Publié le 21 Juin 2026

Bonjour amis Saint-Ex-plorateurs, de Rio, de Tanger, de Santiago, Dantzig, Moscou,  Manitoba, Chappaquiddick, Tahiti, Himalaya, Corée du Nord, Danemark et Plateau de mille vaches,   en ce week-end désormais particulier...

j'ai mis de côté deux, trois trucs sur l'actualité pour vous dire que : 

 

jusqu'au 19/07/2026, à la  Bibliothèque François Mitterrand, à Paris, se tient une exposition intitulée "CARTES IMAGINAIRES"

Cette exposition invite les visiteurs à un voyage aux frontières du réel et de la fiction, à la découverte des liens entre cartographie et imaginaire. Car si les cartes tracent d’ordinaire les contours de terres connues, elles donnent également forme à des territoires imaginaires qui prolongent, interprètent ou personnalisent le monde réel.

Je m'y suis rendu lors de mon séjour pour la sortie du live "Tour De France 2022"... en escomptant que l’œil Muratien pourrait s'y exercer.  Et il s'y est affûté... si bien qu'au vu de ce que le public peut découvrir dans ce parcours, j'ai senti poindre un regret que la cartographie Muratienne n'y soit pas  présentée (d'autant plus que j'ai découvert le soir qu'un muratien travaille aux services des expos de la bibliothèque, il était présent à la pré-écoute du disque, - je fais du outing sans vergogne).... Ainsi, à côté de ce cahier de Proust (ci-dessous), où l'auteur a pris note de lieux - aux noms inventés - dans lesquels ses personnages vont évoluer (ligne de train fictive),  qu'il aurait été émouvant de retrouver par exemple la  "carte de Babel" esquissée par Jean-Louis....

Pour les gens de passage, petit rappel : Murat a mêlé à son oeuvre toute une géographie, objet poétique à part entière.  Il en a été question dans les articles LES CARTES ET LE TERRITOIRE MURATIEN   et  EN SA CONTREE (les mots du paysage dans les chansons de JL MURAT), on ne s'y repromènera donc pas en détail ici. Comme me l'écrivait Samuel Arlaud,  "Son œuvre incite au dépassement de soi et des petites idées d’apparence du monde pour nous aider à comprendre ce qui est structurel, ce qui relie les espaces et les temps des sociétés. C’est en Auvergne, c’est en Poitou, c’est partout et tout le temps à la fois. Personne n’avait jamais écrit une telle géographie musicale".  Bienvenue dans "Le Dessous des cartes" (arte).

 

Les quelques noms de lieux auvergnats présents dans les chansons...  qui contrastent avec le Pérou, Venise ou Arkhangelsk, Barre des écrins et tant d'autres. 

 

Je voulais clore cette petite parenthèse ici, mais  la poursuite de la visite "monomaniaque" ne va que renforcer l'idée que l'exposition permet de plonger assez largement dans "l'inspiration" muratienne. Notons pourtant que Murat n'a jamais placé le mot "carte" ou "plan" dans ses textes, pourtant gorgés de lieux, de chemins et de paysages.

 

Point GPX  1:   Revenons bien sûr à Proust : l'album Lilith est "proustien à mort" (Quand le passé nous saisit   Dans ces lieux de vague à l'âme / Ring ring ring tout n'est donc que jeu, temps perdu), et Murat évoque Balbec dans "Le mec qui se la donne" (sans parler de "Xanadu"*, référence de Citizen Kane, unanimement évocateur de Proust). Quelqu'un se penchera un jour sur le lien entre Proust et J.L Murat qui a indiqué avoir consacré sept ans à la lecture de La recherche du temps perdu (exercice délicat car Murat n'est pas du genre à intituler une chanson "du côté de chez Swann", la dilution, les couches de calque peuvent être nombreuses, on l'a vu avec l'exercice sur VS NAIPAUL, autre source revendiquée par Murat).

*Il a chanté d'autres villes imaginaires : "De la coupe aux lèvres adieu Jérimadeth" (inventée par Victor Hugo dans le poème "Booz endormi" de La Légende des siècles), et  dans  "Rémi est mort ainsi", le lieu Colnage  comme Marendossa qui laissent google map sans voix/sans voies (d'accès).

 

 

 

REPERE 2:  Malgré les cartes, je dois faire des allers-retours, des détours, car la carte de Babel signée Murat n'était pas à ranger avec Proust.

En effet, dans l'exposition, on retrouve également la fameuse Ile au trésor de  Stevenson, roman qui est littéralement né d'un plan dessinée par l'auteur lui-même : "la carte stimule son imagination et donne naissance aux personnages et à l’intrigue. Plus qu’une simple illustration proposée au début du roman, elle constitue aussi le cœur même du récit, remplissant trois fonctions narratives essentielles. Objet de convoitise au début de l’histoire, elle devient l’outil de navigation permettant d’accéder à l’île, et bien sûr, un guide essentiel de la chasse au trésor". Et Murat a dessiné sa carte en s'inspirant de Stevenson, après l'écriture de Babel (Libération 2014) alors qu'il lisait le livre à ses enfants : le Sancy comme une île, même s'il ne s'agit surtout pas d'y trouver un trésor. La quête de Murat est un tourment sans fin (et le poète nous a donné sa vie pour cette exploration que  l'on peut vivre par procuration, comme nous l'a dit Bayon), il faut se perdre de vue, rester insaisissable... et remplir "la malle au trésor du grenier". D'ailleurs, dans l'album, il convoque Long John, l'un des personnages du livre, qu'il appelle à fuir, en préférant le voyage. 
 

 

 BALISE 3:    Plus loin,  référence easy, avec cette édition originale pour de vrai : c'est DEFOE.

 

Murat a écrit la chanson "ROBINSON" dans Toboggan où il chante "apprends à savoir t'orienter", "apprends à trouver le chemin" (tout un symbole pour cet article, dans un texte qui emploie le vocabulaire de la cartographie : "N'oublie jamais ton azimut   Nord-ouest dit la boussole").  Le prénom Robinson est également mentionné dans "La treizième porte" (Il Francese).

Dans une vidéo de la BNF sur l'expo, des propos nous interpellent : "Depuis l'Antiquité, on compare souvent la vie à un voyage. Au 17e siècle, les moralistes pensent que vivre, c'est avancer sur un chemin [...] Pour eux, il faut savoir s'orienter dans la société comme sur une carte". Et Jean-Louis était bien dans cette perspective :

"J’ai des enfants et des petits-enfants, et j’en parle beaucoup avec eux. C’est difficile de se situer. Quoi leur dire ? “Apprends à t’orienter de nuit, apprends à t’orienter de jour…” Mon petit, à cinq ans, il parle déjà de gravité. Il a bien repéré que c’était dans la chanson, qu’il faut s’amuser, mais ne pas être trop léger, ne pas trop se distraire. En sachant que c’est un combat perdu d’avance… Robinson relate le moment où ça part complètement en couilles, à la toute fin. L’apocalypse des animaux, le toboggan de Toy Story 3 : les jouets, eux aussi, terminent au four crématoire." (Magic en 2013)

 

 

 

Pour aller plus loin à propos du mot "île":  Les autres références dans les chansons sont  obscures.  "Il est le dieu d'une île" écrit-il pour les lèvres de Nolwen Leroy, et à ses débuts : "Je médite en cachette   dans une langue morte sur les scènes d'amour   entre les bons chevaux   on prend le copyright à deux     île à scaphandriers   je désire un gros bouillon."  Références sexuelles ? Plus tard, l’Île  sera terre de cafard : "Île de Bréhat    Face caméra    Coupez."  En 2015, il indique pourtant à Philomag (après avoir parlé de Houellebecq), que le lieu d'une cité idéale serait une île. "Qu'on puisse devenir une île pour soi-même. Un îlot au milieu d'un lac?"

Et dans cette exo ambitionnant l'exhaustivité, cela m'amuse pour terminer de vous faire remarquer que Murat a chanté :Nous avons pris Langogne et Le Puy" qui est la première section du chemin... de Stevenson (que l'on parcourt dans dans le sens inverse). Le hasard fait bien les choses? 

 

Point non géodésique 4 :   la carte du Tendre était inévitable dans l'exposition. 

Murat ne l'a pas chantée, mais il l'a survolée dans un clip, celui du "Train bleu". 

La référence assez commune en fait une "carte à la crème" des commentateurs :

"Le parcours de Jean-Louis Murat n’en dessine pas moins une carte du tendre (et de l’acerbe) de la chanson à la singularité exemplaire, recourant autant à une certaine tradition poétique romantique qu’à la désinvolture d’un blues aux penchants élégiaques." (24 h.ch 2023)

"Quand il chante encore des chansons d’amour, vieux, en bajoues, le visage constellé de taches brunes, il me fait l’effet d’un Robinson de la carte du Tendre, encore une fois, le survivant de son propre charme, de sa propre puissance de séducteur de la chanson française" (Agnès Gayraud)

"Le résultat donne à entendre un soft rock topographique, aux allures de carte de Tendre franchissant le Rubicon de la Mer dangereuse" (Causeur, 2015)

"Murat a les pieds bien ancrés dans la terre humide du Massif central "comme un lichen gris sur le flanc d'un rocher" ; juché sur cet observatoire usé par l'érosion, il dresse une carte de Tendre sans complaisance." Hubert Deshouse

"Est-ce que c’est pour ça que ta carte du Tendre, si je peux l’appeler comme ça, si présente dans tous tes albums, me semble nettement moins en avant que d’habitude sur cet album ? "(Jean Théphaine)

"Murat est un indécrottable Auvergnat. Babel, double CD comprenant 20 chansons originales, regorge de plus de 25 noms de lieux situés dans un rayon de 30 km autour de chez lui. Sa carte du Tendre en quelque sorte." (La libre Belgique en 2015)

 

"Dans quel marigot allez-vous nous jeter ?" Dans Le lac de l'indifférence serait une possibilité.... Mais son "AMI AMOUR AMANT"  dessine un parcours : "Chemine l'amour/Noble ami des bois  Aux quatre coins   De la vie/ Je vais à belles dents/Livré à la bise/  Je tourne aval  Dans le courant/   Aux portes du glacier  Je descends"

 

Point de polygonation 5 :   L'expo  propose de nombreux documents exceptionnels, dont ces cartes... qui nous viennent du 2e siècle...

 

Ptolémée, Claude Ptolémée...  En Ptolémée!! C'est dans "Alexandrie" de Taormina !  Après nous avoir fait découvrir Elisée Reclus, autre précurseur [à lire ici],  Murat nous cite l'inventeur de la géographie (en plus d'être astrologue, musicologue et auteur d'autres travaux sur l'optique et les mathématiques),  oh, c'est une belle trouvaille !! wikipédia

Oui... c'est trop beau... car en fait, Murat a peut-être voulu citer Ptolémée 1er (4/3e siècle avant JC).... grand personnage d'Alexandrie, constructeur du phare... et grand témoin des aventures d'Alexandre le grand. wikipédia.  Ceci dit, Claude Ptolémée a aussi vécu en Egypte... 

 

 

    Devant les routes capricieuses de nos vies 

    Les alizés t’auront guidée vers moi

 

 

TRACE 6 :   Mais pourquoi photographiai-je  la carte du pays imaginaire des soeurs Brontë?  Peut-être pour ma fille.... Je me suis interrogé ensuite : Murat, personnage romantique et gothique à ses débuts, a-t-il  pu échapper aux grands classiques anglais, comme Jane Eyre ou Les hauts de Hurlevent ?

"Je vis dans un mois de juillet
sous-titré pathétique
où des héroïnes en anglais
me rendent romantique"

Carte de Verdopolis, ou Glass Town; une terre imaginaire, illustration de 'L'histoire des jeunes hommes depuis leur première installation jusqu'à nos jours', par Patrick Branwell Brontë et sa sœur, Charlotte... 

 

A priori et après recherche, rien de très évident et probant à évoquer à propos de Murat, on n'est pas chez Kate Bush... mais j'ai aimé me perdre sur un terrain l inconnu...  Malgré tout, on m'a  confirmé qu'il avait lu le livre d'Emily (pas dans le Tarn et  Garonne) et ce HAUT ARVERNE  où règne le vent tourmentant, le pays de landes,  est bien comparable au Yorkshire des Miss... ce qui pourrait expliquer ce "Haut Averne" (La Haute Auvergne est plus dans le Cantal et le sud de l'Auvergne). D'ailleurs, le texte de la chanson colle assez bien au livre: "L'homme qui sort de l'arbre" ne peut-il pas être le personnage central, bâtard gitan, qui vit un destin d'amant  dans un livre dans lequel -pour le moins - "le cœur se soigne à la torture"?    ... Bon, allez, disons que c'était pour écrire qu'on peut tout faire dire à un texte de Murat?  Voici néanmoins quelques éléments interpelants sur le livre (wikipédia) :   

la mort est obsédante. Loin d'être moralisateur, le récit s'achève néanmoins dans une atmosphère sereine, suggérant le triomphe de la paix et du Bien sur la vengeance et le Mal[1].  Romantisme chronique villageoise

elles s’inspirent de ces fameuses landes qu’elles connaissent si bien pour définir leur paysage imaginaire  On retrouve notamment les falaises, les montagnes, les côtes rocheuses et effrayantes, les hautes herbes, les fougères et les bruyères. Mais également un temps orageux, souvent pluvieux.  Les Hauts de Hurlevent dépeint une nature sauvage et dangereuse. Cette dangerosité relativement présente tient de l’isolement du lieu où se déroule le récit. Effectivement, ces landes sauvages, sans chemin, piègent ses personnages qui se retrouvent perdus dans cette large campagne, victime du temps et de la nuit qui tombe avant même qu’ils ne s’en rendent compte. Cette solitude perd les personnages, elle les rend fous et craintifs. 

Destin d'amant:   À cette nature gothique[9], s’ajoute un personnage romantique par excellence, jaloux, colérique, capable d’un grand amour mais qui détruit tout sur son passage. Il renferme une rage profonde en son être qui est aussi puissante que le vent qui souffle sur les landes du Yorkshire.

 

 

 

LE PETIT CLIN D'OEIL EN PLUS et fin de visite

- Pour celui qui s'est dit intéressé par le bouddhisme, on peut aussi contempler ce drôle d'objet dans l'expo :

On a parlé de ce "OM" avec Mahadev Ok (ex Travis Burki).

 

- L'univers Tolkien, et du Hobbit, ne m'a pas inspiré et je pense à juste raison... La fantasy de Murat n'est pas dans cet imaginaire là. 

 

 

- Je n'ai pas non plus photographié les cartes à propos de Thomas More,  tant l'utopie politique, l'humaniste, qui se termine en dictature et prétend maîtriser la nature me parait très éloigné de l'inspiration de Murat qui préfère mettre en garde contre "le chant soviet". Par contre, la "carte des fées" (Anciente mappe of Fairyland), qui est "peuplée de créatures légendaires comme les centaures et les nymphes, ou de héros tels qu’Ulysse et Arthur  aurait plu à celui qui gardait L'Illiade et L'Odyssée sur son bureau... Elle a été réalisée en 1919, "elle traduit un profond désir d’évasion et d’émerveillement de l’époque" après les années qui virent tomber des Jean-Louis Bergheaud au champ d'honneur. 

 

je parcours les rues
du monde disparu

J'ai perdu la trace
Perdu le sentier

c'est la fin du parcours

On voudrait voir d'en haut
on voudrait partir sur le chemin

on espère la rectitude
entre ces deux points un jour
on cherche de lumineuses trajectoires
pour nos amours

 

Tourne au virage
Cent mètres à droite
Voilà la maison

 

Me suis-je perdu en chemin?

LE LIEN DES CHEMINS EN PLUS 

 

Ah, voilà l'article idéal pour vous parler des musiciens qui arpentent à pied (en portant leurs instruments)  les chemins (Jordanie, La Réunion) mais surtout les Alpes (jusqu'au Mont-Blanc, la Brèche de l'Olan...)  depuis plus d'une décennie, et qui ont été largement copiés depuis... le tout en proposant un large choix de musique du monde (folk et jazz américain, italienne et d'Europe de l'est, et tzigane). 

Je veux parler du projet "LA TOURNEE DES REFUGES" dont je vous ai déjà causé. J'essaye de les voir chaque année (depuis 2015). Cette année,  vous pouvez aller à leur rencontre sur les chemins du Jura, Savoie et Haute-Savoie cet été et c'est la garantie d'un beau voyage!

J'ai assisté à leur concert de sortie de résidence à Grenoble la semaine dernière, et notre peter pan, lutin souriant dauphinois Gaspard Panfiloff nous a comme toujours enthousiasmé de sa dextérité à la guitare et à la balalaïka, accompagné du talentueux violoniste et d'un contrebassiste (oui, il sait: il aurait mieux fait de faire du triangle, notez que c'est l'instrument où le personnel est le moins assidu année après année). 

La troupe au gré des dates verra arriver d'autres musiciens: un grand percussionniste égyptien les accompagnera cette année ainsi que sur d'autres, l'un des plus réputés joueurs de cymbalum roumain (petit exploit pour imaginer un instrument transportable).  J'envisage d'être de randonner sur leur trace autour de la mi-juillet.  Cet été, en montagne, alerte aux patous et aux musiciens (- pour penser à Reinhard Mey-)

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #bibliographie, #le goût de qui vous savez

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Publié le 5 Juin 2026

Avant de revenir sur l'actualité "TOUR DE FRANCE 2022", passage par :

1) La  Maison Tellier. 

On a déjà partagé la version live de "la chanson de Jean-Louis" qui figure sur leur dernier disque "la timidité des arbres". Matthieu Pigné le batteur m'avait dit qu'ils bossaient sur une reprise... et ils se sont lancés!  Vous trouverez donc ci-dessous leur prestation en Vendée, avec JIM... 

 

Dans les articles qui leurs sont consacrés, il est souvent question de Jean-Louis Murat.  Un exemple:

La République des Pyrénées (site web)
Edition principale
mercredi 3 juin 2026 377 mots

Le groupe est connu pour son style unique au service d’influences folk, blues, voire country, une musique bâtarde quelque part entre Calexico, Creedence Clearwater Revival et Jean-Louis Murat. Le disque lui est d’ailleurs dédié, ainsi qu’à Shane MacGowan.

Le public est attendu en nombre pour cet anniversaire à ne manquer sous aucun prétexte. Il faut penser à réserver, le nombre de places disponibles étant limité. Comme à chaque concert, l’ouverture des portes se fera à 19h et le début des concerts à 20h. Buvette et petite restauration seront proposées sur place ; il ne faut pas oublier d’apporter son ecocup.

Les tarifs sont de 5, 8 et 10 euros, et l’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans. Pour les réservations : https://www.billetterie.festik.net/blackrainbow/. Pour tout renseignement : 06 11 74 82 52.

Samedi 13 Juin 2026 à 20h00    MOURENX, Salle Daniel Balavoine

2)  Que font les grands partenaires historiques de Murat de cette nouveauté discographique?  Je veux parler de Libération et les Inrocks. Le minimum...

Pour Libération, deux lignes (et le partage d'une vidéo - dite pirate- puisque seul un teaser est disponible officiellement.)

https://www.liberation.fr/culture/musique/thibaut-pez-ange-jean-louis-murat-autour-de-lucie-coup-dur-folamour-leon-phal-la-playlist-du-cahier-musique-de-liberation-20260530_OJPRXGGZYVFP7HVVJ3CBG3HUS4/

Pépite d’un excellent album live de sa dernière tournée, cet inédit rappelle les meilleures années du poète rocker montagnard. Un parfum de Cours dire aux hommes faibles.

Il est aussi question du nouvel album d'AUTOUR DE LUCIE que je recommande. Quel plaisir de réentendre cette voix.

 

Quant aux inrocks, nous n'avons droit qu'à un édito dans une newsletter et le site internet. C'est bien sûr F. Vergeade qui s'y colle.

https://www.lesinrocks.com/musique/jean-louis-murat-son-ultime-tour-de-france-2022-696658-29-05-2026/

Trois ans après sa disparition, un ultime album live de Jean-Louis Murat ravive le souvenir de ses derniers concerts.

Trois ans déjà que Jean-Louis Murat nous a quittés subitement, un matin sombre du 25 mai 2023. Une semaine plus tôt, le chanteur auvergnat livrait à Tulle (Corrèze) le tout dernier concert de sa tournée entamée l’année précédente. On se souvient encore de notre dernière discussion, un samedi soir de novembre 2022 dans les loges de La Marbrerie à Montreuil, après une performance magnétique en trio avec Fred Jimenez à la basse et Yann Clavaizolle à la batterie.

Le musicien auvergnat ne faisait rien comme personne

Comme l’écrit Laure Desbruères, sa dernière femme et mère de Justine et Gaspard Bergheaud, dans un magnifique et déchirant post sur Instagram, “Quand je t’ai rencontré en 1994, tu me disais : ‘Je ne monterai plus sur scène, ça ne m’intéresse pas.’ Tu sortais exsangue de la tournée Vénus… Presque trente ans de collaboration plus tard, tu m’as dit : ‘Je fais des disques pour aller sur scène ! […] Il est sorti aujourd’hui ton Tour de France 2022, tu serais heureux !” Car cet ultime enregistrement live, tout comme Live (1995), Live In Dolorès (1998), Muragostang (2000) et Innamorato (2019), démontre encore une fois que le chanteur et musicien auvergnat ne faisait rien comme personne, particulièrement sur scène, métamorphosant ses morceaux comme bon lui semblait : “Chacun sa façon/Chacun sa façon en son infini/De se dire un jour alors c’est fini”.

 

J'ai lu cette chronique vendredi dernier juste avant d'aller voir un spectacle de l'ami ALAIN KLINGLER, participant du disque "AuRa aime Murat"... qui a interrompu  le soir évoqué (en novembre 2022) la discussion entre Jean-Louis et F. Vergeade! Il a franchi la porte accueilli par un grand sourire de Jean-Louis...et garde lui aussi ce moment dans son cœur. Ce soir-là, Jean-Louis lui promettait de venir au premier week-end Murat de juin 2023... 

Alain Klingler sera en Avignon au festival off, en jouant en alternance son spectacle "Constellation Bobin/Leprest" et le nouveau consacré à Arthur Rimbaud (Déflagration Rimbaud)!  Même si Murat ne s'est pas frotté à Arthur (peut-être parce que c'était sa réincarnation comme certaines le disent...), pour les amateurs de chansons à texte, c'est à ne pas rater! C'est au Verbe Fou (12h45).  Deux autres participants d'Aura Aime Murat seront présents en Avignon : l'excellent Paugam qui tropicalise Brassens (à l'Arrache-coeur qui reçoit également Stan Mathis). Le 8 et 15/07, Baptiste W. Hamon jouera également son spectacle Americana qui semble prometteur (même si Murat n'est pas mentionné dans sa sélection)

 

 

3)  L'auteur de la chronique pour lust4live était à la pré-écoute parisienne et nous en parle. Il a apprécié, et nous parle joliment du disque:    « Ce live, c’est la précision de la langue française alliée au son anglais…on sent une véritable attention dans la production. ». Voici un « best-of live » d’une rare intensité, composé de titres accrocheurs et immédiats.

https://lust4live.fr/jean-louis-murat-en-concert-tour-de-france-2022-les-quatre-fantastiques/

« Jean-Louis Murat en concert. Tour de France 2022. » Les quatre fantastiques.
En ce mercredi de Mai, nous voici une poignée de fidèles réunis dans les bureaux de Wise Music France afin d’écouter en avant-première le live posthume du regretté Jean-Louis Murat. Triste anniversaire, le poète auvergnat ayant rejoint « l’au-delà » le 25 mai 2023. La plupart de ses proches, professionnels ou familiaux, sont rassemblés afin de nous faire part d’un souvenir précis de l’artiste. Marie Audigier, ex-compagne et ex-manager, anime cette rencontre et c’est au cœur de l’intime que se dessine un portrait de l’un des plus grands auteur, compositeur et interprète de la chanson française. Fred Jimenez, bassiste fidèle, égrène quelques souvenirs amusants et rappelle combien l’homme était attachant. La fille de ce dernier, Justine, se remémore un dernier Trianon triomphant et Frank Loriou, ami de longue date et responsable de l’artwork du dit LP, nous fait part de son émotion, la gorge nouée.
 
Et l’album ? Il est un résumé de cette dernière tournée via 14 titres choisis par Jean-Louis Murat et Denis Clavaizolle acolyte de toujours. L’intégralité des concerts donnés fut enregistrée, laissant le champ libre au duo. De quoi grapiller des versions habitées et électriques d’un répertoire partant de « Taormina » pour s’acheminer vers « La vraie vie de Buck John ».
 
Ce qui nous saisit, à l’écoute des morceaux proposés, c’est le caractère sauvage et insaisissable du quatuor. Murat hulule, grogne, siffle et s’exclame. Étire les introductions et réfrène ses conclusions. Pousse ses camarades de jeu vers de nouveaux territoires, de nouvelles expériences sensorielles. La batterie de Yann Clavaizolle lui répond et rebondit, tout en souplesse maitrisée. Le clavier de Denis Clavaizolle taquine la guitare du chanteur et la basse de Fred Jimenez se cale, sans mal, sur ces nombreuses séquences improvisées et chaloupées.
 
Comme le dit si bien mon ami Marco, « Ce live, c’est la précision de la langue française alliée au son anglais…on sent une véritable attention dans la production. ».
Voici un « best-of live » d’une rare intensité, composé de titres accrocheurs et immédiats. Murat y chante comme jamais. Mi Jaguar, mi Bob Dylan.
 
Et puis, cette matière rugueuse qui enveloppe chaque ritournelle donne un cachet « brut » à cette restitution. Aux antipodes des productions léchées qui fleurissent tant dans les bacs des fournisseurs.
En poussant le son, vous aurez la divine impression d’avoir ce « Tour de France 2022 » dans votre salon. Face à vous.
 
A présent que l’artiste n’est plus, cette captation sonore rend hommage à l’Ami Auvergnat mais aussi à son public. Quelles soient chaotiques ou d’une générosité folle, Jean-LouisMurat goûtait voluptueusement ses prestations scéniques.
A notre tour d’en savourer tous les contours.
 
John Book.

 

 

LE PREMIER LIEN EN PLUS 

J'avais cru comprendre qu'il y avait une actualité Mylène Farmer, sans en savoir plus, ni chercher à le savoir... Mais un chroniqueur de  Sunburnsout fait l'éloge du parcours de Mylène en faisant le lien avec Murat... 

https://www.sunburnsout.com/a-t-on-fait-le-tour-de-mylene-farmer/

C’est sans oublier le parfum de mystère plus que de scandale d’ailleurs, faisant encore effet quarante ans après, preuve indubitable. Par l’écriture. La voix. Le style. Le travail de cohérence. L’aura internationale. La magie, quoi… J’enrage quand certains se refusent, à défaut d’y penser, à dresser des ponts entre un Jean-Louis Murat, Les Occidentaux et Farmer, mais aussi Éric Serra ou Uman pour ne citer qu’eux, tant des connexions et croisements sont multiples, évidentes, relevant d’un renouveau melancochic pop et français des années 80/90. Une telle longévité ne peut être fondée sur du flanc.

 

LE DEUXIEME LIEN EN PLUS POUR CHERCHER LA PETITE BETE MAIS ON VA PAS MOURIR DE RIRE POUR AUTANT

oh, Mickey!

https://www.leprogres.fr/culture-loisirs/2026/05/31/mickey-3d-le-foreztival-je-suis-heureux-d-y-aller-et-heureux-qu-il-existe

Dans un article qui parle de l'ASSE, autant vous dire qu'il ne faut pas s'attendre à grand chose...  même si un concert unique en forme de retour du groupe Mickey 3D, dans leur département  est une nouvelle sympathique.  Par contre, l'évocation de Jean-Louis Murat par Mickaël Fournon me questionne:

 Quand j’ai sorti mon album en 2023 ( Nous étions des humains ), je n’ai pas fait de tournée. Je n’en n’avais pas envie, mes filles étaient petites et je n’étais pas du tout focalisé là-dessus. Je voulais juste sortir un disque. J’ai toujours fait des concerts depuis que j’ai 16-17 ans et là j’avais envie de faire un truc à la Jean-Louis Murat qui faisait des disques, chez lui, sans faire de tournée.

Ok pour les albums home made pour Murat... mais il avait toujours à cœur d'aller ensuite les jouer sur scène!! 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2026 Tour de France 2022

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Publié le 3 Juin 2026

bonjour,

 

1)   On commence par un article dans LA GRUYERE, journal suisse fidèle à Murat.  Un grand merci à Serge Péclard qui a pu m'envoyer l'article!

Album posthume. Jean-Louis Murat pour une dernière tournée

A sa disparition, il y a tout juste trois ans, Jean-Louis Murat venait d’achever une tournée de 50 dates. Un album sort ces jours, témoignage de ses ultimes concerts, efficaces et sans fioritures inutiles.

Il suffit de quelques notes du très groovy Jean Bizarre et des premiers mots de cette voix incomparable pour comprendre à quel point il nous manque: Jean-Louis Murat est mort il y a tout juste trois ans et l’on n’a pas fini de mesurer son absence. Reflet de son ultime tournée, ce Tour de France 2022 vient rappeler à quel point l’ombrageux Auvergnat régnait alors au sommet d’un art libre et authentique.  Suite réservée aux abonnées

 
Chroniques du diques France/Belgique/Suisse:        La Gruyère, Magic, Sunburnsout, vif, Dh

L'article revient sur le côté grande gueule... et j'ai constaté que certains avaient jugés intéressants de refaire circuler sur facebook un paragraphe de saillies qui est en fait une compilation  de phrases vaches sur des dizaines d'années. Dommage alors qu'il y a une actualité à promouvoir et de quoi faire découvrir son oeuvre... Mais soit...

 

2) Chronique MAGIC par Cédric Barré

 

  3)    Une première chronique belge dans DH La Libre Belgique par Charles Van Dievort (27/05/2026)

 

Le dernier “Tour de France” de Jean-Louis Murat : voici ce que nous avons pensé de son album live posthume qui vient de paraître

À l’occasion des trois ans de la mort du chanteur est sorti un album live retraçant les moments les plus forts de sa dernière tournée. Un disque épique, à la Neil Young, qui rappelle combien l’artiste occupait une place unique dans le paysage musical.

Le 25 mai 2023, la nouvelle tombait comme une douche froide, on apprenait la mort de Jean-Louis Murat à l’âge de 71 ans. Rien ne laissait présager une disparition aussi brutale, le chanteur ayant tout juste terminé sa première tournée post-Covid quelques jours plus tôt.

Ironie du sort, le lendemain était commercialisé le premier best of de l’artiste. Lui qui avait toujours manifesté une hostilité totale à toute compilation regroupant ses plus grands succès, avait fini par céder.

Depuis, en dehors de concerts hommage et de livres – plutôt nombreux -, aucun disque de l’Auvergnat, posthume ou autre, n’était venu caresser les oreilles des fans et du public… jusqu’à ce vendredi 22 mai, date de sortie d’un live immortalisant la dernière tournée du plus bougon des orfèvres de la chanson française.

Une relecture à la Neil Young de son œuvre

Intitulé Tour de France 2022, il propose 14 titres captés lors de différentes dates de la tournée qu’il a clôturée juste avant de mourir. Des chansons choisies par ses soins après une sélection effectuée par son comparse de (presque) toujours, Denis Clavaizole. “Tous les concerts de l’année 2022 ont été enregistrés. Absolument tous, explique ce dernier dans les notes du livret qui accompagne le CD et le double vinyle. Et Jean-Louis m’a désigné comme personne de confiance pour effectuer un premier tri, choisir les quatre ou cinq meilleures versions de chaque titre. Ensuite, c’est bien sûr lui qui tranchait […] Deux mois avant sa disparition, ça ne faisait aucun doute pour lui : 'C’est bon, on a tous les morceaux !'.”

Sur ce live, Jean-Louis Murat est plus “neilyoungesque” que jamais, avec notamment de longues chevauchées comme il les aimait tant. Comment résister aux somptueuses revisites du “Chemin des poneys” et de “Taormina”, deux des rares chansons plus anciennes figurant sur cet album.

Les aficonados du gars de Douharesse le savent, Murat se projetait toujours vers l’avant, regardait rarement en arrière. Ses succès gravés sur disque, il passait à autre chose. Dans ce cas-ci, C’est son dernier album La vraie vie de Buck John qui est à l’honneur, avec quelques titres de son prédécesseur, Baby Love.

Des chevauchées endiablées

Pour ceux que ces deux disques ont déroutés par leur approche musicale orientée électro-funk pour le second et inclassable pour le premier, voici l’occasion de redécouvrir les chansons sous de nouveaux atours. Car ce n’est pas là le moindre des talents de Jean-Louis Murat que d’emmener ses créations vers des contrées insoupçonnées lorsqu’il les présente sur scène. Les précédents l’attestent : Live in Dolorès en 1998, qui revisitait Dolorès en mode “acoustique”, et Muragostang en 2000, formidable déclinaison 100 % électronique du très organique Mustango sorti l’année précédente.

Comment ne pas succomber aux chevauchés, souvent endiablées, que proposent les interprétations de “Jean Bizarre”, “Ma Babe”, Montboudif” et “Battlefield”. Sans oublier l’épique “Où Geronimo rêvait” !

Et que dire de ces moments où le temps semble suspendu quand Murat se fait doux comme du velours avec “La princesse of the cool”, le jazzy “Frankie” et la pièce maîtresse de cet album live, “La pharmacienne d’Yvetot”.

Un inédit somptueux

Un titre que cette dernière chanson se dispute avec le seul inédit gravé sur ce disque : “Hello You”. Comme à son habitude, Jean-Louis Murat gratifiait son publique de quelques-unes de ses plus belles perles exclusivement interprétées sur scène. Voilà qui n’est pas sans rappeler d’autres morceaux du même acabit : “Ami, Amour, Amant”, “Michigan”, etc.

Quatorze titres qui font revivre tout le talent de l’Auvergnat, bien entouré pour ce dernier Tour de France. Le bassiste Fred Jimenez, rencontré pour l’enregistrement du triple album Lilith en 2003, est à l’œuvre, avec le claviériste Denis Clavaizole qui accompagne le chanteur depuis Cheyenne Autumn, en 1989. Et, comme pour boucler la boucle, c’est le fils de ce dernier, Yann, qui est à la batterie. C’est lui qu’on entend, alors qu’il était bébé, sur “Déjà deux siècles 89”, titre extrait de Cheyenne Autumn !

Le point final de l’histoire ?

La seule déception à l’horizon nous vient du livret du disque. Ou plutôt de ces phrases qui le clôturent, signée Laure Desbruères, l’ex-femme du chanteur qui fut productrice pour Scarlett à partir de 2004, la structure qui réalisait les disques de Jean-Louis Murat à partir de 2006. “Scarlett, ce furent quelque vingt années intenses et exigeantes, et la moitié de la production phonographique de cet immense artiste-auteur-compositeur”, note-t-elle. “Scarlett, ce fut une très belle aventure. Une très belle aventure qui s’achève ici et vous laisse une œuvre intemporelle signée Jean-Louis Murat, une œuvre qui n’en finira pas d’être redécouverte.”

Si Scarlett termine son existence avec ce Tour de France 2022, en référence bien sûr à la passion qu’éprouvait le chanteur pour le cyclisme, notamment Wout Van Aert, faut-il comprendre qu’il n’y aura plus d’autre sortie signée Jean-Louis Murat ? N’avait-il pas dit, régulièrement, qu’il avait des “tonnes” d’inédits et même des albums prêts à paraître après sa mort ? Les entendra-t-on un jour. Pas sûr…

 

Du même auteur, du côté de MOUSTIQUE: 

Moustique (site web) - Moustique

Monday, June 1, 2026 

Un album anniversaire de Jean-Louis Murat, un disque enregistré en live pour Dua Lipa et le retour du groupe Inferno pour débuter la semaine

Trois ans après sa disparition, le 25 mai 2023, à l’âge de 71 ans de Jean-Louis Murat, “Tour de France 2022” propose 14 titres captés lors de différentes dates de sa dernière tournée.

Sur ce live, le chanteur et guitariste est plus “ neilyoungesque” que jamais, avec notamment de longues chevauchées comme il les aimait tant. Impossible ainsi de résister aux somptueuses relectures du Chemin des poneys et de Taormina , deux des rares chansons plus anciennes figurant sur cet album.

Nostalgie quand tu nous tiens

Pour le reste, c’est son dernier album “La vraie vie de Buck John” qui est à l’honneur, avec quelques titres de son prédécesseur, “Baby Love”. Si les chansons de ces deux disques avaient dérouté par leur approche musicale -orientée électro-funk pour le second et inclassable pour le premier-, Murat en propose ici des versions complètement remaniées.

Jean Bizarre, Ma Babe, Montboudif, Battlefield ou encore l’épique Où Geronimo rêvait! Plus loin, Murat se fait doux comme du velours avec La princesse of the cool, le jazzy Frankie et la pièce maîtresse de cet album live, La pharmacienne d’Yvetot. Cerise sur le gâteau: l’inédit Hello You. L’Auvergnat était particulièrement bien entouré pour ce dernier Tour de France. Le bassiste Fred Jimenez, rencontré pour l’enregistrement du triple album “Lilith” en 2003, est à l’œuvre, avec le claviériste Denis Clavaizole qui accompagne le chanteur depuis “Cheyenne Autumn”, en 1989. Et, comme pour boucler la boucle, c’est le fils de ce dernier, Yann, qui est à la batterie.

4)  Toujours chez les belges,   dans les sorties de la semaine,  VIF indique:

3. Jean-Louis Murat – Jean-Louis Murat en concert – Tour de France

Il aura donc fallu que Murat casse sa pipe (en 2023, à 71 ans) pour que s'interrompe l'une des discographies les plus aventureuses (et les plus foisonnantes) de la scène française. "Ce n'est pas une excuse", aurait pu répliquer le poète retors. Pardonnez la boutade: il y a des disparus qui manquent plus que d'autres… Trois ans quasi jour pour jour après son décès, Jean-Louis Murat a droit à un premier album posthume : un live capté lors de son ultime tournée, en 2022.

A l'époque, le chanteur vient tout juste de sortir La Vraie Vie de Buck John, qu'il décide d'emmener sur la route en formation resserrée: Fred Jimenez à la basse, Yann Clavaizolle à la batterie et Denis Clavaizolle aux claviers. Au programme, une tournée de plus de 50 villes. Un véritable tour de France pour ce fan de vélo (auquel la course a d'ailleurs rendu hommage l'an dernier, lors de son passage dans le col de la Croix-Morand). Enthousiaste, Murat décide d'enregistrer chaque concert, imaginant un album live qui ne garderait que les meilleures versions de chaque chanson –un parcours du combattant quand on connaît la manie de l'intéressé de ne jamais jouer deux fois le même titre de la même manière.

C'est Denis Clavaizolle qui va s'y coller, proposant une sélection finale à Murat, deux mois avant sa disparition. Par la force des choses, elle se concentre sur ses derniers disques –de Buck John à Morituri (2016), avec l'une ou l'autre incartade dans Taormina (2006)–, augmentée d'un inédit (Hello You). Soit quatorze chansons au total, où l'on retrouve un Murat presque jovial –au point de vouloir faire chanter le public sur Battlefield–, labourant son blues-rock auvergnat (Où Geronimo rêvait) avec ce mélange toujours aussi savoureux de roublardise (Marilyn et Marianne) et de magnétisme troublant (La Pharmacienne d'Yvetot).● L.H.

Distribué par Cinq7/Wagram. La cote de Focus : 3,5/5

5)  Et chez les amis de Sunburnsout (vous pouvez aller sur le site pour lire: je termine l'article du jour, ici!, pas envie de lien en plus aujourd'hui, n'insistez pas)

“Bon sang ! Qu’est-ce qu’il était vivant !” Comme tous les disparus, Murat respirait, chantait, blasphémait et swinguait du tonnerre… avant de ne plus pouvoir le faire du tout, pour cause de mort. “Qu’est-ce qu’il vivait !” C’est ce qu’on se dit dans ces cas là mais on sait qu’il y en a qui sont un peu plus vivants que d’autres et le Murat que l’on entend à l’entame de ce live des trois ans… qui date de quatre ans, et qu’on écoutera sûrement encore dans cinq ou dix, l’était bel et bien… vivant.

On n’entend que ça sur Jean Bizarre qui était aussi l’un des morceaux de son dernier album, La Vraie Vie de Buck John, sorti en 2021, la vie qui bruisse sur cette chanson et explose dans des allitérations, des échos de mots et de sonorités, visiblement choisies pour la manière dont elles s’entrechoquent et se combinent avec la rythmique mi-jazz, mi-folk rock du morceau. C’est un beau morceau pour entamer un disque live, un morceau amusant, sûrement pas facile à chanter mais qui met en confiance et donne la patate. Ce n’est pas négligeable : il arrivait qu’on aille à un concert de Murat avec une boule au ventre ou du moins un peu d’appréhension. Parce qu’il n’était pas toujours tendre avec son public et parfois de mauvais poil. Ce n’est pas le cas cette fois. Murat, même mort, nous accueille avec l’oeil jubilatoire et la langue agile. On en avait bien profité lorsqu’on l’avait admiré pour la dernière fois de notre vie de supporteur, c’était à Allonnes en mai 2022.

Ce Jean Bizarre dit au moins une chose quand on entend scatter l’Auvergnat comme à la parade, c’est qu’il était en forme/vivant et plutôt content d’être là. On se fout un peu qu’il avale les mots sur la Princesse of the cool, comme s’il avait une chaussette dans la bouche, parce que c’est justement de cela dont il est question ici : être cool, se laisser aller et tant pis pour la clarté de la diction. On a les doigts en éventail et on slacke à la France, en charentaises et en poésie. On avait bien aimé Baby Love, disque sur lequel on trouve la chanson. Murat en joue aussi Montboudif sur ce live. Mais c’est surtout Buck John qui est à l’honneur avec des cris d’indiens ou de vieux paysans sur Où Géronimo Rêvait et quatre autres morceaux (en plus du premier). Ce Tour de France 2022 est foutrement rock et foutrement joueur parce que Buck John était un album pétillant et “décomplexé”, pas comme la droite du même nom, un album décomplexé qui, à la façon de Murat, s’en fout royalement d’être rock, blues, jazz ou chanson française et qui passe de l’un à l’autre par la virtuosité des musiciens et la grâce de son chanteur. Murat chante, il hurle, il hulule même. C’est le Jon Spencer Blues à la mode de Riom, Alan Vega 63, habité par le souffle de l’Amérique et la vitalité des monts d’Auvergne.

C’en est presque triste, alors qu’on sait qu’il est mort, quelque part d’avoir choisi un concert aussi généreux et relâché du tubercule. Le groupe est particulièrement agile ici avec Fred Jimenez à la basse, Denis Clavaizolle au clavier, Yann Clavaizolle (le fils de Denis) à la batterie. Les deux premiers ont joué avec Murat depuis ses débuts et le trio propose ici un accompagnement formidablement rythmé qui sied parfaitement aux titres retenus. On adore la liberté et l’espace entre les instruments sur Ciné Vox, l’un des meilleurs morceaux du très bon Il Francese,que Murat ralentit et semble ne pas vouloir terminer. Taormina est bouillant et électrique. Murat mélange les nouveautés du moment avec Ma Babe, Marylin et Marianne, Chacun sa Façon ou Battlefield, et des titres qui viennent d’un peu plus loin comme la Pharmacienne d’Yvetot (2016) ou le sublime Chemin des Poneys (sur Taormina, il y a vingt ans). La performance d’ensemble est généreuse et met en relief la culture rock (des années 50 aux années 70) d’un Murat qui aimait autant les textes bien tournés que les guitares électriques bavardes. C’est cette expressivité des guitares (sur Marylin et Marianne, bien soutenues par un clavier à la Jerry Harrison, fougueux) qui donne à l’ensemble une vitalité extraordinaire. Le groupe négocie à la perfection les changements de tempo, se changeant sur la Pharmacienne en un piano band pourpre et nocturne. On a un petit faible pour la version velvetienne d’un Frankie qui taquine les sept minutes. L’inspiration américaine irrigue le disque et cette période finale d’un Murat splendide dans son minimalisme et ses regains d’électricité. Le Chemin des Poneys est sûrement pensée comme LA grande chanson du set. Elle l’est et nous ouvre les portes électriques d’un ciel encore trop haut pour nous.

Ce disque est un témoignage précieux du “dernier” Murat par la force des choses, un Murat qui, parce qu’il n’y en eut pas d’autre, nous semble avec le recul, une bonne synthèse voire une synthèse presque parfaite de tous les Murat qui sont passés avant, la somme d’héritages accumulés sur cinq décennies au moins, de la chanson française au punk rock américain. Tout est là, niché au creux d’une poésie ancienne. Tour de France 2022 est un beau disque crépusculaire et vibrant d’irrévérence. Un disque qu’on aimera écouter et réécouter, jusqu’à ce que les vers de deux ou trois chansons se mélangent pour en former d’autres. Façon cut-up.

An 1163
L’ordure leva
Le pont-levis
Mon cœur est
Mort de froid

Il n’y a rien ma mie
Qui doit nous faire peur
La portière ouverte
Ressens-tu la chaleur
Berger du néant
Troupeau d’éternité
Viens mon ange

La mort a rarement du bon. Elle est comme le froid et le vent.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2026 Tour de France 2022

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