Publié le 14 Janvier 2026
Et voilà... Le gros du travail envisagé depuis plus de trois ans, celui pour lequel j'ai décidé notamment d'arrêter l'organisation des Week-ends Murat, est fait (NB: Je suis fada de consacrer autant de boulot pour si peu de lecteurs). C'est ici le dernier épisode de cette série consacrée aux années bourbouliennes. Je vais maintenant pouvoir prendre des vacances, et me plonger sérieusement dans Le roman de Murat, de Yann Bergeaud et Marc Besse qui sort aujourd'hui. Je l'ai reçu par service de presse, je l'ai juste parcouru après avoir mis la dernière main à cet article. De ce que j'en ai lu pour l'instant, l'ouvrage m'a semblé intéressant dans ce qu'il permet d'apprendre sur les années avant Murat, notamment celles avec Michelle. A ce stade, je n'ai pas constaté d'écarts phénoménaux entre ce que j'ai écrit et ce qu'il y est dit, mais ça méritera qu'on y revienne et mon travail sera donc sans doute amendé. Bonne lecture ci-dessous, et bonne lecture du Yann Bergheaud/Marc Besse (edit: ou pas!)! ps: Pour ceux qui découvrent cette série, il est recommandé de commencer par le premier article
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A tous les aventuriers du rock, notamment les trois membres survivants de Clara!
Partie 3- Episode 2 - première partie ici et pour tout reprendre à zéro: Partie 1 "Dans le décor
Michel Jonasz a chanté "les années 1980 commencent" (avec Georges Rodi qui jouera sur le LP Murat), et on arrive donc à :
- Février 80 (date fixée par José Pereira) : concert dans la campagne à Jassy (cf partie 2). En plus de Plexiglass et Clara, un groupe éphémère de jeunes gens du plateau du Cezallier fait le nombre, ils s’appellent Chrysanthème et jouent du Téléphone. Pour certains, ils n’avaient même pas gardé en mémoire d’avoir assuré un jour la première partie de Jean-Louis Murat. Saluons donc Joël Cubizoles, Michel Chandeze et Marie Jo Genêt, que leur nom soit gravé à jamais sur le Hall of fame du rock cézallien, au côté de Joël Rivet qui gît dans le grand Ouest américain du cimetière de Saint-Alyre (Bouleversant hommage avec Alain, Christophe, Jacques... et un peu saisissant par rapport à la cérémonie pour Jean-Louis, qui pourtant rêvait d'un détecteur au cimetière pour que "Gimme Shelter" se déclenche à chaque visite!)
C'est devenu un gite. La salle était à l'étage (c'était certainement très secure!)
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- En 80 toujours, un autre concert aux Cezeaux, après celui de 79, cette fois avec Plexiglas dont on ne connaît pas la date (cf Partie 2)
- 27/02 : première partie de Lili Drop. On ne sait pas si Lili Drop a transformé l’essai au pays jaune et pas non plus si la copine Clara était bien de la partie et s’ils ont été payés rugby sur l’ongle... mais ils étaient annoncés tous les deux ! Oliv ne mena pas la carrière du fait de son addiction, sa bio est écrite par le muratien Jean-François JACQ. Hebdo numéro 375:
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JP Alarcen, le talentueux guitariste de Renaud notamment, que Zacha aurait voulu employer pour le LP Murat était dans la place.
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- 29 Mars 80 : première partie d’Edith Nylon. On en parlait déjà là dans cet article « Clara file du Nylon et met à bas Edith »
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José Pereira: « Ils avaient fait un concert à la maison du peuple à Clermont. On y était avec le matos, et tout, pour leur donner un coup de main. Et il y avait ces Parisiens. Ils ont failli se taper sur la gueule d’ailleurs. J’étais là. Ils avaient je ne sais pas combien de guitares, et aux balances, des boys pour les leur accorder… sans tenir compte de Clara qui patientait. C’était vraiment les Parisiens… Ils ont disparu du paysage et Jean-Louis était encore là ! Ils nous ont pris pour les paysans qui faisaient de la musique, c’était tendu. Lors du ramassage du matériel à la fin, ce n’était pas la joie ».
Christophe Pie [qui n’était donc pas encore dans Clara] a raconté :"je me rappelle de la première partie d'Edith Nylon à la Maison du peuple, et là ça a failli finir en baston avec les Nylon, j'ai même cravaté le gratteux et j'ai fini par cracher sur cette connasse de chanteuse ! ». Ce souvenir fait bien rire Jean-Pierre Gougnot : « j’ai dû calmer Christophe qui voulait casser du nylon du haut de son mètre 65, je confirme pour le crachat… et je me souviens de projectiles (des tomates peut-être) et des noms d’oiseaux. Je me demande encore comment ça n’a pas fini en bagarre générale. Les garçons d’Edith Nylon étaient chauds bouillants ». Quant à Marco, il nous raconte : « Pendant que Clara jouait, ils passaient au derrière la scène avec des cartons, Jean-Louis s'en est aperçu et a dit : dis-donc le colis postal, si tu dégages pas, je vais t'expédier ! Et moi, là, j'étais prêt à tout lâcher si jamais ils s'amusaient à recommencer, ça aurait été la dernière fois qu'ils portaient un carton... Les gens étaient déjà avec nous, avec Clara, il y avait déjà des groupies".
Tout ceci a été relayé par la presse montagnarde… qui n’est pas très élogieuse. Le 31/03:
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Et ce jour-là… José est témoin d’une scène aux Ecuries : Jean-Louis a pris son téléphone pour incendier le journaliste de La Montagne !
« Nul n’est prophète en son pays et c’était bien le cas. Il avait fait un concert et ça avait été écrit, et il y avait eu un article qui n’était pas terrible. Il avait le journal dans la main et il a décroché le téléphone pour appeler le journaliste de la Montagne : il lui a passé une charge monumentale ! Quand il se mettait en colère, il se mettait en colère. C’est des images que j’ai. Et après il avait dû remonter dans son studio».
- Dans ces eaux-ci, peut-être rincé, J.F. Alos quitte le bateau, pas forcement fâché, il restera encore quelques temps «le beau-frère » (non officialisé) de Jean-Louis : les forts caractères Bergheaud ne lui ont donc pas fait peur. Et il continuera de fréquenter Jean-Louis. Ici, en 1989, chez la sœur de Jean-François (photo de sa collection privée).
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A sa mort, Jean-Louis lui dédicacera Taormina.
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Jean Esnault quitte lui aussi le groupe. Roger évoque le fait que Michelle serait devenue sa compagne, mais aussi les perspectives plus professionnelles qui s’ouvraient pour le groupe, qui ont pu lui faire peur ou le mettre face à certaines limites. Ce groupe, "Clara 2", est parti à Londres (la sœur de J.F. assure que son frère était de la partie) pour enregistrer avec Sheller des jingles pour Europe 1 (pour l’émission de Michèle Abraham ou l’ensemble de la radio). Bernard des Plexiglass a dit à José que l’expérience n’avait pas été terrible, et c’est vrai qu’ils n’ont pas souvent parlé de ce séjour alors que cela aurait pu être fondateur. Dans Platine d’octobre 2006, Murat, qui a un peu mauvaise conscience envers Sheller, affirme quand même que cela leur a permis tenir financièrement pendant 6 mois ! Dominique Cartier, le remplaçant de JF à la basse ne se rappelle ni de Jassy, ni d’Edith Nylon... et même d’aucun autre concert. Par contre, il se rappelle d’avoir roulé dans la neige avec le camion Ford. Il a donc forcément connu l’hiver 80. Christophe Pie prend la place pour l'été, il est en vacances (il a dit à deux kolokistes n'avoir jamais été vraiment un membre de Clara - en 2012!).
Mais revenons en arrière… sur ce qui amena la signature de Jean-Louis Murat chez Pathé.
Faut-il rappeler ce qui est le plus souvent dit ? Une cassette a été envoyée par un pote taulard, elle arrive sur le bureau de Hebey qui lance un message sur les ondes, et Murat monte à Paris pour trouver Hebey (Marie dans Les jours du jaguar dit qu’ils ont appelé)… Jean-Louis a aussi raconté à Platine que c’était lui qui avait remis à Sheller la cassette à la sortie d’une émission d’Inter, il précise que le numéro de téléphone était sur la cassette. [On prendra peut-être le temps de lister toutes les versions disponibles de l’histoire un de ces quatre... pour le fun ?]
José Pereira a un souvenir qui épaissit le mystère, voici notre échange :
"J’ai quand même assisté à des points d’histoire. Je ne sais plus si c’était RTL ou Europe 1 mais il y avait eu une cassette qui avait été envoyée, j’étais au courant de ça, puisqu’on y allait tous les jours, on était informé des nouvelles. Et je me souviens d’attendre tard dans la soirée avec mon poste pour écouter Clara. Je me souviens".
- Donc tu as écouté l’émission de Hebey dans laquelle Clara a été diffusé ? Ce n’est pas tout à fait ce qu’on sait, puisque Hebey aurait lancé un appel sur les ondes pour retrouver le groupe…
- Absolument, je suis resté pour attendre que ça passe. On savait qu’ils allaient passer. Si, si. Certain. Je me souviens, J’ai des images d’avoir mis mon poste, j’étais tout seul chez moi. Et je me rappelle qu’il y avait eu une confusion avec le chanteur avec lequel on le compare… [son nom ne lui revient pas]"
- Manset ?
- Oui. Et Jean-Louis ça l’agaçait. Par la voix et cette façon de chanter. Il n’était pas content : "Moi, je suis moi !" Il était cash" [Jean-Pierre : "Perso, j’ai été le premier à la Bourboule à faire le rapprochement, j’écoutais Manset notamment "y a une route" en boucle, avant de découvrir Clara. J’ai encore en mémoire les chansons de Clara, et pour moi le rapprochement était clair. Le même timbre de voix et la même dégaine à l’époque. Oui, pour moi, JLM s’est fortement inspiré de Manset"].
- [je reprécise ce que Murat avait dit, l’appel sur les ondes pour retrouver Clara]
- Non, j’étais au courant que la cassette allait passer".
Voilà une information étonnante, même si on peut en minimiser la portée : il est possible qu’il y ait eu une diffusion ultérieure à la première. Serge Pantel nous rappelle qu'Hebey avait l’habitude de diffuser des groupes locaux le dimanche après-midi dans Poste Restante (ses High School avaient été diffusé deux fois)… Mais Marco nous réoriente vers un indice qu’avait lui-même donné Jean-Louis : son copain Charly (Georges B.) bien qu’installé à La Bourboule (il était originaire du Cantal – Condat) aurait été « un des plus gros dealers français » (Marco dit "le dealer du département, voire de la région, mais un mec extra, le cœur sur la main")… Et Sheller a avoué avoir consommé de la poudre de nombreuses années (On ne sait pas pour Hebey, on peut jouer au Pablo Escobar sans la panoplie complète ! D’ailleurs, il faut se méfier des gentils chanteurs : Yves Bigot dans son livre de souvenirs, dans ces années-là, raconte voir débarquer Balavoine dans le bureau d’Abraham d’Europe 1 pour immédiatement se faire un rail devant les deux animateurs, médusés. On peut aussi citer Dassin, Mort Shuman ou Julien Clerc...)
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Il se pourrait donc que Charly, qui "allait jusqu'à Paris avec des gens de la variété" dit Marco, ait pu intervenir plus directement que par un courrier qui n’aurait pas précisé le nom et les coordonnées du groupe, comme il avait offert une première scène à Clara avec le festival de La Bourboule, et pour payer du matériel… On rappelle que les Sales Gosses se demandaient comment Clara pouvait avoir eu l’ensemble du matériel en leur possession. Marco indique même que Charly a pu venir régler le loyer dans les fins de mois difficiles ! On peut avoir une image idyllique de La Bourboule... Mais on l'a déjà écornée dans le première partie, et en plus de Charly, on me rapporte qu’un fils de commerçant est arrêté pour une affaire de cocaïne dans cette période, que tel autre a eu également des soucis, ou encore qu’à Ussel, c'était deux Boubouliens qui venaient commercer le mercredi après midi avec les lycéens, se rappelle Jean-Pierre. Guerre des sources, trafics, commerçants avisés ou avides, sans parler de la période vichyste, la cité nouvelle est aussi un far-west (une ruée vers l'eau pour un âge d'or, de courte durée). On n’ira pas jusqu’à dire que Murat aimait les westerns à cause de cela…
Comme on l’a raconté, Charly semblait déjà surveillé par les forces de l’ordre en août 78, il est vite arrêté et est condamné à une peine de prison - assez courte mais Clara n'en perd pas moins un bienfaiteur. C’est de Charly que Murat parlera plus tard dans « A la dérive » (et non des Plexiglass, cf la partie 2) quand il évoque un copain qui serait mort en ramenant de la marchandise de Colombie sur un bateau (avec deux autres potes). Cela tient peut-être de la rumeur ou d'un racontar cachant un exil à l’étranger… Mais ceci ne nous regarde pas, même si une imagination débridée (on est bien dans le domaine de l’imagination) s’amuserait à relier tout ça à la mésaventure du commissaire clermontois arrêté au moment de récupérer des statues précolombiennes… remplies de cocaïne. C’était en 1986. PS: Thierry Soustre indique pour rajouter une couche que JB Hebey avait une maison en Corrèze ou pas trop loin, et il se demande s’il n’avait pas pu avoir une connexion de ce côté-là… sans parler que Jean-Louis était copain avec Faran de RTL, collègue de Hebey dans les années 70… Ardisson avait l’info dans ses fiches, même s'il parle de RMC au lieu de RTL ! (Marco cite aussi le nom de Hervé Muller, l'ami de Jim Morrison).
Quand on évoque cela avec les Plexiglass (qui fréquentent les Ecuries à un moment où Charly est peut-être déjà en taule), ils tombent un peu des nues (comme Dominique Cartier) : José «ah ben tu vois, j’étais vraiment loin de tout ça. Je ne suis pas rentré là dedans, et on ne m’a pas fait rentrer non plus. Et je ne voyais pas un environnement trop malsain, même aux Ecuries. On a entendu des histoires de prison mais pour moi, c’était des petits. Ce n’était pas méchant. Je me rappelle de Bernard et Christophe avant le concert au Casino qui m’ont proposé d’aller fumer avec les gens de Clara, mais j’ai dit que je n’avais pas besoin de cette merde pour avoir la pêche sur scène ». Petits larcins, petits trafics, concerts… C’est surtout la débrouille, les membres de Clara et leurs compagnes travaillent… et l’ensemble est loin de pouvoir les faire rouler sur l’or. Les témoignages sont unanimes.
En tout cas, les choses sérieuses ont été lancées :
Marco : "Ca a été laborieux pour avoir le théâtre, mais on a réussi et gratuitement. Une salle plutôt pas mal avec une bonne acoustique, j'étais à la console".
José : « Après, voilà, ça a été rapide. Donc très rapidement, j’ai assisté à la venue de Hebey avec William Sheller à la salle des fêtes de la mairie. J’étais présent. A l’entrée, côté gauche. Je revois Sheller entrer et passer par la latérale côté droit. Habillé de noir, un petit bonhomme. Il était accompagné de sa manageuse, ou... une femme. Ils étaient là tous les trois. Personne ne le savait, sauf nous, ceux des Ecuries, même si le concert avait été organisé exprès. Si ça s’était su, il y aurait eu plus de curieux car Sheller était au sommet de sa carrière. C’était assez intimiste, les gens assis, peu de monde. C’était un moment un peu solennel, important et nous les petits ados punks, on est resté calmes et bien sages. Il n’y a pas eu d’autres concerts là-bas, c’était occupé par la troupe de Marie-Jo Weldon [cf partie 1] et la mairie avait dû accepter exceptionnellement ».
Jean-Pierre lui se remémore quand même une affluence correcte - et d'une camarade de la Bourboule qui se tourne vers lui pour lui dire ironiquement: « Ecoute, ça, c’est de la musique !". "Sheller and co étaient arrivés en retard, ils se sont tenus un peu à l’écart à droite. Effectivement et ce n’était pas très rock and roll, quelques applaudissements de politesse ». Murat dans Platine ne raconte pas un concert mais une journée entière de répétitions à laquelle les deux Parisiens auraient assisté.
Le fait est que cela a fini par convaincre Hebey et Sheller, qui a gardé des décennies la cassette, avant de la renvoyer à Jean-Louis selon ce dernier dans les années 2000… Sur ce rendez-vous bourboulien, on n’a pas de date précise, malgré les tentatives de trouver des indices dans les mémoires (faisait-il chaud/froid ?, les vêtements etc.). On situera donc l’événement dans le deuxième semestre 79. Il faut ensuite que Sheller embarque la troupe (Clara 2 -avec Alos - pour Londres).
Mais où en étions-nous avant ce flashback embrumé ?
Printemps 80 ? Dominique Cartier est dans le studio précédemment occupé par JF… et il est venu avec son amie qui deviendra sa femme : Fabienne Assaleix (avec leur rencontre assez récente, elle peut situer l’arrivée à la Bourboule début 1980, mais « il faisait beau », elle s’entend bien avec la sœur de Jean-Louis qui lui trouve un job dans un magasin de sport). Dominique indique que Jean-Louis avait déjà dû lui dire qu’il était un bon bassiste avec les Sales Gosses, et que, de toute évidence, « cela pouvait aller plus loin » qu’avec son groupe punk adolescent, lui qui était déjà décidé à consacrer sa vie à la musique (ce qu’il a réussi : il a joué puis il a occupé des fonctions techniques, parfois sur des tournées mondiales). Jean-Louis l’impressionnait : « Il s’enfermait là-haut, dans son studio avec son grand poster de Marvin Gaye, et il pouvait ressortir avec un album entier. Il nous faisait écouter, Alain faisait des solos, je travaillais les lignes de basse et voilà ». Ca représentait quand même un saut dans le vide pour lui et il avait vu comment Clara fonctionnait : « Quand on est monté les premières fois, j’ai vu comme c’était dur pour les membres du groupe. Jean-Louis, il se débrouillait, il était du coin, il avait de la famille, mais les autres… c’était la débrouille. Et voilà, ce n’était pas un groupe, c’était le projet perso de Jean-Louis, on le savait». Par la suite, il ne se rappelle pas avoir reçu de l’argent pour des concerts : « on m’emmenait, on me ramenait. Je me rappelle de Marco qui vivait là aussi, le frère de Jean Esnault, Henri, qui venait souvent, Sergio Brut, le propriétaire. Je n’ai pas de souvenir d’ados, à part Christophe Pie qui venait écouter, il ne laissait pas entrer tant de monde que ça. Jeannot, je n’avais pas l’impression que ça le branchait plus que ça. Il avait ses activités à côté, je le revois avec son grand imper, et son cocker, très clean ».
Cette arrivée suscite la création de Madame Atomos, un groupe de filles pour « faire le support », peut-être plus en adéquation avec Clara que les ados vociférants de Plexiglass. Marie Audigier est au clavier, sa sœur Agnès à la batterie, et Fabienne à la basse. Comme d’habitude, les ados sont témoins : José « Un groupe de filles, oui, je me souviens que j’étais là quand elles avaient démarré le groupe, je me souviens de la nouvelle qu’elles montaient le groupe. Après je n’ai pas trop de souvenir de concerts. Il y avait un synthé. Marie était très dynamique, Jean-Louis, s’il a pu tenir le choc, c’est qu’elle était là ». Dominique : « j’avais appris quelques lignes de basse à Fabienne, mais trois fois rien. Ca n’allait pas trop loin. Ca a été sa seule expérience, même si elle joue encore un peu de temps en temps".
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Agnès, quelques temps plus tard, représentante de la team Education nationale bien fournie dans la famille rock clermontoise
Un petit cadeau de Dominique : un aperçu du jeune trio qui était bien dans l'air du temps:
- 12/07/80 : Serge Pantel : « Je crois me rappeler d'un concert en Corrèze organisé par Mickey "La Graula" avec High School, Fromage ou Dessert - le premier groupe de Papelard qui connaissait bien l’organisateur- et ... Madame Atomos ». Un autre membre des High School, Thierry Soustre, a un souvenir plus précis : il allait être papa, le groupe était aussi programmé le lendemain en Haute-Loire, et il a passé une nuit blanche pour passer un moment avec sa femme avant de repartir. C’est lui qui fixe la date au 12/07. « Il y avait dix groupes, car ça devait durer de l’après-midi jusqu’à minuit. Ils n’en avaient pas trouvé assez, et c’est moi qui ait rappelé Clara pour leur proposer de jouer, et ils sont venus avec le groupe de filles ».
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L’organisateur « Mickey La Graula » tenait un bar que les locaux appelaient « la Graula » et la discothèque «L’écureuil» dans le même lieu, au bord du lac de la ville de Marcillac La Croisille, charmant lieu de villégiature, près d’Egletons. Il organisait donc des concerts, High School était déjà venu souvent et ils avaient même enregistré leur disque dans le village et fréquenté la discothèque. « Mickey était fou de musique, aimait chanter, il a repris une affaire sur Clermont et a eu un grave accident de voiture » me raconte JP Haddou. Les Madame Atomos n’ont pas beaucoup de souvenirs, sauf du lieu magnifique et pour Fabienne, de sa peur qui faisait tambouriner son cœur sous son tee-shirt (elle nous raconte elle-même ce souvenir qui avait été raconté chez Didier Le Bras par Dominique). Thierry Soustre lui dit que la météo est épouvantable, ce qui oblige à quitter le charmant espace de loisirs de Marcillac, qui a été tout clôturé de palissades, pour une salle des fêtes. Thierry donne le chiffre de 1500 personnes qui se seraient déplacées. Dans nos critères actuels, l'affluence peut être jugé excellente pour un festival sans têtes d’affiche nationales, mais le double était attendu, et Madame Atomos et Clara jouant l’après-midi, l’ensemble des spectateurs n’était peut-être pas encore là. On me confirme l’anecdote racontée par Dominique Cartier chez D. Le Bras : « L’auditoire, comme souvent pour les premières parties, n’était pas très attentif. Jean-Louis monta sur scène pour apostropher le public et leur rappeler le respect dû aux musiciennes! ». Comme Serge, Thierry a beaucoup aimé Passions privées et était là à Clermont pour le concert, avec Jérôme Pietri, Christophe Pie, et « c’était vraiment excellent », mais il n’a plus eu l’occasion de rencontrer Jean-Louis. Thierry, qui était prof, a continué les groupes de bal et depuis 30 ans est avec des compos avec les Doc Martine. Il a un studio et se consacre toujours, à l’heure de la retraite, à la musique.
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- C’est bien tôt la fin de notre histoire… Laissons parler Jacky Stadler (cf l'article précédent) pour lancer le dernier épisode :
"Je vais essayer de fouiller dans ma mémoire pour parler de ma relation avec Jean-Louis.
Je l’ai connu dans les années 70, en 75/76 je pense, à vérifier. C’était un proche copain d’un de mes amis auvergnats venus s’installer à Thonon les Bains, Gérard Guillaume, malheureusement décédé également. Ils étaient tous les deux de La Bourboule et donc on a fait connaissance. Il me semble, mais à vérifier, que l’on s’est rencontré la première fois à Thonon avec Gérard.
Si mes souvenirs sont bons, il était avec sa première femme, (Martine ?? [Michelle] pas sûr que je ne confonde pas avec celle de Gérard !!), son fils et le fils de Gérard également.
On a bien flashé et finalement on s’est retrouvé à aller régulièrement, pendant les vacances, planter la tente à la Bourboule.
A l’époque, Jean-Louis Bergheaud habitait avec des potes dans une maison, je crois familiale, où on a pu participer aux débuts de Clara.
[épisode du concert vers Annemasse racontée plus haut]
Ensuite j’ai déménagé à Reignier (7 kms plus loin !) en mai 80 et j’ai eu l’idée d’organiser un festival dans un lieu super, La Plaine Des Rocailles, un endroit truffé de blocs erratiques datant du glacier qui se trouvait dans le lit de l’Arve actuel (il y a quand même quelques milliers d’années !), bordé de pins parasols et surtout avec un bloc plus gros que les autres (le Crêt Pelé) au pied duquel on a installé notre scène pour le premier numéro du Festival des Rocailles le 5 septembre 1980 avec en vedette : Ultime Atome, évidemment.
Tout s’est bien passé, donc on a remis ça l’année d’après avec Wapassou, Clara et Madame Atomos. Une partie de Clara, avec Jean-Louis évidemment, a dormi chez moi comme lors du premier concert et une autre partie sous la tente. Je ne me souviens les avoir payés, défrayés oui, mais on s’entendait tous bien donc c’était beaucoup pour le fun. Jean-Louis était beaucoup plus cool, même si son mauvais caractère était déjà là ! Le festival a toujours été autofinancé, et pour pouvoir l’organiser l’année suivante, on organisait des bals tous les samedis, des réveillons du 31 etc.. En gros on ne roulait pas sur l’or.
On a quand même réussi des magnifiques programmations (Catherine Lara, Les Rita Mitsouko, Jacques Higelin, Les Béruriers Noirs ou Noir Désir) et ça a duré pendant près de 20 ans ! (En 1989, j’ai programmé MANIACS, le groupe de Stéphane Reynaud [qui avec The Needles de Fred Jimenez étaient les deux groupes qui marchaient forts dans le bassin lémanique]
- Quoi ? Septembre 1981 ? Mais c’est une information totalement étonnante ! Après son premier 45 T !!
- Je suis sûr à 100 %"
Cette certitude - assez représentative des difficultés de la récolte de ces témoignages - qui constituait un scoop a été transmise notamment à Dominique Cartier qui est prêt à admettre cette date… Mais en retombant sur le travail de Matthieu sur ces événements, et notamment des articles sur l’édition de 1981, les certitudes de Jacky se craquellent et il parle alors de l’édition de 1982 avec Bill Deraime ! Or là, c’est totalement exclu ! C’est donc bien en 1980, même si la presse ne parle pas de Clara, que le groupe atteint la Haute-Savoie, face caméra / coupez (il semble toutefois que "Le cafard" n’évoque pas cet épisode, mais des souvenirs plus anciens).
Un article sur 1981, les recherches sur 1980 faites par Matthieu n'ont rien donné. Le festival a bien évolué ensuite, et une nouvelle équipe a essayé encore il y a peu de reprendre le flambeau.
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Le lieu : avant/après et pendant
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Malgré ce site bucolique et paisible, un violent crêpage de chignons va survenir entre Clara et Madame A.
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Ce qui s'est passé là a été raconté dans le texte promo du LP Murat de 82 par un autre Haut-Savoyard, Gérard Bar-David (le gig avec Les Dogs était mentionné, mais on n'avait pas de date-cf article précédent...)
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« Clara partageait la scène et la vie avec Madame Atomos, composé des nanas des musiciens. […] Clara monte à Paris pour un concert aux studios [RTL]. Mais un soir de festival dans les Alpes, les deux groupes splittent simultanément : le bassiste et la bassiste se sont esquivés de concert."
Que s’est-il passé ? Dominique nous raconte que ça a été violent avec Jean-Louis. « Il m’a engueulé et je l’ai envoyé chier. Je suis un peu plus grande gueule qu’Alain. On m’a dit que ça avait peut-être été suite à un truc avec ma femme [ils sont toujours mariés et elle est partie avec lui], mais il m’a bien frappé. Il a failli me casser le bras. Quand j’étais à ma voiture, j’ai pris un grand coup de pied de Charley. Ca, je m’en rappellerai toujours. Il était violent quand même un petit peu. On m’a raconté qu’Alain avait pris la basse, et Clara a pu jouer [premier concert en trio!!?]… mais pas Madame Atomos, puisque Fabienne s’est enfuie avec moi, c’est elle qui conduisait ». Fabienne se rappelle, quant à elle, de Marie et Agnès qui étaient bien remontées contre elle également, et finalement qu'elle était soulagée de ne plus être dans cette ambiance. « On était très jeunes, on était un jeune couple, ça faisait beaucoup, on vivait tous ensemble, c’était dense en émotions diverses et variées ». Le tout bien sûr avec un peu de fumettes pour embrouiller tout ça (mais rien d'autre, précise Dominique).
Dominique : « Je n’ai jamais récupéré tout mon matos, j’avais laissé une basse toute neuve sur laquelle je n’ai jamais joué (bon, maintenant, j’en ai une trentaine, ça va)… Il était comme ça, le Jean-Louis. Un bon voleur »... Pour finir sur une blague, quoi que... Cela ne pouvait pas marcher de toute façon entre Jean-Louis et Dominique, ce dernier n'était pas un auvergnat, ni même un montagnard... mais un chti!
Après, Dominique rejoint Nuit Blanche avec JF Alos à la guitare, qui finit là aussi par en avoir marre, et c’est la création de FOLAMOUR qui fut une belle aventure durant 15 ans – découverte du Printemps de Bourges et tournées européennes. Spliff évoque « Un chanteur hors du commun [entre] Jim Morrison et Graham Parker ». Le couple Cartier reste proche un moment de JF et de sa campagne d’alors, Françoise Bergheaud. La hache de guerre est enterrée pour un seul soir de 83, : Murat vient jouer avec Nuit Blanche, Armée Rouge lors de la soirée de lancement d’un disque de Tachycardie de Patrice Papelard au Club 3000… On a déjà évoqué les bœufs, certains soirs avec Murat, qui avaient lieu là bas avec Jack Daumail. Dominique est resté longtemps en colère contre Jean-Louis, coupable aussi à ses yeux de lui voler sa ligne de basse sur « La débâcle » dont la musique était bien esquissée dans une chanson de Clara « Balle de ficelle ». Murat, par contre, lui adressait par ami interposé - Eric Toury- des mots doux teintés de sa nostalgie bourboulienne : « Dominique est le meilleur bassiste avec lequel j’ai joué ». Ce n’est pas pour autant qu’il l’a invité lors du concert Clara pour les koloko, Dominique y serait allé avec plaisir. Ces petits mots doux m’évoquent ceux que Murat prononçait aux oreilles des journalistes leur attribuant, les uns après les autres, le talent et le mérite d’être un jour son biographe officiel. D'ailleurs, pour Marco, c'est clair : "il n'aimait aucun journaliste!".
EN 2017 - site internet de Dominique avec des morceaux de Clara dont "balle de ficelle"
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Sur cet épisode, terminons sur un souvenir plus gai du encore tout jeune Christophe Pie. Tout en indiquant qu’il avait dû faire 2/3 concerts seulement avec Clara - on en a donc trouvé deux -, dans le petit lait musical, celui qui était un peu complexé par sa taille, racontait que ce soir-là, un très grand gaillard, barbu, cheveux longs, impressionnant, l’avait comparé à John Bonham… et il n’avait pas osé lui demander qui c’était ! Il est allé demandé quelques minutes plus tard à Jean-Louis et Alain. "Le batteur de Led Zeppelin"... ah ok… et il est devenu par la suite, comme pour nombre de batteurs bien sûr, l’une de ses références. Mais en ce mois de septembre, il va reprendre le chemin du lycée... Ce sera de courte durée.
Et Jean-Louis disparaît de La Bourboule. Alain y reste encore un peu.. D’après José Pereira, même lui n’a pas de nouvelle….
C'est la fin du début....
Epilogue 1 : Si quelques actes de filouterie sont à mettre sur le compte de la bande, la revente du camion Ford a été une très bonne affaire… pour l’acheteur ! Il nous l'avait raconté il y a plusieurs années: "J'avais été voir le fourgon dans une grand bâtisse vers Issoire, à Sugères, tout le groupe "Clara" était là, ils répétaient et "fumaient" mais ils vendaient le camion car ils arrêtaient le groupe et Murat commençait sa carrière solo ! C'était une grande maison avec une longue allée de platanes pour y arriver. Marie nous avait offert de la liqueur de mûres ou framboises qu'elle faisait elle-même. C’était l’été. J'avais acheté ce fourgon 7500 francs, je l'ai aménagé en "camping car" : isolation, lit pliant, table, et déco, j'ai fait les bords de mer de la moitié de la France avec, ensuite un copain me l'a racheté 12000 francs 2 ans plus tard ! c'était une bonne affaire ! ». Fred retrouva Jean-Louis quelques temps plus tard. Ils étaient presque voisins quand Jean-Louis habitait rue Jean-L’Olagne. « On se trouvait souvent aux puces " brocantes " place du 1er Mai à l'époque puis aux Salins ». Vu que des répétitions à Sugères ne disent à rien à Dominique Cartier, il est possible que cette épisode date de l’été 1981, et que Murat répétait non pas avec Clara, mais avec Alain et d’autres amis.
Epilogue 2 : 7 Juillet 1981, le 45 Tours « Suicidez-vous le peuple est mort » sort.
Alain Bonnefont a participé à l’enregistrement mais Jean-Louis juge bon de faire table rase du passé dans un article signé par Jacques Moiroux et Agnès Audigier, paru dans le fanzine local lu par les musiciens du coin : « j’en avais marre de bosser avec des gens qui foutaient mes morceaux en l’air »… même s’il dit "vouloir être entouré de musiciens, forger une bonne condition de vie de groupe ».
Voilà, le Jean-Louis devenu Murat plein de contradictions est déjà là…
PROLONGATION CROCHET DEBORDEMENT sur 1982- "C'EST LES SOLDES SUR L'INEDIT" CAR VOUS AVEZ ETE SAGES- - pas gentils en revanche car je n'ai pas eu beaucoup de commentaires.
Avec la sortie d'un disque, le plus dur n'est pas fait... On a déjà parlé d'un certain nombre de choses ici mais un document supplémentaire mérite d'être rajouté concernant JB Hebey.
Voici ce que François Ravard raconte dans son livre de 2021 écrit avec P. Manoeuvre (qu'Hebey ne porte pas dans son coeur; il le mentionne défavorablement dans Coups de tête en 2015)
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Il est donc indiqué que Hebey propose au manager de Téléphone de rentrer dans les affaires du groupe et en échange de diffuser plus souvent leurs morceaux ! Une petite recherche sur internet vous permettra de voir rapidement que la sous-édition n'est pas vraiment faite pour cela (cette petite page me semble intéressante) et qu'il s'agit d'une filouterie. Que certains deals se fassent entre radio et labels, certes, mais qu'un animateur essaye de se sucrer, c'est autre chose! Il est mal tombé, Ravard est un malin, on a eu l'occasion de le souligner dans notre article sur les années Virgin : Téléphone est l'un des premiers groupes à conserver ses droits d'édition et Ravard s'installe dans le même bureau que Philippe Constantin, le célèbre éditeur, en 1979 (et il s'est aussi formé auprès du célèbre Jacques Wolfsohn, éditeur de Johnny - notre article sur lui-, Françoise Hardy, et Dutronc !).
Je pense qu'il est utile de reciter ce qu'on disait en février 2015 sur le blog (cet article reprenait déjà une interview de 2012) :
"Concernant HEBEY, dont une retranscription d'interview téléphonique de près de 10 pages figure dans Coups de tête, on avait peu d'informations. Mais pourquoi doit-on prendre ses déclarations avec recul? (Bataille ne fait, lui, aucune enquête journalistique pour mettre en perspective ce portrait peu flatteur humainement dressé par Hebey).
MICHEL ZACHA nous avait déjà éclairés et je lui ai demandé de réagir. Il ne fait pas partie du "cercle rouge" des amis de Murat, selon l'expression de Sébastien Bataille, donc pas d'intérêt dans l'histoire.
Voici donc ce qu'il nous disait en mars 2012 (il est curieux que Bataille ne l'évoque pas, puisque ça se trouvait facilement sur google) :
Concernant Murat, un flot de questions : je n'avais pas tilté sur ce label "sumo"... un label mais qui ne faisait ni production, ni distribution? donc à peu près rien?
ZAC: C'était justement le label qu'avait créé J.B. Hebey pour coincer Murat (contrat de cinq ans, édition et tout le bazar... sans aucune structure conséquente). En effet, il avait été l'un des premiers à avoir entre les mains le 45 tours "Suicidez-vous le peuple est mort ". Murat à l'époque ne connaissait rien au showbiz et mettra plusieurs années à s'en débarrasser.
- Constantin n'a pas joué de rôle à ce moment là ? Où bien était-il le supérieur de Dejacques?
ZAC: Dejacques qui était un free-lance arrivant en fin d'une longue carrière, et déjà malade, avait accepté la sécurité d'un poste de directeur de la production française salarié chez EMI. Constantin, lui, gérait les éditions. Ils faisaient partie de ces quelques rares personnes infiltrées dans les structures rigides du "métier" de la variété qui avaient de l'oreille, un véritable amour pour les créateurs et défendant véritablement les artistes sur le long terme.
Des alliés et des amis : en 1976 le directeur artistique était Michel Poulain (Michel Bonnet directeur général) qui, intelligemment, nous laissaient faire. EMI avait du blé à l'époque, car l'argent gagné avec les Beatles... ou Tino Rossi restait dans le secteur du disque et servait à produire de nouveaux talents et pas à engraisser des trust mondiaux. C'est justement grâce à ce système qu'ont pu exister chez Pathé de gens aussi différents que Manset et Yves Duteil. l'intégralité de l'interview de ce grand personnage de la musique, ami de Desproges, Choron, Kent, Higelin....
Voici ce qu'il m'a écrit après la lecture des propos d'HEBEY, avec une anecdote sur Julien Clerc (ils ont joué Hair ensemble).... :
"Décidément Jean-Bernard Hebey est un... !! Son interview pue. Ce mec n'a jamais rien compris au rock'n roll. C'est le show bizz dans toute son horreur, celui que j'ai fui toute ma vie, celui qui a tué mon ami Constantin. Ses critères de "réussite" sont d'une bêtise insondable. Du fric, un "arrangeur", des requins de studio payés à la séance, avec quart d'heure syndical et tout le toutim. Puisque Hebey parle de Julien Clerc, je me souviens d'une conversation, à la table du resto où allaient dîner les ingé-sons et les musiciens quand ils travaillaient aux studios d'EMI, Pont de Sèvre. Julien était en train d'enregistrer et son arrangeur, le célèbre Jean-Claude Petit a eu cette aparté qui résume tout : si seulement Julien ne jouait pas du piano dans ses chansons… Beuurrk ! disais-je.
Un monde de "professionnels" dont le seul but est de se faire le plus de fric possible en pressant le citron, pardon les "artistes". J'n'ai pas trop envie d'en rajouter.
La seule VÉRITÉ puisque moi, j'y étais, c'est que, pendant toute la durée de l'enregistrement des fameux 6 titres (Murat - Sévices amoureux - Cassis mouillé - Les hanches de daim - Les militaires - Le cuivre) au studio de Flexanville en 1982 avec Vincent Chambraud, et pendant les mixages au studio 2 d'EMI avec Claude Wagner, je n'ai JAMAIS VU Jean Bernard Hebey. Point barre.
Qui était mon directeur artistique avant de diriger l'artistique d'EMI ? Claude Dejacques.
Qui était mon éditeur chez Pathé Marconi, avant de devenir mon ami et complice pendant des années ? Philippe Constantin. Et c'est donc Claude Dejacques et Philippe Constantin qui ont tout fait pour que Bergheaud se débarrasse de Hebey et de SUMO (même le nom du label est révélateur).
Qui était allé enregistrer en 1973 son deuxième album dans un nouveau studio complètement inconnu à l'époque, "The Manor" que venait d'ouvrir un autre inconnu: Richard Branson ? Ma pomme ! Qui est-ce qui a créé, rue de Belleville, "Clouseau Music" en 1978, financé par… Richard Branson, dans le but de créer la première tête de pont "Virgin" à Paris ? Philippe Constantin.
Ce n'est donc pas par hasard que Murat, avec son caractère de cochon et la réputation qui le précédait ait été reçu et signé par Virgin, qui lui a laissé TOUTE SA LIBERTÉ ARTISTIQUE et ce, pendant des années et sans parler "fric".
La boucle est bouclée non ? et Hebey ferait bien lui aussi de la boucler. :-)
Le seul jugement impartial que porte Mr SUMO sur un de ses confrères, c'est quand il parle de ce faux... Philippe Manoeuvre ! Il faut dire que Jean Bernard Hebey est un connaisseur en la matière".
Hop, on renvoie tout le monde à dos ! Salutations à Michel Z. qui coule une retraite heureuse!
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Encore une précision inédite : depuis 2012, depuis que le rôle de C. Dejacques a été mis en lumière ici, je m'interrogeais : pourquoi Murat ne parlait pas de ce passage et de l'intervention de ce grand personnage dans sa carrière, celui qui a travaillé avec Barbara, Gainsbourg, Bardot, Yves Simon et tant d'autres (Boby Lapointe que Murat aimait) ? Une hypothèse assez évidente : ça a été peu couronné de succès et il ne voulait pas de cette affiliation à la chanson française des années 50 et 60 (même si Claude s'est occupé d'Higelin également) ? Jean-Claude Pietrocola, qui s'occupait de Murat à Lyon lors d'une journée promo en 1982 dans le cadre de son rôle de délégué pour le quart sud-est de la maison de disque me confirme mon hypothèse (il était également manager de Nilda Fernandez, après s'être occupé du rock givordain-super reportag en lien) :
- Ils ont signé pratiquement en même temps chez Pathé-Emi, et c’est Claude Dejacques qui les a fait signer. Il avait fait un appel à l’intérieur de la marque EMI FRANCE pour créer « l’atelier du coq » pour réunir ses jeunes talents. Et on peut dire qu’il ne s’est pas trop gouré. Nilda F., Jean-Louis, Sapho, Jacquin... Et donc moi j’ai rencontré Jean-Louis Murat 3 ou 4 fois, je l’ai rencontré sur Lyon, sur Paris. C’était au début des années 80. C. Dejacques, c’était un grand producteur. C’était un personnage, un écrivain, il avait fait l’Indochine, je ne sais pas s’il n’avait pas été pris à Dien Bien Phu… Et il s’était évadé en restant 3/4 jours sur une montagne de cadavres, et il est rentré à pied en France, en passant par le Tibet ou je ne sais où, mais il en imposait..
- Il apparaît dans le film sur Gainsbourg, en personnage assez sage, et dans son livre sur la chanson, assez sobre… Enfin, ce n’était pas Delon... En tout cas, il a disparu des biographies officielles de Murat
- Et oui, on l'a oublié vite, Claude, il a écrit 5/6 bouquins notamment La nasse où il parlait de sa guerre, de cette bande de cinglés. C’était un personnage qui était connu, reconnu et apprécié. Et JLM, il était comme on l’a toujours connu, il avait ce phrasé, ses idées. Ca détonnait. Et Fernandez et lui, ils avaient un peu le même concept dans la tête, les idées, leur façon de voir les choses, de penser et de s’adresser aux gens, il y avait zéro concession.
- Qui était ce Jacquin?
- Un Auteur compositeur interprète du Gers, qui faisait du fois gras et vu qu’il crevait de faim, il montait à Noël et tout le personne lui achetait des foies gras ! Ah le show-business de l’époque , c’était quelque chose!
- Jean-Louis aurait dû faire un trafic de Saint-Nectaire ! On parle plus d'Hebey que de Dejacques dans le parcours de Murat… Qu’est-ce que vous pensez ?
- Oui, mais celui qui a fait signer son premier disque à Murat, c’est Claude Dejacques. Il y avait "Suicidez-vous le peuple est mort", et il avait deux autres disques dans mon souvenir. Bon, après il n’y a pas trop eu de succès pour lui et Nilda, il y a eu plutôt une reconnaissance dans le milieu de la presse. Et c’est après qu’ils ont quitté EMI qu’ils ont eu du succès, et c’était souvent le cas pour pas mal de gens avec EMI.
Avec Pathé, ils en ont tous chié, parce que personne n’en voulait en fait. On avait des attachés de presse très parisiens d’un côté, et puis il leur a fallu du temps pour s’affiner, et être dans le mouv au bon moment, et ils étaient aussi très en avance. Mais Jean-Louis, il a été vachement opiniâtre. Et encore lui, c’était une espèce d’icône d’une beauté incroyable ce garçon, petit à petit les gens ont commencé à s’attacher à lui, et il a eu le succès, il a fait du cinéma. Et il a envoyé chier tout le monde, clairement. Et puis, les gens en ont eu marre aussi, au bout d’un moment, « calme-toi un peu mon garçon ». Mais ça m’a scotché quand j ai appris son décès. On avait pratiquement le même âge, moi, je suis né le 24/01/1950.
Je me rappelle qu’il avait une chanson qui s’appelait Murat. On était sur Lyon, il devait faire un show case ou un truc comme ça, ça devait être avec Xavier Dubuc, à l’époque, toutes les filles étaient amoureuses de lui, et on était sorti sur Lyon faire un tour, et ce titre Murat, ça m’avait plu et moi, je lui chantais à tue-tête dans la rue, [de manière martiale] comme si c’était le Maréchal de Napoleon, il me regardait, il était étonné. Il parlait de son village et moi je lui chantais comme si c’était le maréchal qui partait à l’assaut avec sa cavalerie! [Jean-Claude fait une petite confusion dans le thème de la chanson]
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JC Pietrocola et Factory, et un autre musicien du coin qui à la retraite du côté de Pocé-sur-Cisse. article progrès
Je pense qu'on s’est vu pendant 2/3 ans. On a eu des discussions. Il était toujours très critique sur les gens. Il pensait que Claude Dejacques était vieux, c’était en partie vrai… en retard sur tout ce qui se modernisait et lui était très en avance. Mais ce n’était jamais péjoratif, méchant. il avait une analyse qui était plutôt bonne du milieu".
Il faut s'arrêter un jour, mais encore un petit bout d'article pour charger la barque d'Hebey, qui dit dans le Bataille que le couple Murat/Marie se l'est coulé douce à ses frais un certain temps. Dans Platine déjà cité, c'est Michelle Abraham que Murat remercie pour lui avoir permis de manger!
Saluons aussi Yves Bigot :
That's all folks!
SOURCES
Interviews:
- Roger et Marie-Louise Giraud, entretien le 23 mai 2024 à la Bourboule + phoner en décembre 2025
- José Pereira, phoner en novembre 2025 et messenger durant plusieurs semaines
- Jean-Pierre Gougnot, échanges sur messenger entre 2022 et 3/01/2026 (dont échanges avec José)
- Dominique et Fabienne Cartier, phoner en décembre 2025
- Marc Lespinasse, entretien en juillet 2025 pendant l'étape du Tourmalet ! (merci d'avoir raté ça pour moi) - Jean-Claude Pietrocola : phoner le 15/05/2024
Un grand merci pour votre disponibilité, notamment José qui a accepté d'exercer longuement sa mémoire. Ca a été agréable et émouvant de se sentir presque membre de la bande de La Bourboule durant quelques jours !
Merci pour les échanges via messenger, téléphone ou whatsapp, et la confiance accordée depuis plusieurs années pour certains : Christophe Adam, Serge Pantel, Jean-Paul Haddou, Jacques Moiroud, Thierry Soustre, Patrice Papelard. Et aussi Caroline Fournier (Alos), Christine Blanc, PJ Fontfrede, Anne-Françoise Sarger (une grande pensée pour vous), Fred Cohendy, Patrick Vacheron, Eric Morata (Les Sucquets), Eric Romera, Eric Toury, Christophe Rivet, Christian Lacroix (merci pour les Calexico!), et ceux qui prennent le temps de répondre comme Vincent Lamy (Eddick Ritchell d'Au Bonheur des dames), Philippe Manœuvre, JW Thoury de Bijou, Francis Zegut.
Merci Malika pour les infos médicales.
Merci particulier à Florence D. pour le soutien constant et les relectures.
Special thanks à ne jamais oublier : Pascal Loyer, sans qui tout aurait été différent et Matthieu Guillaumond, encore totalement partie prenante, 10 ans après. Son travail (les articles publiés, les documents et l'amour des musiciens auvergnats qu'il m'a transmis) m'aide toujours aujourd'hui, et son esprit de liberté et d'intégrité absolue est une lanterne toujours vive pour me guider dans les tempêtes.
Archives:
- Une histoire du rock - Clermont à Ferrand, 50 ans de bruits défendus à Bib City, Patrick Foulhoux, 2013, un, deux...quatre Editions culturelles, et les articles de Patrick pour 7 jours à Clermont
- Les jours du jaguar, Pierre Andrieu, Le boulon (entretien avec Marie Audigier, Alain Bonnefont)
- Jean-Louis Murat : coups de tête, Sébastien Bataille, Ed carpentier, 5 février 2015
- « Sorti de l'auberge » : Interview sur Dolores", Richard Robert, Les Inrockuptibles, no 71, septembre 96 (une grande pensée pour lui également, notre chanteur de Terres de France sur Aura aime Murat
- Emission "Top Bab", Canal Jimmy avec P. Manœuvre (Mars 2000)
- Emission radio "les Nocturnes" RTL, avec G. Lang (2009)
- Le Ramasseur de myrtilles, sélection d'interviews radio et télé, Patrick Ducher
- Un autre monde, Yves Bigot, Don Quichotte édition, Avril 2017
- "Couleurs Murat", Bayon, article de Libération, 15/02/88
- Revue JIM, journal intime du massif Central, N°4 -printemps 2003
- Revue Platine, octobre 2006
- Le petit Lait Musical de Christophe Pie (radio campus). Merci "p'tit Varrod" Thibaud Dechance (j'attends toujours ton petit mot sur Matthieu si ça te dit).
- Rappels : mémoires d’un manager, François Ravard avec Philippe Manœuvre, Harper Collins, 2021
- Les archives de La Montagne, Le Semeur hebdo qui ont été scrutés par Matthieu.
- Merci à la Fanzinothèque de Tours, le groupe facebook "les irréductibles" , le site 45vinylvidivici.net, Rock Made in France, et les sources disséminées via liens hypertextes dans les articles
- ... et le contenu du blog de Pierrot [google et "surjeanlouismurat + mots clef" est mon principal outil], souvent utilisé et pas toujours cité! A relire l'interview exclusive de Françoise Hardy : https://www.surjeanlouismurat.com/article-inter-vious-et-murat-numero-4-francoise-hardy-jean-louis-murat-2024-deces.html
[Merci à ma famille pour sa tolérance extrême, et à mon talon d'achille droit]
Un petit commentaire, ça fait toujours plaisir! A vot' bon coeur!
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