le gout de qui vous savez

Publié le 12 Décembre 2025

bonjour, il y aurait bien quelques trucs à vous dire depuis quelques jours mais je bosse dur sur un gros dossier (je précise : non, pas de Week-End Murat 2026). J'ai même laissé passer mon 16e anniversaire sans article.  

Je voulais quand même prendre 5 minutes pour vous saluer, tenez le coup jusqu'aux fêtes,  et... pendant, et faire un petit contenu rapide... 

... et voilà, voilà...  comme souvent, quand je tire un fil avec Jean-Louis, le filou, on trouve un filon.. et ce soir un Philou (ou plutôt un Phiphi) : Philippe Le Baron, le fidèle technicien de Jean-Louis m'a aiguillé.   Impossible de se défiler donc pour ce soir... 

Steve Cropper  est décédé. Homme de l'ombre du label Stax, il participe au succès d' -amen- Otis Redding notamment. En 1996, il est consacré « plus grand guitariste vivant » par le magazine britannique Mojo... et c'est fort possible que Jean-Louis ait été d'accord. On me confirme que c'était bien un modèle, et qui lui a donné le goût pour la  télécaster, goût développé au moment de Mustango.   

Pour le plus grand public, Steve est plus connu comme membre des Blues Brothers...  Et il s'avère qu'à New-York, période Mustango, Jean-Louis l'avait approché...  et  a vécu comme un affront que Steve lui dise que s'il le connaissait, c'était à cause des Blues Brothers!  Lui!! Le fin connaisseur de la stax, d'Otis Redding, de Sam & Dave, Wilson Pickett… et de toute une série de soul et bluesmen blancs (Canned heat, Rolling Stones..). 

Cette première rencontre, je ne pense pas qu'il l'avait raconté dans le détail. Par contre, Sur France Culture dans Radio Vinyle en 2015, il indique l'avoir rencontré plusieurs fois et discuté avec lui... A Cannes, lors d'un festival au Palais, il jouait en co-affiche avec Christophe, le 23 septembre 2010, et le band des Blues Brothers était programmé le 25 (le 22, il y avait Nilda Fernandez, mais c'est une autre histoire.. en lien avec Dejacques).  Steve se trouvait déjà dans les lieux  le 22 profitant de la French Riviera et du catering. 

 

 

Voici ce que Jean-Louis en disait dans l'émission (cette fois, avec la volonté de bien montrer à l'intéressé qu'il était un fin connaisseur!):


 

Dans l'émission (formidable)  avec G. LANG en 2009,  Murat choisisssait d'écouter un des titres dont il est question dans l'audio, Ninety Nine And A Half Won't Do,   mais  reprise par le Creedence (ci-dessous). On retrouve notamment, également, le grand classique "green onions"  dans son juke box imaginaire dans le livre de Pierre Andrieu.

Ce qui n'est pas raconté par Jean-Louis Murat, c'est que ce soir-là, à Cannes, Murat s'était réfugié dans sa loge, ne voulant pas le voir et revivre une mauvaise expérience!  C'est Steve Cropper qui a fait la démarche... Il se trouve que Philippe Lebaron avait travaillé par le passé avec le musicien américain (la soirée Back to Stax est visible sur youtube). 

 

Autres  références:   

Cédric Barré nous en parle dans Le moujik et sa femme indiquant qu'il aurait été question de faire un disque avec Cropper (c'était déjà indiqué chez Didier Lebras) : 

Convaincu d’avoir trouvé son Eldorado musical il envisage cette fois un trip nostalgique à la « Eddy Mitchell » entre Nashville et Memphis. Il est question de travailler avec Steve Cropper sur un album « moitié rhythm’n’blues, moitié country » baigné dans les cuivres et les cordes. Le départ est prévu le 15 septembre 2001 mais les récents attentats du World Trade Center qui ont secoué le monde quelques jours plus tôt l’obligent à changer ses plans. Il attendra pour rejoindre la terre promise (ce sera en 2009 pour Le cours ordinaire des choses) et il faut se résoudre à trouver une solution de remplacement… En France.   note: Steve Cropper est un guitariste, auteur-compositeur et producteur américain de soul, funk et rhythm and blues, connu principalement en tant que musicien de studio pour le label Stax, mais aussi comme membre fondateur des groupes The Mar-Keys et Booker T. and the M.G.'s. Il collabore avec des artistes prestigieux comme Otis Redding, Wilson Pickett, John Lennon, Rod Stewart ou encore avec Eddy Mitchell et Véronique Sanson. 

Didier Varrod sur France Info convoquait Cropper pour le live Innamorato :   Son chant et ses étirements sensuels. Sa guitare pilier et souffle de vie, qui l’aide à toujours trouver le sens de la hauteur : Blaise Pascal, Marvin Gaye, et Steve Cropper dans un même ensemble humain. Et c’est ainsi que ces croisements aboutis dans le destin d’un saltimbanque parfois irascible donnent souvent des chansons exemplaires. 

Et Antoine Couder dans Foule Romaine:   « John Lee Hooker à la sauce Cropper résume à merveille toute l’inspiration de Murat, tantôt funky, tantôt blues »

 

LE LIEN EN PLUS 

Dans ce podcast avec des artistes auvergnats réalisé par François Audigier, on commence avec l'original puis  la démo de la reprise de "suicidez-vous..." par PAR.SEK.  On connaissait la version live (réalisée à la soirée Te garder près de nous") : 

https://www.tsugi.fr/episode/une-heure-avec-francois-audigier/?fbclid=IwY2xjawOVWUdleHRuA2FlbQIxMABicmlkETExNzZMYk11ZHBCSmZUZ1V2c3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHgjQAJfkIcHqYx4l3KfaRKQqVOy5EPhXvwuvjJLJmlGcH2xgKubPiGgfSwrr_aem_pNwX7uX7QeBsyvmERgc0ig

 

Un des membres de Par.Sek est l'ami COCO MACE qui, en solo, est dans un répertoire un peu différent. Il a joué à la Coopé quelques nouvelles chansons il y a peu, c'est charmant:

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #le goût de qui vous savez

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Publié le 13 Novembre 2025

 

Le vieux -20 ans- PC familial,  le seul ordi de la maisonnée capable de lire le CD-Rom "Morceaux choisis",  ayant été ressorti du grenier, je saisis l'occasion de vous parler enfin de cette pièce de collection... et pour le coup, ça fait un peu voyager dans le temps. Si les vinyles, et les cassettes, ont encore un peu de vitalité (un jeune label clermontois les disques bleus utilise ce support), le "CD-rom" culturel lui fait bien partie du passé...  

Si par le plus grand des hasards, des gens nées après 1990 lisent cet article :  Le cédérom (en français) est né du disque compact (laser) en 1985... et a remplacé la disquette (8 pouces -souples-, 5,5 puis 3.5 pouces) comme support de stockage. La commercialisation grand public arrive en 1988 pour des jeux et une encyclopédie. Quelques CD se substituaient à 20 kg de livres volumineux. L'interactivité et la possibilité de jouer entre images, sons, animations suscitent  la création d'objets culturels. On visite par exemple Le Louvre dans son salon. 

En 1995, ce n'est pas encore très grand public, comme on le voit dans cet article de Libération : 

Vous êtes installé devant votre ordinateur, un whisky dans la main  gauche, une souris dans la main droite. Vous venez de choisir un CD-Rom et le sujet vous passionne. Le prix, 315 francs (une moyenne, le prix des CD-Rom varie de 100 à 500 francs, voire davantage), vous a fait hésiter, mais la pochette alléchante a emporté votre décision. Vous lancez le disque. Musique? Non, un message «veuillez vérifier la configuration de votre ordinateur». Vous passez alors quelques minutes à vous débattre avec la notice du CD-Rom, jonglant entre icones et tableaux de bord.

Enfin, vous voici devant un choix: écouter un commentaire, lire un historique, voir des photos, visionner un film. Le commentaire? Plat, inintéressant. Vous faites la moue. La vidéo? Hélas, elle est réduite à la dimension d'une carte de visite, couleurs douteuses et images saccadées. Le texte? Mal présenté, incomplet, et truffé de fautes d'orthographe. Reste les photos. Une quinzaine de clichés s'enchaînent, archiconnus, avec en fond sonore une explication pontifiante. Mais impossible d'interrompre ce diaporama indigeste. Un peu excité, vous finissez par «planter» votre ordinateur. Vous vous dites alors que rien ne vaut un vrai livre ou une vraie cassette vidéo.

On peut parler d'un phénomène commercial, avec une offre pas toujours au niveau... Et Libération sur la période 1995-2021  consacre 1 757 articles au CD-Rom et aux nouveautés.... mais dès 1997, on trouve un premier article qui s'interroge sur l'avenir... et en 2001, un autre titré "Le CD rom perd connaissance".  Ceci explique que j'ai trouvé dans les bacs d'un GIFI à deux euros cet objet quelques années plus tard. Pour mémoire,  Jean-Louis Murat est un des premiers à créer son site jlmurat.com début 1998 sur  internet, qui rendra caduc le CD-Rom. 

Ressources: Regard rétrospectif sur les CD Rom culturels et https://hal.science/hal-03181146/documen  https://rotek.fr/cd-rom-40-ans/

Cette parenthèse historique n'est pas inintéressante car le Cd rom "Morceaux choisis" fait bien partie de cette histoire: il est présenté par le journal comme la première compilation musicale interactive. Il est indiqué "volume 1" sur le côté de la boite... mais je ne trouve aucune trace d'un volume 2. Rappelons que Libération est à l'origine de plusieurs pièces de collection "muratienne": cd "Murat en plein air", cd 2 titres "Murat live" et  Cd "vendre les près"... sans parler des UNE qui seront consacrées à Jean-Louis. 

Voici un article qui  parlait du Cd-Rom:  Libération19/01/96     Balade et ballades interactives

"Bashung, Cesaria Evora, Jimmy Scott, Lobi Traore, Manset, Portishead et Soul Coughing ensemble sur un même CD, ce n'est pas pour un concert exceptionnel au profit d'une cause quelconque. C'est Morceaux choisis, la première compilation "interactive" réalisée par Virgin et Libération, à partir d'une sélection de groupes et de chanteurs représentatifs des grandes tendances musicales du moment.

Morceaux choisis est un CD hybride, à la fois CD-Rom et CD audio. On peut le passer sur une platine laser, pour entendre les morceaux in extenso. A condition toutefois de ne pas lire la première piste où sont placées les données informatiques (risque réel d'endommagement du matériel hi-fi). C'est quand même avant tout un CD-Rom, à condition de ne pas vouloir écouter trop de musique. Morceaux choisis propose une balade dans l'univers des musiciens, grâce à la collaboration graphique d'une douzaine d'illustrateurs comme Carlotta, Cathy Millet, ou Makeit. On peut aussi voir des minividéos mettant en scène des critiques musicaux de Libération, ou lire certains de leurs articles. C'est assez beau, mais un peu lent.

"Morceaux choisis", éditeurs Virgin et "Libération", compatibilité PC et Mac, 250 F."

Voici donc ma petite vidéo bricolée sur cette curiosité:

 

 

Après avoir fait le Geek du RETROGAMING sur ma chaine twhich, schitwh...euh: twitch!

j'ai vite l'envie de passer à autre chose... et de parler un peu plus de ce que Jean-Louis choisit de chanter... avec la contrainte de durée qu'on avait dû lui donner. Cette vidéo me laisse des impressions mitigées, mais les signaux envoyés sont effectivement contradictoires. Sous cette lumière tamisée et romantique, Jean-Louis, plus "jeune premier" (à 42 ou 43 ans!) que jamais, semble néanmoins un peu sorti du sketch des inconnus ("et vice et versa" de 1992) et minaude, peut-être un peu intimidé de chanter a capela... Et que nous chante, ce jeune Hidalgo -tourmenté du talon de Platini-*? Une chanson sur un nigaud!  A la fin, l'oeil coquin  et ses "mmm mmm" laissent penser qu'il y a là de la malice, en plus de chanter un air traditionnel dans le truc le plus hype et moderne de l'époque. Et si l'illustration dans le cd-rom est clairement inspirée par le petit prince (en étant un peu hors-sujet au vu de ce que chante Murat dans  "St- Ex" -clip en bas de l'article), ce jardin clos verdoyant peut évoquer aussi le jardin du Roman de la rose (œuvre poétique française médiévale de 21 780 vers octosyllabiques)... Murat aurait donc pu y trouver l'idée de cette chanson ancienne.

*bon, j'éclaircis  : Hidalgo, c'était l’entraîneur de l'équipe de france de Football à la coupe du monde au Mexique. Platini que Murat appréciait souffrait du talon durant toute l'épreuve, et ça a donné la chanson "Achille à Mexico" en 1998. 

Le fait est que ce choix ne doit pas nous surprendre: quelques années plus tôt dans "Murat en plein air", il chante déjà Le pastrassou dien sa tsabano, une chanson traditionnelle auvergnate recueillie par J. Canteloube, qui a dit : « Les chants paysans s'élèvent bien souvent au niveau de l'art le plus pur, par le sentiment et l'expression, sinon par la forme».  En 2013, dans ses chansons préférées, il donnera "la complainte de mandrin", "ne pleure pas, jeannette"(que lui chantait sa grand-mère -le monde 1991), et "marions les roses" (chant traditionnel immortalisé par Malicorne, groupe qu'il appréciait - Il en a témoigné à Marie, la chanteuse, qui travaillait à Virgin quand il fréquentait les bureaux de la maison de disque).  Cette perpétuation de la chanson traditionnelle française, on la trouve partout dans l'oeuvre de Jean-Louis où l'on chante les bois et les roses, les fontaines, les mois et les saisons, le coucou et les chats, Colin et Margot, et même les soldats, avec des sous-entendus sexuels qui vont avec ("nous n'irons plus au bois", "le rossignol"...cf ici  ou ). En 2002, il disait:

Moi, j'essaie plutôt de rester dans le tronc, dans la montée de sève. Quand tu travailles sur des textes comme ça, tu t'aperçois que ce qu'on appelle la chanson française, c'est la langue classique, celle qui a été posée au XVIIe siècle et qui possède sa musique intérieure. Et on y revient toujours, quels que soient les détours.

Dernier élément:  il a évoqué à de nombreuses reprises sa grand-mère qui "chantait tout le temps. Elle connaissait des centaines de chansons. Des qu'elle en entendait une, elle essayait de la reprendre. EIle avait une oreille très juste et chantait super bien".    Il pense sans doute à elle avec cette chanson. 

Alors, cette chanson (qui est largement présente dans les compilations de comptines, chez Henri Dés et même le Grand Orchestre du Splendid ), on la connaît chez les muratiens, sous le nom de "et toi de m'encourir"... mais on trouve de nombreuses appellations ce qui complique quand même les recherches!! Voyez plutôt:

Le petit nigaud,  Le coucou, Le bois ou En passant par un petit bois ou même: En passant dans un p'tit bois où les coucous chantaient (tel que dans le recueil des chansons populaires de 1887) ou encore :   et moi, je m'enfoui-foui (en lieu et place de Encourir, par Guy Béart, Chansons éternelles de France 1966 ou 67 -), et même  Peureux, Peureux de tout  ou du « Poltron », et donc quand même "à toi de m'encourir"... verbe qui a l'avantage d'être peu usité et facilite donc les recherches. Il peut signifier ici : "devoir supporter quelque chose de fâcheux". M. Sarkozy ne connaît sans doute pas le terme, cela n'empêche donc pas d'être un nigaud.

En premier lieu, disons que la chanson n'est pas auvergnate, elle a beau exister dans un fond patrimonial du Pilat, on la trouve aussi répertorié dans le Loiret,  le Finistère (recueil des chansons populaires de E. Rolland de 1887).

                                                                                    Réédition de 1987 de livres parus pendant la guerre.. Dessin illustrant la comptine.

 

Dans une source citée dans le paragraphe précédent, elle est classée comme "une chanson de randonnée".

« Le Petit Nigaud » fait partie des ces chansons et contes de « randonnées », un terme très imagé pour décrire les formes littéraires orales qui pourraient se réciter à l’infini. La « randonnée » se déroule comme lors d’une promenade, le personnage principal faisant sur sa route de multiples rencontres : ici, le canard, le coucou, le moulin… L’histoire est simple, tout comme la construction du récit, accessible aux tout-petits qui s’amusent par ailleurs beaucoup des répétitions du texte.

Il y a plusieurs types de « randonnées » (par accumulation – à l’exemple de “Alouette, gentille alouette” ou par élimination, entre autres) et il s’agit vraisemblablement ici d’une « randonnée de succession » c’est-à-dire un récit d’étapes au sein desquelles un problème, une situation, un scénario se répète inlassablement.

Théoriquement, la « randonnée de succession » s’achève lorsqu’une solution apparaît. Dans le cas de notre petit nigaud, nous n’avons mis la main sur aucune fin connue… Peureux il est, peureux il restera !

 

Jean-Louis ne chante que quelques couplets, mais d'autres strophes existent... et deux qui pourraient avoir une connotation anticléricale car l'enfant y a peur du "prieur" (qui chante Alléluia)  et de "moines" (chantant Te Deum)... Cela aurait pû lui évoquer sa grand-mère : "J'avais une grand-mère qui, à vingt ans, a fait six cents kilomètres à pied, dans les bois, parce qu'elle s'était sauvée d'un couvent où l'avaient placée ses parents lorsqu'elle était gamine. Autant dire que dans la famille, il ne fallait pas nous parler des curés et de la religion" (Inrocks 1989, n°18).

Et un autre couplet où une "bonn'femme" lui propose de faire dodo (Il faut avoir l'esprit mal tourné quand on écoute des comptines!). Ceci nous amène à une dernière interprétation qui serait  de dire que "le monde est plein de méfiant" (cf cette chronique suisse)... et cela me donne l'image du petit auvergnat, dans sa vallée enclavée, qui se méfie du monde extérieur et des quolibets des bourgeois, des touristes et versaillais-clermontois...  et qui rêve néanmoins des aventures de l'aviateur Saint-Exupery.  Par la suite,  il a rencontré l'amérique... et c'est une autre histoire...  

En passant près d'un p'tit bois
(Le peureux)

En passant près d'un p'tit bois
Où le coucou chantait,
Où le coucou chantait
Et dans son joli chant disait :
"Coucou coucou ! Coucou coucou !"
Et moi qui croyais qu'il disait :
"Coupe-lui le cou ! Coupe-lui le cou !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

En passant près d'un étang
Où le canard chantait,
Où le canard chantait
Et dans son joli chant disait :
"Can can can can ! Can can can can !"
Et moi qui croyais qu'il disait :
"Jette-le dedans ! Jette-le dedans !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

En passant d'vant une maison
Où la bonn' femm' chantait,
Où la bonn' femm' chantait,
Et dans son joli chant disait :
"Dodo, dodo ! Dodo, dodo  !"
Et moi qui croyais qu'elle disait :
"Cass'-lui les os ! Cass'-lui les os !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

En passant près d'une rivière
Où les pêcheurs pêchaient
Où les pêcheurs pêchaient
Et dans leur joli chant disaient :
"Quel beau poisson ! Quel beau poisson !"
Et moi qui croyais qu'il disait :
"Quel polisson ! Quel polisson !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

En passant devant les blés
Les moissonneurs fauchaient
Les moissonneurs fauchaient,
Et dans leur joli chant disaient :
"Ah! Quelle chaleur! Ah quelle chaleur !"
Et moi je croyais qu'ils disaient :
"Ah! quel voleur ! "Ah! quel voleur !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

En passant devant l'église
Le prieur célébrait,
Le prieur célébrait,
Et dans son joli chant disait :
"Alléluia ! Alléluia !"
Et moi je croyais qu'il disait :
"Faut prend' le gars ! Faut prend' le gars !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

En passant près d'un moulin
Pendant qu' la roue tournait
Pendant qu' la roue tournait,
Et dans son joli chant disait :
"Tic tac, tic tac ! Tic tac, tic tac !"
Et moi je croyais qu'il disait :
"Mets-le dans l' sac ! Mets-le dans l' sac !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

Tout en passant près du couvent
Les moines y priaient,
Les moines y priaient,
Et dans leur joli chant disaient :
"Te Deum Te Deum ! Te Deum Te Deum !"*
Et moi je croyais qu'ils disaient :
"Tuez donc l'homme ! Tuez donc l'homme !"
Et moi de m'encourir
Et moi de m'encourir.

 

 

La version de Béart: 

 

En passant près d'un moulin
Que le moulin tournait (bis)
Et dans son joli chant disait
Ketiketac ketiketak
Et moi je croyais qu'il disait
Attrappe attrappe
Et moi je m'enfoui foui
Et moi je m'enfouiyais (bis)

En passant dans un grand bois
Que les coucous chantaient (bis)
Et dans leur joli chant disaient
Coucou coucou
Et moi je croyais qu'il disaient
Coupons'y l'cou, coupons'y l'cou
Et moi je m'enfoui foui
Et moi je m'enfouiyais (bis)

En passant près d'une église
Que les abbés chantaient (bis)
Et dans leur joli chant disaient
Alleluia alleluia
Et moi je croyais qu'il disaient
Ah le voilà, ah le voilà
Et moi je m'enfoui foui
Et moi je m'enfouiyais (bis)

En passant près d'une prairie
Que les faucheurs fauchaient (bis)
Et dans leur joli chant disaient
Ah l'beau faucheur, Ah l'beau faucheur
Et moi je croyais qu'ils disaient
Ah vl'à l'voleur, ah vl'à l'voleur
Et moi je m'enfoui foui
Et moi je m'enfouiyais (bis)

 

LA NOTE EN PLUS

En 2010, lors d'un "chat" organisé par Télérama, une personne a demandé à Jean-Louis Murat, ce qu'il chantait à ses deux jeunes enfants.   C'est à lire ici:

https://www.surjeanlouismurat.com/article-la-berceuse-de-justine-42764931.html

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #le goût de qui vous savez, #vieilleries -archives-disques

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Publié le 22 Janvier 2025

C'était déjà une semaine bien triste... mais au moins,  là, cela sera une occasion de rendre hommage à la beauté et à la paix.

Gabriel YACOUB est décédé.

 

Voici une des chansons préférées de Jean-Louis Murat. Il l'avait citée dans sa participation au livre "le top 100 des chansons que l'on devrait tous connaître par cœur" de Baptiste Vignol, même s'il s'était trompé dans le titre  les roses font un beau bouquet (quand elles sont jolies)  au lieu de Marions les roses.

Et il a cité plusieurs fois Malicorne dans ses goûts.

Si  Pierre Mikaïloff dans l'ouvrage de son collègue Jean-Éric Perrin, Frenchy but chic indique :  "Le punk et la new wave ont eu un effet salutaire sur la scène française, dominée jusque-là par les courants folk et progressif, représentés par Malicorne, Ange, Magma, Atoll, Pulsar, Gong...",  Murat  lui qui émerge à ce moment-là, n'ostracise aucune musique... et notamment pas la chanson française, ou la musique "progressive" (on avait parlé de son intérêt dans un article consacré au côté "folk progressif" de l'album BABEL : Wyatt, Jethro Tull, Family...).  On rappellera d'ailleurs que Gabriel Yacoub s'était plaint que Murat reprenne ce nom de Babel, il avait intitulé ainsi son album de 1997, mais ne lui en tient pas rigueur: Jean-Louis est cité dans sa bio officielle ("depuis, malicorne n'a cessé d'être cité en référence de qualité et d'inspiration par des musiciens aussi différents que stephan eicher [duo sur Babel, introuvable en ligne sauf extrait], jean-louis murat, ou françois hadji-lazaro" [ Gabriel a sorti plusieurs disques chez Boucherie Production].

 

Jean-Louis avait côtoyé Marie Sauvet, chanteuse du groupe et compagne de Gabriel chez Virgin. Voici ce qu'elle nous avait dit:

"Nous avons échangé à l'époque avec Jean-Louis sur Malicorne qu’il m’a effectivement dit aimer, ce qui a cette époque virginienne me rendait très heureuse ! ".

On sera forcé de remarquer que les deux hommes étaient nés presque au même moment : 28/01/52 contre 04/02/52... et Gabriel meurt lui aussi bien trop jeune... même si sa carrière à lui est lancée dès 1973(voir 1971 en accompagnant Alan Stivell!! Il faudra 14 ans de plus pour que Jean-Louis rencontre le succès!! 

Je laisse les amis de "nos enchanteurs"  vous parler plus en détail de Gabriel Yacoub:

https://www.nosenchanteurs.eu/index.php/2025/01/22/gabriel-yacoub-1951-2025/

 

PS: On trouve des disques de Malicorne sous le label de MASQ... le label du fils de Claude Dejacques, qui signa Murat chez Pathé en 1981.

NB: On pourrait tisser un lien avec Malicorne à propos de  "l'almanach amoureux" de Murat (album "almanach" de Malicorne) ainsi que pour Tristan ou l'utilisation d'instruments anciens pour Mle Deshoulières. 

 

En musique:

Leur MARGOT:

Et pour en revenir à la tristesse du moment, voici ce que disait Gabriel:

Pour vous qu’est-ce que la musique ?

Elle est indispensable, au même titre que la poésie, l’art en général, la nature. C’est une voie pour le rêve, l’antidote à la bêtise, la réponse aux imbéciles.

 

On verra ça à la Saint-Jean j'espère... mignonnes et mignons... 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #divers- liens-autres, #le goût de qui vous savez

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Publié le 28 Septembre 2022

 

 

Bonsoir,

Je suis plongé dans le travail de deux interviews mais l'actualité ne s'arrête pas pendant ce temps-là, mais  je prends le temps de vous faire un point... et n'hésitez pas à commenter un peu, à partager, ça fait plaisir.

 

                                           2017 à Bourgoin

 

1) On commence par une reprise de Bertrand Betsch, qui avait déjà commis un "TOUT EST DIT".  Je vous en parlais déjà en mai dernier :

Il récidive dans un CD réservé aux contributeurs de son nouveau disque (200 ex). Et il fait le choix d'un titre plus rare, puisqu'on peut le classer dans les "inédits disque": "PRIERE POUR M". Denis est crédité en tant que co-compositeur.  Le titre a été diffusé sur une compil "un printemps 90", et chanté à Paris en 94.  La reprise est assez jolie, plutôt guitare, mais ponctué d'un joli pont de piano, avant qu'une orchestration plus forte synthétique ne s'impose.

Jukebox Babe Vol. 1  sortira tout de même en numérique le 23 septembre 2022. Avec aussi du Manset  (revivre) et Bashung. 

 Album: "j'ai horreur de l'amour" son album : https://microcultures.bandcamp.com/album/jai-horreur-de-lamour

Je vous fais écouter également sa reprise du grand classique de MANSET "REVIVRE", que certains ont découvert grâce au film   HOLLY MOTORS.

 

2) Ah, mais au fait, j'en profite du coup pour vous parler du dernier Gérard Manset... J'ai très peu écouté les deux derniers albums, mais celui-ci se laisse bien prendre. Quand on est un "amateur" du maitre, c'est quand même toujours quelque chose de réentendre sa voix sur du neuf, et ici, elle est souvent meilleur que sur "un oiseau s'est posé" par exemple. Certes, certes, on est loin de ses meilleurs disques, mais je ne boude pas mon plaisir d'avoir des nouvelles du Patriarche, du Parrain, et tant pis si certains disent qu'il radote sur des morceaux d'une dizaine de minutes. Moi, ça finit toujours par m'embarquer, comme en 2870. 

 

3)   Un petit article du Progrès à propos du concert de DEMAIN à YSSINGEAUX.

https://www.leprogres.fr/culture-loisirs/2022/09/26/jean-louis-murat-l-auvergnat-solitaire-pour-le-deuxieme-concert-phare-du-chant-des-sucs

 

Haute-Loire Jean-Louis Murat, l’Auvergnat solitaire, pour le deuxième concert phare du Chant des Sucs
Inclassable, Jean-Louis Murat sera sur la scène du Foyer rural d’Yssingeaux, vendredi 30 septembre. Au programme, La Vraie Vie de Buck John , une biographie musicale et rêvée sur fond de western et de blues américain.
Par Séverine FABRE (severine.fabre@leprogres.fr) - 26 sept. 2022
 

Décidément, il n’est jamais là où on l’attend. À 70 ans passés, Jean-Louis Murat reste un des artistes français les plus prolifiques de ces dernières années : il publie en moyenne un album par an. L’Auvergnat, au caractère bien trempé et loin des discours policés ou tout simplement consensuels, a bien l’intention de continuer de marquer tant la scène que la chanson française. D’ailleurs, dans une interview accordée aux Inrocks , il annonçait que l’enregistrement de son vingt et unième album avait été l’occasion de préparer au moins un disque qui sera publié après sa mort.

Vendredi 30 septembre, sur la scène du Foyer rural d’Yssingeaux, dans le cadre du festival Le Chant des Sucs , Jean-Louis Murat, Jean-Louis Bergheaud dans le civil, délivrera La Vraie Vie de Buck John. Ce vingt et unième opus a été enregistré en grande partie, à son domicile avec le minimum exigé, sans basse. Pour les fans de la première heure, cet opus est composé d’une série de pépites. Mais qui est Buck John ? Cela ne dira rien au moins de 40 ans mais, au reste de l’auditoire, ça éveillera des souvenirs d’enfance tels des madeleines de Proust.

En effet, Buck John est un héros de BD, la première de son enfance, dont les aventures ont été publiées de 1953 à 1986. L’artiste l’a redécouvert durant le confinement, en revenant vers ses bibliothèques. Le héros solitaire s’est avéré le prétexte idéal pour réaliser une bibliographie musicale, proposant un voyage sans bouger de son siège. Toujours dans l’interview accordée aux Inrocks , il confiait que c’est grâce à ce cow-boy à la vie romancée qu’il a découvert Bob Dylan, Walt Whitman mais qu’il s’est aussi forgé une culture américaine, avec comme rêve américain se rendre à Nashville.

Un « ours mal léché »

À travers La Vraie Vie de John Buck , l’Auvergnat laisse entrevoir son intimité, fait extrêmement rare tant il est difficile de savoir qui est Jean-Louis Murat, même ses auditeurs de la première heure ne cessent de le découvrir alors qu’ils avaient le sentiment, à l’écoute des précédents albums, d’avoir à peu près cerner le personnage. Mais une fois de plus, il surprend et les prend en revers. En même temps, de la part de Jean-Louis Murat, c’est de bonne guerre, lui qui n’a pas sa langue dans sa poche et ne fait de concession avec personne.

Et cette franchise lui vaut d’avoir hérité d’une réputation « d’ours mal léché ». Même si ses propos parfois plus qu’abrupts lui ont valu quelques déconvenues, il est le premier à reconnaître qu’il a un caractère imprévisible refusant de « caresser dans le sens du poil » qui que ce soit, y compris son public.

Jean-Louis Murat, au Foyer rural d’Yssingeaux, vendredi 30 septembre, à 20 heures. Billetterie et réservation : office de tourisme d’Yssingeaux : 04.71.59.10.76. Tarif 24 euros. Première partie Batlik

4)  Du côté de Qobuz, on a réinterrogé DOMINIQUE A sur "CHEYENNE AUTUMN". Rien d'inédit, mais il ne nous ressort pas la comparaison avec Jean Sablon...

"en entendant murmurer sur fond de synthé, je me suis dit "ah mais c'est ça qu'il faut faire, c'est comme ça que le français sonne le mieux. Alors, "la fossette" est une extrapolation très lointaine de ce disque-là, mais lui doit beaucoup parce qu'il y a cette idée de chanter doucement sur des synthés et de dire les choses de façon détachée".

Je vous ai fait démarrer la vidéo à l'instant T... ou M.

 

 

Dans les nombreuses archives Murat/Dominique A dispo sur le blog, je vous mets un texte de DOM qui date de 2018:

5 ) Succès public

Petite rumeur pour ceux qui ont l'intention de remplir des stades en 2003 : on pourrait retrouver le titre Regrets dans la setlist du spectacle de Mylène FARMER :  " Regrets, chanté initialement en duo avec Jean-Louis Murat en 1991 n'a été interprété en live que lors du Mylenium Tour en 1999-2000, Mylène proposant une version solo ; Regrets fait partie de la liste des chansons que les fans espèrent réentendre un jour en concert à l'instar de Tristana, Souviens-toi du jour, Optimistique-moi et d'autres..."   "Info" du site MYLENE.net 

En parlant des grands succès publics avec JL Murat:  "un singe en hiver". Dans le job, on peut parcourir des sites de fans... mais curieusement, on trouve aussi des sites de... comment qu'on dit maintenant déjà?  de HATERS? Peut-être...   C'est le cas du site Soleywhy-indochine où l'on peut lire au milieu des  sulfateuses et des lance-flammes :

Mais s'il nous faut parler d'écriture parodique, il est plus adapté encore d'évoquer "Karma Girls", un troll magistral de Jean-Louis Murat qui reprend les tics d'écriture de Nicolas pour en faire un des pastiches nicoliens les plus réussis à ce jour. Pourtant, ni notre héros ni personne dans le public ne semble avoir capté cette blague de l'auteur de Un singe en hiver. Le sérieux avec lequel Nicolas continue de chanter cet exercice de style provoque toujours chez nous de larges fous-rires.

 

6)  Coin boutique:  Grosse promo sur le double vinyle "AURA AIME MURAT"... collector, 100 exemplaires.

https://www.facebook.com/commerce/products/aura-aime-murat--double-vinyle-collector/5618612918163269?rid=535808608548370&ad_id&rt=1&refID=0&refType=0&referral_code=commerce_attachment

 

LE LIEN EN PLUS POUR LA PERSONNE EN MOINS

 

Nécrologie:  PHAROAH SANDERS     https://www.citizenjazz.com/Pharoah-Sanders-la-spiritualite-n-est-plus.html

Une pensée pour le jeune Jean-Louis de 14, 15 ans qui travaillait son saxophone en écoutant ce musicien et du Coltrane... C'est ce qu'il racontait à Alcaline en 2014 (ci-dessous). Le soir cite Jean-Louis en intro de son article nécro:

https://www.lesoir.be/467501/article/2022-09-25/pharoah-sanders-etait-le-gourou-du-jazz-spirituel

un morceau comme The Creator Has a Master Plan est l’exemple de transe de ma jeunesse », disait Jean-Louis Murat au Soir il y a quelques années. « Je l’ai vu tout vieux à New York, Pharoah. J’étais tout ému et content d’être à trois mètres de lui. Pour moi, c’est un gourou. Un derviche tourneur. Un maître de cérémonie de transe. »

Bon astral traveling, Mister Pharaoah.

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Publié le 25 Mai 2022

- Allo, Madame D. ? Oui, c’est Paulo ! Je suis sur le cul… enfin… la culture… Ça marche plutôt bien en terme d’affluence… même si je me demande si les photos du gars avec ses yeux bleus pénétrants, ça n’y joue pas pour beaucoup.  On va faire la nique à Babelio si ça continue. Bon, là, je te file encore une mission finger in ze noz, du tout cuit, je te dis. Écoute moi ça :

J’ai une bibliothèque qui repose beaucoup sur V.S. Naipaul. Son livre sur les gens du Sud des Etats-Unis est absolument sensationnel. Son livre sur l’Afrique, ou son livre sur la Jamaïque, aussi. J’ai écrit beaucoup de chansons tirées de son livre sur la Jamaïque (les choix culturels de Jean-Louis Murat, Vive la culture, novembre 2018).    

“Beaucoup de chansons”! On va enfin percer le mystère de certains titres ! De quoi ? Tu n’es pas sûre d’aimer Naipaul ? Tu crois que je t'appelle pour des articles que je peux faire moi-même et m'embêter avec des auxiliaires ? Moi aussi le livre m'est tombé des mains. Mais je te fais une fleur, je te laisse tout le temps pour commencer à apprécier. Pas de pression, remise du texte le 10 mai à 8h.

 

 

Dire son époque : J.L. Murat et V.S. Naipaul

Tout amateur de Murat soucieux de lui conserver toute son admiration a appris à se détacher de ses interviews : provocations multiples – certes parfois drôles et bienvenues - , affirmations contradictoires, talent éprouvé à se saborder et provoquer la consternation des plus fidèles…

Mais est-il invité à s’exprimer sur son travail, ses goûts, ses admirations ? On le retrouve inspiré, généreux, partageur : nourrissant. Parlant musique, cinéma ou littérature, il sait susciter le désir de la découverte. Rendre curieux, jolie réussite pour celui qui aurait voulu être prof… 

Marcher dans ses traces, c’est s’engager sur des terrains amples et variés, même si l’on circonscrit l’exploration aux sources d’inspiration proclamées, des films de Pixar  à l’Histoire d’un ruisseau d’Elisée Reclus, ou encore à Vidiadhar Surajprasad Naipaul. C’est aussi risquer de s’égarer : l’animal est facétieux, et semble s’amuser à brouiller les pistes. Faisons donc le pari de le croire sur parole lorsqu’il affirme dans cette interview qu’il a écrit plusieurs chansons inspirées par le roman Guérilleros, et osons quelques hypothèses…

Guérilleros

Passons rapidement sur le fait qu’à l’image de celui que le New-Yorker a appelé “l’effroyable Monsieur Naipaul” sont attachées déclarations retentissantes et anecdotes déplaisantes, qui tendent parfois à prendre le pas sur l’examen de son œuvre et de son parcours, de sa naissance dans la communauté indienne de l’île de Trinidad en 1932 à son œuvre riche d’une trentaine d’ouvrages et au prix Nobel de littérature en 2001. Son regard sans illusion sur les sociétés post-coloniales qu’il s’est attaché à décrire et à comprendre dans ses ouvrages – romans, nouvelles, reportages, récits de voyage, dans un style qui estompe la frontière entre fiction et documentaire - a pu également susciter discussions et controverses. 

Venons-en plutôt au roman cité par Murat : Guérilleros, donc, publié en 1975. Il a pour cadre la capitale d’une île qui ressemble à la Jamaïque, dont la géographie dit l’histoire et le destin, aux lendemains de l’indépendance. Au centre la vieille ville coloniale aujourd’hui décatie, où l’hôtel de luxe a perdu de sa superbe ; le port et la carrière de bauxite exploitée par les Américains, et plus loin, au mouillage, leurs navires de guerre ; au pied de la colline, les quartiers populaires, pittoresques uniquement sur les gravures pour touristes : les communautés et les familles depuis longtemps dispersées, les jeunes gens errent sans repère et sans règles dans les rues tortueuses et sales d’où sourd une menace constante. Plus haut, le Ridge, quartier aisé où vivent les anciens colons et les travailleurs étrangers, inquiets de la fragilité de leur position et quittant les uns après les autres un lieu devenu instable et inquiétant. Et enfin à la périphérie, après l’ancienne zone industrielle à l’abandon, vers la forêt, un vaste espace défriché proclamé “communauté du peuple pour la terre et la révolution”.

… Jusqu’ici, on s’imagine plus dans une chanson de Bernard Lavilliers ou de Gérard Manset…  Mais poursuivons…

Le roman s’organise autour de trois personnages principaux. James Ahmed d’abord, révolutionnaire métis issu de l’île. Considéré comme une figure de la défense de la cause noire, il est devenu célèbre en Angleterre, puis est revenu sur son île natale après avoir été accusé de viol. A la tête de la commune agricole, il règne sur un territoire en déshérence, des jeunes hommes inquiétants et désespérés. Il reçoit régulièrement la visite de Peter Roche, venu d’Angleterre, chargé par une entreprise locale de superviser le projet – et surveiller de près son initiateur. Roche vit sur le Ridge avec Jane, sa maîtresse, qui sitôt arrivée de Londres a compris qu’elle avait commis une erreur en suivant un homme qu’elle avait cessé d’admirer. Entre elle et James Ahmed va se nouer un jeu trouble et tragique.

Le roman raconte les désillusions qui ont suivi l’indépendance, un monde post-colonial mais qui reste sous tutelle. Les Américains contrôlent la principale ressource économique, la carrière de bauxite. L’empreinte de Londres est toujours bien présente. Même le projet révolutionnaire de commune agricole est soutenu et contrôlé par une entreprise dont la fortune a été bâtie sur l’esclavage. 

C’est un monde confus, sans direction ni idéal qui est peint. Les personnages, faute de savoir qui ils sont, ou parce qu’ils le savent trop, se mentent, à eux-mêmes, aux autres, ou jouent un rôle auquel ils se laissent prendre. Roche, opposant au régime de l’Apartheid, a été torturé en Afrique du Sud, mais loin de l’intellectuel militant ou de l’homme d’action, il se laisse porter par les événements, et ne peut que constater la vanité de ses actes. Jane, sa maîtresse, est un personnage sans mémoire, sans cohérence, qui adopte les façons de parler de ses amants successifs ; son assurance se nourrit de la sécurité que lui procure le fait d’être anglaise, mais aussi de son incapacité à se connaître. James Ahmed oscille entre l’identification à son image de leader révolutionnaire craint de tous, la conscience d’être instrumentalisé, et le désespoir d’être resté cet enfant né dans une arrière-boutique chinoise qui voit que tout lui échappe. Même un personnage qui en impose dans un premier temps par sa stature et ses convictions, Meredith, homme politique noir natif de l’île, est souvent décrit comme un comédien, insaisissable, manipulateur, volontiers cynique, et soupçonné par les autres d’avoir peu de maîtrise sur les événements.

 

Composer avec l’air du temps

Et alors, Murat dans tout cela ? Il y a loin de cette île des Caraïbes à sa géographie familière, et plus loin encore des Etats nouvellement indépendants à la France contemporaine. Pourtant sa démarche, son regard viennent parfois rencontrer ceux de l’écrivain qu’il admire. Il loue en Naipaul ce qu’il appelle son talent de journaliste, témoin de son temps (d’ailleurs Guérilleros est à l’origine un fait divers survenu à Trinidad en 1972, dont Naipaul a dans un premier temps rendu compte sous la forme d’une longue enquête), et lui se fait aussi chroniqueur du monde paysan, en passe de disparaître. Élargissant la perspective, il s’est fugitivement essayé à la chanson militante, quand il allait à Vitrolles chanter contre le Front National (« Les gonzesses et les pédés »), ou soutenait les Gilets jaunes en 2020. Mais dans son évocation de la France contemporaine, elles sont finalement rares les chansons si précisément situées, et si univoques. Lorsqu’il publie Morituri, un album imprégné des attentats de l’année 2015, il adopte un point de vue très englobant, procédant par formules générales : il parle volontiers de “tout” ou de “chacun” ou s’adresse à un “tu” sans référent.  Pas de récit ou de description, un climat plutôt, comme pour laisser ouvertes toutes les interprétations possibles : à chacun d’y superposer des lieux, des noms, des événements. Les titres mêmes de l’album et des chansons, « French Lynx », « La Nuit sur l’Himalaya », jouent sur le décalage spatial et temporel, récusant tout effet immédiat de miroir. Et, alors même que Naipaul, pour qui le roman est un instrument d’élucidation du réel, refuse toute abstraction, c’est précisément par ce gommage référentiel que, semble-t-il, Murat peut le rejoindre lorsqu’il cherche à saisir l’atmosphère du monde qui l’entoure.  C'est ainsi que le “Tout est d’impuissance et de fausseté” de « La Nuit sur L’Himalaya », ou le “Tout est vain et cruel” de « French Lynx » pourraient faire aussi de parfaites épigraphes à Guérilleros.

“Le monde est ce qu’il est”

Force est en effet de constater que lorsque dans ses derniers albums Murat capte l’air de notre époque, il retrouve l’état des lieux dressé ailleurs et naguère par Naipaul. Le sentiment d’être piégé envahit tous les personnages de Guérilleros ? “Chacun dans ce monde est un prisonnier” déclare de façon définitive « La Nuit sur L’Himalaya ». Pire, “Tous sont encore esclaves”, renchérit « French Lynx ». Quand Naipaul met en évidence une inconsistance généralisée, « French Lynx » s’adresse à un contemporain anonyme : “Vite tu penses une chose, tu penses son contraire, tu passes ton temps à faire encore plus à défaire”. Règnent alors les images creuses, les illusions sur soi, la perte de tout repère. “Tu rumines au sextant, tu te crois indigène” note Murat dans « French Lynx », comme en écho aux hommes acteurs, aux hommes jouets de Naipaul. « Comme un incendie » parlait déjà du “royaume où tout fabrique du faux”… et de “ce purin d’idéaux” qui produit “des sots”.  

A quoi se raccrocher dans ce délitement généralisé ? Murat, examinant le rapport au pouvoir dans Morituri, fait le constat amer de la perte de toute grandeur et du règne du cynisme : “Nous tenons nos chefs en mépris complet, malgré des caresses fermes et répétées”, “Quelques gloires de France servent de risée”. L’autorité ne peut plus imposer de direction ni prétendre sauver qui que ce soit. Dans « Achtung » surgissent des questions angoissées : “Chef, qui m’a fait le choix de cette vie ?”, “Mon capitaine qu’avons-nous foiré ?”. Dans Guérilleros les figures du pouvoir sont elles aussi remises en question. Le roman peint ainsi le désarroi du personnage de Bryant, jeune homme des bas quartiers membre de la communauté agricole, à la fois pathétique et effrayant, avec son visage hérissé de tresses qui lui donnent une tête de Méduse. Il s’est attaché à deux figures tutélaires du projet : l’une a disparu, le laissant abandonné, l’autre, James Ahmed, ne saura que lui offrir une victime sacrificielle. Quant au représentant officiel de l’autorité, Meredith, redevenu ministre à la faveur d’une émeute, il n’est vu que par les yeux soupçonneux des autres personnages, qui doutent de sa sincérité et pensent qu’il est utilisé, pour mieux être jeté en pâture à la foule par la suite. 

Alors, quelle issue envisager ? Se tourner vers le peuple ? Une impasse dans « La Nuit sur l’Himalaya » : “Je rentre du peuple, je n’ai rien trouvé”. Le premier titre de Jean-Louis Murat en 1981 s’intitulait d’ailleurs « Suicidez-vous le peuple est mort ». Dans Guérilleros, la population est déchirée entre rêve de libération et goût de l’ordre, et l’épigraphe du roman, attribuée au personnage principal, James Ahmed, fait le deuil de toute fraternité, de tout idéal révolutionnaires : “Quand tout le monde veut se battre, il n’y a plus de raison de se battre. Chacun veut mener tout seul sa petite guerre. Il n’y a plus que des guérilleros.” La religion ? Murat semble la congédier, par la voix du personnage de « Achtung » : “Prendre la croix, non mais quoi…” ou l’affirmation catégorique de « La nuit sur l’Himalaya » : “L’esprit religieux vient d’un monde faux”. Dans Guérilleros, elle apparaît notamment sous la forme de la pratique bornée et la morale austère d’Adéla, la domestique de Roche. 

Reste une violence généralisée. Le roman de Naipaul met en scène toutes formes de violence, violence d’Etat, violences policières, émeutes et crimes de sang. Roche dit qu’aucun pays n’est à l’abri de ces couvées de violence, malgré la tranquillité apparente des habitants : même l’Angleterre ne lui semble pas sûre. Cette violence se manifeste chez Murat dans l’image - prémonitoire - des terrasses où l’on assassine (« Interroge la jument »), dans le triomphe de Satan, ou encore la métaphore de « Achtung » : “Un jour ils nous rouvriront la boucherie, c’est la bête elle-même qui me l’a dit”.

Poussière et sables mouvants

Si Murat rejoint Naipaul dans ce point de vue que l’on choisira de qualifier de lucide ou désespéré, le constat prend toutefois forme dans des images très différentes. Signe du délitement généralisé, la poussière recouvre tout dans Guérilleros : la sécheresse s’est installée depuis plusieurs mois, tout s’étiole, la forêt recule, partout des feux s’allument, le paysage est nappé de nuages de terre desséchée - et bientôt des fumées des bâtiments brûlés par l’émeute. Chez Murat où prédomine l’élément liquide, on patauge, on s’enlise : le chef de « Achtung » “pleure dans les marais”, “dans la boue épatante de ce pays” ; « Comme un incendie » évoque “ce purin d’idéaux”. Et si l’eau court, c’est celle qui nous emporte irrésistiblement, dans les remous et le chaos de ces vers de « French Lynx » :  “Tu sens que tout de toi glisse sans fin vers la rivière… au temps que tout emporte rien ne tient le contre-courant”. L'élément solide n’est pas plus stable lorsque tout glisse et s’effondre : “tout est éboulis”...

“Que n’aurais-je pas fait pour Frankie ? ”

Enfin, chacun interroge l’usage et le pouvoir de l’écriture, de la musique. Guérilleros regorge de slogans, pour mieux mettre en évidence à la fois leur pouvoir et leur vanité. Les discours de James Ahmed sont qualifiés de “discours bavard” et de “devoir d’écolier”. Il écrit également des bribes de romans infantiles où il dit son fantasme d’être un héros et un chef charismatique, fascinant et effrayant, irrésistiblement attirant. Murat a de son côté beaucoup parlé avec désenchantement de la chanson, et en particulier du rock : cette musique contestataire qu’il a tant aimée est devenue l’instrument des puissants, et ce sont chez les Clash que l’homme d’affaires Matthieu Pigasse vient chaque matin puiser son énergie... Morituri dit bien cette défiance vis-à-vis de la chanson, et même de la poésie : “Tais-toi, tais-toi !” enjoint-il au coucou, cette “sale bête”. S’interrogeant sur “la lyre et le tambourin”, la poésie et la musique populaire, il parle de “farder le langage”…S’il rend toujours hommage aux poètes aimés, Bernard de Ventadour dans « French Lynx » et Rimbaud avec sa « Chanson de la plus haute tour » dans « La Chanson du cavalier », il dresse pour le présent un constat décidément amer : “tu vois la langue douce briser ce qui est beau… Il ne nous reste plus que la peau sur les os”.

 

 “Un homme ne peut jouir que d’un petit nombre d’années d’optimisme” déclare Peter Roche à la fin de Guérilleros. Les derniers albums et les déclarations publiques de Murat semblent corroborer ce point de vue. Pourtant il serait réducteur de le résumer à ce retrait désabusé : succession d’albums et de tournées, goût de l’expérimentation, curiosité pour des artistes contemporains, sa vitalité artistique demeure intacte. “Comment faire une chanson ?”, s’interroge-t-il dans « Comme un Incendie ». Il lui reste visiblement, après toutes ces années, le désir de continuer à chercher. 

 

Guérilleros est publié dans la collection « Bouquins » chez Robert Laffont, avec deux romans de V.S.  Naipaul, et une préface de Jean-François Fogel.  L’enquête sur le fait divers qui a donné naissance au roman, Michael X et les meurtres du Black Power à Trinidad est publiée dans le recueil Le Retour d’Eva Peron, chez 10/18.  Toujours chez 10/18, Comment je suis devenu écrivain, qui réunit trois textes très éclairants - dont le discours de réception du prix Nobel - sur le parcours de Naipaul et sa conception de la littérature.   Merci enfin au très précieux site https://alainfecourt.wixsite.com/muratextes !

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Merci Florence ! J’ai passé un agréable moment au creux de ton Naipaul… un joli essai qui montre l’ouverture au monde de Jean-Louis Murat (qu’on cantonne parfois aux références littéraires françaises et classiques), et tisse des jolis rapprochements entre les deux oeuvres.

 

 

Postface

Rosny, 16 avril 2022.

Une femme regarde l’enchanteur sortir de la médiathèque [à relire ici]. Dépitée. Elle était prête. Tendue vers la séance de questions. Il n'y en a pas eu. Elle a pourtant une mission, ça fait trois semaines que Paulo la lui rappelle tous les jours : tu y vas, tu lui parles ! C’est lui ta source !  N’écoutant que son sens du devoir - elle est envoyée spéciale, tout de même ! - elle trottine derrière lui sur la dalle de béton… il s’arrête. Elle se lance enfin :

- euh, pardon... bonjou... bonsoir…

Le regard. Droit dans le sien. Bleu, perçant, vaguement ironique. Elle n’y était pas préparée.

- Alors, euh… vous avez parlé de V.S. Naipaul… vous avez dit qu’il vous avait inspiré des chansons… Et donc… je me demandais… lesquelles… ?

- Naipaul ? En fait je me suis plus inspiré de son livre sur L’Iran, Crépuscule sur l’Islam… Et c’était dans mon premier groupe… Ce sont des chansons qui ne sont pas sous mon nom…

Stupéfaction. L’œil bleu s’amuse.

Elle avale sa salive, rassemble ses esprits et tout son courage.

- Mais, euh, tout de même… je pensais à Morituri… Est-ce qu’il n’y pas, comment dire, des points communs, enfin des convergences?

A-t-il pitié d’elle ? Il concède :

- C’est possible, je vis avec Naipaul...

                          …………………

Xanadu, 18 avril 2022

Madame D. a enfin fait son rapport.

Paulo regarde par la fenêtre (oui, ca fait partie du job). L'homme au sang froid transpire. Il a envoyé sa SDI (stagiaire à durée indéterminée) au front la fleur au fusil. Un instant, il a cru l'avoir perdue. Bien qu'elle ne soit pas barbue, il se rend compte que ça lui donne un peu d'entrain d'avoir un nouveau partenaire en chair et en os (l'ancien tente toujours de se rendre utile mais vaporeux, il fait ce qu'il peut…).  Du remord ? "Ah, ah, ah, non, mais vous rigolez ! L'info must go on. Que Jean-Louis Murat se joue de nous, volontairement ou non, ça s'apprend sur le terrain, à l'épreuve des yeux revolvers. Ce n'est jamais du tout cuit avec Jean-Louis… Ça lui fera une leçon à la petite, je l'avais pourtant prévenue que le sujet serait compliqué ! Ah, dire qu' il nous renvoie sur Clara alors que le livre est sorti en 1981, en Angleterre comme en France... Et qu’il nous oriente sur des livres sur l'islam, qui semble plus sa préoccupation du moment...".  Enfin soit, il apparaît de toute façon bien difficile de vraiment discerner si telle ou telle chanson a jailli d'une lecture ou d'une autre (Toboggan et Toy story ? Qui aurait trouvé la référence ?). Et si ça se trouve, les chansons inspirées de Guérilleros dorment dans la malle du grenier... N'importe, les textes sont là, amples, riches, pour des enquêteurs patients, des amateurs d'énigme... et après tout, il n'y a que l'intentionnalité de l'œuvre à prendre en compte si on considère que Bergheaud est un grand auteur de chansons. Aux arpenteurs de chemin de traverse de s'y exercer et de tenter des propositions. Ce texte est une première contribution et qui sait peut-être certains apporteront d'autres idées.  Paulo déteste engager des frais, mais il a dépensé 5 euros pour le fameux essai sur l'Iran... Le jeu de pistes est lancé.

 

 

Vidiadhar Surajprasad Naipaul, Crépusucule sur l’Islam. Voyage au pays des croyants [1981], trad. par Lorris Murail et Nathalie Zimmermann, Paris, Grasset, 2011.

Le second essai de l’auteur sur l’Iran est Jusqu’au bout de la foi. Excursions islamiques chez les peuples convertis [1998], trad. par Philippe Delamare, Paris, 10/18, 2003.

Pour aller plus loin:

Télérama

Nouvel Obs

5 livres à lire (Le Figaro)

 

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Rédigé par florence D./Pierrot

Publié dans #le goût de qui vous savez, #Morituri

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Publié le 25 Avril 2022

Sur ce blog, il y a une catégorie d'articles, que l'on peut retrouver dans la colonne à droite,  qui s'appelle "le goût de qui vous savez"... Elle était nécessaire car il est habituel que Jean-Louis Murat  partage ses coups de cœur quand on l'y invite, et pas seulement. Même s'il fait parfois le fanfaron en laissant penser qu'il démolit tout, il est plus juste peut-être de croire qu'il lit TOUT, écoute TOUT, sans oublier de plonger son oeil et ses mains sur la peinture ou son esprit dans la philosophie. En la matière, c'est aussi un OGRE. Après une discussion sur le cinéma au Toboggan de Décines, juste avant d'enregistrer le live "innamorato", en 2018, et auparavant des rencontres FNAC, des multiples articles dans lesquels on demande à Jean-Louis Murat ses coups de cœur dans les divers arts,  et des promos dans lesquelles il glisse les auteurs ou chanteurs qui l'ont accompagné durant la période de création,  voici donc un reportage de Florence D. sur une nouvelle occasion qui nous était offerte d'entendre Jean-Louis Murat nous parler de culture. C'était à l'invitation de la médiathèque ARAGON à Rosny, sise au côté  du théâtre où il allait jouer deux heures plus tard. 

« Porter ce qu’on aime et l’offrir aux autres » : 

la médiathèque imaginaire de Jean-Louis Murat (Rosny-sous-Bois, 16 avril 2022)

 

Même pour une familière de la petite couronne parisienne, l’arrivée à Rosny-sous-Bois peut paraître un peu décourageante. Pourtant, passés les ronds-points de la zone commerciale, le pont sur l’autoroute, et une entrée sous une barre d’immeubles, on se retrouve dans une cour intérieure, îlot vivant et serein : vaste dalle où des espaces fleuris mettent une touche printanière, notes échappées d’une fenêtre, baigneuses sortant de la piscine, et porte vitrée de la médiathèque, juste au-dessus du théâtre - on y entendait dans l’après-midi les répétitions pour le concert de ce soir. 

Nous, c’est La Vraie Vie de Buck John qui nous accueille, diffusée par les haut-parleurs, alors que les bibliothécaires nous incitent à commencer à déambuler en attendant l’invité du jour - lequel sitôt arrivé, accompagné de Jocelyne,  se trouve embarrassé de s’entendre. La musique est coupée, on lui offre un café qu’il laissera refroidir, et la séance commence. Le charme opère immédiatement, sur un public acquis d’avance : même Arno Cayotte, le bibliothécaire qui anime la rencontre, se présente d’emblée comme un fan, que Murat accompagne depuis 1991. 

 

On commence dans la section jeunesse, colorée et lumineuse, avec sa grande baie vitrée qui ouvre sur un coin d’herbe. Questions sur le rapport aux bibliothèques et aux livres, sur les liens entre littérature et chanson. Murat raconte : enfant issu d’un milieu populaire, il n’avait pas de livre à la maison, et a beaucoup fréquenté la bibliothèque de La Bourboule. Depuis longtemps il vit dans les livres : jeune homme, il s’est constitué une première bibliothèque, disparue, dilapidée par un héroïnomane, aujourd’hui les livres envahissent sa maison, colonisent une pièce après l’autre. Il rappelle aussi que son ex-femme a ouvert une librairie (le formidable tiers-lieu Les Vinzelles à Volvic). 

Sur le rapport entre ses lectures et les chansons, il se fait modeste. Il dit passer l’essentiel de son temps à lire ou à écrire, mais si l’univers des chansons peut avoir un « relent poétique », « globalement c’est de la blague » lance-t-il. Il présente plutôt ses lectures et la constitution de sa bibliothèque comme une façon de poursuivre ses études. Et éludera soigneusement la question sur un éventuel projet d’écriture romanesque.

« Ma bibliothèque, conclut-il : ce sera sans doute ce que j’ai fait de mieux » ; et, clin d’œil à l’espace où se déroule cette conversation : « j’ai une mission, comme Dora. » 

Ce sera la seule référence à l’espace dans lequel nous nous trouvons – avec le Mortelle Adèle qu’il a feuilleté à son arrivée. Immédiatement se dessine ce qui sera la joie et la limite de cette rencontre. Murat qui sait si bien parler de ce qu’il aime, rendre curieux d’une œuvre, d’un auteur, s’en tiendra à des généralités sur son rapport à l’écrit : son intimité avec les livres, l’importance de la transmission…  Introduction extrêmement plaisante, souvent drôle, parfois touchante, mais qui fait rêver d’une deuxième partie où il aurait sorti des ouvrages des étagères pour partager ses goûts et ses enthousiasmes, ou même, pourquoi pas, nous aurait lu des passages à voix haute puisqu’il raconte que c’est un de ses exercices favoris.

Arno Cayotte nous invite à passer dans « l’espace adultes » (frissons dans l’assemblée), et on aborde plus précisément ses auteurs et ouvrages de prédilection. « A mon âge, on lit et relit les classiques », dit Murat, qui a toujours sur son bureau L’Iliade, L’Odyssée ou les Pensées de Pascal. Il nomme Montaigne, Tchékhov, et bien sûr, Proust et la Recherche, lue en sept ans puis partiellement relue. Tout en parlant, il parcourt les rayons, s’arrête sur des titres séduisants, s’émeut des voisinages auxquels contraint le classement : Cervantès et Borges, très bien ! En revanche Will Self et Shakespeare, pas question : jamais ces deux-là ne feront de petits, et il ne manquerait plus que Will Self se croie au niveau de son illustre voisin !  Illico il les sépare. Le principe de classement chez lui ? Avant tout, éviter les compagnonnages contre-nature : « Il faudrait inventer un classement par lequel les livres pourraient se reproduire », s’amuse-t-il. Lui leur parle, à ses livres, les bichonne, répare ceux qu’il achète en mauvais état, et surtout s’excuse s’il leur a imposé un voisin mal assorti.

Nous rions, ravis, mais il est aussi très touchant de voir ainsi formulé ce qui habite beaucoup de lecteurs : la présence familière des livres, cette relation d’intimité avec eux et leurs auteurs, et un amour qui nécessairement se partage : porter ce qu’on aime et l’offrir aux autres, dit Murat. Alors tout le monde n’ose pas, comme lui, se lancer dans la lecture de quelques pages quand l’apéro bat son plein, mais il nous dit bien là la joie à transmettre et le délice qu’est la lecture à voix haute, même quand on a beaucoup grandi et que l’on n’a plus droit, depuis longtemps, à l’histoire du soir. 

Sur l’histoire du soir, justement, il développe longuement la façon de transmettre à ses enfants le goût de la lecture, et l’exigence. Il dit avoir lu tout ce qui passait entre leurs mains, pour éviter des romans jeunesse mauvais ou médiocres, achetés ou offerts trop vite. Il n’hésite pas non plus devant le difficile ou très difficile, racontant qu’il a lu un peu chaque soir à ses enfants encore petits Une enfance de Jésus de J.M. Coetzee, prix Nobel de littérature en 2003. Il revient aux classiques, racontant sa méthode pour leur faire découvrir les Fables de La Fontaine, dans un joli cheminement pédagogique, depuis le récit pour enfant de cinq ans jusqu’à la lecture avec la prononciation du 17ème siècle…

 

Bon, c’est Jean-Louis Murat, alors inévitablement il lance aussi quelques vacheries. Au rayon presse, sur le peu d’estime qu’il a pour les journalistes, bien qu’il les lise très régulièrement, et surtout « ceux du bord opposé » (il serait donc lui-même d’un certain bord ?), l’essentiel restant de "penser contre soi-même" comme il l'a déjà dit à plusieurs reprises. Sur la BD aussi ; sans partager le mépris qu’il manifeste, on goûtera son sens de la formule lorsqu’il la qualifie de « culture pour les nigauds », « marche pour les claudicants » (« Oui, c’est vrai, je suis réac », reconnaît-il.)

 

On le préfère dans ses admirations. Pour Berthe Morisot croisée au détour d’une allée : il raconte qu’elle a toujours les yeux sur lui dans son studio d’enregistrement, où il a affiché un de ses portraits. Il en parle avec affection, de cette grande peintre, un peu oie blanche dit-il aussi, entre les frères Manet... Même tendresse pour Madame Deshoulières, rencontrée au marché aux puces, et devenue son « Antoinette », qu’il a contribué à refaire découvrir. Exclamation devant un ouvrage de Mona Ozouf, aveu de son admiration qui l’a empêché de l’aborder lors d’une séance de dédicace, comme avec Tony Joe White, ou Anne Sylvestre - émotion redoublée du fait qu’il lui trouve la voix de Suzanne Flon dans Un singe en hiver.

Elles passent vite ces 45 minutes en compagnie de cet homme si curieux. Interrogé sur ses voyages, il dit qu’il cherche avant tout à aller là où ont eu lieu des événements qui l’intéressent, où ont vécu des écrivains et artistes. Il clame une fois encore son amour pour la Grèce (« Ah ! Mourir à Delphes ! »), et rêve d’aller à Sils Maria, dans le Sud-Est de la Suisse, lieu de villégiature, entre autres, de Nietzsche, Thomas Mann ou Marcel Proust. Les tournées, malgré un rythme qu’on imagine fatigant, sont aussi l’occasion de découvertes : il s’enthousiasme pour le musée de Bourgoin-Jallieu, visité avec Jocelyne à l’occasion du concert de la veille, sourit aux souvenirs de déambulations nocturnes dans les musées, précieux privilèges qu’a pu lui apporter sa propre notoriété ou celle d’Isabelle Huppert… Gourmandise et générosité, donc, et si je ronchonne un peu après coup, ce n’est pas que Pierrot a une mauvaise influence (encore que…), mais que ce moment invite à en vouloir plus, soulève des questions notamment sur son rapport à la création contemporaine, suscite le désir de le voir pleinement dans ce rôle de passeur…  Ou de s’interroger sur les livres qu’il a cités ailleurs comme sources d’inspiration. Mais cela, ce sera pour le prochain épisode.

                                                                         f.

                                                                                                 
 

 

 

Merci! Merci beaucoup Florence ! Tu gagnes tes galons de "reporter à  veste multipoches'! 

J'ai particulièrement apprécié les éléments sur le  rapport physique de Jean-Louis Bergheaud à ses livres. En autodidacte, il se constitue littéralement un corp-us.

Même s'il n'est bien sûr pas rare que l'ultra-sensibilité d'un A.C.I.  l'amène à se faire séduire par toutes les muses qui passent, entre autres choses,  à la lecture de cet article,  voici deux réflexions :

Murat dans un ciné club  va transpirer le 7e art; dans une bibliothèque, ne sembler respirer que pour la littérature, et invité chez Lenoir ou Zégut, c’est toute sa vitalité qui s’incarne dans la musique, et il s’affirmera avant tout musicien...  Entier.  Ce n'est pas un jeu ou une posture, juste la passion et la sensibilité.

- Dans cette passion, on discerne également sa modestie concernant son artisanat (même s'il pense qu'il n'y a pas de concours, et que c'est le MOF du PMF*), par rapport aux autres arts "majeurs". Même si 1451, même si Bob Dylan, on attend toujours qu'il ose franchir le pas d'avoir de "la suite dans les idées" (pour reprendre une de ses expressions pour expliquer qu'il ne commettait pas de livres).

 

“Ce qui distingue l'autodidacte de celui qui a fait des études, ce n'est pas l'ampleur des connaissances, mais des degrés différents de vitalité et de confiance en soi.”        Milan Kundera / L’insoutenable légèreté de l’être

 

*Meilleur Ouvrier de France du Paysage musical français

 

Merci pour les photos,  Christophe- page jeanlouismuratfanclub

« Porter ce qu’on aime et l’offrir aux autres » :  la médiathèque imaginaire de Jean-Louis Murat (Rosny-sous-Bois, 16 avril 2022)« Porter ce qu’on aime et l’offrir aux autres » :  la médiathèque imaginaire de Jean-Louis Murat (Rosny-sous-Bois, 16 avril 2022)
« Porter ce qu’on aime et l’offrir aux autres » :  la médiathèque imaginaire de Jean-Louis Murat (Rosny-sous-Bois, 16 avril 2022)

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Rédigé par Florence D.

Publié dans #2021 BUCK JOHN, #le goût de qui vous savez

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Publié le 7 Février 2022

 

1)  Monica Vitti est décédée le 2 février.  Notre "il francese" préfère sans doute les brunes... C'est "Silvana"(Mangano) qu'il chante... Pour autant,  il a cité "la note", un des films dans laquelle Antonioni l'a dirigée, comme un de ses films préférés.  Et qui a pu l'inspirer:

 

« La nuit »  Michelangelo ANTONIONI (1961).

« Chez ANTONIONI, l’amour est impossible. Le sexe est une impasse. Pourtant chaque personnage vit avec la nostalgie d’un amour absolu qu’il a vécu. C’est cette nostalgie qui, musicalement m’inspire ».

En parlant de Wilder, il évoque aussi le réalisateur:

J’aime aussi beaucoup l’esprit de Billy Wilder qui représente bien la sensibilité des juifs d’Europe de l’Est qui se sont retrouvés à Hollywood après avoir fuit le nazisme. J’avais lu une phrase de Wilder sur Antonioni à propos duquel il disait qu’il ne faisait pas des films sur l’incommunicabilité, mais qu’il ne savait tout simplement pas écrire de dialogues… J’adore cela ! En plus, c’est la pure vérité. J’aurais aimé connaître Billy Wilder.  https://lopinion.com/articles/musique/3453_jean-louis-murat-en-liberte

 

Du coup, il a été diffusé à nouveau cette semaine la pastille signée L. MASSON  sur Monica... et on y retrouve Jean-Louis Murat en bande-son, avec deux titres :

Pour le clin d'oeil pérec-o-muratien, un hommage sous la forme de "je me souviens" : https://ciaovivalaculture.com/2022/02/03/je-me-souviens-de-monica-vitti/

2)  On continue avec les images animées, c'est la loi des séries. C'est justement cette semaine que ARTE diffuse le film "Chevrotine" de la même Laetitia.... le 11/02, et déjà disponible sur arte.fr

https://www.arte.tv/fr/videos/097485-000-A/chevrotine/

Télérama a des réserves, mais accorde néanmoins un T au téléfilm, avec un très bon point pour Elodie Bouchez ("mlle personne" il y a 20 ans) qualifiée de "superbe".

Et comme toujours, ou presque,  la réalisatrice a encore choisi du Murat... avec 3 titres. 

On retrouvera une petite liste des collaborations entre nos deux camarades dans l'article ci-dessous, avec notamment les titres inédits pour "the end, etc", "Coupable" et "Petite fille": http://www.surjeanlouismurat.com/article-collaboration-masson-murat-the-end-et-les-et-cetera-115229874.html  (on y retrouve la plume de Matthieu, pour parler d'une vidéo d'un projet de Sophie Calle).

 

 

 

 

 

 

 

3)  Cinéma, téléfilm... et maintenant CLIP:

Je suis tombé sur le site de la maison Suburb pour laquelle Christophe Acker (qui a une victoire de la musique) a réalisé deux clips pour Jean-Louis Murat. Les deux clips sont visionnables: https://www.suburb.tv/jean-louis-murat-by-suburb-films-paris

Et je ne crois pas avoir remarqué et donc signalé que le clip du "blues du cygne" a eu une récompense du CNC "prix de la qualité". Ce n'est pas si courant que notre chevalier des arts et lettres soit récompensé, donc acte.

 

4) Murat et le cinéma:
"Une vie de plan séquence. Malheureusement, je ne crois plus au plan séquence ou au cadrage à l'américaine. Il faut plus de mouvement" (Evenement du jeudi 1995)

 

Voici encore quelques recommandations cinématographiques de JLM:  Télérama n° 2896 - 14 juillet 2005

Casanova d'Alexandre Volkoff (1927)

Les Mémoires de Casanova sont un de mes livres préférés : j'en possède plusieurs exemplaires dans des éditions différentes. Contrairement à l'idée répandue, ce n'est nullement un bouquin porno, plutôt un ouvrage historique et philosophique, une leçon d'humanisme. Casanova l'a écrit directement en français. C'était un autodidacte, un self-made-man, un fils de rien qui a fini par tutoyer les grands de ce monde. Ce film français muet est le meilleur qui lui est consacré. J'ai gardé un souvenir émerveillé de la reconstitution de Venise... Je n'aime pas la version de Fellini : il est passé à côté du personnage en n'en retenant que le côté cavaleur.

Série noire d'Alain Corneau (1979)

Pour moi, c'est l'un des meilleurs films français de tous les temps, parce qu'il reflète, justement, un esprit français, mais doté d'une carrure internationale. L'âme française au coeur de l'action. Comme un mélange de Simenon et de Dostoïevski. J'ai toujours été fasciné par Patrick Dewaere, animal fou, écorché. J'ai connu une période de ma vie où je devais ressembler à ça, où j'aurais pu basculer dans la dinguerie. Dewaere personnifie le ratage, le sacrifice. La médiocrité de notre époque l'a assassiné. Comme Kurt Cobain.
 

Du côté d'Orouët de Jacques Rozier (1973)
Là encore, un film bien français. Rozier est le plus vraisemblable de nos cinéastes, d'autant qu'il porte le nom de la marchande de friandises de mon enfance. J'y retrouve mon côté province, mes années 70 à La Bourboule. Un monde de gens simples, pleins de bonne volonté, qui se coltinent les problèmes de la vie. Un univers que l'on trouve aussi chez le cinéaste Pascal Thomas, ou chez Emile Couzinet, un réalisateur qui avait construit son propre petit Hollywood du côté de Royan, au début des années 50. J'aime ces ambiances parce qu'elles sont l'étoffe de nos vies. En comparaison, le cinéma français d'aujourd'hui me paraît putassier.
 

La Prisonnière du désert de John Ford (1956)

Tout ce que j'aime : le western, avec une touche d'antique. Mon premier disque ne s'appelle pas Cheyenne Autumn pour rien. Le personnage principal des films de Ford, c'est souvent le paysage. C'est aussi ce que j'essaie de faire, dans certaines chansons. La Prisonnière... est un film majeur qui décline quelques thèmes fondamentaux : la droiture, le courage physique, la quête solitaire et les rapports père-fille, même s'il est dit dans le scénario que la prisonnière est la nièce de John Wayne. La scène finale, où il la prend dans ses bras, est pour moi un sommet d'humanité.

 

Les Saisons d'Artavazd Pelechian (1972)

Pelechian est un cinéaste arménien très peu connu, car il n'a réalisé que des documentaires, souvent expérimentaux et tournés en 35 mm. Ses films-montages sont pour moi le chaînon manquant entre l'écrit et le filmé. Il est le précurseur génial de ce qui dans notre époque bâtarde ne se retrouve plus que chez quelques clippeurs et chez DJ Shadow en forme. Il avait élaboré une technique de montage particulière, dite « en contrepoint », où il séparait le plus possible les plans qu'il jugeait importants. Dans ce court métrage aux images extraordinaires, il montre la vie des paysans et des bergers de l'Arménie soviétique. C'est ce qui m'a inspiré mon film Murat en plein air, un concert filmé en Auvergne, dans une chapelle du XIIe siècle...



Dans les inrocks en 2003, il parlait de  NAISSANCE D'UNE NATION de David Ward Griffith


Ce que j'aime le plus chez Griffith, c'est de voir l'homme évoluer
derrière sa caméra. Comme dans ses courts métrages il découvre la
contre-plongée, le travelling, le cinéma entrain de se faire.

 

Pour rappel: Mon petit reportage sur la carte blanche "cinéma" au Toboggan :

  http://www.surjeanlouismurat.com/2018/11/jea-murat-parle-cinema-silvana.toboggan-2018.html

Et une interview très cinéma dans "So film": http://www.surjeanlouismurat.com/2017/03/jeanlouismurat-cinema-so-film.html

 

LE LIEN EN PLUS PARCE QUE QUAND MEME C'EST PAS ALLOCINE ICI NON MAIS ALLO QUOI

Pour les camarades musiciens,  accords et tablatures

https://tabs.ultimate-guitar.com/tab/jean-louis-murat/a-lamour-chords-3994885

https://www.boiteachansons.net/partitions/jean-louis-murat/les-jours-du-jaguar

Mais Le songbook est toujours disponible:

https://www.amazon.fr/Partition-Murat-Jean-Louis-Song-book/dp/B0002DVP3G  11 titres

Mais le descriptif sur amazon est dysfonctionnel:

"Un florilège des chansons de Perret - l'ange dechu - te garder pres de moi - si je devais manquer de toi - col de la croix morand - sentiment nouveau - le lien defait - cheyenne autumn - l'infidele - le parcours de la peine - cours dire aux hommes faibles - terres de france "

Murat, c'est "tige d'or", pas le zizi!

 

LE LIEN EN PLUS VIENDEZ, une fois!

La tournée 2022 passe par la Suisse et ça mérite d'être signalé sur le site de l'office de tourisme officiel du pays!! 

https://www.myswitzerland.com/en/experiences/events/jean-louis-murat/

On a déjà parlé de cette jolie salle historique dans laquelle le concert aura lieu, mais voici un petit article récent:

https://www.rfj.ch/rfj/Actualite/Region/20220122-Le-Royal-devoile-son-affiche.html

 

LE LIEN "AURA AIME MURAT"

Le tribute est arrivé sur les sites de vente:  FNAC   Amazon   le Furet  Décitre mais aussi aux Volcans (clermont!)

Mais voilà encore un artiste de la Région Auvergne-Rhône-Alpes" qui aime Jean-Louis Murat :

"J’aime beaucoup, par exemple, cet album méconnu que Jean-Louis Murat a fait avec Isabelle Huppert, « Madame Deshoulières ». C’est un disque extraordinaire ! Le fait que les comédiens enregistrent des disques n’est pas un phénomène spécialement français, mais plutôt européen. C’est une vieille tradition, mais il faut que cela résulte d’une vraie envie et d’une passion, pour que ce soit bien".  issu de https://jesuismusique.com/2020/07/04/benjamin-biolay/    

Sympa, bb. (ça date de 2020, mais apparemment, ça m'avait échappé).

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #cinéma, #le goût de qui vous savez

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Publié le 7 Juin 2020

                                                                                                          Magic- mai 2010

 

Bonjour! I'm not dead! En pleine forme moyenne, je bats même des records:  1mois sans article!! ... euh... désolé... A un moment, j'avais presque finalisé un article, et je ne l'ai jamais terminé. Bon, ce n'est pas tout de ma faute: malgré le boulot des AP pour étirer la promo, on n'a plus eu grand chose depuis un mois dans cette sinistrose ambiante du marché:  Je suis allé à Cultura cette semaine, le kiosque, notamment côté "musique" ressemblait au rayon "féculents" de mon supermarché fin mars 2020. Presque vide... même si curieusement, on retrouvait justement l'inrock avec Murat en couv et le mag AudioVinyle (avec JLM également)... des trucs vieux de plus deux mois...  Aurais-je  pu profiter de quelques décès pour des articles? Rien de très évident muratiennement parlant, même si Dabadie est tout de même auteur de belles chansons sur l'autobahn traversant le little Paysage musical français.

Mais soit,  cette semaine, obligé de reprendre le fil: il y a de l'actualité.

- Le nouveau single, ça c'est fait, ça sera : ça c'est fait. (ah ah-ah ah). J'aime beaucoup le titre, même si j'ai quelques réserves sur le texte.

 

Et of course, on peut déjà l'entendre sur France Inter. J'en profite pour signaler la mention de JLM  par Charline Vanhoenecker, dans son billet matinal, avec son sempiternel humour autour de  la playlist de France Inter, c'était le 25 mai (merci Florence D pour l'info):

Vous vous rappelez de cette journée spéciale « Sauvons la culture » sur France Inter, où tout le milieu culturel est venu chouiner « Les théâtres sont fermés ouin ouin ouin »… Eh ben ça a payé on dirait : c’est le Puy-du-Fou qui rouvre en premier !

Avouez que vous l’avez mauvaise ! Hein les islamo-tiers-mondistes ? Ca vous a cassé votre fête de l'Aïd cette nouvelle ! Je parie que ça vous donne envie de vous trancher les veines avec le dernier disque de Jean-Louis Murat, tiens ! Je suis sûre que vous l’avez acheté en vinyl ! Ca traite de Villiers de réac mais ça rachète ses disques en vinyl ! Oh allez, faites pas la gueule, vous serez bien accueillis au Puy-du-Fou ! Allez, enfourchez le tigre et direction la Vendée !...

A propos il n'y a pas que ceux d'Inter qui voit du Murat partout:  dans Le MONDE,  dans un article consacré à un lieu d'accueil pour SDF ouvert pendant le confinement, le journaliste rencontre une personne "avec une lueur d'ironie fataliste qui lui donne un petit quelque chose de Jean-Louis Murat". Je le cite pour "l'ironie fataliste" que je trouve bien vu. 

 

- et deuxième actu, on nous présente  cette semaine une nouvelle play-list proposée par Jean-Louis Murat, cette fois pour applemusic. Elle s'intitule "INFLUENCES". Presque trois heures de musique, et donc de quoi se faire plaisir! On y reviendra peut-être plus longuement parce que là, je n'ai pas le temps... Ah tiens, Christopher Cross, une madeleine bien fmsucrée, i like it.

https://apple.co/2MqZARO?fbclid=IwAR0UC84fw0aBeD-VYPQCfAcx8l2Ks7zirtWkRPAp2xJQrc5MAc1LhhSrnCE

 

Rappel CONCERTS: 19,20 et 21 novembre à la BOULE NOIRE...  A part une autre date à Vitry le François en mars 21 semble-t-il, aucune autre date n'est annoncée.

 

On passe au reste de la suite...

1) Chronique de Baby love

Dans la série les incontournables des promo, voici l'article belge signé par MARC sur le site mescritiques (19 apparitions).  On l'a connu plus emballé.

http://www.mescritiques.be/spip.php?article2360

En compulsant des morceaux issus de critiques publiées ici, on ne peut s’empêcher de constater que certains artistes reviennent vraiment souvent. Parce que ce site a commencé pendant la période d’activité la plus frénétique de l’Auvergnat, il n’est pas étonnant de le retrouver à 19 reprises, pour 15 albums et 4 concerts. Sans doute le client le plus fidèle de nos colonnes. En un mot comme en cent, on connait le bougre, et on aime ça.

Pour autant, il serait hasardeux de dire qu’on l’a compris ou cerné, qu’on peut deviner où nous emmènera son prochain album. Et c’est très bien comme ça. Avec un rien de recul pourtant, on peut placer celui-ci dans la filiation des deux précédents, un Travaux sur la N89 qui nous avait laissé perplexe et un Il Francese qui nous avait plu. Il y continue donc une veine plus synthétique, lui qui a aussi pris la tangente champêtre à plusieurs occasions au long d’une très riche discographie. Il reviendra peut-être à de l’acoustique, de l’organique, mais ce n’est pas à l’ordre du jour on l’a compris.

Cet album présente donc une unité de style. Pour le meilleur et pour le pire. C’est un bien parce que le style colle au plus près à la diction particulière de l’Auvergnat. D’un autre côté, ce groove, dans un genre de funk blanc suave et un peu froid à la fois ne permet pas l’émotion supérieure qu’on a tant rencontré chez lui.

Il reste évidemment des mélodies (Le Mec Qui Se La Donne), bien sûr qu’on aime la mélancolie fondante de Si Je m’attendais ou la langueur de Rebirth of The Cool. Il reste de toute façon des variations de tempo et de ton, avec des constantes de sa discographie comme ces hommages toujours très indirects (Tony Joe).

Les paroles sont toujours aussi opaques, jouant sur l’effet plutôt que le sens littéral. Quand on lit les interviews récents occasionnellement amusants mais souvent aigres et de plus en plus consternants, on préfère cette veine plus allusive. C’est toujours un des étranges pouvoirs d’attraction de Jean-Louis Murat.

Cette période étrange et des conditions d’écoute différentes (moins intenses et plus étalées) est propice à ce style d’album. Si notre esprit en roue libre se demande parfois ce qu’auraient pu donner ces morceaux avec des atours différents, il n’a pas encore pu trancher. On sort de cet album avec l’envie d’entendre le suivant, signe d’une connivence maintenue avec cet artiste singulier.

2)  Clermont-City Rock: 

Julien Mignot qui a shooté Murat et Delano dans le brouillard pour Babel expose à l'Hôtel Fontfreyde, où Matthieu m'avait emmené jadis... L'expo est visible tout l'été. J'avais tenté de le contacter pour savoir si des clichés de Murat étaient exposés mais ce n'est pas le cas. Tout est inédit et plus consacré à la prime jeunesse, celle qui a pour tout bagage, l'expérience des parents, qui se fout de la vie comme du quart, qui prend le bonheur toujours en retard, qui aime pour toute la vie, cette vie qui dure l'espace d'un cri, d'une permanente ou d'un bluejean... (enfin, ça c'était avant peut-être)... et c'est à l'occasion des 20 ans de la Coopé (ah, ça nous rajeunit pas, les 10 ans, on en parlait hier... enfin, je le croyais).  C'est aussi l'occasion d'un livre dont l'écriture avec des lettres revient à...  JD Beauvalet himself (on se rappelle que pour la Marie Audigier des années 80, le Graal était de se faire chroniquer par lui).

L’exposition Le photographe & son double de Julien Mignot ayant lieu à l’Hôtel Fontfreyde – Centre Photographique (Clermont-Ferrand) est prolongée jusqu’au dimanche 20 septembre 2020 – week-end des Journées Européennes du Patrimoine (commissariat Julien Mignot, agence Pam, François-Nicolas L’Hardy)

Julien Mignot – JD Beauvallet, 20, no music, no life !, conception graphique Esther Decluzet, coordination éditoriale Hervé Deffontis et Patrick Le Bescont, Filigranes Editions / La Coopérative de Mai, 2020, 360 pages

Julien Mignot est interviewé sur le blog l'intervalle... et parle du livre, de la coopé, de Clermont...  notamment de l'expérience Kütü Folk -sans les nommer-:  "Voilà 12 ans, un label folk racontait la mélancolie locale naturelle et ses éclats lumineux, on jouait sur des amplis Marshall des Stratocaster US, et là plus rien. Des laptops à perte de vue, des contrôleurs midi perfectionnés et des protools craqués, voilà notre paysage à première vue". On  découvre dans un virage curieux le nom de Jean-Louis Murat: 

Ecoutiez-vous lorsque vous étiez jeune le groupe de filles La Bourboule, « meilleure formation punk d’Auvergne », selon Jean-Louis Murat ?  En ce temps-là , le plus subversif vinyle qui traînait sur la platine était La Marseillaise de Gainsbourg. J’ai manqué ça.

J'ai interrogé l'auteur de la question pour savoir de quoi il voulait parler...  des Filles? Qu'est-ce que c'est? Euh... non...  Veut-il parler de  Subway? Cette semaine, je découvrais une photo du groupe punk clermontois "Edith Vagin et ses pertes blanches", mais il n'y avait pas de filles, juste des anciens de Clara, oui! Pie et Dowie Cartier (les deux en arrière plan ci-dessous). (Dans la longue liste des groupes punk du 6/3, j'en profite pour citer les plus croustillants: La Gerbe, Bloody Fuckers, Bitocul, Solution Finale, Pigs on action, Shit for brain... et Chaos où s'illustra aussi Christophe Pie... rien que du très féminin donc)

                                                                                      photo PJ Fontfreyde (tdr).

Pour aller plus... dans le passé:  article sur les 10 ans de la COOPE  

et en 2012, Matthieu Guillaumond nous offrait une visite pleine d'humour :  http://www.surjeanlouismurat.com/article-patrimoine-de-clermont-de-france-et-de-muratie-la-coope-110557467.html

 

Quelques photos de Mignot... Je me rappelle d'un petit pataquès à l'époque. J'avais découvert toute la série de photos-inédites- sur fb, partagées en public par le photographe, et que j'avais aussitôt mises en ligne sur le blog. Le photographe apparemment avait fait une erreur... et moi, grillé toutes les exclus réservées à la grande presse (qui souhaite avoir des photos d'illustration inédites).  Alex des Delano avait joué l'intermédiaire pour que je supprime l'article. Je l'avais fait volontiers... mais Matthieu en a été très fâché puisqu'il s'agissait pour lui de censure, se fâchant du coup avec son "deuxième chef" -donneur d'ordre de pliage/couture de pochettes.  Allez, c'est l'occasion de vous mettre  un extrait de notre correspondance

Du contenu exclusif de la part de la maison de disques pour les sites de fans, je m'en méfie : si l'on veut conserver un minimum de distance critique  (Murat lui-même est demandeur, si je me souviens de certaines interviews...), ce n'est pas une bonne idée. Et quand tu vois le contenu délirant du dossier de presse, tu te dis qu'il en faut, de la distance critique... Dès lors qu'on est proche de quelqu'un, cela complique la critique. Je ne dis pas qu'elle devient impossible, il y a plein de contre-exemples, mais je ne crois pas qu'il soit si simple, quand tu es lié humainement à quelqu'un, de lui dire en face que ce qu'il a fait est nul, si tu penses que c'est le cas. Dans la vie, c'est déjà difficile sans vexer la personne, à part en cas d'amitié solide (cf. "Qu'entends-tu de moi..."). Je n'ai jamais entendu Lenoir dire d'un album de JLM qu'il était un peu raté ou bien simplement moins bon que le précédent. Lorsque son pote est revenu aux guitares et a opté pour la formule en trio, je me souviens qu'il avait dit qu'il était content, qu'il avait laissé entendre qu'il en avait un peu marre de tous ces synthés... mais l'avait-il dit avant ? C'est comme dans le cinéma, à chaque fois qu'un nouveau film de Clint Eastwood sort, certains expliquent qu'il est meilleur que le précédent qui était raté et que c'est le grand retour d'Eastwood... Mais tu ne les entends jamais dire que le film est raté au moment de sa sortie. Non, au moment de la sortie, il est excellent. Je caricature, mais il y a un peu de ça. Et puis, tant de gens semblent oublier que la critique, ce n'est pas de la haine, du mépris. Les critiques de disques ne détestent pas les disques, les critiques de films ne haïssent pas les films, ils les soumettent à un examen, c'est différent. Si la critique doit à présent consister à pondre la phrase-choc avec deux ou trois adjectifs laudatifs qui sera ensuite reproduite sur l'autocollant du disque à côté des logos des partenaires... Je préfère encore le torrent de dénigrements d'un Delbourg sur Murat, au moins il y a un point de vue et du talent( n'en déplaise à Jocelyne). Tout cela n'est pas simple.
     Pour en revenir à notre histoire, ce qui est dingue, c'est que ni Mignot, ni Rochon, ni moi, ni toi, qu'aucun de nous n'ait eu le réflexe d'envoyer Pias se faire foutre pour cette histoire de photos. Tout le monde a obéi pour garantir une exclu, alors que comme les chiffres que tu me donnes le confirment, tu n'aurais pas enlevé un demi-lecteur à Libé... Et en plus, tu as fait de la pub pour ce Mignot, je suis sûr que plusieurs personnes sont allées visiter son site en suivant le lien et ont découvert son travail. Moi, à la rigueur, quand je pique une photo, que je la recadre et que je la légende, je peux comprendre qu'on m'engueule. Surtout lorsque, sur le dossier Pietri, je ne mets pas toujours les crédits - pour des raisons de place, il y avait beaucoup trop de photos ce coup-ci, notamment avec le diaporama. Mais toi, tu as respecté l'intégrité des photos. Et de toute façon, le type vraiment amateur de photographie, s'il veut savoir le nom de l'auteur, il écrit et on le lui donne. Et les lecteurs du blog ont pu découvrir le travail d'un Yann Cabello ou d'autres par exemple, cela leur fait un peu de pub, me semble-t-il...
     Enfin, si nous étions dans un monde civilisé, Mignot, au lieu de paniquer, t'aurait écrit via le blog pour t'expliquer la situation, tu aurais compris et tu aurais retiré les photos de toi-même. En échange, tu lui aurais demandé une petite ITW pour parler du boulot avec JLM et de son travail en général, vous vous seriez topé dans la souris et c'était terminé. C'est toujours pareil : on communique de plus en plus, mais on n'arrive plus à se parler...
   
Voilà pour cette affaire assez bête, plutôt triste et tout de même dérisoire (Gaza, tout ça...).
 
     J'espère que tout va bien de ton côté et que tes couilles dorent paisiblement au fil du temps de cerveau disponible de tes lecteurs - tout ceci est métaphorique, tu l'auras compris...

3) Après Beauvallet, tiens... j'aime quand les liens se tissent au hasard de l'actualité, un autre disparu que nous croisons:  BAYON. 

Et on apprend qu'on a raté de peu un reportage consacré à Murat et Manset... 

Bruno B. a en effet signé un reportage avec Armanet - François, par la castafi-N'ord-  qui nous dit ceci:  "Au départ, c’est le producteur Edouard de Vésinne qui m’a proposé de faire un film sur le rock français après avoir vu le documentaire sur les choristes noires américaines, Twenty Feet From Stardom. J’ai immédiatement pensé à mon vieil ami Bayon. Quand je suis arrivé à Libération en 1981, il y avait deux figures : Serge Daney pour le cinéma et Bayon pour la musique. Bayon a imposé le traitement du rock dans un quotidien, ce qui n’existait pas avant en France. Nous avons une vieille complicité et comme le dit la formule, c’est un ami de plus de trente ans. Nous nous sommes d’abord demandé par quel bout prendre cette histoire du rock français. On a nos mousquetaires, Alain Bashung, Gérard Manset, Christophe, Jean-Louis Murat, on a tourné autour de ces noms avant d’avoir l’idée de nous intéresser aux femmes. C’était plus original et par ailleurs, la scène féminine, aujourd’hui, est bien plus intéressante que celle des garçons".

https://france-amerique.com/fr/oh-les-filles-meet-the-badass-women-of-french-rock/

> The documentary Oh les Filles will be broadcast on TV5 Monde USA on Sunday, May 24, at 8:30 pm EST (5:30 pm PST).

=> Discover the Oh les Filles playlist on Spotify and on Youtube:

 

Voici quelques propos intéressants de l'interview par... S. Kaganski!

 

F.A. : Notre point de départ, un peu provocant, était cette question : et si ce n’était pas Elvis Presley qui avait inventé le rock, mais Edith Piaf, en 1949, au moment de la mort de son amoureux, le boxeur Marcel Cerdan ? Quand elle chante Mon Dieu, c’est un cri dans la nuit, un choc sonique absolu, un gospel universel, un blues…

[avec ce point de départ, en poursuivant dans ce monde parallèle, en achronie, je n'ose imaginer les noms des groupes punk clermontois...] 

B. : Et puis un happening. La légende veut que cette chanson ait été écrite par l’amant de Piaf, Charles Dumont, dans la journée. Cerdan meurt et c’est le soir-même qu’elle adresse son incantation au ciel. Il y a là une montée dramatique qui est très rock et qui fait penser à la première diffusion de Heartbreak Hotel d’Elvis. Comme Elvis, Piaf produit un choc sensoriel qui définit un avant et un après. D’ailleurs, une de mes obsessions serait que les pouvoirs publics aménagent la maison ou est née Piaf à Belleville, ce serait notre Graceland.

B. : On peut ajouter à cela Willy DeVille qui dit que le rock est une invention française parce qu’il vient de la bourrée, du rigodon, exportés de l’autre côté de l’Atlantique par les Acadiens et qui ont muté dans les marais de Louisiane au contact du blues.

Brigitte Fontaine:

B. : Elle repose les fondamentaux. Le rock, c’est « fuck », c’est en dehors du monde, c’est contre les parents, contre l’ordre social, contre la bienséance, et ne cherchez pas à comprendre parce que vous ne comprendrez jamais.

 

 
 

4) Les auteurs du dernier clip de Murat signe encore une jolie vidéo toujours pour Pias, filmé à ROYAT.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/puy-de-dome/clermont-ferrand/deux-realisateurs-clermontois-derriere-clip-bresilienne-flavia-coelho-1829058.html

 

Ce clip a déjà 20 000 vues de plus que celui de Murat... Non rien. Allez, pour la peine, hop hop, partagez!

5) CLIN D'OEIL

  On termine encore par de la musique... petite curiosité. Stella chantait des parodies yéyé avant de rencontrer M. VANDER... et de chanter pour MAGMA (et aussi dans la veine humour chez Pipin et le collectif ODEURS).

 

PS: Tu aimes les missions suicide? Tu veux te prendre pour Tom Cruise dans mission impossible?  et bien, tu peux peut-être croire qu'on peut encore faire du business avec la musique?  Pias recherche un Assistant.e Business Development  D2C et B2B!  L'offre stipule qu'il faudra vendre du JLM! C'est donc du tout cuit! https://www.irmawork.com/annonces/20579-assistant.e-business-development 

-ce message a été offert gracieusement à LE LABEL-PIAS FRANCE, non, ne me remerciez pas-.

2e PS:  petit point twitter : L'interview qobuz a suscité un petit buzz  du côté des fachos (condesouche etc)  qui ont retenu ses propos sur le rap... sans savoir qu'il aime la musique "urbaine" américaine, et félicité Orelsan ou encore repris I AM.  Des amateurs du rap l'ont également épinglé... 

Allez, sur ce, tchao,  je vous ai retrouvé avec plaisir sachez-le. J'espère que vous aussi, alors, partagez! commentez! Abonnez-vous! Envoyezdeschèques, Envoyezvos06, enfin  tout le toutim!  Take care!  On se revoit avant de pouvoir passer la frontière italienne!

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love, #le goût de qui vous savez

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Publié le 28 Avril 2020

1)  Ah, il y en a qui se donne du mal pour m'alimenter en news jour après jour... une photo instagram, une vidéo... et en grattant, grattant, en s'appuyant sur une newsletter du chanteur qui s'était faite rare (elle annonce aussi "des concerts dans toute la France"),  une playlist, une liste d'écoute en québecois, proposée par le chanteur, histoire aussi de mobiliser un peu les auditeurs possibles sur les deezer, spotify... où on a vu que les chiffres n'étaient pas à la hauteur de cet artiste.

C'est annoncé comme un premier volume : SOUL BABY

Je veux le même pantalon!

Bon, à part ça, ne faisons pas  la fine bouche... On adore quand Murat nous cause musique et de ses goûts... même si c'est cette fois sans commentaire de sa part. Dommage. Je vous rappelle que vous trouverez tous les articles à ce propos dans la catégorie d'articles :"goût de qui vous savez sur le blog (ah, que c'est bien foutu quand même).

https://open.spotify.com/playlist/0VwxZ6LyVgJVquaxyv9xGE?si=kQdxunZ0RwyjfWKZhlPxDA

 

A première vue, des choses surprenantes parce que loin du blues et des US puisqu'on nous annonce de la SOUL :

- Bowie,   mais le dernier album de l'homme aux yeux vairons a plu à Murat par ses expérimentations. C'était indiqué dans le Monde en 2018

- aussi du Pet Shop Boys... pour nous rappeler que Julian Mendelsohn, le producteur du morceau, a mixé le Manteau de pluie. En fin d'article-ci, j'avais partagé une interview autour de la pop anglaise et cette collaboration.

 

- On retrouve l'intérêt pour le travail de production, de recherche avec TAME IMPALA, sans compter que Murat aime peut-être le travail artisanal (fait à la maison) du leader Kevin Parker.

- Au rayon Musique du monde: 

*Celentano mais on n'a pas fini d'en parler, puisque je le rappelle un disque de reprise a été annoncé, et je m'en félicite. Murat est un immense interprète, c'est ce que je me disais hier en joggant sur "l'examen de minuit"... et ses adaptations sont une réussite: d'avalanche IV à Richard, mon frère d'angleterre etc etc.

*le tube Caruso, si... 

*et du flamenco avec ROSALIA, chanteuse catalane.  L'occasion de rappeler la phrase : "j'adore les voix de filles qui ne craignent pas les garçons". Une version live et a capela:

Le reste est plus attendu: Tony Joe, Marvin, Wilson, Al Green, en passant par les modernes Kanye et F. OCEAN, en passant par un peu de blues...  le funk (Funkadelic), le jazz, et Donna Summer pour la disco.   On peut quand même découvrir The spinners,  Eddie Kendricks (ancien des temptations), ou King Curtis,  directeur musical d'Aretha Franklin, (qui travaillait sur Imagine quand il fut assassiné...  Quelques années plus tard, Murat faillit appeler son groupe L'homme qui a tué John Lennon... mais ça n'a aucun rapport)

LA LISTE complète:

 

2)  Encore une mini-chronique trouvée sur le web: site Bubzine, mais elle est amusante et touchante!

http://www.bubzine.fr/2020/04/25/jean-louis-murat-baby-love/

Derrière le personnage médiatique bourru, râleur, parfois saignant (sa sortie sur la mort de Johnny), se cache le prince of the cool. La voix traînante, le groove lancinant, c’est la marque de fabrique de Murat. Mais jamais l’auvergnat n’a semblé aussi fun et détendu que sur ce Baby Love ensoleillé et joueur (ah, ces sons de clavier bubblegum, cette wah sautillante : magiques !). Cela fait maintenant quelques années que Murat se réinvente à chaque disque, laissant de côté son folk rock poétique et chaleureux pour embrasser d’autres styles. Ici, il est parfait dans le rôle du vieux beau sur le retour, bien décidé à dynamiter le bal du village et embarquer la jeunesse dans son sillage.

François Corda

Jean-Louis Murat / baby love (France | 6 mars 2020)

 

LA COVER EN PLUS

Une cover par Sinaïve, groupe alsacien, qui a eu l'honneur d'être partagé par Section26 sur twitter. Ah, parce que je vois qu'ils sont en contact avec un de leur collaborateur: Premier extrait vidéo de Reprise Party, K7 de covers (& adaptations à la SLC) qui sortira en collaboration avec l’inénarrable Renaud Sachet et son fanzine Langue Pendue!
Vidéo virale ou rodéo rural présentant des traces minimales de notre confinement. Ici, l'Auvergne de Murat se change donc en mighty Haut-Rhin.     
On pourrait donc peut-être se procurer sur un support physique cette cover.

C'est filmé à Ste-Marie aux mines, au pays de R. Burger. On aperçoit une chapelle mais ce n'est pas celle où joua Murat il me semble (car je crois qu'elle était plus excentrée du centre-bourg)

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love, #le goût de qui vous savez

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Publié le 13 Mars 2020

 

 

-  Jean-Louis MURAT était avec Antoine DE CAUNES ce vendredi 13/03 sur FRANCE INTER. Antoine n'est plus que l'ombre de la figure rock qu'il a été, et que Murat avait peut-être un peu fréquenté avec Manoeuvre, et Jean-Louis semble le constater de manière polie... dans une émission où il est très peu invité à parler... Au moins au début. On peut revoir une précédente rencontre entre les deux, en 1989 sur le plateau de Nulle Part ailleurs.

Son choix culturel:   

- LIVRE:  Comment chier dans les bois : Pour une approche environnementale d'un art perdu de Kathleen Meyer     Une occasion de reparler des touristes

- FILM:  CALMOS de Bertrand Blier, un choix "polémique" en cette période ("éloge de la testostérone" selon le quotidien du cinéma)... mais il n'en rajoute pas!

- Série : "bonne nuit les petits"...  "c'est très étrange, tous ces gens qui regardent des séries"....

- Chanson culte:  Mustang sally, de Wilson Pickett.

 

On écoute... et je prends quelques notes en même temps:

Bon, pas si inintéressant que ça... Murat est prolixe, et de bonne humeur!

 

A une question sur la conception de l'album (Murat aurait dit à Denis qu'il fallait faire comme si on était en 85, et qu'il fallait faire une K7 pour plaire à une maison de disque)....   Murat avoue ses arrangements avec le storytelling:  "pour venir devant vous, il faut avoir ce qu'il appelle dans les maisons de disque, du storytelling, alors il faut réfléchir à 3 ou 4 petites formules, du coup, ils sont contents. Alors bien-sûr, c'est complètement idiot de dire : on est en 85, [Rires] Denis m'aurait dit "ça va pas la tête?", Donc ça fait partie de notre job, il y a une sorte de  "halo de mensonges pour donner un peu de sens à ce qu'on fait, et les gens [journalistes] sont près à dire à peu près n'importe quoi pour se donner une profondeur à leur boulot qui est plat comme une limande et qui de toute façon ne mérite pas la profondeur".   On imagine la tête de la fille plate en face de lui... qui relance malgré tout... "pourquoi cette phrase alors?" Et JLM, refusant de parler du fil conducteur de l'album,  de rester sur le même registre: "pour que vous ne soyez pas SECHE, et que vous sachiez quoi me dire".  "ça a marché à fond".

Il revient sur l'anecdote de l'ambianceur. "j'emballais à mort".

Antoine lui parle de la pistachio... et Murat confirme qu'il s'agit d'une fender (et s'amuse des fans qui ont cherché à l'identifier!). 

Ce jour, il indique que la cohabitation entre ses personnalités se passe bien, même si "il s'ennuie tellement avec lui-même"...

"Volvic, c'est earth, wind, and Fire, aussi".

Séquence ensuite sur JJ CALE ET Tony Joe, dont il se sentait proche à la Bourboule (du fait de leur peau, et de la ruralité qu'ils chantaient).

"Si les gens m'aiment bien, c'est que je les aide à se bouger le cul" [je retranscris en gros].

Malgré ses intérêts pour le rap, il indique que c'est globalement désespérant du fait du "rond rond poétique".

Encore une fois ensuite, il avoue qu'il cède au show business, sinon il ne serait pas invité... "ça fait partie du job" "je ne vais pas arriver ici avec la sagesse d'un tenancier du shopi"!...  avec le refus du "robinet d'eau tiède".  "J'aime la joute" (dans la tradition du rock anglais).

Et la question rituelle: qu'est-ce que la pop? "Un trou noir dont nous sortons, ça n'a pas vraiment de consistance, qu'est-ce qu'on peut y trouver, un vieux mouchoir de Sheila...".

 

LE LIEN EN PLUS EST PARTI  FAIRE LA CUISINE.

Allez :  à demain! Avec encore de la radio, de la chronique, et tout le toutim!

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #Baby Love, #le goût de qui vous savez

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