Au gré d'une petite recherche, je prends une déviation vers la Russie, et vous propose un petit détail de l'histoire (pour le coup, véritable). Lors de la promo du Moujik et sa femme, Murat a évoqué que le titre de l'album était celui d'une chanson qui aurait pu figurer en 2e position, écrite très tôt et que tout le monde avait pris le pli d'appeler le disque ainsi au cours de la conception, même si la chanson a été vite écartée. Dans La libre belgique, sur RTL, il a parlé de l'origine de cette chanson, mais Cédric Barré dans sa monographie du disque évoque des articles de VSD et du Soir:
« C’est un peu un titre à la con. C’est venu par hasard d’une lecture. Et puis après, j’ai fait une chanson. Mais y a pas de raison. Bien souvent, y a pas de raison, vraiment, très probante. Il faut en inventer, mais là y en n’a pas. » (VSD – 21 mars 2002)
On en saura plus dans le quotidien belge, Le soir, en mars 2002 où il explique que c’était le titre d’une chanson qui aurait pu être en deuxième sur le disque mais qui fut rapidement mise de côté. Il aurait conservé ce titre par commodité l’utilisant comme nom générique pour la préparation de l’enregistrement des autres morceaux.
« Je n’avais pas envie de chercher un autre titre, c’est tout. Le moujik et sa femme était une chanson un peu coquine je crois. J’ai le souvenir d’un conte érotique populaire russe du XIXème siècle qui s’appelle : « Le moujik, sa femme et le diable » et ça m’est revenu »
Pour être complètiste (et parler d'"un titre à la con", mais néanmoins bien vue pour l'univers de Bergheaud et qui permettra aussi de développer tout un visuel sur les disques), voici donc le conte qui pourrait avoir été dans la mémoire de Murat. Le titre n'est toutefois pas exactement celui proposé par Jean-Louis mais il parle d'un souvenir vague et il ne doit pas y avoir un grand nombre de recueils de contes russes érotiques du 19e! Cela ajoute en tout cas une petite référence au Diable, très utilisée par Jean-Louis influencé par les racontards de sa grand mère ("en rentrant d’une veillée, la grand-mère de Murat aurait porté dans son panier le diable sous la forme d’un chat noir" a raconté Murat à Laure Adler...). J'ose émettre l'assertion que le conte ne nous apparaîtra plus guère érotique, même s'il est question d' insertion à base de carotène (pour avoir les fesses roses, préférez un autre mode d'ingestion - sauf Donald Trump qui devrait préférer ça à l'autobronzant). Si Murat en avait fait une chanson un peu érotique, il a peut-être été influencé par d'autres récits du livre mais on sait qu'il est difficile de détecter ses "points de départ" de chansons. On l'a vu pour Reclus ou Naipaul dont il dit avoir tiré de nombreuses chansons.
On trouve le conte dans un livre Contes secrets Russes (Rousskiia Zavetnia Skazki, attribué à Aleksandr Nikolaevich Afanasʹev) dont l'édition originale est en vente là pour 600 euros. Isidore Liseux, (p.46-47). On peut aller aussi le consulter au Trinity Collège à Oxford (où il figure bien dans une collection de livres "érotiques")... Une réédition de 2002 existe en format poche (la date de parution est tout juste postérieure au moujik)
LE PAYSAN ET LE DIABLE
Un paysan avait semé des navets. Quand il jugea venu le moment de les arracher, il se rendit dans son champ, mais les navets n’étaient pas encore levés. «Que le diable vous emporte!» s’écria dans sa colère le moujik, et il retourna chez lui. Un mois après, sa femme lui dit: «Va donc voir s’il s’est pas temps de tirer les navets.» Le paysan alla de nouveau visiter son terrain, qu’il trouva cette fois couvert de navets superbes; mais, au moment où il se disposait à les arracher, un petit vieillard s’élança tout à coup vers lui en criant: «Pourquoi voles-tu mes navets? — Comment, tes navets? — Mais sans doute! Est-ce que tu ne me les as pas donnés avant qu’ils fussent levés? J’en ai eu soin, je les ai arrosés. — Et moi je les ai semés. — Soit,» reprit le diable, «tu les as semés, je ne dis pas le contraire, mais c’est moi qui les ai arrosés. Tiens, voici ce que nous allons faire: rendons-nous ici, toi et moi, chacun en tel équipage qu’ils nous plaira. Si tu devines quelle est ma monture, les navets seront à toi, et ils m’appartiendront si je reconnais sur quoi tu es monté.» Le moujik accepta cet arrangement.
Le lendemain, il prit sa femme avec lui; quand il fut près du champ, il la fit mettre à quatre pattes, releva ses jupons, lui fourra une carotte dans le κυλ et lui cacha le visage avec ses cheveux dénoués. Pour ce qui est du diable, il attrapa un lièvre, monta dessus et, en arrivant, demanda au moujik: «Sur quoi suis-je venu? — Qu’est-ce qu’il mange?» interrogea le paysan. — «Des pousses de tremble. — Alors, c’est un lièvre.» De son côté, le diable essaya de reconnaître la monture du paysan et se mit à tourner autour. «Ces crins,» observa-t-il, «c’est la queue, et voici la tête, mais elle mange une carotte!» Ce détail dérouta complètement le diable, et il s’avoua vaincu. Le paysan tira les navets, les vendit et commença dès lors à prospérer.
Je vous invite à lire un autre conte, très moderne sur le partage des tâches LE PAYSAN QUI FAIT LA BESOGNE DE SA FEMME (et pas : "qui la besogne", comme j'avais cru comprendre) : là
NB: Le conte « Le moujik Pakhom » (souvent intitulé « Faut-il beaucoup de terre pour un homme ? ») est une nouvelle morale écrite par Léon Tolstoï et a des similitudes. Il date de 1886.
C'est tout pour cette saison des prix littéraires.
Sort aujourd'hui le nouveau disque de Florent Marchet qui se nomme "Mobil home" et qui contient la chanson "ORCIVAL", en hommage à Jean-Louis Murat, avec la participation de Morgane Imbeaud.
Florent a l'habitude de rôder ses chansons lors de quelques concerts (j'avais ainsi découvert ce qui deviendrait Courchevel et le dernier dont je n'ai plus le nom, même si la soirée avait été particulièrement belle, avec un beau quartet) et je connaissais donc la chanson partagée sous le manteau. Elle est maintenant publique. Elle évoque le jour de 2023 où l'on s'était réuni près de la basilique.
J'ai déjà écrit lors d'une précédente occasion que j'attendais et espérais plutôt des reprises... maintenant qu'on avait un stock important de chansons sur Jean-Louis Murat s'appuyant sur quelques mots du répertoire (répertorié là ici, sans celle de la Maison Tellier). Bon, Florent Marchet a déjà de nombreuses fois chanté Murat, lors des concerts hommages (Clermont, Maison de la poésie), mais avant cela "noël à la maison" sur son Noel'song, ou avec les Frère Animal, "gagner l'aéroport" lors de rappel, et bien plus tôt encore lors d'une conférence chantée avec Olivier Nuc, bientôt 20 ans... C'était en 2008. Il y avait eu aussi sur arte:
Voici sur les réseaux une petite démo (extrait) par Florent, puis une version live piano-voix
S’il rend hommage à Jean-Louis Murat sur un « Orcival » partagé avec Morgane Imbeaud, l’une des voix féminines proche de sieur Murat, c’est parce qu’il a été un modèle pour lui. « C'était une figure importante dans ma construction de musicien et d'auteur. Il y avait sa voix, des mots qui pouvaient être râpeux et dits avec sensualité, des mots étranges, et le fait de s'emparer de sa géographie aussi. Moi qui viens d’un village, de savoir qu'un chanteur pouvait ne pas avoir honte de venir d'un terroir autre que les grandes villes, ça m'a fait du bien », estime Florent Marchet.
Dans Télérama, Florent rend hommage à Sheller et à Brigitte Fontaine, et point question de Murat:
Un musicien qui vous a donné envie de devenir chanteur ?
William Sheller, notamment pour le côté cinématographique de ses œuvres. Quand j’écoute l’album Ailleurs, j’ai l’impression de pénétrer dans une forêt, d’y rester durablement, de ressentir la fraîcheur. Inversement, quand je rentre dans une forêt, des mélodies de ce disque me reviennent. Les musiques, chez moi, sont fortement liées aux lieux. Quand je me promène dans certaines campagnes par exemple, j’entends tout de suite des sons d’ Ennio Morricone.
Un ou une artiste modèle ?
Brigitte Fontaine, qui me fascine à chaque album. Sa musique m’a toujours paru sauvage et peu formatée, comme celle de Moondog. Je trouve rassurant de savoir que des artistes comme ça puissent exister, bien que, de mon côté, je n’aie pas le talent pour faire des choses à la marge… Elle est une immense poétesse, et je regrette qu’elle ne soit pas reconnue davantage comme une des grandes artistes françaises, comme une Barbara. On nous a longtemps bassinés avec Brel, Brassens, Ferré… Mais Brigitte Fontaine mérite aussi le panthéon.
Les inrocks : "Ce constat dressé par Florent Marchet dans Sortir les violons était sans nul doute celui de Jean-Louis Murat, à qui il rend hommage"
L'humanité (interview réservée aux abonnés où il n'est pas question de Murat)
Vous dites aussi que notre époque a du mal à trouver un sens collectif.
On n'est pas à l'écoute, beaucoup de gens parlent et crient dans le vide. On vit dans un monde qui se polarise énormément, où l'on s'éloigne, mine de rien, de ceux qui sont très différents, que ce soit à gauche comme à droite. Pourtant, c'est important de passer du temps avec des gens qui ne pensent pas comme nous. Des chercheurs ont montré que, dans les villages notamment, moins il y avait de bars et de cafés pour échanger, plus l'extrême droite montait. Or, je trouve ça très réjouissant d'avoir des débats d'opinion, c'est ce qui nous a permis d'être un pays progressiste.
J'avais fait part d'une déception causée par Florent Marchet [après vous en avoir parlé sans arrêt, ou fait des nombreux comptes-rendus de concert après une initiale et fondatrice première partie de Murat à Cluses le 7/7/7(2007) avec Erik Arnaud]. C'était à l'occasion du disque BAMBI GALAXY que j'avais pourtant écouté, et écouté. Et en fait, j'ai remis le disque il y a peu, et c'est vraiment un disque aux multiples tubes, et finalement que j'apprécie beaucoup... mais il fallait se résoudre à perdre la voix de mes années de trentenaire, une voix qui portait un socle commun d'enfance. Et aujourd'hui, je n'ai guère envie d'écouter de la sociologie sur notre époque... Une grotte, une grotte, comme dirait quelqu'un que je connais..
Je suis en retard pour parler de l'actualité, mais je me colle à l'exercice classique de causer de Catherine Ringer, et des Rita Mitsouko (avec Fred Chichin, mince, 19 ans déjà). Ceci après que mon algorithme m'a donné à lire x témoignages : de ceux qui l' ont croisé au supermarché ou dans le métro jusqu'à des partenaires musicaux ou/et de drogues, un muratien indique même que c'est une copine à lui qui lui a cassé la fameuse dent... J'ouvre mon facebook et je m'attends demain à découvrir les souvenirs d'un de ses partenaires de films pornos, ou de la personne qui a pris dans la tête son tampax usagé au Gibus... sans parler des autres dégueulasseries et polémiques de nos réseaux sociaux (mais je trouve tout autant consternant ceux qui lui "donnent la carte" en retenant comme son plus grand fait d'arme d'avoir mis un vent au Président Macron.) Soit, il faut bien faire avec Les émois et les "et moi", "et moi", "et moi", tant le décès d'une artiste populaire nous touche en nous projetant dans nos passés, et derechef dans un bain moite de nostalgie. Mais vous n'aurez pas d'émois de ma part, je n'ai rien à dire de personnel sur les RITA, même si je kiffais TV6. Ne me remerciez pas.
Bon, lançons nous dans l'essai... Essai, car les liaisons évidentes entre Murat et les Rita ou Ringer sont peu nombreuses, et je vais peut-être laisser plus parler ma subjectivité... et être un peu moins prudent dans mes propos.
DU CONCRET néanmoins
1) CONSOLE
Le lot 92 de la vente aux enchères "Jean-Louis Murat" de 2025, la "Console de mixage de marque CADAC 24 pistes. En partie démontée, non testée. 1 500 / 2 000 €" et vendue près de 8000 euros.
Dans certaines mémoires (Laure, Marco), elle "aurait" appartenu aux Rita Mitsouko, mais dans Télérama, en 1996, Murat raconte : « C’est une américaine des années 70, je l’ai achetée d’occasion juste sous le nez des Rita Mitsouko…" (et c'est le seule mention des RITA par Jean-Louis Murat que j'ai trouvée - dans une petite partie des archives ceci dit). Cette citation peut interroger sur un point : CADAC est un pur produit anglais, et point américain, tropisme atlantiste de Jean-Louis ? (que Fred Chichin ne partageait pas: "les Anglais sont les plus forts"-citation trouvée dans un livre d'Y. Bigot).
J'ai contacté Christophe Dupouy, l'ingé-son des premiers disques de Murat, qui nous indique: " la console Cadac que j’avais installée à Douharesse, elle était au Studio M de Davout dans les années 70-80", et il semble bien qu'elle ait été récupérée là-bas, sans passer par la case RITA... On peut apercevoir leur home studio de 86 dans le film de Godard Soigne ta droite, leur Mademoiselle personne, et la console Cadac est plus volumineuse.
On retrouve mentionnée ailleurs cette console qui est bien "24 pistes": Tony Visconti se rappelle avoir travaillé en 89/90 sur leur "24 pistes" pour le disque "RE". Et Gerard Bar-David racontait dans Best en 91: "Freddy possède sa propre console 24 pistes posée à dix centimètres du sol, indispensable passeport vers I‘indépendance artistique. Sans cet home- studio et ses horaires illimités, jamais il n’aurait pu expérimenter tous ses délires remixés".
J'ai promis du concret, et on n'y est pas encore : la console de Murat n'a pas appartenu semble-t-il aux RITA... mais ils ont travaillé sur celle-ci au Studio Davout... et avec Christophe Dupouy! C'est bien le souvenir que Denis avait également. Christophe nous dit :
"J’ai travaillé une semaine en tant qu’assistant sur Marc et Robert au studio M de Davout avec Toni Visconti, je n’ai pas de souvenirs particuliers, si ce n’est que les journées commençaient vers 18h". C'est laconique, mais voilà quand même un élément tangible.
D'après ce que dit Dominique Blanc-Francard du proprio de Davout Yves Chamberland, il est possible que les négociations pour cet achat n'aient pas été évidentes : il "était prodigieusement radin. Un personnage à la fois détestable et attachant". "Un jour, Chamberland m’a ainsi proposé de cacher une petite boîte qui brouillait les enregistrements sous la console de ses concurrents"! Notons au passage que Dominique Blanc-Francard est un dénominateur commun entre les Rita et Jean-Louis... mais qui dans le paysage musical français n'a pas travaillé avec cet ingénieur du son (qui n'évoque ni Murat, ni les Rita dans son livre)?. On pourrait dire la même chose de JB Mondino qui fit la première pochette de Murat et signa le clip de "C'est comme ça".
Pour clore ce chapitre, cette histoire de console montre que ces artistes partageaient une même volonté d'indépendance et une certaine idée de la création musicale, un travail du quotidien - c'est plus vrai pour Fred qui pouvait reprocher à Catherine de ne pas travailler suffisamment.
Delon à Davout. L'étroitesse de la salle peut laisser penser qu'il s'agit du studio M (sous réserve)
Et une autre photo : les Rita avec Tony en studio. A Davout? avec la console?
2) VIRGIN
Jean-Louis et les Rita étaient signés chez Virgin de la grande époque. Les Rita l'avaient précédés de quelques années. Quand Fabrice Nataf arrive à son poste, le 45 T de Marcia Baila est sur son bureau, et il signe Murat deux ou trois ans plus tard. Il est possible que Murat les ait croisés rue de Belleville ou à des événements corporate qu'aimait Fabrice Nataf (mais on m'a raconté que JLM avait fait son maximum une fois pour rater le bus qui devait emmener tout le monde). Mais voici ce que nous disait François Delmotte:
F. Delmotte : Honnêtement non. Mais (Murat) est un des artistes avec lequel je m’entendais le mieux. Je me rappelle de Julien Clerc, très gentil mais qui était un peu distant, il était déjà un artiste établi, Renaud, qui n’avait pas un contact facile, je ne parle même pas des Rita Mitsouko. Aubert était plutôt sympa. Mais Murat avait ce côté plus cultivé, que n’avaient pas les autres artistes, la plupart en tout cas, et une culture cinématographique qui s’exprimait d’ailleurs déjà dans le titre de l’album, une référence peu relevée à un film de John Ford. Souvent les artistes étaient très centrés sur eux-mêmes, enfin, c’est la réflexion que je me faisais, ils pensaient surtout à eux, à leur carrière et ça les déconnectait du monde et de l’actualité, même de l’actualité culturelle.
Il ressort effectivement que le duo n'était pas toujours facile : Laurence Kent écrit, dans une nécro par ailleurs élogieuse, que Catherine "n'a pas toujours brillé par sa bienveillance". Nicole Bouchard, qui travaillait avec Virgin, et eut l'honneur d'être mentionné par Jean-Louis dans l'inédit "Québec" (en version live là) suite à un voyage marquant pour lui, le reconnaît bien volontiers. Elle les a rencontrés à deux occasions mais retient : "Les deux, des gens intelligents, originaux, décents et d’une authenticité enviable".
Dans ce cadre Virgin, on retrouve ainsi les œuvres de Jean-Louis et des Rita dans le projet "Diversion" qui voit Murat chanter Louise Feron, Julien Clerc chanter Murat, et les Rita repris par Daho et Jean-Louis Aubert (les Rita ne participant pas eux-mêmes). Louise Feron, la compagne de Dominique Laboubé indique avoir été très amie avec Catherine après l'avoir rencontrée lors d'une fête Virgin.
On retrouve enfin les deux noms sur le disque promo "Virgin- Eté 2000":
Enfin, c'est via Virgin qu'est sans doute embauché Philippe Gautier pour réaliser des clips pour Jean-Louis Murat, le même qui participa à l'émergence des RITA en réalisant Marcia Baila et Andy... puis réalisant leur tout dernier clip. On en a parlé tout récemment lors d'une très belle interview du vidéaste qui revient longuement sur son travail avec les RITA.
Concernant les maisons de disque, notons que les RITA ont très vite créé leur société Six sarl en 1986, optant ensuite pour le fonctionnement "sous licence" pour leurs disques, ce que fit ensuite Jean-Louis, plus tardivement.
DU MOINS CONCRET
1) INFLUENCE
J'entends Christophe Conte dire qu'ils ne faut pas résumer les RITA à leurs tubes, mais j'ai le souvenir de nombreux débats sur la qualité de leurs disques à chaque sortie, si bien que j'ai quand même l'impression que Jean-Louis a eu une influence plus marquée chez ses congénères tandis que c'est l'impact de leurs tubes et ce qu'ils véhiculaient qui définit plus les Rita. A mes yeux, ils incarnent "la movida" française.
Dans le livre de Baptiste Vignol qui a interrogé 276 chanteurs, le titre Marcia Baila ressort 14e du classement des chansons les plus citées, C'est comme ça est aussi cité à quelques reprises... mais Murat est dans la liste des chanteurs dont le plus de chansons différentes ont été citées (loin derrière Gainsbourg, Ferré, Bashung mais ex-aequo avec Daho, Manset ou F. Hardy). Dans les classements des meilleurs disques français, "The no comprendo" ou leur premier disque côtoie Mustango, Cheyenne automne ou Lilith. Il faut dire que la discographie muratienne est nettement plus imposante que celle des Rita+ Ringer réunis.
Le fait qu'on ait peu interrogé Murat sur les RITA est aussi un signe, alors que les références à Dominique A, Manset, Souchon sont nombreuses. Qu'on ne retrouve pas de coup de griffe de Murat sur le duo en est un autre. Indifférence? On sait qu'il était peu enclin à féliciter ses collègues, et n'a pas daigné donner un satisfecit au Rita (je pourrais mettre une citation où il ne peut donner le nom d'aucun bon instrumentiste, ou compositeur en France -enfin : il n'en existe presque pas dit-il).
Le fait est que Murat comme les Rita ont rapidement connu un déclassement : Yves Bigot parle de la triste programmation des Rita en 2007 sur une scène annexe de Rock en Seine "comme s'ils ne comptaient plus décisivement".
2) Différences/points communs en vrac et vite fait, j'ai trop d'actus à traiter, hop, hop...
- Il semble que Murat qui n'était pas beaucoup plus âgé que Fred Chichin a été marqué par des références plus américaines et classiques : Dylan, Cohen, le blues, les groupes rocks des années 70 comme Eagles, America ou Family, même si bien sûr il s'intéressait à tout. Fred était plus marqué par les anglais, par Bowie (peu marquant pour Jean-Louis), les Sparks (le duo a failli prendre un nom faisant référence à ce groupe) mais aussi par Ferré, le travail de Pierre Henry, avant de se tester au funk, pendant que Catherine aimait Brassens, Piaf, le tango et la musique classique.
- Bernard Lavilliers a raconté qu'il a passé des nuits avec Fred Chichin à essayer de mettre en musique des poèmes de certains auteurs. Que Clara ait fait sa première partie, ou que Murat l'ait encore croisé en télé dans les années 80, n'ont pas rapproché les deux hommes.
- Fred Chichin avait certains côtés réactionnaires et s'était construit un peu en opposition à son père militant communiste. Murat a dit: "j'aime plutôt les gens qui sont ni de droite, ni de gauche mais plutôt d'un sorte d'anarchisme classique. Ils ne sont enfermés dans rien, se remettent toujours en question et sont toujours contre". Une citation qui pourrait coller à ce que j'ai appris des Rita, qui ont été proche de Nabe, un profil qui a intéressé JL Murat: "des sortes d’anarchistes de droite qui sont à la fois chrétiens et à gauche des communistes. Ils voient la foi comme un super communisme. C’est une façon de penser qui me plaît et qui a quasiment disparu. J’essaie de la retrouver chez des moralistes, chez des écrivains, mais ils se font laminer : Houellebecq, Dantec, Nabe… Je ne suis pas toujours d’accord avec eux, mais j’aime bien ces gars-là et leur état d’esprit combatif".
- Comme avec certains propos de Murat, la diatribe contre le rap de la part de Fred Chichin a été largement récupéré par la réac-osphère (Naulleau) : « Le discours d’un Doc Gynéco peut se résumer ainsi :« Si j’étais riche, je m’achèterais une Porsche et je t’emmerderais, bâtard. » Je les connais bien ces types, j’ai travaillé avec eux. Je suis resté deux mois avec une quarantaine de rappeurs. C’est édifiant sur le niveau et la mentalité… Le rap a fait énormément de mal à la scène musicale française. C’est une véritable catastrophe, un gouffre culturel. La pauvreté de l’idéologie que ça véhicule : la violence, le racisme anti-blancs, anti-occidental, anti-femmes… C’est affreux. », mais comme chez Murat, c'est à relativiser : une vanne sur PNL n'empêche pas qu'il aimait le rap, a repris I AM, ou érigeait K. Lamar au rang d'icône.
- Paris/province : Fred avait un grand-parent maternel d'origine auvergnate.. et qui tenait un débit de boisson à Paris, et son père s'appelait Jean-Louis, mais à part ça.. Les Rita étaient parisiens, enfants d'intellectuels et pour Murat, "la chanson française est très citadine, centralisée, par des Parisiens pour des Parisiens". On n'envisage pas Fred Chichin au cul des vaches mais Jean-Louis a lui aussi vécu des épisodes de vie alternative, dopes et overdoses des copains. Auraient-ils pu se croiser dans les années 70?
Fred a seulement deux ans de plus que Jean-Louis, mais débute sa vie alternative dès 14 ans, mais rien n'indique qu'avant Clara, Murat ait fréquenté le milieu dans lequel Fred traîne, d'autant que le jeune Bergheaud a des connexions avec un milieu plus folk et hippies (la revue chanson, le groupe Ange, via Hervé Bréal...je n'explique pas, utilisez la fonction recherche du blog). Les fréquentations et le mode de vie de Fred lui valent de passer un moment en prison et d'attraper son hépatite : les Taxi Girl - Mirwais parle de Fred dans son livre-, Olive, Alain Kan, Jean Neplin, Patrick Eudeline (qui a livré des souvenirs gonzo des Rita, publiés par Causeur) et Rikky Darling. Ces deux derniers croisent la route de Murat à la Bourboule en 78 , le festival organisé par le pote dealer de Jean-Louis. Cela peut faire penser à la relation d'amitié des Rita avec Frank Henry (Frankus sur les réseaux):
J'ai connu Fred Chichin au placard, à Fresnes. C'était avant les Rita Mitsouko. Il était tombé pour une histoire de came bidon. Pas un voyou du tout, le mec... Il était sur Mars. Complètement terrorisé par cet univers glauque. Moi-même musicien, à mes heures, j'ai immédiatement sympathisé avec lui et aussitôt tenté de le rassurer. En lui expliquant qu'il ne resterait pas enfermé très longtemps. Ce fut le cas. Quelques semaines à peine... Après quelques années d'enfermement, pour ma part, je l'ai retrouvé à Paris. Il était pote avec Olive, du groupe Lili Drop, dont je fus un temps, plus ou moins... manager. Une couverture, bien sûr... Entre-temps, Fred était devenu une rock star. Au firmament du rock francais. Avec Catherine donc, dont j'ai fait l'heureuse connaissance, à cette époque. J'ai alors assisté à pas mal de sessions au studio "Le Garage" , dans le 20 ème, lors de l'enregistrement de l'album "Marc et Robert". J'étais alors dans une phase aiguë de grand banditisme. Les Rita's le savaient mais ne m'ont jamais évité, pour autant. Au contraire, je crois que mes histoires de fou les amusaient... Nous avons passé ensemble quelques soirées et moments mémorables. Ces deux personnes étaient simplement délicieuses et leur compagnie était aussi précieuse que bonifiante. A l'époque, je passais mon temps sur les routes de France, avec mes complices, à repérer mes futures cibles et victimes : Les banques... Que nous braquions sans vergogne. Nous avons ainsi sillonné quasiment toutes les autoroutes de France. Et fréquenté, de fait, beaucoup de stations essence. Et je me faisais un devoir d'acheter toutes les cassettes VHS pornographiques, dans lesquelles avait œuvré Catherine, et ce malgré le fait que la maison de disques Virgin avait tout fait pour essayer de retirer toutes ces vidéos du marché. Mais il en restait quelques unes, par ci, par là... Je me faisais alors un honneur de les remettre ensuite à Catherine, qui les recevait avec une vraie émotion. Me proposant même de me les rembourser. Ce que je refusais, évidemment. Je crois qu'ensuite elle les brûlait, ces cassettes. Voilà, c'était mon histoire en rapport avec cette belle et bonne dame, au talent immense et rare. Hier, j'ai eu les larmes aux yeux. Elle a, j'espère... retrouvé Fred. Que les cieux leur soient doux à vivre, dans une belle éternité rock n roll.
Dois-je conclure sur le fait qu'on n'est pas chez les buveurs d'eau? On fera donc le lien par le joint, même si chez Murat, la création artistique est aussi associée au sport et à une pratique plus ascétique, et pas systématiquement "chargé", même si Jean-Louis a dit clairement que l'histoire de la musique rock est aussi celle des drogues ou défendait le cycliste Lance Amstrong en s'énervant comme la lutte antidopage... Au moment de Grand Lièvre, notamment, il faisait ainsi ce qu'on pourrait qualifier de grand écart entre "le bon père qui veut protéger ses enfants" (discours commençant à être fort sur Grand lièvre) et "le rocker éternel qui doit brûler sa vie (j'ai déjà écrit ça quelque part, je me copie sans vergogne pour aller plus vite).
- La seule amitié commune que j'ai pu détecter entre Murat et les Rita était Rachid Taha. On en parlé là, même s'il y en a sans doute d'autres. Et peut-être Bayon... qui convoquait le duo lors du grand article fondateur "Couleur Murat" de 1988:
"Regrets, remords, rancoeur
Il a morflé ? Et Rita Mitsouko, alors ? Gainsbourg ? Bergen Bas(c)hung ? Quand Murat dit : «C'est du rabe», on sent là certaine saveur d'amertume et de gâchis à remâcher. A douter de tout pour toujours. Comme on dit : «C'est trop tard.» Fastoche."
Le "frère de laid" de Jean-Louis aurait aussi qualifié les Rita Mitsouko de groupe "inégal et inégalable", et avait proposé à Catherine d'écrire pour Libé, l'article hommage à Jean Neplin lors de mort.
En passant, j'ai retrouvé ce propos de Bernard Lenoir :
« Il semble qu’on se souvienne plus volontiers de moi comme un des «passeurs» de la musique pop anglo-saxonne la plus pointue. Pourtant bien avant Feed-back, l’Inrockuptible ou C’est Lenoir, des années de programmation des soirées de France Inter pour le Pop Club de José Artur, Pas de Panique ou Marche ou Rêve m’ont amené à porter tout autant d’intérêt à la chanson française la plus novatrice. Cette compilation réunit les artistes emblématiques de mes choix musicaux pendant tout ce temps passé aux aguets d’une expression artistique sortant de l’ordinaire. Certains étaient déjà des icônes vénérées (Serge Gainsbourg / Françoise Hardy / Christophe / Brigitte Fontaine) d’autres le deviendraient plus ou moins vite (AlainBashung / Les Rita Mitsouko / Étienne Daho / Noir Désir) mais combien allaient devoir longuement batailler pour imposer un talent qui me semblait évident ? Cette quête fût à l’origine de découvertes épatantes et de liens désormais indéfectibles : Gérard Manset, Alain Bashung et Jean-Louis Murat bientôt rejoints par Dominique A, Rodolphe Burger, Rachid Taha, Katerine, Camille, Mendelson, Florent Marchet, etc…
Tous resteront pour moi un bel exemple de détermination et d’intégrité. Le plaisir fût grand de relayer sur les ondes pareil talent en partageant cette mélancolie qui nous habite. »
- Salle commune : Rita Mitsouko a inauguré la Coopérative de Mai, à Clermont-Ferrand, en mai 2000... alors que Murat viendra la fréquenter en décembre pour la première fois, antépénultième concert de la tournée Mustango. Et je vois que Raoul Chichin a joué en première partie de Neil Young/Crazy horse... avec les Backstage Romeo, à Vienne...
- Ah, j'étais assez persuadé de trouver une programmation commune dans une émission télé dans les années 80... et je vois du beau monde, même du Céline Dion, à Stars 90, annoncée après Jean-Louis en 1992... mais de Rita, point.
- Du côté de Reignier (Haute-Savoie), on se rappelle du passage des Rita Mitsouko, lors de l'édition 1985 du festival des Rocailles (avec Francis L, lui aussi décédé cérébralement trop tôt). Clara et Mme Atomos avaient joué lors de la première édition en 1980. Il faudra me rappeler que j'ai des archives inédites à diffuser à ce propos!
Si vous avez d'autres idées, n'hésitez pas à commenter!
PATRICK ZELNIK
Et comme le veut la loi des séries, peu de temps après Catherine Ringer, on apprenait le décès de Patrick Zelnik, premier président de Virgin France, en 1980, aux côtés de Thierry Haupais et Philippe Constantin. Il fonde ensuite NAIVE, et Marie Audigier deviendra sa collaboratrice, avant de prendre la direction du label, une fois que celui-ci a été racheté par Believe.
Quelques archives de ces années folles:
Extrait de Showmag en 1987 (avec des nombreux noms ayant travaillé avec JLM à l'époque, comme Marc Maréchal, A. Artaud, Olivier Bas, mais à peu près tous...). Désolé, je n'ai pas l'intégralité du document.
Voici un article du Monde de Véronique Mortaigne de 2008 où il est beaucoup question de l'amie Carla, et les Rita: Patrick Zelnik, label sensible
Sa maison de production, Naïve, commercialise les chansons de Carla Bruni, l'épouse du président. Cette mission délicate n'effraie pas l'ancien patron de Virgin, un hypertimide qui s'est soigné par la réussite.
Par Véronique Mortaigne Le 12 février 2008
Il a l'air gêné, mais chez lui, c'est naturel. Avec ses lunettes arrondies, ses allures de gaffeur professionnel, sa propension à rêver en marchant, Patrick Zelnik a souvent été comparé à Woody Allen. Parfois irrité, le président de Naïve, le label qui distribue Radiohead et Pierre Perret, n'élève jamais la voix. Elle est naturellement persuasive. Lui, est hypnotiquement bavard. Non qu'il soit un orateur-né, mais il ne perd jamais le fil d'une pensée souvent en rupture.
Les dossiers délicats, Patrick Zelnik connaît. Certains, brûlants, ont fait la "une" des journaux. Patron du groupe Virgin pour la France de 1988 à 1997, il menait - déjà - la bataille politique pour l'ouverture des mégastores le dimanche. Le voici, vingt ans plus tard, devenu artisan du disque et président du Syndicat européen des sociétés phonographiques indépendantes (Impala), faisant plier la Commission européenne, l'obligeant à annuler pour un temps la fusion entre deux géants du disque, l'allemand BMG et le japonais Sony.
En 2008, l'ami de Richard Branson est placé devant un hic : produire le prochain album de l'épouse du président de la République, Carla Bruni. Le cas est embarrassant. Un vrai test de personnalité. A qui pareil accident discographique pouvait-il arriver, si ce n'est à lui ? "J'ai beau chercher, je ne vois pas", dit Marie Audigier, manageuse de Jean-Louis Murat et ex-cadre de Naïve. C'est cette "PME culturelle" que Zelnik a fondée en 1998 avec Eric Tong Cuong, créateur de l'agence de publicité BETC Euro RSCG et Gilles Paire, ancien PDG d'Universal France.
Patrick Zelnik veut croire à la version du Journal de Carla B. tenu chaque semaine par Le Canard enchaîné : "Alors, la gauche, on dit merci qui ?" La fiancée de Nic', "mon Etalonnette", se targue d'avoir assoupli les positions de son amoureux sur les 35 heures, sur les OGM... Devenue première dame de France, pur produit de la gauche jet-set, elle a l'oreille du président, son mari. Comme elle est impliquée dans le business de la musique, qu'elle répète que sa maison de disques, Naïve, est la meilleure qui soit, Patrick Zelnik peut nourrir l'espoir d'être entendu par le pouvoir sur des sujets qui lui tiennent à coeur : la baisse de la TVA sur le disque (19,6 % quand le livre est à 5,5 %), la défense de la diversité culturelle...
Naïve est une maison informelle, parfois brouillonne et toute en circonvolutions, à l'image de son patron. On y produit des disques, des livres, du multimédia. Elle est installée dans le 9e arrondissement de Paris, dans la Nouvelle Athènes. Lieu de rendez-vous obligatoire, l'Hôtel Amour, un dérivé rock des Hôtels Costes, dénommé "le jardin" chez Naïve.
Sentimental, Zelnik ? Oui. Des yeux facilement mouillés, un sourire de garçon, un polo de bonne qualité, un jean, faux naïf éberlué et homme d'affaires astucieux. Positionné à gauche, sans être encarté, il avoue sa participation à un meeting de Lionel Jospin et déclare son aversion pour l'utilisation des artistes à des fins politiques. Quand Carla Bruni arrive chez lui en 2002, grâce au patron d'Art Media, l'agent artistique Bertrand de Labbey, on se dit que la chanteuse et le PDG appartiennent à la même famille. Carla Bruni vendra 2 millions de Quelqu'un m'a dit, dont plus d'un tiers à l'étranger, puis, en 2007, 200 000 exemplaires du deuxième album, No Promises, dont une majorité à l'exportation.
Après avoir, il y a cinq ans, sauvé l'économie fragile de Naïve, Carla Bruni-Sarkozy devrait entrer en studio en mars pour enregistrer un troisième album. "Ce passage-là ne sera pas plus difficile que celui qu'elle a opéré de top modèle à chanteuse, car la France n'aime pas le mélange des genres. Ce sera le premier cas d'une femme de président qui continuera à exercer son métier sans dépendre de son mari et ce n'est pas parce que cela ne s'est jamais produit que c'est impossible", démontre en souriant Patrick Zelnik.
Etait-il au réveillon à la Lanterne, à l'anniversaire de l'amie Carla, à son mariage ? Nicolas téléphone-t-il vraiment chez Naïve pour vérifier le plan marketing du futur album de son épouse ? Zelnik le pourfendeur du loisir abrutissant est-il gêné d'entendre Carla Bruni chanter Bon anniversaire avec Didier Barbelivien, copain du président et symbole de la "grosse variet" ? Patrick Zelnik esquive, répète que Carla Bruni est "infiniment cultivée, extrêmement travailleuse" et que, pour le reste, "tout dépendra de la qualité du disque qu'elle est en train de composer. Je n'ai jamais accepté la rationalisation du choix artistique. Je crois à l'accélération du pouls, au frisson". Et il nous prie de ne pas résumer Naïve à la Bruni.
Naïve est, avec Wagram, en tête des labels indépendants français. C'est la maison de Mariane Faithfull, de Raul Paz, de Pink Martini et, fortement présente dans le répertoire classique, celle de la violoncelliste Anne Gastinel, de l'Ensemble Accentus ou du violoniste Laurent Korcia. "Un éditeur est celui qui n'a jamais écrit un seul livre, mais les a tous signés", cite encore cet ex-timide maladif, dont le nom est indissociable de l'aventure Virgin - et inversement.
Le destin de ce fils d'un patron de société de confection - des origines russes par sa mère, polonaises par son père - passe par Londres, Carnaby Street et le Marquee Club. Etudiant à Dauphine, il lit Billboard, la bible des professionnels de la musique. "Je voyais des types à cheveux longs et sans cravate qui étaient directeurs du marketing", le rêve. En 1973, il entre "en maison de disques", chez Polydor, "assistant au département import-export, j'étais hypertimide. On m'avait demandé d'expédier quatre affiches de Moustaki en Amérique latine, j'avais mis quatre heures à les plier".
Patrick Zelnik, cependant doué, devient directeur international et marketing de Polydor. En 1977, il repère à Londres le premier magasin Virgin, une jeune boîte créée par Richard Branson. En 1980, il crée Virgin France, avec Philippe Constantin et Thierry Haupais, tous deux prématurément décédés. Ce sera les Rita Mitsouko, Bashung, Téléphone, Souchon, Daho, Renaud, Peter Gabriel... "Avec eux, je n'ai jamais été PDG, mais toujours Patrick Zelnik."
Merci qui ? "Merci Nina Malolentenkoff, celle qui a commencé à m'enseigner le piano classique à l'âge de 15 ans. Grande lectrice, elle m'a donné à lire toute la littérature allemande, puis toute la littérature russe, etc." Patrick Zelnik aurait pu être un artiste : il avait composé des musiques sur des textes d'un poète ami de ses parents et de Georges Brassens, René Fallet. Brassens avait aimé le résultat, mais conseillé de "travailler sa voix" au jeune homme, qui prit la mouche et devint ainsi un PDG sensible.
Véronique Mortaigne
Paulo était tout excité. Pourrait-il enfin disposer d'une correspondante parisienne enthousiaste et disponible pour relater quelques événements parisiens? Allo Corina?
- ah, tu sais que j'existe?
- euh oui, bien sûr... mais tu sais bien que je dois faire des sacrifices pour remplir mon sacerdoce...
- Oui, et qu'est-ce que tu veux?
- Bin, écoute, tu débarques à Paris, et je t'ai trouvé une invitation pour voir Albin de la Simone...
- qui? Tu ne m'avais pas promis The CURE déjà? Et je préférerais Zimmer 90 (le 17/11 à l'Elysee Montmartre, je te rappelle).
- Euh... bon, écoute, qui se ruine pour ta vie parisienne? Alors, tu fais la pige pour Bibi, sinon, c'est régime sec, tu piges? Et tu verras, au niveau pop minimaliste, Albin, ce n'est pas si loin de ton groupe {même si je pourrais te balancer ce que disait Murat du groupe "Air", une de leur influence évidente).
Hi Daddy, tu m'avais emmené voir le Soldat rose quand j'étais petite au Théâtre de la Porte Saint Martin, je me rappelle un peu du lieu, mais le spectacle d'Albin ne se déroule pas là : Le petit saint Martin est un peu plus loin. C'est l'ancienne école du mime Marceau, tu connais?
- Mais oui, bien sûr! Michael Jackson était fan et allait le voir en spectacle!
Capacité de 200 personnes. C'est bien rempli pour cette 3e représentation d'une série de 8 spectacles (les jeudi et vendredi, jusqu'au 25/09. EDIT : C'est prolongé en octobre, dont une représentation un samedi!
« Même le passé est imprévisible », nous confie Albin de la Simone lors de son spectacle Mes Battements, une phrase qui m’a bien fait réfléchir. Bien plus qu’un simple concert agrémenté de dessins projetés, cette prestation est une invitation à plonger dans son enfance. Il nous y emmène, alternant entre moments marquants et tous petits détails, tantôt avec humour, tantôt avec gravité.
Cette rétrospective, il dit ne pas vouloir la partager dans un but nostalgique mais évoque la métaphore du rétroviseur : regarder derrière soi, que ce que l'on voit soit beau ou laid, est indispensable pour avancer. Le mélange entre ses récits, les dessins qu’il réalise lui même assez simples (naifs?) mais allant parfaitement de pair avec ses chansons, variés, légères mais profondes, crée une transmission précise de l’essence et de l’émotion des mélodies au public. On a l'impression de se retrouver avec un ami, un soir où il est d'humeur à se confier. C'est tendre, drôle, et un vrai moment de théâtre conçu et mis en scène par Albin lui-même.
Si la salle ne comptait pas beaucoup de personnes de mon âge, le fait de n’avoir pas encore traversé la « crise de la quarantaine » n’a pas gaché mon plaisir. Je recommande vivement !
Merci Corina!
Tu m'as parlé du moment où il raconte que ses amoureuses d'enfance l'accompagnent encore. Tu es peut-être encore trop jeune pour le comprendre, mais Murat l'a lui aussi si bien chanté dans "le mont sans souci". Quant à la quarantaine, c'est bien ce qui m'a tant touché dans son disque "un homme" chroniqué en 2015 ! J'espère que tu vas faire encore de nombreux spectacles pleins de vieux! PS: On rappelle qu'Albin a accompagné sur scène Murat au café de la danse en 2004.
Mes Battements est aussi un livre paru en 2025 avec un volume 2 à paraître le 7/10/26: "En quittant mon collège de campagne pour le lycée de ville, puis en changeant de pays pour la Belgique à 15 ans, entrant dans une école d'art entouré d'adolescents tourmentés comme moi, j'ai cru que j'abandonnais enfin, comme la mue d'un serpent, cette peau de garçon incompris et harcelé."
Le disque Toi là bas est sortie lui le 7/03/2025 (dans la série Mieux vaut que jamais)
Bon, j'ai mis des jours pour finaliser cet article, qui ne me passionnait pas, mais j'ai essayé d'apporter un peu de contenu...
Cela avait déjà tourné dans les sphères muratiennes récemment mais sans que cela en sorte. Il a fallu un article de 20 minutes.ch du 23/06 avec la confirmation d'un journaliste suisse pour qu'un buzz assez important voit le jour... Nous voilà en "en hovercraft helvétique" à devoir survoler la vaguelette. Ca nous rappelle des choses, même si cette fois, les propos de Murat ne peuvent pas amener à se détourner de lui, ou à lui donner une image trop négative, comme ça a été très souvent le cas. Je ne vais pas refaire la liste des badbuzz. "Je ne vivrai pas aussi intimement que toi avec l'idée de ma propre perte".
Bon, le point de départ est une des anecdotes très régulièrement racontées par Jean-Louis Murat qui, avec son expérience à St-Tropez comme saisonnier, explique son mépris pour le show-biz: avoir vu deux stars jouer à la réputation impeccable une fille de 16 ans au poker. Exemple dans Le soir mag, Nov 1996 (Belgique):
Le buzz fonctionnant moins bien sans image, il - et l'article initial de 20 minutes- s'est appuyé sur l'émission avec Pascale Clark, "la route", dans laquelle l'anecdote était l'objet de quelques minutes (c'est ce qui a été utilisé dans les réseaux sociaux, découpé sur youtube). Le reste de l'émission n'est pas inintéressante (et révélait les infidélités, sans doute celles des années 70, quand il faisait des trajets en voiture vers Lyon -ça n'a aucun rapport avec le sujet du jour).
Jean-Louis n'a pas donné les noms publiquement mais l'aurait dévoilé à ce journaliste suisse en 1996, le dit journaliste qui révèle ceci sous le couvert de l'anonymat... Ce qui est quand même vaguement curieux. Si bien que j'étais assez décidé à chercher quelle était cette personne qui aurait rencontré Jean-Louis Murat à Paris au moment de DOLORES.
Il affirme avoir rencontré Jean-Louis Murat en 1996 à Paris à l’occasion d’un entretien consacré à la sortie du disque «Dolorès». «On s'était donné rendez-vous Place des Vosges. On parlait de l’album et de sa pochette qui représentent des jeunes femmes en culotte. Il me disait qu’il ne l’aimait pas et qu’il n’avait pas vraiment eu son mot à dire. C'était le choix de la maison de disques», raconte-t-il.
Selon le Romand, cette conversation a ensuite porté sur «le rapport aux femmes» et «la responsabilité des artistes». C’est dans ce contexte que Jean-Louis Murat lui a lâché: «Bruel, je ne peux pas le piffer depuis que je l’ai vu jouer une pauvre gamine au poker. C'est le comble de l’abjection.» En d'autres termes, la fille était mise en jeu comme un trophée. (20 minutes).
Et voici, hors réseaux sociaux, ceux qui ont jugé digne d'intérêt de relayer cette information... alors que Bruel est déjà accusé de 10 viols, et sous le coup de vingt plaintes:
République du Centre- La Montagne, Closer, yahoo, DH-La libre belgique, 7sur7.be, msn, sudinfo, Tribunal du net, Marie-France, 24h.ch,Galajournal des femmes, Voici, ohmymag (Jean-Louis Murat, disparu le 24 juin 2023, était connu pour son franc-parler et ses prises de position sans filtre dans le monde artistique. Ses déclarations, rapportées par un journaliste romand et relayées notamment par 20 Minutes, continuent d’attirer l’attention plusieurs années après son décès. La citation sur Patrick Bruel montre la virulence dont il pouvait faire preuve à l’égard d’autres personnalités, confirmant sa réputation d’artiste insolent et sans concession. Ce témoignage posthume accentue l’attention portée sur la figure de Bruel dans un contexte déjà sensible, marqué par des accusations graves et une médiatisation intense. Cette déclaration illustre bien le poids des paroles d’un artiste, dont l’influence peut perdurer au-delà de sa disparition, en influant sur la perception du public et les débats autour de ses contemporains), ,
Libération (site web) a fait des milliers de like et de commentaires sur les réseaux sociaux avant de supprimer apparemment l'article... mais il se trouvait encore sur la page MSN
Article de Libération « J’ai vu Patrick Bruel jouer une pauvre gamine de 16 ans au poker » : des propos chocs de Jean-Louis Murat exhumés par « 20 minutes »
Un nouveau scandale, qui vient s’ajouter à la longue liste des accusations visant Patrick Bruel, mis en examen pour «viols», «tentative de viol» et «agressions sexuelles». Auprès du média 20 minutes, un ex-journaliste affirme avoir rencontré le chanteur Jean-Louis Murat lors d’un entretien réalisé en 1996. Ce dernier lui aurait livré le récit d’une soirée en compagnie de Bruel, rapportant qu’il y aurait parié une jeune fille lors d’une partie de poker.D’origine romande, l’ex-journaliste dit avoir rencontré Jean-Louis Murat place des Vosges à Paris, à l’occasion de la sortie de son disque Dolorès. Au détour d’une réflexion sur la pochette de l’album, représentant des jeunes femmes en culotte, leur conversation a dérivé sur «le rapport aux femmes» et «la responsabilité des artistes», écrit 20 minutes. Murat, par ailleurs pas avare de réflexions misogynes, lui aurait alors lâché : «Bruel, je ne peux pas le piffer depuis que je l’ai vu jouer une pauvre gamine au poker. C’est le comble de l’abjection.» La jeune fille aurait ainsi été mise en jeu par les participants.
Même récit lors d’une interview télévisée
Dans un extrait d’interview exhumé par les internautes dans la foulée de la parution de l’article, Jean-Louis Murat, relate la même anecdote. Le chanteur, décédé en 2023, y est interrogé par la journaliste Pascale Clark, pour son format télévisé la Route, qui présente l’invité au volant d’une voiture. «J’ai vu deux énormes vedettes de la chanson française jouer aux cartes une petite nana de 16 ans avec qui j’avais discuté. Elle était complètement à la rue. Il fallait la traiter comme une enfant», relate Jean-Louis Murat dans cette vidéo datant de 2007.
Et l’artiste de mettre en cause sa propre responsabilité, sans jamais nommer les chanteurs : «J’aurais dû intervenir parce que c’est un des trucs les plus répugnants que j’ai vu dans ce métier. Des gens qui ont une image en or. Les deux parfaits garçons. On leur donnerait le bon Dieu sans confession. Maintenant, à chaque fois qu’on me parle de ces mecs-là, je les casse». Contactée par Libération, Pascale Clark indique n’avoir jamais su qui étaient les deux personnalités mises en cause par les propos de Murat. «J’ai dû essayer de le savoir à l’époque, mais il ne m’avait pas répondu», relate l’ancienne journaliste et animatrice.
Les avocats de Patrick Bruel n’ont pour l’heure pas réagi à la publication de l’article de 20 minutes. Placé sous contrôle judiciaire dans le cadre de sa mise en examen, et sous le statut de témoin assisté dans quatre autres dossiers, l’artiste a annulé sa tournée des festivals, prévue de juin à septembre, après des semaines de retentissement médiatique. Plusieurs dates de concert, prévues à l’automne, sont toujours maintenues partout en France.
Que dire de plus?
Personne ne l'a souligné, et pour cause: le film est officiellement inédit -sauf pour les visiteurs du Week-end Murat, yes sir! 2023 et 2024), l'anecdote racontée par Murat ressemble assez fortement au "pitch" du film "Mlle personne"... dans lequel le chanteur récupère une jeune fille paumée et à la rue, ce qui semble avoir été le cas de la fille du poker. Par contre, le film ne laisse pas penser que le chanteur cherche à en profiter, même si le côté macho et dominateur de Murat est bien visible, le côté pygmalion que Camille a chanté (là encore le texte de Camille "baby carni bird" peut faire légérement écho à tout ça):
La route était barrée Quand il m'a renversée Un soir au nord de Nice
Eblouie par les phares J'ai croisé son regard Et je me suis jetée
Ravale ta salive Ton orgueil de fille!
Je me suis relevée et je lui ai donné La main qu'il me restait
Mais j'avais oublié Mon nom de jeune fille Alors j'ai inventé
"My name is Baby Carni Bird I'm the only one in the world I'm yours For I can fly up in the air And you can shoot me when you like I'm yours"
Le ciel est une cime D'où sombrent les étoiles Et nous y sommes allés
À travers le pare-brise J'ai vu fondre les neiges Des plus hauts sommets
Mouillées ses babines Ses dents c'étaient des limes Ses yeux des pièges à loup
Et ses contes de feu De fée de cheval fou M'empêchaient de dormir
(Ne vous n'y trompez, ce n'est pas une emprise physique et sexuelle qui est racontée par Camille).
- Bon, pour en revenir au buzz, alors qui peut donc être ce journaliste romand?
J'ai pensé à Olivier Horner qui a longuement suivi Jean-Louis, mais je n'ai pas trouvé de rencontre avec Murat au moment de Dolores. Contacté, il m'indique que ce n'est pas lui. Christophe Fovanna qui a fait une interview pour le journal de Genève me dit lui: "Bonjour. Non, ce n’est pas moi. Si ça avait été le cas, je n’aurait pas gardé l’anonymat. Je ne fais jamais ça, quelles que soient les circonstances. Ni comme journaliste autrefois, ni comme personne aujourd’hui… Par ailleurs, si cela est vrai, Murat aurait dû parler lui-même à l’époque, je trouve… Cordialement".
14/11/96 Le journal de Genève
Dans les articles période Dolores, un autre nom ressort, celle d'une chroniqueuse régulière de Murat pour "le Nouvelliste", Manuela Giroud qui n'a pas d'activité visible depuis plus de 10 ans... mais la recherche s'arrête là. J'ai plutôt envie de saluer ceux qui ont accompagné disque après disque la carrière de Jean-Louis... et c'est l'occasion de dévoiler quelques articles de presse suisse que j'avais sous le coude (je ne sais plus comment je les avais récupérés, Matthieu 😘 était peut-être sur le coup pour une partie).
Dans le Nouvelliste, 10/02/1996:
D'autres articles de Manuela:
24/11/93
5/03/95:
9/05/98:
entretien pour mustango 21/09/1999:
27/03/2002: "le moujik et sa femme":
Entretien pour lilith (28/03/2003)
Et encore en 2004: février et Septembre
Et toujours pour Taormina, 7/2/2006
Et encore quelques mots de Jean-Louis retranscrit à l'occasion des concerts qui ont suivi (5/12/2006)
29/10/2007 (non signée mais peu de doute)
Et enfin TRISTAN (5/12/2006):
Saluons également: Michel Masserey (passé par le nouvelliste, le nouveau quotidien, la RTS et journaliste actionnaire de Tsugi actuellement).
18/12/93 Le nouvelliste:
17/02/1998 Le nouveau quotidien
et des articles signés pour le TEMPS:
Disques: Jean-Louis Murat: Mustango
Après plusieurs albums intimistes, le chanteur français s'offre un disque sudiste et boisé, entre folk, gospel et country.
On savait Jean-Louis Murat très attentif aux productions des rockers américains. L'Auvergnat n'a jamais caché sa passion pour le country folk un rien dépressif d'artistes comme Leonard Cohen, ou le rock décomposé de Pavement. Fan de Neil Young et du Crazy Horse, le chanteur ermite avoue trouver dans ces musiques rustiques et souvent acoustiques une paix, née de l'authenticité d'une émotion simple et directe. Celle sans doute de moments de vie, de petites historiettes puisées dans le quotidien le plus banal. Pourtant, malgré ce goût pour les caresses un peu rudes de la musique américaine, les ballades de Murat évoquent plus souvent l'univers éthéré d'artistes tels Talk Talk, Blue Nile ou David Sylvian. Une pop délicate et sensible, portée par des arrangements de cordes planants et sirupeux. Une musique en équilibre fragile, à la limite de la chansonnette mielleuse. Défendus par d'autres que Murat, la plupart de ses titres n'auraient sans doute déclenché qu'une indifférence polie. C'est compter sans le flegme et le charme décalé de l'auteur auvergnat, poète à la plume un rien désuète, amoureux des cimes et des landes.
Révélé au grand public par le tube «Si je devais manquer de toi», une ritournelle délicieusement neuneu, Murat a imposé une écriture en rupture avec la scène musicale française. Aux harangues de l'alternatif franchouillard, le barde sensible répondait avec des mots fleuris vantant le recueillement et l'exil intérieur. Allergique aux rimes chics de l'electro-pop hexagonale, il développa une langue parfumée et pastorale. Un langage abscons pour le grand marché du disque qui fit de son incompréhension un argument de vente. Murat le poète maudit, l'ermite flamboyant, le Jean Ferrat post-moderne, vendait-on de ci, de là. Autant de qualificatifs et d'images qui n'ont eu de cesse d'agacer l'auteur, que l'immédiateté et la franchise de la parole dite séduisent plus que les plus profonds sophismes.
Avec Mustango, Jean-Louis Murat cherche sans doute à balayer tout malentendu. En traversant l'océan, en se branchant avec les musiques qui l'ont inspiré et les nouveaux artistes qui les défendent (Calexico, Marc Ribot et Winston Watson, guitariste de Dylan), le Français part à la recherche de son rêve américain. Enregistré entre New York et Tucson, en Arizona, Mustango ne sonne pourtant pas comme un album américain. Plutôt comme un disque boiteux, moitié sudiste, moitié hivernal. Si le chanteur a bel et bien collaboré avec John Convertino et Joey Bums, de l'excellent groupe Calexico, le mariage déçoit par la trop grande joliesse des atours sonores. Aucune écharde, aucune rugosité dans la country un rien clinique de ce nouvel opus. Murat a beau affirmer son attachement américain jusqu'à baptiser maladroitement certains morceaux de son album («Viva Calexico», «Polly Jean», en hommage à un concert de PJ Harvey), le disque ne porte qu'un vernis western. Un habit sonore qui parfois tombe mal comme sur le pseudo-blues «Nu dans la crevasse», languissante ballade rythmée par un chorus gospel irritant. Ailleurs, Murat, maladroit dans son uniforme de chanteur engagé, dénonce Bruno Mégret et la dérive fasciste («Les gonzesses et les pédés»). Plus loin, sur «Belgrade», c'est Arkan, le boucher serbe, qui a droit aux rimes bancales d'un chanteur qui se perd dans des élucubrations hermétiques et lassantes.
Epurée de ses plages ambient, la musique développée par Murat reste cependant incroyablement lisse et neutre. Autant que qualités qui conviennent mieux aux épanchements orchestraux, aux accords en apesanteur qui caractérisaient ses albums précédents et font léviter les meilleurs morceaux du nouvel opus: «Bang bang» caressé par la voix hantée de Jennifer Charles, d'Elysian Fields ou «Mustang» pianoté par un Murat réconcilié avec la vie. De trop rares plages dans un disque décousu, sans grande consistance.
Jean-Louis Murat, Mustango (Labels/Virgin – EMI)
Michel Masserey, Publié samedi 28 août 1999 à 02:00.
Critiques. Murat: laves d'Auvergnat
Sur la scène, trois échafaudages de claviers, arrangés comme des marches
Sur la scène, trois échafaudages de claviers, arrangés comme des marches. Au centre, des guitares, un lecteur de CD, des boîtes à rythmes. Jean-Louis Murat, le rural, est esseulé au milieu de machines.
Jusqu'alors, le chanteur avait joué la carte de l'intime. En formation folk rock serrée puis plus récemment en duo avec son complice Denis Clavaizolle, Murat avait présenté des concerts enveloppants. A l'image de ses ballades.
Surprise. Ponctuant la sortie de Mustango, son album le plus rock, l'artiste auvergnat propose son spectacle le plus mécanique et habité. Un récital-concept hypnotique de bout en bout, balayé de lumières seventies froides. Relecture ou plutôt réinterprétation ambitieuse de ce disque, la prestation de Murat intègre des projections de tableaux. Des images tantôt expressionnistes tantôt abstraites qui surplombent tel un astre menaçant la scène, où trois musiciens pilotent les machines. Bruitages subtils, chuintements et grondements de tonnerre se mêlent au roulement de rythmiques électroniques sèches. Le ciel est rouge sur Belgrade et sur Vitrolles, deux villes symboles de l'obscurantisme totalitaire, que Murat épingle dans son dernier album. Ailleurs, le souffle des vents de montagne porte les rimes mélancoliques du chanteur, les vagues des claviers sont cotonneuses. Et puis, au cœur du tourment des saisons, des moments apaisés. Seul au piano, Murat chante le quotidien. Une accalmie avant que les laves ne rallument les machines.
Murat était en concert jeudi soir au Forum de Meyrin à Genève.
Michel Masserey, Publié samedi 11 décembre 1999
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LE LIEN EN PLUS
Fabcaro a fait encore un petit salut à Murat cette semaine. Dans la Bande originale... mais je ne sais pas si c'est la peine d'écouter pour ça. JLM est juste cité dans ses choix musicaux, avec un très court extrait de Fort alamo
C'est à 40 minutes... Dommage que le thème ne soit pas développé car il a quand même choisi d'appeler un livre "Fort Alamo". A l'occasion de la sortie du livre, et de son passage dans la même émission il avait choisi "le Mont sans souci"
Je devrais publier un article "promo" sur "Tour de France 2022" mais j'ai été distrait!
Merci à l'amie Véronique qui m'a signalé un podcast, qui nous permet de retrouver un camarade multiplement croisé, que ce soit lors d'une soirée en commun avec Nesles, avec Baptiste Vignol sur son petit livre sur les chansons sur Johnny, ou illustrant le "Française de Pop" de Christophe Conte... et surtout pour avoir croisé, croqué Jean-Louis Murat dans le RING-deezer disponible sur youtube.... et j'ai oublié quelque chose... mais quoi... Ah oui! Vous dire qu'il s'agit de Charles Berberian, le dessinateur scénariste, peintre et musicien.
Et dans ce podcast, il nous offre une chanson, une reprise, qui m'a beaucoup touché... et son petit mot ensuite pour l'expliquer l'est tout autant, touchant, car il indique que quand l'angoisse le prend les nuits d'insomnie, il se récite ce texte...
Je me suis permis d'en faire une petite vidéo, avec des images de son face à face avec Murat et des dessins qu'il a signé de Jean-Louis, et son petit propos a été ajouté à la fin.
Podcast disponible sur youtube et autres plateformes, et l'appli Radio France.
Quitter sans partir, c’est l’histoire de nos vies ballotées entre les avions, les passeports, les années qui passent et ces pays qui restent en nous. Ni d’ici, ni d’ailleurs, ou peut-être un petit peu des deux ? Ce cinquième épisode de « L’Orient-La Nuit », le podcast de « L’Orient-Le Jour » est consacré à ceux qui échappent aux étiquettes et habitent un entre-deux. Nous quittons exceptionnellement Beyrouth pour accoster à Saint-Malo pour le festival Étonnants Voyageurs, dont le Liban est l’invité d’honneur. Stéphanie Khouri reçoit l’écrivain Selim Nassib et le dessinateur Charles Berberian. Deux invités dont les parcours traversent les frontières, les langues et les mémoires, entre attachement au Liban, vie ailleurs et identité plurielle. Selim Nassib est issu d’une famille juive libanaise d’origine syrienne. Il vit en France depuis le début des années 70. Quant à Charles Berberian, il est né en Irak d'un père arménien et d'une mère grecque-chypriote. Il passe sa jeunesse au Liban avant de partir pour la France. À une époque où les identités se crispent et où les frontières se ferment, que signifie avoir plusieurs patries ? Comment apprend-on à vivre entre plusieurs rives, plusieurs histoires, plusieurs « chez-soi » ? Une conversation sur la transmission, le déracinement, les fidélités invisibles et cette manière singulière qu’ont certains destins de faire de l’entre-deux non pas une perte, mais un lieu de vie. Musique : Charles Berberian reprend « L’Ange déchu » de Jean-Louis Murat, interprète des extraits de « Ring them bells » de Bob Dylan et des extraits de « Avalanche » de Leonard Cohen. Nos invités :
Selim Nassib, écrivain
Charles Berberian, dessinateur
Cet épisode a été produit par Rima Abdul Malak et Paul Victor Schoucair
On l'apprend par Jacques Moiroud (journal Spliff, guitariste Pale Riders), François Saillard, premier bassiste de Clara vient de mourir. Après JF Alos, Christophe Pie, Jean-Louis, c'est un autre participant de cette aventure qui disparaît. Pensées à Alain Bonnefont, Jean Esnault et Dominique Cartier, et bien sûr à ses proches. Jean-Louis avait eu une remarque un peu méchante sur une de ses prestations, mais il avait poursuivi dans la musique avec des groupes réputés de la scène auvergnate: avec Joël Rivet lui aussi disparu (les Guêpes, Pale Riders - aux côtés de Jack Daumail), André Agier, et encore jusqu'au début de cette décennie avec Sly de Bruix. Il a aussi fait de la radio, géré des studios de répétition. Il était surtout connu pour sa discrétion, sa gentillesse, son engagement humanitaire. Il se revendiquait comme le premier punk clermontois, et Roger de Plexiglas qui l'a connu à la Bourboule en 77/78 l'appelait Punkie (pukie?) -et le disait "génial"-, mais ses autres surnoms connus sont le Fanch et le "petit François" (à cause de ses sœurs aînées?).
- PS: Il était dans mes contacts, je l'avais invité à participer au 2e Week end mais je ne l'avais pas rencontré-.
Voici son témoignage dans "Histoire du rock à Clermont-Ferrand" de P. Foulhoux, où il revient rapidement sur Clara. Il avait 17 ans...
était déjà trop tard. Je suis redescendu en courant vers la maison du peuple pour voir Christophe Adam jouer à ma place. [Patrice Papelard dont il est question est le leader du groupe Tachycardie, il a poursuivi sa vie professionnelle à Villeurbanne (Ateliers Frappaz et directeur artistique du festival "les invit"... où il convia JLM lors de la tournée BABEL]
La preuve de la véracité de l'anecdote sur la maison du peuple avec Joël Rivet: photo de Danyel Massacrier lors des balances.. et ci dessous,le concert:
Pour J. Moiroud, François était grippé, d'où ce remplacement... Les souvenirs sont souvent vagues chez nos rockeurs (ça me rappelle le propos de ce dernier sur le festival de la Bourboule de 1978: je devais y être puisque je ne me rappelle de rien -citation apocriphe).
A propos du festival, voici ce qu 'écrivait Matthieu:
François Saillard (basse).Âgé d'environ 17 ans, il s'est mis à écouter sérieusement du rock cinq ans auparavant, au point de devenir, selon ses propres termes,"un des premiers punks clermontois". Il s'installe à La Bourboule pour s'impliquer humainement et musicalement dans Clara, mais n'y reste pas aussi longtemps que ses camarades. Il poursuivra la musique au sein de formations locales dans les années 80 et dirigera un studio – où se tiendront notamment les répétitions du deuxième 33 tours de Murat –, avant de voyager dans le cadre d'activités humanitaires. Si, en 2003, Murat s'amusait du niveau de son jeune bassiste trente-cinq ans plus tôt ("le p'tit François qui en mettait pas une dans le panier") – ce qui lui vaudra une réplique taquine de l’intéressé cheznotre camarade Didier("Comment ça : 'pas une dans le panier' ? Je débutais, mais j’inventais une nouvelle manière de jouer de la basse : pas dans le temps, mais pas à contre-temps non plus") –, il semble que Saillard ait accompli depuis de notables progrès, du moins si l'on en croit la description faite dans ce texte de présentation du groupeSly de Bruix:"Un somnambule, avec un son rond comme une boule de démolition. […] Peut poser une basse reggae sur une chanson des Ramones." https://www.surjeanlouismurat.com/clara-concert-murat-festival-bourboule-1978
ci-dessous avec JF Alos et Christophe Pie, Joël Rivet... tous disparus trop jeunes. Photo de PJ Fontfrede.
Pas facile de toujours repérer si c'est Jean-François Alos ou François Saillard sur les photos, mais je pense que celles-ci sont de la période avec François... et on termine par de la musique! François avec Sly de Bruix :
On peut encore entendre François en duo avec SAN MOPS, groupe P2F:
Sa "fiche" dans le groupe des Irréductibles sur Facebook: par Jacques Moiroud.
mise à jour:
Notre petit frère et oncle François nous a quitté . Notre chagrin est immense , il va tellement nous manquer .
Ses obsèques auront lieu Mardi 23 septembre au crématorium de Crouel à 15h15 .
Merci pour tous les témoignages d'amitié reçus , merci à vous tous ,ses amis fidèles qui ont partagé sa vie . Merci.
Mireille Saillard
Nous apprenons qu'Amadou Bagayoko est décédé, lui aussi beaucoup trop jeune (70) après 47 ans de vie commune avec Mariam. Les découvrir à la cérémonie de clôture des paralympiques avait été une dernière surprise.
On ne pouvait pas manquer de formuler des pensées sincères à Mariam et au Mali... Et rappeler qu'elle est créditée dans "le moujik et sa femme"... C'est ce genre de choses que nous rappelera Cédric Barré dans son livre à paraître aux éditions Densité en avril. Et que vous pourrez vous faire dédicacer au Week-end Murat, yes sir!
Mariam Doumbia-Bagayoko figure en effet sur "le Tremplin"... Discrètement. Une des occasions ratées pour JlM de faire figurer l'Afrique si chère à Marie Audigier dans son oeuvre?
C'était déjà une semaine bien triste... mais au moins, là, cela sera une occasion de rendre hommage à la beauté et à la paix.
Gabriel YACOUB est décédé.
Voici une des chansons préférées de Jean-Louis Murat. Il l'avait citée dans sa participation au livre "le top 100 des chansons que l'on devrait tous connaître par cœur" de Baptiste Vignol, même s'il s'était trompé dans le titre les roses font un beau bouquet (quand elles sont jolies) au lieu de Marions les roses.
Et il a cité plusieurs fois Malicorne dans ses goûts.
Si Pierre Mikaïloff dans l'ouvrage de son collègue Jean-Éric Perrin, Frenchy but chic indique : "Le punk et la new wave ont eu un effet salutaire sur la scène française, dominée jusque-là par les courants folk et progressif, représentés par Malicorne, Ange, Magma, Atoll, Pulsar, Gong...", Murat lui qui émerge à ce moment-là, n'ostracise aucune musique... et notamment pas la chanson française, ou la musique "progressive" (on avait parlé de son intérêt dans un article consacré au côté "folk progressif" de l'album BABEL : Wyatt, Jethro Tull, Family...). On rappellera d'ailleurs que Gabriel Yacoub s'était plaint que Murat reprenne ce nom de Babel, il avait intitulé ainsi son album de 1997, mais ne lui en tient pas rigueur: Jean-Louis est cité dans sa bio officielle ("depuis, malicorne n'a cessé d'être cité en référence de qualité et d'inspiration par des musiciens aussi différents que stephan eicher [duo sur Babel, introuvable en ligne sauf extrait], jean-louis murat, ou françois hadji-lazaro" [ Gabriel a sorti plusieurs disques chez Boucherie Production].
Jean-Louis avait côtoyé Marie Sauvet, chanteuse du groupe et compagne de Gabriel chez Virgin. Voici ce qu'elle nous avait dit:
"Nous avons échangé à l'époque avec Jean-Louis sur Malicorne qu’il m’a effectivement dit aimer, ce qui a cette époque virginienne me rendait très heureuse ! ".
On sera forcé de remarquer que les deux hommes étaient nés presque au même moment : 28/01/52 contre 04/02/52... et Gabriel meurt lui aussi bien trop jeune... même si sa carrière à lui est lancée dès 1973(voir 1971 en accompagnant Alan Stivell!! Il faudra 14 ans de plus pour que Jean-Louis rencontre le succès!!
Je laisse les amis de "nos enchanteurs" vous parler plus en détail de Gabriel Yacoub:
PS: On trouve des disques de Malicorne sous le label de MASQ... le label du fils de Claude Dejacques, qui signa Murat chez Pathé en 1981.
NB: On pourrait tisser un lien avec Malicorne à propos de "l'almanach amoureux" de Murat (album "almanach" de Malicorne) ainsi que pour Tristan ou l'utilisation d'instruments anciens pour Mle Deshoulières.
En musique:
Leur MARGOT:
Et pour en revenir à la tristesse du moment, voici ce que disait Gabriel:
Pour vous qu’est-ce que la musique ?
Elle est indispensable, au même titre que la poésie, l’art en général, la nature. C’est une voie pour le rêve, l’antidote à la bêtise, la réponse aux imbéciles.
On verra ça à la Saint-Jean j'espère... mignonnes et mignons...
UN LIEN EN PLUS POUR COMMENCER UN ARTICLE SOYONS FOU EN 2025
On a cité Stan Cuesta dans l'article précédent. Voici une nouvelle occasion. Il est en interview dans CAUSEUR.
Que représente pour vous Robert Wyatt ?
C’est un de mes musiciens et chanteurs préférés. Il y a un culte autour de lui, justifié. Comme une société secrète des adorateurs de Robert Wyatt. Partout dans le monde, à quelques signes de reconnaissance, je rencontre des adeptes de la secte, et nous devenons amis. Cela suffit à nous rapprocher. Je cite Jean-Louis Murat et Pascal Comelade, mais il y en a bien d’autres. J’ai eu la chance de rencontrer Wyatt, de l’interviewer, ou plutôt de discuter avec lui, pour Rock & Folk. Ce pseudo-métier de journaliste musical me sert surtout à ça. C’est très mal payé, très peu lu, quasiment obsolète. Je m’en fous. J’ai rencontré la plupart de mes héros. Je suis content.
Cela m'évoque les propos de Grégoire Bouillier à la maison de la poésie, la "fraternité" entre personnes qui aiment Murat.
- Celui qui affirme aimer Jean-Louis Murat aujourd'hui c'est Renaud Hantson. C'est le titre de son disque "CEUX QUE J'AIME. Et on doit donc confraternellement lui faire un hug amical.
Pas d'ironie de ma part, pour un artiste qui a eu son heure de gloire (Comédie musicale Jimmy de Berger) et qui continue de tracer sa route en faisant ce qu'il aime (il cite Murat comme un exemple à ce titre : "pur artisan, "en dehors du circuit habituel"). Et sa reprise hispanisante est plutôt réussie, ainsi que le disque (avec des jolis choix), même si la voix gagnerait à s'épurer un peu des effets (ceci dit j'ai pris plaisir à entendre un peu de puissance pour une fois). D'ailleurs, Renaud indique que c'est Murat qui lui a inspiré un de ses gimmicks favoris, dans "si je devais manquer de toi": les "oh" ou "ah" qu'il fait avant le refrain.
La reprise n'étant pas en ligne, j'ai fabriqué un petit truc... N'ayant pas de bord de Loire chez moi, j'ai dû choisir les points du jour de ma contrée... dont je ne veux jamais manquer...
J'ai tenté de joindre sans succès Renaud pour avoir un complément d'information...
Petite note: Il a joué de la batterie pour W. Sheller.
LE LIEN EN PLUS
On reparlera prochainement de Nicolas Driot (Kandid), musicien auvergnat, qui fait le tour de France depuis quelques années déjà.
Après avoir chanté en décembre en première partie d'un interprète de Murat (la Grande Chorale de la Coopérative!*) , il est en Concert le dimanche 19/01 17h, Bourg En Bresse
"Un univers poétique et sensible, quelque part entre Ben Mazué et Jean-Louis Murat".
"Après avoir sorti 3 albums sous le nom de "Kandid" entre 2004 et 2014, dans une veine "chanson-folk acoustique", puis une longue parenthèse jeune public avec le conte musical à succès "Victor et le Ukulélé" (plus de 300 représentations), Nicolas Driot revient avec un nouveau projet : Mars 2020, interruption brutale de tournée. Le monde sur pause. Contecte inédit, doublé d'une tempête intérieure comme la vie sait parfois nous en réserver. De cette période chaotique sont nées 11 chansons, esquisses d'un nouvel album. Reflet des bouleversements du monde et de la perte de repères intérieurs, "Cartographie du Coeur" est un hymne à l'Amour et à l'espoir, imprégné de lumière. Si la collaboration avec le réalisateur Vivien Bouchet (Zazie, Etienne Daho...) et l'arrivée de deux nouveaux musiciens sur scène ont façonné des textures sonores plus modernes et plus pop, les textes sont toujours aussi délicatements ciselés".
*Le Cri du papillon sur leur premier disque, avec Denis.
NB: J'ai oublié de fêter mon anniversaire: Déc 2009-2024: 15 ans de blog. Je remarque une nouvelle fois que personne ne me l'a souhaité, pas un cadeau, ni même une remarque... Enfin soit... J'aurais aimé pour affronter cette étape importante que je redoute : Avoir une plus grande capacité à prendre soin des autres et à partager, et à développer des relations plus intimes . Passer moins de temps avec ses parents et plus de temps avec ses amis. Ressentir beaucoup de tristesse ou de dépression, ce qui peut entraîner de mauvaises notes à l’école, la consommation d’alcool ou de drogue, des rapports sexuels non protégés et d’autres problèmes... Aaaaaaaaahhhhh, non.... je ne veux pas grandir!! Ca fait peur!