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Publié le 5 Mars 2018

Je crois que depuis que j'ai créé ce blog, j'ai toujours entendu parler de Garciaphone, mais sans avoir croisé la route et le disque  d'Olivier PEREZ. Murat avait fait un peu de pub au groupe lors d'une interview dans un grand journal de rock : Point de vue/images du Monde. "ils m'épatent", parlant de leur "extrême bon goût". C'était en 2016, et il a fallu attendre encore quelques mois pour qu'un album voit le jour (Nov 17, 4 ans après le précédent), avec Microculture/differ-ant, et donc avec un bon soutien promo.. qui a permis des bons... des excellents... retours dans la presse nationale.

                                                     crédit: surjeanlouismurat.com  concert à Chambéry

 

J'aime beaucoup ce disque: en effet, même si l'anglais y vogue sur des airs folks plutôt intimistes, ce qui d'habitude, ne me suscite peu l'envie d'écoutes, j'ai beaucoup laissé sur mes appareils ce Dreamwater (rien que ce titre me tiendrait éloigné de cet objet si je n'y avais pas goûté. Le plus dur avec l'eau, c'est le premier verre, ou d'y mettre le doigt de pied).

En effet, malgré donc ce down tempo, cette absence de storytelling et le déficit d'image (ce n'est pas pour ce qu'on sait d'Olivier, de son histoire, de ce qu'il renvoit -il est un peu secret et se tient en retrait- que la curiosité se crée),  ce disque est un petit bijou... et on l'écoute donc pour des bonnes raisons: des belles mélodies dans un écrin de 3 T (tempo, tonalité, Tructure, comme nous les a appris Murat).

Allez, on écoute vite fait:

"Don't let it die like this"  nous cueille d'office, avec la voix, sans intro.Le petit piano donne un relief à l'orchestration et le refrain est superbe.

L'intro, c'est pour le morceau 2, "oh sleepless". Là, encore, magnifique construction élevant le morceau jusqu'aux choeurs. Là, encore, le piano de Zac Boisseau (Zac Laughed) apporte une belle couleur à ce folk.

La 3e chanson s'entame sur un peu de synthés pour changer. Il est encore à l'honneur sur le pont musical très original, presque expérimental,  et pourtant très "musical"(...!) qui clôt le titre.

"I'll be a riddle", si on est toujours sur le rythme de la ballade, offre toute une série de variations. Là encore, le long pont musical est extra.

Attention là: ça rock.. enfin... non... disons que c'est le titre le plus endiablé... enfin... un peu plus énergique au niveau de la batterie: morning star, et qui du coup est livré avec le moins d'enrobage (peut-être une petite couche synthétique, et une intervention sur le final mais la batterie et la guitare sont à l'honneur, et c'est top)

On continue sur une excellente ryhmique: deadstar, avec un refrain tubesque, et une partie très enlevée ensuite. Là encore, un pont musical intervient assez débridé sur la fin. Les orchestrations éloignent tout sentiment éventuel de lassitude.

Si je n'avais pas grand chose à ajouter sur la suivante durant la première partie du morceau, il ne faut absolument pas zapper: le morceau semble se terminer vers 3 minutes... mais la musique reprend... toujours au piano avec le groupe derrière, puis du synthé, et intervient ensuite une magnifique partie vocale en harmonie. Un sommet du disque.

A hole in a universe est dans un premier temps plus dans la simplicité dans l'orchestration mais pas dans sa construction.  La voix de Lopez y fait merveille: pur et mélancolique. Depuis Christophe Pie, on sait que les batteurs clermontois ont des voix plus que sensibles.

Sonorités presque blues pour Our time too spare... alors que Dusk débute sur des allures de requiem, avant de nous emmener sur autre chose,légèrement plus chaud, puis de retrouver ces notes inquiétantes, dans une longue partie musicale onirique.

Un disque à écouter au coin du feu, et à réécouter pour s'imprégner des mélodies et de toute sa richesse qu'une écoute trop rapide ne permet pas d'appréhender.

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Je vous avais déjà proposé l'interview d'une question, avec Dominique A, et en attendant celle d'Olivier Adam, voici LA question que j'ai pu posé à Olivier PEREZ. Je l'interrogeais sur le rôle de Christophe ADAM, l'autre "père" de la musique clermontoise, si ce n'est le plus important au vu de son rôle dans nombre de productions(notamment chez les KÜTU) et de groupes (pour le plus fameux Fafafa et avant, armée rouge et les Sales gosses, dans lesquels on retrouvait des gens passés par Clara).  Pour la petite histoire, on le retrouve dans les choeurs de Babel (quelques archives en fin d'article sur son parcours)...

 

GARCIAPHONE :  Mes condoléances pour Matthieu, je l'ai croisé quelques fois à des concerts et je me souviens avoir senti en lui une profonde gentillesse. Pour répondre à ta question sur Christophe Adam, je dirais que c'était vraiment la bonne personne au bon moment pour cet album de Garciaphone. Christophe est quelqu'un de passionné et qui sait écouter. Pour cet album, il a apporté le "son" de son studio à Montferrand et son savoir-faire pour ce qui est des prises de son. J'aimais beaucoup comment sonnait cette pièce où j'avais enregistré il y a quelques années avec Leopold Skin pour son deuxième album. C'est le son que je recherchais pour ce nouvel album. Christophe a participé aux sessions (il a joué de la contrebasse) mais il a surtout écouté avec attention les prises et son avis était toujours pertinent et aidait souvent à y voir plus clair dans les arrangements

 

GARCIAPHONE EST EN TOURNEE:

 

Je n'ai pas reprécisé qu'Olivier Perez est accompagnée par Matt Low, et son bassiste Matthieu Chevrier.

Ma chronique de concert de Garciaphone (et de Matt Low, et Dragon Rapide): http://www.surjeanlouismurat.com/2016/11/matt-low-garciaphone-et-dragon-rapide-sur-scene.html

ET c'est l'occasion de vous indiquer que le disque "see the big picture" de DRAGON RAPIDE est sorti chez Freemount records.  Et ça déménage!  A lire: Chronique chez ADA

 

LE COIN DES ARCHIVES DE M : Christophe Adam et FAFAFA
 
 
"Christophe Adam, artiste local aussi réputé que méconnu (Dider Varrod considérait La grande muette, son unique album en solo,  comme le meilleur disque de 2001...), qui le dépeint en songwriter intarissable et en leader charismatique :
 
 
« Les Sales Gosses [son premier groupe, 1976] ont duré deux ans et demi. On est devenus super potes avec la bande de La Bourboule. Tout ce petit monde s'est retrouvé embringué dans la secte de Jean-Louis Bergheaud. On découvrait une espèce de gourou qui écrivait des chansons non-stop sur des rouleaux de PQ. Écrire, c'était sa seule obsession. Je découvrais un poète barré qui ne pensait qu'à ça. On s'est retrouvés à faire des maquettes chez lui. Et là, il s'est mis à intellectualiser notre truc. Il avait à redire sur mes textes et gnagnagna, gnagnagna. Il y avait notamment un refrain qui faisait : 'T'en fais pas bébé, t'as déjà ta place au cimetière.' J'avais quatorze ans ! C'était notre tube. »  (extrait de l'article de M :  http://www.surjeanlouismurat.com/article-une-histoire-du-rock-a-clermont-le-livre-et-le-concert-121327492.html

CI-dessous spliff 6, interview de Christophe:

 

Avec Christophe Pie:

PS: Bein quoi?  Ah, oui, ça fait un mois que je n'avais pas écrit... allez, je vous dis : désolé, et on se dit à très vite...

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 1 Février 2018

LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018

Après deux dates au club RADIANT, qui aurait dû coïncider avec la sortie du nouvel album, plus rien...   Grand silence. Juste cette date à Feurs, programmée il y a déjà des longs mois. Heureusement peut-être...  et sans doute. Car chez les NOZ, on honore ses engagements... avec retard (il n'y a pas de mot plus fort, non?)  certes, mais toujours. On ne jette pas l'éponge.   

Concert donc, et enfin le nouvel album... qui a été mise en ligne partout le jour même, et  qui était également disponible bien sûr en physique (avec sur le boitier, mon crâne en photo... Après, mon pied dans le clip du Signe, je suis mise en pièce...).  "LE DEBUT-LA FIN-LE DEBUT"... un titre oh combien nozéen, puisque le troisième album s'appelait "Exit", le 6e "tout doit disparaitre", et le 7e, le fantastique "Bonne espérance", parlait d'une sorte d'histoire sans fin, avec beaucoup de "end" tout de même. D'ailleurs, sur le dernier,   l'hymne central est  "The End Of The Story"  (qu'on retrouve en logo "EOFS" stylisé sur la pochette... et sur le tee-shirt rouge du chanteur (fin d'article).

 

Alors... depuis Exit part 1, où je leur avais même écrit une lettre pour leur dire de ne pas nous laisser tomber,  j'ai fini de m'en faire... D'autant plus que leur discographie (même si elle peut paraitre mince pour 32 ans d'existence) m'a, disons, comblé. Y compris  cet album... Il s'y mêle leur romantisme new wave progr' d'éternels adolescents à des considérations pessimistes sur l'avenir du monde : un futur proche où la vacuité technologique se conjugue à l'absence d'espérances, un monde où l'on n'attend même plus le signe.  Stéphane, l'auteur, joue du double sens :  la fin du monde,c'est aussi celui du couple qui se sépare...  comme souvent chez les Noz, en se demandant ce qui a bien pu se passer. Dernière dimension de cette FIN : peut-être aussi celle de ce groupe, dans le cadre de cet accouchement d'album si difficile. Le livret se conclue en fin de remerciements par un "à bientôt?"... mais Stéphane indiquait hier sur un réseau social "d'autres infos prochainement"... Le début-la fin- le début. Et un grand merci à Alexandre Perrin, le batteur, sans qui peut-être l'album n'aurait pas abouti... On le remercie aussi pour son "son", énorme, associé à la basse de Pierre Granjean (l'auvergnat de l'histoire).  

L'idée du concept album -semble-t-il dans les cartons au départ- autour d'ados activistes (pour saluer ceux qui dansaient dans le cimetière d'Orville -album "le signe"-)   n'a pas abouti complétement (ne figure pas la chanson "17" qui avait été joué quelques fois). On retrouve ainsi des chansons plus marquées par la quarantaine (le cancer de Gilles, ou "la course à l'argent" dans une vie ordinaire (autre titre d'un ancien disque) dans "memento mori".  Pas grave, on a ainsi tout ce que le groupe nous a fait vivre depuis 30 ans... Et puis,   l'adn musical du groupe est bien là, avec la voix multiple du chanteur (la voix de tête de "the french boy in the english train", du talk over...), ce rock lyrique associé à des airs plus pop, et le vrai plus de l'album (faisant écho à bonne espérance): la voix féminine très présente de Nathalie Pétrier... avec ce sommet sur la séquence qui énonce: "les tests disent que nous sommes inaptes à ce monde-là"...    encore une histoire de désintégration... Et le début...   Je vais court mais j'espère qu'on y reviendra.

A écouter:  http://www.deezer.com/fr/album/55818822

 

LA chronique de LAURENT CACHARD à lire ici

 

LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018

Allez, c'est parti pour les photos (j'aurais pu me rapprocher un peu pour la qualité...mais tant pis - attention, il y a certaines photos en diaporama)... Pour un concert dans une superbe petit lieu pour cette petite ville de la plaine du FOREZ au bord de la Loire:  le Château du Rozier, un lieu à la programmation tout public et toute musique, où l'on mange d'excellents petits "pots".  En fait, une maison bourgeoise, planté dans un parc (et ouvert sur lui), tout près du centre. Un lieu pas très loin de Clermont mais qui n'accueille pas beaucoup de musiciens de nos territoires annexés pour l'instant (bon, avec Wauquiez on a plutôt l'impression de s'être fait bouffer par l'Auvergne que le contraire...)

LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018

En vidéo "Cameron diaz", et l'un de leur premier "tube": "pierrot le fou":

LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018

"les fleurs" du dernier album, filmé par M. FAYET, des Dory4 dont on a parlé récemment pour sa chanson sur Jean-Louis Murat (ici)

et oui, MANU était là... en live... via FB...  (l'ancien guitariste)

LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018
LE VOYAGE DE NOZ, concert au Château du Rozier, 2018

Belle souplesse du cheveu...  comme de la voix...

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 15 Janvier 2018

1) J'étais un peu surpris de ne rien voir venir dans "LA MONTAGNE" (j'y suis maintenant abonné ai-je vu via sfr presse) à propos de Christophe Pie. Il fallait juste attendre. M. Dodon a écrit un bel article... avec une photo signée Morgane Imbeaud. La cérémonie civile aura lieu mercredi y apprend-on.

Christophe Pie, dans la Montagne, Magic, France3  et dans "une histoire du rock à Clermont-ferrand"

Le batteur de Da Silva est l'ancien batteur de Rogojine (et ex Luke).

 

2) Voici ensuite la double page consacrée à Christophe dans "une histoire du rock à Clermont-Ferrand" de P. Foulhoux. (encore disponible).


 

Christophe Pie, dans la Montagne, Magic, France3  et dans "une histoire du rock à Clermont-ferrand"
Christophe Pie, dans la Montagne, Magic, France3  et dans "une histoire du rock à Clermont-ferrand"

un Pie coincé dans le pli

 

3) Un petit encart dans Magic au moment de Babel:

Christophe Pie, dans la Montagne, Magic, France3  et dans "une histoire du rock à Clermont-ferrand"

L'autre document principal sur la carrière de C. Pie est l'émission LE PETIT LAIT : version intégrale de 2 heures

Quand il est question de moi... on sent la réticence.  Au départ, je voulais parler de tout ça, mais ce n'est que du virtuel, né de relation virtuelle. Il m'avait réduit à ça à la dernière brouille en date (Je regrette qu'on en soit resté là...j'hésitais à solliciter à nouveau son amitié il y a à peine quelques jours quand j'ai vu qu'il trainait sur le groupe fb... où il s'amusait parfois à corriger les fans), et je ne peux donc pas faire la même chose. C'est pourquoi je laisse la parole à sa musique, et à ses amis (cf article précédent).

4) On termine encore  par  quelques photos... notamment piochés dans son  myspace (myspace rappelez-vous... je crois que j'ai du commencer à avoir des contacts avec lui sur ce réseau).

 

 

 

 

avec Murat... et avec Christophe Adam, deux "père" de la jeune scène clermontoise... Christophe Adam a produit notamment le dernier Garciaphone.

Souvenir de KOLOKO:

 

 

le verso de Sky lumina, son très beau disque:

Petite faute de frappe sur Stéphane PRIN...

aux Volcans et sur Inter, du temps de Babel:

Christophe Pie, dans la Montagne, Magic, France3  et dans "une histoire du rock à Clermont-ferrand"
Christophe Pie, dans la Montagne, Magic, France3  et dans "une histoire du rock à Clermont-ferrand"

             L'équipe de Marie Audigier, chanteuse                   (collection Dupouy)

Je vous avais parlé il y a peu à propos de D. Veillault   et d'une anecdote qu'il rapportait,  d'une photo de Murat isolé en coulisses En fait, il s'agit d'une photo prise par Pie et publié sur fb. Il n'aimait pas forcement les fans... mais aimait bien leur donner du grain à moudre... notamment lors de l'enregistrement de Babel... On s'est arraché les yeux avec Matthieu sur la dernière photo...

 

 

ET on termine par un dernier document: Christophe et son lac... sur France 3

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 11 Janvier 2018

Encore un retour en musique sur la carrière de Christophe Pie. Quelque chansons piochées par ci par là.  Les commentaires viendront peut-être plus tard. De toute façon, je ne peux rien dire de plus fort que les mots de Clément Chevrier, les mots pour parler d'une amitié forte  (forcement quand il s'agit de celle qui unit un bassiste et son batteur).   (il m'a autorisé à reproduire son texte).

 

C'est une vieille histoire
Je me souviens de Lou qui parle de Sterling
Une divinité galloise et païenne crachant le feu par les naseaux
Je me souviens de cette histoire et d'autres histoires
De mon frère qui m'emmène à mon premier festival
Et le bassiste du premier groupe — The Juice
C'est toi
On va rire longtemps de cette ironie
On va savoir toujours que tu es un batteur — et pas un batteur
Que tu dépasses ça
Je me souviens d'avoir trouvé alors la scène bien haute
Tu joues sur ta Precision increvable
Je me souviens de toi dans la galerie des sommets
Des — un jour, on va se parler, peut-être
Je me souviens de l'Escapade — Les gars, quand vous voulez
Baptiste ne peut plus, il a une belle vie à vivre
— Tu peux — Tu viens partager la belle vie — Alexandre, Matthieu, Julien, Guillaume, moi
Toi
On apprend à jouer — grâce à toi
On te voit corriger — on t'écoute sur les vautours en pleurant toutes les larmes de nos corps — de rire — tu sais faire
On fait Namur
On t'écoute râler — on râle ensemble
Je sens monter dans les omoplates une intense décontraction — quand je joue avec toi — les mains suspendues retombent toujours à l'endroit
Aucune mise en place à écrire — elles s'installent d'elles-même
Ma seule coquetterie — le signe d'accélérer quand tu introduis Wake Up
Tu le fais tellement bien que j'en veux — toujours plus
On ne peut pas jouer comme ça quand on est un connard
Les cymbales serrées — les fûts italiens
Bien sûr que je pleure — bien sûr que l'on pleure
Et le chœur de Lonesome and Cold — on pleure
Modest Life — on pleure
Seawater — on pleure
L'histoire avec Jean-Louis, je ne l'ai pas vécue
Mais je pleure pour vous — je pleure pour eux
— Je pleure pour toi
Ce n'est qu'une histoire composée d'histoires
Mais il y en a tellement d'autres qui sont aussi toi — et que je ne sais pas
Que ça me donne le vertige
Ça nous donne le vertige — de les entrevoir
Je vois tant de visages quand je lève les yeux
Le tien et celui des autres — pas — entre nous — avec nous
Ça me donne le vertige — une vie — la tienne
On a eu de la chance d'y être
Le reste appartient à chacun et à toi
Et dépasse ces mots-là.

 

On le retrouve ici avec SHADEL, groupe instrumental,  2003-2008

https://shadel.bandcamp.com/ (plusieurs disques en écoute)

Christophe Pie, retour en musique... (2)

Avec Rogojine (avec l'autre ranchero CAILLON):

Toujours un petit site ouvert : http://www.angelfire.com/indie/rogojine/groupe.html

Christophe était auteur compositeur avec Jérôme, arrangeur du disque... et le disque a été enregistré chez lui. Ils auront été en première partie de Murat sur une tournée 2002.

Christophe Pie, retour en musique... (2)

Avec The DELANO ORCHESTRA:  retrouvez sur le blog leur discographie commentée par Matthieu (incomplète).  Christophe a été "l'intermédiaire", "le lien" (sans doute avec Laure) qui a abouti à Babel (avant le concert d'inter, Alexandre Rochon n'avait jamais rencontré Murat m'a dit Matthieu).

Quelques collaborations:

Une pensée pour ceux partis trop tôt à Clermont, et auxquels les amis et famille pensent sans doute:  Buck,  Anabel Nanitelamio de Fafafa (au Koloko 2012, Pie avait tenu à jouer avec la batterie de ce dernier alors récemment décédé), et JF ALOS.  Une pensée aussi à Danyel qui lutte.

Avec cette si belle aventure de la KÜTÜ.... qu'il avait intégré malgré la différence d'âge... Tous les artistes du label avant la scission, sur une chanson de St Augustine - devenu Pain Noir (Pie joue sur plusieurs de ses disques. Il aura également accompagné leopold skin, Yann seul, Dempster Highway). 

Une chanson que Matthieu adorait:

Il aura également joué avec Chuck Berry bien sûr (il ne faudrait pas que cela devienne une légende urbaine)... et accompagné Madame... qui a utilisé la bande fournie par Murat...

 

Et avec Murat, en 2e guitariste, comme dans Parfum d'acacias au jardin... avec les potes.... 

Sa discographie:

https://www.discogs.com/fr/artist/493653-Christophe-Pie?page=2

 

Reste son Sky lumina et son soundcloud... Qui sait si on pourra peut-être un jour bénéficier d'une réédition et d'un disque d'inédits. Laurent du Lien défait a indiqué qu'il rangait "Sky lumina" "dans le top 10 de ses albums préférés du XXIème siècle, tous artistes confondus".

LE LIEN EN PLUS

et puisqu'on y est... et qu'il avait même diffusé un inédit de ce groupe fameux il y a quelques années (bokassa je ne sais plus) et que ce blog leur doit beaucoup en terme technique et philosophique: 

(mince, Matthieu est parti sans me révéler sous quel surnom se cachait Christophe... Crocojean, Le Roi Saumon ou  Mayerling...  En fait, c'est Crocojean, Christophe le dit dans l'émission de radio campus qui lui était consacrée:le petit lait musical).

PS: par respect je ne diffuse pas par contre son imitation de Michel Jonatz... mais il faisait aussi bien(mal) Rob Stewart.

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 10 Janvier 2018

Un gros pan du rock à Clermont vient de nous quitter:  Christophe Pie... Matthieu avait imaginé que l'on finisse par dresser une statue de sa trombine place de jaude. D'autres ont même pensé faire de sa vie un roman je crois. Il luttait contre la maladie depuis un moment...  Il rejoint sa soeur cherie.

Avant de vous en parler plus longuement dans les prochains jours, voici quelques musiques (notamment celles de son magnifique et unique album Sky lumina) et des photos (notamment des archives inédites de Matthieu....).

Sincères condoléances à ses proches, notamment aux rancheros.

Enregistrement Morituri:

CHRISTOPHE PIE 2018

Au temps de CLARA:

CHRISTOPHE PIE 2018
CHRISTOPHE PIE 2018
CHRISTOPHE PIE 2018

Avant The Delano Orchestra, et Rogojine, et Shadel, ses autres groupes Chaos et The Juice :

CHRISTOPHE PIE 2018
CHRISTOPHE PIE 2018
CHRISTOPHE PIE 2018
CHRISTOPHE PIE 2018
CHRISTOPHE PIE 2018
CHRISTOPHE PIE 2018
CHRISTOPHE PIE 2018

Christophe Pie a été le premier à m'accorder une interview, et ouvrir ainsi le cycle des Inter-VIOUS ET MURAT:  http://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-numero-1-christophe-pie-41170983.html

Matthieu ne manquait jamais d'en parler:

http://www.surjeanlouismurat.com/2014/12/interview-radio-de-christophe-pie.html   (lien vers une émission de radio retraçant le parcours de Pie).

 

CHRISTOPHE PIE 2018
CHRISTOPHE PIE 2018
CHRISTOPHE PIE 2018
CHRISTOPHE PIE 2018
CHRISTOPHE PIE 2018

Des prestations avec Murat: avec The Delano, ou comme batteur ou encore 2e guitariste (c'était bien).

Les deux batteurs de Murat... avec Pigné, le batteur de Radiosofa et Doré, fan de Murat.. qui avait contacté Pie pour le féliciter de son travail sur Babel, ce qui avait surpris et touché Christophe (anecdote qu'il raconte dans l'émission le petit lait).  Ici quelques temps après au dernier Koloko.

CHRISTOPHE PIE 2018
CHRISTOPHE PIE 2018

Nous porterons plus que jamais sur Le Servières un regard emprunt de nostalgie par les jours passés.

http://www.surjeanlouismurat.com/article-christophe-pie-au-miroir-de-servieres-cahier-bleu-suite-123312417.html

CHRISTOPHE PIE 2018

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 10 Janvier 2018

 

Oui, j'ai laissé passer quelques semaines avant, quand même!, de vous parler de notre Johnny Hallyday (mince, je ne sais pas comment ça s'écrit... oui, deux y).   Délai de décence?  Peut-être un peu, car j'ai aimé cette communion nationale autour d'un chanteur (je partage l'avis exprimé par Vignol ici)...  mais n'allons pas à la facilité:  il serait trop facile d'opposer tout de go Murat à "Johnny Vacances", son ainé de 9 ans seulement...    Un article de bric et de broc'n roll.

 

1) En premier lieu, parce qu'il  a failli avoir un lien : La collaboration avortée

 

Forcement, en 1991,  Murat disque d'or et auteur consacré en deux albums,  a été approché par l'entourage de Johnny, comme le fut ensuite les nouveaux prometteurs comme Obispo, Yodelice...

 

- En 1991, dans Libé, dans un des plus fameux articles publiés sur Murat, on apprenait le titre d'une chanson qu'il aurait proposé à J.H.:

JUILLET. Trois mois à attendre avant la sortie du disque. Tromper l'anxiété en travaillant sur d'autres projets. Une chanson pour Johnny au texte biblique incantatoire ("J'ai fait la guerre à l'agneau…"). Problème ("Ils voulaient que je vienne en studio, ils ne voulaient pas juger sur une simple maquette! C'est pourtant leur seul espace de liberté").

Le titre est resté totalement inédit. J'avoue avoir pensé qu'il puisse sortir de la malle ces derniers temps, mais il n'en a rien été. Qui sait? (on me dit que le titre figure à la Sacem sous le titre "la femme assise").

 

- Dans  Platine, en 2006, on interroge Murat sur le titre "il pense à son corps"...  Qui a atterri chez Sylvie Vartan après que celle-ci ait fait la corbeille de son ex-mari. Murat indique que c'est elle qui  s'est montrée  curieuse d'entendre cette "chanson pour tarlouzes" (dixit son ex-mari) que Murat avait écrit pour lui.

 

Version studio

On reconnait bien le Murat... mais effectivement, on peut s'interroger ce que Jojo en aurait fait... et peut-être sur le choix conscient ou inconscient de "rater" cette collaboration de la part de JLM  (on a vu déjà qu'il n'avait pas daigné se déplacer) en proposant des textes un peu trop "décalés" de la personnalité de Jojo.

Yves Bigot (ex-patron de label de Vartan) donne une autre version, moins cocasse, de l'histoire de la collaboration avec la chanteuse dans son dernier livre:

 

 

 

- Bayon a par la suite glissé bien des années plus tard quelques mots sur un autre rapprochement qui reste bien mystérieux:  J'en parlais dans un article en 2011 que je reproduis:

"DANS LE LIBE DU 21 NOVEMBRE, je pensais à un clin d'oeil humoristique... de Bayon... à propos de Johnny Hallyday:

 "Dûment retapé, le chanteur d’Aussi dur que du bois va à présent préparer à fond la reprise de sa dernière tournée (interrompue pour cause de coma septicémique), le 3 décembre, «dans un lieu mythique de Paris». Avec un rock inédit (Cours dire aux hommes faibles ?) qu’il offrira en téléchargement gratuit, en remerciement au public pour «sa longue fidélité..."

Mais alors que Johnny faisait l'objet d'un reportage sur TF1 hier soir,  voilà qu'il en est de nouveau question dans le numéro du jour de LIBERATION (5/12, brève encore non signée)... On y parle du nouveau titre AUTOPORTRAIT  qui est en téléchargement depuis samedi... et qui fait l'objet d'un avis positif...  Et au détour d'une phrase on lit:  "sans préjuger de la suite (cours dire aux hommes faibles est-il vraiment envisagé?)"....

Johnny aurait-il enregistré ce titre?  On sait que Murat a écrit pour Johnny il y a déjà bien longtemps (le titre "j'ai fait la guerre à l'agneau")... mais Murat a raconté (il me semble) qu'il aurait refusé cette chanson pas assez marquée du sceau de la testostérone....  Et ça serait donc coquasse qu'il choisisse ce titre pour "hommes faibles"..."

 

Mon article de l'époque faisait  la confusion entre "J'ai fait la guerre à l'agneau" et "je pense à mon corps". Deux titres donc écrits pour Johnny, et ces petites brèves de Bayon qui indiqueraient que "cours dire aux hommes faibles" aurait pu être reprise par Jojo  (à moins que ce soit un clin d'oeil à de la chanson "pour tarlouzes" puisqu'on n'imagine pas trop Jojo  dire  "homme faible comme moi").  Tout cela reste donc assez flou.

 

2) Les petits liens

J'aime, vous le savez, aller  à l'exploration des petits liens unissant tel ou tel à Murat. Ce n'est pas toujours très intéressant (si c'est moi qui le fait), mais ça m'amuse.

Concernant Murat et Johnny, on pense tout de suite à Fred Jimenez qui après le power trio muratien, est allé rejoindre le big band de Jojo durant 4 ans. Voici un post fb de Fred :

Cher Johnny,  Milles mercis pour ces quatre années de bonheur et de complicité sur scène et en dehors. Toutes mes pensées et mon affection pour Laeticia et les filles, ainsi que tout les fans que je connais, Pierre, Bernard,Lolo, etc...
Love
Ton Born Rocker Fred de bassiste

J'avais tenté de passer par lui pour avoir des infos sur cette reprise de Cours dire aux hommes faibles, mais sans succès (il n'était pas au courant, et ne souhaitait pas interroger l'idole, même si il me disait en off, que... c'était en off. dommage, c'était rigolo).  Bien sûr, Fred est le compositeur de la chanson "mashpotétisés" dans lequel Murat écrit : "Encore on confond Johnny Vacances et Elvis Presley,  C'est vous dire si c'est un succès" pour régler leur compte aux yéyés. Johnny ne lui en a pas voulu... Murat  dira d'ailleurs à propos de la chanson:  "C'est une blague, c'est pas méchant !" (pop news)

Allez, petite liste que vous m'aiderez à compléter peut-être:

- La réalisatrice Laetitia Masson, qui vient de déclarer que Murat était son âme soeur (il a signé plusieurs BO pour elle- a fait tourner Johnny dans Love Me. "j’ai été à la fois méprisée par les intellectuels et incomprise par ses fans et la classe populaire." dit-elle.

- Murat appréciait Pierre Delanoé qui a écrit 4 chansons pour J.H (certes, plus pour son travail pour Dassin).

- On pourra aussi noter qu'il a aussi croisé la route de J. Cherhal (the end etc) qui a écrit la chanson "un dimanche de janvier".

- Chose assez courante pour deux amoureux de la musique américaine (plus noire pour Murat), ils ont bien sûr enregistré à Nashville tous les deux (plusieurs fois pour J.H.). Ils ont été aussi acteurs de cinéma, mais ça n'a pas beaucoup plus à Murat..  Mais Johnny a plus à Murat... Bernard, qui l'a mis en scène au théâtre.

- Complexe du cornflakes?  Murat en a joué lors de la promo du Cours Ordinaire des choses vilipendant les musiciens français... mais son Johnny Frenchman et sa défense du français l'ont toujours orienté vers l'affirmation de sa propre voie, allant jusqu'à dire "l'Auvergne, c'est mon amérique à moi", "Nashville ou Belleville" dirait C. Moine.

Fais-tu un complexe vis-à-vis des Anglo-Saxons ?

Dans Johnny Frenchman, sur Passions privées, je dis "Attends que la crinière pousse au lionceau", je parlais pour moi. Cette chanson était au départ une lettre ouverte à Costello, car j'avais lu une interview où il nous traitait de minables. C'était à l'époque des Pale Fountains : d'un seul coup, je sentais quelque chose de neuf, que je pourrais aller dans cette direction. Je voyais les Anglais comme des voyageurs modernes, avec une langue invincible mais je leur disais "Attends que la crinière pousse au lionceau", je sentais qu'il faudrait du temps. Ça peut s'apprendre, il faut avoir des connaissances en art poétique, aimer la grammaire, le vocabulaire, écouter beaucoup de musique, trouver son rythme à soi, ne pas se précipiter. J'avais conscience de partir de très loin. Un peu comme le retard de la renaissance française sur la renaissance italienne.

On pourrait penser qu'en vingt ans, le tour de ce genre musical a été fait. On peut soit baisser les bras, soit penser que le genre musical est acquis et que les territoires sont maintenant personnels, intérieurs. Et c'est encourageant, on peut croire que c'est un progrès de civilisation. Plutôt que de juger si le type est bon explorateur, s'il fait du nouveau, il s'agit de savoir s'il fait du vrai. Ici, on est assez fort pour l'exploration intérieure, pour avancer dans sa forêt vierge. On est plus introverti, on a plus le sens du sacrifice. A part quelques exceptions, des gens comme Lennon, eux ont assez peu le sens de la culpabilité. Dans cette espèce de far-west intérieur, on peut être les champions. (inrocks 91)

 

Concernant J.H., la recherche de sa propre singularité est moins évidente, puisque toujours, il s'est retourné vers l'Amérique.  Lui : “Et toi, tu viens d’où ?” Moi : “De Paris.” Lui : “Ah, t’es comme moi alors. Un malchanceux !” (anecdote autour d'une brève rencontre entre Johnny et F. Dordor que rapporte ce dernier dans les inrocks). S. Marti dans la dépêche faisait lui cette distinction:

"Malgré le temps qui s'en va, Jean-Louis Murat est jeune chanteur échevelé qui n'a que neuf ans de moins que Johnny mais qui préfère regarder le monde du haut d'un volcan d'Auvergne plutôt que du bas d'un yacht", ce qui ne l'empêche pas d'apprécier le voyage".
 

- Murat pour le coup apprécie beaucoup le prénom Johnny: " je suis johnny frenchmann",  "johnny welcome home"(dans Le tremplin où il parle aussi des Portes du pénitencier), dans "lady of Orcival" (Johnny go)  et plus récemment "johnny roide"... Il sait forcement que cela peut faire penser en France à Hallyday.... Est-ce pour autant son idée? Non...  Murat a une certaine fidélité à certains mots, et celui-ci provient peut-être de son enfance via "Johnny guitar" notamment(évoqué dans le Mont Souci) .

JLM : Non johnny c’est moi ! Dans plusieurs de mes chansons je m’appelle Johnny. J’ai pris cette habitude depuis mes débuts, surtout lorsque je mets des paroles en anglais. Ce Johnny est un mec raté qui n’a pas eu de bol comme Johnny Hallyday qui aurait du naître à Nashville, mais a vu le jour à Montmartre, il chante Johnny B. Good mais ça fait rigoler tout le monde …  Il a un côté un peu dérisoire, mais ce n’est pas Johnny Hallyday ».

- On trouve dans une discographie commentée  dans le livre Camion blanc chanteurs et groupes français des années 80 (pas la plus intéressante) un rapprochement entre Murat et JH:

Bon, ce n'est pas un bouquin très intéressant... ("Tronche?", ça tranche un peu, mais faut-il pour autant faire la gueule?)

- Stakhanovisme?  Johnny était prisonnier de son "économie", qui le faisait vivre avec l'argent de son prochain album.  Il aimait aussi ça, bien sûr, et ne pouvait sans doute pas se résoudre à disons "Vivre en gastéropode, en gentiane, en Poulidor".  Murat lui se présente en artisan, forcé d'exercer son art ou son sport tous les jours, et finançant son prochain album à l'aide du précédent.

- On a beaucoup raillé l'absence de rayonnement international de Johnny, dont Murat... mais celui-ci n'a que très rarement franchi la frontière francophone (un concert en Espagne?). Pour le coup, je pense que Murat n'a jamais cherché ce rayonnement: son côté plus hype, underground et so frenchy, aurait pu le conduire au Japon, ou dans des tournées sponsorisés à l'est via l'alliance française... On peut aussi rappeler qu'il a eu  l'honneur d'être chroniqué dans la revue musicale anglaise MOJO ( Grand Lièvre noté 3 étoiles).

-  Un petit dernier pour du remplissage: Pères.  On nous a présenté un Johnny souhaitant prendre un peu de recul pour s'occuper de ses filles... J'ai l'impression qu'il a toujours été en activité... Murat lui aussi a évoqué son rôle de jeune père,  de père de famille (tout récemment en parlant des travaux de placo dans la maison), indiquant aussi une influence dans son travail artistique... Murat parle en interview, fait chanter ses enfants; Johnny lui posait sur papier glacé... et chantait quelques chansons : Laura, Sang pour sang...

Dans le disque Comme Un Seul Homme (Labels/Virgin), où figure "le coup de Jarnac" de Murat, on retrouve une reprise de MA GUEULE.. mais par Miossec. Dans le disque VILLAGE DEPART, qui propose un tour de France en chanson, la chanson la lune est rousse dans la baie de Cabourg côtoie Montpellier de JH., ce qui ne fait pas vraiment de Johnny un chanteur régionaliste.   Notons également que Murat a fait la BO du film "Pauline et François"... avec Laura Smet.
 


 

3) PROPOS

Je saute un exposé qui serait laborieux et inutile sur les différences... et vous propose donc quelques citations de Murat qui évoque Johnny:

On verra qu'au fond, à travers Johnny, Murat a surtout visé la culture musicale des français un peu défaillante... ce qui suscitera "mashpotétisés", et aussi un copiage des anglo-saxons.

 

 « La France, au fond, c'est Johnny Hallyday"

Interview en Suisse (l'express) 23/11/91:

Quand Johnny dit "que je t'aime", ça ne vous fait rien? - C'est ridicule. Non. Entendons-nous: il y a un côté génial là-dedans mais je ne me situe pas dans cette logique. Lui est un chanteur sauvage, un indompté"

 Chez Denizot (C+) en 2006:

"Je pille l'épave, le site archéologique. Je me vois comme une sorte d'ethnologue, de géologue, d'historien. Nous sommes dans un pays qui se déclare antiaméricain tout en bouffant de la sous-culture américaine jour et nuit. Et dont la plus pâle imitation est Johnny Hallyday. Je veux bien reconnaître qu'il a du talent, qu'il chante bien, mais c'est comme si Chaliapine n'avait interprété que la Danse des canards ou Rubinstein joué Oxygène de Jean-Michel Jarre pendant soixante ans. Et on pense défendre l'exception culturelle en aimant Johnny Hallyday ! Notre pays est un peu fou, il a besoin d'un psy. Quand on fait une activité artistique, on ne sait plus où se situer. Moi, je ne comprends rien. Je ne sais pas ce que veulent les gens, ce qu'ils ont envie d'entendre. Peut-être des trucs qu'ils ne comprennent pas. Ou qui ne disent rien. Ça nous pénalise beaucoup, nous les chanteurs français. Par exemple, il faudrait que je vende deux cent mille albums pour gagner mon indépendance. Là, je fonctionne à perte. C'est ce que dit le patron de ma maison de disques : "Toi, tu feras comme Van Gogh, tu rapporteras quand tu seras mort." »

Au moment de Tristan (Télérama, août 2003):

Je n’ai aucun pote, personne ne m’aime, je n’aime personne. Je suis vraiment le chanteur le plus seul, le plus abandonné (rires) ! Je crois que « l’arène France » est invivable. Je ne sais même pas où me poser, où mettre ma guitare. Il n’y a pas d’ombre, tout est bouché. Du coup, comme je ne sais tellement pas où me foutre en 2008, je me suis situé au 13e, 16e 17e siècle... Il n’y a jamais eu de rock en France depuis quarante ans ! Philippe Manœuvre et Johnny Hallyday bouchent les sorties. A Clermont-Ferrand, il y a huit cent groupes mais ils chantent tous en anglais ! Il n’y a plus rien…. Ah si ! L’autre jour, il y a eu Vic Chesnutt en concert à Clermont Ferrand, ça fait deux décennies que je n’avais pas vu un aussi bon concert ! Pourtant je passe mon temps dans les concerts.

En 2003, chez CONCERTANDCO:

Je vends toujours aussi peu et quand je vois tous les nuls qui en vendent des camions et que je n’arrive pas à en vendre une demi-camionnette, ça m’énerve ! Je ne suis pas du genre à rester « fair play » dans ce pays de merde. Je ne vais pas trouver génial qu’il n’y ait que Johnny Hallyday ou Patrick Bruel qui vendent des disques dans ce pays à la mord-moi-le-nœud. On se tape les mêmes artistes depuis cinquante ans, ils squattent tout, ils sont installés partout : les télés, les radios… On est d’une autre génération et ils nous passent carrément à la moulinette simplement parce qu’on est dans un pays de vieux qui n’aime que les vieux trucs. La France est une ménopausée dépressive, on ne peut rien faire : elle est imbaisable ! Impossible de sauter cette salope de France qui maintenant est trop vieille…

En 2004,  rocknfrance:

-Viens ensuite ce " Mashpotétisés " ou comment régler certains comptes avec la culture musicale des yé-yé ?
Je les appelle " Les Machins ", toute la culture de l'ersatz français. Le peuple français est le conglomérat qui reprend le plus des choses américaines avec des chanteurs aux noms débiles comme Dick Rivers, Eddy Mitchell ou Johnny Halliday. La moitié des français pensent qu'Elvis Presley a tout piqué à Johnny. Ce qui explique la misère de la variété ici. On confond le vrai et le faux. On prend Claude François pour James Brown.

-Sacha Distel a tué Burth Baccarach ?
Par exemple. Je me souviens que le jour où j'ai écouté un vieux Phil Spector avec 'Da Do Run Run' en version originale, ma mère rentrant chez moi m'a demandé qui avait repris la chanson de Sylvie Vartan. La culture de l'ersatz a complètement faussé le jugement de beaucoup de gens. C'est le terreau où pousse encore, de nos jours, la variété française. Ils sont tous dingues et l'arrogance de ces gens qui n'ont pas

En 2004, l'express :

Il n'y a pas de perspectives d'avenir, en tout cas pas pour la chanson. La dernière marque de puissance reste peut-être Johnny Hallyday. Mais Johnny, c'est quoi? De Gaulle + Jeanne d'Arc + Louis XI + les chanteurs pétomanes. Quand il se produit devant la tour Eiffel, il nous ramène à la splendeur de l'Exposition universelle. Son incapacité à avoir eu une dimension internationale, contrairement à d'autres rockers européens comme Adriano Celentano, est devenue notre échec à tous. Même les maisons de disques ne croient plus à la force de la chanson. Elles ne pensent qu'à dénicher un nouveau Johnny Hallyday. Un Pagny. Un Bruel. Un Garou. Un con qui chante fort. Pourtant, pas une seule figure marquante n'a émergé depuis la moitié des années 1980, certainement pas MC Solaar, IAM ou Nolwenn Leroy. Tout le monde le sait, mais personne ne le dit.

 

En mars 2001, Dans France soir :

"95 % des artistes Français sont des sous-doués. Quand Johnny dit : « Maintenant il ne reste que JAGGER  et moi » les bras m’en tombent. Avant de mourir, on demandait à Charles TRENET de mettre un artiste au Panthéon du music-hall. Et le vieux sort David HALLYDAY. J’hallucine ! Charles TRENET a composé de merveilleuses chansons mais c’est quoi cette histoire de dire qu’il a créé la chanson Française ? Il y avait 50 poètes avant lui : Jules LAFORGUE, QUENEAU  … »

En mars 2002, Nlle obs:

"Les chanteurs Québecois, qui sont le cheval de Troie de la culture anglo-saxonne, hurlent dans le micro comme si l’électricité n’avait jamais été inventée. Par eux, c’est la culture américaine qui s’infiltre et dénature notre paysage. Alors que nous, les peuples d’Europe, sommes des murmurants. Pour moi, la voix de la France c’est Etienne DAHO ou MIOSSEC, Johnny HALLYDAY étant une exception.

En 2003, dans Crossroads:

"Les Français ont le champagne qui leur sort par la gueule ! Ce sont des ultras gâtés qui souvent flashent sur tous les crétins de l’hexagone ! Tu regardes leur hit-parade, ils mettent vingt tocards en tête. Johnny HALLYDAY, CHIRAC, machin, mais tu as déjà vu plus ringard que Johnny HALLYDAY  et CHIRAC ? Ils sont là à nous faire chier depuis 40 ans.

En 2003, dans Sud-Ouest:

"Le pire sous produit de la culture Américaine et dont les Français se gavent en disant qu’ils sont anti-américains. Donc on ne comprend rien, mais c’est tellement un peuple d’idiots qu’il ne faut pas chercher à comprendre

En 2004 dans Crossroads :

"Le succès de RENAUD  c’est vraiment l’abjection totale ! Johnny c’est EINSTEIN à côté".

ou encore:

"L'artiste français par excellence, il n'a rien inventé"

"Ca fait beaucoup rigoler les anglais ou les américains quand ils l'entendent chanter. C'est un mystère pour eux. Ils disent :"comment se fait-il que le pays de Voltaire et Matisse considère que Johnny Hallyday est le rival de la tour eiffel, la baguette et De Gaulle?". On sent qu'ils ne veulent  pas nous vexer, mais ça les sidère".

Enfin, VOICI en 2014:

 

 

4) Johnny et l'Auvergne... Pour continuer à s'amuser un peu:

Il connaissait bien le contrefort oriental du Massif Central pour rendre visite à sa maman à Viviers en Ardèche... mais bien sûr, il aimait beaucoup Clermont-Ferrand pour vouloir y chanter plus souvent qu'à son tour:

Pour devenir plus sérieux, il a franchi un cap très important à Chamalières, commune où est né Murat (et pas à la Bourboule!):

Allumer le Feu Johnny Vacances?

Il a aussi pris des cours pour préparer le Dakar avec le clermontois George Groine (le conducteur de camion).

Johnny Hallyday et l'Auvergne: résumé plus sérieux par L'EVEIL DE LA HAUTE LOIRE: à lire ici (on découvre qu'il a fait la course de côte au MONT DORE)

Et aussi sur le site de France Bleu on apprend que Johnny réservait l'intégralité des 43 chambres dans un palace de Royat lors de ses passages... alors que JL Murat se plaint des tournées en campanil...).  Il avait également choisi un avocat clermontois pour le défendre dans une affaire de viol (conclu par un non-lieu). Sont teigneux et intraitables les auvergnats.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

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Publié le 5 Janvier 2018

1) Bon, en fait, si j'étais en ville l'autre jour, c'était parce que j'avais dans l'idée de trouver le dernier livre d'Olivier ADAM... Mais au cultura, il ne l'avait pas, et n'en avait même pas entendu parler....  le jour de la sortie du livre "Chanson de la ville silencieuse".  Si j'étais à ce point  empressé, c'est que j'étais tombé sur l'article ci-dessous signalé par l'ami Pierre K je crois:

Adam tellement marqué par l'univers de la chanson a fini par s'inspirer de quelques chanteurs pour son dernier livre... dont Murat bien sûr, puisqu'il s'agit d'évoquer un artiste qui "abandonne ce cirque". 

Presque autant que Dominique A (d'ailleurs le titre du livre reprend celui d'une chanson de Dom.), il y a un petit  feuilleton ADAM sur ce blog... tant il aime à évoquer Murat et à le citer en interview, ou dans ses livres (à retrouver pour son livre  "Les Lisières" ici).  Par le passé, on l'a approché pour une interview, mais sans succès.

 

Tous les chanteurs sont malheureux

Emmanuelle et Thierry (merci à eux) m'ont signalé que dès sa première journée promo, Oliver ADAM avait parlé de Murat. C'était chez Trapenard dans Boomerang.

Le livre est plus inspiré par Nino Ferrer que Murat mais ses mots sur son "perpétuel mouvement intérieur" qui explique ses propos contradictoires ou évolutifs correspond bien aussi à Jean-Louis B. Certains autres propos d'Adam sur son statut d'artiste (penser à son oeuvre vs le désir d'être aimé en gros) sont aussi intéressants.

Podcast complet de l'émission

Concernant l'évocation de Murat,  dans une liste de chanteurs (Gainsbourg, Ferrer) c'est du rapide pour exprimer sa fascination pour les "sales gosses" des médias... et son sentiment que "se permettre" ce genre de comportement est plus que jamais difficile. Voici l'extrait dans lequel Adam se doit d'imaginer quel chanteur il serait:

 

 

2)   Le petit plaisir de la revue de presse est bien sûr de relier les petites infos entre elles. Et justement, pour faire écho à la personnalité complexe des artistes, à leur perpétuel "mouvement intérieur" évoqué ci-dessus (c'est un des moteurs de ce blog de chroniquer ce mouvement,  en essayant d'éviter du coup  d'établir que Murat est "ainsi", ou/et "pas comme ça"), voici une petite "anecdote" qui m'a fait sourire ce matin.

Ainsi, si on pouvait avoir l'image d'un Murat  dans le cadre des tournées, pouvant être désagréable avec les personnes rencontrées, soignant sa mauvaise humeur, pas forcement à l'aise avec les techniciens....   Didier Veillault, dans une interview parue sur les inrocks.fr dans le cadre de témoignages publipostés d'acteurs culturels,  nous présente un Murat quasi-en manque d'amour!!  : 

Une anecdote à partager ?

À ce sujet justement, Jean-Louis Murat me racontait récemment que lorsqu'il tournait, il était très heureux d'avoir de super techniciens dans les salles, mais que bien souvent, personne ne venait lui parler et il se retrouvait un peu seul dans sa loge. La dimension humaine est aujourd'hui un peu laissée de côté.

Murat, finalement victime de sa réputation? Pourtant, dans sa dernière interview en date -non encore en ligne ici- il dit que "sa femme ne veut plus que l'on sorte" (par peur d'un dérapage)... Ah, va savoir.

 

[J'avais pour illustrer une excellente photo de Murat assis seul en coulisse avec des lunettes noires... mais impossible de remettre la main dessus. Est-ce une image qui n'est imprimée que  dans ma tête, un souvenir d'Uriage?]

Voici l'intégralité de l'interview:

http://www.lesinrocks.com/2018/01/02/contenu-partenaire/bienvenue-ceux-quon-ne-voit-jamais-dans-les-inrockuptibles-13-111025162/

Que faites-vous dans la vie ?

Je suis le directeur et le programmateur de la Coopérative de mai. J'en assume les choix de gestion et de programmation, même si, bien sûr, nous sommes avant tout une équipe, au sein de laquelle nous discutons en permanence. Je suis un peu un "chef d'entreprise", même si je n'aime pas trop le terme, je ne viens pas de cet univers-là.

Pouvez-vous présenter la Coopérative de mai à ceux qui ne connaissent pas le lieu ?

Nous sommes l'une des scènes de musiques actuelles (SMAC) les plus importantes de France, en terme de jauge comme d'activité : c'est une salle de 1500 places, un club de 460. On fait environ 150 concerts par an, ce qui est beaucoup pour une ville de cette importance.  nous possédons aussi un espace dédié à toutes les jeunes entreprises de la filière musicale, on appelle ça la Pépinière de mai, nous les soutenons, en mettant à leur disposition des bureaux, on essaie de les conseiller, de les accompagner...

Quel est votre parcours personnel ?

J'ai fait une fac d'anglais et un BTS de gestion, j'ai ensuite été éducateur. Pour mon plaisir, j'organisais quelques concerts dans des MJC, des choses comme ça. Et puis en 1983, j'ai mis en place ce lieu, le Plan à Ris-Orangis, dont je me suis occupé pendant 15 ans. On faisait pas loin de 100 concerts par an. Je me suis inspiré de ce qui se faisait en Angleterre, ces pubs où tu pouvais voir aussi des concerts. Je ne comprenais pas pourquoi on n'avait pas ça en France. Au Plan, on était des passionnés, on a appris un peu sur le tas, de la gestion à la programmation, à servir des bières ou à coller des affiches, on faisait tout. En 1998, j'ai vu une annonce concernant la création de la Coopérative de mai, j'ai postulé et j'ai été retenu. Je ne connaissais personne à Clermont-Ferrand, mais je suis parti et j'ai pris la direction de la Coopérative naissante. Aujourd'hui, je suis aussi co-directeur avec François Missonnier, l'ancien directeur de Rock en Seine, du festival Europavox, dont le but est de mettre en lumière des artistes européens, qui viennent de pays d'Europe moins célébrés pour leur musique que, au hasard, l'Angleterre. Nous avons chaque année près de 50 artistes que nous sommes fiers de faire découvrir.

Quelle est l'économie de la Coopérative de mai ?

Nous avons 24 salariés et bien sûr beaucoup d'intermittents qui participent également, notamment pour le son, les lights et la scène. On embauche aussi des vacataires pour le bar ou l'accueil. Nous avons un chiffre d'affaires de 3 M d'€. Nous nous autofinançons à hauteur de 68 %. Nous sommes aidés par la ville de Clermont-Ferrand, la Métropole, la Région, l'État, afin d'avoir une politique tarifaire la plus accessible. Ça nous permet de faire des concerts abordables pour le plus grand nombre, mais aussi d'avoir une programmation parfois plus exigeante.

Quels sont les avantages de votre métier ?

Je suis excité comme au premier jour par ce que je fais. Je ne m'ennuie jamais. Cette année, j'ai adoré recevoir Sleaford Mods et Shame. En électro, Chloé m'a mis une claque, ou encore Lomepal pour hip-hop. Chaque jour est différent : hier nous faisions une fête avec le club de rugby local, aujourd'hui nous avons une journée de prévention des risques auditifs, demain nous recevrons des enfants... Là, je travaille sur l'organisation d'Europavox. Les moments d'ennui ou de lassitude n'existent pas. Le soir, quand les lumières s'éteignent et que les concerts commencent, on oublie tout ce qui peut parfois sembler pénible. Mon travail, c'est d'écouter de la musique et de voir des concerts, je n'en reviens pas moi-même, je n'aurais jamais osé rêver de ça jeune homme ! Ma passion est intacte, donner du plaisir aux gens, ça n'a pas de prix. J'ai de la chance de faire ce métier.

Et ses mauvais côtés ?

On passe beaucoup de temps à faire des comptes, à gérer des budgets, à imaginer ce qui est réalisable ou pas. Je suis entouré de gens très compétents, on prend des décisions ensemble, je ne suis pas seul, mais cet aspect budgétaire a pris beaucoup de place dans mon travail, non seulement de directeur, mais aussi de programmateur. Les tourneurs sont devenus de grosses machines, ce métier est en train de changer. On est pris au milieu de tout ça, mais on essaie de conserver une âme à ce métier. Il y a quelque chose d'un peu impersonnel aujourd'hui, il faut être vigilant. On parle trop de chiffres et pas assez d'artistique.

Une anecdote à partager ?

À ce sujet justement, Jean-Louis Murat me racontait récemmet que lorsqu'il tournait, il était très heureux d'avoir de super techniciens dans les salles, mais que bien souvent, personne ne venait lui parler et il se retrouvait un peu seul dans sa loge. La dimension humaine est aujourd'hui un peu laissée de côté.Quel conseil donneriez-vous à de jeunes gens qui souhaiteraient faire ce métier ?Aujourd'hui, des structures et des formations permettent d'apprendre notre métier, surtout la partie technique. Mais pour être programmateur, la meilleure des formations, c'est d'écouter plein de choses, d'aller voir plein de choses. Je n'ai pas vraiment de conseils, c'est un boulot de passionnés, si vous avez envie de le faire, faites-le ! Les places sont rares, mais ça n'est pas inaccessible.

 

Veillault avec Varrod, Morgane et Manoukian, le jour du fameux concert sur France Inter.

 

 

LE LIEN AUQUEL VOUS AVEZ ECHAPPE OU PRESQUE

ah, j'ai finalement trouvé un titre correct pour cet article (le nom d'une chanson proposée à F. Hardy et que Bayon nous a permis de découvrir)...  Mais j'ai été tenté de proposer  "ADAM ET DAVE"... Le chanteur hollandais n'a pas sa langue dans sa poche... et a plein d'actu... mais c'était quand même sans grand rapport. Enfin, voyez quand même:  http://www.toutelatele.com/dave-les-parents-de-la-tele-rendra-hommage-a-des-grands-presentateurs-d-emissions-de-varietes-96001

Sur ce... mieux vaut mettre un point final à cet article.

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Travaux sur la N89, #divers- liens-autres

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Publié le 2 Janvier 2018

Bon, on peut rêver mieux pour commencer l'année (et aussi comme titre d'article, effectivement)... mais voilà, c'est l'actu. Après Anne-Marie Paquotte (Murat avait pour elle sorti de la malle l'inédit "mille morts"  - on en parlait avec P. Barbot), c'est une autre journaliste qui a eu un rôle dans le démarrage de carrière de Murat dont on apprend la mort:  Mychèle Abraham. Europe 1 indique: Chlorophyle. Animatrice radio, Mychèle Abraham avait été aux manettes de Chlorophyle, Rock-à-Mimi ou encore Parano, des grandes émissions musicales. C'est elle qui avait fait découvrir Jean-Michel (sic)Capdevielle, Jean-Louis Murat ou encore Wiliam Sheller.

http://www.europe1.fr/medias-tele/mychele-abraham-ancienne-voix-deurope1-est-morte-3533708

Capdevielle lui rend hommage sur fb:

Ma très chère amie Mychèle Abraham-Lévy est décédée ce matin. Cette femme exceptionnelle a toujours été un exemple de courage, de détermination et d'attention aux autres. Elle me manque déjà, comme me manqueront nos rendez-vous bi-mensuels à la Closerie des Lilas. J'aimais Mychèle et je sais qu'elle m'aimait. Elle a toujours su me redonner confiance dans les moments de doute. Plus que quiconque, elle m'a soutenu à mes débuts musicaux; plus que quiconque, elle m'a encouragé à revenir à la peinture. Mychèle: les moments passés avec toi au cours de ces trois dernières années resteront parmi les plus lumineux de ma vie. P.S. Victor et Alain, je pense à vous et je partage votre tristesse...


Dernièrement, je vous avais proposé la lecture d'un extrait du dernier livre  d'Yves Bigot. Il revenait sur le fameux épisode de "Suicidez-vous le peuple est mort" que seul Europe 1 diffusait à l'initiative de la dame. 

 

Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...

 

Auparavant, par l'entre-mise de Sheller, Clara avait enregistré avec lui les jingles de la radio : "le résultat était nouveau et s'inscrivait bien dans un style que je dirais "punko jazz" ou art brut que désirait Mychèle Abraham" (Sheller dans "coup de tête").  (Mince, Matthieu, voilà une archive à trouver à laquelle on n'a pas pensé).

Murat parlait aussi d'un coup de main financier dans Platine en 1986:

 

Plus d'infos sur Alain Levy (le mari qui était chez CBS, puis EMI, (Murat n'était pas donc de sa maison en 1981 -c'est un rien compliqué le capitalisme, mais je pense être sûr de l'information).  Levy fut à son tour congédié après avoir "purgé" Emi... en 2007).

Dans Chorus de l'automne 2002, Murat indique qu'il aurait été spectateur du fameux concert de RTL  : "La suite est à peine croyable : Hébey nous a fait monter à Paris pour donner un concert au studio 22 de RTL alors qu'on n'avait aucune carte de visite ! C'est comme ça qu'on s'est retrouvés à jouer devant des gens du métier, comme Alain Lévy, Sapho...".  

Même si c'est sans doute Hebey qui fait circuler la musique de son poulain à l'époque auprès de toutes les maisons de disques, et qui permet à Claude Dejacques  de  découvrir Murat et de le signer chez Pathé, remarquons qu'un petit peu de temps auparavant, Sapho était également recrutée par Dejacques...  et avec le même succès:  "on aura fait 3 disques ensemble, bourrés d'idées, de fantaisies, tout cela exprimé avec humour et force, d'une voix timbrée à son gré. En 1984,  j'ai dû lâcher prise devant les résultats "décevants" que les chargés de statistiques me projetaient devant le nez sur une ardoise grand format. Qu'importe! Elle va réussir maintenant. Il n'y aura plus qu'à rééditer un à un ses albums comme ceux de Daniel Fernandez ou de Jean-Louis Murat. Ça sera bon pour tout le monde"(dans le livre "piégée la chanson...?"). 

http://www.surjeanlouismurat.com/article-dejacques-et-zacha-producteurs-de-murat-en-81-82-part-2-77790374.html

Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...

 

LES IMAGES EN PLUS

Allez, en guise de  voeux pour 2018, puisque : 

Mille morts, mille viennent

Dans un soleil couchant

Mille abeilles, mille rires d'enfants

Par mille chants troublés qui me font mille vies

Je me dois de garder l'appétit

Mille morts, mille viennent

Dans un soleil couchant

Mille abeilles, mille rires d'enfants

Par mille chants troublés qui me font mille vies

Je me dois de garder l'appétit

Mille morts, mille viennent

Dans un soleil couchant

Mille abeilles, mille rires d'enfants

Par mille chants troublés qui me font mille vies

Je me dois de garder l'appétit

voici un bouquet de fleurs d'hiver,

Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...

Et allez, je rajoute : un petit aperçu du glacier des deux alpes avec les sommets sous le vent, et les festivités du réveillon... sous la lune.

Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...
Mychèle Abraham,  actrice de la genèse, au tombeau...

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

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Publié le 12 Novembre 2017

"Tu n'as qu'à te faire la main en bossant sur ma nécro (tu parles de ma science des titres qui compensait difficilement ma lenteur, tu évoques mes chemises à manches courtes, tu racontes qu'une fois, tu m'as vu habillé en jaune poussin, etc.), comme ça, tu seras prêt le jour J. (mail: Nez-crocs)

"Quant à ton homophobie, je compte la dénoncer publiquement – en plus de ta célèbre capillophobie – dans le livre que j'écrirai après notre séparation et qui s'intitulera : Merci pour cette Kro.

"Je n'aime pas vraiment voyager, mais bon. Un concert avec toi... La dernière fois avec tous les  Delano... Peut-être "Extraordinaire Voodoo"... Isa et Barbe-à-papa... Ouais, ça va aller. Dimanche, je visiterai un peu Grenoble, je leur demanderai comment ils ont fait pour s'entendre entre les verts et les rouges, sans les roses, puis j'irai voir ce concert de Mme Nkaké – même si j'ai un peu peur qu'il s'agisse d'une femme noire... tu ne répèteras pas ça dans ton bouquin, Merci pour cette Despé, hein ?

"mais comme je ne pratique décidément pas l'art du smiley, j'ai pensé qu'au moment de la publication de notre correspondance, Pierrot - Matthieu, un dialogue rhônalpauvergnat, il risquait d'y avoir quelques polémiques au sujet de nos supposés antisémitisme, racisme, homophobie et misogynie. Regarde les poux que certains cherchent déjà dans la tête de ce pauvre Heidegger, qui n'a pourtant rien fait de mal, à part adhérer au parti nazi à une époque où ce mouvement (dont certaines idées étaient contestables, j'en conviens) connaissait un succès d'estime dans le pays où tu te trouves en ce moment. (tiens, tiens...). Heureusement qu'en ce temps-là, nous pouvions compter, nous autres Français, sur le Maréchal qui s'évertuait, du côté de Vichy, à protéger nos israélites, en faisant voter des lois humanistes et salvatrices...

Sacré Matthieu...  Matthieu sacré. Le voilà l'article qui t'est consacré... Ton anonymat si cher, tu peux l'oublier...

Oui, même si j'ai déjà rendu hommage à de multiples occasions  à notre M., contributeur  puis collaborateur du blog durant 6 ans - et  ça ne sera pas la dernière fois aujourd'hui-, je suis contraint aujourd'hui de mettre ça à l'ordre du cahier du jour.  Je  viens d'apprendre sa mort... 

Je suis désolé d'avoir à l'annoncer à tous ceux qui l'avaient croisé aux Koloko, à Uriage, ou dans les concerts clermontois, peut-être à la Bibliothèque universitaire, avec son look d'étudiant en philosophie,  mâchant sa branche de réglisse bio, bravant le froid en tee-shirt noir...

"À + (Couvre-toi, je remarque que les gens commencent à me regarder bizarrement dans la rue derrière leur écharpe et leur bonnet...)..

Je pense que ceux qui ne l'ont connu qu'à travers ses articles seront également tristes ("merci de m'avoir apporté un peu de bonheur" lui avait écrit Patrice de Clermont). Après sa démission d'ici même en juin 2016,  j'attendais d'avoir de ses nouvelles via un texte, un livre, un blog, une thèse, enfin que son talent explose... mais on doit renoncer à cet espoir, et ça rend la nouvelle encore plus triste.

"Bon, mon petit, je te souhaite bonne continuation avec ce blog et, plus encore, pour tout le reste. Je n'ai pas répondu à ton courrier de l'autre jour sur le fait que nous ne soyons pas amis, parce que je ne suis vraiment pas le mieux placé pour disserter sur l'amitié et puis parce que je ne crois pas cela serve à grand-chose d'en discuter. Si l'on entend l'amitié au sens fort du terme, le contraire de l'amitié Facebook, alors il me paraît évident que nous n'étions pas amis toi et moi. Nonobstant, j'ai tendance à penser qu'on n'accorde en général pas assez d'importance aux relations que j'appelle infra-amicales, notamment les relations de travail et celles de voisinage. Avoir un bon collègue de travail, avec qui l'on parvient à entretenir une excellente entente dans le travail, même si ce n'est pas un ami et même si l'on ne se voit pas en-dehors du boulot, je trouve par exemple que c'est précieux. Au cours d'une vie, il me semble qu'on ne compte, dans le meilleur des cas, qu'une toute petite poignée d'amis, une autre petite poignée d'histoires d'amour fortes et, si tu ajoutes à cela quelques membres de la famille qui vont véritablement compter (en gros, ceux qu'on aurait envie de fréquenter même s'ils n'en faisaient pas partie), tu te retrouves avec un nombre de gens avec qui tu auras entretenu des relations profondes et intimes très réduit. Alors, à côté de ces relations-là, autant essayer de faire en sorte que les autres soient aussi enrichissantes que possible, sans chercher à tous prix à y plaquer de grandes étiquettes du type "Amour" ou "Amitié".

"En résumé, si nous avons réussi toi et moi durant quelques années à établir une bonne complicité dans le travail, en sachant que cette relation de travail était très originale, puisque tu étais un chef qui ne commandait pas et moi un employé qui n'obéissais pas, eh bien je trouve que c'est déjà beaucoup. En tous cas, pour moi, ça l'est.
 
"Sur le côté "secret", pas de commentaires, cela demanderait des heures d'explications. Mais je pourrais te citer une liste longue comme l'avenue de la République de personnes qui partagent ton opinion sur ce point me concernant. Quand je précise cela aux gens, s'ils ne sont pas trop stupides, ils pigent que ce n'est pas un sort spécial que je leur réserve à eux personnellement.
     Je pense que notre relation comportait deux caractéristiques (parmi d'autres) intéressantes : nous ne mêlions pas la vie privée et le travail (à part le hand et le vélo pour toi, la drogue et Serge Daney pour moi...) et il n'était pas question d'argent entre nous. Disons donc que mon avenir se passera ailleurs et autrement (pour reprendre le titre d'un livre).
 

La drogue, c'était une boutade, hein!... mais Daney et le cinéma, il se piquait sans doute avec:

"Il y a quelques années, Les Inrocks avaient longuement interviewé Louis Skorecki, un cinéphile que j'aime beaucoup, qui était au lycée avec Serge Daney. Tout jeunes, ils sont allés ensemble à Hollywood pour interviewer des géants du cinéma (ils se sont rendu compte beaucoup plus tard de ce qu'il pouvait y avoir de gérontophile dans leur démarche...). Bref, dans cet entretien, Skorecki règle quelques comptes avec Daney, il y a un peu d'aigreur de sa part, mais il a le mérite de ne pas tomber dans le "culte" que certains réservent à Serge. Et il y a un passage intéressant où il dit :
"C’est vrai que pour moi publier les textes de Serge Daney publiés dans Libé seuls, c’est une connerie. Les textes prennent un sens dans l’ensemble de ce que le quotidien publiait à l’époque et qui constituait la meilleure revue de cinéma au monde. Daney n’était pas seul, et l’équipe comptait vraiment : Séguret, Louella Interim, moi… Et surtout Lefort. Lefort et Daney constituait un équilibre formidable. Daney a appris à devenir journaliste et Lefort est devenu critique. C’était très bien ce qu’il écrivait sur le cinéma. Et il y avait quelque chose d’incroyablement neuf et vivant qui s’inventait entre nous dans la façon de parler du cinéma. Isoler les textes de Serge, c’est de l’idolâtrie. Et pourquoi pas bientôt ses cartes postales ?"
Je suis très content, à titre personnel, que P.O.L ait édité en volumes les textes de Daney, mais je trouve que ce que dit ici Skorecki est particulièrement pertinent. Et sans comparer le moins du monde mes écrits à ceux de Daney, ni les tiens à ceux de Lefort (ni le blog aux pages de Libé de l'époque), c'est un peu ça que je veux dire : mes textes n'avaient de sens que dans le dialogue plus ou moins explicite qu'ils entretenaient avec ceux que tu avais publiés avant ou après et avec le support lui-même (ton blog).   (Quant aux cartes postales de Serge, le réalisateur d'Être et avoir, Nicolas Philibert, a en effet eu le projet à une époque d'en faire un documentaire - Daney ayant envoyé plus de dix mille cartes postales rien qu'à sa mère, sans parler de toutes les autres personnes à qui il écrivait !)                   [NDLR: bien sûr il pensait à cela quand il fait son reportage à St-Jean de Vedas]
Voilà pour cette parenthèse. Donc, si tu veux publier ton brouillon-chiffon, fais-le. Je ne vais évidemment pas le modifier, c'est ton texte, je te laisse libre d'écrire ce que tu veux. Et puis, j'ai tellement l’habitude d'entendre des conneries sur mon compte (des conneries très gentilles, le plus souvent, mais les compliments immérités ne sont pas moins douloureux que les reproches infondés) que je suis plutôt agréablement surpris que tu rapportes avec justesse certains de mes propos, je reprendrais presque confiance en l'humanité ! Et puis, il est empli d'affection, c'est très touchant.
 
Oui, je  le considérais comme un ami, d'autant plus après l'avoir rencontré physiquement à une dizaine de reprises, et de visu apprécier sa gentillesse, sa générosité, son empathie pour les gens...
 

Ces derniers jours, j’ai relu le millier de  mails qu'il m'avait transmis, parfois la larme à l’œil, parfois m’esclaffant (c'est pourquoi je ne veux pas renoncer à l'humour ici). Des milliers de mots qui ne m’auront  rien appris de son passé. Pas question de savoir où il habitait, ce qu’il faisait dans la vie (je le voyais éluder la question sur le parvis de la coopé). Juste des micros bribes :  son grand intérêt pour le sport (handball, tennis,  foot), qu’il a déposé une annonce d'anniversaire de décès le 4 sept 2014 dans la Montagne,   qu'il était aux francos en 2010, qu'il a été tourneboulé par un « événement douloureux qui l'a mobilisé intellectuellement et moralement » : le licenciement de l'assistante du cinéma Le  Rio (la promotion d’une projection m’avait valu son premier mail),  qu’il a a participé à la randonnée Bourges-Sancerre,  ou que François Michelin était son ancien patron, ou encore une phrase où il me demandait conseil pour une  connaissance sur la création d’un blog ou d’un site:

"Salut ma reine d'Ossa,
J'ai un service à te demander, qui n'est pas urgent, mais je préfère te le demander avant que ne déferle sur la France le torrent informationnel muratien de la fin du mois.
Tu sais que tu es pour moi un dieu de l'informatique, que je t'associe toujours dans mon cerveau malade à Norman, l'informaticien qui aide Jesse dans "Tonnerre mécanique". Tu sais bien, il y a Jesse qui dit : "Norman, enclenche la troisième." Et Norman, devant son écran compte "5, 4, 3, 2, 1, 0". Et à ce moment-là, Jesse fonce et l'on entend la musique de Tangerine Dream. Tin, tin, tin, tin, tintintintin ! C'est amusant, tu sais que cette musique est issue d'un concept-album autour des parcs du monde entier ? Il y a un morceau sur Central parc, un autre sur le Bois de Boulogne, etc. Drôle d'idée. Où en étais-je ? Ah oui, Norman. Eh bien tu es mon Norman, même si moi, je ne suis pas ton Tonnerre mécanique.
Donc j'aurais besoin de conseils pédagogiques pour savoir comment on crée un blog et comment on crée un site internet. Moi qui n'y connais rien, je crois savoir qu'un blog est plus lié à l'actualité qu'un site. Mais je me trompe peut-être. En fait, je connais une personne qui voudrait créer un site pour y exposer (si l'on peut dire) ses peintures, dessins et autre créations graphiques... Et un autre site pour mettre en valeur des photographies historiques (disons, patrimoniales) prises par son père qui est mort et qui, de son vivant, travaillait pour les monuments historiques. Donc, je me dis qu'il vaudrait mieux créer des sites que des blogs. Mais c'est peut-être un raisonnement stupide. J'aimerais ton avis éclairé sur ce point précis. [...]Voilà, c'est le service que je te demande. Je te le redis, il n'y a pas d'urgence, tu n'es pas obligé de me répondre tout de suite. Mais si tu trouves le temps pour me donner quelques conseils simples et compréhensibles, tu seras un coeur. Après, je viendrai sur ton blog et au lieu de t'appeler Pierrot, je t'appellerai "mon Normanichou"

Ah, comme ce monde est cruel. Je viens de regarder les résultats du concours d'entrée à une école de psycho-motricien de ma photocopine et.... pfff, elle est classée 343ème sur plus de 1100 candidats et il fallait finir dans les 70 premiers. Ces concours à la con ! 70 places pour 1100 participants ! Et si encore on leur demandait des trucs en rapport avec le boulot, mais la sélection se fait sur des critères à la noix. C'est comme la présidentielle : il faut de nombreuses qualités pour être un bon candidat, mais elles n'ont que très peu de rapport avec les qualités nécessaires pour être un bon gouvernant. Du coup, celui qui passe est celui qui aura été le meilleur comme candidat, mais rien ne prouve qu'il fera un bon responsable. Si ça se trouve, dans les 70, certains n'auront aucune des qualités requises... Enfin, bref, je suis dépité, je viens de brûler nos deux billets pour demain, tu peux donc rester chez toi. (qui est cette copine? la retrouverons-nous?)

 

 A part cela, quelques anecdotes la plupart du temps amusantes (certaines ne me font plus rire, avec le recul).  Rien. Tellement rien.

"Mais soyons clair : nous ne sommes, Dieu merci, ni Jacques Pradel, ni Patrick Sabatier. Donc, si le mec veut qu'on le laisse peinard (je parle de Hexylaine) et ce, quelle qu'en soit la raison (bonne ou mauvaise), on ne va pas aller l'emmerder. Comme disait Charles, on néglige toujours, dans la liste des droits de l'Homme, celui de se contredire et celui de s'en aller.

  J’ai respecté cette distance.  Je ne me suis pas épanché non plus,  lui racontant des bouts de vie quotidienne (10 fois plus que lui déjà), mais rien de trop intime, pour me mettre sur la même longueur que lui. Je me freinais.   Je me pose désormais la question de savoir si j’aurais dû suivre la pente naturelle de l’amitié que je lui portais. J'aurais dû. J'aurais dû. Et le questionner.... ne pas le laisser  dans son système. Mais j'ai toujours séparé la bulle muratienne de la vraie vie, et je pensais qu'il le faisait également, son implication sans doute irraisonnable des derniers mois s'accompagnait de l'annonce qu'il allait passer à autre chose ensuite. Pourtant, j'ai souvent eu envie de l'inviter, jamais osé.  Si, une fois, à  randonner à  la Montagne… sans succès. Comme de venir à Paris pour la soirée Livre unplugged (pas question pour lui  de mettre les pieds à Paris... en fait, de remettre les pieds... puisqu'il a vécu là bas jusqu'en 2004...(Ah, la canaille! lui qui se faisait passer pour un auvergnat des plus "ancrés", notamment quand nous autres Rhône-Alpins avons décidé de l'accueillir dans la modernité).

 
Quelques temps mois auparavant cette date, il venait d'arrêter après son Deug Lettre modernes des  études universitaires (Fac Paris8-St-Denis). Il était extrêmement brillant mais n'oubliait pas d'aller défendre les étudiants sans papier.  Il se renfermait alors petit à petit, chez lui, tout en dévorant LE MONDE, se coupant  des proches. En mars 2004, il quitte la maison en secret, avec un mot annonçant sa décision. Il quitte tout,  le passé et l'actif (sans l'argent de son livret A, ni même les billets dans les enveloppes reçues pour son anniversaire dans son tiroir).  Ses parents s'inquiètent, contactent la gendarmerie. Rien n'est possible. 15 jours plus tard, Matthieu rappelle: il souhaite que sa mère vote par procuration aux prochaines élections!   Il semble qu'il ait rejoint Clermont. Guidé par la musique de Jean-Louis Murat? On ne le saura pas mais chez ses parents, il faisait des k7 avec ses concerts se rappelle sa mère, qui m'a raconté tout ça.

Il donnera des nouvelles, et de moins en moins, jusqu'en 2012.  Après une période en CHRS (logement transitoire, foyer au 49, rue des cordeliers), où il a dû recevoir de l'aide et du soutien, il a un appartement rue des jacobins, une rue que l'on a traversé une fois ou deux ensemble! C'est dans cet appartement limite insalubre que les gendarmes ont trouvé son corps début mars 2017...  Plusieurs mois après le décès (septembre/octobre 2016).

Il reposait semble-t-il en paix, dans un appartement vide, presque à même le sol. Des cartes de Barcelone à côté de lui. Etait-il sur le départ? C'est une des questions que sa mère se pose... et qui restera sans doute sans réponse, d'autant qu'on ne connait pas la raison de sa mort. On espère que cet article permettra de recueillir des témoignages qui  seront d'un grand réconfort pour sa famille. J'espère vraiment que nous découvrirons d'autres aspects heureux de sa vie.. ou comment il arrivait à vivre sans RSA... Et c'est pourquoi je vous invite à partager cet article (notamment les clermontois).

Pour le moment,  un des chocs, c'est  d'apprendre   que de "vrais amis", de famille qu'on choisit, Matthieu n'en avait peut-être pas. Il y avait ceux qu'il avait remercié à son départ du blog... et le groupe Alma loca (découvert à la suite d'un voyage blablacar réussi à l'occasion d'un concert de Murat, le chauffeur était membre de ce groupe). Un CD dédicacé qui a été le seul objet que sa mère a récupéré a permis de faire le lien avec eux et donc de diffuser un peu l'information. C'est en essayant d'avoir des nouvelles (je m'y étais refusé avant, acceptant tout comme sa mère, les "choix d'un homme") que j'ai appris la nouvelle.

Co-voiturage:

"moi, j'ai écrit la vérité : que je suis un gros con au quotidien, mais que le temps d'un voyage de quelques heures, je suis tout à fait supportable. Résultat : ça se passe très bien, les chauffeurs me jugent pour la plupart "Exceptionnel" ! Bon, j'ai aussi ajouté pour plaisanter que j'avais failli être condamné pour assassinat d'automobiliste, mais que le témoin principal était mort dans un accident avant mon procès. Sauf que mon chauffeur de Montceau a pris tout ça au sérieux : il a essayé de comprendre, a cru que j'avais tué quelqu'un accidentellement, que je n'avais pas pu prouver mon innocence lors d'un procès équitable, que j'étais resté fragile de ce côté-là... J'ai dû lui expliquer que c'était une blague.

"Si ça peut te rassurer, je suis déjà arrivé à Koloko en partant à pied d'un village situé à plus de trente bornes, sans billet (tout avait été vendu) et en me perdant dans les bois (mais en me perdant vraiment). Résultat : une dame m'a déposé en voiture à Riom, j'ai pris le train et un type m'a vendu une place au noir sur le parvis.
     Ouais, je sais, j'ai eu du bol cette fois-là...
     M.
 P.-S. : Je me suis quand même évanoui pendant qu'une spectatrice montait sur scène pour interpréter "L'aéroport"... Manque de sucre, fatigue, etc. On n'a rien sans rien.
 

"Encore merci de m'avoir proposé de venir et merci pour le bref covoiturage (je ne t'évalue pas, car mon avis sur ma conductrice de l'aller vient d'être refusé par Blablacar : il ne respecterait pas la "charte" du site... J'ai écrit qu'elle était "joliment dorée telle un pain sorti du four"... mais elle gère une boulangerie !!! Putain, Mauser et Beretta, voilà donc les seuls camarades ?!).

L'humour, l'humour, toujours de l'humour... une armure pour se cacher.

Que dire encore?

Matthieu était d'une grande culture, toujours capable de sortir une référence littéraire, ne ratait sans doute pas une émission "ripostes" sur france culture. Je retiendrai surtout sa tolérance, sa défense de la liberté de paroles et de la presse, et sa rigueur morale... qui l'a conduit (pour un motif bénin qu'il a pris pour de la censure) à se brouiller avec Alexandre Rochon, son autre "chef" comme il disait. Il me recadrait également si j'étais prêt à m'égarer. Autre exemple de sa droiture: Il m'avait raconté qu'il avait été viré de l'ELECTRIC PALACE un soir...

T'as encore joué au redresseur de torts?    -Ah, il y a un peu de ça, c'est vrai... L'un des meilleurs jeunes batteurs de jazz de Clermont (dont le talent est salué par la Fourme lui-même) m'a dit que sur ce coup, j'avais été "royal".

Et puis, lui qui vivait avec rien découvrons-nous,  était d'une générosité extraordinaire (par exemple en m'envoyant un gros colis d'archives à son départ). Avec les membres d'Alma Loca, il agissait semble-t-il de même. Il tenait toujours à vous raccompagner à votre hôtel ou à la gare (n'est-ce pas Barbara, Amparo?) ou encore profitait de ses recherches pour collecter aussi des infos pour les fans de Renaud, de  Sanson  ou encore les camarades manséens.

"Je lui ai envoyé une pelletée de captures d'écran du Monde qui n'étaient pas sur le site, en remontant à des CR de Fléouter du début des 80's. Ainsi qu'une bonne rasade de presse suisse, avec les adresses des sites... Voilà  ce que tu as fait de moi pendant ces années : un psychopathe de l'archive !!!

Alexandre Rochon me disait: "J'en ressens qu'il y a des personnes qui comprennent trop bien le monde dans lequel on vit pour parvenir à y rester".  Et effectivement, Matthieu ne voulait semble-t-il pas se corrompre dans ce monde-là, malgré ses silences, ses secrets ou ses contradictions (je pense que beaucoup à Clermont ne l'avait pas identifier comme celui qui écrivait sur le blog, c'était par exemple le cas de Laure  ou de Jean-Louis Bergheaud - qui se rappelle  bien des échanges riches avec lui).

"Plus il y a de moyens de communication, moins on réussit à communiquer ? Oui, c'est à peu près ce que je pense, tu as lu dans mes pensées...

"Non, il n'y a pas de vie en-dehors de la bibliothèque : dehors, c'est la guerre, les gens s'entre-tuent, meurent de faim, de maladies et préfèrent les disques de Patrick Fiori à ceux de JLM. Non, dehors, c'est moche.

"On se croirait à la télé, à se faire de la lèche les uns aux autres. Je suis sûr que le paradis doit ressembler à ça, c'est pour ça que je ne veux pas y aller...

"Je pensais vaguement aller à Aurillac, mais c'est complet. Putain de ville de merde... J'ai raté un concert d'Eicher là-bas, alors que j'avais le billet. Et lorsque je me suis posé dans un coin d'escalier d'immeuble pour passer la nuit, une voisine n'a rien trouvé de mieux à faire que d'appeler les flics, sans même me dire un mot. L'une des expériences de non-communication entre les gens les plus stupéfiantes de ma vie. 

"un fan est toujours au moins un peu ridicule, toi et moi y compris – le temps que nous passons à disserter dans le vide sur JLM ou à suivre son actualité, nous pourrions l'employer plus intelligemment – même si tu peux toujours te dire qu'au moins, pendant que je lis ton blog, je ne mets pas le feu aux voitures de ma rue, ce qui te confère une certaine utilité sociale non négligeable...).

"[à propos de Finkelkraut insulté/insultant avec les Nuits debout]   ...Des limites de l'arbitrage vidéo, de l'honnêteté intellectuelle, de l'esprit démocratique, de la possibilité de se parler encore, des réseaux sociaux, etc., etc., etc.    Allez, Bashung, pour chialer en silence :http://www.dailymotion.com/video/xotwa_alain-bashung-j-passe-pour-caravane_music

Matthieu n'est plus là pour me donner des conseils,  mais j'ai trouvé le moyen de le faire participer à cet hommage, que je prolongerai encore par d'autres extraits de mails. Ce qu'il n'aurait pas dit, lui toujours si modeste, c'est que sa plume et son travail ont été salués par les lecteurs, mais aussi par des "professionnels":  Fred Hidalgo de Chorus, Marc Legras,  Gérard Davoust, grand éditeur de musique,  le chanteur Pierre Schott saluait ses analyses sur la chanson à propos de cet article. Enfin, Michka Assayas, Silvain Vanot et Erik E ont je crois beaucoup apprécié l'interview qu'il leur proposait (Eryk e me parlait de l'immense impression qu'il lui avait fait). Dans sa boite mail, je suis certain qu'il devait y avoir des "trésors", lui qui n'hésitait pas à contacter celui à qui il souhaitait dire quelque chose:

"J'ai contacté Claude Guillon, l'auteur de Suicide mode d'emploi (tu as sans doute entendu parler de ce bouquin qui fit du bruit dans les 80's) et très bon connaisseur de l’anarchisme. Il m'a dit que le suicide était rarement une solution proposée par les anars, ceux-ci le condamnant plutôt comme une forme de désertion... Pour ma part, cette partie-là du tag me fait davantage penser à l'esprit punk de l'époque (No Futur, etc.). En revanche, l'idée de peuple mort fait selon lui écho à une vieille thématique anarchiste, celle d'un peuple trop passif. De fait, Charles d'Avray (l'auteur de "L'idée")  a ainsi écrit un "Le peuple est vieux" et dans "Ni Dieu ni maître", tu trouves le vers "le peuple sommeille"...
 Donc, selon Guillon et moi, ce slogan porte les empreintes de l'anarchisme et du punk. L'humour de l'autre tag ("C'est plus propre") me paraît également le rapprocher du punk, voire d'un certain situationnisme.. Mais j'ai préféré résumer ces diverses conjectures, plutôt que d'ajouter une mini-thèse à l'album photos...[à propos de l'article Au commencement était un graff]
 
"Tiens, j'ai eu une réponse à un mail de Benjamin Stora ! Bon... il n'a pas la réponse à la question que je lui ai posée, mais au moins il m'a répondu, LUI !
 
Ci-dessous, un  échange avec un sociologue connu...
Cher Monsieur,   Vous ayant entendu dimanche dernier, sur France Inter, réfléchir sur les notions de domination et de capacité des dominés à partir de la chanson de Michel Jonasz, "Les vacances au bord de la mer", j'ai songé que vous devriez écouter - si vous n'avez pas déjà eu l'occasion de le faire - la chanson de Florent Marchet qui s'intitule "Courchevel" et qui, me semble-t-il, s'inscrit un peu dans la lignée de celle de Jonasz. Sauf que dans "Courchevel", on découvre que l'univers qui faisait rêver l'enfant Jonasz n'est peut-être pas si désirable qu'il paraît l'être à première vue. La preuve avec ce court extrait du texte :
 "Tu nous faisais rêver Mais on ne savait pas Que dans cette vie-là  Le  coeur n'y était pas".
Je vous laisse écouter le reste si vous ne connaissez pas cette chanson, qui évoque, en somme, la souffrance que peut aussi générer la domination sur... les dominants eux-mêmes. Cette chanson, qui raconte une histoire triste sur un rythme dansant, dans la  grande tradition de "Je chante" ou de "Marcia Baila" par exemple, me semble être une popsong très réussie.
 Désolé d'encombrer votre boîte à lettres professionnelle avec ce courrier bien futile, mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour vous contacter.
 Chaleureusement,
M. GUILLAUMOND.

 Et voici sa réponse :
> De : "Philippe CORCUFF"
Bonjour,   Merci pour votre réaction et surtout la nouvelle piste. Je ne connais pas les chansons de Florent Marchet en général et "Courchevel" en particulier.  Vous avez raison de pointer les effets de la domination chez les dominants eux-mêmes. Dans le chapitre 10 de mon livre (qui s'efforce d'élargir la critique du capitalisme contemporain), je distingue les deux types de critique : 1) une critique qui met en avant les effets des inégalités, et qui dans l'analyse du capitalisme renvoie à ce que les marxistes appellent la contradiction capital/travail; et 2) une critique qui met en avant les effets désagrégateurs de la domination de la marchandise et de l'argent, et qui renvoie à ce que j'appelle "la contradiction capital/individualité". bien à vous

 

Encore une fois: quel regret de découvrir qu'on ne le lira plus...  Il était le plus grand des muratiens, il fait désormais partie de la petite histoire de la musique, à l'instar des anonymes auxquels il aimait rendre hommage (le premier auteur d'un article sur Murat, tel musicien obscur...), mais il aurait sans doute pu être beaucoup plus. 

PSDT Matthieu alias M, alias Fred PLAINELLE    (23/09/81- 01/3/2017)

P.

Merci de vos témoignages dans la zone commentaires ou via la zone contact. La Maman de Matthieu est très reconnaissante de  chaque marque d'amitié ou d'informations sur la vie de Matthieu. 

Un des plus beaux textes de Murat d'après  Matthieu :

PS: Pour retrouver les articles signés Matthieu, vous pouvez taper ce prénom dans la zone recherche du blog. J'aurais dû indiquer les liens, mais j'ai oublié

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres

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Publié le 5 Octobre 2017

Clermont-Ferrand vs Télérama
Clermont-Ferrand vs Télérama
Clermont-Ferrand vs Télérama

 

Depuis hier,  buzz médiatique autour de Clermont-Ferrand, autour d'une thématique dont nous avions parlé ici... et je ne résiste pas au plaisir de vous faire repartager tout ça à cette occasion.

Alors qu'est-ce qui se passe?

Télérama a consacré sa couverture à Clermont, et un article, en vue d'une rencontre-débat qui devait être organisée ce week-end avec la rédaction dans cette même ville, tout cela dans le cadre d'une candidature "Capital Européenne de la culture".

A la surprise générale, le Maire de la ville M. Bianchi, offusqué,  a diffusé immédiatement une réaction...

 

Clermont-Ferrand vs Télérama

Sur le facebook de la ville, Emmanuel Tellier interpelle les commentateurs locaux :

- "Avez-vous lu l'article ?"

- " Je vous envoie l'article en PDF si vous le voulez. Vous pourrez juger."

-" Lisez-vous le journal ? Il a plus de journalistes venus de villes de "province" à la rédac que de parisiens de naissance, et toutes les semaines, des reportages, papiers, compte-rendus d'expos et pièces partout en France. Reporter, je viens d'aller, en moins de 10 jours, à Tourcoing, Cannes, Tours... Et je devais aller à Clermont demain. Sauf que non, finalement".

 

Et oui, Télérama vient d'annoncer que ces deux jours de débat étaient du coup annulés! Le message de Fabienne Pascaud

Je ne lis pas tous les commentaires sur fb, ils sont assez consternants et nauséabonds pour les plus nombreux puisque peu ont lu l'article incriminé.  Il est désormais en ligne et on peut donc déterminer si cet article est si négatif que cela pour la ville.

http://www.telerama.fr/divers/clermont-ferrand,-puy-de-culture,n5250417.php

Mince! C'est un travail journalistique! Et l'auteur se permet de glisser quelques critiques!

Qu'est-ce qu'ils sont susceptibles ces clermontois!!

 

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La polémique dans LA MONTAGNE : http://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand/environnement/puy-de-dome/2017/10/05/polemique-telerama-que-pensent-les-clermontois-du-jardin-lecoq_12578607.html

http://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand/loisirs/fetes-sorties/2017/10/04/le-poussiereux-jardin-lecoq-colere-du-maire-de-clermont-apres-un-article-de-telerama_12577094.html

------------------

Alors évidemment, mon ancien correspondant clermontois Matthieu vous aurait parlé tout ça mieux que moi.. mais rappelez-vous quand il était encore là, nous avions publié une "missive pro-clermont", auquel le courrier du maire fait penser immédiatement. A l'époque, l'association COORDINATION POUR LA REVALORISATION DE L'IMAGE DE CLERMONT-FERRAND avait voulu  protester contre la mauvaise image de Clermont que j'aurais véhiculée dans le clip "je traine et je m'ennuie".

 

 

 

La missive pro-Clermont: http://www.surjeanlouismurat.com/article-une-missive-pro-clermont-108219313.html

COMMUNIQUÉ COMMUN

DE

L'ACC (ASSOCIATION DES CLERMONTOIS EN COLÈRE )

ET DE

LA CRICF (COORDINATION POUR LA REVALORISATION DE L'IMAGE DE CLERMONT-FERRAND)

 

 

 

                                                                           À l'attention de M. Pierrot.
                                                                                                   Responsable du site www.surjeanlouismurat.com

 
                                                                                               Clermont-Ferrand, le 13 juillet 2012

 

        Marceline De Blatin 
        Secrétaire Générale de l'Association des Clermontois En Colère.

 

                    Monsieur,

      Nos deux associations  qui se sont souvent opposées par le passé (notamment pour savoir s'il aurait été souhaitable qu'Olivier Bianchi, notre adjoint à la Culture, entame un régime Dukan ou si le tramway n'aurait pas gagné à être repeint en jaune et bleu), ont cette fois jugé utile d'unir leurs forces   :  il est en effet de notre devoir de  réagir avec la plus extrême vigueur à la campagne de dénigrement que vous menez actuellement à l'encontre de la ville de Clermont-Ferrand, via votre blog. Par la présente, nous vous demandons instamment de cesser de calomnier notre bonne ville, sous peine de poursuites judiciaires.

 

     Voilà en effet plusieurs semaines, Monsieur, que vous prenez un malin plaisir à répandre à travers les articles que publie votre officine l'idée selon laquelle Clermont-Ferrand serait une ville ennuyeuse. Tout est parti, semble-t-il, d'une ignominieuse chanson écrite il y a trente ans par M. Jean-Louis Bergheaud, qu'un maigre public connaît mieux sous le nom de Jean-Louis Murat. Ce monsieur, à qui l'idée que je me fais de la culture, telle qu'ont su l'incarner avec éclat des figures locales comme Mme Claire Chazal, M. Jean-Luc Petitrenaud et Messieurs Giscard d'Estaing (père et fils),  m'empêche d'attribuer le nom d'artiste, se plaît depuis plusieurs années déjà à multiplier les propos malveillants sur notre belle métropole, en s'en prenant à longueur d'interviews à ses habitants, ses étudiants, ses musiciens et  en traitant sa mère nourricière, l'industrie MICHELIN, plus bas que terre par un silencieux mépris.  

    Le comble est que ce triste individu proclame par ailleurs à qui veut bien l'entendre son attachement à l'Auvergne, sans doute dans l'espoir mesquin de s'attirer la sympathie de quelques auditeurs régionalistes. Ainsi, il y aurait la belle Auvergne et l'affreuse Clermont-Ferrand ? Mais que serait l'Auvergne sans Clermont-Ferrand ? Un désert, Monsieur, un désert où survivraient avec peine, dans un dénuement complet, quelques milliers de paysans et autres bovidés et qui ne serait visité que par une poignée de touristes en mal d'exotisme.  Mais il est vrai que M. Murat se prend lui-même pour un moujik. Qu'il émigre donc en Sibérie ! Oui, il est temps de l'affirmer avec force : l'Auvergne ne serait rien sans son auguste capitale. Je rappelle que le sieur Murat, quant à lui, est originaire d'une bourgade dont l'énoncé du nom suffirait à faire se gausser la France entière et que ses parents ont sans doute été fort soulagés de pouvoir lui donner la vie en toute sécurité dans l'un de nos formidables hopitaux. Lui-même a d'ailleurs dû être ravi de pouvoir trouver asile dans le quartier Vallières au cours des années 80... Cependant, tant d'ingratitude n'a rien d'étonnant : "Elève des corbeaux et ils te mangeront les yeux !"

 

       Mais la haine de M. Murat pour Clermont-Ferrand ne date malheureusement pas d'hier. Il a en effet commis il y a trente ans une chanson que tous les vrais amateurs de musique avaient pris soin d'ignorer et qu'il a cru bon de rechanter sur scène voilà quelques semaines, au cœur même de notre accueillante cité. Dans cette ritournelle dont le narcissisme n'a d'égal que l'insignifiance, M. Murat se décrit en train de traîner et de s'ennuyer dans les rues de Clermont-Ferrand... alors que sa chanson prouve dans le même temps qu'il y a mille activités possibles dans notre chère ville : on peut y aller au ciné, y donner son sang, y chercher l'amour... (et il omet de dire que  nos brocantes regorgent de recueils de poétesses méconnues...).  

 

      Non content de ressortir son "œuvre" d'un oubli qui lui convenait parfaitement, M. Bergheaud a poussé la provocation lors de son récital, jusqu'à accompagner celle-ci de commentaires sarcastiques que la politesse m'interdit de reproduire ici. C'en est assez ! Que vous admiriez  -sous le couvert de l'anonymat!-, Monsieur Pierrot, un chanteur qui ne doit sa minuscule notoriété qu'à la complaisance ignare d'une poignée de journalistes parisiens qui ne sauraient même pas situer Clermont-Ferrand sur une carte, c'est votre droit. Mais que vous colportiez comme vous le faites depuis des semaines cette idée que Clermont-Ferrand serait une ville où l'on s'ennuierait, qui plus est en produisant même un clip pour cette chanson,  les Clermontois ne peuvent le tolérer plus longtemps !  Il est rigoureusement impossible de s'ennuyer à Clermont, il est impossible de s'ennuyer à Ferrand,  nous ne connaissons pas l'ennui à Clermont-Ferrand !  Si quelqu'un s'ennuie ici, c'est qu'il l'a décidé !  
 

     Apprenez ainsi que notre merveilleuse agglomération accueille en ce moment-même une compétition sportive de dimension internationale, qui n'a certes rien à envier à la manifestation qui se déroulera dans quelques jours à Londres. En effet, Monsieur, Clermont-Ferrand organise ces jours-ci le championnat du monde de billes. Oui, Monsieur, de billes ! L'événement est suffisamment considérable pour que La Montagne lui ait consacré sa une dans son édition du 12 juillet. Pas un article discret en page 7 ou une demi-page dans la rubrique "Sports", non la une. Je vous parle bien de La Montagne, le grand journal régional fondé par Alexandre Varenne qui a été, je vous le rappelle, désigné en 2010 comme le meilleur quotidien français. Et puis, évoquons aussi la place du 1er mai, où  se dresse fièrement dans notre ciel actuellement,  le plus grand toboggan gonflable du monde!   Voilà deux exemples assez éloquents, me semble-t-il, pour anéantir les quolibets sous lesquels vous essayez d'ensevelir notre cité si vivante!  

 

billes-la-montagne.png

 

     Vous avez récemment publié un article dans lequel vous disiez randonner en chantant l'odieuse chanson que j'évoquais plus haut. Et vous avez voulu narguer le bon peuple clermontois avec des photos de votre excursion. Mais sachez, Monsieur, que les Clermontois n'ont que faire des images des montagnes qui entourent votre patelin. Ils s'enorgueillissent au contraire de vivre dans une ville en travaux, une ville où l'on bâtit, une ville où l'on bétonne. Oui, à Clermont, nous bétonnons et nous en sommes fiers !

     Pour terminer, je me dois de rappeler certaines réalités qui pourraient avoir échappé à des lecteurs de votre blog qui auraient naïvement accordé leur crédit à la contre-publicité scandaleuse que vous nous faites.

     Je vous précise donc que Clermont-Ferrand, aux couleurs chatoyantes de gris et noir, est une ville jeune et dynamique, dont le cœur palpite au rythme de l'incessante activité des dizaines de milliers d'étudiants qui y résident. Parmi ceux-ci, nous nous flattons de compter nombre d'étudiants chinois venus trouver dans la cité arverne les connaissances et la culture qui leur permettront ensuite d'insuffler à leur petit pays un dynamisme comparable à celui de notre ville.

     Clermont-Ferrand est aussi une future métropole européenne à taille humaine, un carrefour des civilisations où viendra bientôt s'arrêter le Train à Grande Vitesse... Et je ne vous parle pas du Panoramique des Dômes, merveille technologique qui, contrairement à ce que laissent entendre certaines rumeurs malveillantes, fonctionne très bien et permet désormais à des centaines de milliers de touristes d'admirer la magnificence de notre ville, sans avoir à se salir les pieds en traversant d'inutiles et fangeux pâturages.
 

 
 

     Tant d'attraits ne sont pas dus au hasard. Notre ville est en effet administrée avec talent, imagination et exemplarité par une majorité municipale socialiste, donc normale. Une équipe conduite avec fougue et panache par un maire lui aussi dynamique et normal qui va sur ses soixante-dix-sept printemps.

     Enfin, Monsieur, comment ne pas vous rappeler à vous qui vous targuez d'être mélomane, que Clermont-Ferrand est la capitale française du rock n' roll, une ville qui regorge de jeunes groupes autrement plus talentueux que le misérable et médisant saltimbanque si cher à votre cœur, une ville dont les rues vibrent au son d'hymnes à la liberté et à l'hédonisme chantés par nos jeunes enfants dans la langue de Shakespeare.

     Non, Monsieur, n'en déplaise au sieur Murat, Clermont-Ferrand n'est pas une ville où l'on traîne et où l'on s'ennuie. Clermont est une ville rock et l'on y joue aux billes. Qu'on se le dise !

 

 

                                             Marceline De Blatin

                                             Secrétaire Générale de l'Association des Clermontois En Colère.

 

 

 Je ferme là les guillements : "  .

  ET VOICI MA REPONSE :

Madame, sachez que la muranitude est un combat... parfois contre soi-même... mais souvent contre son père fondateur... et son rejet de Clermont fait bien sûr partie des éléments difficiles à vivre.   De Koloko en koloko, nous aimons Clermont... même oui, notre credo, notre confiteor est bien :

je suis heureux
ça c'est montagne
amoureux
ça c'est la montagne
tu peux au mieux
être rivale
tu peux au mieux
dans tout cet attirail

 

Et nous aimons bien nous faire du mal... comme lui nous en fait parfois... Alors, voici quelques uns de ses propos sur Clermont (j'en rajoute pour vous faciliter vos démarches judiciaires).

Je réouvre des guillements,  Murat speaking :  " 

  

 

   la petite ville, pour moi, c'était La Bourboule. j'étais toujours avec mon grand-père, on voyait trois bœufs par jour. L'école, aller en ville, c'était une vraie terreur. Après, il y a eu Clermont-Ferrand. Mes parents s'en souviennent très bien: j'ai toujours été malade pour aller à Clermont-Ferrand. j'ai toujours tout fait pour ne pas y aller. On s'arrêtait tous les dix kilomètres, j'étais malade en voiture, j'y restais couché tant qu'on était dans la ville. Depuis, j'ai la haine des citadins. Je vois chaque citadin comme un déserteur. Je leur souhaite le pire. Que toutes les villes soient rasées, qu'il ne reste absolument plus rien. Déjà, avec les filles, ça ne marchait pas du tout. Elles trouvaient toujours que je sentais la bouse de vache. Je me retrouvais toujours en marge. Même dans la classe. Toujours celui qui pue. Surtout à partir du mois d'avril, autour des vacances de Pâques, j'amenais du fumier, j'avais des pièces pour charger un tombereau chez les voisins. Et dans cette petite ville de La Bourboule, mille huit cents habitants, j'étais toujours en marge. Je les déteste tous encore. Tous. Je n'y fous jamais les pieds. Jamais je ne pourrai vivre avec une fille de la ville.

 - Mais en ville, c'est une catastrophe. En ville, la vie n'existe plus. A part regarder les filles, il n'y a rien d'autre, quelques sourires, quelques regards, une démarche ou une silhouette. Sinon, une torture.

-  Rien des noirceurs de la pierre clermontoise, cathédrale de lave, irriguée de ruelles aventureuses, avenues Michelin, bancs d'essai des pneus. Le point de passage obligé "pour aller àla capitale, et encore, ce n'est pas facile, le Téoz (nouveau train Corail de la SNCF) est déjà déglingué, quelle honte" (nouveau coup de patte).

    -Moi je ne suis pas Clermontois. Pour nous à La Bourboule, Clermont, c'est Versailles. On déteste. C'est un peu l'émergence de la musique des bobos clermontois.

 

Ce  n'est que quelques citations trouvées en quelques minutes... 

 

Madame, Clermont, pour nous, muratiens, c'est la fête, les retrouvailles... mais pour lui, c'est le divorce, l'exode, la traversée du désert... et dans le coeur d'un enfant,  et dans celui d'un adulte jamais apaisé, c'est un passif trop lourd... 

 

Deux choses encore:  - vous me menacez, Madame, mais si j'entends encore parler de vous... sachez que je diffuserais le titre "Clermont" des RANCHEROS dans le monde entier!

                                -  vous vous plaignez des propos sur Clermont, estimez-vous heureuse de n'être point pas parisienne!

 

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LE LIEN EN PLUS EN SOUVENIR TOUJOURS

Sur le même thème, j'avais également fait cet article:

http://www.surjeanlouismurat.com/article-happy-ou-ennui-122905901.html

 

ET on peut terminer par ce bel hommage à notre week-end préféré de l'année... Les KOLOKOS....  By M.  (PSDT, camarade)

http://www.surjeanlouismurat.com/article-hommage-aux-kolokos-happy-birthay-to-you-107472980.html

 

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Rédigé par Pierrot

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