Publié le 14 Novembre 2014

Le flux d'actu s'est nettement ralenti ces derniers jours, mais ça va repartir la semaine prochaine avec plusieurs rendez-vous.... le même jour. Murat démontrera donc son ubiquité médiatique le 20 novembre, sur les ondes.

On espère donc que la promo fera repartir un peu les ventes. En 4e semaine, Murat est 61e du classement des ventes, avec 1372 ventes physiques (20 places perdues). Il y a 69 téléchargements (165e). C'est un petit mieux que précédemment (cf tableau), mais pas de surprise... On peut par contre s'étonner de cette tournée qui ne s'étoffe pas de dates. Si on croit Murat disant qu'il ne savait pas comment il allait tourner, il doit peut-être être difficile de vendre le concert pour le tourneur...

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Enfin soit, Concert ce soir en province... en Bretagne à AURAY, encore avec les DELANO ORCHESTRA, et il semble qu'il reste encore des places!, et le TELEGRAMME nous propose donc une interview... où il est encore question de mélancolie.

http://www.letelegramme.fr/morbihan/auray/murat-j-ai-ete-fabrique-avec-des-grosses-briques-de-melancolie-14-11-2014-10424375.php

Auray Murat. « J'ai été fabriqué avec des grosses briques de mélancolie » 14 novembre 2014

Jean-Louis Murat débute sa tournée à Auray, ce soir.. Jean-Louis Murat débute sa tournée à Auray, ce soir.. Depuis trente ans, Jean-Louis Murat creuse son sillon dans la chanson française, sans suivre aucune règle ni aucune mode. L'artiste à la production gargantuesque revient avec un nouvel album, « Babel » et une tournée qui débute à Auray. Nouvel album, nouvelle tournée... Et nouveau passage promotionnel.

L'interview, c'est toujours votre bête noire ?

-Ce n'est pas très marrant, mais je m'y fais. Avec l'habitude. Bon... Parfois, on l'a vraiment mauvaise : quand tu parles avec un journaliste, que c'est censé être du off, et que lui a planqué un enregistreur sous sa serviette de table. Ça fait beaucoup de dégâts... Mais, de façon générale, parler de moi, donner son avis sur tout... Ça ne me plaît pas, non.

Votre dernier album, « Babel », est une respiration au coeur de votre pays, l'Auvergne. Même si la tonalité est moins oppressante que sur son prédécesseur, « Toboggan », album solo et d'intérieur, on sent toujours une mélancolie qui affleure...

-Pour « Toboggan », ça faisait longtemps que je voulais faire un album tout seul. Et sur le dernier, « Babel », c'est le hasard des rencontres qui a fait le disque. Mélancolie ? Oui, j'ai été fabriqué ainsi, avec des grosses briques de mélancolie. En même temps, on est tous un peu comme ça. On bâtit autour de nous des petites zones démographiques du déclin. C'est l'époque qui veut ça. Quand on avait la croissance de la Chine, les choses étaient un peu différentes...

Vous jetez un regard cru sur l'époque. Désabusé ?

-Les années passent, et tout ça est teinté d'une sorte de gravité. C'est un travail de la nostalgie. Il n'y a plus rien de nouveau dans la littérature, la musique, dans l'art en général, dans les formes politiques, aussi. En même temps, on a la classe politique qu'on mérite... C'est l'époque, il y a un ressassement, c'est un peu ennuyeux, pas très tonique. L'essence même de la musique d'aujourd'hui, c'est du revival. Ce sont des formes qui se succèdent, sans vraiment de fond. Rien de nouveau qui se dégage. On accrédite le fait de proposer une musique populaire, accessible. Je trouve cela très anxiogène.

Et où vous placez-vous dans ce monde qui stagne ?

-J'essaie de restituer le fond de pensée de l'époque et je m'interroge : Qu'est-ce que tu fais, mon pauvre garçon ? En quoi es-tu l'esclave de l'époque ? En quoi es-tu libre ? On est à une période charnière, le vieux monde qui fout le camp. Mais à y réfléchir, je crois que la musique que je fais n'est pas la musique du monde qui se fait aujourd'hui.

Votre côté paysan dandy, c'est quelque chose que vous revendiquez ?

- Le côté paysan, oui. Mais je n'ai pas une vie d'ermite, je ne suis pas dans une espèce de retraite d'orgueilleux vertueux. J'essaie juste de me préserver.

Votre tournée débute à Auray. Le passage dans des petites villes de province, loin des zéniths, est-ce quelque chose à laquelle vous êtes attaché ?

-Oui. Les petites salles, proches du public, j'ai toujours aimé ça. J'ai une dimension d'artiste « France profonde ». J'ai récemment fait l'Olympia et je n'étais pas à l'aise. C'est que je n'ai pas trop l'habitude... Faire des zéniths, ce n'est pas pour moi. Je veux regarder dans les yeux le mec qui se trouve au fond de la salle.

La tournée débute en Bretagne...

-Oui. C'est très bien. C'est vrai que je vois des traits communs dans le caractère (avec l'Auvergne). Ce sont des zones un peu excentrées. On ne parle pas beaucoup, on a des idées fixes et on essaie de s'y tenir.

Pratique Jean-Louis Murat, ce soir à 20 h 30 au centre Athéna. Tarifs : 21,20 €/12,70 €.

© Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/morbihan/auray/murat-j-ai-ete-fabrique-avec-des-grosses-briques-de-melancolie-14-11-2014-1042
4375.php

Interview pour le concert de ce soir, AURAY

LE LIEN DEPRIMANT EN PLUS:

 

On n'aime pas tant que ça ici plaindre Murat (qui se plaint suffisamment), malgré des  ventes qu'on espérait meilleures.   C'est très difficile pour tout le monde...

Ainsi, Coralie Clément a sorti un nouveau disque il y a quelques temps... et son vague à l'âme l'amène à évoquer Murat  sur FB:

je suis sans doutes un peu fébrile, mais je repense a cette phrase de Jean Louis Murat " l'insuccès me fait autant peur que le succès !" Comme je suis d'accord avec lui, je suis en train de perdre le morale petit a petit, de me creuser la tête chaque instant afin de savoir comment je peux remonter la pente, comment je pourrais faire découvrir mon travail,

On peut retrouver Coralie CLEMENT dans le MAGIC, juste après l'interview de Murat.

 

A propos de succès/insuccès, je vous laisse le week-end pour réfléchir à la dialectique : extrait de l'interview dans l'Humanité:

Ce milieu est si pourri que, finalement, j’en suis son esclave car j’essaie encore de le prendre à contre-pied. Cette dialectique en promo ne passe pas. L’insuccès estil un succès ? Peut-être que dans ma vanité, je tente d’avoir du succès dans mon insuccès ? Va savoir. Quelque part, c’est de l’orgueil et je suis un connard.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actus Babel (de oct 2014...)

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Publié le 12 Novembre 2014

En attendant de se remettre à la promo de BABEL (il a été annoncé un live spécial dans A'live la semaine prochaine, sur Inter- et oui, il y aura bien du Pascale Clark cette année)...

voici quelques souvenirs d'un séjour berlinois en octobre dernier.... puisque Berlin était à l'honneur ce week-end (n'ayant pas été sur une comète encore).

Je vous avais déjà soumis quelques photos d'outre-RHIN: ici.

Et puisque j'avais un peu de temps, c'est le retour des petites citations signées Bergheaud (grâce à murattextes, merci).

C'est une construction privée. Qu'on réserve aux dieux interdits.    (Berlin 3 époques).

C'est une construction privée. Qu'on réserve aux dieux interdits. (Berlin 3 époques).

Ouvrir  mes tubes de couleur.

Ouvrir mes tubes de couleur.

Tout nous pousse à pleurer. A endosser la peau. D'un poisson, d'un oiseau

Tout nous pousse à pleurer. A endosser la peau. D'un poisson, d'un oiseau

Nuages gris dans le ciel. Quels signes surnaturels ce monde nous fait.

Nuages gris dans le ciel. Quels signes surnaturels ce monde nous fait.

Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine ?

Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine ?

Ils veulent nous construire un genre d'usine. Un truc affreux en fer.   (VERS L'EST)

Ils veulent nous construire un genre d'usine. Un truc affreux en fer. (VERS L'EST)

Sonnez Zibeline, princesse de Chine est arrivée              (Carrefour bloqué:Le président chinois passe)

Sonnez Zibeline, princesse de Chine est arrivée (Carrefour bloqué:Le président chinois passe)

j'arrache les pierres aux murs épais            (Sur le tracé du Mur)

j'arrache les pierres aux murs épais (Sur le tracé du Mur)

Clichés 21:  Berlinois
Clichés 21:  Berlinois
oh tout est amour mais tout est faux que la vipère que le corbeau disent pique-pendre sur ton dos

oh tout est amour mais tout est faux que la vipère que le corbeau disent pique-pendre sur ton dos

Il s'est penché à la fenêtre, puis il a appelé un ami

Il s'est penché à la fenêtre, puis il a appelé un ami

Jusque sous nos fenêtres. Dieu veuillez m'excuser. La lumière est mourante

Jusque sous nos fenêtres. Dieu veuillez m'excuser. La lumière est mourante

Roule roule le train soviétique. Dans une nuit lilas

Roule roule le train soviétique. Dans une nuit lilas

Quand la lune vient. M'interroger.

Quand la lune vient. M'interroger.

Tout bouffi de mémoire. On ne retient pas la leçon. Perdu dans la mémoire.   (MEMORIAL)

Tout bouffi de mémoire. On ne retient pas la leçon. Perdu dans la mémoire. (MEMORIAL)

Sans repos au fond du jardin.

Sans repos au fond du jardin.

Puis un attelage, un traîneau. Passera savez-vous toujours.

Puis un attelage, un traîneau. Passera savez-vous toujours.

Hymnes à jet continu

Hymnes à jet continu

Au miroir où rêve l'enfant

Au miroir où rêve l'enfant

Aux bords lointains où tristement j'errais.... J'avais dans l'Inde exilé mes regrets.   (MANTRA)

Aux bords lointains où tristement j'errais.... J'avais dans l'Inde exilé mes regrets. (MANTRA)

Aufwiedersehen amour les lauriers sont coupés           (Au bois, en lit à moteur)

Aufwiedersehen amour les lauriers sont coupés (Au bois, en lit à moteur)

J'entre nu dans la cathédrale Du vide surpeuplé des temps

J'entre nu dans la cathédrale Du vide surpeuplé des temps

Un pavé humide guide mes pas

Un pavé humide guide mes pas

(Le Reichstag, et l'arbre en feu)

(Le Reichstag, et l'arbre en feu)

(et pour finir, loin de Berlin, sur le bord du RHIN.. )      Toujours dans la même. La même direction

(et pour finir, loin de Berlin, sur le bord du RHIN.. ) Toujours dans la même. La même direction

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #montagne - rando et photos

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Publié le 8 Novembre 2014

Comme toujours, c'est avec fierté que nous vous proposons une nouvelle interview exclusive. Après avoir pu parler de littérature avec Magali Brénon et évoquer le petit monde des médias avec l'ami Olivier Nuc, le blog (grâce à Matthieu qui, depuis sa causerie poiscaille avec Jérôme "No Kill" PIETRI, semble s'être ouvert au plaisir simple de la discussion avec ses semblables...) vous propose cette fois d'aller à la rencontre d'un journaliste-éditeur, BENOIT LAUDIER, l'un des participants à l'ouvrage culte "Le Dictionnaire du ROCK" de Michka Assayas (auquel a également collaboré Sébastien Bataille, futur biographe de qui vous savez...). L'occasion de visiter les coulisses de ce genre d'ouvrages... mais surtout, Benoit Laudier nous livre un avis parfois surprenant sur l'oeuvre de Murat.

 - Merci Matthieu pour ce travail.  Et tu éteindras bien en sortant, ok?

 - Yes Sir !

 

 

Initials B.L.

 

     Le point de départ de cette Inter-Vious et Murat, dix-septième du nom, fut une rencontre avec Michka Assayas, en visite au festival Europavox pour promouvoir la nouvelle édition de son Dictionnaire du rock. De cet échange (à écouter ici) découla l'envie d'aller débusquer, derrière les initiales B.L. inscrites au bas de la page 1793, l'auteur de la notice sur Jean-Louis Murat. Moins pour lui chercher des noises en jouant les fans tatillons (mais non, enfin, Murat n'est pas né en 1954 !) que pour mieux faire sa connaissance et lui fournir l'opportunité de réduire un peu de l'inévitable distance requise par un ouvrage à ambition encyclopédique. Nous voici donc en ce morne mois d'août 2014 à questionner (harceler ?) B.L., alias Benoît Laudier, quadragénaire discret, vieux routard du journalisme et directeur de Vagabonde, maison d'édition catégorie poids plume (vingt-deux livres publiés en douze ans), actuellement basée à Senouillac – depuis Saint-Germain-des-Prés, prendre l'autoroute du Soleil, direction Toulouse...
     C'est Laudier qui a fondé Vagabonde, en compagnie de son frère et de deux vieux amis, tous les quatre formant selon lui une
"sorte d'association de saltimbanques, pour ne pas dire de malfaiteurs ou de pirates". Feuilleter le catalogue de Vagabonde – ou mieux : lire les livres qui le composent – suppose d'accepter de transgresser les frontières linguistiques, temporelles et de genres pour un voyage dont le sens (s'il doit y en avoir un) se révélera à la fin (s'il doit y en avoir une). Sur une carte du Tendre esquissée pour tenter de baliser le territoire parcouru figureraient sans doute, entre autres, une bourgade nommée Curiosité (celle qui pousse à combler des lacunes en allant dénicher ce texte adoré devenu introuvable, ou cet autre dont aucune traduction ne nous a jamais pleinement satisfaits, ou encore celui-ci, écrit par un auteur qu'on n'attendait pas dans ce registre...), un lieu-dit Enthousiasme (dans l'élan originel vers un style et/ou un projet, puis à chaque étape du processus éditorial, mené avec application), ainsi qu'une rivière baptisée Fidélité (à une poignée d'auteurs mécontemporains comme au désir d'indépendance initial).
     Alors que la maison publie ces jours-ci un bref récit joliment illustré de Nick Tosches, son directeur fait étape un instant Chez Pierrot, modeste routier fréquenté par une poignée d'adorateurs de JLM jamais rassasiés, histoire de nous narrer ses pérégrinations éditoriales, ses allers-retours en terres muratiennes ou ses flâneries entre musique et littérature.

Inter-ViOUS ET MURAT N°17 : BENOIT LAUDIER

- Bonjour Benoît. Pour commencer, pouvez-vous retracer en quelques mots votre trajectoire professionnelle ?

- Si vous souhaitez quelques faits "marquants", cette "trajectoire" s'inscrit surtout entre l'édition et le journalisme (reporter, secrétaire de rédaction, rédacteur en chef de Chronic'art de 1997 à 2001), des éditions Gallimard à Larousse, des Inrocks au Figaro magazine et à Mouvement.

- Vu de loin, Les Inrocks et Le Fig mag semblent deux journaux assez hermétiques l'un à l'autre au niveau idéologique. Un tel transfert est-il mieux admis lorsqu'on est journaliste culturel ? Et implique-t-il nécessairement un sévère virage à droite, politiquement parlant ?

- Aucunement en ce qui me concerne. En ce sens, je ne pense pas être un "animal" politique : on rencontre des femmes et des hommes qui proposent du travail – ou pas – et on est libre de l'accepter – ou pas. Somme toute, effectivement, dans le domaine "culturel", on n'est moins exposé et déterminé à commenter l'actualité politique...

- Votre rapport au politique passerait donc avant tout par l'esthétique... Vous pouvez nous en dire un mot ? Y a-t-il des figures dans la littérature ou l'histoire qui le résumeraient ?

- Oui, sans aucun doute pour ce qui nous concerne ici, le rock, la pop, etc. participent aussi de liens entre personnes vivant dans la cité, parfois très vivaces et "solidaires" en termes d’échanges ou via les "réseaux sociaux" : quoi de mieux que s’enthousiasmer pour un disque, par exemple, et le faire savoir à d’autres ? En ce sens je suis bien sûr "politisé", aimant retrouver certains lieux (salles de concert, bars, etc.). Qui ne le serait pas ? Pour l'esthétique, incontestablement des poètes comme Baudelaire, Ducasse, mais aussi des essayistes et écrivains comme Greil Marcus ou Nick Tosches développent dans leurs écrits une esthétique pas franchement désagréable... puisque allant à rebours des poncifs et même parfois provocante. Ces modèles sont toujours utiles.

- Comment êtes-vous devenu l'un des contributeurs du Dictionnaire du rock ? Et au cours de ce travail, quels sont les articles que vous avez pris le plus de plaisir à écrire, ceux dont vous êtes le plus fier ?

- C'est Michka Assayas qui me l'a demandé. Les articles ? David Bowie, Scott Walker, U2, des artistes et groupes africains, Aphex Twin et d'autres...

Inter-ViOUS ET MURAT N°17 : BENOIT LAUDIER

- Venons-en à Murat : était-ce un choix de votre part d'écrire l'article sur lui ou cela faisait-il partie des devoirs imposés dans le cadre d'un tel ouvrage et pour lesquels il faut bien que quelqu'un se dévoue (sur le mode : "Bon Yves, t'es puni, tu écriras la notice sur Manset. Et toi Benoît, te marre pas, parce que tu me feras celle sur Murat...") ?

- Oui, c'était un choix de ma part. Alors que je travaillais chez un disquaire (boulot d'été) à l'âge de seize ans et demi, j'avais passé l'un de ses disques sur la platine... et il a retenu mon attention. Je crois même avoir ramené le disque à la maison. Il fait partie des très rares auteurs-compositeurs contemporains français que j'ai écoutés, écoute encore (moins régulièrement) et écouterai sans doute encore. Et si j'aime aussi certaines choses chez Manset, il y avait incontestablement plus compétent que moi sur cet artiste pour l’écriture de l’article qui lui est consacré. [NDLR : rédigé au final par Yves Bigot]

- Donc, vous avez seize ans, on doit être grosso modo en 1986, vous travaillez chez un disquaire (lequel ? dans quel coin ?) et vous tombez sur un disque de JLM (lequel ? S'agissait-il de Passions privées ?) : que ressent l'adolescent que vous êtes, au milieu des 80's, en découvrant Murat ?

- Si ma mémoire ne me trahit pas (ni mes papiers d’identité), j'avais bien seize ans (et demi) l’été 86. Ce disquaire s'appelait Monsieur Cotte (est-ce la bonne orthographe ?) à Saint-Raphaël (Var). Oui : Passions privées. Ce que j'ai pu "ressentir"... Impossible précisément de le détailler : ce serait une usurpation d'identité que de me "rappeler" le jeune homme que j'ai été et ce que j'ai bien pu penser de cette première, même deuxième écoute... Mais oui, sans aucun doute, quelque chose m'a accroché : sa voix, les mots, leur organisation, le sens véhiculé par ses chansons...

- Quel était votre environnement culturel de l'époque ? Vers quatorze-quinze-seize ans, vous écoutiez, lisiez, regardiez quoi ?

- J'écoutais les Rolling Stones, les Stranglers, les Jam, mais aussi Prefab Sprout, les Smiths, les Housemartins, et beaucoup de jazz (Coltrane, Davis, Powell, Monk, etc.). Je lisais peu (il y avait quand même le programme scolaire), mais j'ai le souvenir (comme tout le monde) d'avoir été très impressionné par Les chants de Maldoror, Nerval, Baudelaire, les Trois contes de Flaubert, Villiers de l'Isle-Adam, et deux ou trois romans de Balzac, dont Le Cousin Pons et Les Illusions perdues. Rien de plus classique.

- Avant d'entamer cet entretien, vous me confiiez avoir "un peu perdu le fil concernant ses derniers disques". Pouvez-vous nous retracer les grandes phases de votre relation avec JLM ? Après la découverte (que l'on vient d'évoquer), jusqu'à quand continuez-vous à le suivre régulièrement ? Vers quelle(s) période(s) décrochez-vous et pourquoi ?

- Ah, il me semble que j'enchaîne avec Cheyenne autumn puis Le manteau... (qui me plaît moins), puis je "décroche" jusqu'à Mustango, puis Le Moujik..., puis "décroche" de nouveau ces dernières années, vers 2007-2008.

- Reprenons. Vous me dites que Le manteau de pluie vous plaît moins, mais cet album est l'un des deux qui sont cités comme références à la fin de votre article de 2014, l'autre étant Mustango. Je suppose donc que ce choix est celui d'Assayas...

- Je pense que c'est le cas... Ou alors, c'est parce que cet article ayant été écrit pour la première édition, sans doute vers 1998 ou 1999, j'ai tout simplement oublié de demander à Michka s'il pouvait changer de titre d'album comme "album référence".

- Mais ensuite, vous m'indiquez avoir décroché jusqu'à Mustango. Or, dans l'édition de 2001, vous écriviez que Dolorès (qui précède Mustango) était "sans doute son meilleur album à ce jour".

- Je n’ai pas le souvenir d’avoir écrit que Dolorès est "sans doute son meilleur album à ce jour". Ce dictionnaire, comme tout ouvrage collectif, fut légitimement relu et visé (et donc "corrigé-affiné") par Michka Assayas et d’autres personnes. Et c’est très bien ainsi.

- Qu'en est-il alors de Dolorès ? L'avez-vous aimé ? Sans bien vous connaître, j'ai tout de même tendance à penser que certains textes de cet album n'ont pu vous laisser insensible (par exemple, "Perce-neige" ou "Réversibilité", mise en musique du poème de Baudelaire).

- J'ai aimé, à l’époque, la reprise "Réversibilité" effectivement (mais plus pour l'interprétation que pour le "fond sonore"). Et aussi (mais j'étais je crois plutôt "amusé" par cette chanson, comme on peut l’être en écoutant de temps à autre un titre à la radio avec plaisir) "je vis dans la crasse, je suis dégueulasse, et alors je m'en fous..." [NDLR : "Fort Alamo"].

- Étant donné ce que vous nous avez dit sur votre éloignement depuis 2007-2008, je présume que le jugement sur les derniers albums qui clôt votre article ("parmi ses plus belles réussites depuis Mustango") vient d'Assayas. Et vous, rien, vraiment rien ? Votre décrochage est-il dû à un manque de temps ou a-t-il des raisons esthétiques ?

- Avant tout à un manque de temps et sans aucun doute aussi au fait de parcourir bien d'autres univers musicaux-esthétiques. Je veux dire par là qu'incontestablement :
1. Je n'ai pas écouté Grand Lièvre et Toboggan.
2. Le cours ordinaire des choses contient de belles choses (comme c'est souvent le cas pour nombre d'albums : on est vraiment retenu et on se replonge au fil du temps dans quelques titres, pas forcément tout l’album).
3. Vous me rappelez qu'entre Lilith et Le cours..., je me suis bel et bien "absenté". Je les ai écoutés, mais vraisemblablement pas avec la même attention que durant les deux-trois années qui ont précédé,
c’est incontestable.

- Je vais donc être un peu vicieux en vous posant deux questions sur deux disques de cette période. D'abord sur Mockba. Je crois qu'il y a une forme de consensus parmi les amateurs de Murat pour considérer que Mustango et Lilith représentent deux sommets de sa discographie. Les plus tordus d'entre nous s'amusent même à distinguer les Mustanguistes et les Lilithiens. Vous me semblez appartenir nettement au premier de ces deux groupes, puisque j'ai cru comprendre que vous trouviez Lilith un peu trop touffu. Mais le plus surprenant pour moi fut de lire que vous préfériez presque Mockba à Lilith. Comme cet album est souvent négligé, voire déprécié (notamment par ceux qui sont allergiques à Camille et/ou Carla Bruni), pouvez-vous vous arrêter un instant sur lui ?

- Vu comme cela, c'est bien le cas : je suis plus "mustanguien". Mais est-ce à dire/penser que je devrais réécouter avec plus d’attention Lilith ? Sans doute. Oui, je peux m'arrêter sur Mockba si vous le souhaitez : intimité qui lui sied bien / qualité du chant / arrangements souvent très dépouillés. Je dois être "sensible" à cette simplicité/évidence, la distinction par les mots, presque en retrait. Non, je n’ai pas d'allergie particulière à ces dames a priori, même pas d’allergie du tout déclarée à qui que ce soit (un médecin m’en aurait parlé, non ?). Et puis il y a beaucoup d’humour sur "Foulard rouge". Très bon cocktail musique/mots/provocation. J'en garde un bon souvenir.

- Puisque par deux fois déjà vous avez cité Baudelaire comme une lecture importante de votre adolescence, j'aimerais bien vous entendre sur Charles et Léo. Et, plus largement, sur une éventuelle parenté entre Baudelaire et JLM (maniement de la langue, dandysme, antimodernité, etc.).

- Quel adolescent n’a pas été retenu, ne serait-ce qu’un peu, par Baudelaire… Vous voulez dire un effet mimétique chez Murat ? Possible... "Parenté" ? Je ne vois pas : autre temps, autre mœurs, etc. En revanche il est rare, très rare, qu'un contemporain puisse adapter/chanter de tels auteurs, et Murat y arrive : ce n'est pas rien. C'est "dire" (mais à sa place ?) qu'il aime cette chose qui porte le nom de "langue" (française en l'occurrence). "L'examen de minuit", il fallait oser : ce type de récitatif, cet orgue... Idem des plus de dix-douze minutes de "Il est des nuits..." (pour Ferré). Il me semble qu’il n’y a pas grand-monde sur la place pour s’attaquer à cela sans (trop) tomber dans le ridicule.

"L'examen de minuit" : de la maquette (Ferré) à la scène (Murat)...

- Nous parlons là d'albums que vous m'avez dit avoir écoutés avec une moindre "attention". J'imagine qu'on ne réécoute pas toute la discographie d'un artiste avant d'écrire sur lui, qu'on fait confiance à sa mémoire et qu'on utilise ses acquis...

- Personnellement si : je pense m'être toujours astreint (sauf quelques cas de disques "rares" ou introuvables) pour ce Dictionnaire à "tout" écouter. Quasi tout en tout cas. Mais je dois aussi avoir des enthousiasmes réfrénés par la suite, comme il m’arrive de réévaluer d’autres choses.

- Et je présume que la recherche du bon équilibre entre subjectivité et objectivité peut parfois vous amener à écrire qu'un disque est remarquable, même si vous n'y êtes pas très attaché personnellement, non ?

- Non, ça ne m'est jamais arrivé. En revanche, j’ai pu me demander plus d’une fois, rétrospectivement, pourquoi j'ai aimé telle chose (je veux dire vraiment) à un moment et plus vraiment le même titre ou album des mois ou des années après, ce qui doit être aussi le cas pour quelques-uns d’entre nous tout de même.

- Je vous posais cette question en raison de vos écrits passés sur Dolorès. "ces douze petites chroniques cinglantes et éphémères, traversées de fulgurances poétiques, constituent sans doute son meilleur album à ce jour", notiez-vous en 2001... À vous lire aujourd'hui, j'ai le sentiment que non seulement vous vous demandez pourquoi vous avez aimé ce disque à ce point, mais que vous ne vous souvenez même plus l'avoir autant apprécié. C'est amusant – mais il est vrai que l'on parle d'un album paru il y a près de vingt ans. Est-ce que ce genre d'étonnement rétrospectif sur soi et ses propres goûts arrive à tout le monde, comme vous le suggérez ? Oui, sans doute... Plus ou moins... Votre question, au fond, c'est un peu "Que reste-t-il de nos amours ?" Ça ferait un bon sujet de chanson...

- C'est sans doute vrai (et bien vu de votre part). Mais il y aussi le fait que j'apprécie plus et donc "mémorise mieux" (et déjà à l'époque de leur sortie) des titres sur des albums comme Madame Deshoulières ou 1829. L'amour des mots ? Le défi que se lance sur ces disques JLM ? Oui : cela correspond plus à mes attentes et humeurs. Et j'aime sincèrement JLM pour cela : le bon mot à la bonne place et parfois/souvent une belle "humeur/trame" musicale (y compris en duo) suffisent à mes yeux à faire de lui quelqu'un tout de même d'assez singulier.

- Quoi ?! Vous aimez 1829 ?? Dans votre article, je lis pourtant : "1829 (2005), adaptation des poèmes de Béranger, gloire oubliée du XIXème siècle, est décevant." Il faut que vous m'expliquiez...

- Là, je suis formel : cette phrase n'est pas de moi ! Cela arrive…

- Dans ce cas, faisons simple et parlons de cet album. D'autant qu'au-delà de celui-ci, je crois remarquer que vous êtes souvent sensible à ces projets poétiques et parallèles sur lesquels Murat chante d'autres mots que les siens : Madame Deshoulières, Charles et Léo, 1829... C'est un hasard ou vous y voyez quelque chose de plus profond ?

- Vous avez raison : il est tout à fait vraisemblable que j'y voie quelque chose de "profond", JLM doit être un très bon lecteur et un amoureux de la langue française – contrairement à pas mal des "zèbres" qui inondent les ondes. Il est l'un des rares selon moi à tout de même se préoccuper du sens de ce qu'il chante. 1829 ? "fraîcheur" des textes (mon intérêt toujours vif pour des poètes tels que Corbières ou Laforgue par exemple – plus tardifs, c'est vrai), mélodies très dépouillées (simplissimes même), juste ce qu'il faut dans une voix qui ne porte pas, très en retrait. En somme, je l'ai toujours bien aimé dans ce type de registre : le récitatif.

- Tout à l'heure, vous disiez "parcourir bien d'autres univers musicaux-esthétiques". Je crois que vous aimez les voyages. Pouvez-vous nous dire un mot de la place qu'ils occupent dans votre vie ? Ces "autres univers musicaux-esthétiques" que vous arpentez sont-ils liés à vos vagabondages ?

- Cela m'est arrivé, oui, de "partir" de ce territoire : quoi de plus normal quand on travaille pour partie comme journaliste-reporter plus de quinze ans ? Et c'est toujours le cas, quand cela m'est possible – certes : je ne reste jamais douze mois d'affilée en France. En fait j'ai notamment eu l'occasion d’effectuer des reportages dans des pays africains (Mauritanie, Niger, Mali), au Maroc, ou en Asie (Japon, Vietnam, Cambodge), Madagascar plus récemment... Et ce fut l'occasion (ces voyages laissant un peu de "temps libre") de connaître des lieux, d’entendre des musiciens/groupes, etc. Ils participent d'une culture universelle mais ont souvent, du fait de leur propre culture, des pratiques plus directes, voire enthousiastes du chant et de la musique, plus ancrées dans le quotidien en tout cas et se passant de tout "commentaire" : on joue, on chante parce que cela est en lien direct avec la vie, une de ses composantes. Et puis il est souvent remarquable d'entendre/voir un tel degré de technicité chez la plupart, y compris les plus jeunes, comme si la musique était inscrite en eux dès le plus jeune âge, corps et âme.

- Avez-vous un souvenir qui vous vient à l'esprit, là, spontanément, d'un moment de découverte musicale qui vous aurait particulièrement marqué lors d'un de ces voyages : un lieu, une atmosphère, un groupe... Histoire d'avoir un petit instantané...

- Un souvenir ? En bas de la crête du pays dogon, d'où je revenais, avant qu'ils ne partent pour un festival itinérant couvrant plusieurs pays, la découverte de Tinariwen. Au Cambodge, un joueur de vielle dont j'ai oublié le nom, dans un bar de Sihanoukville : avec son seul instrument (et un peu de voix) il sonnait comme un orchestre à lui seul !

- Rapprochons-nous de votre activité d'éditeur en évoquant vos travaux pour d'autres maisons, sans perdre le lien avec Murat. À la fin des années 90, vous avez contribué pour Larousse à la conception d'une anthologie de poésie populaire française. Dans la partie consacrée à la poésie d'après 1945, on trouve sans surprise des pièces de Char, Prévert, Aragon ou Jaccottet, mais aussi des textes de chansons : deux de Gainsbourg, un de Brel, un de Ferré et... un de Murat, "L'ange déchu". On aurait pu s'attendre à trouver, du côté des classiques, Brassens ou Barbara, du côté des plus modernes, Roda-Gil, Bergman ou Manset. Mais non, Murat. Étonnant, non ?

- Cela a été le cas, en termes de propositions : Brassens sûr, Manset sûr, Barbara et Ferré sûr... Mais la pagination du livre, la décision du directeur de collection (on enlève quelque chose ; on rajoute autre chose) en ont décidé autrement. Et je n'étais pas là pour le "final cut" – mon travail ayant été terminé avant.

Inter-ViOUS ET MURAT N°17 : BENOIT LAUDIER

- Maintenant que vous êtes éditeur à part entière, que vous publiez de la littérature, vous semble-t-il toujours que Murat puisse être qualifié de poète ?

- Il me semble que la meilleure réponse à cette question est toujours celle de Bob Dylan : non, les auteurs-compositeurs ne sont pas à proprement parler des poètes – c'est un ensemble musique/paroles qui fait que, parfois, des éléments poétiques se dégagent, ou que l'on peut (mais trop vite ?) assimiler un texte à un poème. Maintenant, dans de très rares cas, ces frontières n’étant pas vraiment hermétiques... il est vraisemblable que quelques textes "tiennent tout seul" et qu’on puisse les considérer comme des poèmes à part entière. À chacun d’en décider.

- Toujours pour Larousse, vous avez participé à un dictionnaire de la contestation intitulé Le siècle rebelle. Ce qui m'inspire cette question bête : à vos yeux, Murat peut-il être qualifié de rebelle ?

- À mon sens, non. Mais c'est à lui qu'il faudrait poser la question. C'est quelqu'un de beaucoup plus simple et direct que cela, il me semble, et peu sensible aux dogmes et aux idéologies.

- Vous qui saluez dans cet ouvrage l'indépendance d'esprit d'un Dominique de Roux, que pensez-vous du Murat médiatique : celui qui critique politiciens et journalistes, qui égratigne régulièrement ses collègues de travail et les maisons de disques, qui n'hésite pas à provoquer et à aller contre l'air du temps, au risque du dérapage ? Au-delà de telle ou telle déclaration ponctuelle qui fait le buzz sur le net – et fait fuir dans le même temps une partie de son public potentiel –, quel regard portez-vous sur sa manière, cette façon d'ériger la contradiction/provocation en geste esthético-politique ?

- Je ne connais que trop peu le "Murat médiatique". J'ai ceci dit le souvenir d'une "sortie" de sa part sur l'amateurisme de sa "profession" qui m'avait fait jubiler [NDLR : cf notamment dans Magic] Il a mille fois raisons : trop d'amateurs, partout, quel que soit le métier. Vous m'écrivez "cette façon d'ériger la contradiction/provocation en geste esthético-politique", mais je ne sais pas s'il n'est pas tout simplement comme il aime être, instinctif avec les mots qui lui viennent (et donc parfois les énervements), et non quelqu'un qui "érige" quoi que ce soit... Là aussi, je crois que lui seul peut répondre.

Inter-ViOUS ET MURAT N°17 : BENOIT LAUDIER

- Oui, vous êtes sans doute dans le vrai. Les fans ont parfois la mauvaise habitude de s'exprimer à la place de l'artiste qu'ils chérissent... Prenons un peu de recul en parlant de Vagabonde. Comment naît cette maison ?

- Vagabonde publie un premier livre en 2002, puis un autre en 2003. Elle naît de manière assez fortuite, comme ça, et parce que à peu près tout le monde dans notre entourage nous disait de ne pas faire d'édition.

- "Comme ça" ? Vraiment ?

- Oui, car nous ne savions pas forcément comment faire (au mieux), sans trop de moyens ni de "livres à venir", et si d'autres projets pourraient voir le jour : mais finalement tout s'est bien enchaîné, et assez vite.

- Interrogé en 2010 par Le Matricule des Anges, vous reveniez sur vos premiers élans éditoriaux en déclarant : "À ce jour, je n'ai pas trouvé d'explication à mon geste." Quatre ans plus tard, avez-vous enfin trouvé ? Et quel regard portez-vous sur cette dimension quasiment inconsciente de votre travail d'éditeur – ici presque pulsionnelle ?

- Non, au risque de vous décevoir, je n’ai toujours pas compris ce qui a pu me traverser l’esprit (et je n’y pense jamais – maintenant, c’est là !) pour ce qui est du "allons-y !". Ce n'est pas faux : pour nous, en tout cas pour moi, il doit y avoir un rapport plutôt physique à ce qu'écrivent les auteurs... D'où sans doute cette construction "aléatoire" du catalogue.

- Pouvez-vous nous décrire dans les grandes lignes votre travail d'éditeur depuis le choix d'un texte jusqu'à son lancement dans le public. En gros, le boulot quotidien d'un "petit" éditeur qui a les mains dans le cambouis, ça ressemble à quoi ?

- Le boulot : des personnes écrivent, vous les lisez, vous leur posez des questions, ils se corrigent ou pas eux-mêmes, et on décide ou pas de les publier, alors on décide de travailler ensemble : questions-réponses, questions-réponses… pour mener le texte à son maximum d'intensité, puis on coordonne tout l'aspect technique, plus la partie administrative, etc, etc, etc. Comme toute maison d’édition.

- Et dans le cas des retraductions, est-ce vous et vos associés qui passez commande, parce que vous estimez que tel texte important a été mal traduit par exemple, ou bien des traducteurs insatisfaits vous sollicitent-ils ?

- Je ne peux vous parler que de ce qui est "arrivé". Pour Büchner par exemple, mon frère [NDLR: le comédien et metteur en scène Stéphane Laudier] travaillait avec Claude Régy et un week end, Régy a demandé à son ami Goldschmidt de lui retraduire Lenz pour un atelier avec des élèves comédiens. Mon frère a lu cette version, me l'a transmise et j'ai pris contact avec Goldschmidt. Pour Cavalcanti, c'est Vagabonde qui l'a proposé à Danièle Robert, suite à un certain nombre de lectures annexes et consécutivement, cette interrogation : cette œuvre immense n'a toujours pas été traduite comme il se doit (en rimes !) en France. Alors, faisons-le !

- Pour présenter Vagabonde, vous vous êtes souvent référés à cette phrase : "tous les siècles sont contemporains" (ou à une formule voisine de Pound, "toutes les époques sont contemporaines"). De fait, vous publiez aussi bien des auteurs (biologiquement) vivants que des écrivains (biologiquement) morts, parfois depuis des siècles. Au-delà de la formule qui sonne bien, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette vision, paradoxale au premier abord, du "contemporain" ?

- Les "contemporains" ? Finalement assez peu de choses "contemporaines" me plaisent – c’est comme ça –, surtout en langue française (c’est vous dire aussi mon degré d’ignorance). Comme la "formule" le dit (nous l’espérons) : Cavalcanti est plus contemporain, lisible et stimulant que beaucoup de nos "contemporains" : c'est notre sentiment en tout cas. Ce qui n’empêche pas (bis) la publication de contemporains... C’est même plus de la moitié de notre catalogue jusqu’à présent...

- Il vous arrive de vous sentir plus d'affinités avec un écrivain du Moyen Âge qu'avec des auteurs actuels, je comprends. Mais il me semble que cette phrase implique aussi l'idée que l'on n'écrit pas nécessairement pour son époque, qu'un texte peut ne trouver ses destinataires que bien après sa date de parution. Je pense à ce propos de Murat : "les mots ne crachent pas tout leur sens dans l'époque où ils se meuvent." Ça vous parle ?

- Oui : il me semble aussi que quand un livre est vraiment "bon", donc stimulant et novateur, il peut sans trop de difficultés traverser les âges (faute d’écoute lorsqu’ils paraissent pour certains ?), et même parfois les frontières. Sur le fait qu’il ne soit pas (ou pas suffisamment) entendu à son époque, seuls les lecteurs en décident.

- Avant de devenir vous-même pleinement éditeur, vous aviez décrit l'édition comme une "corporation généralement satisfaite d'elle-même". Vous confirmez ? Et de votre côté, vous êtes satisfait du travail effectué par Vagabonde jusqu'ici ?

- Oui, je confirme... et à la fois c’est moins vrai de nos jours, du fait des difficultés rencontrées par nombre d’entre eux. Ont-ils pour autant regagné un peu plus d'humilité, allez savoir. Si nous sommes "éditeurs" chez Vagabonde, comme beaucoup d’autres amis ou personnes faisant ce métier, c'est que nous avons choisi d'être indépendants et d'assumer pleinement nos choix. Il s’agit d’un métier, pas d’une fonction.

- Vos choix, justement, parlons-en. Y a-t-il un ou deux auteurs de votre catalogue qu'à titre personnel vous aimeriez mettre en avant et éventuellement faire découvrir aux lecteurs du blog ?

- Sans aucun doute Carl Watson, Laszlo Krasznahorkai et Pierre Lafargue. Trois contemporains férocement talentueux et stimulants. Et comme ils savent écrire…

Inter-ViOUS ET MURAT N°17 : BENOIT LAUDIER

- À présent, la question traditionnelle de ces entretiens autour de JLM. Elle est double, basique, mais parfois difficile pour celui qui doit répondre : quel est votre album préféré de Murat ? Et quelles sont vos trois chansons préférées ?

- Album : Mustango. Chansons : "Fort Alamo", "L’almanach amoureux", "Nu dans la crevasse".

- Pour finir, si vous avez eu du mal à vous replacer dans la peau de l'adolescent que vous étiez en 1986, au moment de la découverte de Passions privées, j'espère que vous en aurez moins dans un exercice comparable, mais inverse. Cette fois, nous sommes en 2030 et Michka Assayas a décidé de s'atteler à une troisième édition de son encyclopédie. Il vous a demandé de vous y coller, vous avez hésité, parce que depuis le double rachat par Vagabonde de Gallimard et Grasset, vous êtes très occupé, mais comme Assayas est votre ami depuis quarante ans, vous avez fini par vous laisser convaincre. Vous voici donc parti pour rédiger la notice sur Murat. Pouvez-vous, en exclusivité pour le blog, nous résumer à gros traits ce que vous allez écrire sur les quinze dernières années de sa carrière, entre 2014 et 2030 ? Trouvez-vous que la musique de Murat ait bien vieilli ?

- À condition que JLM ne joue que du jazz et devienne pianiste ! Quelque chose comme ça ? "En s’attelant depuis près de vingt ans à la reprise des plus grands thèmes du jazz du siècle passé, JLM, laissant de plus en plus la part belle aux silences entre deux notes, confirme son statut de classique indémodable : soit la 'grâce efficace'."

*****

     Cet entretien fut réalisé par mail durant l'été 2014 (plus une partie de l'automne 2030 pour la question finale), puis relu et validé par la victime (et son tortionnaire).
     Un très grand merci à Benoît Laudier pour sa disponibilité, son endurance et sa participation active à ces séances bihebdomadaires d'anamnèse sauvage, malgré un emploi du temps très chargé.
     Vagabonde a publié le 7 novembre La première cigarette de Johnny de Nick Tosches, en édition bilingue illustrée par Lise-Marie Moyen (traduction de Héloïse Esquié ; 64 pages ; 14 euros). Pour plus d'informations sur ce livre comme sur le reste du catalogue de l'éditeur, vous êtes invités à voyager sur son site : www.vagabonde.net, ainsi qu'à aller vagabonder sur sa toute jeune page Facebook pour commenter, liker, faire ami-ami et plus si affinités. Les amateurs d'illustrations et curieux de toutes obédiences se rendront également sur le blog de
Lise-Marie Moyen : http://lise-mariemoyen.blogspot.fr/

     Un salut chaleureux au Matricule des Anges et en particulier à Pascal Jourdana, auteur dans le numéro 113 (mai 2010) d'un excellent entretien avec Benoît Laudier qui nous fut d'une aide précieuse pour la préparation du nôtre (la citation de l'introduction en est issue).
     Enfin, un merci spécial à celui qui, en jardinier bienveillant, me laisse semer mes graines ici et là sur son blog, à la manière de ces plantes vagabondes chères à Laudier, j'ai nommé mon éditeur à moi, Pierrot, sans qui rien (me concernant) ne serait possible – ni même envisagé.
   

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Rédigé par M

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 7 Novembre 2014

Ecouter RFi, c'est déjà une histoire de Babel... le local, l'heure universelle, la balladodiffusion et tout le toutim.... et le premier Ministre en interview alors que je pensais entendre Murat... et quand ça a été le moment, j'n'étais plus là, j'ai raté le début... On attendra donc le podcast... et c'est rapide sur RFI!

Alain Pilot nous propose une interview très rythmée, avec des pauses musicales de courte durée permettant de lancer certaines questions (signification des textes par exemple mais pas seulement). Presque tout l'album y passe. Une interview de bonne tenue où Murat semble ne pas vouloir raconter trop de bétises... même si Pilot le lance sur Voulzy et Souchon histoire de... Et Murat résiste quelques instants... avant de...

En écoute:

http://www.rfi.fr/emission/20141107-jean-louis-murat/

Allez, au débotté, quelques points que je note (dans le désordre) :

- Babel "un album où je n'ai été ni consciencieux, ni réfléchi"...

- Le terme "rigaudon"

- Evocation de Maurice Genevoix sur "camping à la ferme", et Murat qui dit qu'il a passé deux semaines à Sologne à mixer l'album.

- Le rapport au temps qui est abordé à deux moments de l'interview....

- "chant soviet", sur le fasciste qui sommeille en nous....

- Murat reprécise à propos " de la beauté" qu'il a vécu "plusieurs années" à côté.... et indique, contrairement à ce qu'on en avait dit, qu'il pourrait chanter ce titre, mais puisque c'est une chanson très intime, uniquement en "guitare/voix".

- L'anecdote époque du CODC à propos de Tony Joe White, et Murat qui n'ose lui proposer de venir jouer.

- Un peu de Neil Young, mais "l'objectif, c'est Dylan", le "maillot jaune"...

Interview dans la Bande passante, RFI

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actus Babel (de oct 2014...)

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Publié le 7 Novembre 2014

Ce soir, rappel: interview de Jean-Louis sur RFI sur la bande passante. Après avoir donné la parole à des critiques critiques sur Babel, Alain Pilot osera-t-il chatouiller Murat sur ce point? Vous le saurez en écoutant RFI... et sur le blog de Pierrot. Je crains que l'interview ait été enregistrée avant l'émission des critiques.

En vous dévoilant dans l'article précédent la vidéo du "blues du cygne", j'ai précédé l'annonce de "JLM officiel" et de PIAS qui s'appuyait sur cette vidéo. Il s'agissait d'annoncer que c'est ce titre qui sera le prochain single. Un titre un peu énergique pour sortir des "singles balades" habituelles...

En attendant l'actualizik de ce soir, 2 chroniques venant de l'autre côté... une minus et une grande.

Il est grand, le dernier disque de Murat. Pas seulement parce qu’il est double, mais aussi parce qu’il y avait un petit bout que la chanson française – de France – n’avait pas valu à ce point le détour. Les 20 chansons de ce Babel sont denses et lourdes, grosses d’une nostalgie d’Auvergne qui évoque la sinueuse route intérieure battue par la pluie qu’on appelle la vie. Les ballades tantôt folk, tantôt blues du Delano Orchestra accompagnent le voyage. «J’ai fréquenté la beauté», chante Murat. Merci de l’avoir endisquée, qu’on lui répond. – Sébastien Tanguay 2 chroniques canadiennes

  • A lire en suivant le lien (avec mise en page et photo):

http://lecanalauditif.ca/jean-louis-murat-the-delano-orchestra-babel/

Jean-Louis Murat & The Delano Orchestra – Babel 6 novembre 2014 Par Stéphane Deslauriers

La vendange annuelle de Jean-Louis Murat, créateur chansonnier pertinent et d’une cohérence créative absolue, se poursuit cette année avec l’avènement de Babel; disque élaboré en association avec l’excellente formation folk rock orchestral française The Delano Orchestra. Enregistré au studio Palissy, situé en banlieue de Clermont-Ferrand (nos salutations à notre collaborateur Thomas Rideau), Murat et le Delano Orchestra y vont, avec ce Babel, d’un album double sophistiqué, guilleret et mélancolique à la fois. Sur ce Babel, on y entend un Murat inattendu, moins aérien qu’à l’accoutumée et c’est grâce à l’apport musical cuivré (présentant un folk-rock juste assez terrien) du Delano Orchestra. Les cordes et les cuivres du jeune groupe auvergnat confèrent à cette production une finesse/élégance qu’un album de Murat en mode esseulé n’aurait probablement pas obtenue. Une conception sonore à la longueur quasi préhistorique, mais qui a de la classe, de l’éloquence, de la ferveur tout en conservant le penchant «grands espaces» de l’œuvre de notre misanthrope préféré. Fidèle à son habitude, Murat propose des textes télégraphiques et hermétiques, faisant référence aux animaux, à la campagne française, mettant en vedette quelques ébats amoureux. Du Murat classique quoi? Et ça ne sert à rien de trop réfléchir sur le sens profond des textes du chanteur. Murat adore brouiller les pistes afin de laisser l’auditeur faire le tri de ces images poétiques fortes, mais parfois indéchiffrables.

Même si on avait préféré une création plus concise, le tandem Murat/Delano Orchestra prodigue une élaboration contenant une forte majorité de chansons de luxe; très peu de ritournelles font office de remplissage sur Babel. Musicalement, les structures chansonnières sont de prime abord élémentaires. Cependant, le Delano Orchestra, en y ajoutant son instrumentation habituelle, propulse les pièces dans un univers plus «groovy» que ce que Murat a l’habitude de nous proposer. On fait référence entre autres à la cadencée Qu’est-ce qu’au fond du cœur.

Babel regorge de pistes foncièrement délectables. Le rock prescrit sur Chacun vendrait des grives, la superbe valse folk rock J’ai fréquenté la beauté, la très Tindersticks titrée Mujade ribe, le frémissant arrangement de cordes entendu sur Vallée des merveilles, le petit penchant tribal de Neige et pluie au Sancy, le folk country touchant intitulé Tout m’attire ainsi que l’entraînante Camping à la ferme (avec les amusantes voix d’enfants en arrière-plan sonore) font partie des moments forts de ce disque.

Encore une fois, Murat, en s’associant avec un excellent groupe de jeunots comme The Delano Orchestra, fait la preuve que l’âge n’a aucune espèce d’importance quand vient le temps de créer. S’agit de vouloir sortir de sa zone de confort habituelle et c’est ce que Jean-Louis Murat accomplit de bien belle manière avec ce Babel. Un gros merci au Delano Orchestra! Ma note: 7,5/10 Jean-Louis Murat Babel PIAS France 94 minutes

  • Ce n'est pas du canada, mais il y a Julien Lepers...

http://samarrablog.blogspot.de/2014/11/babel-de-jean-louis-murat.html

 3 chroniques canadiennes

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actus Babel (de oct 2014...)

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Publié le 5 Novembre 2014

Merci à Pierre krause qui a trouvé cette vidéo... dans l'article du MONDE qui a été mise à jour (via Twitter)... La vidéo a été mise en ligne par "jean-louis murat officiel" sur youyou mais en mode "non-repertoriée", une manière d'offrir une petite exclu au MONDE sans doute.

Allez, près de 8 minutes avec un Jean-Louis Murat hirsute et transpirant dans la chaleur parisienne... La chanson contient la présentation des musiciens, ce qui permet de faire la promo des 3 concerts restant avec les THE DELANO ORCHESTRA. LE BLUES DU CYGNE, qui a été le titre le plus enlevé de la soirée il me semble...

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actus Babel (de oct 2014...)

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Publié le 4 Novembre 2014

Et bien, ça se calme...La tempête médiatique  avec les beaux jours s'en est allée... Déjà. Dehors, ça tombe, ça tombe, et à l'intérieur de l'ordi:  plus grand chose... J'ai quand même fouillé un peu et trouvé de quoi faire quelques lignes...   Faut dire qu'hier, je n'avais pas fait d'articles... un jour sans, c'était devenu rare.

 

Je rappelle que MAGIC avec Murat en couverture est disponible depuis la fin de semaine dernière (on peut commander sur le site du journal, et en profiter pour commander des anciens numéros... on peut retrouver ceux qui nous intéressent par un moteur de recherche... et avoir un cd en cadeau).

Et puisqu'on en est au rappel... 3 concerts au cours du mois:

avec The Delano Orchestra :

14 nov. 2014 / Centre Culturel Athena - Auray (56)
  avec Radio Morbihan Sud
22 nov. 2014 / L’Astrada - Marciac (32)
24 nov. 2014 / New Morning - Paris (75)  COMPLET

 

- Un petit encart dans le FIGARO:

http://evene.lefigaro.fr/musique/actualite/lo-jo-murat-cinq-disques-a-ecouter-cet-automne-3139207.php

Murat & the Delano Orchestra - Babel

Jean-Louis Murat est particulièrement prolifique, mais jamais au mépris de la qualité de sa production. Seulement un an après Tobbogan, il est de retour avec Babel. Un disque dans lequel il s’associe au groupe de Clermont-Ferrand The Delano Orchestra. Si Murat a écrit toutes les chansons, le groupe a pensé toutes les instrumentations. Les six musiciens apportent un vrai renouveau à sa musique, entre boucles rocks et coeurs, qui apportent une vraie légerté pop au songwriting mélancolique du chanteur. Le double album ne s’essoufle jamais et explore de nouveaux terrains, suggérés par la longue route sur la photo de la pochette. Le disque indispensable de la rentrée.

Babel, sorti le 13 octobre. En tournée avec le Delano Orchestra le 22 novembre à Marciac, le 24 novembre à Paris (New Morning). En solo le 7 février 2015 à Noisiel, le 27 février à Pontchateau, le 14 mars à Etampes, les 8 et 9 avril à Rennes.

 

- Eric Reinhardt livre sa bande-son à Vanity Fair. Choix anglo-saxon mise à part Bertrand Belin... et son ami Murat...

http://www.vanityfair.fr/culture/musique/articles/la-bande-son-deric-reinhardt/16328

Chanson dont il ne se lasse pas: Les JOURS DU JAGUAR.

« Cela fait des années que ses disques m’accompagnent, ils sont inépuisables. »

Et comme vous vous en doutez, comme tout muratien célèbre, on a essayé de le contacter pour une "inter-ViOUS ET MURAT", mais sans succès pour l'instant.

 

- Une chronique sur le site BENZINE:

Denis Verloes n'est pas emballé plus que cela par BABEL, et c'est un avis qui semble partagé par quelques camarades, grosso modo : l'accompagnement des THE DELANO ORCHESTRA ne parvient pas à cacher un manque de renouvellement dans l'inspiration.

à lire sur Benzine en cliquant ici

 

EXTRAIT: "Bref, Murat fait… Du Murat, servi dans un joli écrin musical qui soutient et enrichit les forces reconnues de l’auteur auvergnat.

Je me laisse surprendre, souvent. Mais depuis grand lièvre, et un certain désintérêt de Jean-Louis Murat pour le format couplet refrain pop, je dois reconnaître que je me sens moins bon public pour son œuvre certes cohérente et inspirée auquel je reproche de fouiller la même veine (méthode à laquelle Murat ne m’avait pas habitué), avec plus ou moins de réussite dans la traduction du ressenti rural.

Je n’ai pas d’autre reproche d’ailleurs à faire à Babel que de constater que le musicien y démontre qu’il excelle à multiplier la description de toutes les facettes d’un folk pop régionaliste, genre qu’il a inventé pour lui-même et qu’il définit de manière quasi programmatique au long de ce double album réussi.

Alors évidemment si cette incarnation de Murat n’est pas aussi votre musique de prédilection, l’homme y tend peu de perches invitant à y entrer, à se laisser séduire, pour y venir peu à peu, par artifices. Dans mon cas, du coup, je me rends compte qu’un double album aussi unitaire dans son approche, n’arrive pas à me captiver jusqu’au bout. Et Babel cité rassembleuse, perd chez moi sa capacité au langage universel.

Un album pour mordus. Mais des bons."

 

Petite chronique:

http://carmadou.blogspot.fr/2014/11/jean-louis-murat-babel.html

 

 

LES LIENS et FAITS du MARDI SONT ICI

LE LIEN EN PLUS :

2e référence à l'interview  de JLM dans VIF dans un article consacré à un autre musicien. Là, c'est un article de La Libre Belgique consacré à FOXYGEN

C’est par les mots d’un autre que nous introduirons le duo. Fraîchement interrogé dans les pages d’un "Focus/Vif" dont il était l’hôte de marque, monsieur Jean-Louis Murat commentait en ces termes cette paire californienne : "On ne fait pas de la musique psychédélique en buvant de l’Evian et en mangeant des carottes bio. Foxygen, c’est un peu ça. Un groupe d’étudiants américains avec une bonne collection de disques […] Moi qui suis suffisamment âgé, et qui en ai fait, de la musique psyché, je ne te dis pas ce qu’on se mettait dans le cornet […] A mesure que la société devient de plus en plus saine, les musiques disparaissent." Un point de vue qui se défend sur papier.

ET le journaliste continue... et on se dit que Murat n'a pas eu le nez creux... comme eux..

Mais qui, n’en déplaise au vieux bougon, semble un peu à côté. Car s’il est vrai que l’hirsute Jonathan Rado et son comparse androgyne Sam France sont de petits jeunots bardés de références qui n’ont en aucun cas inventé la poudre musicale, ces deux-là n’œuvrent en rien à rendre ce monde plus sain. Rencontré à Bruxelles, un matin de septembre, le second - chanteur - perdu dans ses mèches bleues et rouges, planait déjà à 10 000 avant les coups de midi. Son complice guitariste, un peu moins dans le coaltar, tenta lui de tenir la barre.

... hi hi.. T'en veux? C'est de la carotte bio... elle est bonne....

 

LE LIEN EN PLUS EN SUS AMICAL

Le camarade du net NICOLAS BRULEBOIS qui avait donné ici son avis sur BABEL sort son 2e livre. Il porte sur Allain LEPREST. C'est un livre d'interviews de proches du chanteur, comportant également une discographie commentée.

"Allain LEPREST, gens que j'aime", Jacques Flament editions.

http://www.jacquesflamenteditions.com/146-allain-leprest-gens-que-jaime/

LES LIENS et FAITS du MARDI SONT ICI

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actus Babel (de oct 2014...)

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Publié le 1 Novembre 2014

Départ à 8 heures... Oui, je sais c'est un peu tard, ça ne me ressemble pas, mais il valait mieux que je dorme suffisamment.

Après mon exploration du plateau du Taillefer il y a quelques semaines (à voir ici), direction le Sommet. Via la combe de l'Oursière. Un été pareil, il faut en profiter!

1200 mètres de dénivelé pour monter à 2853 mètres, et ça commence raide (pour une fois le matin), le mollet chauffe... et on débouche très vite sur l'alpage... Herbes d'or, ciel bleu, les graminées s'agitent doucement sur la légère brise... Longue traversée pour atteindre le pas de la mine. Quelques flaques de neige gelée que l'on peut éviter... mais la difficulté du parcours s'annonce: 2/300 mètres avec un sentier peu marqué sur la crête.. Puis on arrive sur un paysage de Jordanie... mais pas question de voir ça en Noir et blanc! Très belle variété minérale... belle palette de pastelles: rouille, gris, blanc... et sous le col du Grand Van, je tombe sur quelques cristaux ( et je repars avec deux kg de plus dans mon sac... pas une excellente idée).

La dernière montée sur le sommet est vite faite, c'est plus délicat pour redescendre.

J'ai le sommet pour moi pour tout seul à 11 heures... Le Ventoux, le Pilat pour les sommets les plus lointains, et les Ecrins, les sommets de l'alpe d'huez et des deux Alpes, le Vercors, la Chartreuse,l'Obiou.. Et le petit coin secret juste au pied (vallée de la Roizonne, vers le Col d'Ornon... plus joli que Grenoble que l'on voit durant la montée de l'autre côté.

Pour nos saints...

Pour nos saints...

Clichés 20   : Sommet du Taillefer un 1er Novembre
Cairn de quartz qui brillait au soleil...

Cairn de quartz qui brillait au soleil...

juste avant le crête

juste avant le crête

Zoom sur la Barre des Ecrins...

Zoom sur la Barre des Ecrins...

y'a une marque (la retrouveras-tu?)... mais le sentier, il faut le deviner.

y'a une marque (la retrouveras-tu?)... mais le sentier, il faut le deviner.

Clichés 20   : Sommet du Taillefer un 1er Novembre
Plateau du taillefer et lac fourchu

Plateau du taillefer et lac fourchu

Saint-Eloi (patron des forgerons)

Saint-Eloi (patron des forgerons)

Clichés 20   : Sommet du Taillefer un 1er Novembre
L'air est frais, mais la chaleur (et des mirages) montent des pierres.

L'air est frais, mais la chaleur (et des mirages) montent des pierres.

Clichés 20   : Sommet du Taillefer un 1er Novembre
Clichés 20   : Sommet du Taillefer un 1er Novembre
Clichés 20   : Sommet du Taillefer un 1er Novembre

Jeux d'ombres...  puis... jeux de cailloux...

Clichés 20   : Sommet du Taillefer un 1er Novembre
Clichés 20   : Sommet du Taillefer un 1er Novembre
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l'automne à l'Alpe du Grand Serre

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Mont-Aiguille

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Babelien...

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #montagne - rando et photos

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Publié le 31 Octobre 2014

FOCUS (VIF), les scans

Le Forum Fnac, l'article de libé, le Figaro Live, etc... c'était la routine, alors... je suis heureux de vous présenter les scans de l'événement notable de cette campagne promo pour l'instant (avec le Ring et la couv de Magic!)... Voici FOCUS, supplément culture/télé de VIF (Belgique), aveccette belle couverture et  un article de quelques pages.

La Couv est très classe, mais avec une petite perle :  "Il enfile les perles sur son dernier album". C'est le moment de citer Apollinaire: "Mon amant est explorateur, il est en train d’enfiler des perles avec des négresses de la Côte d’Ivoire" '(les 11 000 verges)...

 

L'édito de Laurent Raphaël, rédacteur-chef (qui a eu l'amabilité de m'envoyer un exemplaire!) est excellent; et bien vu sur les contradictions de l'homme-chat... Et le "making of" évoque encore le philosophe G.Anders mais il est amusant de noter que Murat, graphomane avéré, n'a pas voulu (ou osé?)  écrire lui-même cet édito... Quel fainéant stakhanoviste celui-là!

 

 

par Laurent Raphael

par Laurent Raphael

FOCUS (VIF), les scans

On était dans un article précédent sur Frank Loriou, dans la maison d'Emile... Il en est encore question (Murat y a un projet d'installer son studio).

Des jolis moments, un peu trop ponctuées par des rappels biographiques... et Murat qui dit qu'il préfère passer les vacances avec ses enfants plutôt que de répondre à des sollicitations de Canal +...!! Et moi qui râle depuis des années parce qu'il n'est jamais invité à l'album de la semaine!! Ah, j'en mange mon chapeau.

 

Alexandre Rochon est présent dans la dernière page (à l'auberge du Guery), ainsi que Christophe Pie.

Pour le journaliste, Babel est "le disque le plus global et accompli de Murat".

Et l'article se termine par une boutade ou une promesse d'un Koloko exceptionnel?   "On a le projet de jouer Babel l'été prochain pour les fêtes de la st-Jean  au sommet du Puy-De-Dôme. Dans  le temple de Mercure". 

Ceux qui m'aiment prendront le Tram panoramique?  ou certains monteront-il dans le char?   Tiens, je crois que je suis comme le journaliste P. Cornet... parfois, j'ai des doutes!! (clin d'oeil!).   En effet, dans un article signé quelques jours plus tard, celui-ci semble se montrer sceptique (sur un fait que Murat a toujours raconté pourtant!!):

Notre camarade Jean-Louis Murat, toujours prêt à en raconter une bien bonne ("J'ai dîné avec John Lee Hooker à Clermont-Ferrand quand j'avais quinze ans"...), lâchait dans le Focus du 10 octobre cette phrase élastique: "Il ne faut jamais s'éloigner à plus de deux pas de la maison du blues."

Vous savez quoi ?  "Les biens  bonnes", je les aime bien... et tant pis si ça rend Murat insaisissable, c'est comme ça que je le préfère..  

 

 

PS: On trouve également dans le magazine quelques encarts avec des propos de Murat, vous aurez tout ça prochainement.   (merci Valérie B.pour les scans)

FOCUS (VIF), les scans
FOCUS (VIF), les scans
FOCUS (VIF), les scans
FOCUS (VIF), les scans
FOCUS (VIF), les scans
FOCUS (VIF), les scans

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actus Babel (de oct 2014...)

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Publié le 31 Octobre 2014

 

Ah, on s'est fait du mal dans l'article précédent, oui, je sens que ça vous a énervé, hérissé, que vous avez eu envie de jeter votre livre de Mikaïloff à la poubelle, mais tous les goûts sont dans la nature, même si Murat y est beaucoup dans la nature.

Allez, zou, séance de spa pour oublier tout ça, vous drainez, vous détendre, vous caresser dans le sens du poil  (même...xxxxxxxxxxxx [private joke running gag effacé par la rédaction suite à une plainte du Syndicat des barbus de Clermont]).

 

- D'abord, détente auditive au doux son de l'accent québecois émis par un journaliste comme qui dirait bien typique... Une chronique de LA PRESSE en une minute que c'est écoeurant que ce soit trop court t'sais, caribou.

http://www.lapresse.ca/videos/arts/201410/29/46-1-jean-louis-murat-battre-la-campagne.php/514dbff30824448fadd3006f64bcba90

The Delano Orchestra est qualifié de "groupe français le plus américain" et de ce côté-là, on sait ce que c'est les Etats-Unis t'sais.

"un disque à mettre au sommet de sa discographie".

 

 

 

-  Et ensuite, sur le site "A DECOUVRIR ABSOLUMENT", une chronique signée Jean THOORIS... qui parle peu de BABEL... mais dresse des lauriers à Murat...  Mais je ne suis pas totalement d'accord avec ses propos: les fans du départ sont en partie toujours là... et elles ont même été rejointes par les groupies d'INDOCHINE... même si c'est vrai qu'il ne doit avoir beaucoup de lectrices de ELLE (quoi que: ce journal n'a pas abandonné Murat, lui).  

EXTRAIT:

Car entre Murat et nous, c’est une question de confiance. La certitude d’une qualité constante ou évolutive. Entre Murat et nous, ça ne triche pas. Déjà, le flot des envolées lexicales ne connaît aucun tarissement. Murat, de tout temps, est marié à la langue française : il s’en amuse et la transforme, il la respecte et lui rend hommage. Murat est trop passionné par la sonorité des mots pour un jour essuyer le revers de la page blanche.

Ensuite, façon Neil Young, chaque nouvel album, tout en prenant le revers du précédent, témoigne d’un état d’esprit lié à un moment X ou Y, d’un instantané de vie. Par exemple, là où « Toboggan » (cru 2013) s’avançait intimiste et serein, « Babel » (triple vinyle 2014) renoue avec le plaisir du travail en petite bande, en comité fraternel.

Enfin, qu’il s’avance à nu ou parfaitement secondé, qu’il plonge dans la mélancolie ou qu’il s’autorise diverses incartades couillonnes, Murat décroche toujours le riff parfait, l’accord stonien, l’évidence mélodique (important, le son des grattes chez Jean-Louis). Mariage idyllique : des mots charnels, un timbre éminemment érotique, des guitares savantes, absence de baratin comme de joliesse.

A lire dans son intégralité:

http://www.adecouvrirabsolument.com/spip.php?article5756

 

 

LE LIEN EN MOINS:

et oui.. y'en a pas parce que ça suffit comme ça, j'avais des trucs à faire moi, ce vendredi matin... et c'est rapé...

Après la critique critique, caressons-nous... 2 dithyrambes!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #actus Babel (de oct 2014...)

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