inter-vious et murat

Publié le 15 Avril 2010

 

Et bien, ce soir,  fêtons dignement  l'arrivée de surjeanlouismurat@over-blog.com  à la 57e place du "top des over-blogs" (catégorie "musique")!   J'en profite pour vous remercier de vos messages d'encouragement, et de vos commentaires,  et je suis très fier de vous faire partager cette nouvelle interview exclusive !!  

 

 

Inter-ViOUS et MURAT-, numéro 4 :

 

 

STEPHANE PRIN    (première partie)

  prin-copie-1.jpg

                Si Christophe Pie semble imbattable pour le nombre de participations aux albums de Jean-Louis Murat, pas très loin derrière, on trouve un homme derrière la vitre, un homme de consoles.  Stéphane Prin ! 

Il était aux manettes pour Lilith, a bird on a poire, Moscou, le Moujik, 1829 et le parfum d’acacias. Il apparait également sur   Dolores, Madame Deshoulières comme assistant.

                  Son travail avec Murat est souvent mis en avant, mais il a aussi travaillé avec : Florent MARCHET (Gargilesse), Camille, Debout sur le Zinc, Noir désir, Buzy (qui a sorti un album avec un titre de Manset),  la grande Sophie, Tiersen et Fersen,Florian Mona, Oldelaf et Monsieur D, Overhead, DUM DUM, Benjamin PAULIN, Martin RAPPENEAU, Dick annegard,  Compay Secundo et un certain  Fred JIMENEZ ... Enfin, il est aussi crédité dans le meilleur album des années 90 (Victoire de la musique) : Fantaisie Militaire de Bashung.

                   Une interViOUS et MURAT  qui  nous permettra d’en apprendre plus je l’espère sur le travail en studio avec Jean-Louis Murat et "l'accouchement" des albums.

 Stéphane Prin, bonjour! 
  

 
- J'aimerais commencer par une question pour  que l'on comprenne mieux le travail en studio. Je ne suis pas sûr de le comprendre tout-à-fait! Quelle est la répartition des rôles entre le producteur, l'ingénieur du son, l'assistant et l'artiste?  Quand est-ce que l'ingé son devient producteur? 

                                   

S. PRIN : Comme dans tout système de production efficace, il y a une hiérarchie plus ou moins respectée.

Dans la musique, métiers de troubadours anarchistes :-), c'est aussi le cas en théorie. En pratique, c'est souvent plus flou. N'oublions pas que c'est un milieu de passionnés et d' "amateurs"( au sens premier du terme, gens qui AIMENT!) bien plus que de professionnels. 
Nous avons donc dans l'ordre: 

L'artiste ( à comprendre comme auteur, compositeur, interprète dans ce cas précis), qui a fait ses chansons et a quelques fois des idées d'arrangement. Il est maître de son oeuvre. Il sait ce qu'il veut, mais pas toujours comment y arriver. C'est pourquoi il fait appel à un réalisateur. 
Le réalisateur est la personne qui sait comment faire pour exhausser les vœux de l'artiste. Il doit être à la fois musicien, technicien, psychologue et créatif. Il est sensé faire l'interface ou l'interprète entre l'artiste et les musiciens, l'ingénieur du son, l'assistant et même la maison de disque de temps en temps. C'est le maître artistique du projet même si c'est l'artiste qui garde toujours le "final cut", portant le projet à bout de bras pendant plusieurs années et en est responsable. Il doit donc en être content. 
L'ingénieur du son est celui qui gère toute la partie technique de l'enregistrement d'un album. Il est au service du réalisateur et met en pratique ce que ce dernier a en tête. Il peut bien sûr être de bon conseil et avoir des idées, mais ne connaît pas forcément la genèse artistique du projet. Il sait en revanche comment obtenir l'esthétique sonore indiquée par le réalisateur. 
Il est aidé pour cela par l'assistant, censé s'y connaître techniquement quasi aussi bien que l'ingénieur et assigné à un studio ( alors que c'est rarement le cas pour l'ingénieur). Il connait toutes les spécificités techniques du studio afin d'aider l'ingénieur à faire ce qu'il veut. C'est un réel soutien à l'ingéson puisqu'il faut parfois avoir 4 mains et 4 oreilles pour faire certaines choses dans un studio ( c'était notamment vrai lorsqu'on travaillait encore sur bandes, il y avait beaucoup de machines à gérer en même temps.) En revanche, il n'a généralement pas l'expérience de l'ingénieur et apprend en travaillant à ses côtés. 

Ca, c'est la théorie. En pratique, les rôles ne sont pas aussi clairs. Il m'est arrivé en tant  qu'assistant de faire le boulot de l'ingéson incompétent notoire, de diriger des musiciens et des créations esthétiques alors que j'étais ingénieur du son, et il m'arrive de plus en plus souvent de changer des accords ou de toucher aux arrangements d'une chanson, outrepassant mon rôle de réalisateur normalement. C'est le résultat qui compte après tout et si le disque est bien et l'artiste content, tout le monde s'y retrouve.
C'est d'ailleurs grâce à ces "passe-droits" qu'on a la possibilité de passer d'assistant à ingéson, d'ingéson à réalisateur, de réalisateur à compositeur etc.. 
  

 

C'est d'ailleurs grâce à Jean-Louis Murat que je suis passé du statut de stagiaire à assistant (Dolores), d'assistant à ingéson (Madame Deshoulière et Le moujik), d'ingéson à Co-réal (Bird) et que Fred Jimenez est passé de musicien à compositeur (Bird). Jean-Louis Murat étant artiste et réalisateur de ses disques, il sait responsabiliser les gens, c'est une grande qualité et assez rare dans ce métier.

 

 

 

-  Alors, si je vous suis, vous étiez rattaché au studio Davout, au moment de Dolores, album pour  lequel vous étiez assistant  ( mention de votre nom et prénom sur le livret:   sur d'autres albums, les assistants n'ont droit qu'à leur prénom)?     Votre rencontre date de là? Quels souvenirs avez-vous de cette session?

 

 

S. PRIN : Des souvenirs incroyables forcément. Je suis entré à Davout comme stagiaire alors que j'étais encore à l'école. Au bout d'un mois, Jean-Louis Murat est arrivé pour enregistrer Dolores et rester 6 mois. Il m'a imposé auprès de Davout pour que je reste les 6 mois. Davout a donc été obligé de m'embaucher comme assistant. Et 6 mois enfermé avec Murat à faire toutes les expérimentations possibles pour pousser la Prod de cette album le plus loin possible, ça marque et ça forme!! C'était extrêmement enrichissant et assez éprouvant.
Je crois que c'est la raison pour laquelle, Jean Louis s'est dit par la suite " plus jamais ça!" et a fait des albums impulsifs et rapides après.

 

 

 

- Qu'est-ce que Murat a détecté chez ce jeune stagiaire pour ainsi le prendre sous son aile? juste la motivation?

 

S. PRIN :  Etant tout jeune, je n'avais pas d'expérience, donc pas de préjugés sur la façon dont on travaille un disque. Murat mettant un point d'honneur à être avant gardiste, ou en tout cas différent de la norme, cela a dû lui plaire de trouver quelqu'un qui s'impliquait à fond dans les idées qu'il proposait aussi improbables qu'elles soient. De plus, son côté un peu râleur et anticonformiste me plaisait bien et ça devait se sentir. Jean-Louis est quelqu'un de fidèle et quand il aime bien quelqu'un, c'est pour un moment. J'avais la chance de faire partie de ces gens là.

J'avais 20 ans , Jean Louis était hyper charismatique, donc j'étais assez impressionné et hyper motivé en même temps. Je pense qu'il l'a vu et ça lui a plu.

On était dans la recherche de prod la plus libre possible. C'était le début de l'informatique musicale donc on essayait tous les nouveaux outils, des recherches de sons des jours durant, des versions de morceaux diamétralement opposées, bref, un vrai labo. Je pense qu'il existe trois ou quatre versions complètes de chaque morceau. Imaginez donc l'impact sur un jeune étudiant en son que j'étais...

 

 

- Christophe Dupouy raconte beaucoup de choses sur l'élaboration de l'album là:

http://franck.ernould.perso.sfr.fr/dupouy.html

Murat explique souvent son refus d'avoir un producteur par son expérience avec Dolores avec Tim Simenon    mais cette rencontre a quand même été prédominante par l'importation des "outils" de l'anglais (Christophe Dupouy parle "d'espionnage industriel")...  Qu'est-ce que ce logiciel protools par exemple? J'aimerais aussi en savoir plus sur le rôle de Clavaizolle, notamment du fait que Murat a une image d'individualiste, d'égocentrique? Comment travaille-t-il avec les autres?

 

S. PRIN:  Murat est un Artiste  avec de la hauteur et une vision assez globale de son œuvre je pense. Il a des lignes directrices sur ce qu'il veut faire, des ambitions et une vue globale. En revanche, il ne s'encombre pas l'esprit de détails, et n'est pas très technicien, c'est pourquoi il a quand même besoin de s'entourer pour réaliser ses projets. Cela lui permet d'exprimer la vision d'ensemble afin que les autres approfondissent ce qui lui correspond. Ca a été notamment le rôle de Denis Clavaizolle, un multi-instrumentiste très doué qui comprenait ce que voulait Jean-Louis  et le retransmettait en harmonie, en intention et en arrangement. C'était aussi un interlocuteur technique pour pouvoir ajuster celles "empruntées" à Simenon au même titre que Christophe Dupouy, et Christian Lachenal. Ils poussaient tous la prod le plus loin possible avec ce logiciel Protools, arrivé récemment sur le marché, qui permettait d'enregistrer d'une toute nouvelle façon, puisque les pistes n'étaient plus figées comme sur les bandes, mais pouvaient encore être trafiquées, coupées, accélérées, accordées, modelées pour en faire tout autre chose. Des perspectives très larges s'ouvraient. 

 

 

 pic1.jpgsur la tournée Mustango

 

 

- Vous parlez d'un Murat peu technicien?...  mais il a je crois une belle collection d'ampli, de micro, de guitares, d'instruments... 

 
S. PRIN:  Tout à fait, mais les collectionneurs de voitures de course ne sont pas forcément garagistes et mécaniciens me semble-t-il?:-) mais ils connaissent les qualités de chacune. 

 

 

- Après la tournée Mustango, c'est le raz de bol des machines et des claviers, même si Madame Deshoulières est un peu "électro"...  c'est là que vous réapparaissez, toujours comme assistant...   Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur cette session? 

          

S. PRIN:  L'idée était de faire un album concept, comme une seule chanson qui raconterait une seule histoire. Donc techniquement, c'était compliqué, on avait tout l'album sur une seule session protools, donc il fallait gérer toutes les chansons en même temps et avoir tout en tête à tout moment...je rentrais tous les soir avec une migraine comme jamais je n'ai eu depuis. L'autre concept était d'intégrer une actrice (non chanteuse) aux côtés de Jean-Louis pour que les voix s'accordent bien malgré les différences de savoir faire. Et enfin, la dernière idée était de mélanger un quatuor à cordes façon musique de chambre à des mélanges de sons et des chansons très actuelles. Assez compliqué mais une fois de plus un challenge à relever et donc passionnant à faire.

 

 

 

- ... Est-ce à dire pour Isabelle Huppert que vous avez dû retravailler au logiciel sa voix (JLM parle dans une interview  d'un de ses amis ingénieur du son obligé pour le disque des resto du coeur  de faire mouliner toutes les voix par un logiciel du fait de leur fausseté, je ne sais pas si c'était vous?)?

 

 

S. PRIN:  Pour faire un disque, on cherche tout le temps a améliorer ce qu'on a, ça peut passer par le fait d'ajuster certaines choses qu'on ne peut pas refaire et qui ne sont pas assez précises. Donc il arrive souvent, sur absolument tous les disques maintenant, qu'on utilise plus ou moins cette méthode d'accordage.  Rien de dénonciateur la dedans...

 

 

 

Pro-Tools-HD7-lg.jpg

 

protools...

 

 

 

 

-  Qu'est-ce que cela signifie "une seule session protools"?  Il n'y avait pas de découpage morceau par morceau ?

  

S. PRIN:  Voilà, c'est ça. Normalement on organise la gestion technique d'un enregistrement par morceau. Et là, c'était tout l'album d'un bloc, car tout devait s'enchaîner.

 

 

 - Cet enchainement, on le retrouve sur "le fil" de Camille (avec le bourdon). Est-ce que vous avez utilisé le même  procédé?


 

S. PRIN: Non non, le fil a été travaillé normalement, le bourdon a juste été ajouté à chaque chanson, mais il n'était pas necessaire d'avoir l'enchainement total des chansons pour avoir une vue d'ensemble. Le bourdon est le même sur tous les morceaux, pas la peine de se compliquer le travail inutilement.

- Alors, après ces enregistrements compliqués, on comprend mieux l'envie de simplicité qui a présidé au "moujik"... et c'est la première fois que vous êtes le chef aux manettes! Jean-Louis Murat parle d'une période très difficile en amont, qu'il était au fond du trou, d'ailleurs, il s'adjoint Christophe Pie à la production car il se dit un peu perdu... mais la session était plus joyeuse ("on jouait au foot, il y avait la piscine, on fumait des joints, il faisait beau..." dit il dans le soir).

 

S. PRIN : Je n'ai pas bien suivi cette période difficile, je n'ai pas été au fait de tout ça, je crois que ça correspondait avec des changements de collaborateurs, maison de disque notamment. Mais un jour, il m'a appelé, et m'a dit qu'il voulait faire un album un peu retiré, loin de Paris, avec du sang neuf. Je connaissais un studio génial, perdu au milieu de la forêt des Landes, et je savais qu'il adorerait et que ça le détendrait... Ça a été le cas. Et je me suis du coup retrouvé avec bien plus de responsabilités. Ça tombait au bon moment, pour lui comme pour moi. Une nouvelle équipe de musiciens, plus roots, plus libres aussi, l'idée était moins précise dans la tête de Jean-Louis, si ce n'est qu'il voulait de la fraicheur, de la simplicité, et garder ce qui se passait de plus improbable pour avoir une vérité sur les bandes.
De là est venu aussi le plaisir de jouer en live pour créer en studio, et le son que j'aimais faire correspondait bien avec cette méthode d'enregistrement. D'où un résultat plus cru, plus sauvage et plus rock tout en ayant été fait dans une ambiance plus relax et détendue que d'ordinaire ( foot, piscine, campagne, bouffes, calme etc...)

 

SDC11458-copie-1

 

- On en arrive alors à Lilith... gros morceau... gros morceaux... Que dire sur cette session? Jean-louis a raconté qu'il était parti du studio et laissé carte blanche à Camille pour faire les chœurs?

 

S. PRIN : Lilith, pour moi le meilleur album de Murat, et pas parce que j'y ai contribué, mais parce qu'il y a ses meilleures chansons, les meilleures mélodies qu'il ait faites, peut-être les meilleurs textes aussi, en tout cas ceux qui me touchaient le plus.
Et vous, qu'en pensez-vous? Quel est le meilleur album de Murat jusqu'à présent?
Après l'expérience du manoir dans les Landes, Jean-Louis avait de très bons souvenirs des prises live jouées ensemble dans une même pièce au son boisé du studio. Il m'a donc demandé de trouver un endroit qui ressemble le plus possible au Manoir mais à Paris.
J'ai trouvé un studio ressemblant, pour appuyer l'esthétique rock et blues qui pouvait ressortir des chansons de Jean-Louis. Fred a appelé un batteur qu'il connaissait pour faire un trio idéal et c'était parti pour enregistrer en groupe.
Jean-Louis avait préparé vingt morceaux pour n'en garder que dix au final comme il fait souvent, mais à l'écoute des prises, tout était bien, chaque morceau était réussi. Il aimait l'identité de chaque chanson. Un double album non prévu se dessinait.
Du coup, pour éviter que le disque paraisse long, il a fallu diversifier un peu les couleurs de certaines chansons, d'où l'apport d'orchestre à cordes sur certains titres, des chœurs de Camille (que Jean-Louis connaissait depuis longtemps), ou de la trompette de Belmondo.
Un jour, alors que l'album était presque fini et que Jean-Louis était derrière le micro pour enregistrer une des dernières voix, il prend sa guitare, la branche dans son ampli, le met à fond, et me dit de lui ouvrir une piste. Il enregistre d' un trait les jours du jaguar qu'il avait écrit la veille, sans prévenir quiconque. Stéphane Reynaud étant retourné en Savoie, Fred a joué là-dessus la basse et la batterie et en deux heures, le morceau était tel qu'il est sur le disque. J'ai essayé par la suite de le mixer trois fois sans jamais arriver à retrouver l'esprit qui se dégageait de la version ultra sauvage, faite hors de tout contrôle et toute prévision ce jour là. C'est cette version qui a été gardée finalement et qui se retrouve en outsider numéro 1 sur ce triptique vinyle qui résume assez bien, à mon goût, tous les talents de Murat.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

Repost0

Publié le 12 Février 2010

Inter-ViOUS et MURAT-, numéro 3:

JEANNE CHERHAL


                    Je suis très honoré d’accueillir sur ce modeste blog une des plus jolies plumes féminines de la pop française, Jeanne Cherhal.  Elle sort un nouvel album en mars intitulé « charade ». Et ça lui va très bien !  Car, sans « perm à Nantes » (ah, jacquot !),  sous la frimousse à la Audrey, elle sait manier la fantaisie et la variété d’un Stanley Donen ! Elle est aussi la co-auteur d’une des plus belles chansons de 2009 : « Brandt Rhapsodie » (avec B.Biolay).    Je remercie Baptiste Vignol de m’avoir parlé de son goût pour Murat…  qui n’était pas parvenu à mes oreilles je dois dire… Et pourtant, il y avait des indices… Notamment son bout de chemin musical avec JP Nataf et Holden.

                    Elle met en ligne quotidiennement sur son site des charades en "teasing" de la sortie de l'album (8 mars) et elle vient justement d’en consacrer une à Jean-Louis ("mon tout est un chanteur que je vais régulièrement espionner pendant qu’il bèche son jardin auvergnat en bleu de travail »).  Voilà qui méritait un peu d’éclaircissement !

 

    PORTRAIT MOUTON













photo: Tania et Vincent
"portrait mouton" 
(cela m'évoque les gros pulls de JLM!)
           

    




  Bonjour, Jeanne Cherhal!!
Merci d'avoir accepté le principe de "l'interViOUS et MURAT"...


 
 

 Dans votre charade consacrée à JL Murat, vous avouez l'espionner en plein bêchage dans son jardin. Vous savez qu'il n'aime pas trop les touristes et les fans envahissants? (même si je pense qu'il récolte  un peu ce qu'il a semé... et pas seulement après avoir bêcher... mais  en chantant  et filmant ses horizons et ses montagnes de si belle manière!)

 

J. CHERHAL :   Je ne le sais que trop. Mais je ne peux pas m'en empêcher! Ecrivant la majeure partie de mes chansons dans un grenier que l'on me prête dans le Puy-de-Dôme, j'en profite pour aller fureter du côté de ses terres... Non en fait, j'y monte pour me balader autour du lac de Guéry que j'adore. Surtout quand il est complètement gelé l'hiver. J'ai un jour appris que Jean-Louis Murat habitait dans le coin, alors j'y suis allée jeter un œil. Et il était là! J'ai cru qu'il me menaçait avec une hache, mais en fait il coupait du bois. Ça a suffi pour nourrir mes rêveries et cauchemars pendant quelques semaines. Plus sérieusement, je suis moi-même tellement pudique et craintive à l'idée qu'on me voie dans ma vie privée, que je n'ai pas réitéré l'expérience, à cause de la profonde admiration que je lui voue. Lorsque je l'ai aperçu, c'était donc plus ou moins le fruit du hasard...  J'aurais adoré qu'il ait son déguisement de lapin, mais non. 



- Ah, vous connaissez même le lapin!   Je suis impressionné!    C'est  donc ses chansons et ses levers de soleil qui vous ont guidé jusqu'à lui?   Vous n'aviez jamais eu d'autres occasions de le croiser ?

 
J. CHERHAL :   
Je l'ai croisé une fois au Café de la Danse sur la tournée de "Bird on a poire" avec notamment Jennifer Charles. Je connaissais très bien le musicien qui était au clavier et, chose que je n'aime pas trop faire, j'étais allée en loge après le concert. Là on nous avait présentés furtivement, mais c'est tout!

Ce qui me mène jusqu'à lui, ce sont évidemment ses chansons, son charisme, et j'ose le dire, sa sensualité

 

 

-  Est-ce son expérience avec Manset  mais Murat dit maintenant qu'il vaut mieux de ne pas rencontrer ses idoles (pendant l'enregistrement du dernier album, il avait l'opportunité de rencontrer Tony J. White, mais il est resté à sa porte sans oser sonner). Qu'en pensez-vous?

 

J. CHERHAL : Je pense qu'effectivement il peut être difficile de rencontrer "en vrai" quelqu'un que l'on met sur un piédestal. Un jour après un concert de Sonic Youth (mes idoles d'adolescence) à la Villette, on m'a amenée à la porte de leur loge. Il y avait quelques personnes qui entraient, mais moi je n'ai pas pu! Et finalement je ne le regrette pas. Concernant le backstage de Jean-Louis Murat au café de la Danse, je n'étais vraiment pas à l'aise...

 

 

- Est-ce que composer en Auvergne a eu de l'importance dans votre inspiration? Est-ce qu'il y avait une ombre sur votre plume?

 

J. CHERHAL :    L'Auvergne m'influence probablement, parce que c'est une région comparable à nulle autre, mais là où je puise mon inspiration c'est dans  mon grenier surtout. C'est un endroit béni à l'abri de tout, qu'un voisin pâtissier à la retraite couve du regard lorsque j'y travaille. Il fait en sorte que je ne manque jamais de tomates. Mes journées là-bas sont un peu kantiennes, je me force à sortir au moins une fois par jour pour faire un tour dans les champs environnants en écoutant très fort au casque ce sur quoi je suis en train de travailler. L'immense solitude de mes séjours auvergnats me sied. Quand il m'arrive de m'y retirer en été, je vais nager dans un lac assez proche mais pas trop longtemps, pour mieux retourner m'enfermer après.

 

http://farm4.static.flickr.com/3432/3389547692_c878bbf2f8.jpg

 

-  Vous évoquez Kant :  vous avez la philosophie en point commun avec JLMurat qui s'est plongé  dans la bibliothèque de sa femme licencié de philo.   Mais il serait plutôt   Nietzschéen... notamment dans sa conception du  rapport homme/femme... Même si, comme toujours, il joue des contradictions.  Ami de personnalités féministes, il a déclaré  qu'il était "prêt prendre une kalachnikov pour défendre la cause de l'égalité des sexes"... mais  aussi :   "La libération des femmes va tellement loin que notre libido a besoin de femmes libérées, mais les femmes libérées n’ont pas besoin d’hommes comme nous. J’ai lu qu’il y a 4 millions de sex-toys en France. C’est très troublant. J’ai beaucoup de mal à imaginer que les filles aient des pulsions sexuelles. La femme libérée pour moi est une horreur, bizarrement. Je préfère penser à la femme en Dolorès, en Lilith, en Iseult, plutôt qu’en cette traînée de Madonna. Peut-être resterai-je toujours dans la légende de la femme. En un sens, je suis un homme préhistorique" (N°61, 3 couleurs).  Il évoque beaucoup  "la virilité" également.

Vous qui avez joué "le monologue du vagin",  qu'en pensez-vous? 

 

J. CHERHAL :    C'est drôle mais je le comprends complètement. Je pense qu'au fond c'est un grand romantique au sens noble. Et de toute façon, féministe ne veut pas forcément dire nymphomane auto-proclamée! Lorsqu'il parle de femme libérée, dans ce contexte, je crois qu'il pense à la maîtresse femme qui dévore les hommes pour calmer son appétit. Si une telle femme existe vraiment... En tant que femmes, bien sûr nous dominons, c'est indéniable! -eh eh !!- mais notre pouvoir réside dans notre capacité à faire croire que nous sommes dominées!!!  Il prend l'exemple de Madonna, son personnage fait certainement peur aux hommes, inconsciemment. Que peut apporter un homme à une femme qui a l'air déjà si satisfaite et insatiable? Moi elle me fascine, mais je conçois qu'elle puisse ne pas représenter la femme idéale pour la plupart des mecs. A l'inverse de Laëtitia Casta par exemple. Elle, elle est idéale. Mais quand il dit qu'il est un  "homme préhistorique", je ne suis pas d'accord. Au contraire je trouve que c'est tout à fait moderne d'attendre d'une femme qu'elle ne soit pas la Margaret Thatcher de la libido. Vous voyez ce que je veux dire? On peut avoir une vie sexuelle extrêmement intense sans le crier sur les toits ni faire sa WonderWoman, brutalement. Un peu d'élégance, quoi. Les effusions soudaines n'en sont que meilleures.

 

 

-  En élargissant un peu la question précédente, est-ce que vous vous intéressez aussi à ses interviews, son discours? Est-ce que dans le métier,-on en a parlé lors de sa non-nomination aux victoires- , il n'y a pas un certain désamour envers lui du fait de ses déclarations, notamment par ses coups de griffes contre ses homologues ? (seul JP Nataf et B. Biolay, deux de vos amis,  ont eu l'honneur récemment d'un mot amical)?

 

J. CHERHAL :    Je m'y intéresse relativement. Ses interventions en presse sont toujours assez jubilatoires et truffées de trouvailles marrantes et provocantes, mais je ne suis pas murativore au point de le guetter à chaque apparition médiatique. Ce que j'aime chez lui en interview, c'est sa finesse, sa nonchalance, sa capacité à rebondir, à séduire et agacer en même temps, et sa culture qui apparaît sans crier gare sur n'importe quel sujet. Je ne sais pas trop s'il faut imputer son statut de "paria du métier" à ses coups de griffes. J'imagine que oui? En même temps Benjamin Biolay est pareil et il est encensé! Enfin aujourd'hui en tout cas... En général, vous voyez, je ne déteste pas les grandes gueules mais taper systématiquement sur les chanteurs d'à-côté, j'ai tendance à trouver ça un peu vain. On a quand même autre chose à faire avec la musique! En parlant de grande gueule, récemment j'ai entendu Brigitte Fontaine souhaiter son anniversaire au Président en disant "Monsieur le Président je vous gratte le cul très fort avec une fourchette", je l'ai vénérée!  Et j'ai tellement ri!

 

 

16561 216519270137 191541900137 2986043 3837667 n 

 

- J'avais réfléchi à  une question autour de Brigitte Fontaine!  J'avais vu que vous l'aimiez... C'est vrai que Murat et elle, sont deux sacrés personnalités,  la folie et le surréalisme en moins chez Murat.  Vous évoquiez aussi votre travail d'écriture en recluse. C'est un mode de fonctionnement différent de Murat pour qui l'idéal est "une chanson par jour".  Vous fonctionnez  uniquement sur ces périodes intensives d'écriture ?

 

J. CHERHAL :    Il a toute mon admiration notamment pour ça. Une chanson par jour, quelle discipline... Moi je suis trop feignasse et trop dispersée pour y arriver. Il n'y a en effet que dans les périodes où je deviens une recluse en pétrification que je crée quelque chose. Enfin je crois. Disons, que dans ces périodes là, j'amène à maturation des choses qui grandissent chaque jour certainement. J'accouche en Auvergne. Deux fois l'an. Deux fois l'An j'accouche hum, hum... Ça fait Murat, un peu, je trouve. 

 

 

- Est-ce que l'idée de jouer de tous les instruments dans "charade" a un rapport avec l'expérience "tristan" chez Murat?  Cela arrive aussi, comme cet album pour lui,  après une période où vous avez été, peut-être, forcée au silence (changement de maison de disque, projet avec B. Biolay avorté)?

 

J. CHERHAL :    Je ne sais pas. Je ne pense pas que ça ait de rapport avec "Tristan". Le fait de m'être retrouvée face à moi-même en studio, sans musicien, s'est imposé à moi sans que j'y réfléchisse vraiment. Je n'ai pas l'impression d'avoir été forcée au silence, j'ai pris plus de temps que d'habitude, peut-être, pour mettre au monde ce quatrième album. C'est vrai qu'à mon âge (j'ai 31 ans), quatre ans entre deux disques c'est long! Mais je m'en fous en fait. L'important est de l'avoir fait quand j'étais prête. Concernant le projet avec Benjamin Biolay, pour moi il ne s'agit pas d'un avortement, puisque des chansons survivent de notre travail ensemble. Le côtoyer en studio m'a bousculée, je me suis frottée à des méthodes de travail que je n'avais jamais pratiquées (arriver en studio avec rien par exemple, et écrire en présence d'un ingénieur du son! C'était le tabou total avant pour moi!) et le fait que nous ne fassions pas un album de duos, comme nous avions pu l'évoquer en entamant notre collaboration, m'a au contraire donné une plus-value d'énergie pour mettre les bouchées doubles sur mon disque! Pour moi notre rencontre est au final très positive.

 

 

- Et comment! Rien que pour "Brandt Rhapsodie", cela valait la peine! 

   "La Superbe" a permis à Biolay de  convaincre quelques allergiques à sa musique et personnalité.   Est-ce que vous avez senti vous aussi  un certain impact de cette chanson sur le public, la presse ? Est-ce que l'on vous en parle?  

 

J. CHERHAL :    Oui c'est sûr qu'elle parle aux gens. Beaucoup m'en ont parlé. Je crois que pas mal de journalistes y ont été sensibles aussi. Nous l'avons chantée tous les deux sur scène il y a quelques jours, je sentais le public assez électrique! C'est une chanson à la fois très triviale parce qu'elle est énormément ancrée dans le réel et on a utilisé un niveau de langage presque parlé, et en même temps, j'ai l'impression que cette banalité la rend assez universelle... C'est un peu prétentieux de dire ça!... Mais j'assume. En tout cas lorsque nous l'avons écrite avec Benjamin c'était absolument sans prétention, nous nous sommes isolés chacun une heure dans un coin du studio où nous travaillions. Ensuite, sans nous concerter, nous sommes allés au micro poser nos bouts de texte sur des espaces de huit mesures en alternance. La version de l'album est celle de cette nuit-là, on a dit le texte une seule fois et on n'a rien retouché! C'était un moment assez magique...

 

 

-  B.Biolay  parlait justement d'un "virage radicale et intelligent" de votre part avec votre précédent album.  Comment parleriez vous de ce virage qui se poursuit avec "Charade"?

 

 J. CHERHAL :    C'est très aimable à lui!  Sur "Charade", je crois que mon "virage" se situe à deux niveaux. D'abord je me suis fait davantage confiance en tant qu'instrumentiste et productrice puisque je n'ai pas invité de musicien à m'accompagner, et ensuite je me rends compte que je n'ai sur aucun texte utilisé de second degré, ou de personnage à incarner pour mieux me planquer! Hormis la chanson "Pays d'amour", qui relate une garde à vue dont j'ai entendue, effondrée, le récit à la radio dans une émission de Daniel Mermet, le "Je" dans les chansons, c'est toujours moi!

 

 

 

- Est-ce qu’il y a une chanson particulière de votre discographie  qui vous fait penser à Murat ou dont il est l’inspirateur ?

 

J. CHERHAL :    Je crois que je lui dois le morceau "L'Eau" même si a priori il n'a rien à voir esthétiquement avec lui. Je ne sais pas trop pourquoi, pour moi cette chanson s'inscrit dans son paysage... Le texte, de l'eau partout...

 

 

- J'ai trouvé trace de pas mal de reprises de votre part (Barbara, Velvet, Bjork ...)  mais pas de chansons de JLM  ? En avez-vous déjà chanté?

 

J. CHERHAL :    Pour moi seule. Mais je n'ai jamais réussi pour l'instant à le reprendre sur scène, ce n'est pas chose aisée quand même...

 

 

-  Quels sont vos albums préférés de Jean-Louis Murat ? et pourquoi?

 

J.CHERHAL:   Lilith sans hésiter! Parce qu'il est hors d'âge et en même temps hyper actuel. Médiéval et contemporain tout à la fois. Parce qu'il y figure des choristes de luxe, et que le tout sonne terrible!!! Je l'adore.

  http://www.concertandco.com/cd2/jlmlilith.JPG

 

- et vos chansons préférées?

 

J.CHERHAL:   "La maladie d'amour" est une chanson parfaite pour moi, qui me plonge dans une douceur et une délectable tristesse chaque fois que je l'écoute. "Le cri du papillon", également sur Lilith, a le don de me faire danser la danse de Saint-Gui. Je suis très touchée par le "Mont Sans-Souci", et sur l'album que Jean-Louis Murat a consacré à Baudelaire et Ferré, je suis raide dingue de "A une mendiante rousse", qui me fait un effet incroyable! Je connais le poème par coeur depuis mon adolescence, et la première fois que je l'ai entendu chanté par lui, ça a été un vrai choc. C'est magistral de sensualité et de vérité! C'est beau tout simplement.

 

 

-  Vous avez déjà parlé d'un concert, mais l'avez vous vu à d'autres occasions? 

 

J.CHERHAL:  Eh non. 

 

 

- Vous m'avez eu avec Albin de La Simone, c'est un point de rapprochement entre Murat et vous qui m'avait échappé! mais j'en ai trouvé un juste à l'instant en parlant de concert : vous allez jouer avec les Littles Rabbits, qui ont enregistré à Tucson...  Une inspiration pour vous d'avoir un son à la Muragostang ?

 

 

J.CHERHAL:   Peut-être... Mais c'est surtout parce que j'avais envie de leur son à eux précisément!

 

 

- Enfin, je sens que je vais peut-être vous faire de la peine... Ce n'est pas parce que c'est la dernière question!!... Mais JLM a dit qu'il y aurait peut-être Emilie Loizeau, avec qui vous avez collaboré à plusieurs occasions, pour faire des choeurs lors de son concert à Clermont... Vous n'auriez pas envie de taper l'inscruste?

 

J.CHERHAL:   Si je n'y suis pas invitée, jamais! Je suis trop bien élevée malheureusement...

 



Interview réalisée par mails entre  le 4/02 et le 12/02/2010 (entre une rare soirée de libre, une petite prestation au Casino de Paris, un voyage en train et une prestation live dans un salon de coiffure chez Hiboo... entre autres!  Cette interview ne contient ni OGM, ni  question sur la crise du disque.
Merci Jeanne!
______________________________________________________________________________________________________________

Le site officiel de Jeanne:
http://www.jeannecherhal.net/

Son myspace:
http://www.myspace.com/jeannecherhal

Un nouveau clip, pour la nouvelle Jeanne Cherhal  (c'est très réussi... et très émouvant):


MON CORPS EST UNE CAGE
envoyé par jeanne-cherhal. -

L'album est en précommande :  ou

On peut également l'écouter
là  ....   mais à partir du 1er mars (SORTIE EN DIGITAL). 
Charade sera disponible le 8 MARS dans les bacs.


_______________________________________________________________________________________________


LE  LIEN EN PLUS:
Quelques liens qui m'ont aidé, sans peine, à tomber sous le charme:

- Séquence émotion (Jeanne C. pense-t-elle à son père qui est ou était plombier?) :

http://www.youtube.com/watch?v=WZ-1fGSjVJY&feature=related

Belle émission suisse (j'ai un faible pour les montagnes suisses)... Vous pouvez la retrouver  en intégralité sur youtube.

- On comprendra aussi son intérêt pour Murat dans cette vidéo:
http://www.dailymotion.com/video/xav9l6_l-artiste-jeanne-cherhal-pour-la-sa_music

- Chez Mandor (le journaliste qui nous avait parlé en premier du CODC)...
http://www.mandor.fr/archive/2006/10/23/jeanne-cherhal-de-ci-de-l-eau.html
et aussi avec Pierre Derensy, autre murat-compatible:
http://www.franchuta.info/interview-19-jeanne-cherhal-par-pierre-derensy.html



- Critiques de "l'eau" :  http://mescritiques.be/spip.php?article410 ;  
http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/article/leau/  ;
http://lame-son.hautetfort.com/tag/chanson

- Jeanne et les musiciens que l'on connait bien :

D'abord avec Camille !!!   Elles remettront ça à Bourges... Une soirée pyjama de folie avec Emilie Loizeau et Olivia Ruiz en plus...



et avec JP Nataf, Stremler, et Armelle Pioline (Holden):


____________________________________________________________________________________________________________

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

Repost0

Publié le 28 Janvier 2010

Inter-ViOUS et MURAT-, numéro 2:

BAPTISTE VIGNOL

Je vous propose aujourd’hui une interview d’un grand spécialiste de la chanson française : Baptiste Vignol. Auteur de plusieurs livres sur la chanson française dont nous parlerons plus bas, éditeur à la Réunion, nous l’avons découvert ici grâce à son blog « Mais qu’est-ce qu’on nous chante ? ».

BV

 - Alors, bien que né en Tunisie, et grand globe trotter,  vous n'en êtes pas moins d’origine auvergnate. On a tout de suite envie de savoir si cela a joué dans l’intérêt que vous portez à Jean- Louis Murat ? 


B.VIGNOL :   D'origine auvergnate, mais plus précisément de la Limagne. Depuis ma fenêtre, je vois l'antenne du Puy-de-Dôme et, par temps clair, la cathédrale de Clermont-Ferrand. Alors oui, "La neige qui tombe sur Ceyrat a dû être pluie là-bas", ça me parle! Et parfois, ça m'émeut quand je suis loin de chez moi.

 
- Que pensez-vous de son « auvergnatitude » (dont il  joue parfois,  d’autres fois dont il voudrait se débarasser)?

B.VIGNOL : Je ne pense pas qu'il en joue plus que ça. Ce sont souvent les journalistes, toujours à court d'idées et d'imagination, qui lui collent cette étiquette. L'Auvergne, chez Murat, elle est dans son accent, et dans la topographie touffue qu'il injecte dans ses chansons. Probablement pour la musicalité des mots.

FN
- Au chapitre Auvergne, vous co-organisez un « la chanson des livres »,  salon du livre de la chanson francophone à Randan, au Nord de Clermont. Avez-vous essayé de faire venir le régional de l’étape ? Le salon se déroulera 3 jours avant son concert de Murat à Clermont ? Y assisterez-vous ?

B.VIGNOL : Je n'ai jamais essayé de le contacter car je ne me fais pas d'illusion: imaginez-vous Murat assis à une table, entre Marcel Amont et Nicoletta (pour qui j'ai le plus grand respect), en train de dédicacer "Le dragon à cent visages" ou "1451"? C'est dommage d'ailleurs, car il s'entendrait bien avec Ricet Barrier, l'autre régional de l'étape, qui est un bon copain.
 
 
- Oui, effectivement, même si Jeanne Cherhal était aussi présente une année.   

B.VIGNOL : Je tiens à préciser que je ne portais pas un jugement sur Marcel Amont et Nicoletta, loin de là. Jeanne Cherhal est effectivement venue à Randan, comme Olivia Ruiz, Allain Leprest, Jacques Bertin, Julos Beaucarne, Kent, Anne Sylvestre (qui revient cette année), Pierre Vassiliu, bref des gens très respectables.


- Pierre Vassiliu dont Arnaud Fleurent-Didier s'est réclamé l'autre jour à la télé d'ailleurs... Le salon se déroulera 3 jours avant le concert de Murat à Clermont ? Y assisterez-vous ?

B.VIGNOL : Je ne savais pas qu'il se produisait ce soir-là à Clermont. Si je suis encore en Auvergne, cela me ferait plaisir d'y aller. La dernière fois que je l'ai vu, il se produisait en solo à l'Européen, Place Clichy à Paris. C'était fortiche.
 
 

P: Donc sur la dernière tournée... L'avez-vous vu à d'autres occasions? Si oui, que pensez-vous de ses prestations scéniques?

B.VIGNOL : Oh oui! Je me souviens d'un concert au Musée Grévin, où Murat, habillé en costume par sa maison de disques, expliquait que ses chaussures valaient je ne sais plus combien de milliers de francs. Denis Clavaizolle était aux claviers. Il y avait de belles vidéos. Mais le concert avait été très court, à peine une heure. Murat était parti en ronchonnant. Je me souviens d'un autre concert, sensationnel, au Café de la Danse. D'un autre encore dans cette même salle, si je ne me trompe pas. Ça devait être pour A bird on a poire. Et d'un quatrième à la Cigale, je crois, l'un de ses premiers, "en vedette" comme on ne dit plus, à Paris. Il y avait des feuilles mortes sur la scène et Murat portait un pull trop grand pour lui. Claire Denis était dans la salle je crois. Ses prestations sont toujours intéressantes car Murat ne fait pas du copier-coller, tout dépend de son humeur, du moment. Il semble assez imprévisible. On va au show quoi!


assass


- Vous avez été programmateur pour Pascal Sevran durant 3 ans. Là, encore, il n'a jamais été question de  l'inviter?  Il  chante pourtant comme Jean Sablon d'après Dominique A!!

B.VIGNOL : J'aurais adoré, mais mes sollicitations sont toujours restées sans réponse. Il y avait pourtant un décalage intéressant, non? J'ai réussi à faire venir de sacrés bons artistes à La Chance comme Clarika, Vincent Baguian, Rachel des Bois, Jacques Bertin, Polo, Pierre Schott, Gilles Vigneault, Marc Ogeret... Des gens intègres.




- Oui, c'est bien pour ça que je posais la question! J'avais souvenir de cette programmation.

B.VIGNOL : Par contre, je ne savais pas que Dominique A comparait Murat à Jean Sablon! Jean Sablon... Le Bing Crosby français comme on l'appelait en Amérique. C'est forcément un compliment; Dominique A connaît la chanson, à tel point qu'il s'inscrit lui-même dans la lignée de Jean Ferrat. Et puis c'est vrai que Jean Sablon était un des premiers vrais chanteurs de charme!


                                            

- Vous avez écrit un livre "Cette chanson qui emmerde le Front national"  où vous parlez de "Mégret et les pédés".  Bien que le champ "politique" ne soit pas complétement absent dans les textes de JLM ("giscard", "le coup de jarnac"...), c'est quand même une chanson très particulière dans sa discographie, et aussi dans "mustango" que vous avez classé comme un des meilleurs albums de sa décennie ? 

B.VIGNOL : C'est vrai que c'était assez inattendu, entendre Bruno Mégret dans la bouche de Murat, mais cela ajoute à l'écho qu'on en a donné. Le Coup de Jarnac est une belle chanson, à la Renaud, que Julien Clerc a refusée je crois. Giscard ne figure sur aucun enregistrement il me semble. Dommage. Oui, Mustango est un album magnifique, indispensable à toute discothèque qui se respecte. Tout comme le live qui l'a suivi d'ailleurs. Du Murat olympique! Affûté comme un grimpeur colombien.



- Oui, même s'il ne parle plus trop de vélo en ce moment!

 B.VIGNOL : Lui aussi, comme beaucoup, doit être saoulé par les affaires qui chaque année viennent salir le Tour de France... À ce propos, à quand un contre la montre sur le Puy-de-Dôme?


- En fait, le train à crémaillère  le rendra impossible désormais!
 Vous évoquez Renaud. Vous avez écrit un livre sur lui, et placez 3 de ses albums dans votre "best off" des années 80.  Ca m'a fait penser à Manset qui dans un paris match il me semble, citait ces deux chanteurs comme ayant inventé quelque chose. Ils se sont invectivés un peu, mais c'est de la petite histoire... Quelles places ils occupent à votre avis dans l'histoire de la chanson française   et votre panthéon personnel?

B.VIGNOL : Oui, ils se cherchent des poux, on dirait, s'insultent copieusement. Je cultive ce paradoxe-là: mes deux chanteurs préférés se détestent. Je ne savais pas que Manset avait fait cette déclaration. Je suis bien d'accord avec lui. Il existe des chansons de Murat que Renaud aurait pu écrire et inversement. Ils ont tous deux une écriture très académique dans le fond, très poétique. Plus Baudelairienne que Brassenssienne pour Murat, certes!

                                                                          renaud
- Pour parler de la chanson, de la variété ou de la pop, qui semble être votre domaine!, on peut utiliser aussi le terme de musique populaire. Jean-Louis Murat l'a été, mais ne vend plus de disques. Parallélement, il se refuse souvent de se situer dans "la chanson française" dont il dit qu'elle n'existe pas. Qu'en pensez vous?

B.VIGNOL : Je ne comprends pas bien ce qu'il veut dire par là, mais je dois avouer que je ne le comprends pas tout le temps, ce qui ne m'empêche pas d'être porté, touché par ce qu'il chante. Murat est en marge. Sa culture, son intelligence le rendent insolent. Il s'est un peu exclu lui-même du système, non? Et il a bien fait. Bien sûr, il le paie régulièrement, en n'étant pas nominé aux Victoires de la Musique par exemple. Mais JP Nataf, qui a sans doute enregistré le plus bel album de 2009, ne l'est pas non plus. C'est un gage de qualité que de ne pas être nominé aux Victoires.
Concernant les ventes, Murat n'est hélas pas le seul à ne plus vendre ce qu'il vendait. Le marché du disque est mort. Vive la chanson! C'est très inquiétant. Et personne ne semble avoir la solution. Il faudra bien pourtant continuer à vendre de la musique, sans quoi les studios fermeront, les musiciens ne joueront plus, et il n'y aura plus de chanson. Inimaginable. 

 
- Alors vous placez "Clair" avant "Le cours ordinaire des choses"? 
B.VIGNOL : Peut-être parce que Nataf est plus rare que Murat! Ce qui est rare est parfois précieux. Mais surtout, Nataf  a atteint un niveau d'excellence avec cet album, avec le titre Seul alone notamment. Précisons que son précédent CD, Plus de sucre, était également épatant.


- Quel est votre album préféré de Jean-Louis Murat?
B.VIGNOL : Cheyenne Autumn, parce que c'est le premier d'une longue et foisonnante série, que Murat mettait la barre haute et qu'il ne s'est jamais montré désolant, trouvant le moyen de rebondir après chaque demi-déception. Le cours ordinaire des choses, Lilith, Mustango, A bird on a poire... Il fallait les faire tout de même!


- Et  vos chansons préférés?
B.VIGNOL : De Murat? "Le voleur de rhubarbe". Je ne pourrais pas trop vous expliquer pourquoi. Un air du folklore, je trouve. "Le venin" dans Cheyenne Autumn. Et "Nu dans la crevasse". Voilà mon tiercé.

anthologie

- J'en parlais ici il y a peu: il n'y a pas encore de livre consacré à Jean-Louis Murat. Un lecteur m'a dit qu'il n'y avait pas assez d'acheteurs potentiels. En tant qu'éditeur et écrivain, qu'est-ce que vous en pensez? 

B.VIGNOL : Je vais vous confier un secret : j'ai proposé, il y a quelques années, à deux éditeurs de m'y atteler, sur le modèle de ce que j'ai fait sur Renaud dans "Tatatssin", une approche textuelle, thématique, loin de la biographie gnan-gnan, tapageuse. Les deux m'ont répondu qu'ils n'y croyaient pas, en tant que produit... Mais ça finira par se faire! Je veux dire, quelqu'un le fera. 


- Espérons!   Enfin, parlons un peu de vous: quels sont vos projets?  Ecrivez-vous un nouveau livre?
B.VIGNOL : Oui, je suis sur des chantiers, c'est long, fastidieux... Sinon, je m'occupe d'un site photographique plutôt décalé dédié aux lunettes de soleil vintage Alain Delon (www.danslesyeuxdalaindelon.com), et de ma petite maison d'édition à La Réunion où je me suis installé. Savez-vous qu'il y a, sur cette île de l'océan Indien, un plateau qui ressemble foutrement à l'Auvergne, au Cézallier? C'en est troublant, vert et volcanique, nuageux parfois, avec des vaches disséminées ici et là - ce ne sont pas des Salers. Cette région s'appelle la plaine des Cafres. Et son principal village, tenez-vous bien, s'appelle Bourg-Murat! 


12580%20
Bourg-Murat!

L'arrière plan est en effet frappant.





























Interview réalisée par mails du 25 au 29/01/10.
__________________________________________________________________________________________

Les principaux livres de Baptiste Vignol dont j'ai présenté les couvertures ci-dessus,  sont édités aux Editions TOURNON. On peut lire leur présentation, des revues de presse et quelques pages de ces livres sur leur site:

http://editionstournon.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=13
http://www.editionstournon.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=3
http://www.editionstournon.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=18

Pour préparer votre voyage à la Réunion ou rêver de votre lit,
http://www.editionsduboucan.com/
La maison d'édition de M. Vignol.

Enfin, son blog où il élabore son palmarés du siècle passé, une décennie après l'autre.
http://delafenetredenhaut.blogspot.com/
et le fameux projet, un peu spécial...
www.danslesyeuxdalaindelon.com

________________________________________________________________________________

LE LIEN EN PLUS:

La presse en parle:
- http://www.technikart.com/archives/3354-baptiste-vignol
- http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2214/articles/a339173.html


Merci à Baptiste Vignol pour sa disponibilité.

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

Repost0

Publié le 14 Décembre 2009

Inter-ViOUS et MURAT-, numéro 1:

CHRISTOPHE PIE

Je vous propose aujourd'hui une interview avec le vieux complice de Jean-Louis Murat, Christophe Pie, le Rancheros. Avec Alain Bonnefont, voila plus de 30 ans qu'ils font partie du voyage avec le Brenoï.  En plus de ses talents de multi-instrumentiste qu'il met au service de Murat régulièrement et dans divers groupes, il a sorti un album qui m'émeut à chaque écoute. Il a accepté de nous parler un peu de son ami... et de son actualité.


PIE SOLO

                                                                                                                                                                                                                   
- Est-ce que comme ça sans réfléchir, tu peux nous dire à combien d'albums de Murat as-tu collaboré?

C. PIE:  5 ou 6 je ne sais plus... 

- En fait, j'ai regardé un peu: j'ai compté 9*, en partant du plus évident (  "parfum d'acacias au jardin" où tu es présent à la guitare et aux claviers)   jusqu'au  "Moujik et sa femme" (où tu es crédité comme "assistant de production" -cf citation en bas de page) et "Dolorés" où tu fais des choeurs avec JP Nataf*, et je n'ai pas compté "les rancheros" et "golden Couillas".
Sur France3, il a parlé de toi comme un excellent ami, vous vous êtes rencontré comment?

C. PIE: A la Bourboule, il y avait un groupe qui s'appellait CLARA, et j'ai eu la chance de jouer dans ce groupe.

- Il est difficile de trouver des infos sur ce groupe. souvent, ça se limite à "JLM y jouait du saxo et de la guitare", le petit soutien de Sheller...  j'ai vu que vous aviez fait la première partie de TELEPHONE ? et Bergheaud essayant de leur taxer deux plaques pour que vous fassiez votre album ?  un bon souvenir? 
 
C.PIE:  Je ne faisais pas encore partie de Clara à ce moment là!   

- Selon   le hall.com encore, en 1980, Emi propose un contrat à Jean-louis Murat et pas au groupe, vous aviez bien pris la chose?   Ensuite, comment  as-tu traversé les années 80?  

C.PIE: J'ai joué dans plein de groupe plus ou moins serieux!  J'ai été roadie aussi !! [ il a également  participé aux premiers 33T de Murat].

- Est-ce que les Rancheros ont encore une activité? Le deuxième album "silver connasses" était fait, non?

 C.PIE: Les rancheros  pour le moment c'est en veilleuse

-Tu es ami de Bergeaud mais comment parlerais-tu de Murat? Est-ce une référence ?  un employeur?

C. PIE: Bien sûr que c'est une référence, tout ce que j'ai appris en musique, c'est Jean-Louis  qui me l'a appris. A part  2 ou 3 trucs francais genre  Bashung, j'écoute surtout de la musique anglo saxonne mais   je serais fan de Jean  Louis même si je n'étais pas son pote. Tout ce que j'ai fait avec murat, je ne l'ai pas fait pour l'argent!  En même temps, il ne laisserait pas un pote dans la merde!

-Comment travailles-tu avec lui? Il y a des discussions?

C. PIE:  Pas trop de discussions, il aime quand ça va vite. 

- Quels sont tes disques préférés de JLM?

 

C.PIE:   le moujik, mustango et le cours ordinaire... C'est un de ses meilleurs albums... peut-être le dernier avant longtemps!!


- Lors de sa promo du  fait de son axe de communication  nashvillo-nashvillien,  il n'a pas été très gentil avec les musiciens français dans sa comparaison avec les américains... Tu en as pensé quoi?  

 C. PIE: Il a raison, la plupart des musiciens français ont la grosse tête et il n'y a pas la même concurrence qu'aux USA,  mais je ne me sens pas visé.  Même si j'ai un bon cv, je ne me retourne jamais sur ce que j'ai fait,  d'ailleurs je ne sais même pas le nombre de disque sur lesquels j'ai joué.
Pie batterie
- Pour parler batterie, que penses-tu du jeu de Stéphane Reynaud?  Comment savoir sur un album si c'est toi ou lui qui tient les baguettes?


C.PIE: Stef a une très bonne technique, il fait pas mal de jazz maintenant, je trouve qu'il a un jeu beaucoup plus "soul " et R & B  que moi qui suis plus influencé par la pop, son jeu est plus fin que le mien... quoique je pense avoir fait des progrés dans ce domaine. Sinon, nous avons en commun d'être assez instinctifs et d'aimer l'impro ce qui est nécessaire avec Jean-Louis. De plus, Stef est un mec sympa et je m'entends très bien avec lui!  J'ai hâte de les voir sur scène au printemps.

- Qu'aimerais-tu dire aux muratiens sur Jean-Louis Murat?    

C.PIE: généreux, très drôle, intelligent, fidèle en amitié, cuisine très bien le choux farci éhéh!!

- As-tu des projets solo après l'excellent "sky lumina"(pour lequel  Murat t'a donné deux textes et a fait des chœurs, et donc indispensable dans une collection muratienne! ) ?

C.PIE: Quand j'aurais 10 bonnes chansons, on verra si je fais un autre album, mais vu l'ambiance actuelle, rien n'est moins sûr...

C.Pie et MURAT

- Comment te sens-tu  dans le monde de la musique actuelle? Tu travailles avec plusieurs groupes depuis l'arrêt de Rogojine (avec l'autre pote:Caillon), puis de Shadel?
 
C.PIE: J'ai l'impression d'avoir enfin trouvé des gens avec qui c'est génial de faire de la musique  et ce groupe s'appelle "The Delano Orchestra", et le label "kütu folk" en général car je travaille avec à peu prés tout les artistes (St Augustine, Leopol Skin, Pastry case)  de ce label qui sont géniaux eux aussi!  Sinon, il faut admettre que c'est très dur en ce moment pour vivre de sa musique. Pour moi, le plus important, c'est d'avoir des projets, éviter l'inertie, et puis, je ne sais faire que ça!
St-Augustine.jpg
 Interview réalisé par mail. Décembre 09.



* Christophe Pie est aussi présent aussi sur  Baudelaire (toutes les batteries, sauf un titre), "Venus" et sur les deux premiers disques Murat et Passions Privées   (batterie sur tous les titres), Taormina ( 2 titres à la batterie "Taormina" et "l'heure  du berger"), "cheyenne automn" (sur "amours débutants" )  et  à venir : B.O. du nouveau film de L. Masson

Jean-Louis Murat: "Sur le Moujik, j’avais vraiment beaucoup besoin de Christophe, je ne savais pas trop où j’en étais. Sur celui-là, ça a été. Sur Le Moujik, je repartais avec une nouvelle équipe : l’ingénieur du son, les gens avec qui je travaillais, les lieux, la formule, tout… Ça faisait beaucoup et Christophe m’a beaucoup aidé à m’en sortir." (Foutraque.com)



COMMANDEZ directement Sky Lumina en le demandant  gentiment sur :
http://www.myspace.com/christophepie .... et vous aurez peut-être une dédicace...

Les groupes de Christophe:
http://www.myspace.com/thedelanoorchestra
http://www.myspace.com/staugustinelovesyou
le label:
http://www.myspace.com/kutufolkrecords
http://kutufolk.com/

Agenda de Christophe:
30 janv. 2010 20:00
frac auvergne ecuries de chazerat clermont ferrand, Auvergne
17 févr. 2010 20:00
l’olympic nantes, Bretagne


Le lien en plus (enfin: 3!):
une petite interview-vérité d'Alain Bonnefond
http://www.exclusif.org/articles.php?pg=947&lng=fr
et une de Jérome Caillon et Christophe Pie au temps de Rogojine:
http://www.foutraque.com/inter.php?id=22
et une des DELANOE (enfin c'est comme ça que JLM les appelle):
http://www.danslemurduson.com/archive/2009/08/13/interview3-the-delano-orchestra.html


Merci à Christophe Pie pour ces photos,  sa disponibilité et  sa musique. 
Merci à Nur' aussi.  

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #inter-ViOUS et MURAT

Repost0