inter-vious et murat

Publié le 2 Avril 2011

Inter-ViOUS et MURAT-, numéro 9 :  

 

ARMELLE PIOLINE (Holden-Superbravo Girl) 

 

                    

Voilà donc la 9e interview murat-centrée  de Surjeanlouismurat@over-blog. C'est la première de l'année 2011, une année particulière,   pas seulement du fait de la sortie d'un album de Murat (c'est celles  sans album qui sont spéciales...) mais  surtout car  on essayera de célébrer  les 30 ans de carrière discographique  de M. Bergheaud*! En effet, en 1981,  sortait  "suicidez-vous le peuple est mort"...  J'espère (mais ce n'est pas facile) vous proposer à cette occasion un certain nombre d'interviews...   Alors, voilà, pour débuter les célébrations,  et faire plaisir à beaucoup de muratiens qui ont été conquis quand celle-ci a croisé la route de Jean-Louis, j'ai le grand honneur d'accueillir ARMELLE PIOLINE. Son temps était compté au milieu de tous ses projets, et de la sortie du nouveau disque d'HOLDEN (l'essentiel)... mais elle a quand même pris le temps de répondre à quelqu'unes de mes questions.

            

  

 

*signez la pétition en ligne : http://www.petitionenligne.fr/petition/pour-une-emission-speciale-reservee-a-jean-louis-murat-pour-ses-30-ans-de-carriere/956#

 

 

 

 jlm-pioline.jpg 

Photo (magnifique)  prise à la boule noire à Paris  de ãBruno LEVY

Retrouvez les photos de B. Levy sur http://bobines.blogs.liberation.fr/bobines/2007/10/index.html et http://photolevy.free.fr/Site/accueil.html

 

 

 

 

 

Bonjour Armelle,

 

 

 

- Mocke, votre alter ego d'Holden,  a travaillé avec Sylvain Vanot, au moment où celui-ci faisait des premières parties pour MURAT, vous avez connu Murat à ce moment-là?

  

 

A. PIOLINE:   non, on l'a vraiment rencontré quelques années plus tard au moment de "lilith";  il disait aimer nos disques, et il le disait fort, ça nous rendait fiers .... et puis un jour il m'a appelé pour que je le rejoigne en studio à paris; j'ai chanté 2 morceaux avec lui, et puis j'ai trainé dans le studio, je ne voulais plus partir, j'étais hypnotisée par la formule murat et consorts, qui roulait des mécaniques en chaussettes, et maniait la réthorique comme personne;  on s'est retrouvé peu de temps après pour enregistrer un morceau d'Holden, qui figure sur chevrotine, dont murat a écrit les paroles :  "l'orage"

 

  

 

-  Oulalala... vous avancez vite ! Marche arrière : Avant de le rencontrer, c'était quoi votre "histoire avec Jean-Louis Murat" (était-ce une référence ? quand l'avez-vous découvert?...) 

 

 
A. PIOLINEC'était pour ainsi dire un collègue de label .... je ne le croisais jamais dans les bureaux de la rue des Tournelles où se situait Lithium et Labels, mais Emmanuel Plane, le DA de Murat à l'époque, me filait tous ses disques et me parlait beaucoup de lui ... Murat a commencé par être un fantasme, j'entendais des tas d'histoires sur lui, sur sa capacité à envoyer sur les roses les patrons de majors et les journalistes; et je découvrais sa musique ...
 
 

Après l'orage par henryspencer  (il nous manque!)
 

 

 

  - Il y a eu la session lilith, "l'orage"  mais aussi un titre "la belle vie" interprêtée avec jean-Louis, sorti en Cd promo... D'autres souvenirs de ces sessions?  

 
 
A. PIOLINE: Murat avait clairement envie de nous donner un coup de main, il savait qu'on était sur un label fauché, pendant que lui profitait encore des largesses de sa major; il nous a proposé d'enregistrer quelques morceaux en duo, dans un magnifique studio destiné à l'enregistrement de son propre album; personne d'autre ne fait ce genre de choses ....
J'aime beaucoup "l'orage", Murat y a mis tout ce que j'aime de lui, sa poésie fatale et sa voix de velours ; il nous a gâté ...
 
 
 
- Est-ce que vous en profitez pour charrier un peu Jeanne Cherhal (interviewée ici même), sur le thème: "oui, mais moi, j'ai chanté avec Murat, et pas toi!")? 
 
 
A. PIOLINE:   ... impossible pour moi de chambrer Jeanne, je l'aime trop; elle danse la vie plus qu'elle ne la chante, elle s'en tire incroyablement bien en tant que personne...  et puis, elle a sans doute chanté avec des tas de gens qui ne chanterons jamais avec moi.
 
[on a appris depuis, grâce à Baptiste Vignol,  que Jeanne Cherhal avait proposé à Jean-Louis Murat de chanter une chanson:  http://surjeanlouismurat.over-blog.com/article-jeanne-cherhal-en-duo-avec-jean-louis-murat-68901416.html
 
 
 
 
- Vous avez fait sa première partie aux Sables D’Olonnes. Murat et la scène, ça vous inspire quoi?  L'avez vous vu souvent?
 
 
A. PIOLINE:  On a fait pas mal de double affiche Murat/Holden, surtout à l'époque de "Chevrotine"; Murat était en trio, avec Stéphane à la batterie et Fred Jimenez à la basse, c'était un groupe parfait ! Murat prenait de plus en plus de place à la guitare et avait complétement laissé tomber les claviers 80's, un vrai bonheur ! Et il chantait vraiment très très bien aussi.
On aimait passer du temps dans sa loge après les concerts, et dévisser sur l'état du music-business et de la musique tout court: c'est dans ces moments là que j'ai découvert un Murat beaucoup plus nuancé et juste que ce qu'on voulait me faire croire;
certes, des tas de gens me l'avaient décris comme quelqun de tranchant, voire, blessant, mais j'ai pû constater que ça n'était jamais gratuit, jamais sans fondement, et pour tout dire, je le félicite d'avoir eu l'audace d'envoyer chier quelques personnages nuisibles qui se considéraient comme intouchables...
 
 
 
 
 - Holden, cela vient de l’attrape-cœur de Salinger. Je me rappelle d'un article sur Jean-Louis qui évoquait ce livre posé sur sa table de chevet... Vous rappelez-vous avoir évoqué ce livre avec lui? 
 
   
A. PIOLINENon, je ne crois pas,   on a assez peu parlé littérature avec Murat,   étrangement, nous faisions peu de cas de nos textes et de nos influences.    Je crois qu'il a eu très vite un respect mutuel sur notre façon d'écrire, on se l'ai dit, on ne se le répétera pas.
Ce qui nous préoccupait surtout, c'était la place de l'artiste dans la société, comment être libre et écouté, indépendant et audible, comment être respecté au fond ?
Pour revenir à Salinger (qui peut faire penser à Murat par certains aspects, bien que beaucoup moins productif), je ne suis pas étonnée que le personnage d' Holden Caulfield ait percuté l'esprit de Jean Louis; pour moi, Holden est le 1er punk de l'histoire; j'étais follement amoureuse de lui quand j'ai lu le livre.
 
 
 
 
- Murat avait indiqué qu’il avait projeté d’enregistrer Tristan en Irlande… Vous y avez vécu. Avez-vous parlé de ce pays avec Murat ? ou est-ce que vous pensez que l’Irlande aurait sied à la musique de Murat ?
 
 
 
A. PIOLINEBien sûr que Murat trouverait en Irlande des tas d'influences très motivantes, comme Holden en son temps.   La musique est partout, vraiment, dans n'importe quel pub perdu au fin fond du Connemara, il y un groupe qui joue;   et l'esprit est resté beaucoup plus fraternel qu'ici  et ça n'est pas rien quand on choisit de faire carrière dans la musique. 
Mais pour moi, Murat resterait Murat où qu'il aille,   il pourrait enregistrer au Pakistan et revenir avec un album proche de Neil Young ...
 
 
 
- Sur Wikipédia : "Holden joue une musique qui se rapproche des compositions de Jean-Louis Murat".   Qu’est-ce que vous en pensez ?  

 

 

A. PIOLINE: Disons que nous faisons partie de la même famille!

 

 
  la-belle-vie.jpgla belle viela belle vie
 
 
- L’article de wiki indique ensuite : "Comme lui, ils ont du mal à se faire reconnaître au-delà du succès d'estime".  Sauf… au Chili… Est-ce que vous pensez que Murat pourrait intéresser les Chiliens ?
 
 
A. PIOLINE  Le succès d'Holden au Chili, c'est de l'ordre du miracle .... un bon disque au bon moment, qui est passé dans les bonnes mains, à une époque où le Chili avait une soif désespérée d'écouter quelque chose de vrai venant de l'étranger.
On a sans doute ouvert une brèche (Jp nataf, qui nous a accompagné sur la dernière tournée, a eu un succès fou !), mais je ne suis pas sûre que les maisons de disques françaises aient ce genre de priorité en tête ... les Directeurs artistiques  de chez universal ne savent sans doute même pas où se situe le Chili ... (mais là, je parle comme un Murat de base !)
 
 
 

- JP Nataf... qui fait  partie des chanteurs français proches de Jean-Louis (ils se connaissent depuis Dolorès)... et qui a recruté le clavier d'HOLDEN pour sa dernière tournée...
 
Passons aux questions rituelles :  
 * Avez-vous une chanson qui vous a été inspiré par JLM ou qui vous fait penser à JLM ? »  
  (Une chanson comme « les animaux du club »  avec les grillons, son ambiance, me fait penser au « manteau de pluie »…il y a également une chanson intitulé Margot...)
 
  
 
A. PIOLINE:    "la belle vie", sans aucun doute,    et puis un morceau tout neuf, qui sera sur le prochain album d'Holden : "rapproche le  (ton amour)";    je pense toujours à Jean Louis lorsque je le chante. A écouter bientôt ...
 
 
 
 
 
 *Ah, on attend ça avec impatience....
 L'exercice terrible : -vos 3 chansons préférées  de Murat? et pourquoi ce choix?      
                          -vos trois albums préférés?
 
 
 
A. PIOLINE:   Foule romaine - pour la voix invraissemblable au refrain (fou ou ou ou ou oule romaine ...)
Le coup de jarnac  - texte incroyable sur françois mitterand.
Baby carni bird - drôle, intelligent, caustique, j'adore!
Pour les albums, c'est difficile pour moi de dire, je ne les connais pas tous (il y en a tellement).
Celui qui m'a le plus marqué, c'est "le moujik et sa femme"
 
 
  ã Fotorock 
- Vous n'avez pas tous les albums mais... vous connaissez "le coup de jarnac" paru sur une compilation! Quant à "foule romaine"... vous l'avez reprise au Fou du Roi en 2009. 
 
Jean-Louis  est en studio, ou a dû déjà terminé (s'il a été aussi rapide que d'habitude).  Est-ce que vous attendez toujours un nouvel album de Jean-Louis avec impatience ou curiosité?  Si non, qu'attendriez-vous d'un nouvel album de Jean-Louis?
 
 
A. PIOLINE Comment être impatient quand un album arrive tous les ans et demi ??
Non, je conçois plutôt l'oeuvre de murat comme une oeuvre littéraire, que je lirai doucement au fil de ma vie, en restant scotchée sur une oeuvre le temps qu'il faudra,
ses albums sont tout à fait intemporels - bien que très ancrés dans notre histoire - et je m'y retrouverai encore dans des décennies.
 
 
 
-  Vous avez tournée en solo avec le projet « superbravo » en 2010… Le disque est sorti il y a peu avec un label que vous avez développé aussi pour Holden...  Et encore donc un groupe de qualité obligé de s'auto-produire... Quels sont vos projets pour 2011?
 
 
A. PIOLINE Oui, c'est vraiment l'année de l'autoproduction pour nous !
Nous avons quitté le village vert qui était notre maison de disque depuis une dizaine d'années,  et plutôt que de solliciter trop vite un autre label pour continuer à travailler, nous avons eu envie de profiter de cette extraordinaire liberté (plus de patron !!) pour sortir un objet important à nos yeux sans demander la permission à personne. C'est un coffret de 28 morceaux d'HOLDEN, dont la moitié inédits, glanés et enregistrés au fil de nos 10 ans d'existence, de l'époque de Dublin à nos années "Senor Coconut".
 
Le coffret qui s'intitule "L'ESSENTIEL", sortira officiellement le 29 mars, mais sera disponible quelques semaines avant sur le site du label WATUSA* ( copies signées et numérotées pour les fans hardcore ... ).
Et puis il y a ce projet solo, SUPERBRAVO, auquel j'ai travaillé l'année passée et qui a fini par exister depuis peu sous forme d'un joli vinyl rouge (un 45T à l'ancienne, face A : "CARS" - face B : "DEWDROP") et un code de téléchargement bien caché à l'intérieur, pour pouvoir écouter l'album sur un lecteur mp3.  Je le vends sur mes concerts, et bientôt sur le site WATUSA.
Mocke quant à lui, a mille projets musicaux, notamment un que j'adore : les Old Timey Messengers, groupe country punk constitué d'une bande de new yorkais dingues, proches de Robert Crumb.   En ce moment, il enregistre le 1er disque de MIDGET!, duo qu'il a fondé avec la chanteuse Claire Vallier.  

 

 


 

 

 

Interview réalisée par mail le 8/02/2011.  

Cette  interview n' évoque pas la  crise du marché du disque.  Toutes mes excuses.

 

Pierrot 2011

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LE LIEN EN PLUS :

 

 

-  LE SITE OFFICIEL : http://www.watusa.fr/

Avec la prévente web  d'une édition  limitée du nouvel album "l'essentiel" sorti le 29/ 03.

 

 

- une magnifique chanson :

 

 

 

- la reprise de Foule Romaine par Holden en 2009 au fou du Roi:

http://www.megaupload.com/?d=LYNMOS0L

 

 -  http://www.deezer.com/fr/music/holden#music/holden/l-essentiel-940658

 

-  Une interview par Hervé :

http://hervepizon.over-blog.com/article-superbravo-armelle-pioline-en-attendant-solo-52272783.html

 

et une vidéo d'une chanson de Superbravogirl:

- un live:
A+ m'd'ames, mes cieux

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 19 Janvier 2011

Après une erreur de manip sur la console, j'avais effacé la deuxième partie de "l'inter-ViOUS et MURAT"  de Stéphane PRIN... sans m'en rendre compte. La voilà comme neuve.... et dans l'actualité, puisque  cette semaine, Jean-Louis est en studio... avec Stéphane? Christophe? ou Aymeric?   Il faudra attendre pour savoir...  Depuis l'interview, Stéphane a collaboré avec Florent Marchet, la Fiancée, Céline Ollivier...

 

 

Pour tout reprendre à zéro,  Première partie :  

 

 

 

Inter-ViOUS et MURAT-, numéro 4 :

 

  STEPHANE PRIN     (deuxième partie)

   3c72f3b-copie-1.jpg

                                                                       SDC11729

 

 

-  Lilith, c'est aussi l'arrivée d'Aymeric Letoquard (le livret indique 5 prénoms d'assistant "dont cette perfection  d’Aymeric"...)

 

S. PRIN : Aymeric était stagiaire quelques mois auparavant à Davout, et j'avais apprécié son caractère et sa motivation à l'époque, donc j'avais conseillé les managers de Davout de le garder comme assistant comme Christophe et Jean-Louis avait fait avec moi plusieurs années avant. Il est donc logique qu'il ait suivi le même parcours que moi et m'ait remplacé par la suite aux cotés de Jean-Louis. Le courant passait très bien entre eux deux, c'est donc naturellement que j'ai fait appel à lui à chaque séance à Davout avec Jean-Louis. Il m'a du coup remplacé lorsque je n'ai pas pu faire les séances pour l'album Taormina.

 

 

-  Vous avez répondu en avance à ma question habituelle du "meilleur album"! Et m'avez posé la question...  Lilith est aussi mon favori... même si "le cours ordinaire" me plait beaucoup. Quant au "jours du jaguar",  c'est vraiment le titre attendu à tous les concerts, avec des versions toujours différentes et c'est assez extraordinaire. Qu'est-ce que vous pensez de ces concerts? L'avez-vous vu régulièrement? 

 

 

S. PRIN :Je l'ai vu quelques fois, surtout à l'époque ou je travaillais avec lui, c'est toujours inattendu, ce qui augure du pire comme du meilleur évidemment, mais ça permet de garder une excitation assez intéressante je trouve, et je sais que c'est ce qui l'intéresse le plus, la prise de risque, l'imprévu, l'audace. Et c'est ce qu'attendent les gens de sa part je pense.

 

 


- On reprend le fil... avec ce qui reste une parenthèse... enchantée presque... car l'album a beaucoup de fervents: a bird on a poire. Cette fois ci, vous avez un titre de producteur ( même si c'est pas si clair : sur le livret de l'album, vous êtes crédité pour les prises de son et mixage, mais comme co-producteur sur le maxi...).

 

 


S. PRIN : Ah? Sur le cd, il me semble être crédité comme co- real aussi pourtant, non??
En tout cas, c'était vraiment le cas. En gros, le projet s'est initié lors des mix de lilith. Pendant que je mixais, Jean-Louis et Fred étaient dans la pièce d'à côté en train de réfléchir déjà sur les morceaux de Fred que Jean-Louis aimait, et sur lesquels il voulait écrire un texte. Jean-Louis a ensuite eu l'idée de faire un album concept autour d'une rencontre entre une américaine et un français, à Paris et a parlé de Jennifer, en parlant d'un album duo.

Pour cela il a voulu se concentrer sur les textes uniquement et laisser carte blanche à Fred pour la musique. Fred m'a donc demandé de l'aider pour la réalisation et on a géré toutes les musiques seuls en studio, pendant que Jean-Louis écrivait chez lui. Il n'est revenu en studio que pour faire les voix avec Jennifer lorsque les musiques étaient totalement réalisées.
Voilà pourquoi, cet album est un peu un ovni dans la discographie de Jean-Louis. Fred a définitivement des influences bien plus pop de JL :.)


 SDC11717 

 

- Lors de la tournée qui a suivi, voici ce que disait Jean-Louis Murat sur vous :

Peux-tu parler de l’apport de Stéphane Prin qui enregistre et qui mixe tous tes disques ? 
Je le connais depuis super longtemps, il était assistant, on a sympathisé. On est assez amis, je lui fais confiance ; c’est un des gars qui me connaît le mieux, il sait ce que j’aime et ce que j’aime pas. C’est pour ça qu’on va super vite. Comme c’est mon caractère de ne pas aimer rester longtemps en studio, je m’entoure de gens qui travaillent vite, qui me connaissent bien, qui ont du goût et qui ont plein de qualités humaines. C’est le cas de Stéphane. Je trouve que c’est mieux de travailler avec des amis, s’ils sont compétents… et il est très compétent.

C'est plutôt gentil... Qu'est-ce qu'il n'aime pas Jean-Louis Murat en studio?

 

S. PRIN :  Oui, j'avais lu cet article qui m'avait fait très plaisir à l'époque. 
JL n'aime pas énormément de choses, mais je ne vous apprends rien. Il n'aime surtout pas être contrarié en fait, et c'est là que je pense avoir été suffisamment psychologue, capable de faire passer mes idées discrètement, sans trop qu'il s'en rende compte, pour qu'il soit ravi de la tournure des choses au final.

En studio, il n'aime pas la lenteur et le labeur, contrairement à beaucoup d'artistes, il faut qu'il y ait du mouvement, que ça aille vite et que les choses avancent. Le connaissant, je me forçais à travailler particulièrement vite et à prendre des initiatives pour garder l'excitation nécessaire à JL.


 

 

 

- Ah, oui, toutes mes confuses: dans le livret, il est précisé "enregistré et mixé" mais dans le verso du boitier, vous êtes bien noté comme producteur.

 

Vous parlez de la vitesse, est-ce que ce n'est pas une source de frustration énorme pour un ingé son ?  J'écoutais une interview de Patrice Lazareff   qui parlait de 4 mois pour mixer dix titres pour Voulzy.

 

 

S. PRIN : Pas du tout, au contraire, personnellement, j'adore, ça donne une urgence, ça permet de ne pas s'ennuyer des chansons aussi, de  les redécouvrir à chaque écoute, plutôt que les rabâcher  maintes et maintes fois. Le recul est le plus important dans une  production, et quand on tourne en boucle sur la même chanson des jours  durant, ou des mois dans le cas de Voulzy, le recul n'existe plus. C'est ce que redoute Jean-Louis, d'où le mauvais souvenir de Dolores pour lui.  Voulzy est très particulier, il n'y a que lui qui peut bosser de la sorte. Et c'est très dur pour son entourage,  mais il a besoin de ce temps pour exprimer ce qu'il souhaite. Différentes  approches.

 

 


- Patrice Lazareff dit aussi dans cette interview qu'un bon ingénieur de son est quelqu'un qui n'a pas un son particulier, reconnaissable... Qu'est-ce que vous en pensez? Sinon, est-ce qu'on peut discerner un disque mixé par S.Prin  d'un disque de Dupouy ou de Letoquart ?

 

 

S. PRIN : Je pense que Patrice parle de  l'ingénieur du son prestataire de service qui n'essaie pas de  magnifier avec les moyens dont il dispose les chansons qu'il a dans les  mains. Je pense au contraire qu'une chanson enregistrée réussie  tient bien sûr de la composition, mais autant de l'interprétation  que de la couleur sonore qu'elle dégage. Le son est très important  pour l'impression finale de l'auditeur. On peut tout aussi bien tuer une  bonne chanson, comme en magnifier d'autres. C'est un assaisonnement et une présentation d'un plat, il doit être attirant et relever en  goût. Chaque ingé-son y met sa personnalité, ses goûts, on entend donc forcément une différence, plus ou moins flagrante. Il faut bien sur une oreille un peu avisée, mais l'identité et la couleur de  l'ingé-son peut rendre certaines chansons plus fades ou plus excitantes  que d'autres.


- On en arrive ensuite à Moscou, et 1829... je pense enregistré en même temps. Je trouve que Moscou  manque d'unité, malgré des belles chansons ( notamment la fille du capitaine)... j'ai toujours pensé que Murat baclait le projet pour en finir avec Labels. Etait-ce une fin de cycle (fin avec Labels, fin du sparing partner avec Fred...)? Que pouvez-vous nous dire de cette session? 

 

 

S. PRIN : Effectivement les 2 disques ont été enregistrés en même temps. Très peu de temps après avoir fini  « Bird » je crois, on avait aussi enregistré le DVD pendant la même période, donc je pense qu'un double album de plus à enregistrer à ce moment était un peu indigeste pour tout le monde. Ces albums étaient donc moins agréables à enregistrer, Jean-Louis  plus stressé,  moins préparé aussi. Mais la promo de Bird ayant été assez  bonne, il voulait surement en profiter et ne pas faire redescendre  l'attention du public. Je pense que ça a été un mauvais choix. La vitesse et les contraintes pratiques et techniques pour ces disques étaient encore plus grandes que pour les autres albums, donc un  confort moindre, et des chansons moins travaillées aussi je trouve.  Tout ça a laissé des traces dans les têtes de chacun et la fatigue  de l'enchantement des albums commençait à se faire  sentir. 

 

studio 

 

-  Avec Murat, on imagine toujours que tout changement est lié à une brouille (arrêt de collaboration avec Denis, Fred et vous...) mais un peu plus haut, vous nous avez dit que Murat vous aurait proposé de faire Taormina...  Il s'agissait d'une question de planning?

 

 

S. PRIN : Tout-à-fait, il m'a appelé quelques  mois après Moscou pour enregistrer un autre projet 6 mois plus tard. Outre mon besoin de souffler un peu pour rester motiver sur des projets  avec Jean-Louis, mon planning était effectivement plein pendant 6 mois de  suite, et Jean-Louis  ne voulait  absolument pas reculer l'enregistrement, il a  donc décidé d'appeler Aymeric pour me remplacer. Fred a par contre  joué  sur Taormina et je ne sais pas si ils se sont brouillés après  ou pas, je crois que Fred avait son projet dont il voulait s'occuper à plein temps, j'y ai d'ailleurs participé et c'était un plaisir. Il   rejoue avec lui sur la tournée je  crois. 

 

 

- Est-ce que cette interview vous a permis de dire tout ce que vous vouliez dire sur Jean-Louis Murat? Quelque chose à rajouter ?

 

 

S. PRIN : Ma foi, pour quelqu'un qui passe son temps à écouter les autres, je trouve avoir beaucoup parlé ici. Jean-Louis  a toujours été un personnage important pour moi, dans ma carrière,  mais aussi dans le paysage artistique, par un anti conformisme, parfois  contestable, mais essentiel de nos jours. C'est probablement ce qui m'a  le plus plu chez lui, le fond avant que la forme. Alors que mon métier  concerne la forme, aussi paradoxale que cela puisse paraître !

 

 

 

- Comme je le fais toujours (vous avez déjà répondu à la question du meilleur album) mais quels sont vos  3 titres préférés? et qu'est-ce que vous pensez du dernier album?

 

 

S. PRIN : 1/ C'est l'âme qu'on nous arrache 
2/ De la coupe aux lèvres 
3/ Les jours du jaguar 
...du coup vous voyez l'album que  je préfère...:-) 
Le dernier album me semble assez  bien fait, même si je trouve les chansons dans l'ensemble un peu moins  bonnes que celle de Lilith, mais suis-je objectif?

 

  prin-copie-1

 

- Enfin, quelle est votre actualité? Avez-vous des albums sur le feu ou qui vont sortir?

 

 

S. PRIN : Un album de Slam/Rock du groupe DUMDUM est  sorti en janvier, je suis assez fier du style de cet album qui est  original sur le fond comme sur la forme... A découvrir  vite ! 
J'ai mixé aussi le premier album de Benjamin  Paulin, qui sortira chez AZ en septembre, bons textes, style très  singulier, un plaisir à faire. 
Je me mets aussi de plus en  plus à  réaliser et  composer pour d'autres, la suite logique pour  cerner au mieux tout ce qui fait un bon disque.

 

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INTERVIEW réalisée par mails du 25/02 au 15/04/2010.

Cette interview ne parlait pas de la crise du marché du disque, non, ne cherchez pas.

 

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MERCI A STEPHANE PRIN et à sa grande disponibilité, pour nous avoir permis d'ouvrir un peu la porte du studio...

 

Surjeanlouismurat@over-blog.com



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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 11 Janvier 2011

Over-blog ne me permettant pas de faire des articles très longs....  je vous livre cet entretien-fleuve en plusieurs parties. (première partie à lire ici).

 

 

Hors-Murat N°1 : LE VOYAGE DE NOZ (Stéphane PETRIER)  Part 2

 

 

                                                                             la pochette de Bonne Espérance

 

 

  Notre ami Tequila évoquait beaucoup l'influence dans la production d'Erik Clapot.  Qu'est-ce que tu peux  nous dire du travail collectif sur cet album?


 

Stéphane Pétrier: Au départ, avec Eric, on avait prévu de se faire un petit projet, tous les deux,  en parallèle avec Noz. Un truc fait à la maison, dans le studio d'Eric, dans un esprit assez seventies et plutôt soft au niveau de l'orchestration... bref, pas le truc au départ qui devait passionner Alex et Manu (qui ont tendance à préférer quand ça envoie du lourd). On a commencé à bosser un peu, à maquetter 2 ou 3 chansons et puis, comme d'habitude, l'esprit de famille a repris le dessus. On a écouté ça tous ensemble et on s'est dit "putain, mais c'est du Noz tout ça..." et le "side-project" s'est transformé en "noz-project".


    Ensuite, on a travaillé un peu comme d'habitude. J'ai livré le canevas de l'histoire et apporté deux ou trois trucs qui donnaient la "couleur" de l'ensemble. Eric avait ses propres compos dès le départ cohérentes avec le projet. Manu lui, s'est donc greffé au truc un peu plus tard et il y avait parfois un décalage entre les thèmes qu'il apportait et le reste. On a donc essayé de les tirer vers l'histoire, et c'est je crois plutôt réussi ("le secret", "Nous nous marierons"...). Alex, lui, a comme d'habitude beaucoup apporté au niveau des idées d'arrangements, du son, de l'énergie, de la rigueur... On ne le dit pas assez souvent mais Alex, c'est quelqu'un de très important dans le groupe, beaucoup plus qu'un simple batteur. Et sur cet album il a particulièrement "mouillé le maillot".


      Au niveau de la prod, il était clair dès le début que nous ferions tout nous-même et qu'Eric enregistrerait et mixerait la bête. Même s'il avait déjà un peu d'expérience avec Sorel notamment, Eric n'était pas un ingé son professionnel et nous encore moins, alors on a pris notre temps. On a essayé beaucoup de choses, fait certaines expériences qui auraient peut-être fait bondir des ingé sons "classiques"... bref on a beaucoup bidouillé pour avoir le son et l'ambiance que l'on voulait. Ensuite, Eric a vraiment fait un super boulot au niveau du mix. On le laissait bosser la journée et on débarquait en fin d'après-midi pour écouter et rectifier de petites choses, mais franchement, même moi qui suit le plus grand chieur du monde, la plupart du temps je n'avais pas grand chose à dire. C'est la première fois où je trouve que le son nous ressemble vraiment.



Là, c'est un peu domaine qu'y m'échappe un peu, même si j'ai essayé de comprendre... J'n'ai pas suffisamment d'oreilles. Ces questions de production,  ça me rappelle votre échec de travail avec Lazareff, (qui se tourmentait pourtant de savoir  quel micro  conviendrait le mieux à ta voix...ça m'avait marqué).   Je me demande si cette épisode n'a pas été important , et s'il ne vous a pas  définitivement tourné vers la totale indépendance?

Pour élargir: maintenant, beaucoup artistes produisent leur disque et après le proposent aux Maisons et aux distributeurs, est-ce que c'est une démarche que vous avez quand même tentée ?

 

 

Stéphane Pétrier:  Oui.. disons qu'on a parfois eu des déception dans ce domaine, même si ça n'a pas toujours été le cas (j'adore le son qu'a fait Erik Bécart sur "L'homme..."par exemple). Sur "Tout doit disparaître" j'étais content de lâcher complètement le mix à Pat le Pirate, de laisser aux manettes quelqu'un qui était totalement étranger à notre histoire et qui avait un regard neuf. C'est le mix sur lequel je me suis le moins impliqué. Personnellement je trouve le résultat intéressant, mais tout le monde dans le groupe ne partage pas mon avis. Pour Bonne-Espérance, il était évident que nous voulions maîtriser complètement le truc. Surtout, on n'avait plus du tout envie de s'entendre dire "non, ça ça ne se fait pas". On voulait travailler de manière très empirique, quitte à faire des hérésies sonores mais au moins essayer. Ca a donné des moments assez jouissifs et des choses que l'on trouve plutôt réussi.  Pour "Each uisge" Alex a joué sur mon vieux carillon que j'avais en CM1 en tapant dessus avec un tournevis, j'ai enregistré le piano "d'Happy ending" avec la pédale de sourdine enclenchée, "Il est temps" a été improvisé et enregistré live, sans re-re...Et puis Eric a apporté une importance particulière au son de mes prises de voix qu'il n'avait jamais trouvé bien sur les autres albums. Là aussi, on a passé beaucoup de temps pour trouver les bons réglages et je crois que c'est vraiment un cran au dessus de tout ce qu'on a pu faire avant.

 Concernant ta question des "producteurs", disons que l'on voit tellement de gens autour de nous qui galèrent avec des contrats pourris et qui se retrouvent pieds et poings liés avec des labels qui n'ont pas un centime à dépenser pour eux, que nous avons été encore moins que d'habitude dans la logique de chercher une maison de disque. Nous avons un distributeur qui nous permet d'être dans les  principaux points de vente et un distributeur numérique qui nous permet d'être sur le net et ça nous va très bien. Par contre, nous recherchons activement un tourneur.

 

 

 Concernant le son et l'album, dans mes notes, j'ai retrouvé que j'avais noté "un son  un peu étrange, qui vient du passé, en noir et blanc"... 

Cela nous promet en tout cas un grand concert au KAO...   Est-ce que vous pensez à la scène dès la conception de l'album  (tant pour  la mise en musique- la possibilité de jouer les morceaux- que pour la mise en scène)?

 

 


Stéphane Pétrier: Jusqu'à présent on avait vraiment la tête dans l'enregistrement. Ce n'est que depuis que l'album est fini qu'on commence à penser "scène". Et puis, quand on compose une chanson, on sait par expérience qu'on trouvera toujours une façon de  la jouer en concert, même s'il y a sur bande une multitude d'arrangements. On a appris à épurer et à ne garder que l'essentiel pour le live. Cela dit, pour "Bonne-espérance" nous serons six sur scène.


 En ce qui concerne la partie "spectacle", c'est drôle ce que tu dis sur le"noir  et blanc" parce que c'est vraiment LE truc que j'aimerais faire passer sur scène... et c'est pas évident. Après, on a déjà quelques idées de mise en scène et Rodolphe Paulet (qui a réalisé toutes les vidéos mises en ligne)[site bonne esperance] va également être très impliqué dans l'histoire. Le projet consiste évidemment à jouer "Bonne-Espérance" en entier et dans l'ordre ce qui implique un certain nombre de contraintes techniques, avec un bon gros rappel pour les anciens titres.

 

 

ah, 6? Tiens donc... Je me tâtais, mais vais peut-être réserver ma place finalement...  un clavier?

Stéphane Pétrier: Quelqu'un qui a l'avantage de bien connaître les morceaux, de pouvoir jouer les claviers, mais aussi du violon et faire les voix féminines...


 

Et qui ne déparera pas dans les Highlands... Décidemment, je ne vois pas...  Plus sérieusement, ça fera plaisir à beaucoup de monde... Même si moi ce que j'adore, c'est quand tu la présentes sur scène... (je pensais à LIZ Cotham)

 


Stéphane Pétrier: Hé non ! Il y a méprise ! Méprise bien compréhensible mais méprise quand même.  Il n'y aura pas de Galloise en terre écossaise. Disons que sur ce coup-là on va rester encore plus dans la famille...

 

Tu veux donc parler de Nathalie, la mère de tes enfants, qui est déjà créditée sur le disque…

 

 

Stéphane Pétrier: A l'époque de la conception de "l'homme", avant l'arrivée de Liz, Nath jouait déjà du violon avec nous. Et puis notre premier zouzou est arrivé, ça devenait compliqué et on avait un peu peur du syndrome Yoko Ono . 

Aujourd'hui, ce n'est vraiment pas un problème. D'abord parce qu'il est clair qu'elle ne sera là que sur les gros concerts, comme musicienne additionnelle, ensuite parce qu'elle s'entend très bien avec tout le monde, pas de problèmes d'ego. Et puis c'est vraiment la personne idéale. Elle connaît les morceaux par cœur, pendant l'album elle a été impliquée à 100% et je pense qu'en plus des claviers et du violon, sa voix va apporter un vrai plus en live.

 

 

Par contre, j’ai lu dans la promo pour le concert du Kao que vous envisagez de faire un « bonne espérance » plus rock que l’album… c’est compatible avec le noir et blanc ?

 

 

Stéphane Pétrier:  Plus rock ? Non pas forcément. Disons que par rapport aux concerts "très unplugged" que nous avons pu donner à l'automne, rejouer sur des grandes scènes va nous permettre de rebrancher les amplis électriques et d'apporter plus d'énergie au set, mais tout en restant fidèle à ce que nous avons mis sur les bandes. Et puis je ne sais pas si "Bonne-espérance" est un album "rock" mais personnellement je le trouve assez violent. Une violence sourde, contenue, mais largement aussi présente que sur nos albums précédents. On va essayer de retranscrire ça en live.

 

 

Bon à part ça?  le plan de carrière?   Et le busin'oz plan?

 

 

Stéphane Pétrier:  Concernant le plan de carrière, ben comme d'hab, on va essayer de vendre des millions d'albums. On va surtout tout faire pour monter un véritable spectacle qui puisse tourner dans des salles moyennes. Nous jouerons à Paris au début du printemps. Pour le reste c'est encore l'inconnu. On commence à chercher des dates, à bon entendeur...


Et puis je sais que j'ai pas mal frustré mes camarades en écartant des morceaux pourtant très bons mais qui ne collaient pas pour "Bonne-Espérance"... Résultat, on a pas mal de trucs dans les tiroirs et je pense qu'on attendra pas très longtemps avant de retourner en studio. Mais ce coup-là, pour quelque chose de très différent et pas pour un double-album. On réfléchit à un format très court, sans doute en plusieurs parties, qui nous permettrait de faire vivre les choses à relativement court-terme.

 

 

Ah, c'est une bonne nouvelle...  avec toujours des idées un peu originales ! 

Je voudrais terminer quand même par LA question,  la grande question,   "POURQUOI LE VOYAGE DE NOZ ? » (c’est très private joke).

 J'imagine déjà tes haussements d'épaules, tes yeux au ciel, et tes soupirs... mais en fait, je ne veux pas que tu me répondes sur le choix de ce nom... Ma question, c'est  "pourquoi le voyage de Noz.... là, encore, 86- 2011... et encore... Et enfin, quoi ! , -je développe, je voulais pas-  mais c'est quoi cette histoire là à la fin?  Mais c'est quoi ce groupe là ?    (bon, et bé, t'es pas dans la merde avec cette question... je ramasse la copie dans 20 ans, et 36 heures précises... euh, si tu trouves quelque chose à répondre)

 

Stéphane Pétrier:  C'est en effet bizarre. Avec Alex, Eric et Manu, nous sommes très différents. Nous n'avons pas forcément les mêmes goûts, les mêmes idées, la même façon d'appréhender la vie... Sans le groupe nous ne serions peut-être même pas amis. Et pourtant nous sommes unis par quelque chose d'indéfectible. Je crois que c'est aussi une des raisons pour lesquelles je souhaitais raconter une histoire de famille. Il y a quelque chose d'ordre familial entre nous. Ce groupe est notre ciment, notre maison commune, et cela va bien au-delà du plaisir de faire des chansons ensemble. C'est aussi une histoire dont nous sommes très fiers et que nous espérons bien voir durer encore longtemps. Tant que notre étoile brille encore.



J'veux en savoir plus sur la cosmogonie de ce système stellaire :

 car comme dans  pas mal de familles, il y a parfois des brouilles,  le départ de deux frères durant un moment, puis celui d'Erik...     Comment ça fonctionne ce système politique  ?   le compromis à la belge... ou est-ce l'impérium  ou l'attraction de l'étoile des NOZ  qui finalement reconquière les membres scissionnistes  ("noz, c'est plus fort que toi")  ou encore  est-ce que la légitimité fédératrice du leader maximo qui joue?    .... Décidemment, ce Pierrot, il commence à me casser les pieds! Eah Uisge!! au secours, va lui péter sa connexion internet!!!

En fait, un aspect de la question est  toute bête : comment s'est passé le retour d'Erik?

 

Stéphane Pétrier:  On parle on parle... et pas un mot sur Pedro. Juste pour dire que même s'il n'est pas là depuis longtemps c'est vraiment quelqu'un de bien à qui on s'est attaché et dont le jeu et les idées de basse collent à merveille à l'esprit du groupe.

Concernant notre système politique : la seule vraie grosse brouille, c'est en 93. Nous étions jeunes. Et fiers. Et sans doute un peu cons. A l'arrivée, tout cela nous a servi de leçon, nous a soudé un peu plus et je crois que notre force aujourd'hui doit aussi beaucoup à ces moments là.
Concernant le retour d'Eric, ça s'est fait de façon assez naturelle car nous étions toujours restés en contact. Nous nous étions séparés à une époque où Eric avait je crois besoin de produire d'autres choses et où j'étais devenu un peu trop dirigiste dans le fonctionnement du groupe. Mais malgré son caractère de cochon, ça s'était passé sans haine et sans ressentiments. Nous répétions dans le même local. Eric venait jouer sur certains concerts. Il avait même déjà failli mixer "Tout doit disparaître" et puis comme je te l'ai dit, nous avions prévu de faire un truc tous les deux. Après, il y a eu les concerts des 20 ans, l'émotion d'être tous réunis, et c'est Alex qui a mis les pieds dans le plat : "Et si tu revenais faire du bruit avec nous?". Avoir un Clapot dans son groupe c'est un sacré coup de turbo. Au-delà de ses talents de musicien, c'est quelqu'un qui ne lâche rien, qui fait les choses et qui se donne les moyens de les faire. Je voudrais aussi dire que - comme Alex et Manu d'ailleurs - il m'a totalement fait confiance sur ce projet et a toujours poussé dans le bon sens alors que je ne suis pas vraiment un grand communicant et qu'à certains moment mes intentions devaient sembler un peu obscures. Quand j'ai débarqué avec "Each uisge" par exemple, alors que l'album était pratiquement bouclé, j'en connais beaucoup qui m'auraient renvoyé le machin à la gueule.




 Et pourtant...

C'est étonnant d'apprendre qu'Each Uisge... est arrivé sur la fin... car, sans que ce soit vraiment un noeud gordien  (...je confonds "un peu de fond" et   vocabulaire péteux, moi...), c'est un peu le coeur du bouzin :  LA grande séquence dramatique.... Tu avais senti qu'il manquait quelque chose?


Stéphane Pétrier:   Non je l'avais depuis le début, mais je n'osais pas leur montrer, alors je retardais l'échéance. Je pensais qu'ils allaient me prendre pour un fou (c'est ce qui s'est passé d'ailleurs...) Je t'ai dit que je n'étais pas un grand communicant...


... J'aurais bien mis là, un smiley avec les yeux écarquillés  et énormes!!!

En tout cas,  ça confirme mon impression que tu ne pouvais pas écrire cette histoire sans "Each uisge"...  et ça aide à comprendre pourquoi  ce groupe existe encore... Même si je commence à m'y perdre un peu, entre le  leadership d'un Esther "dirigiste" et  l'auteur timide pauvre communiquant...  Sacré double personnalité....   

BON SANG mais c'est bien sûr... Madame Bovary, c'est toi?... euh, non, pas Madame Bovary... Bonne espérance, c'est toi?  (purée, me voilà, en  Jacques Chancel! Prochaine question: "et Dieu, dans tout ça?"... question très pertinente d'ailleurs quand on se rappelle qu'il y a 20 ans, tu chantais "je suis Dieu"!!)



Stéphane Pétrier: J'ai écris "Je suis Dieu" quand le groupe s'est subitement mis à exploser sur la région. Moi, le petit bonhomme timide, je me retrouvais sur scène face à des centaines de gens, avec tout d'un coup un certain pouvoir qui me tombait sur la gueule. Un pouvoir de séduction qui a totalement changé la donne de mon adolescence, quelque chose de très grisant... mais aussi très vite j'ai compris que j'allais être beaucoup plus exposé aux coups et aux critiques. Je n'étais préparé ni à l'un ni à l'autre. "Je suis Dieu" c'était ça : la marche sur l'eau et la couronne d'épines (moi aussi je fais dans la métaphore pompeuse...).

Quant à Dieu, l'autre, je n'ai rien à voir avec ce personnage qui a décidément de drôles de fréquentations. La religion m'afflige. Je n'ai aucun humour avec tout ça. L'autre jour, Thierry Tollon m'a même traité de "laïc intégriste". Tu vois, c'est ça la famille...

En même temps, le sujet me fascine, je lis énormément de trucs sur les origines et la montée du christianisme notamment.

 

  petrier

Et dans tes textes, c’est vrai que tu ne cèdes pas à ce qui est parfois une facilité, celle de faire appel  au  « sacré »… thématique par exemple assez présente chez le  Mécréant Murat…  Du coup, je suis allé relire la chanson  « théorème » (qui se passe dans une église) pour voir si quand même tu n’en avais pas joué …Et bien non, au contraire… « leurs voix se gorgent de cantiques qui veulent m’arracher de moi mais ils chantent une autre langue, ils chantent une langue que je ne connais pas »… Ces phrases complètent bien tes propos ci-dessus… et d’ailleurs, elles permettent de répondre à la question précédente  à laquelle tu n’avais pas répondu!    Et voilà… j’ai écrit  7 lignes… et aucune question là-dedans… Tu vois quelque chose à rajouter sur ce thème? peut-être même qui sait le mot de la fin?
 

 

 

Stéphane Pétrier:  Sur le "sacré" ? A part mes enfants, les personnes qui partagent ma vie... je ne vois rien de sacré autour de moi. On a encore pas mal d'idoles à déboulonner non ? Des vieilles, des jeunes. Même le Voyage de Noz, je lui mettrais bien au petit coup de pied au cul de temps en temps... D'ailleurs j'ai remarqué que depuis quelques temps le groupe bénéficiait d'une sorte de "prime à l'ancienneté". Pendant longtemps on s'en est pris plein la gueule, de la part de certains médias, d'un certain public... et aujourd'hui tout le monde nous aime ou plutôt, tout le monde nous respecte. C'est assez étonnant. A la limite ça fout la trouille... J'ai l'impression d'être Annie Girardot en train de recevoir son César d'honneur.

Cela dit, là, je fais le malin, mais en fait, c'est pas si désagréable que ça un petit peu de reconnaissance... Même un peu plus, ça m'irait bien.

 

 

C'est vrai que vous n'avez jamais été, il me semble, "branché",  eu les honneurs de l'underground  national (presse spécialisée)... J'attends vraiment avec impatience de découvrir enfin,  des critiques de Bonne Espérance.  Et pourtant, c'est peut-être important de le signaler aux français qui vous découvrent,  mais un grand nombre d'artistes lyonnais vous ont fait un  tribute lors de vos 20 ans : Théophile Ardy, François des DEJA VU, Bruno Cariou, de Silvae, et manager d'Amélie-les-Crayons, Romain Lateltin, Deuce, Palandri....et tous ont souligné ce soir là leur admiration pour votre travail... je me rappelle de t'avoir souvent regardé souvent ce soir-là, les yeux écarquillés au premier rang...  C'est un grand souvenir, non?

 

Stéphane Pétrier:  Oui, c'était chouette. Et assez émouvant... je crois que ça s'est vu... C'est Jean-Philippe notre pote des Dory4 qui avait lancé l'idée. Au début le truc me faisait un peu peur (toujours le syndrome Annie Girardot) et en fait ce fut un très beau moment. Avec des belles personnes. Qui ne trichent pas. L'avantage quand tu ne fais pas l'unanimité dans la branchitude, c'est que tu lies des amitiés sincères et solides. Un peu comme avec notre public. Savoir qu'il y a des gens qui sont là depuis plus de vingt ans et qui ne t'ont jamais lâché, ça donne une force incroyable. Les soirs de doute ou de fatigue, quand la machine donne des signes de faiblesse, c'est ça notre essence.

Que le  Voyage dure encore 20 ans…

 

  

 

 

POSTFACE:  

Stéphane voulait du fond... on l'a peut-être touché parfois!  Enfin, moi.....     Mais la surface d'un lac écosso-lyonnais est parfois aussi infranchissable qu'un mur de béton...  En se penchant, on peut y discerner des ombres, et des courants.... mais pour percer tous les mystères du  monstre du Loch NOZ, il faudra encore du temps...

 

Entre off et in, on s’est parfois perdu, et j’ai rallumé la lumière parfois, mais cette interview est garantie sans trucage.  Elle avait pour fonction d'être promotionnelle, mais j'n'ai pas fait l'EFAP pour... juste écouter les Fab four...-euh,  n'importe quoi....- . Je remercie Stéphane de sa confiance, qu’il continue à ne pas aimer les interviews !  

 

PS : Un journaliste du PROGRES qui a aimé l'album  a dit à Stéphane PETRIER :

"on pense immédiatement à MURAT"...

 

INTERVIEW réalisée par mails du 17/12/2010 au 7/01/2011

 

 

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RETROUVEZ NOZ  à LYON   le  Vendredi 27 mai 2011  au KAO  et au http://www.littleworldfestival.com/ (MERIBEL-73).

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• interview + petit live acoustique le jeudi 10 février sur Couleurs FM 97,1
www.couleursfm.fr

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 11 Janvier 2011

 

           Voilà plus d' un an (bien avant que j'ai ce blog)  que j'ai cette épée de Damoclès sur la tête -oui, forcement, sur la tête, l'épée de Damoclès -  et que je la regarde tournoyer...  Je n'aime pas trop le suspens.  Un temps,  j'm'y étais habitué... mais depuis la fin novembre,   je sens un peu trop, à mon goût, le vent de la lame sur mon crâne nu...  En fait, c'est depuis la sortie de " BONNE ESPERANCE"  le 7e   album du Voyage de NOZ que j'ai plus particulièrement la lame à l'oeil..  

         En effet, voilà un an que Stéphane Pétrier, l'âme du voyage, me disait : " à la sortie du disque, je me demandais si tu serais OK pour faire une interview, un truc un peu plus haut de gamme que d'habitude quoi... avec un peu de fond en évitant les questions de journalistes...".  Il est drôle, lui:  une interview du groupe que je suis depuis 20 ans,  haut de gamme,  et sans question con... Bon, ça, c'est sûr, il est très drôle...  surtout que ça implique déjà de ne pas poser la question qui me taraude encore plus surement que cette sacrée lame, "mais pourquoi le voyage de Noz?" (qui n'est finalement pas si con que cela :  je me suis aperçu qu'avec ce nouvel album se déroulant en Ecosse, certains pensent que le groupe fait du "rock  celtique"... ).

          Enfin soit,  comme disait Vladimir, "que faire?" (petit clin d'œil aux séjours à science-po lyon de deux membres du groupe)... Oui, que faire ?…. « que faire »,   Vlad', comme on ne l'appelait pas, entendait par là :   étude théorique, long travail  d'organisation pour éveiller les consciences »...  Pile poil ce qu'il veut, Stéphane!  ... je me saisis de la lame, et avant!   J’ suis un noz’chelvique !

 

  noz inédite

 

 

- Alors, Stéphane, bonjour, tu peux nous faire le pitch de l'album, dis? ... (et non, ce n'est pas une question de journalistes, c'est une question d'Ardisson!)

 


Stéphane Pétrier:   Alors le pitch : En Ecosse, un drame… un frère et une sœur aux prises avec le démon… qui n’est pas celui qu’on croit… enfin, pas seulement. Chacun se fera son idée et ses images... Non merde, ça c'est toi qui l'a fait ce pitch... Cela dit, il me va pas trop mal.


    Pour planter un peu plus le décor, je dirais qu'il s'agit en effet d'une histoire d'amour entre un frère et une sœur. Tout ça se passe dans un environnement forcément assez hostile, que ce soit les paysages (écossais), les gens (nous sommes dans un village où l'on pointe facilement l'autre du doigt) la famille (qui a visiblement quelques casseroles à tirer) sans compter un monstre qui rôde (l'each uisge des légendes écossaises).

    J'ai beaucoup de mal à en dire plus et ce n'est pas de la coquetterie. Depuis que l'album est sorti, j'ai déjà lu plusieurs tentatives d'analyses de cette histoire tordue et j'avoue que chacune d'elle m'a enthousiasmée. Ravi de voir que certaines idées que je voulais faire passer avaient été bien comprises, surpris parfois de découvrir des visions différentes, des choses auxquelles moi-même je n'avais pas forcément pensé... En tout cas, profondément touché qu'au-delà de sa musique, les textes de Bonne-Espérance suscitent un tel intérêt. Ca faisait quelques années que je m'étais plutôt résigné à l'idée que les gens ne font que survoler les disques en zappant sur deezer...

 

 

On est donc clairement plongé dans une histoire d'inceste "adelphique"... thème romantique (présent aussi dans les contes: Peau d'âne, Hansel et Grethel ou en mythologie)  qui nous replonge aux premières heures du "voyage"...  quand un chanteur aux long cheveux noirs chantait "les chants de Maldoror"  (on peut aussi citer "les mains sales",    "Dorian Gray"... ).   Est-ce que l'intention était de retourner un peu aux sources du Voyage, après l'intrusion de thèmes plus séculiers, voir bobo (histoire de dire que ce n'est pas une interview cire-pompe!), dans les derniers albums?


Stéphane Pétrier: La réponse est clairement oui.

    Notre période "bobo", comme tu dis, correspondait à plusieurs envie : celle bien sûr d'évoluer, de reprendre des "risques" artistiques (même si ce mot m'énerve un peu), d'être un peu plus dans notre époque mais aussi - je m'en rends compte aujourd'hui - à un besoin de se défaire d'une image "romantique" qui nous collait à la peau et que j'avais, je pense, de plus en plus de mal à assumer.

    D'où la suppression du "Le voyage de"...Après, si "Tout doit disparaître" est en effet un album très (trop?) ancré dans l'époque, l'exercice qu'a constitué "L'homme le plus heureux du monde" est pour moi une vraie réussite : c'était du vrai "Voyage de Noz" mais dépoussiéré et débarrassé de ses oripeaux romantiques. Je continue à penser qu'il s'agit là de notre meilleur album avec Bonne-Espérance, même si la pochette 3ème degré n'a pas joué en sa faveur. Je suis sûr que "L'homme..." avec une pochette bien torturée comme on aime, aurait été vu ou plutôt écouté de façon totalement différente. Mais bon, c'est une autre histoire et je ne regrette pas là non plus d'être allé au bout du délire.



    Après le concert anniversaire des 20 ans du groupe, je pense qu'on a jeté un coup d'œil dans le rétroviseur et qu'on s'est dit "c'était quand même pas mal aussi ce qu'on faisait au début". D'où l'idée de repartir dans un nouveau projet où l'on assumerait à 100% ce que l'on est, où l'on ferait du "Voyage de Noz" pur sucre, avec bien sûr nos nouvelles influences, notre expérience, mais sans jamais se poser la question "comment cette chose va être perçue?". Un truc très typé, sans aucune contrainte... bref, faire le mieux possible ce que nous savons faire le mieux.



Je parlais de thèmes bobos (notamment écologiques traités façon "maldives" ou "la valse aux idiots"...),  mais c'est exagéré de parler de "période bobo"... ou bien?   En tout cas, ça ne m'empêche pas d'aimer tous ces albums, et je les estampille tous "100%  voyage de noz"... notamment « l’homme le plus heureux du monde » par sa volonté de nous raconter une histoire. D’ailleurs, tu fais un clin d’œil à Esther Appertine, ton double de « l’homme »,  dans Bonne espérance… il y avait un message particulier ? 

De manière plus large,  faut-il chercher dans « Bonne espérance »,  des  clins d’œil ou des liens vers les autres histoires que tu nous a contés en 20 ans (des aventures d’Aurélia, ou de Manifesto,  en passant par Esther Appertine, jusqu’ aux ados du « signe »).

 

 

Stéphane Pétrier: Non, "période bobo", c'était pour te faire plaisir, mais bon, si on est un tout petit peu lucide, y'a sûrement de ça quand même. J'habite dans un grand centre urbain, je lis Télérama, j'écoute France Inter, je vote à gauche, parfois même j'achète des produits bio... alors ça va être difficile d'échapper à l'étiquette. Et puis ça aussi j'assume, je préfère toujours les bobos aux bos tout courts. Et puis y'a des pas bos qui ne me font pas rêver...



    En ce qui concerne le clin d'œil à "Esther Appertine" au début de "Bonne-Espérance", déjà, je pensais pas que quelqu'un le remarquerait... C'était plus pour me faire plaisir et puis c'était histoire de dire qu'il y avait une filiation entre les deux personnages. Même si le costume change, mes héros sont toujours un peu les mêmes je crois. Toujours avec une face lumineuse et une autre obscure, toujours en quête de rédemption, toujours seul contre tous... et puis toujours en fin de compte l'amour, le grand, qui tire vers le haut. Parfois, j'ai l'impression que ça fait 25 ans que je raconte la même histoire. Alors oui, il y a forcément d'autres clins d'œil disséminés par-ci par-là de façon plus ou moins inconsciente. Les deux personnages d'Arcadia par exemple, auraient très bien pu grandir à Orville.



Oui, clair qu'Arcadia est le titre qui évoque le plus passé du Voyage de Noz (période le signe)... Pour en revenir sur l'histoire, le dossier de presse évoque le film "festen" comme une référence...  c'est un film qui évoque l'inceste et les secrets de famille...  Ce film a-t-il eu une importance dans l'émergence de cette histoire?

 

 

Stéphane Pétrier:  Non, pas particulièrement, même si j'ai beaucoup aimé ce film. On s'est plutôt demandé, une fois l'album fini, quelles œuvres cinématographique où littéraire cela nous évoquait et Festen est sorti tout de suite. Mais on aurait pu citer beaucoup d'autres choses. Le début de l'histoire par exemple me fait penser au début du Sweeney Todd de Tim Burton.


    En ce qui concerne la genèse de l'histoire, je suis bien incapable de dire comment tout cela est sorti. Je me souviens que j'avais envie d'un retour au bercail, un truc à la Edmond Dantès (on avait déjà esquissé ça dans la chanson "Mascarade" sur "L'homme..." et je m'étais dis à l'époque que ce truc là méritait d'être développé), je voulais une histoire de famille aussi... Quant à l'histoire d'amour entre Bonne-espérance et sa sœur, je l'avais en tête depuis longtemps. Ensuite, tout s'est imbriqué petit à petit. J'avais un canevas avec quelques moments clés mais aucun scénario précis n'a été écrit à l'avance. Certains éléments de l'histoire sont même nés avec l'arrivée de certaines chansons. Le personnage de Maureen Mc Kenzie, par exemple, m'a été soufflé par  Eric qui avait apporté la grille du morceau.

 

 

Intéressant… car  effectivement, on voit que tu traites ce personnage comme « inutile »,  comme un rajout… mais ce personnage, c’était  la porte de salut de Bonne Espérance, la possibilité de se ranger…


En parlant de famille, tu as donné combien de prénoms à chacun de tes enfants?

 

Stéphane Pétrier:  Deux (soit 6 au total).

Tu noteras je n'ai jamais fait une réponse aussi courte à une question en interview.

 

Et oh, ça va! Pas la peine de faire remarquer que mes questions sont nulles ! En fait, j’avais une intuition… mais elle s’avère fausse :  je me demandais  si tu n'avais pas un goût certain pour les prénoms (je crois que j'ai parlé de pre-name dropping ailleurs).... Evidemment, je pense à  la chanson qui ouvre le CD2 « photo de famille », mais j'avais déjà eu cette impression sur "l'homme le plus heureux"...   C'est une chose à laquelle tu as déjà pensé?

 

 

Stéphane Pétrier: Non, je n'y avais pas vraiment pensé. Mais c'est vrai que j'ai toujours aimé évoqué des gens comme ça... un prénom et juste quelques mots qui peuvent permettre d'esquisser un portrait... et puis parfois le prénom qui revient dans une autre chanson et le portrait s'affine.


    Ce qui est sûr, c'est que les prénoms choisis ne le sont jamais par hasard. Ca peut être un clin d'œil à quelqu'un que je connais, un personnage qui m'a marqué, une petite référence à une œuvre que j'ai aimé ou un joke à la con. Thelma, c'est le personnage de "Thelma et Louise", "Milo qui n'avait jamais vu la neige", c'est le fils de Manu qui est effectivement sur la photo [grande photo de format A4 présent dans le coffret de l’album] et qui faisait des grands yeux étonnés... sur l'arbre généalogique [au verso de la photo], il y a une Maragaret Landa, qui est le nom du Colonel nazi joué par l'immense Christoph Waltz dans Unglorious Bastard de Tarantino. Tu vois, ça part vraiment dans tous les sens...




Ah, oui, effectivement,  là, les exégètes appertiniens ont de quoi se casser les dents! L'évocation d'un colonel nazi me fait penser à l'anachronisme quand tu évoques koh lanta (je crois qu'il y en a un autre mais là, je ne sais plus)...  L'as-tu fait sciemment  pour jouer  avec le temps (qui est  un thème de l'album)  ou bien ?

 

 

Stéphane Pétrier: Oui oui, Koh Lanta (où dans le même genre "une nuit sans étoile" qui fait allusion à notre époque, à facebook, aux ogm...) c'était vraiment histoire de dire "attention, les costumes 1900, la vieille pellicule, ce n'est qu'un décor, mais l'histoire peut se passer aujourd'hui ou demain, tout ça n'a pas d'importance".

    Et puis je tenais à cette idée de réincarnation. Bonne-Espérance et Thelma ont déjà vécu plusieurs vies ensemble et j'ai l'impression qu'eux-mêmes, à certains moments de l'histoire, ne savent plus très bien à quelle époque ils se trouvent. C'est aussi l'idée que l'on voulait faire passer avec notre "photo de famille" et son anachronisme.


 

Malgré le thème de la réincarnation,  la référence littéraire explicite est Edgar POE... et tu  cites sa nouvelle "William Wilson"...  qui est une des inspirations de Godard dans  "Pierrot le fou"... grand titre historique des NOZ....  Décidemment, dis donc....   Tu peux nous en dire plus sur cette inspiration ?

 

 

 Stéphane Pétrier: Je crois me souvenir que c'est Belmondo qui raconte l'histoire de William Wilson dans "Pierrot le fou". Disons que le thème de la double personnalité est quelque chose qui m'a toujours plu. Dans un autre style, il est clair qu'un film comme Mulholland Drive m'a énormément marqué. Et puis j'aime l'idée qu'il puisse y avoir plusieurs portes de sortie dans cette histoire. L'une d'elle, suggérée par la rencontre de Poe avec Bonne-Espérance mais aussi par la chanson "Holyrood Park", serait que Bonne-Espérance soit totalement schizophrène. Attention je ne dis pas que c'est MA version... C'en est une parmi d'autres...


Pour le moment, on est plus "Cahiers du Cinéma" que "Rock'n Folk" hein...



Mais chers Esther/Stefan/Stéphane,  il fallait bien que nous  creusions un peu le sillon de vos plumes... mais je crois que j'ai fait le tour de ce que je voulais évoquer vis à-vis de l'histoire....  Avec tout ça, est-ce vrai que ça aurait pu finir sur un triple album  ? 



Stéphane Pétrier: Le triple-album... ben disons que personnellement ça ne m'aurait pas dérangé mais c'est un domaine où mes camarades ne sont pas vraiment d'accord avec moi. Eux seraient plutôt dans le trip "efficace" : on prend les 10 meilleurs chansons et on fait l'album qui tue...


    Moi, j'ai plutôt du mal à faire court et puis j'ai tendance à ne pas aimer qu'il y ait des chansons qui dorment dans les tiroirs (et pourtant il y en a...). Pareil en concert : j'aurais tendance à faire des set-listes de 40 morceaux... mais on m'a expliqué qu'il était bon parfois de frustrer le public... Le pire dans tout ça, c'est qu'ils ont sans doute raison.


    Concernant Bonne-Espérance, c'est vrai qu'il y avait encore quelques idées qui traînaient mais après l'enregistrement d'Each Uisge nous étions vraiment épuisés physiquement et moralement et j'ai senti qu'il ne fallait pas que je tire plus sur la machine. Et puis ça faisait trois ans que nous étions là-dessus, nous avions hâte que le disque sorte.

 

Est-ce que c’est votre statut de « j’ai un job à côté » (c’est vraiment la meilleure appellation je trouve,  plus qu’indépendant ou  semi-professionnel ou amateur) qui explique ce temps si long de création ? 

 

Stéphane Pétrier: Je n'en suis pas sûr. Nous irions peut-être un peu plus vite dans la phase enregistrement mais au niveau de la création je ne pense pas que l'on pondrait plus de chansons (en tout cas des bonnes) si on ne faisait que ça 8 heures par jour. Personnellement, je peux rester de longs mois sans écrire une ligne et ça n'a rien à voir avec le temps d'implication. J'ai l'impression que j'ai besoin de me nourrir des choses qui m'entourent, de les digérer et de les recracher, parfois beaucoup plus tard. Et pour moi, ce temps-là n'est visiblement pas compressible.

 

J'imagine que ce n'est pas facile de concilier l'implication variable (en fonction de la vie de chacun, obligations familiales et professionnelles,  peut-être aussi en fonction de qui est à l'origine d'un titre ou non). Tu peux nous en dire plus?  Peut-être aussi très concrètement : c'est quel temps de travail?  combien de répét? Avez-vous calculé le temps d'enregistrement? Toutes les décisions sont-elles pris collégialement?

 

Stéphane Pétrier:  Dans ma vie, oui, même si je ne suis pas allé jusqu'au bout et ne suis pas musicien professionnel, je pense avoir fait de vrais choix : ma priorité va au groupe, le matin je me lève Noz, je petit-déjeune Noz... et même si j'ai aussi un job "alimentaire", pour moi chaque "minute de cerveau disponible" comme dirait l'autre, va au groupe. Résultat : je n'ai aucune ambition professionnelle autre que Noz, je n'ai pas d'argent de côté, mais je passe plusieurs heures par jour (hors de tout travail purement artistique) à essayer de faire avancer cette machine, fédérer des gens autour de nous etc.

    Pour les autres membres du groupe, c'est un peu différent. Ils ont tous un job très prenant, des responsabilités… Ca n'empêche pas que chacun fait de son mieux et on s'organise pour pouvoir consacrer de toute façon un maximum de temps au Voyage.

     En ce qui concerne la façon de travailler et le leadership, ça découle forcément de ce que je viens de te dire plus haut. C'est Tom Yorke de Radiohead qui disait "le groupe fonctionne comme l'ONU... et moi je suis les Etats-Unis". C'est un peu ça. Certaines décisions sont collégiales mais en général c'est moi qui tranche. Il y a aussi beaucoup de cas où j'avance sans même les consulter parce que je sais qu'ils me font confiance.

    En ce qui concerne la création, il y a deux sortes de chansons : celles que je fais tout seul et que j'apporte pratiquement terminées, et celles qui partent d'une compo d'Eric, de Manu ou parfois d'Alex et que je mets à ma sauce en fonction de ma mélodie de voix. On bouge la structure, on rajoute des parties, on change des accord si besoin. J'aime beaucoup cette façon de travailler : ils ont des idées que je n'aurais jamais, des trucs de guitariste, une vision plus instrumentale alors que moi, mes chansons sont souvent articulées autour de la mélodie de chant, point barre. Le désavantage de cette formule, c'est que ça m'oblige à faire le tri, dégager des chansons qui ne m'inspire pas ou alors les passer tellement à la moulinette que parfois l'auteur ne s'y retrouve plus. D'où le sentiment de frustration que les autres doivent de temps en temps ressentir.

    En ce qui concerne les arrangements, chacun de nous 4 est très impliqué et apporte des idées. C'est vraiment la partie la plus collégiale de notre travail.

    Quant au temps de travail, c'est vraiment très dur à quantifier. On travaille beaucoup chacun chez soi. Pour cet album, on a beaucoup bossé en amont à 2 avec Eric. Manu maquettait aussi ses trucs chez lui. Pendant l'enregistrement, on pouvait bosser tous les soirs et le week-end entier certaines semaines, et juste un soir ou deux la semaine suivante, sans que tout le monde soit forcément là. Par rapport aux autres albums où les chansons étaient jouées pendant de longs mois en répétition avant d'être enregistrées, là, on a essayé d'être beaucoup plus spontanés. Pour Thelma, par exemple, j'ai montré le titre à Eric, on a enregistré la guitare et on a appelé Alex. Le soir même il enregistrait la batterie définitive alors que la veille il ne connaissait pas cette chanson. Beaucoup de choses ont été faites à l'instinct.

 

J'ai repensé au concert de Limonest délivré en 2009 justement où l'on découvrait pour la 1ere fois certains titres de Bonne Espérance...  J'ai relu mon compte-rendu de l'époque pour vérifier... mais  je n'avais pas décelé l'ambiance plus folk (pour "guitares acoustiques") qu'a finalement l'album...    Est-ce que le choix s'est imposé d'emblée?

 

 

Stéphane Pétrier:  Non, tu as raison. Ce n'était pas forcément écrit au départ, même si ça fait pas mal d'année qu'on nous dit souvent que l'on sonne mieux en formule acoustique.


    En fait, nous avions défini une "charte sonore", principalement au niveau des  sons de claviers que nous souhaitions utiliser, un niveau du climat général bien sûr, mais nous n'avions pas prévu  que le truc vire autant guitares acoustiques (tu dis "folk", je ne suis pas bien d'accord...). A Limonest, certains titres étaient orchestrés de façon beaucoup plus électrique. En fait, en studio, il y a beaucoup de titres où nous avions prévus et même enregistrés des guitares électriques et puis nous n'étions pas satisfaits du résultat. En les remplaçant par des guitares sèches, on s'est rendu compte que non seulement le truc gagnait en personnalité, en climat, en clarté... mais  bizarrement que l'ensemble avait également plus la pêche. L'attaque des guitares acoustiques apporte une dynamique que l'on a pas forcément avec de gros amplis qui crachent... Ensuite, on a utilisé les électriques uniquement quand c'était indispensable. Je trouve que cette formule nous va bien et à l'arrivée, je ne  trouve pas que l'album sonne unplugged.

 

 

Oui, oui, j'utilisais le terme folk par paresse...  mais j'ai quand même une théorie... désolé avec une tendance journalistique au classement,  que le groupe s'est toujours inspiré pour chaque disque de certaines ambiances de l'époque... 80 : new wave,  noizy rock avec Exit, puis la chanson avec violon, avec "l'homme"    et que "Bonne espérance" correspond à ce début de siècle très "folk" et "acoustique"... et finalement, tout en faisant toujours du NOZ... et je suis assez d'accord avec l'ami Suisse, quand il définit le côté NOZ...par le rock progressif...


Stéphane Pétrier:  Oui, pas faux. J'ai l'impression qu'on enfile ces tendances comme on enfile nos vêtements, sans vraiment s'en rendre compte, mais en tenant quand même compte de la mode. Même si j'espère que l'enveloppe n'altère pas l'intérieur.

Rock prog... c'est la musique qui m'a fait le plus rêver. Celle qui m'a  emmené le plus loin, alors forcément.. Cela dit, je n'arrive pas trop à savoir  concrètement ce qu'il y a dans notre musique qui peut faire penser cela aux gens. A une époque j'aurais dit nos coupes de cheveux...


 

Je dirais les albums-concepts et plus largement la force narrative  (expressionniste) ou le côté théâtrale,  les ruptures musicales dans  les chansons (musique « libre »  caractérisé chez vous par  l'utilisation des claviers, des parties musicales, des divers instruments). Wikipédia évoque aussi comme critère « la complexité et richesse des textes, utilisant de nombreuses références mythologiques, sociales...).  Pour le coup, Bonne Espérance colle parfaitement…

 

 

 

 (A suivre là  http://www.surjeanlouismurat.com/article-hors-murat-n-1-le-voyage-de-noz-stephane-petrier-part-2-64772961.html )

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 23 Novembre 2010

 

 Inter-ViOUS et MURAT-,  Numéro 8 :

 

LE VOYAGE DE NOZ

KARL-ALEX STEFFEN

PORCO ROSSO                                               DEUXIEME PARTIE

 

 

  

petrier.JPG ãstéphane Pétrier. Et ses tee-shirts réputés!!

 

 

- Yann (PORCO ROSSO), tu étais sans doute le plus fan des trois donc, même si tu sembles décrocher un peu…  Quand l’as-tu découvert ? et quel type de fan es-tu  (collectionneur)?

 

YANN  GIRAUD :  Pour ce qui est de mon rapport à Murat, ça a commencé avec Mustango que j'ai dû découvrir sur le tard, peu avant la sortie du Moudjik, en fait. J'aimais beaucoup la rencontre avec des artistes nord-américains, le son très organique. Après, je me suis mis à tout acheter, mais en restant dans la discographie officielle et les albums. Je ne collectionne pas les EPs et les 45 tours, même si j'en ai quelques uns - il y a quand même des chansons comme "New Yorker" qui ne sont pas sur les disques et qui sont à se pâmer. Après, il m'est arrivé de prendre la voiture et d'aller le voir jusqu'à trois fois sur la même tournée. Ça, c'était à l'époque de Mockba. Or, justement, ces prestations étaient assez inégales à l'époque et c'est à ce moment là que j'ai commencé à me lasser.

          

            Sur album, récemment, il peut alterner le meilleur (Tristan) comme le pire (l'horrible Charles et Léo que je considère comme un ratage complet) et l'anecdotique (Taormina et Le Cours Ordinaire des Choses que je n'écoute presque jamais). Sur scène, par contre, jusqu'à ce qu'on me prouve qu'il y a un mieux, je n'y retournerai plus. La dernière fois, c'était au Bataclan il y a un an. Le set était bâclé, le son très kitsch, la rythmique était complètement à côté du début à la fin et Murat geignait plus qu'il ne chantait. Or le public avait l'air de trouver ça génial. J'ai appris que dans les backstages, son staff est venu lui dire que c'était son meilleur concert parisien. Je trouve cela pathétique car je l'ai vu sur la tournée de Parfum d'Acacia au Jardin, que je considère comme l'un de ses meilleurs albums - même si c'est un DVD - et à l'époque, c'était à tomber à la renverse tellement c'était bien avec une version du Jaguar intense de plus d'une dizaine de minutes. Comme je sais que JLM est quelqu'un de lucide et de très intelligent, je me doute qu'il doit savoir qu'il ne donne pas le meilleur de lui-même et l'aveuglement des fans ne doit pas changer grand chose à cela. Sinon, je retourne toujours vers les mêmes disques : Le Moudjik, Lilith et dans les plus anciens, Cheyenne Autumn m'apparait toujours comme un album très solide, avec des chansons formidables comme "Le Venin" ou "L'Ange Déchu".

 

          Je pense que j'achèterai toujours ses disques. Même si je ne les attend plus avec la même appréhension, je sais qu'il y aura toujours un ou deux morceaux sortant du lot. Sur le dernier, par exemple, pour moi c'était "Chanter est ma façon d'errer".

 

 

Yann

 

 

 

 

- Et toi François (KARL-ALEX STEFFEN)... Tu sembles le moins fan... As-tu écouté la discographie complète, l'as-tu vu en concert

 

 

FRANCOIS- KAS :  J’ai commencé à m’intéresser aux disques de Murat à l’époque de Dolorès ; le disque avait fait pas mal parler de lui à l’époque et je l’avais finalement emprunté en médiathèque. Sans être bouleversé, j’avais apprécié la démarche un peu expérimentale de Murat sur cet album en rupture avec l’image caricaturale que j’en avais jusque là, à savoir un chanteur de variété mélancolique avec un timbre magnifique. Les touches électro me plaisaient bien à un moment où j’écoutais pas mal de groupes dans la lignée de Portishead ou Tricky.

 

              Du coup, quand Mustango est sorti, je l’attendais, d’autant que les membres de Calexico avaient participé à la réalisation du disque. Et là, comme je l’ai dit, ça a été une claque monumentale. Un des meilleurs albums de pop française de tous les temps sans hésitation.

 

             La période qui s’ouvre avec Mustango est à mon avis la meilleure de Murat, avec une série de disques qui alternent entre le très bon (Lilith, Parfum d’acacia au jardin) et le sublime (A bird on a poire, Le Moujik..) à part Mme Deshoulières qui fut pour moi une grosse déception. Pendant ces quelques années,  j’attendais chaque disque de Murat avec impatience, espérant chaque fois une prise de risque qui me surprenne et me déstabilise ; à cet égard, la découverte d’A bird on a poire, composé et arrangé par Fred Jimenez fut assez jubilatoire dans la mesure où je ne pensais pas Murat capable d’autant d ‘humour, de légèreté et d’efficacité dans le style pop 60’s.

 

            Durant cette période, sur scène, nous avons un temps repris Foule romaine en rappel de nos concerts. C’est aussi l’époque durant laquelle j’ai récupéré les premiers albums qui sont loin d’être dénués d’intérêt ; j’ai d’ailleurs une affection toute particulière pour Venus avec son côté un peu rêche et dépouillé. Malgré, mon intérêt pour Murat, je n’ai assisté qu’à un seul de ses concerts, en 2005 au Printemps de Bourges sur la tournée Moscou en  trio avec Fred Jimenez à la basse  si ma mémoire est bonne ; une prestation rugueuse, courte mais intense. Parmi les regrets, ne pas avoir pu assister aux tournées Dolorès et Mustango dont les relectures (sur disques) rendent honneur aux versions originales.

 

             Depuis, la passion s’est effectivement émoussée. Moscou, Taormina et Le cours ordinaire des choses ont leurs bons moments mais sont sans surprise. Charles et Léo m’a laissé une fâcheuse impression à la première écoute et je n’y suis jamais revenu . Je ne connais pas Tristan mais je vais m’empresser de l’écouter sur les conseils de Yann.

 

Photo 253 retãFrancois-karl-Alex Steffen dans le jardin...

 

 

 

YANN  GIRAUD :  Marrant, j'y étais au concert du Printemps de Bourges (d'ailleurs, c'était à Saint-Amand-Montrond). C'est le dernier bon concert que j'ai vu de lui, en fait. Un set court et tendu.

 

 

 

- Stéphane (LE VOYAGE DE NOZ) avait peur de se faire gronder parce qu'il adore "a bird on a poire"!! Il aura apprécié la réponse de François!     Stéphane, moi, ce qui m'étonne, mais tu l'as évoqué dans une de tes réponses, c'est que tu détestes le blues... comment peux-tu encore supporter le Jean-Louis actuel? 

 

STEPHANE PETRIER :  Comme je te l'ai dit, j'ai tendance à tout pardonner à JLM. Cela dit, les albums très blues comme "Taormina" ou "Le cours ordinaire", sont rarement dans ma platine... mais même ceux-là recèlent toujours une perle ou deux ("Gengis"...)

C'est bizarre parce que moi qui suit très besogneux, j'accepte aussi (et peut-être même que j'envie) chez Murat son côté dilettante, l'impression que certains morceaux ou certains textes sont un peu bâclés, son côté "je fais 2 morceaux par jour et je les sors tous sur disque"... Il y a aussi un autre truc qui devrait m'horripiler chez Murat, c'est son répertoire bucolique "La mésange bleue",  "L'heure du berger",... qui pourraient ressembler à de mauvais poèmes d'enfants de 12 ans qui auraient trop lu Lamartine... même ça je lui pardonne et je finis par trouver du charme à la chose.

 

           Mais si j'adore en effet "A bird on a poire", c'est justement parce qu'il n'y a pour moi que les bons côtés de Murat dans cet album. Musicalement bien sûr, je me sens plus proche de la brit-pop (même traitée façon easy listening) de Fred Jimenez que du gros blues façon "Comme un incendie", mais je trouve aussi qu'au niveau des mots, Murat est encore plus fort dans cet album.

         J'ai l'impression que le fait que Jimenez compose les musiques lui a mis un peu plus la pression sur les textes, l'a forcé a être justement moins "dilettante" et peut-être aussi à moins se regarder le nombril. Les textes sont plus urbains, ont plus d'humour, sans que l'album soit plus "léger" pour autant : "Petite luge", "Gagner l'aéroport" sont pour moi parmi les plus beaux morceaux de Murat.

 

          Par contre, globalement, on a beau dire qu'on l'aime le Jean-Louis, je trouve qu'il en prend quand même plein la gueule depuis le début de cette interview, non ?

 

YANN  GIRAUD :  C'est normal. On dit bien : qui aime bien châtie bien. De plus, je me rappelle que dans une interview pour Chorus, JLM avait dit quelque chose comme quoi il se faisait une très haute opinion de son public, qu'il était exigeant envers lui et qu'il espérait qu'il l'était également en retour. Dont acte !

 

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- Vous avez donc tous déjà évoqué vos albums préférés, vos meilleurs souvenirs de concert (peut-être pas Stéphane)... mais il me reste deux questions rituelles : c'est de me citer vos trois titres préférés,  et  bien sûr pourquoi ceux-là... La deuxième, Yann y a répondu : existe-t-il un titre de votre répertoire qui vous évoque, ou vous a été inspiré, par Murat?

 

STEPHANE PETRIER :  Puisque j'ai déjà parlé de "Petite luge" et de "Gagner l'aéroport",  je citerais 2 vieux titres de Dolores, "Fort Alamo" et "Perce-neige" et un titre qui était sur un maxi à l'époque du Moujik, ma  préférée entre toutes : "Royal Cadet".

         Royal Cadet, j'ai eu la chance de pouvoir l'entendre en concert au Palais du Facteur Cheval l'année dernière (Pierre était là bien-sûr...)... Je crois que ce morceau pourrait durer une heure, je ne m'en lasserais jamais... Et pourtant, il est construit comme un bon vieil alexandrin, en 2 hémistiches de 6 syllabes, chose qui en général m'ennuie profondément... mais là, ça marche... J'ai l'impression que chaque mot posé est touché par la grâce, que la voix de Murat est en apesanteur, avec une proximité exceptionnelle... Je ne cherche même pas exactement à savoir de quoi il me parle dans cette chanson, je prends tout...

           

          Concernant la deuxième question,  il y a dans notre dernier album une chanson qui s'appelle "Le cap" qui doit certainement quelque chose à Murat. Dans la façon de poser les mots, de jouer avec les silences à  certains moments, dans la simplicité et la répétitivité de la ligne mélodique...

 

- mais j'ai ouï dire que tu citais le prénom LILITH dans une chanson? 

 

STEPHANE PETRIER :  Comment tu sais déjà ça toi ? [ce titre est inédit]

Non, rien à voir avec JLM... ma Lilith à moi est plutôt un clin d'œil au "Lillywhite Lilith" de Peter Gabriel et Genesis sur "The lamb lies down on Broadway"  mais aussi à la Lilith mythologique, à la fois déesse et démone...  genre de personnage à double facette dont j'aime bien hanter mes histoires.

 

- la chanson de Murat évoque bien ce même personnage également.

 

NOZ-8mention.jpg                                                                                "Bonne espérance", le nouveau voyage proposé par Le Voyage de NOZ

 

 

 

FRANCOIS- KAS :  Pour mes trois titres préférés de Murat, sans trop réfléchir je dirais Jim, Foule romaine et Bang Bang ; sans doute pas les meilleurs titres dans l'absolu, mais parmi les plus évidents, des titres qui me procurent un plaisir immédiat et systématique à l'écoute.  J'y trouve certains aspects de la musique de Murat que j'adore comme une certaine évidence mélodique (sans pour autant que la chanson soit rengaine), des paroles mystérieuses qui permettent à l’auditeur de créer sa propre histoire et puis une légèreté qui n’est pas toujours présente chez Murat.

 

          Malgré tout, j'aime également certaines compositions plus sombres et dramatiques comme Petite luge, Gagner l'aéroport, Mustang, Perce Neige ou Au Mont Sans souci ; j'y trouve ici un côté plus mélancolique, plus habité et peut-être plus poétique.

            En tous cas, deux des facettes que je préfère chez lui !

 

YANN  GIRAUD :  Pour ma part, je citerai "Bang Bang", "New Yorker" (la version du live Muragostang) et "Se Mettre aux Anges". Pourquoi ? Et bien parce que c'est beau, langoureux, ambitieux, magnifiquement écrit, superbement interprété. Ce ne sont pas seulement mes trois chansons préférées de Murat, mais trois de mes chansons préférés tous styles musicaux confondus.

 

- J’espère que cette INTER-ViOUS vous a permis de dire tout ce que vous souhaitiez sur Jean-Louis Murat… Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à rajouter quelques propos, mais parlons quand même un peu de votre actualité.  Vous sortez ou avez sortis récemment un album.  Quelle est la suite du programme  (des concerts?)  et comment en faites-vous la promotion?  

 

STEPHANE PETRIER :  Concernant notre promo, comme toujours pour nous, c'est facile en Rhône-Alpes parce qu'on a une certaine notoriété, mais beaucoup plus compliqué au niveau national. 

          

           L'album « bonne espérance » sort le 25 novembre. Dans un premier temps le gros de la promo sera surtout sur la région avec quelques dates et quelques show case, et un KAO à Lyon pour finir au printemps.

          Nous avons également quelques plans de diffusion sur des radios nationales ainsi que plusieurs projets de dates sur Paris au premier trimestre 2011. Sur ce coup-là on est un peu mieux structuré que d'habitude, avec une vraie attachée de presse, mais ça reste encore très empirique... on se débrouille avec des bouts de ficelle, des contacts, quelques personnes qui aiment notre musique et qui ont les leviers pour faire bouger les choses...

Et puis bien sûr il y a internet, mais faut pas se leurrer : le nerfs de la guerre, ça reste les radios... tant que tu n'est pas diffusé largement, c'est plus dur d'avoir des dates, plus dur d'être dans les bacs...

 

YANN  GIRAUD :  Que dire de plus sur Jean-Louis Murat à part que j'attends d'écouter le prochain (début 2011, c'est bien ça ?).


           Pour l'actualité, en ce qui nous concerne, c'est la sortie de note premier album, La Vie Sans Moi. Il est dispo depuis le 11 octobre en format digital et depuis début novembre en vinyle. Nous ne savons pas encore s'il sortira en CD. Nous démarchons encore des distributeurs pour cela. Le disque est donc disponible sur les plates-formes de téléchargement classiques (iTunes, VirginMega, FnacMusic, etc.) mais aussi en 33 tours à nos concerts et pour les parisiens à l'excellente Boutique Fargo (Rue de la Folie Méricourt , dans le 11ème arrondissement). Par ailleurs, on peut le trouver dans les bacs itinérants des Boutiques Sonores, une agence de promotion et de distribution de disque qui vend nos disques à divers concerts et festivals dans toute la France et les met en écoute et en vente dans certains commerces et bars (essentiellement à Paris). Il est également dispo par correspondance à cette adresse : http://bandcamp.porcorosso.com.
           Last but not least, nous sommes en concert à l'Espace B (19ème arrondissement) le 8 décembre et nous jouerons certainement début 2011 aux Trois Baudets (à Pigalle). On aimerait bien sortir un peu de Paris, notamment jouer en banlieue où il y a des salles municipales géniales mais où manheureusement il y a très peu de concerts pop ou rock et bien sûr, nous espérons un peu nous déplacer en province aussi (évidemment, on adorerait faire la Coopérative de Mai à Clermont, par exemple !).


FRANCOIS- KAS :   Je vois que nos actus se ressemblent beaucoup où comment toucher un large public quand on a peu de moyens et pas une grosse équipe derrière soi pour bosser sur la com ou l'image du groupe !

 

          Pour notre part, on prépare la sortie de notre deuxième album "Les traces" . Pour le moment, nos journées sont marquées par de nombreuses prises de contact et de discussions pour trouver les bons partenaires, période éreintante et parfois frustrante mais nécessaire. On se donne le temps car on veut vraiment que ce disque rencontre son public et on croit toujours dans un beau format CD distribué en magasin (désolé !). 

 

         Par ailleurs, on commence déjà à faire ici ou là  quelques émissions ou sessions radio puisque nous avons décidé de proposer en avant première une édition-collector (livre-CD 28 pages disponible exclusivement via le site web du groupe) ; il s'agit d'un un récit musical raconté en 12 morceaux illustrés par les encres de Mathias Mareschal et les photographies de Clémence Cottard. Le travail graphique sera prolongé sur scène (premières dates début 2011)

 

          Enfin, un EP digital sortira en janvier 2011 avec des titres inédits issus des sessions d'enregistrement de l'album.  

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Interview réalisée par mails du 3 au 21/11/2010. Merci à Yann, Stéphane et  François.

Attention, cette interview ne contient pas de question sur la crise du marché du disque, mais quand même.

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LE LIEN EN PLUS :

Allez, un peu de vidéos :

 LE VOYAGE DE NOZ :

Un live plus ancien en écoute :

http://www.musicme.com/#/Le-Voyage-De-Noz/albums/Petit-Live-Entre-Amis-3700368498613-02.html

 Notamment l'instrumental : "un 30 avril sur les quais, et on trouvera également l'essai de texte en anglais de S. Pétrier: "opéra" (c'est bien lui qui chante!!),   mais je vous conseille aussi "près du vide" et l'hymne "chaque nuit"...

 

une vidéo de l'ami Tequila... fournisseur officieux de vidéos sur le groupe!
                                                                                   
                                                                                                                                                                          
PORCO ROSSO :

- 10000 lieues à la ronde
Grosse Caisse T.V. Show au Be There
 
 la vie sans moi....
 
KARL-ALEX STEFFEN :
 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 20 Novembre 2010

  Inter-ViOUS et MURAT-,  Numéro 8 :

 

LE VOYAGE DE NOZ

KARL-ALEX STEFFEN

PORCO ROSSO

 

 

yann                                                                                                                 ãYann Giraud-surjeanlouismurat

                                                                                        

        Une « inter-ViOUS et Murat » aujourd’hui !  Puissance 3,  car j’ai l’honneur de vous convier à une rencontre avec  3 auteurs-musiciens-interprètes : Yann Giraud de PORCO ROSSO,  combo parisien,  François de KARL-ALEX STEFFEN (KAS) d’Orléans,  et Stéphane Pétrier, du VOYAGE DE NOZ made in Lyon. 

         Pourquoi les réunir ?  Outre leur intérêt pour Murat, mais qui ne s’entend pas forcement, ils ont pour points communs leur démarche « indé » et une certaine ambition musicale et textuelle en français,  en autres choses : Karl-Alex Steffen et Le Voyage de Noz sortent tous les deux un « album-concept »… nous plongeant dans le passé...  Je dois avouer, mais certains doivent finir par le savoir, que je connaissais nettement plus le VOYAGE DE NOZ, que j'ai dû voir en concert une quarantaine de  fois... depuis bientôt 20 ans!   C'est cette histoire qui a fondé mon intuition qu'ils avaient tous les trois des choses à se dire et à partager... Je me permets de dire que je ne  pense pas m'être trompé! 

  

 

- Alors pour commencer, il faudrait faire les présentations, car  il me semble  que vous  ne vous connaissez pas,  est-ce que vous pourriez vous présenter en quelques lignes (vous, votre groupe, et éventuellement 3 références musicales)?   

 

FRANCOIS- KAS :  Bonjour à tous,

            Pour vous dire tout d'abord que je suis très heureux de participer à cette inter-VIOUS.  Ensuite, j'ai commencé à écouter un peu Porco Rosso et le Voyage de Noz ; dans les deux cas, je découvre et le peu que j'ai entendu m'a donné envie d'y revenir.

          Karl-Alex Steffen est mon principal projet musical. Je suis à l’origine de celui-ci depuis 2002. J’écris les textes ainsi que la majorité des compositions et des arrangements. Au départ, c’était d’ailleurs un projet solo, puis, progressivement, c’est devenu un projet collectif notamment pour nos premières sorties discographiques et scéniques.

         Avec le dernier album « Les Traces », nous sommes allés beaucoup plus loin avec les quatre musiciens qui m’accompagnent (Lila Tamazit, Bertrand Hurault, Pierre Schmitt, Sébastien Janjou) dans la mesure où, pour certains titres, le processus de création a été fondé sur une réappropriation complète par le groupe des univers que j’avais pu proposer en démo. 

Bref, un projet constamment en mouvement, entre individualités et collectif, qui reste marqué par l’univers d’un auteur mais qui s’enrichit chaque jour de la confrontation avec des musiciens venant d’horizons différents.

           Pour les influences, si le jeu est d’en garder trois, je dirais Sonic Youth, Diabologum et Bashung….mais il n’est pas sûr que ma réponse soit la même si l’on me réinterroge à ce propos demain ! 

 

 - Je serais intéressé par des précisions :  Vous êtes originaire de quelle région?  et si comme dirait Murat, vous êtes un "j'ai un job à côté"?...   Je voulais aussi préciser que vous connaissez bien je crois, Erik Arnaud, mon précédent Interviewé...

 

 FRANCOIS- KAS : Pour le moment, nous sommes tous orléanais. Trois d'entre nous "vivent de la musique" et les deux autres ont effectivement un job à côté, dans l'enseignement.

             Pour ce qui est d'Erik Arnaud, c'est un très "vieil ami" puisque nous avons commencé la musique ensemble il y a une vingtaine d'années maintenant ; il nous a aussi apporté son savoir faire en termes d'enregistrement sur nos deux premiers EP "Le Coup du Siècle" (2003) et "Billet Express" (2005) et a effectué le mixage d'une grande majorité des titres sur notre premier album "Le Grand Ecart" paru en 2007. Pour "Les Traces", s'il n'a pas participé directement au projet, il a suivi le projet d'assez prêt et a fait partie des deux ou trois personnes qui ont écouté les titres dans leur différentes versions et dont le ressenti a pu compter au moment de trancher entre plusieurs options. 

 

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 YANN  GIRAUD : Un grand plaisir aussi pour ma part de faire cette interview à quatre et de découvrir deux univers exigeants et une écriture en français courageuse. Je suis ouvert à toutes les possibilités, mais souvent je trouve que les groupes français chantant en anglais prennent le risque du manque d'originalité et de la comparaison avec leurs influences. En écoutant K.A.S et le Voyage de Noz, je me rends compte que ce qui est intéressant, c'est justement la collision entre la chanson française et les influences anglo-saxonnes. Il en sort toujours quelque chose d'intéressant et de personnel.

           Pour répondre à la question, Porco Rosso est un groupe de la région parisienne a été créé en 2002 autour de mes compositions. On l'a toujours envisagé comme un groupe, mais le line-up a beaucoup changé depuis les débuts. Seul le bassiste, Stéphane Perez, joue avec moi depuis le début. Le guitariste Xavier Guéant nous a rejoint il y a un an et n'a pas participé à l'album qui vient de sortir (La Vie Sans Moi, 2010). Il fait partie d'autres projets parisiens dont De La Jolie Musique et the Einstein Tremolos Quant à notre batteur, il vient juste de nous rejoindre après le départ du précédent. Il s'appelle Sébastien Pasquet et joue dans une foultitude de projets dont le sien, Tristen, qui vient d'être signé chez Volvox Music. Sébastien est le seul à pratiquer la musique à plein temps. Stéphane, Xavier et moi avons des métiers qui sont assez prenants. Je suis pour ma part enseignant-chercheur, ce qui occupe la majeure partie de mon temps, et il m'arrive de faire aussi des chroniques musicales et des interviews pour un magazine qui s'appelle XRoads. Pour ma part, ça ne me pose aucun problème d'être un "j'ai un job à côté". Contrairement à Murat, je crois en l'amateurisme éclairé. Des pros, il y en a plein qui jouent sur les disques de Michel Sardou ou Calogero. Je ne crois pas que ce soit un gage de qualité. Nos métiers ne sont pas des pis-aller mais nous pratiquons la musique aussi sérieusement que possible quand nous en avons le temps. Depuis 2002, nous avons sorti trois Eps et donc le premier album en octobre 2010, sorti sur French Toast, un label associatif parisien en LP et en téléchargement sur les plate-formes habituelles.
             Si je devais citer trois influences sur la musique que nous faisons, je mentionnerais Sparklehorse, Talk Talk et pour citer un autre français que Murat, je dirais Dominique A dont l'influence est, je pense, plus audible sur le résultat final que celle de JLM.

 

 

STEPHANE PETRIER :   Bonjour à tous. Je suis moi aussi très heureux de participer à cette aventure.   Etant en pleine période de bouclage d'un nouvel album je n'ai pu qu'aller survoler le travail de François et de Yann mais j'en ai assez entendu pour comprendre pourquoi Pierre nous a lâché tous les trois dans l'arène. Il y a incontestablement des liens entre nous tous, une impression de faire partie d'une famille... même si je suis bien incapable de dire laquelle.

            Je m'appelle Stéphane Pétrier et je suis le chanteur et - allez je vais l'assumer... - le leader du Voyage de Noz, mon groupe de toujours. L'histoire a commencé en 1985, à Lyon, alors que nous étions tous au lycée... et depuis elle n'a jamais cessé. Nous avons connu dès le début un joli petit succès régional (3000 exemplaires de notre premier CD vendus assez vite en Rhône-Alpes, remplissage de salles assez importantes comme le Transbordeur [où a été enregistré MURAT LIVE]) mais nous n'avons jamais - pour de nombreuses raisons qu'il serait sans doute long d'expliquer maintenant -  franchi le pallier du professionnalisme. Avec du recul, je ne garde pas ou peu de frustration par rapport à ça. Comme le faisait remarquer Yann, je crois moi aussi que l'important est de bien faire les choses, que l'on soit amateur ou professionnel. Quand je compare notre aventure avec celle d'artistes proches qui ont "signé", je me dis que nous avons eu de la chance. La chance de durer, la chance d'évoluer en totale liberté, même si la modestie de nos ventes nous a empêché de vivre de notre passion (aujourd'hui seul notre bassiste est intermittent... en travaillant avec plusieurs groupe évidemment). Nous avons également la chance d'avoir un public assez étonnant qui ne nous a jamais lâché et qui nous permet de vendre 2 ou 3 000 albums à chacune de nos sorties... de quoi continuer à faire les choses correctement, à notre petit rythme d'artisan.  

              Concernant l'horrible question des influences, je vais tricher en citant trois influence anglo-saxonnes : Arcade Fire, Divine Comedy et les Beatles et trois artistes français dont les textes me touchent : Bertrand Cantat, JP Nataf et... allez Raphael (!!!) qui a, je trouve, une vraie liberté et une vraie qualité d'écriture. L'Auvergnat on en parlera après...

 

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 - Et bien , ça a commencé sur les chapeaux de roue...  même pas eu le temps de préparer la suite, moi!  Au niveau des références, vous ne m'avez pas facilité les choses d'ailleurs : je comptais un peu que François et Yann évoquent  Wilco ( un groupe que vous citiez tous les deux comme référence ailleurs )... et Stéphane, de la matière un peu plus "progressive" (Queen,  Wyatt)...  Toutefois,  merci d'avoir souligner  un certain discernement  dans  mon  choix de vous inviter tous les 3... même si ça me fout  encore plus la pression, et la pétoche...

            Alors, évidemment, le point commun  évident entre vous trois,  c'est bien sûr d'écrire des chansons  en français...   Là dessus, Murat n'a jamais varié (même s'il a dit avoir des titres écrits en anglais dans les malles du grenier)... mais sans toujours se revendiquer "rock".  Est-ce que vous, vous tenez à cette étiquette? Et utiliser le français ne vous a.. ou ne vous pose-t-il pas des problèmes d'identité?

 

STEPHANE PETRIER : Bon alors déjà d'emblée j'esquive la question sur l'appellation "rock". Je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire et je m'en fout. Qu'on nous catalogue chanson française, pop rock, cold-wave ou trash-reggae, peu me chaut comme dirait l'autre. Je n'ai aucun problème avec la "variété française", j'ai toujours préféré Jacques Brel ou Alain Souchon à des trucs soit-disant rock mais qui m'emmerdent profondément (je pourrais te citer des noms si tu es sage).

 

           Concernant le chant en français, là aussi je ne me suis jamais posé la question. La première fois que j'ai voulu faire une chanson, ça s'est imposé comme une évidence. Je crois que c'est Jean-Louis Aubert qui disait "Je chante en français parce que la nuit, je rêve en français" ; c'est exactement ça. Pour moi, écrire un texte, c'est une façon de me foutre à poil, d'essayer d'être le plus honnête possible. Et j'ai toujours considéré que les artistes français qui chantaient en anglais le faisaient soit par fainéantise, soit par manque de couilles. Pour être juste, je crois qu'il existe une troisième catégorie, plus respectable, ceux pour qui la voix n'est qu'un instrument parmi d'autres, un instrument qui n'est là que pour "sonner" et qui donc se foutent totalement de ce qu'ils peuvent raconter. Dans tous les cas, je trouve ça dommage.

         Dommage bien sûr parce que j'ai l'impression que ces artistes là sont quelque part moins "honnêtes", mais dommage aussi parce que je pense qu'ils passent à côté de quelque chose. Techniquement, c'est beaucoup plus dur de "faire sonner" en français (notamment sur les parties rythmées et violentes) mais en revanche, quand on y arrive, quel bonheur !

          On a la chance d'avoir une langue beaucoup plus riche, beaucoup plus variée au niveau des sonorités que l'anglais et quand ça fonctionne c'est terrible.

           Les rares fois où j'ai utilisé l'anglais, c'était très clairement par défaut, par renonciation, parce que je n'arrivais pas à mettre un texte correct  en français. A l'époque de notre second CD "Le Signe" où nos managers avaient des rêves de grandeur, nous avions commencé à enregistrer une version anglaise de l'album (pour "l'international" comme ils disaient....). Mis à part le fait que j'avais un accent lamentable, ça ne ressemblait à rien... ça manquait d'âme, nous  perdions notre identité, ce serait au contraire me mettre un masque et me trahir.  Idem avec Noir Désir par exemple : Bertrand Cantat réussit parfois à me bouleverser quand il chante en français. En anglais, il ne me touche plus, redevient banal et ressemble à des dizaines de groupes anglo-saxons.   Je fais peut-être un peu trop long non ?

 

- non, non, c'est bien... tant que tu ne racontes pas de blagues, ça va.  Yann?

 

YANN  GIRAUD : Je crois que je partage à peu près tout ce qui a été dit. C'est sûr, je pourrais toujours te citer quelques groupes intéressants chantant en anglais (Pokett ou The Delano Orchestra et quelques potes à moi qui me semblent faire cela avec beaucoup de conviction) mais globalement, je suis d'accord pour dire que le chant en anglais marque souvent un manque de personnalité ou d'affirmation. Or, qu'est-ce qu'être artiste s'il ne s'agit que de se mettre en retrait. L'autre jour, je discutais avec un ami qui est aussi responsable d'un label parisien et il me disait que l'impression qu'il retire de la plupart de ces artistes est qu'ils ne font de la musique que pour exposer leurs goûts. Le mec aime les Strokes alors il fait un truc à la manière des Strokes ... du coup, on se retrouve avec des groupes qui font de la musique qui existe déjà, et souvent en mieux.

           Quand je vois ça, je me dis que je devrais supprimer pas mal de noms qu'on trouve dans la rubrique "influences" sur les sites du genre MySpace, Noomiz, etc. C'est aussi pour cela que je n'ai pas cité Wilco. Ok, c'est l'un de mes trois groupes préférés, mais est-ce que ce que l'on fait est réellement inspiré par eux ? J'en doute car c'est un groupe avec une dynamique de malades. Il y a des gens dans ce groupe qui évoluent parallèlement dans le milieu du free-jazz ou du post-rock un peu barré. Alors, certes, ce serait excitant de pouvoir faire cette musique là avec des paroles en français, mais de plus en plus, je me rends compte que pour que ça fonctionne, c'est la chanson qui doit passer en premier. Si tu as une bonne chanson, tu peux la jouer en acoustique, sur un rythme reggae, ce sera toujours aussi bien. D'ailleurs, dans Porco Rosso, on aime bien réarranger les morceaux sur scène, surtout quand on n'arrive pas à les rejouer !

          Bon, tout cela pour dire que comme pour Stéphane, le choix du français m'est apparu comme une évidence. Je ne pense pas que ça pose un problème quelconque par ailleurs. Peut-être que ça ferme quelques portes dans des salles parisiennes, mais à part cela, les labels et les radios continuent de plébisciter les groupes qui chantent en français. Les salles aussi, il me semble ...et puis, je crois que même des gens qui ne vont pas forcément être fans de ce que l'on fait vont au moins apprécier la démarche.

            Pour ce qui est du rock, je suis aussi comme Stéphane. Le maître mot pour moi, c'est la mélodie. C'est pour cela que la musique tend vers la pop aussi. Après, j'aime la distorsion, l'électricité, la batterie. Alors, oui, c'est rock dans ce sens là, mais sinon, je ne vois pas quelle est la fierté de faire du rock, en quoi il y a un intérêt de s'arroger ce label là. Je déteste tout le discours qui consiste à se demander si quelque chose est rock ou ne l'est pas. Pendant que je tape ces quelques lignes, j'écoute Silver Mt. Zion, c'est du rock, ça ? Honnêtement, je m'en fous un peu.

 

STEPHANE PETRIER : Ca va pas du tout ça les gars ! On est d'accord sur tout !!!  Quand est-ce qu'on se met sur la gueule ?

 

- Ah, non!! ça fera trop rock and roll!! 

 

FRANCOIS- KAS : Comme Yann et Stéphane, nous ne revendiquons pas d'étiquettes particulières. Les questions de certains journalistes portant sur le style du groupe visent plus à construire une représentation de notre musique pour leurs lecteurs :  c’est utile, concis mais aussi très restrictif. « Rock » permet sans doute de souligner le rôle de l’électricité ainsi que l’omniprésence des guitares et des saturations, au risque de gommer tous les autres ingrédients constitutifs de notre univers.
             Pour l’écriture en français, c’est venu assez vite mais les premières chansons composées le furent dans la langue de Shakespeare. Depuis, les titres que je compose sont quasiment tous en français mais je me donne le droit de placer quelques phrases en anglais de temps à autre pour amener des couleurs et des sonorités différentes, pour un passage assez puissant ou crié, puis une partie avec beaucoup de chœurs... Et puis, en France, nous avons tout de même de nombreux chanteurs ou groupes qui ont un rapport très intime à la langue et à la culture anglaise et  qu’on peut à mon avis considérer comme de grands auteurs.

STEPHANE PETRIER : Qu'entends-tu par "chanteurs ou groupes qui ont un rapport très intime à la langue et à la culture anglaise" ? S'il s'agit de gens comme Gainsbourg par exemple, je suis d'accord. Il utilise beaucoup de formules et joue avec les anglicismes mais, je  dirais, à la rigueur pas plus que toi et moi dans la vie de tous les  jours. Il continue à "me parler" en français. En revanche, je ne vois  
pas pour ma part de "grands auteurs" français qui écriraient  totalement en anglais. A qui penses-tu ?

 

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FRANCOIS- KAS :  Lorsque j'ai utilisé l'expression "grands auteurs" français écrivant en anglais,  je ne pensais pas à Gainsbourg mais à des artistes plus confidentiels comme Piers Faccini, Santa Cruz, Laetitia Shériff, Jullian Angel, David Fakenahm (etc.) qui ont soit une approche très poétique de lalangue anglaise soit un remarquable savoir faire pour construire leurs chansons comme de petites nouvelles. Je trouve intéressant de voir comment ces groupes évitent les pièges évoqués par Yann et Séphane et parviennent à se réapproprier des pans entiers de la culture populaire américaine. Ce ne
sont pas les plus connus, ils ne visent sans doute pas un succès planétaire mais leur démarche artistique est à la fois intègre, sincère et passionnante, bien loin d'autres groupes se contentant de cloner les artistes anglo-saxons écoutés à la maison. Et puis, parmi mes groupes favoris, il y a aussi les Married Monk, avec des textes qui là aussi sont parfois très bons même s'ils parlent un peu trop  systématiquement de boisson !

 

- Finalement sur ces deux questions du rock et du français, vous êtes sensiblement sur la même position que Murat. Alors Murat, justement...  Est-il à ranger dans vos influences ? (en matière de : musique, texte, méthode... )     

 

 

YANN  GIRAUD Je ne crois pas que Jean-Louis Murat soit une influence directement identifiable dans notre musique. En revanche, en ce qui concerne la démarche, JLM a eu une influence déterminante. Quand nous avons commencé à faire de la pop sous le nom de Porco Rosso, au début des années 2000, l'idée principale était de se démarquer du rock alternatif qui à l'époque polluait les radios. Bien sûr, nous avons toujours eu beaucoup de respect pour Noir Désir, un groupe totalement déculpabilisant pour le rock français, mais il y a avait tous ces clones à la radio et puis aussi, toute cette soupe punk-ska plus ou moins alter-mondialiste qui, je pense, a bien pourri la scène française. À cause d'eux, tu ne pouvais pas faire du rock en France sans qu'on attende de toi une prise de position politique. Je pourrais citer deux ou trois noms, mais j'imagine qu'on voit de quel genre de formations je veux parler. Et en plus, en contre-attaque, on a eu l'extrême inverse, la nouvelle chanson française qui elle, ne parle que de la queue au supermarché, de la vie banale de tous les jours, les trucs dérisoires. Ai-je besoin qu'on me parle de ma vie de merde ? Je ne crois pas. Donc, la qualité en France se situe quelque part entre ces deux écueils, et là, on trouve un type comme Murat : des textes beaux et poétiques, de la mélodie, un peu d'ambition. Et puis j'aimais le discours qu'il avait en interview, le refus de la facilité et de la médiocrité, l'idée aussi que même si on n'a pas à se référer aux anciens (Brel, Brassens, Ferré), ça reste quand même dans nos gènes, que toute chanson française se fait en référence à la variété, qu'il ne faut pas forcément chercher à lui tourner le dos.        

               Après pour les textes, Murat n'est pas mon influence principale. Je pense plutôt à des gens comme Morrissey, Ray Davies ou Bob Dylan (Blood on the Tracks surtout), mais en français. Les textes de Murat sont plus métaphoriques, attachés à une certaine idée de la poésie française classique (Louise Labé, l'amour courtois, tout ça). Je cherche à raconter des histoires ou à m'inscrire dans une époque, un contexte, même si ce n'est pas forcément à prendre au premier degré, je me sens plus proche de Dominique A en ce sens. Comme ce dernier, la façon dont Murat place sa voix, en revanche, est importante pour moi. Ce n'est pas évident à faire sonner, le français. Peu y arrivent avec fluidité, sans que ça accroche, sans qu'il y ait trop de maniérisme. J'aime ça chez lui aussi.

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FRANCOIS- KAS :  Pour ma part, je n’ai jamais considéré Murat comme une influence majeure. Mes influences sont longtemps restées presque exclusivement anglo-saxonnes et la découverte de Murat fut finalement assez tardive. Par ailleurs, en dépit de mon intérêt pour son œuvre, peu de disques de Murat m’ont touché de manière suffisamment profonde pour influencer mon approche de la musique et de la création.

         Il y a cependant une exception : Mustango. En effet, cet album, comme Remué de Dominique A, Fantaisie militaire de Bashung ou #3 de Diabologum, représente pour moi un des horizons indépassables de la chanson française des années 90-2000. Des textes d’une beauté désarmante, des influences anglo-saxonnes parfaitement assumées et intégrées, des voix et une production chaleureuses et sensuelles, plus que d’une influence, il s’agit là d’une référence ultime à l’aune de laquelle on peut jauger ses propres compositions et enregistrements.

         En outre, ce qui me paraît rapprocher ces quatre albums, c’est, dans leur démarche, la volonté de leurs auteurs de donner une forme nouvelle à la chanson d’ici en étant aussi ambitieux  sur les textes que sur les musiques, en assumant pleinement toute la diversité de leurs influences respectives et en se détachant du côté parfois un peu larmoyant voire nombriliste que peut prendre la chanson française « à texte ».

Pour finir, je suis assez d’accord avec les propos tenus par Yann sur l’habilité qu’à Murat de faire sonner sa voix et sur les qualités poétiques et métaphoriques de ses textes.

 

          Mais,  Yann (la question peut s’adresser à Stéphane également), en dehors des références citées pour tes textes (Morrissey, Ray Davies ou Bob Dylan), es-tu également influencé par certains écrivains ?   "Mourir" aurait pu avoir sa place sur un album de JLM , non ?

 

STEPHANE PETRIER Pour ma part, mon rapport avec Murat est assez ambigu.

            Je l'ai d'abord longtemps détesté... ou plus exactement il m'agaçait... Je n'aimais pas sa façon de faire des textes, notamment sa façon très "XIXème siècle" d'évoquer ses sentiments.

Certaines phrases, par exemple, je crois que c'est dans "Col de la Croix-Morand" comme "j'éprouve un sentiment profond", je trouvais ça insupportable : pour moi un auteur n'a pas le droit de dire ça, il doit le faire comprendre, le suggérer... En revanche, j'étais déjà jaloux de sa voix, de sa classe naturelle et je me disais que si j'étais une fille je serais sûrement tombée amoureuse de ce sale type.

Les choses ont basculé, je ne sais trop pourquoi, avec "Le moujik et sa femme"  qui reste pour moi un de ses meilleurs albums. Là, j'ai commencé à tout lui pardonner et je me suis enfin "laissé aller", j'ai accepté de rentrer dans son univers sans intellectualiser la chose. Aujourd'hui, c'est toujours pareil : j'accepte de Murat des choses (tant au niveau des textes que de la musique) que je trouverais ridicule venant d'un autre. Je crois surtout que j'aime sa liberté, la façon dont il assume le mélange des genres, et bien sûr son talent pour faire sonner la langue française, c'est peut-être en ce sens qu'il est pour moi une influence.

           Pour répondre à la question des personnes qui m'ont réellement influencé au niveau de l'écriture, je citerais moi aussi Morissey, pour sa capacité à oser se mettre à nu, mais aussi beaucoup de choses dans la variété française des années 70 notamment (Souchon, Aznavour, même Delpech ou les tout premiers albums de Balavoine) où on avait un vrai talent pour raconter une vraie histoire en
quelques minutes, planter un décor... J'adore ça. Je trouve qu'un garçon comme Renan Luce aujourd'hui réussit par moment à retrouver cette grâce. L'écriture beaucoup plus intellectuelle de Bashung me fascine également mais me touche peut-être moins (sauf l'exception sublime qu'est "Fantaisie militaire" album touché par la grâce où j'ai enfin l'impression que le bonhomme tombe le
masque et me parle de ses souffrances sans que le vernis de la virtuosité le protège).
          J'ai du mal à savoir si les écrivains que j'aime (Bret Easton Ellis, John Fante, Vargas Llosa) m'influencent. Il y a plutôt parfois un flash, un film, un livre, une BD qui va un jour m'inspirer une chanson, mais je ne crois pas que cela ait une emprise directe sur mon style.



 

YANN  GIRAUD Pour ma part aussi, c'est toujours difficile de savoir si je suis influencé par d'autres formes d'art que la musique. J'aime beaucoup d'écrivains (Houellebecq, Jim Harrison, Dan Fante, Russel Banks ...), mais est-ce que ça m'influence sur la forme ? J'en doute. Je dirais que ce sont les sujets qui m'influencent, les ambiances aussi, mais pas l'écriture elle-même. Idem pour un certain cinéma qui me touche et peut me suggérer des images. Je pourrais aussi citer certains champs philosophiques. Au début, je voulais citer une phrase de Deleuze et Guattari dans notre disque, puis les membres de mon groupe m'en ont dissuadé. Ils ont bien fait, je crois ... Dans "Mourir", en effet, il y
a une référence explicite à Murat quand j'emploie le terme "cariatide",
[utilisé dans « aimer »]  mais pour le reste, je ne sais pas.

            C'est marrant, les albums que cite François. On revient toujours à la même poignée d'artistes, c'est un peu déprimant, non ? Sur ce que dit Stéphane aussi sur les années 70, je suis assez d'accord, mais chez moi, ça concerne plus la musique que les textes. Quand j'entends des trucs comme les premiers Véronique Samson, je me dis qu'il y a un super son au niveau de la rythmique, ça groove à mort, et il me semble qu'on a perdu la clé. Récemment, j'ai cru entendre un peu de ça chez M. Même si ça ne me touche pas à titre personnel, je lui reconnais d'avoir un peu réhabilité ce son là et je trouve bien aussi que ça s'adresse à un public assez large.

           Je constate que depuis quelques temps, du point de vue des textes, je suis de moins en moins en phase avec le style de Murat et de plus en plus avec celui d'Étienne Daho. J'ai longtemps ignoré ce dernier et me rend compte qu'en fait, c'est beaucoup plus difficile de se mettre à nu avec des textes simples que de se cacher derrière des postures. Sur le dernier album d'Étienne, il évoque des choses crues et bouleversantes sur sa rupture amoureuse et sa relation avec son père. C'est quand même vraiment courageux d'écrire (et plus encore de chanter) : "tu veux savoir pourquoi aujourd’hui je ne t’aime plus, pourquoi depuis un moment, je ne te désire plus et tu pleures en secret toutes les larmes
de ton corps, comme si j’étais mort". C'est peut-être moins élégant, moins littéraire, mais arriver à cette épure, c'est du gros travail et je crois qu'on ne s'en rend pas assez compte.

 

-  J’ai toujours gardé en mémoire la leçon de Gilles Vigneault sur la beauté des phrases construites avec des mots simples à une ou deux syllabes…  et ta citation Yann m’a fait penser à cela. Mais soit, moi, ce que j’aime dans l’écriture de Murat, c’est qu’il n’y a aucune expression toute faite (ce que je reprochais à Biolay…),  même si on peut aussi parler de « facilité »  quand on va dans l’abstraction et l’abscond.            (concernant Deleuze : je crois qu’Abdel Malik t’a grillé ! J’l’ai entendu parler d’une chanson évoquant les 3 D : Deleuze, Derrida et Debray…). 

 

 

 

SAM 2866

La pochette osée de l'album "L'homme le plus heureux du monde" du Voyage de NOZ... Ca va bien avec Murat, non?

 

 

LE LIEN EN PLUS :  

 

Voila de quoi faire connaissance avec ces "jeunes groupes":  

 

http://www.karl-alex-steffen.com/

http://www.myspace.com/karlalexsteffen

Photo-108-comp.jpgle bel objet en édition limitée que voilà...

 

http://www.porco-rosso.com

 http://www.noomiz.com/porcorosso
 http://www.grosse-caisse.com/musique/porcorosso

Pour eux, aussi, choix du bel objet : EP disponible en  vinyl uniquement...  

 

th_CoverPorcorosso.jpg 

 

 

http://www.levoyagedenoz.com/

http://www.deezer.com/fr/music/le-voyage-de-noz

http://www.bonne-esperance-the-story.fr/   (teasing du nouvel album à sortir le 27/11)

v_bonne-esperance.jpg

 

 

 

A SUIVRE!!!!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 26 Septembre 2010

 

Inter-ViOUS et MURAT-, numéro 7 :  

 

ERIK ARNAUD   (2e partie)

 

 

 

Chapitre 2:

                   Après la convocation, dans la première partie, de Neil Young, Gérard Manset... et a little, d' un chanteur auvergnat du nom de Murat ...

                   Où  l'on glisse un moment sur "Courchevel", le nouvel album de Florent Marchet auquel Erik a participé...  pour en terminer sur les questions rituelles de l'INTER-ViOUS et MURAT... et de très étranges fantasmes.

 

 

 

 

 

                                                                                                      

               

- Vous parliez du travail avec Florent Marchet… Pour COURCHEVEL, est-ce que vous avez partagé les consoles avec Stéphane Prin (qu’on associe forcement à Murat )  ou vous avez travaillé en parallèle ? Est-ce que vous avez évoqué Murat ensemble ?

 

 

ERIK ARNAUD: Non je n’ai pas du tout travaillé avec Stéphane Prin. Stéphane, que je n’ai rencontré qu’une seule fois quand il mixait Gargillesse de Florent, s’est chargé d’une partie du mix. Moi je me suis occupé d’une grosse part de l’enregistrement donc son travail est venu après le mien. Malheureusement je n’ai pas pu assisté au mix…

 

 

 

 

 

- J’espère pouvoir poser quelques questions à Florent bientôt mais, est-ce que vous pourriez nous dire quelques mots sur "Couchevel" (sortie le 11/10/10) ?

 

 

ERIK ARNAUD:    Courchevel est un album charnière pour Florent il me semble car il a choisi de ne faire aucune concession dans la couleur musicale tout en recherchant je crois une forme de succès public : il a utilisé les instruments qu’il avait envie d’utiliser et surtout, et là je parle de mon travail avec lui, il a souhaité dès l’enregistrement obtenir une couleur et une direction musicales  très marquées. Exemple : au lieu d’attendre le mix et donc de se réserver la possibilité ou non de compresser un piano ou de mettre de la distorsion sur une batterie, et bien on faisait ce choix directement à la prise. Il y a deux avantages à procéder comme cela : le premier est d’avoir tout de suite une couleur et une intention qui mettent sur les rails et qui sont très motivantes pour terminer le morceau. Le deuxième est que l’on gagne du temps au mix puisque quasiment toutes les options en termes d’effet ont été prises. D’une certaine façon, en enregistrant de cette manière on commence aussi à mixer à la prise. Les inconvénients ? Si on s’aperçoit en cours de route que la direction n’est pas bonne, il faut tout refaire mais ça vaut le coup de prendre ce risque en sachant que c’est plus facile si on connaît bien l’artiste qu’on enregistre. Cela demande vraiment d’être sur la même longueur d’ondes. Autre inconvénient : le mixeur se retrouve parfois avec des bandes avec lesquelles il doit composer ; à moins de réenregistrer, pas moyen pour lui d’enlever un delay, une distorsion ou une compression déjà enregistré.

Pour revenir à Courchevel, il y a une chanson au moins aussi géniale que ‘Le terrain de Sport’ sur son premier album, c’est ‘L’eau de Rose’ : refrain et mélodie imparables, un poil dérangeante dans le texte mais contrebalancée par une musique plus positive. Une merveille d’équilibre.

 

 

 

- Revenons à vous…. Benoit Crevits, un ami facebookien, écrivait dans pop news: "Erik Arnaud évolue dans un monde de frustrations, de regrets. Le point de rupture après les humiliations, les découragements, est généralement la source de son inspiration".  Magic! préférait mettre en exergue la phrase : "j'ai trop de choses à dire tellement je suis heureux"....  Est-ce que le bonheur conjugal a modifié votre inspiration? (Jean-Louis Murat  disait enlever de la noirceur dans ses morceaux -et être plus chaste...- du fait de son statut de "papa").

 

 

ERIK ARNAUD : Non le lien n'est pas aussi direct que ça. Etre marié ou pas, avoir des enfants ou pas, tout cela doit sûrement influencer l'écriture mais il n'y a pas de prise de conscience, une sorte d'avant et d'après. Avoir des enfants, c'est clair qu'il y a un avant et un après, mais ça n'est pas aussi radical en termes d'influence dans la musique ou l'écriture. En tout cas pas pour moi. Ce sont des événements de la vie qui, au même titre que d'autres, ont une diffusion lente dans la production artistique. On sent sûrement leur influence mais bien après je crois. Mais il est possible que tout cela ait un impact sur les prochaines chansons. Je ne suis plus la même personne qu'il y a 3 ou 4 ans non plus donc on verra ce que je vais écrire d'ici quelques temps. Pour l'instant, je n'en sais absolument rien...

 

 

 

- Concernant la production musicale de Murat,  ce qui a pû jouer, comme il l’a dit, c’est qu’il a le souhait de rester auprès de sa famille… mais c'est vrai que l'inspiration reste la même (bien qu'on puisse parler de 16 heures qu'est-ce que tu fais?).  

 Est-ce que dans votre œuvre, vous avez une chanson qui vous fait penser à Murat, ou dont Jean-Louis Murat aurait participé à l’inspiration ?  

 

 

 

ERIK ARNAUD:  Non pas directement, mais j'avais intitulé une de mes chansons « Comme Au Cinéma » (sur l'album Comment Je Vis) et je ne me souvenais pas à l'époque que Murat avait écrit une chanson qui portait ce même titre sur l'album Venus. Coïncidence ? On ne parle pas du tout de la même chose en tout cas dans ce morceau.

 

 

 

 

- Vous avez déjà évoqué votre période préférée de Murat... mais votre album préféré?  et s'il fallait retenir 3 titres?

 

 

ERIK ARNAUD:   Pour l'album, je dirais Venus. 3 titres ? 'Le Lien Défait', 'Aimer' et 'Foule Romaine'.

 

 

 

  

-  Vous avez évoqué l'avoir vu sur scène... Vous rappelez-vous où?  Des souvenirs particuliers?

 

 

ERIK ARNAUD : Oui c'était en 2007 à Cluses. Très bon concert mais je me souviens surtout d'avoir rencontré une personne très gentille et chaleureuse. Bien loin des clichés et du maniérisme du 'star system', très affable et très simple, vraiment quelqu'un de bien... vraiment.

 

 

 

- Quels sont vos projets ? Est-ce que quelques dates vont être programmées en province ?

 

 

 ERIK ARNAUD : Malheureusement pas encore de dates prévues en province mais je vais m’occuper de ça prochainement. Quant aux projets : écrire de nouveaux morceaux, en français ou en anglais, je ne sais pas encore…

 

 

-  En anglais?  Je suis surpris!   Une façon définitive d'"emmerder la chanson française" pour reprendre un des vos titres de 1998 ?

 

 

ERIK ARNAUD:  Quand j'écris une chanson, la mélodie de chant qui me vient, je la chante toujours dans une espèce de 'yahourt' anglais (il en reste parfois quelques traces sur les versions définitives, sur Cheval par exemple). Comme je mets un temps fou à écrire les textes en français et que je me débrouille pas trop mal en anglais (j'ai fait une fac d'anglais et suis prof d'anglais remplaçant cette année), je me dis que j'irais peut-être plus vite à écrire une chanson si elle était en anglais.     Mais bon, tout ça c'est de la théorie puisque je n'ai pas encore essayé... Peut-être aussi que l'anglais peut être une étape pour ensuite aller vers le français. Je cherche peut-être aussi une manière de désacraliser le texte en français et aussi je crois d'alléger le propos. J'écris toujours un texte en français où chaque mot doit faire sens, du coup, c'est peut-être parfois dense et indigeste, ça je peux le comprendre ! Impossible pour moi de mettre dans un texte des expressions du genre "vaille que vaille" ou "je me suis levé ce matin et j'me suis fait un café...".

 

 

 

 

- Vous dites que vous allez vous occuper de trouver des dates de province...  Est-ce que cela veut dire que la petite entreprise Erik Arnaud se passe de tourneur, de manageur? Vous faites tout?

  

 

ERIK ARNAUD:   J'avais plus ou moins un tourneur mais je crois qu'il a eu du mal à trouver des dates et comme je ne lui ai pas mis la pression, il y a eu une sorte de quiproquo entre nous : lui croyant que les concerts ne m'intéressaient pas trop et moi pensant que je n'étais pas leur priorité, je les laissais tranquilles... Donc du coup, je vais essayer de trouver des dates dans des petits lieux et m'adresser aux assos qui ont leur programmation dans des lieux genre petits clubs, bars... On joue à 3 dans une formule techniquement légère donc financièrement on est très souples et puis j'ai vraiment envie de jouer plus ces chansons car je prends de plus en plus de plaisir sur scène. Je n'ai pas de manager non plus, pas que je ne veuille pas mais voilà c'est une histoire de rencontre je crois et celle-ci ne s'est pas encore faite... Et surtout, personne ne s'est encore proposé !

 

 

 

- Pour en revenir aux projets, il semble donc qu'on ne sera pas obligé d'attendre 8 ans pour écouter un nouvel album d'Erik Arnaud! Vous vous êtes fixé une date butoir?

  

 

ERIK ARNAUD:   Non pas de date butoir mais moins de 8 ans, ça c'est sûr.

 

   

-  Pour finir, imaginons que Jean-Louis lise l'interview et vous appelle : "grizzly bear, chiche?*" , vous acceptez de l'aider aux manettes?                                                                                    * cf partie 1

 

 

ERIK ARNAUD:     Bien sûr que j'accepte. Toutefois il est quand même très rare que des artistes avec de la bouteille se risquent à se remettre en question de manière radicale. Avec le temps, ils se font souvent une idée précise de ce qu'ils veulent et finalement laissent peu de marge de manoeuvre aux gens de 'l'extérieur'. Ils ont souvent un savoir-faire qui a fait ses preuves, une équipe de musiciens qui fonctionne, un entourage parfois frileux et tout ça fait que ce qui est pour eux une remise en question n'est parfois qu'un simple micro-ajustement vu de l'extérieur (changer un musicien, changer de studio, changer d'ingé son). Non, ce qui est radical, c'est d'enlever complétement le chanteur de son contexte habituel, de le prendre à nu lui et ses chansons et de renouveller entièrement la garde-robe et de le déstabiliser. Malheureusement avec l'âge, ils ont plutôt envie de confort et d'être rassurés que d'être déstabilisés. Dans le genre, j'aimerais bien voir Manset dans de nouveaux habits. Avec Florent Marchet, c'est ce qu'on a essayé de faire avec Clarika. On a pas mal fantasmé sur l'idée de bosser de cette manière avec Manset, Murat ou Delerm par exemple... Qui sait ?

 

 

 


 

Interview réalisée par mails du 17/04/2010 au 26/09/2010 inclus !

Dans cette interview, aucune question ne traitait directement de la crise du marché  du disque... mais c'est bien la merde quand même.

 

copyright Pierrot-surjeanlouismurat@. 2010



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Un grand merci à ERIK ARNAUD.

erik arnaud-murat

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LE LIEN EN PLUS :

 

 

-  Chronique de l'armure : 

 

 dans Magic: http://www.magicrpm.com/pop.php?q=artistes/erik-arnaud/videos/vies-monotones-reprise-de-manset

Sur Pop News :  http://www.popnews.com/popnews/erik-arnaud-l-armure/

Chez Baptiste Vignol:  http://delafenetredenhaut.blogspot.com/2010/07/le-cru-et-le-cuit.html

Benzine MAG:    http://www.benzinemag.net/2010/02/25/erik-arnaud-larmure/

 

- http://www.monopsone.com/?artist&id=15

Retrouvez une petite bio sur le Label d'Erik....

 

- et.. et... après avoir commandé "l'armure" sur http://www.erikarnaud.com/

vous pourrez y télécharger GRATUITEMENT :  le EP 4 titres   "c'est pas l'enfer"  :  http://www.erikarnaud.com/discographie.php

 

 

 - VIDEOS :

 

Une autre version live de "Cheval" :

 

 
 
Abiguael :
 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 24 Septembre 2010

 

 

Inter-ViOUS et MURAT-, numéro 7 :  

 

ERIK ARNAUD  

 

                    

                 J'avais déjà tenu à vous parler d'Erik Arnaud dans une petite chronique de "l'Armure",  son 3e album "remarquablement vaste et généreux,  procurant un sentiment d’achèvement et de complexité" selon Magic!, et je suis content de le remettre à l'honneur aujourd'hui.

                Je l'ai contacté voilà quelques mois car j'ai vu qu'il était "friend " de  Jean-Louis Murat sur FB ou myspace...  Quelques autres indices dans la sphère muraphile, hors la qualité de sa production,  m'indiquaient que j'avais le client idéal pour une nouvelle inter-ViOUS et Murat  : son compagnonnage avec Florent Marchet,  son goût avoué pour Gérard Manset et aussi le partage d'une scène avec Murat un certain 7/7/7... à Cluses. 

                 Nous avons pris un temps certain par nombreux échanges de mails pour la réaliser, confirmant ainsi le fait qu'Erik Arnaud aime prendre son temps mais surtout qu'il est d'une grande gentillesse... s'excusant mille fois de son manque de temps quand il tardait pour répondre, ou acceptant de réaliser une photo originale...  bien loin de l'image un peu arrogante et cynique de ses deux premiers albums.  D'ailleurs,  cette "inter-ViOUS et MURAT" est interactive : n'hésitez pas à réagir et à poser des questions complémentaires, il y répondra!                           

                 

erik-arnaud-murat.JPG

                                                                                     Erik Arnaud-surjeanlouismurat-blog de Pierrot

 

 

 

 

Erik Arnaud bonjour,
 

 

J'ai dans les mains l'édition limitée de "L'armure" (encore disponible sur votre site). C'est un bel objet (long digipack), avec une photo quelque peu surprenante... qui donne déjà un point commun avec Murat, celui de poser nu! On distingue aussi des pochettes de disque que je n'ai pas reconnues...

 

 ERIK ARNAUD : Merci d’avoir acheté le disque. Je suis content qu’il te plaise (l’objet et les chansons).   Quant aux 33T qui figurent sur la pochette, en fait il y en a 3 : contre la cheminée (Neil Young, Everybody Knows This Is Nowhere), dans le placard au fond en haut à gauche (Elvis Costello, This Year's Model) et sur le lit (Iggy & The Stooges, Raw Power). Outre le fait que ce sont 3 artistes que j'aime, les pochettes de ces albums reflètent une esthétique (grain et couleur) que je voulais pour la pochette de L'Armure : celle des couleurs chaudes, granuleuses, vaporeuses des années 70s. Il y aurait aussi plein d'autres raisons...

Pour le choix de cette photo, c'est un ami photographe qui avait repéré ce lieu : ancienne école privée catho (avec pensionnat et chapelle) abandonnée depuis 30 ans. Il y avait fait de nombreuses photos dont cette chambre qui était celle du directeur du pensionnat, chambre restée telle quelle, portant seulement les traces du passage de quelques squatteurs. Hormis les 3 albums pré-cités, rien n'a été rajouté ou réarrangé : le lit simplement déplacé de 20 cm, le slip qui était au sol a été posé sur le matelas...

 

 

 

- Ah, oui... On voit bien  l'Elvis costello sur la photo  mais moins sur l'impression du digipack...  Mais forcement, puisque vous parlez de Neil Young, il faut  qu'on s'y arrête !  Quand les critiques parlent de Murat, avant, ils faisaient souvent référence à Manset.. maintenant, c'est le plus souvent à Neil Young.  Murat, quant à lui, a parfois tenté de s'en démarquer... disant par exemple que c'était un bon mais en Division 2!!... Le canadien fait partie de vos références? Que pensez-vous de la comparaison avec  Murat? 

 

 ERIK ARNAUD :  Oui j'ai découvert Neil Young quand j'avais 15 ans avec la compilation Decade donc ça laisse des traces... Je ne jetterais rien du Neil Young des années 60 et 70.   Il n'y a pas beaucoup d'artistes ou de groupes dont au moins une dizaine d'albums peuvent vous marquer autant. Quant à la référence à Murat, j'avoue n'avoir jamais compris. Peut-être lorsqu'il s'est mis à porter des chemises à carreaux ? Le tournant je crois, c'est en 99 et l'album Mustango, lorsque Murat a commencé à regarder vers les Etats-Unis (il portait des T-shirts Swell en concert, a bossé avec les mecs de Calexico, il est venu chez Labels...).    Tout le monde s'est dit que Murat devenait plus indé et comme il habite dans le middle-west français, c'était donc plus cool de le comparer à Neil Young qu'à Paul Buchanan de The Blue Nile. La seule fois où je l'ai rencontré, on n'a pas parlé de ça mais je crois qu'il avait tout simplement envie d'un peu plus d'électricité et de guitares dans sa musique.

 

 

 

- Sur Neil Young (que j'avoue méconnaitre), vous m'étonnez quand même en ne discernant aucun rapprochement possible notamment dans le tournant blues/folk électrique des dernières années de Murat?  

 

 

ERIK ARNAUD On a voulu faire de Murat le « loner » français tout ça parce qu’il s'est mis à la guitare et aux chemises à carreaux et qu'il habite dans un coin perdu. Sur la forme, ça peut se comprendre, mais sur le fond, c'est-à-dire la personnalité de Murat, sa musique et ses textes, la référence à Neil Young me semble un peu tirée par les cheveux. Rien ni personne ne ressemble à Murat ou Neil Young, ils sont vraiment uniques. J'imagine que la référence à Neil Young c'est aussi une forme de consécration. Comparer Murat à Neil Young, pour le public et les médias, ça peut vouloir dire : voilà un artiste qui est toujours là 25 ans après ses débuts, qui a une discographie plutôt importante, qui est un chanteur respecté et qui ne fait aucune concession. Ils ne sont pas beaucoup en France dans ce cas, non ?

 

 

- Vous parliez d'une  rencontre avec Murat, était-ce à Cluses où vous accompagniez Florent Marchet en première partie de Murat? Quels souvenirs en gardez-vous?  Vous connaissait-il (lui qui ne dit ne pas trop écouter de nouveautés)?

 

 

ERIK ARNAUD :   Oui c'était à Cluses. C'était la 1ère fois que je lui parlais. Je savais qu'il me connaissait car en 2002, après la sortie de mon 2ème album, il m'avait fait savoir qu'il me proposait une de ses 1ères parties à La Cigale mais finalement ça n'a pas abouti (il a choisi le groupe Venus je crois). Nous avons été collègues chez 'Labels' mais on ne s'était jamais croisé. J'ai rencontré quelqu'un de très sympathique et chaleureux qui m'a tout de suite demandé quand j'allais sortir mon 3ème album (on était en 2007). Bien entendu, cela m'a fait plaisir venant de Murat mais c'était surtout un encouragement de plus pour que je termine ce disque. Je garde le souvenir de quelqu'un d'accessible, bavard, franc et généreux, exactement l'image que je me faisais de lui. Très bon moment passé avec lui.

 

 

 

-  et ce n'est pourtant pas l'image qu'il donne toujours, hélas!  Notamment, en étant assez  avare en compliments sur  ses collègues français... mais comme quoi, entre deux disques américains, il les écoute...   Ce positionnement un peu provocateur envers la chanson française  est un de vos points communs avec Jean-Louis Murat, même si vous, vous êtes allé jusqu'à le chanter :  “Malgré tout, j’emmerde la chanson française/Après tout, que sont les deux tiers de l'iceberg, sinon merde, clichés, musique pour chien/Sinon, merde, clichés, du bruit pour rien” disiez-vous dans votre premier album.    

             Autre point commun: la référence à Manset... revendiquée de votre côté (dans votre premier  album, vous le citiez;  par la suite,  vous avez créé une structure du nom de Matrice, et vous reprenez "vies monotones" sur l'armure). Du côté de Murat, c'est plus compliqué... Qu'est-ce que vous pensez de la comparaison entre ces deux artistes? Comme pour Cohen et Neil Young,  c'est une cliché de journalistes? 

 

 

ERIK ARNAUD :Tout comme la comparaison avec Neil Young, celle avec Manset confirme le statut un peu à part de Murat dans la chanson française. A mon sens, ce n'est pas tant les points communs qu'il faut chercher entre ces artistes mais plutôt ce qui les différencie des autres. Leur seul point commun c'est justement d'être différents ! Du coup, hormis un univers très personnel, je cherche encore la connection Murat/Manset... Musicalement peut-être (Murat pré-99) : une instrumentation/production propre sur elle (gros studios...) avant tout au service de la voix et des textes. Pour les deux, le studio n'est pas un lieu d'expérimentation, de recherches sonores. Il faut y travailler vite et bien. Chez l'un comme chez l'autre, j'aimerais bien entendre un jour un disque avec un peu plus de prise de risques à ce niveau-là (un Murat produit comme le dernier Grizzly Bear par ex.).  Sinon pour les textes, hormis une certaine poésie commune, et c'est là une impression très personnelle, je ne vois pas trop de ressemblance entre un Murat séducteur, romantique et exalté, et un Manset plus clinique et exotique. Quand même : en utilisant des mots et des expressions pas facilement « chantables », ils ont tous les deux un rapport au français chanté totalement décomplexé qui fait qu'ils débordent largement du cadre de la chanson française classique (chansonnier ?).  J'aime bien le Murat sur scène qui chante le français comme un vrai rocker, c'est-à-dire sans la grandiloquence et le maniérisme (la gestuelle surlignant la parole) que l'on rencontre parfois chez le chanteur français à texte.

 

 

 

- Et bien, je dois dire que je suis mal pour rebondir... car c’est plutôt bien vu!!… sur la rapidité du travail de studio, sur la volonté d’être « différent »,  mais sur le chant, on peut noter que Jean-Louis Murat n’a pas craint aussi d’aller le maniérisme (Dominique A  : «  en 1989, l'album de Jean-Louis Murat Cheyenne Autumn a été un tournant. A nouveau, on avait le droit de chanter comme Jean Sablon, comme si on venait d'inventer le micro et qu'on pouvait roucouler sur fond de synthétiseur lamentable » ), manièrisme  qu’on peut retrouver dans la tournée actuelle avec « oiseau de paradis »… C’est un signe de sa liberté… liberté que Manset prend de plus en plus:  dans le titre « quand on perd une ami », dans l’album « manitoba »… c’est assez frappant je trouve. Dans « l’armure », j’ai l’impression que vous avez osé beaucoup plus ces variations ? 

 

 

ERIK ARNAUD :   Je ne sais pas trop ce qu'est le maniérisme mais personnellement quand je le ressens chez un chanteur c'est comme une impression de « trop » : trop de démonstration, trop de pathos, trop de réserve... Comme un « trop » ou paradoxalement, un « pas assez », de quelque chose. La liberté pour le chanteur c'est de trouver sa place et d'évoluer entre ces deux limites que sont le « pas assez » et le « trop » : en-deçà et au-delà se trouve le maniérisme. C'est quand il est dans ce cadre plus ou moins large, toujours fluctuant et très personnel qu'en tant qu'auditeur on y croit. Mais rien n'empêche le chanteur de sortir du cadre et tant mieux s'il repousse ses limites tant qu'on y croit. En tant que chanteur, on a le droit et la liberté d'évoluer mais rien ne dit que le public vous suivra... Pour l'anecdote, plusieurs personnes m'ont dit ou ont écrit entendre des inflexions à la Obispo sur mon dernier disque... C'est plutôt flatteur, non ?... Comme quoi... Blague à part et pour revenir à Murat, je trouve qu'il n'y a pas trop de maniérisme chez lui. Hormis quelques petits gémissements d'animaux ici ou là mais ça c'est le Murat sexuel et sensuel, donc ça va. Pour Manset, c'est différent : sur ces derniers disques, il chante de plus en plus aigu sur certains morceaux, c'est à la limite parfois. Je suis pas sûr d'aimer la voix du Manset vieillissant. Sinon je ne sais pas si il y a du maniérisme chez lui. En tout cas, il sera toujours masqué par un mauvais goût quasi systématique dans le son des guitares électriques. Ce mauvais goût (relatif), sorte de guitare au son FM, est d'ailleurs devenu une marque de fabrique (depuis Matrice et sur tous les albums des années 90) qui sert ses chansons au final.

 

 

- Obispo....je n'avais pas  trouvé (malgré le bonnet), mais oui, pour le fait d' oser aller un peu dans l'aigu... Quant au mauvais goût de Manset,  c'est effectivement ce que l'on lit assez souvent... Il correspond sans doute à son désintérêt de courir derrière toute modernité (excepté le digital sur Le langage oublié) et aussi à des goûts musicaux... et là, y 'a un petit point commun avec Murat... c'est-à-dire un goût pour le rock sudiste (Bob Seger pour Manset) difficilement compréhensible pour... disons....  un "critique musical pop moderne" (sans viser personne en particulier!)... qui, dans le dernier album de Murat, pouvait regretter des influences à la Dire Straits, ZZ top...   Qu'avez-vous pensé du "cours ordinaire des choses"?

 

 

ERIK ARNAUD : J'ai eu ma période Dire Straits et ZZ Top (et j'avoue sans honte réécouter certains morceaux : Murat aurait très bien pu chanter 'Blue Jean Blues' de ZZ Top d'ailleurs...). Le dernier album de Murat est quand même encore loin de ce genre de référence même si il y a pas mal de guitares blues-rock sur ce disque. Je ne sais pas trop quoi penser de ce disque. La première virée américaine de Murat pour l'album Mustango me touche beaucoup plus. Je crois même qu'après ce disque, j'ai légèrement « décroché »  de Murat. De Cheyenne Autumn à Mustango, tout me plaît, les réussites comme les échecs. Après, j'ai un peu l'impression qu'il est devenu boulimique et très soucieux de la discographie qu'il va laisser avec malheureusement la quantité comme une de ses premières priorités.

 

 

 

- Et la "LILITH" alors? Ce qui m'étonne un peu, c'est que vous êtes plutôt un guitariste, que l'on a vu vos goûts musicaux... mais que vous préférez la période synthétique de Murat?

 

 

ERIK ARNAUD : J'avoue être passé un peu à côté de celui-là. Le single qui était je crois « Le Cri du Papillon » ne m'a pas vraiment donné envie de rentrer dans l'album. Je ne l'ai écouté qu'un peu plus tard. Je préfère le 2ème CD et notamment « Emotion » et « Se Mettre Aux Anges ». Hormis Mustango, je préfère en effet le Murat synthétique. Il faudrait qu'il mélange les deux sur un prochain album. Il fait tellement de disques qu'il pourrait au moins essayer...

 

 

  

- oui, je suis d’accord avec vous… Il faudrait peut-être pour cela de nouvelles rencontres… D’ailleurs, il y a peut-être une équivoque à propos de Murat :  Manset parlait de repli problématique (ce qui est quand même comique !) …  alors que Murat, même s’il se « produit », a quand même le souhait de se renouveler et aussi de livrer sa musique à d’autres (cf l’enregistrement à Nashville… et des projets avortés d’enregistrer en Afrique ou en Irlande).

Mais qu'est-ce que vous entendez par "les réussites comme les échecs"?  Vénus?

 

 

ERIK ARNAUD : Je pensais plutôt à Dolorès qui sans être un échec artistique (loin de là) et commercial (ça je ne sais pas trop) représente une sorte de cassure chez Murat. Disons qu'avant de vivre un échec artistique et commercial, il a préféré le devancer en frappant à la porte du label d'à côté (en passant de  Virgin à Labels) et en se rapprochant d'une culture plus rock et indé (sa volonté d'enregistrer avec Calexico). J'ai un peu l'impression que Dolorés était son dernier grand disque commercial - ou plutôt à visée commerciale avec gros budget, gros studio, etc... - et qu'après il a muté (fini les gros studios, les longues séances d'enregistrement, les claviers, le romantisme à tout va...). Et même si j'ai une préférence pour sa première période, je trouve sa mutation très réussie.

 

 

                                                                                                      

 

- Pour en revenir à la comparaison avec les deux M.,  difficile de trouver un article sur "l'armure" qui ne commence pas par "Erik Arnaud a pris son temps"... alors qu'on a évoqué la rapidité de Murat et Manset en studio. Vous avez depuis quelques temps l'expérience d'ingénieur du son, est-ce que pour vous l'expérimentation en studio ou du moins, qu'on se laisse du temps pour "creuser des pistes",  est importante ?

 

ERIK ARNAUD Pour mes propres chansons, prendre son temps est primordial car comme je suis tout seul à la barre, je passe sans arrêt du rôle de compositeur à celui de metteur en sons. Et comme il m'est impossible de faire correctement les deux en même temps, j'ai besoin de recul sur chacun des ces deux aspects avant de passer à l'autre. Prenons un exemple : quand je suis en studio avec Florent Marchet, je ne me concentre que sur la mise en sons des instruments les uns par rapport aux autres dans le contexte d'une chanson déjà écrite par Florent. Sauf s'il me le demande, je ne me mêle pas de la compo ou des arrangements, je me concentre uniquement sur la matière sonore et sur les choix que je pourrais faire pour aller dans le sens de la chanson et lui donner encore plus de personnalité. De cette manière, je peux travailler très vite et en ce sens on en revient aux propos de Murat et de Manset sur le travail rapide en studio. Cela n'est possible que quand on travaille en équipe : chacun amène sa pierre à l'édifice et au final c'est le chanteur qui tranche. On ne gamberge pas car avec l'émulation et l'énergie, on est amené à prendre des décisions rapides.

Quand on est seul, cela n'est pas facile de prendre toutes ces décisions en même temps et rapidement (est-ce le bon accord, la bonne guitare, le bon micro, le bon réglage de son... ?). La solution c'est de s'organiser un peu, en tout cas c'est ce que je vais essayer de faire... Comme par exemple régler les questions fondamentales d'écriture avant tout enregistrement (avoir au moins 90% de la structure et des paroles). Une fois qu'on a ça, on est plus libre de penser à la mise en son en faisant des choix très marqués et identifiés. Creuser des pistes, me concernant, c'est beaucoup s'en remettre au hasard car je n'ai ni formation musicale ni formation technique donc cela prend du temps. Mais c'est tellement agréable de trouver un truc qui marche, une direction sans pouvoir l'expliquer techniquement. Il y a une part de mystère qu'il faut absolument préserver.

 

La suite de l'interview :  http://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-erik-arnaud-2e-partie-57674350.html

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LE LIEN EN PLUS:

 

 - les sites officiels:

http://erikarnaud.com/

http://www.monopsone.com/?artist&id=15

www.myspace.com/erikarnaud

 

-  Vidéos :

 

Erik parle de MANSET et chante "vies monotones"  "pleine de gravité et d'espoir"

 

 

Reportage de France 3, avec du bout de live:

 

 
 Reportage sur TV TOURS :
 
CHEVAL en live (avec le groupe):
 
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- et pour finir (temporairement) : une interview centrée sur "l'armure" par M. CREVITS:
ECOUTEZ ET ACHETEZ L'ARMURE!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 6 Juin 2010

 

 

Bon, comme promis, voici l'article signé Olivier NUC, dans ce spécial EPOK carte blanche à MURAT.  Une belle petite visite de Douharesse...   

 

 

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L'intégralité à télécharger : http://www.megaupload.com/?d=TN0LBTG8

 

 

PS: J'viens de recevoir mon decodeur TV par internet... et j'ai accès à toutes les chaines pour un petit moment... alors, moi qui avait presque abandonné la télé ces derniers temps,  je serai peut-être moins présent sur le blog (comme vous d'ailleurs... puisque c'est un peu déserté)! .. Mais je viens de voir qu'il n'y avait même pas une chaine québecoise!!!  J'suis hachement déçu! 

 

LE LIEN EN PLUS:

 

En première partie de JLM à Plouezal : David Delabrosse

http://www.daviddelabrosse.com/

Petit site bien joli... pour un chanteur très acoustique... 

http://events.myspace.com/Event/4503123/David-Delabrosse-en-1%C3%A8re-partie-de-Jean-Louis-Murat

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

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Publié le 21 Mai 2010

Inter-ViOUS et MURAT-, numéro 5 :  

 

FRANCOISE HARDY 

 

                     Alors ce qui est bien, c'est qu'on pourrait se passer de présentation pour une fois... mais une personnalité de ce genre mérite "introduction", tapis rouge et canapés... Elle nous accompagne depuis les sixties (une période étrange sans doute située d'après mon enquête entre les années 1950 et 1970) et mène carrière en toute humilité.... malgré un statut d'icône mérité :  Damon Albarn avec Blur, Malcom Mac Laren (qui vient de mourir) ont fait appel à elle pour des participations, et elle a écrit ou interprété des nombreuses chansons qui resteront... et qui, signe de leur qualité, font l'objet de nombreuses reprises: mon amie la rose, comment te dire adieu, fais moi une place, message personnel, au fond d'un rêve doré (nana surf), l'amitié....  Bien sûr, c'est à l'occasion de la sortie de "la pluie sans parapluie" où  figure un titre écrit et produit par Jean-Louis Murat (memory divine) qu'elle a bien voulu répondre à mes questions... mais point question de promotion: elle aime réellement Jean-Louis Murat... et lui rend un bel hommage ici.  

 

 

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Baptiste Vignol a eu la gentillesse de vous parler de mon modeste blog et je suis très honoré que vous acceptiez de répondre à quelques questions (je suis dans mes petits souliers...).  Le principe de "l'interViOUS et MURAT" est de faire parler une personne de son lien avec le sieur Murat et pour un artiste d'évoquer des points communs artistiques ou des divergences. 

 Voilà depuis janvier que je suis de près l'histoire de cette collaboration puisque l'info de l'enregistrement d'une chanson de Jean-Louis est sorti  sur un forum qui vous est consacré un ou deux jours après l'enregistrement (janvier)... On en a, petit-à-petit, appris un peu plus... mais il reste quelques points à éclaircir...

  

 - et pour commencer, je suis obligé de vous poser une question (les  Muratiens, acharnés des inédits, m'en voudraient  trop si je ne vous la posais pas). Jean-Louis vous a envoyé 4 chansons et vous n'avez retenu que "Memory divine".  Vous rappelez-vous des titres des  autres chansons?

 

 F. HARDY :  Les autres chansons s'intitulaient :  Tous les chanteurs sont malheureux, L'envie de vivre, La nature du moi. Mais aucune ne m'emballait autant que Memory divine or, à quelques exceptions près, je ne me lance dans l'enregistrement d'une chanson que si j'ai un coup de foudre pour elle.

 

 

- Vous avez reçu des maquettes assez abouties. Est-ce à dire qu'elles n'étaient pas  des simples démos "guitare-voix"? 

 

F. HARDY :  Il y avait juste une rythmique, mais les guitares et l'ambiance musicale étaient si parfaites pour mon goût, que je ne  voulais rien d'autre. 

 

 

- Comment s'est passé le choix de confier la production à Jean-Louis Murat  (Il est venu plusieurs fois à Paris et a enregistré la base rythmique à Clermont )? Vous avez dit que ça avait  été"facile" et "hyper rapide": cela ne nous étonne pas de Murat... et  sa "façon" de ne pas trop se poser  de question en studio mais comment cela  a-t-il  été compatible avec votre perfectionnisme et votre anxiété naturelle?

 

F. HARDY : Mon album était presque terminé, nous avions des deadlines qu'il était impossible de repousser encore. Il fallait donc faire vite. Mais même si j'avais eu tout le temps devant moi, j'aurais tenu à ce que ce soit Jean-Louis qui  refasse dans ma tonalité ce qu'il avait fait sur sa demo. Il m'a mailé la nouvelle rythmique qu'il a faite chez lui et comme l'intro n'était pas exactement la même que dans la 1ère version,  j'ai chipoté à  ce sujet pour finir par lâcher prise.  

 

 

- Il était en studio avec vous. Avez-vous eu des discussions sur l’interprétation à proprement parler du titre ?

 

F. HARDY: Non. Je faisais juste à la fin une petite faute de mise en place que Jean-Louis m'a signalée. Par ailleurs, j'étais surprise qu'il ne reste pas pour le choix des prises de voix - il pensait sûrement que c'était plus de mon ressort que du sien -  et qu'il n'assiste pas au mix du début à la fin – mais sans doute faisait-il confiance à son ingénieur du son auquel il avait dû donner ses instructions. Pendant le mix, nous papotions dans une sorte de petit salon  : c'était une situation totalement inédite pour moi. Je connais des chanteurs que le choix des prises de voix et les mix assomment, Jacques Dutronc par exemple, alors que pour moi, il est inconcevable de ne pas y participer ne serait-ce que par ma seule présence.

 

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- Jean-Louis avait donné un texte à Thierry Stremler (un de vos compositeurs) il y a quelques années. Ce dernier a-t-il joué un rôle dans cette collaboration ?

 

F. HARDY:  Vous me l'apprenez. Si Thierry avait joué un rôle dans cette collaboration inattendue, il me l'aurait sans aucun doute fait savoir.

 

 

- Est-ce que vous avez été surprise de recevoir un titre en anglais de la part de Jean-Louis Murat? On le sait défenseur de la chanson française, tout en ayant en stock semble-t-il un grand nombre de chansons en anglais...  Y a-t-il eu une vraie discussion pour qu'il fasse un texte en français? Ensuite,  il a été aussi question de modifier "lick" en "live"?

 

 F. HARDY:  Bizarrement, j'étais tellement enthousiasmée par la chanson que je ne me suis pas posé de questions sur le fait qu'elle soit en anglais. Virgin aurait aimé un texte en français. J'ai transmis la demande à Jean-Louis qui tenait à ce que son texte reste en anglais. De toute façon, nous étions trop pressés par le temps pour envisager une autre texte. Il est vrai qu'il y a eu un tout petit problème sur le mot "lick". Jean-Louis avait d'abord écrit : I want to lip a late passion" après c'est devenu "I want to lick". Comme mon gros dictionnaire anglais me donnait des signifiications improbables des deux mots ou pas de signification du tout, j'ai pensé les remplacer par "live". Mais lors des premières prises de voix, dès que Jean-Louis m'a entendu chanter "I want to live", il est arrivé en trombe pour me dire que c'était "lick" et pas "live", et que son texte avait été vérifié par un agrégé d'anglais. Ce qui est amusant, c'est que j'ai mailé la chanson à Ben Christophers, un artiste britannique avec lequel je travaille de temps en temps et dont j'étais impatiente d'avoir l'avis. Il m'a répondu ceci : "Yes the song is great, I like your double vocal in the chorus, I'm not sure what the lyrics mean either but it's cool…"

 

 

- Oui, avec Murat, on n’est jamais sûr de ça !!  Vous avez craqué sur cette chanson ( "j'étais folle de la maquette" et " De nature obsessionnelle, je n’écoutais alors plus que cette chanson" avez-vous dit). Est-ce que vous écoutez encore la maquette ou votre version?

 

 F. HARDY: Les deux mon capitaine.

 

 

- … petit moussaillon plutôt !…. Vous avez eu ce commentaire :  "j’ai régulièrement fantasmé d’enregistrer un album avec Jean-Louis Murat, dont les réalisations me paraissent toujours d’une perfection absolue et dont je suis attentivement la carrière depuis Mustango ".  Ce n'est pas un mince compliment et même peu de ses fans le diraient! Est-ce que vous avez d'autres albums fétiches de Jean-Louis? et pourriez-vous nous citer les 3 titres que vous aimez le plus?

 

 F. HARDY:  J'ai surtout eu ce fantasme, lors de difficultés surgies pendant l'enregistrement de mon dernier album, parce que j'avais écouté certains morceaux du dernier album de Jean-Louis et avais été saisie, en effet, par la perfection de la production. 

S'il fallait choisir trois titres de Jean-Louis Murat, je prendrais : L'amour et les Etats-Unis, Monsieur craindrait les demoiselles, M le maudit. Mais ça me contrarie de ne pas citer Caillou ni aucun titre de Mustango que j'ai écouté en boucle pendant un an à peu près.

 

 

- Au grand journal ( ou était-ce pas dans  On n'est pas couché de Ruquier ?), vous avez dit qu'il vous était difficile d'envisager de donner à quelqu'un la charge entière d'un de vos albums. Même à Murat, malgré cette "perfection absolue"?

 

F. HARDY: La production et la réalisation sont deux choses différentes. Il est impossible dans l'absolu qu'un artiste, si talentueux qu'il soit, fût-il Gainsbourg, ponde douze très bonnes chansons  pour un même album.

 

 

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- Par ailleurs, vous étiez avec Murat sur le tribute "Route Manset"...   On  cite régulièrement cette référence concernant Murat... Qu'est-ce que vous en pensez? J'aime bien l'impression "ligne claire" pour votre musique... et je trouve qu'elle correspond bien à une bonne partie de la discographie de Manset (le pop "atelier du crabe" par exemple).  Par ailleurs, ils ont tout deux écrit leur "vénus" (Manset pour Bashung). En tant que vénusienne, lequel des deux  titres préférez-vous?

 

F. HARDY:  Pour ne pas faire de jaloux, je choisirai la Vénus de Bananarama!

 

 

- Ma question sur Manset ne vous inspire pas… Dommage… j’y travaille en ce moment et j’aurais bien voulu l’avis d’une grande spécialiste de la chanson…

Concernant une comparaison entre vous et ces deux artistes, ce qui me vient à l’esprit, c’est quand même la hauteur de leur « prétention », artistique… (même s’ils s’aiment aussi en artisan) alors que vous semblez d’une humilité à toute épreuve ? Est-ce que vous vous rangez à l’avis de Gainsbourg sur la chanson art mineur ?

 

F. HARDY:  La plupart des gens ignorent la signification d'"art majeur" et d'"art mineur". Serge qui était pervers sur les bords a joué là-dessus. Il savait qu'il serait mal compris et que cette incompréhension susciterait des discussions totalement à côté de la plaque qui satisfairaient son goût de la provocation. UN ART MAJEUR EST UN ART QUI REQUIERT UNE INITIATION (la peinture, l'architecture, la grande musique) ALORS QU'UN ART MINEUR N'EN REQUIERT AUCUNE. Mais cela n'a rien à voir avec la qualité des productions. Il y a au moins autant de très mauvaises choses en musique classique qu'en pop music et une mélodie très inspirée de pop music n'a rien à envier à un thème mélodique inspiré de musique classique. AUTREMENT DIT, EN MATIERE D'ART, LES TERMES "MAJEUR" ET "MINEUR" QUALIFIENT LA NATURE DE CET ART, EN AUCUN CAS SA VALEUR.

 

En fait, je n'ai pas bien compris votre question. Est-ce que"Route Manset" est la compilation qui a été faite avec des interprétations des chansons de Manset par des artistes différents, dont moi ? Je ne m'en souviens plus bien, car, malheureusement,  je n'ai pas le CD.

 

J'ai eu une très mauvaise expérience avec Gérard Manset dont j'apprécie beaucoup certaines chansons ("Je tuerai la pianiste" sur le dernier Bashung fait partie de ses nombreux petits ou grands chef d'œuvre) : chaque fois qu'il m'a proposé quelque chose, j'ai trouvé ça très mauvais et très éloigné de ma personnalité profonde.

 

Il me semble que Jean-Louis est plus prolifique que Manset. La prolificité implique une certaine facilité à composer, à écrire, mais le revers en est souvent un manque relatif de discernement sur la valeur de ce que l'on fait. Et puis, si l'on produit trop, on fatigue le client et on ne se renouvelle pas toujours assez ! On ne peut pas écrire et composer des chansons vraiment fortes si on en en compose et en écrit non stop. C'était un gros défaut de Benjamin Biolay dont les albums s'enchaînaient sans transition et comportaient de moins en moins de mélodies fortes. Un arbre ne peut pas donner des fruits toute l'année. Ni Serge ni Bashung n'étaient prolifiques - et Souchon et Voulzy ne l'ont jamais été non plus.

 

 

- Vous connaissiez à peine Jean-Louis Murat (je n'ai pas trouvé trace de rencontre, ou peut-être sur un plateau d'Ardisson) ... Est-ce qu'il est devenu votre ami?

 

F. HARDY: Je l'avais invité dans mon Vivement dimanche de l'an 2000 (je crois) [cf ci dessous l'extrait]  et j'étais ensuite allée le voir à l'Olympia. Ca s'est arrêté là. Il faut des circonstances diverses et variées pour qu'une amitié se construise. Il faut surtout avoir vécu des choses ensemble. Mes plus grands amis sont des personnes avec qui j'ai travaillé et que les circonstances m'ont amenée à revoir. Un ami, c'est aussi quelqu'un qui peut vous parler de choses intimes et vice versa. Je ne veux que du bien à Jean-louis Murat. En ce sens, je suis donc son alliée. Mais ça ne suffit pas pour parler d'amitié.

 

 

- Jean-Louis Murat (en évoquant sa choriste du dernier album Cherie ) disait  "j'adore les voix de filles qui ne craignent pas les garçons". Pensez-vous avoir à ses yeux cette qualité là  (tout en ayant "cette absence de sérénité touchante" dont il vous a parlé)?

 

F. HARDY: Je ne pense pas. j'ai toujours eu peur de tout, en particulier des insectes, des virus et des garçons (sortes de virus macroscopiques). C'est sans doute la raison pour laquelle ma voix est si limitée ! De toute façon, je ne suis plus une fille mais une femme passablement blette. Et certains hommes mûrs, voire blettes, me font encore plus peur aujourdhui que les garçons hier.

 

 

- Jean-Louis Murat aime le « vous » ,  il me semble que vous y êtes fidèle aussi dans vos textes…  Est-ce que vous auriez d’autres points de comparaison entre vos deux styles ? 

 

F. HARDY: Beaucoup d'auteurs aiment le vouvoiement, ne serait-ce que parce que la sonorité de "vous" est si belle. Serge Gainsbourg  l'a pas mal utilisé (- "J'avoue, j'en ai bavé pour vous, mon amour, avant d'avoir eu vent de vous..."  Quelle beauté ! ) Guy Béart aussi : "Ce qu'il y a de bon en vous, c'est vous" dans sa chanson "Vous"… etc… L'une de mes chansons préférées "Cet enfant que je t'avais fait" de Brigitte Fontaine et Jacques Higelin fait plus fort encore avec le protagoniste masculin qui utilise le tutoiement et la protagoniste féminine qui utilise le vouvoiement (Offrez-moi une cigarette, J'aime la forme de vos mains,Que disiez-vous ? Caressez- moi encore la tête, J'ai tout mon temps jusqu'à demain, Que disiez-vous ?)

 

  FH

 

Est-ce que dans votre œuvre, vous avez une chanson qui vous fait penser à Murat, ou dont Jean-Louis Murat aurait participé à l’inspiration ?  

 

F. HARDY: Le mot "œuvre" est un grand mot qui va pour Murat, Manset, Gainsbourg, Trenet,  Brassens… Pas pour moi ! 

Non, je ne crois pas. Mon vocabulaire est mille fois plus limité que celui de Jean-Louis et mon inspiration moins riche, plus simple aussi : toute ma vie, j'aurai juste tenté de mettre en mots sur des mélodies venant du cœur les émotions et les sentiments que je ne pouvais exprimer de vive voix à la personne qui me les inspirait plus ou moins malgré elle. Ca n'allait pas plus loin - ça ne va pas plus loin - alors que l'inspiration de Jean-Louis me semble aller beaucoup plus loin. Même si nous avons le Capricorne en commun, le Verseau  et d'autres facteurs que je ne connais pas, parmi lesquels le talent qui relève plus de l'inné que de l'acquis, lui auront valu un champ de conscience à coup sûr moins étroit que le mien !

 

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  Interview réalisée par mails du 18/05/2010 au 20/05/2010.

  Dans cette interview,  aucune question ne traite de la crise du marché du disque.

 

Tous mes remerciements à Françoise Hardy, et à Baptiste Vignol.  

 

 

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LE LIEN EN PLUS:

 

 

  

- Au temps de Mustango, la première rencontre débordante  de compliments mutuels sur le canapé rouge ! Ci-dessous:

  

 

merci à Five'R 

 

 

- le nouvel album de Françoise Hardy est en écoute sur deezer.... et achetable à peu près partout ! 

 http://www.deezer.com/fr/music/francoise-hardy#music/francoise-hardy

 

 

-  La page bio assez complète de Wiki:

  http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7oise_Hardy

 

- Un blog : http://totally-hardy.over-blog.com/

 

- Retrouvez l'interview de Françoise Hardy par Baptiste Vignol:

http://delafenetredenhaut.blogspot.com/2010/05/toute-en-sobriete.html

 

 

 

  Pierrot 2010

 

 

 

 


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