avant de rejoindre sa chambre d'étudiante.  Heureux,  il tape la bise aux dames et sert les pognes chaleureusement. Il reconnaît ceux de 30 ans, ceux de 20, de 15, 10 ans ou quelques concerts.  Sagement au 2e rang, à nouveau, il vient m'adresser la parole à propos d'AURA AIME MURAT.  "alors, vous le faites quand votre concert? Faut le faire! A la petite coopé, avec le bar, ça sera super!"... C'est la 3e fois qu'il indique apprécier le Tribute.  

Rencontres amicales, bon concert, la salutation du patron... Tout le monde a le cœur léger... et on termine tranquillement avec quelques uns  dans un resto à côté... en pensant déjà à la prochaine fois et en s'interrogeant sur ce que Murat va nous proposer à l'automne.

 

 

LES PROCHAINES DATES:

 

3/05/22

Allonnes Salle Jean Carmet FR
Heure: 20:00.
04/05/22 Cholet Jardin de Verre FR
Heure: 20:00.
05/05/22 Ancenis-Saint-Géréon Théâtre Quartier Libre FR
Heure: 20:00.
06/05/22 Saint-Brieuc La Passerelle FR
Heure: 20:00. – Réserver mes places…
28/07/22 Notre-Dame-de-Monts Festival Ultrasong FR
Heure: 20:00.
22/09/22 Montpellier Théâtre Jean-Claude Carrière / Festival Les Internationales de la Guitare FR
Heure: 20:00. – Réserver mes places…
30/09/22 Yssingeaux Festival Le Chant des Sucs FR
Heure: 20:00.
06/10/22 Nancy Nancy Jazz Pulsation FR
Heure: 20:00.
07/10/22 Auxerre Le Silex FR
Heure: 20:00. – Réserver mes places…
14/10/22 Oignies Le Métaphone FR
Heure: 20:00.
18/10/22 Lillebonne Théâtre Juliobona FR
Heure: 20:00.
27/10/22 Dijon La Vapeur FR
Heure: 20:30. – Réserver mes places…
25/11/22 Mouscron Centre Culturel Mouscron BE
Heure: 20:00.
02/12/22 Saint-Egrève La Vence Scène FR
Heure: 20:00.
03/12/22 Montluçon Le 109 FR
Heure: 20:00.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2021 BUCK JOHN, #2021 Aura aime Murat

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Publié le 18 Avril 2022

Juste pour indiquer qu'en dernière minute, je serai au concert parisien...  Je ne sais pas dans quel état, mais j'y serai! et puisque je ne peux pas me contenter de vous dire ça... Très très très vite, quelques souvenirs parisiens:

 

2002 Place des vosges:

Bonjour, Paris!
Bonjour, Paris!

2016 (2 fois):

Bonjour, Paris!

Bonjour, Paris!

Texte pour Eryk e. :

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2021 BUCK JOHN, #vieilleries -archives-disques

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