Promos 2 : L'équipe, france info, interview Frank Loriou et un peu de "Murat de A à Z"

Publié le 29 Mai 2026

 

Je n'ai jamais aimé les anniversaires, et je n'ai fait aucune allusion l'autre jour... mais voici un petit tweet de Pascale Clark:

Et vu le nombre de like et de repartage, la publication sur les réseaux de Rock And Folk:

Promos 2 : L'équipe, france info, interview Frank Loriou et un peu de "Murat de A à Z"

Pour ne pas faire trop long, je garde d'autres chroniques déjà parues pour un prochain article, mais voici une petite sélection: 

- Le journal L'Equipe  est encore au rendez-vous pour parler de Jean-Louis Murat:

 

Cycle Jean-Louis Murat

Sa mort en mai 2023 nous avait abasourdis. Un poète disparaissait. Jean-Louis Murat nous revient par la grâce d'un album posthume nommé Tour de France 2022 , soit quatorze chansons enregistrées en live lors de son ultime tournée, une cinquantaine de dates dans tout le pays. L'allusion à la Grande Boucle était un choix conscient de l'Auvergnat, accro de vélo, pratiquant ardent et érudit. « Le Tour, c'était son moment de bonheur ! » , dit Marie Audigier, sa manager historique. Hors de question de planifier un enregistrement ou des concerts en juillet, le chanteur du Col de la Croix-Morand suivait la course devant la télé, sans le son, cartes et encyclopédies à portée de main. Et se déplaçait avec entrain si le peloton passait dans ses parages vallonnés. Il racontait que le Tour de France « dévoile une part très intime de chacun de nous, une nostalgie d'enfance, une pulsion de voyage, nourrit une passion estivale qui dit beaucoup de l'étrangeté du Français ».

Pour Tour de France 2022 , Jean-Louis Murat avait sélectionné des titres captés à Aurillac, Paris, Beauvais, Cholet... À chaque fois dans une version revisitée du morceau original pour chasser la lassitude et bousculer le fan, dans une veine très Neil Young. S'y mêlent des chansons récentes et des classiques tel l'envoûtant Taormina. Plus un inédit, Hello you. C. L.

 

 

- La chronique en forme de Best of musical de B. DICALE:

 

https://www.franceinfo.fr/replay-radio/ces-chansons-qui-font-l-actu/jean-louis-murat-retrouvailles-posthumes_7992995.html

Ces chansons qui font l'actu Bertrand Dicale Le samedi à 18h23, 20h53 et 23h55, le dimanche à 17h23, 19h23, 21h23 et 23h23

L'album "Tour de France 2022", enregistré en public, vient de sortir. L'occasion de revenir sur une trajectoire d'artiste d'une opiniâtre liberté. 

Nous sommes en 2022, quelque part en France, à un concert de Jean-Louis Murat. Avec lui, son très fidèle pianiste Denis Clavaizolle, le fils de celui-ci, Yann Clavaizolle à la batterie et Fred Jimenez à la basse. "Marylin et Marianne" est une chanson de l’album La Vraie de vie de Buck John, paru l’année précédente, qu’il emmène en tournée.

Ces concerts forment la matière de l’album Tour de France 2022, album live et posthume qui vient de sortir – son sixième album live pour une trentaine d’albums en une quarantaine d’années avant sa mort soudaine le 25 mai 2023.

 

- Et on peut retrouver une belle et  Longue interview de Frank LORIOU chez Froggy par l'ami Sy!

https://www.froggydelight.com/article-29442-Frank_Loriou.html

Un court extrait:

C’est de là que vient l’idée du livre, avec l’envie d’en parler ?

Frank Loriou : Ce n’est pas que j'avais envie d'en parler, j’ai vu une peine immense que la disparition de Jean-Louis Murat a causée évidemment chez moi, mais aussi chez tous ceux qui l'aimaient et qui l'écoutaient, un vrai choc. Et je me suis dit : mes disques durs sont pleins d'images que personne n'a jamais vues et ne verra jamais. Et je trouvais ça injuste d'être le seul à les avoir. Et puis il y a beaucoup de gens qui sont venus vers moi pour acheter des tirages photos, mais tout le monde n'avait pas les moyens d'acheter des tirages photos, ça coûte cher un tirage d'art.

C'était aussi une manière de partager avec tous, qu’il n’y ait pas un élitisme, qu’il y ait une forme de justice et que quels que soient les moyens qu'on a, on peut retrouver un livre accessible, c'est cher 38 € mais ce n’est pas très cher pour 200 pages couleurs.

Il n’y a pas ton nom sur la couverture, pourquoi ?

Frank Loriou : C’est volontaire évidemment, c'est pour ça que j'étais gêné par ta remarque tout à l'heure où tu disais que je parle de moi parce que justement, je veux parler surtout de Jean-Louis quand même et donc c'est venu extrêmement naturellement, ce n’était pas important pour moi d'avoir mon nom sur la couverture, pas du tout.

Cependant, c'était important et beaucoup plus beau parce que je ne voulais pas rivaliser avec lui. En fait, je suis surpris parce que dans les articles de presse, je vois ma photo en grand et je suis très surpris de ça et même parfois un peu gêné parce que j'ai envie qu'on voit du Jean-Louis Murat en grand partout.

Au départ, je voulais faire ce que j'appelle un hommage silencieux. Je voulais faire un livre avec que des images, pas de texte du tout et on aurait ouvert et ça aurait été un long silence et juste des photos de Jean-Louis Murat qui défilaient comme elles sont organisées dans le livre.

Puis je me suis dit que c'était dommage de ne pas partager aussi toutes les petites choses qu'on avait vécues et qui pour moi étaient quand même une forme de normalité. C'est parce que je travaille avec beaucoup d'artistes, donc c’est un peu notre quotidien, c'est un peu les cuisines et donc je me suis dit que tout ça c'était aussi très précieux pour moi et pour les gens.

J'avais aussi envie de raconter le Jean-Louis Murat que j'ai connu vraiment et donc j'ai écrit ce texte et c'est devenu un livre moins silencieux. C'est la première fois que je publie un texte que j’ai écrit, j'ai gardé la structure initiale mais avec une part où je raconte et une autre part avec les photos. Je n’aime pas les photos avec des légendes, il y a des légendes qui enlèvent la poésie d'une image et puis la photo est belle et le gars a mis un titre complètement absurde, ça casse tout.

et ailleurs: 

Frank Loriou : Les chansons de Jean-Louis, ce sont un peu des nouvelles, un disque, un recueil de nouvelles. Il y a une chanson, c'est "Robinson" sur Tobogan, il dit : apprends à t'orienter de jour, apprends à t'orienter de nuit. C'est un morceau qui me bouleverse.

Je n’en ai jamais parlé à personne, peut-être que personne ne l’a remarqué ce morceau, ou peut-être que plein de gens se disent : moi aussi ça me bouleverse. Il y a plein de petits trésors. C’est pour ça qu’une écoute d'un album de Jean-Louis, ce n’est pas une musique d'ambiance. Chaque morceau est un petit univers avec un langage, des personnages, des codes, des mystères.

Je pense que tous ces gens qui sont venus vers moi avec émotion, c'est parce qu’ils ont trouvé dans des petites chansons des trésors qui leur ont parlé de leur vie et tout cette part d'universel, c'est ça aussi Murat.

Aujourd'hui, il nous manque, mais ses albums nous manquent aussi. On avait l'habitude d'avoir tous les ans un album qui arrivait et aujourd'hui on ne l'a plus. On est orphelin de sa musique, de ses chansons et de ce qu'il nous disait dans ses chansons et de ses mots. Il y avait cette générosité. Quand on dit parfois qu’il gérait son image, mais il ne gérait rien du tout. Non, il vivait aussi au jour le jour, il aimait créer et justement il ne calculait pas. Quand on démarrait, on ne savait pas ce qu'on allait faire, on n’était pas en train de penser une stratégie. Il était libre et il est resté libre jusqu'au bout.

 

 - Et on termine par un article de BENZINE sur le livre de Cédric Barré:

Je vous invite bien-sûr à le lire avec facilité in situ :

https://www.benzinemag.net/2026/05/25/french-lynx-murat/

[Essai] « French Lynx – Murat de A à Z » de Cédric Barré : Murat is Alive (suite)

25 mai 2026 Jérôme Barbarossa 7

Benzine honore la mémoire de Jean-Louis Murat, disparu il y a 3 ans. Zoom sur l’abécédaire ludique de Cédric Barré, sorte de portrait chinois de « l’Animal »…

Trois ans après sa disparition, le bluesman auvergnat est célébré de diverses façons, notamment par la sortie très récente de French Lynx – Murat de A à Z, ouvrage de Cédric Barré, directeur des affaires culturelles de la ville de Laon, musicien lui-même et spécialiste de JLM (et entre autres rédacteur à Magic ! R.P.M. et Mowno). Un deuxième livre en deux ans sur le « Bougnat » après son étude approfondie du Moujik et sa femme.

Une nouvelle réussite, dans le genre plus ludique de l’abécédaire, qui propose une biographie déguisée, oblique, par le prisme de thèmes fondateurs, sujets de prédilection ou détestation, anecdotes et collaborations marquantes de l’individu et de l’artiste complexes Murat. Un clin d’œil pertinent quand on sait que le Larousse fut longtemps le livre de chevet de Murat, sa découverte à l’âge de 9 ans lui ayant ouvert un monde insoupçonné. « Ce livre n’est ni un continuum journalistique, ni une thèse appliquée. Il s’agit d’un abécédaire, non exhaustif mais de cœur. En grande partie, ce que j’aurais voulu savoir sur Jean-Louis Murat sans oser le lui demander. Cédric Barré est sans aucun doute un des gardiens précieux de la flamme muratienne » explique Florent Marchet, autre gardien précieux du temple, dans la belle et longue préface de l’ouvrage.

French Lynx est ainsi une occasion d’explorer ou d’approfondir sa connaissance du territoire muratien, d’une traite ou en papillonnant selon les envies au long de la centaine d’entrées, de « Animal » à « Zimmerman ». On y sourit, on s’émeut, on retrouve des envolées ou des énervements, en découvre d’autres. Au menu, entre autres, Camille, Leonard Cohen, Denis Clavaizolle, Clara, ses passions du vélo et du football, Tony Joe White, Neil Young inévitablement, Bayon et Bernard Lenoir, le Groënland, Ferré et Farmer, l’Auvergne et le cinéma, les femmes de sa vie, Marie Audigier et Laure Desbruères, et plus généralement son rapport aux femmes, à l’érotisme et sexe, si présent dans ses textes… Et on y parle aussi, bien sûr, de live, et du rapport complexe évolutif à la scène depuis ses débuts contrariés en première partie de CharlElie Couture. Un éclairage pertinent au moment où est enfin publié le live de sa dernière tournée, Tour de France 2022.

Cédric Barré rappelle cette déclaration de 1996 à Mofo : « Le public, c’est un gros fainéant, super-décevant. Moi, quand j’assiste à un concert, je déteste qu’on me refasse le disque. J’adore aller voir des nouveaux groupes que je ne connais pas. Le public, il paie 150 balles et il veut entendre l’album. J’ai jamais compris pourquoi il me faisait la tronche parce que je chantais des inédits ou des versions différentes de chansons qu’il connaissait déjà ! » Mais, de fait, après de premières expériences difficiles, « le Brenoï » y prend goût, prenant un soin parfois maniaque à préparer certaines tournées, et des enregistrements parfois associés. Avec un art du contre-pied consommé. Le meilleur exemple en reste la tournée de Mustango, album si organique, enregistré à Tucson avec les musiciens de Calexico et d’Elysian Fields, qui aura une déclinaison électronique sur scène ! Murat avait dû composer avec l’absence des musiciens ayant enregistré l’album, et décidé de proposer une expérience totalement différente à son public. Un choix risqué, clivant, restant toutefois raccord avec ses débuts plus marqués par les machines (déjà gérées par Clavaizolle, sorcier clermontois du son). Une expérience qui m’avait personnellement déstabilisé lors d’une soirée au Trianon que je ne suis pas près d’oublier, et dont je comprends mieux désormais la richesse ludique, mais aussi tout le travail artistique à l’œuvre, que l’on peut entendre sur le live alors publié (Muragostang). Trente ans après, le verdict de l’histoire donne raison à l’Auvergnat : Mustango, reste un album de chevet et le chef d’œuvre de cette discographie — dont Florent Marchet, qui le souligne dans la préface — et Muragostang est un OVNI génial, inclassable, un autre album très réussi à part entière.

Résultat des courses, ce constat résumé dans une citation connue de JLM dans la Libre Belgique, rappelée par Cédric Barré : « Ouais, j’suis devenu accro. Moi qui passais mon temps à dire : ‘la scène c’est de la merde, j’veux pas en faire’. Quel con ! Non, mais les années passant, je trouve que ce qu’il y a de mieux dans mon job c’est la scène. Chaque fois que je compose une chanson je pense tout de suite au concert. J’adore être sur scène, capter l’attention des gens. C’est une vraie révélation pour moi ». Pas au point d’être totalement vacciné, puisqu’il écourtera par exemple la tournée du Moujik et sa femme, ne se sentant pas bien avec son groupe, et mettra un certain temps à trouver sa formule idéale, souvent en power trio avec Stéphane Reynaud et Fred Jimenez, comme le rappelle Barré. Ce parcours de labeur, fait de de virages, nids-de poule et travaux sur la nationale du « live », pour préparer l’épreuve de la réception en direct de son œuvre par son public est en tout cas une raison de plus pour écouter ce Tour de France 2022 aujourd’hui édité.

 

 

LE LIEN EN PLUS

Le camarade Gregoire Bouillier a sorti un livre sur Arsène Lupin, et son podcast avec Radio France dans lequel François Morel rend honneur au style et à la fantaisie de l'auteur de son texte.  Grégoire a réussi à placer le nom de  Murat rapidement dans le livre!  : "Le primesaut est ce qui s'oppose au cafard qui, comme le chante Jean-Louis Murat, fait un carnage chez les colibris"...  (pp 196-197).  

On peut aller le rencontrer à Périgueux et même casser la croûte!

Rédigé par Pierrot

Publié dans #2026 Tour de France 2022, #bibliographie

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