Publié le 6 Juillet 2026

Bonjour,

Bon, j'ai mis des jours pour finaliser cet article, qui ne me passionnait pas, mais j'ai essayé d'apporter un peu de contenu...

Cela avait déjà tourné dans les sphères muratiennes récemment mais sans que cela en sorte.  Il a fallu un article de 20 minutes.ch  du 23/06 avec la confirmation d'un journaliste suisse pour qu'un buzz assez important voit le jour... Nous voilà en "en hovercraft helvétique" à devoir survoler la vaguelette.  Ca nous rappelle des choses, même si cette fois, les propos de Murat ne peuvent pas amener à se détourner de lui, ou à lui donner une image trop négative, comme ça a été très souvent le cas. Je ne vais pas refaire la liste des badbuzz. "Je ne vivrai pas aussi intimement que toi avec l'idée de ma propre perte".  

 Bon, le point de départ est une des anecdotes très régulièrement racontées par Jean-Louis Murat qui, avec son expérience à St-Tropez comme saisonnier, explique son mépris pour le show-biz: avoir vu deux stars jouer à la réputation impeccable  une fille de 16 ans au poker. Exemple dans  Le soir mag, Nov 1996 (Belgique):

Le buzz fonctionnant moins bien sans image, il - et l'article initial de 20 minutes- s'est appuyé sur l'émission avec Pascale Clark, "la route", dans laquelle l'anecdote était l'objet de quelques minutes (c'est ce qui a été utilisé dans les réseaux sociaux, découpé sur youtube). Le reste de l'émission n'est pas inintéressante (et révélait  les infidélités, sans doute celles des années 70, quand il faisait des trajets en voiture vers Lyon -ça n'a aucun rapport avec le sujet du jour)

 

Jean-Louis n'a pas donné les noms publiquement mais l'aurait dévoilé à ce journaliste suisse en 1996, le dit journaliste qui révèle ceci sous le couvert de l'anonymat... Ce qui est quand même vaguement curieux.  Si bien que j'étais assez décidé à chercher quelle était cette personne qui aurait rencontré Jean-Louis Murat à Paris au moment de DOLORES. 

Il affirme avoir rencontré Jean-Louis Murat en 1996 à Paris à l’occasion d’un entretien consacré à la sortie du disque «Dolorès». «On s'était donné rendez-vous Place des Vosges. On parlait de l’album et de sa pochette qui représentent des jeunes femmes en culotte. Il me disait qu’il ne l’aimait pas et qu’il n’avait pas vraiment eu son mot à dire. C'était le choix de la maison de disques», raconte-t-il.

Selon le Romand, cette conversation a ensuite porté sur «le rapport aux femmes» et «la responsabilité des artistes». C’est dans ce contexte que Jean-Louis Murat lui a lâché: «Bruel, je ne peux pas le piffer depuis que je l’ai vu jouer une pauvre gamine au poker. C'est le comble de l’abjection.» En d'autres termes, la fille était mise en jeu comme un trophée. (20 minutes). 

 

Et voici, hors réseaux sociaux, ceux qui ont jugé digne d'intérêt de relayer cette information... alors que Bruel est déjà accusé de 10 viols, et sous le coup de vingt plaintes: 

République du Centre- La Montagne, Closer, yahoo, DH-La libre belgique, 7sur7.be, msn, sudinfo, Tribunal du net, Marie-France, 24h.ch,Gala journal des femmes, Voiciohmymag (Jean-Louis Murat, disparu le 24 juin 2023, était connu pour son franc-parler et ses prises de position sans filtre dans le monde artistique. Ses déclarations, rapportées par un journaliste romand et relayées notamment par 20 Minutes, continuent d’attirer l’attention plusieurs années après son décès. La citation sur Patrick Bruel montre la virulence dont il pouvait faire preuve à l’égard d’autres personnalités, confirmant sa réputation d’artiste insolent et sans concession. Ce témoignage posthume accentue l’attention portée sur la figure de Bruel dans un contexte déjà sensible, marqué par des accusations graves et une médiatisation intense.  Cette déclaration illustre bien le poids des paroles d’un artiste, dont l’influence peut perdurer au-delà de sa disparition, en influant sur la perception du public et les débats autour de ses contemporains),  , 

Libération (site web) a fait des milliers de like et de commentaires sur les réseaux sociaux avant de supprimer apparemment l'article... mais il se trouvait encore sur la page MSN

 

Article de Libération « J’ai vu Patrick Bruel jouer une pauvre gamine de 16 ans au poker » : des propos chocs de Jean-Louis Murat exhumés par « 20 minutes »
 

Un nouveau scandale, qui vient s’ajouter à la longue liste des accusations visant Patrick Bruel, mis en examen pour «viols», «tentative de viol» et «agressions sexuelles». Auprès du média 20 minutes, un ex-journaliste affirme avoir rencontré le chanteur Jean-Louis Murat lors d’un entretien réalisé en 1996. Ce dernier lui aurait livré le récit d’une soirée en compagnie de Bruel, rapportant qu’il y aurait parié une jeune fille lors d’une partie de poker.D’origine romande, l’ex-journaliste dit avoir rencontré Jean-Louis Murat place des Vosges à Paris, à l’occasion de la sortie de son disque Dolorès. Au détour d’une réflexion sur la pochette de l’album, représentant des jeunes femmes en culotte, leur conversation a dérivé sur «le rapport aux femmes» et «la responsabilité des artistes», écrit 20 minutes. Murat, par ailleurs pas avare de réflexions misogynes, lui aurait alors lâché : «Bruel, je ne peux pas le piffer depuis que je l’ai vu jouer une pauvre gamine au poker. C’est le comble de l’abjection.» La jeune fille aurait ainsi été mise en jeu par les participants.

Même récit lors d’une interview télévisée

Dans un extrait d’interview exhumé par les internautes dans la foulée de la parution de l’article, Jean-Louis Murat, relate la même anecdote. Le chanteur, décédé en 2023, y est interrogé par la journaliste Pascale Clark, pour son format télévisé la Route, qui présente l’invité au volant d’une voiture. «J’ai vu deux énormes vedettes de la chanson française jouer aux cartes une petite nana de 16 ans avec qui j’avais discuté. Elle était complètement à la rue. Il fallait la traiter comme une enfant», relate Jean-Louis Murat dans cette vidéo datant de 2007.

Et l’artiste de mettre en cause sa propre responsabilité, sans jamais nommer les chanteurs : «J’aurais dû intervenir parce que c’est un des trucs les plus répugnants que j’ai vu dans ce métier. Des gens qui ont une image en or. Les deux parfaits garçons. On leur donnerait le bon Dieu sans confession. Maintenant, à chaque fois qu’on me parle de ces mecs-là, je les casse». Contactée par Libération, Pascale Clark indique n’avoir jamais su qui étaient les deux personnalités mises en cause par les propos de Murat. «J’ai dû essayer de le savoir à l’époque, mais il ne m’avait pas répondu», relate l’ancienne journaliste et animatrice.

Les avocats de Patrick Bruel n’ont pour l’heure pas réagi à la publication de l’article de 20 minutes. Placé sous contrôle judiciaire dans le cadre de sa mise en examen, et sous le statut de témoin assisté dans quatre autres dossiers, l’artiste a annulé sa tournée des festivals, prévue de juin à septembre, après des semaines de retentissement médiatique. Plusieurs dates de concert, prévues à l’automne, sont toujours maintenues partout en France.

 

Que dire de plus?

Personne ne l'a souligné,  et pour cause: le film est officiellement inédit -sauf pour les visiteurs du Week-end Murat, yes sir! 2023 et 2024),  l'anecdote racontée par Murat ressemble assez fortement au "pitch" du film "Mlle personne"... dans lequel le chanteur récupère une jeune fille paumée et à la rue, ce qui semble avoir été le cas de la fille du poker. Par contre, le film ne laisse pas penser que le chanteur cherche à en profiter, même si le côté macho et dominateur de Murat est bien visible, le côté pygmalion  que Camille a chanté (là encore le texte de Camille "baby carni bird" peut faire légérement écho à tout ça):

La route était barrée Quand il m'a renversée Un soir au nord de Nice
Eblouie par les phares J'ai croisé son regard Et je me suis jetée
Ravale ta salive Ton orgueil de fille!
Je me suis relevée et je lui ai donné La main qu'il me restait
Mais j'avais oublié Mon nom de jeune fille Alors j'ai inventé
"My name is Baby Carni Bird I'm the only one in the world I'm yours For I can fly up in the air And you can shoot me when you like I'm yours"
Le ciel est une cime D'où sombrent les étoiles Et nous y sommes allés
À travers le pare-brise J'ai vu fondre les neiges Des plus hauts sommets
Mouillées ses babines Ses dents c'étaient des limes Ses yeux des pièges à loup
Et ses contes de feu De fée de cheval fou M'empêchaient de dormir
 
(Ne vous n'y trompez, ce n'est pas une emprise physique et sexuelle qui est racontée par Camille).

 

- Bon, pour en revenir au buzz, alors qui peut donc être ce journaliste romand?

J'ai pensé à Olivier Horner qui a longuement suivi Jean-Louis, mais je n'ai pas trouvé de rencontre avec Murat au moment de Dolores. Contacté, il m'indique que ce n'est pas lui.  Christophe Fovanna qui a fait une interview pour le journal de Genève me dit lui:  "Bonjour. Non, ce n’est pas moi. Si ça avait été le cas, je n’aurait pas gardé l’anonymat. Je ne fais jamais ça, quelles que soient les circonstances. Ni comme journaliste autrefois, ni comme personne aujourd’hui… Par ailleurs, si cela est vrai, Murat aurait dû parler lui-même à l’époque, je trouve… Cordialement". 

 

14/11/96 Le journal de Genève

 

Dans les articles période Dolores, un autre nom ressort, celle d'une chroniqueuse régulière de Murat pour "le Nouvelliste", Manuela Giroud qui n'a pas d'activité visible depuis plus de 10 ans... mais la recherche s'arrête là. J'ai plutôt envie de saluer ceux qui ont accompagné disque après disque la carrière de Jean-Louis... et c'est l'occasion de dévoiler quelques articles de presse suisse que j'avais sous le coude (je ne sais plus comment je les avais récupérés, Matthieu 😘 était peut-être sur le coup pour une partie). 

Dans le Nouvelliste, 10/02/1996:

D'autres articles de Manuela:

24/11/93

5/03/95: 

9/05/98: 

entretien pour mustango 21/09/1999: 

27/03/2002: "le moujik et sa femme":

Entretien pour lilith (28/03/2003)

Et encore en 2004: février et  Septembre

 

Et toujours pour Taormina, 7/2/2006

Et encore quelques mots de Jean-Louis retranscrit à l'occasion des concerts qui ont suivi (5/12/2006)

 29/10/2007 (non signée mais peu de doute)

Et enfin TRISTAN (5/12/2006):

 

Saluons  également: Michel Masserey (passé par le nouvelliste, le nouveau quotidien, la RTS et journaliste actionnaire de Tsugi actuellement). 

18/12/93 Le nouvelliste:

17/02/1998 Le nouveau quotidien

 

et des articles signés pour le TEMPS:

Disques: Jean-Louis Murat: Mustango

Après plusieurs albums intimistes, le chanteur français s'offre un disque sudiste et boisé, entre folk, gospel et country.

On savait Jean-Louis Murat très attentif aux productions des rockers américains. L'Auvergnat n'a jamais caché sa passion pour le country folk un rien dépressif d'artistes comme Leonard Cohen, ou le rock décomposé de Pavement. Fan de Neil Young et du Crazy Horse, le chanteur ermite avoue trouver dans ces musiques rustiques et souvent acoustiques une paix, née de l'authenticité d'une émotion simple et directe. Celle sans doute de moments de vie, de petites historiettes puisées dans le quotidien le plus banal. Pourtant, malgré ce goût pour les caresses un peu rudes de la musique américaine, les ballades de Murat évoquent plus souvent l'univers éthéré d'artistes tels Talk Talk, Blue Nile ou David Sylvian. Une pop délicate et sensible, portée par des arrangements de cordes planants et sirupeux. Une musique en équilibre fragile, à la limite de la chansonnette mielleuse. Défendus par d'autres que Murat, la plupart de ses titres n'auraient sans doute déclenché qu'une indifférence polie. C'est compter sans le flegme et le charme décalé de l'auteur auvergnat, poète à la plume un rien désuète, amoureux des cimes et des landes.

Révélé au grand public par le tube «Si je devais manquer de toi», une ritournelle délicieusement neuneu, Murat a imposé une écriture en rupture avec la scène musicale française. Aux harangues de l'alternatif franchouillard, le barde sensible répondait avec des mots fleuris vantant le recueillement et l'exil intérieur. Allergique aux rimes chics de l'electro-pop hexagonale, il développa une langue parfumée et pastorale. Un langage abscons pour le grand marché du disque qui fit de son incompréhension un argument de vente. Murat le poète maudit, l'ermite flamboyant, le Jean Ferrat post-moderne, vendait-on de ci, de là. Autant de qualificatifs et d'images qui n'ont eu de cesse d'agacer l'auteur, que l'immédiateté et la franchise de la parole dite séduisent plus que les plus profonds sophismes.

Avec Mustango, Jean-Louis Murat cherche sans doute à balayer tout malentendu. En traversant l'océan, en se branchant avec les musiques qui l'ont inspiré et les nouveaux artistes qui les défendent (Calexico, Marc Ribot et Winston Watson, guitariste de Dylan), le Français part à la recherche de son rêve américain. Enregistré entre New York et Tucson, en Arizona, Mustango ne sonne pourtant pas comme un album américain. Plutôt comme un disque boiteux, moitié sudiste, moitié hivernal. Si le chanteur a bel et bien collaboré avec John Convertino et Joey Bums, de l'excellent groupe Calexico, le mariage déçoit par la trop grande joliesse des atours sonores. Aucune écharde, aucune rugosité dans la country un rien clinique de ce nouvel opus. Murat a beau affirmer son attachement américain jusqu'à baptiser maladroitement certains morceaux de son album («Viva Calexico», «Polly Jean», en hommage à un concert de PJ Harvey), le disque ne porte qu'un vernis western. Un habit sonore qui parfois tombe mal comme sur le pseudo-blues «Nu dans la crevasse», languissante ballade rythmée par un chorus gospel irritant. Ailleurs, Murat, maladroit dans son uniforme de chanteur engagé, dénonce Bruno Mégret et la dérive fasciste («Les gonzesses et les pédés»). Plus loin, sur «Belgrade», c'est Arkan, le boucher serbe, qui a droit aux rimes bancales d'un chanteur qui se perd dans des élucubrations hermétiques et lassantes.

Epurée de ses plages ambient, la musique développée par Murat reste cependant incroyablement lisse et neutre. Autant que qualités qui conviennent mieux aux épanchements orchestraux, aux accords en apesanteur qui caractérisaient ses albums précédents et font léviter les meilleurs morceaux du nouvel opus: «Bang bang» caressé par la voix hantée de Jennifer Charles, d'Elysian Fields ou «Mustang» pianoté par un Murat réconcilié avec la vie. De trop rares plages dans un disque décousu, sans grande consistance.

Jean-Louis Murat, Mustango (Labels/Virgin – EMI)

Michel Masserey, Publié samedi 28 août 1999 à 02:00.

Critiques. Murat: laves d'Auvergnat

Sur la scène, trois échafaudages de claviers, arrangés comme des marches

Sur la scène, trois échafaudages de claviers, arrangés comme des marches. Au centre, des guitares, un lecteur de CD, des boîtes à rythmes. Jean-Louis Murat, le rural, est esseulé au milieu de machines.

Jusqu'alors, le chanteur avait joué la carte de l'intime. En formation folk rock serrée puis plus récemment en duo avec son complice Denis Clavaizolle, Murat avait présenté des concerts enveloppants. A l'image de ses ballades.

Surprise. Ponctuant la sortie de Mustango, son album le plus rock, l'artiste auvergnat propose son spectacle le plus mécanique et habité. Un récital-concept hypnotique de bout en bout, balayé de lumières seventies froides. Relecture ou plutôt réinterprétation ambitieuse de ce disque, la prestation de Murat intègre des projections de tableaux. Des images tantôt expressionnistes tantôt abstraites qui surplombent tel un astre menaçant la scène, où trois musiciens pilotent les machines. Bruitages subtils, chuintements et grondements de tonnerre se mêlent au roulement de rythmiques électroniques sèches. Le ciel est rouge sur Belgrade et sur Vitrolles, deux villes symboles de l'obscurantisme totalitaire, que Murat épingle dans son dernier album. Ailleurs, le souffle des vents de montagne porte les rimes mélancoliques du chanteur, les vagues des claviers sont cotonneuses. Et puis, au cœur du tourment des saisons, des moments apaisés. Seul au piano, Murat chante le quotidien. Une accalmie avant que les laves ne rallument les machines.

Murat était en concert jeudi soir au Forum de Meyrin à Genève.

Michel Masserey, Publié samedi 11 décembre 1999

 

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LE LIEN EN PLUS 

Fabcaro a fait encore un petit salut à Murat cette semaine. Dans la Bande originale... mais je ne sais pas si c'est la peine d'écouter pour ça. JLM est juste cité dans ses choix musicaux, avec un très court extrait de Fort alamo

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-bande-originale/la-bande-originale-du-jeudi-25-juin-2026-5170760  

C'est à 40 minutes... Dommage que le thème ne soit pas développé car  il a quand même choisi d'appeler un livre "Fort Alamo".   A l'occasion de la sortie du livre, et de son passage dans la même émission il avait choisi "le Mont sans souci"

Il a été question de l'auteur également ici.

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres, #vieilleries -archives-disques

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