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Publié le 6 Juillet 2020

[Herbe têtue rouge calèche
Toboggans rentrés
Le temps est long qui nous ramène
Les filles avec l'été ]

[Quand le retour des cigognes
chaque jour est retardé
on scrute à l'horizon
les prémices de l'été
on n'attend que ça
on n'attend que ça]

[" Dans quelques jours l'été     J'en perds la mémoire     Comme pans effondrés Dans un enclos cathare  Reviens vite je prends   Le corridor humide]

Mais enfin, un jour, il est là...

Vu de trois quarts

Ce juillet sans orage

Vu de trois quarts

C'est la faim au village

Vu de trois quarts

Ne serait-on alors

Vu de trois quarts

Heureux que par hasard

 

Et oui, vous l'aurez compris, plongeons-nous dans l'été, orage, moiteur amoureuse, chaleur langoureuse propre au romantisme... Murat semble juillettiste, laissant le mois d'août aux hordes touristiques.
 

Nous avons commencé par ce "vu de trois quarts" que je n'ai pas trouvé en ligne. J'ai donc monté la vidéo en cherchant quelques portraits où Murat se défile des profils et de face...  Extrait du miniCD "mashpotétisés" (avec Fred Jimenez).

 

Ah, la douceur de juillet, on se sent fort, prête à résoudre même le plus grand des mystères:

 

Qui est cette fille, l'humide secret

Que je déshabille dans la pénombre de juillet

Quel est ce mystère, quelle est cette envie

Qui me désattelle alors de tout ce que je vis

Ce sont yeux qui brillent, quenottes de chat

Salives et soupirs mêlés une première fois

Un rêve liquide dans ma nuit d'été

Tout pour une fille qui se pâme retournée

 

 

Juillet, pas encore le temps des bilans de saison... on fera ça plus tard:

[Je regrette ces soirées d'été où nous faisions des parties de cache-cache]

 

Voyager tout l'été

Nous aura mis face à la beauté

Comme a bird on a poire

 

Viens ma toute belle
Canoter c'est l'été
Nous aurons le ciel à partager
Il y a tant d'étoiles au ciel
Les nuits d'été

 

22' vlà... le 22 juillet:

 
j'habitais rue Bondy

vous rue des Pyrénées
quand soudain vers minuit
ce lundi vingt-deux juillet

je vis loin de Paris
et vous où je ne sais
pensez-vous vers minuit
à nous les vingt-deux juillet


 

C'est AMEN OTIS (single PAR MEGARDE/période VENUS, même si ça sonne plus Dolorés), hommage à OTIS REDDING.... 

En passant, je signale aux parigo, qu'à OTHIS (77), un dealer de Cantal nommé Bruno Bergheaud vous fournit tout un tas de produits made in "15" et-6-3 dans son échoppe "le cantal vous régale" (bières, charcut, porc frais...).  Amen. Il y a de la diaspora heureuse. A part ça,  IL n'y a plus de rue de Bondy à Paris depuis 1944 (désormais rue rené boulanger)..  Il se trouve qu'un certain Béranger y aurait vécu, composant une chanson sur "son grenier" et la vie de peu qu'il y vécut... Murat nous a conté ses mêmes déboires... Paris ou Haute-Savoie, le cafard n'est pas loin... 

["Ami de tête   Suons l'été  Tout nous crève dans ce taudis"  ("princesse évaporée")]

["le parcours de la peine  s'arrête un seul été  à l'échancrure vierge  du corps d'une fée"]
 

Parcours parisien suite....

Place des Abbesses en plein juillet

J'ai cru trouver

Mais l'ombre boulevard Pereire

Avant minuit

S'est effacée

Sans toi tous les lieux

Me désespèrent

Sans toi tous les lieux

Sont à désespérer


 

 

Le texte écrit pour Eryk.e fait écho à celui d'Amen Otis... Souvenir d'une date, des lieux... en souvenir de x. Tout cela est à désespérer... alors que le bonheur est dans le 6/3 peut-être, alors, alors.... :

 

Alors mon esprit

Prend par Lusclade

Grisé par les senteurs

De juillet

 

Soudain une faible flamme

Jaillit dans cette obscurité

Tiens... le voleur de rhubarbe

 

Mais on a beau s'ancrer, fonder, la nostalgie peut s'emparer de nous.

 

[J'ai marché sur l'hydre du cerveau

Marché sur la bête levée tôt

J'ai passé la porte en dansant

J'ai pensé aux enfants

Alors que la mer et les forêts

Dansaient sous les coups d'un vent d'été

Perdu sur la pente étoilée

J'ai failli tout lâché  (UN HOMME OU BIEN, bonus vinyle morituri)]

 

  La chanson de dolores est pour certains la plus belle jamais écrite par Jean-Louis.

 

Et depuis parée de cet amour 

J'ai dansé tour à tour

Tous les champs de la terre

Surprise en décembre en juillet

Partout où nous menaient

Des joies similaires

 

Sur le net, on trouve : "On peut  voir dans ce texte d'une façon plus générale toute relation qui va à l'encontre des stéréotypes, tous ces amours de jeunesse où la liberté chasse les responsabilités, cette irrégularité mis à mal par la régularité que représente la prise de responsabilités, l'âge adulte, représentée ici par le mariage".


 

ah, les amours de jeunesse, la jeunesse... ce n'est pourtant pas toujours la joie... même en juillet.

JE TRAINE ET JE M'ENNUIE

je vis dans un mois de juillet
sous-titré pathétique
où des héroïnes en anglais
me rendent romantique
je sors en chialant des cinés
puis je cours rue Montlosier
donner mon sang pour l'Afrique

 

Encore une fois,  l'impasse des grandes villes...  vive l'utopie paysanne et ce mois de Juillet où il n'y a plus de temps pour tout ennui.

 

Le jour se lève sur Chamablanc

C'matin Bozat est encore blanc

Les enfants dorment c'est l'été

Dans le pays où je suis né

Là-haut surveille un Jean-le-Blanc

Le vieux ruisseau part en chantant

A la recherche de rien vraiment

Dans le pays où dort l'enfant

Seul dans l'étable Levacher

Soigne le veau de l'enragée

Grand-mère a mal c'est l'été

Dans le pays où je suis né

 

 

Mille vaches
Vendeix-Haut
Oui comme en été
As-tu mis ta vigne vierge
Vierge vigne frangine
As-tu mis l'amour du bon côté
Tu auras oui belle mine
Dans la vie en rose
Que je te promets

Un juillet ensoleillé
Nous remplit caves et greniers
Pourquoi juillet irait donc
Comme janvier
Allons faucille à la main
Noirs de bouche
Secs au gosier
A la Saint Germain
Il nous pleuvra du vin

Ah, satané calendrier qui va faire venir le temps des aoûtiens....  ça me donne le blues:

Tout rêve de la fille allumée

En poignée de brindilles pour l'été

Tout aime que se fixe le sujet

Monter au cou du cygne et gicler

 

 

Dans un studio du quartier

Dans un désordre fou

Après un simple baiser

Je crois bien au mois d'août

J'ai vu la folle analogue

Sur l'ordi hier matin

Elle grignotait au réveil

En partie le butin

 

 

KIDS 

 

L’an

Était au mois d’août

Nous en allions les trois nus cassés

Au loin gronde orage

Good bye

En souvenir de vous

Je guette du Ventoux

Le moindre feu de paille

 

Good night

Le mois d’été est doux

Toutes les fleurs écloses

Dansent en souvenir de vous

 

Bon été à tous!  Et attention à Pauline qui traverse l'été à cheval de manière distraite...

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres, #vieilleries -archives-disques

Publié le 8 Février 2020

Un article de Stéphane DAVET mais à propos de ses anciens disques, et c'est très intéressant car c'est la première fois qu'un média d'importance s'intéresse aux rééditions en cours (on apprend le nom de l'acteur de ce travail chez Pias : Jean-luc Marre), et surtout, on nous indique que ce n'est pas fini, et qu'il pourrait enfin avoir des vrais disques d'inédits! Et c'est illustré avec une nouvelle photo!

 

-  A propos de vieilleries, justement, SUNS BURNS OUT publiait la semaine dernière un article sur "l'ange déchu", à lire en suivant le lien ci dessous: (mais revenez me voir ensuite): Très bon article qui parle de Murat entre variété et rock, modernité et désuétude... et comme d'habitude, Manset est cité aujourd'hui, comme hier!, et peut-être un peu plus que demain.

https://www.sunburnsout.com/l-ange-dechu-de-jean-louis-murat-ou-le-poete-supreme/

 

La chose a commencé en 1982. A cette époque, Jean-Louis Murat sonnait comme une forme vaguement moderne et un poil synthpop dérivée de ce que faisait Gérard Manset depuis plus d’une décennie : une poésie chantée sur un rythme bringuebalant et qui restait, mine de rien, assez éloignée du format pop en vigueur chez les anglo-saxons. Le premier album de Jean-Louis Murat, par delà sa production hésitante, était en fait un EP étendu (6 titres) dont il n’est pas resté grand-chose si ce n’est cette idée, fixe, de façonner un texte qui en reste un d’où qu’on se place. Avec Passions privées, en 1984, Murat ratait musicalement son entrée en matière. L’album lorgnait cette fois du côté de Bashung mais perdait le cap musical en s’adjoignant des cuivres et des sources de divertissement, presque funk parfois, qui détournaient du propos. Difficile de savoir alors de quoi Murat allait être le nom. Poète, esthère foireux ou caméléon musical. Le grand public allait devoir attendre quelques années de plus avant d’obtenir une réponse, à travers un morceau qui allait faire instantanément de Murat l’unique poète rénovateur susceptible de faire carrière durablement dans la variété française.

Sa position actuelle, qu’il se plaît à décrier en concert (connu mais pas trop, populaire mais pas trop, célèbre mais qui vend peu), Murat l’a forgée il y a 30 ans maintenant avec Cheyenne Autumn, un album remarquable (bien qu’inégal) à travers lequel il allait enfin donner corps et, pour ainsi dire naissance, à une vraie poésie pop à la française. Il y avait bien sûr eu des poètes chantants avant lui : Ferré, Brel, Brassens à sa façon, mais aussi Manset et dans un autre genre Yves Simon. Il y avait eu Capdevielle sur un rythme plus rock, des poètes folk (Ferrat, Aufray) et même des chanteurs pop déjà avec Bashung et Daho bien sûr, mais aucun équivalent susceptible de proposer une telle qualité de texte poétique et un accompagnement pop qui ne soit pas systématiquement inspiré du passé ou, au contraire, complètement décalqué sur les genres anglo-saxons. Lorsque déboule Murat, d’abord avec son Garçon qui maudit les filles, puis l’Ange déchu, avant qu’il ne transforme l’essai avec Si je devais manquer de toi, le genre n’existe pas. Murat est un OVNI, un gars qui se glisse par effraction dans un univers qui n’est pas prêt à le recevoir. L’époque n’a pas la tête à ça. Madonna chante Vogue. Depeche Mode, Personal Jesus. C’est l’été de la Lambada, de Renaud avec la Mère à Titi, l’année où The Cure sort Disintegration, où Jive Bunny domine les charts et Tears For Fear sort Sowing The Seeds of Love. Les Pixies se reposent et Morrissey apprend à vivre seul. Il n’y a alors presqu’aucune place pour la mélancolie et encore moins pour les états d’âme. Les productions sont ronflantes et souvent très orchestrées. Impossible de trouver quelque chose de populaire qui ne soit aussi sophistiqué. L’Ange Déchu est une fulgurance où se conjuguent l’apparition d’une forme anachronique de chanson française, d’une révolution poétique et d’un écrin romantique (la beauté de Murat, son look byronien) pour occuper un espace minuscule situé entre le rock français et la variété.

 

L’espace d’un instant, Murat ouvre cette brèche, cette possibilité d’un champ nouveau qui s’inscrit entre un genre imparfaitement populaire et globalement resté marginal et rebelle chez nous (celui du rock et même si la figure de Téléphone a pu en être une version atténuée et celle d’Indochine une incarnation dégradée par mimétisme des anglo-saxons) et celui d’une variété véritablement qualitative qui n’existait pas auparavant. Lorsqu’il apparaît sur les écrans, celui que personne ne considère encore vraiment comme un Auvergnat est bien l’incarnation mêlée du « jeune homme moderne » (tel qu’on l’entendra chez Magic quelques années plus tard), post années 80s, et d’une figure littéraire qui hante la France depuis le XIXème siècle qui est celui de l’écrivain chanteur, romantique, amoureux et porteur sur lui d’une destinée tragique. Cheyenne Autumn est un album encore imparfait, impur. Il est trop poétique pour plaire à tous, trop excessif, pas assez terrestre et parfois boursouflé dans l’écriture, précieux dans la présentation. Il n’est pas pour tout le monde et porte déjà sur lui la marginalisation du chanteur qui viendra (trop compliqué pour l’époque, trop élevé pour ce que le grand public peut assimiler et chantonner), ce qui est à peu près tout le contraire de l’Ange Déchu, miracle pop et surtout compromis parfaitement équilibré entre l’exigence poétique et ce que le public peut digérer. L’Ange est lumineux, triste mais pas trop, solaire, bâti sur l’expression d’une ligne claire qui rend son accès non seulement mais aisé mais aussi agréable et réconfortant pour l’auditeur. C’est le texte qui parle de lui-même et qui emporte le morceau :

Quand s’éveille l’ange dans
Mon pauvre corps
J’arrache les pierres
Aux murs épais
Du tombeau de terre où
Tu m’as jeté
Je monte à grand peine
Par les chemins
Que prennent les reines
Les assassins
Dans cet univers de cendres
Où aimer n’existe pas
Parfois je prie mon ange
Eh, ne m’oublie pas

Cette orange du début, et la force des deux premiers vers, qui renvoient immanquablement (et sans doute pas par hasard) à la « terre bleue comme une orange » de Paul Eluard, soit la figure la plus célèbre et la plus unanimement partagée du pays. L’orange est évidemment ronde, enfantine, favorable comme les astres, joyeuse comme un ballon qu’on projette pour rire et faire plaisir. Il y a un coup de génie dans cette entame qui mêle le divin (l’ange), le corporel (le corps du chanteur) et le fruit le plus magique et courant qui soit. Murat enchaîne par ce qui fera son ADN par la suite : les pierres, le chemin, les murs épais. Personne n’y comprend rien. Le texte de L’Ange Déchu noue les fils poétiques surréalistes et rimbaldiens dans une forme qui rappelle un Milton rural et postmoderne. C’est à la fois inédit, historique et tout à fait moderne. On retrouvera le personnage, gothique mais qui porte des baskets blanches, cheveux ébouriffés et attitude ténébreuse, dans le Sandman de Neil Gaiman, qui démarre justement cette année-là.

 

Si l’on ajoute à cela le physique de jeune premier de Murat, l’ensemble est imparable. Le poète supérieur s’incarne dans un corps qui anticipe la perfection capillaire, les jeans blanchis et les regards profonds des acteurs de Premiers Baisers (1991) et Hélène et les Garçons, les après-midis façon C’est encore mieux l’après-midi, sages et tendrement subversifs de Christophe Dechavanne. C’est cette modernité exacte que Murat porte sur lui, parfaite synthèse de l’esprit du temps et condensé presque en avance sur son temps d’une culture profonde mais décontractée. Le mirage ne tiendra pas longtemps tant il apparaît vite que Murat n’a rien à voir avec ce contresens initial. Le Manteau de Pluie (1991) et Vénus (1993) font le boulot. Il sera temps alors d’envoyer Murat se faire voir ailleurs, de le repousser dans l’exil du terroir et de recaler sa modernité, physique et musicale, pour le transformer médiatiquement en barde incertain de la ruralité, en poète conservateur et en coqueluche indépendante. L’homme lui-même s’y laissera prendre, même s’il retrouvera un court instant avec son chef d’œuvre absolu, Dolorès, en 1996, ce sens parfait de l’équilibre entre la séduction pop et l’ambition du projet. Le reste ne sera que ça : un tâtonnement superbe, jusqu’au suicidaire, entre les images et les genres, tantôt sublime, tantôt insupportable, brillant ou cabotin, forcené ou inspiré, selon qu’on le regarde avec amour ou désintérêt.

Si Murat est devenu ce qu’il est, c’est, comme Rimbaud avait foutu les voiles, parce qu’il lui était tout simplement impossible de rester celui qui faisait et refaisait l’Ange en plongée.

Chaque jour
Les nostalgies nous rongent
Sans retour
Nous dérivons
Privés de tour à tour
Je crains tant le souffle
Du temps sur moi
J’ai connu sa bouche
Dans l’au-delà
Fais de mon âme une branche
De mon corps un talus
Mais Dieu apaise l’ange
L’ange déchu

Il lui fallait devenir branche, talus et mousse herbue, transformer cet animal divin en une forme végétale, irritante et éternelle, un substrat duquel pousserait sans qu’il en sache jamais rien une autre espèce plus affûtée ou éphémère : celle des fugaces et périssables Occidentaux, doubles pop parfaits, apparus et disparus en 1993, ou, poussés d’une chambre seule, Dominique A et quelques autres avec son Disque Sourd (1991) et son Courage des Oiseaux.

Murat était seul et unique depuis le début. Il était condamné à ne pas passer l’été.

Ecrit par

un grand merci à lui

LA NOUVEAUTE EN PLUS

AUSTYN chanteur lyonnais  amateur de Murat a fait appel à DENIS CLAVAIZOLLE pour réaliser son nouvel album. Son single accrocheur fait penser à Bashung.... mais la presse souligne aussi le lien avec Murat.

Un EP est prévu en mars!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love, #vieilleries -archives-disques

Publié le 5 Janvier 2020

Voilà une petite info concernant la collaboration Murat/Farmer... Elle a été dénichée par des nouveaux venues dans le  PIMF (paysage internet mylène farmerien) : histoires de MF.com qui propose en podcast des émissions thématiques.  A priori, pas des perdreaux de l'année, puisqu'il s'agit de spécialistes dont un ayant déjà participé à plusieurs ouvrages sur la chanteuse.  Ce "grand scoop" (selon l'échelle du fan) a bien étonné les amateurs de Mylène (qui l'ont rapporté dans un des forums encore actifs ), et les participants au podcast expriment également leur enthousiasme  ("oh, Jean-Louis!", "dingue", "ah là là")...  Pour nous autres, les réactions resteront sans doute plus mesurées... mais je vous laisse en juger, peut-être à l'aune de vos passions, que je n'espère point tristes.

Il a donc été révélé que Murat, dans l'album "l'autre",  n'est pas seulement présent avec REGRETS, mais aussi en ouverture... Si! dans la chanson "agnus dei". Bon, vous imaginez bien que c'est fugace voire subliminale s'il a fallu attendre 30 ans pour s'en rendre compte.    Intentionnalité de l'oeuvre ou des auteurs, le fait est que  "l'autre" commence donc par "un autre", et cela enchante donc les personnes dans le studio.

- vers 35 minutes, il est question de   "Regrets"   avec une forte recommandation d'écouter les disques de JL.

- le scoop est sur la fin  (vous trouverez également la séquence en fin d'article: player vocaroo)

http://histoiresdemf.com/2019/04/autre/

Il s'agit donc d'un petit sample...  qui  n'avait bien sûr pas fait l'objet d'un crédit, la voix masculine (latin)  que l'on retrouve plus loin dans la chanson est celle de Christopher Thompson, qui s'essayait à la chanson à l'époque.  Quelques précisions sur le titre Agnus Deï de Farmer :

Musique

"J'adore en tout cas les chants grégoriens. C'est vrai que Laurent et moi-même avions cette idée, ça fait très, très, très longtemps, que d'utiliser des chants grégoriens dans une chanson, et ça a déjà été fait. Là, ce sont deux voix masculines." (Mylène Farmer - RTL - 08/04/1991)

"Agnus Dei est un délire de studio ! Et Mylène était là dès le début. Je crois même que c'est parti d'une idée de mélodie qu'elle avait en tête. On a fait ce titre tous les trois, et je crois que l'essentiel a été fait dans la journée. Les paroles sont venues après l'idée initiale du "Agnus Dei". Ça s'est fait très très vite et c'était magique. (...) Je pourrais dire que ce genre de morceaux était des récréations au milieu des albums." (Thierry Rogen -  Styx Magazine spécial L'autre... - 2011)

Paroles

"Quand j’ai écrit cette chanson, j’ai pensé aux « Diables », de Ken Russel. Je ne sais pas si vous avez vu ce film qui se passait sous l’Inquisition. Et ma foi, non, je n’ai pas peur de ce genre de réactions du Vatican. Et quand bien même !" (RTL - 08/04/1991)

"J'ai eu envie de parler de mutilation, et puis l’association Agnus Dei est venue toute seule. Mais Dieu, je ne connais pas. Peut-être que c'est ça, ma mutilation." (France Soir - 13/04/1991)

 

 

On s'amusera (oui, vraiment, ça m'amuse... oui, il en faut peu je sais)  de rappeler que Murat signera ensuite le titre "agnus dei babe" (Toboggan)... où Murat évoque aussi une sorte de mutilation mais sentimentale...

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Je me permets également du coup un autre "rapprochement" : le bassiste sur le disque est le célèbre Bernard PAGANOTTI. Le nom ne vous dit peut-être rien mais son visage vous fera tilt, notamment via le clip de "Sarbacane"

 

Et bien, Michel Zacha, ici chez bibi, nous dévoilait que c'est ce dernier qui jouait sur le premier disque de Murat (le lp Murat), quelques années après sa période chez Magma ou sur "Champagne pour tout le monde" d'Higelin.  Dernier petit détail:  On peut parfois le croiser avec Slim Batteux, clavier du "grand lièvre", autour des RAPETOUX (groupe d'amis réunissant la fine fleur des musiciens de studio, dont Basile Leroux).

Pour aller plus loin:

http://www.surjeanlouismurat.com/article-complement-a-l-article-jean-louis-murat-et-m-farmer-45660693.html

 

LE LIEN 2020 EN PLUS

 

- Dans le Télégramme,  Murat et Baby love sont cités dans les disques attendues du premier trimestre, Morgane Imbeaud est également dans la liste... mais aucun contenu réelle dans l'article. Ce n'est pas beaucoup mieux sur l'avenir.net,  mais il y a un peu de rédaction:   "Tout comme un nouveau Jean-Louis Murat, Babylone, le 6 mars". ....  De Baby love, à Babylone, à un baby alone... il n'y a qu'un (faux) pas...

On trouve enfin le nom de Murat chez RTL qui fait un large tour des actualités probables de 2020: " D'autres chanteurs sont en studio comme Serge Lama, Calogero, Bénabar, Jean-Louis Murat, Benjamin Biolay ,Bernard Lavilliers ou Marc Lavoine". Là, encore, il y a imprécision car Murat est depuis longtemps sorti de studio...   Dans cet article, il est indiqué que Julien Clerc, Patricia Kass, travaillent... Murat a-t-il envoyé des textes?

Il y a 3 jours Indochine annonçait aussi qu'ils seront présents en 2020,2021... Sans doute plus avec une tournée anniversaire qu'un nouvel album dans un premier temps... Leur clip "karma girls" (dernier succès en date signé JLM)  vient d'être élu après vote du public (et un appel à mobilisation de leurs fans sur les réseaux) via le site purecharts, clip de l'année 2019.


 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love, #vieilleries -archives-disques

Publié le 20 Juillet 2019

Et bien, voilà le clip "cours dire aux hommes faibles" qui n'était pas encore disponible dans les tubes, et il est nettoyé:

- ET un nouveau concert à BINCHE, en Belgique. 28 novembre. Et c'est toujours dans un théâtre (le batiment extérieur est ancien, mais la salle a été rénovée entièrement pour une ambiance "moderne".

http://www.binche.be/detentes-loisirs/culture/theatre-communal-de-binche

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques

Publié le 29 Mars 2019

1)  Merci à  l'auteur qui me signale son article... On l'avait déjà croisé : il a déjà interviewé Jean-Louis... et plusieurs fois, mais on ne dévoilera pas son identité!

Allez, on prend ses valises, et on se fait une petite virée dans le Sancy, à la recherche de Jean-Louis... On l'a tous fait.... ou presque...   Joe Stratocaster signe un bel article aux multiples évocations muratiennes de son petit périple.

A lire  dans son jus:  https://gonzai.com/mais-ou-est-donc-passe-jean-louis/

"Je vais vous parler de mon périple. De mon Odyssée, de ma quête. Ulysse perdu dans l’au-delà. Comme je ne suis pas un ricain exilé dans l’hexagone, j’ai mon Mississippi à moi : la Dordogne. Et comme il me fallait fuir, retrouver mes racines, caresser les vaches, boire un canon, évacuer la migraine d’une ville intoxiquée par ses problèmes, j’ai finalement décidé d’y partir pour retrouver Jean-Louis.

Depuis quelques années je rêvais d’aller perdre mes pieds dans les monts d’Auvergne. Vers un pays que je ne connais pas, un îlot sauvage évoqué, chanté, magnifié par la grâce d’un chanteur connu de moi et de quelques autres. Des milliers, des millions ? Un vague souvenir chez les uns, un monolithe de la chanson qui inspire le respect et l’admiration chez les autres. Artiste en global. Peintre, artisan, écrivain, poète, chanteur de l’ombre en plein cagnard.

Résultat de recherche d'images pour "jean louis murat dordogne"Un nom de prince de l’empire, un pseudo évocateur de batailles. C’était presque perdu d’avance. Ça m’excitait. Pour compagnon de ma retraite : j’avais mon chien à la place du mort. Mon GPS foireux dans la bérézina des cartes. J’étais à coté de la plaque. Direction la Bourboule. Ca monte pas mal, on récupère de l’oxygène. Pas de quoi fouetter un chat ou remplir les 4000 signes nécessaires pour chier un article laudatif.

Premier arrêt en plein centre de la cible. Une bière en terrasse non propice à la confidence malgré l’affiche qui déclame « Pas de Giscard mais du Ricard ».

Je déambule en funambule de ma passion du Christ. Je trouve une gargote à touriste en février. Ce n’est pas la période des vacances à la ferme, c’est celle du ski, la lourdeur de la foule m’empêche de prendre du plaisir. Les gens sont mal habillés avec des vestes couleurs chaude. Société du divertissement quand tu nous tiens. Remises en bas des pistes crache la sono municipal. Je m’attendais à Fort Alamo mais là… je suis servi. Les sportifs du dimanche sont riches, beaux, grands et médiocre. Moi, je vis dans la crasse, je suis dégueulasse et je m’en fous.

« Ca aurait été Christophe Maé, j’aurais pu vous aider »

J’avise une gougnafière pour lui demander par où je dois aller afin de (re)trouver le barde du coin. J’ai bien envie de lui demander où va la neige quand elle fond mais je me contente de lui acheter un saucisson en attendant qu’elle me localise le moujik. Malheureusement il n’est pas connu à cette adresse, elle ne connait même pas son nom. « Ca aurait été Christophe Maé j’aurais pu vous aider ». Manque de bol pour moi le mien, de chanteur, est plus complexe qu’une rime pauvre.

Comme il glisse quelques indices dans à ses chansons sur son habitat naturel, je lui demande où se trouve le « Rocher de l’Aigle ». Elle connait. J’y grimpe. C’est beau mais, crotte de bique mis à part, pas de folk-singer dans les parages. Alors accueille moi, paysage. Un disque tous les ans, comme un pommier pond ses fruits et l’autochtone le confond avec un clown. Je comprends mieux qu’il soit, un peu, beaucoup, passionnément, désabusé.Je fais pisser le chien en haut des volcans, j’organise une balade au lac Chambon, je zigue-zague sur les monts d’Auvergne-sans-Soucy, c’est massif. Je bouffe comme un homme, c’est le court ordinaire des choses qui me rebooste la couenne. En repartant en ville pour me faire un ciné-vox, je m’interroge sur le fait de savoir si localiser Tino Rossi en Corse est aussi casse-bonbon.

« Vous tournez à gauche en sortant du virage en S, vous prenez à droite à l’embranchement en Y et vous arriverez dans un lieu-dit : c’est là »Il y a des travaux sur la N89. Je me gare en face du casino de la Bourboule, j’évite le parc surpeuplé. J’achète des clopes. Comportement anti-social. La buraliste est charmante, Lilith de mon coeur,  je veux lui pincer les fesses mais elle rechigne à me tendre le cul, hold-up cow-boy et macadam. En pacte de non-agression, je pose pour la vingtième fois la même question. Et elle, Dolorès, elle sait. Je me doutais qu’une carrosserie pareil devait avoir autre chose que Marc Lavoine comme modèle. « Vous tournez à gauche en sortant du virage en S, vous prenez à droite à l’embranchement en Y et vous arriverez dans un lieu-dit : c’est là ». Là ou il crèche le petit Jésus.Résultat de recherche d'images pour "jean louis murat dordogne"Mon chien me guide en aveugle. Tout est plutôt calme et joli. Loin de tout. Parfait pour composer, rêver, prendre et donner. J’avise le nom du bled sur une pancarte en bois. Pas d’affiches 4×3 pour se féliciter en mode. « C’est ici ». Je prend un café au bistrot.« – Vous connaissez Jean-Louis ? 
– Oui mais il vit en ours, faut pas le faire chier. On le voit jamais. Il est dans sa ferme. Des fois on le voit traverser la place à toute vitesse… ».C’est le dahu ce mec. Une semaine de pâturage, sept jours de traque et je touche au but. Sur le fronton de l’Eglise il y a des instruments de tortures datant du moyen-âge. Je me demande s’il n’y aurait pas fait sécher Alain Voulzy ou Laurent Souchon pour se distraire. 

La suite : https://gonzai.com/mais-ou-est-donc-passe-jean-louis/

 

 

2) Baptiste VIGNOL s'est bien-sûr fendu d'un billet sur son blog pour fêter "CHEYENNE AUTUMN".  Il  feint peut-être et toujours d'être choqué par l'absence d'honneurs faits à nos grands talents (notamment lors des victoires de la Musique), mais c'est tout à son honneur.

 

http://delafenetredenhaut.blogspot.com/2019/03/letoile-du-berger.html

Extrait:

Le 27 mars 1989, Jean-Louis Murat, photographié par Jean-Loup Sieff, débarquait avec CHEYENNE AUTUMN, l’un des quatre ou cinq immenses disques de la décennie. Douze chansons idéales. Pour un univers parfaitement neuf. Qui ouvrait une fenêtre alléchante sur les années 90, annonçant en quelque sorte Dominique A, Autour de Lucie, Katerine, Holden ou Miossec... Alors, peut-on s’étonner qu’aucun hommage n’ait eu lieu pour honorer cet album fondateur? Non. Car le risque était grand que Jean-Louis Murat, toujours actif sur des landes à débroussailler, s’en moquât goulument, n’y trouvant aucune matière à se réjouir de quoi que ce fût. Ne chantait-il pas dans Paradis perdus : « Vois, ma quête est frénétique / J'ai le sommeil gorgé d’eau / Je rêve d'une musique / Pour tous les animaux… »? Un orpailleur. Un vrai. Sinon, LE MANTEAU DE PLUIE, deuxième château fort de sa discographie, serait dévoilé le 30 septembre 1991. Nostalghia.

 

[C'est vrai qu'on peut regretter que la réédition n'est pas coïncidée  avec l'anniversaire, avec un plan promo adapté, ce qui aurait pu susciter un peu d'intérêt médiatique... mais le fait est l'actu muratienne ne s'arrête pas... Il faut se concentrer sur la sortie du prochain disque...  Le live..  Quant à une émission télé de prestige, on l'attend toujours. Je me rappelle avoir lancé une pétition au moment des 30 ans de carrière, en 2001... Mme B. l'avait signée... ]

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques

Publié le 28 Mars 2019

Des choses remises à plus tard, pour l'occasion, pour la période de désert, pour quand j'aurai un peu d'énergie, j'en ai un certain nombre... mais telle Médor et ses os, je les oublie pour la plupart. C'est ballot,  ronger, c'est quand même un de mes plaisirs.

Enfin, bon, là, je me suis rappelé d'un truc... (et j'en profite pour rajouter quelques éléments)

1) Voici donc une petite chronique de Didier Varrod sur Cheyenne Automne:

 

 

C'est issu de :

Edition du Rocher/régie productions, 1992 (un des nombreux cadeaux que m'a faits Matthieu !)

Les chroniques sont datées (dans le sens premier du terme), la plupart des portraits aussi, mais pas les pages de Murat.  Le portrait date de l'émission POLLEN du 18 mai 1989. Matthieu qui l'a écouté me parlait d'une belle intervention de Didier Varrod, "qui ne laisse pas Murat insensible". Les deux chansons qu'il y avait chantées:

Le jeune secrétaire générale de  Fréquence  Gay en 1982 (passage télé lors de la dépénalisation de l'homosexualité, en 1982):  Matthieu avait trouvé l'archive (depuis, l'INA  a diffusé l'interview -en juillet 2018-, elle est donc disponible sur le net). [Retrouvez quelques propos de Matthieu en fin d'article]

 

Encore quelques mots sur "Cheyenne Autumn":

- Anne-Marie Paquotte :  "Il a publié le meilleur album chanson de l’année … l’écriture fine, la musique mesurée, l’ellipse maîtrisée, l’image lumineuse de paysages entrevus en rêve, par lui parcourus "

 
- En 1996, Les inrocks pour leur 10 ans l'ont classé 25e dans leur classement des disques essentiels de la décennie (au milieu des anglo-saxons!)
 
Il figure également en 1997 dans les 100 meilleurs albums français;  https://www.lesinrocks.com/2017/08/25/musique/les-100-meilleurs-albums-francais-de-tous-les-temps-11977524/
 
Mais Cheyenne Autumn, c'est Dominique A qui en a peut-être le plus parlé...  Celui qui est devenu la référence pour tant de chanteurs a eu comme référence, comme "déclencheur", ce disque:
 
  Je devais d'avoir trouvé ma voie, et ma voix, à Cheyenne Autumn; cet album m'avait parlé comme peu d'autres en français auparavant, et il m'avait glissé :" arrête de hurler"
 
"Vers la fin des années 80, les alternos tiraient tout vers le bas. Je me suis construit contre cet esprit simili-populo, cette foire du slip démago, sans propos musical. Du coup, CHEYENNE AUTUMN, de Murat a été capital. Il ramenait vers une certaine poésie, des arrangements désuets... JE me suis lancé et d'autres sont apparus en même temps, Katerine, Miossec, Vanot, Boogaerts....  Godard a dit : "je ne peux pas faire de bons films si d'autres n'en font pas." Moi, c'est pareil avec les disques...

PS: Murat disait que ce n'était pas tout-à-fait conscient d'avoir repris le titre d'un film de John Ford, même si il l'aime et qu'il a utilisé des images (clip ci dessous). 

Sur Arte, on peut encore regarder un documentaire sur "L'Amérique de John Ford",  Intéressant.

https://www.arte.tv/fr/videos/080979-000-A/john-ford-l-homme-qui-inventa-l-amerique/

22/04/89 chez Ardisson (playback) et en live en 1994:

2) Michel Legrand

Bon, je n'avais pas encore rendu mon petit hommage, moi qui aime tant les Demoiselles. Pas de propos de Murat à son sujet, mais comme souvent, je suis allé voir dans le livre de Dejacques (mon article sur lui)  ce qu'il pouvait nous en dire...  Claude Dejacques qui a signé Murat chez Pathé  a travaillé avec le duo Nougaro/Legrand, puis sur des projets avec le maestro... souvent au studio DAVOUT... où Murat a enregistré bien-sûr également.

 

 

 

 

 

 

COrine Marchand

QUELQUES MOTS EN PLUS DE MATTHIEU

 

Voici les mots de Matthieu puisque ça me plait de le citer:

"Il intervenait sur le plateau du journal de la nuit, en tant que Directeur des programmes (je crois) de Fréquence gaie, le soir où l'article faisant de l'homosexualité un délit fut aboli. Mais je t'ai envoyé l'image pour tes archives personnelles. Manifestement, dans les bios qui circulent sur lui, il n'évoque pas ce passé militant. C'est assez étrange, car il ne se cache pas d'être homo, il y fait souvent allusion, mais jamais rien sur ces années où il était plus engagé. Après, il peut y avoir plein de raisons personnelles que je ne connais pas. Bref, tu gardes la photo pour toi. On pourra s'en servir si un jour on lui consacre un portrait complet, mais a priori, on ne l'a pas prévu..."

De toute façon, un jour ou l'autre, toutes les archives audiovisuelles seront en ligne pour tout le monde, alors... Ce sont les enfants de tes enfants et ceux de tes bâtards (conçus avec les jeunes femmes que tu es censé conseiller) qui profiteront de tout ça... en supposant que la muratophilie soit héréditaire (et qu'ils ne soient pas devenus sourds à force d'écouter ACDC à fond à l'école) !
 
 
 -    Quant à Varrod et son rapport à la chanson dans ce qu'elle a de commercial, c'est encore un autre sujet, relativement vaste. Il a signé les biographies de Goldman, de Balavoine, pas celle de Benin ou Leprest, on ne peut pas dire qu'il se cache. Et Serge n'avait certes rien à voir avec Chorus. Mais Chorus, à la fin, consacrait ses "une" à Goldman et Cabrel. Alors... Les guerres fratricides à l'intérieur du monde des amateurs de chanson sont anciennes, je l'ai bien vérifié en me plongeant dans la revue de Lucien Nicolas. Kemper a raison sur un point au moins : à Radio France, Meyer (Inter) et Azera (Culture) sont les derniers à défendre une certaine forme de chanson qui ne passe presque plus sur les radios commerciales.
 
     Le caractère de Varrod, ce serait encore un autre sujet. Est-il un pur opportuniste ? Je n'étais pas favorable à sa nomination comme directeur de la musique, je l'avais dit à Alexandre à l'époque. Subit-il des pressions ? Souvenons-nous des propos de Laurence Bloch dans Le Monde l'an dernier. Mais aussi du fait qu'il y a eu sur Inter une disparition progressive des spécialistes qui a commencé avant Varrod (Foulquier/Dhordain pour la chanson, Lenoir pour le rock, Delli-Fiori pour le jazz, Lodeon pour le classique, Pierre pour l'électro). Sans oublier Lavige et Le Vaillant, plus généralistes. Par ailleurs, cela fait belle lurette que la chanson qu'aime Ton Pire Ennemi n'a plus tellement droit de cité sur les grandes ondes. Une hypothèse serait que Varrod poussait au maximum sa curiosité lorsqu'il bossait avec Foulquier, précisément parce que le vieux était là. Et qu'une fois seul, il n'a plus été capable de résister aux pressions et aux tentations diverses. Même quand il faisait Électron Libre, il était sur un créneau pointu, mais je ne suis pas sûr qu'il ait été particulièrement pointu à l'intérieur de ce créneau pointu (contrairement à Laurence Pierre qui défrichait vraiment le genre).
 
     Tout cela me rend bien triste, mais ce n'est pas nouveau.   Je t'envoie un apéritif léger et sucré, tu me réponds par un digestif amer. Salaud, va !   [au moment de l'arrêt de Dordhain)
 
Tu aurais été content d'apprendre qu'Assayas est arrivé sur Inter. Ton interview de lui à réentendre.

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques

Publié le 27 Mars 2019

Et oui, le 27 mars 1989, sortait ce qui pouvait passer à l'époque pour le premier album de Jean-Louis Murat, "Cheyenne Autumn". Je n'ai pas le "bon de sortie", mais la date m'a été donnée par la maison mère.  Un article m'indique que le 45 T "l'ange déchu" sortait simultanément. Quelques mois plus tard, le disque d'or était certifié.

Allez, tous ensemble: "Joyeux anniversaire, Joy-eux anni-ver-saire, joyeux anniversaire, Cheyenn-au-tumn, joyeux anniversaire!"....  Merci pour lui.

Allez, pour l'occasion, une archive inédite!

 

L'autre jour est tombé sur  le minitel, enfin le telex, une interview de Christophe CONTE dans GONZAÏ, une interview fleuve dont  99,9% des gens se foutent royalement sans doute, mais qu'avalera avec avidité les 0.1% restant, je veux parler des amateurs de presse musicale... et il y en a encore quelques uns (mais il ne faut pas que je me fie à mon petit monde facebookien). Avec avidité,  que dis-je, sado-masochisme peut-être,  du fait de la fascination/détestation exercées par les Inrocks, que Conte a incarnée, notamment en se mettant en première ligne avec les billets durs (il prit d'ailleurs un tacle sévère de Gonzaï) et en ne se réservant pas les meilleurs morceaux de la critique (c'est-à-dire des anglo-saxons).

C'est toujours assez coquasse de constater comme l'amour de la musique peut aussi passer par le papier, où se figent les passions et les modes, pour une activité qui s'en passe souvent (de papier à musique). Christophe Conte le dit lui-même: " Rapidement, je m’intéresse presque plus à la presse musicale qu’à la musique. De façon obsessionnelle, parce que je trouvais ça intéressant en soi. Je n’ai pas forcément besoin d’écouter les disques*, en entendre parler me suffit, et c’est également par la presse que j’ai appris une forme de littérature, car je ne lisais pas ou peu de livres à l’époque".  Ceux qui conservent des kilos et des kilos de papiers dans le cagibi le comprendront. (*aaah:  ceci explique donc certains cela).

Tout ceci nous vaut  le succès (ou l'édition du moins)  de nombreux livres de "rock critiques":  Manoeuvre récemment, et on a parlé ici avec P. Barbot du sien, de Bigot...  même si, en matière romanesque, on est loin d'atteindre Pacadis.

Christophe Conte n'y va pas de sa bio pour l'instant, et on l'en remercie. Chaudement. Pour l'heure, une interview longue convient tout-à-fait... et si je vous en cause, of course, c'est que ça évoque Murat.

Précisons qu'on ne peut pas ranger Conte dans les muratiens fervents, façon Bayon, Nuc et quelques autres. Il n'a ainsi pas signé une seule chronique d'un disque de Murat dans les Inrocks.  M. dans son "10 bonnes raisons de détester Jean-Louis Murat" citait cette phrase : "Ce que Murat raconte, c'est vraiment pour moi devenu un vrai mystère […] J'ai l'impression d’entendre Frédéric Nihous qui a avalé de travers Les Nourritures terrestres"  ("la dispute" sur France Culture, 2011 pour le grand Lièvre- on verra que son style n'a guère changé en 20 ans). Un rien bloqué sur cet aspect naturaliste, à l'époque de Morituri,  il twittait " "Sur le nouvel album de Jean-Louis Murat, il y a une chanson intitulée Interroge la jument. J'en parlerai à mon cheval"...  Il s'inquiétait même déjà de l'avis de Murat sur "Chasse-pêche, Nature et tradition" en août 99 (sa seule interview avec lui).

Toi qui as usé beaucoup d'énergie pour donner aux citadins une image assez flatteuse de la ruralité, tu dois être miné par Chasse, Pèche, Nature & Tradition?

J'ai surtout fait les louanges de la paysannerie de légende, en hommage à mes grands-parents. C'est ça que j'aime et que je ne trouve plus que chez les personnes de plus de 70 ans. La nouvelle paysannerie, j'en ai rien à foutre. Les jeunes paysans sont pires que les pires industriels pollueurs. J'habite à la campagne et ce sont mes pires ennemis. Je n'ai d'échanges qu'avec les vieux, qui eux aussi trouvent que les moins de 50 ans sont des craignos. Les lobbies du genre CPNT, c'est ni plus ni moins que de la contre-culture d'extrême droite. En même temps, même si j'ai toujours été contre la chasse, je comprends que des mecs qui n'ont pour seule distraction que le club de chasse n'aient pas envie qu'on les en prive. Ils placent ça sur le même plan que si on s'en prenait au club de lanceurs de fléchettes. La chasse, c'est souvent le seul moyen qu'ils ont trouvé pour ne pas se faire chier. Les citadins trouvent que c'est dégueulasse de tirer en pleine tête de la petite biche si gentille, mais eux ne le voient pas comme ça. C'est autour de ça que s'organise toute la vie sociale de leur petit pays et si tu leur ôtes ça, il n'y a plus de vie sociale.

 

Cette interview reproduite dans son livre cosigné avec Berbérian "la Française Pop" est issue du supplément spécial des inrocks "Murat en Amérique" (avec les photos de F. Courtès (inter-ViOUS ET Murat à relire), et les signatures de Beauvallet, Vivian, R. Robert, S.Deschamps...), dont il était le "responsable". Dans l'introduction du livre, il indique : "J'ai aussi beaucoup écouté Murat quand j'ai écouté cette chanson [Le garçon qui maudit les filles]". Et de raconter qu'il a fait appel à Murat pour le Village vert dont il était le cofondateur pour le disque d'hommage à Dassin...  Il raconte aussi cet épisode dans Gonzaï.

J’avais cette idée à la con de faire une compile de reprises de Joe Dassin. J’avais vu une émission sur lui sur TF1, et je trouvais qu’il y avait chez lui des vraies chansons pop, pas uniquement de la grosse variété gluante. Je connaissais un peu Les Objets, Bill Pritchard, Jérôme Soligny, Philippe Katerine, Dominique Dalcan, Jean-Louis Murat, etc. On leur a soumis l’idée de reprendre Joe Dassin. Tous étaient hyper enthousiastes. La première référence du label, c’était ce tribute un peu cocasse, chez Columbia. Bertrand Burgalat avait entendu parler de ce projet de compile, il est venu me proposer de faire quelque chose dessus. Ce qu’on a évidemment accepté. Ce truc a mal vieilli mais dessus, t’avais vraiment un catalogue de gens importants à ce moment-là. Ca a donné de la crédibilité à la démarche artistique du label, à savoir proposer un truc pop en France. A l’époque, en France, personne n’en avait rien à foutre de la pop.

Hélas, pour lui, il raconte qu'il a revendu ses parts  juste avant la signature de Luke... et sa "sentinelle" à succès... Unlucky (je vous évite du coup un jeux de mots avec "compte" pourtant j'en avais trouvé un correct,  ne cédons pas à la facilité).

L'autre mention de Murat dans l'interview remonte à ses débuts de chroniqueur:

Christophe Conte : Au lycée j’avais créé un fanzine, Seppuku, toujours mon obsession Taxi Girl. Lorsque je débarque à Paris, je décide de continuer en me disant que ça peut servir de carte de visite, car c’est vraiment le métier que je veux faire. Je n’ai aucun plan B. Je vends mon fanzine à la cafétéria de ma fac. Je le fourgue aussi chez New Rose. Je fais un seul numéro par ce que je suis tout seul et que ça m’ennuie. Niveau études, je suis en arts plastiques, à Saint Charles. Pour la culture générale parce que j’ai aucun talent de plasticien. Je n’ai aucune idée sur la façon de devenir journaliste mais, pour ce que je veux faire, je sais que ça ne passe pas par les écoles traditionnelles. Je démarche des fanzines, mais c’est long. Je parviens quand même à en faire un ou deux avec des gens, mais sans affinités. Et puis, vers la fin des années 80, j’ai vu une opportunité dans Rockland, un nouveau magazine qui se montait. Le rédacteur en chef était Gilles Renault, qui plus tard sera aux Inrocks et à Libé. Je vais voir les mecs de Rockland, et ils me filent deux trucs à chroniquer : Jean-Louis Murat et XTC. Gilles me dit alors « Tes chroniques sont bien mais faut rajouter des vannes ». Faut dire que Rockland, c’était ça. Je me souviens d’un mec qui faisait une chronique de Simply Red, un groupe en déclin, et qui terminait par « Ils ne sont pas encore grillés mais simplement rouges ». Après deux ou trois numéros, le magazine se casse la gueule. Je me retrouve dans Backstage, un canard monté par des dissidents de Best et Rock & Folk. Notamment Philippe Blanchet, à qui je dois beaucoup. Un jour, je force la porte de son bureau. Il était là, avec sa tête de Gotlieb, hyper sympa. J’étais venu avec des disques que je venais d’acheter à la Fnac. Il me sort : « allez-y, chroniquez-les et on verra ce que ça donne ». Il m’a donné ma chance alors qu’il y avait dans Backstage des gars comme Philippe Barbot, Hugo Cassavetti, etc. Des mecs plus âgés. Blanchet m’avait à la bonne, il me confiait de plus en plus de choses. Même faire des papiers ou des interviews, ce que je n’avais plus fait depuis le fiasco Taxi Girl. Puis le journal s’est cassé la gueule. Il appartenait à un escroc qui avait foutu le feu aux locaux en faisant croire que c’était accidentel pour toucher la prime d’assurance.

J'ai apprécié l'anecdote comme je les aime du patron indélicat en fin de paragraphe mais  me suis précipité dans mes archives... Pas de Rockland!  Christophe, toujours prêt à te répondre sur les réseaux.... n'étaient plus certain du numéro... J'ai donc mené une petite enquête sur les sites marchands et trouvé une partie de la collection. Vu les prix, je me suis adressé au vendeur pour trouver le bon... et tente la négociation.... allant jusqu'à promettre une publicité gratuite sur le blog et ses 3 millions de lecteurs le siècle ("Boutique Everly24, sur RAKUTEN, votre bonheur en 24h chrono en point relais, l'essayer, c'est l'adopter, Everly 24, vos collections lui disent merci").... Bon, 18 euros dépensés plus tard... J'ai le numéro et voilà la chronique : 

 

 

Rockland, mai 1989, n°10.

Gilles Renault (après être entré dans le journal grâce à Bayon) deviendra chef de service culture à Libé. Il parle de Rockland dans un article de L'orne combattante:

Le second déclic est également activé par Jean-Claude Lebon, en 1988. Ce dernier lui fait part qu’un nouveau magazine, baptisé « Rockland », recherche un journaliste pour la rubrique cinéma. Gilles Renault découvre alors tout le plaisir de l’écriture journalistique. « C’est à ce moment que j’ai réalisé que je prenais mon pied. » Il débute comme pigiste et réalise les portraits de Mylène Farmer, les Rita Mitsouko, Etienne Daho, etc. « Mais, le magazine était mauvais. Le premier numéro n’a pas marché et beaucoup de journalistes déjà établis ont quitté le navire en voyant qu’il n’y avait rien à en espérer. » Il devient alors rédacteur en chef adjoint, puis rédacteur en chef. « En réalité, je me suis retrouvé presque seul à tout faire : du standard à la rédaction et à la limite, le ménage. » Au bout d’un an, le mensuel est coulé.

Il a continué avec succès dans les vannes, Naïve obligeant même le quotidien à un droit de réponse à la suite de son titre sur Carla Bruni : "La première dame vers le bac à soldes ».

Dans ce numéro, Conte ne signe pas une critique de XTC comme il l'indique dans l'interview mais celle de "Three months, three weeks and two days" de Bill Pritchard

 

 

L'ARCHIVE EN PLUS

Il doit nous manquer des chroniques de mars/avril 89 (rien dans Rock and folk? Best?...)... mais  voici celles que nous avons dès la sortie du disque:

 

LE VIF:

 

 

Pour conclure et en dernière minute, je me suis rappelé de l'excellente discographie commentée parue dans xroads en septembre 2009 par l'ami Yann Giraud. Voici ce qu'il disait sur le disque:

 

Bon, enfin soit, tout ceci pour dire, Jean-Louis Murat a pu s'acheter un lave-vaisselle ensuite... et les murs pour le protéger.

En 1988, rue jean l'Olagne, quartier Vallières, Clermont.

LE CONTE EN PLUS

Conte, exfiltré des Inrocks, continue son bout de chemin notamment en produisant des doc... Son "Daho par Daho" a été diffusé récemment.  Une longue interview sur sa carrière... 

https://www.france.tv/documentaires/art-culture/929817-daho-par-daho.html?fbclid=IwAR3w2ktPWX-D0SoGJe_n2VuZyzmPSSbyO1EPfisbwR4E8WX8qgF4w6UwQ6g

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques

Publié le 12 Juin 2018

 

A quoi je sers? où vais-je? dans quel étage je gère? Suis-je tout seul dans l'univers? Tenir un blog sur Murat, ça vous fait vous poser des questions... d'autant plus quand on se sent vraiment tout seul par moment, que le seul indicateur qui te reste est l'affluence des visiteurs et qu'elle redescend à 80 certains jours.  Leliendéfait n'est plus mise à jour, Didier se repose, le forum a été mise à mort, et j'ai perdu mon acolyte, le seul en France et dans le monde, qui pouvait faire des heures de bus pour aller consulter une archive...  La sphère muratienne semble par ailleurs bien éteinte. Qui s'est amusé à décrypter en détail "Travaux sur la n89"? J'imagine Murat qui s'est sans doute amusé dans ses textes abscons (comme ses multiples pistes musicales)  à faire des références... et on s'y est peu intéressé. Murat est même obligé parfois à nous dévoiler lui-même des secrets: Matthieu avait saisi la perche une fois (Freud dans toboggan).

Enfin, on a perdu notre phare dans la nuit: notre Koloko...  La rencontre, les retrouvailles, le moment privilégié... Et le mois de juin n'est plus le même.

Pour y penser, pour penser à Matthieu Guillaumond, voici le texte que Flo, une des fidèles commentatrices du blog, m'a fait passer :   Non, les muratiens vivent encore, on les retrouvera cet automne....

 

 

EN SOUVENIR DE J … non, de M.

La communauté muratienne s'enorgueillit de 27.389 membres ( selon les membres inscrits sur sa page facebook mais en comptant ceux qui refusent la modernité et le numérique, on peut royalement aller jusqu'à arrondir le chiffre à 29.599 membres )

Parmi ces membres, il convient de distinguer les membres actifs des passifs.

Et là, il devient difficile de faire le décompte... en effet, peut-on raisonnablement tailler à la serpe dans un 50/50 ? ce serait trop facile et bien feignant .

Si l'on n'arrive pas à les quantifier, peut-on néanmoins dire quelle en est la part la plus importante ?
Difficile, là aussi, car à force de remarquer ceux qui se manifestent à tout bout de champ et monopolisent la parole, on pourrait croire qu'ils sont nombreux à l'intérieur d'une même personne.
Matthieu était précis et je compte lui rendre hommage. Tâchons d'être un peu sérieux.

Je dirais donc que sur les 29.599 membres escomptés,  28.301 sont passifs et 1298 actifs voire très actifs (je compte dans ce chiffre les hyper-actifs c'est-à-dire les administrateurs des groupes facebook par exemple).

Il va m'être difficile de sonder les passifs (encore que l'imagination doublée d'un exercice de style pourraient donner quelque chose d’intéressant), en revanche, je vais tenter de faire un portrait de ceux qui se manifestent  de temps à autre voire tout le temps.

Chez les muratiens de tout bord, la première des qualités est la FIDELITE. Un muratien est par essence  fidèle et constant. (le chiffre des aficionados est le même , à peu de choses près, depuis 30 ans...)  

Ceci étant posé, chez les muratiens actifs, ce que l'on peut observer de leur mode de vie est qu'ils sont en longue hibernation pendant 11 mois de l'année (ceux qui précèdent la sortie d'un album) et qu'ils sortent de leur tanière en général en automne, date de sortie du nouvel opus.
*Tout l'inverse des ours et des marmottes en somme.

Il arrive aux muratiens actifs d'être au-dessus de la croûte terrestre lorsqu'il y a des tournées (de leur idole). Ils se réveillent donc par grappes successives, selon leur terrier d'habitation, s'envoyant des petits mails pour se regrouper (« tu y vas ? Non pas là, je peux pas, faut que je fasse garder mes gosses mais une autre fois ») ils se bisent lorsqu'ils se retrouvent et s'échangent des bières (si,si) . Il y a même des muratiens qui n'habitent pas la Gaule et prennent l'avion à réaction pour passer la frontière (ou un train bleu, voire la voiture du chanteur) pour venir le voir par tous les temps. Mais ceci est une autre histoire.

En dehors des tournées, le muratien dort sous un tas de feuilles mortes et mange ses noisettes et glands glanés pour l'hiver. MAIS ! Quand arrive la sortie de l'ALBUM annuel, c'est la fête au village avec son lot de joyeux et de grincheux qui s'écharpent à coups de canne tel Agecanonix et Ordralfabetrix*. Et c'est toujours le barde qui finit en haut de son arbre, bâillonné pour la soirée...
*Il est pas frais mon poisson ?

Ce village d'irréductibles muratiens est incorrigible ! C'est toujours la même rengaine.Les veines se gonflent, les gorges rougissent, les noms d'oiseaux fleurissent et depuis que la Gaule est Gaule , personne n'arrive à se mettre d'accord.

Tous les caractères sont représentés dans ce village, (de moyenne d'âge assez élevée, la natalité étant en baisse parmi les belligérants, on peut raisonnablement dire que la moyenne d'âge muratienne tourne autour de 50 ans... et ça ne s'arrange pas avec les années ! )
Les timides, les débonnaires, les enflammés, les inconditionnels, les fidèles coûte-que-coûte, les a-quoi-bonistes, les enragés, les exigeants, les intellectuels, les supérieurs, ceux qui lisent télérama, ceux qui lisent magic, ceux qui lisent les inrocks, ceux qui ne lisent rien et s'en foutent, ceux qui pensent qu'ils ont toujours raison et ceux qui se rangent derrière l'avis du dernier qui a parlé.

Il y a ceux qui pensent que Jean Louis ne chante que pour eux, ceux qui ont connu sa première brassière, ceux qui emmènent leurs gosses au concert, ceux qui ont des cheveux longs et une barbe aussi longue et un tee-shirt toujours noir , ceux qui viennent de loin,ceux qui passent la frontière, ceux qui descendent de leur montagne, ceux qui se réunissent autour d'une bière ( la bière de la Coopé 2 euros , gobelet consigné ) ceux qui sont tellement timides qu'on n'a jamais entendu le son de leur voix, ceux qui la ramènent tout le temps, celles qui cachent des bières dans leurs collants , celles et ceux qui sont secrètement amoureux de Stéphane Raynaud ou de Jocelyne qui vend les disques à la sortie.

Il y a ceux qui sont dans la queue depuis le matin et squattent le premier rang dès l'ouverture des portes, connaissent les paroles des chansons par cœur et les chantent à tue-tête tandis que d'autres leur crient « chuuuut !!! » ceux qui n'osent pas et donc se font marcher sur les pieds pour finalement atterrir au deuxième étage de la Coopé ( ils ont raison, finalement on y voit mieux la scène )  car ils ont laissé tout le monde passer devant eux.

Il y a ceux qui , dédaigneux, sortent à pas lents du concert, la lippe désabusée en disant « c'était de la merde, il ne nous a même pas salués à la fin ou... il n'a pas chanté ma chanson... ou son final était à chier «  ceux qui comme des fourmis sont surexcités et écarquillent les yeux tout en s'ébaubissant rétrospectivement, ceux qui guettent subrepticement la porte des loges ( des fois qu'elle s'ouvre ) , ceux qui s'y introduisent alors qu'ils ne sont pas invités et y dégustent un gâteau au citron fait par les blanches mains de Laure B., ceux qui fument sur le parvis et ceux qui aident Stéphane Raynaud à ranger sa batterie dans son coffre de voiture tout en taillant la bavette avec lui.
Les petits Bergheaud filent entre les jambes des participants et cela ressemble à une drôle de pagaille.

Quelquefois, un vigile interpelle quelque contrevenant à l'interdiction d'emporter de la boisson à l'intérieur de la salle … et la Suisse n'est plus neutre.

Il y a la confrérie des chapeaux de paille qui a décidé un jour de couvrir leur chef de ce chapeau campagnard sous prétexte que leur idole en arborait un sur un disque qui parlait de jeux pour les mômes ...On n'est pas sérieux quand on a 50 ans .

Il y a la confrérie des saucissoneux, fromage puant et vin rouge ou bière du pays qui ne conçoivent pas un concert de Murat sans se remplir la panse. * comment, il n'y a plus de sanglier ?

Il y a les gratouilleux qui apportent leur guitare et s'essayent à imiter le maître tandis qu'une chanteuse roucoule en imitant la belle Morgane.

Il y a les prévoyants qui se munissent de deux smartphones ou d'une batterie de secours pour pouvoir filmer les moments importants du concert.

Il y a les pressés qui sont arrivés le soir par le train de 17h05 et repartent le lendemain par le train de 08h03. Il y  a les détendus qui sont là pour 3 jours et dont les sardines dépassent du sac à dos ainsi que le réchaud Butagaz (On les reconnaît à leur short et leur pataugas mais à Orcival, même en été, ça caille le matin).

 Alors, me direz-vous, y a-t-il une hiérarchie dans cette communauté muratienne, hibernante et transhumante ?


Eh bien oui, comme dans le village gaulois avec son chef Abraracourcix et sa femme Bonnemine.
Il y a ceux qui sont les plus anciens qui sont au sommet de cette hiérarchie , on les appelle de ce nom bizarre de DOLOS ( on ne vous en dira pas plus, vous n'aviez qu'à être là et non, ça n'a rien à voir avec Doliprane ). Ce sont les plus anciens, ils ne sortent du bois qu'une fois l'an et ce sont comme les gardiens du Temple. Parmi eux, il y a les adeptes du Grand Véhicule et ceux du petit Véhicule. Pas simple. Ils se partagent le temple sacré le temps d'une offrande mais s'ignorent superbement.

Après les DOLOS, il y a les KOLOKOS , nom encore plus étrange s'il est possible (non, on ne vous expliquera pas de quoi il s'agit, il ne fallait pas rater la saison 4 de Kaamelott, un indice= cela a un rapport avec Clermauvergne , chuuuut ,ceux qui savent !...).

 

Il y a ceux qui ont des talents d'organisateurs ( «  en rang, deux par deux, qui sera là au Koloko 2012 ? oui dans la Grande Salle, prix des places 21 euros, y en a encore à la Fnac, on réserve un gîte à Orcival ? Combien de nuitées , qui sera véhiculé, qui s'occupe de réserver ?? tu peux ? OK. Qui sera là le dimanche matin pour aller acheter du fromage au marché d'Orcival ??? ») et ceux qui arrivent les mains dans les poches ( quand ils en ont ) ou les doigts dans le nez, «  ah y a plus de place ? On peut en acheter une au marché noir ? Comment ça Orcival c'est à 10 km dans la montagne ? ».

Il y a ceux qui se scrutent ( «  il m'a regardé, il m'a parlé, il m'a souri « il » étant le chanteur bien sûr ) et ceux qui attendent patiemment, leur disque à la main une dédicace du maître et qui osent lui faire une petite bise sur la joue et lui disant « jadooorecequevousfaites » il y a ceux qui vont faire une after dans la nuit de la place du 1er mai et se cachent tellement bien dans les buissons qu'ils en arrivent à se perdre et à ne plus retrouver le chemin de leur hôtel.

Mais tous les barbares, avec leurs particularités et leurs défauts, tous se rassemblaient et aimeraient bien se rassembler encore pour le festin final auprès de l'apôtre aux cheveux longs et à la barbe rousse.
Voilà...
Matthieu, ce texte est pour toi et on t'aime !!...


Florence Lohéac


Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé serait fortuite et involontaire
on n'est pas sérieux quand on a 50 ans
qui aime bien châtie bien
reviens et tout est effacé.

 

Merci Florence!

Un mois de juin sans Koloko: Pensées aux muratiens.
Un mois de juin sans Koloko: Pensées aux muratiens.
Un mois de juin sans Koloko: Pensées aux muratiens.
Un mois de juin sans Koloko: Pensées aux muratiens.
Un mois de juin sans Koloko: Pensées aux muratiens.

LE LIEN EN PLUS

Matthieu dans ses oeuvre:

 Notre PEREC à nous se souvenait des KOLOKOS: http://www.surjeanlouismurat.com/article-hommage-aux-kolokos-happy-birthay-to-you-107472980.html

Et sur la descriptions des muratiens, on s'était bien amusé:  http://www.surjeanlouismurat.com/article-muratiens-ou-qu-est-ce-106222509.html

Malgré la bonne diffusion de l'article consacré à Matthieu Guillaumond, je reste déçu que quelques témoignages supplémentaires ne soient pas parvenues à sa famille. Je n'ai pas retrouvé par exemple Catherine Escourolles, ancienne du cinéma LE RIO, dont le licenciement a conduit je pense Matthieu à ne plus remettre le pied dans un cinéma... J'aurais souhaité et pensé que la Montagne consacre un article à Matthieu, mais ça n'a pas été le cas. On maintient donc encore et toujours une bougie allumée... en attendant peut-être un événement à Clermont qui permette de  lui rendre hommage. 

PSDT ( et on ne te confond pas avec St-Pierre là haut?, tu peux podcaster "répliques" ?...)

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques

Publié le 10 Juin 2018

Généralement les mois de juin sont les mois de festivités, et particulièrement chez les muratiens... Cette année, le calendrier était vide... alors pourquoi pas faire une petite fête d'anniversaire improvisée : j'ai enfin entamé ma petite vidéo comme je l'avais faite en 2011 pour les 30 ans de "Suicidez-vous le peuple est mort", et cette fois, c'est donc pour l'année du single "Le garçon qui maudit les filles", l'année du succès... avant qu'un vrai album ne voit le jour. De plus, ça tombe très bien aujourd'hui parce que... je n'ai pas la date officielle de sortie de ces 44 tours (1987 et 1988)...

1981: pour rappel pour commencer

et voici pour 1988:

 

Et voici Murat dans Libération en février 88:

1988: 30 ans du "GARCON QUI MAUDIT LES FILLES"
1988: 30 ans du "GARCON QUI MAUDIT LES FILLES"

une chronique d'Arnaud Viviant dans le monde de la musique en avril, et une mini chronique dans Compact (c'est tout ce qu'on a dans la revue de presse de notre archiviste en chef Mr FIVE'r pour 1988... j'imagine qu'il y a quelques manques)

1988: 30 ans du "GARCON QUI MAUDIT LES FILLES"
1988: 30 ans du "GARCON QUI MAUDIT LES FILLES"

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques

Publié le 10 Mai 2018

 

Replié sur mon ordi par cause de pluie, voici quelques croquis dénichés sur l'appli Twitter.  Ce n'est pas autant récent. Même pas du tout du neuf car l'archive est de 2009. Juillet, Jean-Louis y était, atrabilaire,  pour la promo du Cours Ordinaire... en interview croisée avec Vanot, un dévoué poto. Mais j'en arrête là, car je dois aller aux fourneaux, et je garde mes frusques de mirliton. 

Les croquis sont de David Scrima. J'avais déjà partagé l'article de la revue 3 Couleurs en 2010 ici. Des nombreux autres dessins de chanteurs et artistes sont visibles sur son site:

https://davidscrima.com/

https://davidscrima.com/category/griffonnages/

On peut voir ses dessins dans Télérama de temps et temps et en vrai à la Galerie Isabelle Laverny jusqu'à fin mai (Paris).  David Scrima a participé en tant que guitariste chanteur à certaines soirées Livre Unplugged organisées par l'ami Pierre K.

 

 

 

 

 

 

Voici ci-dessous le dessin finalement publié dans l'article:

Croquis de Jean-Louis par David Scrima

LE LIEN EN PLUS

Guillaume Bongiraud des DELANO ORCHESTRA, orfèvres de Babel, donne de ses nouvelles:

"Il y a tout juste un an, nous sommes partis avec Morgane Imbeaud dans 8 lieux magnifiques du Puy-De-Dôme, afin d'enregistrer mon album acoustique solo, "Murmuration". En voici le premier titre, "Nuit de sable", qui accompagne les superbes images de Morgane"[Imbeaud].

L'intégration de la vidéo ici n'est pas possible et c'est bien dommage car elle n'a été partagée que sur facebook. Voici le lien... et une petite surprise attend les muratiens.... puisque la chapelle Roche Charles est visitée. Il s'agit bien sûr du lieu où Murat y a enregistré son "plein air".

https://www.facebook.com/bongiraudguillaume/videos/1989492057745368/?hc_ref=ARQO2lD-gcKgk93EorH5iEJ7pfgxZZxNHO9IzVZ6Esd99IkOSXWxQJMQIHeiEfVyYcg

 

Ps: J'ai oublié de signaler que Matt Low jouait hier à Paris avec Garciaphone à l'Olympic Café....  Désolé. Désolé également: il était possible de rencontrer le réalisateur du clip "french lynx"   Jean-François Spricigo le 6 mai à Paris. Quelques informations sur son travail ici.

Pour rappel:   Alain Bonnefont continue de se produire régulièrement sur Clermont (prochaine date le 15 mai au caveau des anges à 19 heures).

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques