Publié le 5 Juin 2016

1) Du 20 au 26 Mai, Morituri s'est vendu à 341 exemplaires physiques (142e du classement). C'est moyen, c'est moyen... On attend un 2e single pour que se prolonge un peu la vie de ce bel album.

Ps: Vous vous rappelez qu'il y a un concert à Clermont le 18 juin? On y sera!

2) L'Humanité aime toujours Murat. Dans l'humanité Dimanche de ce week-end:

Merci à Caroline B. pour la photo.

Merci à Caroline B. pour la photo.

 

3) Encore de la chronique:

 

- http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20160524.OBS1115/cosmic-machine-jackie-palmer-la-selection-musicale-de-l-obs.html?xtor=RSS-17

♥♥♥ "Morituri", par Murat (Le Label/Pias).

Le Murat de saison est arrivé. Noir et duveteux comme un cygne. Cette fois-ci, un album de ménestrel plus que de rocker. L’Auvergnat prolifique (des centaines de chansons dorment dans ses armoires) déroule son spleen langoureux. Le poète, entre Facteur Cheval et Verlaine, Bourvil et Neil Young, murmure plus que de coutume. Cafardeux ? Mais lumineux. Qui d’autre ose chanter marmotte, mouflons, giroflée, pont-levis, satin pâle, vent chaud, garde-chasse, vallon détrempé, chiendent, narcisse, jasmin. Et vaine espérance. François Armanet

- http://mescritiques.be/spip.php?article1981

Extrait : Il ne faut pas prendre la singularité de Jean-Louis Murat pour de la solitude. S’il sort depuis toujours des albums très personnels, ce sont aussi ses collaborations qui façonnent le son de toutes ses sorties. Après un long Babel qui signait une collaboration très fructueuse avec le Delano Orchestra, il signe son vingtième album en recrutant des musiciens au passé tourné vers le classique et l’improvisation jazz et ayant quelques belles références. Le claviériste Gael Rakotondrabe ayant déjà joué avec Antony and the Johnsons ou Pierre Lapointe et le bassiste James Thomas a côtoyé Ray Lamontagne. Citons aussi le retour de Morgane Imbeaud (Cocoon) aux chœurs.

Le résultat est donc bien moins champêtre que sur Toboggan et moins direct que sur Babel. Rassurez-vous, ce n’est pas trop lounge non plus. L’équilibre est donc très vite établi, permettant quelques moments à la coolitude bien réussie (Tous Mourus).

Vos lettres latines vous ont enseigné que Morituri désigne ceux qui vont mourir (et qui saluent César au passage). Outre l’universalité de notre condition de mortel, cette allusion est ici plus spécifique au monde paysan qui disparaît. Ce n’est pas neuf chez lui, ce thème avait déjà été abordé dans Vendre les Prés mais il est encore plus présent ici et il s’incarne dans d’inquiétants gimmicks (chialer dans la cuisine sur la Pharmacienne d’Yvetôt), dans une fausse trivialité (Tous Mourus), du bon vieux WTF des familles (French Lynx) ou un faux ton enjoué (Interroge La Jument).

Même si on a renoncé depuis longtemps à se lancer dans une exégèse poussée de ses textes, ils s’imposent d’eux-mêmes par leurs fulgurances et l’aplomb avec lequel il les livre. C’est sans doute pour ça que quelques bribes plus figuratives prennent une lumière particulière. Même s’il a été écrit le texte d’Interroge La Jument longtemps avant les attentats de Paris, on se rend compte que le mot ‘terrasse’ ne résonne plus de la même manière. La suite: ici

 

- Et une autre chronique tout fraiche... mais euh: c'est une chronique de CHEYENNE AUTUMN! Bon, y 'a pas de mauvaise date pour parler d'un disque: http://www.xsilence.net/disque-9835.htm

 

4)  Murat taclé?:

Vous êtes un auteur très demandé. Récemment Jean-Louis Murat, nous confiait qu’il avait un profond mépris pour ceux qui écrivent pour les autres…
La différence entre Murat et moi, c’est qu’il croit que son écriture est sacrée, pas la mienne. Quand tu écris pour Greco ou Hallyday, tu n’utilises pas les mêmes mots, les mêmes dictionnaires. Il faut se remettre en question. Peut-être que Murat n’en a pas envie…

C'est Miossec qui parle à METRONEWS.

 

 

5) Elysian Fields et la belle Jenny vient de jouer en France... On n'aura pas vu, je crois, Jean-Louis, du côté du Tremplin cette année (cf la dernière fois). Le progrès évoque JLM à l'occasion du concert de Bourg en Bresse:  

Jean-Louis Murat, expert en la matière, ne s’était pas trompé lorsqu’il avait invité Elysian Fields sur Mustango, l’un de ses plus beaux albums. Jamais fantômes n’auront été aussi sensuels, troublants, ouvert à tous les possibles. Joe Dassin avait raison. Il y a tout ce que vous voulez aux Champs-Élysées.

Selon leur site officiel, ils reviendront en Europe à l'automne:  ils indiquent à "BOURDEAUX", qui est dans la Drôme.... mais il s'agit plutôt de  Bordeaux (salle Le Rocher De Palmer).

 

 

 

LE LIEN EN PLUS

Le nouvel album de Silvain VANOT  "Ithaque" vient de sortir, et je l'ai écouté avec grand plaisir, alors que sa voix habituellement ne me sied guère. En écoute :

http://03h50.bandcamp.com/album/ithaque

Un article dans POP NEWS

On rappelle que Silvain est aussi l'auteur d'une biographie de Johnny Cash. Le compte-rendu du dernier concert de Clermont par M à lire ici.

Il sera cet été sur Lyon en résidence à l'épicerie moderne, puis en concert à Marcy l'étoile, dans le cadre des Nuits de Fourvière. http://www.nuitsdefourviere.com/programme/silvain-vanot

  • le 18/07/2016 à 20h00 Domaine de Lacroix Laval, et c'est gratuit.

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

Publié le 1 Juin 2016

 

Tout a commencé par une épigraphe : "J'ai fréquenté la beauté chaque jour abreuvé à l'illusion des toujours". Qui tenait donc à citer Jean-Louis Murat en exergue de son roman ? Le nom de l’auteur me disait vaguement quelque chose, mais ce n’est qu’après une rapide recherche que j’ai pu lancer mon habituel « Bon sang, mais c’est bien sûr!» : Franck COURTES!  Magic 1999, ses magnifiques photos de Jean-Louis en Auvergne, les premières à Douharesse... Une série parmi tant d'autres pour un photographe qui a travaillé pour Les Inrockuptibles”, “Liberation”, ”Telerama”, “Le monde”, ”L’Optimum". Ni une, ni deux, contact pris via Facebook et demande d’interview, semble-t-il acceptée de bon cœur. Ni trois, ni quatre, lecture de ses deux derniers livres « Sur une majeure partie de la France » et «Toute ressemblance avec mon père» (édition JC Lattès). Un travail réalisé avec un grand plaisir : la plume de Franck est sobre, même si elle ne se refuse pas des pauses en pleine nature, le tout avec un découpage percutant au service du récit et de personnages attachants. Le fait que les deux livres soient « autobiographiques » ou inspirés de faits réels renforce leur attrait, même pour ceux qui n'auraient pas à préparer une interview de l'auteur.

Celle-ci sera une inter-ViOUS ET MURAT pure et dure : anecdotes remarquables (belle évocation de Daniel Darc...) et infos inédites (où comment un photographe a réussi à coucher Murat un soir à New-York), petit jeu des points communs, discussion sur la littérature… et un magnifique cadeau en prime : notre invité a accepté de nous offrir quelques photos inédites  de Jean-Louis !   J’espère que cette interview donnera envie à beaucoup d'entre vous d'aller plus loin, en découvrant les livres de Franck... 

     Devant des fenêtres,

                                                                                                Franck prend la pause et la photo:

©Franck Courtes/VU’ (photo que conservait Franck sur son téléphone)    verso:  ©Jérôme Bonnet
©Franck Courtes/VU’ (photo que conservait Franck sur son téléphone)    verso:  ©Jérôme Bonnet

©Franck Courtes/VU’ (photo que conservait Franck sur son téléphone) verso: ©Jérôme Bonnet

 

Bonjour Franck,

 - Je voudrais d'abord revenir à la photographie... et en premier lieu, votre travail avec Jean-Louis Murat. Il me semble que vous l'avez photographié à deux reprises, avec un travail très différent, l'un  peut-être représentant un Murat des champs et l'autre,  un Murat des villes. Pouvez-vous nous en parler?

F. Courtès: J'ai photographié J.L. Murat à New-York la première fois, dans un grand loft d'artiste intimidant qu'on lui prêtait. On a regardé ensemble mon travail le soir, et il m'a avoué préférer de loin mon travail personnel qui est une sorte de journal intime en photo, plutôt que mon travail de commande où apparaissait de nombreuses personnalités connues en train de faire leur promo. On était bien d'accord sur le côté vain et parfois pathétique de ces gens qui ne cherchaient qu'à paraitre le plus beau, le plus séduisant possible. Il est impossible d'y résister, même les personnes les plus dignes s'y vautrent. C'est bien pour cette raison que je pense qu'il faudrait en finir avec ces beaux portraits d'écrivains, de musiciens, de politiques. En tout cas, moi, j'ai arrêté (en même temps que le sucre d'ailleurs, c'est drôle, non ?). Bref, J.L. Murat et moi, on partait en silence sur de bonnes bases, parce qu'on était sans s'embêter à le dire, bien d'accord. On a bu et il a fini à poil dans le lit avec sa guitare ! Habituellement c'est le genre d'idée qui vient aux filles, ça m'a plu ce pied de nez à la promo, car évidemment les photos n'étaient pas publiables...Une de la série new-yorkaise.

En Auvergne, c'était autre chose, il m'a fait écouter des démos magnifiques, il est une source inépuisable ! Et puis il a plongé ses mains dans une mare pour me montrer des oeufs de grenouille, on buvait de la tisane à la reine des prés, et il me répétait que c'était pas rien pour une plante, de s'appeler "reine des prés", qu'on devait y prêter attention. Et puis ma voiture n'a jamais voulu redémarrer, et on a fini les mains dans le moteur avec les pinces crocodiles. Sans lui, je ne repartais pas. C'était tout un symbole pour moi que Murat, avant de partir me refile de l'énergie, m'aide à redémarrer, mais je ne lui ai pas dit. Mon petit moteur intime tourne encore en partie grâce à lui...

 

                                                                                                                             ©Franck Courtes/VU’

 

- Ah, c'était à New-York... Vous aviez l'habitude de travailler pour Labels ou d'autres maisons de disque?

F. Courtès: Oui, il me semble qu’ils me donnaient pas mal de commandes photos. Je travaillais pour tous ceux qui me le demandaient en fait, je ne faisais pas attention aux en-têtes sur les bons de commandes. Je travaillais vraiment beaucoup et pour le plaisir, il m’arrivait d’oublier d’envoyer mes factures. 

- Concernant l'autre session, comment elle s'organise? A la demande de Magic ou via la maison de disque?

F. Courtès:  C’est venu de la maison de disque je crois. J’ai du mal à me souvenir, mais je ne serais pas étonné si on me disait que c’était pour rattraper la séance de nu de New York…!

- Ces photos sont très belles (à ce moment où on n'avait pas encore l'habitude des photos dans son environnement naturel), avec Murat cinglé dans un blouson d'aviateur et cette couleur sepia (utilisée par la future Mme Bergheaud sur Live in Dolores). Il me semble que vous êtes pourtant peu utilisateur de ce genre de filtre? 

F. Courtès: Je n’ai jamais utilisé de filtre. Le sépia, c’est un bain de conservation dans lequel on trempe son tirage papier pour en augmenter le pouvoir de conservation. C’est pour ça que les vieilles photos sont sépias, parce qu’à l’époque on fabriquait les choses avec une idée d’éternité, la pérennité était dans la tête des artisans, regardez les églises ou les maisons en pierre… Photoshop aujourd’hui imite ces rendus à la perfection, sauf que l’esprit n’y est pas. Comme le plaqué chêne imite le chêne. Dans un mur, aujourd’hui, même bien crépi, on sent le parpaing… La beauté, c’est avant tout l’esprit qui se cache derrière les choses et les actes, pas la surface.

- A la lecture de vos premières réponses, j'ai pensé à ce que vous disiez  sur votre travail de portraitiste:  "Réflexion, le mot n’est pas approprié, c’est plutôt une complicité d’un moment. Il y a même une part incroyable de hasards dans toutes mes images. Il faut juste être concentré sur ses sentiments envers ce qui nous entoure. Moi, j’imagine très peu, c’est déjà tellement riche de sens et même de poésie ce que font les gens". L'art d'être en empathie?

F. Courtès: Oui, il y avait une véritable empathie pour les gens dans mes photos, parce que j'en ai beaucoup dans la vie en général. Je suis assez admiratif des gens, j'ai toujours l'impression qu'ils ont des qualités que je n'ai pas. Il m'arrive d'aimer quelqu'un alors même qu'on est pas d'accord, juste parce que son raisonnement est sincère. J'aime beaucoup la sincérité, même si l'idée exprimée ne me plait pas entièrement. Maintenant, est-ce qu'il y a un art de l'empathie, je ne pense pas. Il n'y a pas d'art de tout. Etre dans l'empathie n'a pas grand chose à voir avec l'art. J'ai connu de très bons portraitistes qui méprisaient leurs sujets. Leurs photos étaient vraiment belles quand même. Disons qu'avec moi, il y avait de l'amour pour mon modèle, et s'il n'y en avait pas de prime abord, j'avais tendance à en rechercher.  

©Franck Courtes/VU’

©Franck Courtes/VU’

-  Vous faites parti des fondateurs des Inrockuptibles, je vous ai vu faire photo commune avec JD Beauvalet – j’aime citer Marie Audigier qui racontait que la consécration pour elle était d’avoir une critique de JD pour son disque-.  Vu l’histoire entre ce journal et Murat, je dois forcement poser une question (avec mon étonnement que vous n’ayez pas shooté Murat pour ce journal justement) :  est-ce que vous pouvez nous dire quelques mots sur cette période de collaboration avec ce magazine ?

F. Courtès:  Je n’étais que le troisième photographe des Inrocks, après Renaud Monfourny et Eric Mulet. J’étais plus jeune et arrivé après eux, donc on me confiait les reportages que les deux autres ne voulaient ou ne pouvaient pas faire. J’étais très fier de travailler pour ce magazine, on faisait à peu près ce qu’on voulait en photo. Et puis ça s’est mal terminé à cause de l’argent. Ils ne payaient pas ou avec des mois et des mois de retard et des dizaines de relances humiliantes où j’ai perdu ma confiance en eux. Ils disaient qu’ils ne pouvaient pas, qu’ils n’avaient plus d’argent. Le jour où ils ont revendu une photo de moi à un magazine sans me le dire alors qu’ils ne m’avaient même pas payé le reportage commandé (à New York, les Fun Loving Criminals), j’ai arrêté, écoeuré. Les journalistes n’étaient probablement pas au courant de la manière dont ça se passait avec le règlement des factures des indépendants. Sinon, jamais ils n’auraient pu continuer à écrire certains articles emprunts de valeurs morales… J’en ai pleuré un moment. J’étais déçu, mais je n’ai rien dit, je n’ai pas fait de procès, j’aimais ce journal. Le mieux, c’était de prendre mes distances et d’en tirer les leçons, pas d’en donner. C’est la première fois que j’en parle publiquement. J’avais l’enthousiasme et la naïveté de la jeunesse, c’est cocasse de la perdre avec un journal qui a pour beaucoup été le journal de l’intégrité, et de l’élégance.

-  Quelles sont vos rencontres les plus marquantes?  (vous avez je le signale photographié au moins deux prix nobel  et un double ballon d'or... Feu Cruyff...) . Est-ce que vous avez quelques anecdotes?

F. Courtès: Ma rencontre avec Arthur H et Eric Holder ont débouché sur deux amitiés, mais je pourrais citer des dizaines de rencontres intéressantes. Je pense à Arletty qui m'a reçu chez elle quelques temps avant sa disparition. J'étais très jeune et ne faisais de photo que pour moi, je demandais aux comédiens un rendez-vous, au culot. Je l'avais contactée et elle m'avait reçu. Main dans la main, assis dans le canapé, elle m'a dit de cette voix extraordinaire: " Je suis heureuse qu'on s'intéresse encore à moi, mais ne faisons pas de photo, s'il vous plait, je suis aveugle, je ne les verrai jamais. Voulez vous encore un peu de thé ? Si vous avez du temps, j'aimerais qu'on discute plutôt." J'avais l'après-midi... Elle n'a pas une seconde quitté ma main qu'elle serrait de temps à autre quand elle éclatait de rire.

- Un des prix nobel, c’était Modiano, dont la séance est évoquée dans « toute ressemblance avec le père » : « il était en chaussette ce jour-là, mais je n’avais pas osé le cadrer de pied. Avec un homme politique, j’avais eu moins de scrupules en remarquant sa braguette ouverte, un jour, et m’étais arrangé pour que, dans le cadre, on ne voit que ça  » .  Il y a prescription :  c’était qui ?

F. Courtès: Il m’est arrivé des choses semblables, mais en réalité ce n’est pas arrivé à moi, c’est une photo que j’ai vue sur la planche contact d’un photographe de Libération, je crois que c’était Hugues de Wurstemberger. J’avais trouvé ça génial.

- Vous avez beaucoup photographié des auteurs et romanciers pour Lire et dans les coulisses de la Grande Librairie (France 5). Est-ce que cela a pu jouer un rôle dans votre vocation d’auteur ? Ou est-ce que c’est votre vocation d’auteur qui vous a permis de réaliser ces représentations photographiques ?

F. Courtès: Ça m’a donné en tout cas l’occasion de lire quelques pages ou le livre entier des auteurs contemporains que je ne connaissais pas. J’avis un réel plaisir à photographier les écrivains, parce que la plupart du temps, ils ne sont pas très conscients de leur image, ce ne sont pas des cabotins. Et puis leur univers est toujours vaste et intéressant.

- Vous parlez de cette vocation dans « toute ressemblance…. « je me suis mis à la photographie pour m’inventer un nouveau décor, une histoire à moi, pour remplir le vide. Circonscrire le monde, l’apprivoiser, l’épingler au mur. Par goût de la promenade aussi. Mes portraits  comme autant de têtes réduites, avec l’âme à  l’intérieur si possible, des prises de guerre[…] ».   A la lecture de ce livre, on se dit  que  ce vide n’a pas été rempli par la photographie… et qu’il a fallu l’écriture, et notamment de ce premier roman, pour se construire.     (je ne trouve pas de question… mais cela vous inspirera-t-il une réaction ?). 

F. Courtès: Je trouve aujourd’hui plus d’écho dans la littérature que dans la photographie. Ce matin j’ai discuté avec le peintre Emmanuel Fandre qui m’a avoué qu’il ne pouvait plus poursuivre sa série sur le corps humain, qu’il en avait fait le tour, qu’il devait passer à autre chose, un travail sur la couleur. Moi ça m’a pris vingt ans à faire le tour de mon travail photographique, il fallait que je passe à autre chose sous peine de tout perdre. J’y reviendrai peut-être un jour, mais je n’en suis pas du tout là.

 

©Franck Courtes/VU’

©Franck Courtes/VU’

- Est-ce que vous avez encore eu des contacts avec Jean-Louis Murat?

 F. Courtès: Je n'ai pas vraiment de contact avec lui. Mais je pense à lui très souvent. Je vais le voir en concert bientôt [Pias nites de mai] et il m'a écrit qu'il avait aimé mon dernier roman. Enfin un peu plus qu'aimé...

- Le nom de Murat était déjà dans votre précédent livre :  « il se moquait de la musique qui passait dans le bar, de Morrissey qui ne valait rien, selon lui, sans Johnny Marr. English tarlouze, il ricanait, mais toujours mieux que les french fiotes ! Une chanson de Murat commençait ».

F. Courtès: Oui, c’est une histoire vraie, un de mes amis très cynique, qui vivait indirectement de la musique justement.

 - On va passer aux questions rituelles.  Quand avez-vous découvert Murat? et écouté?  Vous le connaissiez avant New-York?

F. Courtès: Oui, je connaissais Murat bien avant de le rencontrer, une fille m’avait mis ses disques en bande son durant une nuit d’amour, ça m’avait troublé. 

- Votre album préféré de Murat? et pourquoi?

F. Courtès:  Le manteau de pluie, parce qu’il y a dedans ma chanson préférée Le lien défait.

- 3 chansons? et ce qu'elles vous inspirent?

F. Courtès: J’ai fréquenté la beauté, Le lien défait, Dordogne. Elle m’inspirent la campagne, l’amour, la mélancolie. Il chante si bien la campagne ce lieu où le mariage entre l’homme et la nature est possible et apaisé.

- Vous irez à la maroquinerie, mais l'avez-vous déjà vu en concert ? Si oui, quels souvenirs? impressions?

F. Courtès: Un concert de Murat est toujours unique, c’est à chaque fois une prise de risque, une expérience. On sent son humeur, qu’elle soit bonne ou mauvaise, il ne triche pas.

- La dernière question rituelle est normalement : Est-ce qu'il y a dans votre répertoire une chanson qui vous évoque Murat ou dont il aurait été l'aspiration?  On va la modifier ainsi:

Pourquoi avoir mis cette citation de Murat dans votre dernier roman?  Est-ce qu'il a une influence dans l'écriture ou la genèse du livre?

F. Courtès: Murat me conforte dans ma colère face à la destruction de la campagne et des valeurs au nom du dogme borgne du modernisme, alors pour mon dernier roman, « Sur une majeure partie de la France », son esprit a plané sur mes pages. 

 

©Franck Courtes/VU’

©Franck Courtes/VU’

- Olivier Adam (que vous avez photographié) aime citer la musique qui l'a accompagné dans l'écriture d'un livre à la fois dans le livre lui-même (Murat, St-augustine...) et aussi en interview. Est-ce que la musique joue un rôle dans l'écriture? 

F. Courtès: J’ai toujours vécu entouré de musique, elle influe sur toute ma vie, la littérature y compris. La prose doit être musicale, sinon, elle sonne mal. Tandis que la musique n’a pas besoin d’être littéraire. La musique peut commencer avec le doux battement du coeur de votre fiancée. 

 - Pour poursuivre le petit jeu des rapprochements avec  Murat, il y a  le sport, vous concernant,  le judo et la course (sur laquelle vous avez écrit), Murat  a également beaucoup pratiqué la course, le vélo, le ski.  Vous avez dit :  « On peut l’appliquer à tout le reste. C’est grâce à la course que je me suis mis à écrire. Du jour au lendemain, cinq heures par jour ».  Murat lui : «  « Se surpasser physiquement complète l’effort de la création artistique ».  Est-ce lié au sport, mais vous vous retrouvez aussi dans une certaine discipline du travail artistique comme écrire le matin… ?

F. Courtès: Oui, j’ai infiniment plus de ressort intellectuel le matin. Je dois toujours faire un choix le matin : aller courir ou travailler. Je sais que si je ne cours pas, je travaille moins bien. C’est si pénible de rester assis des heures pour un garçon qui a tant détesté l’école… Même au bar, je prends rarement le tabouret. J’ai vu un auteur allemand à Berlin qui s’était fait construire un bureau haut pour rester debout pendant son travail. Un jour j’essaierai.

-  Dans toute ressemblance… :  « j’étais contrarié à l’idée de rencontrer un directeur artistique.  Le titre m’effrayait, ça sonnait comme chef des nuages,  ou préfet de l’eau vive ».  Là, encore, j’ai pensé à  Murat, qui travaille certes avec une Directrice artistique, mais dans une relation très particulière, et jamais avec un « producteur ».  Vous –même,  vous avez toujours refusé d’avoir un patron…  On peut imaginer le travail d’auteur très solitaire,  mais il peut y avoir des relectures,  un travail avec un éditeur.  Est-ce que vous avez appris à gérer cette peur ?

F. Courtès: Mais mon éditrice est tout sauf un patron, c’est quelqu’un dont je bois les paroles, que j’aime profondément. Elle fait partie de mon travail au même titre que ma compagne ou la bougie que j’aime allumer au dessus de ma feuille.

- Ma question est sans doute liée au fait que vous êtes les seuls auteurs contemporains français que j'ai lu récemment (avec Arnaud Cathrine),  mais Est-ce que vous vous sentez proche d'Olivier Adam justement?  "Sur une majeur partie de la France" et cette description de cette "3e" ou "4e couronne" m'a évoqué la façon dont il traitait cette "lisière" ou ce bord de mer dans "peine perdue"  ?

F. Courtès: Je me sens proche d'Olivier Adam parce que nous aimons tous deux raconter les gens dont on ne fait pas habituellement grand cas. Nous avons dû éprouver un jour une même tendresse pour des gens croisés ça et là. Je ne connais pas ses motivations, mais les miennes sont assez simples : les gens sans pouvoir m'ont toujours moins intimidé et davantage attiré que les gens à la recherche de pouvoir. C'est peut-être finalement par peur des puissants que je me suis réfugié auprès des plus faibles. Et c'est à leur contact que j'ai découvert leurs forces et leurs beautés discrètes.


- Pour en venir au livre, vous disiez que «son esprit avait plané sur les pages ».  C’était ainsi l’évidence de  mettre un vers de « Babel » en exergue  du livre ? Avez-vous hésité avec une autre citation ?     J’ai envie de citer une phrase du livre qui fera tilt bien sûr auprès des lecteurs réguliers du site : « ma passion pour cette terre, cette liberté, cette beauté, attachait pour toujours mon être au paysage ».

F. Courtès: J’ai failli mettre une citation d’Ernst Junger mais ça aurait fait un peu trop.

- Ce qui m’a paru intéressant dans la campagne que vous évoquez, et cela n’a pas été indiqué ainsi sur France 5 (voir ci-dessous), c’est que votre décor est loin d’être « le paradis pastoral » qui est l’univers de Murat, un environnement à potentiel touristique :  c’est un coin de région parisienne presque sans charme – beau que quelques  semaines  par an écrivez-vous –   alors que Murat lui chante aussi les louanges d’une environnement protégée, une terre avec une  identité, une personnalité….   Et cela renforce d’ailleurs votre discours…   (là encore pas de question qui me vienne, mais j’espère que vous en trouverez  à me répondre…]

F. Courtès: J’ai discuté avec un auvergnat il n’ y'a pas longtemps pour une radio. Il me disait qu’en Auvergne, l’identité et la beauté n’avaient pas autant subi les affres de la banlieue totale. Il reste des lieux magiques Sur une minorité de la France

- En lisant le livre, je n’avais pas forcement connaissance que vous vous inspiriez de faits réels et vécus. C’est sur l’évocation par le narrateur d’une rencontre avec Daniel Darc que je me suis dit que c’était bien vous qui parliez.  L’anecdote est bien réelle (c’était vraiment du cannabis ?) ?  Avez-vous encore fréquenté Daniel  par la suite?

F. Courtès: Oui, du cannabis trop fort pour moi ! Je n’ai pas revu Daniel à part dans un concert où il était tout seul à tituber dans un coin. Je me suis approché et très vite lui ai dit à l’oreille : « Je t’aime Daniel ». Mais je me suis vite éloigné avant qu’il pense que j’en attendait quelque chose. Je l’ai vu me sourire. Et puis une dernière fois dans la rue. J’étais avec ma file Daphné et quand j’ai aperçu Daniel arrivé en face au bras d’une jeune punk, l’air si clochard, je n’ai eu que quelques secondes pour avertir ma fille de dix ans qu’on allait croiser un des plus grands musiciens français, un poète, je ne trouvais plus les mots, mais ma fille a compris que c’était quelqu’un d’important en tout cas. Et il l’a embrassée, en lui parlant d’une voix extraordinaire, douce et rocailleuse. C’était un peu avant sa mort.

- L’autre chanteur juste évoqué dans le livre, c’est Bruce Sprinsteen (« un chanteur d’une voix éraillée qu’elle ne connaissait pas chantait qu’il était né aux Etats-unis. Né dans une ville paumée »). Murat aime à le citer quand il faut se justifier sur son « ancrage » territorial.  Pourquoi en parlez-vous ? Un marqueur (comme on dit maintenant)?

F. Courtès: Oui, c’était juste pour voir si des gens prendraient la peine de traduire et de le reconnaitre. Ce morceau nous faisait conduire vite, boire plus, faire des bêtises. Pourtant on ne comprenait pas les paroles !

- Le livre a certes un contexte,  avec un discours sur la campagne, mais ce n’est pas non plus ce qui fait le livre. C’est un vrai roman,  avec des personnages  dont on veut suivre la destinée, une tension dramatique (accentuée chez moi fortement par le contexte « drogue » ). Vous annoncez le drame, mais il y a un vrai suspens autour du dénouement.  J’ai l’impression que, comme dans le précédent livre,  on a l’impression de lire des nouvelles à chaque chapitre ?

F. Courtès: J’adore découper le livre en morceaux dramatiques. Ça me permet de jouer avec les ressorts, les suspens, comme dans les feuilletons. Je dis feuilleton, pas série…

- Il me semble que vous vous pliez de bonne guerre à la tournée de « promo » :  visite en bibliothèque,  rencontre scolaire, librairies et salons.  Murat à propos de la séance dédicace post concert,  faisant parler sa mère, disait : « ah mais à quoi t’en es rendu, mon fils ! ».   Est-ce que l’exercice vous plait ? Est-ce que le retour des lecteurs vous surprend, peut aussi vous influencer par la suite ?

F. Courtès:  Ce qui me surprend, ce sont les messages que les lecteurs m’envoient. C’est déjà tellement gentil de prendre le temps de m’écrire. De m’expliquer ce qui leur a plu, ce qui les a touché. Ça ne m’influence pas, mais ça me met de bonne humeur, et c’est déjà énorme, non ? Parce que c’est assez long l’écriture d’un livre, et si solitaire. Ces messages me font penser aux cris sur le bord d’une course cycliste : « Vas-y ! t’es le meilleur ! Fonce ! » Bon, je plaisante un peu, certains sont plus troublants, quand je découvre la résonance intime, la vibration que mes livres ont provoqué sur les cordes d’inconnus… 

Et toi!!                ©Franck Courtes/VU’
Et toi!!                ©Franck Courtes/VU’

Et toi!! ©Franck Courtes/VU’

Interview réalisée par mail du 30/03/2016 au 18/04/2016. Un grand merci à Franck Courtès, et à l'agence VU. (Si vous souhaitez partager des photos, merci de ne le faire qu'en utilisant le lien vers l'image ou de mentionner: ©Franck Courtes/VU’).

 

L'ensemble des portraits de Murat  de Franck publiés dans la presse (et d'autres infos) à découvrir ICI

Inter-ViOUS et MURAT- n°21:      Franck Courtès

LE LIEN EN PLUS

- Sur le Site internet de Jean-Claude Lattès.

- Des chroniques  de "Sur une majeur partie de la France"à lire: motsenmarge.com,  aussi là sur hql, et sur La Vie.fr qui aime passionnément.

- Une interview de 2013 dans l'Obs.

- Dans "la grande librairie" (le 7/04/16):

- Le photographe : site de l'agence vu'   et son livre "portraits d'auteurs"  encore disponible

On avait déjà vu les photos de Franck sur ce site dans notre chronique du dernier disque de Dominique Dalcan.

- http://www.surjeanlouismurat.com/2016/06/franck-courtes-photographe-suite.html

 

Maintenant, il faut s'en aller...    (salutations à Fred Plainelle).

©Franck Courtes/VU’

©Franck Courtes/VU’

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

Publié le 29 Mai 2016

 Un iMMense Merci à M.

Quand Murat fait son Enfoiré...
CARITATIF, du latin caritas, caritatis : amour, affection, tendresse.


Qu'est-ce qu'au fond du cœur

Associer le nom de Jean-Louis Murat à la notion d'engagement humanitaire ou d’œuvre caritative ne va sans doute pas de soi pour le grand public. Celui-ci – lorsqu'il a déjà entendu parler du chanteur – le connaît probablement davantage pour son scepticisme moqueur, voire suspicieux, envers les artistes engagés ou pour certaines des piques qu'il lui est arrivé d'adresser à la troupe des Enfoirés. En 2004, dans l'émission d'un Thierry Ardisson qui n'en finissait plus lui-même de lancer des "À vot' bon cœur, m'ssieurs-dames" aux téléspectateurs du prime time se refusant à lui, Murat y était allé précisément de bon cœur au sujet de la bande à Goldman : "une vingtaine d'artistes squatte la cause humanitaire et les bons sentiments. […] Les émissions de télé sont faites par cette vingtaine d'artistes qui squattent l'humanitaire. Ils ont compris assez vite que c'était le moyen le plus efficace de se faire de la promo. C'est un genre de mafia." On ne s'étonnera donc pas que sur les 1264 chansons interprétées par les Enfoirés depuis leur naissance, aucune ne soit signée Bergheaud. Les muratiens dépités pourront éventuellement se consoler en songeant que Denis Clavaizolle travaille avec Zaz...

Ceux qui suivent avec plus d'attention la trajectoire de l'Auvergnat savent pourtant qu'il ne rechigne pas, de temps  à autre, à soutenir de justes combats. Son nom figure ainsi sur plusieurs albums destinés à défendre telle ou telle cause, il fit une brève apparition voici quelques années lors du Téléthon et, bien sûr, on peut le voir chaque mois de juin, depuis plus de dix ans, à la Coopérative de Mai, pour un concert au profit de l'association Clermauvergne Humanitaire. Alors que ce traditionnel rendez-vous a lieu dans trois semaines, nous voudrions aujourd'hui revenir, à l'aide de quelques archives, sur deux soirées caritatives auxquelles prit part Murat dans les années 90, bien avant l'instauration du concert annuel pour ses amis pompiers. Direction Koloko, donc, mais en passant par la Roumanie et le Kurdistan.

Libertatea, j'écris ton nom...

Décembre 89. Dans ces dernières semaines d'une année qui aura vu les régimes communistes d'Europe centrale et de l'Est sévèrement remis en cause, le pouvoir dictatorial roumain s'effondre en moins de dix jours : les 16 et 17, des milliers de manifestants s'insurgent à Timisoara et sont violemment réprimés ; le 21, le président Ceausescu voit son peuple se retourner contre lui ; le 22, le "Danube de la Pensée" quitte le pouvoir ; le 25, il est exécuté avec son épouse. Cet embrasement politique et social – trouble conjonction d'une révolte populaire spontanée et d'un coup d’État habilement préparé – s'accompagne d'un emballement médiatique : évaluations très approximatives du nombre de victimes (on ira jusqu'à parler de 60000 morts), descriptions morbides de charniers montés de toutes pièces, récits d'actes de barbarie plus effroyables les uns que les autres (cf. ce reporter clermontois décrivant des femmes éventrées, leur nourrisson attaché autour du corps avec du barbelé…). Timisoara reste aujourd'hui le nom d'un des plus grands dérapages médiatiques des dernières décennies.

Il n'empêche que cette escalade émotionnelle, conjuguée à la proximité des fêtes et aux souffrances bien réelles des Roumains (le bilan de cette révolution-coup d'État est estimé à 1104 morts et 3352 blessés), aura l'avantage de déclencher une large mobilisation internationale en faveur de ce pays. C'est le cas en France, où associations humanitaires, partis politiques, hôpitaux et collectivités s'organisent pour recueillir les dons qui affluent de toutes parts. On envoie sur place du matériel de première urgence, ainsi que des professionnels en mesure d'assurer un encadrement logistique et médical et d'évaluer avec le plus de justesse possible les besoins de la population. Le nombre de blessés ayant été surestimé, l'aide d'urgence se révèle vite efficace et il convient alors de mettre en place un soutien à plus long terme : les dons en argent sont privilégiés, les autres besoins des Roumains pris en compte (la FNAC envoie par exemple plus de 10000 livres, ainsi que des disques)...

En Auvergne, la mobilisation est forte. Le SAMU de Montluçon recueille très vite trois tonnes de matériel et de médicaments qui sont expédiés en avion, l'association Pharmaciens Sans Frontières (créée quatre ans plus tôt par des Clermontois) réussit à lancer une première mission dès le 23 décembre pour parer au plus pressé et des centres de collecte s'ouvrent dans de nombreuses communes. C'est dans ce contexte que le musicien et dessinateur Jacques Moiroud a l'idée d'organiser un concert pour récolter de l'argent. Il contacte JLM, qui accepte d'y participer, Pierre-Yves Denizot (patron d'Arachnée) appuie la démarche, la municipalité clermontoise embraye et, en quelques jours, une dizaine de formations de la scène rock locale se retrouve programmée pour un concert prévu le vendredi 6 janvier 1990, à la Maison du Peuple de Clermont-Ferrand.

Baptisée Libertatea, la soirée rassemble notamment les Coyotes, emmenés par Rocky et sa célèbre washboard ; les Flags, avec les deux Thierry (Chosson et Chanselme), Découvertes du Printemps de Bourges en cette année 90 ; les Radio Active Kids du fantasque Jean-Paul Freyssinet, le plus éMÈCHÉ des musiciens locaux ; Jack et les Éventreurs, dans une formation déjà différente de celle d'origine (avec Jeff, le batteur des Killers, à la guitare) ; les Good Old Boys, pas encore génétiquement mutés en spécialistes du rock agricole ; ou les Real Cool Killers, avec un Buck à la fois ardent et potache. À en juger par les quelques rares images qui circulent sur le net, l'ambiance fut celle d'un bœuf rock n roll et bon enfant, riche en reprises de toutes sortes, de "Boppin the blues" à "Satisfaction", de "It's only love" à "Drives me wild" en passant par "Have love Will travel" et bien d'autres.

Vidéo réalisée par Gut. Merci à Michel (chanteur de Jack et les Éventreurs) pour le partage.

Et Murat alors ? Il est bien présent et la chose peut surprendre pour au moins deux raisons. D'abord, à cette époque, il ne fait officiellement plus de scène, se voulant à la recherche d'une nouvelle approche, qui échapperait à la formule ankylosante du concert comme simple moment de promotion du disque. Ensuite, il vient de passer une partie des deux années précédentes sur les plateaux de télévision, à interpréter de jolies ballades, le plus souvent en play-back et parfois dans des tenues douteuses. L'époque où l'impétueux leader de Clara partageait la même affiche qu'Asphalt Jungle ou Little Bob paraît donc éloignée. Pourtant, Murat ne renie en rien son ancrage dans le rock. Quelques semaines seulement avant ce concert à la Maison du Peuple, il confiait sur une chaîne de télévision normande : "J'le revendique pas, mais bien évidemment je viens du milieu rock. J'ai fait mes classes dans les groupes de rock et dans les caves enfumées de Clermont-Ferrand." Il faut aussi répéter qu'il répond ici à l'invitation de Jacques Moiroud. Or, les deux hommes se connaissent et s'apprécient, ils se sont croisés dans le Clermont rockailleux des années 70, au point que Moiroud co-réalisa en compagnie d'Agnès Audigier (musicienne et sœur de Marie) l'une des toutes premières interviews de Murat, dans le numéro 3 de Spliff, en juin 1981. Enfin, le garçon qui maudit les filles ne se présente pas tout seul sur scène, puisqu'il est solidement escorté par des musiciens du cru, tous chevronnés, qui évoluent sous l'identité de Steve McQueen.

En la circonstance, ce nom doit nous évoquer autant le célèbre acteur américain que l'album éponyme de Prefab Sprout sorti en 85. En effet, le groupe clermontois, monté en septembre 89, compte notamment à son répertoire, en plus de ses propres compositions, des morceaux de Prince, Simply Red, Talk Talk, Joe Jackson ou, justement, Prefab Sprout (dont le batteur, Neil Conti, travaillera avec JLM dans les mois suivants, pour Le Manteau de pluie). Dans sa minutieuse recension des groupes de rock de la région, Jacques Moiroud range Steve McQueen dans la rubrique "All-Star band à filles". Un intitulé attractif pour un casting qui a en effet une certaine allure : à la batterie, on trouve Stéphane Mikaelian, qui évolue entre jazz et rock et connaît Murat depuis le milieu de la décennie ; à la basse, Philippe Masoch, musicien qui a déjà bourlingué dans plusieurs formations du coin et qui joue aux côtés de Stéphane dans Last Orders depuis quelques années ; à la guitare, Christian Isoard, ancien des Sales Gosses et de Fafafa, deux groupes avec lesquels Murat a frayé (il a joué du sax sur un titre du premier, a emmené le second au Midem 83) ; également à la guitare, Jérôme Pietri, instrumentiste virtuose, qui marqua tout une génération au sein de SOS et participa aux aventures de Passions privées et Cheyenne Autumn ; enfin, à la guitare et au chant, Alain Bonnefont, présent aux côtés de Murat dans Clara, puis sur trois de ses quatre premiers disques. Il est d'ailleurs l'auteur de la musique de "Te garder près de moi", dont la sortie en 45 tours aura lieu quelques jours après le concert.
On ne connaît pas la setlist du groupe ce soir-là, mais on peut supposer que Murat préféra jouer des reprises plutôt que ses propres morceaux et qu'il puisa dans le répertoire habituel de Steve McQueen. On sait par exemple qu'il interpréta, les mains enfouies dans les poches de son grand manteau, "It's only love", dans une version plus proche de la reprise des Simply Red que de l'original de Barry White.

En fin de soirée, Jacques Moiroud découpera en petits morceaux le grand drapeau roumain confectionné pour l'événement et les distribuera aux nombreux spectateurs. En espèces sonnantes et trébuchantes cette fois, le concert dont il était l'initiateur aura permis de recueillir environ 25000 francs pour la Roumanie. Mulţumesc, Jacques.

Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.
Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.
Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.
Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.
Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.
Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.
Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.
Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.
Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.
Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.
Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.
Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.
Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.
Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.
Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.

Ils s'appellent Alain, Christian, Jacques, Jean-Louis, Laurent, Pascal, Philippe, Stéphane, entre autres... Quelques images de la soirée Libertatea.

Franco-kurde

Dans ces années 89-90, les Auvergnats ont aussi l'opportunité de se montrer solidaires vis-à-vis d'un autre peuple : les Kurdes. Entre février et septembre 88, le régime baasiste irakien engage une politique d'extermination contre les Kurdes du nord du pays, sans lésiner sur les moyens mis en œuvre : bombardements, attaques terrestres, empoisonnements des eaux, mines, internements, usage des armes chimiques… Ces atrocités coûtent la vie à plus de 100 000 civils et contraignent à l'exil plusieurs dizaines de milliers d'entre eux. Lorsque Danielle Mitterrand, à la tête de son association France Libertés, visite le camp de réfugiés de Mardin (en Turquie), où 16000 Kurdes vivent dans l'insalubrité et la malnutrition, elle s'émeut et décide qu'en cette année du bicentenaire de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, la France se doit de prendre sa part de cette misère du monde. Quelques mois après cet élan utopique doublé d'un magistral coup de com', 337 Kurdes débarquent en France, plus précisément en Auvergne, dans le camp militaire de Bourg-Lastic. Pendant deux mois, ils y sont logés et nourris, mais rien de concret n'est entrepris pour leur intégration, la démarche de la Première Dame ayant été grandement improvisée. Puis à partir du 11 octobre, ils sont répartis dans des villes du Puy-de-Dôme, de la Haute-Loire, de l'Ariège, de la Creuse et de la Corrèze.

C'est à Vic-le-Comte (63), première ville au monde à recevoir ces réfugiés, que l'Association franco-kurde (AFK) est créée en 90, afin de favoriser l'intégration des Kurdes et leurs relations avec les Français, mais aussi pour venir en aide aux milliers d'entre eux restés sur place, dans des conditions de vie peu enviables. En plus d'initiatives locales (un réveillon musical, par exemple), l'AFK soutient les opérations de Pharmaciens Sans Frontières au Kurdistan. Elle s'associe ensuite au Secours Populaire pour organiser ses propres missions, tournées notamment vers l'enfance et la scolarisation. Un premier voyage a lieu durant l'été 95, tandis qu'un deuxième est programmé pour l'automne 96 : il s'agira d'acheminer un convoi humanitaire vers Duhok, dans le nord du Kurdistan. Et dans le cadre de la recherche de l'argent nécessaire à cette expédition, les deux associations partenaires décident d'organiser le 28 mai 96, à la Maison du Peuple, une Nuit du Kurdistan, soirée musicale réunissant André Agier, Jack et les Éventreurs et Jean-Louis Murat.

 

 

Le premier de ces trois artistes, alors âgé d'une quarantaine d'années, mène depuis la fin des années 70 une carrière de chanteur. Il a notamment fait les premières parties d'Areski et Fontaine, d'Henri Tachan ou de Calvin Russel et fut remarqué par Jean-Louis Foulquier. À ses débuts, Lucien Rioux le qualifie dans Le Nouvel Observateur d'"auteur-compositeur désabusé, mais talentueux" et le mot "tendresse" revient souvent pour parler de son travail. Il ne le sait pas encore, mais ce concert à la Maison du Peuple est le dernier qu'il donnera. Depuis, il continue à créer d'honnêtes chansons bluesy, regards souvent incisifs sur notre modernité, mais se consacre avant tout à la peinture et à l'écriture. Jack Daumail, lui, est toujours en activité en 2016, avec pas moins de trois projets différents. Comme on l'a vu plus haut, il participait déjà au concert pour la Roumanie, mais son groupe a (encore) évolué, puisqu'il se produit à présent en trio, avec Bruno Chabrol à la batterie et l'ex-Steve McQueen Philippe Masoch à la basse. Ensemble, ils viennent de sortir un EP, après avoir été Découvertes du Printemps de Bourges en 95. Daumail a par ailleurs croisé le fer (guitaristiquement parlant) avec Murat plus d'une fois lors de bœufs au Poco Loco.

Murat, justement, est la vedette de cette soirée. En parcourant les articles de presse de l'époque, on apprend qu'il est lié depuis longtemps avec les Kurdes installés en Auvergne. Ainsi déclare-t-il à Info : "grâce à l'Association Franco-Kurde, j'ai des liens privilégiés avec des Kurdes originaires du nord de l'Irak et j'ai pu apprécier leur courage face à cette situation si difficile, face à l'exil et à la misère qui ronge leur pays." Pour mieux comprendre l'origine de ce lien, il faut se reporter à un entretien accordé au Nouvelliste fin 93 : "Avec ma copine qui est engagée, on a une cause, c'est les Kurdes, parce qu'il faut bien en choisir une. Parmi ces milliers d'injustices, on a que l'embarras du choix." C'est donc par procuration qu'il semble avoir été sensibilisé au malheur des Kurdes, au point – comme le note Bayon dans la colonne publiée par Libé pour promouvoir la soirée – d'évoquer ce peuple dans une de ses chansons, "Franco-kurde". Moins une chanson, d'ailleurs, qu'une vraie-fausse conversation relâchée autour d'un article de journal (sur la situation des Kurdes en Turquie), suivie d'un instrumental blues-jazz-oriental sur lequel les musiciens du Vénus Tour excellent. L'humeur à la fois négligée et frontale du texte rappelle le Murat préoccupé par les malheurs du monde depuis son univers quotidien que l'on retrouvera, par exemple, dans une chanson comme "Belgrade" (où le nom d'un criminel de guerre voisine avec celui d'une discothèque d'Orcines).


Hélas pour les organisateurs, le concert ne paraît pas avoir obtenu le succès espéré, avec 300 spectateurs seulement. On ignore dans quelle formule JLM fit son apparition sur scène, mais on peut présumer qu'en pleine préparation de Dolorès et compte tenu du fait qu'André Agier travaillait lui aussi à cette époque avec Denis Clavaizolle, ce dernier était dans les parages. On sait en revanche que les inédits attendus par beaucoup ne furent pas dévoilés et que Murat se contenta d'interpréter d'anciennes chansons, agrémentées de quelques reprises. Présent dans le public ce soir-là, Benjamin, alors étudiant, se souvenait il y a peu chez notre camarade Didier Le Bras d'un Murat disponible et bien disposé : "il avait de très longs cheveux, un grand pull blanc (un cheyenne), je n’en revenais pas de le voir de si près, si accessible, les gens sont allés discuter avec lui à la fin du concert, je n’ai jamais osé." Un parfum de Koloko avant l'heure ?

Dans les mois suivants, Murat ira passer une partie de son été en Sicile, dans une ville nommée Taormina (tiens, tiens...), puis il s'efforcera de promouvoir (parfois non sans mal) Dolorès, album-pivot de sa discographie. Sur le plan personnel comme musical, son parcours est à un tournant. Quant aux Kurdes, vingt ans après cette Nuit qui leur était dédiée, leur situation est loin d'être idéale. Pour preuve, en ce début 2016, une sociologue publiait chez Mediapart un article au titre tragiquement explicite : "Un génocide qui ne dirait pas son nom ? Le sort des Kurdes de Turquie". No comment.

Le grand vivier de l'amour

Retour en 89-90 et en Roumanie. Devant sa télévision, l'adjudant Jean-Marie Chastan, pompier professionnel, est ému par les images qui lui parviennent des événements se déroulant à l'Est. Il prend alors contact avec Jean-Louis Machuron, président-fondateur de Pharmaciens Sans Frontières, pour lui proposer ses services : l'association Clermauvergne Humanitaire est en train de voir le jour... À l'origine, une volonté plus générale de quelques sapeurs pompiers auvergnats d'aller au-delà de leurs interventions habituelles, d'en faire un peu plus et de "se bouger". Ils décident de prendre sur leurs jours de congés (avec le soutien de leur hiérarchie) pour épauler les équipes de PSF, en accomplissant le travail d'une main d’œuvre entièrement bénévole, mais qualifiée. Après un convoi en Roumanie dès 90 interviendront d'autres voyages en Hongrie, en Croatie, en Inde et ailleurs, afin d'apporter aux populations locales vêtements, médicaments, nourritures, etc.. Il y aura aussi des coups de main donnés en France, comme lors des inondations dans le Vaucluse de 92.
Par la suite, Clermauvergne organise ses propres missions et décide d'aider le village de Koloko, situé au Burkina Faso. L'association y construit des sanitaires, installe une bibliothèque, aménage un jardin communautaire et, surtout, apporte des véhicules réformés qu'elle remet en état (c'est ce qui coûte le plus cher), véhicules précieux pour les déplacements quotidiens.

Et depuis 2002, elle peut compter sur le soutien moral et financier de Jean-Louis Murat, de ses amis et de la Coopérative de Mai. Là encore, la rencontre entre le musicien et les pompiers a des origines sentimentales. En 2003, il expliquait à Pierre Andrieu : "J'ai connu les pompiers par l’intermédiaire de ma femme qui travaille dans l’association. Ce sont de braves gars, on a donc vite sympathisé et c’est moi qui leur ai proposé de faire un petit quelque chose s’ils voulaient bien : un concert par an à Clermont-Ferrand. Ça s’est fait petit à petit…" Dès la première édition (cf. l'affiche ci-dessous, avec le dessin d'Alain Bonnefont), sans doute favorisé par la participation des Rancheros, l'esprit de l'événement est celui d'une fête. Quelques jours plus tôt, Murat annonçait d'ailleurs à Bernard Lenoir que "l'âme de la soirée, ce sera une âme ranchero". Et de fait, au fil des ans, ce rendez-vous solidaire est devenu un grand moment de convivialité et de retrouvailles, que ce soit sur la scène, dans les coulisses (où l'ambiance est rarement à la morosité) ou du côté des spectateurs. Le concert est aussi l'occasion pour Murat de tester de nouvelles chansons (la meilleure version jamais entendue de "Qu'est-ce que ça veut dire ?" y fut donnée en avant-première en 2009), de proposer des inédits qui le resteront ("Le martyr des chrétiens d'Orient"), de ressortir de derrière les fagots de jolies antiquités ("La Louve", si séduisante vingt-huit ans après, qu'elle sera gardée en tournée) ou de reprendre des morceaux qui lui sont chers ("On the beach"). JLM laisse également la part belle à sa "mafia" à lui – ses compagnons de toujours (ou presque), Alain Bonnefont, Christophe Pie, les Mikaelian Brothers, ou de plus récents, Jérôme Caillon, Stéphane Reynaud, Morgane Imbeaud, Matt Low… Mais l'aspect caritatif de l'opération ne passe jamais complètement au second plan, avec la traditionnelle remise d'un chèque de plusieurs milliers d'euros en milieu de soirée. Jean-Marie Chastan rappelait en 2014 : "Sans Jean-Louis Murat, sans la Coop' de Mai, on n'existerait plus". Avant d'ajouter : "C'est un problème majeur". L'association, en effet, souffre d'un manque de membres réguliers, les nouveaux venus ne restant en général pas très longtemps.

Samedi 18 juin se tiendra donc la quatorzième édition de ce rendez-vous si particulier, dont le nom de code est devenu Koloko. Nous n'irons pas jusqu'à rebaptiser la soirée du nom du morceau de Barry White, repris par Murat et ses amis en 90, "It's only love", car ce serait grotesque. Pourtant, il faut bien reconnaître qu'il y a un peu de ça. Pour y avoir traîné ses guêtres et sa mélancolie de longues heures durant depuis le début du siècle, l'auteur de ces lignes peut témoigner qu'il a reçu en ce lieu depuis la scène comme dans la salle, de préchauffes en after, en chansons et charcuterie, entre fous rires et ferveur  quelques grandes rasades de tendresse. Tu viens ?

"Ce qui n'est pas donné est perdu", bande-son possible sur la route qui mène à Koloko...

Il est probable que certains de nos lecteurs aient des souvenirs en lien avec cet article, notamment des deux soirées de 90 et 96, sur lesquelles nous n'avons que peu d'informations. Ils sont cordialement invités à les partager (s'ils le souhaitent) dans la rubrique "Commentaires" ou bien sur Facebook ou encore via la zone "Contact" du blog. Les tentatives de reconstitution a posteriori ne peuvent évidemment pas remplacer les témoignages directs.
Nous remercions tout particulièrement pour cet article Michel (de Jack et les Éventreurs) et Éric (des Flying Tractors), qui ont l'amabilité de mettre en ligne des "vieilleries" que les jeunes générations se réjouissent de pouvoir découvrir. Un grand merci également à Jacques Moiroud, toujours prompt à évoquer le passé avec une générosité, une simplicité et un sens de l'exactitude qui l'honorent (et qui lui valent d'ailleurs d’occuper, en d'autres lieux, de prestigieuses et présidentielles – quoique peu rémunératrices – fonctions). Enfin, une très grosse bise à J., si d'aventure il passe dans le coin...

____________________

COMMUNIQUÉ INTERNE À LA RÉDACTION : Après environ cinq ans d'une collaboration aussi studieuse que touristique avec www.surjeanlouismurat.com, M., muratien tendance kolokiste (onze éditions au compteur), tire sa révérence avec cet article. Il se fendra prochainement de quelques remerciements larmoyants, dignes de Xavier Dolan, en zone "Commentaires" (l'accent québecois n'étant pas fourni avec le produit, il tentera de compenser avec des accents de sincérité).

yahooyah

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Rédigé par M

Publié dans #vieilleries -archives-disques

Publié le 23 Mai 2016

Interview sur RFI: "l'autre Jean-Louis Murat"

Allons bon... On n'en a pas assez d'un et de sa personnalité complexe, il faut encore que RFI nous propose de découvrir un "autre Jean-Louis Murat". Non pas le "JLM 2017" dont je vois des affiches un peu partout (ah, il aurait fallu déposer le sigle!)... encore un autre...

Interview sur RFI: "l'autre Jean-Louis Murat"

1) RFI:

"L'autre Jean-Louis Murat

Nouvel album, Morituri

À chaque nouvel album, il suit un fil ten(d)u entre la musique américaine et la chanson française. Pour Morituri, Jean-Louis Murat s'est fait le chroniqueur d'une année 2015 ensanglantée au cours de laquelle il n'a cessé de prendre des notes. Loin de sa provocation d'usage, qui crée avec les médias un rapport amour/haine, c'est un tout autre Murat qui nous a parlé de son essence musicale. Un homme tranché, certes, mais ô combien cultivé et passionné…

RFI Musique : Morituri est un disque portant sur votre année 2015…
Jean-Louis Murat : C'est surtout un disque sur l'année de la France, qui débute avec les attentats de Charlie Hebdo. Moi, j'étais en répétitions et en tournée jusqu'au mois de mai. J'ai écrit des chansons l'été et je suis reparti sur scène à l'automne. Il y a eu les attentats du 13 novembre et j'ai enregistré l'album à Paris un mois après. Durant toute cette année, j'ai pris des notes pour faire un disque qui correspond à l'état d'esprit et à l'ambiance de
2015.

Après les attentats de janvier qui ont touché le journal Charlie Hebdo, vous ne vous êtes pas senti "Charlie"...
Les réactions un peu moutonnières, il faut toujours s'en méfier. C'est presque de notre responsabilité de démocrates ou de républicains. Un vrai républicain, ça réfléchit avant de s'embarquer dans des slogans ! Ce que je veux dire, c'est que le problème me semblait beaucoup plus grave et que sa résolution ne passait pas par le fait de descendre dans la rue. Je n'ai toujours pas compris ce que ça voulait dire d'ailleurs, "être Charlie", m'enfin...J'ai une vocation d'historien suffisamment rentrée pour savoir que tous ces événements doivent être resitués dans un contexte, qu'il faut prendre pas mal de recul pour bien les comprendre. Alors, une réaction directe, strictement émotionnelle, j'y crois moyennemen
t !

"Une vocation d'historien suffisamment rentrée", qu'entendez-vous par là ?
Je n'ai jamais été historien, je n'ai pas fait d'études. Mais je sais bien que cela transparaît dans beaucoup de propos ou dans mes chansons. J'aime tellement l'Histoire qu'à force, j'ai acquis des réflexes et un fond d'historien. Je ne raisonne jamais à chaud. Quand je prenais des notes, je me disais que dans 30 ans, 40 ans ou 50 ans, il y aurait peut-être deux/trois phrases dans mon album qui seraient importantes pour quelqu'un qui se pencherait sur l'année 2
015.

C'est-à-dire que vous vous voyez en chroniqueur de votre époque, comme pouvaient l'être les premiers historiens dans la Grèce Antique ?
Oui, tout à fait. J'ai toujours senti mon métier comme ça ! Avec des petits formats de 3-4 minutes, je pense qu'on saisit bien l'esprit du temps. J'ai toujours aimé les chanteurs presque historiques comme François Béranger, dont j'ai repris les textes. Je sais très bien que le réel s'engouffre à sa façon dans les petites chansons. Je m'en fous si mon disque ne se vend pas et si certains le trouvent prétentieux, je n'ai pas l'impression d'écrire pour le présent. Pour moi, c'est un travail à visée haute, je me sens très citoyen et très heureux d'avoir fait un disque qui témoigne "du fond de l'ère".

Dans vos textes, il y a ces allers et retours permanents entre le milieu paysan et un monde plus vaste. Comment passe-t-on des notes que vous prenez à vos chansons ?
Je pense que je tiens depuis mes premières chansons, la chronique d'une personne issue d'un monde qui est en train de disparaître et qui n'arrive pas s'intégrer dans le monde en train d'apparaître. Il y a un monde citadin, technologique, qui apparaît, un monde rural, plus manuel et de bon sens, qui disparaît, et des points de friction entre les deux.
Par les hasards de la naissance, je me suis retrouvé pris entre ces deux fronts, comme ces chevaux à Verdun qui devenaient fous parce que les Allemands et les Français leur tiraient dessus. Je trimballe une mélancolie de ce que j'ai connu enfant, à la campagne, et dans ce que je connais maintenant, j'ai beaucoup de mal à m'y faire. Alors, je reste dans un état suspendu, entre le présent et le passé. Et j'essaye de m'en sortir comme cela. Je ne sais pas où je suis, je ne sais pas où me mettre. C'est pour cela qu'il y a beaucoup d'énervements, d'incompréhensions ou de détestations à mon sujet.

Ce qui ressort aussi de Morituri, c'est un groove moite, comme dans la soul d'Isaac Hayes. Est-ce dans ces musiq
ues que vous êtes allé chercher ?

Depuis l'enfance, je me suis fait un fond musical qui passe par là, oui… Ce que j'aime, c'est la soul des années 60-70. Je n'aime pas trop quand cela tourne après, dans les années 70, en musique d'ascenseur. J'aime la soul quand elle est douce, suave, qu'elle n'effraie pas l'auditeur et qu'elle fait passer des messages importants. Mes amis connaissent mes détestations : si une musique ne groove pas, je-ne-peux-pas ! La révélation, à l'adolescence, a été de me rendre compte qu'il y avait quelque chose qui groovait. La soul, le blues, et toutes les définitions à tiroirs qu'il peut y avoir sur les musiques américaines, ça me va parfaitement. Tout ce que je suis, tout ce que je pense, pousse sur ce terreau.

C'est la musique noire que vous aimez ou plutôt toute cette période de la fin des années 60 ou du début des années 70 ?
J'ai une assez bonne collection de 45 tours et d'albums de cette époque-là, en vinyle, et les 9/10e, c'est de la musique noire. J'aime les Stones quand ils font de la musique noire, mais je ne suis pas du tout tourné vers les Anglais. Je n'ai pas un seul disque des Beatles et je m'en fous un peu… Les chanteurs blancs de country, ce n'est pas mon truc non plus ! Pourtant, j'ai déjà enregistré à Nashville et j'ai chanté dans des radios country américaines. Mais j'aime bien Ray Charles ou Otis Redding quand ils reprennent des thèmes de country. La dimension de danse ou de frénésie me touche, on voit presque Éros et Dionysos à l'action. C'est ce que je préfère, ce que j'essaie de faire et c'est ce qui, globalement, n'est pas compris. Parce que c'est difficile d'aimer cette musique-là, d'aimer la langue française et de faire un mariage efficace avec les deux. Mais bon, je m'accroche à ce pari presque impossible dans la chanson française : mélanger Villon, Rimbaud à Robert Johnson ou à Gil
Scott-Heron".

2) Bon, "cette autre Jean-Louis Murat", ça sera pour une autre fois... à moins que... à moins que ce soit celui qui pour le Parisien a collaboré avec Alain Chamfort pour le dernier album de ce dernier? Un Jean-Louis Murat imaginaire?

"Le protégé de Claude François, figure majeure de la variété française donne un concert le vendredi 3 juin dans la ville de Drancy. Le chanteur de « Manureva » présentera son nouvel album né de la collaboration avec plusieurs artistes comme Miossec, Jean-Louis Murat ou Abd al Malik".

Non, ne sautez pas sur vos chaises.... Murat ne rêva point de Manureva je le crois... Il s'agit d'une erreur ou comment comprendre de travers la phrase suivante: "Cet album éponyme sera le premier issu de la nouvelle collaboration entre l’artiste & l’entité de développement du catalogue local de [pias] France : le label (Miossec, Jean-Louis Murat, Abd Al Malik, Florent Marchet, Baxter Dury, Melanie de Biasio …)". Ai-je été clair? C'est juste une brève de 18h17... une brève un peu longue certes.

3) Bon, il y a d'autres sites qui ne s'embêtent pas à trouver des titres à la noix. Genre : LE DEVOIR, au Québec: "JEAN-LOUIS MURAT, MORITURI", et je crois qu'on peut leur reconnaitre une certaine précision.... mais uniquement dans le titre: la chronique frise le laconisme...voir le survol et la fausse route:

"Ceux qui vont mourir. Titre pas drôle d’un album plutôt léger dans le ton. Seule issue pour Jean-Louis Murat : on est tellement dans l’horreur ambiante que la tristesse n’a plus cours. Autant ironiser. Férocement. Sur des airs qui se fredonnent. Dans Tous mourus, ça donne : « V’là que le paysan s’est noyé / À ce qu’on dit / Dans le purin / Qu’il devait épandre aux veillis […] Le paysan / Est mouru. » Ce ton-là. Façon jazzy cool. L’actualité a inspiré des rimes sans appel, que Murat sert du ton le plus agréable. Juste avant le carnage du Bataclan, humant le temps, il a écrit Interroge la jument : « On t’assassine / Sur la terrasse / Sous les cimes / N’y a-t-il plus de ciel / Pour nous foudroyer / Ces novices ? » Lui qui guerroie contre le franglais, il chante avec Morgane Imbeaud ces mots qui font semblant d’abdiquer : « Est-ce que tu connais ton french ? » Ça plaît et ça déconcerte, les mélodies glissent sur les cadavres. L’effet voulu, sans nul doute. Mal au malaise".

Même si la musique est effectivement légère, que Murat nous prend un peu à contre-pied, je pense qu'on peut contester la sentence "les mélodies glissent sur les cadavres".

LE LIEN EN PLUS DE M : LA SURNAGE DANS LES TOURBILLONS DE LA VIE...

Hugo Cassavetti affirmait récemment que JLM n'avait jamais obtenu de tubes. On aurait bien envie d'opposer au journaliste de Télérama une demi-douzaine de chansons qui connurent en leur temps un relatif succès, puis de se lancer dans une discussion sans fin avec lui pour déterminer si l'on tient là, à défaut de méga-hits stromaesques, de vrais ou de faux tubes. Il est toutefois probable que lui comme nous ayons des affaires plus urgentes à traiter…

S'il est un titre de Murat que l'on se gardera bien en revanche de soumettre à pareille épreuve du feu, c'est "La surnage dans les tourbillons d'un steamer". Pourtant, avant même sa publication sur un EP en juillet 2002, ce morceau (écrit un mois plus tôt, en pleine descente post-tournée) avait eu les honneurs d'un passage en radio, chez Bernard Lenoir, au cours d'une émission où Murat avait conversé quelques minutes par téléphone avec son ami journaliste (et ce n'est pas un oxymore), tout en taquinant la baballe avec des potes. Ce qui avait donné, sur l'antenne de France Inter, l'échange suivant :

– Y a quand même un morceau magnifique qui dure un peu plus de sept minutes et que j’aimerais bien qu'on écoute là… […]
– Tu me rappelles à la fin, alors, parce que je vais pas me taper ça au téléphone…
– Ouais, ouais… Va shooter dans ton ballon et puis on se retrouve dans sept minutes.
– D'accord.

[Diffusion de "La Surnage"]
– Bon, Jean-Louis, tant que tu nous écriras des trucs pareils, on te pardonnera d'aimer le foot, hein, c'est magnifique.

"En forêt douloureuse va l'âme blessée"... La surnage.

Par la suite, conformément à sa durée, au dépouillement de ses arrangements et à l'opacité de son texte, la chanson ne devint jamais un tube. Malgré tout, elle compte des adeptes. Ainsi, Alexandre Rochon, dans sa période (Cahier) Bleu, la mettait-il en avant sur Facebook en février 2014, accompagnée d'un simple commentaire : "La surnage de Jean-Louis Murat dans les eaux du Guéry.". Puis, l'an dernier, Mme Bartleby signait une bien jolie chronique du maxi-single, s'exclamant à propos de "La surnage" : "Mais quel titre !" Et seulement quelques jours après, Murat surprenait ses admirateurs en interprétant la chanson sur la scène de La coopérative de Mai. Ce soir-là, dans une salle comble, un tout jeune homme savourait ce morceau découvert quelques mois plus tôt, en serrant très fort et très amoureusement dans ses bras sa compagne.

Le même jeune homme, le 10 mai dernier, au micro de Radio Campus Clermont-Ferrand, décidait de poser ses couilles sur la table du studio et d'utiliser "La Surnage" comme nappe (sonore). Blasphème ? Pas vraiment. Juste un gus qui cache pas ses blèmes (Thiéfaine), qui essaye d'expliquer en quoi la surnage dans les tourbillons de la vie peut s'avérer périlleuse et qui se fend au passage d'une déclaration d'amour à la scène pop-rock clermontoise. Un moment touchant, maladroit, courageux, grandiloquent, sincère, impudique et, au final, de la bonne radio live.

Alors si vous voulez entendre un nouveau passage sur les ondes de "La surnage" quatorze ans après son dépucelage et découvrir une belle sélection de morceaux issus de la scène auvergnate (Morgane Imbeaud et Christophe Pie inclus), vous savez ce qu'il vous reste à faire. Et comme il se trouve que l'émission en question fut dédicacée au plus improbable des boys band – composé d'un biographe de Lou Reed, d'une star défunte de la pop-music et d'un collaborateur occasionnel de ce blog –, on vous en voudrait de ne pas accorder au moins quelques minutes à ce Petit Lait Musical #27. Pour le foot, ne vous inquiétez pas, vous allez être servis dans les prochaines semaines…

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Publié dans #Morituri

Publié le 20 Mai 2016

 

1) Morituri : encore dans le top... avec 488 ventes physiques... on le trouve même encore dans les meilleurs ventes en téléchargement d'albums... avec 23!!( 187e place). Je mets une émoticône ? ou bien?

 

 

2) Live report de la Maroquinerie et rencontre le lendemain avec le chanteur pour TOUTE LA CULTURE.

 

 

http://toutelaculture.com/musique/morituri-jean-louis-murat-leche-les-plaies-de-ses-congeneres/

 

Comme la goutte d’eau d’un colibri fait sa part pour éteindre un feu immense, Jean-Louis Murat n’a pas le succès qu’il mérite, il accompagne la route, les oreilles, les émotions des cerveaux avides de ses créations et glisse des gouttelettes de poésie et de musique partout où ses chansons peuvent aller, un oiseau rare absolument nécessaire. »Morituri », ceux qui vont mourir, nous, tous les vivants. Ce disque respire au rythme du pouls de la vie, d’un monde en disparition, une dépression française dans laquelle nous nageons à contre courant, où la noirceur aspire la lumière, tente de gagner sur les couleurs de l’amour. Dès le premier morceau le corps et le cœur tout entier sont happés par les notes et les mots. Une mise en éveille, une méditation, une invitation à la pleine conscience d’un monde en souffrance. Sans le vouloir, sans le chercher, sans récupération aucune, Jean-Louis Murat fait plonger dans les abysses d’ici pour sortir lavés, neufs, conscients qu’il faut rester vigilant avec sa propre tentation des profondeurs, s’ouvrir au monde, savourer la vie, toucher la terre, profiter de chaque instant ici et maintenant. Comme les indiens gardaient les cheveux longs pour ressentir tout ce qui se passait autour d’eux, Jean-Louis Murat laboure le monde, tous les sens en éveil, il hume, flaire, laisse couler les mots comme la sueur du laboureur, reçoit la violence des tueries de janvier 2015, avale l’impuissance de nos congénères, snif les larmes de la blessure humaine et comme un animal lèche les plaies de ses congénères sans se regarder faire. « Morituri » est né, là comme une consolation, un espoir plus difficile à suivre que la peur, moins accessible que la terreur, il devrait être à la portée de toutes les oreilles et les cœurs. Jean-Louis Murat n’a pourtant pas de tournée prévue pour cet album, il remplit les salles depuis des années, il a son public comme le jargon le dit, il donne tout lors des concerts, mais, il y a toujours, un mais, les tourneurs, les salles ont de moins en moins le goût du risque ! Ils voudraient signer des tournées déjà complètes ou proposer aux musiciens de dormir tous dans la même chambre d’hôtel avec un salaire de misère quand l’engagement et le travail sont gages de talents. La Maroquinerie et ses spectateurs eurent le privilège de l’éphémère, la beauté d’une fleur offerte aux yeux du monde, un seul jour à une heure précise. La salle sera comble, une longue file d’attente nous rappelle comme un uppercut quotidien qu’il faut être fouillé avant d’entrer partout et particulièrement dans une salle de concert. Quelques traces d’inquiétude, stigmates de la terreur post fouille ou post 2015 à la descente de l’escalier si étroit qu’il empêcherait une fuite improbable. Un regard pour trouver une potentielle planque sous une table, un tissu noir, une bière pour certains, bock, demi, pinte qui dit mieux ? ! Il est 20h35, plus de temps pour suffoquer de l’intérieur, Jean-Louis Murat entre sur scène. Un t-shirt, une guitare, à jardin son micro l’attend, ses musiciens sont là, le clavier de Gaël Rakotondrabe, la batterie de Stéphane Reynaud, la basse de Christopher James Thomas, les voix de Morgane Imbeaud, tout devient possible, le voyage commence il sera intense et beau. « Est-ce que tu connais ton French, est-ce que tu connais leeeee lyyyyyynnnnxxxxxxxxx » « Morituri » naît avec nous, un coït bouches à oreilles. Des spectateurs hurlent Jeeeeeeaaaaaannnnnnn-Loooooooouuuuuuuiiiiiiiiiiiisssssss, sautent, ondulent, la foule dense se laisse porter par les vagues musicales et la houle des mots. Comme un emportement, Jean-Louis Murat donne tout, la complicité, le bonheur d’offrir un moment de musique est palpable sur scène. Dans la salle comme des cygnes sur une eau noire, les spectateurs flottent sur l’eau et transcende la vie à en oublier la mort peut-être. « Interroge la jument » semble une évidence, l’album se dessine dans l’espace, « Tous mourus », « La pharmacienne d’Yvetot » chiale dans sa cuisine les malheurs du monde, la sublime « Chanson du cavalier », « Morituri », à la table de Murat, le rire devient possible. A vif, la peau au vestiaire, Jean-Louis Murat se délivre avec ses musiciens, l’émotion est palpable malgré ses tentatives de fanfaronnades « s’il y a des journalistes dans la salle, je vous le dis, je vous déteste tous ! » un imbécile de répondre « nous aussi on te déteste ! » « et ben casse toi connard ! Qu’est-ce que tu fous là ?» le rire et la musique l’emportent. Cinq minutes de pause, un mini entracte, le temps pour certains de se perdre entre deux bières et de louper la reprise du concert ! La beauté fréquentée l’album passé revient avec une ou deux autres pépites anciennes et « Le cafard » sous les lumières blanches signent la fin de cet espace temps. La sonnerie d’un ring de boxe entre k-o et énergie sportive, l’arrêt est brutal, personne ne sort, tous veulent voir revenir le chanteur, ils hurlent son nom, l’appel encore et encore, mais il ne reviendra pas, il a tout donné, deux heures de délice jusqu’à la frustration, l’envie encore mais il faut sortir avec l’espoir d’y revenir bientôt ou replonger dans les subtilités de l’album magnifié par un live énergique et jouissif. Demain Jean-Louis Murat nous attendra sous le soleil de Paris, il dit nous détester mais nous y allons en totale confiance ! Il est là dans la vitrine d’un joli petit hôtel parisien où le charme et l’accueil sincère ont encore leurs places. Il boit de l’eau avec un journaliste, des rires débordent des murs de la salle, ils sortent, deux trois blagues sur l’utilisation de ses mots par les journalistes et hop la porte se ferme, le tête à tête commence. Le temps suspend son vole, la légèreté laisse place à la profondeur, malgré nous, comme ça sans crier gare, sans l’attendre, Jean-Louis Murat nous clouerait presque à la chaise de sa présence violemment vivante comme une déchirure. Une après-midi, une soirée, une semaine entière ne suffirait pas à trouver la fin des discussions. Comme dans le jardin d’un ami l’échange est limpide, vif, il nous raconte comme il était heureux la veille sur scène à proposer aux fans une ébauche de ce que pourrait être ce concert avec le rodage, le travail, la route, les rencontres. Plus d’énergie pour un rappel, se prendre pour un artiste et proposer du factice parce qu’ils le réclament ce n’est pas son genre ! Il ne veut pas faire de polémiques, il est évidemment triste de ne pas faire de tournée, c’est douloureux mais il respecte trop ses musiciens pour les sous payer et ne veut pas que son bonheur prime sur le respect de son équipe d’amis. Il se livre, sa vie, son travail quotidien, courir tous les jours, faire la fête, s’astreindre à six heures d’écriture, de musique, de peinture ou de photo. Il faut parfois se forcer à laisser les choses apparaître, quand il sèche sur un domaine il s’envole avec l’autre. Il raconte le plaisir à être avec ses enfants, faire la cuisine avec eux, imaginer des menus pour eux, jouer, rire, partager la vie, les aimer et leur laisser de l’espace, leur libre arbitre, les élever au sens premier. Dès que Jean-Louis Murat parle la lumière s’allume dans ses yeux, la vie bat, le cœur s’emporte, une énergie palpable infatigable et dur à gérer pour les autres dit-il !

la suite à lire ici:

http://toutelaculture.com/musique/morituri-jean-louis-murat-leche-les-plaies-de-ses-congeneres/

3) Isabelle Huppert... fréquente désormais un autre chanteur... C'est à voir ici:

http://www.franceinter.fr/depeche-exclu-le-reste-tu-devines-le-nouveau-clip-darnaud-fleurent-didier

Murat parle justement longuement d'elle dans SO FILM (en kiosque): teaser :"Huppert, c'est de l'acier". "La possibilité de tourner avec une femme dont je suis amoureux depuis le débit, ça me paraissait dingue".

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

Publié le 18 Mai 2016

Murat 1999
Murat 1999

Allez, on épuise les stocks de news! Et que les bienheureux et sages qui ont profité de Pentecôte loin de tout ordinateur n'oublient pas de rattraper leur retard: deux articles sont parus ces derniers jours!

1) Alcaline L'instant, une petite minute diffusée le 16 mai, avec des propos dont la teneur n'est pas inédite mais énoncés avec vigueur et entrain. "Je ne suis jamais dans la lune, je suis pile poil ici".

http://pluzz.francetv.fr/videos/alcaline_l_instant_,139995969.html

2) Du côté Canada, on attendait les commentaires des Deux Alain: Alain de Repentigny et Alain Brunet, qui ne manquent jamais un "Murat"... Priorité à l'un:

- Alain de R. a traversé le ruisseau atlantique pour assister au concert de la Maroquinerie et réaliser une interview le lendemain. Après quelques propos autour des polémiques, ça part sur des sujets plus intéressants. Murat accepte par exemple la comparaison avec Luchini.

Quant à son propos sur les rappels: "S'il n'a pas donné le rappel que lui réclamaient bruyamment les spectateurs la veille, c'est, dit-il, « parce qu'ils savent que plus ils réclament et moins [il vient] ». Il serait revenu sur la scène de La Maroquinerie que ses fans de toujours auraient été déçus, ajoute-t-il avec un large sourire", je dois dire que personnellement, même si on sait qu'il ne reviendra pas certains soirs, c'est toujours une déception.

A part ça, jolie titre:

http://www.lapresse.ca/arts/musique/entrevues/201605/15/01-4981800-jean-louis-murat-ni-slogans-ni-bons-sentiments.php

"Jean-Louis Murat: ni slogans ni bons sentiments

(Paris) La semaine dernière, Jean-Louis Murat a donné à Paris ce qui pourrait être le seul et unique concert associé à son nouvel album, Morituri. Notre journaliste l'a rencontré à Paris au lendemain de sa performance.

Avant de quitter la scène de La Maroquinerie, visiblement agacé par les éclairages « de salle d'opération, voire de morgue » d'ARTE, qui diffusait le concert en direct sur le web, Jean-Louis Murat a chanté sans trop de conviction sa très belle chanson Le cafard en se moquant des journalistes qu'il « déteste tous ».

Rien de personnel, nous a dit le lendemain, dans le salon d'un hôtel où il a ses habitudes, l'artiste qui a généralement bonne presse. Ça se voulait plutôt une suite de la brève interview donnée à ARTE avant le concert, dans laquelle il s'est lancé dans une attaque en règle contre les médias : « J'ai dit : "J'espère que Trump va être président parce que Trump, c'est le fils des médias. Vous l'avez créé." »

Assez serrée, la vis

Quelques jours plus tôt, il avait dénoncé dans les médias français l'économie actuelle du spectacle en traitant Renaud et Michel Polnareff de « gros cons » que les salles préfèrent programmer en temps de crise. Il faut savoir que, depuis 25 ans, Murat poursuit une tournée sans fin à la Dylan, mais qu'il ne pourra pas défendre son nouvel album sur scène cette fois-ci.

Les tourneurs n'en ont que pour les célébrités en fin de carrière dont les tournées sont assimilables à des parachutes dorés, affirme-t-il, et, en plus, on lui demande de diminuer d'environ le tiers le salaire de son équipe.

« Dans le business des tournées, il faut de plus en plus serrer la vis. Or, moi, sans vouloir être plus vertueux que la normale, je ne travaille pas avec des gens qui sont sous-payés. Je n'ai pas une culture marxiste, mais il est bon de dire les choses aussi », explique Jean-Louis Murat.

S'il n'a pas donné le rappel que lui réclamaient bruyamment les spectateurs la veille, c'est, dit-il, « parce qu'ils savent que plus ils réclament et moins [il vient] ».

Il serait revenu sur la scène de La Maroquinerie que ses fans de toujours auraient été déçus, ajoute-t-il avec un large sourire.

Murat a toujours voulu conserver une certaine distance avec son public, dont il apprécie pourtant l'enthousiasme et la connivence.

« J'ai toujours peur de me prendre pour un artiste, lance ce fils de paysans qui vit en Auvergne. C'est pas du tout une histoire de vouloir se fondre dans la masse, mais moi, je viens d'un milieu extrêmement populaire et il est hors de question que je me coupe de mes racines populaires. »

La France en dépression

Artiste, Jean-Louis Murat l'est à coup sûr, lui qui nous arrive, bon an, mal an, avec un nouvel album qui se démarque par la qualité de ses musiques et surtout par les textes poétiques finement ciselés d'un auteur qui se méfie tout autant des slogans que des bons sentiments.

Morituri - « ceux qui vont mourir » en latin - parle d'une France « en dépression », notamment dans l'ironique Tous mourus, sur le sort des paysans français victimes de « l'ultralibéralisme et de la dérégulation ».

La France de Murat s'incarne également dans sa Pharmacienne d'Yvetot qui n'en finit plus de chialer dans la cuisine sur fond d'actualité mondiale.

« C'est la dimension internationale de la France qui se croit encore une puissance qui a son mot à dire sur tout et qui, d'un seul coup, est dans une sorte d'état dépressif parce que personne ne l'écoute. Elle n'a comme solution que d'aller chialer dans la cuisine parce que, de toute façon, ce qui passe en Corée du Nord ou au Bangladesh, c'est pas la France qui va y changer grand-chose. »

Il compare son pays à Emma Bovary, l'héroïne de Flaubert qui, dit-il, trouve des subterfuges pour se désendetter. « Elle est quand même assez touchante, Emma ; je ne suis pas sûr que la France soit aussi touchante que ça. »

Le Luchini de la chanson?

Murat connaît ses classiques. Ça s'entend dans l'élégance de ses textes tout autant que dans les albums qu'il a consacrés à Baudelaire et à des auteurs moins connus des XVIIe (Antoinette Deshoulières) et XIXe siècles (Pierre-Jean de Béranger).

Dans la ballade à saveur historique Frankie, c'est davantage de la francité que de la France qu'il est question, explique-t-il.

« C'est ma langue : que n'aurais-je pas fait pour ce qui m'a fait ? Mais c'est aussi que j'ai un drôle de rapport au pays parce qu'on m'a donné le nom d'un grand-oncle mort au front en 1918. Dans mon imagination d'enfant, j'ai toujours eu l'habitude de voir mon nom sur le monument aux morts. Et donc, je pourrais presque me dire : "Je me souviens, j'ai vécu en 800, j'ai vécu en 1257, j'ai vécu au XVIe siècle, puis je suis mort en 14-18." »

« J'ai une idée longue de mon identité qui est essentiellement une identité par le langage, enfin par la langue. »

Plus jeune, Murat a fait quelques tentatives de suicide dont une en Haute-Savoie à laquelle il fait allusion dans sa chanson Le cafard.

« Ce qui m'a sauvé, c'est les livres et la créativité, dit celui qui se considère comme un miraculé. J'ai été élevé dans un monde où il n'y avait pas de bibliothèque, pas de livres. Ma bibliothèque, c'est fondamental : une bibliothèque bien entretenue, bien rangée, à confier à d'autres après, comme si elle allait être ma meilleure création. Je suis fou de livres, il n'y a pas un matin où je n'y pense pas. »

On croirait entendre un Fabrice Luchini qui donnerait dans la chanson. « Il y a de ça, bien sûr », répond Murat en parlant de cette volonté commune qu'ils ont d'aller au plus près de la source en littérature. Murat, le paysan, partage également avec Luchini, fils d'épiciers, des origines modestes et un parcours d'autodidacte.

« C'est peut-être un de mes traits de caractère : des fois, j'ai un peu l'arrogance de l'autodidacte, avoue-t-il. C'est comme si j'étais sur un circuit routier avec des gens qui ont fait l'université et qui maîtrisent le Code de la route. Moi, je veux bien aller sur ce territoire-là, mais je n'ai aucune idée du Code de la route. Des fois, je suis un peu décalé. Je prends les contresens et je me gare n'importe où. » "

 

- ON PASSE A ALAIN BRUNET :

http://blogues.lapresse.ca/brunet/2016/05/11/jean-louis-murat-morituri/

Très joli petit texte... On pourra se reporter ensuite à la zone commentaires très très active... d'où la tentative d'Alain Brunet de "recentrer les débats"...  C'est raté.

 

"Le long parcours de Jean-Louis Murat est rehaussé d’une nouvelle station : Morituri est un opus gonflé d’airs du temps. Sombres, pluvieux, mortuaires comme la conjoncture française, néanmoins sensuels et délicats.

Fine lame de la parole chansonnière pour ne pas dire un de ses artistes (vivants) les plus aboutis, JLM y cisèle des fables sur l’impuissance humaine généralisée, sur l’incapacité chronique des sociétés à passer à un prochain niveau d’élévation, sur les refuges provisoires dans ce qui nous reste de nature et de campagne.

Même dans les recoins apparemment épargnés, on finit par s’y « baigner nu dans l’eau noire des regrets », ou encore attendre « le prochain Sarajevo pour chialer dans la cuisine ». Comme le titre latin de l’album le suggère, des faits divers exposent la mort d’un boucher pendu derrière la mairie ou d’un paysan noyé dans le purin qu’il devait épandre…

Rien ne va plus dans ce monde dépeint par l’auteur, s’y confondent pessimisme et lucidité. Allongées sur des tempos lents ou moyens, les musiques blusey jazzy folky lounge aménagent ici un nouveau pan de cette facture europamericana dont seul JLM a le secret.

Cet élixir n’est pas exactement un remontant, n’en demeure pas moins un puissant shooter de conscience et de poésie signifiante".

LES CHRONIQUES EN PLUS DANS LE LIEN EN PLUS

 - Le journal de POk parle de Morituri: Malgré un avis très positif, deux remarques critiques: quelques chansons "faiblardes"  "qui ne tiennent souvent qu'à la sensualité élégante du chant de Murat. On regrettera aussi que l'horreur terroriste de 2015, qui a partiellement inspiré l'album, n'ait pas poussé Murat à sortir de son habituelle licence poétique et à déverser dans au moins un ou deux morceaux un peu du fiel et de la méchanceté qui abreuvent souvent ses déclarations à la presse".

http://www.manitasdeplata.net/archives/2016/05/12/33804940.html

 

- Sur le site "les méconnus":

http://lesmeconnus.net/trois-albums-a-ecouter-cette-semaine-9-mai-2016/

Extrait: La voix de Murat est particulièrement sobre et zen sur une musique en rien morose, quoiqu’un peu générique. Mais qu’importe, quand le verbe chevauche aussi bien les sonorités dressées. Comme depuis ses débuts 15 albums plus tôt, on succombe encore à sa poésie de toponymie, à ses textes bios suggérés par ce qui roule sur le relief et à ses mots puisés dans l’air du temps. Ça ne tombe pas toujours sous le sens, mais c’est invariablement vachement bien ficelé.

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

Publié le 16 Mai 2016

 

classement des ventes:  Du Vendredi 6 ou jeudi 12 mai, 707 albums physiques vendus, 28 téléchargement... Pas de rebond (89e rang, 57e la semaine précédente).

 

1) Et bien, Morituri serait-il en réalité un disque EUROPE1 ? Deuxième invitation hier sur l'antenne de la radio privée (après Europe 1 social club) alors qu'on ne l'a  entendu en interview qu'une fois sur Inter.

A partir de la 4e minute... jusqu'à la 14e... ce qui fait... attention, concentration.. une interview de 10 minutes.

La présentatrice lance "french liinnks"... ce que Murat a raillé, mais il ne réagit pas. L'ambiance est détendue, avec un Jean-Louis très calme.  Ca parle au départ de Morituri, puis ça s'ouvre un petit peu.

Amusant que Murat parle du rôle de l'artiste, un "agent culturel", qui est de "témoigner de l'époque"... pour un chanteur désengagé, c'est un peu curieux. Il n'aurait peut-être pas toujours dit ça, mais la première partie de la réponse indique que son rôle d'"agent culturel" est de livrer son interprétation, sa "mise à distance" subjective et personnel... ce qui n'implique pas une volonté de convaincre ou de "militer" (dans le sens de "Constituer un argument").

Julia Martin n'est pas une spécialiste mais elle ose quelques questions : pourquoi ne pas chanter vos tubes en concert? ou l'interroger sur ses propos polémiques sur les chanteurs ou les médias. Bon, petit passage par Mylène Farmer qui ne s'imposait pas vraiment... mais ça fera toujours plaisir et un petit buzz auprès des fans de la rousse.

 

(je partage encore la vidéo... même si elle se déclenche toute seule, désolé)

2) Bon, finalement, cette interview ne vaut pas un article à elle toute seule... Qu'est-ce que je vais vous mettre en plus? De la petite chronique, de la presse? J'ai un petit peu de trucs en stock... voyons... voyons...

Allez, le plus gros: un article dans VOSGES MATIN d'hier. Ce n'est pas en ligne, mais mon appel aux amis a été couronné de succès (même si la photo ne permet pas une lecture facile).. Merci Malika.

L'auteur regrette que chaque promo voit sa polémique qui "cache l'essentiel", mais consacre un tiers de son texte à cela....

http://www.vosgesmatin.fr/art-et-culture/2016/05/15/murat-dans-l-ombre-des-attentats

Jean-Louis Murat sur Europe 1 et dans Vosges matin

3) Eryk e. décroche quelques beaux articles... et j'aime à penser que nos articles ici ont pu y contribuer :

http://www.nosenchanteurs.eu/index.php/2016/05/08/eryk-e-des-bleus-a-lame/

Et un petit reportage sur PILS, le magazine musical de France 3 Auvergne:

http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/auvergne-le-blog-de-pils/2016/05/13/eryk-e-le-nouveau-baladin-auvergnat-aux-chansons-lumineuses.html


Eryk.e

Son disque physique est commandable via sa page fb et en numérique un peu partout!

LE LIEN EN PLUS

 

Silvain VANOT a parlé l'autre jour de MURAT sur FRANCE MUSIQUE en choisissant d'écouter "le cafard". Merci à l'ami qui me l'a signalé.

C'est à la 9e minute.  Le présentateur donne quelques commentaires positifs sur l'album avant d'écouter le titre.... qui ne se lance pas... Du coup, Silvain s'exprime: il rappelle l'aide de JLM à ses débuts. Finalement, on écoute "le cafard"... puis, il y a encore quelques propos sur la chanson.  "chanter son mal, c'est l'enchanter" cite-t-il.  Puis, il est question de sa voix, très cheyenne autumn, de crooner.  Fin de la séquence à 21 minutes.

http://www.francemusique.fr/emission/easy-tempo/2015-2016/silvain-vanot-05-07-2016-19-00

 

Rappelez-vous:

live report de M http://www.surjeanlouismurat.com/2015/03/des-nouvelles-de-silvain-vanot-live-report-et-interview-inedite.html

Longue confidence du côté de l'Oreille absolue:http://www.surjeanlouismurat.com/article-sylvain-vanot-parle-de-jean-louis-murat-81970120.html

Et une interview croisée Vanot/Murat: http://www.surjeanlouismurat.com/article-interview-croisee-vanot-murat-57132724.html

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

Publié le 14 Mai 2016

Lui ne s'est pas absenté pendant trente ans, mais il commençait quand même à nous manquer : l'Insu-bmersible Fred Plainelle revient mettre les pendules à leur place. En direct de la buvette des Archives Départementales du 6-3, il nous parle de Téléphone en 1979. Pas sans mobile, bien sûr...

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– Allo, Julien Dodon ? Y a Clara au Téléphone. Non mais Clara, quoi ?!

Ici, on l'aime plutôt bien le camarade Dodon. Il faut dire qu'on a souvent croisé son nom ces dernières années, quand il était question de Murat dans La Montagne. Chroniques d'albums, comptes rendus de concerts, interviews (cf. la dernière en date). Le type a même le cran de tenir tête à JLM quand il le juge nécessaire (par exemple, lorsque le chanteur empêche les photographes professionnels de faire leur boulot), ce qui n'est pas si fréquent parmi les journalistes favorables à l'artiste. Du coup, on n'a pas envie de lui jeter la pierre sur ce coup-là, d'autant qu'il n'y est sans doute pour rien si les archives de son canard sont un peu "défaillantes", comme il dit. N'empêche qu'avant-hier, Juju, il nous a bien déçus !

Ce jeudi, donc, La Montagne consacrait une pleine page au concert des Insus prévu le soir-même, au Zénith de Clermont – concert complet depuis belle lurette. Pour pimenter la partie actu, Julien Dodon et son collègue Pierre-Olivier Febvret avaient la bonne idée de faire un peu d'histoire, en revenant sur les anciens passages à Clermont de Téléphone (je ne vous rappelle pas le lien entre Téléphone et Les Insus, je suppose que vous n'étiez pas dans le coma ces douze derniers mois ?). Mais si Centre France aime ressortir de temps à autre de vieux articles dans des hors-séries sépias, vu l'état économique de la presse ces temps-ci, on se doute que le budget alloué à l'entretien et l'indexation minutieuse des archives ne doit pas être faramineux. Au final, donc, retrouver les traces de tous les passages de la bande à Aubert dans les parages s'avéra une tâche plus ardue que prévu pour nos deux apprenti-Foulhoux.

Pour commencer, l'édition papier du journal nous donnait trois dates de concerts de Téléphone dans la capitale auvergnate : le 20 janvier 80, le 10 octobre 82 et le 21 octobre 84. Puis, vers midi, sur le site internet cette fois, la date du 20 janvier 80 se transformait en 20 janvier 81 et l'on voyait émerger d'un passé marécageux un set à la Rotonde, le 5 février 77. Enfin, hier matin, le quotidien dénichait – photo du billet d'entrée à l'appui ! – un concert donné par Téléphone le 15 décembre 1977, à la salle des fêtes de Riom (vous marrez pas, elle a vu passer Motörhead… et y avait pas foule ce jour-là). Le problème, c'est qu'au bout du compte, il nous manque encore une date et pas n'importe laquelle. Tenez, regardez, là, l'affiche :


Le 7 avril 79, Téléphone est donc passé à la Maison des Sports de Clermont pour y défendre son deuxième album. Et cette date concerne particulièrement les amateurs de Murat, puisque Clara, son groupe d'alors, assurait la première partie. Enfin, il paraît. On ignore comment tout ça s'est goupillé, mais moins d'une semaine avant les agapes, le menu annonçait encore un autre hors d’œuvre :

D'ailleurs, Clara n'était pas non plus mentionné dans le communiqué officiel faisant la pub du concert, qui donnait plutôt dans une espéce de microsociomusicologie de la France d'alors : "Contre les croquemorts de la chansons [sic] française et de ce rock français si hypothétique, laborieux et qui sent le renfermé, ils ont proposé leur joie – pas le bonheur bien sûr impossible – la joie, comme seuls peuvent être joyeux ceux qui ont fait l'expérience d'autre chose, dans une société qui foule au pied ses enfants." Tu m'étonnes, tiens, avec cette satanée loi El Khomri ! Heu, il date de quelle année déjà, le communiqué ?

Enfin, le jour J arrive et ce sont entre 3000 et 3500 spectateurs qui se pressent place des Bughes pour voir sur scène le quatuor. Dès le lendemain, La Montagne rend compte de sa prestation sous la plume tourmentée d'un certain Ph. V. : "'Téléphone' a su articuler sa musique électrique autour de la pulsion fondamentale et à trois temps de tout être humain : la vie, l'amour, la mort. Pulsion dans son rythme d'aujourd'hui, saccadé et excessif, conséquence des efforts quotidiennement renouvelés pour desserrer l'étau meurtrissant les envies et les espoirs de l'homme." L'étau qui meurtrit nos espoirs... T'as raison, mon Philou, encore cette maudite loi El Khomri ! Mais, bon, toujours aucun trace de Clara.

Un mois plus tard, du côté d'Hebdo (journal gratuit de petites annonces), Christian Goutorbe livre à son tour son point de vue sur la soirée du 7 avril, qui aura au moins eu le mérite à ses yeux de mettre un peu d'ambiance à Clermont : "Lorsque l'on ne fait pas partie de la télé-faune, qui charentaises aux pieds, s'installe béatement devant le petit écran pour apprécier les play-back de 'N. 1' et que l'on n'est pas non plus saisis par la fièvre disco, les samedis soirs sont un peu mornes à Clermont-Ferrand, restent les concerts." Mais de nouveau, nada sur Clara.

C'est à cet instant que le consciencieux reporter d'investigation que nous sommes (pluriel de majesté) revêt son gilet multipoches (pluriel factuel) pour lire entre les lignes et tenter de détecter la présence scénique de Clara, dans la brume électrique et butyreuse de ce lointain samedi soir des seventies agonisantes... À la fin de ce même mois d'avril 79 se tenait en effet à Riom un festival rassemblant de nombreuses formations rock de la région (un peu trop, sans doute, le chiffre sera revu à la baisse l'année suivante). Une  manifestation de cette ampleur, organisée par l'association Rockulture (Jean-Paul Haddou, notamment), n'avait alors rien de négligeable et constituait même un petit événement pour la scène locale (jetez donc un œil aux recherches sur le sujet de notre estimable confrère Denis Lajambe). Or, Christian Goutorbe, le M. Culture d'Hebdo, annonce la participation de Clara à ce festival, en rappelant au passage que le groupe a reçu un mauvais accueil en ouverture de Téléphone. Quoi ?! Un mauvais accueil ? Avec un leader aussi sympathique et affable que Jean-Louis Bergheaud (Murat, en 2003, à propos du passage de Clara en première partie de Lavilliers fin 78 : "dès la première note le public nous hue, on enchaîne, je les traite de tous les noms, de culs-de-plomb, de public de merde dans une ville de merde, et on part sous les quolibets et les canettes de bière !") ? Il faut préciser qu'en ce temps-là, les premières parties recevaient souvent un accueil froid, voire carrément hostile, et que le lancer de projectiles sur musiciens, à défaut d'être une discipline olympique, était assez répandu. Pourtant, il semblerait que cette fois-ci, cette atmosphère conflictuelle ait eu une origine moins affective. La Montagne, évoquant également le festival riomois, signale que ces deux prestations de Clara "se sont déroulées dans de mauvaises conditions (mixage défectueux, etc.)". On ne dispose pas de plus de détails sur le concert, mais il est avéré que Jean-Louis Murat et ses trois compagnons issus de la fertile pépinière rock du lycée Ambroise Brugière de Montferrand, les dénommés Alain Bonnefont, François Saillard et Jean Esnault – se sont présentés sur la scène de la Maison des Sports, ce samedi 7 avril 79, juste avant Aubert-Bertignac-Marienneau-Kolinka et probablement pas dans des conditions optimales.

"Téléphone public" contient des extraits du concert de Téléphone au Palais des Sports, le 7 juin 79. De quoi se faire une idée du spectacle proposé aux Clermontois deux mois auparavant.

Un quart de siècle plus tard, Murat reviendra brièvement sur sa rencontre avec Téléphone, au détour d'une réflexion sur le business : "quand j’étais avec le groupe Clara, nous faisions les premières parties de Téléphone et je leur avais demandé 20 ou 30000 balles pour faire notre disque. Je me demandais pourquoi les artistes qui vendent ne fondent pas une coopérative pour enregistrer de nouveaux groupes. Un fonctionnement solidaire est beaucoup plus dans une tradition européenne que le fonctionnement sauvage à l’anglo-saxonne. Les coopératives fonctionnaient avant Marx, avec les Saint-simoniens, les guildes, les compagnons du tour de France ou même les bistrotiers auvergnats… Les artistes ont beaucoup abdiqué de leurs responsabilités en se déchargeant sur un fonctionnement ultra libéral et arrogant qui fonctionne bien dans une culture anglo-saxonne mais qui chez nous est assez décalé." L'Auvergnat a-t-il réellement demandé quelques dizaines de milliers de francs à Aubert et ses amis ? Étant donné le tempérament du jeune homme, cela ne paraît pas impossible. Une rumeur dit même qu'il aurait amorcé à l'époque une démarche similaire auprès d'Alain Chamfort, lequel aurait rapidement flairé l'embrouille ("Clara veut la Lune / Il m'arrive de refuser"). Murat parle aussi dans cet entretien à Bertrand Dicale "des premières parties de Téléphone" au pluriel : faut-il en déduire que l'expérience se serait renouvelée en d'autres occasions ? Là non plus, ce n'est pas impossible. Téléphone était par exemple annoncé sur scène le 9 mai 79, à Montluçon, sans qu'on ait pu trouver de trace de cet éventuel passage dans l'Allier. Manifestement, les concerts de Téléphone en Auvergne sont comme les gros beaufs à l'Assemblée nationale : on croit les avoir tous identifiés et puis…

Pour revenir à des considérations plus sérieuses, il n'est pas inintéressant de méditer quelques instants sur les propos tenus ici par JLM. On peut éventuellement les trouver un poil démagos ou un tantinet simplistes. On a aussi le droit de s'amuser de cette envolée collectiviste de la part d'un homme qui a souvent défendu une forme d'individualisme et croit davantage aux vertus de la hiérarchie qu'à celles d'un égalitarisme hyperdémocratique. Pourtant, à l'heure où quantité de musiciens largement blanchis sous le harnais remplissent stades et Zénith, souvent à des tarifs inversement proportionnels à leur degré de créativité, tandis qu'à l'autre bout de l'écosystème musical, beaucoup ne réussissent pas à trouver de lieux pour se produire en public, de budgets pour enregistrer ou d'acheteurs pour leurs disques, on peut se demander si cette tirade quasi-fouriériste de Murat n'aurait pas une certaine actualité…

En attendant, ils étaient 9400 avant-hier à aller applaudir les créateurs d'"Argent trop cher" et ils paraissaient nombreux à avoir passé une chouette soirée, si l'on en croit les témoignages laissés depuis sur les réseaux sociaux. Quant à notre quotidien régional préféré, il consacrait hier rien de moins que sa une et les pages 2 et 3 à l'événement. Et encore, les trois champions n'avaient pas apporté leur bouclier de Brennus, il paraît que c'est Corine qui l'a gardé…

– Allo, Louis Bertignac ? J'vous appelle à propos d'un ami à Carla… Dites, vous n'auriez pas deux ou trois briques de côté pour dépanner par hasard, on aimerait organiser quelques concerts à la rentrée ? Allo ? Louis ? Non mais Carla, quoi ?!

Jean-Louis Murat lui aussi sait cracher son "Venin" quoiqu'il ne ressemble guère à celui de Téléphone...

Fred PLAINELLE, pour Le Blog de Paulo.

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Rédigé par m

Publié dans #vieilleries -archives-disques

Publié le 9 Mai 2016

Magic, la revue pop moderne: Abra...patatras.

Tout à l'heure, j'écrivais à propos de SOfilm:

Comme pour Magic, Je ne publie pas cette interview de 3 pages de suite afin de vous permettre de vous rendre chez votre kiosquier. Il faut soutenir la presse indépendante.

J'avais lu un ou deux posts inquiétants... mais rien d'officiel. Et bien, la nouvelle est tombée: Magicla revue pop moderne a cessé de paraitre... après 21 ans de présence! 21 ans...

Chères lectrices, chers lecteurs,

Comme l’ensemble du secteur de la presse, magic, revue pop moderne connaît depuis quelque temps des difficultés économiques. Nous avons cherché des solutions, nous avons cherché des partenaires, des repreneurs, mais aucune piste ne s’est concrétisée.

En l’état, il est donc probable que le numéro 201 de la revue, daté du mois d’avril 2016, soit le dernier. Grâce à la loyauté et la passion toujours gaillarde de nos pigistes, photographes et proches équipes, nous avons pu, malgré tout, sortir jusqu’au bout – on l’espère – un magazine riche et vivant.

On terminera simplement par là où tout a commencé : nous ne remercierons jamais assez nos lecteurs et abonnés pour leur enthousiasme et leur fidélité, qui datent parfois du fanzine magic mushroom.

Vingt-et-un ans en kiosque depuis mars 1995 avec toujours la même ligne directrice : une curiosité acharnée et pointilleuse pour la musique et les artistes qui nous touchent. Cette curiosité ne s’éteindra pas, mais elle devra se manifester ailleurs, autrement.

L’éditeur et la rédaction de magic.

Que Murat soit au sommaire du dernier numéro paru est un beau symbole... tant la fidélité du journal à ce chanteur est ancienne et fidèle... Alors qu'il faut bien le dire: Magic était un journal pour le moins pointu et anglophile, les sommaires de certains numéros étaient pour moi un grand point d'interrogation. Mais fidèle, ils ont été fidèles à leur ligne... et à leur papier glacé... Est-ce que cette petite mort (puisqu'on espère un "ailleurs") sera l'occasion pour Murat de dire un mot gentil sur ceux qui fabriquait ce journal, des journalistes... et/ ou de se désoler de la marche du monde? Pensées à tout ceux qui travaillent ou ont travaillé dans ce magazine: Franck Vergeade, Christophe Basterra (l'auvergnat), Etienne Greib... et merci pour lui, et pour nous.

Petit rappel depuis la création du blog:

- 2011 : Grand lièvre, chanson par chanson http://www.surjeanlouismurat.com/article-l-interview-de-magic-en-ligne-86582982.html

- 2013: Toboggan hhttp://www.surjeanlouismurat.com/article-it-s-not-a-kind-of-magic-it-s-magic-numero-171-avril-117398070.htmlttp://

- 2014 Babel en couverture :

http://www.surjeanlouismurat.com/2014/10/en-couv-de-magic.html

(avec une version live inédite de "qu'est-ce qu'au fond du coeur")

- 2010 La lecture d'un numéro sans Murat:

http://www.surjeanlouismurat.com/article-magic-revue-pop-moderne-n-137-42137017.html

- La dernière chronique : Morituri

http://www.surjeanlouismurat.com/2016/04/3-premieres-chroniques-de-morituri.html

- Chronique de concert:http://www.surjeanlouismurat.com/article-revue-de-presse-50600594.html

Le site internet de Magic met à l'honneur les grands moments de la revue, les grands coups de coeur... et on y retrouve une interview période MUSTANGO, L'abécédaire du Le moujik. ou encore LILITH.

Murat est l'un des rares français figurant dans ce florilège... avec l'ami Erik Arnaud, interviewé ici,. (et Bashung et Biolay)

Magic, la revue pop moderne: Abra...patatras.

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Magic, la revue pop moderne: Abra...patatras.

Je vous rappelle à propos de "vie et mort" en presse musicale l'article de M.:

http://www.surjeanlouismurat.com/2016/03/chanson-volet-1-passage-en-revue-d-une-revue-musicale.html

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

Publié le 9 Mai 2016

Comme un lundi...

Hop hop, j'ai mis Murat de côté durant 3 jours ou presque... Je suis tout endolori du blog... vite, vite:

1) Murat est dans SO FILM ce mois ci, pour une interview plutôt cinéma donc. Belle fidélité de Frank Annese (une interview récente dans Libé ). Comme pour Magic!, Je ne publie pas cette interview de 3 pages de suite afin de vous permettre de vous rendre chez votre kiosquier. Il faut soutenir la presse indépendante.

2) Murat était en micro interview dans Alcaline le mag... Visionnable là (vers 10 minutes), mais on retrouvera tout ça dans "alcaline l'instant" prochainement.

http://pluzz.francetv.fr/videos/alcaline_le_mag.html

merci anna B.

merci anna B.

4 )  Encore une chronique:

http://musique.blogs.sudouest.fr/

 

 

5)  J'avais oublié La dispute de France Culture. Les intervenants sont invités à donner leur avis sur Morituri en fin d'émission.

http://www.franceculture.fr/emissions/la-dispute/musiques-hommage-prince

 

 

 

 

6) VENTES:  3e semaine... en attendant un petit rebond suite à la promo?

957 albums physiques (57e place)  72 téléchargements.

LE LIEN EN PLUS QUI NE SERT A RIEN

 

Chasseurs:  Faute de Slimane, on se rabat sur Murat... ça fait quand même plaisir...

 

 

https://actualite24.com/2016/05/video-the-voice-les-fans-aussi-ont-du-talent/

Pour attendre le créneau idéal, avec leurs amis Eric et Géraldine, ils ont tout prévu : tabourets pliables, sandwichs au pâté, glacière. Sauf ce maudit jeudi de l”Ascension, où toute l”équipe de « The Voice » a fait relâche. Ils ont trouvé porte close en se présentant devant le studio 217, après deux heures et demie de route. Qu”à cela ne tienne, la télé n”a pas de secrets pour eux. Un saut dans Paris et hop, ils se sont immortalisés avec Pedro Almodovar et Jean-Louis Murat devant le plateau de « C à vous ».

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri