Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

On parle de Murat : Orgie de sainteté et Florent Marchet, The Cure et hommage à Hélène Hazera

Publié le 18 Octobre 2026

bonsoir,

1)  En attendant  dimanche prochain "le Grand atelier" de Yannick HAENEL (j'ai fait sa connaissance mercredi dernier et la fraternité muratienne m'a valu une bise et une belle dédicace),   ce vendredi 16/10,   Leïla Kaddour Boudadi a terminé son journal de 13 heures sur France 2 en parlant du recueil "une Orgie de sainteté": 

La veille, Aline Afanoukoé faisait sa chronique matinale Musicaline sur l'ouvrage:

podcast à écouter

 

Dans Musicaline : trois chansons pour entrer dans l’univers Murat, de grandes portes d’entrée entre chanson, poésie et littérature à l’occasion de la sortie de « Jean-Louis Murat, une orgie de sainteté, l’intégrale des chansons », éditions Seghers, préface de Yannick Haenel.

De Cheyenne Autumn à Mustango, de Dolorès à Taormina, il n’a cessé de déplacer les lignes, de changer de sonorités. Jean-Louis Murat était imprévisible. Et cette liberté-là est sans doute ce qui manque le plus aujourd’hui. « Une orgie de sainteté » est une invitation à retourner dans ses textes, à s’y perdre, à y retrouver des phrases, des images, des désirs et des colères. Au mont Sans-Souci, très révélateur de son rapport aux paysages, à la nature et à cette poésie étrange qui lui appartenait. Jean-Louis Murat est décédé en 2023, à 71 ans. Trois ans plus tard, ces 400 textes donnent l’impression de rouvrir une porte mystérieuse où le chanteur disparaît derrière l’écrivain. 

Yannick Haenel, dans sa préface, insiste d’ailleurs sur cette dimension littéraire en présentant Murat avant tout comme un poète. Auteur-compositeur et poète sans hésiter. Il signait ses textes Jean-Louis Bergheaud et c’est Jean-Louis Murat qui chantait ces poèmes, parfois tendres, parfois sauvages, souvent drôles, toujours libres. Mi ange mi ronchon.

Jean-Louis Murat, devenu l’une des voix les plus singulières de la musique française, donnait l’impression de ne jamais chercher à plaire ; il avançait volontairement à contretemps. Intemporel. Derrière toutes ses métamorphoses, il y a la matière vivante d’un homme qui n’a jamais vraiment cessé d’écrire pour lui ou d’autres : Sylvie Vartan, Indochine, Isabelle Boulay, Nolwenn Leroy, Julien Clerc, Françoise Hardy… Dans « L’Au-delà », Murat dialogue avec la mort et le temps, au-delà du réel.

Jean-Louis Murat, une orgie de sainteté, L’intégrale des chansons, préface de Yannick Haenel disponible aux éditions Seghers.

 

2) FLORENT MARCHET et son "ORCIVAL"

- On a beaucoup partagé les chroniques de disque de JL Murat écrites par Marc de Belgique depuis la création du blog... Voici celle sur l'album de Marchet...

https://www.mescritiques.be/spip.php?article3117   avec l'extrait sur ORCIVAL: 

On devine que le François de Voir La Nuit Venir est un peu mort. Mais comme pour exorciser cette fin inéluctable, on termine par un magnifique hommage à Jean-Louis Murat, morceau à tiroirs truffé de références qui rappelleront trop de choses à ceux qui sachent. Des émotions présentes qui évoquent des émotions passées d’auditeur

- Dans Sud-Ouest sur le web ce jeudi 15 octobre 2026, et ce dimanche, dans l'édition papier,  dans le cadre d'un article sur les sorties du moment: 

Marchet chante son ado avec amour et inquiétude, son amour avec ferveur et tendresse, une travailleuse des plus précaires avec la force des Dardenne, la montée à Paris version drama queen avec acuité et justesse, le masculinisme poisseux avec contexte et combat, la mort d’un ami avec sobriété décalée, Jean-Louis Murat, dans un titre final avec frisson. Dès ses débuts en 2004, on sentait le romancier dans « Gargilesse ». Deux livres aujourd’hui à son actif, Marchet reste un magnifique auteur de formats courts.

Yannick Delneste

- Et dans la Gruyère, jeudi 15:

-  sur Radio Aligre, Florent Marchet a été interrogé sur Murat:  podcast de  Chacun Son Tempo par  Edmond Sadaka

Si vous suivez attentivement le blog, vous aurez l'impression de déjà entendu, Florent Marchet est assez méthodique pour répondre en plusieurs points:

 

- Et avant cela, il y avait eu une interview croisée le 9/10 dans Libération avec Dominique A qui vient de sortir le beau disque "Spirales". J'ai toujours un problème avec sa voix mais je le reverrai volontiers en concert, d'autant plus après le petit shitstorm qu'il traverse venant d'une certaine gauche (quelques semaines après celui venant de  l'extrême droite bolloriste). Cela fait forcement penser aux aventures médiatiques de Murat: c'est le titre choisi par Paris Match pour une interview  sur le web qui a entraîné ce déferlement... La même chose est arrivée à Murat... qui pour le coup méritait lui peut-être la volée de bois vert ou en tout cas la cherchait). 

La mort de gens admirés, c'est aussi l'un des thèmes communs.

F.M. : Nous sommes à des âges où le deuil arrive. Les artistes ou les proches qui disparaissent nous confrontent à notre propre histoire. Elliott Smith, par exemple, a tant compté pour moi que sa mort m'a dévasté. Pendant des semaines, je ne pouvais plus écouter ses chansons. Murat, c'est la même chose, la façon dont il faisait résonner les mots a été très importante dans mon apprentissage de l'écriture.

D.A. : Il a compté pour moi aussi. J'ai été complètement «muratisé» pendant quelques années. Il y avait chez lui un rapport à la province, à la campagne, qui me touchait, car il parvenait à réinjecter du minéral et du végétal dans les chansons, ce que plus personne ne faisait. Avec Mark Long, le chanteur de The Opposition, c'est différent. C'est un groupe que j'écoutais énormément étant jeune, et j'ai eu la chance de partager la scène avec lui. Notre rencontre avait quelque chose de très humain. Une histoire commençait à s'écrire et elle a été interrompue net. C'est pour ça que la chanson est aussi narrative. Sa mort soudaine était pour moi le deuil de la jeunesse : j'avais l'impression d'être passé de l'autre côté du miroir avec lui, et tout s'arrêtait subitement.

 

NB: Je m'en veux de ne pas m'être rappelé que le camarade Julien avait déjà intitulé une chanson "ORCIVAL", avec un très joli texte... et quelques notes de The Cure dans la chanson m'amène à un lien en plus.

 

THE CURE EN CURE A LA BOURBOULE

Jarvis Platini* avait déjà imaginé Robert Smith en cure à la Bourboule mais voilà un nouveau lien : Pierre Andrieu  a consacré un livre au groupe anglais, sur le même modèle que celui écrit sur Jean-Louis (en puisant beaucoup dans les ressources auvergnates).  L'ami Christophe l'a interviewé et parlé de Murat:  A LIRE EN INTEGRALITE LA

𝐀𝐏𝐃 — Après ton livre sur Jean-Louis Murat en 2024, pourquoi t’attaquer à la montagne Robert Smith aujourd'hui ?

𝐏𝐀 : J’ai adoré l’expérience de l’écriture d’un livre sur un artiste qui me passionnait, et qui me passionne toujours d’ailleurs. S’immerger dans la musique de Jean-Louis Murat pendant les 9 mois de l’écriture du bouquin, tout en rencontrant ses musiciens et ses proches pour des entretiens, ça m’a beaucoup plu. Et ça n’a fait que renforcer ma passion pour son œuvre, je ne me suis pas du tout lassé de ses albums… J’aurais aimé qu’il vive encore longtemps et poursuive sa carrière jusqu’à un âge avancé comme ses idoles Neil Young, Leonard Cohen, John Lee Hooker et les Rolling Stones. Malheureusement, ça ne s’est pas passé ainsi. Quand le livre Jean-Louis Murat – Les Jours du Jaguar est sorti, j’ai eu très envie d’en écrire un autre, cette fois sur un des artistes qui m’accompagne à chaque étape de ma vie depuis mon adolescence, Robert Smith. J’ai voulu reprendre le principe du livre sur Murat, à savoir proposer une biographie subjective avec un best of personnel des disques et concerts de The Cure que je trouve les plus importants. Le tout agrémenté de nombreuses interviews, afin de croiser les témoignages et de montrer qu’on peut aimer ce groupe dont la musique est intemporelle quel que soit son âge… Dans les 23 interviews présentes dans le livre, la pyramide des âges est parfaitement représentée : on va d’une fan nommée Justine Bergheaud, qui a un peu plus de 20 ans, au journaliste Bernard Lenoir, qui en a 80, en passant par de jeunes groupes inspirés par The Cure comme Sinaïve, Foxhole, JoyCut, Par-Sek ou Garciaphone et de « vieux briscards » comme And Also The Trees, Anton Newcombe de The Brian Jonestown Massacre, Nicolas Godin du groupe Air, Dominique A ou Frédéric Lo. Tous sont fascinés par l’œuvre et le personnage de Robert Smith, qui figure lui aussi dans le livre via une interview de Christophe Basterra datant de 2000 (merci à lui !) et de nombreux extraits de ses interventions au fil des années. Il y a aussi des fans anonymes ou connus – Lydie Barbarian, Richard Bellia, qui ont été séduits par la musique de The Cure très tôt avant de devenir journaliste et photographe – qui évoquent leur histoire avec The Cure. Un peu comme moi via ce livre : c’est un livre de fan pour les fans, et ce même si j’ai effectué un travail de journaliste pendant deux ans pour le réaliser.

𝐀𝐏𝐃 — Tu as écrit des livres sur Robert Smith et sur Jean-Louis Murat… Quels sont les vrais points communs entre les deux à ton avis ?
𝐏𝐀 : On m’a dit que Jean-Louis Murat avait quelques disques de The Cure chez lui, dont Pornography et le live The Cure in Orange. Et l’un de ses meilleurs amis, le regretté musicien Christophe Pie, était un grand fan de Cure, on en avait parlé tous les deux. Il y a beaucoup de points communs entre The Cure et Jean-Louis Murat et l’on peut très bien être fan des deux, j’en suis la preuve vivante ! Les discographies de Murat et de Robert Smith sont toutes les deux foisonnantes et très variées : ce sont deux artistes qui essayaient, ou essaient encore pour Smith, d’éviter les redites. On retrouve dans les disques des deux beaucoup de poésie et de mélancolie, des emprunts à la littérature, et un savoir-faire manifeste pour créer des pop songs qui restent en tête et de longues chevauchées très prenantes. Smith et Murat ont des personnalités complexes et doubles : à la fois timides et extravertis, très francs et drôles en interview, avec une sorte de génie pour trouver des formules percutantes et vachardes reprises par les journalistes dans leurs papiers. Comme elle m’avait dit être fan et avoir vu The Cure au Madison Square Garden de New York, ça m’a fait plaisir d’interviewer pour le livre Justine Bergheaud, la fille de Jean-Louis Murat et Laure Desbruères. Et ça m’a permis de faire un lien entre les deux bouquins et les deux artistes.
𝐀𝐏𝐃 — Murat allait souvent au clash en interview, alors que Smith joue plutôt la carte de l'ironie, du second degré et des histoires inventées lors des entretiens qu’il accorde. Quel est leur but derrière tout cela ?
𝐏𝐀 : Faire parler d’eux et vendre des disques ? Ce qui paraît être le but de la promotion… Les deux artistes étaient (Smith l’est toujours) des maîtres en termes de communication : ils savaient emmener les journalistes là où ils voulaient aller pour leur promo, et leurs traits d’esprit étaient brillants et souvent hilarants. Avec dans les interventions des deux, des saillies bien senties sur la politique, le métier du disque ou leurs camarades musiciens (Morrissey, Renaud, etc.). Et puis une mine d’informations sur leurs coups de cœur musicaux, cinématographiques et littéraires, ce qui est très important pour moi.
"The Cure - Just Like Heaven" (Le Boulon) de Pierre Andrieu
 
*Jarvis a sorti un nouveau disque disponible en numérique et K7:  ici  "chonteur (il a déposé ce néologisme) & agitateur, poète & provocateur, musicien & obsédé, amoureux & mysogyne, misanthrope, ce génie du langage mêle références ultra populaires, vocabulaires de spécialistes, contrepèterie, anagrammes, un véritable almanach humain, bourré de vannes, de double sens, ses chansons provoquent un tournis par leur débit inarrêtable, joie et malaise" .

LE LIEN EN PLUS 

Je ne connaissais pas Hélène HAZERA avant l'annonce de son décès le 5 octobre  (j'imagine  Matthieu Guillaumond se moquant de mon inculture, lui le fidèle auditeur de France Culture, et j'en suis tout penaud au vu de la vie et  l'activisme pour la chanson française à Libération comme sur France Culture -elle avait participé à Pollen avec Jean-Louis Foulquier également).  Le fait est que son nom ne s'est jamais affiché sur mes tablettes au côté de celui de Jean-Louis Murat, même si Daho, Eicher, Burger, Marchet et même Vanot et de nombreux collègues de bureau de JLM ont été invités dans son émission Chanson Boum! de France Culture (les camarades Philippe Barbot et Yves Bigot également: Philippe cite JLM vers les 11 minutes: "ton premier album, c'est très bien mais le vrai test, c'est le 2e, alors au boulot" - dans notre interview, il précisait que JL lui avait un mail). 

Malgré tout,  je voulais quand même  rendre hommage ici à ce grand personnage qu'est Hélène Hazera. Après avoir l'avoir écoutée dans plusieurs émissions, on peut vraiment regretter qu'il n'y ait pas eu d'échanges entre elle et Jean-Louis autour de la chanson traditionnelle et régionale, les musiques d'ailleurs qu'elle affectionnait ou sur le rôle de l'accent tonique...  On peut se demander si une des "tâches" dans le parcours médiatique de Jean-Louis (qu'on a peut-être lavée trop vite ici, avec argumentation enzimique sérieuse néanmoins) n'explique pas que cela n'ait pas eu lieu: Hélène s'est engagé à Act Up à partir de la fin des années 90 et Murat a été pris pour cible par l'association en 2013. Bayon qu'elle a connu à Libération ou Didier Varrod pourraient peut-être répondre, même si on peut tout-à-fait se dire qu'elle n'aimait pas la musique de JL trop marquée par la musique américaine.

Pour la découvrir: Article de 20 minutes / Des interventions télévisuelles sur l'INA  / Un film documentaire venait de lui être consacré: HELENE TRESORE TRANSNATIONALE

 
 
J'ai fouillé dans les archives (après que l'IA de google m'ait encore une fois prouvée ses capacités à dire n'importe quoi), et on trouve quand même une ou deux mentions de Murat par Hazera:
 

 

Libération
CULTURE, jeudi 22 mai 1997 

Six auteurs en quête de Clerc. Le chanteur a commandé les textes de son album, champion des ventes, à six paroliers. Anciens ou novices, ils expliquent leur rapport à "Julien". Julien Clerc, album: "Julien", Virgin.

HAZERA Hélène

Jean-Louis Murat:

"Je lui avais envoyé trois textes: un, assez long, sur la mort de Mitterrand, assez explicite, ça a dû lui faire peur; un sur l'idée de l'Europe; et puis le troisième, du normal, ce qu'attendent les chanteurs.

Il m'en a joué deux, assis au piano, j'ai redécouvert des textes de rien du tout, ça prend un lyrisme romantique, des fois malgré lui, ce qui est la marque des plus grands, ce sens poétique insoupçonné.

Il pourrait refaire l'Homme de la Mancha ou les Tragiques d'Aubigné, je me fais une idée de lui plus haute qu'il ne se la fait lui-même.

Avec lui c'est étrange, on pense forcément à Roda-Gil, une forteresse. Comme s'il fallait faire du Roda-Gil sans en faire, comme s'il ne pouvait chanter que ça.

Quand femme rêve. J'ai taillé dans un texte déjà écrit en pensant à lui: c'est du "sur mesure". Le mot "prince de Clèves" lui allait bien: on parle toujours de "la princesse", le prince reste dans l'ombre, celui qu'on ne connaît pas."

---

Envoyée spéciale au Québec pour les Franco, elle relate les concerts:
Libération
CULTURE, mardi 22 juillet 1997 

Festival de Québec: la francophonie de l'Algérie à la Louisiane. Raï, chansons à texte, chansons d'amour, spectacle avec mimes et marionnettes... Retour sur la 30e édition.

HAZERA Hélène

Québec envoyée spéciale

"La presse était divisée quand au concert de Jean-Louis Murat. Ici son univers fascinait jusqu'à certains journalistes américains, là un certain je m'en foutisme affiché était jugé rédhibitoire. A l'exact opposé de l'Auvergnat, Dany Brillant a fait danser son monde avec un orchestre cubain; Les Têtes raides, eux, dont les derniers albums ne sont pas distribués là-bas, se sont vus qualifiés de "crypto-brechtiens"!

(NDLR: Elle a contribué à faire connaître les Têtes raides)

 

A noter qu'elle a joué, comme Jean-Louis Murat, avec Isabelle Huppert au cinéma! C'était dans Sauve qui peut de GODARD en 1980: 

 

 

 

 
On parle de Murat : Orgie de sainteté et Florent Marchet, The Cure et hommage à Hélène Hazera

Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article