Un petit mot de restitution sur la soirée de mercredi m'est parvenu et j'ai hélas appris le lendemain que ca avait été diffusé en direct (désolé de ne pas l'avoir annoncé).. mais bonne nouvelle, la vidéo reste disponible.
Voici le petit compte-rendu:
Nous étions si nombreux ce mercredi soir, lovely hearts, cœurs battants : une salle comble pour Jean-Louis Murat, et la joie d’entendre ses silences attentifs, ses rires à la lecture des interviews (et aux apartés de JP Nataf !) son enthousiasme.
Emotion devant cette unité sur scène, où chacun fait entendre sa voix singulière, mais aussi où nombre de morceaux sont partagés – les rappels notamment, « Nus dans la crevasse », « Le lien défait » sont magnifiques. Si éloquents, le regard de Nesles écoutant ses camarades, son sourire quand ils sont acclamés.
Surprise, et plaisir fou d’avoir l’impression de redécouvrir un répertoire qu’on croyait connaître par cœur, avec une set list qui mêle les tubes joliment réarrangés (superbe « Si je devais manquer de toi » par JP Nataf, « L’amour qui passe », « L’au-delà », « Le mont sans souci », « Foule romaine »…) aux chansons moins souvent portées sur scène (Très émouvant « Dans la direction du Crest », « Oiseau de paradis », « Et le désert avance » magnifique en ouverture…)
Plaisir aussi d’entendre la voix de Murat par celle d’Olivier Bas – initiateur du projet, rappelle Nesles - qui lit une sélection d’interviews [sourcées]. Rapport au paysage - aux oiseaux, aux rivières - à la création, à son image, aux femmes : on y retrouve son humour et ses piques, mais aussi sa curiosité, sa capacité à admirer (avec un éloge du rap), et son sens des images, lorsqu’il dit par exemple qu’il voudrait que ses chansons vieillissent comme des meubles anciens, ou qu’il connaît tous les oiseaux par leur prénom.
Joie d’étirer ces moments en revenant devant le bar sur tout ce qui était si beau… Et « Accueille-moi paysage » … Et « Le troupeau »… « Le Pont Mirabeau »… Et même les sons qui nous ont accueillis en entrant dans la salle, entre les chants d’oiseaux chers à Murat et les jeux sonores de Nesles dans ses derniers concerts.
Immense gratitude pour ce désir si visible et généreux de faire vivre cette œuvre que l’on sent tellement vibrante en chacun. Pour nourrir ainsi notre admiration et nous faire à notre tour nous sentir si vivants et heureux.
Joie enfin de savoir que ce n’est qu’un début !
Merci, madame! Olivier Bas connu pour sa fonction de jury dans La Nouvelle Star, a connu Jean-Louis Murat à ses débuts à Virgin. Il était attaché de presse. Ayant pris les rênes de l'émission CD d'aujourd'hui, il avait tenu à mettre Jean-Louis Murat à l'honneur dans sa première émission.
Et voilà donc la vidéo disponible sur le fb de la Manufacture chanson pour découvrir ce vrai travail de groupe, avec des orchestrations et des chœurs soignées. Tout le monde a été ravi semble-t-il.
Edit:
Serge de Suisse a fait le déplacement:
Hello.
Je rentre de Paris et je te fais un petit compte-rendu de la soirée. Un concert très sympa, très pro et à la fois chaleureux. Des interprétations très originales de morceaux parfois très souvent joués (L'au-delà, L'amour qui passe, Au Mont Sans-Souci, Si je devais manquer de toi,...) et d'autres plus rares (Le troupeau, Foule romaine,...). Je ne connaissais pas tous les musiciens du Murat's Lovely Hearts Club Band, comme ils se sont appelés (!). Matt Low, vu au Week-end Murat, toujours aussi timide mais très bon à la basse. JP Nataf excellent, et les autres (Armelle Pioline, Vincent Mougel, Sylvain Vanot) très compétents et tous avec l'air d'être fort contents d'être là. Bref une très belle soirée même si je me sens toujours un peu étranger à tous ces gens et un peu perdu dans un public également étranger pour moi. Un seul bémol: les interventions d'un nommé Olivier Bas qui interrompaient les musiciens pour nous répéter les interviews parfois grinçants de JLM. C'était trop long, dans un concert on préfère .... la musique!
J'ai pris le temps pour restituer l'ensemble des archives du dernier week-end Murat, yes sir, 3e édition, au fotomat (Clermont-Ferrand), le 20 et 21 juin dernier. Il y avait une forme de rétention peut-être ou l'envie de faire perdurer un peu ces souvenirs. Et puis, je me suis mis à attendre les occasions. Et voilà, celle qui nous permet d'en terminer : un concert des PORCO ROSSO du camarade YANN GIRAUD. Ce groupe qui s'était illustré sur du Murat il a bien des années renaît de ses cendres.
Vous pourrez donc les retrouver le 23 mai prochain avec Fieldscape à L'Armony (Montreuil) - métro croix de chavaux
Et c'est donc l'occasion pour : Revenir sur les prestations de Yann Giraud lors du dernier week-end ! En plus de jouer sur scène, il avait également la charge de la conférence qui ouvrait la soirée de samedi, du fait de sa qualité de chroniqueur musical, notamment dans Crossroads revue dans laquelle il a signé une discographie importante en septembre 2009. Celui qui est aussi professeur d'économie est parti sur ce terme, une façon de nous parler de la vision/posture/profession de foi "indé" de Jean-Louis Murat. Voici une petite lecture (la conférence a duré une petite trentaine de minutes).
(Je réalise que la sortie du live "Tour de France 2022" le 22 mai fournissait également une "occasion"... car cela illustre très bien les propos de l'auteur) (PS: La première conférence de 2023 par Pascal Torrin imprimée en livret doit toujours être disponible au bar du Fotomat! Et si vous êtes à Paris pour l'écoute du disque le 20 mai, je peux vous en livrer un pour 5 euros).
« L’économie morale de la musique de Jean-Louis Murat »
Tout d’abord, je voudrais remercier Pierre Venet (Pierrot) d’avoir organisé, une fois de plus, ce week-end et de m’avoir invité à vous parler de Jean-Louis Murat. Nos routes se sont croisées avec Pierre, d’abord au gré des forums consacrés à JLM, puis ensuite lorsqu’il a eu l’amabilité de me contacter pour parler de mon admiration pour Murat, en lien avec le groupe que j’avais alors — et qui s’appelle toujours d’ailleurs — Porco Rosso. Je crois que peu de blogueurs ou de chroniqueurs sur des webzines auront passé autant de temps que Pierre à promouvoir toutes sortes de projets musicaux auxquels j’ai participé. Malgré tout un tas d’engagements que j’ai en ce moment, je ne pouvais absolument pas manquer l’occasion de venir faire cette conférence et jouer quelques chansons. À cette occasion, je voudrais aussi remercier Antonin, sans l’enthousiasme duquel j’aurais encore pu trouver une ou deux raisons d’annuler à la dernière minute.
Cela étant posé, me voici donc coincé devant vous, et pour tout vous avouer, il y a encore quelques jours, je n’étais pas sûr de ce que j’allais bien pouvoir vous raconter. Lorsque Pierre m’a demandé il y a quelques mois si j’avais un titre pour ma présentation, j’ai été un peu pris de court et j’ai dit : « Think global, act local ? Murat entre autoproduction et ouverture au monde. » Hmm… Pierre a sans doute bien compris que ce titre, assez médiocre — il faut le dire —, n’allait pas faire recette, et il a donc préféré dire que j’allais parler de la musique de Murat, sans en dire plus. Bien lui en a pris, puisqu’entre-temps, j’ai trouvé un titre bien plus universitaire, et donc bien plus pompeux.
Avant de vous expliquer ce que j’entends par « économie morale », laissez-moi me présenter, vous dire de quel point de vue je parle. Je suis universitaire, professeur en histoire de la pensée économique à l’Université de Cergy. J’ai aussi écrit pendant quelques années dans Crossroads, un mensuel dédié à la musique, pour lequel j’ai rédigé une longue discographie commentée de Murat, ainsi qu’un entretien avec ce dernier au moment de la sortie de Tristan, en 2008.
Mais avant tout, comme la plupart d’entre vous, je suis d’abord un admirateur de Murat. Ce n’est pas parce que j’étais chroniqueur musical que j’ai écrit sur lui, mais bien parce que j’avais envie d’écrire sur lui que je suis devenu chroniqueur musical. À cet égard, je n’ai pas plus de mérite que la plupart d’entre vous. Je parcours les réseaux sociaux, je lis les posts des fans ici ou là et je sais que beaucoup d’entre vous sont plus érudits que moi sur la question. Les vrais Dolos, contrairement à moi, peuvent rectifier la date d’enregistrement d’un morceau ou d’un concert, vous dire la marque de la table de mixage sur laquelle il a été enregistré, retracer l’évolution des diverses variations de textes d’une même chanson à travers ses versions live successives. En ce sens, les Dolos font partie, au même titre que les musiciens, les producteurs, les tourneurs, le crew, etc., de cette économie morale dont je vais vous parler. J’y reviendrai en conclusion.
Pour ma part, je suis venu à Jean-Louis non pas à ses tout débuts mais au moment où est sorti Mustango — j’avais alors une vingtaine d’années — et j’ai tout de suite vu en lui une influence majeure pour le musicien amateur que j’étais, ainsi qu’une porte ouverte sur tout un tas de choses. C’est en écoutant Mustango que j’ai compris que je ne m’exprimerais jamais autrement qu’en français dans ma musique. Pourtant, Murat ne m’a pas vraiment initié à la chanson française ; il m’en a même dégoûté, tant presque tout le reste m’a paru fade et sans intérêt en comparaison. Je pense avoir à peu près partagé ses opinions sur ses « concurrents » et sa vision générale du milieu… à vrai dire, il n’y a que ses piques à Daho que je ne cautionne pas. Pour le reste, je reste persuadé que l’œuvre de Murat se situe deux ou trois crans au-dessus de toutes les autres dans la chanson française, et j’inclus notamment celle de Bashung, laquelle me semble très surestimée en comparaison — mais on pourra toujours en débattre. Je pense que le sillon qu’il a tracé en France est unique, que sa musique est un modèle par sa substance et par la démarche qui la sous-tend.
Murat n’est pas juste le créateur d’une œuvre de grande qualité : c’est aussi un pourfendeur de la médiocrité et, à ce titre, je ne peux m’empêcher de le comparer à un autre musicien disparu récemment, Steve Albini. Albini était le guitariste de Big Black et de Shellac, mais surtout l’ingénieur du son sur des disques tels que ceux de Pixies, Nirvana, PJ Harvey, Palace Brothers ou Songs: Ohia, et de tout un tas de groupes et musiciens dont la liste serait bien trop longue pour être citée. À ma connaissance, les routes de Steve Albini et de Murat ne se sont pas croisées, mais leur degré de séparation est infime. En 1997, Albini a enregistré (on ne dit pas « produit ») ce qui aurait dû être le deuxième album d’Elysian Fields, mais qui n’a jamais vu le jour. C’était donc quelques mois avant que Murat n’enregistre avec ces derniers pour Mustango. Albini est connu pour la qualité de ses enregistrements, au son mat et minimaliste, pour sa démarche résolument indépendante, et pour ses propos très acides sur le milieu de la musique. Son texte The Problem with Music, où il décrivait, chiffres à l’appui, la manière dont le principe de l’avance sur recettes exploitait les artistes indépendants — lesquels ne gagnaient pas plus qu’un serveur de restaurant pendant que toute une chaîne de l’industrie musicale se goinfrait sur leur dos — est considéré comme un classique du genre.
« Le groupe en est maintenant au quart de son contrat, a enrichi l’industrie musicale de plus de 3 millions de dollars, mais est à découvert de 14 000 $ sur les royalties. Les membres du groupe ont chacun gagné environ un tiers de ce qu’ils gagneraient en travaillant dans un 7-Eleven, mais ils ont eu le privilège de voyager dans un bus de tournée pendant un mois.
Le prochain album sera à peu près pareil, sauf que la maison de disques insistera pour qu’ils y passent plus de temps et dépensent plus d’argent. Puisque le précédent album n’a jamais été "rentabilisé", le groupe n’aura aucune marge de manœuvre, et devra s’y plier... Certains de tes amis sont probablement déjà dans ce pétrin. »
Quelques minutes avant de décéder d’une crise cardiaque, Albini avait posté sur les réseaux sociaux : « Le logo des Rolling Stones, mais ce serait un cul au lieu d’une langue, cela me donne une idée. » Tel était Steve Albini : un provocateur, un caillou dans la chaussure de l’industrie musicale. Mais surtout, et c’est sans doute ce qui rendait ses saillies acceptables, un artiste d’une grande intégrité, connu pour faire des disques avec un bleu de travail, à l’ancienne, sur du matériel analogique. Un travailleur acharné, qui considérait d’abord son art comme un métier. Au groupe anglais Placebo, qui l’avait contacté pour travailler avec lui et lui avait envoyé des maquettes du futur album, il aurait répondu : « Sortez les maquettes. » Pour Albini, il n’y avait aucun intérêt à essayer de polir une musique déjà enregistrée. Il fallait juste s’employer à capter le moment, ne pas trop se poser de questions. Feature it or fuck it — « intégrez-la ou jetez-la » — est une phrase qu’il répétait régulièrement aux musiciens hésitant à refaire une prise.
Il y a un parallèle évident qu’on peut faire avec ce qu’a dit Jean-Louis Murat, par exemple cette phrase recueillie en 2003 par Franck Vergeade :
« [S]i j’avais dix-huit ans, je me mettrais à l’anglais et je partirais aux États-Unis. Ça, c’est sûr. Quand tu vois comment ils font de la musique dans les circuits parallèles, c’est le rêve. La vie de musicien, c’est de pouvoir gagner trois cents balles en liquide en allant jouer cinq-six chansons dans un bar, et pas de s’agenouiller aux Assedic devant un enculé de fonctionnaire CGT qui veut t’en radier. »
Au-delà du ton et de la provocation, il y a cette idée de s’inspirer du modèle de « l’indie » américain, qu’il s’agisse du rock indépendant cher à Albini — que JLM va côtoyer sur Mustango — ou de la country outlaw de Johnny Cash, Waylon Jennings et consorts. Il y a cette idée qu’en musique, la nécessité devrait faire loi, qu’une forme de précarité — ou du moins de contrainte économique — n’est pas une mauvaise chose, mais un véhicule créatif. Murat a parfois affirmé regretter de ne pas avoir été un chanteur populaire. Il a dit être blacklisté par les Restos du Cœur, par les radios commerciales. Il a souvent parlé des chiffres de vente décevants générés par ses albums. Je ne doute pas qu’à certains moments, il se soit comporté avec certains attachés de presse ou cadres de maisons de disques comme une diva. Cependant — et je vais aller ici contre ce qui est généralement rapporté à son sujet — je pense qu’il s’est globalement parfaitement épanoui dans cette indépendance, qu’elle lui a permis de faire une musique qui a mieux traversé les années que celle d’artistes plus établis, et qu’elle lui a surtout permis de trouver une sorte de justification morale à sa démarche, véhiculant l’image de l’artiste travailleur dans un milieu essentiellement constitué de rentiers et dominé par une sorte de noblesse de classe : celle des grands comptes de la Sacem sortant un disque certifié or ou platine tous les cinq ans, pendant que lui, sur la même période, sortait quatre ou cinq disques — dont un double.
C’est cela que j’entends par « économie morale », terme que l’on doit à l’historien E.P. Thompson, et qu’il emploie par opposition à l’économie libérale de marché. Il s’agit de considérer que l’économie ne constitue pas seulement une série de contraintes matérielles et financières, mais aussi une forme d’adhésion collective à des valeurs qui dépassent les questions d’argent. Un exemple d’économie morale, c’est le milieu auquel j’appartiens : celui de la recherche — du moins lorsqu’il fonctionne bien. Les chercheurs, la plupart du temps, ne mesurent pas leur effort selon un calcul coût-bénéfice. Ils peuvent travailler pour des revenus relativement faibles par rapport à d’autres secteurs, tout simplement parce qu’ils pensent que la recherche scientifique ne peut être réduite à son utilité sociale.
Il me semble qu’il est possible de relire les interviews que Murat a données et de réinterpréter son œuvre à la lumière de ce concept. Murat a, bien plus que ses collègues musiciens, évoqué les contraintes financières qui pesaient sur son travail. Il parlait régulièrement des ventes de ses disques, de la difficulté à faire des concerts dans de bonnes conditions. Lorsque je l’ai interviewé en 2008, il expliquait notamment les raisons pour lesquelles il avait été amené à n’utiliser pratiquement que la Telecaster et un ampli à modélisation, le fameux Vetta Line 6. C’était juste plus pratique à emporter, moins onéreux qu’avoir un ampli à lampes. Il évoquait un ingénieur du son qui aurait endommagé son Fender Twin Reverb, car il l’aurait débranché avant que les lampes aient pu refroidir. Il insistait pour dire que ce dernier l’avait pris pour Jean-Louis Aubert, lui demandant s’il comptait reformer Téléphone !
Au-delà de la blague, ce type de posture avait pour but non seulement de se plaindre, mais aussi de légitimer une attitude d’indépendance, une certaine forme de valeur travail dans un monde qui serait profondément immoral et décadent. Même si ce type de saillie a pu le faire apparaître comme un chanteur porteur de valeurs « de droite » — sa critique de l’intermittence, de la Sacem, des syndicats, etc. — elle s’inscrit aussi dans une critique d’un capitalisme qui ne raisonne qu’à court terme, nuit aux carrières longues et ne célèbre que le changement et la nouveauté. Pour Murat, il existerait une sorte d’alliance objective entre un système de financement de la musique qui décourage l’effort et une industrie musicale dans laquelle il y a une forte concentration des profits.
Le travail, la prolificité dont il faisait preuve ne sont pas vus comme des conditions pour réussir, mais comme des garanties de qualité. Il insistait régulièrement pour dire que la réussite n’était pas possible dans le milieu de la musique. Il affirmait vouloir que ses enfants ne deviennent pas musiciens, qu’ils exercent plutôt une activité manuelle. Il critiquait les dynasties, les « fils et filles de », ironisait sur la peur qu’il aurait à ce que ses enfants se lancent dans le jazz manouche.
Une première conclusion est qu’il n’y a pas, contrairement à ce que l’on peut souvent lire dans les ouvrages qui lui sont consacrés — et même dans les témoignages de ses proches — de contradiction entre la qualité de sa musique et ses saillies provocantes dans les interviews ou sur des plateaux télé. Ces dernières auraient prétendument contribué à éclipser la première. Je pense au contraire que l’une et l’autre se complètent, qu’en se positionnant en pourfendeur de la médiocrité, Murat articule une proposition alternative et se réclame d’une certaine forme d’indépendance.
Cette attitude est totalement en phase avec ce qui se passait à la même époque dans le monde anglo-américain avec la montée du grunge et du rock alternatif, qui ne proposait pas seulement une musique nouvelle — inspirée du punk anglais et de quelques précurseurs comme Sonic Youth ou Dinosaur Jr. — mais aussi de créer un nouveau modèle d’indépendance censé balayer les dérives des années 1980 : la musique commerciale et le rock masculiniste. Bien sûr, ce mouvement a vite été rattrapé par le milieu mainstream et par les maisons de disques — c’est bien sûr dans ce contexte, quelques mois avant la mort de Kurt Cobain, qu’il faut lire le texte d’Albini — mais il a tout de même porté ses fruits, embarquant toute une scène alternative qui, sans connaître le même succès que Nirvana, va jouir d’un fort succès d’estime.
C’est dans ce contexte-là également que vont émerger des figures plus cultes, des niches musicales, comme cette fameuse scène americana ou roots rock à laquelle appartient le groupe Giant Sand. Ce groupe, qui va signer à la fin des années 2000 sur le label V2, créé par Richard Branson, est notamment connu pour sa section rythmique composée de John Convertino (batterie) et Joey Burns (basse), laquelle va former le groupe Calexico.
Giant Sand est le groupe d’Howe Gelb, un musicien multi-instrumentiste né en Pennsylvanie mais installé à Tucson, en Arizona. Fan de country, de Leonard Cohen mais aussi de punk rock, il crée sa propre version sudiste du rock alternatif de Dinosaur Jr., incorporant des éléments de musique mexicaine tout comme des expérimentations sonores. Les disques de Giant Sand sont souvent autoproduits, sortent sur de nombreux labels et dans une certaine indifférence, ce qui n’a jamais empêché Gelb d’être prolifique.
Sur le fond, la musique de Gelb mêle une certaine forme de sincérité — avec des morceaux bouleversants, comme ceux consacrés à son ami Rainer Ptacek, mort d’une tumeur au cerveau — et un esprit potache, avec parfois des jeux de mots et un goût pour une certaine absurdité. Même si, avec Mustango, Murat va surtout contribuer à faire connaître Calexico en France, il me semble que c’est Gelb qui est réellement son alter ego. Sur l’album de 1999, ce dernier n’a qu’un rôle secondaire, mais la paire enregistre tout de même un morceau, « Enfonce-moi dans l’édifice », qui sortira en face B et qui a toutes les qualités de la musique que Gelb fait dans ses groupes ou en solo.
Je pense ne pas me tromper en disant que certains des morceaux les moins sérieux sur des disques comme Le Moujik et sa femme (« Vaison-la-Romaine », « Baby Carni Bird »), Mockba (« Nixon ») ou Taormina (« Maudits ») ont une forme de familiarité avec le rock sudiste de Giant Sand.
Au-delà d’un goût commun pour le blues cabossé et une forme d’ambition littéraire, Gelb et Murat partagent aussi des manières de faire analogues. Aucun des deux, par exemple, ne voit la réalisation d’un album comme un travail qui doit être finalisé. Cette attitude a bien sûr des antécédents : Neil Young ou Dylan, par exemple, ne cherchaient pas à faire des albums, mais juste à trouver un débouché à leur créativité. Ils écrivaient sans cesse, et lorsqu’ils avaient suffisamment de chansons, cela donnait un disque. Peu de disques de Neil Young sont issus d’une même session : ce sont souvent des enregistrements épars qui sont rassemblés. Même un disque ayant connu un succès phénoménal comme Harvest n’est en réalité qu’une forme de compilation d’enregistrements réalisés avec différents musiciens, à des dates différentes. Il en va de même pour On the Beach, dont Murat est un grand admirateur.
Aujourd’hui, les archives permettent de découvrir des versions alternatives des morceaux de ces albums, ou de repenser la chronologie de leurs sorties dans les années 1970. On comprend, en écoutant des lives d’époque, que « Heart of Gold » n’était pas censée être une chanson en tant que telle, mais la seconde partie de « A Man Needs a Maid ». Gelb va s’inspirer de ce processus et le pousser assez loin. Il réenregistre parfois les mêmes morceaux des deux côtés de l’Atlantique, soit avec des musiciens de l’Arizona, soit avec des musiciens danois. Certaines de ses chansons sont enregistrées en studio, d’autres le sont dans sa cuisine. On entend son micro-ondes.
Murat n’est pas allé aussi loin — du moins pas sur des albums studio — mais certaines de ses maquettes, sorties sur Internet à la fin des années 1990 ou au début des années 2000, témoignent d’une démarche analogue. Les lives, également, sont souvent vus comme une manière de revisiter le répertoire. « Les jours du Jaguar » ou « Le mou du chat » sont accélérées ou ralenties. Elles peuvent durer deux ou trois fois plus longtemps que les versions studio ou, au contraire, être écourtées. Faire cela est également un pied de nez à l’attitude qui domine généralement en France, et qui veut qu’un artiste réalise un album très léché, très finalisé, tous les quatre ou cinq ans, et l’interprète fidèlement sur scène.
Une autre caractéristique de cette « économie morale » réside dans la volonté de faire bande. On pense bien sûr aux Rancheros, mais, d’une manière générale, on peut constater qu’il y a une certaine fidélité dans la carrière de Murat, au-delà des brouilles passagères. Denis Clavaizolle, qui met en sons les premiers disques de Murat avec leur spleen synthétique, va revenir pour produire ses quatre derniers albums, lesquels constituent une synthèse intéressante de ses années blues rock et des sons typés des débuts. Jusqu’à son décès prématuré, Christophe Pie sera régulièrement mobilisé. C’est grâce à lui que Murat va pouvoir réaliser ce qui était sans doute un fantasme pour ses fans : un disque sur lequel l’artiste trouverait un backing band local à sa mesure — le Delano Orchestra.
Malgré quelques accidents de parcours, la collaboration avec Fred Jimenez se poursuit et devait donner lieu à un nouvel album. Quand on regarde qui joue sur les vingt albums studio de JLM (je mets de côté les collaborations et les lives), on voit de grandes disparités quantitatives, puisque cela va de Tristan, où l’artiste fait tout sans le moindre collaborateur, aux vingt-deux musiciens de Mustango. Cependant, ce dernier, malgré un casting impressionnant — convoquant, outre Calexico, la scène downtown new-yorkaise gravitant autour du Tonic et de John Zorn —, fonctionne essentiellement parce qu’il bénéficie aussi de l’appui de fidèles comme Clavaizolle et Alain Bonnefont. Ceux-ci donnent à l’album une touche plus française, et peut-être plus spleenétique, qui permet de ne pas tomber dans les clichés de l’album-type du Frenchie qui va aux States — un écueil auquel, il me semble, Le cours ordinaire des choses, sorti dix ans plus tard, n’échappe pas.
Mustango n’est en effet pas un disque d’americana. C’est en réalité un disque de transition entre la pop synthétique mélancolique des débuts et le tournant blues rock de la série de disques qui suit. Si l’album est souvent considéré par les fans de Murat — et même par des personnes qui n’aiment généralement pas sa musique — comme un sommet discographique, il est loin d’être sûr que Murat l’ait lui-même vu comme tel. Nous l’avons déjà dit : Murat n’a pas d’inclination particulière pour le format album. Il n’a pas non plus particulièrement de nostalgie. Ni 2009 ni 2019 n’ont été l’occasion de fêter l’anniversaire de ce disque. Par ailleurs, en interview, Murat a souvent été critique de Dolorès, vu également comme un de ses chefs-d’œuvre, en affirmant que la production y était trop travaillée, que l’usage de Pro Tools avait nui à la spontanéité du disque.
Non seulement JLM a relativement peu réinterprété ce répertoire par la suite, préférant jouer ses derniers disques en date, mais il s’est en plus employé à privilégier l’immédiateté, en tournant le dos aux possibilités d’édition qu’offre la technologie numérique au profit de disques plus directs et enregistrés en quelques jours. Cette démarche va bien sûr de pair avec la nécessité d’enregistrer à moindre frais, dans un contexte où les maisons de disques ne peuvent plus financer de longues séances d’enregistrement, et où les artistes sont « invités » à s’autoproduire et à négocier avec les labels des accords de licence.
Si l’on a beaucoup affirmé que Murat avait pâti des chamboulements du monde de la musique — notamment des fermetures, fusions et restructurations de ses maisons de disques — on peut aussi dire que ce nouveau système lui a été bénéfique, puisqu’en réalité sa musique a toujours été autoproduite. La paire que Murat forme à ses débuts avec Denis Clavaizolle, sur des albums où les deux jouent 90 % des instruments et ne font appel qu’à quelques invités pour étoffer leur musique, précède de plusieurs décennies ce que font aujourd’hui des stars comme Lana Del Rey, Billie Eilish ou Taylor Swift, qui travaillent souvent en home studio avec un partenaire multi-instrumentiste et n’ajoutent des instruments qu’à la marge.
Aujourd’hui, même la pop mainstream qui bénéficie de centaines de millions d’écoutes est issue de l’autoproduction. En d’autres termes, tout est « indie », même le mainstream.
Bien sûr, cette « économie morale de la musique » s’est aussi heurtée aux rigidités du système à la française. Si Murat fantasme le modèle à l’américaine, où les musiciens passent de sessions d’enregistrement en concerts, il oublie que les musiciens outre-Atlantique ne bénéficient d’aucune sécurité sociale, d’aucune protection en cas de pépin. La facilité, la fluidité qu’il y a à pouvoir jouer avec d’excellents musiciens pour un coût souvent minime se paie par une très grande précarité. Si les musiciens ne s’arrêtent pas, c’est aussi parce que souvent ils ne peuvent pas se le permettre. Des maux de dos et des dépressions sont souvent la conséquence de cela. L’addiction aux antidouleurs, qui a emporté des artistes comme Prince ou Tom Petty, en est une illustration.
Ce que Murat a pu réaliser aux États-Unis avec d’excellents musiciens de session n’aurait sans doute pas pu être réalisé en France, et ce pour de simples raisons financières. Par ailleurs, le marché du disque français s’est avéré incapable d’absorber l’intense créativité dont Murat a fait preuve entre 2002 et 2007, et a fortiori à la fin des années 2010. Pour les derniers albums, l’économie de moyens est vraiment maximale. Elle génère en revanche des disques très originaux et attachants, qui ont sans doute été un peu mésestimés à leur sortie, et qui, espérons-le, seront redécouverts d’ici quelques années.
Ce qui m’amène à mon dernier point, qui, pour moi, est une partie importante de cette « économie morale » muratienne : le rôle du public et des fans. Murat a toujours eu vis-à-vis de ces derniers une attitude ambivalente. Il le disait en interview. Il estimait que son public se devait d’être exigeant, et qu’il exigeait lui-même beaucoup de lui. Comme certains artistes connus pour leur grande intégrité artistique — je pense à Dylan ou Lou Reed, par exemple —, Murat avait de bons et de mauvais soirs. Certains de ses concerts révèlent un ou deux moments de grâce au milieu d’une prestation moyenne. On peut reprendre les propos de Silvain Vanot, frère d’armes de Murat et spécialiste de Dylan, à propos de ce dernier : il y a des concerts où l’on plaint les absents, et des concerts où l’on aurait préféré être chez soi.
C’est souvent le cas pour des artistes qui cherchent constamment à revisiter leur répertoire et à ne pas jouer deux soirs de suite les chansons de la même façon. Ce type de démarche nécessite donc un public qui se transforme en passeur. La collecte systématique et la digitalisation des enregistrements de concerts existants — fussent-ils pirates — doit permettre de perpétuer l’œuvre tout autant que les disques officiels.
Une expression récurrente entendue lors du décès de Jean-Louis Murat a été de dire que son œuvre était inachevée. Je ne doute pas que JLM ait eu l’ambition de construire une œuvre – même si je dirais qu’il rêvait surtout d’être l’auteur d’un songbook, comme peuvent l’être les grands songwriters américains. Je ne suis pas sûr, en revanche, que cette œuvre n’ait jamais eu vocation à être achevée, quand bien même son auteur aurait sorti d’autres disques. Les disques de Murat étaient, plus que des œuvres finies, des jalons censés documenter sa créativité. Une forme d’insatisfaction permanente vis-à-vis de sa production était inhérente à son travail. L’œuvre ne sera donc jamais achevée, mais peut être complétée par la circulation de documents inédits, d’extraits de concerts, etc. Il y a sans doute des barrières pouvant freiner cette circulation, mais peut-être est-ce le rôle de l’Institut Jean-Louis Murat d’œuvrer pour les dépasser. Des bootlegs Jean-Louis Murat, sur le modèle de ceux qui circulent pour le Grateful Dead, ça aurait tout de même de la gueule.
L’autre chose à faire, c’est ce qui va se passer, là, dans quelques minutes : faire vivre sa musique en la reprenant, en la réinterprétant. Là, il va s’agir de ne pas trop la respecter. Il va falloir la bousculer. La chanter au vocoder, à l’auto-tune, en rap, en metal, en punk, etc. Bien sûr, il est normal de vouloir donner le nom de Jean-Louis a des lieux évoqués dans ses chansons – des routes, des rues, des jardins, etc. – mais attention à la muséification, à ne pas le statufier.
Bref, cette économie morale que j’ai tenté de vous présenter, désormais, c’est vous. Je vous remercie.
Merci Yann!
Et en droite ligne de sa conférence qui parle d'Albini, d'americana, et de rock indé, on écoute ses deux reprises: "hombre" et "le désert avance". Ca dépote! Avec Guss, Aurélien Bunch (Aymar...) et Antonin Lasseur (Soleil Brun).
ET puisqu'il y a une occasion aussi, voici la prestation de Soleil Brun, cheville ouvrière importante des trois soirées tribute des week-end Murat, yes sir. Il jouera le 6/06 dans le Var avec le groupe Jean-Louis Murat Expérience.
Ici, "le mou du chat" et le plus rare "rivière" au piano (avec projection aqueuse), puis en hommage à Christophe Pie, le titre Avallon de son groupe Rogojine, qu'il avait repris sur son album Sky lumina. avec Yann à la E bow (la chanson est cosignée par Jérôme Caillon qui était présent -ses prestations ici-, on va bientôt parler de son nouvel album pour lequel il a travaillé avec Denis C., Morgane Imbeaud et Alain Bonnefont).
Oula, mars 2026, et il me reste encore des choses en réserve du dernier week-end Murat...
Vu que Cédric Barré nous révèle ce jour la couverture de son livre "Murat de A à Z" chez Camion Blanc, à paraître le 20 avril (préface Florent Marchet, photo F. Loriou), voilà l'occasion d'écouter sa prestation...
*En même temps que l'expo Murat à Clermont (jusqu'au 7/04): Des photos d'artistes de Frank sont visibles à la médiathèque de St-Agnant. Jusqu'au 18 avril.
Une bien belle prestation... avec humour et talent (avec le son de la console!), et les chœurs du public:
On retrouve Camille sur scène cette année notamment aux nuits de Fourvière (on peut écouter le concert donné pour Inter en balladodiffusion)....
On reste avec le Week-end Murat... et gros plaisir de voir que de ces rencontres naissent de nouvelles amitiés et d'autres concerts. Ainsi, en 2023, Belfour invitait et faisait connaissance du trompettiste Julien Quinet des The Delano Orchestra... et ils seront en concert le 28/03...
"Il est né de la rencontre du groupe Belfour avec le trompettiste Julien Quinet, également arrangeur et président de l’harmonie maringoise, à l’occasion d’un concert en hommage à Jean-Louis Murat en 2023.
Rock, blues, folk…
Le rock lancinant, la folk, le blues, la poésie des textes du groupe Belfour – composé de Lucie Mena et Michael Saccheti – racontent une histoire toujours émouvante et pleine de sensibilité comme dans Juste une seconde , Comme les hyènes ou Si la rivière coule .
L’harmonie maringoise et ses 25 musiciens, dirigée par Sylvain Aymar, travaille actuellement sur cette soirée à la salle de musique Albert-Fouilhoux afin de donner à ce concert son caractère original, expérimental et convaincant".
Juste avant (Samedi 28 mars), vous pourrez écouter le Douharesse (Matt Low chante Murat) au Pole culturel De Croix de Neyrat,17h
- En parlant de reprise, Dominique A a chanté du Jean-Louis Murat lors de la soirée anniversaire des INROCKS... Ca a suscité beaucoup de critiques... à ma grande incompréhension... D'abord, difficile de se faire vraiment une idée avec ces captations... et comme le dit Cédric Barré, ci-dessus, il n'y a pas de plus bels hommages que de faire vivre les chansons de Murat, quitte à les tordre...
LE LIEN EN PLUS
On se quitte avec un peu de tendresse... je vous en souhaite... Venu de Suisse:
On vous l'avait bien dit, Milla au Week-End Murat 2025, c'était une occasion unique de découvrir une grande artiste avant qu'elle ne perce au plus haut niveau de la hype.. Ce jour, c'est le Télérama qui l'annonce, et il est question de Murat:
Pour rappel, sa prestation, avec Marc Aymon.
- Pour rester dans l'ambiance guitare acoustique, voici également le passage du ranchero Jérôme Caillon. On attend son album dont nous avions découvert quelques chansons la veille.
- Rendez-vous avec F. Loriou, JP Nataf, Pierre Andrieu et même Adèle Coyo:
Amis de AURILLAC et sa région
Le mardi 3 février soirée hommage à JEAN-LOUIS MURAT dans le cadre du festival Hibernarock :
14h - Librairie Point-Virgule :
Signature du livre "Jean-Louis Murat Photorama" (Editions Le boulon, 2025)
18h - Médiathèque du Bassin d'Aurillac : Introduction de Pierre Andrieu, autour "Les jours du jaguar" (Editions Le Boulon, 2024)
18h30 - Rencontre avec Frank Loriou + JP NATAF chantant Jean-Louis Murat (avec la participation de l'artiste cantalienne Adèle Coyo), animée par Laurent Thore (Longueurs d'Ondes)
20h - Vernissage de l'exposition "Jean-Louis Murat Photorama" visible à la médiathèque du 1er au 28 février
Entrée libre et gratuite
Ps: 20/2 à La Bourboule, on retrouvera les Belfour au Théâtre Municipal, ici même où Clara a joué pour Sheller et Hebey (tout ça est à découvrir dans les articles précédents).
ps2: Nicolas Driot qu on pourra aussi voir du côté d Hybernarock joue ce samedi dans les Combrailles:
Etienne Daho, Zazie, Jean-Louis Murat, Ben Mazué, Alain Souchon, Cabrel, Miossec... autant d'inspirations de chanteurs à texte, que vous retrouverez chez Nicolas Driot.
Après 4 albums sous le nom de Kandid et des centaines de concerts (plutôt orientés jeunesse), Nicolas Driot, avec "Cartographie du coeur" vous propose un concert de Chanson pop française élégant et poétique, accompagné de 3 musiciens et d'une chanteuse.
Lorsqu'il deviendra grand, vous pourrez dire : j'y étais !
"Si je pouvais inviter trois personnes… D’abord, Jean-Louis Murat. Il est mort, malheureusement. J’aimais profondément son œuvre de poète. Il a pu dire beaucoup de bêtises, être parfois réac, parfois misogyne, déraper à la télé, mais son exigence artistique, son éloignement des circuits parisiens, sa manière de faire une folk française très singulière, depuis son Auvergne un peu paumée, tout ça m’a toujours touché. Et sa musique est d’ailleurs très respectée à l’étranger."
C'est étrange, non?, que les anglais utilisent le terme COVER pour REPRISE. Une reprise (pas terrible non plus ce nom), ce n'est pas un couverture, un couvercle, une protection. C'est tout le contraire, une ouverture, une découverte, un risque... Faire re-vivre une chanson et pas l'étouffer, comme les troubadours, les mères puis les enfants de leurs enfants, transmettaient les ritournelles et les chansons aux générations futures.
J'ai fait une recherche rapide, et il se trouve que le terme Cover dans le cadre du commerce musical peut effectivement s'assimiler à une couvercle, on y trouvera donc peut-être l'origine de cette appellation: " Titre à succès que les compagnies de disques font enregistrer à l’un de leurs poulains dans le but de concurrencer la version originale.Les covers subissent souvent la censure par remodelage de paroles jugées trop dérangeantes ou obscènes : c’est le cas, entre de nombreux autres, de Shake, Rattle and Roll de Big Joe Turner qui sera un tube national dans la reprise propre et aseptisée qu’en donnera Bill Haley quelques mois plus tard". On est dans ce cas-là, loin de mon idéalisme... mais on se rappellerait sans doute moins de Big Joe Turner sans Bill Haley (à ce sujet, je vous avais déjà conseillé le documentaire sur la chanson alléluia de Cohen).
Pour les plus courageux, la citation ci-dessus vient d'un article savant mais très intéressant Christophe Kihm, « Typologie de la reprise », Volume !, 7 : 1 | 2010, disponible ici.
Et donc, où est-ce que je veux en venir, c'est à quel sujet?, dans quel état j'erre?
Euh, alors, oui, le point de départ du jour, c'était l'interview de Pierre Andrieu, auteur du livre "les jours du jaguar" (édition le boulon) sur Radio Grand Brives par Guillaume Lebouis, mon Meymacois (comme la chanson de Piaf) préféré.
Un moment agréable entre deux grands admirateurs de l’œuvre de JLM:
PS: On retrouve ce soir Guillaume à Tulles et demain (7/11) à Périgueux avec son groupe City of exiles (avec Sébastien Miel -la famille Tellier- et Matthieu Pigné - autre muratien, le batteur écrivain, dont je me suis enfin procuré le polar qui vient de sortir en poche).
Cette actualité était donc l'occasion de publier le passage de Pierre Andrieu lors du Week-end Murat, yes sir 2025! Il a été invité pour l'accompagner par Alexandra Issartel du groupe Shezlöng. Le groupe sera au Lieu-Dit (Clermont-Ferrand) avec les excellents Montanita (on en a parlé plusieurs fois) samedi 8/11 à partir de 19 heures. Montanita également aux Vinzelles le 21/11.
Ils ont clôturé la très longue soirée tribute, et c'était presque le milieu de la nuit lors de leur passage, ce qui explique l'assistance qui s'était clairsemée. C'était l'évidence qu'ils terminent la soirée... car ils avaient choisi de jouer "les jours du jaguar", qui a rythmé la fin de tant de concerts de Jean-Louis... Et on commence là-dessus... J'adore vraiment le début, la guimbarde, le sifflement et le feulement félin d'Alexandra. Et ces vidéos bénéficient toujours du son sorti de la console de Théophane Bertuit (studio polyphone).
Ils avaient commencé leur prestation par Jim,j'ai fréquenté la beauté... et vu que le public en réclamait encore, "foule romaine" en rappel... toujours en version "électrique brut", avec la stratocaster de Pierre Andrieu (qui n'a pas le vécu scénique des autres participants, et a dû vivre cette longue soirée avec le trac).
2) D'une cover à une autre... Le camarade Nesles que l'on avait interviewé lors d'un précédent album a livré sur instagram une reprise de "Foule romaine". Je me suis permis de la capter pour youtube. Il voulait saluer ainsi le livre de Frank Loriou, Photorama.
Le dernier disque de Nesles vient de sortir, il s'appelle Barocco. Il sera en concert à l'Archipel le jeudi 21/11. Florence nous avait livré un compte-rendu élogieux d'un concert parisien en janvier 2024 alors ne le ratez pas!
3) Milla et Marc Aymon nos invités suisses du week-end Murat ont rejoué ensemble en Suisse... et Murat était au programme... Je vous laisse découvrir l'endroit de leur prestation.... Le lac souterrain de Saint-Gontard!
4) Petit rappel : Matt Low et son Douharesse en tournée.... ça sera toujours d'actualité en 2026 (vous pouvez le contacter pour des concerts à domicile).
En attendant encore deux dates: en Belgique (16/11 : L'Ancienne Fée Verte, Anlier (Belgique ) et le 15 dans la Nièvre, avec Alain Bonnefont!
LA MUSIQUE ORIGINALE EN PLUS
Puisqu'on en est à parler du Week-end Murat, saluons l'actualité d'Adèle Coyo et des Belfour présents en 2023.
Et Belfour, le duo qui a clôturé le premier week-end Murat, sort une nouvelle chanson. Super démarrage pour le clip qui a déjà dépassé les 14 000 vues... et le paysage auvergnat est convoqué:
Cette chanson, c’est l’enfance dévoré à pleine dents, le bonheur de courir à l’air libre, de dépasser les frontières. Nos frontières à nous, c’était la chaine des Puys. Nous étions à la fois attirés mais effrayés par ces volcans qui pouvaient se réveiller à tout moment.
Et puis, ça nous tenait à cœur que Mémé/Janine participe à notre clip. Depuis longtemps, on répète dans la cabane au fond de son jardin à Olby, petit village Auvergnat au pied du Puy de Dôme. Mémé elle nous appelle souvent le midi pour venir manger comme si on avait 10 ans. Grâce à elle, on reste un peu des grands gamins jouant au fond de son jardin.
3e retour sur le Week-end Murat, yes sir! Je le fais un peu rapidement au vu de la riche actualité à la fois sur JL MURAT (on se retrouve jeudi avec une petite chronique sur Photorama de F. Loriou, avant de vous parler la soirée de lancement du livre, puis d'un rendez-vous audio la semaine suivante)... mais aussi des artistes que je vous invite à écouter ce matin : MILLA et Marc AYMON, de la Suisse Valaisanne.
Après une reprise de Murat par Milla captée sur instagram, j'avais lancé au vol une invitation... rapidement acceptée... avec Marc Aymon en sus, dont on avait parlé en 2012 et 2015 ici-même. Pour moi, c'était clair que c'était un événement pour notre petit rendez-vous... même si je n'ai peut-être réussi à le faire comprendre et savoir. Après leur prestation, je pense que tous les gens présents l'avaient compris... y compris les autres participants.
Même si la capacité de concentration des gens n'est plus que de 30 secondes/ 2 minutes, j'ai choisi de monter leurs 6 chansons ensemble avec la majeure partie des propos de Marc Aymon et de Milla au cours du set qui illustrent leur amour pour la musique de Jean-Louis Murat (Marc raconte comme il a voulu enregistrer dans le même studio que celui du Cours ordinaire des choses, puis encore avec Fred et Stéphane sur le disque suivant). C'est donc un film de 28 minutes que je vous propose. La qualité des images est médiocre mais on remercie Théophane Berthuit pour le son (même si Milla et Marc ont choisi de débrancher rapidement micro et guitare - les entendre à moins de deux mètres et voir leur complicité, c'était un merveilleux moment -).
Je vous parlais de l'actualité des deux artistes où il faudra remarquer le concert Parisien de Milla le 21/10!!
La Tour de Rive 18 octobre 2025 La Neuveville (BE) Avec Pascal Auberson Les Trois Baudets 21 octobre 2025 Paris avec Aude Juncker
Le Port Franc 5 décembre 2025 Sion (VS) avec Caroline Alves (CH)
L’Echandole 14 mars 2026 Yverdon-les-Bains (VD)
Enfin, Milla a sorti "EPOPEE" fin septembre. Un 2e EP de 4 titres, un joli objet physique de collection (Un CD avec 4 chansons 4 posters (chacun lié à une chanson) racontant photographiquement ma nouvelle épopée le tout glissé dans une fourre plastique sérigraphiée!) et en écoute sur sur spotify.
Installez vous bien (devant un ordinateur)... Prenez vos écouteurs... on était déjà après minuit (22 juin 2025 donc...).
1) Après KOUM, je vous partage la prestation au week-end Murat, yes sir! de NICOLAS DRIOT, artiste bien établi qui a multiplié les concerts sous son le nom de KANDID.
Je vous envoie vers ce bel article de nos enchanteurs pour en savoir plus, à l'occasion du disque sorti au printemps "cartographie du coeur" (pochette signée F. Loriou).
( Pour cette chanson unplugged, j'ai un peu mixé le son de la vidéo avec le son console - qui ne reflète pas l'ambiance de la salle car il n'y a pas de micro qui enregistre la salle, mais on pourra quand même saluer la qualité de ce qui a été capté par les micro).
Et non, il ne s'agit pas d'une chanson de Jean-Louis Murat. Je lui ai demandé d'ouvrir la soirée avec une des chansons de son album... J'avais imaginé qu'il démarre sans un mot, de la mienne comme de lui: la chanson et la vidéo préparée me paraissaient suffisamment relever de l'évidence, même si j'y mettais quand même un peu de malice: Débuter une soirée tribute à Murat par une chanson d'un participant! Comme l'an dernier, je voulais évacuer l'émotion, pour ouvrir le rideau pour faire la fête aux chansons de Jean-Louis Bergheaud... mais j'avoue que ce n'est pas un cadeau pour l'artiste... Ce samedi là - sur la terre -of course- Il a donc fallu que je parle et Nicolas a tenu encore à s'expliquer (cela ne figure pas sur la vidéo) - ou pourquoi la soirée se termine à 1h30... 😀.
Malgré des centaines de concerts, l’intermittent expérimenté était particulièrement traqueur de rencontrer cette assistance estimable muy VIP . C'était émouvant de le voir fébrile sur le parking à quelques minutes de "monter" sur scène... Chanter du Murat ajoutait bien sûr de la tension, pour lui qui nous dira qu'il tient "aimer" pour une des plus belles chansons du monde. Emotion aussi de partager la scène pour la première fois avec Sonia Beaumont, chanteuse musicienne interprète du cru, qu'il a invitée (ils viennent à nouveau de chanter ensemble à Pont-du-Chateau).
Pour les locaux du 6-3, il est peut-être temps encore de le retrouver ce soir (vendredi 3/10) à 20 heures à Martres-de-Veyre (Médiathèque). Gratuit / réservation conseillée : 04 73 39 28 17 et la prochaine date:
« ANIMATIS LIVE » (showcase) "Cartographie du Coeur" (en duo)
Saison Culturelle d’Issoire Vendredi 07 novembre 2025 (19h). D'autres dates sur :
- PS: J'ai un peu mixé le son de la vidéo avec le son console - qui enregistre peu le son venant du public-.
Trêve de bavardage: place à la douceur, à l'accordéon, à l'amour, Dieu n'a pas trouvé mieux... avec le son de la balance arrangé par le Studio Polyphone (Théophane Berthuit). Un démarrage qui débute par un univers "chanson", avant que d'autres participants emmènent Murat vers le rock indé américain, le blues et le jazz
2) MATT LOW a joué son spectacle DOUHARESSE le vendredi 20 juin lors du week-end Murat, et pour la première fois accompagné par Yann Clavaizolle. IL reprend la route : ET si vous voulez l'accueillir le 15/11 entre Nevers et la Belgique, vous pouvez l'accueillir!
On aura l'occasion au mois d'octobre de reparler de Matt Low...
3) Fred Jimenez est invité d'une émission de radio animée par un camarade corrézien Guillaume Lebouis.
LE Mardi 7 octobre sur Radio RGB est prévue la diffusion de l'émission "Borborygmes et logorrhées" avec notre invité FRED JIMENEZ pour son livre « Johnny H. et moi.»
On parlera de Johnny mais pas seulement.
AU PROGRAMME:
AS DRAGON : « Dans l’océan de ta chevelure. »
LOU REED « WALK ON THE WILDE SIDE » JEAN-LOUIS MURAT : « LES JOURS DU JAGUAR"
THE BEACH BOYS: « WONDERFUL »
PAUL MCCARTNEY : « Mr BELLAMY »
AIR GUITAR ET MAUVAISE FOI - 5:04 minutes: « Old Man » de Love /Séquence présentée par Sébastien Miel, guitariste du groupe La Maison Tellier.
LE LIEN LORIOU EN PLUS
En plus de Francofans et la semaine prochaine sur surjeanlouismurat.com , on retrouvera un article sur PHOTORAMA de F. Loriou dans le nouveau LONGUEUR D'ONDES. Et cela SERA toujours téléchargeable gratuitement!
LE LIEN CAMARADERIE EN PLUS
COCO MACE notre découverte du week-end 2024 revient, il sera en première partie de François and The Atlas Mountain à la coopé le 5/11
Je ne résiste pas plus longtemps à vous partager deux premières vidéos, avec le son console (n'hésitez pas à en profiter au casque) du Week-end Murat, yes sir! Je suis en train de préparer ça depuis deux semaines, et j'y prends beaucoup de plaisir (je suis un peu responsable de tout ça, mince! #fierté)... et en montant cette première vidéo, je peux vous dire que ça créait de l'émotion. Merci donc à KOUM, d'être venue de Paris, avec son "si je devais de toi" qu'elle rechantait (après sa belle prestation à la Coopé)... et cette très belle surprise: avoir choisi un titre rare figurant sur "Royal Cadet" (mini cd assez culte toute de même)... Absolument sous le charme... et j'espère qu'elle aura l'idée de mettre cette chanson à son tour de chant. On attend vraiment que cette jeune génération remette à la lumière la musique et les mots de Jean-Louis Murat.
Voilà pas loin de 20 ans que je partage les billets du blog de Laurent Cachard (sur le forum dit de Josy, puis sur le blog), quand il chronique ses aventures muratiennes. Comme pour le voyage de Noz, il en a fait un livre, avec du contenu inédit dont l'exercice périlleux d'une interview post-mortem (fictive). Le livre est sorti cette semaine. Un monde sans Murat, Editions Audasud-L'an demain. 15 euros.
Présentation du livre au Bar du Plateau à Sète le samedi 11 octobre à 10h30.
C'est le même jour que la soirée de lancement du livre de Frank Loriou aux Vinzelles - la soirée est complète mais il est possible d'aller se faire dédicacer le livre en fin d'après-midi. PS: On pourra se procurer Francofans la semaine prochaine pour y découvrir une interview de ce dernier.
Il a livré quelques images (certaines inédites) sur instagram cette semaine (on a échappé au bicorne pour innamorato !).
- Côté amis/collaborateurs de Jean-Louis Murat, voici qui promet quelques mentions de l'auvergnat au cours des deux mois qui viennent... et la possibilité de l'entendre dans une salle de cinéma:
Paris Du 21 novembre 2025 au 30 novembre 2025
Rétrospective Laetitia Masson
« Nous, Français, sommes toujours coincés entre réalisme et naturalisme. J'essaye d'inventer ma distance. » Indissociable de Sandrine Kiberlain, avec qui elle signe une belle trilogie inaugurale – En avoir (ou pas), À Vendre et Love Me – Laetitia Masson construit une œuvre aventureuse, impossible à réduire à un genre. Touche-à-tout, son cinéma est ouvert à tous les vents, se mesure avec Pourquoi (pas) le Brésil au roman supposé inadaptable de Christine Angot, ressuscite Isabelle Adjani sur grand écran (La Repentie) tout en proposant des portraits délicats d'amis au travail (Benjamin Biolay, Rudy Ricciotti), des clips pour Jean-Louis Murat ou des séries TV de prestige pour Arte. (source)
lieu
Cinémathèque française
adresseCinémathèque, 51, rue de Bercy.. 75012 - Paris
- On a parlé de Fabrice Caro, comme un des écrivains muratiens il y a quelques temps (d'où son titre de son avant dernier livre "Fort Alamo"). Je n'avais pas parlé de sa programmation d'un titre de Murat dans une précédente émission de radio france, mais vu qu'il a de nouveau choisi une chanson "le mont sans souci" dans sa play-list, cette fois pour La bande originale avec Nagui, je le mentionne, mais on entend juste la chanson- il n'est pas question du chanteur.
Y'a des lundis plus durs que d'autres... et des mardis aussi!
Je fais vite fait un petit compte-rendu non exhaustif de ce beau week-end :
Vendredi : Matt Low et Yann Clavaizolle qui jouent Douharesse pour la première fois à Clermont, répétitions studieuses jusque dans les loges, écoute religieuse et rappel enthousiaste du public (Matt Low ne veut pas partir et ajoute deux titres).
La rencontre avec Carole Epinette, vraiment sympathique et humble, très intimidée d'adresser quelques mots à l'assistance. Merci à elle de l'avoir fait. Son exposition a été extrêmement appréciée. Je pense que je vais longtemps garder en mémoire l'arrivée de nos deux Suisses qui, valises à la main et guitares sur le dos, se plongent immédiatement dans la contemplation des photos, en silence...
Jérôme Caillon, le ranchero, et ses nouvelles chansons, parfois jouées pour la première fois, la classe... avec sa guitare baryton (8 cordes), permettant un jeu sur les graves/basses.
Et Erik Arnaud qui me fait des cadeaux, "rien que pour moi" : "Golden Homme" et "Nous sommes"... tout en livrant des nouvelles chansons et des versions revisitées des anciennes ! Il s'est privé de l'anniversaire d'un très cher ami célèbre qui franchissait pourtant une barre symbolique (On en profite pour lui souhaiter un bon anniversaire).
On a pris une heure de retard ! Mais au cœur de la nuit, se retrouver à Sanary, sur grand écran, avec un son excellent, c'est... quelque chose, même pour moi qui suis plutôt "power trio". Et je me rends compte que ce film live est vraiment exceptionnel, par ses effets de réalisation, notamment sur "Nous nous aimions tant" (JLM chante "il faut se séparer" et on le voit se découper, s'évaporer). "Je me donne" est la réponse parfaite à tous ceux qui se sont plaint des yeux fermés du chanteur sur scène (ralentis magnifiques, lent travelling sur le visage du chanteur dont on ne peut que constater qu'il vit ce qu'il chante).
Mes petites surprises ont laissé un peu sans voix le public, mais, après coup, je vois qu'elles ont été appréciées : il s'agissait des maquettes des chansons de Mustango (merci Régis !), passionnants documents (textes non finalisés ou en yaourt), et une chanson inédite du groupe PLEXIGLAS (avec Christophe Pie) dont le texte a été co-écrit par Jean-Louis autour de 1978 ! Merci à Jean-Pierre d'avoir reconstitué avec l'IA la chanson (éponyme du groupe) avec la mélodie, les arrangements et le texte originaux. Une vraie curiosité, et j'aime vraiment ce rock, que j'ai relié... peut-être que certains ont compris... non... personne je pense... aux photos exposées, celles de Carole Epinette, et celle de Franck Courtès (encore une surprise, en tirage original), qui ont photographié Jean-Louis derrière une vitre ("qu'on m'arrache le coeur, qu'on me mette à la place un morceau de plexiglas"... bon, j'avoue ce n'est pas du grand Bergheaud!). C'était il y a 26 ans pour Franck, après que Jean-Louis lui a fait écouter ces mêmes maquettes que nous avons découvertes au week-end... (oui, c'est du travail mais il y a des joies quand même, notamment ces petits plaisirs solitaires que je suis seul à comprendre, auxquels j'ajoute : traverser le couloir Matthieu Guillaumond, choisir une photo pour une vidéo où Matthieu apparaît dans le public, ou faire du mauvais esprit en insistant sur les ventes des chansons pour Indochine dans l'exposition "Discographie alternative" qui était également proposée : les disques avec des chansons écrites pour d'autres, les featuring, compilations avec un inédit ou des reprises... Ah, j'avais une révélation étonnante à ce sujet mais je n'ai pas eu le temps de la placer...).
Il est 2h15 du matin quand cette première soirée se termine.
Samedi après-midi, je découvre ce qui va se tramer avec les balances, et ça m'assure qu'on va passer une excellente soirée. Je galère juste avec mes présentations et j'oublie une ou deux consignes sur les projections, il y aura un peu d'improvisation cette année encore. Heureusement, les changements de plateau se font avec efficacité et rapidité, parfois à l'écoute des dernières maquettes, dont un "Mont sans souci" en yaourt brésilien.
Mon enthousiasme est un peu douché vers 20 heures quand je constate qu'aucune file d'attente ne se crée à l'entrée... mais on en reparle plus tard.
La conférence de YANN GIRAUD n'est pas celle que j'imaginais, mais l'objectif est rempli : explorer une thématique différente des précédentes. Et Yann réussit à apporter une vision originale du parcours de JL Murat ! Alors qu'il ne fallait pas dire qu'il est professeur d'économie, c'est autour d'un concept économique et sociologique qu'il va construire son exposé, tissant un lien, lui aussi assez iconoclaste, avec Steve Albini, et la musique indé américaine. Je tease : nous la publierons peut-être ici. Les quelques traits d'humour sont parfaits.
Et on lance la soirée musicaleavec une chanson de Nicolas Driot "Ensemble", qu'il interprète, débranché, dans une écoute impressionnante. Pour moi, elle résume bien tout ce qu'on me dit de ce que représente le week-end Murat : "nous marcherons ensemble, nous sécherons nos larmes" (alors que sont projetées des photos des dernières éditions et de la soirée "Te garder près de nous"). La chanson est sur son disque La cartographie du coeur. C'est aussi symbolique : j'en profite pour réaffirmer que nous sommes également là pour aimer les artistes vivants. Poser des plaques commémoratives, je laisse ça aux autres.
Je commençais à rédiger un compte-rendu mais le temps me manque, vous découvrirez les vidéos prochainement avec le son de Théophane... la magie en moins, la magie d'être là dans la chaleur d'une communauté, dans cette salle matricielle, où l'artiste se présente sans barrière ni piédestal. On peut aimer un peu moins certaines prestations du soir en fonction de ses goûts, mais c'est sans doute la soirée la plus admirable, avec une belle variété de styles. Antonin Lasseur (Soleil Brun), Yann Giraud, les Aymar en groupe, nous rappellent de belles façon le Murat électrique, Eric Arnaud le bascule dans un style indé, à la Dominique A, Jérôme Caillon vers le blues, le folk et la country (en nous offrant un titre des Rancheros en bonus, après "L'examen de minuit" et "Bang bang"). Cédric Barré qui n'est pas monté sur scène depuis dix ans nous scotche tout en nous faisant rire. Les Dory 4 apportent toute leur bonne humeur, leur énergie et leur fraîcheur. Sur leur "Lien défait" défilent des images du Manteau de pluie, notamment la maison où l'album a été travaillé, et un petit clin d'oeil hommage au site Le Lien défait.
Un des objectifs de la soirée est également rempli : avoir plus de voix féminines. En plus de Sonia Beaumont, on découvre Lili Em seule avec sa guitare, on entend pour la première fois "Regrets" (c'est autorisé, c'est dans le Best of de JLM) et elle remplace aussi Jenny Charles sur "Bang bang" avec les Aymar. On retrouve Koum sur "Si je devais manquer de toi" comme à la Coopé, et la version du soir n'a rien à envier à la précédente. Juste avant, elle était seule au piano pour un titre qui a surpris car peu connu : "Je ne saurais dire ce qui me plaît", et dans l'assistance on sait très bien désormais à quel point elle nous plaît ! Si on en reste aux surprises, il y a aussi Antonin qui choisit la belle chanson "Rivière" (inédit live période Mustango, et je me fais un petit kiff personnel avec les images projetées d'un coin que j'adore près de chez moi) et "Avallon" pour rendre hommage à Christophe Pie (chanson coécrite avec Jérôme Caillon). La soirée touche à sa fin, avec nos deux amis suisses, Milla et Marc Aymon, Marc exubérant et Milla plus en retenue. Eux aussi choisissent de débrancher la guitare, et c'est une belle claque. Après notamment "Le train bleu", "Sentiment nouveau", nous avons droit à "Courbes", le single de l'an dernier que j'aime beaucoup de Milla. Marc Aymon interprète un poème d'Aragon, je crois que je l'avais également choisi pour vous annoncer sa participation. Je suis ravi d'avoir réussi mon coup avec cette invitation, un peu compliquée à gérer mais le public est conquis, si bien que j'ose faire un petit selfie avec eux devant le public, en brandissant le point de la victoire!
La soirée n'est pas terminé : on a rebranché la guitare pour finir avec Pierre Andrieu et Alexandra Issartel de Shezlöng... Pauvre Pierre qui a stressé pendant des heures ! (Il n'a pas été le seul à être impressionné. Même le pro Nicolas, le plus expérimenté Cédric n'en menaient pas large.) Mais avec Alexandra, ils avaient choisi "Les jours du jaguar" : on était donc obligés de finir sur ce titre ! Et ça a été très chouette, notamment l'intro, avec la guimbarde, et des feulements impressionnants d'Alexandra, qui donnaient l'impression qu'elle peut facilement capturer tous les coqs qui passent. Un petit regret : la projection d'un jaguar traversant une rivière se terminait par un "merci pour cette belle traversée de deux jours", et une belle photo de Jean-Louis signée Carole Epinette, mais les spectateurs ne l'auront pas vu. Il y aura un dernier rappel, pour se quitter en chantant "Foule romaine" (mais c'est un peu timide). Là encore, on a dépassé la barre d'une heure du matin. Beaucoup restent encore un peu, pour profiter encore et partir en douceur. Je pense enfin à manger, gateau aux myrtilles en dégustant une gentiane somme toute bien méritée.
Je peux sans mal dire que la soirée a été merveilleuse, au vu des retours qui me sont faits après la soirée, puis sur les réseaux sociaux, tant par les artistes que les spectateurs.
UN TRES GRAND MERCI aux ARTISTES pour leur investissement ! Deux exemples : Lili Em vient d'être signée sur un label, elle assure sa promo et a trouvé le temps de travailler deux chansons; Milla et Marc Aymon étaient en concert à Genève la veille et en plein enregistrement d'un projet à deux (ça promet !) dans les montagnes d'un pays où le régime d'intermittence n'existe pas (et on les a fait voyager en twingo avec leurs valises et leurs guitares ! ).
Je reprends mes remerciements tels que je les ai effectués:
Une pensée pour tous ceux qui ne sont pas là mais m’ont écrit des messages touchants, Marie Audigier, Lionel qui a joué de divers instruments lors des deux éditions précédentes, et quelques autres, Marc qui a tenu à prendre sa place malgré tout pour aider.
Une pensée spéciale à Florence Couté qui aime tant le week-end
Merci à vous d'être venus
Merci à Marie May. Elle m’a scotché l’an dernier en brandissant une banderole de remerciement. Elle nous a donné rendez-vous cette année et elle est bienfaitrice de cette soirée.
A l’équipe du fotomat : Julien, Kathleen, Sarah (quel travail : 14h-4H du matin!)
Merci à Véronique Jeetoo pour la photo de l’affiche
Aux artistes, et spécialement Antonin
A Théophane Berthuit
A Carole Epinette
A Frank Loriou qui nous a encore fait un cadeau en nous dévoilant une page de son livre
A Radio Arverne, Radio Campus, Julien Dodon, Véronique Hilaire de Radio france, Clermont Info
A Benjamin T. pour l'installation et le rangement…
A tous ceux qui m'ont adressé un petit ou grand mot de remerciement pour le travail depuis 2009 et sur le week-end (une personne m'a dit avoir tout lu après avoir découvert le blog !), je suis toujours très touché ! Petit coucou à la personne qui a appris grâce au week-end qu'il y avait un blog consacré à Murat (ça, ça permet de relativiser).
Pour le film vendredi : merci à Séquence SDP, et notamment à Christine, à Laure Desbruères et Guillaume Depagne, à Pias.
Et désolé pour ceux que j'oublie.
(notamment les oreilles attentives tout au long du parcours, merci pour les encouragements).
Quelques petits nuages tout de même :
On n'a pas pu défrayer tous les artistes comme je l'espérais. Même si la salle semblait pleine avec des gens assis, à peine 100 personnes le samedi (une seule personne est venue au dernier moment !), ce n'était pas suffisant, et cher public, vous ne consommez pas assez (c'est quand même incroyable quand on voit comment va le monde ? Et je vous rappelle qu'on est censé être des dépressifs invétérés !) C'est assez désespérant, avec un public fervent qui promet de revenir. S'il en manque finalement, ça ne fait plus le compte (avec un public cible de plus de 50 ans, c'est vrai que...). Et les Clermontois ont été bien absents... avec certes une concurrence de la Fête de la musique (sans orage, pas de chance). Et ce n'est pas faute de promo (articles dans La Montagne, les gratuits, mentions dans plusieurs radios dont Fip, France 3, même si j'ai quelques regrets ou rancune de ce côté-là), sans parler des centaines de messages privés et de la pub facebook que j'ai engagée. Au départ, je pensais qu'un tel événement se remplirait tout seul, mais sans la force de frappe de communication d'une institution, comme la Coopé, ou d'une structure subventionnée, c'est plus difficile, et d'un autre côté, faire cet événement dans une structure de ce type (où il faut par exemple rémunérer tout le monde) est compliqué. Après la réussite de l'année dernière, j'ai sans doute vu un peu trop haut... mais artistiquement, c'est une réussite, pas de regret !
Dans mes messages, j'ai eu quelques personnes qui m'ont dit "on ne sera pas là, par contre, on sera au virage Murat", ça n'a pas contribué à ma sérénité dans les préparatifs et a peut-être empêché de glisser un petit billet à des artistes. L'année dernière, la soirée à la Coopé a plutôt aidé à remplir.
Il y a par contre des gens qui n'aiment Murat que par Murat : ils enterrent une deuxième fois Jean-Louis, et ne rendent pas hommage à son talent d'auteur-compositeur. C'est dit et redit. Il y a toujours une chose à laquelle s'accrocher avec une cover, et si on n'aime pas, cela fait cogiter sur les raisons, il faut aimer se faire bousculer....
Autre élément : le contexte difficile même si ça a toujours été un peu le cas (merci à Jean-Louis de m'avoir accordé la légitimité avec son soutien sur Aura aime Murat et la première édition à laquelle il allait participer, ça a été décisif). C'est difficile d'en parler et je ne veux pas le faire après ce beau rendez-vous. Cela a fait deux petits ricochets lors la soirée et cela a aussi pesé dans la préparation. Je ne souhaite être ni dans un clan, ni dans l'autre, Laure Desbruères était là avec Gaspard vendredi (l'année dernière, Marie Audigier), Yann Bergheaud le samedi. C'est aussi une fierté de pouvoir réunir tout le monde, c'est également vrai pour les fans qui ont aussi leurs bisbilles. Mais le fait est que c'est pesant.
Dernière chose, mes activités initiales ont été freinées par l'organisation du week-end, j'aimerais y revenir... En guise de symbole, vous trouverez une inter-ViOUS ET MURAT particulièrement intéressante ici même cette semaine... en attendant les vidéos du week-end et les 2/3 autres interviews que j'ai encore sous le coude.
J'étais censé juste être un homme de l'ombre, et les circonstances (le projet Aura aime Murat), la passion et une certaine exigence personnelle (plus celle que l'on doit à Jean-Louis et à la légitimité qu'il m'avait accordée) m'ont emporté bien loin... sans parler de la chance (grâce à Pierre Andrieu d'ailleurs) d'avoir pu rencontrer Julien du Fotomat, le porteur officiel du week-end Murat. Il nous offre un cadre parfait (qui nous permet de finir des soirées à deux heures du matin), et professionnel (big up pourThéophane Berthuit, du studio Polyphone, dont le son a ravi la quarantaine d'artistes qui ont participé pendant 3 ans)... et avec un beau piano qui a si bien sonné sous les doigts d'Alain Klingler, Bertrand Louis, Erik E., Koum, Antonin Lasseur ou encore Vivien (from London). Apprendre dimanche à 3/4 heures du matin que ce bel instrument va quitter le Fotomat est un signe pour moi que cette aventure-là est peut-être sur la fin.
Bien à vous
PS: On me pose beaucoup la question, j'y ai peut-être déjà répondu sur le blog, mais Je ne serai pas à la Bourboule le 14/07, je vais voir Neil Young!
Marc Aymon, qui parle de son disque enregistré avec Fred Jimenez et Stéphane Reynaud et chante Aragon (vu qu'ils ont coupé l'amplification, on n'aura pas de son console je pense) :
Encore quelques photos de Christophe Arnal (qui a fait 3 concerts "Douharesse" en une semaine- Matt a joué dimanche dernier à Paris et le samedi 21 après midi dans Clermont), et cette semaine:
Et après celle annoncée dans l'article précédent, j' ai encore une autre surprise, une curiosité, un truc totalement inconnu qu'on vient de m'envoyer à destination des participants! Ceci nous permettra de revenir 50 ans en arrière (ou presque)... Je fouille aussi au fond de mon ordinateur pour dénicher des petites archives qu' on distillera de droite et de gauche.. un programme qui déborde !
L’idée d’écrire sur Murat est née pendant la période de confinement. Suiveur passionné de la carrière de l’Auvergnat depuis la découverte de Dolorès,je m’étonnais qu’il n’existe (à l’époque) aucun livre retraçant ses trente ans de carrière. Bataille avait bien tenté quelque chose mais le ton était trop polémique pour faire autorité. J’avais entre les mains le In Utero de Palem Candillier publié chez Densité et je trouvais dans le concept de cette collection une forme qui me permettrait d’explorer à la fois la personnalité complexe de Murat et de m’attarder, grâce au “track by track”, sur la richesse de son écriture. Coincé entre Mustango, son grand œuvre, et le colossal Lilith, le débraillé et organique Le Moujik et sa femme, n’avait à sa sortie ni convaincu une presse d’habitude acquise à la cause de l’Auvergnat ni séduit son public fidèle : en comprendre les raisons devenait donc une évidence. Réévalué au fil des années comme un de ses meilleurs albums – un des préférés du poète bougon – il renferme ses chansons les plus emblématiques et les plus efficaces. Disque matriciel au titre déroutant, enregistré en quelques heures avec une équipe jeune, Le Moujik est avant tout une démonstration de force à maturation lente, noyée au début des années 2000 dans le flot des innombrables sorties discographiques de Murat. Ce guide revient sur sa genèse et éclaire en creux le virage esthétique radical pris par cet artiste bien au-dessus de la mêlée, à l’œuvre monumentale inépuisable.
Cédric Barré
140 pages – 12,90 € – Éditions Densité
Une édition très Mustango cette année?
RAPPEL :
- On se retrouve à partir de 19 heures, ouverture des portes, en plus de l'entrée, il est demandé une adhésion annuelle à prix libre pour bénéficier de cet espace associatif. Petites pizzas pour se restaurer. Au rayon achats possibles: livres, je dois avoir encore des cartes postales mustango... et les photos de Carole Epinette exposées... sans parler du livret de la conférence 2023, et des disques des participants (pour ceux qui en apporteront!)
Soyez en forme! On se couche tard!
Vendredi : Petit mot de Carole, 3 sets : Matt Low et Yann Clavaizolle, Jérôme Caillon et Erik Arnaud et une heure de live "Murat à Sanary" + surprises
Samedi : Conférence 19h45/20h, Grand Tribute (plus de 30 chansons) et toujours des surprises.
On reconnait les muratiens (charles van dievort) qui arrivent à placer le nom de Jean-Louis... ici, c'était aisé! J'ai laissé la suite sur Mme Charlot... Sur la foi d'un témoignage trouvé sur internet : Elle n'aurait guère aimé Jean-Louis et c'est à elle qu'on devrait l'échec de la collaboration avec Jeanne Moreau!! "Vous n'allez pas chanter ça?" lui aurait-elle dit....
L'Avenir (site web)
Wednesday, June 11, 2025
À l’instar de Jean-Louis Murat que vous avez chanté par le passé, votre voix n’a pas changé. Comment faites-vous pour la préserver ?
“C’est du travail. Je prends deux cours de chant par semaine tous les jours de l’année. Il n’y a pas de repos depuis cinq ou six ans. L’autre jour, je suis allé voir Francis Cabrel et j’ai trouvé ça remarquable. Il chante ses chansons et les aigus sont toujours là. On s’est vu après et sa femme m’a dit que lui aussi chante tous les jours. C’est du travail mais ça devient une façon de vivre. Moi, j’attends mes cours de chant avec impatience.”
Avec 55 ans de carrière, on s’étonne que vous preniez encore des cours…
“Ce n’est pas une question d’apprendre, c’est une question de gymnastique. Si vous arrêtez la gymnastique, vous allez rouiller. Avant de mourir, Madame Charlot (Annette Charlot, célèbre professeur de chant, NdlR) m’avait dit : 'ne perdez jamais vos aigus'. Partie, j’ai cru que je m’en sortirai sans elle grâce à deux cassettes de travail que j’avais gardé. Je me disais que ça allait aller mais au bout d’une ou deux tournées, ce n’était pas du tout le cas. Dieu merci, j’ai trouvé un type absolument génial. Il est tellement fort que je le recommande à mes collègues que j’aime. Il fait travailler Calogero, Maxime Le Forestier et Alain Souchon quand celui-ci veut bien.”