Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publié le 27 Juillet 2026

Pas des tonnes d'article sur le disque live "tour de France de Jean-Louis Murat" mais j'ai quand même un peu de stock à partager. Bonjour quand même!

Pour commencer, la masterpiece, sur le style et le fond,  et on ne s'étonnera pas que ce soit signé Clément Chevrier pour Section26,  l'ancien musicien des The Delano Orchestra et de Matt Low ou Garciaphone. On avait déjà lu son hommage pour Christophe Pie (dont il sera question), ses mots sur Les travaux sur la n89, ou pour le décès de Jean-Louis.

Je vous invite à lire sa chronique publiée le 5/06/2026 dans les meilleurs conditions sur le site: https://section-26.fr/jean-louis-murat-tour-de-france-2022-scarlett-wagram-cinq7/ et de revenir pour la suite...

« As-tu aimé poser ton cœur à l’intérieur d’un être heureux ? »

C’est une vieille question qui revient à l’écoute de Tour de France 2022, l’ultime album – à date – de Jean-Louis Murat, et le premier posthume de ce que les fans les plus insatiables espèrent voir devenir une série – une nouvelle carrière, peut-être.

Le rêve d’un coffre aux merveilles, d’un vault comparable à celui de Prince à Paisley Park, a été entretenu par l’Auvergnat lors de ses interviews. Il aimait gloser sur la discipline de l’artisan, sur l’écriture quotidienne, et les comptes montent vite : malgré le rythme effréné de publication adopté à partir des années 2000, des montagnes de chansons inconnues dorment quelque part – peut-être.

Mais – toustes les auteurices de chanson issu·es de cette Terre vous le diront : à moins d’un état de grâce particulier, il faut écrire beaucoup pour ensuite trier le bon grain de l’ivraie, et savoir jeter, jeter et jeter – et semer. Ce que Murat a su et dû faire, en se plantant parfois – comme tout le monde. Aussi, quiconque l’a vu en concert sait qu’il y a toujours eu des inédits, que certains ont fini sur les albums, d’autres non, et que parfois les merveilles restaient sur le carreau, sans autre trace que les mémoires. Et que nul disque n’est parfait – hors la période qui s’étend de Live in Dolores à Le Moujik et sa femme et presque Lilith – l’état de grâce. Avant, des choses ont vieilli, des intentions ont pesé sur les chansons. Après, il y a eu deux tentations entre lesquelles naviguer : celle de la zone de confort musicale, parfois combattue, parfois non, et celle d’obsessions dans les paroles qui ont pu être redondantes – ce n’est pas un reproche, mais un constat inévitable dans l’art difficile de faire carrière.

Un sommet s’élève dans cet après, l’inusable Taormina, parce qu’un disque qui abrite « Accueille-moi paysage » est aussi existentiel que possible, et que c’est peut-être la meilleure veine de Murat – la métaphysique du quotidien, non dénuée d’humour. Babel est juste derrière – tout juste.

*Hors vault, on se retrouve donc en 2026 avec ce live d’une tournée réputée excellente – que j’ai loupée, et – spoiler – je m’en mords les doigts, parce que le groupe fonctionne comme il n’a pas fonctionné depuis longtemps – le Delano Orchestra de Babel ? Les débuts du trio avec Stéphane Reynaud et Fred Jimenez ? Tout n’est pas parfait – heureusement – ce n’est pas le propos – jamais. Il ne s’agit que de sentir le temps ne plus s’écouler de la même façon, parfois même de le voir étal, tel qu’il est – on n’est pas à l’abri d’un coup de pot.

Sur scène en 2022 avec Murat, le fidèle Jimenez à la basse – cf. Benicassim 2000, coup de pot 3000 – et les Clavaizolle père et fils, Denis et Yann aux claviers et à la batterie. Advient ce que l’on n’osait espérer : la sortie des petits sentiers qui tournaient de plus en plus en rond, de plus en plus près de la maison – ce qui faisait que les derniers disques et les obsessions devenues patrimoniales pouvaient laisser au loin, à la porte – fermée de l’intérieur, un riff et un ciné vox de plus et cætera, un peu rock, un peu soul, un peu ça – des rêves barricadés de maréchaux d’empire, loin des quasars et des prairies.  On sent Murat heureux d’avoir un groupe aussi bon – capable de trouver de nouvelles directions, de le surprendre – pas seulement solide – comme s’il fallait à la fois se connaître et ne pas se connaître, parce qu’il s’agit bien là de l’opposé du « se connaître par cœur », il s’agit d’attention à la chanson et il s’agit d’inspiration, et de surprise, et de je-ne-sais-pas – de relations renouvelées, et de moment.  Les claviers varient les timbres et sortent la guitare de Murat de la tentation du discours, autant qu’ils la soulagent de la charge harmonique – et ainsi peut-il en faire moins, choisir, et en faire moins au chant pour faire mieux, autre – la façon dont il arrive à « la mort est dégueulasse » sur Taormina redit en une entame de couplet sa dette infinie envers Véronique Sanson. Denis Clavaizolle applique une discrète Leslie à un piano acoustique glissé parmi les nappes, et on entend soudain les échos des encablures qui séparent Taormina de Pompei, l’Etna du Vésuve.  Une autre dette, envers Léo Ferré, sur le duo piano-voix de « La Pharmacienne d’Yvetot » : même étirement dans le koan paroles et musique, même fond de colère anarchiste, sans le cœur à gauche. Issue de Morituri, il y a également « Frankie », aussi inspirée en mélodie – la marque de cet album post-Babel – sauf que les paroles posent question à l’auditeur.ice qui n’éprouve pas la peine de Murat pour la fin de certains mondes.

Parmi les chansons récentes, qui composent en majorité le reste de la set-list, ce sont les plus éloignées du terreau ciné vox, celles qui vont voir du côté de l’amour – venu, parti – qui enchantent – La Princesse of the Cool, Battlefield – de même celles qui rigolent – évidemment il y a Poulidor et Anquetil sur Montboudif, sur un disque intitulé Tour de France 2022, et les anquetilistes savent – on peut toujours crier « allez Poupou », un slogan ne suffit pas à gagner – et sans humour il n’y a pas de vie. En retrait, Où Géronimo rêvait ou Marilyn et Marianne se tiennent droit dans leurs bottes, beaucoup d’art au service d’un propos moins fin – Bitter Tears de Johnny Cash a plus de cinquante ans. Je songe avec regret que Murat n’a jamais rencontré son Rubin – son maïeuticien des adieux – il n’en a pas eu le temps.  Et j’écoute Sonny Rollins qui vient de quitter le navire à son tour, et je regrette aussi que Murat n’ait pas pu ou su mener le même genre de retraites musicales, comme disparaître pour jouer trois ans sous un pont. Ça supposait sans doute de retrouver certains démons de certaines décennies, de déranger leur sieste pour leur marcher sur les sabots dans des gigues sans fin – on ne peut pas lui en vouloir, depuis l’autre côté de disques que nul ne nous force à écouter, d’avoir continué à publier et publier sans pause ni repos. Le long silence subi à l’orée de la carrière était un traumatisme, semble-t-il.

Et je ne regrette pas ces regrets – humains.

On rencontre un inédit à deux faces, Hello You, qui fait penser à la tendance pépère géniale de Leonard Cohen et son orchestre, une ambiance de bal dans laquelle le groupe excelle aussi – c’est un compliment – et c’est la troisième dette du disque. Pour la dette envers Neil Young, Parfum d’acacia au jardin avait déjà conclu il y a longtemps – avec la rythmique du grand trio, Stéphane Reynaud et Fred Jimenez, et Christophe Pie en Poncho Sampedro. Pie, dit l’homme qui faisait mieux jouer, qui tenait le disque à la force de sa guitare rythmique imperturbable et discrète – on peut fermer les yeux et n’écouter que lui sur Parfum… comme sa batterie sur Babel, une leçon pour les bavards et pour les silencieux. Et une piste : sur Tour de France 2022 comme sur Parfum d’acacia… ou Muragostang, le format du quartet, par ses contraintes différentes de celles du trio – ne pas marcher sur les pieds des autres, avoir une conscience d’une direction générale même en cas de digression – convient d’une étrange façon au Jean-Louis Murat de concert, celui qui voulait qu’il se passe quelque chose. Clavaizolle fils marche ainsi dans les pas de Pie : il fait mieux jouer qui a la chance de jouer avec lui, il tient sans bavardage, sans se retenir, fluidité et cailloux, la barre ferme sous les vents pendant que Murat désigne au loin différentes îles, différents caps, et que ça se débrouille, ça tire des boulets de canons un peu dans tous les sens parfois – cf. Paul Bley pour la théorie des divergences fécondes –, sur la même cible à d’autres, ça scrute le lointain sans même un murmure à d’autres moments – ça surprend.

C’est, autrement dit, la grande forme, et c’est un bonheur de pouvoir enfin l’écouter avec un son aussi beau. Merci à qui de droit.

*  Reste qu’il m’est impossible d’imaginer une personne découvrir la musique de Jean-Louis Murat avec ce disque, d’imaginer sa réaction privée des passions et des mémoires dans lesquelles nous baignons. On songe à Tom Petty, chez lequel la porte d’entrée de ce côté de l’océan est le plus souvent Wildflowers – le vernis rock-quoi réduit au minimum, comme le vernis indie-comme-il-faut première façon de Murat a disparu de Mustango à Lilith, avant que ne s’applique un autre vernis en couches répétées – l’artisan folk-rock parfois imprévisible, inventeur du Facebook de 2026 à la télévision de 2006 – pas son meilleur geste.

Tour de France 2022 n’est pas Wildflowers, mais il est peut-être son Live at Leeds sans la démesure – un live qui tape, qui transfigure des chansons pas les plus courues de son répertoire pour en faire un geste artistique nouveau, riche et subtil – plus subtil que les riffs qui entament certaines chansons – et tant pis pour moi s’il y en a que j’aime un peu moins, parce qu’il y en a que j’aime follement, et que ça suffit à faire follement aimer un disque. Et puis, la dernière piste, Le Chemin des poneys, issue de Taormina, arrive en cadeau inespéré. Même le solo de guitare bourrin est finement posé comme un juron au détour d’un vers – dérangement et beauté. Tout est dans cette chanson, même ce que l’on n’entend pas. Ce que peu de gens gens ont su faire advenir.

 

Un grand merci à Clément et à l'équipe de Section26.  

Sur cette chronique, on aura très rapidement l'occasion de revenir sur le terme "redondance" des paroles, ce qui sera évident à la lecture de l'intégral des textes à paraitre chez Seghers, ce qui n'empêche pas cette "métaphysique du quotidien" bien trouvée. J'aime beaucoup cette référence à Véronique Sanson sur "la mort est dégueulasse". 

-  Note 5/5 pour le Télégramme  

Par Gérard Classe

Ce sixième album - live, qui s’ajoute aux… vingt-deux enregistrés en studio, ponctue le parcours exceptionnel de Jean-Louis Murat, disparu subitement en 2023, tel un clin d’œil affectif à son « épais » public multigénérations. Celui-ci peut donc enfin apprécier « Tour de France 2022 » comme le présent testamentaire d’une chanson à jamais vivante de l’artiste. Forcément « collect’Or », en double vinyle ou CD, il reprend une quinzaine de morceaux, captés à chaque séance d’une tournée française de 40 dates, sélectionnés par Jean-Louis parmi les meilleures prises… juste avant de s’en aller. Réalisé par son complice pianiste de toujours Denis Clavaizolle, « ‘Tour de France » (titre de la tournée choisi par l’auteur du « col de la Croix Morand », fan de cyclisme), est tout simplement somptueux.

On y savoure dans un son haute couture plusieurs œuvres du dernier opus « La vraie vie de Buck John » arrangés façon scène parmi lesquels « Jean Bizarre », « Marylin et Marianne » et quelques autres, ainsi que l’inédit « Hello You » en titre porteur de cet ultime bijou.

Jean-Louis Murat. « Tour de France 2022 ». Scarlett Wagram.

 

- On passe au fidèle Michel Troadec de Ouest france: 

Le concert posthume

Chanson. Jean-Louis Murat nous a quittés le 25 mai 2023, six jours seulement après la fin de la tournée qui accompagnait son dernier album, « La vraie vie de Buck John ». Cet enregistrement lui rend donc hommage, avec une majorité de titres de cet ultime opus. Le chanteur-guitariste y est particulièrement à l’aise, entouré d’une équipe de fidèles et excellents musiciens, les Clavaizolle père et fils (claviers, batterie) et le bassiste Fred Jimenez. Concert intense d’où se détachent « Taormina » (« La mort est dégueulasse », y fredonne-t-il…) tout en progression sur plus de six minutes. Mais aussi la très pop « Chacun sa façon » ou encore la perle inédite « Hello You »… Un disque qui nous rappelle combien le talent de Jean-Louis Murat nous manque, son chant magnétique, ses inspirations, sa vision du monde. On peut compléter l’écoute par la lecture du « Roman de Murat », signé Yann Bergheaud (Albin Michel, 22,90 €), où le regard d’un fils sur son artiste de père. Michel Troadec

 

- Dans le SOIR de Belgique:

Le Soir  - Wallonie
 mercredi 24 juin 2026 164 mots, 

Un live d’outre-tombe

Cela fait déjà trois ans que Jean-Louis Murat est mort et il nous manque. De là où il est, il nous envoie cette carte postale… Oh, c’est peu de choses, un disque live, témoignage de son ultime tournée en 2022, mais c’est aussi beaucoup. Point d’extraits des grands albums ici (Mustango, Dolorès, Le Moujik et sa femme), mais une version hantée de Taormina, une autre pas moins hallucinée de ce blues de l’Auvergne qu’est Le chemin des poneys et le plaisir de retrouver pour un moment furtif cette figure essentielle de la chanson. Paysan et poète, Murat était quelque chose comme un Neil Young à la française, son rock était aussi fiévreux que sa voix était douce et apaisante, ses mots convoquaient les grands espaces, la terre, l’intime et la grande histoire. Ne l’oublions pas. Où que tu sois, salut à toi, l’Auvergnat ! D.Z.

 

- Et un petit mot dans TELEPOCKET:

Télé Pocket - Télé Pocket
Thursday, June 4, 2026 63 mots, p. 90

Jean-Louis Murat

Trois ans après la disparition, le 25 mai 2023, de Jean-Louis Murat, “Tour de France 2022” propose 14 titres captés lors de diverses dates de sa dernière tournée. Sur ce live, le chanteur et guitariste est plus “neilyoungesque” que jamais. Impossible ainsi de résister aux somptueuses relectures du Chemin des poneys et de Taormina , deux chansons plus anciennes. C.V.D.

- Enfin, la chronique d'Hubert:   https://lamouetterouge.blogspot.com/2026/07/murat-live-2022.html

un très court extrait : "Au total une heure  quinze de bonheur. C'est beaucoup trop court! Encore! Merci à ceux qui ont fait ce disque possible. Je pense que c'est le meilleur disque live de Murat. Muragostang traumatise trop les chansons (j'étais au concert c'était fou, d'une puissance sonore inégalée, mais trop loin des chansons pour moi). Le Murat live de 1993 souffre de la comparaison au niveau de la sonorité groupe rock. Les autres enregistrement live (Parfum d'acacia par exemple) sont des expériences certes superbes mais ne rendent pas la notion de concert. Murat était un très grand, ce disque le prouve une fois de plus. Répertoire, jeu de guitare, chant. Et les musiciens sont excellent"

 

L'ARCHIVE EN PLUS

Après avoir eu un échange avec Marie Audigier ce matin, j'ai vaqué à mes occupations, dont regarder au moins une étape de l'édition du Tour de France, le faux, pas celui de 2022, puis retourner à mon grand ménage d'été, au fond de mon grenier, qui n'est pas occupé par une malle à secret... quoique... hier, j'ai retrouvé une belle affiche d'un Koloko... Bon, là, en l'occurrence, je me plongeais dans un carton non ouvert depuis 2005 provenant directement d'Allemagne.  Sur la pile à jeter, je pose directement un livre de 1987 destiné aux étudiants en Français Langue étrangère...

et je me dis, tiens, il y a peut-être un truc sur l'Auvergne... Le sommaire aurait dû me faire faire demi-tour: Est mentionné pour  "la France du Centre":  terre d'exil, puis le Pays... mais je persiste... Et voilà que je tombe sur un article sur Clermont en 1982... Je me délecte car il est abordé le sempiternelle sujet qui a fait l'objet d'un glorieux débat ici : on "traine et on s'ennuie" à Clermont-Ferrand... et sur la deuxième page... oh, mais quoi? what?... Voilà un témoignage d'une jeune vendeuse de la FNAC, habitant SUGERES (et pas Sauxillanges) ... et oui, il s'agit bien de Marie Audigier, qui nous raconte ses rêves de musique, avec sa soeur Agnès!  Et le tout est tiré d'un magazine féminin JACINTE, de novembre 1982. 

C'est peu de choses, mais c'est quand même un peu rigolo, non?

 

A la demande générale, et pour mettre à l'honneur Nathalie de Radio Riom et cette jeunesse clermontoise rencontrée,  je vous mets l'article entier: 

C'est tout pour aujourd'hui.

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #2026 Tour de France 2022

Repost0

Publié le 24 Juillet 2026

Nous apprenons le décès de deux animateurs radios fervents muratiens. Sincères condoléances à leurs proches. 

 

- Simon Pegurier de Vence, l'animateur de l'émission "l'oreille qui gratte". Il était encore présent pour les aventures du groupe "Jean-Louis Murat Expérience" récemment. La presse locale salue unanimement son engagement pour la culture. 

Article sur Grassemat.info, et : 

Vous retrouverez son interview de Jean-Louis Murat en 2003 en fin d'article, et ici son article au moment de la mort du chanteur.

 

 

- Et plus récemment, et tout aussi brutalement, c'est Jean-Michel LEBREUX, journaliste et cofondateur de Crock Radio à Vienne dont on apprend la disparition via un post de Silvain Vanot. Il a très bien connu Jean-Louis Murat, a été dolo, ayant même l'honneur d'avoir un inédit rattaché à son nom, Jean-Louis Murat lui ayant offert "Cavalier seul". Il avait également réalisé un CD compilation "15" où figurait Jean-Louis. Il avait encore salué le mois  dernier le livre de Cédric Barré en parlant de son actif avec Jean-Louis Murat.

 

Le Progrès

Un témoignage d  un ami photographe concernant sa relation avec JLM sur le site vivre-villes

« Il avait été chargé en tant que journaliste d’interviewer le chanteur Jean-Louis Murat à Paris. Il avait d’abord attendu longtemps que le chanteur daigne de le recevoir et l’interview s’était plutôt mal passé. Il était revenu quasiment bredouille », raconte Guy Carlier.

« Ils s’étaient recroisés quelques années plus tard lors d’un concert. Jean-Louis Murat est alors venu vers lui et s’était excusé : ils étaient ensuite devenus très proches. Ils se sont suivis ensuite tout au long de leurs carrières respectives. Jean-Michel a été très affecté lors la disparition de Jean-Louis Murat, en 2023 », conclut Guy Carlier.

 

 

 

Voici son interview au moment de Mustango (je l'ai en petits bouts):

Pour revenir à Simon Pégurier, voici son interview de Jean-Louis Murat de 2003:

 

Depuis près de 15 ans j’admire ce franc tireur de la chanson française, j’avais toujours souhaité le rencontrer, mais l’ours auvergnat est difficile à approcher, il se laisse difficilement apprivoiser. Beaucoup de mes collègues y ont laissé des plumes, rembarré par une humeur maussade associée à un sens de la formule et de la rhétorique imparables. A chaque tournée ou album je revenais à la charge, toujours plus conquis par ce parcours sans fausses notes, où l’intelligence se mêle au verbe et à la culture, le tout porté par des mélodies ensorcelantes jouées de manière impeccable sous des faux airs désinvoltes. Mes efforts ont été largement récompensés avec cet entretien rare de plus d’un heure, partant dans tous les sens, pour toujours retomber sur ses pieds, où le seul mot à retenir est intégrité. Quant a moi  je me sens un peu moins seul pour affronter la médiocrité qui nous assaille quotidiennement. 

As tu plus de liberté avec ta maison de disque ? On peut remarquer que tu sors plus d’albums que par le passé. Tu as maintenant le rythme d’un par an, alors qu’avant tu n’en sortais qu’un tous les deux ans et de plus aujourd’hui  Lilith est un double.Oui oui, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai demandé a être transféré. Avant j’étais chez Virgin, maintenant je suis chez Labels qui est une division très cool de Virgin. Chez Labels je fais ce que je veux, encore que tout est relatif, en gros on ne me fait pas chier Je déteste être aux ordres, obéir. Je suis très bien chez Labels je fais ce que je veux. On me fout la paix.

Tu te vantes régulièrement d’avoir dans tes tiroirs des centaines de chansons je me demande alors pourquoi  Lilith est ton premier double album. Et ou peut on trouver ces multiples chansons ?Je ne passe pas mon temps à enregistrer mais c’est vrai que j’ai plein de titres. Les fans savent bien où les trouver, comme sur le net par exemple. J’ai déjà deux albums totalement terminés, ça me fait deux disques d’avance. J’adore travailler, j’adore chanter, j’adore jouer de la guitare. Quand je suis chez moi, j’écris bien une chanson par jour. C’est mon rythme, ça ne me fatigue pas, bien au contraire. Je suis plutôt fatigué quand je n’écris pas de chansons, comme actuellement pendant les périodes de promotion.

Pour les deux albums d’avance dont tu viens de parler, la formule est elle la même que sur Lilith, un trio basse, guitare, chant ?Non, ce sont des projets marginaux c’est plus original. Je ne te dirais pas ce que c’est, mais c’est original. J’aime bien les projets parallèles comme par exemple Madame Deshoulières. Les deux disques que j’ai d’avance ce sont des projets parallèles.

J’en parlais avec les gars de la maison de disque, moi ce que je souhaiterais c’est passer a deux par ans. Donc il font la gueule au label. J’ai bon espoir d’en faire deux en 2004.

A ce rythme la et notamment avec un double album n’as tu pas peur de décourager le public ?Pourquoi décourager. Ceux qui on envie d’acheter achètent. Non ça ne décourage pas. Les Beatles sortaient un album tous les huit mois, un 45 Tours inédit tous les deux mois, et une tournée mondiale par an. C’était leur cadence. C’était la cadence moyenne des gens dans les années soixante. J’ai entendu récemment Bowie dire la même chose : qu’il voulait faire deux albums par an, que c’est ce qu’il faisait dans les années 60, 70, il ne voyait pas pourquoi maintenant le bisness ne lui en laissait  faire qu’un tous les quatre ans. Moi je pense pareil, je suis tout a fait capable de faire deux albums par an, je ne vois pas pourquoi je ne les ferais pas.

Sur Lilith il y a 23 chansons, ne penses-tu pas que l’album aurait été plus efficace et plus agréable a l’écoute si tu n’avais gardé que  les 10 meilleurs titres ?  Je m’en fous de ça. Ce qui m’intéresse moi c’est de faire, d’enregistrer, d’écrire. Je ne vois pas les choses comme ça. Cet été en juillet, août, par exemple j’ai écrit un album entier donc ce qui m’intéresse maintenant c’est de l’enregistrer. J’ai écrit tous ça sans forcer. Je pense que chacun a son rythme il y des écrivains qui sortent un bouquin tous les dix ans, d’autres un par an, d’autres deux par ans. Simenon par exemple en sortait cinq par an. Chacun son rythme. Je pense pas qu’il y ait un rythme qu’on doive imposer a chacun. Chacun fait suivant sa créativité.

Pour parler du choix des chansons je ne trouve pas, au risque de te fâcher, que les singles soient tes meilleurs morceaux ?   Autant je ne suis pas cool avec tout le reste, avec ma maison de disque je fais exactement ce que je veux. Il n’y a qu’un seul truc où je ne dis rien c’est sur le choix des 45 Tours. Ca m’évite beaucoup beaucoup de problèmes sinon on passe des jours et des jours a discuter. Je décline toute responsabilité, depuis plusieurs albums, je ne dis rien. C’est la seule initiative que je laisse à ma maison de disque, c’est elle qui choisit. Moi je n’aurais pas pris « Le cri du papillon », ils ont trouvé que c’était mieux. Ok allez-y, sortez « Le cri du papillon », je n’en fais pas une affaire, si tu veux.

 http://38.media.tumblr.com/tumblr_ls5003bIBy1qhkgqr.jpg

N’as tu pas peur de plomber l’ambiance d’entrée, en démarrant par la phrase « Le tourment et le désespoir » ?Non penses tu. Il faut bien les secouer. Il y a beaucoup de gens qui pensent ça, je ne trouve pas ça particulièrement rude. J’étais très content de commencer comme ça, autant y aller franchement, plutôt que de chipoter. Non non c’est sympa comme ça. 

Tes chansons traitent principalement des femmes, quelle est ton opinion sur les hommes ?Bonne question on me demande toujours ce que je pense des femmes mais jamais des mecs. Ouais, et bien je ne suis pas très fan des mecs. C’est pas très facile pour les garçons, c’est le bordel quoi. Mais il y a tellement de diversité.On transforme tellement les gens en consommateurs que les mecs il ne doivent pas rigoler tous les jours. Aujourd’hui c’est pas le bon créneau d’être consommateur de sexe ou de tendresse, il vaut mieux être producteur et le désarroi il vient beaucoup de ça. On est habitués à consommer et non à produire. On ne nous apprend pas ce qu’il faut être ou faire pour être heureux, on nous apprend a consommer. Alors aujourd’hui le petit gars il ne sait plus quoi faire ni ou mettre sa bite, dans le voisin, la voisine ou sur l’oreiller. Non vraiment je n’ai pas de tendresse particulière pour les mecs. 

 Il y a une contradiction dans ce que tu viens de dire. Tu sous entends que c’est plus dur aujourd’hui pour les mecs que par le passé et en même temps tu défends les mouvements féministes notamment en donnant comme nom à ton album Lilith. C’est sûrement en partie en raison de l’égalité homme-femme que le macho de base est paumé aujourd’hui.Mais oui tu as tout a fait raison. Mais il faut que les mecs suivent mais il n’y arrivent pas. Il faut se cramponner il faut être meilleur. Il ne faut plus miser que sur sa petite bite. Et c’est vrai que c’est difficile pour les mecs de miser sur autre chose que leurs petite queue a trois balles. C’est pathétique tout ça. Il ne faut pas qu’ils aient peur de se féminiser. L’avenir des mecs c’est de devenir demi PD. Et ça les mec ils ne savent  pas trop, c’est pas facile pour eux. Les nanas deviennent de plus en plus autosuffisantes, il faut donc fabriquer une tonne de tendresse par jour mais ce n’est pas facile.

Tes copains de Rogojine on piqué leur nom au héros milliardaire et meurtrier de « l’idiot », l‘indispensable chef d’œuvre de Dostoïevski. Comme lui j’ai l’impression que tu n’as  aucune illusion sur la nature humaine ?Ah oui ça on peut le dire. Oui je ne me fais aucune illusion. Je ne peux pas dire que je sois enthousiaste sur la nature humaine. Je pense que l’être humain a quelque chose de pourri et de vicié a l’intérieur. Je ne pense pas qu’on s’en sorte. Non vraiment je ne peux pas dire que j’aie une vision rose des choses et de la nature humaine, et particulièrement de mes contemporains, vraiment j’y crois que moyennement.

Ton opinion sur le MAITRE  Dostoïevski ?Moi je suis moins tracassé par la foi que lui. Le dernier truc que j’ai lu, (c’était au mois de juin après avoir terminé l’album) c’était la nouvelle « le sous-sol », qui est vraiment un admirable texte. Glusman fait un rapprochement dans un des ses bouquins entre le terrorisme du 11 Septembre 2001 et la nouvelle « le sous-sol ». J’ai aussi relu « le joueur » qui est phénoménal, il y un an et demi a peu près. Dostoïevski il a un truc qui me fait peur, je ne peux t’en dire plus que ça. Il est complètement timbré, en même temps c’est excitant, mais ça fout les jetons. Il me fait peur.. 

L’album, comme la majeure partie de tes chansons traite de la relation amoureuse. Pourtant je ne sais pas pourquoi, j’ai l’impression que tu ne crois pas vraiment en l‘amour. Penses tu comme moi et Aragon qu’il n’y a pas d’amour heureux ou comme les Mitsouko que les histoires d’amour finissent mal, en général ?Non, non, moi je suis accro a l’amour. J’ai toujours été amoureux j’y crois a fond. Je ne peux pas vivre une journée sans être amoureux. C’est sur que ça fait mal car ça ne dure pas éternellement c’est douloureux. Mais si on n’était  pas amoureux la vie n’aurai pas de sens. 

 C’est grâce au titre de l’album Lilith que j’ai découvert ce personnage de la mythologie. Je ne savais pas du tout qu’Adam avait eu une première femme au fort caractère avant Eve. Peux tu revenir sur ce personnage et sur le choix du nom de l’album ? Ma femme, a le double L dans son nom. C’est comme les Lolitas, Loulou, Lola…  qui sont un peu des femmes diaboliques. Et c’est ce qui m’intéresse. J’ai longtemps été fasciné par le personnage de Lolita. Je trouve complètement  fascinant le personnage de Lilith et aussi le fait qu’on ait  donné une première femme a Adam sur un pied d’égalité et qu’ensuite on se soit aperçu qu’une femme égale de l’homme ce n’était pas possible, c’était obligatoirement diabolique. Donc on est reparti à zéro et avec une côte d’Adam on  en fabrique une toute neuve, elle sera bien vierge, et ce ne sera plus une chieuse. Je trouve que tous les problèmes qu’il y a sur terre son bien résumés dans cette petite anecdote de l’ancien testament. C’est hyper intéressant cette histoire, il y a tout sur l’état de notre monde. (N.D.L.R. : Voir mon explication du mythe a la fin de l’interview.)

On peut lier ça aussi au début de la chanson et au début du langage amoureux, disons au XIIeme XIIIeme siècle. La tradition des troubadours de l’Occitanie se sépare des troubadours andalous sur l’image de la Femme. C’est a dire que la poésie Arabo andalouse prend définitivement comme image mythique de la Femme la vierge et la poésie Occitane prend la femme mariée, mal mariée. On est véritablement le produit de ce choix là. Toute la Poésie arabo musulmane mythifie la vierge et la met au dessus de tous, nous nous sommes issus de la tradition culturelle des troubadours qui met comme image de femme la femme marié. C’est pourquoi le langage amoureux employé, développé n’a rien a voir. Une vierge c’est super chiant, il n’y a rien de plus con que les vierges. Notre culture c’est de baratiner une femme mariée, une femme mal mariée. Cette différence culturelle porte un peu tous les problèmes de l’humanité, elle se fait là a travers la chanson, dans ce clivage entre poésie arabo andalouse et  poésie occitane. Et tout ça s’est produit au XIIIeme siècle. C’est très très intéressant, parce que du coup nos imaginaires et nos inconscients sont façonnés par ça. On voit une nette opposition entre les gens pour qui la femme absolue c’est la vierge et les gens pour qui la femme absolue c’est la femme mariée ou mal mariée, en tous cas une nana qui n’est plus vierge. En avion tu passes d’un pays musulman, a Manathan ou tu passes a Paris d’un seul coup, rien qu’en regardant les publicités ou en te baladant dans la rue tu vois qu’il y a deux types de femme. Il y a des Eve et des Lilith. Les mecs comme moi ou comme toi je suppose on est pour les Lilith à fond. 

A l’instant tu viens de parler de poésie et de musique. Actuellement la poésie est en train lentement de mourir. Penses tu que c’est dû a la chanson qui petit à petit la remplace ?Je pense que la charge poétique des choses, des êtres, des situations, des couleurs ou de je ne sait quoi a changé. Tu vois entre le cinéma, la photo, la peinture, le théâtre, il y a plein d’expressions poétiques nouvelles depuis un sicle, un siècle et demi. Il y a beaucoup d’expressions artistiques qui portent la charge poétique de ce qui nous entoure et qui l’expriment et évidemment il y a la chanson et sa diffusion industrielle, alors maintenant pour trouver de la poésie pure, des ouvrages de poésie c’est carrément impossible. Bien qu’ici j’ai un ouvrage de poésies, d’un poète niçois comme toi justement un mec qui s’appelle Daniel Biga dont le titre est « Le poète ne cotise pas  à la sécurité sociale » aux éditions du Castor astral. Il parle notamment d’un autre niçois dedans. Ca se passe pas mal a Nice, souvent il parle de Nice et des ses environs, c’est pas mal du tout. Il a déjà sorti une trentaine d’ouvrages de poésie c’est vraiment bien.

http://31.media.tumblr.com/tumblr_ls505myAUJ1qhkgqr.jpg

Le titre sonne libertaire, Léo Férré.Il y a un peu de ça, mais le meilleur du livre ce n’est pas son titre. Remarque les gens s’en souviennent. 

 Tu passes pour un rebelle mais tu n’es pas politisé pourquoi ?Non. Je suis plutôt contre tous les craignos de la politique a trois balles. Je suis dans l’autre sens. Je pense que les Besancenot, Jose Bové, Mamère, Jack Lang c’est de la merde, c’est tous des connards. Je peux pas saquer tous ça. Je pense que tous ceux qui nous défendraient, seraient de notre coté sont plutôt nos pires ennemis. Je ne dis rien, je me permets simplement de dire de temps en temps que Jack Lang c’est un trou du cul, et José Bové un connard. C’est tout, je m’en fous complètement. Je trouve que la vie politique française est vraiment minable, je ne peux pas m’identifier a qui que se soit. Je les trouve ringards, des show bizzé a trois balles. C’est surtout ça qui m’énerve. 

Oui Mais devant ce constat tu n'as pas envie de t'engager d'agir ? Non je m’en fous. Je ne vois pas ce qu’on peut faire dans notre vie a part constater les dégâts, constater le désastre ou nous retirer sur les hauteurs pour voir passer le bordel. Je ne pense pas du tout qu’on puisse intervenir, je pense que le seul domaine dans lequel  on peut être efficace c’est dans la sphère privée. On doit donc se comporter comme on juge qu’il est le mieux de le faire, et puis artistiquement de faire des disques dans lesquels on est intrégres. Le reste non, tu ne  me verras pas m’engager en quoi que ce soit en politique, je n’y crois pas du tout. Hélas je ne pense pas que la politique puisse changer les choses, et on est de plus en plus nombreux a le penser. On les regarde comme si on regardait un Boys Band, c’est nul.

Pour illustrer ça j’ai retenu une phrase de toi que je trouve très belle qui est : La vérité est au fond des impasses.   Oui je me souviens pas avoir dit ça. Mais malheureusement cette phrase est tout a fait exacte. Hélas.  

 Tu as mis longtemps avant de te lancer sur scène, alors qu’aujourd’hui tu es  sur les routes, regrettes tu ce retard à l’allumage ?Non, je suis lent pour tout, j’ai la cadence des paysans. Il me faut du temps pour me faire au choses. Au début de ma carrière je n’avais pas les munitions pour monter sur scène, il a fallu attendre que je me fasse un répertoire.

 La derniere fois que je t'ai vu en concert, (Le 04 Mars 2000 à Cannes) lors de la tournée Mustango, j'avais été dérouté et honnêtement déçu car tu avais changé la formule, tu avais mis beaucoup de machines et cela sonnait variété. Cherche tu as tout prix a differencier les albums de la scène ? Des fois oui, des fois non. Pour la tournée Lilith ce sera proche de l’album on sera en trio, comme pour les conditions d’enregistrement. Pour la tournée Mustango on avait choisi de s’éclater un max avec des machines. Mais j’aime bien les expériences même si ça déconcerte un peu. Sur la durée c’est profitable d’essayer plein de choses d’avoir de la diversité.

Tu parles de son, je trouve justement que celui de Lilith ton dernier album est plus brut plus direct, je me demandais si tu l’avais cherché, pour mieux ensuite le reproduire sur scène ?Oui oui tu as raison. Je m’étais éloigné avec Mustango et là, je voulais faire plus proche. Je ferai quand même quelques versions un peu space. Mais pour la première fois je vais coller très très près du disque.

Mais malheureusement vous ne pourrez pas voir ça, j’ai beau avoir trente dates dans ma tournée, aucune ne passe près de chez vous dans les Alpes maritimes ou le Var.

Toujours pour rester dans le son, je trouve que les titres « Les jours de Jaguar » et « Lilith » sonnent plus noisy qu’à l’accoutumé. D’un autre coté « Se mettre aux anges » est plus classique. T’es tu appliqué à changer de style ? et envisages tu d’aller plus loin notamment dans de futurs albums Le style vient avec l’écriture des chansons. Lilith et Les jours du jaguar se prêtaient a ça car ça dépote mais je n’ai pas de schéma pré- établi, c’est le hasard qui me dicte. Si l’album est un peu plus rock cela vient aussi certainement du batteur Stéphane Reynaud. Pour être honnête il faut aussi dire que j’aime de plus et plus jouer de la gratte, je m’éclate vraiment a la guitare.

Tu es assez sévère avec la chanson francaise. Pourtant je trouve que Lilith sonne très chanson française n’y a t’il pas là un paradoxe ? A oui ça tu peux le dire, je suis très difficile avec les artistes français. (rire). Quand je dis du mal de la chanson française je ne me mets pas dedans. Avec l’égo que j’ai, tu comprends bien que je ne vais pas me mettre dans le troupeau, non non moi je suis hors troupeau. Je dis que le troupeau … Quant a nous ce n’est pas parce qu’on va jouer comme ça que… Je m’en fous de la chanson française, je réponds ça seulement quand on me pose la question. Je sais même pas car je n’écoute pas, je ne sais même pas ce qui se passe.

En t’écoutant je vois que tu fais beaucoup beaucoup de musique, as tu le temps de faire autre chose dans ta vie,  je pense notamment à la peinture ?     J’habite à la campagne et je ne dors que cinq à six heures par nuit. Je me couche a minuit je me lève a six heures, six heures et demie, ça me fait de longues journées, j’ai le temps de faire des chansons, de faire de la musique, d’écrire, de peindre, de dessiner, de faire de la photo, d’aller courir, d’aller faire du vélo, de marcher dans la montagne. C’est mon quotidien. J’ai une vie de privilégié, j’en profite.

http://33.media.tumblr.com/tumblr_ls50poXPWi1qhkgqr.jpg

Pour rester dans tes creations je suppose que la pochette de Lilith est une des tes oeuvres ? C’est moi qui ai fait toutes les photos. Autant pour la presse, les affiches, le disque. Je me suis occupé de tout. Et en plus je sors un bouquin dans les jours a venir avec 100 autoportraits peints, ça s’appelle « Le dragon a 100 visages ». J’ai fait beaucoup d’autoportraits et je me suis servi de tout cela pour toute la promo. Comme ça je n’ai eu aucune photo à faire.

  •  

Peux-tu un peu plus parler de ce boucquins ? Je vais le vendre après les concerts. C’est moi qui le sors. Tirage limité numéroté a 1000 exemplaires.

Avec un bouquin ou l’on retrouve 100 autoportraits de toi tu n’as pas peur de te faire traiter de narcissique et d’égocentrique ?J’ai dépassé ce stade, ça ne me fait même pas peur. Moi le premier je sais que j’ai un égo sur dimensionné mais sinon je ne ferais pas ce métier. Au tirage au sort de la nature j’ai eu le trucs égo surdimensionné, je fais avec. C’est un métier de taré, tu as bien du t’en rendre compte avec toutes les interviews que tu fais. Il y en a beaucoup qui sont dans un état limite de la maladie mentale. Je ne vois pas pourquoi j’échapperais a la règle. Je n’en fais pas un genre, mais je sais bien que pour faire 150 autoportraits dans un mois il faut être un peu flippé. Même moi je me rends compte de l’étrangeté du phénomène. Mais bon je fais avec.  

Où en sont tes copains de Clermont Rogojine dont on avait remarqué le titre aquaplaning ?Ils vont faire une dizaine de mes premières parties. Ils sortent un disque dans les jours qui viennent. C’est diffusé par Pop Lane. Ils continuent leur petit bonhomme de chemin et moi j’essaye de les aider dans la mesure du possible.

J’ai rencontré il y a peu Yann Seul un artiste Clermontois lui aussi signé chez Pop Lane qui produit de la pop a La Elliot Smith avec des Textes francais doux amers. Il m’expliquait qu’en Auvergne il y avait deux clans : les pros et les anti-Murat. Et que pour les premiers tu avais un rôle de mécène. J’ai deux trois potes que j’aide, mais tu peux pas donner un coup de main a tout le monde. Pour Rogojine ça fait longtemps que je les connais, par exemple on a fait les Rancheros ensemble. Je suppose qu’il y a d’autres groupes. Mais il m’est difficile de combiner l’affaire pour eux. Je ne peux pas non plus aider tout le monde. J’ai personnellement une petite préférence pour Rogojine. Si chaque artiste essayait d’aider vraiment sérieusement un ou deux groupes ça irait mieux pour pas mal de gens, mais moi je ne peux pas faire plus.  

Tu viens parler des Rancheros, où en est le groupe ? (NDLR : groupe formé autour de Murat qui  interprète des chansons paillardes : l’album sorti en 2000 est uniquement disponible sur le net)Un deuxième disque est prévu, on devrait le faire pendant l’Euro de foot au mois de Juin. On enregistre uniquement pendant les compétitions de foot. On regarde les matchs et après ou avant on enregistre. Après Golden Couillase on a prévu Silver Connase. On a déjà pas mal de chansons. Enfin on le fera seulement si on en a envie ça prend deux trois jours c’est super vite fait.

Tu as une image super Intello, seuls les média sérieux (Le monde, Liberation, Magic, Les Inrockuptibles) te soutiennent, tu n’as pas peur de casser ton image avec les Rancheros ?Je suis double comme garçon. Je suis un petit péquenot qui essaye de se cultiver. Je peux passer d’un phase a l’autre sans problème. Je me sens bien de jouer sur deux tableaux. Ca me fait des vacances de passer du sérieux a la franche déconnade. J’aime bien être sur les deux. Je m’en fous de mon image. L’image de déconneur me plait aussi, l’image de délirant c’est moi aussi.

Quel est ton rapport aux interviews ?Avec toi c’est bien, c’est rigolo. On passe d’un truc a l’autre, ça n’est pas trop formel. Mais des fois c’est vraiment chiant, quand tu fais des interviews avec des mecs qui ne connaissent rien a ce que tu fais, qui ne te demandent que des trucs généraux.Dans l’interview il y a deux temps, le temps de l’interview et celui ou tu relis, il a la sensation de ce que tu dis dans l’entretien et la manière dont c’est retranscrit, c’est ce décalage qui est énervant. Des fois tu passes une heure super avec un mec et à la fin tu as un papier à la con. Donc des fois c’est bien et des fois c’est décevant. Maintenant je ne le fais plus trop, mais il m’arrive de rappeler le redac Chef pour savoir « C’est quoi ce bordel ? ». J’ai toujours mauvais caractère, si ça va pas ou si ça me fait chier je le fais savoir, je gueule.

En raison du mauvais caractère dont tu viens de parler, tes passages télé ont souvent été très mouvementés. N’as tu pas peur en représailles d’être boycotté ?  Ce n’est pas le cas c’est moi qui les boycotte. Cet après midi encore j’étais avec le mecs du label en charge des Télés, et il en a marre, j’ai eu 40 propositions et pour le moment  j’en ai fait deux. Toutes les merdes comme Ardison, Fogiel, Durand… J’ai vraiment pas envie de les faire, c’est que des conneries, c’est moi qui dit non.Ces émissions ne me font pas vendre un disque, ce qu’on nous demande de faire est tellement éloigné de notre job. T’arrive sur le plateau, le mec te dit « Alors vous avez dit : José Bové c’est un trou du cul » Alors qu’est ce que tu veux que je me fasse chier a monter de chez moi pour aller dans une télé ou  le mec est incapable de parler de musique. Du coup ça fait discussion Café Du Commerce. On se croirait aux grosses têtes de Bouvard. Toutes les émissions aujourd’hui, c’est comme ça. Bon alors moi quand j’allais faire ce genre de trucs, il arrive un moment ou tu te dis, mais allez quoi , il faut arrêter ces conneries, vous êtes tous tarés ici. Les gens se disent : si ça ne lui plait pas la télé il n’a qu’a pas en faire. Tu te retrouves donc vite dans une situation ambiguë. Si tu y vas, tu joues le jeu, ou si tu ne veux pas jouer le jeu, si tu n’aimes pas la télé tu n’y vas pas. Moi je suis dans une phase où je ne veux pas faire de télé. Mais par contre ils insistent beaucoup pour que j’en fasse. Je suis un bon client.   

La légende veut que ce soit toi qui aies fait démissionner Linda Hardy ex co-animatrice auprès d'Ardisson est ce vrai ? Oui oui c’est vrai elle en a eu marre elle a laissé tomber. (rire). La pauvre Fille. Ouais Ouais…

http://38.media.tumblr.com/tumblr_ls50w13MrU1qhkgqr.jpg

 J’ai l’immense privilège de t’interviewer une heure avant la référence absolue Bernard Lenoir de France Inter. Ce dernier t’a toujours défendu. Quels sont les autres journalistes et médias qui t’ont toujours aidé ?Oui lui c’est un fidèle c’est sur. Il y a Libé qui est la depuis le début, Le Monde, Magic. Les Inrockuptibles au début mais c’est vraiment devenu un torche cul infect, je ne peux plus les saquer, ni les lire, je suis en guerre avec eux. C’est vraiment trop nul je ne veux même plus faire d’interview pour eux.  Je dois en oublier, et bien sur Le noir qui a toujours été présent.J’aime bien quelques personnes mais tu sais je les compte sur les doigts de la main.

C’est bien ce que je te disais tout à l’heure tout ça c’est des médias Intello.  Mais oui mais que veux tu que j’y fasse. Punaise. Mais tu sais en France tu as France Inter ou NRJ. Il n’y a pas 50 000 Choses. Mais ce n’est pas moi qui les choisis, c’est eux.

J’en parlais avec Houellebecq qui lui me disais qu’il visait et qu’il aimait la presse féminine, car c’est la qu’il touchait le plus de monde. Il ajoutait aussi qu’il comprenait beaucoup mieux la psychologie humaine et la marche du monde dans Elle que dans le monde ?A ben ouais moi aussi. Par exemple ce matin j’ai fait 20 ans. Je fais Elle, Marie Claire, tous ça… J’adore. Le seul vrai magazine que je lis vraiment toutes les semaines c’est Elle. Moi aussi je suis très très presse féminine. Je puise plein d’information dedans. Je lis ça en douce. La presse Féminine c’est ce qu’il y a de plus Fun je trouve. C’est bizarre. (rire). Souvent je découpe des trucs, je fais des collages, des machins. Tu as l’impression d’espionner. Tu as des nanas qui se racontent des trucs « Ouais moi j’ai un amant, je fais ça, je fais çi… » On a vraiment l’impression d’écouter sous la porte. Les magazines pour les plus jeunes des fois ça craint un peu c’est du style : « comment lui tailler une pipe ? » « Taillez lui une pipe ça lui fera plaisir ». Ca craint vraiment. Les magazines plus jeunes c’est pas top mais Elle c’est vraiment bien.

J’écoute ce que tu fais depuis Cheyenne Autumn en 1989. Mon amour pour ta musique a souvent été sujet de railleries de la part d’amis , il est vrai aux goûts rances qui écoutent Joe Coker, Lavillier ou Telephone (groupes à la crédibilité rock). J’explique cela par ton duo « Regrets » avec Mylene Farmer en 1991 qui t’aurait fait d’après moi plus de tord que de bien au niveau de ton image. Qu’en penses tu ? et as tu une autre explication ?Ah oui ça arrive souvent, que mon nom soit sujet a raillerie.Oui je pense comme toi que le duo avec Mylene Farmer a mis un coup à ma crédibilité aux yeux de beaucoup, ça m’a fait une image variateur. Oui oui je le pense. Ce duo c’est bien un des trucs que je regrette le moins dans tout ce que j’ai fait. Ce duo était vraiment délibéré de sa part pour me donner un coup de main, de me faire basculer ailleurs. Après ce duo j’étais beaucoup plus installé, j’ai signé tout de suite après un contrat avec ma maison de disque. Non non c’est un coup de pouce vachement bien. Je suis très content de l’avoir fait, et j’ai toujours gardé beaucoup de tendresse pour Myléne. Je trouve ça extra de décider de donner un coup de main a quelqu’un. C’est vraiment pas mal, il n’y a pas beaucoup de gens qui le font. C’est assez incroyable un truc pareil, c’est dingue qu’elle ait décidé ça. Elle est maligne Mylène elle est dix fois plus maligne qu’un mec comme moi.

Te sens tu accepté par le milieu rock ? Pas vraiment, mais ça ne me dérange pas. Tu sais les églises…  Le public est large, je vois bien que dans mes concerts il y a des gens qui ont des disques de Patrick Bruel, ils adorent Etienne Daho. J’ai des gens qui écoutent de tout, des gens de tous ages. A force tu prends de la maturité tu te rends compte que le public est beaucoup plus diversifié qu’on le pense, et qu’on est dans un métier tellement petit que ce n’est pas la peine de s’enfermer dans une chapelle, sinon ce n’est pas trop viable. Moi ça ne me dérange pas de taper dans tous les genres. Je sais qu’il y a  des fans d’Anne Silvestre qui m’écoutent mais aussi des fans de Nirvana, de Dylan, et il y aussi des fans d’Hugues Aufray, ça fait un drôle de mélange tout ça. On est condamnés nous les artistes français, à ne pas trop s’enfermer dans un genre parce que le vivier est trop réduit pour certain type de musique. Si tu t’enfermes dans une imagerie rock t’es cuit après. J’essaye de rester dans des entres deux. De ne pas avoir vraiment d’étiquette ça ne me déplait pas.

Tu viens de parler de Daho. Hors il t’arrive souvent de le casser dans tes interviews. Je n’ai jamais compris ça. Pour moi Daho est un des rares artistes qui marche bien qui ait un véritable intérêt artistique ?Non j’explique souvent cela en interview, mais les journalistes ne doivent pas trop reprendre l’explication. C’est une vielle blague en fait. Avant j’étais dans la maison mere de Virgin, comme Daho. Donc j’étais coincé entre Renaud, Julien Clerc, Etienne Daho et tous ça. Et durant mais deux ou  trois premières années chez Virgin j’ai vécu l’enfer, parce que la phrase que j’ai entendue le plus souvent c’était : « Etienne le fait bien ». Par exemple on me disait : on pourrait faire une bouffe avec la programmation d’NRJ, je disais vous êtes surs, ça me fait vraiment chier, et on me répondait mais enfin « Etienne le fait bien ». On me disait : on pourrait aller voir le mec de la chance aux chansons, « Etienne le fait bien ». A la fin j’en avait marre je disais Etienne je l’emmerde, il voulait toujours me faire faire ce que Etienne avait fait. Alors petit a petit dans les interviews j’ai commencé a dire Etienne Daho, il me fait chier, parce qu’il dit amen a des truc que je ne ferais jamais. Après on voudrait que je les fasse en me disant : « Pourquoi tu crois que tu es mieux qu’Etienne Daho ? Tu peux bien faire les trucs que fait Etienne. Etienne le fait bien »  Et petit a petit ça s’est développé au fil des interviews je disais je ne suis pas Etienne Daho, quel con ce Daho, tous ça avec l’air de péquenot que je sais parfois faire admirablement bien. Petit a petit j’ai rajouté des couches sur Daho, et une couche, deux couches, quinze couches, vingt couches, vingt cinq couches. Je ne sais même plus qui est Etienne Daho. C’était devenu une blague, je dis Etienne Daho. A cause de cette phrase « Etienne le fait bien ». Bizarrement tant pour lui que pour sa musique j’ai rien contre. Imagine que tu es dans une boite : on veut te faire faire des trucs, et la seule justification qu’on te donne c’est un tel la bien fait. Et lui Daho il faisait des trucs pas possibles, il pouvait tenir les bollocks d’un type d’NRJ pendant trois heures durant, sans broncher, moi je ne pouvais pas le faire. Alors « Etienne le fait bien ». Voilà c’est pour ça. Mais sinon je n’ai vraiment rien contre lui, vraiment rien du tout.Chez Virgin, ils ne savaient pas où me foutre, entre Daho et Julien Clerc. Ils orientaient ma carrière comme ils pouvaient. Ils voulaient que j’écrive un album pour Julien Clerc, et que je fasse les trucs que faisait Etienne Daho, c’était leurs deux seules références. C’est pour ça que j’en pouvais plus, que j’ai voulu partir, la vie était infernale pour moi. « Etienne le fait bien », c’est une phrase qui me réveillait la nuit. Je me réveille droit sur le lit, ma copine me demande ce qui se passe, je lui répond « Etienne le fait bien ». Donc tu vois a quel point ça m’a traumatisé.

Sur l’album il y a une chanson « Gel et Rosée » à la mémoire de Dominique Laboubée ex-chanteur des Dogs aujourd’hui décédé. Pourquoi cette dédicace?        Super bon mec. Il était vraiment sansas. C’est une perte. Pour moi quand j’ai commencé en musique, et dans des groupes a la fin des années 70, dans les années 80, ça a toujours été une référence. J’ai eu l’occasion de travailler sur une de ses chansons. Je connaissais bien sa nana. Enfin bref…    Quand on voit comment ça s’est terminé pour lui, on voit bien qu’on est dans un pays de trou du cul. Dominique Laboubée si ça avait été un anglais ou un américain ça aurait été une super stars, une mega stars. Ca fait réfléchir.Cette dédicace ça me remet d’ou je viens, des gens qui m’ont influencé. C’est naturel, c’est bon de témoigner ça. Je sais que ça a touché des gens proches, sa famille. Si ça peut leur donner l’illusion que leur enfant, leur ami, n’est pas passé sur terre pour rien, qu’à un moment précis quelques personnes peuvent continuer a penser a lui. Ca mange pas de pain.

Quand tu dis « d’où je viens» tu viens de quelque chose de plus violant que la chanson que tu fais aujourd’hui ?Et ben oui, c’est sur. J’ai commencé a faire de la musique en groupe en 77, tu imagines bien les groupes que c’était. Je me suis retrouvé avec une étiquette chanson française un peu par hasard.  Ca n’a jamais été spécialement mon truc.

Toi qui passes pour le rebelle de la chanson française, que penses tu du système anti copie des CD ? Et n’es tu pas gêné qu’il soit apposé sur le tien ?Je tiens à ce système, ça ne me gêne pas du tout. La musique sur le net en elle même ne me dérange pas, c’est simplement, que je sais que chez E.M.I. ou même chez Labels ils préparent une charrette de licenciements, ils vont virer les trois quarts des artistes et la moitié du personnel. L’argument qui est donné c’est qu’ils ne font plus de bénéfice car les gens piquent les disques. Donc moi je vois les conséquences directes des types qui ont des disques sans payer : des petit mecs et des nanas vont peut être aller se pendre, parce qu’ils ont fait un disque ou deux et que maintenant on leur rend leur contrat. Et comme c’est la crise partout il n’ont aucune chance d’être signés. Pour avoir longtemps vécu dans cette situation là, je n’hésite pas a critiquer la piraterie sur internet. C’est tous les artistes qui ne vendent pas beaucoup qui en prennent plein la gueule. C’est les premiers virés, les petits labels qui sont obligés de mettre la clé sous la porte. Ca fait ce genre de dégâts, donc par solidarité pour les quinze artistes Virgin qui vont être virés dans les mois qui viennent, et pour la moitié des gens avec qui je travaille toute l’année qui vont être virés, se retrouver au chômage, et qui vont vraiment beaucoup galérer, avec leurs gamins, leur  nana, pas de pognon machin. Non sur les deux plateaux de la balance il y a ça. Il y a le mec qui se dit c’est fun je vais aller télécharger trois albums, et de l’autre coté des familles, des couples, des gens, des destins, des vies qui s’amorcent, des gens assez jeunes et qui du coup démarrent dans la difficulté. 

Pour moi le vrai problème n’est pas là. Je sais que c’est un  peu simpliste mais baisser le prix des CD me semble une bonne idée. De plus tu défends un système pourri a la base, on parlait tout a l’heure de tes copains de Rogojine qui sont au bord de la route alors que c’est Obispo et Star Academy qui occupent le haut de l’affiche. Je me demande comment on peut défendre un tel système ?   Je suis bien de ton avis, mais la situation est tellement embrouillée que c’est difficile de savoir. Donc j’essaye de voir les choses d’une façon très simple. Ca crée du chômage, ça amène a ce qu’on rende leurs contrats aux meilleurs d’entre nous, même Sylvain Vanot risque de se retrouver au chômage. Personnellement, je ne pense pas qu’il me rende mon contrat encore qu’on sait jamais. Je pense que d’un seul coup la diversité de la vie musicale va en prendre plein la quille. Même vous les journalistes a l’autre bout de la chaîne, vous allez vous retrouver de plus en plus avec des produits industriels, à la chaîne et des trucs a la con et des disques pour NRJ. Dans dix ans on verra une sorte de creux terrible dans lequel va s’engouffrer, toute une génération d’auteurs compositeurs interprètes. Quand on fera le point historiquement ça sera une génération perdue, une génération qui n’aura pas eu droit au chapitre a cause du net et des mecs qui tirent des trucs sur le net. Voilà c’est tout. Je maintiens, je reste sur cette position très très simple que je leur pisse au cul à ces connard qui tirent des chansons sur le net. C’est tout, je n’ai rien d’autre à dire.L’ambiance chez Labels ça craint, il vont déménager au mois de Décembre, et donc il vont en profiter pour faire une putain de charretée. Donc il font un audit, je crois qu’ils ne vont garder que trois ou quatre artistes, tout le monde va virer. Je les connais je sais déjà dans quelle merde il sont financièrement, et comment il vivent, avec trois bouts de ficelle, je ne sais pas du tout ce qu’ils vont devenir . Ca me fend le cœur, merde.Quand a baisser le prix des disques c’est trop simple en attendant il y a des gens qui vont remplir leurs discothèque et de l’autre côté ça crée du chômage. Et je le répète pour toi journaliste, et c’est ça le plus terrifiant, on va couper le sifflet à une génération. Et il ne diront rien sur rien, et je trouve ça terrible.

 Sinon pour un mec chauvin comme moi, je trouve rassurant qu’un mec comme toi ait pris pour nom de scène le nom de son village natal.Oui mais comme le dit Antoine De Caune heureusement que je ne suis pas né a la Queue en rebie ça la foutrait mal. Il vaut mieux être né a Murat.

 Propos recueillis par Simon Pégurier 

  NDLR : Pour être tout a fait exacte l’histoire de Adam et Lilith est  extraite de la mythologie kabbalistique une branche ésotérique du judaïsme. La légende raconte que Adam et Lilith sont nés ensemble de la boue dos a dos. Lilith ne voulant se soumettre a Adam, notamment lors de l’acte sexuel a fuit le jardin d’eden. Adam a alors pleuré  Dieu. Ce dernier a envoyé trois anges retrouver Lilith et lui faire du chantage lui demandant de revenir et de se soumettre a Adam sinon elle enfanterai de nombreux enfants qui seront tous des Démons et 100 de ses fils mourraient chaque jour. Lilith refusa de revenir elle fut donc bannie, et la sentence exaucée. Dieu créa  alors Eve a partir de la cote d’Adam afin d’être sûr qu’elle lui soit soumise. Ensuite Lilith pour se venger se serait réincarnée en serpent tentateur.

 Eve représente donc la femme soumise qui accepte les valeurs familiales, Lilith elle est l’inverse, elle passe pour la sallope, une dépravée car elle ne soumet pas a l’homme. Cette mythologie est passionnante car je trouve qu’ elle résume bien l’état de notre monde.

 Par contre pour rectifier Murat l’ancien testament ne fait pas mention de Lilith il dit simplement que Dieu a crée Eve pour servir Adam, ce qui est déjà bien assez affligeant vous le reconnaîtrait  sans doute… 

Interview Réalisé le mardi 23 septembre 2003 entre 18 H et 19 H.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

Repost0

Publié le 19 Juillet 2026

bonjour, 
 
 
1) Nous vous l'annoncions en exclusivité en avril en parlant du lien fort entre Jean-Louis Murat et la ville de St-Malo, l'exposition PHOTORAMA de Frank Loriou est désormais ouverte dans la cité malouine!
 
𝗧𝗼𝘂𝗿 𝗕𝗶𝗱𝗼𝘂𝗮𝗻𝗲 – 𝗜𝗻𝘁𝗿𝗮-𝗠𝘂𝗿𝗼𝘀
📅 𝗗𝘂 𝟭𝟴 𝗷𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘁 𝗮𝘂 𝟭𝟲 𝗮𝗼𝘂̂𝘁 𝟮𝟬𝟮𝟲
🕙 𝗗𝗲 𝟭𝟬 𝗵 𝗮̀ 𝟭𝟮 𝗵 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝟭𝟰 𝗵 𝗮̀ 𝟭𝟴 𝗵
🎟️ 𝗘𝗻𝘁𝗿𝗲́𝗲 𝗹𝗶𝗯𝗿𝗲 𝗲𝘁 𝗴𝗿𝗮𝘁𝘂𝗶𝘁𝗲
 
Un grand Merci à Frank pour les photos, qui nous permet de découvrir l'ambiance de l'exposition et ses trois étages. Ne manque que la playlist préparée par Denis c. qui se trouve en fond sonore (73 titres!!). On espère que beaucoup de curieux vont franchir la porte, même si c est pour se protéger de la canicule, de la pluie ou des mouettes chapardeuses... 
Frank Loriou (et JP) on tour: St-Malo en photos, et autres dates, des liens et mon retour d'Avignon
Frank Loriou (et JP) on tour: St-Malo en photos, et autres dates, des liens et mon retour d'AvignonFrank Loriou (et JP) on tour: St-Malo en photos, et autres dates, des liens et mon retour d'AvignonFrank Loriou (et JP) on tour: St-Malo en photos, et autres dates, des liens et mon retour d'Avignon

Photo de Ouest France pour un article  paru hier ICI (abonnés):

[NB: prudence avec les citations de Frank qui sont mal rapportées]

 

Salle du haut ci dessus, salle du bas tout en dessous, et la salle intermédiaire là voilà :

2)  On retrouvera FRANK LORIOU du côté de St-Quentin (02), à l'invitation de Cédric Barré le 6/10.

"La Manufacture de Saint-Quentin a eu la chance d'accueillir sur sa scène en 2019 l’artiste Jean-Louis Murat. Un beau souvenir que nous souhaitons faire revivre à travers le regard de Frank Loriou. Au cœur d'une exposition de photographies tirées de son livre Photorama, Frank Loriou évoque avec humour et sensibilité les chemins de la création au plus près de cet artiste singulier. Il partage avec le public ses souvenirs, ses anecdotes, et l'histoire de ces images presque animées, nées de sa complicité avec le chanteur auvergnat. Pour l’accompagner dans cette évocation, JP Nataf (chanteur des Innocents et grand admirateur de l’œuvre) se joint à lui à la guitare pour revisiter quelques chansons et faire résonner, en musique, toute la poésie de Murat. Ce triple événement rare ; entre photographie, récits et musique ; se prolongera par une rencontre-dédicace autour d’un verre. Une expérience à vivre sur plusieurs rendez-vous : À la Manufacture : - Du 6 au 9 octobre 2026 : Exposition “Photorama” de Frank Loriou, visite sur rendez-vous. Une plongée émouvante, drôle et tendre, dans l’intimité et le processus créatif de cet artiste d’exception, avec qui Frank Loriou a entretenu durant vingt ans une relation privilégiée et avec qui il a réalisé 9 pochettes d’albums. Un récit émouvant, de nombreuses anecdotes qui lèvent un coin du voile sur cet artiste des plus mystérieux qui n’avait jamais été raconté ainsi. À la Médiathèque : - Du 19 septembre au 01 octobre 2026 : Lancement exposition “Photorama” de Frank Loriou. - 19 septembre 2026 à 15h00 : Concert tribute Jean Louis Murat par le groupe Mustang. Échange avec les musiciens en compagnie de Yann Bergheaud, fils de Murat et auteur de “Le Roman de Murat”. -26 septembre 2026 : Entretien et dédicace avec Cédric Barré, auteur de “Murat de A à Z “ et “Jean-Louis Murat : Le Moujik et sa femme”, en compagnie de Frank Loriou.

 

- article "Site jds

Hommage à Jean Louis Murat
 Retrouvez toutes les informations pratiques sur la page de La Manufacture, salle de concert à Saint-Quentin.

- L'Aisne Nouvelle l'évoque aussi (accès abonnés)

Dans la même ville, Mustang jouera le samedi 19/09 dans la bibliothèque Guy de Maupassant à 15h.

 

 

Encore plus tard, le 19/03/2027, nous retrouverons Frank et JP Nataf, en Ardèche, à Vernoux En Vivarais, à 15h grâce au Théâtre de Privas. Une participation est demandée.  infos  mais on me souffle que ça ne sera pas le seul rendez-vous ardéchois! On en reparle à la rentrée!

 

LES LIENS EN PLUS 

 

1) Petit hommage honnête sur une radio du net spécialisée dans le français même si ce n'est pas bouleversifiant  : 

https://www.maxifrance.radio/episode-podcast/hommage-a-jean-louis-murat/

2) Et un des marronniers juillettistes : les chansons qui parlent du tour de France : https://www.lejdc.fr/paris-75000/sports/des-chansons-a-ecouter-en-attendant-le-tour-de-france-dans-la-nievre_15009975/

3) Bon anniversaire à William Sheller, à l'occasion de ses 80 ans, quelques articles et séquences radios qui nous ont permis de voir citer le nom de Jean-Louis Murat, pour l'aide qu'il lui a apporté à ses débuts. lavenir.net

4) Une chronique belge pas mal faite, même si on peut discuter de certains points dont la façon de prononcer Bergheaud, a été rediffusée (j'en parlais déjà en août 2025), si comme moi, vous l'aviez oubliée, vous pouvez la réécouter:

https://auvio.rtbf.be/media/les-sequences-de-matin-premiere-sur-une-bande-magnetique-un-peu-folle-3490246  Olivier Monssens a interviewé JLM dans AL DENTE à revoir là

 

DU COTE D'AVIGNON

J'ai bravé la canicule pour passer quelques jours en AVIGNON avec l'envie de soutenir des bons camarades participants AURA aime MURAT

- Alain KLINGLER jouer son DEFLAGRATION RIMBAUD, à 12h45 au Verbe fou. 

Murat y est cité dans les admirateurs de Rimbaud (un titre des inrocks était : "j'aime autant Rimbaud que Robert Johnson"), et Alain m'a glissé qu'il aurait aimé y faire figurer "les jours du jaguar" qui est selon lui un titre rimbaldien (ainsi que "j'ai fréquenté la beauté").   Ce récit plutôt biographique est ponctué de chansons tirées de poèmes ou inspirés par Arthur. On peut ainsi entendre Sapho dont Dejacques a été aussi le directeur artistique (il a signé Murat chez Pathé), Ferré, ou HFT (lui, c'est le fils de Dejacques qui l'a signé dans sa maison de disque, comme B. Belin). A ce propos, j'ai pu croiser Catherine Lara (après son spectacle avec une compagnie de danse) qui a pleuré dans les bras de Dejacques, mais trop entourée, je n'ai pas pu lui en parler... 

On sent l'admiration sans bornes pour le poète dans ce "Déflagration Rimbaud", très documenté, qui restitue à merveille l'univers rimbaldien dans une belle simplicité.  Un moment intime de partage. Superbe !  Nicolas Arnstam de Froggy delight!

 

- J'ai passé également   un excellent moment également  avec Nicolas Paugam qui tropicalise Brassens, à l'arrache-coeur, à 11h40. C'est disponible sur disque!   Il y a du soleil, mais aussi beaucoup de respect, même si Nicolas n'hésite pas à mêler 3 chansons à lui dans le set d'une heure, et c'est très bien (j'avais la veille poser une question à ce sujet à Alain et pour lui, c'était inconcevable de mêler même une composition de lui à ces spectacles piochant dans le répertoire, notamment aux côtés de  chansons de Ferré).  Interview et extraits musicaux:

 

Côté musique, je me suis laissé aller à un spectacle sur B. LAPOINTE ("entre et assieds-toi"), l'idée de scénario n'est pas extraordinaire mais il y a des jolis versions. C'est au chapeau rouge, 16h20 (là, où un spectacle sur les Fleurs du mal fait le plein le matin à 10h).  Et le TRIBU NOUGARO à l'arrache coeur à 18h, est très bien aussi, avec deux bons musiciens, et un choix de chansons qui n'est pas un best of, comme celui de Nicolas Paugam, et on peut ainsi découvrir ou redécouvrir des pépites.

Enfin, j'ai pu avoir une place pour Claire Diterzi qui joue dans une petite salle du musée Angladon, assise sur une table au plus près du public en rond autour d'elle.  L'intimité est un peu perturbé par le groupe qui joue fort sur la place à côté, mais c'est une sacrée expérience. Elle joue des clochettes, de verres en cristal, et de différentes choses, mais le plus souvent de sa petite guitare dont j'ai beaucoup aimé la frappe énergique, qui a fini par blesser le bois. Claire avait fait une première partie de Murat il y a presque 30 ans, et figurait sur le CD "contresens" à ses côtés... mais je n'ai pas attendu pour lui en parler (vu que je n'avais pas fait ces recherches avant). On la verra moins intime au théâtre de l'ODEON en 2027 avec ses deux filles.

Je vous dis tout: j'ai vu également  une magicienne mentaliste Coralie Andy (qu'on peut régulièrement voir sur Paris, -c'est fini à Avignon-, elle est toute jeune mais elle a beaucoup de talent, et en plus, c'est ma petite cousine), "une histoire de la musique classique" à l'Oriflamme qui est bien fait, instructif et très drôle (10h), et le Tartuffe du Nouveau Théâtre populaire qui était dans le IN et qui se joue maintenant à la Scala à 10h, il y a des séquences vraiment plaisantes. Pour les amateurs de Molière, j'ai également vu "Les insomnies de Molière" au  3T Les platanes à 10h.   Voilà, je n'ai pas trop chômé... même si j'aurais du aller voir le spectacle sur Anne Sylvestre ou Alice in the roof plutôt que de regarder un match de foot de m... 

 

LA MUSIQUE EN PLUS

Très bon single de Matthieu MALON, que l'on a connu reprenant Le lien défait et interviewé pour un projet Monopsome en 2017 avec Erik Arnaud.   Ca s'appelle "la rivière"avec des chants d'oiseaux au démarrage.

Il reste peut-être quelques vinyles  (bandcamp). L'album s'appelle La poudre aux yeux. à paraitre le 18/09

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

Repost0

Publié le 6 Juillet 2026

Bonjour,

Bon, j'ai mis des jours pour finaliser cet article, qui ne me passionnait pas, mais j'ai essayé d'apporter un peu de contenu...

Cela avait déjà tourné dans les sphères muratiennes récemment mais sans que cela en sorte.  Il a fallu un article de 20 minutes.ch  du 23/06 avec la confirmation d'un journaliste suisse pour qu'un buzz assez important voit le jour... Nous voilà en "en hovercraft helvétique" à devoir survoler la vaguelette.  Ca nous rappelle des choses, même si cette fois, les propos de Murat ne peuvent pas amener à se détourner de lui, ou à lui donner une image trop négative, comme ça a été très souvent le cas. Je ne vais pas refaire la liste des badbuzz. "Je ne vivrai pas aussi intimement que toi avec l'idée de ma propre perte".  

 Bon, le point de départ est une des anecdotes très régulièrement racontées par Jean-Louis Murat qui, avec son expérience à St-Tropez comme saisonnier, explique son mépris pour le show-biz: avoir vu deux stars jouer à la réputation impeccable  une fille de 16 ans au poker. Exemple dans  Le soir mag, Nov 1996 (Belgique):

Le buzz fonctionnant moins bien sans image, il - et l'article initial de 20 minutes- s'est appuyé sur l'émission avec Pascale Clark, "la route", dans laquelle l'anecdote était l'objet de quelques minutes (c'est ce qui a été utilisé dans les réseaux sociaux, découpé sur youtube). Le reste de l'émission n'est pas inintéressante (et révélait  les infidélités, sans doute celles des années 70, quand il faisait des trajets en voiture vers Lyon -ça n'a aucun rapport avec le sujet du jour)

 

Jean-Louis n'a pas donné les noms publiquement mais l'aurait dévoilé à ce journaliste suisse en 1996, le dit journaliste qui révèle ceci sous le couvert de l'anonymat... Ce qui est quand même vaguement curieux.  Si bien que j'étais assez décidé à chercher quelle était cette personne qui aurait rencontré Jean-Louis Murat à Paris au moment de DOLORES. 

Il affirme avoir rencontré Jean-Louis Murat en 1996 à Paris à l’occasion d’un entretien consacré à la sortie du disque «Dolorès». «On s'était donné rendez-vous Place des Vosges. On parlait de l’album et de sa pochette qui représentent des jeunes femmes en culotte. Il me disait qu’il ne l’aimait pas et qu’il n’avait pas vraiment eu son mot à dire. C'était le choix de la maison de disques», raconte-t-il.

Selon le Romand, cette conversation a ensuite porté sur «le rapport aux femmes» et «la responsabilité des artistes». C’est dans ce contexte que Jean-Louis Murat lui a lâché: «Bruel, je ne peux pas le piffer depuis que je l’ai vu jouer une pauvre gamine au poker. C'est le comble de l’abjection.» En d'autres termes, la fille était mise en jeu comme un trophée. (20 minutes). 

 

Et voici, hors réseaux sociaux, ceux qui ont jugé digne d'intérêt de relayer cette information... alors que Bruel est déjà accusé de 10 viols, et sous le coup de vingt plaintes: 

République du Centre- La Montagne, Closer, yahoo, DH-La libre belgique, 7sur7.be, msn, sudinfo, Tribunal du net, Marie-France, 24h.ch,Gala journal des femmes, Voiciohmymag (Jean-Louis Murat, disparu le 24 juin 2023, était connu pour son franc-parler et ses prises de position sans filtre dans le monde artistique. Ses déclarations, rapportées par un journaliste romand et relayées notamment par 20 Minutes, continuent d’attirer l’attention plusieurs années après son décès. La citation sur Patrick Bruel montre la virulence dont il pouvait faire preuve à l’égard d’autres personnalités, confirmant sa réputation d’artiste insolent et sans concession. Ce témoignage posthume accentue l’attention portée sur la figure de Bruel dans un contexte déjà sensible, marqué par des accusations graves et une médiatisation intense.  Cette déclaration illustre bien le poids des paroles d’un artiste, dont l’influence peut perdurer au-delà de sa disparition, en influant sur la perception du public et les débats autour de ses contemporains),  , 

Libération (site web) a fait des milliers de like et de commentaires sur les réseaux sociaux avant de supprimer apparemment l'article... mais il se trouvait encore sur la page MSN

 

Article de Libération « J’ai vu Patrick Bruel jouer une pauvre gamine de 16 ans au poker » : des propos chocs de Jean-Louis Murat exhumés par « 20 minutes »
 

Un nouveau scandale, qui vient s’ajouter à la longue liste des accusations visant Patrick Bruel, mis en examen pour «viols», «tentative de viol» et «agressions sexuelles». Auprès du média 20 minutes, un ex-journaliste affirme avoir rencontré le chanteur Jean-Louis Murat lors d’un entretien réalisé en 1996. Ce dernier lui aurait livré le récit d’une soirée en compagnie de Bruel, rapportant qu’il y aurait parié une jeune fille lors d’une partie de poker.D’origine romande, l’ex-journaliste dit avoir rencontré Jean-Louis Murat place des Vosges à Paris, à l’occasion de la sortie de son disque Dolorès. Au détour d’une réflexion sur la pochette de l’album, représentant des jeunes femmes en culotte, leur conversation a dérivé sur «le rapport aux femmes» et «la responsabilité des artistes», écrit 20 minutes. Murat, par ailleurs pas avare de réflexions misogynes, lui aurait alors lâché : «Bruel, je ne peux pas le piffer depuis que je l’ai vu jouer une pauvre gamine au poker. C’est le comble de l’abjection.» La jeune fille aurait ainsi été mise en jeu par les participants.

Même récit lors d’une interview télévisée

Dans un extrait d’interview exhumé par les internautes dans la foulée de la parution de l’article, Jean-Louis Murat, relate la même anecdote. Le chanteur, décédé en 2023, y est interrogé par la journaliste Pascale Clark, pour son format télévisé la Route, qui présente l’invité au volant d’une voiture. «J’ai vu deux énormes vedettes de la chanson française jouer aux cartes une petite nana de 16 ans avec qui j’avais discuté. Elle était complètement à la rue. Il fallait la traiter comme une enfant», relate Jean-Louis Murat dans cette vidéo datant de 2007.

Et l’artiste de mettre en cause sa propre responsabilité, sans jamais nommer les chanteurs : «J’aurais dû intervenir parce que c’est un des trucs les plus répugnants que j’ai vu dans ce métier. Des gens qui ont une image en or. Les deux parfaits garçons. On leur donnerait le bon Dieu sans confession. Maintenant, à chaque fois qu’on me parle de ces mecs-là, je les casse». Contactée par Libération, Pascale Clark indique n’avoir jamais su qui étaient les deux personnalités mises en cause par les propos de Murat. «J’ai dû essayer de le savoir à l’époque, mais il ne m’avait pas répondu», relate l’ancienne journaliste et animatrice.

Les avocats de Patrick Bruel n’ont pour l’heure pas réagi à la publication de l’article de 20 minutes. Placé sous contrôle judiciaire dans le cadre de sa mise en examen, et sous le statut de témoin assisté dans quatre autres dossiers, l’artiste a annulé sa tournée des festivals, prévue de juin à septembre, après des semaines de retentissement médiatique. Plusieurs dates de concert, prévues à l’automne, sont toujours maintenues partout en France.

 

Que dire de plus?

Personne ne l'a souligné,  et pour cause: le film est officiellement inédit -sauf pour les visiteurs du Week-end Murat, yes sir! 2023 et 2024),  l'anecdote racontée par Murat ressemble assez fortement au "pitch" du film "Mlle personne"... dans lequel le chanteur récupère une jeune fille paumée et à la rue, ce qui semble avoir été le cas de la fille du poker. Par contre, le film ne laisse pas penser que le chanteur cherche à en profiter, même si le côté macho et dominateur de Murat est bien visible, le côté pygmalion  que Camille a chanté (là encore le texte de Camille "baby carni bird" peut faire légérement écho à tout ça):

La route était barrée Quand il m'a renversée Un soir au nord de Nice
Eblouie par les phares J'ai croisé son regard Et je me suis jetée
Ravale ta salive Ton orgueil de fille!
Je me suis relevée et je lui ai donné La main qu'il me restait
Mais j'avais oublié Mon nom de jeune fille Alors j'ai inventé
"My name is Baby Carni Bird I'm the only one in the world I'm yours For I can fly up in the air And you can shoot me when you like I'm yours"
Le ciel est une cime D'où sombrent les étoiles Et nous y sommes allés
À travers le pare-brise J'ai vu fondre les neiges Des plus hauts sommets
Mouillées ses babines Ses dents c'étaient des limes Ses yeux des pièges à loup
Et ses contes de feu De fée de cheval fou M'empêchaient de dormir
 
(Ne vous n'y trompez, ce n'est pas une emprise physique et sexuelle qui est racontée par Camille).

 

- Bon, pour en revenir au buzz, alors qui peut donc être ce journaliste romand?

J'ai pensé à Olivier Horner qui a longuement suivi Jean-Louis, mais je n'ai pas trouvé de rencontre avec Murat au moment de Dolores. Contacté, il m'indique que ce n'est pas lui.  Christophe Fovanna qui a fait une interview pour le journal de Genève me dit lui:  "Bonjour. Non, ce n’est pas moi. Si ça avait été le cas, je n’aurait pas gardé l’anonymat. Je ne fais jamais ça, quelles que soient les circonstances. Ni comme journaliste autrefois, ni comme personne aujourd’hui… Par ailleurs, si cela est vrai, Murat aurait dû parler lui-même à l’époque, je trouve… Cordialement". 

 

14/11/96 Le journal de Genève

 

Dans les articles période Dolores, un autre nom ressort, celle d'une chroniqueuse régulière de Murat pour "le Nouvelliste", Manuela Giroud qui n'a pas d'activité visible depuis plus de 10 ans... mais la recherche s'arrête là. J'ai plutôt envie de saluer ceux qui ont accompagné disque après disque la carrière de Jean-Louis... et c'est l'occasion de dévoiler quelques articles de presse suisse que j'avais sous le coude (je ne sais plus comment je les avais récupérés, Matthieu 😘 était peut-être sur le coup pour une partie). 

Dans le Nouvelliste, 10/02/1996:

D'autres articles de Manuela:

24/11/93

5/03/95: 

9/05/98: 

entretien pour mustango 21/09/1999: 

27/03/2002: "le moujik et sa femme":

Entretien pour lilith (28/03/2003)

Et encore en 2004: février et  Septembre

 

Et toujours pour Taormina, 7/2/2006

Et encore quelques mots de Jean-Louis retranscrit à l'occasion des concerts qui ont suivi (5/12/2006)

 29/10/2007 (non signée mais peu de doute)

Et enfin TRISTAN (5/12/2006):

 

Saluons  également: Michel Masserey (passé par le nouvelliste, le nouveau quotidien, la RTS et journaliste actionnaire de Tsugi actuellement). 

18/12/93 Le nouvelliste:

17/02/1998 Le nouveau quotidien

 

et des articles signés pour le TEMPS:

Disques: Jean-Louis Murat: Mustango

Après plusieurs albums intimistes, le chanteur français s'offre un disque sudiste et boisé, entre folk, gospel et country.

On savait Jean-Louis Murat très attentif aux productions des rockers américains. L'Auvergnat n'a jamais caché sa passion pour le country folk un rien dépressif d'artistes comme Leonard Cohen, ou le rock décomposé de Pavement. Fan de Neil Young et du Crazy Horse, le chanteur ermite avoue trouver dans ces musiques rustiques et souvent acoustiques une paix, née de l'authenticité d'une émotion simple et directe. Celle sans doute de moments de vie, de petites historiettes puisées dans le quotidien le plus banal. Pourtant, malgré ce goût pour les caresses un peu rudes de la musique américaine, les ballades de Murat évoquent plus souvent l'univers éthéré d'artistes tels Talk Talk, Blue Nile ou David Sylvian. Une pop délicate et sensible, portée par des arrangements de cordes planants et sirupeux. Une musique en équilibre fragile, à la limite de la chansonnette mielleuse. Défendus par d'autres que Murat, la plupart de ses titres n'auraient sans doute déclenché qu'une indifférence polie. C'est compter sans le flegme et le charme décalé de l'auteur auvergnat, poète à la plume un rien désuète, amoureux des cimes et des landes.

Révélé au grand public par le tube «Si je devais manquer de toi», une ritournelle délicieusement neuneu, Murat a imposé une écriture en rupture avec la scène musicale française. Aux harangues de l'alternatif franchouillard, le barde sensible répondait avec des mots fleuris vantant le recueillement et l'exil intérieur. Allergique aux rimes chics de l'electro-pop hexagonale, il développa une langue parfumée et pastorale. Un langage abscons pour le grand marché du disque qui fit de son incompréhension un argument de vente. Murat le poète maudit, l'ermite flamboyant, le Jean Ferrat post-moderne, vendait-on de ci, de là. Autant de qualificatifs et d'images qui n'ont eu de cesse d'agacer l'auteur, que l'immédiateté et la franchise de la parole dite séduisent plus que les plus profonds sophismes.

Avec Mustango, Jean-Louis Murat cherche sans doute à balayer tout malentendu. En traversant l'océan, en se branchant avec les musiques qui l'ont inspiré et les nouveaux artistes qui les défendent (Calexico, Marc Ribot et Winston Watson, guitariste de Dylan), le Français part à la recherche de son rêve américain. Enregistré entre New York et Tucson, en Arizona, Mustango ne sonne pourtant pas comme un album américain. Plutôt comme un disque boiteux, moitié sudiste, moitié hivernal. Si le chanteur a bel et bien collaboré avec John Convertino et Joey Bums, de l'excellent groupe Calexico, le mariage déçoit par la trop grande joliesse des atours sonores. Aucune écharde, aucune rugosité dans la country un rien clinique de ce nouvel opus. Murat a beau affirmer son attachement américain jusqu'à baptiser maladroitement certains morceaux de son album («Viva Calexico», «Polly Jean», en hommage à un concert de PJ Harvey), le disque ne porte qu'un vernis western. Un habit sonore qui parfois tombe mal comme sur le pseudo-blues «Nu dans la crevasse», languissante ballade rythmée par un chorus gospel irritant. Ailleurs, Murat, maladroit dans son uniforme de chanteur engagé, dénonce Bruno Mégret et la dérive fasciste («Les gonzesses et les pédés»). Plus loin, sur «Belgrade», c'est Arkan, le boucher serbe, qui a droit aux rimes bancales d'un chanteur qui se perd dans des élucubrations hermétiques et lassantes.

Epurée de ses plages ambient, la musique développée par Murat reste cependant incroyablement lisse et neutre. Autant que qualités qui conviennent mieux aux épanchements orchestraux, aux accords en apesanteur qui caractérisaient ses albums précédents et font léviter les meilleurs morceaux du nouvel opus: «Bang bang» caressé par la voix hantée de Jennifer Charles, d'Elysian Fields ou «Mustang» pianoté par un Murat réconcilié avec la vie. De trop rares plages dans un disque décousu, sans grande consistance.

Jean-Louis Murat, Mustango (Labels/Virgin – EMI)

Michel Masserey, Publié samedi 28 août 1999 à 02:00.

Critiques. Murat: laves d'Auvergnat

Sur la scène, trois échafaudages de claviers, arrangés comme des marches

Sur la scène, trois échafaudages de claviers, arrangés comme des marches. Au centre, des guitares, un lecteur de CD, des boîtes à rythmes. Jean-Louis Murat, le rural, est esseulé au milieu de machines.

Jusqu'alors, le chanteur avait joué la carte de l'intime. En formation folk rock serrée puis plus récemment en duo avec son complice Denis Clavaizolle, Murat avait présenté des concerts enveloppants. A l'image de ses ballades.

Surprise. Ponctuant la sortie de Mustango, son album le plus rock, l'artiste auvergnat propose son spectacle le plus mécanique et habité. Un récital-concept hypnotique de bout en bout, balayé de lumières seventies froides. Relecture ou plutôt réinterprétation ambitieuse de ce disque, la prestation de Murat intègre des projections de tableaux. Des images tantôt expressionnistes tantôt abstraites qui surplombent tel un astre menaçant la scène, où trois musiciens pilotent les machines. Bruitages subtils, chuintements et grondements de tonnerre se mêlent au roulement de rythmiques électroniques sèches. Le ciel est rouge sur Belgrade et sur Vitrolles, deux villes symboles de l'obscurantisme totalitaire, que Murat épingle dans son dernier album. Ailleurs, le souffle des vents de montagne porte les rimes mélancoliques du chanteur, les vagues des claviers sont cotonneuses. Et puis, au cœur du tourment des saisons, des moments apaisés. Seul au piano, Murat chante le quotidien. Une accalmie avant que les laves ne rallument les machines.

Murat était en concert jeudi soir au Forum de Meyrin à Genève.

Michel Masserey, Publié samedi 11 décembre 1999

 

CA VOUS PLAIT CES ARCHIVES?   Alors dites le moi, j'ai encore du stock côté suisse! 

LE LIEN EN PLUS 

Fabcaro a fait encore un petit salut à Murat cette semaine. Dans la Bande originale... mais je ne sais pas si c'est la peine d'écouter pour ça. JLM est juste cité dans ses choix musicaux, avec un très court extrait de Fort alamo

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-bande-originale/la-bande-originale-du-jeudi-25-juin-2026-5170760  

C'est à 40 minutes... Dommage que le thème ne soit pas développé car  il a quand même choisi d'appeler un livre "Fort Alamo".   A l'occasion de la sortie du livre, et de son passage dans la même émission il avait choisi "le Mont sans souci"

Il a été question de l'auteur également ici.

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Pierrot

Publié dans #divers- liens-autres, #vieilleries -archives-disques

Repost0