France Inter : infos Routes, et Chronique de Pierre Andrieu

Publié le 24 Novembre 2017

 

 1) INTER FIDELE: Merci Didier.  Sur France Inter  : en écoute et en retranscription:

"La nationale 89 est celle qui relie Clermont Ferrand à Bordeaux, une route par ailleurs en partie déclassée. Autant dire que dans un pays centralisé où l’axe nord-sud prime, c’est une sorte d’anomalie qui correspond assez bien au rapport au monde de Jean-Louis Murat. Etre désaxé volontairement. Respirer dans le sens de la marge. Etre précisément traversé par le chemin de traverse. Jean Louis Murat est désormais un chanteur de l’ancien monde. Reconstruction en forme de refondation avec l’ancien complice aux claviers Denis Claivezolle qui met Murat en position vibratoire électronique. Ce disque cherche à se chercher. Chacun fait ce qui lui plait avec les disques de Murat. Il trouve que sur cette route exploratoire et cabossée, il y a sûrement une envie de déconstruction qui traduit la volonté pour Murat d’opérer un état des lieux sur la chanson française aujourd’hui. Et Murat, en bon docteur, expert de son histoire, nous indique que celle-ci n’a plus la côte, bousculée par le rap et par la facilité de s’improviser chanteur à coup d’autotune et de programmation très accessible sur garage band. Face à cette situation, Murat nous indique que l’on peut donner de la noblesse aux textures électroniques. Tel un Aphex Twin du terroir, Murat qui se sent plutôt de la civilisation du cheval que de celle du moteur à explosion, fait exploser tous les codes. Murat empereur du " cut up " fait scintiller son imprudence pour nous signifier que la chanson mérite d’être secouée aussi par ses pères. Le poète a toujours raison, mais cette fois il essore sa langue de son lyrisme paysan.  Economie de mots et d’harmonies. Entouré d’une famille d’amis et de voix dont celle toujours plus aérienne de Morgane Imbeaud, le chanteur semble chercher la bagarre ou la confrontation avec sa propre peur de renoncer définitivement. Le disque survivra-t-il à ses chansons qui n’en sont pas ? Murat sait aussi qu’ici-bas on finit toujours par achever les travaux...Murat empereur du " cut up " fait scintiller son imprudence pour nous signifier que la chanson mérite d’être secouée aussi par ses pères. Le poète a toujours raison, mais cette fois il essore sa langue de son lyrisme paysan.  Economie de mots et d’harmonies. Entouré d’une famille d’amis et de voix dont celle toujours plus aérienne de Morgane Imbeaud, le chanteur semble chercher la bagarre ou la confrontation avec sa propre peur de renoncer définitivement. Le disque survivra-t-il à ses chansons qui n’en sont pas ? Murat sait aussi qu’ici-bas on finit toujours par achever les travaux..."

2) Après l'interview, voici la chronique de Pierre Andrieu sur CONCERTANDCO

Extrait: [...] il semblerait bel et bien qu'il ait sué sang et eau sur le nouveau chapitre de ses aventures, cette fois en mode électro hip hop R&B. Car, après avoir annoncé sa retraite et fait une pause sans écrire ou composer, l'envie est revenue, l'idée de refaire un disque en utilisant une méthode originale est apparue et le disque a nécessité pas moins de 51 jours de studio à Cournon chez Denis Clavaizolle, vieux complice qui a cosigné les arrangements avec Murat... Au programme : d'énormes travaux de déconstruction réalisés au hasard et sans sérieux aucun (c'est JLM qui le dit !), le tout en écoutant force titres de Kendrick Lamar, Frank Ocean, Mykki Blanco et James Blake. Pour un résultat proprement ébouriffant et contrastant totalement avec les derniers disques parus, le très "chanson blues rock" Babel et le très "jazz pop" Morituri. Si lors des premières écoutes les cheveux se dressent sur la tête, le passage en boucle des 39 minutes de l'album Travaux sur la N89 (c'est comme ça qu'il faut l'appréhender, d'un seul bloc... ) finit par se révéler payant et par entraîner de redoutables effets trippants... Qui ne sont pas sans rappeler ceux provoqués par l'album live Muragostang, très belle entreprise de déstructuration des chansons country folk de l'album Mustango effectuée en utilisant déjà moult synthés et autres effets. Avec l'aide de ses fidèles camarades de studio Denis Clavaizolle, Morgane Imbeaud, Sonia Hizzir, Matthieu Lopez, Alain Bonnefont et Jérôme Caillon, Murat a donné naissance à un disque singulier, idéal pour se plonger dans une petite transe personnelle. Un disque d'un audace folle qui part certes dans tous les sens mais qui a le mérite de retomber sur ses pattes, délivrant même quelques tubes qui resteront ("Chanson de Sade", "Dis le le", "La vie me va", "Garçon" ou "Le chat"), des morceaux où l'apport de l'incroyable voix de Morgane Imbeaud est souvent essentiel.  l'article complet ici

 

LES PHOTOS EN PLUS

Un grand merci à Laure B. qui partage cette photo sur son fb: avec le mot suivant:  -M-, ça t'aurait fait sourire!        Et oui, quelle tristesse de ne pas pouvoir partager nos impressions sur ce "brûlot" qu'est "Travaux sur la N89" avec Matthieu. 

A relire: M et Murat aux Volcans  http://www.surjeanlouismurat.com/2015/01/the-show-case-must-go-on-au-dedans-des-volcans-par-m.html

 

Du côté de la Fnac Clermont, on soutient aussi... mais on a moins besoin de soutenir cette enseigne:    (merci Jean-Marc B. pour la photo)

Du côté du Cultura de Bourgoin, il faut par contre le chercher: deux emplacements dans les nouveautés françaises et pas de PLV....

Rédigé par Pierrot

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Yseult 25/11/2017 12:11

Ah oui un truc que j'ai oublié hier ... Les interventions sifflées assez présentes ...( La marque de fabrique est quand même partout dans la rupture.) Si on les a pas sur scène, on les aura eues quand même (ainsi que les miaulements ;-) ) Quand aux paroles que certains trouvent pas terribles ou peu nombreuses, il est à noter qu'elles sont parfois (voire souvent) là comme des sonorités supplémentaires, ce qui donne un effet onomatopées ... Moi je m'attache peu à peu ... ou de plus en plus même !

Frank 25/11/2017 22:43

J’ai Immédiatement aimé. C’est un voyage dans le son. Une longue chanson ou histoire. Et cela reste du Murat. Vous avez un joyau en France, un artiste authentique, un artisan de la musique et de la chanson. Un compositeur unique.
Dylan, Cohen, Neil Young etc... je préfère Murat.

Patrice 25/11/2017 11:21

Pierrot, c'est de la réactivité,cela!

Pierrot 25/11/2017 11:25

C'est tombé hier soir sur le net

Patrice 25/11/2017 09:18

Belles chroniques que celles de Didier Varrod et Pierre Andrieu ! LIBERATION,ce samedi,ne chronique le disque que dans la rubrique HISTOIRE DE POCHETTE ( rien sur le contenu.Plus tard ?).
Où l'on apprend que Rachel Cazadamont n'a ni rencontré Murat,ni pu écouter une seule musique avant de soumettre ses 3 propositions de pochette à JLM et à LAURE( qui est à l'initiative de la commande et des lignes directrices souhaitées...)et aussi,que R.C.a passé des vacances ,cet été, en AUVERGNE, pur hasard...
L'écoute,en longueur et répétée du CD, a en effet un effet bénéfique "d'acceptation",des morceaux musicaux se détachent et d' autres paraissent moins "roides".

pierrot 25/11/2017 10:14

l'article est prêt!

ArmElle 24/11/2017 23:46

Merci Pierrot pour le lien vers la playlist d'Inter de ce matin ;)
j'ai remarqué qu'à nouveau les enfants interviennent sur cet album : là ils interpellent leur papa sur le titre éponyme; la voix de G. a bien mûri.
Je vais tacher d'aller jusqu'à Rambouillet demain pour chercher ma petite galette chez Cultura parce qu'à St Quentin en Yvelines c'est le désert culturel ; il s'est ouvert enfin une immense et prometteuse boutique soit-disant dédiée à la lecture et la musique, le Furet du Nord pour ne pas la nommer, mais le rayon chanson française y est absolument minable (quand on m'a proposé la carte de fidélité à ma première et dernière visite, j'ai bien commenté mon "ah non!")

Yseult 24/11/2017 20:03

Et bien, je suis tout a fait d'accord avec ceci :
"Si lors des premières écoutes les cheveux se dressent sur la tête, le passage en boucle des 39 minutes de l'album Travaux sur la N89 (c'est comme ça qu'il faut l'appréhender, d'un seul bloc... ) finit par se révéler payant et par entraîner de redoutables effets trippants..."
Mes cheveux ne se sont pas dressés sur ma tête mais j'ai sans doute plissé les yeux en penchant la tête de coté 2 ou 3 fois à la première écoute ... Mais après plusieurs écoutes ce jour (sur plate forme dès le matin, avant le passage du facteur) je trouve l'opus tout a fait digeste et intéressant. Muragostang est souvent évoqué ... J'ai aussi pensé aux morceaux déstructurés que l'on trouve sur le 8 titres Polly Jean ...