morituri

Publié le 5 Juin 2016

1) Du 20 au 26 Mai, Morituri s'est vendu à 341 exemplaires physiques (142e du classement). C'est moyen, c'est moyen... On attend un 2e single pour que se prolonge un peu la vie de ce bel album.

Ps: Vous vous rappelez qu'il y a un concert à Clermont le 18 juin? On y sera!

2) L'Humanité aime toujours Murat. Dans l'humanité Dimanche de ce week-end:

Merci à Caroline B. pour la photo.

Merci à Caroline B. pour la photo.

 

3) Encore de la chronique:

 

- http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20160524.OBS1115/cosmic-machine-jackie-palmer-la-selection-musicale-de-l-obs.html?xtor=RSS-17

♥♥♥ "Morituri", par Murat (Le Label/Pias).

Le Murat de saison est arrivé. Noir et duveteux comme un cygne. Cette fois-ci, un album de ménestrel plus que de rocker. L’Auvergnat prolifique (des centaines de chansons dorment dans ses armoires) déroule son spleen langoureux. Le poète, entre Facteur Cheval et Verlaine, Bourvil et Neil Young, murmure plus que de coutume. Cafardeux ? Mais lumineux. Qui d’autre ose chanter marmotte, mouflons, giroflée, pont-levis, satin pâle, vent chaud, garde-chasse, vallon détrempé, chiendent, narcisse, jasmin. Et vaine espérance. François Armanet

- http://mescritiques.be/spip.php?article1981

Extrait : Il ne faut pas prendre la singularité de Jean-Louis Murat pour de la solitude. S’il sort depuis toujours des albums très personnels, ce sont aussi ses collaborations qui façonnent le son de toutes ses sorties. Après un long Babel qui signait une collaboration très fructueuse avec le Delano Orchestra, il signe son vingtième album en recrutant des musiciens au passé tourné vers le classique et l’improvisation jazz et ayant quelques belles références. Le claviériste Gael Rakotondrabe ayant déjà joué avec Antony and the Johnsons ou Pierre Lapointe et le bassiste James Thomas a côtoyé Ray Lamontagne. Citons aussi le retour de Morgane Imbeaud (Cocoon) aux chœurs.

Le résultat est donc bien moins champêtre que sur Toboggan et moins direct que sur Babel. Rassurez-vous, ce n’est pas trop lounge non plus. L’équilibre est donc très vite établi, permettant quelques moments à la coolitude bien réussie (Tous Mourus).

Vos lettres latines vous ont enseigné que Morituri désigne ceux qui vont mourir (et qui saluent César au passage). Outre l’universalité de notre condition de mortel, cette allusion est ici plus spécifique au monde paysan qui disparaît. Ce n’est pas neuf chez lui, ce thème avait déjà été abordé dans Vendre les Prés mais il est encore plus présent ici et il s’incarne dans d’inquiétants gimmicks (chialer dans la cuisine sur la Pharmacienne d’Yvetôt), dans une fausse trivialité (Tous Mourus), du bon vieux WTF des familles (French Lynx) ou un faux ton enjoué (Interroge La Jument).

Même si on a renoncé depuis longtemps à se lancer dans une exégèse poussée de ses textes, ils s’imposent d’eux-mêmes par leurs fulgurances et l’aplomb avec lequel il les livre. C’est sans doute pour ça que quelques bribes plus figuratives prennent une lumière particulière. Même s’il a été écrit le texte d’Interroge La Jument longtemps avant les attentats de Paris, on se rend compte que le mot ‘terrasse’ ne résonne plus de la même manière. La suite: ici

 

- Et une autre chronique tout fraiche... mais euh: c'est une chronique de CHEYENNE AUTUMN! Bon, y 'a pas de mauvaise date pour parler d'un disque: http://www.xsilence.net/disque-9835.htm

 

4)  Murat taclé?:

Vous êtes un auteur très demandé. Récemment Jean-Louis Murat, nous confiait qu’il avait un profond mépris pour ceux qui écrivent pour les autres…
La différence entre Murat et moi, c’est qu’il croit que son écriture est sacrée, pas la mienne. Quand tu écris pour Greco ou Hallyday, tu n’utilises pas les mêmes mots, les mêmes dictionnaires. Il faut se remettre en question. Peut-être que Murat n’en a pas envie…

C'est Miossec qui parle à METRONEWS.

 

 

5) Elysian Fields et la belle Jenny vient de jouer en France... On n'aura pas vu, je crois, Jean-Louis, du côté du Tremplin cette année (cf la dernière fois). Le progrès évoque JLM à l'occasion du concert de Bourg en Bresse:  

Jean-Louis Murat, expert en la matière, ne s’était pas trompé lorsqu’il avait invité Elysian Fields sur Mustango, l’un de ses plus beaux albums. Jamais fantômes n’auront été aussi sensuels, troublants, ouvert à tous les possibles. Joe Dassin avait raison. Il y a tout ce que vous voulez aux Champs-Élysées.

Selon leur site officiel, ils reviendront en Europe à l'automne:  ils indiquent à "BOURDEAUX", qui est dans la Drôme.... mais il s'agit plutôt de  Bordeaux (salle Le Rocher De Palmer).

 

 

 

LE LIEN EN PLUS

Le nouvel album de Silvain VANOT  "Ithaque" vient de sortir, et je l'ai écouté avec grand plaisir, alors que sa voix habituellement ne me sied guère. En écoute :

http://03h50.bandcamp.com/album/ithaque

Un article dans POP NEWS

On rappelle que Silvain est aussi l'auteur d'une biographie de Johnny Cash. Le compte-rendu du dernier concert de Clermont par M à lire ici.

Il sera cet été sur Lyon en résidence à l'épicerie moderne, puis en concert à Marcy l'étoile, dans le cadre des Nuits de Fourvière. http://www.nuitsdefourviere.com/programme/silvain-vanot

  • le 18/07/2016 à 20h00 Domaine de Lacroix Laval, et c'est gratuit.

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

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Publié le 23 Mai 2016

Interview sur RFI: "l'autre Jean-Louis Murat"

Allons bon... On n'en a pas assez d'un et de sa personnalité complexe, il faut encore que RFI nous propose de découvrir un "autre Jean-Louis Murat". Non pas le "JLM 2017" dont je vois des affiches un peu partout (ah, il aurait fallu déposer le sigle!)... encore un autre...

Interview sur RFI: "l'autre Jean-Louis Murat"

1) RFI:

"L'autre Jean-Louis Murat

Nouvel album, Morituri

À chaque nouvel album, il suit un fil ten(d)u entre la musique américaine et la chanson française. Pour Morituri, Jean-Louis Murat s'est fait le chroniqueur d'une année 2015 ensanglantée au cours de laquelle il n'a cessé de prendre des notes. Loin de sa provocation d'usage, qui crée avec les médias un rapport amour/haine, c'est un tout autre Murat qui nous a parlé de son essence musicale. Un homme tranché, certes, mais ô combien cultivé et passionné…

RFI Musique : Morituri est un disque portant sur votre année 2015…
Jean-Louis Murat : C'est surtout un disque sur l'année de la France, qui débute avec les attentats de Charlie Hebdo. Moi, j'étais en répétitions et en tournée jusqu'au mois de mai. J'ai écrit des chansons l'été et je suis reparti sur scène à l'automne. Il y a eu les attentats du 13 novembre et j'ai enregistré l'album à Paris un mois après. Durant toute cette année, j'ai pris des notes pour faire un disque qui correspond à l'état d'esprit et à l'ambiance de
2015.

Après les attentats de janvier qui ont touché le journal Charlie Hebdo, vous ne vous êtes pas senti "Charlie"...
Les réactions un peu moutonnières, il faut toujours s'en méfier. C'est presque de notre responsabilité de démocrates ou de républicains. Un vrai républicain, ça réfléchit avant de s'embarquer dans des slogans ! Ce que je veux dire, c'est que le problème me semblait beaucoup plus grave et que sa résolution ne passait pas par le fait de descendre dans la rue. Je n'ai toujours pas compris ce que ça voulait dire d'ailleurs, "être Charlie", m'enfin...J'ai une vocation d'historien suffisamment rentrée pour savoir que tous ces événements doivent être resitués dans un contexte, qu'il faut prendre pas mal de recul pour bien les comprendre. Alors, une réaction directe, strictement émotionnelle, j'y crois moyennemen
t !

"Une vocation d'historien suffisamment rentrée", qu'entendez-vous par là ?
Je n'ai jamais été historien, je n'ai pas fait d'études. Mais je sais bien que cela transparaît dans beaucoup de propos ou dans mes chansons. J'aime tellement l'Histoire qu'à force, j'ai acquis des réflexes et un fond d'historien. Je ne raisonne jamais à chaud. Quand je prenais des notes, je me disais que dans 30 ans, 40 ans ou 50 ans, il y aurait peut-être deux/trois phrases dans mon album qui seraient importantes pour quelqu'un qui se pencherait sur l'année 2
015.

C'est-à-dire que vous vous voyez en chroniqueur de votre époque, comme pouvaient l'être les premiers historiens dans la Grèce Antique ?
Oui, tout à fait. J'ai toujours senti mon métier comme ça ! Avec des petits formats de 3-4 minutes, je pense qu'on saisit bien l'esprit du temps. J'ai toujours aimé les chanteurs presque historiques comme François Béranger, dont j'ai repris les textes. Je sais très bien que le réel s'engouffre à sa façon dans les petites chansons. Je m'en fous si mon disque ne se vend pas et si certains le trouvent prétentieux, je n'ai pas l'impression d'écrire pour le présent. Pour moi, c'est un travail à visée haute, je me sens très citoyen et très heureux d'avoir fait un disque qui témoigne "du fond de l'ère".

Dans vos textes, il y a ces allers et retours permanents entre le milieu paysan et un monde plus vaste. Comment passe-t-on des notes que vous prenez à vos chansons ?
Je pense que je tiens depuis mes premières chansons, la chronique d'une personne issue d'un monde qui est en train de disparaître et qui n'arrive pas s'intégrer dans le monde en train d'apparaître. Il y a un monde citadin, technologique, qui apparaît, un monde rural, plus manuel et de bon sens, qui disparaît, et des points de friction entre les deux.
Par les hasards de la naissance, je me suis retrouvé pris entre ces deux fronts, comme ces chevaux à Verdun qui devenaient fous parce que les Allemands et les Français leur tiraient dessus. Je trimballe une mélancolie de ce que j'ai connu enfant, à la campagne, et dans ce que je connais maintenant, j'ai beaucoup de mal à m'y faire. Alors, je reste dans un état suspendu, entre le présent et le passé. Et j'essaye de m'en sortir comme cela. Je ne sais pas où je suis, je ne sais pas où me mettre. C'est pour cela qu'il y a beaucoup d'énervements, d'incompréhensions ou de détestations à mon sujet.

Ce qui ressort aussi de Morituri, c'est un groove moite, comme dans la soul d'Isaac Hayes. Est-ce dans ces musiq
ues que vous êtes allé chercher ?

Depuis l'enfance, je me suis fait un fond musical qui passe par là, oui… Ce que j'aime, c'est la soul des années 60-70. Je n'aime pas trop quand cela tourne après, dans les années 70, en musique d'ascenseur. J'aime la soul quand elle est douce, suave, qu'elle n'effraie pas l'auditeur et qu'elle fait passer des messages importants. Mes amis connaissent mes détestations : si une musique ne groove pas, je-ne-peux-pas ! La révélation, à l'adolescence, a été de me rendre compte qu'il y avait quelque chose qui groovait. La soul, le blues, et toutes les définitions à tiroirs qu'il peut y avoir sur les musiques américaines, ça me va parfaitement. Tout ce que je suis, tout ce que je pense, pousse sur ce terreau.

C'est la musique noire que vous aimez ou plutôt toute cette période de la fin des années 60 ou du début des années 70 ?
J'ai une assez bonne collection de 45 tours et d'albums de cette époque-là, en vinyle, et les 9/10e, c'est de la musique noire. J'aime les Stones quand ils font de la musique noire, mais je ne suis pas du tout tourné vers les Anglais. Je n'ai pas un seul disque des Beatles et je m'en fous un peu… Les chanteurs blancs de country, ce n'est pas mon truc non plus ! Pourtant, j'ai déjà enregistré à Nashville et j'ai chanté dans des radios country américaines. Mais j'aime bien Ray Charles ou Otis Redding quand ils reprennent des thèmes de country. La dimension de danse ou de frénésie me touche, on voit presque Éros et Dionysos à l'action. C'est ce que je préfère, ce que j'essaie de faire et c'est ce qui, globalement, n'est pas compris. Parce que c'est difficile d'aimer cette musique-là, d'aimer la langue française et de faire un mariage efficace avec les deux. Mais bon, je m'accroche à ce pari presque impossible dans la chanson française : mélanger Villon, Rimbaud à Robert Johnson ou à Gil
Scott-Heron".

2) Bon, "cette autre Jean-Louis Murat", ça sera pour une autre fois... à moins que... à moins que ce soit celui qui pour le Parisien a collaboré avec Alain Chamfort pour le dernier album de ce dernier? Un Jean-Louis Murat imaginaire?

"Le protégé de Claude François, figure majeure de la variété française donne un concert le vendredi 3 juin dans la ville de Drancy. Le chanteur de « Manureva » présentera son nouvel album né de la collaboration avec plusieurs artistes comme Miossec, Jean-Louis Murat ou Abd al Malik".

Non, ne sautez pas sur vos chaises.... Murat ne rêva point de Manureva je le crois... Il s'agit d'une erreur ou comment comprendre de travers la phrase suivante: "Cet album éponyme sera le premier issu de la nouvelle collaboration entre l’artiste & l’entité de développement du catalogue local de [pias] France : le label (Miossec, Jean-Louis Murat, Abd Al Malik, Florent Marchet, Baxter Dury, Melanie de Biasio …)". Ai-je été clair? C'est juste une brève de 18h17... une brève un peu longue certes.

3) Bon, il y a d'autres sites qui ne s'embêtent pas à trouver des titres à la noix. Genre : LE DEVOIR, au Québec: "JEAN-LOUIS MURAT, MORITURI", et je crois qu'on peut leur reconnaitre une certaine précision.... mais uniquement dans le titre: la chronique frise le laconisme...voir le survol et la fausse route:

"Ceux qui vont mourir. Titre pas drôle d’un album plutôt léger dans le ton. Seule issue pour Jean-Louis Murat : on est tellement dans l’horreur ambiante que la tristesse n’a plus cours. Autant ironiser. Férocement. Sur des airs qui se fredonnent. Dans Tous mourus, ça donne : « V’là que le paysan s’est noyé / À ce qu’on dit / Dans le purin / Qu’il devait épandre aux veillis […] Le paysan / Est mouru. » Ce ton-là. Façon jazzy cool. L’actualité a inspiré des rimes sans appel, que Murat sert du ton le plus agréable. Juste avant le carnage du Bataclan, humant le temps, il a écrit Interroge la jument : « On t’assassine / Sur la terrasse / Sous les cimes / N’y a-t-il plus de ciel / Pour nous foudroyer / Ces novices ? » Lui qui guerroie contre le franglais, il chante avec Morgane Imbeaud ces mots qui font semblant d’abdiquer : « Est-ce que tu connais ton french ? » Ça plaît et ça déconcerte, les mélodies glissent sur les cadavres. L’effet voulu, sans nul doute. Mal au malaise".

Même si la musique est effectivement légère, que Murat nous prend un peu à contre-pied, je pense qu'on peut contester la sentence "les mélodies glissent sur les cadavres".

LE LIEN EN PLUS DE M : LA SURNAGE DANS LES TOURBILLONS DE LA VIE...

Hugo Cassavetti affirmait récemment que JLM n'avait jamais obtenu de tubes. On aurait bien envie d'opposer au journaliste de Télérama une demi-douzaine de chansons qui connurent en leur temps un relatif succès, puis de se lancer dans une discussion sans fin avec lui pour déterminer si l'on tient là, à défaut de méga-hits stromaesques, de vrais ou de faux tubes. Il est toutefois probable que lui comme nous ayons des affaires plus urgentes à traiter…

S'il est un titre de Murat que l'on se gardera bien en revanche de soumettre à pareille épreuve du feu, c'est "La surnage dans les tourbillons d'un steamer". Pourtant, avant même sa publication sur un EP en juillet 2002, ce morceau (écrit un mois plus tôt, en pleine descente post-tournée) avait eu les honneurs d'un passage en radio, chez Bernard Lenoir, au cours d'une émission où Murat avait conversé quelques minutes par téléphone avec son ami journaliste (et ce n'est pas un oxymore), tout en taquinant la baballe avec des potes. Ce qui avait donné, sur l'antenne de France Inter, l'échange suivant :

– Y a quand même un morceau magnifique qui dure un peu plus de sept minutes et que j’aimerais bien qu'on écoute là… […]
– Tu me rappelles à la fin, alors, parce que je vais pas me taper ça au téléphone…
– Ouais, ouais… Va shooter dans ton ballon et puis on se retrouve dans sept minutes.
– D'accord.

[Diffusion de "La Surnage"]
– Bon, Jean-Louis, tant que tu nous écriras des trucs pareils, on te pardonnera d'aimer le foot, hein, c'est magnifique.

"En forêt douloureuse va l'âme blessée"... La surnage.

Par la suite, conformément à sa durée, au dépouillement de ses arrangements et à l'opacité de son texte, la chanson ne devint jamais un tube. Malgré tout, elle compte des adeptes. Ainsi, Alexandre Rochon, dans sa période (Cahier) Bleu, la mettait-il en avant sur Facebook en février 2014, accompagnée d'un simple commentaire : "La surnage de Jean-Louis Murat dans les eaux du Guéry.". Puis, l'an dernier, Mme Bartleby signait une bien jolie chronique du maxi-single, s'exclamant à propos de "La surnage" : "Mais quel titre !" Et seulement quelques jours après, Murat surprenait ses admirateurs en interprétant la chanson sur la scène de La coopérative de Mai. Ce soir-là, dans une salle comble, un tout jeune homme savourait ce morceau découvert quelques mois plus tôt, en serrant très fort et très amoureusement dans ses bras sa compagne.

Le même jeune homme, le 10 mai dernier, au micro de Radio Campus Clermont-Ferrand, décidait de poser ses couilles sur la table du studio et d'utiliser "La Surnage" comme nappe (sonore). Blasphème ? Pas vraiment. Juste un gus qui cache pas ses blèmes (Thiéfaine), qui essaye d'expliquer en quoi la surnage dans les tourbillons de la vie peut s'avérer périlleuse et qui se fend au passage d'une déclaration d'amour à la scène pop-rock clermontoise. Un moment touchant, maladroit, courageux, grandiloquent, sincère, impudique et, au final, de la bonne radio live.

Alors si vous voulez entendre un nouveau passage sur les ondes de "La surnage" quatorze ans après son dépucelage et découvrir une belle sélection de morceaux issus de la scène auvergnate (Morgane Imbeaud et Christophe Pie inclus), vous savez ce qu'il vous reste à faire. Et comme il se trouve que l'émission en question fut dédicacée au plus improbable des boys band – composé d'un biographe de Lou Reed, d'une star défunte de la pop-music et d'un collaborateur occasionnel de ce blog –, on vous en voudrait de ne pas accorder au moins quelques minutes à ce Petit Lait Musical #27. Pour le foot, ne vous inquiétez pas, vous allez être servis dans les prochaines semaines…

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Publié dans #Morituri

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Publié le 20 Mai 2016

 

1) Morituri : encore dans le top... avec 488 ventes physiques... on le trouve même encore dans les meilleurs ventes en téléchargement d'albums... avec 23!!( 187e place). Je mets une émoticône ? ou bien?

 

 

2) Live report de la Maroquinerie et rencontre le lendemain avec le chanteur pour TOUTE LA CULTURE.

 

 

http://toutelaculture.com/musique/morituri-jean-louis-murat-leche-les-plaies-de-ses-congeneres/

 

Comme la goutte d’eau d’un colibri fait sa part pour éteindre un feu immense, Jean-Louis Murat n’a pas le succès qu’il mérite, il accompagne la route, les oreilles, les émotions des cerveaux avides de ses créations et glisse des gouttelettes de poésie et de musique partout où ses chansons peuvent aller, un oiseau rare absolument nécessaire. »Morituri », ceux qui vont mourir, nous, tous les vivants. Ce disque respire au rythme du pouls de la vie, d’un monde en disparition, une dépression française dans laquelle nous nageons à contre courant, où la noirceur aspire la lumière, tente de gagner sur les couleurs de l’amour. Dès le premier morceau le corps et le cœur tout entier sont happés par les notes et les mots. Une mise en éveille, une méditation, une invitation à la pleine conscience d’un monde en souffrance. Sans le vouloir, sans le chercher, sans récupération aucune, Jean-Louis Murat fait plonger dans les abysses d’ici pour sortir lavés, neufs, conscients qu’il faut rester vigilant avec sa propre tentation des profondeurs, s’ouvrir au monde, savourer la vie, toucher la terre, profiter de chaque instant ici et maintenant. Comme les indiens gardaient les cheveux longs pour ressentir tout ce qui se passait autour d’eux, Jean-Louis Murat laboure le monde, tous les sens en éveil, il hume, flaire, laisse couler les mots comme la sueur du laboureur, reçoit la violence des tueries de janvier 2015, avale l’impuissance de nos congénères, snif les larmes de la blessure humaine et comme un animal lèche les plaies de ses congénères sans se regarder faire. « Morituri » est né, là comme une consolation, un espoir plus difficile à suivre que la peur, moins accessible que la terreur, il devrait être à la portée de toutes les oreilles et les cœurs. Jean-Louis Murat n’a pourtant pas de tournée prévue pour cet album, il remplit les salles depuis des années, il a son public comme le jargon le dit, il donne tout lors des concerts, mais, il y a toujours, un mais, les tourneurs, les salles ont de moins en moins le goût du risque ! Ils voudraient signer des tournées déjà complètes ou proposer aux musiciens de dormir tous dans la même chambre d’hôtel avec un salaire de misère quand l’engagement et le travail sont gages de talents. La Maroquinerie et ses spectateurs eurent le privilège de l’éphémère, la beauté d’une fleur offerte aux yeux du monde, un seul jour à une heure précise. La salle sera comble, une longue file d’attente nous rappelle comme un uppercut quotidien qu’il faut être fouillé avant d’entrer partout et particulièrement dans une salle de concert. Quelques traces d’inquiétude, stigmates de la terreur post fouille ou post 2015 à la descente de l’escalier si étroit qu’il empêcherait une fuite improbable. Un regard pour trouver une potentielle planque sous une table, un tissu noir, une bière pour certains, bock, demi, pinte qui dit mieux ? ! Il est 20h35, plus de temps pour suffoquer de l’intérieur, Jean-Louis Murat entre sur scène. Un t-shirt, une guitare, à jardin son micro l’attend, ses musiciens sont là, le clavier de Gaël Rakotondrabe, la batterie de Stéphane Reynaud, la basse de Christopher James Thomas, les voix de Morgane Imbeaud, tout devient possible, le voyage commence il sera intense et beau. « Est-ce que tu connais ton French, est-ce que tu connais leeeee lyyyyyynnnnxxxxxxxxx » « Morituri » naît avec nous, un coït bouches à oreilles. Des spectateurs hurlent Jeeeeeeaaaaaannnnnnn-Loooooooouuuuuuuiiiiiiiiiiiisssssss, sautent, ondulent, la foule dense se laisse porter par les vagues musicales et la houle des mots. Comme un emportement, Jean-Louis Murat donne tout, la complicité, le bonheur d’offrir un moment de musique est palpable sur scène. Dans la salle comme des cygnes sur une eau noire, les spectateurs flottent sur l’eau et transcende la vie à en oublier la mort peut-être. « Interroge la jument » semble une évidence, l’album se dessine dans l’espace, « Tous mourus », « La pharmacienne d’Yvetot » chiale dans sa cuisine les malheurs du monde, la sublime « Chanson du cavalier », « Morituri », à la table de Murat, le rire devient possible. A vif, la peau au vestiaire, Jean-Louis Murat se délivre avec ses musiciens, l’émotion est palpable malgré ses tentatives de fanfaronnades « s’il y a des journalistes dans la salle, je vous le dis, je vous déteste tous ! » un imbécile de répondre « nous aussi on te déteste ! » « et ben casse toi connard ! Qu’est-ce que tu fous là ?» le rire et la musique l’emportent. Cinq minutes de pause, un mini entracte, le temps pour certains de se perdre entre deux bières et de louper la reprise du concert ! La beauté fréquentée l’album passé revient avec une ou deux autres pépites anciennes et « Le cafard » sous les lumières blanches signent la fin de cet espace temps. La sonnerie d’un ring de boxe entre k-o et énergie sportive, l’arrêt est brutal, personne ne sort, tous veulent voir revenir le chanteur, ils hurlent son nom, l’appel encore et encore, mais il ne reviendra pas, il a tout donné, deux heures de délice jusqu’à la frustration, l’envie encore mais il faut sortir avec l’espoir d’y revenir bientôt ou replonger dans les subtilités de l’album magnifié par un live énergique et jouissif. Demain Jean-Louis Murat nous attendra sous le soleil de Paris, il dit nous détester mais nous y allons en totale confiance ! Il est là dans la vitrine d’un joli petit hôtel parisien où le charme et l’accueil sincère ont encore leurs places. Il boit de l’eau avec un journaliste, des rires débordent des murs de la salle, ils sortent, deux trois blagues sur l’utilisation de ses mots par les journalistes et hop la porte se ferme, le tête à tête commence. Le temps suspend son vole, la légèreté laisse place à la profondeur, malgré nous, comme ça sans crier gare, sans l’attendre, Jean-Louis Murat nous clouerait presque à la chaise de sa présence violemment vivante comme une déchirure. Une après-midi, une soirée, une semaine entière ne suffirait pas à trouver la fin des discussions. Comme dans le jardin d’un ami l’échange est limpide, vif, il nous raconte comme il était heureux la veille sur scène à proposer aux fans une ébauche de ce que pourrait être ce concert avec le rodage, le travail, la route, les rencontres. Plus d’énergie pour un rappel, se prendre pour un artiste et proposer du factice parce qu’ils le réclament ce n’est pas son genre ! Il ne veut pas faire de polémiques, il est évidemment triste de ne pas faire de tournée, c’est douloureux mais il respecte trop ses musiciens pour les sous payer et ne veut pas que son bonheur prime sur le respect de son équipe d’amis. Il se livre, sa vie, son travail quotidien, courir tous les jours, faire la fête, s’astreindre à six heures d’écriture, de musique, de peinture ou de photo. Il faut parfois se forcer à laisser les choses apparaître, quand il sèche sur un domaine il s’envole avec l’autre. Il raconte le plaisir à être avec ses enfants, faire la cuisine avec eux, imaginer des menus pour eux, jouer, rire, partager la vie, les aimer et leur laisser de l’espace, leur libre arbitre, les élever au sens premier. Dès que Jean-Louis Murat parle la lumière s’allume dans ses yeux, la vie bat, le cœur s’emporte, une énergie palpable infatigable et dur à gérer pour les autres dit-il !

la suite à lire ici:

http://toutelaculture.com/musique/morituri-jean-louis-murat-leche-les-plaies-de-ses-congeneres/

3) Isabelle Huppert... fréquente désormais un autre chanteur... C'est à voir ici:

http://www.franceinter.fr/depeche-exclu-le-reste-tu-devines-le-nouveau-clip-darnaud-fleurent-didier

Murat parle justement longuement d'elle dans SO FILM (en kiosque): teaser :"Huppert, c'est de l'acier". "La possibilité de tourner avec une femme dont je suis amoureux depuis le débit, ça me paraissait dingue".

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

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Publié le 18 Mai 2016

Murat 1999
Murat 1999

Allez, on épuise les stocks de news! Et que les bienheureux et sages qui ont profité de Pentecôte loin de tout ordinateur n'oublient pas de rattraper leur retard: deux articles sont parus ces derniers jours!

1) Alcaline L'instant, une petite minute diffusée le 16 mai, avec des propos dont la teneur n'est pas inédite mais énoncés avec vigueur et entrain. "Je ne suis jamais dans la lune, je suis pile poil ici".

http://pluzz.francetv.fr/videos/alcaline_l_instant_,139995969.html

2) Du côté Canada, on attendait les commentaires des Deux Alain: Alain de Repentigny et Alain Brunet, qui ne manquent jamais un "Murat"... Priorité à l'un:

- Alain de R. a traversé le ruisseau atlantique pour assister au concert de la Maroquinerie et réaliser une interview le lendemain. Après quelques propos autour des polémiques, ça part sur des sujets plus intéressants. Murat accepte par exemple la comparaison avec Luchini.

Quant à son propos sur les rappels: "S'il n'a pas donné le rappel que lui réclamaient bruyamment les spectateurs la veille, c'est, dit-il, « parce qu'ils savent que plus ils réclament et moins [il vient] ». Il serait revenu sur la scène de La Maroquinerie que ses fans de toujours auraient été déçus, ajoute-t-il avec un large sourire", je dois dire que personnellement, même si on sait qu'il ne reviendra pas certains soirs, c'est toujours une déception.

A part ça, jolie titre:

http://www.lapresse.ca/arts/musique/entrevues/201605/15/01-4981800-jean-louis-murat-ni-slogans-ni-bons-sentiments.php

"Jean-Louis Murat: ni slogans ni bons sentiments

(Paris) La semaine dernière, Jean-Louis Murat a donné à Paris ce qui pourrait être le seul et unique concert associé à son nouvel album, Morituri. Notre journaliste l'a rencontré à Paris au lendemain de sa performance.

Avant de quitter la scène de La Maroquinerie, visiblement agacé par les éclairages « de salle d'opération, voire de morgue » d'ARTE, qui diffusait le concert en direct sur le web, Jean-Louis Murat a chanté sans trop de conviction sa très belle chanson Le cafard en se moquant des journalistes qu'il « déteste tous ».

Rien de personnel, nous a dit le lendemain, dans le salon d'un hôtel où il a ses habitudes, l'artiste qui a généralement bonne presse. Ça se voulait plutôt une suite de la brève interview donnée à ARTE avant le concert, dans laquelle il s'est lancé dans une attaque en règle contre les médias : « J'ai dit : "J'espère que Trump va être président parce que Trump, c'est le fils des médias. Vous l'avez créé." »

Assez serrée, la vis

Quelques jours plus tôt, il avait dénoncé dans les médias français l'économie actuelle du spectacle en traitant Renaud et Michel Polnareff de « gros cons » que les salles préfèrent programmer en temps de crise. Il faut savoir que, depuis 25 ans, Murat poursuit une tournée sans fin à la Dylan, mais qu'il ne pourra pas défendre son nouvel album sur scène cette fois-ci.

Les tourneurs n'en ont que pour les célébrités en fin de carrière dont les tournées sont assimilables à des parachutes dorés, affirme-t-il, et, en plus, on lui demande de diminuer d'environ le tiers le salaire de son équipe.

« Dans le business des tournées, il faut de plus en plus serrer la vis. Or, moi, sans vouloir être plus vertueux que la normale, je ne travaille pas avec des gens qui sont sous-payés. Je n'ai pas une culture marxiste, mais il est bon de dire les choses aussi », explique Jean-Louis Murat.

S'il n'a pas donné le rappel que lui réclamaient bruyamment les spectateurs la veille, c'est, dit-il, « parce qu'ils savent que plus ils réclament et moins [il vient] ».

Il serait revenu sur la scène de La Maroquinerie que ses fans de toujours auraient été déçus, ajoute-t-il avec un large sourire.

Murat a toujours voulu conserver une certaine distance avec son public, dont il apprécie pourtant l'enthousiasme et la connivence.

« J'ai toujours peur de me prendre pour un artiste, lance ce fils de paysans qui vit en Auvergne. C'est pas du tout une histoire de vouloir se fondre dans la masse, mais moi, je viens d'un milieu extrêmement populaire et il est hors de question que je me coupe de mes racines populaires. »

La France en dépression

Artiste, Jean-Louis Murat l'est à coup sûr, lui qui nous arrive, bon an, mal an, avec un nouvel album qui se démarque par la qualité de ses musiques et surtout par les textes poétiques finement ciselés d'un auteur qui se méfie tout autant des slogans que des bons sentiments.

Morituri - « ceux qui vont mourir » en latin - parle d'une France « en dépression », notamment dans l'ironique Tous mourus, sur le sort des paysans français victimes de « l'ultralibéralisme et de la dérégulation ».

La France de Murat s'incarne également dans sa Pharmacienne d'Yvetot qui n'en finit plus de chialer dans la cuisine sur fond d'actualité mondiale.

« C'est la dimension internationale de la France qui se croit encore une puissance qui a son mot à dire sur tout et qui, d'un seul coup, est dans une sorte d'état dépressif parce que personne ne l'écoute. Elle n'a comme solution que d'aller chialer dans la cuisine parce que, de toute façon, ce qui passe en Corée du Nord ou au Bangladesh, c'est pas la France qui va y changer grand-chose. »

Il compare son pays à Emma Bovary, l'héroïne de Flaubert qui, dit-il, trouve des subterfuges pour se désendetter. « Elle est quand même assez touchante, Emma ; je ne suis pas sûr que la France soit aussi touchante que ça. »

Le Luchini de la chanson?

Murat connaît ses classiques. Ça s'entend dans l'élégance de ses textes tout autant que dans les albums qu'il a consacrés à Baudelaire et à des auteurs moins connus des XVIIe (Antoinette Deshoulières) et XIXe siècles (Pierre-Jean de Béranger).

Dans la ballade à saveur historique Frankie, c'est davantage de la francité que de la France qu'il est question, explique-t-il.

« C'est ma langue : que n'aurais-je pas fait pour ce qui m'a fait ? Mais c'est aussi que j'ai un drôle de rapport au pays parce qu'on m'a donné le nom d'un grand-oncle mort au front en 1918. Dans mon imagination d'enfant, j'ai toujours eu l'habitude de voir mon nom sur le monument aux morts. Et donc, je pourrais presque me dire : "Je me souviens, j'ai vécu en 800, j'ai vécu en 1257, j'ai vécu au XVIe siècle, puis je suis mort en 14-18." »

« J'ai une idée longue de mon identité qui est essentiellement une identité par le langage, enfin par la langue. »

Plus jeune, Murat a fait quelques tentatives de suicide dont une en Haute-Savoie à laquelle il fait allusion dans sa chanson Le cafard.

« Ce qui m'a sauvé, c'est les livres et la créativité, dit celui qui se considère comme un miraculé. J'ai été élevé dans un monde où il n'y avait pas de bibliothèque, pas de livres. Ma bibliothèque, c'est fondamental : une bibliothèque bien entretenue, bien rangée, à confier à d'autres après, comme si elle allait être ma meilleure création. Je suis fou de livres, il n'y a pas un matin où je n'y pense pas. »

On croirait entendre un Fabrice Luchini qui donnerait dans la chanson. « Il y a de ça, bien sûr », répond Murat en parlant de cette volonté commune qu'ils ont d'aller au plus près de la source en littérature. Murat, le paysan, partage également avec Luchini, fils d'épiciers, des origines modestes et un parcours d'autodidacte.

« C'est peut-être un de mes traits de caractère : des fois, j'ai un peu l'arrogance de l'autodidacte, avoue-t-il. C'est comme si j'étais sur un circuit routier avec des gens qui ont fait l'université et qui maîtrisent le Code de la route. Moi, je veux bien aller sur ce territoire-là, mais je n'ai aucune idée du Code de la route. Des fois, je suis un peu décalé. Je prends les contresens et je me gare n'importe où. » "

 

- ON PASSE A ALAIN BRUNET :

http://blogues.lapresse.ca/brunet/2016/05/11/jean-louis-murat-morituri/

Très joli petit texte... On pourra se reporter ensuite à la zone commentaires très très active... d'où la tentative d'Alain Brunet de "recentrer les débats"...  C'est raté.

 

"Le long parcours de Jean-Louis Murat est rehaussé d’une nouvelle station : Morituri est un opus gonflé d’airs du temps. Sombres, pluvieux, mortuaires comme la conjoncture française, néanmoins sensuels et délicats.

Fine lame de la parole chansonnière pour ne pas dire un de ses artistes (vivants) les plus aboutis, JLM y cisèle des fables sur l’impuissance humaine généralisée, sur l’incapacité chronique des sociétés à passer à un prochain niveau d’élévation, sur les refuges provisoires dans ce qui nous reste de nature et de campagne.

Même dans les recoins apparemment épargnés, on finit par s’y « baigner nu dans l’eau noire des regrets », ou encore attendre « le prochain Sarajevo pour chialer dans la cuisine ». Comme le titre latin de l’album le suggère, des faits divers exposent la mort d’un boucher pendu derrière la mairie ou d’un paysan noyé dans le purin qu’il devait épandre…

Rien ne va plus dans ce monde dépeint par l’auteur, s’y confondent pessimisme et lucidité. Allongées sur des tempos lents ou moyens, les musiques blusey jazzy folky lounge aménagent ici un nouveau pan de cette facture europamericana dont seul JLM a le secret.

Cet élixir n’est pas exactement un remontant, n’en demeure pas moins un puissant shooter de conscience et de poésie signifiante".

LES CHRONIQUES EN PLUS DANS LE LIEN EN PLUS

 - Le journal de POk parle de Morituri: Malgré un avis très positif, deux remarques critiques: quelques chansons "faiblardes"  "qui ne tiennent souvent qu'à la sensualité élégante du chant de Murat. On regrettera aussi que l'horreur terroriste de 2015, qui a partiellement inspiré l'album, n'ait pas poussé Murat à sortir de son habituelle licence poétique et à déverser dans au moins un ou deux morceaux un peu du fiel et de la méchanceté qui abreuvent souvent ses déclarations à la presse".

http://www.manitasdeplata.net/archives/2016/05/12/33804940.html

 

- Sur le site "les méconnus":

http://lesmeconnus.net/trois-albums-a-ecouter-cette-semaine-9-mai-2016/

Extrait: La voix de Murat est particulièrement sobre et zen sur une musique en rien morose, quoiqu’un peu générique. Mais qu’importe, quand le verbe chevauche aussi bien les sonorités dressées. Comme depuis ses débuts 15 albums plus tôt, on succombe encore à sa poésie de toponymie, à ses textes bios suggérés par ce qui roule sur le relief et à ses mots puisés dans l’air du temps. Ça ne tombe pas toujours sous le sens, mais c’est invariablement vachement bien ficelé.

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 16 Mai 2016

 

classement des ventes:  Du Vendredi 6 ou jeudi 12 mai, 707 albums physiques vendus, 28 téléchargement... Pas de rebond (89e rang, 57e la semaine précédente).

 

1) Et bien, Morituri serait-il en réalité un disque EUROPE1 ? Deuxième invitation hier sur l'antenne de la radio privée (après Europe 1 social club) alors qu'on ne l'a  entendu en interview qu'une fois sur Inter.

A partir de la 4e minute... jusqu'à la 14e... ce qui fait... attention, concentration.. une interview de 10 minutes.

La présentatrice lance "french liinnks"... ce que Murat a raillé, mais il ne réagit pas. L'ambiance est détendue, avec un Jean-Louis très calme.  Ca parle au départ de Morituri, puis ça s'ouvre un petit peu.

Amusant que Murat parle du rôle de l'artiste, un "agent culturel", qui est de "témoigner de l'époque"... pour un chanteur désengagé, c'est un peu curieux. Il n'aurait peut-être pas toujours dit ça, mais la première partie de la réponse indique que son rôle d'"agent culturel" est de livrer son interprétation, sa "mise à distance" subjective et personnel... ce qui n'implique pas une volonté de convaincre ou de "militer" (dans le sens de "Constituer un argument").

Julia Martin n'est pas une spécialiste mais elle ose quelques questions : pourquoi ne pas chanter vos tubes en concert? ou l'interroger sur ses propos polémiques sur les chanteurs ou les médias. Bon, petit passage par Mylène Farmer qui ne s'imposait pas vraiment... mais ça fera toujours plaisir et un petit buzz auprès des fans de la rousse.

 

(je partage encore la vidéo... même si elle se déclenche toute seule, désolé)

2) Bon, finalement, cette interview ne vaut pas un article à elle toute seule... Qu'est-ce que je vais vous mettre en plus? De la petite chronique, de la presse? J'ai un petit peu de trucs en stock... voyons... voyons...

Allez, le plus gros: un article dans VOSGES MATIN d'hier. Ce n'est pas en ligne, mais mon appel aux amis a été couronné de succès (même si la photo ne permet pas une lecture facile).. Merci Malika.

L'auteur regrette que chaque promo voit sa polémique qui "cache l'essentiel", mais consacre un tiers de son texte à cela....

http://www.vosgesmatin.fr/art-et-culture/2016/05/15/murat-dans-l-ombre-des-attentats

Jean-Louis Murat sur Europe 1 et dans Vosges matin

3) Eryk e. décroche quelques beaux articles... et j'aime à penser que nos articles ici ont pu y contribuer :

http://www.nosenchanteurs.eu/index.php/2016/05/08/eryk-e-des-bleus-a-lame/

Et un petit reportage sur PILS, le magazine musical de France 3 Auvergne:

http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/auvergne-le-blog-de-pils/2016/05/13/eryk-e-le-nouveau-baladin-auvergnat-aux-chansons-lumineuses.html


Eryk.e

Son disque physique est commandable via sa page fb et en numérique un peu partout!

LE LIEN EN PLUS

 

Silvain VANOT a parlé l'autre jour de MURAT sur FRANCE MUSIQUE en choisissant d'écouter "le cafard". Merci à l'ami qui me l'a signalé.

C'est à la 9e minute.  Le présentateur donne quelques commentaires positifs sur l'album avant d'écouter le titre.... qui ne se lance pas... Du coup, Silvain s'exprime: il rappelle l'aide de JLM à ses débuts. Finalement, on écoute "le cafard"... puis, il y a encore quelques propos sur la chanson.  "chanter son mal, c'est l'enchanter" cite-t-il.  Puis, il est question de sa voix, très cheyenne autumn, de crooner.  Fin de la séquence à 21 minutes.

http://www.francemusique.fr/emission/easy-tempo/2015-2016/silvain-vanot-05-07-2016-19-00

 

Rappelez-vous:

live report de M http://www.surjeanlouismurat.com/2015/03/des-nouvelles-de-silvain-vanot-live-report-et-interview-inedite.html

Longue confidence du côté de l'Oreille absolue:http://www.surjeanlouismurat.com/article-sylvain-vanot-parle-de-jean-louis-murat-81970120.html

Et une interview croisée Vanot/Murat: http://www.surjeanlouismurat.com/article-interview-croisee-vanot-murat-57132724.html

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 9 Mai 2016

Magic, la revue pop moderne: Abra...patatras.

Tout à l'heure, j'écrivais à propos de SOfilm:

Comme pour Magic, Je ne publie pas cette interview de 3 pages de suite afin de vous permettre de vous rendre chez votre kiosquier. Il faut soutenir la presse indépendante.

J'avais lu un ou deux posts inquiétants... mais rien d'officiel. Et bien, la nouvelle est tombée: Magicla revue pop moderne a cessé de paraitre... après 21 ans de présence! 21 ans...

Chères lectrices, chers lecteurs,

Comme l’ensemble du secteur de la presse, magic, revue pop moderne connaît depuis quelque temps des difficultés économiques. Nous avons cherché des solutions, nous avons cherché des partenaires, des repreneurs, mais aucune piste ne s’est concrétisée.

En l’état, il est donc probable que le numéro 201 de la revue, daté du mois d’avril 2016, soit le dernier. Grâce à la loyauté et la passion toujours gaillarde de nos pigistes, photographes et proches équipes, nous avons pu, malgré tout, sortir jusqu’au bout – on l’espère – un magazine riche et vivant.

On terminera simplement par là où tout a commencé : nous ne remercierons jamais assez nos lecteurs et abonnés pour leur enthousiasme et leur fidélité, qui datent parfois du fanzine magic mushroom.

Vingt-et-un ans en kiosque depuis mars 1995 avec toujours la même ligne directrice : une curiosité acharnée et pointilleuse pour la musique et les artistes qui nous touchent. Cette curiosité ne s’éteindra pas, mais elle devra se manifester ailleurs, autrement.

L’éditeur et la rédaction de magic.

Que Murat soit au sommaire du dernier numéro paru est un beau symbole... tant la fidélité du journal à ce chanteur est ancienne et fidèle... Alors qu'il faut bien le dire: Magic était un journal pour le moins pointu et anglophile, les sommaires de certains numéros étaient pour moi un grand point d'interrogation. Mais fidèle, ils ont été fidèles à leur ligne... et à leur papier glacé... Est-ce que cette petite mort (puisqu'on espère un "ailleurs") sera l'occasion pour Murat de dire un mot gentil sur ceux qui fabriquait ce journal, des journalistes... et/ ou de se désoler de la marche du monde? Pensées à tout ceux qui travaillent ou ont travaillé dans ce magazine: Franck Vergeade, Christophe Basterra (l'auvergnat), Etienne Greib... et merci pour lui, et pour nous.

Petit rappel depuis la création du blog:

- 2011 : Grand lièvre, chanson par chanson http://www.surjeanlouismurat.com/article-l-interview-de-magic-en-ligne-86582982.html

- 2013: Toboggan hhttp://www.surjeanlouismurat.com/article-it-s-not-a-kind-of-magic-it-s-magic-numero-171-avril-117398070.htmlttp://

- 2014 Babel en couverture :

http://www.surjeanlouismurat.com/2014/10/en-couv-de-magic.html

(avec une version live inédite de "qu'est-ce qu'au fond du coeur")

- 2010 La lecture d'un numéro sans Murat:

http://www.surjeanlouismurat.com/article-magic-revue-pop-moderne-n-137-42137017.html

- La dernière chronique : Morituri

http://www.surjeanlouismurat.com/2016/04/3-premieres-chroniques-de-morituri.html

- Chronique de concert:http://www.surjeanlouismurat.com/article-revue-de-presse-50600594.html

Le site internet de Magic met à l'honneur les grands moments de la revue, les grands coups de coeur... et on y retrouve une interview période MUSTANGO, L'abécédaire du Le moujik. ou encore LILITH.

Murat est l'un des rares français figurant dans ce florilège... avec l'ami Erik Arnaud, interviewé ici,. (et Bashung et Biolay)

Magic, la revue pop moderne: Abra...patatras.

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Magic, la revue pop moderne: Abra...patatras.

Je vous rappelle à propos de "vie et mort" en presse musicale l'article de M.:

http://www.surjeanlouismurat.com/2016/03/chanson-volet-1-passage-en-revue-d-une-revue-musicale.html

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 9 Mai 2016

Comme un lundi...

Hop hop, j'ai mis Murat de côté durant 3 jours ou presque... Je suis tout endolori du blog... vite, vite:

1) Murat est dans SO FILM ce mois ci, pour une interview plutôt cinéma donc. Belle fidélité de Frank Annese (une interview récente dans Libé ). Comme pour Magic!, Je ne publie pas cette interview de 3 pages de suite afin de vous permettre de vous rendre chez votre kiosquier. Il faut soutenir la presse indépendante.

2) Murat était en micro interview dans Alcaline le mag... Visionnable là (vers 10 minutes), mais on retrouvera tout ça dans "alcaline l'instant" prochainement.

http://pluzz.francetv.fr/videos/alcaline_le_mag.html

merci anna B.

merci anna B.

4 )  Encore une chronique:

http://musique.blogs.sudouest.fr/

 

 

5)  J'avais oublié La dispute de France Culture. Les intervenants sont invités à donner leur avis sur Morituri en fin d'émission.

http://www.franceculture.fr/emissions/la-dispute/musiques-hommage-prince

 

 

 

 

6) VENTES:  3e semaine... en attendant un petit rebond suite à la promo?

957 albums physiques (57e place)  72 téléchargements.

LE LIEN EN PLUS QUI NE SERT A RIEN

 

Chasseurs:  Faute de Slimane, on se rabat sur Murat... ça fait quand même plaisir...

 

 

https://actualite24.com/2016/05/video-the-voice-les-fans-aussi-ont-du-talent/

Pour attendre le créneau idéal, avec leurs amis Eric et Géraldine, ils ont tout prévu : tabourets pliables, sandwichs au pâté, glacière. Sauf ce maudit jeudi de l”Ascension, où toute l”équipe de « The Voice » a fait relâche. Ils ont trouvé porte close en se présentant devant le studio 217, après deux heures et demie de route. Qu”à cela ne tienne, la télé n”a pas de secrets pour eux. Un saut dans Paris et hop, ils se sont immortalisés avec Pedro Almodovar et Jean-Louis Murat devant le plateau de « C à vous ».

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 5 Mai 2016

La riche en actualités en 6 points: c à vous, europe 1, rts...

De la radio, de la télé, de la télé de radio, du compte-rendu, de la brève, du canard... Voilà le programme de l'article du jour!!   ouf!     Et Mince : C'est  la vidéo d'Europe 1 qui se déclenche toute seule, descendez au point deux pour la stopper si vous vous voulez lire tranquille).

 

1) Désolé... hier matin, je n'étais pas informé de l'autre rendez-vous de la journée du jeudi: Jean-Louis était invité dans "C à vous" pour une chanson live (on peut se rappeler de sa belle prestation avec Ibeyi il y a 3 ans). La lumière était plus tamisée à l'époque... Du coup, on a vu un Jean-Louis Murat cette fois à lunette noire livrer un petit "french lynx"... avec petites hésitations encore au programme. Bon, not so bad (jolie fin). Je retiens le petit mot de présentation sympathique de Patrick Cohen, qui a tenu à souligner que Murat, outre la musique, le texte, est aussi une de nos plus belles voix (il faut peut-être pour s'en convaincre revoir de préférence la prestation sur '"over and over").

Bravo à la présentatrice qui a réussi à annoncer le concert à la Maroquinerie... pour le 26 mai!! (il a eu lieu hier).

A revoir à partir de la 16e minute:

http://www.france5.fr/emissions/c-a-vous/videos/replay_-_c_a_vous_la_suite_05-05-2016_1142819?onglet=tous&page=1

 

2) Au même moment, Murat était aussi au "Europe1 social club". L'émission est une table ronde avec divers invités.  Murat parle plus vers la 15e minute de la première heure et au début de la deuxième, mais  Jean-Louis est invité à réagir par moments (avec peu de succès parfois: notamment sur le théâtre..). Au début de la deuxième heure, on le retrouve aussi très présent... notamment dans une diatribe contre la télé et les présentateurs.

Plutôt bonne interview, même si elle est un peu "jazzistique": Taddéi à côté de questions bateau, arrive à le sortir un peu du plan plan, en pointant sur les zones de frottement, du style "les médias ne vous en veulent pas, est-ce que vous n'êtes pas si subversif que ça finalement?", ou "vous changez de musiciens, mais qu'est-ce qui change d'un disque à l'autre?" (de mémoire)... Murat ne réagit pas tant que ça ceci dit... Il va peu sur le mode "confidence"... allant un peu sur la provoc: comme le moment où il s'en prend un peu à la prof de sciences physiques présente en pointant les responsabilités des scientifiques sur certaines difficultés du monde.

Il explique, comme il en parlé avec des fans avant la maroquinerie, que s'il n'y a pas de tournée, c'est qu'il n'a pas accepté les conditions financières proposées pour les musiciens (le minimum légal semble-t-il).  Autre propos: il aurait provoqué tout à fait sciemment le buzz autour de Polnareff et de Renaud, juste des noms cités parce qu'il savait qu'ils étaient dans l'actualité...

Scoop: "Le lupanar" serait le titre du prochain album portant sur l'Europe... portant à gauche, portant à droite? Enfin, rien n'est moins sûr.

 

 

3) Un compte-rendu de la MAROQUINERIE... qui parle des "sommets" atteints (surtout sur les titres de Babel selon lui) et aussi des petits soucis... Je relève cet avis original sur Babel: "Cette excellence confirme mon diagnostic initial, à la sortie de « Babel » : le problème de l’album, c’était ce foutu Delano Orchestra, maladroit, pénible, à la limite de la faute de goût. Joué par un bon groupe, « Babel » aurait été une réussite totale, peut-être le meilleur disque de Murat, au niveau de « Mustango »"…

http://www.manitasdeplata.net/

4) Et on n'en a pas fini avec la promo: Il y a des choses immuables, des points de repère dans ce bas monde, notamment la neutralité de la Suisse. En effet, ce non-plat pays est peut-être le seul où on pouvait retrouver Murat et Renaud dans la même émission. Trêve... de plaisanterie: les interviews sont enregistrées...

http://www.rts.ch/audio/option-musique/programmes/panorama/7665332-panorama-05-05-2016.html?p=0

(un autre jour, je vous aurai découpé et mis en écoute l'interview parce que ce n'est pas très long... mais il faut que je parte faire du vélo bondiou!!).

5) Grâce à Emmanuelle, on apprend qu'il a été question de Murat dans le canard enchainé. C'est une petite brève qui fait remplissage et au contenu aléatoire... mais soit...

(vous en profiterez pour faire un peu d'exercice physique... mais je décline toute responsabilité pour d'éventuels torticolis).

La riche en actualités en 6 points: c à vous, europe 1, rts...

6) Emmanuelle m'a signalé aussi que la chronique de Rebecca Manzoni était en vidéo... et il faut absolument voir ça. Outre le fait que je sois tombé amoureux, c'est vraiment sympa de la voir gérer sa chronique tout en communiquant son goût pour l'artiste et dodelinant de la tête.

Petit mot de conclusion et de synthèse:

au revoir.

Si, je vais quand même dire: Pas trop mal foutu cette promo "morituri" en deux temps, avec la sortie de l'album, puis cette deuxième vague actuelle. Je suis étonné malgré tout de ne rien voir venir du côté de l'AFP. L'article que diffuse l'agence est normalement repris par un bon nombre de médias écrits.

tschuss

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 5 Mai 2016

Pour le futur :    Murat ce soir sur Europe 1 chez Taddéi (europe social club à partir de 20 heures)... et en même temps, sur France Culture, "la dispute" après un hommage à Prince, nous permettra d'avoir l'avis d'Hugo Cassavetti et de V. Mortaigne sur l'album.

 

 

Pour le passé:

1)  CHez Pop and co, avec Rebecca Manzoni, "tous mourrus, sauf Murat"

 

 

2) Du côté de la Suisse et de la Gruyère, une chronique sans trou.. mais avec pas totalement affiné.

http://www.bloglagruyere.ch/2016/05/03/jean-louis-murat-des-cafards-et-des-douceurs/

Au dernier morceau, cet éblouissement: mais comment fait-il pour toucher autant avec une telle simplicité? Le cafard, un chef-d’oeuvre, conclut cet étrange Morituri avec une douceur ouatée où Jean-Louis Murat se blottit comme personne. «C’est quoi le cafard? / Difficile à dire / C’est comme un buvard / Qui te boit la joie / Te prépare au pire…» Avant ce coup de maître, l’album a distillé son lot d’envoûtements, de refrains aux faux airs de déjà entendu (Tarn et Garonne). Et des fulgurances, comme ce magnifique Frankie: sur un air jazzy, Murat évoque avec une intelligence rare la déréliction de son pays, ici racontée à travers des épisodes de l’histoire, en 827, en 1163…

Tous mourus aussi aborde, de manière plus frontale, le délitement généralisé, un sujet cher au bougon Auvergnat. Reste alors à se réfugier dans la nature (Le chant du coucou, autre pépite où son sens de la mélodie fait merveille) ou à «chialer dans la cuisine » (La pharmacienne d’Yvetot). Reste, surtout, à se régaler de cette voix de velours en passant sur les chansons un peu boiteuses. Comme ce French Lynx sorti en single ou Interroge la jument, malgré ce texte effrayant d’actualité: «Sur la terrasse / Sous les cimes / A l’heure où le festin se termine / Satan est heureux / Il a régalé ses convives». Des titres peu convaincants, qui rappellent que Murat n’est jamais aussi puissant que quand il se fait rugueux ou dépouillé à l’extrême.

Par Eric Bulliard

3) Hop, on part de l'aéroport de Genève, pour filer au Canada: direction le CANAL AUDITIF

http://lecanalauditif.ca/jean-louis-murat-monituri/

"En voilà un autre qui mérite le plus grand des respects et qui est parfaitement méconnu/ignoré de ce côté-ci de l’Atlantique: Jean-Louis Murat. Avec une litanie d’albums sous le bras, le bonhomme, bon an mal an, propose toujours une création de qualité. Quand on insiste sur l’importance de cristalliser son art dans la durée, Murat est un exemple probant d’une carrière réussie… du moins aux yeux de votre humble scribe. Après un excellent album conçu avec le Delano Orchestra, l’excellent Babel (2014), l’Auvergnat était de retour la semaine dernière avec Monituri; qui signifie «ceux qui vont mourir» en latin.

Enregistré en novembre 2015, ce Monituri a quelque chose de prémonitoire puisque toutes les chansons ont été écrites avant les tristes attentats du 13 novembre dernier qui ont eu lieu en France. Quand on vous dit que les poètes ont souvent une sensibilité se rapprochant de dons prémonitoires… mais, ça fait des lustres, qu’une bonne partie de l’humanité se contrecrisse complètement de la poésie et de ses poètes. Ici bas, on préfère le marketing… ceci dit avec une très bonne dose de mauvaise foi!

Alors, Murat propose à ses adeptes un album de soft rock dépouillé qui fait référence musicalement à ce que peut concevoir l’excellente formation Tindersticks. Un disque tout en délicatesse, tout en nuance, qui remémore, sans le vouloir, les événements bouleversants que la France a vécus en 2015. Les habituels textes oniriques de Murat frappent cette fois-ci l’imaginaire. Ces métaphores/allégories, rédigées en premier lieu comme un journal de bord, passent très bien le test chansonnier. Des mots parfaitement imprégnés de «l’air du temps». Quelques perles?

«Sont-ce bien là, Raisons ma mie, Pour chialer, Dans la cuisine.» – La pharmacienne d’Yvetot

«Sur la terrasse, Sur les cimes, Où tout est bien pesé, On t’assassine, Sur la terrasse, Sur les cimes, N’y a-t-il plus de ciel pour nous foudroyer ces novices?» – Interroge la jument

«La boulange est foutue, Ça ne tient pas, Les braves gens ne viennent plus, On ne sait pas pourquoi, J’irai voir la mer, Voir les Pyrénées, V’là que la boulange est foutue, Mais qu’est-ce qui nous a fait ça?» – Tous mourus

Plus blues et jazz qu’à l’accoutumée, cette mélancolie dépressive poétique assumée est magnifiquement auréolée (comme d’habitude) par la voix langoureuse de Murat. L’auteur interroge subtilement la société dans lequel il vit et son constat n’est pas des plus réjouissants. Et on n’a aucune espèce de gêne à peindre le même tableau social que Murat! Ce qu’on aime de ce Monituri, c’est ce contraste entre cette drôle de sérénité musicale et ces magnifiques textes lucides (mais curieusement sereins) que nous offre l’artiste français.

Voilà une nouvelle parution française qui peut être aisément être associée au Sebolavy de Mickey 3d, mais on a une très nette préférence pour le travail sonore et littéraire de l’Auvergnat. Moins électro-pop et plus surréaliste. Bien entendu, c’est un album intemporel qui plaira sans aucun doute au mélomane avide et connaisseur de chanson française. Une autre réussite à ajouter au compteur déjà bien garni du songwriter.

On termine avec cette citation de Murat lue directement sur le site lesechos.fr: «Quand j’avais quinze ans, j’étais persuadé qu’une guitare électrique pouvait changer le monde. Aujourd’hui, j’entends à longueur de journée des spots publicitaires qui réduisent Ray Charles ou les Rolling Stones à un jingle de 15 secondes. Avant, il y avait de l’espoir, mais aujourd’hui c’est terminé. Je n’ai jamais pensé que je pourrais donner le meilleur de moi-même pour faire la bande-son d’une société de consommation».

Tout est dit!

LE LIEN EN PLUS

 

Je vous avais déjà parlé du FLEGMATIC, artiste repéré par LA SOUTERRAINE, dont Murat est une des références. Voici son magnifique titre inédit  "sous influence" (version "naked")..

Et il vous demande de l'aider à pouvoir sortir ce titre avec MICROCULTURES... participez! Il est encore loin de l'objectif. Il y a urgence.

 

Et pour finir, encourageons-nous à profiter de la vie et de la nature, et à quitter nos connexions. 3 photos de ma sortie vélo d'hier: (pour quitter l'appareil photo, on verra plus tard).

Chez Manzoni et encore de la chronique web à foisonChez Manzoni et encore de la chronique web à foison
Chez Manzoni et encore de la chronique web à foison

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Morituri

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Publié le 4 Mai 2016

Débrief, chroniques express et dans l'EXPRESS...

1) Concert d'hier

 

- "C'est beau, hein?" disent les gens d'arte en cabine: vidéo à voir ci-dessous

https://www.facebook.com/ARTEConcert/videos/10153559972262060/

 

Le concert d'hier est bien visionnable en replay!

 

Sur facebook, ça commente à tout va...  Tout le monde ou presque semble avoir apprécié le concert, c'est une jolie carte de visite pour MORITURI... malgré les imperfections d'une première date... mais le débat tient surtout au final: est-ce que cela obscurcit l'ensemble? est-ce qu'il faut pardonner, expliquer?  Est-ce une conduite incorrecte pour le public?  Ce n'est en tout cas pas une surprise que ça arrive... "Impérial et bougon" dit ce matin un journaliste... Pour moi, effectivement, ça ne doit pas faire oublier l'ensemble, les sublimes Morituri, tarn et garonne, interroge la jument, et les moments de convivialité et les sourires de Murat avec les musiciens. Il y a une belle cohésion, du plaisir, et on peut comprendre la frustration de Murat de ne pas plus pouvoir en profiter.  Après, comme sur la tournée babel précédente, Murat s'appuie beaucoup sur les musiciens, notamment Gaël et l'omniprésente Morgane. Malgré quelques petits solos de guitare très réussis, quelques fulgurances électriques, le Jean-Louis des jours du jaguar me manque un peu. Quant à Morgane,  je trouve très jolies les parties de texte chantés en harmonie avec Jean-Louis... mais j'ai plus de mal avec les choeurs très présents (l'effet est accentuée avec la réalisation du film).  A noter le petit mot sympa de Jean-Louis pour promouvoir "les songes de léo" le joli disque de Morgane (apparemment, l'article dans lequel je parlais du disque est resté en brouillon...). Enfin, pour être complet dans les regrets, même si c'était peut-être difficile de faire autre chose avec peu de préparation,  ça ne m'enchantait pas de  réécouter Babel. Dommage qu'il n'y ait pas eu de surprise du côté de la setliste. Ceci dit, j'ai pris quand même du plaisir sur ces titres, comme on écoute un tube à la radio: on n'avait pas envie de l'entendre mais on se laisse prendre.  

 

2) Deux chroniques:

https://switchmusics.wordpress.com/2016/05/03/murat-morituri/

et au Québec:

http://www.lapresse.ca/le-droit/arts-et-spectacles/disques/201605/03/01-4977662-morituri-de-jean-louis-murat-.php?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

 

 

3) Murat et Manset se partagent une page dans l'Express cette semaine. Match ex aequo: 3 étoiles de chaque côté.         Merci JLR

 

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3) encore un mort du côté lyonnais: Slow Joe... Un destin incroyable des fanges de Goa à une mort on espère apaisée sur les pentes de la Croix Rousse. Un 3e album verra le jour. Cela me fait repenser au projet que Murat avait d'enregistrer en Inde...

 

 

4) Encore un peu de musique: c'est beau, c'est du Christophe Pie:

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Rédigé par Pierrot

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