Publié le 9 Juin 2014

    © Jacques Fournel JFO9417© Jacques Fournel

 

Je vous ai parlé dans un article précédent du livre « Jamais par une telle nuit » de Magali BRENON où l’œuvre et le pays de Jean-Louis Murat tiennent une place importante : on y retrouve ses mots, son territoire (Godivelle, Roches, Guery...) et ses paysages, l'évocation de sa voix...  

Comme à chaque fois qu’un « muratien » fait son outing, une Inter-ViOUS ET MURAT-s'imposait  (même si  j’étais dans mes petits souliers de satin à devoir me frotter à de la littérature… sans parler de mes échecs auprès d’Arnaud Cathrine et d’Olivier Adam). La réponse a été rapide de la part de Magali qui s’est avérée une lectrice de ce blog… et qui de toute évidence  avait envie d’évoquer plus en détail sa passion pour Murat et « son pays sauvage »,  voire même de faire passer un message.  Ce rôle d’intermédiaire, j’aime à penser qu’il n’a parfois pas été vain, et je suis très fier de partager avec vous  cette inter-ViOUS ET MURAT- empreint du style et des sensations de cette auteur.

« Jamais par une telle nuit » est le deuxième livre (après « j’attends Medhi », mars 2009) de Magali BRENON, paru aux éditions « LE MOT ET LE  RESTE ». 

L'interview est illustrée de photographies originales de ©Magali Brénon prises en Auvergne.

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Bonjour Magali

On a partagé les mêmes bancs de concert... mais on ne se connait pas... Vous êtes née à Lyon. C’est un des rares éléments biographiques dont je dispose (une volonté de votre part ?). Puisqu’il s’agit d’une de mes identités également, cela m’intéresse de savoir quel est votre parcours lyonnais.

 

M. BRENON : Il n’y a rien de particulier dans mon histoire qui justifie de figurer dans la bio d’une 4e de couverture. Je suis née à Lyon, en effet, et j’y suis restée jusqu’à l’âge de 19 ans. Je m’y suis beaucoup, beaucoup amusée, mais lorsque j’en suis partie le monde s’est ouvert. Lyon, je l’ai aimée la nuit en voiture pour ses roches illuminées, ses reliefs, sa végétation dense et ses fleuves, ses péniches et ses quais mal famés. Circuler dans Lyon la nuit à 18 ans, en douce, ç’a été pour moi une immense sensation de liberté, une fugue à laquelle j’ai pris goût. Il y a dans cette ville quelque chose d’insidieusement lourd, une morale indécrottable qui m’a toujours pesé et qui me donne une irrépressible envie de fuir. Lyon, c’est une ville que je connais sans plus la connaître, et pour laquelle je n’ai plus aucune curiosité. C’est le nid dont il fallait tomber, et avec lequel il faut garder ses distances. Pourtant c’est ancré en moi, comme la campagne environnante, où je me suis profondément ennuyée petite, où j’ai intensément éprouvé ma solitude, mais qui a inscrit dans mon corps une trace profonde. Ces bois, ces ruisseaux, cette végétation et ces bruits que j’ai découverts en Auvergne lorsque j’ai commencé à écrire Jamais par une telle nuit m’étaient étrangement familiers, j’ai mis du temps à comprendre pourquoi. Ça ressemblait, ça faisait écho à quelque chose de très lointain et de très enfoui, et dont la sensualité fondamentale n’a pu s’exprimer que parce qu’elle m’est apparue ailleurs, en plus grand, en plus beau, de façon différente et pourtant proche. Et, surtout, parce que ces lieux-là, ces volcans, ces collines et vallées, je les avais choisis.

 

 

- Est-ce qu’à l’époque vous découvriez Murat ? (Sans parler du roman pour l’instant, comment avez-vous découvert Murat, et comment avez-vous continué à le suivre : achats/écoute des albums, concerts régulièrement ?)

 

M. BRENON :     Non, j’ai découvert Jean-Louis Murat plus tard, quand j’ai quitté Lyon pour Montpellier. Là, j’ai rencontré un nommé Nicolas qui m’a fait écouter Dolores, sans plus. Quelque temps plus tard, chez un autre Nicolas, celui avec lequel je vis et travaille toujours, j’entends à la radio que la première personne qui appelle pour donner le nom du précédent album de Murat gagnera Mustango. Je savais que c’était Dolores, mais je n’osais pas appeler. C’est donc le second Nicolas qui a téléphoné pour moi, et c’est ainsi qu’en 1999 j’ai gagné Mustango et que je suis devenue monomaniaque, à écouter ça tous les jours en boucle, avec Fantaisie militaire de Bashung et Dummy de Portishead. Ensuite, voilà, j’ai acheté tous les albums que sortait Murat. J’avoue, je les ai tous aimés de façon inconditionnelle. Tous, sauf A bird on a poire et Parfum d’acacia au jardin, qui m’ont d’abord semblé pour l’un trop colonisé par Jennifer Charles, et, pour l’autre, trop colonisé par les images du DVD joint pour que je parvienne à me concentrer sur les textes. Chez Murat, ce sont les textes qui me retiennent, le pouvoir érotique et introspectif des paroles, la musicalité des phrases et, bien sûr, les variations et modulations de la voix, ce qu’elle dit en sons de bouche et de gorge, en chuchotis ou en murmures, dans ses résonances au-delà des mots, dans tout ce qui dévie le sens ou le renforce. Il faut dire aussi que j’ai un rapport particulier à ma propre voix, qui ne sort pas facilement, qui se terre, me résiste, tremble et me réduit parfois au silence, et qu’en conséquence la liberté que peuvent prendre certaines personnes avec la leur m’interroge toujours. Moi, la voix, c’est surtout une voix écrite, relativement silencieuse, même si j’écris à l’oreille et que je me lis à voix haute, tout le temps. C’est drôle, parce que ma découverte de Murat a succédé à celle de Duras. Les deux se sont superposés, tant par la force de leur langue et de leur voix que par l’exploration du désir. Chez Duras, me fascinait tout ce qui se disait des champs illimités et déferlants d’un corps féminin désirant ; chez Murat, me questionnait la façon dont un homme peut désirer le corps d’une femme au point de tout érotiser autour, avec ce truc, n’ayons pas peur des mots, éminemment viril. Et puis, tous les deux, on peut le dire, n’ont jamais lésiné à donner de leur personne pour écrire, à se risquer à formuler au plus près ce qui les traversait. Ils ont mouillé leur chemise. Il y a des phrases de Duras que je n’oublierai jamais. Chez Murat, chaque fois qu’un nouvel album arrive, quelque chose de neuf se grave en moi et vient s’ajouter à ce qui était déjà là ; ça résonne en continu. C’est à Paris que je l’ai vu pour la première fois en concert, pour Taormina me semble-t-il, et c’est là que je me suis mise à acheter tous les albums qui avaient précédé Mustango, les versions live, les disques promotionnels, à chercher les inédits mais aussi et surtout c’est là que j’ai rencontré ses livres. Or mon admiration absolue va à 1451, pour sa version audio d’une extraordinaire poésie et que je crois n’avoir jamais écoutée qu’au casque pour ne rien en perde. C’est un texte existentiel dense et risqué, puissamment érotique. Et puis bien sûr il y a la version vidéo, où l’on retrouve tout l’humour et toute la fantaisie du personnage, que j’adore. Cette façon d’être à la fois engagé corps et âme dans une pratique, acharné au travail sans doute, ridicule et grande gueule ; de savoir rire de soi aussi bien qu’envoyer balader les autres de manière irrésistiblement drôle ; de ne pas se prendre pour n’importe qui et de l’assumer. J’adore ses sorties médiatiques, ce sont toujours pour moi de grands moments d’euphorie. Voilà, je suis une inconditionnelle, c’est clair ? Rien d’étonnant que par la suite je me sois mise à faire 500 km pour aller le voir au Palais idéal du facteur Cheval à Hauterives ou à la Coopérative-de-Mai à Clermont, ni que pour écrire Jamais par une telle nuit je sois allée tourner autour de chez lui, en cercles concentriques plus ou moins larges – sans jamais oser aller frapper à sa porte.

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- Sur votre statut d’« inconditionnelle », quelles sont vos relations avec le mot « fan » ? éventuellement avec le mot « muratien »  (qualificatif que je mets à toutes les sauces ... Je me rappelle que l'écrivain résidant à Lyon Laurent Cachard -qui chronique chaque concert de Murat auquel il assiste-  avait refusé lui que je lui accole ces deux termes).  

 

M. BRENON :      Le mot « fan » ne me pose aucun problème, je dis moi-même que je suis une fan absolue de Jean-Louis Murat. Avec ce que je viens de dire et ce qui va suivre, on pourrait difficilement prétendre le contraire. Et puis, ça va, j’aurais pu tourner plus mal. Vous qualifieriez mon livre de « muratien » ? Pourquoi pas. Si dans Murat + ien le suffixe exprime l’idée d’origine, alors Jamais par une telle nuit est indéniablement muratien : c’est de Murat que tout est parti, d’où le titre, emprunté à une phrase de Jim, elle-même empruntée à Keats. Au départ, mon éditeur m’avait commandé un texte de fiction sur JLM. Mais plus j’empruntais du vocabulaire à Murat, plus j’allais tourner autour de chez lui pour établir une cartographie de ses chansons, plus le projet virait de bord. Il a été clair très vite que je n’écrirais pas sur Murat, mais sur un corps dans ses paysages. Qu’à ma façon je mettrais mes pas dans les siens, et ses mots dans les miens. À l’origine, ce livre est donc muratien. D’autant plus muratien qu’il n’est pas inconcevable qu’au début du livre Murat figure pour le personnage féminin une sorte d’amant imaginaire et idéal (les femmes comprendront). À l’arrivée, Jamais par une telle nuit est d’autant moins muratien que le personnage a perdu sa langue en cours de route. Oui, la femme du livre perd sa langue, et avec elle toutes les paroles qu’elle avait empruntées, à Murat notamment. Elle a rencontré un homme et s’en est éprise (les femmes comprendront), et lorsque disparaît cet homme qu’elle aime, elle perd les mots sur lesquels elle s’était construite, ces mots qui habillaient son corps. Cette femme, elle ne peut plus se définir ; elle ne peut plus dire je suis. Privée de sa langue et des mots qu’elle s’était choisis pour se qualifier, elle n’est plus ni la reine des ronces, ni une fille sans crainte, ni une femme ni une fille des rues. Et même Jean-Louis Murat ne peut plus rien pour elle. Pourtant, il lui reste une chose : son corps. Son corps qui est vivant, et qui traverse la perte de l’énigmatique Marcello en essayant de s’inventer une langue nouvelle pour dire tout à la fois l’impossible violence de la perte, et l’impossible violence du désir qui s’en fout et qui s’obstine en ennemi récalcitrant à lui rappeler combien elle a désiré et désire encore cet homme qui s’est volatilisé. Cette femme, plus elle avance – et on peut conclure sur une autre idée qu’exprime le suffixe -ien dans « muratien » : l’appartenance –, cette femme, plus elle avance, donc, et plus il est certain qu’elle n’appartient qu’à une chose : le monde sauvage. Le monde sauvage, il grouille du désir qui persiste et du sens qui s’évide ; c’est le lieu même de l’écriture. C’est ce truc impossible dont il vaut mieux, à mon avis, essayer de faire quelque chose, et dont Murat parle si bien dans Chanter est ma façon d’errer. Alors voilà, il faut dire à Jean-Louis Murat que j’aimerais beaucoup lui appartenir, mais que, sauf contre-information de sa part (auquel cas j’accepte de revoir ma position – les femmes comprendront), comme tout artiste qui se respecte (il comprendra), plus qu’à lui à la manière d’un suffixe, j’appartiens au monde sauvage.

 

 

-Votre éditeur connaissait votre « passion » ?

 

M. BRENON :    Non, pas du tout. Et d’ailleurs à l’époque c’était encore une passion très intériorisée. Quand je suis allée à Marseille signer mon contrat pour mon premier livre, J’attends Mehdi (2009), mon éditeur m’a proposé d’écrire pour sa collection « Solo » un texte de fiction sur un chanteur, un groupe ou un disque qui m’avaient marquée. J’ai tout de suite pensé à Jean-Louis Murat, même si je ne voyais pas du tout comment je pourrais écrire sur cette obsession bien nommée qui était pour moi une personne tout à fait inconnue. Quoi qu’il en soit, mon éditeur me proposait une direction dans laquelle partir et ça me convenait : je lui laissais un texte que j’avais passé quatre ans à écrire mais je repartais avec une idée. Dans les jours qui ont suivi, alors que j’étais en vacances en Ardèche, j’ai décidé d’aller pour la première fois en Auvergne. Ruoms > Rochefort-Montagne. Arrivée à Rochefort-Montagne, le mec chez qui j’avais réservé une chambre me demande ce que je fais là, toute seule. Je lui explique mon projet et il me dit vous devriez le rencontrer. Moi, quand je vivais aux Marquises, Brel était tout près et je n’ai jamais osé aller le voir, je le regrette encore. Ensuite c’est parti tout seul, il m’a parlé très longtemps, de toute sa vie, et je vois encore ses larmes quand il m’a raconté qu’il avait découvert la grotte Chauvet avec Chauvet et Hillaire, mais qu’ensuite ils avaient continué sans lui. Je ne sais pas si c’est vrai mais cette histoire me plaisait. Vous imaginez ? Découvrir la grotte Chauvet ? Pleurer, il y aurait de quoi. Je ne le connaissais pas, je venais juste d’arriver avec mon sac et il pleurait. J’avais dit Jean-Louis Murat et on se retrouvait dans la grotte Chauvet. Il m’a invitée à manger avec sa fille et d’autres personnes qu’il hébergeait, la nuit est tombée et nous sommes tous partis nous baigner dans la source chaude au pied de la taillerie. Cette eau à quarante-deux degrés dans un bloc de béton en pleine nuit c’est encore un événement auquel je ne m’attendais pas. Sur le chemin du retour il m’a dit je vais te montrer la maison de Jean-Louis Murat. Je n’ai même pas eu à demander. Il était tard et il faisait nuit noire en rase campagne, j’étais crevée par mon voyage et ramollie par l’eau de la source, mais il fallait que je me concentre pour localiser dans le paysage inconnu cette maison énigmatique et emblématique qui venait à moi sans que j’aie vraiment eu à le réclamer : il fallait que je puisse y revenir seule par la suite, de jour comme de nuit. J’ai réussi.

 

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- Cela me fait repenser à ce que nous racontait Jeanne Cherhal, partie elle aussi en exploration de Douharesse... Vous ne l’avez jamais rencontré ? J’imagine que le livre lui a été transmis...

 

M. BRENON :    Oui, j’avais lu cette interview et ça m’avait interpellée. Le lendemain de la source, c’est la première chose que j’ai faite : essayer de retrouver sa maison. Sur une carte j’ai repéré le lac du Guéry, et pas loin Douharesse. En voiture, je suis allée jusque devant chez lui. Il y avait une femme dans son jardin, une brune aux cheveux ondulés avec des bottes en caoutchouc, qui avançait vers le portail, donc dans ma direction. Je me suis sentie assez mal, je dois dire, comme la seule fois où je me suis mise tout devant à un concert, et où je pouvais le regarder droit dans les yeux. C’était trop près. D’ailleurs il avait les yeux fermés. La femme de son jardin, on aurait dit celle du clip Au-dedans de toi. Je ne me suis pas arrêtée, j’ai continué et je suis ressortie par l’autre côté du hameau. Qu’est-ce que je cherchais à voir ? Ça ne me regardait pas, sa vie. Je préfère me tenir à distance. Être là, mais à distance, semer des petits trucs par-ci, par-là, un signe de mon passage, une pensée, un rendez-vous à un concert où je serai dans la foule et où il ne me verra pas. Ce sont des points de fiction et de fantasme qui me suffisent. Et puis j’adore faire parler les gens entre Rochefort-Montagne et Orcival, voir l’air suspicieux de la postière à mon égard et apprendre que Jean-Louis Murat c’est souvent sa femme qui vient relever sa boîte postale. Les gens parlent volontiers et j’aime beaucoup les entendre. Il est marié vous savez ? On le voit souvent à la chocolaterie. Il jette des pierres aux vieilles personnes. Moi j’ai fait le château en Lego dans Fort Alamo. Il a changé mais sa femme est bien. Moi de toute façon je préfère Renaud. Oui, oui, ses origines paysannes, d’accord, mais il n’est pas plus paysan que moi. En revanche il est très gentil. Il a une belle voiture. Et puis son fils, et puis sa fille… Et puis ceux chez qui son fils et sa fille sont venus dormir, ceux qui se souviennent du passage de cette chanteuse dont ils ont oublié le nom mais qui était peut-être Mylène Farmer, oui, celle avec les cheveux rouges. Ceux qui trouvent que c’est quelqu’un de bien ou qui me conseillent d’aller faire mes courses chez Shopi parce qu’on l’y voit souvent. Ces anecdotes à la Ginette Ramade ou ces légendes à la Henri Pourrat m’enchantent ; je ne vois pas ce que j’irais faire chez lui. J’ai des photos de sa maison par toutes les saisons, de toutes les couleurs, prises depuis le point de vue de la Tuilière et la Sanadoire. Volets ouverts ; volets fermés. Voiture devant le portail ; pas de voiture. Travaux et bâche verte. Véranda ouverte. Ce n’est pas parce que les volets sont ouverts ou qu’une voiture est garée devant chez lui qu’il est là. Je n’en sais rien et ça me va très bien. Une fois, j’avoue, par une nuit de pleine lune, je suis vraiment allée devant chez lui. J’avais garé ma voiture au bord de la route et cent mètres à droite, etc., j’ai marché sur le chemin dans le bruit des chevaux, des chiens et des vaches, de la campagne qui ne dort jamais tout à fait, comme dans ses chansons. Je me suis assise au pied du réverbère et j’ai regardé le mai de sa femme qui venait d’être élue à Orcival. J’ai fumé des cigarettes et je suis repartie. En 2009, je lui avais envoyé mon premier livre parce que je lui avais déjà emprunté cette phrase, qu’il avait lui-même empruntée pour la faire chanter par une femme d’ailleurs : Never on such a night have lovers met. Je n’ai jamais eu de réponse mais quand j’écoute certaines de ses chansons je me plais à croire qu’il l’a lu. Bien sûr je lui ai aussi envoyé Jamais par une telle nuit, et bien sûr j’espère pouvoir me dire la même chose quand j’écouterai ses prochains albums. Jusque-là, le rencontrer n’était pas fondamental. Mais aujourd’hui j’ai quelque chose à lui proposer. Alors, peut-être, oui.

 

Never on such a night-piscine secrète © Magali Brénon et

                                                                         Never on such a night-piscine secrète © Magali Brénon et Nicolas Tourre

 

 

- Ah, tiens, cette proposition, j’imagine que vous ne nous en direz rien ? Mais je suis obligé de creuser !! Est-ce en rapport avec votre métier d’éditrice, notamment vu ce que vous nous disiez de 1451 ? Même si Murat a dit qu’il n’avait pas assez de suite dans les idées pour passer au « livre », et que vous avez souligné toute la dimension de sa voix, pensez-vous que Murat devrait franchir le pas ?

 

M. BRENON :     Effectivement, je ne vous en dirai rien. Mais en ce qui le concerne, il a déjà franchi le pas du livre à plusieurs reprises, sans abandonner la dimension vocale, et de façon tout à fait cohérente par rapport à sa pratique. Je ne vois pas en quoi Murat n’aurait pas assez de suite dans les idées ; sa carrière de chanteur prouve le contraire. En matière de chanson française, il se pose en tant que résistant. À quoi pense-t-il quand il dit « livre » ? À quelque chose qui serait au-dessus de la chanson ? Pour faire un livre, un vrai livre, il faut du désir, de l’acharnement et de l’intégrité ; je crois qu’il ne lui manque rien. Dans l’édition française c’est la même chose : par endroits – pas partout –, ça sent le renfermé et ça aurait bien besoin de résistance. Face à l’effondrement du marché du livre, peut-être est-il temps que ça décoiffe un peu ? Le consensus, les banques et le marketing finiront par précipiter ce petit monde vers sa perte. C’est le moment d’avoir de l’audace et de faire entendre des voix qui s’adressent aussi à tous ceux qui, croit-on, ne lisent pas. D’ouvrir les fenêtres en grand pour faire entrer du muscle et de l’estomac. Les maisons d’édition sont remplies de gens formidables qui exercent leur métier avec passion et expertise. Ces personnes, qu’elles se mettent au service d’un grand dépoussiérage, et elles éviteront peut-être le naufrage. Personnellement, j’ai confiance. À ma connaissance, quelles que soient les périodes, les vrais artistes n’ont jamais disparu de la surface de la Terre. Ils ont toujours su trouver les moyens de faire entendre leur voix, de contourner le système ou de l’utiliser pour mieux résister. C’est le devoir des éditeurs que de les aider à se faire entendre ; ou alors les artistes se passeront d’eux.

 

 

- Pour en revenir au livre, j’ai été un peu étonné que le nom de Murat ne soit pas cité, ni en avant-propos, ni en dédicace... La question ne s’est pas posée ?

 

M. BRENON :     Absolument pas. Parce que ce n’est pas un livre sur Murat, et parce que je ne lui dois pas tout. En revanche des titres de ses chansons et des paroles sont cités dans le livre, lorsque dans sa chute mon personnage tente de se raccrocher à quelque chose qu’il connaît. Ils sont cités au même titre que les noms de lieux, de fleurs, de cascades, toutes choses qui ont participé à la mise en marche du corps de cette femme et se sont tus avec la disparition de l’homme qu’elle croyait aimer. Tout de même, les allusions à Murat sont très explicites, et j’aurais pu aussi mettre en exergue Fellini, Keats, Shakespeare ou Duras. Les murmures que cette femme entend, le vocabulaire qui la propulse vers cet homme résonnent dans son corps exactement comme des paroles de chansons, en boucle. Comme une voix intérieure ils viennent exprimer sans relâche quelque chose qu’elle ignore mais qui agit son corps et mobilise son désir. Mais non, Murat n’est pas mis en exergue, parce que ce livre n’a à voir avec lui que l’effet de ses paroles et de sa voix dans mon corps à moi. Ses paroles en tant que sonorités. Ce livre, il parle du soulèvement du désir dans un corps de femme et de l’émergence d’une voix qui serait plutôt la mienne. Or la phrase qui m’a semblé le plus juste et le plus synthétique pour dire ça était de Yannick Haenel. Et puisque Le Sens du calme, Cercle et À mon seul désir ont aussi été dans ma vie des découvertes importantes, j’ai choisi une phrase de Haenel.

 

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- Murat, ses mots, son pays, sont très présents dans la première partie puis à la fin du livre, mais moins dans la narration de l’histoire d’amour. Y a-t-il néanmoins du « Murat » dans le personnage dont la narratrice tombe amoureuse, personnage dont on saura assez peu finalement ?

 

M. BRENON :    Comme je l’ai dit, tout est parti de Murat : je lui ai emprunté du vocabulaire, je suis allée sur les lieux et dans les paysages qu’il nomme ou décrit dans ses chansons. Peu à peu, cela a constitué une sorte de géographie, comme le dit Mohammed Aïssaoui dans son article du Figaro littéraire. Dans cette géographie, un personnage s’est dessiné, un personnage en marche avec son corps désirant, et le paysage est devenu le lieu de ses projections mentales. Toute la première partie, celle du soulèvement du désir dans le corps de cette femme qui marche nue dans le paysage sans savoir vers quoi elle avance ni ce qu’elle cherche est en lien étroit avec Murat et porte la trace de mon écoute forcenée de ses chansons. Mais dès qu’elle comprend que ce désir, qui résonne et chante sans pouvoir se dire, peut s’exprimer par son corps même et non plus seulement par des rêveries fantasmées qu’elle prête à la voix d’amants imaginaires, dès qu’elle aperçoit cet homme qui lui plaît, ce Marcello, alors les murmures muratiens se taisent pour la laisser rejoindre avec son corps cet homme qui vient incarner, croit-elle, l’amant idéal. Là, on change de registre. Car cet homme réel a moins à voir pour elle avec Murat qu’avec l’une des plus belles scènes du cinéma : celle de la fontaine de Trevi dans La Dolce Vita. Très vite les paroles érotiques entendues mais informulées laissent la place au fantasme du latin lover et à toutes les images qu’il véhicule. La langue change et devient plus saccadée, moins évidente. La langue se cherche au même titre que se cherche cette femme soudain confrontée à un inconnu. Cet homme, il n’a rien de muratien. Il vient d’Uruguay, pays qu’elle ne connaît pas mais qu’elle imagine en projetant sur son corps à lui ces images de lagunes et de langues de sable dont il est question dans les guides touristiques. Murat reste à la porte et elle ne s’en plaint pas parce qu’elle est occupée à vivre et à découvrir son corps en regard du corps de cet homme. Murat reste à la porte parce qu’elle quitte le domaine des rêveries poétiques pour se livrer à un amant. Résultat : quand Marcello la laisse tomber, ce vocabulaire muratien et ces mots sur lesquels elle s’était construite ne la définissent plus et elle ne sait plus qui elle est. Sans mots pour la vêtir il ne lui reste plus qu’un corps à nu sans rien pour se dire. Aussi dans sa chute tente-t-elle de se raccrocher à des choses qu’elle connaît, à cette langue qui semblait opérer pour la définir. Elle rappelle à elle les paroles et murmures muratiens qui disaient son être désirant, mais ni Murat ni les paysages d’Auvergne ne peuvent plus rien pour elle. Au lieu de projections sensuelles, la carte sur laquelle elle se déplace alors devient le lieu d’une errance obsédée par le souvenir de cet homme dont l’image revient sans cesse. Des lieux où elle tente de faire passer le temps en marchant et en nageant comme une brute pour apaiser son corps en l’épuisant. Pourtant, à force de cartographier ses mouvements désordonnés, à force de renoncer aux murmures empruntés et aux images des films qu’elle se fait, elle parviendra à redonner à son corps des contours neufs et à faire émerger sa voix à elle, cette voix issue des tréfonds de son histoire et qui pourra moduler au plus près ce qu’elle vient de traverser. C’est un livre plein d’espoir, finalement : ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Du désir et de la douleur d’exister on peut faire quelque chose, il suffit de chercher et d’expérimenter, avec acharnement. On le vérifie chaque jour dans les pratiques artistiques.

 

 

- Sur les pratiques artistiques (on appréciera les photos qui illustrent cette interview), vous travaillez aussi avec votre compagnon Nicolas Tourre, artiste plasticien. Vous étiez même en résidence à Clermont il y a peu. Pouvez-vous nous parler de ce travail ? Est-ce qu’il nourrit votre travail littéraire ?

 

M. BRENON :      Les photos que je prends in situ sont pour moi des photos documentaires. Je ne leur confère pas de valeur artistique en tant que telles. En revanche, il arrive que nous les utilisions avec Nicolas pour en faire des pièces plastiques : nous voyons ensemble comment les traiter, les accrocher, les mêler à autre chose. Il a l’œil ; j’ai la voix. Chacun son moteur et son objet. Mon objet à moi, c’est la voix. Elle m’a d’ailleurs sauvé la vie il y a quelques jours, lors d’une agression. Mes photos, comme mes vidéos, je veux juste qu’elles se focalisent sur ce que je vois et que je dirai plus tard avec des mots. Mon souci, c’est qu’elles soient au plus près de mon écriture. Nicolas, lui, pratique une peinture qui flirte avec la dissolution de ses propres modalités et travaille à la mise en crise de l’image. C’est une peinture qui n’hésite pas à emprunter au volume, au dessin, à la photo ou à la vidéo. Nous avons donc chacun notre pratique, et cette collaboration épisodique est née en 2008 de la nécessité, à un moment où nous étions séparés géographiquement, que circule dans l’écart entre deux lieux et deux personnes quelque chose de la pratique de l’un dans la pratique de l’autre. Le Privilège ambigu de frémir, le projet que nous menons sur 2014 et 2015 à Clermont dans le cadre d’Artistes en résidence, découle de Jamais par une telle nuit. Nous avons proposé à Martial Deflacieux d’interroger les lieux présents dans le livre via ce que serait aujourd’hui le genre historique de la peinture de paysage. Dans notre recherche, nous avons croisé par hasard à Venise la collection de pierres de Roger Caillois. Lorsque, logiquement, j’ai lu L’Écriture des pierres du même Caillois, j’ai été fascinée par la façon dont il se livrait à des projections mentales parfois d’une extrême sensualité sur les images que ces pierres véhiculaient pour lui. Tandis que Nicolas commençait à dessiner des pierres comme autant de morceaux de paysages, j’écrivais des textes à partir des mots constituant une longue phrase empruntée à Caillois. J’avais cherché la définition de chacun des mots dans le Trésor de la langue française, et dans les définitions sélectionné un vocabulaire pour décrire de l’intérieur le mot initial, en donner la teneur et la saveur sans jamais le dire. Cela a donné lieu à des textes poétiques à consonance érotique, qui ont insufflé une résonance organique aux dessins minéraux de Nicolas. Dans mes textes, Nicolas a prélevé des mots ou des phrases qu’il a fait passer dans ses dessins et peintures, au même titre que des photos ou vidéos que j’avais faites et qu’il a intégrées à son travail en les réinterprétant par cadrage, superposition ou détournement. Peu à peu, nous en sommes venus à photographier des peintures dans les paysages d’Auvergne, c’est-à-dire à faire entrer la peinture ou le dessin dans le cadre de la narration du livre. À nous deux, nous abordons l’exposition comme une métaphore articulée de fragments d’images, de matériaux et de procédés témoignant d’une fiction à temporalité instable qui opère une rupture dans la réalité, en même temps qu’elle l’incarne et en précipite le mouvement. Logiquement, la pérennité de l’image vacille, et la fiction apparaît comme ce qui peut se loger dans tout ce qui vient entailler une réalité forcément imaginaire. Bien sûr, cela nourrit et enrichit mon travail littéraire, comme cela nourrit le travail pictural de Nicolas. Entre deux sessions de résidence à Clermont, dans l’intervalle, le travail continue : individuellement comme en binôme. Chacun de nous exploite et développe pour lui ce qui découle de notre travail commun. Vous pouvez jeter un œil au site (www.nicolastourre.com) ou à nos pages facebook.

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                                                             Agenda. Nicolas Tourre/Magali Brénon

 

 

 

 

- Concluons par deux questions rituelles de l’inter-VIOUS ET MURAT:

Vos trois chansons préférées ? L’album ?

 

M. BRENON :    Autant me demander de choisir trois mots dans un livre que j’adore et une définition dans un dictionnaire en 36 volumes ! Difficile. Sans trop réfléchir, disons La Tige d’or, Alexandrie, Extraordinaire voodoo, et n’y pensons plus. Pour ce qui est des albums, en général j’ai toujours une préférence pour le dernier. Mais va pour Le Cours ordinaire des choses, parce qu’il est arrivé après Charles et Léo et Tristan, et que chanter Baudelaire m’a semblé avoir opéré un tournant radical dans l’écriture de Jean-Louis Murat, une densification qui s’est traduite dans les textes de Tristan et qui s’est alliée à l’aspect musical dans Le Cours ordinaire des choses. Il me semble y avoir dans cet album une sorte d’aboutissement qui trouve son prolongement dans Grand lièvre et Toboggan.

 

Gardez-vous en mémoire un concert particulier ? Un souvenir, une anecdote d’un concert ?

 

M. BRENON :    Pour la liesse et la qualité musicale, le concert de Grand lièvre à la Coopérative-de-Mai. Drôle, jouissif, enthousiaste. Belle cohésion avec les musiciens, une joie d’être là tous ensemble qui déchirait. C’est la première fois que je me suis rendu compte à quel point Jean-Louis Murat pouvait arracher en concert. Inoubliable Yes Sir, que j’ai écouté par la suite de nombreuses fois à fond dans ma voiture, pour me donner du courage les jours de grand désarroi. Et puis je crois qu’à la fin du concert sa femme est venue me demander si j’avais aimé. Je ne suis pas sûre que c’était elle, mais il me semble. En tout cas cette idée me plaît. Pour l’anecdote, ce jour-là, je suis tombée en panne une première fois à Bondoufle, en banlieue parisienne, où je suis arrivée je ne sais comment devant un garage qui n’a pas compris comment j’avais pu faire 50 km avec des tuyaux débranchés et des trucs désossés sous le capot. Je ne m’en étais pas aperçue. Ils ont réparé au mieux et au plus vite (j’avais quelque chose de très important à faire ; je ne pouvais pas me permettre de renoncer), et je suis arrivée à la Coopérative-de-Mai cahin-caha. Après le concert et quelques kilomètres de plus, je suis retombée en panne en pleine nuit sur l’A89. Grand moment de solitude. Mais il était impératif que j’arrive au Mont-Dore, où j’avais réservé un lieu pour quelques jours afin d’écrire un nouveau chapitre de mon livre. Cette aventure a donné lieu à « Rouler ». J’aime beaucoup les hasards. Et l’art, plus que la vie, est un espace où l’on peut prendre la liberté de leur donner du sens.

© Magali Brénon IMG 4389 panne coopé  panne  coopé.  ©Magali Brénon

 

 Un grand merci à Magali BRENON pour son implication, et le prêt de son "matériel" photographique documentaire.

Interview réalisée par mails du 15 mai au 08 juin 2014.

Attention:  La fréquentation non-autorisée des hameaux de la commune d'Orcival est une pratique dangereuse, voire interdite, aux risques et périls des personnes. Elle est fortement déconseillée, notamment en période de reproduction, c'est-à-dire tous les jours:  l'animal, s'il est dérangé, peut abandonner sa couvée artistique  quotidienne. (c'était un message de la LPcA: Ligue de  Protection des chanteurs Auvergnats).      

Cette inter-ViOUS ET MURAT ne parlait pas de la crise du marché du disque... mais de celui du livre.

 

 

LE LIEN EN PLUS:

 

- Dans le cadre de la résidence qu'elle fait à Artistes en résidence à Clermont, Magali Brénon invite deux artistes, Valérie du Chéné et Léo Durand, pour l'exposition "L'amicale du dedans au pays des ronds-points naturels". Du 12 juin au 31 juillet 2014, à La Permanence, 7, rue de l'Abbé-Girard, Clermont. Le mercredi de 14 h à 18 h et sur rdv. Vernissage le jeudi 12 juin à 18 h.

 

- Site de l'éditeur:  revue de presse sur "Jamais par une telle nuit" 

 

- Amateurs de poésie, femmes et hommes sensibles... et collectionneurs maniaques de toutes pièces muratiennes,

Pour acheter le livre:

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Decitre ,

Chapitre

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

Publié le 7 Juin 2014

Point d'introduction humoristique, non. C'est du sérieux: Matthieu nous propose à nouveau un article de fond et de forme, et au long cours, née d'une rencontre avec une grande personnalité musicale clermontoise, et d'un gros travail d'archives. Nous ne sommes pas dans "l'inter-ViOUS ET MURAT" classique,  et c'est pourquoi j'ai choisi de l'insérer dans la série "Hors-Murat".   Hommage au musicien Jérôme Pietri qui figurait sur l'album Passions Privées, de Jean-Louis Murat.

 

2e partie de l'entretien: autour de sa collaboration avec Murat  

3e partie:  sur gone fishin'

 

  

Jérôme Pietri, 64 ans, étudiant...

  

Lorsqu'on lui proposa, en fin d'année dernière, un entretien avec www.surjeanlouismurat.com, Jérôme Pietri, guitariste sur Passions privées, accepta immédiatement, le sourire aux lèvres. « Tu vas sur mon site, y a mon numéro. » Quelques mois plus tard, le voici donc attablé dans un bar de Chamalières, en pleine promotion de son nouvel album Gone fishin' (9.99euros!), une semaine après avoir copieusement rempli le club de la Coopérative de Mai. Avant de publier dans les prochains jours un volet centré sur ses souvenirs avec Jean-Louis Murat, puis un autre autour de son disque, tentons d'abord ici de retracer en sa compagnie son parcours de musicien. Portrait-rencontre.

 COOPE 2014


Les parents de Jérôme Pietri pourraient être fiers de leur fils, eux qui auraient souhaité qu'il effectue quelques études. Car à près de 65 ans, leur garçon reste animé d'une intarissable soif d'apprendre. En premier lieu, d'apprendre à se connaître. « Je trouve que c'est hyper important de savoir qui on est et de savoir comment on fonctionne. Ça me paraît primordial pour un musicien, comme pour un être humain. » Et dans ce domaine de la connaissance de soi, comme dans ceux de la musique ou de la pêche à la mouche, ses deux grandes passions, l'ampleur de la tâche ne semble pas le rebuter. « Le champ d'investigation est infini, on n'a jamais fini d'apprendre. C'est pour ça que tu peux pas avoir la grosse tête, à part les imbéciles ou les hypocrites, parce que plus tu avances et plus tu t'aperçois que t'es ignorant ou que t'as encore des milliers de choses à apprendre. C'est bandant d'ailleurs, parce que si tu savais tout, tu te ferais chier. » Pourtant, Pietri n'a pas toujours eu le profil de l'étudiant-modèle, ratant une prometteuse carrière d'avocat. D'un cheveu. « J'voulais faire de la musique, parce que j'avais déjà le virus, mais comme j'étais un bon fils, je voulais faire plaisir à mes parents qui étaient très inquiets et qui m'avaient dit, comme beaucoup de parents : "On veut pas t'empêcher de faire la musique, mais ça serait bien que tu aies un diplôme." Le droit, c'est là où il y a le maximum de débouchés, j'me suis dit "O.K., pourquoi pas". J'ai fait du droit en n'ayant aucune idée de ce que c'était et au bout d'un mois, j'faisais une allergie. On était 3 à avoir les cheveux longs, sur 800 mecs. » En cette fin des années 60 où certains jeunes gens écoutent pousser leurs cheveux, dixit un Brel moqueur, quelques centimètres en trop suffisent à vous valoir le qualificatif de pédé. Étrangement, Jérôme ne rencontre pas ce genre de problème chez lui, son père, corse et militaire de carrière, se montrant plutôt tolérant. La preuve que les cons ne s'habillent pas toujours en kaki.

 

 

 

Natif de la région parisienne, auvergnat par sa mère, Pietri a un an lorsqu'il arrive dans la banlieue clermontoise, pas très loin de l'actuelle Baie des Singes, où il donnera son premier concert en solo, cinquante-six ans plus tard. Mais le « virus » de la musique l'avait atteint bien avant.

 

 

Tout commence de façon assez classique par la découverte de ses premiers accords de guitare, vers dix ans, en colonie. Les monos jouent du Ray Charles, il accroche tout de suite. De même qu'à cet instrumental emprunté par Les Champions aux Dakotas, qui le pousse à acheter son premier 45 tours, alors qu'il n'a pas encore l'électrophone pour l'écouter. Dès l'acquisition suivante, un disque des Stones, il franchit la Manche et se jette toutes oreilles ouvertes dans la pop anglaise : Beatles, Yardbirds, Animals, Kinks... Autant de groupes qu'il reprendra au sein de sa première formation, montée au milieu des années 60 avec quelques potes de collège, fans comme lui de ces nouvelles sonorités. À propos des Geminis, La Montagne note en 68 qu'ils « semblent compter de fervents et nombreux supporters parmi la jeunesse clermontoise » et souligne l'« excellent jeu de scène » de leur chanteur, Jean-Marc Millanvoye. Lequel se souvient qu'« Un barman du Globe, notre quartier général avait confectionné un cocktail "Gemini", en hommage à notre popularité. » Une poignée de concerts dans le département, dont une soirée en compagnie des Moody Blues, des fans inconditionnelles étrennant les premières mini-jupes, une incursion dans le rhythm and blues, puis vient l'heure de la séparation, logique, avec la fin du lycée, l'évolution des goûts de chacun et un printemps 68 animé...

 

  GEMINIS

 

Après son brillant passage en droit, toujours soucieux de combler ses parents, Pietri part faire un tour en fac de lettres pour tenter d'y mettre à profit son goût pour les langues. « Mais c'était foutu, je commençais à jouer, je me pointais en fac avec la guitare à 9 du mat', j'avais dormi 4 heures, c'était fini... » Car le jeune homme a déjà entamé un autre cursus, qu'il poursuit encore aujourd'hui, avec l'objectif de comprendre pourquoi, mais pourquoi diable, cette musique lui fait un tel effet. « J'admirais tellement les gens, ça me rendait tellement fou quand j'entendais jouer des mecs... Moi finalement, ce que je cherche, c'est la magie. Donc, pourquoi j'ai beaucoup travaillé, puis je continue dès que j'ai un moment ? Parce que moi aussi je voulais être magicien. Quand j'écoutais tel mec, Hendrix ou Page ou Beck, qui faisait telle note à un moment, et cette note, quand elle arrivait, elle me mettait des poils partout, elle me mettait dans un état indescriptible, je n'ai eu de cesse de comprendre pourquoi. Je voulais connaître ce truc-là aussi. » Concrètement, Pietri passe donc des heures enfermé chez lui à écouter les guitar heroes de l'époque pour tenter de les imiter. « J'étais plus dans un trip stakhanoviste que masturbatoire, je pense. Je voulais être maître de mon instrument et mon idéal, c'était d'arriver à me pointer sur scène et que n'importe quelle idée qui me passe par la tête, vlan ! Que j'aie plus de barrière physique, technique. C'était ça mon but, c'était très égoïste. »

 

La scène, il ne tarde pas à y remonter. Après quelques plans incertains, il crée Contact en 70. Le groupe se consacre au bal, mais privilégie la pop au musette – Alvin Lee plutôt qu'Yvette Horner. Avec toujours un soin particulier apporté au look, en pleine période glam. Pourtant, Pietri ne s'épanouit pas complètement, le répertoire n'est pas assez rock à son goût. Avec Patrick Vacheron et un ancien copain de lycée aussi fou de guitare que lui, il monte en 1973 SOS, formation dans laquelle il restera jusqu'en 82. Une fois encore, si le groupe donne dans le baluche, il ne ressemble pas tout à fait aux orchestres qu'on y entend d'habitude : lorsque Pietri se lance dans d'interminables solos, le public subjugué en oublierait presque de danser. Patrick Foulhoux, fin connaisseur de la scène rock clermontoise, analyse le phénomène : « C’était la première fois qu’on voyait un orchestre de bal qui faisait un concert. Ils voyaient l’orchestre différemment. Mais c’était un groupe, au départ, SOS : ce n’était pas un orchestre. Eux, ils ont vraiment déclenché des vocations. Les gens les ont vus sur scène, ils se sont dit « C’est ce que je veux faire ! » C’est comme aux États-Unis avec Kiss. Tout le monde aux États-Unis adore Kiss : ce sont les Johnny Hallyday américains. C’est la culture populaire américaine. Ben, les Kiss Clermontois, c’est SOS, c’est un peu ça. »

 

Lorsque leur producteur leur joue un mauvais tour qui les laisse sur la paille, ils se réorientent vers un mélange pop-variété qui leur apporte succès et argent. Il faut dire que le groupe est bien emmené pas le fantasque et charismatique Boudu, qui assure la partie variété des concerts en entonnant des couplets tels que : « Je suis le feu-follet / Aux doux mollets / L'amour ne choisit jamais son côté / J'ai de la sympathie / Pour Adonis / Au siècle du culte / Du pénis. »

CONTACT-SOS

L'argent facile permet d'aller acheter ses fringues en Angleterre et ses guitares aux États-Unis, mais provoque des dissensions en interne. « Les groupes, c'est toujours le bordel à un moment ou à un autre et quand il y a du blé en commun, c'est toujours un merdier pas possible. » Des divergences de goûts ou d'ambitions, des contrats juteux loupés, une alchimie moins évidente... Pietri s'en va monter avec deux des autres membres un trio blues-rock texan pratiquant un boogie très inspiré par ZZ Top. Ceux qu'une publicité de l'époque surnomme « les trois killers du rock auvergnat » acquièrent une belle réputation qui dépasse les frontières de la région. Pietri considère aujourd'hui cette expérience comme la plus aboutie de son parcours : « El Diablo, c'était un putain de groupe, c'est le meilleur groupe avec lequel j'ai été, parce que on n'était plus un groupe, on était une entité. Musicalement, on était vraiment une entité et on jouait ensemble. Et ça, le dernier des incultes le sent. T'as la sensation de faire partie d'un rouleau-compresseur qui balaye tout sur son passage. On a des compositions, certaines, qui ont pas vieilli et qui sont des standards. Parce que les bonnes personnes, au bon moment ; la magie des groupes – là, y avait ça. »

EL DIABLO

El Diablo se sépare pourtant en 86, alors qu'un enregistrement en Angleterre était prévu. Son guitariste n'en sort pas indemne. Déçu qu'une pareille aventure humaine s'achève ainsi, il songe à arrêter la musique pour devenir luthier. C'est Jean-Louis Murat, avec qui il joue de temps à autre, qui l'incite à continuer. Pietri réagit alors comme après une histoire d'amour : « Comme quand tu te sépares avec une fille, je voulais plus faire quoi que ce soit qui ait un rapport avec le blues. J'ai tout brûlé, comme avec une gonzesse. » Il intègre donc en 87 une formation originale, au croisement du théâtre et de la musique, où les machines sont très présentes : Jeudi Noir. Stéphane Calipel, son initiateur, se souvient : « Un ami commun m'a conseillé de me rapprocher de Jérôme qui cherchait un chanteur. J'ai hésité, Jérôme Pietri était déjà un musicien réputé, on ne jouait pas dans la même catégorie. Et puis on évoluait dans des styles de musique très différents... D'un autre coté, j'avais besoin de progresser, de faire les choses de façon plus professionnelle. Au final, une belle rencontre ; on a partagé nos passions, échangé nos disques... Je suis reparti avec ZZ Top, Jérôme avec les Cure... On a composé des titres – en français – adopté un look très Film Noir, une belle aventure qui a durée deux ans. J'ai beaucoup d'affection pour Jérôme, c'est un être magique, hors du temps ! » Pietri s'amuse aussi de cette expérience qui l'amène à se renouveler, lui qui revendique fièrement une certaine détestation des machines. « Les machines, j'étais convaincu, je le suis toujours, qu'elles sont là pour aider l'être humain, mais en aucun cas pour se substituer à lui. Le problème, ça a été, déjà dans les années 80, la prépondérance des machines par rapport aux musiciens. Y a eu plein de rythmiques basse-batterie qui se sont retrouvées au chômedu, parce que c'était la mode. Cela dit y a eu des mecs de grand talent qui ont su utiliser les deux, Peter Gabriel par exemple. J'ai utilisé les machines à fond parce que je m'efforce, même actuellement, de pas avoir d'a priori. »

 

Malgré tout, il ne tarde pas à revenir à un style qui le touche davantage, en créant au tournant des années 90 le groupe Too Bad, qui évoluera d'un blues-rock classique vers un blues plus expérimental, flirtant avec le jazz-rock, notamment sous l'influence du batteur Pepou Mangiaracina, successeur de Christophe Pie. Si cette aventure offre à Pietri l'opportunité de devenir chanteur, après le départ prématuré de John Brassett, elle lui réclame beaucoup de travail, pour trouver des dates (mal payées) et assurer l'intermittence. Une période pas toujours rose, y compris sur le plan personnel. L'histoire se termine en 95 et la fin des années 90 semble difficile pour le musicien, qui enchaîne les projets alimentaires. « C'était déjà très, très dur pour la musique. J'ai divorcé, j'avais des mômes, donc je jouais, je jouais tout le temps. J'ai gagné ma vie en jouant de la musique, donc je vais pas pleurer, ça aurait pu être pire. Mais le problème, c'est que tu peux pas faire du travail sérieux de création. Pour que ça fonctionne, pour moi, il faut être dedans tous les jours. »

JEUDI NOIR-TOO BAD

Il retrouve l'enthousiasme dans les années 2000, notamment avec l'Hommage à Pink Floyd monté par Denis Clavaizolle et Yvon Baudy. Il y côtoie entre autres Fabienne Della-Moniqua, jeune chanteuse récemment aperçue sur TF1, où elle s'est fait remarquer précisément en reprenant un titre des Floyd, « A great gig in the sky ». « C'était normal qu'elle leur troue le cul, moi elle m'a troué le cul pendant des années. Chaque fois qu'elle chantait ça, j'avais les poils à côté d'elle. Fabienne, une putain de chanteuse, elle a tout le kit. » Il la retrouvera notamment sur le projet Soulville, qu'il monte et finance lui-même, pour le plaisir. « J'étais sûr que ça le ferait, parce que je suis convaincu que des gens qui maîtrisent leur instrument – ou bien leur voix, pour Fabienne –, y a pas besoin d'enculer les mouches, si ça doit le faire, ça va le faire. Donc, je voulais faire ce truc-là pour me faire plaisir, j'ai pris que des bons que je connaissais, qui avaient jamais joué ensemble et ça a fonctionné. »

HPF-SOULVILLE

 

Mais la décennie 00 est surtout celle du début de sa carrière solo et de son approfondissement d'une musique qu'il n'a au fond jamais cessé de pratiquer, le blues. Sans forcément s'en rendre compte lui-même, Pietri ayant été une sorte de M. Jourdain du blues, dont la prise de conscience s'effectua après un concert d'El Diablo en première partie de Blue Öyster Cult, grâce à des amis de son batteur. « Y en a un, très bon guitariste, plutôt jazz, qui me dit "Putain, t'es vachement blues toi quand même !". Je lui dis : "Ah bon ?" Et en rentrant, deux jours après, je réfléchis : "Qu'est-ce qu'il t'a dit, lui ?" et je me dis : "Attends, mais il a pas tort." » Pietri se découvre ainsi bluesman à trente berges. Et, comme à son habitude, il s'interroge et cherche à percer le mystère. « J'essaye de comprendre pourquoi le blues, le rock quand il vient du blues et tout ce qui vient du blues, ça me touche autant. Pourquoi cette musique ou les musiques qui en viennent en droite ligne et qui en possèdent les ingrédients, les fondamentaux, pourquoi cette musique me met les poils, même avec des textes débiles ? Je ne sais pas pourquoi. Alors la seule explication que j'ai, c'est que cette forme d'expression typiquement afro-américaine – c'est vraiment la musique des Afro-Américains, pas des Africains – qui est la somme de siècles de souffrance terrible, dégage une espèce de magie qui se transmet dès lors que les gens emploient ces aberrations harmoniques, ce groove, ces blue notes et tout. Et quand je l'entends, ça me aaaahhh ! » Quant au fait de ne pas être lui-même un Noir ayant vécu de telles souffrances, cela ne lui pose pas de gros soucis de légitimité. « Je suis sensible à ce qu'a dit Musset, "Les chants désespérés sont les chants les plus beaux". Je suis pas triste, je pense pas être quelqu'un de triste, ça n'a rien à voir. Keith Richards dit "Pour moi, le blues, c'est un langage universel, je ne fais pas de différence entre un bluesman ukrainien et un bluesman qui vient du Mississippi" et je suis complètement d'accord. Le blues, c'est un idiome, dès que tu ressens ce truc-là – l'important c'est de le ressentir – dès que tu le ressens, boum, il se passe un truc. »

 

Pietri étudie donc en profondeur la plupart des styles, utilise internet pour étoffer sa culture et suit la formation dispensée par Michael Hawkeye Herman qui lui permet d'aller enseigner dans les écoles pour communiquer sa passion aux enfants. L'étudiant Pietri se fait professeur. Cette volonté de transmission se concrétise aussi par la sortie en 2007 d'un premier album sous son nom, Little Blues Story, composé de reprises de morceaux de toutes les époques. Suivront des centaines de concerts en « One piece band », avec machine, puis sans. Ah, les machines... « J'ai un looper, je m'en suis servi à un moment, ça fait 2 ans que je l'amène plus. Les gens étaient épatés, parce que je faisais un bordel tout seul, c'était le Grand Orchestre du Splendid. Mais ça me faisait chier. Je préfère – c'est beaucoup plus difficile, beaucoup plus ingrat et beaucoup plus fatiguant – faire mon bazar tout seul avec mes petits doigts et mes gros pieds. Parce que j'ai moins de possibilités, je peux pas faire des harmonies, mais l'intérêt, c'est que je suis libre ! Je peux amener les gens où je veux et je peux nuancer. »

LITTLE BLUES STORY

Jouer seul est un choix qui peut surprendre de la part d'un musicien qui a évolué pendant si longtemps en groupe et qui prend un plaisir évident à partager la scène avec des collègues. « Quand t'es sur une scène avec une rythmique basse-batterie, c'est trop le pied ! Le summum, c'est quand tu as la complicité, t'as même plus besoin de parler, t'as un regard, un regard ou même pas, les mecs écoutent, il passe un truc et boum, tout de suite ça embraye. » Mais un choix qui peut aussi se comprendre pour des raisons humaines. Un parcours d'un demi-siècle n'est pas constitué que de belles rencontres. Il y a aussi les conflits, les ruptures ou, plus simplement, la distance qui s'installe sans qu'on sache vraiment pourquoi. « Je suis quelqu'un de trop sensible. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai fini par faire un orchestre tout seul. Y a plein de gens, j'ai été déçu de leur attitude et donc, maintenant, j'essaye, c'est vachement dur pour moi, mais j'essaye de plus mettre d'affect ou d'en mettre moins. Parce que les gens, aujourd'hui, une majorité de gens ne marche pas à l'affect. » Des déceptions humaines que contrebalancent la reconnaissance et la gratitude de plusieurs générations d'admirateurs. « Ce qui me touche le plus avec le recul, c'est que je rencontre encore régulièrement des gens qui me disent "Putain, on t'a suivi avec SOS ou avec El Diablo ou avec Too Bad, c'est à cause de toi qu'on fait de la musique, c'est toi qui nous a filé le virus !" Ça, ça fait du bien par où ça passe. » Et bien évidemment, restent présents dans son cœur de nombreux musiciens fréquentés au fil des ans à qui il rend volontiers hommage, tel Christian Boragno, sur lequel il ne tarit pas d'éloges, le considérant comme l'un des meilleurs batteurs du pays, Éric Atlan, récemment disparu, « un tueur des machines », Thomas Picot, côtoyé dans Too Bad, « un extra-terrestre, un espèce de Jaco Pastorius rock n' roll » et beaucoup d'autres. Ou son vieux pote François Blanc, qui l'accompagnait lors du concert de lancement de son nouvel album. « On joue ensemble par intermittence depuis pratiquement 20 ans, il est excellent, il est d'enfer. François et moi, on s'éclate, on joue tous les deux, on joue ensemble. Puis là, ça m'a touché, il m'a dit "Ça me fait plaisir qu'on fasse de la musique tous les deux." Et il était content, il m'a remercié. Il m'a rappelé le lendemain, le surlendemain, le batteur aussi, donc ça m'a touché. »

DOMAS-BLANC

Seul ou bien entouré, Pietri continue donc son parcours d'apprenti-musicien, avec le même perfectionnisme et la même rigueur. « C'est les petits détails dans l'interprétation qui font les grosses différences, qui font que ça tue ou que c'est pas mal. Et moi je suis taré, moi je veux que ça tue, le reste ça m'intéresse pas. Je m'en branle que ça soit pas mal. J'ai toujours été comme ça, je serai toujours comme ça. Je me prends pas au sérieux, mais je suis très exigeant. » Du coup, le doyen du rock auvergnat n'a aucune envie de ralentir. « J'ai conscience d'être un privilégié, d'avoir vachement de chance, parce que je suis encore là, je suis pas trop esquinté, j'ai fait gaffe – entre autres grâce à Murat, qui faisait l'apologie du sport, il avait bien raison, je vais courir tous les jours à cause de lui (rire). Oui, j'ai conscience d'être privilégié, parce que j'ai encore la santé, je fais tout ce que je peux pour la maintenir, parce que j'ai l'intention de jouer et faire de la musique le plus longtemps possible, ça m'éclate trop. Et j'ai conscience d'être privilégié parce que – certains me prennent pour un fou et un anormal, surtout dans la société d'aujourd'hui – mais j'ai toujours 15 balais dans ma tête, j'ai gardé l'enthousiasme intact pour la musique et pour la pêche ». Et lorsqu'il note en passant, « J'ai pas encore fini », il part d'un grand éclat de rire qui en dit long sur sa motivation. Rien d'étonnant, dès lors, à le voir afficher des envies surprenantes à l'âge de la retraite. « Un de ces quatre, je vais jouer du Miles Davis, j'ai envie, j'adore ça. »

On l'en croit capable.

 

 

M.

 

 

 

LE LIEN EN PLUS:

 

Un survol de la carrière de Jérôme Pietri en quelques images (via une mise en image par M:

 

 

 

2e partie de l'entretien centrée sur Murat: http://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-n-16-jerome-pietri-au-coeur-de-passions-privees-123878338.html

On peut retrouver plus d'informations sur le musicien et sur son travail sur son site officiel :

 http://www.jeromepietri.eu/

 

  et sur sa page Facebook :

 https://fr-fr.facebook.com/jeromepietriblues

 

   M. :"De nombreuses personnes ont contribué à la réalisation de ce dossier consacré à Jérôme Pietri, elles seront mentionnées et remerciées dans la rubrique « Commentaires » de cet article, où les lecteurs qui ont des souvenirs personnels (de spectateurs et/ou de musiciens) concernant Jérôme sont invités à les partager et à s'exprimer en toute liberté. Don't be shy !"

 

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Pour rappel: Le livre Une histoire du rock à Clermont  commenté par M. 

On voit Jérôme Pietri dans le documentaire "chroniques d'en haut"  consacré au pays muratien.

 

http://www.jeromepietri.eu/wp-content/uploads/2014/04/JeromepietriGone.jpg                                                       nouvel album (9.99 euros) sur amazon, fnac....

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

Publié le 29 Mai 2014

P1020373

 

Après Valenciennes et son arêne, voici une autre date de la tournée de printemps 2015... et ça sera en Bretagne. 

 

 

  Billets en vente sur le site de la FNAC: 

  • JEAN-LOUIS MURAT

  • on 2015/2/27 at 8:30 PM        

CARRE D'ARGENT
RUE DU PORT DU FOUR
44160 PONTCHATEAU

 

    "

Idéalement situé au cœur de la ville en bordure du Brivet, l’emplacement du Carré d’argent est chargé d’histoire culturelle puisque qu’au même endroit s’élevait la salle paroissiale « Le Familial ». Construite en 1911, elle servait de salle de projection et de salle de spectacle et d’animation. La réhabilitation de cet édifice étant trop contraignante pour répondre aux besoins des professionnels du spectacle et des associations, les élus ont décidé de construire un nouveau bâtiment entièrement dédié au spectacle vivant. 
D’une capacité de 400 places assises et jusqu’à 700 places en formule assis/debout, cet équipement de forme cubique a ouvert ses portes en 2008.
Située à proximité de l’axe Nantes – Vannes, la salle permet aux habitants du Morbihan, d’Ille et Vilaine et de Loire-Atlantique de se retrouver autour d’une programmation éclectique, mais à dominante musicale, complémentaire de celles proposées par les lieux culturels proches de Pont-Château. Les associations communales à vocation culturelle disposent d’un outil performant pour présenter leurs productions". 
 http://www.pontchateau.fr/carre_dargent_pontchateau.asp

 

 

 

 

LE LIEN EN PLUS:

Le premier vidéaste sauvage muratien Henry Spencer m'a contacté il y a quelques jours... Il vient de créer son compte youtube, et on peut donc y retrouver toutes ses vidéos, notamment la dernière...

Il explique qu'il a trouvé dans un clip des THE DELANO ORCHESTRA (qu'il est allé voir suite à l'article de Matthieu) les images qu'il avait imaginé filmer pour "embrasse-moi paysage"...

 

 

et avant la coupe du monde, un petit Achille à Mexico

 

 

 

le voyage intérieur:

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

Publié le 28 Mai 2014

 

Allez,  voici une grosse série de clichés sur ma première randonée de l'année, le 17 mai, une rando de printemps comme je les aime, avec quelques passages enneigés un peu flippant (le couloir pour repartir du petit Som où je suis tombé sur les fesses et glisser sur la glace, c'était le dernier.. et j'avais pris trop confiance)...

 

 

Départ de la RUCHERE, en Chartreuse,  puis col de la Ruchère, et montée au Grand Som -ma 3e-   (le monastère de la Grande chartreuse est au pied). Au retour, passage sur le Petit Som. Vraiment une belle ballade.

 

Pour une fois, pas de vers de Murat... mais on va se mettre un petite musique... sans se creuser la tête bien loin.

 

 

 

 

 

 

- Profil  de Chamechaude toujours aussi beau au petit matin... J'adore cet endroit, où aucune maison n'est visible, cela semble désert... C'est en fait l'entrée de la zone de silence du monastère. Pour y arriver, on a d'ailleurs pris l'ancien chemin du nord de pélerinage qui menait jusqu'à la Grande Chartreuse. 

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La neige est encore présente dès 1200 mètres (il a neigé la semaine précédente), et une couche de givre m'accueille sur l'alpage du col de la Ruchère... et encore quelques jonquilles.

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J'étais là à l'automne, et j'opte pour une petite variante: le pas du loup, comme coupé dans la roche au couteau! 


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La neige est craquante, agréable à franchir, mais à partir d'ici, la couche va s'épaissir, et la pente s'accentuer. Tu vas en chier, mon Pierrot!

 

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ma première marmotte de l'année... mais pas le temps de zoomer. Un peu plus bas, je n'avais déjà pas pu attraper le chamois dans un pierrier avant le pas du loup.

 

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Deux, trois passages où il faut être prudent... et j'atteins la cime... et un côté plus ensoleillé... Les pistes de st-Pierre de Chartreuse, et la dent de Crolles... devant Belledonne.

 

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Ce cailloux a été bien choisi.

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Quelqu'un m'a précédé la veille : c'est rassurant. Et ce matin, j'ai la montagne pour moi... Apparemment, je suis parti une bonne heure avant tout le monde (je verrai pas mal de monde en redescendant).


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Je vois presque ma maison d'ici....mais on repère (pas sur la photo!)  plus facilement le batiment enfermant les millions de Jambon d'AOSTE (sur la commune d'Aoste en Isère, et pas en Italie), devant le Bugey...

 

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allez, encore un petit effort!

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Bon, encore un...gros effort.   "je vois le Christ!"

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Percée sur le lac du BOURGET, et Aix les Bains.

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Téléportation:

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(photo prise le lendemain, on devine au tout dernier plan l'endroit de la ↑ ballade)

 

 

 

Le grand Som  du Petit Som, et                       la Grande Sure qui domine l'entrée de la vallée de Grenoble

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Et en guise de lien en plus, en dessert,

un petit éclair attrapé lundi!

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #montagne - rando et photos

Publié le 26 Mai 2014

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Saint-Marcellin (isère), entre noix et Vercors, a son petit festival qui porte le nom de "Barbara" (une exposition lui est consacrée). Les têtes raides ont occupé la scène en ouverture, mais moi, ce qui m'intéressait c'était la soirée Maissiat et Cherhal... J'aurais fait ainsi l'ouverture et la fermeture de la saison culturel de la commune (Barbara Carlotti, compte-rendu). 

 

Je m'incruste de bonne heure dans cette fête de village, où tout le monde se fait la bise: un, je n'avais pas encore mon billet (il restera encore quelques places), deux, il y avait un petit concert en fin d'après-midi devant la salle: petit concours entre petits nouveaux, puis une prestation d'une chanteuse entrant en résidence : Chloé Birds (quel boulot côté com: site internet, support, dossier de presse... j'y découvre le nom de Murat... car son bassiste -non-présent- a joué avec lui... Après recherche, c'était sur MURAT LIVE (Patrick Loiseau, homonyme du compositeur et ami de Dave... que l'on trouve lui aussi aux côtés de Murat dans les crédits d'un disque de F. Hardy... voili voili pour être précis)... et j'ai une parenthèse à fermer encore, attention là: ).

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              Chloé Birds (©surjeanlouismurat.com)

 

Il n'y a pas grand monde, c'est dommage, tout cela est pourtant bien sympathique. Les Milord, duo blues entre Vienne et Saint-Etienne, emportent le prix et rejouent quelques titres. Je découvre que la personne qui interviewait sur un bord de trottoir Jeanne il y a quelques minutes est le chanteur du groupe. Je suis jaloux: l'inter-ViOUS ET MURAT de 2010 se doit d'être actualisé (il y a eu The end etc, la cover de la maladie d'amour entre autres choses)... peut-être un jour. J'avais même essayé de décrocher auprès d'elle une invit pour ce soir: une Nantaise en dauphiné... elle ne sait surement pas à qui donner ses invit ai-je pensé... avant de découvrir ce soir qu'elle jouerait en fait devant son oncle, des cousins et cousines grenoblois. Elle évoquera cela rapidement durant le concert avant qu'un "Jaja!" ne soit crié du public: "c'est mon cousin!" (cela rajoutera une dimension supplémentaire aux moments des chansons sur son père et sa mère).


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Milord ((©surjeanlouismurat.com)

 

 

On a droit à un petit laïus de  présentation de la responsable du service culturel (le Maire - SE/DVG- ne s'inscrute pas comme l'autre soir pour Barbara Carlotti... faut dire qu'il vient  d'être réélu... comme quoi la culture, ça paye)... On   remercie  la municipalité et  les bénévoles... qui nous permettent d'avoir un concert au prix de 20 euros (et Barbara Carlotti, c'était gratuit....). C'est quand même sympatoche. 

 

 

- Première partie MAISSIAT:

  Au cours du concert, il m'est revenu qu'elle avait fait partie de Subway....  groupe féminin un temps soutenu par Murat, mais avant qu'elle ne l'intégre. Bien qu'elle se soit montrée disponible à la sortie , je n'ose  l'aborder pour tester sa muracité. 

 

Toujours le chapeau vissé sur la tête, chemise blanche et jean noir sur une silhouette androgyne, minois graçieux, ses lèvres fines ne laissent que peu sortir son énergie rock passer. Elle pourrait se permettre ainsi d'accrocher le public, mais toute en retenue, elle choisit l'élégance... et une voix très sobre et claire, charmante.  Piano solo, puis accompagnée de boucles ou d'un clavier ou d'une guitare additionnelle,  tout ne me parait pas du même niveau. On aimerait  la voir accompagnée d'un vrai groupe. Elle remporte néanmoins un beau succès (elle a vendu son stock de disques)  et on se dit qu'on prend date pour l'avenir. Après une tournée sud américaine, la lyonnaise sera des nuits de Fourvière en première partie de Doré (complet).

 

 

Pause, plus couramment appelé "entre'acte".

 

 

Le rideau a été tiré.

Quelques secondes de départ en fanfare (sur « j’ai faim »)  avant que le rideau ne se réouvre.  Jeanne, costume blanc 3 pièces, à gauche avec un long piano (partagé avec Maissiat), et le band un peu éloigné à droite: le  french cow-boy batteur Eric Pifeteau (conservé de la tournée précédente), l'excellent Laurent Saligault vu ici même avec Barbara Carlotti et Sébastien Hoog ("histoire(s) de J", l'album de Jeanne, lui doit beaucoup) et ses guitares -il en change régulièrement en cours de morceau-.

 On retrouve les titres du dernier album délivrés  très fidèlement. Jeanne  soulignera qu’elle est très heureuse de le défendre sur scène  avec les mêmes 3 musiciens qui ont enregistré l’album avec elle.  En tout cas, oui, ça tourne rond, et on retrouve le groove samsonien tel qu’il est présent sur disque.  Un bon son de piano, et d’excellentes guitares de Hoog en premier plan, notamment sur « l’échappée ».


Les titres s’enchainent avec Jeanne Cherhal au piano, avec quelques petits mots de temps en temps. Et on se demande si elle va se lever… même si elle virevolte presque sur sa chaise, se met  debout, ou prend des pauses gilbertBecaudienne en équilibre sur le bord du siège.


Ca continue avec élan avec « bingo » (cosigné avec JPNataf), puis Noxolo, ballade triste, mais le morceau s’étire joliment.

 

Premier retour en arrière avec « 5 ou 6 années », bien jolie dans cette orchestration plus «piano ».

 

Jeanne parle parfois entre les chansons.  Salutations à Massiat (elles ont déjà joué ensemble à Bourges, et Maissiat a également chanté avec l’ami JP Nataf…), évocation de la finale de champion’s league en train de se dérouler… et là, petit mot plein d’humour pour annoncer « quand c’est non, c’est non » et… l’ humour  se poursuit dans l’introduction de la chanson…   qui se termine dans un joli moment pour remplacer la partie des Françoise présente sur le disque.

 

cherhal massiat                                                                 (dans les coulisses, page officielle de Jeanne Cherhal)


On continue encore avec « histoire(s) de J. », avec « l’oreille coupée », là encore, introduite par un discours qui tente de nous  faire croire que Jeanne n’est pas parfaite.  C’est un des morceaux très samsonien, avec de belles envolées… où l'interprête  utilise une bonne partie de ses capacités vocales. Le morceau est un peu rallongé sur la fin avec un long  solo de guitare. Excellent.

… Et finalement,  voilà la chanteuse debout devant nous… Et oui, pas de piano sur « cheval de feu»… C’est le morceau le plus osé… et c’est justement avec celui-là que Jeanne ose se présenter pour la première fois de la soirée devant nous.  C’est presque gonflé (sans jeux de mots)… mais j’en vois le symbole d'une profession de foi délivrée dans cet album (déjà annoncé par la tournée précédente) : se mettre à nu, et dresser le portrait d’une femme épanouie, même si le doute et les craintes, les angoisses premières, se présentent encore.  Joli pont musical rock là encore, avant que la chanson ne redevienne douce. 

 


Après, deux petits tubes:

"voilà",  le texte se prête au amusement ... et Jeanne tente de faire chanter le public un peu timide. Excellent. 

Puis  on part sur un très énergique "canicule" (album "l'eau"), où le public applaudit avec force. Belle version...  avec quelques petites notes de piano rigolotes. Jeanne disparait mais la chanson se poursuit dans une partie musicale endiablée et fortissimo très très rock... Top... Cela dure plusieurs minutes...

 

Le temps d'un changement d'un robe... et Jeanne arrive néanmoins un peu essouflée... dans une robe courte brillante et près du corps, alors que les musiciens eux quittent la scène.

"non, mais c'est physique, cardio quoi... elle n'est pas toute jeune"...Et continue sur l'humour en nous disant: "comme vous l'avez remarqué"...  les rires l'interrompent... mais  se renforcent quand elle poursuit : "[comme vous l'avez remarqué], j'ai donné congé à mes jeunes (musiciens)"...  Le moment le plus drôle de la soirée (vous ne  comprenez pas, tant pis).  

 

 "Je vous propose un petit moment cabaret, intime, de rapprochement"... "Bon, en même temps, je me mets à votre place, si jamais une gonzesse d'une drôle de forme me disait, on va faire un moment un peu cabaret, bobino, je me dirais qu'est-ce que c'est que ça...". Elle reprend : "un instant que j'ai voulu plein de sobriété... d'où ma tenue"... Vraiment très drôle...  Elle commence quelques notes... puis reboit encore... Et c'est parti pour  "les nuits d'une demoiselle 2.0"... qui ne suscite pas une très grande hilarité ce soir-là (au contraire de cette captation à la cigale).  Cette chanson est une adaptation de Colette Renard (Patrick Cohen en a parlé à 7h43  ). La chanson originale avait été chantée par Jeanne et Marchet, Leulliot en 2013.. (spectacle "histoire d'amour").  

 

"Vous êtes coquinou à st-Marcellin"

 

Petit laïus :  le parquet de la scène qui lui fait penser à sa grand-mère,  la famille présente,  Jeanne a décidé de nous chanter une vieillerie qui ne figure pas sur la set liste : c'est "ça sent le sapin".  On n'aura donc pas droit à un inédit prévu "chanter pour rien" (que l'on pourra écouter )... et c'est plutôt une chance. Très jolie ballade.

 

Et vient ensuite "le tissu"... toujours en solo. Le plus grand silence se fait... pour écouter cette grande chanson.

Et on continue encore dans l'émotion avec  "je t'attends"  (retour à "histoire(s) de J"), même si ce qui pouvait serrer au plus profond à l'écoute de l'album s'est un peu attenué...  et il faut bien sûr s'en féliciter (vous ne comprenez pas, tant pis-bis). Magnifique interprétation néanmoins.

 

Le groupe revient, et on nous les présente, ainsi que les techniciens.

 

Et c'est "qui me vengera" (charade)... intro d'enfer (où Jeanne danse), puis piano solo... et ça repart de plus belle...  On est loin de la version du disque... et c'est encore plus rock que lors de la tournée précédente... Ca tourne d'enfer... et c'est trop court!

 

On enchaine rapidement avec "Finistère"... tout le nouvel album sera  donc joué... à mon plus grand plaisir... avec un solo de guitare très réussi. Très belle chanson. 

 

Puis, c'est "petite fleur"... qui parle de son papa...Joli moment.

 

Jeanne annonce la fin,  remercie tout le monde, Maissiat, le diapason, le public... et chante "1984", inédit (offert sur i-tunes avec l'album). Elle rate d'ailleurs le départ, ce qui nous vaut une petite prolongation de l'intro. Le morceau m'apparait un peu compliqué mais il nous donne droit à une chouette partie musicale finale, endiablée et enfiévrée (là encore Sébastien Hoog s'en donne à coeur joie).  Piano, guitare... ce n'est pas "school" de Supertramp... mais presque... et tout cela se termine sur un bel enchainement en fondu sur "Je suis liquide" et sa rythmique impeccable. Ca termine fort le concert...

 

 

Standing ovation...longs applaudissements...

 

En rappel, "Femme debout", avec le groupe.  On passe des cris à la prière en un instant.

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Après encore quelques saluts, Jeanne reste sur scène seule...et c'est un rappel particulier auquel on a droit... "festival Barbara" oblige... Ca sera bien sûr "NANTES", "ma chanson préférée au monde"... et c'est beau.  (on pourra retrouver Jeanne marcher dans Nantes dans une petite série (où elle chante a capela un petit morceau de la chanson).

 

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Et bien, voilà... voilà... voilà.... Une excellente soirée... oui. La classe internationale. Je suis ravi d'avoir enfin découvert cette grande artiste sur scène. Le concert s'appuie sur un album au musique excellente, un groupe parfait, juste agrémenté de quelques tubes, deux/trois surprises. Pas de temps morts, c'est vivant, vibrant, drôle. une heure quarante qu'on ne voit pas passer.   

 

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  Jeanne cherhal enceinte   bataclan

 

 

 

 

 

- chronique du printemps de Bourges dans le MONDE par V. MORTAIGNE  (avec un titre acoustique).

- Concert au bataclan le 3/06, et en juin et juillet...

   https://www.facebook.com/jeannecherhal?sk=app_123966167614127

  http://www.infoconcert.com/artiste/jeanne-cherhal-15480/concerts.html

  - 90 minutes de concert pour vous faire votre idée... bon, à quoi ça sert d'avoir écrit tout ça, vous n'avez qu'à visionner...  

 

 

http://culturebox.francetvinfo.fr/live/musique/chanson-francaise/jeanne-cherhal-a-la-salle-paul-fort-152041

 

 

RAPPEL: inter-ViOUS ET MURAT de JEANNE CHERHAL,  à lire:

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

Publié le 21 Mai 2014

Pie et Murat (crédit C.PIE).(c. C.Pie)

 

Alors que les équipes du blog travaillent actuellement d'arrache-poils  (certains plus que d'autres) pour vous procurer des lectures saines et enrichisssantes dans les semaines qui viennent,  que Murat a bouclé une deuxième semaine d'enregistrement de son nouvel album la semaine dernière sur les terres clermontoises, en compagnie des THE DELANO ORCHESTRA, + guest, nous sommes donc plongés dans une époque de travail, et de préparatifs...  Cela promet pour les semaines et les mois qui viennent: tournée estivale, koloko, album et tournée...  et... et... voilà que je m'apprête à vous parler déjà de 2015!

 

- Voici en effet que  viens de tomber une première date en 2015, à Valenciennes, pour nos chers amis qui ont dans le coeur etc...

Samedi 21 mars 2015, 20h, 32 euros (les prix pour Murat sont toujours raisonnables). Il n'est pas indiqué qu'il défendra son album avec THE DELANO ORCHESTRA.  Les concerts de cet été sont donc immanquables (au cas où)!  Rendez-vous le 21 Juin notamment à Villeurbanne.

http://www.lesarenesdevalenciennes.fr/calendrier/upcoming/page/2/

http://lille.onvasortir.com/jean-louis-murat-aux-arenes-2498811.html

 

- For noise Festival:

Du bon monde à l'affiche avec Murat et Delano orchestra  en Suisse pour ce festival qui a lieu du 21 au 23 août (Lausanne-Pully). 

http://www.24heures.ch/culture/kaiser-chiefs-anna-aaron-thurston-moore-bruit-for-noise/story/16913407

voici comment est annoncé le concert sur le site :

"Jean-Louis Murat & the Delano Orchestra (FR)

 A ma gauche: éternel squatteur des bas de charts, voix la plus sensuelle de tout l’hexagone, dernier auteur-compositeur-interprète français ayant échappé à l’immonde étiquette « nouvelle scène », plus écrivain que parolier, voici Jean-Louis Murat, un roi à épauler. A ma droite The Delano Orchestra ; une équipée de Clermont-Ferrand, 4 albums d’une folk aux relents post-rock, intégrité à la boutonnière ­– du genre à faire passer Syd Matters pour un groupe mainstream – en guise de chevaliers dévoués. Et ensemble ils vont vous gagner."

 

 

LE LIEN EN PLUS:

- On évoquait récemment Magali Brénon et son livre dont l'inspiration est venue de Murat. Voici un autre artiste -(photographe auteur) qui parcourt  la France avec du Murat... et du Dominique A dans l'autoradio.

http://le-poulailler.fr/2014/05/benjamin-deroche/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=benjamin-deroche

 

- réédition d'une petite interview dont on avait parlé lors de sa parution dans feu "Bakchich"... Murat tacle le romancier Manset.   http://aurayoncd.blogspot.fr/2014/05/mon-interview-de-jean-louis-murat.html

 

- Et puisqu'on y est : saluons l'effort du site Gutsofdarkness qui a sorti petit à petit une belle série de chroniques des  albums de Murat. Voici celle de "suicidez-vous le peuple est mort"...  ce qui nous permettra d'avoir fait un tour complet  de l'Histoire (à ce jour): 2015... 1981.

http://www.gutsofdarkness.com/god/objet.php?objet=17037

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

Publié le 11 Mai 2014

 

 

Merci à Franck qui m'a informé... et c'est vraiment tout frais...  officialisé seulement via le Facebook de l'organisateur, l'info ne se trouve que là à ce jour.

 

Il s'agit donc d'une 8e date de tournée estivale avec THE DELANO ORCHESTRA...   le samedi 6 /09... au pied des pistes (de VTT )   de Chamrousse en Isère....C'est-à-dire dans le village en bas de vallée: URIAGE (entre Grenoble et Vizille), ville thermale où il serait si agréable d'entendre chanter "le mont sans souci"...C'est en effet en extérieur, dans un cadre superbe. Cali était la tête d'affiche 2013. ET C'EST GRATUIT!  Et ça s'appelle "URIAGE EN VOIX"!! 

 

https://www.facebook.com/pages/Uriage-en-Voix/135929213152617

 

Site officiel de l'office de tourisme

 

 

Et je suis bien content:  Chouette week-end en perspective!! Rando et concerts pour bibi...

 

 

http://www.petit-bulletin.fr/multimedia/articles/090901_M090831Uriageenvoix3.jpg

 

http://www.nosfestivals.fr/38-Isere/096_FESTIVAL-URIAGE-EN-VOIX-affiche-2013.jpg

 

Article dans le Dauphiné du 15/05  il y aura Renan Luce le lendemain

 

 

LES AUTRES DATES DE TOURNEE:

 

ici

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Actu-promo sept 2012 à...

Publié le 30 Avril 2014

 

 

Ah, bein, voilà, j'étais bien parti pour vous reparler de Manset comme convenu... nous élever, finir pêcheur tout ça, et voilà que la petite actu me tombe dessus, sous la forme d'un ballon rond...Ah, oui, vraiment, Gérard, tout fout le camp. "Quelle époque à vomir!"

 

 

Il vient en effet de sortir un livre le "Petit manuel musical du football" de Pierre-Etienne Minonzio. Outre le fait que manuel et football, c'est un peu étrange,  c'est un grande erreur philoso-ethno-historico machin chose qu'a dénoncée Franck Vergeade de MAGIC via Twitter à propos de ce dictionnaire. En effet, Murat ne fait pas l'objet d'une entrée spécifique dans le livre. 

Oui!

C'est  un scandale! Alors que ce p'ti Pete Doherty (sous prétexte qu'il sniffe les lignes?)... cet inconnu Sting...  ou qu'il est même question des mites.. des nits ou je ne sais quoi, un groupe de rock de ce pays de fromages! Enfin, on croit rêver...  est-ce qu'il y'a des rockeurs savoyards ou auvergnats? ... euh... C'est l'indignation qui me fait perdre les pédales.

 

Sur twitter, Franck Vergeade cite ainsi la chanson de Murat "achille à Mexico" (parue dans la compile "amour foot" avec Libération en 98), et également le fait que Jean-Louis chroniqua le mondial italien pour Libé.  On peut également ajouter la chanson "La Loi du sport" avec le vers " Elle m'a r'pris de l'aspirine Puis un ouvrage pour cinéphile Quelqu'longueurs en toile de jute    Mon effigie d'Didier Deschamps".    Vous retrouverez également une fameuse interview de Murat dans SO FOOT  et le poème qu'il a écrit pour Thierry HENRY  ci dessous:  http://www.surjeanlouismurat.com/article-la-loi-du-sport-lavillenie-so-foot-thierry-henry-122583106.html   Sans parler des Rancheros...    On pourra également se référer à cette interview-vidéo: http://www.linternaute.com/video/201723/jean-louis-murat-le-football/  ("on peut vivre sa passion sans passer par la case connard").

 

 

"Achille à mexico" par Henry Spencer, premier clippeur sauvage des chansons de Murat (Platini a joué la coupe de monde 86 blessé au tendon).

 

 

Pierre-Etienne Minonzio se sent, naturellement!, coupable et fautif, et il essaye de se justifier (twitter): il faut faire des choix, et la chanson "Achille à Mexico" est citée dans l'entrée PLATINI. Certes... Certes... mais le mal est fait.  Heureusement que Murat n'en a plus rien à faire du foot!!! na!    


... Voilà que je m'étais désénervé... (faut dire aussi que je suis supporter du Bayern, ça ne m'a pas aidé....) et voilà que je tombe en plus sur la couv des INROCKS de cette semaine...

 

détourn originale doré platini

Que Doré soit en panne d'inspiration et refasse une chanson sur un sujet déjà traité par Murat, soit (ndlr: sur Platini), mais que les inrocks en fassent la promotion... alors non!!  Et je vous évite ma louche supplémentaire à propos de la polémique actuelle liée aux propos de Platini!!  

J'ai fait bosser le service infographie en heures supplémentaires la veille du 1er mai...et voilà:

 

  Detournement Inrocks-1

     "Didier Deschamps a appelé son fils Dylan alors qu'il a l'intégrale de Michel Sardou. Ce qui fait de lui un individu imparable"

 

 

 

 

LE LIEN EN PLUS (fini de rigoler):

 

Le MANUEL MUSICAL DU FOOTBALL est proposé par l'éditeur "le mot et le reste" (tiens l'éditeur dont je parlais tout récemment... et qui a commandé une fiction sur Jean-Louis Murat :  à lire ici ).

Le livre a l'air très intéressant, vu ce que j'en ai appris dans :

Interview de l'auteur dans l'émission LABEL POP sur France culture.

Site du livre chez l'éditeur

A acheter:  ici par exemple

 

 

MERCI MATTHIEU pour le travail sur la photo!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

Publié le 28 Avril 2014

promo-un-oiseau.JPG                                                                    "CD promo"

 

 

"Un oiseau s'est posé" s'est fait poster par la Fn*c avec juste ce qu'il faut d'avance pour que je puisse l'avoir ce samedi matin.La sortie officielle était ce lundi.

Cela a beau être un album de vieilleries j'étais impatient... et... et...  je ne vais pas faire le grincheux, moi! Et tant pis pour les autres. 

 

Retrouvez le GM au prise avec quelques grands titres... et avoir l'aimable surprise qu'il garde presque tout de ce que  l'on a aimé en eux... et jouer aux jeux des 7 différences : un ajout de clarinette, de flute... 

 

Bon, tous les marqueurs sont là: des guitares nerveuses, le saxo par endroit, les intros... Alors, oui, certains titres sont peu retouchés ("comme un guerrier") mais cela sonne peut-être plus brut, le son ne semble pas très pur... et je me demande si Manset, finalement, ne s'est pas amusé à produire du "live", ce live que l'on n'a jamais eu. Ainsi, la voix n'est pas parfaite, sur "le Pont" (Cd 2), on entend des bruits de bouche, des reprises de respirations... Et sur l'héroique "guerrier", on sent Manset batailler avec ce morceau de bravoure.  Sur Matrice, dans une longue introduction, on perçoit un micro qui s'ouvre, une lourde respiration...  et dans l'orchestration, bien que l'on retrouve sa richesse, cela semble plus directe, brut (la batterie sur la fin... des ruptures...). Et bon sang, j'adore ce  titre... Me revoilà comme il y a 23 ans quand je redécouvrais Manset (après avoir imprimé dans mon enfance sa voix sur "il voyage en solitaire"). Il a remplacé un peu de piano, par de la flûte (cela m'évoque "territoire de l'inini"), et cela le fait, le fait, le bien est fait, et le piano revient en force ensuite, avec toujours des guitares parfaites....   Bon, je réécoute et réécoute et on se revoit tout-à-l'heure...

 

Ouah, que c'est bon.  Jamais compris que ce ne soit pas un tube.  A l'époque, j'ai saoulé mes amis... sans succès.


Mise à part les duos peut-être, on n'est pas dans l'album concept : Manset va dans ce qu'il fait de mieux,  des orchestrations assez classiques, qui il me semble, peuvent rendre l'accès à ses chansons plus faciles. C'est sans doute ce que la maison de disque lui demandait... On attend désormais un vrai nouvel album. 

 

 

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Allez, on  réécoute tout:

 

-Entrez dans le rêve: bien relevé au départ...  Introduction parfaite à cet album rock. Un petit sax qui navigue,  guitare percutante. Manset est parfait, dans un ton grave, aux intonations fugassement rock. 

 

- Les duos sont peut-être les morceaux les plus réarrangés, les plus délicats à aborder, notamment "cover me with flowers of mauve", adaptation franco-anglaise d'ELEGIE FUNEBRE, datant de "la mort d'orion".  Peut-être le morceau le moins accessible avec "la ballade des échinordermes" à la base, avec son synthé lancinant. Que l'on retrouve la voix rauque Mark Lanegan, pionner du grunge, chanteur des Queens of the Stone age, ici, surprendra les plus jeunes, mais son intérêt pour Manset était connu (pour l'anecdote, un label américain avait réédité "Manset 68" en CD de manière plus ou moins illégale, voire carrement illégale,  il y a quelques années). Au bout du compte, c'est peut-être le duo qui fonctionne le mieux, même si l'émotion est du côté de la version originale.

 

-Comme un guerrier...  Au jeu des différences, pas facile. Un silence là peut-être, puis une petite guitare complémentaire... mais soit, cela fait quand même plaisir d'entendre ce piano formidable. Comme je l'ai dit, on perçoit Manset se bagarrer avec le texte, mais, que Manset dont on ne loue pas la modestie laisse apparaître des imperfections, je trouve cela au final assez émouvant.

 

- Matrice ensuite dont j'ai déjà parlé. Parfait. 

 

- No man's land motel, c'est "je voyage en solitaire".  Version assez originale avec une guitare (nylon ou slide?) vibrante. Un duo où l'on retrouve une voix rauque, celle de Paul Breslin, bluesman américain de Paris.

 

- On retrouve ensuite "Lumières" assez fidèle, avec toujours cette impression de brut (percussion étrange dans l'oreille droite).  Manset nous rejoue ce morceau d'anthologie en l'ornementant de tout son art (tout y passe: percu un peu ethno, cordes.... et   jolis choeurs sur la fin). 9 minutes 44. Voix parfaite.  

 

- "Un oiseau s'est posé" est le seul inédit. Du pur Manset... sans surprise réelle donc... même si on peut constater que Manset n'a rien perdu de sa plume.  Le morceau est orchestré comme on l'aime, nappes synthétiques, ponctuations de guitares séches et électriques, de piano.. avec peut-être quelques notes de clavier (ou fait à la guitare?)  presque électro un peu surprenant.  L'interprétation est réussie. 

 

- "Celui qui marche devant" (du fameux album blanc de 1972 jamais réédité)  est plus surprenant... toujours une percussion basique, presque métallurgique dans l'oreille gauche,  l'intervention grave à peine chantée d'Axel Bauer à droite. Le mélange des deux voix est étrange... d'ailleurs, on n'a pas l'impression d'un véritable duo. Les guitares sont parfaites.

 

- "Manteau jaune" (référence au "manteau rouge" de l'atelier du crabe)  est un texte écrit pour Raphaël (Géricho rime avec sorbet abricot).  De la musique de Raphaël, il ne reste pas grand chose.   J'ai l'impression que Manset recycle une musique, mais je ne trouve pas laquelle.   Orchestration rock très convaincante. 

Ah, oui, je ne suis pas fou: M. (un autre) me souffle en commentaire qu'il s'agit de la musique d'"Obok" (2006). Bon sang, mais c'est bien sûr.

 

- "Toutes choses", l'originale,  n'est pas ma chanson préférée... L'orchestration est très très proche et l''ajout de Raphaël ne devrait pas favoriser un retour en grace... mais ma foi, c'est quand même une grande chanson, et le petit saxo qui vient ajouter un peu de matière sur la fin me convient et me convainc. 

 

 - Et là, coup de maitre :  2 voiles blanches .  Très chouette (c'est le terme): flûte, cornemuse... Un peu trop facile?  On part sur quelque chose d'assez original pour Manset:  Il essaye de nous faire un tube... et pourquoi pas? J'adore.

 

- On termine ce CD1 par un morceau plus récent "Genre humain", qui commence comme l'initial mais se révèle là encore habillé  plus chaudement :  cordes, guitares nerveuses. 

 

 

On s'écoute le CD 2 demain!!

 

Yo, Gé M est dans la place!!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

Publié le 27 Avril 2014

 

Grâce à mon  exercice physique matinal  (l'exploration des abysses de l'internet, en l'occurence d'un tweet),  voici l'article du jour.

Pour tout vous dire des tours et détours et des fils et des aiguilles,   les étirements musculaires  (les recherches google qui ont suivi!) m’ont amené, c’est curieux,  sur  le profil de l'ancien bassiste des The Delano Orchestra.  J'ai fait ensuite un écrasement facial sur un de mes posts de 2009  sur le forum à propos d’un concert...   Quel  stretching,  ces sauts dans le temps  et l'espace! C'est même du  shiatsu quand ce fil que l'on tire nous amène vers des horizons revigorants (nouer de nouveaux contacts...). 

Et pour en finir avec… disons… le hasard, nous voilà encore offert  une occasion d’inciter tout le monde à se présenter à la porte du Sancy le 28 juin, dans ce teasing acharné du week-end Koloko dans lequel nous sommes lancés. Après les propositions de plongeons dans les lacs,  ci-dessous une nouvelle invitation: s'élever, se connecter avec les ondes volcaniques, s’émoustiller des paysages de rondeurs et des hautes herbes et ... laissez son corps s'exprimer,  le désir s'exalter... voire tomber amoureux sur le trottoir de la rue serge gainsbourg ou  au gré d'une rencontre sur le marché d'Orcival... aaah.... Oui, voilà la promesse qui vous est faite.   

Mais venons-en au fait. ouf. Je ne savais pas comment en finir de cette introduction. J'vais me recoucher, crevant ces exercices.

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Je dois vous parler d'un livre.

"Jamais par une telle nuit", de Magali Brénon.

 

http://lemotetlereste.com/couverture/couv_2947.jpg

 

Le livre est sorti chez l'éditeur LE MOT ET LE RESTE, éditeur très musical, celui de Dominique A, de Patrick Eudeline et de beaucoup de livres sur la musique [ Clément Chevrier, ex-Delano, y travaille.. mais là, c'est le hasard je pense ].


Magali Brénon  était interviewée le 26/04 sur France Culture dans "VOIX DE FEMMES".  


Elle explique dans l'émission que vous pourrez écouter ci-dessous que l'origine du livre est  une commande de son éditeur. Proposition façon "La discrète?  Il  lui a suggéré une fiction appuyée sur Jean-Louis Murat  (ah!  enfin, un éditeur interessé pour  sortir un livre sur Jean-Louis Murat*?).

 

Magali Brenon a commencé ce travail en se replongeant dans les chansons de Murat qu'elle écoutait depuis 20 ans. Elle a noté des mots, des expressions. Puis, elle s'est rendue  en Auvergne, s'est imprégnée des paysages. Elle raconte qu'elle les a trouvé très "sensuels" et "érotiques",  avec des "choses en sous-terrain qui grondaient", comme un corps.  Elle a laissé son inspiration la diriger, non pas finalement vers une fiction sur Jean-Louis Murat, mais sur un récit poétique, "une variation sur le désir et le corps", "une peinture du désir féminin".  Les muratiens pourront sans doute prendre plaisir  à la lecture à rechercher les "mots empruntés" à Jean-Louis Bergheaud qui ponctuent l'ouvrage. 

 

Des chansons de Murat sont diffusées en arrière plan de cette interview (dont Tige d'or").

L'interview est assez courte, une dizaine de minutes.

 

 




La page du livre sur le site de l'éditeur
où vous pourrez les articles qui lui ont déjà été consacré. 

 

 Site pour acheter le livre  ou

 

 

On aura sans doute l'occasion de reparler plus en détail de ce livre... 

 

 

* Depuis l'interview de Baptiste Vignol, on s'interroge régulièrement ici sur la raison pour laquelle aucun livre sur Murat n'est encore sortie. Baptiste était volontaire (il sort actuellement un nouveau livre sur RENAUD -50 livres environ sur ce chanteur!).   Le décès de Jean Théfaine (avec les éditions de Fred Hidalgo) a mis fin à un projet qui était sans doute plus avancé...


 

Pour rappel : on retrouvait déjà Murat dans les livres d' Olivier Adam.  On en parlait notamment

 

 

 

  LE LIEN EN PLUS :

 

Plus ça va, plus je me contente de repiocher dans ce blog pour faire des articles... En 4 ans, faut dire, on a écrit des choses, et pas seulement intelligentes. Vous le savez? Je sais.

 

En l'occurence, pour reparler du concert pour Clermauvergne qui se déroulera le 28 juin,  je voulais vous inviter à relire le très bon texte du camarade Mathieu sur les KOLOKO (du nom du village africain qui bénéficiait de l'aide humanitaire au départ).

A LIRE ICI

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres