Publié le 15 Mars 2016

Le clip de FRENCH LYNX

Exclusivité mondiale décrochée de haute lutte par... France inter: le clip du premier single de MORITURI, uniquement visible via le Facebook de la radio :

http://www.franceinter.fr/depeche-exclu-le-nouveau-clip-de-jean-murat

Je ne peux le visionner pour l'instant... mais ça a l'air très beau!

Ps: n'oubliez pas de lire les deux articles précédents sur Eryk e. et l'interview de Laurent Saligault!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

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Publié le 15 Mars 2016

Eryk e., l'album est sorti.
  • Voilà l'album d'Eryk e. est sorti hier! Il est donc possible de découvrir l'intégralité de l'album sur les différentes plateformes et acheter l'album "seize" en numérique, dont les 3 chansons écrites par Jean-Louis Murat.

Nous vous donnions l'information de cette nouvelle collaboration de Jean-Louis Murat en exclusivité en février dernier, puis M. nous avait permis d'en savoir plus sur Eryk e. dans une très bel entretien. On ne va pas tout récapituler... alors allez lire les articles, bande de retardataires... d'autant plus que pour ce 3e article, nous vous avons gardé de l'inédit! En effet, nous ne voulions pas éventer le contenu du disque avant que vous ne puissiez l'écouter! Oui, le spoiler, comme on dit maintenant...

Résumé des épisodes précédents:

- "Il y a 3 ans environ que Jean-Louis lui-même, après que je lui ai fait écouter 2 ou 3 trucs à la maison, m'a un jour dit "il faut que tu enregistres un album, et moi je peux t'aider si tu en as envie". [...] Une fois mon livre sorti en septembre 2014, Jean-Louis m'a dit "maintenant tu n'as plus de prétexte!", et alors je me suis pleinement investi dans l'écriture ». En août/septembre 2015, ils se sont retrouvés dans le studio de… Denis Clavaizolle, qui a pris les manettes, fait quelques claviers. Guillaume Bongiraud, Julien Quinet des Delano Orchestra sont venus… A la section rythmique : Stéphane Mikaelian, ranchero, et Clément Peyronnet, multi-instrumentiste et musicien pro, a pris la contrebasse. Une choriste à la voix surprenante intervient également sur quelques titres : Gaëlle Cotte.

- Dans un univers essentiellement piano, qui évoquera Barbara et Sheller, "Un bouquet de mélodies qui ne demandent qu'à être fredonnées, des approches originales dans le traitement de certains sujets, une tessiture vocale feutrée en harmonie avec la production, une seconde voix étonnante qui déterritorialise les morceaux, des contrastes subtils (entre texte et mélodie ou à l'intérieur d'un même texte), l'ombre d'un Murat qui plane avec ses tourments essentiels" (M.)

 

Voici un petit tour dans l'album:

- Le premier titre écrit par Murat est "Morte saison".

"Que fais-tu mon corps en morte saison ? Que fais tu ma vie en morte saison ?". Bergheaud est adepte du procédé, mais la concision du titre le rend efficace: 1 minute 45.

- "mes nuits" offrent un peu de guitare (signé Murat) mais toujours en second plan, un titre un rien enlevé, où apparait pour la première fois les improvisations de Gaëlle Cotte.

- "Jeune face" est le 2e titre signé Murat qui m'évoque Ferré de "20 ans" et "avec le temps", avec le violoncelle de Guillaume toujours superbe (très belle partie orchestrale pour terminer).

« puis jeune face un jour s’en va »

- "Bleu" est assez symbolique de la "tension" que souhaitait donner Eryk e. En effet, Gaëlle improvise des chants douloureux, assez slaves, au dessus de celle très rapide d'Eryk e.,   un sentiment d'urgence.

- Et voici "les lieux"... le plus beau texte de Murat... et le plus personnel. Cette ballade parisienne pourrait apparaitre surprenante –pour Murat- (rue des blanc-manteaux, place des abesses) : «Sans toi, tous ces lieux sont à désespérer »... mais il s'agit bien du quartier que Jean-Louis a fréquenté. La preuve (avec cette fameuse rencontre avec Guillaume Depardieu qui appelle Murat "le Polnareff des Abesses"):

 

Murat évoque beaucoup de choses assez sordides.

Les parties de violoncelle de Guillaume sont superbes. Eryk e. dit en avoir encore "la chair de poule".

 

- "Ma terre" est d'une grande limpidité, simplicité (qui se termine avec un joli sifflement).. avec l'appui d'une belle trompette. On pense à Le Forestier et une petite fugue...

 

- Voilà "Seize":

"Les chansons, ça a été avant la médecine. Après, pendant la médecine, il n'y a pas eu grand-chose, j'ai écrit 2-3 trucs et le dernier texte que j'ai écrit et qui m'a vraiment plu, je l'ai mis dans l'album. Donc ce texte, il date de 87-88, c'est sur une chanson qui s'appelle "16", qui est le titre de l'album et c'est une chanson sur la guerre de 14. Je me souviens, j'étais en train de bosser et puis à un moment donné, je fais un petit break… […] Et j'ai écrit ça, en fait, parce que mon père m'a beaucoup parlé de la guerre de 14, guerre qu'évidemment il n'a pas connu, mais qui l'a beaucoup marqué historiquement et j'aime beaucoup une chanson de Le Forestier qui s'appelle "Les lettres" qui est un échange de lettres entre un homme et une femme, un homme qui est parti à la guerre de 14 et la femme qui est restée à la ferme. C'est une chanson que j'adore et donc entre tout ça, ça m'avait beaucoup marqué, et j'ai eu envie d'écrire quelque chose - enfin c'est venu, d'ailleurs, c'est pas que j'ai eu envie, c'est que c'est venu… Et puis j'ai écrit deux petits couplets de quatre vers et j'ai essayé un peu à ce moment-là et puis dans les années qui ont suivi de les mettre en musique et ce n'est jamais venu. Et je l'ai ressorti dans l'hiver dernier, 2015, quand j'ai écrit les sept chansons, j'ai repris ce texte-là que j'ai désarticulé et que j'ai agencé d'une manière différente, avec la musique qui est dans l'album."

La musique est très réussie, avec un air, bien que martial (tambour, pipeau sur la fin), qui n'en rajoute pas dans la tragédie; au contraire, qui annonce des lendemains meilleurs. Très réussi.


- "Le bouquet" sonne plus dramatique, avec un piano dépouillé... "il en a fallu de peu que je tranche tes jolis mains"... Petit bruitage électro léger qui ne me semblait pas indispensable.

 

- "Les maisons closes" "qui est un texte que j'ai écrit dans un contexte complètement iconoclaste, puisque ce texte, contrairement au titre et à ce qu'il peut faire penser, ça ne parle pas des bocsons, mais… je l'ai écrit en pensant aux tombes, aux tombes des cimetières, en particulier celles qu'on trouve en Auvergne, qui ressemblent à des petites maisons et les maisons closes pour moi, c'était ça. Et au fur et à mesure de l'écriture de ce texte est venu spontanément le lien qu'il y a entre la vie et la mort, qui est quelque chose qui est assez obsédant en médecine, ce parallèle simultané et permanent entre la vie et la mort, maintenir la vie, l'améliorer et puis la mort qui est là, qui de toute façon nous rattrape. Et "Les maisons closes", c'était tous ces gens qui ont vécu, qui sont dans leurs petites maisons, toutes fermées et qui ont leur histoire, et qui sont là et qui veillent les uns sur les autres, et qui sont tout nus et qui se sont aimés, et qui ne vivent plus…. Ils n'ont de contact avec l'extérieur que peut-être la racine qui peut s'insinuer dans la petite maison, avec la fleur… Pour moi c'était ça et en fait, durant l'écriture, le parallèle immédiat évidemment entre la vie et la mort, le plaisir et la douleur, et les maisons closes vraiment, ce parallèle qui est une simultanéité de la vie de tous les jours, de tout vivant entre la douleur et le plaisir, la vie et la mort et en fait, on est vraiment dans cette dichotomie entre la vie et la mort et cette simultanéité de l'existence vivante et de l'existence à venir… Je l'ai écrit dans un contexte très particulier, puisque j'étais en vacances en Indonésie chez des amis et avec le décalage horaire, j'avais du mal à dormir et j'étais dans cette maison ouverte sur tout, c'était pas très loin de l'océan Indien, donc on entendait le bruit des vagues et je passais une partie de la nuit réveillé, dans cette partie ouverte de la maison, à penser, à bouquiner et puis le texte est venu et il est venu là-bas avec les images des tombes du cimetière d'Egliseneuve d'Entraigues où sont enterrés une partie des gens de ma famille… Et je voyais cette tombe-là et c'était une petite maison close."

- Le dernier titre est "épanadiplose", terme que les spectateurs du film "PROFS" connaissent... mais cela n'a aucun rapport avec l'inspiration d'Eryk e.
"J'ai peint un petit peu à un moment donné, mais de façon tout à fait modeste. Par contre j'ai un ami, dont j'adore littéralement la peinture, qui est clermontois, qui bosse beaucoup, il s'appelle Claude Legrand, qui fait des belles expos, dont j'ai peut-être une trentaine de toiles ou dessins chez moi, j'aime beaucoup ce qu'il fait… […] En fait, à côté de mon piano, y a 3-4 tableaux de lui, y en a un qui montre une maison dans la forêt, que j'avais directement en vision quand je suis venu au piano, et j'ai écrit en regardant ce tableau… avec l'idée de rentrer dans le tableau… […] Un violoncelliste qui s'appelle Yo-Yo Ma a publié des DVD où il joue les suites de Bach. J'en ai 3 sur les 6 et notamment celui où ils ont intégré son image dans des reconstructions 3D d'eaux-fortes du Moyen-Age, où on le voit dans une espèce de prison absolument fantasmagorique. Il est au bord d'une sorte de précipice, avec des colonnes effondrées, ça date du Moyen-Age, à la fois c'est très romantique, c'est très bizarre, et ils ont réussi par des technologies numériques à l’intégrer là-dedans, mais surtout à transformer l'eau-forte en vision 3D, donc la caméra se balade au milieu de ça et il est vraiment au sein du tableau, au sein du dessin et c'est fantastique".  http://www.claudelegrand.fr/    Le fameux tableau d'Eryk e. figurait sur le site, mais a été retiré depuis.

 

Eryk e. est un "job à côté", selon l'expression de Murat, et quel job... si prenant, ce qui rend les aventures artistiques encore plus compliquées... mais c'est ancré en lui, et maintenant qu'il est lancé, il ne s'arrêtera pas, toujours avec le soutien de Murat. Et on ne peut que l'encourager à notre tour car pour un premier album, malgré les influences évidentes, il y a un vrai parti pris, un univers, peut-être un peu suranné... mais qui justement fait du bien, au milieu des univers électro toc et bling bling. 

Eryk e. sera en concert au caveau de la Michodière à Clermont le 19/04.  après une première prestation en première partie de  Babx et Cascadeur en février.

 

Rappel: L'interview d'Eryk e.

http://www.surjeanlouismurat.com/2016/02/eryk-e-nouveau-coup-de-coeur-coup-de-pouce-de-murat.html

site officiel : https://www.facebook.com/Eryke-661722910636414/

LE LIEN EN PLUS

 

Et voilà qu'on a des nouvelles de FRED JIMENEZ! Le bassiste et compositeur d'"a bird on a poire" n'était plus apparu aux côtés de Johnny Vacances pour le dernier album. On sait peut-être pourquoi:  il lance une campagne de crowfounding pour sortir un disque... avec un petit mot très gentil de son camarade Bertrand Burgalat sur le site de tricatel.

"Il y a près de 20 ans, Fred Jimenez envoyait une démo au 52 rue Richer, siège de Tricatel à l’époque. Une pop parfaite dans la ligne du Love is All de Roger Glover. Lorsqu’il fallut trouver des accompagnateurs à Michel « pop idol » Houellebecq, Thomas Jamois s’en souvint et suggéra de faire appel à lui. Il débarqua avec sa Squier Japon et ce fut un enchantement : un son parfait, (au médiator il étouffe les cordes avec la paume de sa main, sans recourir à une éponge comme moi…), une attaque impeccable, l’énergie, l’intelligence, la bonne humeur, bref un parfait Dragon.

Après le premier album de ceux-ci Fred, qui avait déjà passé pas mal d’années en Suisse à écumer les clubs avec Les Needles, n’avait plus envie de repartir à l’arrière d’un camion : comme les croupiers à Nice ou à Luchon il nous présenta son digne successeur, David Forgione, et continua sa vie de musicien avec ses hauts et ses bas, n’hésitant jamais à prêter main-forte aux uns ou aux autres, ou à jouer avec Jean-Louis Murat, pour qui il composera un album. Sa générosité sera récompensée quand Yarol Poupaud, qu’il accompagnait dans des jams désintéressées, l’entraina dans son sillage auprès de Johnny Hallyday. La Squier noire à plaque blanche de Fred a ainsi joué devant son idole Paul McCartney, croisé Brian Wilson, joué avec Brian Setzer, écumé les stades et accumulé assez d’anecdotes et de souvenirs hilarants pour égayer plusieurs tournées en camion.
 
Mais celui que Johnny appelle affectueusement « le Beatles » est également un héritier de Jimmy Page et du Comte de Saint Germain. Féru d’alchimie, il a écrit un album sur ce thème avec un spécialiste de la question, Patrick Burensteinas. Le projet est ici: http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/alchy-me

 Il s’agit de textes alchimiques, écrits en alexandrins, mis en musique et interprétés par Fred.

L’argent ainsi collecté sera transmuté en 12 super chansons (elles sont déjà enregistrées), un bel accomplissement à mettre au crédit de cette discipline".

 

Je me rends du coup sur le site  http://www.kisskissbankbank.com/alchy-me  et je m'interloque, c'est une blague?  il s'agit de mettre en musique des textes d'un certain Patrick Burensteinas, alchimiste, qui parle de reptilien sur radio "ici et maintenant",  le créateur de «La Trame» : une technique thérapeutique vibratoire qui transpose les trois phases du Grand Œuvre sur l’homme, pour déloger la souffrance à tous les niveaux"... entre autres choses (l'explication de la comptine "la souris verte" vaut son pesant de cacaouettes)... Alors, là, je dis bravo la Suisse...  mais rapatriez votre argent en France, ce n'est plus sûr.   (je dis ça même si mon chanteur préféré Manset a peut-être des penchants pour les rose-croix)

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

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Publié le 10 Mars 2016

Après la chronique de son disque publiée en octobre dernier, je suis très fier de vous proposer une interview de LAURENT SALIGAULT, tout-à-fait inédite et exclusive: Il s'agit en effet de sa  première! C'est pourquoi, avant de parler de son album, et du fait du peu d'informations disponibles sur lui, j'ai voulu le faire parler de son parcours, son travail avec Mickey Finn, Sébastien Hoog, Merlin, Jeanne Cherhal et Barbara Carlotti notamment et c'est passionnant. Au delà de l'anecdote savoureuse qui aura sa place dans la grande histoire du rock, c'est aussi l'occasion - dans la lignée de l'interview précédente des 3 lyonnais- de parler de la vie de musicien, de la difficulté de faire vivre un disque,(même pour un vrai parisien). Un grand merci à Laurent Saligault de s'être investi dans cet exercice.

Merci de vous pencher attentivement sur ce dialogue puis d'aller découvrir la pop de Laurent sur bandcamp (CD physique disponible pour 10 euros ou en téléchargement).

 

Edit: Laurent Saligault aux 3 Baudets le 25 avril 2016, à 20h.

Laurent Saligault, the first interview.

Bonjour Laurent!

- En sachant que je vous ai découvert sur scène avec Carlotti et Cherhal qui sont deux artistes qui apprécient Murat, je souhaitais savoir si c'est aussi un artiste qui vous plait ou vous intéresse?

 Je ne connais pas ses disques.  Je crois qu’il est très prolifique mais je peux écouter. Quel album me conseillez-vous ?

- Ok !  On ne part donc pas sur l'inter-ViOUS et MURAT classique - Comme quoi, on peut faire de la « française pop »  en ignorant totalement Murat!  Je vous conseille Lilith et Parfum d'acacias au jardin -un dvd-, le Moujik et sa femme,  mais l'album Mustango est souvent celui qui est cité). Parlons-donc de vous…    Je crois que vous êtes autodidacte. Comment en êtes-vous venu à la musique?

- Je suis en effet autodidacte, j’ai commencé assez tard (17 ans). Avant je voulais être footballeur.  J’avais des amis de lycée qui avaient un groupe mais sans bassiste, ni chanteur.  Je ne savais pas jouer de basse et mon expérience du chant se limitait à des imitations sur les vinyles des Beatles dans ma salle à manger.   J’ai trouvé un job dans une poissonnerie pour l’été dans le but de m’acheter une basse et en attendant, un ami m’a prêté une guitare classique pour que j’apprenne des lignes de basse.

J’ai bossé sur le double rouge des Beatles (la compilation des singles) et sur The Cure, mais du coup j’ai appris à jouer de la guitare et tout de suite l’envie m’est venue d’écrire des chansons… En juillet, j’ai acheté ma première basse (une Fender Precision). Dès ce jour, j’ai stoppé le foot et décidé d’être musicien. Premiers concerts de rock (chanté en anglais) à la fête du lycée puis dans les bars, premières maquettes. Ensuite,  j’ai rencontré Seb Hoog (1994) on a fait nos classes ensemble dans les clubs de blues rock, on jouait les Stones, les Beatles, les Who, Bowie, Hendrix….

 

- Avec Sébastien Hoog, une amitié de plus de 30 ans donc, je l'apprends... mais on y reviendra... 

 On se connait avec Seb depuis le 1 octobre 1994, on cherchait un guitariste pour notre Groupe (the Sticky Beets), il travaillait dans un magasin de musique à Pigalle, on s’est tout de suite entendu ! Lui Hendrix, moi les Beatles.

Sébastien derrière Izia (copyright Julien Mignot-Babel)

- Footballeur, vous étiez vraiment sur la voie du professionnalisme ? A quel poste ? (j’ai vu une DRH qui m’a dit que c’était important de donner son poste dans un CV!).

J’étais gardien de but, pas mauvais mais trop petit (1m72) le football changeait à l’aube des années 90 : plus physique. J’étais un gringalet, suite à des blessures j’ai fait 2 matches en Division d’Honneur qui à l’époque était le 5eme niveau en partant d’en haut.  Gardien de but et bassiste c’est pareil ;-))

- A partir de ce moment-là, vous devenez ainsi rapidement musicien professionnel?  Vous jouez avec le fameux Micky Finn (à ne pas confondre avec le batteur de Marc Bolan .comme certains journaux à la mort de ce dernier).   Pouvez-vous nous parler de cette expérience avec ce musicien de Nino Ferrer et d'Higelin et qui disait ne pas aimer les musiciens français? 

Avant de parler de Micky,   il faut passer par la case Alain Gouillard (dit Merlin). Avec Seb nous faisions les bars de rock blues. Un jour,  notre batteur n’était pas dispo pour une date et  il nous a envoyé  Merlin, batteur virtuose, de quinze ans notre ainé, qui avait joué, entre autre, avec Edition spéciale, Océan, HF Thiefaine et Bertignac. Nous l’avons gardé et ça a été le début d’une époque : le groupe Ego (qui existe encore). Ça a été pour nous le premier contact avec un musicien confirmé, reconnu et professionnel. Je dois reconnaitre, qu’en tant que bassiste, je lui dois beaucoup et Seb dirait la même chose…

Micky,  je le connaissais depuis longtemps sur les vinyles de Nino. Un jour, Merlin m’a appelé pour me dire que Micky remontait les Bluemen, son groupe des années soixante, et qu’il l’avait recruté à la batterie en lui laissant le choix du bassiste ! Etant également chanteur, je me suis retrouvé Bassiste/chanteur de Micky Finn and the Bluemen. 

Micky était un grand, on apprenait juste en l’écoutant jouer…  je veux bien en parler mais il faut un chapitre juste pour ça !

   pochette Higelin à Mogador3 pages sur Mickey dans un livre sur Nino Ferrer

- Mais vous avez donc fait partie du même groupe que Jimmy Page!...  C'est impératif de s'attarder d'autant que j'aime beaucoup l'histoire du rock à travers des personnages, et  mettre en lumière sur le blog certains "oubliés"!   Comme à chaque fois que j'ai une question sur les années 70, j'ai interrogé MICHEL ZACHA... Voici ce qu'il m'a dit: "Micky, Je l'ai connu en 68 à St-Trop  [il était effectivement animateur d'une boite là-bas]. Très cool… très discret et extrêmement doux, disponible et gentil".    Dans une interview accordée en 1991 aux «Inrockuptibles » (n° 30), Nino Ferrer évoque son Micky avec une fin magnifique: « Il avait joué avec tout le monde, les Pretty Things, les Stones, les Small Faces, Electric Banana... Avec lui ça a été une grande aventure, il m'a beaucoup marqué. Nous sommes restés amis, je l'aime très très fort. Il m'a beaucoup apporté, c'est un frère (…) C'est le genre de type qui me téléphone bourré d'un bar d' Hambourg à six heures du matin pour me dire qu'il pense à nous et qu'il nous aime. Un vrai bohémien, un gitan... Il pourrait être aujourd'hui le guitariste des Stones, mais il est trop destroy. Il n'a pas de maison, pas de fric, pas de vêtements. Si tu travailles avec lui tu dois lui prêter ta guitare, ton ampli... Il explose ton ampli, fout ta voiture dans le fossé, vide ton frigidaire, met le feu à ta maison. Quel mec génial ! ».    Est-ce qu'il s'était un peu assagi à l'époque?

Pas vraiment assagi non !   Tout ce que dit Nino est vrai, je l’ai vérifié de 1999 à 2006, nous avons fait un paquet de concerts la plupart dans des bars, mais aussi chez les bikers…

C’est la personne la plus attachante que je n’ai jamais rencontrée, très doux, guitariste mais aussi auteur-compositeur extraordinaire,  vraiment très drôle et hyper R’n’R. Bien sûr, il buvait une quantité d’alcool impressionnante, vivait chez des potes ou des maitresses, taxait des guitares… Il lui arrivait toujours des trucs incroyables. Sans exagérer, j’ai au moins une vingtaine d’anecdotes incroyables et drôles…  Mais il faut surtout retenir de lui son « son », cette main droite incisive très British et ses chansons… 

 

- Sans en faire un chapitre, ah, svp, contez nous au moins une de ces anecdotes  à ranger dans la grande histoire du rock and roll  (on l'y rangera à côté de l'histoire de la  bouteille de J.Daniels que sa fille a fait circuler durant la cérémonie d'enterrement).

Nous jouions à Orbec, au Bar de la Mairie je crois et Micky avait mal aux dents,  du coup il était d’une sobriété rare, même boire était pour lui peu agréable. Après la balance, je suis allé à la pharmacie lui acheter du Synthol puis j’ai vaqué à mes occupations.

Au repas du soir, avant le concert,  Micky me dit : « yeah Lolo c’est super ton truc ! Ca marche drôlement bien ».   On commence le concert. Il avait posé sur son ampli une pinte de blonde, un petit verre de whisky et la bouteille de Synthol à moitié vide. C’était un de ces début de concert où il jouait super (pour trois concerts, il y en avait un énorme, un moyen où ça restait encore très bien et un vraiment catastrophique). Je me souviens qu’après la 2eme chanson,  je le vois se diriger vers son ampli, prendre la bouteille de Synthol et la finir cul sec ! Ensuite,  il attrape le verre de whisky, le vide dans sa pinte et en boit une bonne moitié !

Merlin heureusement avait tout vu ! Lui et moi avons passé le 3eme morceau en larmes, mort de rire, à ne pouvoir plus respirer et encore moins chanter. Micky m’a confirmé ensuite qu’il avait  bien tout bu (la première moitié dans l’après-midi). Le concert, ce soir-là, fut excellent car Micky du coup avait commencé à boire tard ou alors le Synthol en boisson a des vertus inconnues… Reste à savoir s’il savait qu’il s’agissait juste de bains de bouche ? Je pense que oui (malgré son air ingénu quand je lui ai dit… après) mais qu’il a eu envie d’essayer quelque chose, que ça marcherait mieux comme ça…

(en fin d'article, une vidéo avec Micky, Merlin et Laurent).

1999 : Enregistrement de l'album "Black hole" de Mickey Finn and the blue men avec Micky Finn (Guitares et chant), Merlin à la batterie et Laurent Saligault à la basse + 4 titres "go clean" en 2002.

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- Et  c'est un peu une surprise (on vous connait plus dans l'environnement pop de Cherhal et Carlotti) que de vous découvrir bluesman à bikers!!  C'était une musique dans laquelle vous vous épanouissiez?  Dans la vidéo, vous parlez aussi d'un concert avec Luther Allison (le genre de souvenir peut-être assez unique, et qui a tendance à devenir "légendaire" - petit clin d'œil au  pote de Murat Christophe Pie, batteur des Delano Orchestra, qui a joué avec Chuck Berry...)?

En fait, j’ai fait mes armes dans ce milieu (Seb également) et même dans le milieu chanson/pop,  je pense avoir une image plutôt R’n’R, Barbara l’est aussi dans son genre, la basse/batterie/guitare d’"histoire(s) de J" aussi…

J’ai fait une quantité énorme de clubs et bars  avec Sticky beets, Ego et Micky, peut-être 500…. J’ai chanté la voix reprise dans un ampli de guitare dans toutes sortes de lieux (y compris chez un vendeur de pneus) et notamment aux Puces de St-Ouen (où j’ai rencontré Luther Alison, Merlin, Micky et tant d’autres)… D’ailleurs, nous y avons joué avec Seb et Merlin le 14 février (Brasserie Biron).

 

- Ego est le groupe que vous avez avec Merlin et Sébastien, aviez? (répertoire Who, Led Zeppelin, Beatles ai-je lu).     Quant au Stinky Beets, pouvez-vous nous en dire plus?  (le nom a été repris par d'autres)

Ego existe toujours mais il tourne au ralenti. Par contre, quand on joue, c’est du lourd : Power trio!

Pour les Sticky Beets (betteraves collantes), il s’agit de  mon premier groupe formé avec mon pote de collège Jean Serge Karsky (batterie), ensuite nous avons intégré 2 voisins (et amis d’enfance)  de l’immeuble ou j’ai grandi dans le marais : Paolo Lauri (basse) et Eric Kipnis (guitare). Moi, je tenais la guitare rythmique plus pratique pour la composition. Enfin, il y avait  un chanteur new-yorkais Tadzio Koelb. Nous faisions du pop rock en anglais.  Au bout de deux ans,  les autres ont jeté l’éponge.  Nous nous sommes retrouvé Jean Serge et moi, je suis parti à l’armée (et oui) et puis nous avons décidé que je repasserai à la basse et au chant et que nous recruterions un guitariste (Seb Hoog), un pianiste (Ed Schmitt) complètera le line up (1994/95). Aucun disque ne sortira de ces 2 périodes mais j’ai un sac de sport rempli de cassettes 4 pistes. On avait des super chansons…

Ego

Sébastien HOOG, compositeur d'Izia, arrangeur d'"histoire(s) de J." pour Cherhal:  "Un petit mot sur Laurent? Tu peux lui dire que je suis fier d'avoir appris la musique avec lui..."

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- Durant toute cette période-là,  avez-vous travaillé en "studio" avec ces artistes ou d'autres? (repère: Sébastien commence à travailler avec Barbara en 2006, puis pour Daphné et Izia)


Quand j’ai dissous le groupe (Sticky Beets) en 95,  Seb et moi avons commencé à apprendre notre métier  dans les bars parisiens (rencontre avec Merlin),  nous jouions un peu partout : le chat noir, who’s bar, Baryton et tant d’autres…
Moi,  je continuais à vouloir défendre mes chansons (en français maintenant). Quand nous avons monté Ego, l’objectif était d’enregistrer des originaux. Nous avons enregistré un disque de 10 titres (4 Saligault, 4 Merlin, 2 Hoog) qui est sorti en 50 exemplaires (c’est vrai !).  Mais le groupe battait déjà de l’aile : Seb jouait dans un groupe en Angleterre, il commençait à être dans le  bizz (ah ah) : Big Mama puis Barbara alors quand Merlin m’a proposé Micky, j’ai dit "Tant pis ».

Au final,  cette période a duré de 1996 à 2004 environ. Dans mon coin, je continuais à enregistrer chez moi un bon paquet de chansons que je jetais pour en écrire des meilleurs (j’en ai 150).  J’avais fait un quatre titres mais que je n’assumais pas complètement. Je jouais dans pleins de projets annexes  à Micky [Catholic Boys], mais toujours dans les bars et vivait de cachets en cash et du RMI. 

Ego (collection personnelle de Sébastien)

- Comment cela s'est-il enchainé ensuite pour vous?

Seb jouais de la basse avec Barbara Carlotti  (tournée les lys brisées) que je ne connaissais pas et puis,  il a eu Daphné et je l’ai remplacé sur les 6 dernières dates de la tournée. Puis, Barbara a fait « L’idéal »  et je suis reparti deux ans en tournée (2008/2009). Après,  j’ai réalisé un EP pour Vanessa Chassaigne,  puis j’ai rencontré Antoine Leonpaul qui venait de sortir son premier disque et partait en tournée : je l’ai accompagné à la basse et à la guitare avec Stéphane Bellity (Ricky Hollywood) à la Batterie (2010/2011). 

Parallèlement, avec toutes  ces fréquentations,   j’affinais mon style et continuais à « remplacer » mes chansons par des meilleures!  Ensuite,  Barbara sort L’amour l’argent le vent et on repart en tournée en 2012/2013. Là,  ça s’accélère un peu : Jeanne Cherhal me demande de faire la basse pour son projet Amoureuse au 104 (2012) puis d’enregistrer son prochain disque (août 2013) puis de faire la tournée (2014/15). 

Parallèlement, je réalise une signature sonore pour Marionnaud qui va s’avérer lucrative : je m’achète un Magnéto à bandes, des micros, des préamplis,  bref du bon matos, et j’entame en avril 2013 la production de mon premier disque.  En juin de cette même année,  je fais la basse pour le 2eme Disque de Nicolas Comment avec Raphaël Leger à la batterie que j’ai rencontré sur Barbara C.   et qui est le batteur du groupe Tahiti 80.  En ce moment, il produit le disque de Cléa Vincent [vous les accompagnez parfois sur scène] et a  tenu les baguettes sur mon disque.

 

- J'avais un peu imaginé que votre disque était celui d'un  (bébé)requin de studio, ou d'un musicien  qui voulait s'affirmer, et je constate que c'est en fait un projet muri depuis de très nombreuses années par un auteur-compositeur interprète.   Encore quelques questions sur ces collaborations:  je suis forcé de vous faire parler de Barbara et Jeanne, dont j'ai tant parlé sur le blog... et des soirées merveilleuses que vous m'avez fait vivre avec elle (au moins 5 je pense). Que pourriez-nous vous dire sur Barbara?  Un souvenir de concerts ? (vous terminiez à la guitare, avec elle au milieu du public).

Barbara est quelqu’un de super qui se met toujours en danger artistiquement. En plus de son immense talent,  elle est travailleuse, drôle et fidèle. J’ai fait 2 grosses tournées avec elle et d’innombrables projets annexes. Entre ses tournées, elle écrit toujours de nouvelles choses (conférences chantées, spectacles littéraire).  Du coup quand on bosse avec elle, on doit toujours apprendre des nouveaux morceaux !

Le groupe est l’un des plus drôles jamais rencontrés (JP Petit : guitare / Benjamin Esdraffo : claviers / Raphaël Leger : Batterie et choeurs / Jérémie Régner : claviers, percussions et choeurs / Laurent saligault : basse, guitare et choeurs). On a vraiment beaucoup rigolé durant toutes  ces années.

Pour l’anecdote et puisque vous parlez de « bête farouche » (guitare au milieu du public),  voici une histoire qui résume l’esprit qu’il règne dans cette équipe : Barbara se perd entre les sièges du public et capte toute la lumière, j’arrive en 2eme position avec une partie de guitare pas simple à jouer en me faufilant parmi les gens dans les rangées étroites de fauteuils ou dans les allées en escalier, souvent dans la pénombre, ensuite, arrive le reste du groupe, faisant choeurs et percussion. Pendant les 3 minutes que dure la chanson, c’est l’occasion, pour les 4 cancres qui suivent derrière moi, de blagues diverses et loufoques (toujours drôles bien sûr) ! Barbara à ce moment est connectée au public et même aux gens puisqu’elle les touche et qu’ils peuvent la toucher, moi je suis connecté à Barbara pour que la chanson se passe bien et eux, il profite que la maitresse ait le dos tourné pour embêter le 1er de la classe (que je suis à ce moment-là)…

 

Barbara, la grande prêtesse.

Comment je n'ai pas assuré avec Barbara Carlotti  et un 2e compte-rendu de concert

Vidéo en fin d'article d'un set de janvier 2016 (Barbara et Laurent au petit bain, à Paris)

- Ah, ils ont été discrets dans les concerts auxquels j’ai assistés… L’anecdote est amusante en tout cas, car  les musiciens faisaient très sérieux, voire patibulaires… 

Même question pour Jeanne (vous aviez sévèrement remué le théâtre de Fourvière cet été notamment).

Pour Jeanne,  c’est une ambiance finalement assez similaire. Si Jeanne est peut-être un plus sage, l’équipe  n’est pas en reste en matière de  rigolades. Sur scène,  je suis particulièrement connecté avec Jeanne par le fait que nous jouons tous les 2 des lignes de Basse (elle au piano). Nous avons quelques passages duo (l’oreille coupée, j’ai faim, noxolo, femme debout) où nous jouons juste tous les deux et où la connexion est indispensable. Jeanne entend tout ce qui se passe, c’est une excellente musicienne doublée d’une talentueuse compositrice. Les deux barbus qui avec moi forment le trio « hacking band » sont des sérieux également, Seb qui est mon frère musical, et Eric Piffeteau (Little Rabbit) qui est un de mes batteurs préférés (super son et laid back). Les bons soirs,  quand la machine est huilée, il y a les chansons délicates et charismatiques de Jeanne avec derrière elle une fantastique locomotive électrique.

- Est-ce que ces participations marquantes  (je rappelle que Seb Hoog a réalisé Histoire(s) de J,) ont fait évoluer votre propre travail? 

En termes de méthode certainement (j’entends l’organisation, les réseaux, etc…).  Il est également certain que l’écriture de Barbara et des autres (je pense aussi à Antoine Leonpaul) m’a influencé à force de fréquentation. Avec Seb les influences sont miroirs. Je n’ai jamais été complaisant avec mes chansons, j’ai toujours voulu progresser et j’ai énormément écrit, enregistré, composé. Je suis un laborieux et j’aime ça.

- Ces concerts avaient certains éléments de mise en scène, de scénographie (qui ne vous impliquait pas énormément certes), comment vous sentez-vous avec cela?  Le côté "comédie" de la scène? Et le côté "très cadré" d'un set? (Murat revendique de ne jamais jouer un morceau de la même façon).

Je viens de la pop musique, donc a priori c’n’est pas trop mon truc, tout au moins pour mon projet. En tant qu’accompagnateur,  je n’ai rien contre au contraire (Barbara le fait beaucoup). Ca peut être drôle même quand je vais voir un concert d’un artiste que j’aime, j’aime bien qu’il enchaine les chansons et qu'il les joue bien. Parler 2 heures entre les titres, une fois par concert pour le lien avec le public je comprends mais parfois la tchatche masque le talent, Mick jagger laisse rarement passer une minute entre deux chansons et j’aime ça … Après,  je ne suis pas un extrémiste et quand c’est bien fait, je le reconnais. 

En résumé en tant que musicien,  le côté comédie c’est souvent cool (ça fait des pauses, ça donne du rythme au show…),  en tant qu’auditeur ou interprète je préfère un truc plus rock.

- Petite précision pour mieux connaitre la vie de musicien:   toutes ces rencontres se sont faites petit à petit, de contact en contact? Ou bien avez-vous tout de même un agent, avez-fait des essais pour décrocher des engagements?   Est-ce que c'est d'avoir pu assurer votre intermittence dans les années récentes qui vous permet de concrétiser ce projet solo?  
 

Petit à petit, de contact en contact sans chercher à "faire du réseau" (ce que font beaucoup d’entre nous) et je n’ai jamais eu d’agent. Il faut sortir, trainer, s’intéresser aux autres projets, ne pas hésiter à dire : «  j’aimerais jouer avec toi », et s’activer sur les réseaux sociaux. Après, si on a  une bonne gueule/look, qu’on travaille vite (mon cas), qu’on a de l’humour, qu’on est sérieux et surtout qu’on est bon, alors c’est plus facile…

 

- J'ai découvert avant hier Antoine Léonpaul. Vous êtes arrivé dans son parcours après son premier album, mais vous travaillez maintenant plus étroitement avec lui. Pouvez-vous nous en parler? Ce nouvel album est-il encore signé chez Because?

J’ai rencontré Antoine en 2010, il venait de sortir son premier album, il cherchait un musicien polyvalent pour l’accompagner (basse, guitare et choeurs). On s’est tout de suite bien entendu et on a finalement intégré un batteur (Stephane  Bellity) que je connaissais. On a fait une vingtaine de concerts.   On est devenu amis : même génération, même quartier d’enfance, même goût pour le matos vintage et la production à domicile et puis Nino Ferrer, William Sheller…

A la fin de la tournée,  on a commencé à enregistrer chez lui ses nouvelles chansons, j’ai fait quasiment toutes les guitares et basses, c’est un bon songwriter. Le nouvel album n’est pas encore sorti et je ne sais pas dans quel cadre il sortira. Il travaille aussi sur des tournages, il a réalisé mon clip (Ma Vieille Honda), il est également auteur (pour Michel Muller).

au Printemps de Bourges. Bertrand VACARISAS / PURECHARTS.FR


- Encore un dernier mot sur une autre collaboration passée ou future, Vanessa Chassaigne peut-être?

Avec Vanessa, on a écrit une petite dizaine de chansons, je l’ai rencontrée alors qu’elle cherchait un bassiste, j’ai emmené avec moi Raphael Leger et on a joué en trio. Vanessa organise depuis 2009 un petit festival  dans une ferme marine près de Sète (Août). Depuis 2010, je les ai tous fait ! C’est un lieu paradisiaque et au fil des années la programmation s’étoffe. J’y ai rencontré et accompagné Antoine (trois fois), joué avec mes chansons (4 fois), accompagné Mehdi Zannad (2 fois), Nicolas Comment,  Vanessa bien sûr (chaque année), Barbara Carlotti en duo (2015). Pour compléter la liste de ceux qui y ont joué : Rover, JP Nataf, Mathieu Bogaert, Laetitia Shérif, Ricky Hollywood, Luce, Batist (qui joue la guitare dans mon Trio), The Rodéo, O, Wilfried etc.

En 2011, j’ai produit un cinq titres chez moi, des chansons qu’elle avait écrites avec Jay Alenski (compositeur de Lio). Je ne travaille avec elle que très rarement aujourd’hui (faute de temps).


* Medhi Zannad (Fugu, qui a droit à son article dans « la française pop » de Conte. La Féline, récemment interviewée, en a été aussi.

la photo de couverture sur fb de la page de Vanessa

Festival "sur le sable" à Vic La Gardiole.

 

- Passons enfin  à votre disque...  Vous nous avez dit que vous aviez un gros stock de titres, est-ce que vous avez  eu un fil directeur pour en choisir  8?

Non. J’ai pris les 8 qui me paraissaient les plus aboutis. En fait, je compose en maquettant (pour l’écriture des textes,  c’est toujours quelque chose de chaotique et sans méthode de travail). Depuis une dizaine d’année,  j’ai trois dossiers sur mon mac : « bloc note »  qui sont les idées jetées en vrac ou des musiques sans texte ou une phrase de départ,  « honneur » qui sont les chansons terminées mais que je ne considère pas assez fortes, des chansons de travail ou des exercices de style. Et enfin « premium » qui sont les chansons les plus excitantes souvent les récentes pas encore désenchantées par le temps. Les chansons vont de l’un à l’autre selon mon humeur, mes goûts ou l’avis d’un ami.

Pour illustrer mon propos, je prépare en ce moment la production de mon prochain disque, j’ai écrit une nouvelle chanson, les 8 autres viennent  du bloc note et la dernière est une rescapée de « honneur » ayant retrouvé grâce à mes yeux.

Pour répondre à votre question, plus qu’au fil conducteur, je pense à la variété des titres sur un même disque (up tempo, ballade, morceau bizarre, morceau long ou court et si possible tube ;-).   J’ai grandi à l’école Beatles qui pouvait mettre sur un même disque Eleonor Rigby, Yellow Submarine et Tomorrow Never Knows (Revolver).

 

- Mon idée en  posant cette question du fil directeur était d'aborder cette dictature du "storytelling" pour exister médiatiquement et dans les labels (Burgalat expliquait qu'il ne sortait pas un disque prêt parce qu'il n'avait rien de particulier à en dire). Qu'en pensez-vous?

C’est sûr que d’un point de vue bizness c’est toujours mieux d’avoir une histoire à mettre en avant, même si c’est souvent indigeste d’entendre toujours la même histoire dans toute les émissions où un chanteur passe faire sa promo.

J’aime assez l’idée de faire un disque parce qu’on a des chansons, point. Après,  il y a le conceptuel (par exemple faire un disque tout seul, ou sur un vieux magnéto, ou ceux qui partent écrire et enregistrer dans un pays lointain, ou ceux qui font un disque après une rupture ou une naissance ou encore sur un seul thème, etc.),  je pense y venir un jour mais un premier disque c’est souvent une présentation donc pas besoin d’en dire plus.  Je peux parler de chaque chanson (comment, quand et où m’est venue l’idée, ou comment, où et avec qui je l’ai produit) mais je n’ai pas grand-chose à dire en général sur ce disque, si ce n’est que je suis content de l’avoir accouché (et produit) moi-même, que j’en suis content car je pense qu’il vieillira bien et que j’ai hâte de faire le suivant.

 

- Du coup,  est-ce que vous avez eu des contacts avec des labels? Ou avez-vous eu une stratégie un peu différente (Pain Noir était sorti en digital avec microcultures, ce qui lui a ensuite permis de signer)?  la question m'intéresse parce que je suis quand même étonné que ça ne trouve pas preneur... 

Là vous touchez le point sensible ! Car si j’accompagne sur scène et en studio des artistes confirmés et surtout signés, que je fréquente leurs labels, tourneurs éditeurs et autres managers, il n’est pas évident pour moi (et pour tant de mes collègues chanteurs) de se mettre en avant vis à vis d’eux, c’est à dire, se mettre dans la lumière et dire : je chante, j’écris, je compose etc. Je n’ai pas encore assez confiance en moi pour « y aller » complètement. Evidemment, j’ai démarché à gauche à droite (j’ai quand même donné plus de 200 disques),  avec quelques résultats (surtout des concerts) mais si on n’est pas un bulldog (ce qui est mon cas), c’est plus difficile.  Je ne suis pas du genre à harceler un directeur artistique tous les jours pour qu’il me signe. J’ai été quelque peu refroidi quand j’ai distribué mon disque autour de moi (j’entends les gens du bizz qui me connaissent en tant que bassiste) par le nombre  « super Lolo,  je te fais un retour honnête, je te dis ce que j’en pense" et qui ne m’ont jamais répondu.

Du coup, ma stratégie  c’est : avoir de la visibilité sur internet et surtout faire des concerts (clubs, petites salles,  pour rencontrer d’autres personnes susceptibles d’aimer ma musique). Pour le prochain, je vais travailler différemment, c’est à dire démarcher les pros avec mes maquettes, et si rien ne se passe je le produirais moi-même comme pour le premier.

- ... Je vous prends au mot...  Pourriez-vous nous parler de 3 de vos chansons?  Libre à vous d'en dire ce que vous souhaitez...   

Ma Vieille Honda a été écrite en Grèce, sur l’ile d’Amorgos, dans les Cyclades, elle fait partie de ces rares chansons que j’ai composées sans instrument à portée de main.

Ça peut faire cliché ou exagéré mais c’est la stricte vérité,  nous étions avec mon amie sur un ponton près des rochers, un site de baignade idéal, elle son livre, moi mon cahier acheté sur l’ile et je me suis mis en une après-midi à écrire tout un tas de chansons,  quelques mots que je me chantais dans la tête puis j’écrivais sans difficulté l’intégralité du texte. Quand j’ai eu fini la première,  je suis descendu dans l’eau 5 minutes  puis remonté écrire la suivante, et ainsi de suite jusqu’à l’heure de partir boire une Mythos, quand le soleil passe au-dessus des collines. Le lendemain, nous sommes revenus nous baigner dans ce lieu et j’ai repris mon travail presque comme un rituel, c’était devenu un jeu¸ je m’interdisais de me baigner tant que je n’avais pas fini la chanson en cours (il faisait 30°). Ce deuxième jour, je me souviens avoir écrit une chanson appelée « sur les rochers » m’être baigné et être ressorti de l’eau avec cette phrase « j’aimerais tant être un autre que tu n’connaitrais pas pour retenter ma chance avec toi, comme si tu n’m’avais jamais vu »,  le tout avec la mélodie ! Je me suis assis et j’ai tout écrit d’un trait, l’idée de la honda était provisoire,  presque pour boucher un trou, puis le soir en relisant, je me suis dit :  « ben non c’est cool la honda, ça fait route, romantique, un peu loser » (dans l’histoire il s’agit d’une voiture et non d’une moto).  Le problème était de me souvenir de la mélodie (je n’écris pas la musique), je l’ai évidemment perdu le soir en allant manger etc.  Mais le lendemain matin elle est revenue définitivement dans ma tête.

En rentrant à Paris,  j’ai commencé à enregistrer des maquettes de la chanson dans tous les sens  (j’en ai 5 versions). Elle fut le déclencheur de mon projet de disque, chronologiquement c’est la 3eme plus ancienne, mais j’avais enfin ma chanson référence résumant mon identité musicale et ce que je suis. Durant ces mêmes vacances,  j’ai écrit le texte de Blue Star ferry.

Carton est une autre chanson importante pour ma construction. Elle est la deuxième plus ancienne (la plus vieille étant Fatigué). Elle date de l’époque où j’avais vraiment du mal à finir une chanson, je faisais écouter mes démos à mes amis et je sentais bien que ce n’était pas encore ça ! Je me souviens, j’étais à Lyon après un concert avec je ne sais plus qui, et j’ai fait écouter cette minute de démo que j’avais enregistré peu de temps auparavant, il y avait un petit orgue, une basse, un tambourin et ma voix suraigu qui chantait la mélodie avec des « tadadas », il y avait un couplet et un refrain pas plus. Une personne que je ne connaissais pas a dit  «  c’est joli ça ! ».

Rentré chez moi, j’ai ouvert le Bloc note¸ extirpé le dossier appelé « aigu bizarre »,  j’ai copié collé 3 fois le couplet/refrain,  ouvert une piste voix, chanté la première phrase :  « j’ai tous les bonbons, tous les moutons, tous les garçons »,  c’était une voix inédite pour moi, je me suis pris au jeu,  j’écrivais un phrase sur un bout de papier et je l’enregistrais. Au final, j’ai eu ce texte bizarre avec cette voix bizarre. C’était provisoire, en attendant… Je n’ai jamais ni rechanté ni réécrit quoi que ce soit car ces voix/textes sont ceux qui figurent sur le disque ! J’ai tout enregistré autour. Tous les gens à qui je faisais écouter me disait : « elle est super cette voix, tu pourras jamais refaire mieux ».  De plus, sans faire exprès,  j’avais écrit une chanson sur la douleur mentale des gens qui dorment dans la rue sans que ce soit tire larme, moraliste ou je ne sais quoi.

Il n’y a que le final (voix plus grave sur les grosses guitares de Seb Hoog) que j’ai chanté au plus tard 

Civic est la petite dernière de l’album (même si elle joue en premier). En terme de réalisation,  c’est ma préférée. Quand j’ai décidé de me lancer dans la production de mon disque, j’étais en pleine tournée L’amour l’argent le vent avec Barbara et je découvrais le musicien qu’elle avait ajouté à l’équipe pour cette tournée : Jérémie Régner : un grand, auteur compositeur interprète, clavier, percussionniste choriste etc. On s’est toute suite entendu musicalement, la même passion pour McCartney et le matériel vintage.

J’avais bien avancé dans ma sélection de chanson,  j’en avais 7 qui tenait la route et je cherchais ma huitième (je m’étais dit que 8 c’était bien pour un premier). Un jour dans le tour bus,  je lui fais écouter une chanson un peu bizarre car en 7 temps (nous faisions beaucoup ce genre de truc avec Ego)  pour la tester, sauf que j’avais muté (coupé) la voix.

Il écoute au casque et moi je ne sais pas qu’il n’y pas la voix. A la fin, il me dit « super ! c’est bien d’avoir un instru sur un disque ».  Ca a fait tilt, je l’ai enregistré avec Raphael Léger (batterie) sur mon magnéto à bandes la semaine d’après. La basse est le seul instru qui date de la démo.  A partir d’elle, j’ai fait les acoustiques (même session que batterie),  puis un jour que Seb passait à la maison, il m’a fait quelques solos que j’ai montés ensuite, et puis enfin Jérémie est venu enregistrer toute une clique de claviers. Après j’ai rajouté des chœurs et bidouillé avec des bandes de classique qui trainaient dans ma boite de bandes.

- En matière de textes, vous vous disiez besogneux mais vous racontez là une écriture rapide sur un bout de serviettes… Est-ce que vous vous sentez auteur ? est-ce important pour vous de chanter vos propres mots ?  Que pouvez-vous nous dire de votre écriture ?

En fait je dois avoir un complexe social qui me fait dire ça (fils d’ouvrier, petit fils de paysans) mais en vrai je me rends compte que c’est les autres auteurs qui ne parlent pas de leurs difficultés à finir un texte, ou à trouver un thème. Finalement, je ne me sens pas auteur mais j’en suis un ! Je pourrais chanter les mots des autres s’ils sont issus d’une collaboration de travail, par exemple un texte dont j’aurais fait la musique et qu’on aurait peaufiné avec l’auteur dans le cadre d’une séance de travail.

Hormis les 4, 5 titres écrits d’un seul jet, j’aurais plutôt tendance à écrire en chantant sur mes maquettes, en tout cas pour l’idée de départ, après c’est le brainstorming qui commence, je travaille sans jamais être content vraiment, et puis ça vient d’un coup sans prévenir. Dans les textes, je pense être un romantique qui a un peu peur de se prendre au sérieux et qui du coup met toujours une note légère, ou psychédélique, ou drôle soit au sein d’une même chanson, soit d’un groupe de chansons (un disque par exemple  avec une ballade romantique un up tempo avec un texte léger, puis un texte avec un thème plus grave, une drôlerie etc.). Quoiqu’il en soit j’écris pour la chanson, les textes sortis de la musique, ce n’est pas mon truc. En résumé je suis un rockeur qui aime la variété c’est toujours mieux qu’un chanteur de variété qui s’essaye au rock !

- Dans ma chronique,  J'ai parlé des Who à l'écoute de  "blue star ferry"... Est-ce que c'est effectivement une référence que vous aviez en tête pour ce titre?

Vous avez vu juste ! Les Who sont inscrits définitivement dans ma carte d’identité musicale. Avec Seb et Merlin,  on joue une partie de Tommy sur scène (enfin sur les estrades des bars),  plus quelques standards  (substitute, my génération…).

Avec Seb,  on a déchiffré tout ça pendant notre saison comme g.o. musiciens au club med d’Otranto dans les Pouilles(1998). Quand j’aborde un nouveau morceau,  il y a toujours le truc récent entendu qui me donne envie, mais à peine commencé le travail, il y a une lutte entre ma construction musicale et le désir de me surprendre ! Pour Blue star ferry (qui est le nom de la compagnie grecque),  le basse/batterie est très Who je le concède mais c’est sans m’en rendre compte tellement j’ai écouté, joué et chanté ce groupe.

Il en est de même pour les Beatles ("pendant les zones de turbulences » archi LennonMcCartney). Dans la liste de groupes que j’ai en moi, on peut rajouter les Stones,  les Floyd, Dylan, Neil Young, The Cure, ACDC,  Bowie et pour le français, Nino Ferrer, Polnareff, Sheller et tellement d’autres (Mlle Carlotti…).

- Concernant l'instru, j'ai pensé à Florent Marchet, qui en place un  dans tous ses albums, et en profite pour faire des références à des grands compositeurs :Colombier, De Roubaix, Morricone... et c'est amusant d'apprendre que c'était un peu le hasard vous qui vous a orienté là-dessus.  Florent Marchet lui par contre, fait le choix presque d'une "pastille", 1min30, générant une frustration certaine.... mais évitant l'épineuse question "comment mettre une fin à un morceau instrumentale?" Est-ce que c'est une question que vous vous êtes posée?

En fait,  ma principale inspiration pour les instrumentaux, c’est les albums McCartney I (1970) et McCartney II (1980),  disques truffés d’instrumentaux. Mais aussi avec Ego nous en avions 3 ou 4. Mon prochain disque commencera également avec un instru, je trouve ça élégant de ne pas imposer sa voix et ses textes dès le premier titre.

Pour la fin,  j’ai voulu mettre ce petit montage car j’ai toujours aimé bidouiller avec les magnétos à bandes,  il s’agit d’une création à partir d’un truc classique (je ne sais pas quoi),  découpé aux ciseaux et recollé presque aléatoirement (truc piqué au Beatles, qui avaient dû le piquer à je ne sais quel avant-gardiste). Au départ,  ça durait 1mn de plus (ouf). Je pense l’avoir mis là pour dire « ok c’est mon premier disque, je prends des voix sérieuses, chante des trucs mélancoliques, me la pète sur la photo,  mais tout ça n’est pas sérieux, c’est juste pour mon plaisir ».

- La dernière question que m'évoque ce point:  Est-ce que composer une musique de films vous intéresserait?

J’ai fait, en 1991,  une chanson (aucun intérêt) pour le court-métrage d’une amie et après,  quelques tentatives non retenues, mais j’adorerais ça !  Sinon j’ai fait en 2013 cette signature musicale pour Marionnaud qui a financé mon disque.

- Jeanne a dit de son trio de "histoire(s) de J": "ils sont restés bloqués dans les années 70"...   Qu'est-ce que vous en pensez?   Et si vous "rejetez cette affirmation",  est-ce que vous avez d'autres références plus immédiates (en matière de pop, on s'attend à ce que nous cite Daho, Dominique A, Murat, JP Nataf ou les innocents...)?  Vous citiez Sheller, qu’a-t-il de particulier à vos yeux?

C’est vrai que quand on joue ensemble Seb et moi,  on a des réflexes de jeu seventies et Eric n’arrange rien car il joue pareil.

Moi, j’ai commencé la musique dans les années 80 et j’ai aimé pleins de trucs de l’époque : Cure, Depeche mode, Tears for fears etc.  Et puis en français, il y a eu Taxi girls, Ntm, Daho, l’album no comprendo des Rita Mitsouko, et surtout Michael Jackson qui a une influence énorme sur moi,  même si ça ne s’entend pas.

Pour William Sheller, j’aime le citer car il est sous-estimé dans la variété française, grand mélodiste, arrangeur interprète et auteur (tout comme Nino Ferrer mon préféré). 

 - Le côté 70, on peut peut-être le retrouver dans l'utilisation du saxo dans l'album. Etant fan de Supertramp, j'accroche... mais le saxo a une sacré mauvaise image chez certains.  Je n'ai jamais compris pourquoi... Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire (l'utilisation de cet instrument dans la pop et dans votre album)?

Ah oui, j’ai oublié Supertramp, j’adore ! Sur Fatigué, j’ai utilisé le procédé utilisé sur Hide in your shell (crime of the century), c’est-à-dire le saxo qui reprend à la fin la mélodie de voix.

Mais bizarrement, c’est plutôt les eighties qui m’ont donné envie d’en mettre, le côté kitch, careless whisper de G Michael ou les Bowie années 80 ou encore, je ne sais plus quelle chanson de Dire Straight sur Brother In Arms.   Pour le son, j’aime bien le saxo qui joue sur 2/3 titres de l’album « Band on the run » et aussi sur « Pendullum » des Creedence. 

Pour revenir à mon disque, au départ ça ne devait être que sur « Reste » et puis j’ai trouvé qu'il manquait une envolée finale sur « Fatigué »…  Il y a beaucoup de snobisme chez les auditeurs de musique surtout s’ils sont musiciens !!  Moi non plus je ne comprends pas pourquoi ! C’est la même chose pour l’harmonica ou le djembé. Dans les années 1990/2000, il y avait plein de groupe qui mettait du ukulélé partout, c’était hyper branché, maintenant c’est total ringard, c’est comme ça. Par contre, si vous mettez Ram On de McCartney (joué au ukulélé) dans une soirée, vous êtes « super in ».

- Vous parliez  de Taxi girl, est-ce que vous y avez pensé sur "vie de chien" ?

Pas directement. J’avais déjà 3 chansons (fatigué, Carton et la Honda) et j’étais décidé à faire un disque. Nous étions fin 2011, et je me souviens que Vanessa m’avait dit « tu devrais essayer de faire quelque chose de "plus moderne, plus électro" ce qui m’avait un peu vexé et surtout, j’avais trouvé ça bête car c’était du suivisme. Il y avait un gros revival  80 à l’époque, avec des groupes qui pompaient Taxi Girl, Ellie et Jacno.

Moi, j’connaissais bien Taxi girl (j’ai 4 grandes soeurs) et j’écoutais ça (indirectement), quand c’est sorti, j’aimais bien ! Une nuit d’insomnie, je quitte mon lit, vais dans mon studio, et tout doucement sans faire de bruit je chante le 1er couplet de Vie de chien  sur un beat électro (le tout au casque). J’y ai passé la nuit, j’avais tout fait en midi avec des instrus virtuels (donc pas de bruit car mon amie dormait 2 pièces à coté) et chuchoté la voix et c’est vrai qu’à ce moment-là, je me suis dit «  tiens,  je peux faire ça aussi ? Mais d’où ça vient ça ? ». Probablement un peu de mes soeurs et de leur taxi girls…

Interview réalisée par mails entre deux couches, trois concerts, un enregistrement d'un 2e album, entre autres choses,  tout cela entre le 10 Janvier et 25 février 2016.

Chronique : http://www.surjeanlouismurat.com/2015/09/grand-saligault.html

Sites officiels:

https://laurentsaligault.bandcamp.com/releases

https://www.facebook.com/laurent.saligault

25 avril 2016, concert aux 3 Baudets!

Retrouvez l'intégralité des interviews du blog (F. Hardy, Erik Arnaud, Bertrand Louis, La Féline... et la toute récente collaboration de JL Murat: Eryk e.) là: http://www.surjeanlouismurat.com/tag/inter-vious%20et%20murat/

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 3 Mars 2016

Et une date... Kolokesque...

Et oui, elle est là.. la petite date du mois de juin, du côté de la rue serge Gainsbourg... Elle est là!

Ca sera donc le samedi 18 juin 2016, Jean-Louis Murat à la coopérative de mai... et je crains que ce soit sans moi... purée de bois...

merci M.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actu babel

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Publié le 2 Mars 2016

... Et c'est une PIAS NITES à la Maroquinerie... le 26 mai! Et cela annonce qu'on devrait avoir une tournée dans la foulée de la sortie de l'album. Les billets seront réservables dès 15 heures demain.

Et un concert, un! Et des liens en plus...

1) LE LIEN BOOKING EN PLUS

Une chambre d'hôte dans le gâtinais... et sa chambre "Le moujik et sa femme".

http://www.les-viviers.com/chambre-hotes/moujik/

4 chambres d'hôtes Les Viviers . « J'avais envie de contacts et d'espace », déclare Christine Noël qui vient d'ouvrir sa quatrième chambre d'hôtes. Puiseaux, proche de Paris et niché dans un environnement varié, l'a attirée. Elle y a visité une vingtaine de maisons pour arrêter son choix sur une maison de caractère, au coeur du bourg, au 12, rue des Viviers.

Les deux hôtesses ont créé quatre ensembles chambre et salle de bain aux ambiances très différentes. La chambre Aziyadé, du nom du premier roman de Pierre Loti, évoque le voyage avec la malle d'un officier de marine et les têtes de lits qui rappellent ce décor. Les couleurs sont chaudes, évoquant les destinations orientales de l'écrivain. La deuxième chambre, Le Moujik et sa femme, tire son nom d'un album de Jean-Louis Murat. C'est la chambre romantique, aux couleurs douces et aux tissus chaleureux.

2) LE LIEN "J'ai le cafard" historique.

 

Rudy Leonet m'a confirmé la véracité de l'anecdote.

et puisqu'on y parle de "rouge est mon sommeil", voici une cover à découvrir.

Et un concert, un! Et des liens en plus...

3) LE LIEN VARIETE EN PLUS

Vous vous rappelez de Michel Delpech?  J'ai raté ce petit extrait dans mon article qui en parlait dans un récit de Laurent Boyer:

 

 

Il s'agit en fait d'une parodie... signé RENAUD AMEVET datant de 96...

Il s'agit en fait d'une parodie... signé RENAUD AMEVET datant de 96...

4)  la Kütü fête ses 10 ans le 3 mars à la MAROQUINERIE aussi. Petite affiche rigolote qui a circulé:

http://www.lamaroquinerie.fr/2016/3/3/10-ans-de-Kutu-Folk/THE-DELANO-ORCHESTRA-KRISTIN-MC-CLEMENT/

avec donc Guillaume Bongiraud, M. Quinet, Matt Low et Christophe Pie... les musiciens les plus demandés.

avec donc Guillaume Bongiraud, M. Quinet, Matt Low et Christophe Pie... les musiciens les plus demandés.

5) LE LIEN EN PLUS DE MARS

 

Il y a un an je co-organisais la soirée LIVRE UNPLUGGLED sur Murat. Super souvenir. 

La prochaine soirée sera consacrée à Johnny CASH avec SILVAIN VANOT dont M. nous avait si bien parlé !  En effet, Silvain sort un livre sur le chanteur américain. En Précommande.

 

http://www.surjeanlouismurat.com/article-sylvain-vanot-parle-de-jean-louis-murat-81970120.html

 

 

PS:  Ecoutez le Tribute to Jean-Louis Murat.

PS2: L'album d'Eryk e. sortira le 13 mars.

NB: Il est temps que cet article se termine.

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 1 Mars 2016

Tribute to Jean-Louis Murat (Mustango)

http://www.adecouvrirabsolument.com/spip.php?article6555

Et bien voilà... Il est là ce tribute To Jean-Louis Murat autour de Mustango à l'initiative du site A DECOUVRIR ABSOLUMENT.

A découvrir ici et télécharger le tribute ainsi que sa pochette(prix libre!) pour soutenir ADA. Bravo à Jean-Rémy Papleux pour son travail  sur l’artwork

 

Chaque "reprenant" a droit à sa petite interview sur le site.

Il faut un petit peu d'effort, ne pas se laisser désarçonner, franchir "la surprise", se laisser dérouter,  oublier un peu Jean-Louis Murat... et ainsi, redécouvrir ses chansons.  

 

Je découvre les chansons en rédigeant l'article. Voici mes premières impressions:

- J'aime beaucoup "Nu dans la crevasse" de Lionel Fondeville (Son interview),  ainsi que   "Le Fier Amant de la Terre" de Frank-Jean Schmidt. Il en fait une chanson de Voulzy ou de Souchon... et ce n'est pas une critique, d'autant que la voix est plutôt belle:

Que représente Jean-Louis Murat pour vous ? Jean Louis Murat représente l’artiste rigoureux et engagé dans son art. Un auteur qui sait allier la justesse du sens à musicalité des mots qu’il emploi. C’est un exemple.

Pourquoi avoir participé à ce projet ? Pour le plaisir d’abord. Ensuite, Murat est, comme Bashung, ou Noir Désir, un chanteur très difficile à reprendre. Le phrasé de son chant est très influencé par ses habitudes vocales. Le reprendre sans l’imiter est un défi, surtout pour un chanteur de registre proche du sien, comme mon cas.

Si vous deviez retenir une chanson de Jean-Louis Murat ?  J’ai fréquenté la beauté (pour des raisons très personnelles)

Jean-Louis Murat en un mot ? Rigueur

Un album de Jean-Louis murat ?  Babel. J’adore le son très acoustique de cet album

 

 

-  Et aussi: Les hérons par Manuel Bichon, assez fidèle à l'original, avec une orchestration très intéressante (très Dolores modernisé). Son interview.

- On retrouve une reprise de Séverine De Close dont je vous avais déjà parlé et le plus expérimental Witold Bolik (dont on connaissait aussi la reprise).

 

- M. Lo chevauche "mustang" et "les gonzesses et les pédés" (très chouette):

"Que représente Jean-Louis Murat pour vous ?   Un paradoxe, ou peut-être un grand écart. Entre l’âpreté de ses propos publics et le velour de ces textes. Entre des disques sublimes et des duos avec Farmer ou Bruni…

Mais surtout, le talent d’écrire des chansons de toute beauté, qui font tout oublier, jusqu’à son auteur même et tous ses écarts.

Pourquoi avoir participé à ce projet  Les Tributes ADA sont toujours des projets séduisants : reprendre Murat, comment résister ?

Si vous deviez retenir une chanson de Jean-Louis Murat ?    « L’amour en fuite »

Jean-Louis Murat en un mot ?   Dolomite

Un album de Jean-Louis murat ?  Tristan.  Non, Lilith.  Dolorès ?   A moins que, Vénus, ou Cheyenne Autumn ? Ou peut-être…

L’héritier sur la scène actuelle ?   Les volcans d’Auvergne".

 

- Nicolas de Sigoulès, autre muratien connu, reprend lui aussi "les gonzesses et les pédés". (son interview).

 

- Ah, et voilà le copain Denys... qui nous avait déjà livré une "tige d'or". Il a pris le nom de Synell et chante BANG BANG, à la guitare acoustique. (mon appel auprès des amis fb a porté ses fruits!).  Simple et pure:

Que représente Jean-Louis Murat pour vous ?   Une claque, une vraie.... J’ai découvert sur le tard avec l’album Mockba / Moscou et ai été littéralement scotché par le décalage entre ce physique de gaillard barbu et la douceur un peu amère de cette voix....  https://www.youtube.com/watch?v=rRBUMzytOpIIl incarne pour moi (et un peu malgré lui) la vraie difficulté d’être un artiste entier et de rester fidèle à ses convictions dans un univers où tout pousse à aller vers la facilité...

Pourquoi avoir participé à ce projet ?  Participer à ce projet est pour moi une belle occasion de remercier JLM, artiste complet qui tient une place de choix dans ma discothèque et dans mon estime.

Si vous deviez retenir une chanson de Jean-Louis Murat ?   Dur dur de n’en retenir qu’une... Je dirais quand même « Accueille moi paysage » sur l’album « Taormina ». Chanson testamentaire par excellence...

Jean-Louis Murat en un mot ?  Le premier mot qui me vient est "Vrai" car on ne sent pas de tricherie chez lui et ça me semble une qualité essentielle à ce métier.

Un album de Jean-Louis Murat ?   Là aussi l’exercice est ardu mais je dirais quand même « Lilith » qui représente bien le sentiment de dualité (douceur / rudesse)qu’on retrouve chez JLM et qui me plaît particulièrement.

L’héritier sur la scène actuelle ? Je pense que l’héritier légitime est quand même une héritière à savoir la belle Camille qui oscille entre des univers tous très marqués mais qui conserve cette « patte » reconnaissable entre mille...

Synell est aussi un duo (accordéon guitare) qui se produit en première partie du groupe « les piles de boites » dont je suis également chanteur. Toutes les dates et informations en suivant le lien https://www.facebook.com/pilesdeboites/?ref=hl

- On repart dans un autre univers avec Svenson pour Belgrade, la chanson s'y prête, avec notamment des choeurs qui feront tomber certains de leur chaise . La fièvre du morceau originale disparait, mais c'est intéressant.

- De nouveau un grand saut: Michel livre une version très originale de Viva Calexico, avec beaucoup de piano, avec un petit rien d' électro. Il ne reste plus grand chose à vrai dire de la mélodie. Sa version de "polly jean" est plus taxi-girlien. Michel avait livré d'autres reprises sur youtube. Bravo au papa, un grand muratien.

- Et voilà Antonin Lasseur, qu'on ne présente plus... Il chante "Au mont sans souci" avec harmonica et guitare. Voici la version qu'il avait livré à la soirée "livre unplugged" l'année dernière... Son interview et son interViOUS et Murat-. Je vous avais déjà parlé de son dernier EP "Spleen et idéal".

une version de Michel non retenue sur le tribute:

- Enfin, deuxième version d'"au mont sans souci" par DYL, fan de Calexico. Très jolie ambiance.

"Que représente Jean-Louis Murat pour vous ?   Une élégance très très rare dans l’écriture en français. Il a cet appétit pour les mots justes, ce sens profond de ce que doit être une chanson, dans notre langue. Un esprit indépendant, qui sait se mettre à nu sans se prostituer. Ça aussi, c’est rare, toutes époques confondues. J’ai découvert Jean-Louis Murat avec "L’ange déchu". Derrière la production - atroce - des années 80, il y avait ce texte, ample et pop à la fois. Retrouvé le bonhomme avec "Mustango", justement, et plus lâché depuis. Murat représente la synthèse de ce que j’aime musicalement et de cette chanson française exigeante, si difficile à pondre ! Sur "Viva Calexico", il dit "je vois mieux qui je suis, moi, là". C’est exactement ce que je ressens grâce à lui.

Pourquoi avoir participé à ce projet ?   En 2008, un label de Chicago a sorti mon premier album. Parmi les titres travaillés, un seul était en français : "Au Mont Sans-Souci". J’avais envie de le retravailler sous forme de valse bancale. Une sorte de tribute dans le tribute, à Howe Gelb, à qui Murat me fait penser aussi…Les gens du label ont trouvé ça "so french"…

Si vous deviez retenir une chanson de Jean-Louis Murat ?  Allez, "Jim" sur "Mustango". Pour son ambiance plus que pour son texte. Mais c’est un véritable condensé de classe…

Jean-Louis Murat en un mot ? Sensuel

Un album de Jean-Louis murat ?  Mustango sans hésitation. C’est un album qui restera…

L’héritier sur la scène actuelle ?   Un héritage, c’est trop lourd à porter…mais disons que ce plaisir des mots trouve quelques échos notamment chez Bertrand Belin, qui a lui aussi un univers légitime et original…Et puis, pour faire un trait d’union avec Mustango/Calexico et l’Arizona, il faut citer Marianne Dissard ! Grand talent de plume et artiste -internationale- dans l’âme…

 

Merci à Gérald De Oliviera pour son travail. Quels efforts par passion pour la musique...  Il a quelques fois dit que cela serait son dernier tribute... mais finalement, il en lance deux nouveaux: U2 et Morrissey...  Je suis très heureux et fier que ce blog soit remercié sur la pochette 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 29 Février 2016

Suis chez moi, merde! Je veux bien accueillir les auvergnats dans ma région pour qu'on leur apprenne à faire du fromage -;.) mais que M. squatte ma catégorie "montagnes, randos et photos" avec sa promotion de la délinquance et ses pochades ... Je dis non! jusqu'à la prochaine fois... alors je profite d'un soir de libre, avant la tribute Mustango... pour quelques photos de saison, même si on se sent un peu perdu, entre les premières jonquilles fin janvier, du VTT sous 20°, les cigognes dans le champ d'en face et les chardonnerets... et ce soir, un vent glacial sous une ambiance neigeuse.

Quelques clichés des virées des 3 dernières semaines...

Semnoz (74)

Semnoz (74)

Clichés n°29 : De saison?
Clichés n°29 : De saison?
Clichés n°29 : De saison?
Clichés n°29 : De saison?
Dauphiné

Dauphiné

Clichés n°29 : De saison?
Chartreuse (38)Chartreuse (38)

Chartreuse (38)

Clichés n°29 : De saison?
Clichés n°29 : De saison?
Abbaye d'Hautecombe (73)

Abbaye d'Hautecombe (73)

Clichés n°29 : De saison?
Clichés n°29 : De saison?
7 laux (38)

7 laux (38)

Clichés n°29 : De saison?
Clichés n°29 : De saison?
Clichés n°29 : De saison?
Clichés n°29 : De saison?
Clichés n°29 : De saison?
Clichés n°29 : De saison?

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 26 Février 2016

Et bien, pour ceux qui veulent découvrir le nouvel album de Murat chez eux, comme on fait l'amour pour la première fois, c'est définitivement le moment d'aller se ravitailler au shopi en sucre et en farine, puis de coller un autocollant "stop pub" sur la boite aux lettres, de fermer les volets, enlever les piles du transistor, et tester si la box résiste bien à une minute dans le micro-onde... 6 semaines seront vites passées!

PS: Attention, pour la box, débranchez-la tout de même avant toute manipulation.

Pour les autres, vous pouvez continuer à nous suivre... et découvrir le premier texte sur MORITURI dans le nouveau MAGIC... qui nous en dit... si ce n'est pas tout, au moins beaucoup. Ah, c'est dure... parce que vraiment, moi, j'aimerais le découvrir sans rien en savoir.

(il s'agit en fait d'une double image, avec la photo déjà évoquée il y a quelques jours. En raison des élections iraniennes, j'ai censuré le bas).

Premier article et Rose dit: "seras-tu là?"
Premier article et Rose dit: "seras-tu là?"

 

 

  • Si je ne m'abuse, on n'aura pas vu à la téloche ou sur scène, Jean-Louis Murat et Rose chanter la chanson de cette dernière. Dans INFO MAGAZINE, elle est interviewée à l'occasion de sa prochaine date à la coopé.

"Comment s’est passée votre rencontre avec Jean-Louis Murat, qui chante à vos côtés sur une chanson ?

C’est une demande que je lui ai envoyée. Un vrai choix artistique. Je n’étais pas vraiment une fan de la première heure mais son visage m’est apparu en pleine séance de travail. Ma démarche authentique et vraie a dû le toucher. Finalement, il a dit oui très vite et quand il est venu chanter, c’était un peu la personne que j’attendais. On ne m’a pas trompé sur la marchandise (rires…). Il a d’ailleurs trouvé que ce n’était pas une chanson de fille.

Est-ce que Jean-Louis Murat sera sur scène avec vous à Clermont ?

Ecoutez, je ne sais pas. Je me suis déjà fait des télés toute seule… Avez-vous un moyen de le contacter vous ? (Elle rit encore…). Pour Clermont, j’ai bon espoir. J’espère qu’il sera là…"

interview complète : http://www.info-mag-annonce.com/journal/blog/puy-de-dome/pdd-loisirs-et-culture/rose-jespere-que-jean-louis-murat-sera-la/208045

Pour contacter Jean-Louis, c'est pourtant simple: il suffit de lui envoyer un pli par la diligence, voir un télégramme... Quant à motiver notre correspondant sur place d'aller au concert histoire de... , j'ai besoin de transmettre deux trois kilos d'or par malle postale.

 

 

 

  • Soyons sérieux: LE TRIBUTE MUSTANGO du site A  DECOUVRIR ABSOLUMENT est enfin prêt!!  Gerald a eu du mal pour motiver les troupes, malgré notre soutien... mais il y est arrivé après moultes péripéties,   CA SORT MARDI!

http://adecouvrirabsolument.bandcamp.com/album/avant-premiere-a-decouvrir-absolument-hors-serie-12-tribute-to-jean-louis-murat

Le premier titre est une reprise qui date un peu... et expérimentale.

 

une "relecture" de la pochette par Frank Loriou déjà...

une "relecture" de la pochette par Frank Loriou déjà...

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 24 Février 2016

L'avalanche d'informations tombées ces derniers jours à propos de Morituri (la tracklist, le texte d'une première chanson, le single, une photo en petite tenue...) nous avait empêchés jusqu'ici de vous proposer notre reportage exclusif, réalisé au début du mois, du côté du jardin Lecoq de Clermont-Ferrand. Pourtant, dès cette époque, la pochette et le titre du nouvel album faisaient déjà beaucoup drenser. Notre localier, mi-pigiste, mi-plagiste, était donc allé recueillir les premières réactions autour du bassin...  (article by M.)

 

 

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IL SUFFIRA D'UN CYGNE

IL SUFFIRA D'UN CYGNE

COVER-BIRD

COVER-BIRD

OISEAUX DE MAUVAIS AUGURE

OISEAUX DE MAUVAIS AUGURE

ALEX'S GIMMICK

ALEX'S GIMMICK

LE "pa-PA-PALA PALALALA" PAR LES INTERPRÈTES D'ORIGINE...

VANITAS VANITATUM

VANITAS VANITATUM

LE CYGNE ALPESTRE

LE CYGNE ALPESTRE

LA GRANDE CHORALE DU JARDIN LECOQ

LA GRANDE CHORALE DU JARDIN LECOQ

CANCANS ET COIN-COIN

CANCANS ET COIN-COIN

CYGNÉ LORIOU

CYGNÉ LORIOU

MURATIEN TENDANCE PALMIPÈDE

MURATIEN TENDANCE PALMIPÈDE

m

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Et en attendant de pouvoir écouter "Le chant du coucou" par Murat, restons dans la thématique du jour et quittons-nous avec celui du cygne – par Manset...

Pierrot: On peut être sérieux à un moment quand même? On peut ne pas tout tourner à la rigolade? Oui? Alors, il faut signaler que le nouvel album de Manset sortira quelques semaines avant Morituri. Un album qui s'annonce surprenant... au vu du visuel, du nom et de la set-liste. Il y a comme un bec de cygne, mais c'est le nez d'une fusée.. Manset de retour en 2870? avec des femmes fusées? ou sur Orion?

Ps: Vous revenez de vacances? N'oubliez pas de relire nos deux dernières interviews exclusives:

Eryk e. et ses textes inédits de Murat et la rencontre entre Sly Apollinaire, le Voyage de Noz et Mathis.

http://musique.fnac.com/a9438841/Gerard-Manset-Operation-Aphrodite-Exclusivite-FNAC-CD-album

http://musique.fnac.com/a9438841/Gerard-Manset-Operation-Aphrodite-Exclusivite-FNAC-CD-album

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Rédigé par m

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Publié le 21 Février 2016

J'avais proposé à Stéphane Pétrier (multi-interrogé ici et ) du groupe Voyage de Noz (créé en 1984)  de rencontrer Sly Apollinaire il y a quelques mois. Une discussion entre un "ancien" (qui se fout d'être moderne?)  et un "nouveau" (dont le futur album fera l'actualité on l'espère) me paraissait intéressant. Ils partagent de plus quelques goûts communs (Murat, le rock progressif...).  Quelques semaines avant le grand retour des NOZ sur  scène (15 mars),  l'occasion s'est présentée lors du concert d'un 3e musicien, déjà interviewé ici: MATHIS. Celui-ci jouait au transbordeur, pour la sortie de son dernier album "ombres et visages"; réalisé avec des musiciens réputés : Almosnino, Yan Péchin, Christophe Deschamps, Jean-Max Méry... 

Le hasard a fait que la rédaction d'articles avait amené sur Lyon ce jour-là, Matthieu, notre correspondant clermontois, et il s'est donc joint à nous. Et ce n'est donc pas, Mesdames, Messieurs, deux... ni même trois, et encore moins quatre.. mais 5 personnes qui se rencontraient pour vous  dans l'angle du bar  du Transbordeur, de 19 à 20h30, le  21 janvier 2016,   pour évoquer les projets de chacun, et  le monde de la musique  à Lyon et ailleurs.  On évoque bien-sûr un peu Murat... et on découvrira un amusant rapprochement entre le Voyage de Noz et l'Auvergnat... avant de terminer sur les réponses de Sly aux questions rituelles de l'inter-ViOUS ET MURAT-. 

Je fais court car...  je vous propose la rencontre quasi in extenso... 

 

Sly Apollinaire, Voyage de Noz et Mathis: rencontre lyonnaise.

 

Pierrot : Alors, Mathis, vous ne vous connaissez pas avec Sly…

Mathis : Et bien si, si… On se connait bien ! En fait, on répétait dans le même local… Sly est parti et d’autres groupes sont venus, dont le Voyage de Noz justement !

Sly : Et comment c’est maintenant ? Il ne pleut plus dans le sas d’entrée ?

Mathis : Très bien, tout a été rénové… et les voisins sont charmants, ils te regrettent…

Sly : Ils me manquent aussi… parfois (rires).

Pierrot : Sly, tu as toujours comme manager Pierre Carron qui s’est occupé de Daho ?

Sly : Oui, toujours. Depuis que je t'ai rencontré en septembre aux Belles Journées, on essaie de sortir mon disque. Le processus de création de l’album a été long. Et cela fait 5 ans que j’y pense. J’avais fait de quoi sortir un album autoproduit, et finalement j’ai refait des prises, et pour la bonne cause, dans des bonnes conditions… mais maintenant il faut accoucher… Je n’en peux plus… Et je suis passé au français."

Stéphane : Et tu as des concerts de prévu ?

Sly : Je pense qu’on reprendra au printemps, mais il n’y a rien de calé. Et puis, il y a eu un changement d’équipe, de musiciens. J’ai joué la semaine dernière, mais en solo, tout seul avec la guitare… La priorité c’est l’album.

Stéphane : Donc il y a des négociations avec des labels ?

Sly : Oui, c’est ça. L’album est prêt, mixé, et c’est en attente de signature.

Stéphane : Et tu prépares aussi un clip ?

Sly : Oui, aussi, on va tourner, mais je ne sais pas quand ça sortira.

Stéphane : Et le clip que j’ai vu, Trampoline ça date de quand ?

Sly : Deux ans environ, déjà.

Sly fait son cachottier :

La semaine suivante, il était à l’EPICERIE MODERNE pour une résidence de 3 jours. Sur le site officiel de la salle de Feyzin : «La pop folk sombre de l'auteur-compositeur a pris un tournant résolument électrique dans son nouvel album prévu pour le printemps, et réalisé avec des musiciens d’Étienne Daho. L'objectif de la résidence est de mettre en place ce set en conditions live, avec un travail affiné sur le son et la scénographie ». Les musiciens de Sly : Louis Fort (claviers, ex She Demons), Philoons (basse, ex-Ravenhill mon ancien groupe), et depuis peu avec Raoul Vignal (guitariste ayant un projet solo sous son propre nom) et Jessy Ensenat (batteur de Sunder).

 

 

Pierrot : Et donc, toi Mathis, toujours en autonomie complète : manager, producteur…

Mathis : Oui, alors moi, j’ai aussi essayé de présenter mon projet mais non mixé. On a enregistré l’album , on fait des séances entre février et novembre, et là, à partir d’octobre 2015, j’ai cherché à présenter le projet pour voir si des labels ou des studios étaient intéressés pour finaliser le projet artistique. Il n’y a pas eu de retour concret, et j’ai pris le parti de le mixer, de le sortir et de créer un peu un événement artistique et médiatique pour faire valoir l’accomplissement de cette expérience et de ces chansons. Maintenant, la démarche est la même : chercher un label ou un manager. Il faut que je passe par cette voie là pour passer un cap. En toute sincérité, j’étais un peu réticent parce que j’ai jusqu’à présent réussi à gravir les échelons de l’autoprod comme je le souhaitais, mais je sens bien que je touche mes limites.

Pierrot : Alors Stéphane, tu n’as pas d’actualité brulante…

Stéphane : Oui, y’a pas de label… (rires). On joue ici le 15 mars avec le Voyage de NOZ. Sans raison particulière, parce que l’album est loin d’être fini. Je pense que ça va faire du bien…

Le groupe n’a pas joué depuis plusieurs années (septembre 2013 !)

 

Pierrot: Mais tout cela me fait penser un peu à ce que tu as vécu, notamment au moment du signe, quand il y avait un manager qui investissait sur le groupe, une distribution…

Stéphane : Oui, ça me parle assez tout ce que vous dites, parce que j’ai vécu tout ça, à une autre époque. Pour le premier album, j’avais signé en édition avec Pathé Marconi. Tout le premier album avait été signé en édition. Je ne savais pas trop à l’époque ce que ça voulait dire. Pathé nous a payé des journées de studio. A Paris, dans les fameux studios de Boulogne-Billancourt*. On a eu la chance d’enregistrer pendant une semaine là- bas. Et puis derrière, il ne s’est rien passé, le calme plat. Et ensuite, les grosses accroches, on les a eues au 2e album. On avait des maisons de disque qui nous tannaient, les gars descendaient de Paris, ça trainait, ça trainait, et nous, on n’était pas très patient, et un beau jour, on fait notre truc. On n’en pouvait plus d’attendre.

*Et voilà que l’on apprend que LE VOYAGE DE NOZ a eu le même éditeur que… Jean-Louis Murat (bien malgré lui pour ce dernier, et pour rien pour Stéphane), et qu’ils ont été enregistrés par Claude Wagner (Murat et Passions privées). Celui qui les a signés à l’époque était OLIVIER HURET, qui a travaillé avec Christophe, Polnareff, grand patron des Editions EMI… et donc le responsable de la compil Murat 82/84. Ce que Stéphane ne savait pas, c’est que Huret avait été musicien dans un groupe s’appelant EXTRABALLE, dont le leader était Robert Jovenet . Et c’est ce groupe qui  a inspiré à Stéphane un titre : «l’extraballe » bien des années plus tard!! On reparlera prochainement d’Olivier Huret (parce que décidemment, les détails amusants ne manquent pas !).

 

Stéphane : Après, au 3e album, on a refait des démarches maison de disque, mais je pense que c’était trop tard. On avait laissé passer le coche. Voilà mais… oui, au moment du Signe, on avait eu un producteur, mais complétement indépendant, qui n’avait pas de structure maison de disque, mais qui a mis du pognon sur nous, qui a produit un clip avec pas mal de moyens, qui a été tourné ici d’ailleurs, et qui est un peu passé sur les télés nationales, mais comme tu disais tout à l’heure Mathis, il y a un moment où, malgré ces moyens, on s’est retrouvé bloqué, au niveau passage radio, distribution aussi et on a vu les limites de l’indépendance. Déjà, donc, en 93, ce n’était pas simple. Je pense qu’aujourd’hui c’est la même chose… mais avec des budgets divisés par… 10.

Mathis : Et je pense avec plus de demandes, il y a beaucoup plus d’artistes qui proposent des projets.

Sly : Oui, ça fourmille de projets, des choses biens.

Mathis : Oui et donc, plus de projets et moins d’acceptation… donc c’est beaucoup plus difficile.

Pierrot:  C’est tellement plus facile désormais de s’enregistrer, de diffuser sa musique qu’il semble qu’il y a beaucoup plus d’offre de musique. Mais, après avoir lu notamment, le livre de Claude Dejacques qui parle de son rôle de directeur artistique, l’indépendance, c’est aussi souvent des artistes qui travaillent seul sans accompagnement, sans management. On entend parfois que la musique actuelle manque d’un travail de production. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Mathis : Là, j’ai un peu senti sur le projet que je viens de mener, puisque j’ai travaillé avec des musiciens professionnels, les avantages et les inconvénients. On est très libre quand on s’autoproduit puisque justement on peut laisser s’exprimer la créativité comme on le souhaite, et présenter un projet qu’on a maitrisé. Et en même temps, quelqu’un qui fait de la production, de la réalisation, connait les us et coutumes et les codes qui permettent à la fois de se distinguer des autres et de se conformer à certains codes attendus par les « consommateurs »… bon, le terme est un peu violent, on est dans le domaine artistique, mais oui… J’ai le souvenir d’une séance avec Philippe Almosnino avec lequel j’ai travaillé sur l’album, et tout de suite il avait des idées de direction artistique super évidentes mais qui étaient aussi des vrais partis pris artistiques, ce n’était pas un truc de conformisme non plus, donc ça m’a bien faire réfléchir sur le fait qu’on pouvait rester libre artistiquement et quand même essayer de trouver des accroches qui parlaient plus spontanément aux auditeurs potentiels. C’est quand même compliqué parce qu’il ne faut pas non vendre son âme, c’est délicat cette frontière.

Pierrot : Stéphane, peut-être qu’avec un directeur artistique, les Noz sortiraient un album un peu plus vite… puisque vous semblez parfois avancer en tâtonnant…

Stéphane : ou pas…

Matthieu : Dans un groupe, il y a déjà une forme de direction artistique puisque les musiciens vont apporter leur avis.

Mathis : Oui, et c’est pour ça que c’est dangereux de rajouter quelqu’un mais je trouve que c’est parfois nécessaire !

Stéphane : C’est un vrai pari parce que quelques fois tu peux te retrouver avec un DA qui peut apporter une vraie valeur ajoutée, d’autres fois il peut te bousiller le truc. Oui, il y a l’avis des autres musiciens, mais le son en studio, c’est encore autre chose. On peut vraiment changer une chanson avec un son, une production. Nous, on a eu toutes les expériences, des fois, on était content, d’autres, on était hyper déçus. Le dernier on l’a vraiment fait tout seul, jusqu’ au mastering parce qu’on avait des idées hyper précises. On est super content du résultat… Après techniquement, est-ce que c’est parfait ? Je n’en suis pas sûr mais on est content. Le prochain, je ne sais pas, mais cela fait quand même envie de trouver quelqu’un qui puisse emmener ta musique ailleurs un peu plus loin.

Il faut être aussi ouvert : toi, à un moment, t’as la tête dans le guidon, t’as une idée très précise de ta chanson, et t’as un type qui te dit… non, pas comme ça, comme si, et toi, tu ne lâches pas.

Notre tout premier album, bon, il vaut ce qu’il vaut, on avait 18 ans tout ça, mais Yves Rottacher qui l’avait produit avait pris le parti de mettre de la réverb à donf de partout, et nous on a écouté ça, on a dit non, on s’est vraiment pris la tête avec lui, on trouvait les mises à plat nettement mieux que le mix, plus rock. Et lui, il n’a pas lâché. On avait vraiment les boules. 25 ans après… je pense qu’il avait raison... Bon, c’est un disque que je ne peux plus écouter, à cause de ma voix par exemple, mais je trouve que cet album a un son unique.

Parole du "plus grand chieur du monde" en studio comme il me le disait en 2011 (on avait beaucoup parlé de ses différentes expériences de studio. A lire ici).

Mathis à Sly Et toi alors ?

Sly : Moi, c’est compliqué. Pour la première fois, les dernières sessions de studio que j’ai faites, j’ai bossé avec un vraiment producteur, un mec qui a une démarche. Je l’ai beaucoup regardé faire, fasciné. J’avais tendance à être hyper tatillon, je débarquais avec mon idée, bien fermé sur ce que je voulais, et je me suis rendu compte qu’il y avait pleins de choses à faire pour améliorer. C’est vrai que le studio, ce n’est pas toujours évident pour moi parce que je n’arrive pas à prendre beaucoup de recul. Je suis rentré, il m’a bien fallu au moins deux semaines, pour pouvoir réécouter ensuite le travail.

Mathis : Surtout qu’à notre niveau, on n’a pas beaucoup de temps, il nous faut prendre tout de suite les bonnes décisions.

Stéphane : Et en même temps, le travail de studio c’est un puit sans fond.

Sly : Tu peux te perdre complétement.

Stéphane : Faut savoir s’arrêter à un moment, savoir dire : là, c’est bon, je tiens le truc.

Sly : Oui, c’est ça.

Pierrot : Mais et le choix de passer au français ?

Sly : C’était l’idée de rendre le truc accessible sans se trahir. Oui, une sorte de concession, mais je n’ai pas eu l’impression de me trahir en le faisant, même si cela n’allait pas du tout de soi. Y a une époque où je refusais complétement de chanter en français parce que je fais une musique plutôt de culture anglo-saxonne, simplement je me suis fait violence… ce n’était pas de la tarte. Je commence enfin à être en paix avec ça.

Stéphane : Tu avais déjà des titres en français il y a 2/3 ans pourtant ?

Sly : Non, ça fait un an et demi à peu près…

Pierrot : Au niveau écriture, comment tu as fait du coup ?

Sly : Ça n’a pas changé grand-chose mais la plus grosse difficulté a été de réadapter des chansons que j’avais, auxquelles je tenais.

Stéphane : Et alors ?

Sly : Bein, c’était dur… Au final, je suis content mais je m’y suis repris plusieurs fois, avec plusieurs paramètres : ne pas trop modifier la mélodie, tu as envie de garder le thème, et en faisant en sorte que ça sonne en français. J’espère avoir réussi… Il faut du recul pour le savoir mais je suis plus zen par rapport à ça.

Mathis : J’ai eu le problème inverse moi. Je parle trop mal anglais pour pouvoir écrire dans cette langue. Donc spontanément, j’ai commencé à écrire en français. Bon, mes textes valent ce qu’ils valent mais en tant qu’auteur, j’aime écrire sur des sujets qui m’intéressent, j’aime pouvoir exprimer quelque chose mais paradoxalement, ma culture musicale est vraiment rock, et ça m’a semblé très longtemps incompatible, parce qu’on tombait vite dans du Noir désir, que j’adore mais après il faut pouvoir l’assumer, l’incarner, faut avoir des textes qui sont durs, faut avoir une image, sinon ça fait tout de suite mièvre, bébé rebelle. Donc moi, il a fallu que je tourne un peu la musique pour pas que ça devienne du rock à la noix. Moi, mon problème, il est là. Il y a des situations où j’estime que j’y arrive suffisamment, d’autres où je me dis que j’aurais pu faire mieux. Ca m‘oblige effectivement à faire quelques concessions, comme tu dis, je comprends très bien.

Matthieu : Stéphane lui doit avoir un avis plus tranché…

Stéphane : oui et non…

Pierrot : Et oui, parce qu’à 40 ans passés, il a décidé de revenir à l’anglais récemment avec son autre groupe Nellie Olson

Stéphane : Oui, je me suis retrouvé à chanter en anglais, pour se différencier des Noz… et moi qui suis un pur et dur de l’écriture en français parce que tu penses en français…

Mathis : Ah, on se réfère tous à lui pour écrire en français et lui il passe à l’anglais !! (rires)

Stéphane : … j’ai découvert le plaisir d’écrire un texte en anglais. Et moi qui suis quand même en besogneux normalement, là, j’écris pendant la répét; à la fin de celle-ci, le texte est fini, et je suis super content, j’ai l’impression d’avoir 15 ans, des textes un peu con mais que je trouve frais.

Mathis : Et toi qui a une certaine exigence en français, ça ne te perturbe pas par habitude et par culture aussi ?

Stéphane : Non… parce que je suis content… On ne recherche pas la même chose.

Sly : Ce n’est pas le même exercice vraiment.

Stéphane : Et puis tu as les images qui viennent, tu les traduis en mots, et 9 fois sur 10, ça passe tout de suite…. Alors qu’en français, avant de trouver les bons mots qui sonnent, tu passes du temps.

Matthieu : C’est dû à quoi ?

Tous : C’est plus musical, l’anglais.

Stéphane : L’anglais tous les mots sonnent. J’ai donc un vrai plaisir à faire ça, mais en même temps, arriver à faire un bon texte en français, c’est merveilleux. C’est drôle mais je suis allé voir un vieux concert à toi, Sly, en vidéo… et je me disais : ah, oui, c’est classe, mais tiens, j’aimerais bien savoir ce qu’il me raconte.

Sly : Et oui ! Et du coup, il y a une nouvelle exigence sur scène, c’est que la voix soit audible.

Mathis : Ah, oui, clairement… avec le français, ce n’est plus la même façon d’appréhender la scène.

Pierrot : Mais du coup, tu as fait des traductions ? Tu as gardé les thèmes ?

Sly : On se rend vite compte que la traduction ça ne marche pas, quand on essaye d’adapter un morceau de l’anglais, ça sonne forcement mal, rythmiquement ça ne marche plus. Donc l’idée, c’est de garder l’esprit ou la thématique mais en changeant le texte. Mais je découvre aussi tout ce qui est peut être bien dans l’écriture en français : le fait d’être plus précis, d’avoir une plus large possibilité de mots, et d’être beaucoup plus pointu dans ce qu’on veut dire.

Stéphane : On parlait de Noir Désir tout à l’heure, c’est typiquement un groupe que je trouve merveilleux quand Cantat chante en français et que je trouve assez banal quand il chante en anglais.

(approbation de tous)

Sly : C’est assez vrai pour pas mal de groupes qui mélangent les deux j’ai l’impression.

Après il y a un truc culturel dans l’appréciation des gens : ceux qui connaissent la pop anglaise ont une réticence quand ça passe aux français, s’ils ne connaissent pas grand-chose en pop française tout de suite, ils vont penser à des trucs... genre euh indochine…

Mathis : Parce que longtemps l’expression n’existait pas : la pop française. On appelait ça de la variété, dès que c’était en français, même s’il y avait des trucs plus raffinés, avec plus de recherche que Claude François par exemple. L’expression Pop française j’entends ça depuis 5, 10 ans.

Matthieu : D’ailleurs, Christophe Conte intitule son livre récent « La française pop », comme s’il fallait créer un décalage.

Mathis : Comme si on disait : si ce n ‘est pas en anglais, ce n’est donc pas de la pop … mais maintenant, ça change un peu quand même, heureusement.

Sly : Oui, et quand on pense aussi aux mots variété, ça ne veut pas dire grand-chose.

Mathis : Moi, pendant très longtemps, j’ai eu l’impression du coup que si tu faisais du rock ou de la pop, dès que c’était en français, on mettait l’étiquette variété, parce que français était égal à pas rock et pas pop.

En fait, le terme variété on l’associe au côté Maritie et Gilbert Carpentier, Claude François et paillettes… qui n’est pas forcément très artistique musicalement.

Sly : Oui, il y a une connotation péjorative bien sûr au terme.

Matthieu : Mais là, avec la mort de Delpech, c’est étonnant ce qu’on a entendu…

Pierrot : Oui, c’est un peu dingue, cette sacralisation qu’on a vécue là… et il semble qu’il a bousculé du côté pop.

Mathis : Paix à son âme, il y a de belles chansons certes mais faut pas exagérer… et je pense que lui aurait assumé le fait de dire qu’il faisait de la variété et pas de la pop, parce qu’il était quand même dans ce créneau là en terme de recherche musicale.

Matthieu : C'est sûr. Dans ces cas-là, on entend souvent l’expression « la variété au sens noble du terme »...

 

  • Et de la chanson tout simplement ?

Et pour donner des nouvelles de Yann Giraud, qui a partagé une interview ici avec Stéphane, voici ce qu’il dit pour parler de son disque sous le nom d’ALOHA ALOHA : "En 2016, on s’en fout bien d’être variété, pop ou “indie”. Ne restent que des morceaux et la volonté de les partager avec le plus grand nombre".

Sly Apollinaire, Voyage de Noz et Mathis: rencontre lyonnaise.

Pierrot : Stéphane, alors, tu es arrivé alors que Lyon perdait son statut de capital du rock (75/85 avec Starshooter, Electric callas, Factory -dont le batteur était Yves Rotacher dont on a parlé plus haut-) au profit de Rennes sans doute…

Sly : Enfin, je trouve qu’il y avait une période qui était vachement bien, à la fin des années 2000, avec une mouvance pop anglaise, avec pas mal de groupes…

Pierrot : Déjà vu, Laisy daisy, Fake Oditty

Sly : Oui, c’est ça, et tout ce qui est le festival  Lyon in rock, Dent de Lyon. Je pense qu’il y avait une scène intéressante. Depuis quelques années, il y a moins de ligne claire, j’ai l’impression que c’est très fragmenté.

Pierrot : Mathis, tu me disais dans l’interview de 2013 qu’à partir de 2005, beaucoup de lieux avaient fermés, notamment sur les pentes…

Mathis : J’ai beaucoup joué entre 2000 et 2010, avec des groupes de reprises, mais j’ai aussi joué en acoustique solo avec mes propres textes, et malgré tout, j’ai quand même traversé des périodes où j’ai eu l’impression qu’on ne programmait que du rock indé, du rock dark, toujours le même style. Dès qu’on jouait de la pop, dès qu’on chantait en français, c’était fermé. C’est peut-être une appréciation subjective… Mais en tout cas, depuis quelques années, j’ai l’impression que ça s’ouvre, aussi par le biais des festivals. J’ai l’impression d’un renouveau, qu’il y a plus de diversité, alors qu’avant, si tu n’étais pas dans le rock brutal, tu n’étais pas considéré comme un vrai musicien. En musicien de reprise, ça allait et dès que tu voulais proposer un truc… j’allais dire raffiné ou en tout cas… alternatif à cette mouvance-là, c’était impossible.

Pierrot : Alors et toi Stéphane, Lyon ? C’est en tout plus difficile de remplir des salles…

Stéphane : Et oui, mon pauvre monsieur, ah, j’ai connu une époque… (rires). On était plusieurs groupes à pouvoir remplir la bourse du travail, ou des salles comme ça, 5/6 groupes à pouvoir faire des salles de 1000/1500 places. [Les NOZ ont fait trois transbos… le seul groupe lyonnais à l’avoir fait en réalité]

Mathis : C’est sûr qu’il n’y en a plus un capable de le faire.

Stéphane : Oui et cela fait bien longtemps. Mais on voit toujours ça de notre petit prisme pop...

Pierrot : Oui, effectivement, là, je crois qu’un groupe de rap vient de remplir la grande salle à côté, et c’était la première fois depuis les NOZ que des lyonnais remplissaient…

Stéphane : Et il y a aussi l’électro. Voilà, il y a des choses qui se passent, mais ce n’est plus la même musique.

Pierrot : Alors qu’est-ce qui manque ? Pour faire la comparaison avec Clermont, dernière capital proclamé il y a quelques temps, un cadre comme la coopé ?

Mathis : Un lieu culte…

Pierrot : Un lieu qui sert aussi de pépinière, avec des accompagnements.

Mathis : Oui, c’est vrai qu’à Lyon, on n’a peu de lieux qui promeuvent un peu la culture, toujours pas de scène smac… même si ce n’est pas la panacée.

Matthieu : Le Transbo, ça ressemble quand même beaucoup à la Coopé, non ? Notamment avec le club…

Sly : Oui, c’est quand même important pour la scène locale, des soirées sorties d’album…

Matthieu : Mais est-ce qu’il y a de la formation, de l’accompagnement?

Stéphane : Je ne sais pas comment ça marche.

Mathis : Il y a des obligations de faire quelques soirées, deux par an, de mise en avant, avec des entrées gratuites, ce qui permet de bénéficier de beaucoup de promos, Si tu ne fais pas partie des deux artistes choisis…voilà. Ils ne vont pas trop au-delà de ça.

Stéphane : Le problème de Lyon, je crois, c’est qu’il y a quand même beaucoup de petites chapelles un peu intégristes. (accord des autres). Il y a des lieux où tu ne passes pas, si tu n’as pas la carte.

Mathis : Oui, c’est ça.

Stéphane : Ça manque un peu de gens ouverts, enfin, du côté de ceux qui ont les manettes.

Sly : Ce qui est regrettable, c’est que les styles ne se rencontrent pas. Il pourrait y avoir des soirées géniales, mêlant des groupes de pop avec des groupes électro, des trucs mortels à faire, tu commences par des concerts et tu termines par un mix électro… mais c’est très cloisonné. Est-ce propre à Lyon ?

Matthieu : C’est quand même étonnant qu’à Lyon, on ne puisse pas remplir une salle comme ça. Vu le nombre d’habitants…

Mathis : Oui… mais… c’est sûr…

Stéphane : Il n’y a personne… Le Peuple de l’herbe à une époque. Déjà quand tu remplis le club, tu es content.

Mathis : Oui, sur des événements gratuits, le gens viennent, mais même une salle comme celle-ci de 500 places, je me demande quel groupe peut la remplir en entrée payante… alors peut-être les noz le 15 mars…

Matthieu : Est-ce que le public lyonnais se désintéresse, se détourne de cette musique- là ?

Sly : Oui, je pense, c’est ma conviction personnelle… mais là, encore, est-ce propre à Lyon ?

Pierrot : Matthieu me disait qu’à Clermont, les Delano avaient joué devant une trentaine de personnes, avec la Féline…

Matthieu : Oui, mais d’autres concerts font de l’affluence je pense…

Sly : Je pense aussi qu’il y a énormément de propositions, pleins de choses, que tout est hyper fragmenté, et avec l’air du net…

Matthieu : Est-ce que du coup, pour le live, le vrai débouché, ça ne serait pas les festivals?

Stéphane : Oui, c’est un peu le supermarché où tu peux voir tout d’un coup…

Sly : Oui, pour nous, c’est important….

Pierrot : Autre élément, sur Clermont, on a eu un tourneur Denizot qui a donné un vrai coup de main au milieu local, est-ce que Eldorado ne joue plus tout à fait le même rôle qu’avant ? Un manque d’organisateurs de concert militant ?

Stéphane : Non, je ne crois pas.

…arrivée du directeur du Transbo… qui nous salut…

Pierrot : Et l’arrivée du radiant ?

Sly : En comparaison, pour la scène locale, ils ne font rien…

Signe du morcellement de la scène locale, Sly ne sait pas ce qui s’y passe :

Pierrot : En fait, le groupe de Stéphane Nellie Olson y a joué il y a quelques semaines (club radiant) et Mathis y a fait la première partie de Laurent Lamarca.

C’était produit par le Radiant ?

Stéphane : Oui…

Sly :Ah merde ! Allons bon…

Mathis : Sauf qu’effectivement, ils sont en train de se poser la question, car promouvoir au club couterait trop cher, ce qui est dommage parce que le lieu est fait pour ça.

Stéphane : Et c’est pour ça que je ne pense pas que ce soit un problème de tourneur…mais c’est vrai que les nuits de Fourvière faisaient tous les ans la soirée de clôture « Lyon rugit la nuit » avec des groupes locaux et cette soirée ne se fait plus, alors j’imagine que c’est la seule soirée qui ne se remplissait pas ou mal, donc le problème vient du public.

Sly : Et du côté budget culturel, ça ne va aller en s’arrangeant….malheureusement…

Stéphane : Et si on allait se pendre les gars…(Rires...)

Mathis : Je joue dans une heure, vous me mettez dans un état… je n’y crois plus… ah, je n’y crois plus… (rires)

Sly Apollinaire, Voyage de Noz et Mathis: rencontre lyonnaise.

Pierrot : Alors, justement, j’avais une question pour se pendre… vos pires souvenirs de concerts, de mauvais plans…

 

Mathis : Moi, c’est mon premier concert,j’avais 18 ans, je jouais dans ma chambre et je pensais que j’étais le meilleur chanteur du monde, personne n’avait jamais entendu ce que je faisais, et je me suis produit sur un plateau municipal dans le 5e.J’ai commencé la soirée, et au bout de 2 chansons, le gars m’a dit de descendre, « bois une bière, dans 10 minutes, je te fais remonter »…et j’ai attendu toute la soirée, il ne m’a jamais fait remonter ! (rires)
Bon,je croise les doigts parce que je monte sur scène tout à l’heure, ce n’est pas le moment de dire ça, mais ensuite, je n’ai jamais eu de grosses déconvenues. IL y ades soirs où ça se passe plus ou moins bien, c’est le lot des musiciens, mais la première fois a été la pire fois, et douloureuse, parce que j’avais beaucoup d’ambition, j’ai été coupé dans mon élan, et à juste titre, parce que c’était une catastrophe. J’ai mis 3 ans à refaire de la scène.

 

Pierrot : Et toi Stéphane, un petit souvenir ? Saint-Chamond un soir de fête de la musique? Moi et mon pote, on n’avait jamais trouvé le lieu en tout cas.

Stéphane : Saint Chamond, non, je ne me rappelle pas. J’ai souvenir d’un truc sans doute plus vieux, on avait joué dans une boite qui était sur les quais de Saône, et c’était le moment où on commençait à marcher un peu, il devait y avoir un gars d’une maison de disques. Jouer dans une boite de nuit, c’était un peu bizarre, mais bon, c’était un plan comme ça. Et on se retrouve là, avec une ambiance qui ne collait pas vraiment avec ce qu’on faisait et… 10 personnes dans la salle, 10, dont le gars de la maison de disques qui était assis au fond. L’horreur. Il y avait d’autres gens, mais qui attendaient dehors, qui attendait la soirée disco, qui n’en avaient rien à faire de notre truc. Et on termine, dans un calme absolu…je dis «bonsoir», et là le DJ qui était aux platines pousse Samantha Fox à fond (boys boys boys) et il dit «et maintenant retour à la musique !! »   (Rires…) - ah, celle-ci elle est bonne…

Stéphane (pensif) : Retour au fondamental : Boys boys boys… C’est une chanson qui est importante pour moi... On n’a pris nos petites affaires, on est rentré…

Sly : Du coup, vous en avez fait une reprise pour conjurer le sort….

Stéphane : Non, mais ça fait partie des grands moments de solitude

Sur le coup, personne ne s'est rendu compte du formidable im-pair mal-sain commis: Boys Boys Boys est bien sûr chanté par Sabrina. Blanc bonnet E et bonnet blanc E certes... 

 

Pierrot: Et toi Sly ?

Sly : Je me souviens d’une scène de fête de la musique, et c’était un riverain qui nous fournissait l’électricité, un fan hardcore de Johnny Halliday. A la fin du set, il devait avoir un coup dans le nez, il arrive, il commence à parler à mon guitariste qui était en plein solo d’ailleurs : « tu ne veux pas jouer les portes du pénitencier ? » « Non plus tard »… Il a pris la mouche et il a tout débranché… Mais heureusement, on n’était plutôt sur la fin du set.

 

Pierrot : Maintenant, vos grands souvenirs du transbo ?

Mathis : Pour moi, ça sera ce soir à 23 heures, enfin j’espère… En tant que spectateur… j’en ai vu des tonnes.

Stéphane : Il y en a pleins…

Sly : Je me rappelle de Supergrass, ensuite ils étaient au bar, tranquilou, on avait un peu discuté. Le concert était mortel, de la pure énergie, avec un côté un peu juvénile. Un groupe qui n’existe plus hélas.

Stéphane : Moi, ça devait être les Strokes mon meilleur concert ici, super, pas de rappel, 1h10 mais top.

Mathis : Ah, ben, un peu pareil, Sonic Youth. 1h20, bam pas de rappel, tout à blinde du début à la fin. Impressionné. Mis contre le mur, l’impression d’être projeté. Sur le coup, tu te dis «pas de rappel, mince »…et puis, tu réalises... oui, ça va.

Le « concert Surprise » du Transbo dans ce même lieu en 1991 qui a été mon premier concert des Noz avait été organisé pour le patron de Polydor. « Une fille de là-bas nous adorait, mais le patron avec lequel on a mangé, nous dit : «j’ai signé Ange»… et voilà, pour nous dire, voilà, j’ai Ange… et donc, ça suffit ». Le deuxième concert dans la grande salle fut pour la sortie de l’album «Le signe ». Un autre concert (au club) a fait l’objet d’un live filmé par Bernard Schmitt, le réalisateur de JJ. Goldman et de Jojo Vacances pour la chaine TLM. « On a aussi refait la grande salle du Transbo en 2002 (avec Romain Lateltin en musicien additionnel au claviers) et l'américaine Jennifer Bruce en première partie mais en concert gratuit organisé par Mac Ben Music. Il y avait bien 1500 personnes ».

 

Sly : Et Murat, il a joué ici ?

Pierrot : Et bien Murat 93, l’enregistrement de son premier live…

Sly : Ah, oui, il y a un album live d’ici ?

Pierrot : Oui, et une date je pense sur la première partie de tournée de Mustango. Je pense que le chanteur des Dory Fore m’a raconté que les gens partaient…

Mathis : Et plus récemment, c’était plus au Ninkasi kao ou Radiant que je l’ai vu.

Sly : Je l’ai vu à Villefranche récemment, et j’ai trouvé ça mortel. Le nouveau groupe, là, le bassiste notamment p… Et la salle est vraiment bien, au niveau du son… Enfin, c’était top.

Pierrot : Et ils ont quand même une belle programmation à Villefranche. A part ça, voilà, j’ai fait le tour de mes questions…

Mathis : Oui, de toute façon, je vais devoir vous laisser.

Sly : Je ne peux pas rester, désolé. Tu as d’autres dates de prévu ?

Mathis : Non, on attendait la sortie du disque et cet événement-là, avant d’autre programmation…

Nous continuons à discuter sans Mathis. Quelques photos de son set:

Sly Apollinaire, Voyage de Noz et Mathis: rencontre lyonnaise.
Sly Apollinaire, Voyage de Noz et Mathis: rencontre lyonnaise.
Sly Apollinaire, Voyage de Noz et Mathis: rencontre lyonnaise.
Sly Apollinaire, Voyage de Noz et Mathis: rencontre lyonnaise.

Pierrot : Alors dis-moi, Stéphane, vous aviez présenté quelques nouvelles chansons il y a bien longtemps, mais vous êtes un peu reparti à zéro. Vous n’avez jamais pensé mettre quand même cette production en téléchargement, même s’il n’y a pas d’album?

Stéphane : Non, mais il y a quand même des trucs qu’on va garder. Il y a des choses bien, voire très bien.

Sly : Vous avez fait combien d’albums ?

Stéphane : 7 albums studio, et 2 live.

Matthieu : Ce que vous disiez au départ sur les choix, c’est quand même très conditionné par l’économie, parce que si vous aviez la possibilité, régulièrement, de rentrer en studio, de faire de la scène, d’écrire, d'enregistrer de nouveau, etc. – un truc continu, sans trop de difficultés – tous les enjeux (Est-ce que je chante en anglais ? Est-ce que je prends un directeur artistique ou est-ce que je fais tout seul ?) se décanteraient… Alors que là, il y a tellement d'enjeux au moment de faire un album… Donc ; il faut faire les bons choix, ne pas se louper…

Sly approuve

Stéphane : Oui et non, enfin je ne sais pas.

Pierrot: Enfin, maintenant, il y a quand même une facilité de sortir des choses avec les téléchargements, d’enregistrer à la maison.

Stéphane : De toute façon, nous, on sait qu’on ne va pas gagner notre vie avec ça, depuis le début, on ne l’a jamais gagné, enfin ça m’a payé des vacances…mais je n’ai jamais pu vivre avec ça. On ne sait jamais poser la question de se dire : stratégiquement on va faire ça comme çi ou comme ça… On essaye juste de faire le truc comme on en a envie…

Pierrot: Et puis, le concept d’ « album » reste encore un peu « sacralisé ». On a envie de sortir un truc qui nous ressemble et pas de  multiplier les sorties, publier sur le net dès qu’on a pondu un titre.

Oui, la différence est sur les moyens…

Matthieu : Oui, mais il y a plus de pression dans la mesure où on en sort un tous les 3-4 ans, on n'a pas envie de se louper. Alors que si on pouvait se dire « celui-ci, on prend ce parti pris, on l’assume complètement et peut-être qu’on fera autrement la prochaine fois… »

Stéphane : Tout bêtement, surtout c’est une question de moyens financiers, parce que… on peut se dire celui-là, j’aimerais bien le faire mixer ou mastériser à Londres parce qu’il y a des types qui t’intéressent, et puis tu renonces parce que tu vas en vendre douze.

Ou en concerts : on a toujours aimé les plans mise en scène [un exemple récent: à 5 minutes 40, un soir où le vidéo projecteur humide a refusé de projeter] , il y a une époque on faisait des trucs de dingos, mais on ne fait plus parce que le moindre truc, ça coûte des ronds. Quand tu fais 1000 personnes, ça va, quand tu fais 500, ça devient compliqué, et tu ne peux pas prendre ce risque- là. La créativité quand je vois tout ce qui sort, les groupes qui sortent pour quedal, parce que les gens qui vivent de la musique en France, ils sont peu nombreux. La créativité n’est pas liée à des questions économiques, il n’y a jamais eu autant de trucs biens.

Sly : Carrément. Et limite, le fait d’être un peu limité en terme de matos, handicapé en terme de moyens, ça peut apporter des choses intéressantes.

 

Comme me l’a dit LA FELINE : l’indépendance, "le moment où on retourne la nécessité en vertu"!

 

Matthieu : Là, on parle de créativité presque immédiate. Mais construire une carrière sur plusieurs disques (en laissant de côté l’aspect commercial), c’est déjà une autre forme de créativité que de lancer quelques titres sur internet. Et c’est là que les contraintes économiques font qu’on se met plus de pression…

Sly : Oui sûrement…

Stéphane: Oui, je vois aussi qu’il y a beaucoup de gens qui s’épuisent, des gens qui y croient à donf, qui envahissent internet, qui diffusent, qui communiquent beaucoup… et puis, il ne se passe beaucoup de choses derrière. Tu fais ça un, deux ans, trois ans.

Pierrot : Et qui sont minés par l’intermittence aussi. Toi, tu as cet objectif ?

Sly : Non, je ne cours pas après. J’ai l’impression qu’il faudrait que je fasse des choses dont je n’ai pas envie, la peur de m’égarer en étant à fond dans la recherche de l’intermittence. Mes créations perso m’occupent assez. Et je donne des cours à côté.

Sly Apollinaire, Voyage de Noz et Mathis: rencontre lyonnaise.

Nous évoquons François ex-des Déjà vu maintenant avec Strange Milk et Lauren Stuart, du magasin « La Bourse » où Sly a travaillé avec un moment…

Sly : Ca a scellé d’ailleurs le truc, c’est ma dernière expérience en entreprise… depuis je me consacre à la musique et ça me va très bien.

Pierrot : Stéphane, parle-nous de l’expérience de Nellie Olson.

Stéphane : L’album, on l’a fait histoire de marque le coup, mais on en prépare un deuxième, qui va être bien, je trouve les chansons vraiment biens. C’est vraiment une expérience que j’adore.

Pierrot : Toujours majorité en anglais ?

Stéphane : Même exclusivement.

Matthieu : C’est quoi comme formation ? Un trio ?

Stéphane : Basse batterie, guitare et chant. Vraiment…

Pierrot :Noisy ? (le nom de leur album)

Stéphane : … Dans l’esprit rocks anglais, très 80’s, Joy division, un peu dark. Super expérience.

Pierrot : Groupe constitué avec d’autres musiciens cultes de Lyon…

Stéphane : Oui, des vieux musiciens lyonnais, du groupe Aurélia Kreit, qui faisait une musique très CURE, que j’ai découvert un jour, c’était la classe absolue.

Matthieu : C’était la grande époque, ça ?

Stéphane : Un peu après. La grande époque, 1980, Starshooter, Factory, Electric callas, L’affaire louis trio. Aurélia Kreit, l’Enfance Eternelle, et nous, on est arrivé après, une musique très new wave, et là, ça brassait vraiment, jusqu’en 92/93… Après, on s’est retrouvé un peu tout seul.

Matthieu : C’est bizarre, qu’est-ce qui se casse la gueule à ce moment-là? Il n'y avait pas  encore internet…

Stéphane : Il y a pleins de groupes qui arrêtent à Lyon en tout cas… et puis, je ne sais pas… L’arrivée du rap ? Le côté alternatif qui arrive en force, le côté revendicatif.

Matthieu : Après, c’est vrai qu’en France, des groupes un peu new wave, ou post new wave, il n’y en a pas eu qui se soient fait connaitre ont sur la durée... A part Indochine.

Pierrot : Ceci dit, Le voyage de noz n’est pas vraiment resté sur ce créneau-là exclusivement.

Stéphane : Tu vois nous quand on commence en 86/87, on n’a pas de disque, même quand onfait le transbo. On fait une émission de radio, radio canut machin, et on fait 1500 personnes à côté.

La moitié des gens de la salle ne connaissait pas, mais était entrainé par d’autres : viens, tu vas voir c’est super bien.

Sly Il y avait un certain activisme de certains…

Pierrot : Et une cassette qui se repiquait dans les lycées. Dans ma classe, il y avait 4/5 personnes qui connaissaient le groupe, qui m’ont fait écouter.

Sly : Il y a une approche un peu « sacré » à l’époque, uncôté rituel, tu les sacralises… avec internet, c’est un peu parti.

Pierrot : Et puis, on parlait de sectorisation tout à l’heure,les Noz ont bénéficié d’un écho dans un certain milieu lyonnais,je me rappelle d’un grand bal, bien comme il faut, où il devait avoir plus de 500 personnes, et le Dj diffusait les Noz (91 sans doute).

Matthieu : En dehors de Lyon, ça a voyagé ?

Stéphane : Un peu, en fonction des opportunités… Il y avait un type qui nous faisait jouer en Suisse chaque année, alors, ça bougeait un peu là-bas. Dans les pays de Loire

Y’a d’autres régions où on n’est jamais allé… Marseille.

Je sais que à chaque fois qu’on est allé à Paris, bizarrement peut-être, on arrive avec le petit complexe de provincial,et chaque fois, un super accueil, et là tu te dis, qu’ à Lyon, putain, les gens y sont durs.

Pierrot : Et toi, Sly, tu as déjà à Paris, je crois, au Pop in, non ?

Sly : Euh, … attend, oui, en groupe la dernière fois. Bon, c’était un peu la galère, la sono était en vrac… et c’est vrai que c’est pour ça que j’arrête un peu… on parlait d’épuisement tout à l’heure… Je suis plus sélectif maintenant. Mais à Paris, surtout des bons souvenirs,ça se passe plutôt bien. Et la Belgique, c’estmagnifique, l’envie des gens, le côté bien rock and roll… et au niveau des groupes, c’est un super vivier.J’ai des potes qui ont un duo punk quis’appelle Pétula Clarck, et je vous les recommande chaudement. Ils tournent beaucoup partout en Europe. Je ne sais pas comment ils se débrouillent, c’est autogéré complétement.

Matthieu : A Clermont, on a le Raymond Bar, qui fait partie d’un réseau de salles "alternatives" en Europe. Ils arrivent à avoir des gens qui viennent d'un peu partout, avec 150 à 200 concerts par an.  L’entré est à 5 euros, la bière à un euro…

Il y a encore des gens qui arrivent à tourner, et à avoir des dates.

Stéphane : Aujourd’hui, à ce que je vois, pour tourner, il faut un produit très typé. Notre nouvelle violoniste, elle a un groupe, que des filles. Elles font du punk celtique, elles sont 5 filles, toutes en kilt…. Le programmateur dit : vous faites quoi ? On est 5 filles, on fait du punk celtique, - ok, je prends pour mon festival. C’est clair, Quand tu es le Voyage de Noz, et bien…

Sly : Le cul entre pleins de chaises

Matthieu : Même en matière de critique musicale, il faut coller des tonnes d'adjectifs….ranger dans des catégories.

 

Stéphane : Toutes les musiques hard core, ça tourne hyper bien. J’ai un pote quitourne dans toute l’Europe.

Pierrot :Et puis les groupes un peu java, word tzigane...

Sly : Voilà, il y a pleins de créneaux, mais il faut savoir rentrer dans la bonne case…

Matthieu : Il n’y aurait pas moyen de trouver une étiquette ?

Stéphane : Je n’ai pas l’impression… et puis, on peut faire un morceau tout doux au piano, derrière un truc qui envoie…

Du coup, certains forcés de s’étiqueter, choisissent des appellations sui generis : Sly était présenté aux belles journées comme du « folk pastoral et de la power pop »,

Pierrot : Avec Bonne Espérance, peut-être que… Il y avait un truc qui n’a pas été vendu suffisamment. En tant que fan, j’ai un gros regret là-dessus…

Stéphane : Cet album-là, j’ai l’impression qu’on l’avait un peu typé volontairement avec tout ce qu’on aime, et puis il ne s’est rien passé derrière. C’est un autre métier de communiquer.

Pierrot : Il n’y a pas eu de clip ou de vidéo non plus.

Matthieu : Et sur internet, vous êtes présents ?

Stéphane : Pas tellement. Et puis sur cet album, l’idée c’était justement de faire de l’anti-communication. A cet époque, où tout le monde, tu vois tout ce que le chanteur a mangé à midi, et quand il va aux chiottes et machin, tout est filmé, l’idée, c’était justement on montre rien, avec l’idée de créer le désir par l’absence.

Pierrot : Bon, il y avait eu un gros travail de teasers, très chouettes,  avec des vrais petits films publiés chaque jour… mais derrière…

Sly : Les gens qui publient des trucs toutes les 30 minutes sur Facebook, je n’y crois pas trop. On parlait du côté sacré de la musique, et là ça démystifie le truc..

Stéphane : Bon, il y a des gens qui le font bien, mais François et les Déjà Vu, par exemple, ils se sont épuisés… pour peu de résultats. Que d’efforts…

Matthieu : Dans une émission de Taddéi,  à la question "qu’est-ce qui marque l’époque?", un invité a répondu « le making of ». C'est vrai que dans tous les domaines, il faut présenter le « making of » de ce qu’on fait.

Sly : C’est dommage parce que la distance a du bon.

Stéphane : Oui, on perd de la magie. Si tu vois l’envers du décor…

Matthieu : Le storytelling, c’est la même chose : raconter comment on a fait le truc… une fausse sincérité.

Stéphane :Après, il y a des gens, comme Mylène Farmer, qu’on ne voit pas à la téloche…

Matthieu : Mais faut pouvoir se permettre de le faire... Dans ce cas-là,  la discrétion devient carrément un outil marketing.

Stéphane: Ou même Murat...

Pierrot : Oui, sauf qu’il trouve un concept à raconter pour chaque album, un truc à raconter pour les médias.

Sly : Il s’en tape, je pense de tout ça.

Pierrot : Je pense qu’il y réfléchit quand même, à ce qu’il va dire, même si c’est des conneries, il n’y croit pas une seconde.

Sly : Bon, il n’envoie pas des photos sur instagram non plus…

Pierrot : Les noz, vous avez été quand même bien organisé, avec des sites internet, des newsletters papier puis emails, un forum qui était très actifet où on s’est bien amusé.

Matthieu: Christophe Pie, le copain de Murat, a raconté ça : il a fait un album solo pour se prouver à lui-même qu’il pouvait le faire, mais une fois terminé, il s’est rendu compte qu’il n’avait pas du tout envie de faire la promo, que ce travail-là ne l'intéressait pas.

Stéphane : Et puis, ça prend énormément de temps de faire des choses dans le domaine-là. Nous, on n’a pas le temps. On essaye déjà d’avoir le temps pour bien faire des chansons.

Sly : Et puis, on ne sait pas faire forcement. Par contre, la question du clip… c’est important, les gens regardent plus qu’ils n’écoutent, et le clip, je trouve ça stimulant, intéressant. Je vais en refaire un, avec la même personne qui avait réalisé celui de Trampoline.

Stéphane : Et du coup, tu participes ?

Sly : Oui, j’ai des idées de départ, on en discute. Jusqu’à présent, c’est à la débrouille, mais c’est fun à faire.

Matthieu : Et on parlait de direction artistique tout-à-l'heure, là, au fond, c’est quelqu’un d’un domaine artistique proche du tien qui apporte un autre regard sur ce que tu fais.

Sly : Et j’n’envisage pas ça du tout dans une logique putassière. C’est un support différent, un support créatif différent, et comme un autre, les gens achètent la musique sur YouTube.

 

Pierrot : Et toi, les clips, Stéphane ?

Stéphane : Je n’ai aucune idée visuelle en général. Et je ne suis pas du tout patient et les clips, c’est des trucs qui prennent des plombes.

Matthieu : Tu n’as jamais eu envie de confier le travail à quelqu’un ?

Stéphane : On en a fait quelques-uns.

Pierrot : Notamment j’empire qui avait pour décors la demeure du chaos.

Stéphane: C’est un truc que je ne maitrise pas bien…. Je n’ai pas cette exigence-là. Je suis rarement content. J’empire, je trouve que c’est moyennement réussi. Moi, j’aurais fait un truc complétement différent. On est aussi trop gentils parfois, on aurait dû dire ce n’est pas ça qu’on veut… mais il n’est pas nul hein. Et puis, c’est toujours pareil : on fait ça sans moyen, avec des gens qu’on paye comme on peut. Le clip du signe pour l’époque c’était un beau clip.

Pierrot : Il était dans la sélection des Victoires de la musique… grâce à mon pied, qu’on voyait très bien. Ici même il y avait une structure métallique, avec150 figurants, pendant deux jours. Et c’est vrai que la force des Noz à l’époque c’était de pouvoir réunir une telle tribu comme ça.

Toi Sly, tu as un petit noyau de fans ?

Sly : Oui, un petit peu, mais justement, ma difficulté, ceux qui me suivent se lassent un peu : quand est-ce que tu sors cet album ? Ça fait 5 fois que tu le dis…

Pierrot : (rires) Ah, ça me fait penser à quelqu’un ça (Les NOZ)

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Merci à tous!

Interview réalisée le 21/01 (retranscription corrigée par chacun des intervenants).  Photos: Surjeanlouismurat.com

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- On attend l’actualité de Sly Apollinaire (sa Page facebook).

- Mathis: Jeudi 17 mars, soirée Buzzique Live (Bron)   Le 17 février, il était invité à la soirée spéciale Virage Radio au Ninkasi Kao avec Brigitte et Jain. Il y aura une date parisienne au printemps normalement. 

Mathis  et l'aventure de son album réalisé avec de belles pointures, comme Yan PECHIN! A LIRE ICI

- Le VOYAGE DE NOZ  le Mardi 15 mars,  au Transbo, pour avoir la chance de voir l'un des plus grands "frontman" du rock (selon Laurent Cachard)

Page facebook de NELLIE OLSON   et du Voyage de  NOZ

Dernière indiscrétion : Stéphane avait l’idée au départ de rejouer l’album « L’homme le plus heureux du monde », et a sollicité le retour de LIZ COTAM, la violoniste anglaise qui faisait partie du groupe. Elle a hésité… mais a finalement renoncé, cela joue trop fort pour elle désormais! Ella Beccaria, sa remplaçante, n’a pas ce genre de problème .

Ci-dessous medley vidéo:

Sly Apollinaire, Voyage de Noz et Mathis: rencontre lyonnaise.

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Les questions rituelles de l’inter-ViOUS ET MURAT- à SLY APOLLINAIRE :

Mon album préféré de Murat : Ce n'est pas très original, mais je dirais Mustango, pour son climat, Jennifer Charles & Calexico, le premier écouté et celui qui a le plus de valeur sentimentale pour moi. J'aime aussi beaucoup Lilith, découvert juste après, pour son contraste entre extrême douceur et énergie rock.

Mes 3 chansons préférées : Jim (là encore, pas très original) pour les raisons citées plus haut. Le Train Bleu, pour le texte et la mélancolie familière. La Bacchante, pour l'arrangement de cordes à tomber.

Une chanson de mon répertoire évoquant Murat : Un morceau intitulé "Dans le Lit Du Doux", qui sera présent sur mon futur album. Musicalement, c'est une sorte de grand écart entre Murat et Led Zep. Et le texte a ce côté "régionaliste" qu'on trouve chez Murat, puisqu'il fait référence à la rivière d'Ardèche où je me baigne depuis mon enfance.

Souvenir de concert : J'ai vu Murat pour la 1ère fois au Ninkasi, période Mokba, un set très contrasté avec de grands pics d'intensité clairement rock'n'roll. Puis je l'ai revu au théâtre de Villefranche il y a quelques mois (10 ans plus tard!) et j'ai adoré son nouveau groupe plein de feeling, notamment le bassiste.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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