Interviews radio, presse et chronique et retour sur le concert d'inter

Publié le 31 Octobre 2018

Bon, désolé : j'ai encore pris du retard! J'étais en vacances... mais en repérage pour le futur album allemand de Jean-Louis: je peux lui conseiller les meilleurs KUCHEN, et les meilleurs bières! A part ça, l'interférence overblog vient de changer... Naturellement, c'était mieux avant surtout pour moi qui prend tellement soin de la présentation de mes articles... Enfin soit...

1) Encore quelques jours pour écouter le podcast et télécharger le concert de Murat sur France Inter du 24 octobre. J'espère que vous n'avez pas eu besoin de moi pour le trouver.  https://www.franceinter.fr/emissions/les-concerts-d-inter/les-concerts-d-inter-24-octobre-2018-0     

© Radio France / Jocelyn Perrotin

Un concert grand luxe puisque Morgane Imbeaud et Denis sont de la partie, et leur participation rend moins rêche certains morceaux. Surtout, on a droit à "je me souviens" ce qui ne sera peut-être pas le cas dans les concerts (même si la version n'apporte pas grand chose à celle du studio), et un inédit "autant en faire quelque chose", que j'aime beaucoup, et même le texte plutôt bavard ce qui n'est pas l'habitude en ce moment. Quand je vois en rare oldies de la soirée "over and over" dans la set-liste (avec Tarn et Garonne), je me dis "ah, mais pourquoi"... mais elle se fond bien dans la proposition "stax" de Murat. Je ne commente pas plus, pas le temps, mais on prend plaisir à découvrir les  versions live d'il francese, très différentes.

2) Deuxième interview pour une radio locale "près de chez lui" : Radio Vassiviere, en Limousin... au delà du Chavanon, qu'il voit par "temps clair". On apprend qu'il a d'ailleurs de la Famille  dans le pays. Une interview par téléphone mais qui est quand même bien agréable et... longue: 30 minutes, avec un Jean-Louis  qui la joue amical et de fort bonne humeur.

http://radiovassiviere.com/2018/10/jaimerais-bien-rester-insaisissable/

Murat dit que le public semble bien accepter sa proposition artistique sur la tournée même si c'est très différent du disque. Il indique par contre qu'il le trouve de plus en plus difficile...et d'ajouter que la prétention du quidam  à se sentir artiste l'agace au plus haut point.  Il évoque également l'activité artistique "en groupe" qui ne serait pas tellement français ("mais peut-être je me trompe"). L'intervieweur lui parle des kolokos, mais pas d'annonce... A une question assez curieuse sur son absence à la soirée des enfoirés, Murat indique que ce n'est pas de son fait: Souchon lui aurait raconté qu'il aurait voulu chanter une chanson signée Bergheaud et que Goldman aurait refusé avec vigueur, bien qu'il ne l'ait jamais rencontré. Ceci suscite alors une question sur sa réputation de grande gueule, ou sa mauvaise réputation dans le métier: "je ne fais pas ce métier pour taire ce que je pense"... et de renouveler son jugement sur Renaud: "je le connais depuis 40 ans, je sais de quoi je parle". A la question qu'est-ce que vous aimeriez laisser dans la mémoire des gens? Il parle d'abord de ses enfants dont ils souhaitent qu'ils conservent l'image d'un bon père, et pour le reste de l'univers, c'est là qu'il prononce la phrase: "j'aimerais bien rester insaisissable".

Garde le cap de l'insaisissabilité, Jean-Louis, ça me va, c'est même exactement ça... même si mon clavier et mes petits doigts tentent depuis 9 ans de vous "attraper". Avec ce genre d'interview, il semble parfois qu'on puisse le faire... l'instant d'après, c'est envolé.

3) Interview dans LE TELEGRAMME à l'occasion du concert au Vauban. (NB: Au fait, j'attends vos live-report!!).

https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/jean-louis-murat-le-vauban-un-lieu-a-part-21-10-2018-12112848.php

Jean-Louis Murat. « Le Vauban ? Un lieu à part »

Après le plateau qui réunira Miossec, les Red Goes Black et Dan ar Braz ce jeudi, Jean-Louis Murat sera à son tour sur la scène du Vauban, ce vendredi, dans le cadre du sixième anniversaire des 50 ans du célèbre cabaret brestois. Un lieu qu’il connaît bien.


Vous vous apprêtez à revenir au Vauban, un lieu où vous avez vos habitudes…

Je n’y ai vraiment que des super souvenirs. Je me souviens très bien de tous les moments que j’ai eu la chance d’y passer. Je ne sais pas si les Brestois s’en rendent compte, mais des endroits aussi mémorables que celui-là, en France, il n’y en a pas tant que ça… C’est un lieu à part, très original, fait pour la musique. Je suis très content d’y revenir.

Quand il y a un France-Italie, je suis pour l’Italie. C’est n’importe quoi, mais c’est plus fort que moi…
À l’occasion de la sortie de votre précédent disque, « Travaux sur la RN 169 », vous aviez expliqué vouloir « repartir de rien »…

C’était histoire de faire joujou, de dire que j’avais voulu oublier la chanson, son genre, sa forme. Je voulais m’amuser, repartir au début, à une époque où  je faisais de la musique sans souci de rien, comme celui de chercher à écrire des 45 tours pour France Inter… Ce disque est celui dont je resterai le plus fier à vie. Et c’est celui qui, bien sûr, s’est soldé par le plus grand fiasco commercial (rires).
On retrouve dans « Il Francese », votre 18e album, la même instrumentalisation synthétique, pour un résultat au final assez « groovy »…

J’ai été biberonné à la soul et au rythm and blues. Mais je n’ai pas non plus une idée très précise de ce que je fais, j’ai toujours un peu de mal à en parler. Après, si ça va aux gens, ça me va. J’aime bien la musique qui donne envie de bouger en tout cas. Et le groove est ce qui me vient le plus naturellement. Et je crois que c’est bon pour la santé. Il vaut mieux faire ça que de la musique contemporaine, ça donne moins mal à l’estomac (sourire).

LA CRITIQUE EN PLUS

Marc de mescritiques.be  nous réalise toujours des belles chroniques (il rappelle que 14 albums font l'objet d'un article sur le site).

A lire sur : http://mescritiques.be/spip.php?article2214

Extrait:  ... Mais on savait aussi qu’il ne faudrait pas attendre longtemps pour qu’on retrouve le fil d’une discographie touffue qu’on a pris un malin plaisir à disséquer (quatorze albums quand même sur ce site). La liberté étant le maitre-mot de Jean-Louis de toute façon.

Le son se place donc dans le prolongement de son prédécesseur mais sans les audaces qui le plombaient. Le traitement des voix est ainsi plus clair. On n’assiste pas au retour d’une forme plus organique. Pas pour le moment du moins. Il a cependant suffi d’un infime changement de ton pour qu’on raccroche, pour qu’on retrouve tout le suc des morceaux, pour que le spleen pluvieux revienne au galop. Les références externes étant de peu de valeur dans son cas, on ne peut parler que du reste de sa discographie. Il y a déjà eu un chef-d’œuvre dans ce genre qui était Dolorès et c’est dans cette catégorie qu’on classera Il Francese, en moins brillant sans doute mais seul l’avenir nous dira si on l’écoutera autant que son prédécesseur.

Des paroles d’emblée plus en prise avec la vraie vie, d’une façon toujours un peu distanciée. Ce n’est pas la première fois évidemment, entre Les Gonzesses et Les Pédés et Vendre les Prés. Achtung baby est peut-être une allusion à U2 mais rien n’est moins sûr. Evidemment, son écriture touffue renferme quelques auto-références. Le Cinevox avait déjà été cité dans son magnifique Au Mont Sans-Souci. C’est aussi un des plaisirs de cette relation à long terme.

L’accent anglais est toujours délicieusement à côté (Sweet Lorraine, Kids) et prête plutôt à sourire. Toujours là aussi sont ses surgissements (Hold-up, hold-up/Expert en rutabaga) livrés avec son incomparable aplomb. Gazoline n’est donc pas un candidat à l’analyse poussée mais il reste sans doute l’auteur pour lequel on a abandonné avec le plus de facilité.

On note avec plaisir le retour de Morgane Imbeaud (Cocoon) sur un morceau qui se veut sans doute un lointain rejeton du Bonnie and Clyde de Gainsbourg. Le son est plus rond, plus franc et c’est assez logiquement qu’il a été choisi comme single éclaireur. Il n’y a guère que Benjamin Biolay pour pouvoir rivaliser sur ce terrain-là en France. Je Me Souviens revient à certains de ses fondamentaux. Une très belle voix en avant, des atours synthétiques et simples comme ceux qui sont devenus classiques sur Dolorès (Aimer, ce genre). De quoi en faire un de ses meilleurs morceaux, tout simplement. Épinglons aussi les délicieuses décharges d’accords mineurs sur La Treizième Porte ou Silvana

Les transitions peuvent aussi être douces chez Jean-Louis Murat. Plus que jamais mené par ses envies, il arrive toujours à donner une coloration propre à chacun de ses nombreux albums. Celui-ci se place dans la filiation sonore de son précédent tout en en évitant les tics expérimentaux. On salue donc le retour d’un talent bien singulier de la chanson française avec un album solide qui souligne 2018 comme un très bon cru pour lui.

LE DISQUE EN PLUS

Je vous en avais parlé cet été, tout étonné. Quelques jours passés, j'avais de nouveau regardé mais n'avait pas retrouvé l'objet de réédités. 

En fait, c'est donc bel et bien sorti: pour les collectionneurs et retardataires, BABEL ET MORITURI en deux disques pour 10 euros

https://musique.fnac.com/a12487683/Jean-Louis-Murat-Babel-Morituri-CD-album?omnsearchpos=6&fbclid=IwAR1H57mpYibuwJN_tnEaDjzj-kScNCjRCMT92aZF3jDCSpnb9x-tX-VoPrE

 

Rédigé par Pierrot

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