2023 apres

Publié le 26 Novembre 2025

bonjour,

Non, pas un, pas deux, mais trois... ce qui commence à faire un beau plateau d'hommages. Sa-alers bien. On parlera aussi des décès de la semaine.

-attention: de la musique d'une vidéo - tout en bas- se déclenche automatiquement !- 

 

1)  Une chanson sur Jean-Louis justement appelée  La chanson de Jean-Louis figurera  dans le nouveau disque de la MAISON TELLIER.   Une chanson très courte, sur fond d'oiseaux, autour d'une bonne idée, une interrogation... mais il faudra attendre plusieurs mois avant de  découvrir La timidité des arbres après un crowdfunding particulièrement réussi (plus de 40 000 euros récoltés). Je les avais invités pour le week-end Murat l'an dernier, mais les discussions se sont vite arrêtées du fait de leur agenda. 

Voici ce que disait Helmut Tellier en 2022

Ce sont des références pour toi ?

Oui. Concernant Murat, on a travaillé avec Pascal Mondaz à la réalisation et à la prise de son de « A7LAS » qui avait bossé avec lui sur l’album « Babel » (ndlr. Sorti en 2014) avec le Delano Orchestra. Il voulait marier des musiques très ancrées en Amérique avec un langage très ancré en France et plutôt fin de 19e. Et ça, ça me touche beaucoup. Chez Murat, il n’y a pas forcément de constance, et c’est normal depuis le temps qu’il fait des albums, mais par contre, il y a des éclairs de pur génie : il y a des trouvailles qui me mettent par terre, quelque chose de très, très brillant qui me touche en plein cœur. Je trouve qu’il n’y a pas tellement d’équivalent dans la chanson française quand il produit cet éclair de génie.

 

Concerts:... avec peut-être possibilité d'entendre des nouveaux titres:

- 27 novembre, l'Antichambre à Mordelles (35)
- 28 novembre, Centre Culturel Georges Brassens à Avrillé (49)
- 29 novembre, Espace Culturel Saint Clément à Craon (53)

 

  [J'ai enfin lu le livre de leur batteur et muratien  Matthieu Pigné, Royal Bourbon, disponible en pocheUn polar intéressant  où on se promène entre  les univers -d'Olivier Adam, l'underground rock, les mouvances d'extrême droite et la mafia russe jusqu'à une surprise finale à la Bussi...]

 

 

 

2) Après la version "répétition" visible ici (que j'ai tendance à préférer d'ailleurs car plus originale),   on m'a fait passer la version "concert" de Foule romaine  par Nesles. C'était vendredi à l'Archipel, à Paris, pour la release party de l'album Barocco. Un excellent concert, comme d'habitude, à en croire la personne qui nous a filmé ça. Nesles, aux multiples talents -il est aussi acteur- est très bon sur scène, un côté très partageur et vraiment très sympathique... et très bien accompagné... notamment de Jérôme Castel... et sur Foule Romaine... par un spécial guest Frederic LO! On retrouvera ce dernier avec F. Loriou à la Librairie de Paris, toujours sur du Murat. C'est ce soir!

Autre invité de la soirée: Silvain Vanot... inutile de préciser son lien avec Jean-Louis Murat (sa reprise de Rouge est mon sommeil sur Aura Aime Murat).

Et puisqu'on est entre amis, petit featuring avec Dominique A qui figure sur son nouveau disque (pour un final très Florent Marchet)

 

3) Et enfin, dans la série AURA aime vraiment Murat, après notamment l'EP du savoyard Sauveterre, il vient d'être annoncé par des lyonnais sous le nom MaDam(s)  un Ep qui sera disponible via bandcamp autour de Jean-Louis Murat. 

tandem trouble. Dams : basse, batterie, prog, lead      Mk : claviers, guitares, lead   We make it Suntori Time(s)

Jean-Louis Murat nous a quittés. Un tandem, frères de coeur, a souhaité rendre hommage au génie, en empruntant ses voies.
. Un EP 7 titres en hommage à @jeanlouismurat, compositions originales inspirées de l'univers de JLM. Sortie en janvier 2026 sur Bandcamp. Single à venir : "Eenie meenie miney moe" disponible le 15/12/2025 avec un clip.
 
Quelques notes disponibles sur insta... et c'est assez prometteur musicalement.
 

 

LES HOMMAGE EN PLUS SINCERES CONDOLEANCES

L'oeuvre de Jean Guidoni m'est globalement inconnu, même si je le connaissais après son succès de la fin des années 80 avec Tramway Terminus nord qui le voit passer à la télévision... au même moment où Jean-Louis, plus jeune d'une année,  apparaît sur nos écrans. D'ailleurs, ils ont été dans la même émission le 17/01/88 (La nouvelle affiche sur Fr3 présentée par Julien Lepers). 

A part ça,  difficile  de faire beaucoup de rapprochement avec Murat, même si Guidoni a collaboré avec Dominique A, Jeanne Cherhal, Philippe Katerine, ou Sheller,  des muratiens attestés.  On a une forte pensée pour l'ami Alain Klingler, que Jean Guidoni avait reçu pour écouter ses chansons. Il nous en parlait en 2023.

Même si les univers étaient très différents,  j'ai quand même envie de noter en guise de petit clin d'oeil que les deux artistes sont très représentés dans le livre Des chansons pour le dire, une anthologie de la chanson qui trouble et qui dérange de Baptiste Vignol (Ed Tournon)...  plus avec le bas-ventre pour Jean-L. et tout ce qu'on catégorise par les bas-fonds pour Jean- G. 

J'ai écouté et recommande ce podcast très intéressant pour découvrir le parcours de Jean Guidoni : radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-jean-guidoni-sous-le-fard

 

- Autre décès : Biyouna... Je n'aurais jamais pensé l'évoquer... mais une story de Marie Audigier m'interpelle:  "adieu Biyouna, Biyouna chérie, repose en paix. La production de l'album où j'ai le plus ri, c'était le tien. et on l'a réussi. Et tu en étais très fière".  C'était le disque Blonde dans la Casbah en 2008 avec un sacré casting: Racaille, Christophe et Marie Moor, et Jacques Duvall, et D. Wampas, mais  sur les sites comme la Fnac,  on trouve qu'il a été réalisé avec  "des collaborateurs de JL Murat" . Marie, mais  aussi  Christophe Dupouy, son ingénieur du son.

 

Biyouna et l'Algérie: à lire dans le figaro  

Le monde

Vous pouvez quitter les lieux:  Non, je ne fais  pas de rappel pour Jimmy Cliff... 

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vous êtes encore là?  

Bon, on sait que Jean-Louis a vu Bob Marley à Paris. Voilà, c'est tout ce que j'ai... et difficile de ne pas penser à lui à l'écoute du gospel présent dans "nu dans la crevasse"  : 

How many roads to cross How many rivers to cry            vs  "Many rivers to cross"
 
EDIT 6/12
 
Murat a joué sur la même date que Jimmy Cliff en 1984. Sur la tournée de Charlélie qui a imposé Murat sur cette date.  La journée s'était mal passée avec un accident de voiture. Le groupe n'a pas pu répéter. 

Ceci était sur le blog de Didier, qui n'est plus accessible :Didier CORNU que j’ai eu au téléphone se souvient de cette période. De mémoire il m’indique verbalement donc : « Le concert de Redon se déroule au parc des sports, les artistes doivent se regrouper à l’entrée de la ville, monter dans des voitures décapotables et traverser les rues de Redon en fête. En ce 21 juillet MURAT qui n’est connu de personne se fait attendre. C’est donc sans lui que le cortège démarre. MURAT nous a été imposé par Charlélie COUTURE. Pour les organisateurs que nous sommes c’est un surcoût qui n’était pas prévu. Pour ce qui me concerne je garde de vagues images du concert de MURAT. Lui et ses musiciens sont donc arrivés après le défilé. Ils avaient été victimes d’un accident de la circulation. Je me souviens qu’ils nous sont arrivés en piteux état ». 

Dans le livre de Bataille : Couture raconte  « Nous voyagions séparément, et je me souviens d’un jour d’angoisse parce qu’ils n’arrivaient pas. Finalement, quelques minutes avant de monter sur scène on les a vus venir et ils ont dû monter sur scène sans même faire la balance. Les uns avaient les mains sales, et ils étaient haletants, car ils avaient eu un accident de bagnole ».(…) « Pour eux c’était grave parce qu’ils n’avaient pas un max de soutien logistique, ils devaient se démerder avec les moyens du bord ».   
 

EDIT 1/12: 

ALain Bonnefont indique dans "les jours du jaguar"  que Pierre-Yves Denizot, le tourneur auvergnat, a pris FAFAFA (le groupe de Christophe Adam) dans lequel il a bassiste un court moment, en tournée au début des années 80 (entre le lp Murat et Passions Privées)... en première partie de Jimmy Cliff! 

Jimmy était en France en 1982, Jimmy cliff, c'était déjà énorme... 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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Publié le 17 Octobre 2025

Et bien, c'est une semaine pleine d'actu! Rappelons donc quand même le documentaire sur France Culture dimanche 17h puis  podcastable! (et on vous signale un joli texte sur la page de l'émision), mais passons aux nouvelles du jour qui remplissent encore la catégorie "bibliographie" du blog :

 

-  Le roman de Murat de Yann Bergheaud sortira chez ALBIN MICHEL. C'est une première surprise que Murat intéresse enfin une grande maison d'édition, sans faire injures au BOULON, qui s'affiche "résolument rock".

Broché 210 pages   ISBN: 978-2-226-50707-5
À paraître le 02/01/2026
Il est dit: "Fils de Jean-Louis Murat, l'auteur évoque son père, son oeuvre, son exploration des différents genres musicaux, ses inspirations, entre autres."   Le titre m'évoque ce qui sera dit dimanche sur France culture par Carla Bruni, "Jean-Louis Murat est un personnage romanesque". 
C'est déjà affiché sur tous les sites de ventes de livre, en précommande chez certains.
 
Je ne ferais pas mon job si je ne précisais pas que tout récemment, on a entendu et lu certains saluer la discrétion de Justine et Gaspard (les autres ayants-droits -néanmoins présents lors des événements autour du livre de Frank Loriou-). Après le week-end Murat qui a aussi été fait l'objet d'un certain adoubement, le livre de F. Loriou est lui aussi sorti dans la sérénité et l'approbation de tous,  on espère donc qu'un chemin a été trouvé... 
 

Plus que jamais: Murat en librairie (photo à  la médiathèque de Rosny, rencontre racontée ici). 

 

- Dans les autres livres parus en auto-édition ou des éditeurs plus modestes,  il faudra donc rajouter celui (un autre tome est prévu je crois) de Zoubida Berrahou. Elle était membre des groupes facebook et y a déjà fait part de son histoire avec l'oeuvre muratienne.  La France est pour elle "le pays de la liberté, de la littérature et de l'imaginaire",  mais c'est bien de la république démocratique et populaire d'Algérie  qu'elle nous écrit (où elle est professeur d'économie à l'université), une vision qu'on espère donc iconoclaste, loin du  "germanopratisme" qu'elle critique par ailleurs.

 

 

LE LIEN EN PLUS POUR LE LIVRE QUI EST DEJA SORTI 

 

- Dans les différents journaux du groupe CENTRE FRANCE (dont l'Eveil de la Haute-Loire, la montagne...):

Franck Loriou, photographe et graphiste, a conçu plus de 300 visuels pour des artistes français. Des Dominique A, Bertrand Burgalat, Brigitte Fontaine, Arthur H, Miossec, Peter von Poehl, Arno, Ultra Orange, Oxmo Puccino, Yarol Poupaud, Rachid Taha, Kent, Arman Méliès, Luke, Les innocents et bien d'autres encore. Avec Jean-Louis Murat, ce sont vingt années de collaboration qu'il a décidé de mettre en images et en mots. C'est Photorama. Musicalement, Franck Loriou a découvert JLM à travers Dolores (1996); professionnellement, c'est après avoir bossé sur des albums de Tiersen d'abord, puis Manu Chao (Clandestino) qu'il a été envoyé en mission spéciale en Auvergne, sur les hauteurs d'Orcival. « La première rencontre c'était pour Mustango, en 1998; j'ai pris le train pour Clermont avant d'aller à Douharesse. Je connaissais à peine son oeuvre, pas du tout l'homme, et nous voilà chez Jean-Louis, à manger en famille Un grand moment, un jour de mars, gris et pluvieux [] Jean-Louis était  un peu le seul pour lequel on faisait le voyage en fait. En temps normal, ce genre de choses se gérait au téléphone. En ce sens-là, il demandait quelque chose de spécial, et l'obtenait. J'ai toujours trouvé ça très fort chez lui. Il était à part. Il n'était pas soumis, il avait créé un autre rapport »
Qu'est-ce qu'une bonne pochette, une bonne image de disque ?S'il y a une réponse ? « Compliqué, effectivement. Il y a des pochettes ratées qui deviennent cultes parce que l'album l'est. Je pense à Nirvana, never mind avec le bébé dans l'eau. On aurait pu considérer cette image d'un mauvais goût absolu si l'album avait été mauvais. En chanson c'est différent. Une belle photo ne fait pas une belle pochette. Une pochette doit durer dans le temps. Souvent, c'est un peu un tableau, une composition, quelque chose avec de la matière. On devrait pouvoir l'afficher chez soi.  Jean-Louis n'était forcément ok pour ap-
paraître à chaque fois. Quand il le faisait  c'était une concession, le plus souvent.

Alors qu'il était tellement beau !  -Oui. Mais tu vois, il se méfiait de la beauté, et de la sienne en particulier. Moi, je fais également très attention à cela. Un artiste trop beau, c'est parfois compliqué puisque l'on considère souvent que le beau colle au superficiel, ce qui n'est évidemment pas vrai. J'essaie de le rendre beau pour de bonnes raisons. Je m'explique : s'ils sont très beaux je vais essayer de les replacer dans une forme de normalité, c'est pour cette raison que j'utilise souvent le flou; j'essaie que l'on soit moins sur la plastique que sur la captation d'un regard.
Quelle est la dernière pochette sur laquelle vous avez travaillé Jean-Louis
et toi ? La vraie vie de Buck John, en 2021. Elle est douloureuse. C'est la pochette post-covid, la seule sur laquelle on est resté à distance tous les deux. Nous l'avons travaillée avec des photos prises par son entourage; j'en suis néanmoins très fier. Mais j'ai le regret immense de ne pas l'avoir vu à ce moment-là et de ne jamais l'avoir revu du coup. C'est la vie. Je crois que la dernière fois en vrai c'était sur la session photo d 'Inamorento , la session en général d'empire dans les champs.
C'est cette série de photos où il apparaît en caleçon ? -On revient à l'espiègle. Nous avons passé plusieurs jours chez lui à repousser le moment où il faudrait faire des images. Je le voulais avec ce costume noir Et il est apparu, au bas des escaliers avec la veste, la chemise ok, mais en bas, un short de cycliste; et medisant : bon on ne fait que du portrait, d'accord (sourire) !!!

Et il savait donc que tu allais le faire en pied ! - Oui, bien sûr ! Et il a même choisi celle-là pour être, plus tard l'affiche de promo de l'album dans le métro parisien. Il aimait déstabiliser, s'amuser.
Revenons-en à Buck John. - Cette pochette, j'ai réalisé cela en travaillant sur le livre : c'est presque la couverture d'un roman d'aventure. Jean-Louis étaitun éternel ado, Buck John c'est un héros de BD. Jean Louis devient un personnage de livre d'aventure pour ado,quelque chose de ça, je trouve ça très beau comme si la boucle était bouclée
Que peux-tu dire de cette aventure Murat ? J'ai eu une chance inouïe de côtoyer ce grand homme, cet intellectuel, cet artiste d'une exigence rare, d'une intelligence rare, d'une sincérité rare; et de l'avoir vraiment rencontré. C'était beau.

 

- Sud Ouest dimanche - Gironde

dimanche 12 octobre 2025 176 mots, p. 28

Murat, une vie en «photorama»

Stéphane C. Jonathan

 Disparu il y a deux ans, le musicien et artiste auvergnat Jean-Louis Murat continue de fasciner et d’intriguer. Frank Loriou l’a bien connu et ouvre aujourd’hui ses archives. Photographe et graphiste spécialisé dans le domaine musical, il a réalisé les pochettes de disques essentiels («Clandestino» de Manu Chao, «Le Phare» de Yann Tiersen, mais aussi Dominique A, Arthur H, Brigitte Fontaine…). Pendant près de vingt ans, il a entretenu avec Murat une relation privilégiée et réalisé le visuel de neuf de ses albums. Des sessions photo en argentique qui ont participé à l’image publique du musicien.

Pour accompagner les 150photographies présentées dans un luxueux livre carré, Frank Loriou livre un texte de 20pages, un «journal extime» qui lève le voile sur leur complicité. La succession de vues – parfois redondantes – de chaque session témoigne de la connivence entre le photographe et son sujet, parfois cabotin mais toujours authentique

- Dans Plugged ( de M. Veillet)

- Enfin, une petite séquence vidéo avec La Montagne: 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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Publié le 14 Octobre 2025

Voilà, je suis allé aux Vinzelles, lieu charmant et accueillant. 

Samedi 11 octobre s'y déroulait la première soirée de lancement du livre Photorama, avant celle de jeudi à Paris.   

  • jeudi 16 octobre entre 18h et 20h.   Rencontre et signature, avec la participation de JP NATAF, qui chantera plusieurs morceaux de Jean-Louis MuratPolka Factory 12 rue Saint Gilles, Paris 03).

Comme je le disais au moment de l'annonce de la soirée, j'étais content d'arriver à une soirée Murat en n'ayant "qu'à me mettre les pieds sous la table"... Par contre, passer incognito est devenu difficile, même si je remercie tous ceux qui ont salué l'intérêt de ma petite "occupation". C'est toujours très touchant.

 

Après un petit repas très agréable, nous avons pu écouter Frank Loriou interrogé par Christophe Basterra, instituteur, mais toujours chroniqueur musical (au solide bagage). Les deux semblaient assez intimidés, l'un précisant n'être aucunement spécialiste de Murat, et l'autre, pas forcement le plus légitime ou le plus intéressant pour évoquer Jean-Louis alors que Denis Clavaizolle, Alain Bonnefont, Laure Desbruères. étaient présents. Une façon pour lui de les inciter, peut-être, à livrer leur témoignage à leur tour, mais ce préalable et de nombreux autres propos tenus au cours de la discussion, révèlent bien l'humilité de Frank.

Je ne vais pas faire un compte-rendu exhaustif, je diffuserai peut-être l'audio un de ces quatre. De mémoire donc (mais celle de toute la rédaction de surjeanlouismurat.com) : 

La première question,  "quelle a été votre réaction à la mort de Jean-Louis Murat?", permettait peut-être d'évacuer l'émotion. La réponse a été sobre mais un peu étranglée. Elle a permis à Frank de dire que ce livre était une façon de prendre acte de cette mort, d'enfin faire le deuil.... même si le titre Photorama qui lui est venu tout de suite souligne le fait que ce livre fait revivre le chanteur (cette succession d'images  anime le personnage, un peu comme un folioscope -ou feuilletoscope /flipbook-). Et pour le photographe, cela a fait resurgir tous ces moments. Autre phase de deuil : le besoin d'écrire, qui a été la phase première de l'élaboration du projet. 

La glace une fois rompue, on voit que F. Loriou a l'habitude de parler de son travail devant un public. Il est très bon conteur, sait distiller l'anecdote et nous fait souvent rire, notamment à propos de Buck John, du projet de titre initial "l'année du blaireau", et de l'idée de pochette de Jean-Louis, pour le moins farfelue. Frank témoigne du travail en commun, et c'est très intéressant. Il raconte comment les deux aimaient se mettre en danger, en ne préparant rien et en laissant advenir le bon moment. Il ne pouvait jamais entendre les chansons avant, mais discutait beaucoup avec Murat - exception faite de Baby Love, joué intégralement devant lui, et l'on apprend pourquoi la pochette est rouge et violette ! Il est beaucoup question de projets abandonnés ou avortés, ce que Frank acceptait sans broncher, conscient que les choses naissent aussi des tâtonnements et des refus, et révélant une belle capacité à s'effacer et se mettre au service de l'autre.

C'est une relation à part qui est évoquée. Frank, citant Emmanuel Plane (dont on avait parlé), s'amuse de l'image de Jean-Louis, qui terrifiait visiblement pas mal de monde dans la profession : "je travaille avec le Minotaure !". Et pourtant, c'était sans doute l'artiste dont il était le plus proche. Il l'explique par ce qui les rapprochait, le goût du travail, le fait de venir d'ailleurs (de Bretagne pour Frank) et d'être en décalage avec les professionnels de la profession.

"La seule confession sincère est celle que l'on fait indirectement, en parlant des autres", a écrit Cioran. C'est ce qu'on pouvait ressentir dans ce témoignage d'amitié et d'admiration très vibrant. Nous découvrons Frank, par sa façon de parler de Jean-Louis mais aussi de Laure, partie prenante du travail sur les pochettes, par son admiration devant la liberté de Murat, et la poésie de ses textes (qu'il pouvait lui expliquer vers par vers !), lorsqu'il parle de sa joie à être "convoqué" à Douharesse; dans sa sobriété tendre et souriante, son attention constante à la justesse de son récit, fait depuis sa place, singulière, parmi d'autres qu'il a toujours le souci de mentionner. JP Nataf le dira en ouverture de son concert : on était bien en sa compagnie. Un peu tristes, mais vraiment bien. 

 

 

PHOTORAMA DE LA SOIREE (la projection sur le mur a souvent rougi Frank ou le transformait dans ce cheyenne automne, en indien aux peintures guerrières mais ouf, Les Cherokees considéraient le rouge comme la couleur du succès et du triomphe). 

Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles
Soirée de lancement (n°1)  "Photorama" aux Vinzelles

 

- Pour le reste de la soirée, on avait pu deviner qu'il y avait des surprises : un piano et une guitare électrique étaient sur la scène... et Denis Clavaizolle et Olivier Nuc déjà dans les lieux. 

JP Nataf que je commence à avoir vu un certain nombre de fois semble très intimidé et il n'aura pas sa bonhommie et son humour habituels. Il arrive d'une résidence en Normandie et semble fatigué, et n'a pas pu vraiment répété selon un post de Vinzelles. Vu que j'adore absolument son activité solo, j'attendais beaucoup du moment... et j'avoue une petite déception. Mais ses réinterprétations assez osées de "Chanter est ma façon d'errer", "Le troupeau" (comme à la Maison de la poésie), "Le voleur de rhubarbe" valaient bien le voyage, même si c'était fragile. Olivier Nuc et Denis l'ont rejoint ensuite pour des versions un peu plus fidèles et un jam un peu préparé. Olivier Nuc livre des jolies interventions de guitare solo... et chantera même "Fort alamo" (me revoilà comme il y a 9 ans à la soirée Livre unplugged à laquelle Frank avait assisté.. et m'avait photographié!).  The big surprise, et peut-être le moment le plus émouvant arrive ensuite : entendre Denis chanter... Le train bleu. Voici un extrait :

 

Morgane qui vient d'arriver les rejoint pour Foule romaine, "Nu dans la crevasse" et "si je devais manquer de toi" en  rappel.  Ca m'a paru court mais 11 titres quand même...  Je diffuserai peut-être un audio. 

On se retrouve rapidement pour la suite du reportage en Auvergne, les Faubourgs de la soirée "Photorama" (en souvenir d'autres virées autour de concerts: Vercors , Belledonne... ou dans le Sancy après un koloko

On retrouve Olivier NUC dimanche sur France CULTURE à 17 heures (cf article précédent). Quand je lui ai dit que je l'avais écouté plusieurs fois parler de Jean-Louis  cette semaine -en écoutant cette émission-, c'était touchant de voir comme cela était important pour lui, et il était fébrile avant d'entendre ce qui avait été retenu par A. Couder. Je l'ai rassuré!). 

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Rédigé par Pierrot et Florence

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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Publié le 13 Octobre 2025

Un cœur, des ténèbres.   France Culture, dimanche 19 octobre, à 17 heures (collection: "Toute une vie" destinée à des portraits d'hommes et femmes d'exception, 981e épisode). 

On le savait depuis quelques mois, Antoine Couder, l'auteur de Foule romaine (Édition Le Boulon-collection seveninches)  préparait un reportage radio. Il en est effet producteur d'émissions pour France Culture. Et voilà, cela sera diffusé ce dimanche, et immédiatement podcastable (émission réalisée avec François Teste). Dans ce paysage audiovisuel et radiographique où Murat est bien trop absent, voilà de quoi nous rasséréner. 

Au programme, un gros casting d'interviewés (sans trop de  surprise malgré tout)  avec un reportage en 4 chapitres. On entendra donc Yann Bergheaud, Olivier Nuc, Matt Low, Marie Audigier, Carla Bruni, Fred Jimenez, Dominique A, Alain Artaud, Alex Beaupain et Jean-Louis Murat lui même (notamment via des extraits de l'émission avec Laure Adler  (inter) ou de Murat à la dérive (radio nova).  

On vous en dit un peu plus ci-dessous mais si vous voulez garder l'oreille vierge, arrêtez-vous ici. 

 

Dans l'émission, seront donc abordés son pays, son imprégnation mystique et animiste, le musicien groovy et radical (et pas le poète qui met en musique ses textes dit O. Nuc), la question de la masculinité dont se dépatouille Matt Low, son côté séducteur (Carla, séquence avec Hardy chez Ardisson...). Moment le plus intéressant sur des événements marquants : son père, le décès de sa maman. Il est beaucoup question de sa carrière commerciale sabordée, via Marie Audigier, Olivier Nuc, Alain Artaud ou Antoine Couder qui reprend (de manière un peu lacunaire) les propos de Murat sur Zemmour et Onfray (on oublie toujours : "Vous soutenez Zemmour aujourd’hui ?-Pas du tout !").  Et on se joindra à la tristesse d'Olivier Nuc qui constate que Murat n'a pas la place qu'il mérite chez les amateurs de Musique (le même rang que Bashung et Manset). 

La dernière partie est un peu plombante à l'image du titre de l'émission (développement sur les conditions de sa mort, le best of, le décès de sa mère), avec notamment une phrase de Carla Bruni qui ne manquera pas de susciter des interrogations (même si ses autres interventions sont bien vues).  Dans une émission destinée à un public non spécialiste, on aurait aimé que soient explorées d'autres facettes pouvant aller plus à l'encontre des idées reçues sur lui.  Vous le savez j'espère: ici on aime Murat parce qu'il est stimulant, spirituel, qu'il nous rend heureux, parce qu'il a écrit "les jours du jaguar" et "le cri du papillon". Son côté rock, son humour, sa culture... sa vitalité, enfin, dont parle si bien Grégoire Bouillier, sont assez peu abordés. De la part de l'auteur du livre Foule romaine qu'on avait beaucoup aimé, on pouvait s'attendre à une vision un peu plus iconoclaste, mais c'est aussi peut-être lié au format de cette case destinée à la biographie.  Difficile de toute façon de tout faire rentrer en 58 minutes il faut bien le reconnaître...  Mais ne boudons pas notre plaisir. La qualité des interviews, et le montage souvent savoureux font de l'émission un bon moment de radio. 

ici:    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/toute-une-vie

 

Pour rappel:

Chronique de foule romaine de A. Couder: 

https://www.surjeanlouismurat.com/2024/04/foule-romaine-d-antoine-couder-jeanlouismurat-boulon-edition-2024.ht

Inter-ViOUS et Murat-d'Olivier NUC :  https://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-n-6-olivier-nuc-98557463.html   de Alain Artaud :  https://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-n-10-alain-artaud-75198522.html   et une question à Dominique A : https://www.surjeanlouismurat.com/2015/02/une-question-a-dominique-a-exclusivite.html

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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Publié le 9 Octobre 2025

 

Le livre de Frank Loriou "Photorama" est disponible à partir d'aujourd'hui. Ceux qui l'ont précommandé l'ont reçu pour certains dès lundi. Le Boulon, la maison d'édition rock, sort donc avec lui un troisième ouvrage consacré à Jean-Louis Murat, tous très différents. 

Frank loriou photorama  jean-louis murat

Le format du livre  de celui de Frank est le même que celui de Pierre Andrieu (dont la couverture était déjà illustrée par le photographe), ce qui permettra de les réunir aisément dans la bibliothèque ou votre cabinet de curiosités à côté du petit caillou volcanique ramassé au Sancy, du billet de concert Olympia en l'an 2000 et du chewing-gum ramassé au koloko 2014 -ah oui, quand même? vous êtes bien atteint, vous alors-.   De fait vu le gabarit modeste, cela permet aussi d'avoir un livre de photos à un prix raisonnable.  

Le titre a un côté un peu technique (c'est les Frère Lumière qui ont créé ce nom pour un procédé visant la reproduction complète de l'horizon), mais cela reflète l'idée de Frank de donner à voir l'intégralité de son travail avec Murat (on ne découvrira pas de photos prises dans l'intimité de rencontres estivales).  L'intimité, on va la retrouver dans le texte très joliment écrit qui ouvre le livre. Il est question des coulisses des sessions, des secrets de confection des pochettes (la photo de Mustango, le blaireau de Toboggan...), et on aura donc envie de faire des allers-retours entre le texte et les photos dont il est question. Ne pas avoir à faire cette manipulation aurait été agréable  mais si Frank n'a pas fait le choix de morceler son propos, c'est qu'il nous livre un vrai récit, son histoire avec Jean-Louis, faite de beaucoup d'avanies au départ (2 pochettes que Jean-Louis finalement saborde), d'une longue période de silence puis d'une belle amitié et d'instants familiaux (souvenir d'un Jean-Louis conduisant sa voiture sur les chemins... avec  4 enfants installés dans une remorque, se faisant secouer comme au manège). Cette amitié qui se renforce alors que Frank arrive avec ses enfants, cela peut évoquer ce qui a pu aussi se passer avec son fils quand il est devenu père. Il est d'ailleurs évoqué une discussion à propos de son fils mais Frank n'en dévoile pas la teneur.  Le texte est intime, très sensible, dévoile un peu le "Jean-Louis Bergheaud" chez lui, mais pas question pour Frank de trop en dire... Par contre, on a au programme de jolis détails, des informations intéressantes sur certaines chansons ("Kids" dont il livre une interprétation) ou des anecdotes amusantes. Je vous en livre une :  un jour à Paris, fagoté comme l'as de pique,  Jean-Louis Murat pense avoir perçu dans le regard d'une dame qu'elle l'avait pris pour un SDF... Il décide aussitôt de rentrer dans un magasin et se rhabille de la tête aux pieds de vêtements neufs!

Le livre se poursuit donc avec toutes les photos liées aux différentes sessions que nous connaissons, et c'est assez intéressant et amusant de voir ce qui a été tenté par Frank et Jean-Louis (des idées viennent de lui)- ici ou là certains regards, certaines bouilles où Jean-Louis Bergheaud apparaît - ou de deviner ce qui a valu aux clichés de se faire écarter par Murat pour la promo.  

J'étais aussi impatient de découvrir la préface de Photorama, signée par Charles Pépin.

Il a eu envie de parler d'un instant qui l'a marqué. Il s'agit de la séquence dans laquelle Jean-Louis Murat réagit vivement aux propos de la rédactrice en chef d'un magazine people chez Ruquier, un samedi soir sur la terre.  Première réaction : ah, mais pourquoi revenir là-dessus alors que j'ai toujours regretté que ce soit une des vidéos avec Murat les plus vues sur les tubes (ça serait bien que ce soit une de ses chansons, non?)... mais le philosophe en tire bien-sûr une analyse efficace et juste, n'insistant pas finalement pas tant sur les paradoxes du personnage (un peu quand même : côté bourru vs l'amour courtois), que sur son entièreté.  Je ne veux pas trop en dire pour vous laisser découvrir ce textes de 3 pages. Deux petites remarques tout-de-même: Charles Pépin  insiste sur des chansons que Murat reniait un peu  ("Sentiment nouveau", "le lien défait"), -je n'en tire pas de conclusions, l'oeuvre doit échapper à son auteur de toute façon. Et Charles Pépin fait la confidence que la proximité qu'il avait avec la voix de Jean-Louis (dont il est assez souvent question) lui avait donné l'envie de lui écrire un texte de chanson. Frank lui a alors proposé d'organiser une rencontre, qui n'a pas pu se faire puisqu'on était en 2023, mais en lui disant que "Murat ne chantait que ses propres textes"... Et sur ceci, j'émets une réserve (tout en faisant l'hypothèse qu'il s'est agi pour Frank de faire une réponse diplomatique ou protectrice). Si un philosophe (un pédagogue qui plus est comme Onfray) lui avait apporté un texte écrit pour lui, je pense qu'il aurait été honoré de la démarche et aurait pu le mettre en musique (comme il a chanté Rose, Chloé Mons et quelques autres). J'indique bien "le mettre en musique" (pas le mettre sur un album). 

 

Frank LORIOU, Photorama, édition le BOULON, 204 pages, 09/10/2025, ISBN 248727078, 0,8780.kg.

https://leboulon.net/murat-photorama/ (Edition de luxe encore disponible, avec tirage photo (celle de la couverture)

Ps: merci à Frank  de me faire figurer dans les remerciements (avec mon nom dans le civil. Deuxième fois qu'il se retrouve imprimé à côté de ceux de Varrod et Vergeade*, ça vous pose un homme, ça. -  "être "de quelque chose", ça pose un homme, comme être "de Garenne", ça pose un lapin" comme le dit Alfonse Allais-. 

*Un article sur le livre signé FV est disponible dans LES INROCKS de cette semaine.

 

Première soirée de lancement aux Vinzelles (complet) samedi mais possibilité de s'y faire dédicacer le livre en fin de journée +  2e Soirée  à la librairie de la Polka Galerie  le jeudi 16 octobre entre 18h et 20h.   Rencontre et signature, avec la participation de JP NATAF, qui chantera plusieurs morceaux de Jean-Louis Murat

Polka Factory 12 rue Saint Gilles, Paris 03 / Métro Chemin vert

 

 

LE LIEN EN PLUS UN PEU COSTAUD 

Puisque le livre de Frank Loriou nous emmène dans le Sancy (notamment avec quelques photos paysagères), nous allons y rester un peu, pour un autre livre, sorti il y quelques années.  Le découvrir, pour une muratienne amatrice de Marie-Hélène Lafon, c'était bien sûr partir sur les traces de l'univers de Jean-Louis Bergheaud...  Florence D. nous écrit:

Il est des lieux presque familiers sans qu’on n’y ait jamais mis les pieds.

Celui-là, je l’ai rencontré à l’orée du récit de François Cassingena Trévedy (Cantique de l’Infinistère, dont Pierrot nous a parlé en 2016), qui y débute sa traversée de l’Auvergne. A travers l’enthousiasme de Marc Aymon qui s’y est régalé le lendemain de sa prestation au Fotomat pour le Yes sir ! 2025. Je l’ai souvent aperçu de loin au hasard de balades. Et enfin un samedi d’été devant la librairie Rémy de La Bourboule, où Corinne Legoy dédicaçait le livre qu’elle lui a consacré.

A la prochaine montée vers le col de la Croix Saint Robert, la prochaine descente depuis les crêtes, une halte s’imposera, enfin, à la ferme de l’Angle.

 

La ferme et l’auberge de l’Angle, donc. Depuis 1932, quatre générations s’y sont succédé, auxquelles Corinne Legoy, historienne, et surtout familière des lieux, donne la parole dans ce livre.

Par le carnet de Blaise d’abord, l’arrière grand-père né en 1897. Il y a raconté pour ses enfants et petits-enfants ses pèlerinages à Notre-Dame de Vassivière, de l’autre côté du massif, entre 1915 et 1967. Histoire de transmission, document précieux, très émouvant et remarquablement écrit d’un pèlerin, d’un paysan, d’un marcheur et grimpeur (mais uniquement de « montagne à vache » dit-il !), confronté aux caprices de la montagne, au brouillard, observateur attentif et toujours émerveillé de ces lieux pourtant tant de fois parcourus. De 1915 et la première montée, hasardeuse et épique, du jeune homme parti pour son premier pèlerinage avec son frère (qui mourra à la guerre quelques mois plus tard), au travailleur pressé par les travaux qui l’attendent, au père puis au grand-père heureux de monter en famille, dans ce rapport très physique au paysage, on voit défiler toute une époque, disparaître un monde. Il donne à entendre les conversations entre paysans dans leurs ascensions, les commentaires sur les vaches en estive, les recommandations des parents, les discussions après la messe. Il raconte le changement de la montagne et des pratiques, l’arrivée du téléphérique en 1937, les blocs de béton et les pylônes qui progressivement envahissent les pentes, les chemins délaissés et disparus. La métamorphose des hommes et des femmes, qui en moins de vingt ans ont abandonné « bonnets bergères » pour les unes, biaudes et larges chapeaux pour les autres. Il évoque le travail quotidien, la recherche de moutons égarés dans des courses interminables mais qui font de bons jarrets, le travail pour le syndicat agricole. En perspective, le Front populaire, deux guerres (et on apprend au début du livre, par le récit du colonel Rémy, résistant, comment il a caché puis fait descendre des maquisards, à quelques pas du Mont-Dore occupé par les nazis). On découvre un personnage très attachant, soucieux de précision, revenant sans cesse sur la question de la fidélité de la mémoire - il souligne d’un trait de crayon les faits dont il est certain. Le récit est souvent enlevé et parfois drôle, quand il raconte la panique qui saisit les passagers lors de leur premier voyage en téléphérique, ou ses contorsions à l’église pour cacher une grande déchirure sur le fond de son pantalon : il a fait une chute spectaculaire sur un névé…

Puis l’autrice a interrogé les générations suivantes. Ceux qui sont partis, devenus bergers ailleurs et qui parlent avec passion de leurs bêtes et des estives. Ceux qui sont restés, ceux qui sont arrivés. On découvre le quotidien, les difficultés, l’attachement à ce lieu, à ces paysages, aux bêtes, l’engagement pour un élevage respectueux, les évolutions du métier, les interrogations sur l’avenir. Ces paroles s’entrecroisent, se font écho, se complètent, et témoignent joliment de la confiance faite à l’autrice, l’amie.

Pour compléter ce très beau livre, outre la préface d’Alain Corbin et la couverture dessinée par Etienne Davodeau (encore un marcheur… qui a dû passer pas loin lorsqu’il a traversé la France de Lascaux à Bure pour sa BD Le droit du sol), deux films sonores de Philippe Busser, pour entrer de plain-pied dans l’intimité de ce monde, de ces vies. Comme Blaise dans son carnet qui multiplie les notations sensorielles, bruits, odeurs, sensations du vent ou la pluie sur la peau, on entend la nature, le travail, la vie quotidienne. Bruits de pas, de l’eau, du vent au sommet du puy de l’Angle, des enfants qui jouent, de cochons qui grognent. Entrelacement, comme dans le livre, des voix de toutes ces générations, lectures du carnet de Blaise, voix de ses enfants et petits-enfants guettant le sanglier, récit de la mise en place de la première croix au sommet du puy de L’Angle, et, particulièrement émouvante, une séquence où Virginie, qui tient aujourd’hui la ferme avec sa sœur, explique à une vache que son veau va partir.

Et, inévitablement, viennent à l’esprit la voix et les chansons de Jean-Louis Murat. Sans doute d’ailleurs a-t-il connu ce lieu et ses habitants (et le livre ?) : Blaise évoque un trajet à pied du Mont Dore à Orcival, 18 km, par « la Roche qui chante », la Sanadoire. Cette parole des paysans, qu’on entend si rarement, en tout cas dans son évocation précise d’un quotidien – avec, et ce n’est pas le moindre attrait de ce livre, son vocabulaire -, d’un rapport au travail, aux animaux, aux paysages, et, en perspective, à la ville (Virginie parle très joliment de l’odeur des vaches sur les vêtements). Ce passé qu’il a connu et vu disparaître. Ce monde de sensations. Ce rapport ambivalent au lieu de l’enracinement.

A découvrir, donc, avant de monter goûter la truffade et les cœurs à la crème !

Corinne Legoy, Le monde de l’Angle. Voix paysannes 1915-2020. Avec deux films sonores de Philippe Busser. Préface d’Alain Corbin. Bleu autour, 269 p., 27 €

 

PS: Les rédacteurs n'ont pas mangé à l'auberge, et il ne s'agit donc pas d'un reportage publicitaire! 😀... Et c'est bien dommage! Mais on vous met quand même le lien : https://www.fermedelangle.fr/restaurantlafermedelangle-montdore

 

photo :M. Busser

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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Publié le 3 Octobre 2025

1)  Après KOUM, je vous partage la prestation au week-end Murat, yes sir!  de NICOLAS DRIOT,  artiste bien établi qui a multiplié les concerts sous son le nom de KANDID. 

Je vous envoie vers ce bel article de nos enchanteurs pour en savoir plus, à l'occasion du disque sorti au printemps "cartographie du coeur" (pochette signée F. Loriou).

( Pour cette chanson unplugged, j'ai un peu mixé le son de la vidéo avec le son console - qui ne reflète pas l'ambiance de la salle car il n'y a pas de micro qui enregistre la salle, mais on pourra quand même saluer la qualité de ce qui a été capté par les micro). 

Et non, il ne s'agit pas d'une chanson de Jean-Louis Murat. Je lui ai demandé d'ouvrir la soirée avec une des chansons de son album... J'avais imaginé qu'il démarre sans un mot, de la mienne comme de lui: la chanson et la vidéo préparée me paraissaient suffisamment relever de l'évidence, même si j'y mettais quand même un peu de malice: Débuter une soirée tribute à Murat par une chanson d'un participant! Comme l'an dernier, je voulais évacuer l'émotion, pour ouvrir le rideau pour faire la fête aux chansons de Jean-Louis Bergheaud... mais j'avoue que ce n'est pas un cadeau pour l'artiste... Ce samedi là - sur la terre -of course- Il a donc fallu que je parle et Nicolas a tenu encore à s'expliquer (cela ne figure pas sur la vidéo) - ou pourquoi la soirée se termine à 1h30... 😀.

Malgré des centaines de concerts, l’intermittent expérimenté était particulièrement traqueur de rencontrer cette assistance estimable muy VIP . C'était émouvant de le voir fébrile sur le parking à quelques minutes de "monter" sur scène...  Chanter du Murat ajoutait bien sûr de la tension, pour lui qui nous dira qu'il tient "aimer" pour une des plus belles chansons du monde. Emotion aussi de partager la scène pour la première fois avec Sonia Beaumont, chanteuse musicienne interprète du cru,  qu'il a invitée (ils viennent à nouveau de chanter ensemble à Pont-du-Chateau).   

Pour les locaux du 6-3, il est peut-être temps encore de le retrouver ce soir (vendredi 3/10) à 20 heures à Martres-de-Veyre (Médiathèque). Gratuit / réservation conseillée : 04 73 39 28 17 et la prochaine date: 

« ANIMATIS LIVE » (showcase)  "Cartographie du Coeur" (en duo)
 Saison Culturelle d’Issoire     Vendredi 07 novembre 2025 (19h). D'autres dates sur :

https://kandid-music.com

 

- PS: J'ai un peu mixé le son de la vidéo avec le son console - qui enregistre peu le son venant du public-. 

 

Trêve de bavardage: place à la douceur, à l'accordéon, à l'amour, Dieu n'a pas trouvé mieux... avec le son de la balance arrangé par le Studio Polyphone (Théophane Berthuit).  Un démarrage qui débute par un univers "chanson", avant que d'autres participants emmènent Murat vers le rock indé américain, le blues et le jazz

 

Pour suivre Sonia Beaumont:  facebook

 

 

2)   MATT LOW a joué son spectacle DOUHARESSE le vendredi 20 juin lors du week-end Murat, et pour la première fois accompagné par Yann Clavaizolle. IL reprend la route :     ET si vous voulez l'accueillir le 15/11 entre Nevers et la Belgique, vous pouvez l'accueillir!

3/10 : la bergerie, Cérilly (03) + Dragon Rapide
9/10 : Le Mouton Noir, Moustiers Saint Marie (04)
17/10 : Le café qui cause, Quistinic (56 )
18/10 : Octopus Garden Dreams, Saint Philbert de Grd Lieu (44)
14/11 : Les chailloux ,Nevers (58) + Alain Bonnefont musique
15/11 : HELP !
16/11 : L'Ancienne Fée Verte, Anlier (Belgique ) + Alain Bonnefont musique
 
Deux petits moments volés au Fotomat:

On aura l'occasion au mois d'octobre de reparler de Matt Low... 

 

3)  Fred Jimenez est invité d'une émission de radio animée par un camarade corrézien Guillaume Lebouis. 

LE Mardi 7 octobre sur Radio RGB est prévue la diffusion de l'émission "Borborygmes et logorrhées" avec notre invité FRED JIMENEZ pour son livre « Johnny H. et moi.»

On parlera de Johnny mais pas seulement.
AU PROGRAMME:
AS DRAGON : « Dans l’océan de ta chevelure. »
LOU REED « WALK ON THE WILDE SIDE »
JEAN-LOUIS MURAT : « LES JOURS DU JAGUAR"
THE BEACH BOYS: « WONDERFUL »
PAUL MCCARTNEY : « Mr BELLAMY »

AIR GUITAR ET MAUVAISE FOI - 5:04 minutes: « Old Man » de Love /Séquence présentée par Sébastien Miel, guitariste du groupe La Maison Tellier.

 

 

LE LIEN LORIOU EN PLUS 

En plus de Francofans et la semaine prochaine sur surjeanlouismurat.com , on retrouvera un article sur PHOTORAMA de F. Loriou dans le nouveau LONGUEUR D'ONDES.  Et cela SERA  toujours  téléchargeable gratuitement! 

LE LIEN CAMARADERIE EN PLUS

COCO MACE notre découverte du week-end 2024 revient, il sera en première partie de François and The Atlas Mountain à la coopé le 5/11

Dans son Cantal:

Et on apprend que Koum fera la première partie de Yame le 24/10 au même endroit.  https://www.instagram.com/p/DPWzrdXjMyk/?igsh=MTRuZWRjdHV3Ym5iNg==

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #week-end Murat, #2023 après

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Publié le 28 Septembre 2025

bonjour,

Je ne résiste pas plus longtemps à vous partager deux premières vidéos, avec le son console (n'hésitez pas à en profiter au casque) du Week-end Murat, yes sir!  Je suis en train de préparer ça depuis deux semaines, et j'y prends beaucoup de plaisir (je suis un peu responsable de tout ça, mince! #fierté)... et en montant cette première vidéo, je peux vous dire que ça créait de l'émotion. Merci donc à KOUM, d'être venue de Paris, avec son "si je devais de toi" qu'elle rechantait (après sa belle prestation à la Coopé)... et cette très belle surprise: avoir choisi un titre rare figurant sur "Royal Cadet" (mini cd assez culte toute de même)... Absolument sous le charme... et j'espère qu'elle aura l'idée de mettre cette chanson à son tour de chant.   On attend vraiment que cette jeune génération remette à la lumière la musique et les mots de Jean-Louis Murat.

Suivez KOUM:  plus sur instagram que facebook

Session live de 20 minutes avec un grand orchestre à écouter ici

Avec Antonin (Soleil Brun), Aurélien Bunch (de Aymar) et Gus (Desj): notre super groupe de ce soir-là. 

edit: Koum fera la première partie de Yame le 24/10 à  la coopé. https://www.instagram.com/p/DPWzrdXjMyk/?igsh=MTRuZWRjdHV3Ym5iNg==

Z'actus:

Voilà pas loin de 20 ans que je partage les billets du blog de Laurent Cachard (sur le forum dit de Josy, puis sur le blog), quand il chronique ses aventures muratiennes. Comme pour le voyage de Noz, il en a fait un livre, avec du contenu inédit dont l'exercice périlleux d'une interview post-mortem (fictive). Le livre est sorti cette semaine. Un monde sans Murat, Editions Audasud-L'an demain. 15 euros.

 

 

 

Présentation du livre au Bar du Plateau à Sète le samedi 11 octobre à 10h30.

C'est le même jour que la soirée de lancement du livre de Frank Loriou aux Vinzelles - la soirée est complète mais il est possible d'aller se faire dédicacer le livre en fin d'après-midi.  PS: On pourra se procurer Francofans la semaine prochaine pour y découvrir une interview de ce dernier. 

Il a livré quelques images (certaines inédites)  sur instagram cette semaine (on a échappé au bicorne pour innamorato !).

 

https://leboulon.net/murat-photorama/

 

- Côté amis/collaborateurs de Jean-Louis Murat, voici qui promet quelques mentions de l'auvergnat au cours des deux mois qui viennent... et la possibilité de l'entendre dans une salle de cinéma:

Paris Du 21 novembre 2025 au 30 novembre 2025
Rétrospective Laetitia Masson

« Nous, Français, sommes toujours coincés entre réalisme et naturalisme. J'essaye d'inventer ma distance. » Indissociable de Sandrine Kiberlain, avec qui elle signe une belle trilogie inaugurale – En avoir (ou pas), À Vendre et Love Me – Laetitia Masson construit une œuvre aventureuse, impossible à réduire à un genre. Touche-à-tout, son cinéma est ouvert à tous les vents, se mesure avec Pourquoi (pas) le Brésil au roman supposé inadaptable de Christine Angot, ressuscite Isabelle Adjani sur grand écran (La Repentie) tout en proposant des portraits délicats d'amis au travail (Benjamin Biolay, Rudy Ricciotti), des clips pour Jean-Louis Murat ou des séries TV de prestige pour Arte.  (source)

  • lieu
    Cinémathèque française
  • adresse Cinémathèque, 51, rue de Bercy.. 75012 - Paris
  • site internet https://cinematheque.fr/

On essayera de suivre ça de près....

 

UN LIEN EN PLUS 

- On a parlé de Fabrice Caro, comme un des écrivains muratiens il y a quelques temps (d'où son titre de son avant dernier livre "Fort Alamo"). Je n'avais pas parlé de sa programmation d'un titre de Murat dans une précédente émission de radio france, mais  vu qu'il a de nouveau choisi une chanson "le mont sans souci" dans sa play-list, cette fois pour La bande originale avec Nagui, je le mentionne, mais  on entend juste la chanson- il n'est pas question du chanteur. 

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-bande-originale/la-bande-originale-du-jeudi-25-septembre-2025-5507850

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #week-end Murat

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Publié le 20 Septembre 2025

Bonjour,

Allez, quelques petites choses...  

[NB : C'est complet pour la soirée à Volvic pour le lancement du livre de F. LORIOU, avec JP NATAF]

 

On commence par une archive inédite retrouvée au fond d'un disque dur et on distribue des liens en plus:

 

1983. Voilà, appelé à la barre, le sieur Jean-Louis Murat, qui avoue déjà l'âge de 30 ans (on se rappellera qu'il fut longtemps mention d'une naissance en 1954). Au vu de l'invité-l'accusé- principale, les questions tournent autour de l'érotisme, c'était Régine Deforges. 

Et le président (Claude Villers) d'interroger : "vous pensez que la mort est érotique, sensuelle?"... et Jean-Louis d'indiquer que "suicidez-vous le peuple est mort", il trouvait juste ça drôle, ces mots ensemble, et qu'il n'y avait donc pas de message. Il indique ensuite qu'il a des enfants, mais qu'il n'est pas vraiment marié. On l’entraîne ensuite dans une zone marécageuse, qui est aujourd'hui bien datée. 

Murat ne gardera pas un bon souvenir du moment. 

Ce n'est pas si terrible, mais en 2000, à la question sur son pire souvenir, c'est à cette émission qu'il pense, indiquant qu'il avait été complétement désarçonné au moment de chanter... En fait, il ne s'agit pas de l'interview enregistrée en elle-même, mais de séquences à côté (il est probable que l'émission ait été enregistrée, et non diffusé en direct).   A 12'40:  Murat parle de la méchanceté absolue de Pierre Desproges, et il est vrai que les versions des chansons de ce jour-là montrent une certaine fragilité (au niveau du texte,- à écouter ci-dessous).

Ce live est quand même très touchant...et on  remercie encore le regretté Matthieu Guillaumond de nous avoir fourni cette archive.

Dommage pourtant que Murat et Desproges ne se soient pas trouvés  ce jour-là.  Ils avaient des points communs, comme l'amour de la littérature classique (Bloy...), le côté iconoclaste et provocateur, parfois réac, la critique de la démocratie, mais Jean-Louis se revendiquait du peuple, football et gilets jaunes... Certainement pas le cas de Pierre Desproges.  (J'ai gardé le lien suivant plusieurs années dans ma barre de favoris en attendant une occasion  : Pierre Desproges, un humoriste de droite ?  Intéressant).

Ceci, il l'expliquait dans cette même campagne de promotion, en 2000, à propos des Guignols  (sur MCM). 

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Petite anecdote dont les plus fidèles et attentifs lecteurs se seront souvenus... Murat vient dans cette émission défendre son LP Murat  enregistré par Michel ZACHA...  Ce dernier était ami de Desproges, et il nous a raconté qu'il était très fier de son travail réalisé pour sortir sur disque  les plaidoiries :

ZAC:   Je vais t’étonner mais l’une des prods dont je suis le plus fier c’est l’intégrale de Pierre Desproges!  C’est l’exemple même de ce que peut être le métier du son :  Pour "La Scène", pas de problème (j’avais enregistré les deux spectacles sur mon Tascam 8 pistes) ; pour "les Chroniques de la haine ordinaires" idem ; mais pour les Réquisitoires :  Imagines-tu la somme de travail qu’il a fallu pour aller récupérer à l’INA les enregistrements sur bandes magnétiques de trois années de tournées dans toute la France du Tribunal des Flagrants Délires : 600  enregistrements qu’il a fallu numériser sur bandes DAT puis transférer dans mon ordinateur ( un Mac du moyen-âge :1992 ! ). Ensuite , avec Hélène Desproges, nous avons TOUT écouté, choisi les meilleures prises et là le véritable travail a commencé : tous les Réquisitoires de Pierre étaient écrits et nous avons décidé de respecter son texte à la virgule près. Cerise sur le gâteau, pendant le déroulement des réquisitoires Luis Rego et surtout Claude Villers faisaient des commentaires et des réflexions qui faisaient rire le public. Si on les avait gardés, non seulement ce n’était plus le texte de Pierre mais en plus notre cher « Massif Central » réclamait des droits exorbitants. Nous avons donc décidé de NE CONSERVER QUE LE TEXTE DE PIERRE !

Ce qui veut dire qu’il a fallu couper toutes les interventions de Villers/Rego, tous les rires, les hésitations, les digressions, pour reconstituer le texte de Pierre, à la virgule près sans que personne n’entende les montages, comme si Pierre avait parlé naturellement sans être interrompu. Accessoirement il fallait que la prise faite à l’hôtel de Ville de Lyon devant 200 personnes, soit "raccord" au niveau du son avec celle enregistrée en plein air sur le port de Dieppe !  Un immense travail pour que, finalement, le public ne se doute de rien !  C’est-ça une bonne réalisation. Et je devais bien ça à mon ami.

 

Le talent de Desproges ce jour-là : 

LE LIEN EN PLUS QUI EST UNE CAPTURE

 

Dans "Réponse PHOTO" (10/09/2025)

LA CHRONIQUE EN PLUS

Sur RFM

UN BRIN DE MUSIQUE EN PLUS

Si ça vous a donné envie de chanter (vu la météo annoncée de toute façon pour ce week-end...):

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #vieilleries -archives-disques, #2023 après

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Publié le 13 Septembre 2025

@charlesrostan

 

On l'apprend par Jacques Moiroud (journal Spliff, guitariste Pale Riders),  François Saillard, premier bassiste de Clara vient de mourir. Après JF Alos, Christophe Pie,  Jean-Louis,  c'est  un autre participant de cette aventure qui disparaît. Pensées à Alain Bonnefont, Jean Esnault et Dominique Cartier, et bien sûr à ses proches.   Jean-Louis avait eu une remarque un peu méchante sur une de ses prestations, mais il avait poursuivi dans la musique  avec des groupes réputés de la scène auvergnate: avec Joël Rivet lui aussi disparu (les Guêpes, Pale Riders - aux côtés de Jack Daumail), André Agier, et encore jusqu'au début de cette décennie avec Sly de Bruix. Il a aussi fait de la radio, géré des studios de répétition.   Il était surtout connu pour sa discrétion, sa gentillesse, son engagement humanitaire. Il se revendiquait comme le premier punk clermontois, et Roger de Plexiglas qui l'a connu à la Bourboule en 77/78 l'appelait Punkie (pukie?) -et le disait "génial"-, mais ses autres surnoms connus sont le Fanch et le "petit François" (à cause de ses sœurs aînées?).   

 - PS:  Il était dans mes contacts, je l'avais invité à participer au 2e Week end mais je ne l'avais pas rencontré-. 

Voici son témoignage dans "Histoire du rock à Clermont-Ferrand" de P. Foulhoux, où il revient rapidement sur Clara. Il avait 17 ans...

était déjà trop tard. Je suis redescendu en courant vers la maison du peuple pour voir Christophe Adam jouer à ma place.      [Patrice Papelard dont il est question est le leader du groupe Tachycardie, il a poursuivi sa vie professionnelle à Villeurbanne (Ateliers Frappaz et directeur artistique du festival "les invit"... où il convia JLM lors de la tournée BABEL]

 

La preuve de la véracité de l'anecdote sur la maison du peuple avec Joël Rivet: photo de  Danyel Massacrier lors des balances.. et ci dessous,le concert: 

Pour J. Moiroud, François était grippé, d'où ce remplacement... Les souvenirs sont  souvent vagues chez nos rockeurs (ça me rappelle le propos de ce dernier sur le festival de la Bourboule de 1978: je devais y être puisque je ne me rappelle de rien -citation apocriphe).

A propos du festival, voici ce qu 'écrivait Matthieu: 

François Saillard (basse). Âgé d'environ 17 ans, il s'est mis à écouter sérieusement du rock cinq ans auparavant, au point de devenir, selon ses propres termes, "un des premiers punks clermontois". Il s'installe à La Bourboule pour s'impliquer humainement et musicalement dans Clara, mais n'y reste pas aussi longtemps que ses camarades. Il poursuivra la musique au sein de formations locales dans les années 80 et dirigera un studio – où se tiendront notamment les répétitions du deuxième 33 tours de Murat –, avant de voyager dans le cadre d'activités humanitaires. Si, en 2003, Murat s'amusait du niveau de son jeune bassiste trente-cinq ans plus tôt ("le p'tit François qui en mettait pas une dans le panier") – ce qui lui vaudra une réplique taquine de l’intéressé chez notre camarade Didier ("Comment ça : 'pas une dans le panier' ? Je débutais, mais j’inventais une nouvelle manière de jouer de la basse : pas dans le temps, mais pas à contre-temps non plus") –,  il semble que Saillard ait accompli depuis de notables progrès, du moins si l'on en croit la description faite dans ce texte de présentation du groupe Sly de Bruix : "Un somnambule, avec un son rond comme une boule de démolition. […] Peut poser une basse reggae sur une chanson des Ramones."  https://www.surjeanlouismurat.com/clara-concert-murat-festival-bourboule-1978

 

ci-dessous avec JF Alos et Christophe Pie, Joël Rivet...  tous disparus trop jeunes. Photo de  PJ Fontfrede. 

François Saillard, Clara perd encore un membre

Pas facile de toujours repérer si c'est Jean-François Alos ou François Saillard sur les photos, mais je pense que celles-ci sont de la période avec François... et on termine par de la musique! François avec Sly de Bruix : 

François Saillard, Clara perd encore un membre
François Saillard, Clara perd encore un membre
François Saillard, Clara perd encore un membre
François Saillard, Clara perd encore un membre
François Saillard, Clara perd encore un membre

On peut encore entendre François en duo avec SAN MOPS, groupe P2F:

https://soundcloud.com/sanmops

 

Sa "fiche" dans le groupe des Irréductibles sur Facebook: par Jacques Moiroud.

François Saillard, Clara perd encore un membre

mise à jour: 

Notre petit frère et oncle François nous a quitté . Notre chagrin est immense , il va tellement nous manquer .
Ses obsèques auront lieu  Mardi 23  septembre au crématorium de Crouel  à 15h15 .
Merci pour tous les  témoignages d'amitié reçus , merci à vous tous ,ses amis fidèles qui ont partagé sa vie  . Merci.
Mireille Saillard

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #divers- liens-autres

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Publié le 1 Septembre 2025

J'en ai rêvé (pour un week-end Murat) et  F. Loriou et les Vinzelles l'ont fait! On pourra écouter JP NATAF sur un récital "Jean-Louis Murat".  L'info était parue discrètement: en bas à droite.

C'est à l'occasion de la soirée de lancement du livre Photorama, le samedi 11/10 à Volvic (donc, deux jours après la sortie officielle du livre). 

Au programme : une rencontre avec Frank autour du livre, une séance de dédicaces, et un concert de JP Nataf qui reprendra des titres de Jean-Louis.

Une vraie joie tant les prestations de JP à la coopé mais encore plus son "Troupeau" à la maison de la poésie étaient une réussite, et bien sûr, j'adore aussi l'artiste... et de plus en plus, notamment après l'avoir vu en février 2025 à Lyon (hors-Innocent, je l'ai vu deux fois : la première au brise-glace).

Ce soir-là, lors du premier morceau, déjà enthousiasmé, je me suis dit qu'il fallait que j'en garde une trace, et j'ai sorti mon téléphone pour faire un audio. Dans cette ambiance intimiste de cette cave d'A THOU BOUT DE CHANT,  la qualité s'est avérée correcte... et j'ai très souvent écouté les morceaux, dont "seul alone", masterpeace.  A l'occasion de cette annonce, j'ai décidé de rendre public ce moment, tout à fait exceptionnel car il s'agit d'un concert unique (je crois qu'ils essayent de le faire une fois par an) avec les lorrains ALEX TOUCOURT à la guitare- percussion (que JP a aussi accompagné sur ses chansons) et la violoniste FLAMME. 

 

Pour rappel : JP faisait des choeurs sur DOLORES en 96...  JP a  évoqué JLM dans une petite bio, rédigée pour la sortie de l'album:   "un soir d' août  2007, un concert  sur mon lieu de vacances, avant jean-louis murat  puis passe une excellente soirée à l'écouter" (Noirmoutier). JL lui a dévoilé ce soir là des recettes de cocktail (il me semble qu'il y avait le redbull-Bourbon,  c'était avant que ce mélange soit largement popularisé). 

- F. Loriou  nous proposera d'autres rendez-vous en 2026. 

Une exposition de photos extraites du livre sera disponible à partir de début octobre et circulera dans les médiathèques, centre culturels, théâtre, salles de concert de l'hexagone. Les personnes intéressées peuvent le contacter directement à : frank.loriou@gmail.com. Il est également possible de le faire venir pour des rencontres autour de la création de pochettes de disques, dans lesquelles il parlera évidemment de son travail avec Jean-Louis. 

Rappel : les infos sur le livre: 

https://www.surjeanlouismurat.com/2025/05/un-livre-de-frank-loriou-le-boulon-photorama-2025-photo-jean-louis-murat-le-boulon

 

ps: autre événement à Rouen ce jeudi: https://facebook.com/events/s/causerie-musicale-autour-du-mo/4150399685216543/ Cédric Barré et son livre sur le moujik et sa femme. Il sera avec sa guitare. La Baraque à 19h. 

LE LIEN EN PLUS 

Le retour par Patrick DUCHER de l'événement de samedi dernier à Roche-Charles

et celui du dernier venu dans le paysage muratien : le berger de Chamablanc

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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